samedi 26 mars 2016

Litanies de Saint Joseph


Saint Joseph et l'Enfant-Jésus (Guido Reni)


Seigneur, ayez pitié de nous.
Jésus-Christ, ayez pitié de nous.
Seigneur, ayez pitié de nous.

Jésus-Christ, écoutez-nous.
Jésus-Christ, exaucez-nous.

Père Céleste qui êtes Dieu, ayez pitié de nous.
Fils Rédempteur du monde qui êtes Dieu, ayez pitié de nous.
Esprit-Saint qui êtes Dieu, ayez pitié de nous.
Trinité Sainte qui êtes le seul Dieu, ayez pitié de nous.

Sainte Marie, priez pour nous.

Saint Joseph, illustre descendant de David, priez pour nous.
Saint Joseph, Lumière des patriarches, priez pour nous.
Saint Joseph, Époux de la Mère de Dieu, priez pour nous.
Saint Joseph, Chaste gardien de la Vierge, priez pour nous.
Saint Joseph, Nourricier du Fils de Dieu, priez pour nous.
Saint Joseph, Protecteur diligent de Jésus, priez pour nous.
Saint Joseph, Chef de la Sainte Famille, priez pour nous.
Joseph très juste, priez pour nous.
Joseph très chaste, priez pour nous.
Joseph très prudent, priez pour nous.
Joseph très courageux, priez pour nous.
Joseph très obéissant, priez pour nous.
Joseph très fidèle, priez pour nous.
Saint Joseph, Miroir de patience, priez pour nous.
Saint Joseph, Amant de la pauvreté, priez pour nous.
Saint Joseph, Modèle des travailleurs, priez pour nous.
Saint Joseph, Gloire de la vie de famille, priez pour nous.
Saint Joseph, Gardien des Vierges, priez pour nous.
Saint Joseph, Soutien des familles, priez pour nous.
Saint Joseph, Consolateur des malheureux, priez pour nous.
Saint Joseph, Espoir des malades, priez pour nous.
Saint Joseph, Patron des mourants, priez pour nous.
Saint Joseph, Terreur des démons, priez pour nous.
Saint Joseph, Protecteur de la Sainte Église, priez pour nous.

Agneau de Dieu qui enlevez les péchés du monde, pardonnez-nous Seigneur.
Agneau de Dieu qui enlevez les péchés du monde, exaucez-nous Seigneur.
Agneau de Dieu qui enlevez les péchés du monde, ayez pitié de nous.


V/
Il l'établit seigneur sur sa maison,
R/ Maître sur tous ses biens.



Prière à Saint Joseph, Terreur des démons

Nous recourons à vous dans notre tribulation, ô bienheureux Joseph ; et, après avoir imploré le secours de votre sainte Épouse, nous sollicitons aussi avec confiance votre patronage. Par l'affection qui vous a uni à la Vierge Immaculée, Mère de Dieu ; par l'amour paternel, dont vous avez entouré l'Enfant-Jésus, nous vous supplions de regarder avec bonté l'héritage que Jésus-Christ a conquis au prix de son sang, et de nous assister de votre puissance et de votre secours, dans nos besoins.
Protégez, ô très sage gardien de la divine Famille, la race élue de Jésus-Christ. Préservez-nous, ô Père très aimant, de toute souillure d'erreur et de corruption, soyez-nous favorable, ô notre très puissant libérateur. Du haut du ciel, assistez-nous dans le combat que nous livrons à la puissance des ténèbres ; et de même que vous avez arraché autrefois l'Enfant-Jésus au péril de la mort, défendez aujourd'hui la sainte Église de Dieu, des embûches de l'ennemi et de toute adversité. Couvrez chacun de nous de votre perpétuelle protection, afin que, à votre exemple, et soutenus par votre secours, nous puissions vivre saintement, pieusement mourir, et obtenir la béatitude éternelle. Ainsi soit-il.








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mercredi 23 mars 2016

Méditation pour le Mercredi Saint



La crucifixion du Christ (Le Tintoret)





LE MERCREDI SAINT


Jour de patience


PRATIQUE

Ne perdez point aujourd'hui la présence de Jésus souffrant. Ne vous appliquez pas seulement aux outrages et aux douleurs excessives qu'il endure, mais à la douceur et à la patience héroïque qu'il pratique en souffrant. Gémissez sur vos impatiences passées, qui vous ont ravi tout le mérite de vos souffrances. Ne vous plaignez de rien, et faites souvent des actes de soumission, d'acquiescement, de conformité à la volonté de Dieu. C'est ainsi que vous acquerrez la patience, et que vous mériterez la couronne éternelle.


MÉDITATION

Il nous a paru un objet de mépris, le dernier des hommes, un homme de douleur, qui sait ce que c'est que de souffrir. Isaïe, 53.


1er Point. Rien n'est plus fort pour nous engager à la patience que l'exemple d'un Dieu sauveur. Nous l'avons vu, dit Isaïe, sans beauté et sans éclat : il nous a paru un objet de mépris, un homme de douleur. En effet, il a souffert la soif, la faim ; il a pleuré ; il a soupiré ; il a été outragé et couvert de plaies et de meurtrissures ; et il a enduré avec une patience héroïque toutes ces douleurs. Comparez à présent avec confusion ce que vous souffrez avec les douleurs de ce Dieu souffrant, et la manière dont il souffre avec la vôtre. Vous ne voyez en lui que douceur, patience au milieu des plus cruels supplices, et en vous, que plaintes, murmures, impatiences, quoique vos douleurs ne soient rien en comparaison des siennes, et quoiqu'il soit innocent et que vous soyez pécheur. Gémissez d'être si peu conforme à ce divin modèle, qui n'a souffert que pour nous délivrer de la mort et de l'enfer, et pour nous donner en sa personne un exemple de patience. 


Il a été mené à la mort comme une brebis qu'on va égorger, et il n'ouvrit pas la bouche, comme un agneau devant celui qui le tond
.


2e Point.
Cet agneau si doux, si patient, s'est laissé ôter son sang, sa vie sans se plaindre, lui qui pouvait exterminer ses juges et ses bourreaux ; car cet agneau était en même temps le lion de la tribu de Juda, qui a dépouillé les puissances du péché, de la mort et de l'enfer. Cependant il souffre et il garde le silence ; et c'est par son invincible patience qu'il a vaincu tous ses ennemis, et qu'il a appris aux martyrs à vaincre les tyrans et à surmonter les supplices de la mort même. Vous serez trahis, dit Jésus-Christ à ses apôtres, livrés et haïs de tout le monde ; mais c'est par la patience que vous posséderez vos âmes (Luc. 21).
La patience vous conduira à toutes les vertus ; ce qui faisait dire à l'apôtre saint Jacques que la patience était une œuvre parfaite. On y trouve, en effet, la justice, l'obéissance, la force, l'humilité et le sacrifice. La justice est une vraie satisfaction pour les péchés ; l'obéissance endure ce que Dieu vous ordonne, et soumet l'esprit et le corps à la peine ; la force surmonte généreusement la douleur ; l'humilité se soumet à la peine qu'elle croit mériter ; le sacrifice sacrifie au Seigneur le plaisir ; rien n'étant plus agréable à Dieu, dit le prophète, que le sacrifice d'un cœur brisé de douleur (Ps 50).


SENTIMENTS

Vous êtes ma patience, ô mon Dieu, s'écriait le roi-prophète : vous l'avez pratiquée d'une manière héroïque ; vous vous êtes laissé flageller, couronner d'épines et attacher à la croix sans ouvrir la bouche ; quand je suis exposé à la douleur, je n'ai qu'à lever les yeux vers le calvaire, et à suivre l'exemple de patience que vous m'avez montré sur cette montagne sanglante ; Seigneur, vous en êtes encore le motif, le terme et la récompense. Ainsi je veux souffrir sans me plaindre pour l'amour de vous seul. Soutenez ma faiblesse, animez mon courage, fixez mon inconstance, et donnez-moi la force de soutenir avec patience les mépris, les humiliations et les souffrances de la vie, et faites que je mérite la couronne promise à ceux qui souffrent pour votre amour.


SENTENCES

La patience vous est nécessaire, afin que, faisant la volonté de Dieu, vous puissiez obtenir les biens qui vous sont promis (Heb. 10).

C'est la patience qui terrasse les ennemis ; elle en triomphe avec gloire, et met la couronne sur la tète du vainqueur (Div. Aug. I. 3. p. 4).



RÉFLEXIONS


Jésus dit : Tout est consommé.


Jésus ayant goûté l'horrible breuvage que les Juifs lui avaient présenté, comme le dernier outrage qu'ils voulaient faire à son humanité sainte, refusa de le boire, et dit : Tout est consommé. Admirable parole, qui renferme une infinité de sens mystérieux qui nous instruisent et nous engagent à aimer ce divin libérateur, et à souffrir avec persévérance jusqu'au dernier moment de notre vie, avec une patience héroïque qui soit une parfaite imitation de la sienne.
Tout est consommé. Ah ! Seigneur, achevez et consommez mon salut ; c'est votre ouvrage, et il est digne de vous. Votre passion, toute consommée qu'elle est de votre part, ne m'ouvrira pas le ciel, si je ne porte votre image, et si je ne participe à vos douleurs, pour mériter l'application de vos souffrances et de votre mort : semblable à l'apôtre, il faut garder la foi dans sa pureté, la soutenir par de bonnes œuvres, et consommer sa course ; mais on ne peut le faire sans le secours de votre grâce. Ô mon Sauveur, c'est votre passion, votre sang et votre mort qui me l'ont méritée ; faites-la sortir de vos plaies sacrées, cette grâce victorieuse, cette grâce de force, cette grâce de persévérance chrétienne et de persévérance finale, cette grâce de consommation, pour me donner la force de combattre et de vaincre les ennemis qui s'opposent à mon salut et qui voudraient me disputer la couronne de justice que je ne puis mériter que par votre grâce.


PRIÈRE

Regardez-nous, Seigneur, d'un œil de bonté dans les maux continuels qui nous accablent. Nos plus grandes misères sont les péchés que nous avons commis ; nous pleurons et demandons miséricorde, ô Dieu de bonté. Mais si nos gémissements et nos larmes sont trop faibles, nous vous présentons les gémissements, les larmes et le sang de Jésus-Christ, votre adorable fils ; nous vous présentons son agonie, sa sueur de sang, sa mort et sa patience héroïque ; c'est ainsi que nous espérons en votre miséricorde.






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vendredi 18 mars 2016

Méditation pour le Vendredi de la Passion



La Crucifixion (Simon Vouet)




LE VENDREDI DE LA PASSION

Jour de solitude



PRATIQUE

Soyez aujourd'hui seul avec Jésus-Christ ; moins vous vous montrerez aux créatures, plus vous serez en sûreté dans la compagnie de Dieu : moins vous serez attentif à leur langage, plus vous entendrez et vous goûterez celui de Dieu. La solitude extérieure est inutile quand elle n'est pas accompagnée de celle de l'esprit et du cœur. Que votre esprit soit solitaire en ne pensant pas plus aux créatures que si vous étiez seul dans le monde avec Dieu ; que votre cœur soit solitaire, en renonçant à toutes les attaches sensibles qui n'ont pas Dieu seul pour objet ; c'est ainsi que votre solitude deviendra agréable à Dieu.


MÉDITATION

Jésus ne se montrait plus en public chez les Juifs, et il s'était retiré dans une contrée près du désert. Jn, II.


1er Point.
Imitons cet adorable et divin solitaire qui nous fraie le chemin du désert, et qui nous adoucit par sa grâce les rigueurs qu'on y rencontre, soit dans la généreuse résolution qu'il faut prendre pour se séparer du monde, soit dans les combats qu'il y faut soutenir ; et, pour vous y engager plus fortement, considérer les dangers du monde et les avantages de la retraite. Il suffit de vivre dans le monde pour être en danger de s'y perdre. On y respire un air contagieux ; on se trouve rempli de ses manières et de ses maximes sans y penser. Si vous ne pouvez le quitter, pourquoi ne vous retirez-vous pas de temps en temps en solitude pour converser avec Dieu ? Là vous prendrez de nouvelles forces pour entrer dans le monde sans y courir aucun risque, et vous comprendrez, avec saint Augustin, qu'il est très difficile, non seulement d'aimer, mais même de connaître Dieu dans le monde, et que tout y détourne de la grande affaire du salut (Div. Aug. serm. a.d.ff.). Séparez-vous du monde d'esprit et de cœur. Vous serez solitaire dans le monde même, dit saint Bernard, si vous méprisez ce qu'il estime, si vous haïssez ce qu'il aime, et si vous fuyez ce qu'il recherche (Serm. 40 in Cant.).


Et Jésus demeura dans cette solitude avec ses disciples
.


2e Point.
C'est une action généreuse de quitter tous les attraits et tous les plaisirs du monde pour embrasser la retraite ; s'y soutenir comme a fait le Sauveur, y surmonter l'ennui, le dégoût, l'inconstance et la légèreté, c'est un sacrifice qui coûte beaucoup plus au cœur. Pour se soutenir dans la retraite, il faut s'y occuper ; sans cela on y est exposé à des dégoûts et à des ennuis mortels. La première occupation d'un solitaire est marquée par Jérémie, quand il dit : Il gardera le silence. C'est-à-dire qu'il imposera silence à toutes ses passions ; sa mémoire oubliera le monde, et son cœur, loin de s'y attacher, n'aura de désirs que pour le ciel. Embrassons, dit saint Bonaventure, la solitude comme la mère de la prière et de l'oraison ; et là exerçons-nous dans la connaissance de Dieu et de nous-mêmes, et nous en éloignerons tous les dégoûts (Div. Bon. de Conf.). Un solitaire, dit saint Bernard, qui lit, qui prie et qui médite, appelle Jésus-Christ auprès de lui, et il n'est jamais moins seul que quand il est seul. Ce Sauveur lui tient compagnie, il le console, il lui parle, il lui fait goûter son état, et il le dédommage ainsi des douceurs qu'il aurait pu goûter dans l'entretien des mondains.


SENTIMENTS

Adorable et divin solitaire, je m'unis aux adorations et aux hommages que vous avez rendus à votre père céleste dans cette retraite si sainte. Donnez-moi le courage de me soutenir dans l'éloignement du monde criminel, dont le commerce n'a été que trop contagieux à mon âme. Inspirez-moi une véritable haine pour le monde, que vous haïssez vous-même, donnez-moi du goût pour la vie cachée, qui m'est si nécessaire. La retraite fait toute ma sureté ; cependant elle m'épouvante. Ah ! Seigneur, mon parti est pris. Si je ne puis absolument me retirer du monde, je veux y vivre comme l'ennemi déclaré du monde.


SENTENCES

Je la conduirai dans la solitude, dit le Seigneur, et je parlerai à son cœur (Osée 2).

Si vous ne pouvez pas entrer dans le désert, on vous ordonne la solitude de l'esprit et du cœur. Vous y serez en sûreté, vous vous y sauverez, si vous n'y pensez pas et si vous n'y agissez pas comme dans le monde (Div. Hier. ad. Heliod.).


RÉFLEXIONS

Jésus prie pour ses bourreaux


Il y avait déjà longtemps que. Jésus souffrant sur la croix gardait un profond silence ; et, occupé de son sacrifice, il s'offrait humblement à Dieu son père pour les péchés de tous les hommes. La voix de sa bouche ne s'était pas fait entendre, mais son esprit et son cœur ne gardaient pas le silence. Son oraison était sublime. Il s'unissait à son père céleste par une résignation parfaite et par une conformité héroïque à toutes ses volontés. Victime sanglante de nos péchés, il apaisait sa justice ; il lui offrait le sang qui sortait de toutes ses plaies, et ce sang adorable plaidait notre cause, et nous traduisait efficacement du tribunal redoutable lie sa justice à celui de sa miséricorde, parce qu'il souffrait ce que nous devions endurer. — Après un si long silence, la première parole qui sort de sa bouche est une preuve de son ardente charité pour ses plus cruels ennemis dans le temps qu'ils le crucifiaient. Non seulement il leur pardonne, mais encore il prie pour eux. Mon père, dit-il, pardonne-leur, parce qu'ils ne savent ce qu'ils font ; et à ces divines paroles, il ajoute tout son sang. Ah ! Seigneur, vous étiez cruellement attaché à une croix, vous n'entendiez que des blasphèmes et des imprécations contre vous, et vous criez à haute voix pour demander la grâce de vos bourreaux : vous montrez bien par là que vous êtes un héros de Dieu.


PRIÈRE

Seigneur, répandez vos bénédictions sur nos œuvres, afin qu'en expiant nos péchés par une rigoureuse pénitence, nous cessions de vous offenser, et que nous ayons le bonheur de vous posséder éternellement dans le ciel. Nous vous en prions par les mérites de Jésus-Christ.






Lire aussi "Horloge de la Passion" de Saint Alphonse de Liguori, "Méditations sur les souffrances de N.S. Jésus-Christ" par l'auteur du Culte Public et "Le bon larron" de Mgr Gaume.





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jeudi 17 mars 2016

Méditation pour le Jeudi de la Passion


Le dîner chez Simon (Moretto da Brescia)



Extrait de "Esprit du R.P. AVRILLON pour passer saintement l'Avent et le Carême" :



LE JEUDI DE LA PASSION

Jour d'amour de Dieu


PRATIQUE

À l'exemple de l'amante du Sauveur, multiplions nos actes et nos protestations d'amour pour Jésus-Christ ; que cet amour se répande sur toutes nos paroles et nos actions. Que ce soit tantôt l'acte d'un amour humilié, comme cette pécheresse aux pieds de Jésus-Christ ; tantôt d'un amour pénitent ; tantôt d'un amour généreux qui sacrifie tout pour lui ; tantôt d'un amour pur qui renonce à tous les plaisirs sensuels ; tantôt d'un amour tendre qui se laisse toucher seulement pour son Dieu ; et tantôt d'un amour constant qui n'aime que lui jusqu'à la mort.


MÉDITATION

Jésus étant à table chez un Pharisien, une femme de la ville, qui était pécheresse, y vint avec un vase d'albâtre rempli de parfum. Luc, 7.


1er point.
Que cet exemple est consolant pour les pécheurs, puisqu'ils voient que, malgré l'énormité et la multitude de leurs péchés, ils peuvent encore aspirer au cœur de Dieu, c'est-à-dire l'aimer et en être aimés. La grâce prévient ici Magdeleine ; elle la touche, elle l'embrase, et elle la transporte chez le pharisien aux pieds de Jésus-Christ. Elle ne s'embarrasse pas de passer pour une extravagante, ni de s'exposer au mépris de la critique maligne des pharisiens et des conviés, ni de troubler le repas par ses larmes. Si vous aimez comme elle, vous apprendrez à tout sacrifier pour Dieu, et le respect humain et les fausses bienséances du monde, et votre propre réputation ; et il n'y aura rien de bas et d'humiliant que vous n'entrepreniez avec plaisir pour lui marquer votre pénitence et votre amour.


Beaucoup de péchés lui sont remis, dit Jésus-Christ, parce qu'elle a beaucoup aimé.



2e Point.
Que ces paroles renferment un pompeux éloge de Magdeleine ! Saint Grégoire-le-Grand a eu raison de dire que son amour avait trouvé le secret de convertir tous les charmes de sa personne en sacrifices et en holocaustes ! Son esprit, son cœur, ses yeux, ses mains, sa bouche, ses pieds, ses cheveux, ses parfums, tout portera les marques de sa pénitence et de son amour. Son esprit pensera à ses péchés avec amertume ; son cœur sera en même temps et pénétré de douleur et embrasé d'amour ; ses yeux verseront des larmes ; ses mains soutiendront son corps prosterné ; sa bouche poussera des gémissements, et se collera par de chastes baisers aux pieds de Jésus-Christ ; ses pieds la porteront partout où il sera ; ses cheveux essuieront ses pieds, et ses parfums les embaumeront.
Le véritable amour sacrifie tout, et ne réserve rien de ce qui pourrait mettre le moindre partage dans son cœur ; il sacrifie ses plaisirs, ses attaches, ses vanités et ses biens.


SENTIMENTS

Je trouve en vous seul, ô mon Dieu, une beauté toujours nouvelle, une bonté toujours égale, une majesté toujours ravissante, un cœur toujours prêt à me marquer son amour, et un ami toujours constant. Adorable, objet, je vous aime, et je veux vous aimer toute ma vie, sans cesser, comme Magdeleine, de pleurer mes péchés. Mon amour ne détruira pas ma douleur, et ma douleur soutiendra mon amour, persuadé que si je pleure et si je vous aime, tous couronnerez mes larmes et ma tendresse par des consolations et des joies éternelles.


SENTENCES

Beaucoup de péchés lui sont remis, parce qu'elle a beaucoup aimé (Luc 7).

Que vous êtes bon, ô mon Sauveur, à une âme pénitente qui vous cherche et qui veut vous aimer. Vous allez au-devant d'elle, vous l'embrassez ; et, quoique vous soyez son souverain Seigneur, vous voulez devenir son époux (Div. Bern. in cant.).


RÉFLEXIONS

Douleurs intérieures de Jésus sur la croix. Entrez en esprit dans le cœur de Jésus souffrant sur la croix ; il voit à ses côtés des voleurs avec lesquels on le compare et on l'associe. Il voit au pied de la croix et il entend les soldats et les spectateurs qui l'accablent d'injures, de reproches et de railleries sanglantes. Voilà les sujets présents des douleurs excessives de son âme ; mais la vue de nos infidélités était le glaive le plus douloureux qui lui perçait le cœur. Il savait qu'il y avait parmi les chrétiens rachetés de son sang un grand nombre d'impies qui le crucifieraient de nouveau. Ainsi le démon pouvait se joindre à ceux qui se moquaient de lui pendant qu'il était agonisant sur la croix, et lui dire : Je perdrai plus de chrétiens par les plaisirs et par la volupté, que vous n'en sauverez par toutes vos souffrances ; j'en damnerai un plus grand nombre par les tentations différentes que je leur suggérerai, que vous n'en sauverez par votre mort ; j'en gagnerai plus par la vanité et le luxe que vous par votre modestie et votre couronnement d'épines ; je trouverai moins de rebelles à mes sollicitations que vous n'en trouverez de soumis à vos grâces, quoique méritées par l'effusion de votre sang. Voilà les reproches injurieux que le démon et ses partisans font à Jésus expirant, et c'est le sujet le plus sensible de ses douleurs intérieures. Fasse le ciel que nous n'y ayons point de part !


PRIÈRE

Quelles grâces et quelles faveurs ne nous avez vous point faites, ô Seigneur tout-puissant ! Vous nous avez créés avec des avantages que nous avons eu le malheur de perdre par le péché de notre premier père. Vous avez voulu vous-même réparer nos pertes, en souffrant et en mourant pour notre amour. Nous unissons nos jeûnes et nos pénitences à vos souffrances pour les rendre plus dignes de vous être présentées, et de nous attirer votre miséricorde dans cette vie, et la gloire dans l'autre.





Lire aussi "Horloge de la Passion" de Saint Alphonse de Liguori, "Méditations sur les souffrances de N.S. Jésus-Christ" par l'auteur du Culte Public et "Le bon larron" de Mgr Gaume.




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mercredi 16 mars 2016

Traité de l'Enfer de Sainte Françoise Romaine


Extrait de "Traité de l'Enfer" de Sainte Françoise Romaine



Lucifer était dans le ciel le plus noble des anges qui se révoltèrent, et son orgueil en fit le plus méchant de tous les démons. C'est pour cela que la justice de Dieu l'a donné pour roi à tous ses compagnons et aux réprouvés, avec puissance de les gouverner et de les punir, selon ses caprices ; ce qui fait qu'on l'appelle le tyran des enfers. Outre cette présidence générale, il est encore établi sur le vice de l'orgueil. Le premier des trois princes qui commandent sous ses ordres, se nomme Asmodée : c'était dans le ciel un chérubin, et il est aujourd'hui l'esprit impur qui préside à tous les péchés déshonnêtes. Le deuxième prince s'appelle Mammon : c'était autrefois un trône, et maintenant il préside aux divers péchés que fait commettre l'amour de l'argent. Le troisième prince porte le nom de Belzébuth ; il appartenait à l'origine au chœur des dominations, et maintenant il est établi sur tous les crimes qu'enfante l’idolâtrie, et préside aux ténèbres infernales. C'est aussi de lui que viennent celles qui aveuglent les esprits des humains. Ces trois chefs ainsi que leur monarque, ne sortent jamais de leurs prisons infernales ; lorsque la justice de Dieu veut exercer sur la terre quelque vengeance éclatante, ces princes maudits députent à cet effet un nombre suffisant de leurs démons subordonnés ; car il arrive quelquefois que les fléaux dont Dieu veut frapper les peuples, demandent plus de forces ou plus de malices que n'en ont les mauvais esprits répandus sur la terre et dans l'air. Alors les infernaux plus méchants et plus enragés, deviennent des auxiliaires indispensables. Mais hors de ces cas rares, ces grands coupables ne peuvent sortir des prisons où ils sont renfermés.

Tous ces esprits infortunés sont classés dans l'abîme selon leur ordre hiérarchique. La première hiérarchie, composée de séraphins, de chérubins et de trônes, habite l'enfer le plus bas ; ils endurent des tourments plus cruels que les autres, et exercent les vengeances célestes sur les plus grands pécheurs. Lucifer qui fut un séraphin, exerce sur eux une spéciale autorité, en vertu de l'orgueil dont il a la haute présidence. Les démons de cette hiérarchie ne sont envoyés sur terre, que, lorsque la colère de Dieu permet que l'orgueil prévale pour punir les nations.

La deuxième hiérarchie formée de dominations, de principautés et de puissances, demeure dans l'enfer du milieu. Elle a pour prince Asmodée qui, comme je l'ai déjà dit, préside aux péchés de la luxure. On peut deviner que, les démons de cette hiérarchie sont sur terre, lorsque les peuples s'abandonnent au vice infâme de l'impureté.

La troisième hiérarchie qui se compose de vertus, d'archanges et d'anges, a pour chef Mammon, et habite l'enfer supérieur. Lorsque ces démons sont lâchés sur la terre, la soif des richesses y prévaut de toutes parts, et il n'est plus question que d'or ou d'argent. Quant à Belzébuth, il est le prince des ténèbres, et les répand, quand Dieu le permet, dans les intelligences, pour étouffer la lumière de la conscience et celle de la véritable foi. Tel est l'ordre qui règne parmi les démons dans les enfers ; quant à leur nombre, il est innombrable.

On retrouve ces mêmes hiérarchies parmi les démons qui demeurent dans l'air et sur la terre, mais ils n'ont point de chefs, et par conséquent vivent dans l'indépendance et une sorte d’égalité. Ce sont les démons aériens qui, la plupart du temps, déchaînent les vents, excitent les tempêtes, produisent les orages, les grêles et les inondations. Leur intention en cela est de faire du mal aux hommes, surtout en diminuant leur confiance en la divine Providence, et les faisant murmurer contre la volonté de Dieu.

Les démons de la première hiérarchie, qui vivent sur la terre, ne manquent pas de profiter aussi de ces occasions favorables à leur malice ; trouvant les hommes irrités par ces calamités et fort affaiblis dans leur soumission et leur confiance, ils les font tomber beaucoup plus facilement dans le vice de l'orgueil. Ceux de la deuxième hiérarchie ne manquent pas à leur tour de les précipiter de. leur hauteur superbe dans le cloaque impur, ce qui donne ensuite toute facilité aux démons de la troisième hiérarchie, de les faire tomber dans les péchés qu'enfante l'amour de l'argent.

Alors les anges qui président aux ténèbres les aveuglent, leur font quitter la voie de la vérité, et rendent leur retour extrêmement difficile. C'est ainsi que tous les démons, malgré la différence de leurs emplois, se concertent et s'aident mutuellement à perdre les âmes. Les uns affaiblissent leur foi, les autres les poussent à l'orgueil, ceux-ci à l'impureté, ceux-là à l'amour des richesses, d'autres enfin leur jettent un voile sur les yeux et les écartent si fort de la voie du salut, que la plupart ne la retrouvent plus. Le seul moyen d'échapper à ce complot infernal, serait de se relever promptement de la première chute, et c'est précisément ce que ces pauvres âmes ne font pas. De là, cette chaîne de tentations, qui de chute en chute les conduit au fond du précipice.

Lorsque j'ai dit que les démons qui sont dans l'air et sur la terre n'ont pas de chefs, j'ai voulu dire seulement qu'ils n'ont pas d'officiers subalternes ; car tous sont soumis à Lucifer, et obéissent à ses commandements, parce que telle est la volonté de la justice divine. Malgré la haine qu'ils portent aux hommes, aucun d'eux n'oserait les tenter sans l'ordre de Lucifer, et Lucifer lui-même ne peut prescrire, en ce genre que ce que lui permet le Seigneur plein de bonté et de compassion pour nous.

Lucifer voit tous ses démons, non seulement ceux qui sont autour de lui dans l'enfer, mais encore ceux qui sont dans l'air et sur la terre. Tous aussi le voient sans aucun obstacle, et comprennent parfaitement toutes ses volontés. Ils se voient également et se comprennent fort bien les uns les autres.

Les malins esprits, répandus dans l'air et sur la terre, ne ressentent pas les atteintes du feu de l'enfer ; ils n'en sont pas moins excessivement malheureux, tant parce qu'ils se maltraitent et se frappent sans cesse les uns les autres, que parce que les opérations des bons anges dans ce monde leur causent un dépit qui les tourmente cruellement. Les peines de ceux qui appartiennent à la première hiérarchie sont plus acerbes que celles des esprits de la seconde, et ceux-ci sont plus malheureux que les esprits de la troisième. La même justice distributive préside aux tourments des esprits infernaux; mais ceux-ci sont tous en proie à l'ardeur des flammes infernales.

Les démons qui demeurent au milieu de nous, et ont reçu le pouvoir de nous tenter, sont tous des esprits tombés du dernier chœur. Les anges commis à notre garde sont aussi de simples anges. Ces esprits tentateurs sont sans cesse occupés à préparer notre perte. Les moyens qu'ils emploient pour cela sont si subtils et si variés, qu'une âme qui leur échappe est fort heureuse, et ne saurait trop témoigner sa reconnaissance au Seigneur. Il n'est pas un instant du jour et de la nuit, où ces cruels ennemis n'essayent d'une tentation ou d'une autre, afin de lasser ceux qu'ils ne peuvent vaincre par la ruse ou la violence. La patience est donc l'arme défensive par excellence. Malheur à qui la laisse tomber de ses mains ! Lorsque ces tentateurs ordinaires rencontrent des âmes fortes et patientes, qu'ils ne peuvent entamer, ils appellent à leur secours des compagnons plus astucieux et plus malins, non pour combattre avec eux ou à leur place, car Dieu ne le permet pas ; mais pour leur suggérer des stratagèmes plus efficaces. Françoise savait tout cela par expérience : il était rare qu'elle fût tentée par son démon seul. D'ordinaire il s'en associait d'autres ; et trop faibles encore, ils recouraient à la malice des esprits supérieurs qui demeuraient dans l'air. Elle était devenue si habile dans cette guerre, qu'en soutenant une attaque, elle savait à quel chœur avait appartenu celui dont le conseil la dirigeait, et qui il était.

Lorsque les démons veulent livrer un assaut à une âme habile et forte, les uns l'attaquent de front, et les autres se placent derrière elle. C'est de cette sorte qu’ils combattaient ordinairement contre notre bienheureuse, et elle les voyait se faire des signes pour concerter leurs moyens.

Lorsqu'une âme, vaincue par les tentations, meurt dans son péché, son tentateur habituel l'emporte avec promptitude, suivi de beaucoup d'autres qui lui prodiguent des outrages, et ne cessent de la tourmenter jusqu'à ce qu'elle soit précipitée dans l'enfer. Ces détestables esprits se livrent ensuite à une joie féroce. Son ange gardien, après l'avoir suivie jusqu'à l'entrée de l'abîme, se retire aussitôt qu’elle a disparu, et remonte au ciel.

Lorsqu'une âme, au contraire, est condamnée au purgatoire, son tentateur est cruellement battu par l'ordre de Lucifer pour avoir laisse échapper sa proie. Il reste pourtant là, en dehors du purgatoire, mais assez près pour que l'âme le voie et entende, les reproches qu'il lui fait sur les causes de ses tourments. Lorsqu'elle quitte le purgatoire pour monter au ciel, ce démon revient sur la terre se mêler à ceux qui nous tentent ; mais il est pour eux un objet de moqueries, pour avoir mal rempli la mission dont il était chargé.

Tous ceux qui laissent ainsi échapper les âmes ne peuvent plus remplir l'office de tentateurs. Ils vont, errant çà et là, réduits à rendre aux hommes d'autres mauvais offices, quand ils peuvent. Quelquefois Lucifer, pour les punir, les loge honteusement dans des corps d'animaux, ou bien il s'en sert, avec la permission de Dieu, pour exercer des possessions qui leur attirent souvent de nouveaux châtiments et de nouvelles hontes. Les démons, au contraire, qui ont réussi à perdre les âmes auxquelles Lucifer les avait attachés, après les avoir portées dans les enfers, reparaissent sur la terre, couverts de gloire parmi leurs semblables, et jouent un plus grand rôle que jamais dans la guerre qu'ils font aux enfants de Dieu. Ce sont eux que les autres appellent à leur secours, comme plus expérimentés et plus habiles, quand ils ont affaire à des âmes fortes et généreuses qui se rient de leurs vains efforts.

Tout démon chargé de la mission de perdre une âme ne s'occupe point des autres ; il n'en veut qu’à celle-là, et emploie tous ses soins à la faire pécher ou à troubler sa paix. Cependant, quand il l'a vaincue, il la pousse, autant qu'il peut, à tenter, à molester ou à scandaliser d'autres âmes.

Il y a d'autres démons du même chœur que ceux qui nous tentent, qui vivent au milieu de nous sans nous attaquer. Leur mission est de surveiller ceux qui nous tentent, et de les châtier chaque fois qu'ils ne réussissent pas à nous faire pécher.

Chaque fois qu'ils entendent prononcer dévotement le saint Nom de Jésus, ils se prosternent spirituellement, non de bon cœur, mais par force. Françoise en vit une fois plusieurs en forme humaine, qui à ce Nom sacré qu'elle prononçait en conversant avec son confesseur, inclinèrent leur front avec un profond respect, jusque dans la poussière. Ce Nom sacré est pour eux un nouveau supplice, qui les fait souffrir d'autant plus cruellement, que la personne qui le prononce est plus avancée dans l'amour, et plus parfaite. Lorsque les impies profanent ce nom adorable, ces esprits réprouvés ne s'en attristent pas ; mais ils sont forcés de s'incliner, comme pour réparer l'injure qui Lui est faite. Ils en agissent de même lorsqu'on le prend en vain. Sans cette adoration forcée, ils seraient bien contents d'entendre blasphémer ce saint Nom. Les bons anges, au contraire, en pareilles occasions, l'adorent profondément, le louent et le bénissent avec un amour incomparable. Lorsqu'il est prononcé avec un vrai sentiment de dévotion, ils lui rendent les mêmes hommages, mais avec un vif sentiment de joie. Chaque fois que notre bienheureuse proférait ce très saint Nom, elle voyait son archange prendre un air extraordinairement joyeux, et s'incliner d'une manière si gracieuse, qu'elle en était tout embrasée d'amour.

Lorsque les âmes vivent dans l'habitude du péché mortel, les démons entrent en elles, et les dominent en plusieurs façons, qui varient selon la qualité et la quantité de leurs crimes ; mais quand elles reçoivent l'absolution avec un cœur contrit, ils perdent leur domination, délogent au plus vite, et se remettent auprès d'elles pour les tenter de nouveau ; mais leurs attaques sont moins vives, parce que la confession a diminué leurs forces.




Lire aussi "Préparation à la mort" de Saint Alphonse de Liguori, "Abrégé de démonologie" de Jean Vaquié et le sermon de Saint Léonard de Port-Maurice sur le nombre des élus.


Reportez-vous à Histoire de la possession des Ursulines de Loudun, et des peines du Père Surin (1/4), Personne n'est-il revenu de l'Enfer ?, La réalité des apparitions démoniaques, Méditation sur l'éternité des peines de l'Enfer, Vision de l'Enfer de Sainte Thérèse d'Avila, Litanies de Notre-Dame de Fatima, Histoire religieuse des deux cités, Les princes de la Cité du Mal, La communication de Satan avec l'homme, Satan veut déformer l'homme afin d'effacer en lui l'image de Dieu, Le retour du règne de Satan par la négation du dogme de l'Incarnation, Motifs qui doivent nous engager à secourir les âmes du Purgatoire, Traité du Purgatoire de Sainte Catherine de Gênes, Le roi de la Cité du Mal, Inimitiés entre les enfants de Marie et les esclaves du Diable, Méditation pour le jour des morts, La voie qui conduit au Ciel est étroite, De la méditation de la mort, Nous devons secourir tous les morts, même ceux que nous croyons déjà au Ciel, Méditation sur la durée des souffrances du purgatoire et l'oubli des vivants à l'égard des morts, Par quelles armes battre le Tentateur ?, Sermon du Saint Curé d'Ars sur l'Enfer des Chrétiens, Quand le démon se cache durant les exorcismes, Enseignement de l’Église sur le Purgatoire, Les différents moyens de soulager les morts, Les indulgences, troisième moyen propre à secourir les âmes du Purgatoire, La pensée du Purgatoire doit nous inspirer plus de consolation que d'appréhension, La pensée du purgatoire porte notre cœur à la pratique des vertus chrétiennes, La pensée du Purgatoire nous instruit sur la gravité du péché véniel, Quelles sont les âmes qui vont en purgatoire, La pensée du purgatoire nous prouve la folie de ceux qui ne travaillent pas à l'éviter, Pour éviter le purgatoire endurons nos afflictions en esprit de pénitence, Le Purgatoire, motif de patience dans les maladies, Méditation pour le jeudi de la deuxième semaine de Carême, Cession de nos bonnes œuvres en faveur des âmes du Purgatoire, Languentibus in Purgatorio, prose à la Sainte Vierge Marie pour les défunts, De ce que nous devons faire pour acquérir tous les jours une plus grande pureté d'intention et Méditation pour le Jeudi de la Passion.
















lundi 14 mars 2016

Litanies de la Passion


Le couronnement d'épines du Christ (Matthias Stom)


Seigneur, ayez pitié de nous.
Jésus-Christ, ayez pitié de nous.
Seigneur, ayez pitié de nous.

Jésus-Christ, écoutez-nous.
Jésus-Christ, exaucez-nous.

Père céleste, qui êtes Dieu, ayez pitié de nous.
Fils rédempteur du monde, qui êtes Dieu, ayez pitié de nous.
Esprit-Saint, qui êtes Dieu, ayez pitié de nous.
Sainte-Trinité, qui êtes un seul Dieu, ayez pitié de nous.
Jésus, qui avez institué le Très-Saint-Sacrement de l'Autel, en mémoire de votre passion, ayez pitié de nous.
Jésus, sortant du cénacle pour aller mourir, ayez pitié de nous.
Jésus, priant dans le jardin dés oliviers, ayez pitié de nous.
Jésus, accablé de tristesse, consolé par un ange, suant sang et eau, et réduit â l'agonie, ayez pitié de nous.
Jésus, vendu et trahi par Judas, ayez pitié de nous.
Jésus, pris et lié par les soldats, ayez pitié de nous.
Jésus, abandonné de vos disciples, ayez pitié de nous.
Jésus, conduit par lus rues de Jérusalem, et présenté à différents tribunaux, comme un criminel, ayez pitié de nous.
Jésus, accusé par les faux témoins, ayez pitié de nous.
Jésus, outragé, frappé et insulté pendant la nuit, ayez pitié de nous.
Jésus, renié par saint Pierre, ayez pitié de nous, ayez pitié de nous.
Jésus, conduit et accusé par les Juifs devant Pilate, ayez pitié de nous.
Jésus, méprisé par Hérode, ayez pitié de nous.
Jésus, à qui le peuple a préféré Barrabas, et dont il a demandé la mort, ayez pitié de nous.
Jésus, flagellé, ayez pitié de nous.
Jésus, vêtu de pourpre, couronné d'épines, portant le roseau à la main, et traité en roi de théâtre, ayez pitié de nous.
Jésus, présenté au peuple, ayez pitié de nous.
Jésus, condamné à la mort par Pilate, ayez pitié de nous.
Jésus, chargé de la croix, et conduit au Calvaire, ayez pitié de nous.
Jésus, attaché à la croix, ayez pitié de nous.
Jésus, élevé en croix, ayez pitié de nous.
Jésus, qui avez prié pour vos ennemis, ayez pitié de nous.
Jésus, qui avez promis le paradis au bon larron, ayez pitié de nous.
Jésus, qui avez recommandé votre mère à saint Jean, ayez pitié de nous.
Jésus, qui avez dit à votre père : Mon Dieu ; mon Dieu, pourquoi m'avez-vous abandonné ?
Jésus, abreuvé de vinaigre dans votre soif, ayez pitié de nous.
Jésus, qui avez dit : Tout est consommé, ayez pitié de nous.
Jésus, qui avez recommandé votre âme à votre père, ayez pitié de nous.
Jésus, mort sur la croix, ayez pitié de nous.
Jésus, qui avez fait éclater votre puissance après votre mort, par une infinité de prodiges, ayez pitié de nous.
Jésus, enseveli, ayez pitié de nous.


V/ Le Seigneur Jésus-Christ s'est humilié lui-même.
R/ Il s'est rendu obéissant jusqu'à la mort, et à la mort de la croix.


ORAISON

Seigneur Jésus-Christ, fils du Dieu vivant, qui avez été attaché à la croix pour la rédemption du monde, et qui avez répandu votre sang précieux pour la rémission de nos péchés, nous vous supplions très humblement de nous faire la grâce, qu'après notre mort nous entrions avec joie dans le paradis ; vous qui vivez et régnez dans tous les siècles des siècles. Ainsi soit-il.






Lire
"Horloge de la Passion" de Saint Alphonse de Liguori, "Méditations sur les souffrances de N.S. Jésus-Christ " par l'auteur du Culte Public et "Le bon larron" de Mgr Gaume.




Pratique : Méditez la Passion de Notre Seigneur Jésus-Christ par l'étude du Saint Suaire de Turin, la lecture lente des passages dans le Nouveau Testament décrivant la Passion, ou par les 14 stations du chemin de croix. Lire La Passion corporelle de Jésus expliquée par un chirurgien.


Écoutez Face au Saint Suaire et la suite : Le secret du reniement du pape qui désarme la chrétienté.




Reportez-vous à Jésus crucifié est le Livre des Élus, Jésus-Christ couronné d'épines, Chapelet de dévotion aux Saintes Plaies, Compassion de la Sainte Vierge, Litanies du Précieux Sang de Jésus, Méditation pour le Lundi Saint, Méditation pour le Mercredi Saint, Méditation pour le Vendredi Saint, Méditation pour le Samedi Saint, Méditation pour le Dimanche des Rameaux, Méditation pour le Dimanche de la Passion, Méditation pour le lundi de la Passion, Méditation pour le mardi de la Passion, Méditation pour le mercredi de la Passion, Méditation pour le Jeudi de la Passion, Méditation pour le Vendredi de la Passion, Méditation pour le samedi de la Passion, Réflexion sur la flagellation de Notre-Seigneur Jésus-christ, Discours sur les douleurs de Marie et Quelques passages prophétiques et références sur l'Esprit-Saint dans la Bible.













vendredi 4 mars 2016

Méditation pour le vendredi de la troisième semaine de Carême



Le Christ et la Samaritaine (Michelangelo Anselmi)



LE VENDREDI DE LA TROISIÈME SEMAINE DE CARÊME


Jour de grâce



PRATIQUE


Prenez la généreuse résolution de ne commettre contre la grâce aucune infidélité, quelque petite qu'elle puisse être, et d'y répondre sans délai. Efforcez-vous de trouver et de mériter cette grâce en tout. Dans les souffrances, dans les mépris et dans les contradictions, faites toutes vos bonnes œuvres, soit prières, soit lectures, soit observances, soit actions de charité, avec tant de pureté d'intention, que vous ne perdiez rien des grâces qui y sont attachées.



MÉDITATION


Jésus vint dans une ville de Samarie, nommée Sichar, prés de l'héritage que Jacob donna à son fils Joseph, où il y avait un puits que l'on appelait la fontaine de Jacob. Jean, 8.


1er Point. Jésus-Christ se fait une loi de rechercher le pécheur. Il arrive le premier au puits de Jacob, et il attend avec patience. Enfin, la pécheresse arrive, et il lui demande à boire. La grâce prévient ici pour se faire désirer dans la suite ; elle demande pour donner. La Samaritaine refuse d'abord de lui donner à boire ; mais Jésus, résolu de la gagner, lui dit d'un ton plein de douceur : Si vous connaissiez Je don de Dieu et celui qui vous parle, vous lui auriez peut-être demandé vous-même à boire, et il vous aurait donné d'une eau vive. Cette femme opiniâtre dissimule encore, et elle ne se rend pas. N'est-ce point ici votre conduite à l'égard de la grâce ? Elle a peut-être parlé mille fois au fond de votre cœur, pour rompre une attache qui vous empêchait d'être à Dieu ; vous vous êtes retranché, comme elle, sur votre prétendue faiblesse et sur la difficulté du travail, sans penser que rien n'est impossible à l'homme chrétien avec la grâce. La Samaritaine dit à Jésus-Christ : Seigneur, donnez-moi de cette eau.

2e Point. Cette pécheresse, après plusieurs résistances, ne peut plus résister à cette grâce qui la sollicite, et elle commence à demander de cette eau vive et surnaturelle, qui fait que l'on ne sent plus d'altération qui inquiète. Concevez une haute estime de cette eau vivifiante de la grâce. Comprenez que vous ne pouvez rien sans elle; souhaitez-la avec ardeur ; demandez-la avec une profonde humilité. Dites à Dieu : Seigneur, mon âme sent son extrême pauvreté ; enrichissez-la de ce don précieux ; mon âme n'a été que trop altérée des eaux empoisonnées et corrompues qui se trouvent dans les citernes des pécheurs, et qui, loin d'étancher sa soif, ne l'ont que trop augmentée ; donnez-moi de cette eau vive de la grâce, qui me désaltère pour toujours des plaisirs sensuels. Mais il ne faut pas se contenter de la demander avec ardeur, il faut encore travailler et ne point s'effrayer de la rigueur du travail qu'elle exige ; quelque affreux qu'il paraisse à la mollesse, la grâce saura bien l'adoucir. Écoutez la grâce, travaillez avec la grâce, et vous emporterez tout ce que vous voudrez sur votre esprit et sur votre cœur.



SENTIMENTS


Parlez à mon âme, ô mon divin Sauveur, avec cette éloquence si douce et si touchante avec laquelle vous avez bien voulu parler à la Samaritaine. Faites couler avec abondance dans mon âme cette eau céleste et vivifiante qui la désaltère de tous les plaisirs des sens, et qui ne lui laisse que la soif de l'amour divin, et de la gloire promise à ceux qui sont fidèles à votre grâce. Eau vivifiante, arrosez, rafraîchissez mon âme, étanchez pour toujours sa soif ; laissez-lui seulement celle qui faisait dire au prophète : Mon âme a soif du Dieu vivant. Mais surtout, ô mon Dieu, accordez-moi la grâce de la persévérance finale, c'est la grâce des grâces, et la véritable source d'eau vive qui porte les élus à l'éternité bienheureuse.



SENTENCES


Nous vous exhortons, vous qui nous aidez, à ne point recevoir la grâce de Dieu en vain (2 Cor. 6).

La grâce du Saint-Esprit ne s'accommode point de délais et de nos remises (Div. Aug. L. 2. in Luc).



RÉFLEXIONS


Jésus conduit à Hérode


Pilate sachant que le Sauveur était Galiléen, le renvoie à Hérode. Ce mauvais prince fut ravi de tenir Jésus-Christ entre ses mains. Il y avait longtemps qu'il souhaitait de le voir : le grand bruit que faisaient ses miracles excitait en lui ce désir, non pas pour profiter de ses divines leçons, mais il voulait repaître sa curiosité criminelle de quelque prodige nouveau qui lui fît plaisir. Il fut extrêmement surpris de voir Jésus dans une si pitoyable situation, lui que le peuple venait de recevoir avec pompe et comme le Messie : il lui fit plusieurs interrogations. Jésus garda le silence. Hérode, frustré dans son attente, traita Jésus-Christ comme un fou : il le fit revêtir, par dérision, d'une robe blanche, et l'exposa aux insultes de ses soldats, qui lui firent mille outrages sanglants et le reconduisirent ainsi à Pilate. Cette grandeur suprême ainsi déguisée, dit un pieux docteur (Thomas à Kemp. n. 8), est exposée au mépris d'une canaille insolente ; cette beauté ravissante et incomparable est défigurée par des infâmes ; cette sagesse toute divine est traitée de folie par des fous et des insensés ; cette source de grâces et de bénédictions est chargée de malédictions par des impies ; et l'innocence même est cruellement outragée par des criminels. Quel douloureux et quel touchant spectacle !



PRIÈRE


Dieu de puissance et de bonté, qui atteignez d'un terme à l'autre avec force, et qui disposez tout avec une douceur et une suavité admirable, éloignez de nous toute délicatesse-et toute lâcheté ; augmentez notre zèle et notre ferveur ; donnez nous votre grâce, afin que, nous acquittant de ces jeûnes corporels, nous fassions aussi jeûner notre âme de ses désirs charnels et de ses passions déréglées. Faites que ce double jeûne apaise votre colère et nous fasse mériter vos grâces dans cette vie mortelle, et la gloire dans la vie éternelle. Nous vous en prions par les mérites de Jésus-Christ, votre fil et notre seigneur.






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Pour bien faire ses actions, ne penser qu'au jour présent





Abrégé de la pratique de la perfection chrétienne du R.P. Alphonse Rodriguez, Extrait :



Pour bien faire ses actions, il serait à propos de ne penser qu'au jour présent.

Il y a encore un moyen très-propre à donner de la perfection à tout ce que nous faisons, qui est de n'envisager que le jour présent. Ce qui a coutume de décourager le plus ceux qui entrent dans le chemin de la perfection, et une des tentations dont le démon se sert ordinairement pour y réussir, c'est de faire envisager la longueur du temps que l'on aura à vivre dans une retenue sévère, dans une attention continuelle sur soi-même, dans les mortifications, dans la privation des commodités de la vie, etc. Cet esprit séducteur leur met cela devant les yeux, leur en fait voir la difficulté ; et grossissant les objets, fait tout son possible pour les dégoûter de rien entreprendre, et leur faire quitter le genre de vie qu'ils ont embrassé, en leur persuadant qu'ils ne pourront en soutenir la pratique. Or, le moyen que nous proposons ici, est le véritable remède contre cette espèce de tentation ; il est extrêmement proportionné à notre faiblesse ; n'envisageons, ni plusieurs années, ni même plusieurs jours, mais seulement le jour présent ; car qui est celui qui pour un jour ne s'efforcera pas de bien vivre ? De cette sorte tout devient aisé et supportable ; au lieu que peut-être tout paraît difficile et impraticable, quand on regarde les choses dans un point de vue plus éloigné.



Regardez les oiseaux du ciel : ils ne font ni semailles ni moisson, ils n’amassent pas dans des greniers, et votre Père céleste les nourrit. Vous-mêmes, ne valez-vous pas beaucoup plus qu’eux ? Qui d’entre vous, en se faisant du souci, peut ajouter une coudée à la longueur de sa vie ? Et au sujet des vêtements, pourquoi se faire tant de souci ? Observez comment poussent les lis des champs : ils ne travaillent pas, ils ne filent pas. Or je vous dis que Salomon lui-même, dans toute sa gloire, n’était pas habillé comme l’un d’entre eux. Si Dieu donne un tel vêtement à l’herbe des champs, qui est là aujourd’hui, et qui demain sera jetée au feu, ne fera-t-il pas bien davantage pour vous, hommes de peu de foi ? Ne vous faites donc pas tant de souci ; ne dites pas : “Qu’allons-nous manger ?” ou bien : “Qu’allons-nous boire ?” ou encore : “Avec quoi nous habiller ?” Tout cela, les païens le recherchent. Mais votre Père céleste sait que vous en avez besoin. Cherchez d’abord le royaume de Dieu et sa justice, et tout cela vous sera donné par surcroît. Ne vous faites pas de souci pour demain : demain aura souci de lui-même ; à chaque jour suffit sa peine. (Mt 6, 26-34)







jeudi 3 mars 2016

Faites chaque action comme si elle devait être la dernière de votre vie





Abrégé de la pratique de la perfection chrétienne du R.P. Alphonse Rodriguez, Extrait :



Moyen non moins efficace de bien faire ses actions : faire en particulier chaque action comme si elle devait être la dernière de notre vie.

Un dernier moyen que les saints nous enseignent pour bien faire nos actions, c'est de les faire toutes, comme si celle que nous faisons devait être la dernière de notre vie. Saint Bernard (Bern. in spec. Monach), parlant de la manière dont un religieux doit se comporter dans tout ce qu'il fait, dit : qu'à chacune de ses actions il doit se dire à lui-même : si tu devais mourir maintenant, ferais-tu cela ? Saint Basile (Basil, inst. ad fîlium spir.) nous donne aussi le même conseil, quand il dit : Ayez toujours votre dernière heure devant les yeux ; quand vous vous lèverez le matin, doutez si vous irez jusqu'au soir ; et lorsque vous vous coucherez le soir, ne vous assurez pas de revoir le lendemain : c'est de cette façon que vous viendrez à bout de vous réprimer sur toutes sortes de vices.
Thomas à Kempis en dit autant, et presque dans les mêmes termes. Saint Antoine (Ant. Abbat. hor.) tenait aussi le même langage à ses disciples, pour les encourager à la vertu et à la perfection. Et en effet peut-il y avoir un meilleur moyen pour nous porter à bien faire les choses, que de croire que chaque jour est le dernier de notre vie ? Si nous pouvions nous bien mettre cela dans l'esprit, nous ferions certainement nos actions d'une autre manière, et avec bien plus de perfection. Avec quelle ferveur un prêtre ne dirait-il point la messe, s'il croyait que ce dût être la dernière action de sa vie, et qu'il ne lui restât plus de temps ensuite pour faire aucune bonne œuvre, et pour mériter ! Quelle application ne mettrait-on pas à bien faire son oraison, si l'on était persuadé que ce fût la dernière, et qu'on ne trouverait plus le temps de demander pardon à Dieu de ses péchés !
C'est pour cela que l'on dit ordinairement, qu'il n'y a point de lieu où l'on apprenne mieux à prier Dieu que sur la mer. Quand on a la mort devant les yeux, on se sent tout autrement animé de ferveur, que lorsqu'elle paraît éloignée.
On raconte d'un saint religieux, qui avait accoutumé de se confesser tous les jours avant que de dire la messe, qu'étant tombé malade, son supérieur qui vit que la maladie était mortelle, l'en avertit, et lui dit qu'il fallait qu'il se confessât comme pour mourir. « Dieu soit béni et loué, répondit le malade, levant les yeux et les mains au Ciel ; il y a plus de trente ans que je me confesse tous les jours comme si je devais mourir un moment après ; je n'ai donc besoin à présent que de me réconcilier, comme pour me préparer, à dire la messe. » C'est ainsi que nous en devons user dans toutes nos actions ; confessons-nous, et communions chaque fois, comme si nous devions mourir aussitôt après ; de cette sorte il ne sera pas nécessaire à l'heure de la mort de nous confesser comme pour mourir, mais seulement de nous réconcilier, comme on fait quelquefois un moment avant la communion, pour se mettre en état d'en retirer plus de fruit, et de recevoir plus dignement le corps de Jésus-Christ. Si nous apportions cette précaution, la mort nous trouverait toujours préparés, et ne nous surprendrait jamais : c'est là le meilleur secret pour se préserver du malheur d'une mort subite. Bienheureux, dit. Jésus-Christ (Matth. 24. 46.), le serviteur que le maître, à son arrivée, trouvera faisant son devoir de cette sorte ! C'est ainsi que se conduisait Job : Depuis que je combats en cette vie, dit-il (Job. 14. 14 et 15. et 1. 12. Mor. c. 20. Bon. de prof. rel. I. z. c. 17.),  j'attends tous les jours que mon changement arrive : vous m'appellerez. Seigneur, et je vous répondrai. Oui, appelez-moi quand il vous plaira, à quelqu'heure et en quelque lieu que ce soit, je serai toujours prêt à répondre à votre voix.
Saint François de Borgia disait que le meilleur exercice d'un religieux était de se mettre vingt-quatre fois le jour dans la position d'un homme qui va mourir ; et qu'il se trouvait alors bien disposé lorsqu'il se disait souvent chaque jour : Je dois mourir aujourd'hui. Que chacun donc rentre en soi-même, et s'examine sérieusement là-dessus ; si vous sentez que vous n'êtes pas dans l'état où vous voudriez être, s'il fallait mourir, faites tout votre possible pour vous y mettre ; imaginez-vous que vous demandez à Dieu encore quelques jours pour vous préparer à la mort, et qu'il vous les accorde ; profitez bien du délai qu'il vous donne ; et essayez de vivre pendant ce temps-là, comme si vous deviez mourir un moment après. Heureux celui qui est tel pendant la vie, qu'il désire d'être à l'heure de la mort !
Les saints remarquent sur ce sujet (Aug. in Ps. 144. Greg. Hom.), que c'est par un effet particulier de sa miséricorde, que Dieu nous a caché l'heure de notre mort, afin que nous fussions toujours prêts ; car si on savait le temps où elle, doit venir, cette assurance donnerait occasion de se relâcher davantage, et de pécher avec plus de confiance : puisque tout incertain que l'on est de son heure, on ne laisse pas que de vivre avec beaucoup de nonchalance et de tiédeur, que ne ferait-on point, si on la croyait fort éloignée ? Saint Bonaventure dit que Dieu a voulu nous laisser dans l'incertitude sur l'heure de notre mort, afin que nous ne fassions aucun cas des choses présentes ; que voyant qu'à toute heure et à tout moment nous pouvons les perdre, nous ne nous y attachions en aucune sorte, et que nous n'aspirions qu'à celles que nous posséderons toujours, lorsque nous les aurons une fois acquises. Insensé que vous êtes (Lc 12, 20) ! dit le Fils de Dieu au riche avare ; cette nuit on vous redemandera votre âme, et toutes les riches ses que vous avez amassées à qui seront-elles ?