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mercredi 23 mars 2022

Le malheur du Monde dans son insensibilité


Salomé dansant devant Hérode (Gustave Moreau)


Malheur au monde dans son insensibilité à toutes les plus grandes vérités de la Religion, dans son insensibilité à son propre bien, à son propre malheur, dans son insensibilité à l'éternité, et au Dieu de l'éternité ; lorsqu'il est vivement sensible à tout le reste, et que les moindres choses, ce qui n'est rien, le touchent fortement.
Que ne fait-on pas pour éviter les maux passagers d'une vie qui disparaît comme l'ombre ? Quels soins ne donne-t-on pas pour s'y procurer les biens apparents que le siècle trompé estime ? Si la peste infecte quelque lieu, on sépare bien vite les personnes qui en sont atteintes, des autres. Dans les villes et autres lieux proches on met des gardes à toutes les avenues, à toutes les portes : on ne laisse entrer personne sans des témoignages bien avérés que l'on ne vient pas du lieu infecté : on fait des prières publiques et particulières. Mais que le péché, qui sans doute est un mal incomparablement plus dangereux, règne dans les personnes, que leurs conversations servent d'occasion dangereuse pour y faire tomber les autres ; qui se met ne peine de les éviter ? Quelles précautions apporte-t-on pour s'en préserver ? A-t-on recours à la prière ? Oui, il n'y a point de pères, de mères, de maîtres qui laissassent aller leurs enfants, leurs serviteurs dans un lieu pestiféré. c'est un mal, dit-on, trop contagieux, chacun le craint pour soi et pour ses amis. Après cela on ne craint ni pour soi, ni pour les autres, le mal de l'offense de Dieu.
Que d'émotions dans le monde aux nouvelles de la perte d'un procès où il s'agit de tout le bien que l'on possède, de la perte de l'honneur, d'une infamie cruelle de toute une famille ! On perd le Paradis, on devient infâme aux yeux de Dieu et de ses Anges, on n'en est pas plus ému. Quelle consternation dans tout un pays aux approches d'une armée ennemie qui ravage tout, qui met tout au pillage, qui met tout à feu et à sang sans épargner personne. Le monde devient captif du Diable, pour en souffrir à jamais ; l'on ne s'en donne point d'inquiétudes.
La justice de Dieu est comme les montagnes, dit la divine Parole, comme la profondeur des eaux de la mer que l'on ne peut sonder. Ses jugements sont un profond abîme, où il faut que tout esprit se perde. Elle condamne le pécheur pour un seul péché notable à des supplices éternels. L'Ange est la plus noble des créatures, c'est sa plus belle, sa plus éclatante, sa plus vive image ; et pour ainsi dire, Dieu l'arrache de son sein pour l'abîmer dans les Enfers, dès lors qu'elle se souille du moindre péché.
C'est de la sorte, dit le Prince des Apôtres, que Dieu n'a point épargné les Anges qui ont péché ; mais il les a liés des chaînes de l'Enfer, où il les a précipités, les livrant aux supplices, et les réservant pour le jour du jugement. L'homme s'engage dans les mêmes maux par le péché qu'il commet contre Dieu ; et un seul péché notable le rend digne de son ire éternelle. On apprend ces vérités aux enfants, on est élevé, on vit dans cette croyance, et l'on en est moins touché que d'une fable. Hélas ! s'écrie ici saint Augustin, il faut dire que l'état du pécheur soit bien étrange. On lit, remarque ce Père, en des histoires fabuleuses, des aventures tristes ; on sait qu'elles ne sont jamais arrivées, l'on en est ému jusqu'aux larmes. L'idée seule de quelque accident lamentable frappe fortement l'imagination et le cœur ; et des maux très-réels qui ne finiront jamais, qui nous regardent nous-mêmes, que nous croyons sans en douter, nous laissent sans sentiment.
Si quelqu'un tombe malade, dit saint Jean Chrysostôme, on court au Médecin, on prend des médecines, on n'épargne pas la dépense, on a des gardes pour veiller le malade : et tous les jours le monde reçoit des plaies mortelles du péché, qui nous engagent dans une mort éternelle ; et le monde n'y a aucun égard. On vit dans ce funeste état, on s'y divertit, on y dort paisiblement. On n'a point recours aux remèdes spirituels, on ne s'approche point des Sacrements ; et ce qui est très-épouvantable, c'est que dans les maladies mêmes où l'on n'oublie rien, où l'on fait tout pour en être délivré, le monde a peur qu'on ne lui parle de Confession, on dit que l'on n'est pas encore assez malade. Les amis, ou pour mieux dire, ceux qui portent ce nom, et qui sont dans la vérité des ennemis très-cruels, empêchent qu'on ne fasse souvenir le malade de mettre ordre à sa conscience ; cela, disent-ils, lui pourrait faire peur. Et on ne se soucie point de lui faire risquer son salut, et de lui faire perdre son âme.
Vraiment il faut bien dire que le monde est infiniment malheureux dans son insensibilité. Nous avons connu plusieurs personnes élevées dans les exercices d'une piété vraiment chrétienne ; nous en avons connu qui dans leur jeunesse avaient fait des actes héroïques d'une vertu éminente ; nous en avons connu qui avaient quitté les honneurs et les richesses du siècle pour suivre Jésus-Christ ; nous en avons connu qui ont été des Directeurs considérables, des Docteurs, des Prédicateurs, qui ayant pris l'esprit du monde, sont tombés dans une insensibilité inconcevable ; et qui est allée à une telle extrémité, qu'il y a eu de ces Directeurs, Docteurs, Prédicateurs qui n'ont pas même voulu se confesser.
Nous parlons de gens que nous avons connus intimement, et qui à tout ce qu'on leur pouvait dire de plus pressant, demeuraient sans réponse et sans sentiment. Ha ! que le monde pécheur est dans un état effroyable ! Certainement il faut avouer, comme nous l'avons remarqué, que pendant qu'on le flatte d'une heureuse santé, qu'il est mort bien véritablement ; car il est privé de tout sentiment comme un cadavre, comme le corps d'un mort.
Ainsi il a beau entendre les plus fortes vérités de la Religion, c'est ce qui ne fait point d'impression ni sur son esprit, ni sur son cœur. C'est pourquoi notre divin Maître déclare en Saint Matthieu, que cette prophétie d'Isaïe s'accomplit en lui : Vous écouterez et en écoutant vous n'entendrez point ; vous verrez, et en voyant vous ne verrez point : car le cœur de ce peuple est devenu tout charnel ; ils ont eu les oreilles sourdes, et ils ont fermé les yeux, de peur que leurs yeux ne voient, et que leurs oreilles n'écoutent, et que leur cœur ne comprenne, et qu'étant convertis je ne les guérisse. Le monde en vient jusqu'à ne plus croire presque ; ainsi il dit en Isaïe : Que Dieu se hâte, que ce qu'il doit faire arrive bientôt. C’est qu'il veut voir les jugements de Dieu pour les croire.
Ô insensibilité, qui mériterait plus de larmes que toutes les mers ne renferment de gouttes d'eau ! Car enfin un malheur infini ne peut être jamais assez déploré. C'est ce que notre bon Sauveur nous veut faire connaître, lorsque se tournant vers les femmes qui pleuraient, le voyant accablé des douleurs de sa passion et de sa croix, il leur dit : Filles de Jérusalem, ne pleurez point pour moi, mais pleurez pour vous-mêmes et pour vos enfants ; car le temps viendra auquel on dira aux montagnes, Tombez sur nous ; et aux collines, Cachez-nous ; parce que s'ils font ceci aux bois verd, que ne sera-t-il point fait au bois sec ? C'est-à-dire, si le Fils de Dieu est traité de la sorte, parce qu'il s'offre à son Père pour apaiser sa colère contre le monde ; que sera-t-il fait au monde qui est le coupable ? Hélas ! quel sera son malheur, puisque le même Sauveur veut qu'on lui réserve ses larmes, et qu'on ne pleure pas sur les tourments inexplicables qu'il souffrait. Ô monde, pleure donc, pleure pour toi, pour tes enfants, pour tous ceux qui t'aiment, et pleure inconsolablement ; que tes yeux deviennent une source intarissable de larmes : mais pleure à torrents, et si cela se pouvait, jette des torrents de larmes de sang.
Mais le monde est devenu comme une pierre, comme un rocher, dont rien ne peut ébranler la dureté. Ses sectateurs, dit la divine Parole dans les Proverbes, ayant quitté le droit chemin, marchent par des voies pleines de ténèbres, ils se réjouissent après avoir mal fait, et ils tressaillent de joie dans ce qu'il y a de plus méchant. Toute la vie du Chrétien, comme nous l'enseignent les Conciles, est une continuelle pénitence, et ils passent leur vie dans les plaisirs, les jeux, les divertissements et les danses, que l'on a appelées avec sujet les pompes du diable, à qui tous les Chrétiens ont renoncé par leur Baptême. A Dieu ne plaise, dit Saint Augustin, qu'elles se rencontrent parmi les Chrétiens ; car c'est où les démons ont leur commerce. Que la fille d'Hérode danse, et non pas la fille chrétienne ; c'est au Livre des Noces qu'il parle de la sorte. Et les Pères ont remarqué à ce sujet, que la danse a quelque chose de bien terrible, puisqu'elle a renversé d'une manière si étrange le jugement d'Hérode, qu'elle l'a obligé de faire mourir Saint Jean qu'il craignait et révérait comme un homme juste et saint.
Le grand saint Jean Chrysostôme, dans l'une de ses Homélies, les appelle des danses diaboliques. Saint Ambroise dit qu'il faut être fou ou ivre, pour danser. Le troisième Concile d'Arles, que les Païens en sont les auteurs par le mouvement de l'esprit diabolique ; ce qui l'oblige à les défendre. Le sixième Concile général, les Conciles de Laodicée, d'Agde, de sens font la même défense. Celui d'Agde défend même de voir danser. Il ne faut pas regarder ni écouter, dit Tertullien, ce qu'il n'est pas permis de faire. Ce n'est pas que la danse de soi soit mauvaise ; mais les saints Pères l'ont regardée avec horreur à raison des suites qui en arrivent. C'est la grande pompe du monde, comme il a été dit, parmi les personnes de qualités. C'est où son esprit domine, où le luxe et la vanité sont dans leur éclat, où la nudité des gorges se fait voir, où les périls de l'âme se trouvent, où les attachements se forment, où le diable lance ses traits enflammés, par ce qu'il a de plus agréable aux sens ; et parmi le simple peuple, le libertinage y est ordinaire entre les sexes différents ; les chansons qui s'y disent, sont remplies au moins de paroles équivoques contre la pureté, les gestes, les mouvements indécents, et contre la modestie ; et tout y est plain d'occasions de péché.
C'est de la manière que le monde, bien loin d'être sensible à ses maux, en fait le sujet de ses divertissements et de ses vaines joies. Semblables à une troupe d'aveugles qui se tenant par la main, s'en iront en dansant dans le précipice. Les mondains, dit Job, se réjouissent au son des instruments de musique, ils passent leurs jours dans la prospérité, et dans un moment ils descendent dans les enfers. Après cela peut-on se figurer un malheur comparable à celui du monde, qui non seulement est insensible à son propre malheur, ce qui le rend incurable, mais qui se réjouit dans ses maux qui sont éternels et infinis.

(Le malheur du monde, M. Boudon)


Reportez-vous à Le malheur du monde dans les peines de cette vie, et dans les tourments de l'autre, Le malheur du Monde en ce que le démon en est le Prince, Prière pour demander à Dieu la victoire des tentations, Le malheur du monde en ce qu'il n'est point du Royaume de Dieu, Le malheur du monde, en ce qu'il ne peut recevoir le Saint-Esprit, Le malheur du Monde dans son opposition à Jésus-Christ, Le malheur du Monde dans ses occupations, Des divertissements, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De l'emploi du temps, De la conversation, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Des amitiés, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, VIE CHRÉTIENNE : Travail et Négoce, VIE CHRÉTIENNE : Repas, Récréations, Conversations et Visites, Méditation sur les règles que l'on doit suivre dans l'usage des divertissements permis, Méditation sur les divertissements du monde, Méditation sur la passion du jeu, Du Devoir des Pères de famille, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Méditation sur les devoirs des pères à l'égard de leurs enfants, Méditation sur la fidélité que la Religion nous inspire à l'égard des devoirs de notre état, Méditation sur l'Autorité, Le Malheur du monde pour les scandales, Méditation sur le péché de scandale, Excellence de la chasteté, Le malheur du monde dans les dangers où il se trouve, Le malheur du Monde dans ses honneurs, Le malheur du Monde dans ses plaisirs, Le malheur du Monde dans ses richesses, Le malheur du Monde, en ce qu'il ne connaît point Dieu, et son Fils Jésus-Christ, Le malheur du Monde dans les ténèbres, Ce que l'on entend par le Monde, Aveuglement de l'homme, Du vrai Religieux, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De la vie mixte, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De l'homme intérieur, par le R.-P. Jean-Joseph SurinCe qui s'est observé dans un Ordre Religieux durant le premier siècle depuis son établissement, doit être regardé comme meilleur que tout ce qu'on peut inventer dans la suite, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Sur les trois mots qui furent dits à saint Arsène : Fuyez, taisez-vous, reposez-vous, Instruction sur les Conseils évangéliquesDu mondeMéditation sur les dangers du mondeMéditation sur l'amour de la retraiteMéditation sur les moyens de se sanctifier dans le mondeMéditation sur le détachement des biens de ce monde, Litanie pour se détacher des biens de ce monde, Méditation sur la gloire du monde, Méditation sur les obstacles que le monde oppose à notre salut, Méditation sur le renoncement au monde, Méditation sur deux règles qu'un Chrétien doit toujours observer pour faire son salut dans le monde, Méditation sur les affaires du monde comparées à celles du salut, Méditation sur l'affaire du salut, Que faut-il pour connaître sa vocation ? Premièrement, consulter Dieu, Que faut-il pour connaître sa vocation ? Deuxièmement, consultez-vous, vous-même, Que faut-il considérer dans le choix de la vocation ?, Quelle est ma vocation ?, Prière pour demander la grâce de connaître et d'accomplir la volonté de Dieu, Prière pour la vocation, Prière à Marie pour connaître sa vocation, Prière à Saint Joseph pour lui demander la grâce de connaître sa vocation, N'embrassez un état que par des motifs dignes d'une Chrétienne, En quelque état que vous soyez, rendez respectable, par vos sentiments et votre conduite, votre titre de Chrétienne, et Méditation sur ce qu'un Chrétien doit penser des richesses et des grandeurs du monde.













samedi 14 août 2021

Suffit-il pour plaire à Marie de se mettre sous sa protection, et de lui adresser des prières ?



Tous ceux qui diront à Jésus-Christ : Seigneur, Seigneur ! n'entreront pas dans le royaume des cieux. De même il ne suffit pas de dire à Marie : Ma mère, ma mère ! et de l'invoquer souvent pour lui plaire : Marie ne compte pour ses enfants que ceux qui veulent demeurer fidèles à Jésus-Christ ; elle ne regarde dans les hommages qu'on lui rend que les heureuses dispositions du cœur qui les lui offre, et aime avant tout dans ses serviteurs l'innocence, la foi et la charité qui la rendirent elle-même agréable aux yeux du Seigneur. Elle obtient la grâce d'un repentir sincère et le bienfait du pardon aux pécheurs qui commencent à gémir de leurs égarements ; mais quant aux pécheurs endurcis qui ne veulent point rompre avec leurs passions criminelles, et s'obstinent à vivre dans le crime, ils ont beau se déclarer serviteurs de Marie, Marie ne les connaît point. Ah ! sans doute, j'invoquerai Marie ; je chérirai Marie, elle est ma mère ; mais je n'oublierai jamais que le plus sûr moyen d'attirer les regards de sa clémence, c'est de détester le péché, qui lui fut si odieux, et d'imiter les vertus, qui lui furent si chères. C'est à ce prix surtout qu'elle me promet sa protection, ses bontés et sa tendresse.

(Manuel des petits séminaires)


Reportez-vous à Prière à Marie pour le Jour de l'Assomption, Quelle puissance Marie reçoit-elle de son Fils, au jour de son Assomption ?, Le triomphe de la très-sainte Vierge Marie ; son entrée dans le Ciel, Comment Dieu glorifia-t-il le tombeau de la très-sainte Vierge ?, Quelle fut la bienheureuse mort de la très sainte Vierge ?, ASSOMPTION DE LA SAINTE VIERGE : La mort des saints est précieuse devant le Seigneur, Méditation sur la Fête de l'Assomption, Instruction sur la Fête de l'Assomption, Discours sur l'Assomption de Marie, L'Assomption de Marie, Méditation sur la dévotion envers Marie, Munificentissimus Deus, Constitution apostolique du Pape Pie XII, sur la définition du dogme de l'Assomption, Octave de l'Assomption : Préparation, et Cantique pour le Jour de l'Assomption.
















samedi 3 juillet 2021

ABRÉGÉ DU CATÉCHISME DE PERSÉVÉRANCE, DEUXIÈME PARTIE, Leçon IX : Vie publique de Notre-Seigneur, Troisième année


ABRÉGÉ DU CATÉCHISME DE PERSÉVÉRANCE

DEUXIÈME PARTIE

Contenant l'histoire et l'explication de la Religion

depuis la Naissance du Messie jusqu'à son Ascension


IXe LEÇON


VIE PUBLIQUE DE NOTRE-SEIGNEUR


TROISIÈME ANNÉE



Q. Quel était le but de toutes les paroles, de tous les miracles, de toutes les démarches du Sauveur ?
R. Le but de toutes les paroles, de tous les miracles, de toutes les démarches du Sauveur, était de rétablir le règne de son Père et de sauver l'homme. Par ses paroles il dissipait l'ignorance, par ses miracles il nous apprenait à croire en lui, et toutes ses démarches tendaient à chasser le démon, à soulager nos misères et à régler notre conduite.

Q. Quel autre but se proposait-il encore ?
R. Le Sauveur se proposait encore de bannir la crainte excessive que l'homme avait de Dieu ; car il voulait faire succéder la loi de grâce à la loi de crainte, et empêcher l'homme de désespérer après ses péchés.

Q. Que fit-il pour cela ?
R. Pour cela il se montra toujours bon, affable, compatissant envers tout le monde, et, pour peindre sa bonté et sa miséricorde, il raconta plusieurs paraboles, en particulier celles de l'enfant prodigue et de la brebis perdue.

Q. Racontez cette dernière parabole.
R. Un berger, dit le Sauveur, a un troupeau de cent brebis, il les aime toutes, il les garde avec précaution ; malgré sa vigilance, une de ses ouailles vient à s'égarer. N'est-il pas vrai qu'il ne s'en est pas plutôt aperçu, qu'il laisse les quatre-vingt-dix-neuf autres et qu'il court après celle qui s'est éloignée ? 11 la cherche de tout côté, et il ne donne se point de repos qu'il ne l'ait retrouvée.

Q. Continuez la même parabole.
R. Lorsqu'il l'a retrouvée, il ne la bat pas ; mais il la met doucement sur ses épaules, et la rapporte lui-même à la bergerie, afin de lui épargner la fatigue du retour. Arrivé à la maison, il assemble ses amis et ses voisins : Félicitez-moi, leur dit-il, j'ai retrouvé ma brebis que j'avais perdue. Voilà, conclut le Sauveur, le portrait de votre Père céleste : Je vous le dis, la conversion d'un pécheur cause plus de joie dans le Ciel, que la persévérance de quatre-vingt-dix-neuf justes.

Q. Que fit le Sauveur après cette parabole ?
R. Après cette parabole, le Sauveur fit une action qui dévoile tout ce qu'il y avait de bonté dans son cœur.

Q. Quelle fut cette action ?
R. Un grand nombre de pères et de mères vinrent lui présenter leurs petits enfants, en le conjurant de les bénir. Le Sauveur reçut dans ses bras tous ces petits enfants, les combla de caresses, leur imposa les mains et les bénit.

Q. Que fit-il encore ?
R. Pour mettre leur innocence et leur vie à couvert, il déclara qu'il vaudrait mieux être précipité dans la mer, une meule de moulin au cou, que de scandaliser un petit enfant, et qu'il tiendrait pour fait à lui-même tout ce qu'on ferait au moindre de ces petits qui étaient ses frères.

Q. Qu'annonça-t-il ensuite à ses Apôtres ?
R. Le Sauveur annonça ensuite à ses Apôtres que sa mort et sa passion étaient proches ; qu'il serait crucifié, mais qu'il ressusciterait trois jours après. Il employa le peu de temps qui lui restait à leur donner des instructions et à faire des miracles plus éclatants que jamais.

Q. Quels furent ces miracles ?
R. Les principaux furent la conversion de Zachée et la résurrection de Lazare, mort depuis quatre jours, qui eut lieu aux portes mêmes de Jérusalem et en présence d'un grand nombre de Juifs?

Q. Quels furent les effets de ces miracles ?
R. Les effets de ces miracles furent la conversion d'un grand nombre de Juifs qui crurent en Notre-Seigneur, et l'endurcissement des pontifes et des pharisiens qui résolurent de le faire mourir.


Je prends la résolution d'aimer Dieu par-dessus toute chose, et mon prochain comme moi-même pour l'amour de Dieu ; et, en témoignage de cet amour, je veux éviter tout ce qui pourrait scandaliser les enfants.


Deuxième Partie : Leçon I : État du monde à la venue du Messie, Leçon II : Naissance du Messie, Leçon III : Vie cachée de Notre-Seigneur Jésus-Christ, Leçon IV : Vie publique de Notre-Seigneur, Première année, Leçon V : Vie publique de Notre-Seigneur, Première année, Leçon VI : Vie publique de Notre-Seigneur, Première année, Leçon VII : Vie publique de Notre-Seigneur, Deuxième année, Leçon VIII : Vie publique de Notre-Seigneur, Deuxième année, Leçon X : Vie publique de Notre-Seigneur, Troisième année.

Première Partie :
Leçon I : Enseignement vocal de la Religion, Catéchisme, Leçon II : Enseignement écrit, Écriture et Tradition, Leçon III : Connaissance de Dieu considéré en Lui-même, Leçon IV : Connaissance de Dieu par ses ouvrages, 1er Jour de la Création, Leçon V : Connaissance de Dieu par ses ouvrages, 2e Jour de la Création, Leçon VI : Connaissance de Dieu par ses ouvrages, 3e Jour de la Création, Leçon VII : Connaissance de Dieu par ses ouvrages, Fin du 3e et commencement du 4e Jour de la Création, Leçon VIII : Connaissance de Dieu par ses ouvrages, suite du 4e Jour de la Création, Leçon IX : Connaissance de Dieu par ses ouvrages, 5e Jour de la Création, Leçon X : Connaissance de Dieu par ses ouvrages, Fin du 5e et commencement du 6e Jour de la Création, Leçon XI : Connaissance de Dieu par ses ouvrages, Suite du 6e Jour de la Création, Leçon XII : Connaissance de l'homme considéré en lui-même, Leçon XIII : Connaissance de l'homme considéré dans ses rapports avec les créatures, Leçon XIV : Connaissance de l'homme considéré dans ses rapports avec Dieu, Leçon XV : Connaissance des Anges, Leçon XVI : Chute de l'homme, Leçon XVII : Accord de la justice et de la miséricorde divine dans la punition et dans la transmission du péché d'Adam, Leçon XVIII : Nécessité et perpétuité de la Foi au Mystère de la Rédemption, Histoire de Job, Leçon XIX : Connaissance de la Religion, Nature et définition de la Religion, Leçon XX : Connaissance de la Religion, Que la Religion est une Loi, Leçon XXI : Le Messie promis et figuré : Adam et Abel, Leçon XXII : Le Messie promis et figuré, Noé, Troisième Figure du Messie, Leçon XXIII : Deuxième promesse et quatrième figure du Messie, Melchisédech, Leçon XXIV : Isaac, cinquième Figure du Messie, Leçon XXV : Le Messie promis et figuré, Jacob, Sixième Figure du Messie, Leçon XXVI : Le Messie promis et figuré, Joseph, Septième Figure du Messie, Leçon XXVII : L'Agneau pascal, Huitième Figure du Messie, Leçon XXVIII : La Manne, Neuvième Figure du Messie, Leçon XXIX : Les sacrifices et le serpent d'airain, Dixième et onzième Figure du Messie, Leçon XXX : Moïse, Douzième Figure du Messie, Leçon XXXI : Josué, Treizième Figure du Messie, Leçon XXXII : Gédéon, quatorzième Figure du Messie, Leçon XXXIII : Samson, Quinzième Figure du Messie, Leçon XXXIV : Sixième Promesse du Messie, Leçon XXXV : David, Seizième Figure du Messie, Leçon XXXVI : Salomon, Dix-septième Figure du Messie, Leçon XXXVII : Jonas, Dix-huitième Figure du Messie, Leçon XXXVIII : Le Messie prédit, Prophéties de David, Leçon XXXIX : Le Messie prédit, Prophéties d'Isaïe, Leçon XL : Le Messie prédit, Prophéties d'Osée, de Michée, de Joël et de Jérémie, Leçon XLI : Le Messie prédit, Prophéties d'Ézéchiel, Leçon XLII : Le Messie prédit, Prophéties de Daniel, Leçon XLIII : Le Messie prédit, Prophéties d'Aggée, de Zacharie et de Malachie, Leçon XLIV : Résumé général et application des promesses, des figures et des prophéties, à Notre-Seigneur Jésus-Christ, Leçon XLV : Le Messie préparé, Monarchie des Assyriens, Leçon XLVI : Le Messie préparé, Monarchie des Assyriens, Histoire de Judith, Leçon XLVII : Le Messie préparé, Histoire de Tobie, Leçon XLVIII : Le Messie préparé, Monarchie des Perses, Histoire d'Esther, Leçon XLIX : Le Messie préparé, Monarchie des Grecs et des Romains, Leçon L : Le Messie préparé, Histoire des Machabées, Leçon LI : Unité de la Religion et de l’Église.













mardi 15 juin 2021

Dans quels sentiments devons-nous célébrer la fête du Sacré-Cœur de Jésus ?



C'est dans les sentiments de l'amour le plus vif et le plus tendre que nous devons célébrer cette fête : le plus vif pour payer l'amour dont ce Cœur de Jésus nous a aimés d'un généreux retour ; le plus tendre, pour compatir aux opprobres et aux douleurs de ce divin Cœur outragé. Nous le savons, Jésus obéissait à l'amour dont son cœur était embrasé pour nous, lorsqu'il se faisait homme, enfant, le dernier des hommes, rassasié d'ignominies, mourant dans l'opprobre et les douleurs de la croix. Ce n'était pas trop pour un cœur qui nous aimait infiniment ; mais le cœur bas et rétréci des hommes n'a rien compris à cet excès d'amour. Aveugles et endurcis, ils n'ont eu ni des yeux assez purs pour reconnaître le codeur d'un Dieu, à ces traits d'un amour infini, ni des cœurs assez grands pour les ressentir, y correspondre.
Les cœurs ingrats ont été plus loin : ils ont outragé ce Cœur tendre et paternel, qui les aimait malgré leur ingratitude : enfin les cœurs impies sont venus ; mais ç'a été pour déchirer ce Cœur sacré où le sang ruisselait encore, lui arracher toute consolation et combler ses douleurs ! À la vue de tant de maux quel codeur fidèle ne serait ému ? Au récit de ces sanglants outrages, dont le douloureux souvenir ira arracher des larmes aux cœurs généreux et compatissants de tous les siècles, quel cœur parmi nous si insensible et si dur pourrait refuser à ce divin Cœur abreuvé d'amertume un amour plus ardent, une fidélité plus constante, une commisération plus tendre ? Quel bonheur, quelle consolation vraiment ineffable si parmi nous il se trouvait un seul cœur assez fervent, assez tendre, assez pur, assez ardent, pour faire oublier en ce jour au Cœur de Jésus ses profonds ennuis et ses amères douleurs à force d'amour, de reconnaissance, d'adorations et d'hommages !

(Manuel des petits séminaires)


Reportez-vous également à Fondements de la Dévotion au Sacré Cœur de Jésus, Sur l'excellence de la dévotion au Sacré-Cœur de Jésus, Comment l'Église de France a-t-elle contribué à l'établissement de la fête du Sacré-Cœur de Jésus ?, Depuis quand l'Église a-t-elle institué la fête du Sacré-Cœur de Jésus ?, Sur l'institution de la fête du Sacré-Cœur : Quelle fête célébrons-nous en ce jour ?, Prière au Sacré-Cœur de Jésus, Prière fondée sur les Promesses faites par Notre-Seigneur Jésus-Christ à Sainte Marguerite-Marie, Dévotion au Cœur Sacré de Jésus : Actes de communion spirituelle, Neuvaine de confiance au Sacré-Cœur, La dévotion au Cœur sacré de Jésus : Réparation, immolation, pénitence, confiance et pur amour, Amende honorable à Jésus-Christ dans le Saint-Sacrement, Amende honorable au Sacré-Cœur de Jésus, La dévotion au Sacré-Cœur, remède spécial aux maux qui désolent l'Église dans ces derniers temps, Méditation sur la Fête du Sacré Cœur de Jésus-Christ : Dieu a envoyé dans vos cœurs l'Esprit et le Cœur de son Fils, Instruction sur la Fête du Sacré Cœur de Jésus-Christ, Petite consécration au Sacré-Cœur de Jésus, Neuvaine au Sacré-Cœur, Miserentissimus Redemptor du Pape Pie XI sur notre devoir de réparation envers le Sacré-Cœur de Jésus, Acte de consécration du genre humain et de réparation au Sacré-cœur, Litanie de Sainte Marguerite Marie Alacoque, Litanie du Sacré-Coeur de Jésus, Sœur Benigna, petite secrétaire de l'amour de Dieu (1/9), Dévotion au Sacré-cœur de Jésus : Don de l'Esprit et Vie intérieure, et Amende honorable au Sacré-Cœur de Jésus.














dimanche 17 mai 2020

Troisième Motif de Contrition : La Bonté de Dieu (6/6)




6°. UN AMI INDULGENT ET FACILE. Venez, ô vous tous qui oubliez Dieu, qui violez sa loi, qui insultez à la vertu ; venez et voyez en moi le prodige de la clémence divine ; venez admirer, avec moi, cette miséricorde qui se plaît à éclater dans l'abîme de mes misères. Ô voies de Dieu dans le cœur de l'homme, que vous êtes admirables !... Oh ! il n'en est pas de Dieu comme des hommes ! Les hommes, ceux même qui se font gloire de paraître nos protecteurs, font acheter le pardon qu'on leur demande par des délais éternels, par des rebuts pénibles à l'amour propre, qui anéantissent presque tout le fruit d'une grâce, plutôt arrachée par l'importunité, qu'elle n'est accordée. Mais Dieu en agit bien autrement : avec quelle facilité il oublie nos fautes ! avec quelle indulgence il pardonne ! Quel autre que lui pardonne à l'instant ? Point de ces longs délais d'une année, ni d'un mois, ni d'un jour, ni d'une heure : si je veux être l'ami de mon Dieu, je le suis à l'instant : Si volo fieri amicus Dei, ecce nunc fio. Que le coupable repentant de ses fautes, se présente lui-même pour solliciter le pardon, à l'instant l'abîme se ferme et les cieux s'ouvrent... Quel autre que lui pardonne tout ? Point de bornes à sa clémence, ni pour le temps, ni pour le lieu, ni pour les personnes, ni pour les crimes : tout est effacé... Quel autre que lui pardonne sans retour ? Le péché est remis absolument et pour toujours ; il est anéanti, jamais rien ne le fera revivre... Quel autre que lui pardonne avec autant de grâce et de bonté ? Nulle froideur, nul ressentiment, nulle réserve de sa part ; je vois en lui tous les charmes de l'amitié la plus douce, tous les transports de l'affection la plus vive, et tous les excès de l'amour le plus tendre... Enfin quel autre que lui pardonne, après tant de parjures, après tant de promesses et de rechutes ? Ô miséricorde incompréhensible de mon Dieu, voici votre triomphe et votre gloire !... Et où trouvera-t-on jamais ici-bas un tribunal aussi facile ? Où trouvera-t-on, parmi les hommes, un ami aussi indulgent, après tant de trahisons et de perfidies ? Il n'appartient qu'au cœur d'un Dieu de faire éprouver au coupable les effets merveilleux de son excessive charité.
Ô mon Dieu, je suis ce coupable à qui vous avez pardonné tant de péchés, pour faire de lui le trophée de vos miséricordes, le monument de votre clémence, et le chef-d'œuvre de votre patience ; je vous rends grâce d'avoir manifesté une si étonnante bonté envers moi. Vous vous deviez à vous-même un si grand exemple pour consoler tous les pécheurs. Hélas ! quels châtiments n'ai-je pas mérités de votre justice ? Je vous ai oublié, ô vous qui m'avez fait, et à qui je dois tout ce que je suis : à l'ingratitude j'ai joint l'endurcissement ; j'ai méprisé vos grâces ; j'ai été insensible à vos promesses ; j'ai abusé de vos miséricordes ; j'ai contristé votre Esprit saint ; j'ai résisté à ses mouvements salutaires ; j'ai dit, dans mon cœur rebelle : « Non, je ne porterai point le joug du Seigneur ; non serviam » (Jerem. 2, 20) ; j'ai fui, quand vous me pour suiviez ; j'ai cherché des prétextes pour m'éloigner de vous ; j'ai craint de voir la vérité que je ne voulais pas suivre ; j'ai critiqué la vertu, la supportant impatiemment, parce qu'elle était ma condamnation ; j'ai eu honte de la pratiquer, et j'ai fait gloire d'être ingrat ; j'ai marché dans mes propres voies au gré de mes passions et de mon orgueil... Ô mon Dieu, que me resterait-il, à la vue de tant d'infidélités, sinon d'être saisi d'horreur pour moi-même ? Non, je ne pourrais me souffrir, si je ne savais que d'un incrédule, d'un impie, d'un blasphémateur même, vous pouvez faire un vase d'élection. Ô Père des miséricordes, que vous êtes bon ! La malice de l'homme ne peut égaler votre bonté paternelle. Il est donc vrai que vous avez encore des trésors de grâces et de patience pour moi, pauvre pécheur, qui ai tant de fois foulé aux pieds le sang de votre Fils. Vous ne vous êtes pas encore lassé de m'attendre, ô Dieu patient ! ô Dieu, qui craignez de punir trop tôt ! ô Dieu, qui ne pouvez vous résoudre à frapper ce vase d'argile, formé de vos mains ! Vous ne vous êtes pas non plus encore lassé de me pardonner, ô Dieu bon et facile, qui craignez qu'on ne vous ôte l'occasion de faire grâce ! Cette patience, qui flattait ma liberté, m'attendrit et me pénètre d'amour. Hélas ! serai-je donc toujours méchant, parce que vous êtes bon ? Est-ce parce que vous m'aimez tant, que je me croirais dispensé de vous aimer ? Non, non, Seigneur, la vue de votre patience m'anime, je ne puis plus me voir un seul moment contraire à celui qui me rend le bien pour le mal ; je déteste jusqu'aux moindres résistances ; je ne veux aucune réserve ; périsse tout ce qui retarde mon sacrifice. Ce n'est plus ce demain d'une âme lâche, qui fuit toujours sa conversion : aujourd'hui, aujourd'hui ; ce qui me reste de vie n'est pas trop long, pour pleurer tant d'années perdues ; Seigneur, que voulez-vous que je fasse ? Ô mon Dieu ! je ne veux plus vous résister ; je n'hésiterai plus ; je craindrai toujours plus de ne pas faire assez, que de faire trop. Cette œuvre est au-dessus de l'homme ; mais je puis tout en celui qui me fortifie ; et c'est parce que je suis indigne de tout, que vous prendrez plaisir à faire en moi les plus grandes choses.



CONCLUSION

Malheureux que je suis ! Ai-je donc perdu le sentiment et la raison, en perdant la grâce ! Rien ne me fait impression, ni crainte, ni amour. N'est-ce point que j'ai mis le comble à mes infidélités, et que le Seigneur m'abandonne ? Un ver de terre a osé s'élever contre le Créateur de l'univers, et il ne saurait se repentir de sa révolte !... J'ai méprisé, j'ai outragé mille fois celui qui a donné sa vie pour moi, et je n'ai point d'horreur d'une ingratitude si énorme !... Je suis suspendu, comme par un fil, au-dessus de l'abîme, je puis y tomber à l'instant, et je ne frémis pas !... Ah ! je ne faisais pas ces réflexions dans le temps que j'offensais mon Dieu. Ô insensé que j'étais !... Mais à cette heure, c'est de sang-froid que j'envisage ces vérités, et elles ne font nulle impression sur moi ! Ô inconcevable sécurité ! suis-je donc perdu sans ressource ?... Ô mon Dieu, ne suis-je plus votre créature ? ne vous appartiens-je pas toujours par le caractère sacré du baptême ? Vous avez dit : Je ne veux pas la mort de l'impie, mais qu'il se convertisse et qu'il vive (Ezech. 33, 11) ; faites plier vous-même mon esprit indomptable, montrez que vous êtes mon Dieu, et je tomberai au pied de vos autels. Ah ! loin que mes excès passés et mon insensibilité présente arrêtent votre main qui veut me guérir, quoi de plus digne de votre pitié qu'un misérable qui n'a pas pitié de lui-même ? Ô Dieu ! ne me refusez pas du moins la dernière de vos grâces, la dernière vertu des coupables, la grâce des remords...
Hé quoi ! ne serai-je point ébranlé ? échapperai-je aux derniers efforts de la divine bonté ? Ah ! puisque j'entends aujourd'hui sa voix (peut-être est-ce pour la dernière fois) je n'endurcirai plus mon cœur...
Ô mon âme, ne laisse pas échapper cette émotion salutaire, mets à profit ce moment de grâce, qui t'est donné encore, et qui ne te promet pas de revenir. Pourquoi différer encore ? Que gagnes-tu par tes délais ? ah ! dis plutôt en ce moment : Quoi ! ce jour, ce jour même peut être le dernier de mes jours ! Quoi ! cette nuit, qui bientôt va commencer à m'envelopper de ses ombres, cette nuit même peut devenir pour moi une nuit éternelle ! À cette heure même où j'irai me reposer dans les bras du sommeil, peut-être mon âme se réveillera tout à coup dans les mains du Dieu vivant !!! Mon Dieu ! mon âme frémit : elle succombe sous le poids de cette pensée ! Je me tourne vers vous, je prends la ferme résolution de commencer sur-le-champ la réforme de mon cœur : Nunc coepi, oui, mon Dieu, voilà que je veux commencer : je veux dire dès maintenant : J'ai péché ; peccavi. Je le dis ; et dès ce moment, je romps tous mes liens, je commence une vie nouvelle. Je vais me jeter aux pieds de votre ministre, lui faire l'aveu douloureux de mes crimes ; alors je vivrai de votre vie, selon vos promesses, et je ne me glorifierai plus désormais que dans vos éternelles miséricordes. Misericordias Domini in oeternum cantabo (Ps. 88, 1).


(Extrait de Manuel du Pénitent ou conduite pour la Contrition)



Reportez-vous à Première Disposition pour recevoir la grâce de la Justification : Acte de FoiTroisième Motif de Contrition : La Bonté de Dieu (1/6), Troisième Motif de Contrition : La Bonté de Dieu (2/6), Troisième Motif de Contrition : La Bonté de Dieu (3/6), Troisième Motif de Contrition : La Bonté de Dieu (4/6), Troisième Motif de Contrition : La Bonté de Dieu (5/6), Conduite pour la Contrition, Premier Motif de Contrition : La Majesté de Dieu, Deuxième Motif de Contrition : La Justice de Dieu, Instruction sur la Contrition, Prière pour obtenir de Dieu miséricorde, Instruction sur la Grâce, De l'examen de conscience, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Cinq points dans l'examen général de la conscience, Trois temps pour l'examen particulier, Prière à Saint Louis de Gonzague pour demander la contrition, Bien choisir le sujet sur lequel on doit faire l’examen particulier, Combien l'examen de notre conscience est important, Méditation pour la Fête de Sainte Marie-Madeleine, Prière pour obtenir la persévérance dans le jeûne et la pénitence, Méditation sur la promptitude et la vivacité de la vraie pénitence, Méditation sur le souvenir des jours que l'on a passé dans l'oubli de Dieu et de ses devoirs, Méditation sur la miséricorde de Dieu, Méditation sur la pénitence du cœur, Psaumes de la Pénitence, Méditation sur la mort dans le péché, Méditation sur la confiance qu'un Chrétien doit avoir en la miséricorde de Dieu, Hymne du Carême, Méditation sur la réparation du péché, Méditation sur l'expiation du péché, Méditation sur la miséricorde de Dieu, Exercice pour la confession, Litanies de Sainte Marie-Madeleine, Méditation sur la promptitude et la vivacité de la vraie pénitence, Méditation sur la vraie pénitence, Catéchisme du Saint Curé d'Ars : Sur la confession, Réponse à quelques doutes touchant la Pénitence, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Qu'il est très-utile d'ajouter quelques pénitences à l'examen particulier, Les peines du Purgatoire conformes aux fautes commises La conversion renvoyée au soir de la vie conduit l'âme à la cruelle faim du Purgatoire, Troisième méditation de préparation à la mort : Que me présenteront le passé, le présent et l'avenir ?, Instruction sur la Prière, Explication du premier commandement de Dieu, Explication du deuxième commandement de Dieu, Explication du quatrième commandement de Dieu, et Explication du cinquième commandement de Dieu.















mardi 7 janvier 2020

Dévotion à la Sainte Enfance de Notre-Seigneur Jésus-Christ, 15e Méditation : Voici que les Mages vinrent de l'Orient à Jérusalem


Extrait de "Dévotion à la Sainte Enfance de Notre-Seigneur Jésus-Christ, ou Nouveau Mois de Jésus" par C.-L. Faucher, prêtre du Diocèse de Clermont :




15e JOUR

Voici que les Mages vinrent de l'Orient à Jérusalem, et demandèrent : Où est le Roi des Juifs qui est nouvellement né. (Matth., II, 1)


1er Point. Considérez le saint Enfant dans sa pauvre crèche ; il est si aimable qu'il attire tout à lui : les anges descendent du ciel pour chanter ses louanges ; les bergers viennent le reconnaître comme le Messie qui doit sauver le monde ; les Mages arrivent de l'Orient pour lui offrir le tribut de leurs hommages et de leurs adorations. Quelle est donc cette puissance si grande, cachée sous le voile de l'infirmité et de la faiblesse, qu'aucun de ceux qui l'approchent ne peut lui résister ? Les attraits du saint Enfant sont si touchants qu'il gagne tous les cœurs. N'y aurait-il que le vôtre qui resterait indifférent à son amour ? Depuis longtemps, il vous presse de vous rendre à lui, et vous avez été sourd à ses invitations. Ah ! s'il fait luire aujourd'hui dans votre âme la lumière de sa grâce, n'endurcissez pas votre cœur ; rentrez au-dedans de vous-même, et rendez-vous à cette voix de miséricorde et de clémence, qui vous invite à venir puiser au berceau de Jésus ce beau feu de la charité qu'il est venu apporter sur la terre, et qui vous fera sortir des ténèbres du péché.

2e Point. Quelle ne doit pas être votre fidélité à obéir à la voix de Dieu et à correspondre aux grâces qu'il vous accorde ? Si les Mages eussent négligé la grâce intérieure qui les excitait à chercher Jésus et à tout quitter pour le trouver, jamais ils n'eussent eu le bonheur de le posséder, car il faut profiter du moment de la grâce ; si vous le laissez passer, il ne reviendra peut-être jamais ; Dieu se retirera, parce que vous n'êtes pas venu à lui lorsqu'il vous appelait, et vous abandonnera à votre propre faiblesse. Les trésors de la miséricorde divine vous sont maintenant ouverts ; Jésus vous demande votre cœur ; il veut briser les liens qui vous captivent et vous retiennent loin de lui ; il veut dissiper les épaisses ténèbres qui vous aveuglent ; il veut vous faire sortir de cette région affreuse où règnent le péché et la mort ; c'est pour cela qu'il vous éclaire de sa divine lumière ; hâtez-vous de profiter de ces grâces, de peur qu'elles ne vous échappent.


ORAISON JACULATOIRE

Infans Jesu ; Patris splendor, miserere nobis.
Enfant Jésus, qui êtes la splendeur du Père, ayez pitié de nous.


PRIÈRE

Ô saint enfant ! qui êtes la splendeur du Père éternel, qui vous a engendré de toute éternité, soyez non guide dans les sentiers difficiles de la vertu ; qu'à la clarté de votre divine lumière, je puisse connaître et éviter tous les pièges que me tend l'ennemi de mon salut, et que mes pas ne s'écartent jamais de la voie droite et sûre qui conduit à vous.


EXEMPLE

L'an 1144, le Brabant avait pour duc Godefroi III, encore dans sa première enfance, puisqu'il n'avait pas accompli la première année de sa vie. Cette circonstance réveilla les prétentions et la haine des peuples avec lesquels le père de ce jeune prince avait eu la guerre de son vivant, guerre acharnée où avaient été livrées dix-sept batailles. Les ennemis mettent donc une nombreuse armée en campagne, persuadés qu'il leur serait facile de vaincre une nation dont le chef n'était qu'un faible enfant. Les sujets du jeune Godefroi se disposent à combattre ; mais quel est le chef des troupes et l'arbitre du combat ? Le petit enfant encore dans son berceau, car un généreux citoyen eut l'idée de faire apporter le jeune prince, afin que sa vue encourageât les combattants. Le berceau fut donc suspendu aux branches d'un saule, et aucune harangue militaire n'aurait pu avoir tant d'éloquence ; la vue de ce berceau, la pensée de ce petit enfant qu'il renfermait, ranima le courage dans tous les cœurs ; tous les soldats tournèrent les yeux vers cette nouvelle enseigne de guerre, et marchèrent au combat avec la plus grande ardeur et la plus ferme résolution de vaincre ou de mourir. La lutte fut terrible et acharnée ; quand les soldats étaient sur le point de faiblir, les vagissements de leur petit prince relevaient leur courage : ceux qui avaient envie de fuir, étaient retenus par la vue de cet enfant, et la muette allocution du berceau leur donnait de nouvelles forces. Enfin, ceux qui combattaient pour le jeune Godefroy remportèrent la victoire, et firent un massacre horrible de leurs ennemis. Et voilà ce qu'obtint l'amour et le dévouement à un enfant ; voilà ce que produisit l'aspect seul d'un berceau. Regardez, je vous prie, cet autre berceau, cet autre enfant que je vous montre : c'est Dieu, c'est votre chef. Il est faible, mais il terrasse les géants ; il pleure dans sa crèche, mais il tonne dans les cieux ; il dort sur le sein d'une Vierge : mais il veille à la garde de nous tous ; c'est notre maître, c'est notre souverain ; si nous marchons à sa suite, nous remporterons sur nos ennemis une éclatante victoire.


PRATIQUE

Profitons des grâces que Dieu nous donne, et soyons fidèles à correspondre aux saintes inspirations et aux bons mouvements de l'Esprit saint.


Reportez-vous à Dévotion à la Sainte Enfance de Notre-Seigneur Jésus-Christ, 16e Méditation : Nous avons vu son étoile en Orient, et nous sommes venus pour l'adorerMéditation pour le Jour des Rois : Que votre Règne arrive, Instruction sur la Fête des Rois, Discours aux jeunes époux, du Pape Pie XII, durant l'Octave de l’Épiphanie, le 10 janvier 1940, Dévotion à la Sainte Enfance de Notre-Seigneur Jésus-Christ, 14e Méditation : On lui donna le nom de Jésus, Litanies du Saint Nom de Jésus, Dévotion à la Sainte Enfance de Notre-Seigneur Jésus-Christ, 13e Méditation : On lui donna le nom de Jésus, nom qui lui avait été donné par l'ange, Dévotion à la Sainte Enfance de Notre-Seigneur Jésus-Christ, 12e Méditation : Après huit jours, le saint Enfant fut circoncis, Instruction sur la Circoncision, Méditation sur la Circoncision, Dévotion à la Sainte Enfance de Notre-Seigneur Jésus-Christ, 11e Méditation : Les bergers revinrent en glorifiant et en louant Dieu de tout ce qu'ils avaient vu et entendu, Dévotion à la Sainte Enfance de Notre-Seigneur Jésus-Christ, 10e Méditation : Les bergers se disaient les uns aux autres : Allons jusqu'à Bethléem, Dévotion à la Sainte Enfance de Notre-Seigneur Jésus-Christ, 9e Méditation : Gloire à Dieu au plus haut des Cieux, et paix sur la terre aux hommes de bonne volonté, Dévotion à la Sainte Enfance de Notre-Seigneur Jésus-Christ, 7e Méditation : Tout à coup l'Ange du Seigneur parut auprès d'eux, Salutation à Marie et à Jésus naissant, Litanies du Saint Enfant-Jésus, Méditation pour la Fête de Noël : Vous trouverez un Enfant enveloppé de langes, et couché dans une Crèche, Instruction sur la Fête de Noël, Pratique de la Dévotion à l'enfance de Notre-Seigneur Jésus-Christ, Dévotion à la Sainte Enfance de Notre-Seigneur Jésus-Christ, 1re Méditation : Marie s'étant rendue avec Joseph à Bethléem, le temps de son divin enfantement arriva, Dévotion à la Sainte Enfance de Notre-Seigneur Jésus-Christ, 2e Méditation : Je vous annonce un grand sujet de Joie, il vous est né aujourd'hui un Sauveur, Dévotion à la Sainte Enfance de Notre-Seigneur Jésus-Christ, 3e Méditation : Marie mit au monde son fils premier-né, et l'enveloppa de langes, Dévotion à la Sainte Enfance de Notre-Seigneur Jésus-Christ, 4e Méditation : Marie, après avoir enveloppé de langes le saint Enfant, le coucha dans la crèche, Dévotion à la Sainte Enfance de Notre-Seigneur Jésus-Christ, 5e Méditation : Voici le signe qui vous est donné : vous trouverez un enfant enveloppé de langes et couché dans une crèche, Dévotion à la Sainte Enfance de Notre-Seigneur Jésus-Christ, 6e Méditation : Il y avait là aux environs des bergers qui veillaient et se relevaient les uns les autres pendant la nuit, pour la garde de leurs troupeaux, Litanies du Saint Enfant-Jésus, Dévotion au Saint Enfant-Jésus : Prière d'amour et Consécration, Méditation sur la Nativité, Méditation sur l’Épiphanie : Les Mages confessent Jésus-Christ devant les hommes, Méditation sur l’Épiphanie : Les Mages à Jérusalem, Méditation pour l’Épiphanie : La vocation des mages prédite et figurée, notre vocation à la foi de Jésus-Christ, Méditation sur l’Épiphanie : Les Rois-Mages, Remerciement, offrande et prière au Verbe de Dieu incarné, pour l'Octave de l'Épiphanie, et Méditation sur l’Épiphanie : Du ministère de Marie dans la vocation des Gentils à la Foi.











vendredi 20 décembre 2019

Prière de Sainte Thérèse d'Avila pour la conversion des pécheurs obstinés




Ô Seigneur mon Dieu, ô Créateur, ayez compassion de vos créatures ! Considérez que nous ne nous entendons pas nous-mêmes, que nous ne savons pas ce que nous voulons, et que nous nous éloignons infiniment de ce que nous désirons.
C'est ici, ô mon Dieu, que doit se montrer votre pouvoir, ici que doit resplendir votre miséricorde ! Qu'elle est grande, Dieu de mon cœur, la demande que je vais vous faire, lorsque je vous prie d'aimer ceux qui ne vous aiment pas, d'ouvrir à ceux qui ne frappent pas, de guérir ceux qui non seulement prennent plaisir à être malades, mais qui travaillent même à augmenter leur maladie ! Vous dites, très doux Sauveur Jésus, que vous êtes venu sur la terre chercher les pécheurs. Oh ! donc, ayez pitié de ceux qui n'ont pas pitié d'eux-mêmes ; et puisque dans l'excès de leur égarement, ils ne veulent point aller à vous, venez vous-même à eux. Je vous le demande en leur nom ; et ces morts, j'en suis sûr, se lèveront de leurs tombeaux dès qu'ils commenceront à rentrer en eux-mêmes, à se reconnaître, à vous goûter.
Et vous, Père céleste, ne considérez point notre aveuglement, mais jetez les yeux sur les ruisseaux de sang que votre Fils a répandus pour notre salut.
Que votre miséricorde triomphe d'une malice si obstinée ! Souvenez-vous, Seigneur, que nous sommes l'ouvrage de vos mains. N'écoutez que votre bonté, et sauvez-nous par les mérites et par l'amour du Cœur de votre divin Fils.


Reportez-vous à Prière de sainte Véronique Giuliani pour la conversion des pécheurs, Aveuglement de l'hommePrière de Saint François Xavier, pour la conversion des infidèles, Cri des âmes pieuses pour demander à Dieu la conversion des pécheurs, Prière pour demander le salut des pécheurs, Prière à Marie pour obtenir la conversion d'un parent, Cantique de Saint Louis-Marie Grignion de Montfort : Dieu sollicite la conversion du pécheur, La conversion renvoyée au soir de la vie conduit l'âme à la cruelle faim du Purgatoire, Grâces extraordinaires de conversion obtenues par la Médaille Miraculeuse, Abrégé de la vie de Sainte Thérèse d'Avila, Litanies de Sainte Thérèse d'Avila, Neuvaine en l'honneur de Sainte Thérèse d'Avila, Confiance de sainte Thérèse d'Avila en saint Joseph, Acte d'amour parfait, de Sainte Thérèse d'Avila, Sentiment de joie d'être tout à Dieu, Prière de Sainte Thérèse d'Avila, Méditation pour la Fête de Sainte Thérèse d'Avila, Vision de l'Enfer de Sainte Thérèse d'Avila, Sainte-Thérèse d'Avila et le combat spirituel Prière à Saint Sixte, pour demander une foi vive et la force dans les croix et les persécutions, De la Réduction des Hérétiques, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Consolations pour les fidèles en temps de persécutions, de schismes et d’hérésie, Méditation sur la résistance aux vérités de la Foi, et Méditation sur la soumission de l'esprit aux vérités de la Foi.













lundi 2 décembre 2019

Méditation pour le temps de l'Avent : Venez nous délivrer, Seigneur des Vertus



Extrait de "L'Esprit de l’Église dans le cours de l'année Chrétienne" :




Veni ad liberandum nos, Deus Virtutum ; Venez nous délivrer, Seigneur des Vertus.


I. Point. Ce temps doit être employé principalement à ressentir vivement la misère de notre âme, et à désirer ardemment le Libérateur. Tout est renfermé dans ces deux paroles ; Ôtez et mettez. Ôtez le péché qui nous perd, mettez toutes les dispositions à la grâce, qui doit nous sauver. Ôtez les défauts que nous avons, mettez les vertus que vous n'avons pas. Ôtez le mal qui nous accable, mettez tout le bien qui nous manque.
C'est un grand malheur que de s'imaginer être heureux, lorsqu'on est réellement misérable ; le malade est presque désespéré lorsqu'il ne sent plus son mal. Nous rions, hélas ! comme des frénétiques, pendant que nous avons au-dedans de nous-mêmes, et aux yeux de Dieu, mille sujets de larmes. Esclaves du monde et de la vanité, dominés par nos passions, troublés dans notre conscience, ensevelis dans les ténèbres de la mort, redevables à la Justice divine d'une infinité de dettes, nous jetons de ris insensés, et nous sommes aussi contents que si notre félicité était certaine. Non, ce n'est point tranquillité ni contentement véritable, c'est stupidité, c'est léthargie, c'est endurcissement de cœur. Hélas ! Seigneur ! comment désirerai-je la lumière, si je me plais dans les ténèbres ? comment demanderai-je la guérison, si je ne sens pas que je suis malade ? comment soupirerai-je après la liberté, si je ne m'aperçois pas de la pesanteur de mes chaînes ? Donnez-moi donc, ô mon Dieu ! la première disposition au souverain bonheur, que vous apportez au monde, en me pénétrant jusqu'au font du cœur de ma misère et de ma pauvreté.

II. Point. Pour m'instruire de mes devoirs, et pour me confondre dans ma négligence, je n'ai qu'à considérer ce que fait un prisonnier dans son cachot, un moribond dans son lit, un pauvre dans l'extrême indigence, et dans la faim qui le presse. Ils s'épuisent en désirs, ils gémissent, ils demandent, ils conjurent, ils crient vers ceux qui peuvent les soulager. Que n'en fais-je autant vers vous, ô puissant Rédempteur d'Israël, ô souverain Médecin des âmes ! ô source inépuisable de tout bien ! On m'avertit chaque jour que vous vous préparez à venir au monde, et je ne cours pas au-devant de vous. On me dit que vous êtes proche, et je n'ai pas le courage de me lever, je ne pense que faiblement à vous invoquer, à vous désirer ! mille amusements, que je qualifie du nom d'affaires, m'emportent tout mon temps ; et de tous les objets qui me frappent, vous êtes souvent le dernier qui vous présentez à mon esprit ! Pardonnez, Seigneur, à l'aveuglement de mon esprit, et à la dépravation de mon goût et de mon cœur. Je veux prendre chaque jour un temps réglé pour vous désirer. Je le veux faire encore dans tous les moments où vous m'en donnerez l'inspiration ; et jusque dans la nuit même, je veux continuer mes désirs pour pouvoir dire avec vérité, comme votre Prophète ; Mon âme, Seigneur, vous a désiré pendant la nuit, parce que quiconque ne vous désire pas est indigne de vous recevoir.


Pratique : Toute l'Église vous enseigne la nécessité de la pénitence, de la mortification, de la privation, du sacrifice, de l'éloignement de l'esprit du monde, du détachement des biens de ce monde. Êtes-vous Catholique ? peut-être n'êtes-vous que baptisé. Désirez être Catholique. Apprenez à aimer ces mots et à les pratiquer : Pénitence, mortification, détachement. Que l'attente du Sauveur en ce temps de l'Avent vous mette dans ces dispositions. Considérez vos misères et voyez l'urgence de changer de vie. Méditez la voie étroite et la voie large. Durant le mois de novembre, les âmes du Purgatoire vous ont crié l'urgence de changer de vie. Votre corps est-il malade ? N'est-ce pas davantage votre âme ? Prenez à présent la main du Sauveur pour revenir sur les droits sentiers.



Reportez-vous à L'Avent, Temps de dévotion et de pénitence, Instruction pour le temps de l'AventLumière sur NoëlAveuglement de l'hommeRéponse à quelques doutes touchant la Pénitence, par le R.-P. Jean-Joseph SurinConduite pour l'Avent, Méditation pour le Premier Dimanche de l'Avent : Jour de crainte, Pratique de la Dévotion à l'enfance de Notre-Seigneur Jésus-Christ, Soin que l'état de maladie demande, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Neuvaine pour se préparer à la Fête de la Naissance de Notre-Seigneur Jésus-ChristMéditation pour le deuxième Dimanche de l'Avent, Méditation pour le troisième Lundi de l'Avent, Méditation pour le Vingt-et-unième Jour de Décembre, Méditation pour le vingt-deuxième jour de décembre, Méditation pour le vingt-troisième jour de décembre, Méditation pour le Vingt-sixième Jour de Décembre, Méditation pour le Vingt-septième Jour de décembre, Méditation pour le seizième jour de décembre, Méditation pour le dix-septième jour de décembre, Méditation pour le dix-huitième jour de décembre, Méditation pour le dix-neuvième jour de décembre, Méditation pour le vingtième jour de décembre, Méditation pour le troisième Dimanche de l'Avent, Méditation pour le troisième Mardi de l'Avent : l'esprit de prière, Méditation pour le troisième Mercredi de l'Avent, Méditation pour le troisième Jeudi de l'Avent : Ayez une modestie parfaite, Méditation pour le deuxième Lundi de l'Avent, Méditation pour le deuxième Mardi de l'Avent, Méditation pour le deuxième Mercredi de l'Avent, Méditation pour le deuxième Jeudi de l'Avent : La vertu de patience, Méditation pour le deuxième Vendredi de l'Avent, Méditation pour le deuxième Samedi de l'Avent, Méditation sur l’Épiphanie : Les Mages confessent Jésus-Christ devant les hommes, Méditation sur l’Épiphanie : Les Mages à Jérusalem, Méditation pour l’Épiphanie : La vocation des mages prédite et figurée, notre vocation à la foi de Jésus-Christ, Méditation sur l’Épiphanie : Les Rois-Mages, Méditation sur l’Épiphanie : Ministère que Marie a exercé dans l'Adoration des Mages, Remerciement, offrande et prière au Verbe de Dieu incarné, pour l'Octave de l'Épiphanie, Méditation pour la veille de Noël, et Méditation sur la Nativité.