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lundi 31 janvier 2022

L'heureuse mort de don Bosco



Le 4 décembre 1887, don Bosco se traîne jusqu'à l'autel de la petite chapelle qui jouxte sa chambre et y célèbre sa dernière messe. Deux jours après, il se fait porter à l'église de Marie-Auxiliatrice pour assister à la cérémonie d'adieux de quelques-uns de ses missionnaires qui partent pour l'Équateur. Il voudrait leur adresser la parole, mais la voix lui manque. De ses mains défaillantes il bénit ses fils qu'il ne reverra plus ici-bas.
La Sainte Vierge réserve encore une grande joie à son fidèle serviteur. Le jour de l'Immaculée Conception, Mgr Cagliero, accouru de l'autre bout du monde pour assister aux dernières heures de son Père, entre dans la chambre :
— « C'est toi, Jean ? » murmure don Bosco. Il voudrait aller au-devant de lui, mais il retombe sans force dans son fauteuil. « Tu vois, je suis rendu au bout. Il ne me reste plus qu'à bien finir. »
L'évêque de Patagonie presse le vieillard dans ses bras :
— Je voulais vous revoir encore une fois. Les Missions ont tant besoin de votre bénédiction !
— Les Missions... Ah, oui ! Sais-tu bien pourquoi le pape doit protéger nos Missions ? Avec la bénédiction du Saint-Père, vous passerez en Afrique, vous traverserez l'Afrique. Vous irez en Asie, en Tartarie et en beaucoup d'autres pays. Ayez foi et confiance !
— Je vous amène une visite qui va vous faire plaisir.
Mgr Cagliero ouvre la porte et introduit une fillette fortement bronzée :
— C'est une petite Fuégienne. Voici les prémices que vous offrent vos fils des extrémités de la terre.
Sans s'effaroucher, la petite Indienne avance et débite de son mieux en italien :
— Ô Père, je vous remercie d'avoir envoyé vos missionnaires pour mon salut et celui de mes frères.
Un sourire éclaire le visage dévasté de don Bosco :
— Que c'est gentil, répond-il. Que le bon Dieu te bénisse, mon enfant, et que la Sainte Vierge te protège !
Puis s'adressant à l'évêque :
— Répandez en la Terre de Feu le culte de la Sainte Vierge. Si vous saviez combien Marie, secours des chrétiens, veut sauver d'âmes par les Salésiens !
Longtemps sa main s'attarde sur la noire chevelure de la petite Fuégienne.
— Jean, reprend-il soudain, il reste quelques grappes sur la véranda. Je me doutais bien que tu viendrais et je les ai gardées pour toi ; fais-moi le plaisir de les manger avec ta petite protégée.
— Le froid va pénétrer dans la chambre, si j'ouvre la porte, dit en hésitant Mgr Cagliero.
— Comment ! il fait si beau ! Va et fais ce que je te dis. Combien de fois, Jean, t'en souviens-tu, combien de fois m'as-tu chipé des raisins quand tu étais écolier !
Imagine-toi que tu es encore le gentil bambin d'alors et goûte-moi ça ! En Patagonie il ne doit pas y avoir de raisin. Je crois qu'avec ton aide, je suis encore capable d'aller jusqu'à la véranda. L'air frais va me faire du bien.
Don Bosco, appuyé sur le bras de son disciple, se traîne dehors et présente la plus belle grappe à la petite Indienne : « Prends, mon enfant. C'est ton Père qui te la donne ! »
Il regarde longtemps vers la cour de récréation, si animée d'ordinaire par des centaines d'enfants :
— Comme c'est tranquille en bas ! Où sont mes chers enfants ?
— Ils sont tous à l'église de Notre-Dame Auxiliatrice, en prière devant le Saint Sacrement exposé, explique l'évêque.
— Mes chers enfants, mes bons enfants ! C'est de les quitter qui me rend la mort pénible. Mais qu'ils ne se fassent pas de chagrin ! Je ne les oublierai pas au ciel. Jean, tu iras leur dire de jouer et de rire comme à l'ordinaire. Ce fut toujours ma plus grande joie.
Le 17 décembre, don Bosco entend pour la dernière fois ses enfants à confesse. Assis, tout cassé, dans son confessionnal sans guichet, il appuie sa tête sur l'épaule de ses pénitents ; il leur adresse une courte exhortation, le plus souvent, une seule phrase, mais qui va droit au cœur et s'y grave à jamais : « Heureux celui qui se donne à Dieu aux jours de sa jeunesse... Qui hésite à se donner tout entier à Dieu est en danger de perdre son âme. — Celui qui sauve tout ; celui qui la perd perd tout. — Très bien ! Charles, Dieu sait que tu l'aimes. — Courage, Louis, Dieu connaît ta bonne volonté. — Tes fautes te font peur, Alphonse ? Aie confiance ! Je prierai pour toi au ciel. — Tu es triste parce que tu as succombé, Marius ? Prends ta bonne Mère du Ciel par la main, et relève-toi ! »
Son secrétaire, don Charles Viglietti s'aperçoit de son extrême fatigue :
— Assez pour aujourd'hui, Père. Les enfants pourront revenir quand vous serez mieux.
— Non, non ! répond don bosco. Aujourd'hui, ça va encore. Demain ce sera trop tard. » Il s'éponge le front et tend l'oreille vers le pénitent suivant.
Sa dernière absolution donnée, il s'effondre entre les bras de don Viglietti.
Le même soir, il dit à son secrétaire : « Écoute, mon chariot. Prends dans ma soutane mon portefeuille et mon porte-monnaie et, s'il y reste quelque chose, porte-le à don Rua. Je veux mourir si pauvre que l'on puisse dire : don Bosco n'a pas laissé un sou en mourant. C'est la promesse que j'ai faite à ma mère le jour où j'ai pris la soutane. »
Son état empire tellement les jours suivants qu'on attend sa mort prochaine. Le 23 décembre, le cardinal Alimonda, archevêque de Turin, arrive à son chevet.
— Éminence, dit don Bosco en quittant sa barrette, je sollicite vos prières, pour le salut de mon âme.
— Mais, mon cher abbé, répond le cardinal, vous ne devez pas craindre la mort. Que de fois avez-vous recommandé à vos fils d'envisager la fin de la vie avec pleine confiance !
— Je l'ai dit aux autres, Éminence, et maintenant j'ai besoin que les autres me le disent.
— Pensez à tout le bien qui s'est accompli par vous.
— J'ai fait ce que j'ai pu. C'est si peu !
Un silence. Don Bosco recueille ses forces, puis il reprend :
— Éminence, les temps sont durs. J'ai connu des difficultés aussi.
— Mais l'autorité du pape !
— Que Mgr Cagliero le redise au Saint-Père : tous les Salésiens sauront défendre l'autorité du pape en quelque lieu qu'ils travaillent.
Lorsque le cardinal lève la main pour le bénir en partant :
— Éminence, murmure encore don Bosco, je recommande ma congrégation à votre bonté.

L'après-midi du même jour arrive don Giacomelli, son confesseur et son ancien condisciple au séminaire de Chieri.
— Mon bon François, lui dit don Bosco, te rappelles-tu combien tu étais malade il y a deux ans ? Je suis allé te voir.
— Comment pourrais-je même oublier tes paroles !
— Oui, je t'ai dit : « Sois sans inquiétude. C'est toi qui assisteras don Bosco à ses derniers moments. » C'est le moment de m'aider.
L'Enfant Jésus a ménagé une douce surprise à son fidèle serviteur. Le jour de Noël, une lettre de Rome lui apporte la bénédiction du Saint-Père.
Ce jour-là, si vibrant d'ordinaire à l'oratoire, un pieux silence règne dans toute la maison. Les enfants se succèdent tour à tour devant la Crèche. La petite Fuégienne répète sans cesse à Mgr Cagliero :
— Est-ce que le bon Père est encore malade ?
— Oui, très malade, mon enfant.
— Je vais encore demander à la bonne Sainte Vierge de le guérir ! répond l'enfant et elle retourne bien vite s'agenouiller devant l'autel.
Le ciel semble prêt à fléchir devant cette insistance. Le jour de la fête des Saints Innocents, don Bosco se sent beaucoup mieux, au point même de pouvoir adresser la parole à ses enfants. Appuyé sur le bras de son secrétaire, il se traîne jusqu'à l'église de Marie Auxiliatrice, pour leur dire encore une fois « Bonne nuit ! »
Les semaines suivantes l'amélioration se maintient. L'espoir renaît autour du vieillard. Plusieurs illustres visiteurs se présentent à l'oratoire : le duc de Norfolk, qui se rend à Rome comme ambassadeur d'Angleterre, les archevêques de Malines et de Cologne, l'évêque de Trêves, l'archevêque de Paris.
— Je bénis Paris ! dit don Bosco à Mgr Richard. Je dois tant de reconnaissance à votre bonne ville !
— Et moi, je vais dire à Paris que je lui apporte la bénédiction de don Bosco.

Le lendemain, l'état du malade s'aggrave de nouveau. Les Salésiens se désolent de voir souffrir leur Père ; mais don Bosco s'efforce de les rassurer par quelques bonnes plaisanteries.
« Vous ne connaissez donc pas, vous autres, une fabrique de soufflets ? C'est pour remplacer mes deux poumons qui ne valent plus rien. »
Trois jours plus tard, le 28 janvier, on l'entend murmurer après avoir reçu la sainte communion : « C'est la fin », et il ajoute, tourné vers don Bonetti : « Dis aux enfants que je les attends tous au ciel. »
Le lendemain, les cloches de Sainte-Marie Auxiliatrice annoncent la fête de saint François de Sales, une des fêtes principales de l'oratoire. Mais l'anxiété au sujet du malade étouffe toujours les éclats de voix. Des centaines d'enfants stationnent silencieusement sur la place, les yeux levés vers la fenêtre, derrière laquelle leur père est en grande affliction.
Le 30, au matin, Mgr Cagliero commence à réciter les litanies des agonisants. Beaucoup de Salésiens sont accourus à Turin pour voir une dernière fois leur père. Passant par la chapelle privée, ils défilent sans bruit un à un, devant le lit sur lequel repose don Bosco, les yeux fermés. Le mourant semble pourtant prendre conscience de la présence de ses enfants :
« Aimez-vous comme des frères, chuchote-t-il. Ayez confiance en Marie, secours des chrétiens. Adieu ! Nous nous reverrons au ciel. »
Le défilé n'arrête pas de la journée. Après des centaines de prêtres venus de toute l'Italie, ce sont les enfants de l'oratoire, élèves, apprentis, séminaristes et anciens de la maison. Chacun n'arrête qu'un instant près du lit, mais dans tous les yeux quelle affection et quelle reconnaissance envers le mourant !
Le 31, dès le matin, don Rua récite les prières pour les agonisants. À l'arrivée de Mgr Cagliero, il lui passe l'étole. Alors, se penchant à l'oreille du mourant : « Don Bosco, lui dit-il d'une voix étranglée par la douleur, nous sommes là, nous, vos fils. Nous vous prions de nous pardonner toute la peine que nous avons pu vous causer ; en signe de pardon et de paternelle bienveillance, donnez-nous une fois encore votre bénédiction ! »
Don Bosco ne peut plus répondre, mais ses yeux expriment qu'il a compris. Il regarde don Rua. Celui-ci, prenant la main inerte du mourant, lui fait tracer sa dernière bénédiction pour ses enfants.
Lorsque l'Angelus sonne, à cinq heures, à l'église Sainte-Marie Auxiliatrice, la respiration du mourant cesse subitement ; son cœur bat pour la dernière fois.
« Proficiscere, anima Christiana ! dit Mgr Cagliero. Pars, âme chrétienne ! »
Les confrères qui remplissent la chambre tombent à genoux.
Doucement la cloche de Marie Auxiliatrice cesse de tinter. Dernier salut de la Vierge à son cher enfant.

Toute la ville de Turin pleure son grand bienfaiteur. Les commerçants ont baissé leurs stores : « Chiuso per la morte di don Bosco. — Fermé pour la mort de don Bosco. »
Les journaux annoncent la nouvelle par des éditons spéciales. Des dizaines de milliers de personnes défilent devant le cercueil, exposé dans le chœur de l'église Saint-François-de-Sales. Le défilé n'arrête que tard dans la nuit.
Turin fait à don Bosco des funérailles royales. La foule dans les rues s'agenouille sur son passage ; un murmure passe de bouche en bouche, grandit et s'achève en cette unique supplication cent fois répétée : « Saint Jean Bosco, priez pour nous ! »
La confirmation du verdict populaire par l'Église ne se fait attendre que quelques décennies. Le 2 juin 1929, le pape Pie XI annonce la béatification de don Bosco. Le 1er avril 1934, le même pape le range au nombre des saints. Des centaines de milliers de pèlerins venus de tout l'univers entendent la voix du vicaire de Jésus-Christ proclamer :
« En l'honneur de la sainte et indivisible Trinité, pour l'exaltation de la Foi catholique et l'expansion de la religion chrétienne, en vertu de l'autorité de Notre-Seigneur Jésus-Christ, nous déclarons que nous considérons le bienheureux Jean Bosco comme saint et inscrivons son nom au catalogue des saints. Nous ordonnons en outre que sa mémoire soit pieusement fêtée tous les ans dans toute l'Église le 3 janvier, jour de sa naissance au ciel. »
L'après-midi de ce beau jour, malgré la pluie battante, trois cent mille personnes forment une procession en l'honneur du Saint, et de la place Saint-Pierre s'élève, mêlé au chant des cloches, le cri de : « Vive don Bosco ! Vive don Bosco ! »
Don Bosco vit.
Du haut du ciel il bénit ses milliers et milliers de fils dans toutes les parties du monde.
Il bénit les jeunes de tout l'univers.

(Don Bosco, l'Apôtre des Jeunes, G. Hünermann)


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dimanche 30 janvier 2022

Don Bosco, à la fin de ses jours : Seigneur, restez avec moi, car il se fait tard et le jour baisse



— Mon cher Michel, tu sais que nos poches sont encore vides, dit don Bosco à son économe par une triste journée de février 1884. Il faut absolument que je retourne en France !
— absolument impossible, réplique don Rua. Vous pouvez à peine tenir debout. Vous devriez vous ménager !
— Va ! tu m'ennuies. Comment me ménager quand le bon Dieu me demande de travailler pour lui ? Non, n'insiste pas ! Prépare tout pour le voyage !
Le 1er mars, don Bosco prend le train pour Nice. Quelques jours après, il arrive à l'oratoire de Marseille. Mais en quel état ! Il a les jambes enflées ; son foie le fait terriblement souffrir ; avec cela, son asthme, des crachements de sang...
Dès le lendemain, le supérieur de la maison télégraphie au docteur Combal de l'université de Montpellier. Le docteur part aussitôt, voyage toute la nuit et examine le malade à fond au débarquer, le matin.
— Eh bien, cher maître, comment me trouvez-vous ? demande don Bosco, fort résigné.
— Mon cher don Bosco, soupire le médecin, je ne peux malheureusement rien vous annoncer de réjouissant. Vos forces sont épuisées. C'est comme avec un vieil habit qu'on a traîné sans arrêt tous les jours, la semaine et le dimanche : il est complètement usé. Le retaper, on ne peut l'espérer. Pour le faire durer encore quelque temps, un seul moyen, le suspendre dans l'armoire. Je veux dire qu'il n'existe pas d'autre remède pour vous que le repos absolu.
— Le repos absolu, répète don Bosco. L'unique ressource qui me soit impossible. Comment me reposer avec tant de travail ?
— Abandonnez-en la plus grande part à d'autres, et reposez-vous le plus possible. Je n'ai pas d'autre conseil à vous donner. Je vais pourtant vous prescrire un fortifiant.
— Merci, docteur. Quels sont vos honoraires ?
— Pas un sou. Mais, vous voudrez bien avoir l'amabilité d'accepter quelque chose pour vos œuvres.
Là-dessus le médecin donne à son client quatre cents francs.

Don Bosco ne suspend pas la vieille défroque dans l'armoire. Jamais encore il ne s'arrête. À la mi-avril, il reparaît à Rome pour s'occuper de la construction du Sacré-Cœur. Une grande loterie ferait bien l'affaire pour en couvrir les frais immenses.
Le 9 mai, Léon XIII le reçoit en audience. Le pape s'effraie en le voyant :
— Vous devriez vous ménager, mon cher don Bosco, si vous voulez prolonger vos jours et retrouver vos forces. Votre vie ne vous appartient pas, mais à l'Église. Elle appartient à la congrégation que vous avez fondée. Si j'étais malade, je suis certain que vous feriez votre possible pour me conserver. Veuillez donc faire de même pour vous. Prenez soin de votre santé ! Le Saint-Père le veut, le pape l'ordonne !
— Je vous promets, par obéissance, de suivre votre désir.
Le pape accorde volontiers à don Bosco tous les privilèges sollicités pour la Société salésienne.
— Je suis tout à fait pour les Salésiens, lui dit le pape au cours de l'audience. Je me considère comme votre premier collaborateur. Qui est votre ennemi est l'ennemi de Dieu. Avec de tout petits moyens, vous avez réalisé des entreprises gigantesques. Dieu lui-même protège, dirige et soutient votre congrégation. Dites cela, écrivez-le, prêchez-le. C'est le secret qui permet à votre institut de triompher de toutes les difficultés et de tous ses ennemis.
— Comment pourrais-je vous remercier, Saint-Père !
— Soyez, en mon nom, un bon père pour vos enfants. Dites-leur que je les aime et les bénis de tout cœur.
Don Bosco quitte le Vatican, profondément ému. Le pape a comblé ses désirs. Au Sacré-Cœur une autre bonne nouvelle l'attend : le maire de Rome a autorisé la loterie. On va pouvoir continuer les travaux.
Le 14 octobre, le nouvel archevêque de Turin, le cardinal Alimonda, vient rendre visite à don Bosco chez lui :
— J'ai, dit-il, un message à vous transmettre ; je ne sais si vous allez en être satisfait. Le Saint-Père, inquiet de votre santé, voudrait que vous acceptiez un remplaçant avec droit de succession, pour vous soulager d'une partie au moins de votre tâche. Vous pouvez le désigner vous-même : Rome agréera certainement sans difficulté votre proposition.
— Le Saint-Père est bien bon pour le pauvre don Bosco. J'ai l'air d'un paysan sur ses vieux jours, qui doit transmettre l'héritage à un des ses fils. Mais le Saint-Père a raison, et je m'incline docilement devant sa volonté.
— Mais alors, vous devriez décidément vous accorder un peu de repos, sinon tout est inutile, reprend le cardinal d'une voix inquiète. Vous me faites pitié !
— C'est vrai, le bon frère l'âne ne marche plus si bien, avoue don Bosco avec bonhomie. Il se fait vieux, il est bien las, il a mal partout, mais il arrivera encore à traîner quelques sacs au moulin.
Le 24 octobre, don Bosco rassemble les membres du chapitre pour leur communiquer le désir du Saint-Père. Il se désigne pour successeur son fidèle don Rua, qui appartient à l'oratoire depuis son enfance. Les Salésiens acceptent gravement cette décision : leur bon Père n'en a plus pour longtemps. Don Rua le remercie en termes émus de cette marque de confiance et promet de poursuivre dans le même esprit la grande œuvre commencée.
Cette année mémorable de 1884 s'achève par une joie particulière. Le Saint-Père partage les missions de Patagonie. Il érige la région nord en vicariat apostolique qu'il confie à don Cagliero, et la partie sud, y compris la Terre de Feu, en préfecture apostolique avec le zélé don Joseph Fagnano pour supérieur.
Le 7 décembre, don Cagliero reçoit, à Turin, la consécration épiscopale des mains du cardinal Alimonda. Les premières personnes que le nouveau prélat reçoit dans la sacristie à l'issue de la cérémonie sont sa vieille mère, âgée de quatre-vingts ans, et son paternel ami, don Bosco.
Le vieux prêtre veut s'agenouiller pour baiser l'anneau de l'évêque, mais celui-ci l'en empêche et le presse dans ses bras :
— Vous souvenez-vous encore, cher père, de ce que vous me dîtes, il y a trente ans, quand j'étais gravement malade et que les médecins avaient perdu tout espoir de me sauver : « Tu vas guéri, mon cher Jean, et tu revêtiras la soutane ; puis tu prendras ton bréviaire et tu t'en iras bien loin, bien loin. » Votre prédiction s'est merveilleusement accomplie. Que de fois j'y ai pensé au cours de mes randonnées à travers les pampas et de mes nuits dans le grand silence des gorges de la Cordillère.
— Oui, je sais ! répond don Bosco. Et je me souviens aussi bien du petit enfant de chœur qui me demandait, il y a bien, bien longtemps, dans la sacristie de Châteauneuf, de l'accepter à l'oratoire de Turin. Tu as toujours été ma joie, mon cher Jean ?
— Tout ce que je suis, tout ce que j'ai pu faire de bien, je le dois uniquement à votre paternelle bonté, réplique l'évêque.
— Non, après Dieu, c'est à ta chère mère surtout que tu le dois, mon fils. Si elle n'avait pas toujours porté avec honneur son anneau de mariage, tu ne porterais pas aujourd'hui l'anneau épiscopal.

Avant le prochain départ de Mgr Cagliero et d'un nouveau contingent de missionnaires, l'oratoire subit une grave catastrophe. Le 24 janvier 1885, pendant le repas de midi, on entend tout à coup crier : « Au feu ! Au feu ! » Un incendie s'est déclaré dans l'atelier de reliure et envahit bientôt quelques ateliers voisins.
— Les dégâts s'élèveront à cent mille lires, calcule don Rua, le nouveau supérieur, lorsque les flammes sont éteintes.
— C'est une lourde perte, soupire don Bosco, resté seul au réfectoire pendant que tout le monde courait vers le lieu du sinistre. Le Seigneur a donné, le Seigneur a pris. Il est le Seigneur en tout.
Il lui est très pénible de ne pas pouvoir accompagner jusqu'à Marseille ses missionnaires partants. Il leur dit adieu en pleurant.
— Sans doute ne nous reverrons-nous pas sur cette terre, ajoute-t-il en prenant Mgr Cagliero dans ses bras.
— J'espère que si, répond le prélat. Je reviendrai au plus tard en juin 1891, pour fêter avec vous votre jubilé sacerdotal.
— À la volonté de Dieu ! Les journaux ont déjà annoncé ma mort plusieurs fois. Il y a quelques semaines, ils m'ont fait mourir à Buenos Aires ; puis, ce fut à Marseille ; hier, c'était à Pavie ; aujourd'hui c'est à Turin même ! Tant que je pourrai entendre les marchands de journaux annoncer ma mort, il n'y aura pas de mal. Mais, comme le bon Dieu voudra, mon cher Jean.

Accablé de tant de souffrance, don Bosco ne semble plus vivre que par un incessant miracle. Une bronchite l'étouffe, la tête lui fait toujours mal, les yeux lui brûlent. Il passe des nuits blanches sur son fauteuil, dans le corridor, devant la porte de sa chambre.
Il se remet pourtant en route pour la France en mai 1885, et, de nouveau, les miracles accompagnent ses pas. Les malades recouvrent la santé ; les désespérés, le courage et l'espoir. Il revient encore une fois, les mains pleines, et bientôt il ne reste plus trace de l'incendie.
Don Bosco apprécie beaucoup le bonheur de pouvoir rester à l'oratoire. Le vieil homme malade y revit parmi cette jeunesse. Au milieu de se enfants il oublie ses souffrances ; de leur côté, les écoliers n'ont pas de plus grand plaisir que de le voir entrer dans la salle d'étude.
Don Bosco a toujours quelque chose pour eux dans ses poches, le plus souvent un sac de noix. Un jour de janvier 1886, les enfants se pressent à grands cris autour de lui, mais le petit sac n'est qu'à moitié plein :
— Ne soyez pas trop généreux, lui souffle l'abbé Festa. N'y allez pas trop vite, autrement il n'y en aura pas pour tout le monde. Vous avez soixante-quatre garçons ici.
— Laisse-moi faire ! répond don Bosco, en commençant la distribution à pleines mains.
La provision ne diminue pas. Le dernier servi, le sac est toujours à moitié plein.
— Comment cela se fait-il ? demande l'abbé émerveillé.
— Je ne sais pas, répond don Bosco. Je ne sais vraiment pas. Sans doute le bon Dieu a-t-il voulu me montrer qu'il distribue dans la mesure où l'on donne. Il faut l'en remercier !
Don Bosco semble se remettre encore une fois de ses misères, à tel point qu'au printemps de 1886, il entreprend un voyage en Espagne, où ses religieux et ses enfants le réclament depuis longtemps.

Le 13 mai de l'année suivante, Léon XIII le reçoit pour sa dernière audience. Dès qu'il l'aperçoit sur le seuil de la salle, le pape s'avance vers lui, lui présente lui-même un siège sans lui donner le temps de s'agenouiller et lui installe lui-même une couverture d'hermine sur les genoux.
— Je viens de la recevoir, lui dit-il. Vous en avez l'étrenne.
— Je suis vieux, Saint-Père, articule faiblement don Bosco. J'ai soixante-douze ans. Ce voyage est mon dernier. Je voulais revoir encore une fois Votre Sainteté et lui demander sa bénédiction. Mon vœu est satisfait. Il ne me reste donc plus qu'à dire : « Seigneur, laissez maintenant votre serviteur partir en paix, selon votre parole, car mes yeux ont vu votre salut. »
— Oh ! se récrie le pape, j'ai six ans de plus que vous. Tant que vous n'entendrez pas annoncer la mort de Léon XIII, vous pouvez être tranquille.
— Non, non, je suis à la fin de mes jours, s'obstine à dire don Bosco en hochant la tête.
Le lendemain a lieu la consécration de l'église du Sacré-Cœur. Les yeux humides de joie, don Bosco célèbre la sainte messe dans la magnifique basilique. C'est, lui semble-t-il, l'achèvement et le couronnement de son œuvre terrestre.
Vers la fin de l'année, ses forces déclinent de plus en plus. Cloué sur son grand fauteuil de cuir, il n'est qu'un faisceau de douleurs. La mort est sur son seuil, mais il ne la craint pas, cette messagère de Dieu qui va l'accueillir, après tant de soucis et d'épreuves, dans la paix éternelle. Ses lèvres ne cessent de murmurer : Seigneur, restez avec moi ; car il se fait tard et le jour baisse. »

(Don Bosco, l'Apôtre des Jeunes, G. Hünermann)


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vendredi 28 janvier 2022

Quand don Bosco voyageait à travers la France : la foule autour de lui, ou quand il estime la maladie préférable à la santé



Le 19 avril (1883), il arrive à Paris et va loger au couvent des Dames du Sacré-Cœur, à quelques pas de la Madeleine. Mais même dans l'immense capitale il ne reste pas longtemps ignoré. Paris s'émeut : un saint est de passage, un homme dont on raconte des merveilles, un prêtre qui lit dans les âmes et prédit l'avenir !
En quelque grande église qu'il célèbre la messe, les malheureux et les désemparés savent toujours le joindre.
Le 3 mai, fête de l'Ascension, il est à Sainte-Clotilde. Personne ne l'a annoncé ; l'église est quand même archicomble. À la fin de sa messe, un torrent humain s'engouffre derrière lui dans la sacristie. Il faut barrer le chœur de peur qu'on ne l'étouffe.
Une heure passe ; la foule ne diminue pas. Le défilé continue.
Au bout de deux heures, don Bosco demande au comte de Franqueville qui l'accompagne :
— Mon cher comte, y a-t-il encore beaucoup de monde dans l'église ?
— Environ cinq cents personnes.
— Je suis absolument épuisé, mort de fatigue. Peut-être pourrais-je prendre une tasse de café ?
— Certainement, mon père !
À peine l'abbé s'est-il un peu restauré que le flot de misère l'envahit de nouveau. Pour chacun, il a un bon mot, un conseil, une consolation.
Passe encore une heure.
— Où en est-on, cher ami ?
Le comte entrebâille la porte de la sacristie :
— Ils sont bien mille maintenant.
— Pour l'amour de Dieu, continuons !

Un après-midi, don Bosco, regagnant son domicile rue de la Ville-l'Évêque, trouve la maison cernée par la foule.
— Laissez-moi passer, s'il vous plaît.
— Tout doux, monsieur le curé. Nous voulons tous voir don Bosco. Chacun à son tour. On nous a distribué des numéros ; quel est le vôtre ?
— Je n'en ai malheureusement pas.
— Alors, attendez qu'on vous en donne un. Mettez-vous derrière.
— Mais si vous ne me laissez pas passer, vous ne verrez jamais don Bosco.
— Pourquoi pas ?
— Parce que c'est moi, don Bosco.
— Farceur ! Attendez votre tour !
— Très bien, je m'en vais ! soupire don Bosco, et il se rend près d'un malade qui réclame sa visite.
Une autre fois, il lui faut une demi-heure pour entrer dans l'église de la Madeleine où il doit prêcher.
À Saint-Sulpice, les suisses doivent lui frayer son chemin vers la sacristie. Où qu'il aille, les rues sont engorgées. On s'écrase autour de lui. « Ayez pitié de moi !... Sauvez mon enfant !... Rendez la paix à mon foyer !...»
Au monastère des Bénédictines, une multitude de gens l'attendent, des malades sur des civières, des paralytiques en voiturettes, des désespérés, des boiteux, des béquillards, des mères avec leurs enfants sous les bras.
Non que don Bosco guérisse tout le monde. C'est la foi qui manque, ou bien le thaumaturge estime, en tel cas, la maladie préférable à la santé. « Dieu t'aime, dit-il à une jeune fille assise sur son fauteuil roulant. Porte ta croix pour son amour ! »
« Je sais ce que tu penses, mon bon Michel, explique-t-il à don Rua. Tu te demandes pourquoi cette jeune fille n'a pas été guérie. Elle est trop belle. En retrouvant la santé, elle perdrait son âme. »
Chez les Lazaristes on lui présente le père Dutilleux, qui est mourant.
— Pourquoi voudriez-vous guérir ? demande don Bosco.
— Je désirerais tant travailler encore quelques années au service de ma congrégation !
— Oh ! vous le ferez mieux du haut du ciel.
Le lendemain matin, le père Dutilleux expire en paix.

(Don Bosco, l'Apôtre des Jeunes, G. Hünermann)


Reportez-vous à Quand Don Bosco voyageait à travers la France : Miracle à Cannes, Quand Léon XIII confie à Don Bosco la construction de l'église du Sacré-Cœur à Rome, Les rêves de vie missionnaire de don Bosco, la mort de Pie IX, Rencontre avec le cardinal Pecci, Lutte pour l'approbation de la Société Salésienne, Perquisition et interrogatoires à l'oratoire de Don Bosco, Pie IX et Don Bosco, Audiences pontificales pour la fondation de la Société Salésienne, La sainte mort de Dominique Savio, Mort de maman Marguerite, Mère de Saint Jean Bosco, Le songe de Don Bosco, Don Bosco rencontre Dominique Savio, Don Bosco et le Grigio, Don Bosco et le jeune condamné à la potence, La sainte amitié qui amena Jean Bosco séminariste, à la perfection chrétienne.













lundi 24 janvier 2022

Lutte pour l'approbation de la Société Salésienne



Le 1er janvier 1869, don Bosco prend le train pour Rome. Il manque toujours à la Société salésienne, l'approbation finale. En vain don Bosco s'efforce-t-il de l'obtenir de la congrégation compétente ; cette fois, il la lui faut à tout prix.
À son arrivée à Rome, le carrosse du cardinal Berardi l'attend.
— Je suis chargé de vous conduire à votre logement, lui annonce le cocher. En outre, une voiture de son Éminence sera à votre disposition pendant tout votre séjour à Rome.
— Bien ! Conduisez-moi chez le chevalier Marietti. Au reste, je n'ai pas besoin de carrosse. Je ne suis pas habitué à pareil luxe. Puis-je vous demander ce qui me vaut tant de prévenance de la part du cardinal ?
— C'est, voyez-vous, que son neveu est gravement malade. Son Éminence vous prie d'aller le voir le plus tôt possible.
— J'irai. Veuillez transmettre à Son Éminence l'expression de ma profonde gratitude.
Quelques jours plus tard, don Bosco va rendre visite au cardinal en son palais. Berardi l'accueille fort aimablement, mais le presse aussitôt d'aller voir son neveu malade.
— Je suis venu, Éminence, pour vous parler au sujet de l'approbation de la Société salésienne.
— Je sais, je sais ! Votre cause n'est malheureusement pas bonne. La Congrégation des religieux ne veut pas entendre parler d'une nouvelle fondation. Les temps sont difficiles. Vous n'aboutirez à rien. Je ne puis vous donner absolument aucun espoir.
— Je suis pourtant plein de confiance, Éminence.
— Curieux ! Très curieux ! Sur quoi fondez-vous cette confiance ?
— Sur la Sainte Vierge ; sur mes enfants de l'oratoire et de mes deux petits séminaires, qui récitent tous les soirs un Notre Père pour l'heureuse issue de mon voyage. Finalement je compte aussi sur l'appui de votre Éminence.
— Sur moi ? Je n'ai rien à voir en cette affaire. Elle n'est pas de mon ressort.
— Vous pourriez néanmoins en toucher un mot au Saint-Père en ma faveur.
Après un instant d'hésitation :
— Eh bien, dit le prélat, ainsi ferai-je, si vous guérissez mon neveu.
— Je vous en prie, conduisez-moi près de lui.
Don Bosco trouve un garçonnet de onze ans atteint d'une grave typhoïde. L'enfant demande péniblement :
— C'est vous, don Bosco ?
— Oui, mon petit.
— C'est bien.
Et il laisse retomber sa tête sur l'oreiller.
— Le médecin l'a abandonné, chuchote la maman à l'oreille du prêtre. Si vous n'intervenez pas, il va mourir.
— Mettez toute votre confiance en Notre-Dame Auxiliatrice. Commencez une neuvaine. Comptez aussi sur mes prières.
Don Bosco bénit l'enfant et s'en va.
— Pensez aussi à la société de saint François de Sales, Éminence ! ajoute-t-il sortant.
Trois jours après, don Bosco trouve l'enfant assis sur son lit :
— Je n'ai plus de fièvre, dit le petit.
— C'est très bien. Confiance ! La Sainte Vierge te guérira.
Lorsque don Bosco revient au palais le dernier jour de la neuvaine, l'enfant court vers lui en sautant joyeusement.
— Demandez-moi ce que vous voudrez, dit le cardinal épanoui. Vous n'avez qu'à commander !
— Éminence, vous connaissez mon désir. Parlez au Saint-Père !
— Oui, demain, dès demain j'irai le voir. Mais vous feriez bien de soumettre votre affaire au cardinal secrétaire d'État.
Le cardinal Antonelli repose sur un canapé, lorsque don Bosco se présente chez lui.
— Approchez, approchez, don Bosco. Je ne puis malheureusement pas me lever. Je souffre horriblement de la goutte.
— Éminence, veuillez m'aider, et je vous assure que vous irez mieux.
— Que désirez-vous ?
— Je vous en prie, votre appui pour obtenir enfin l'approbation de ma Société.
— Très difficile ! Extraordinaire difficile ! La Congrégation des religieux ne veut rien savoir de nouvelles sociétés. Je vous promets pourtant d'en parler au Saint-Père, dès que je pourrai me rendre à l'audience. Mais, vous le voyez vous-même, ce ne peut être qu'en quelques semaines.
— Je ne peux pas attendre si longtemps. Allez-y demain !
— Dès demain ! Inutile d'y songer !
— Ce sera possible ! Il vous suffit d'avoir confiance ne Notre-Dame Auxiliatrice. Vous verrez que demain vous serez debout !
— Soit ! J'irai voir le Saint-Père demain si j'en suis vraiment capable.
Le lendemain matin toutes ses souffrances ont disparu. Antonelli se rend chez le Saint-Père, lui raconte sa guérison et lui recommande les affaires de don Bosco.
À quelques jours de là, Pie IX convoque celui-ci en audience et l'envoie même chercher avec son carrosse.
— À peine êtes-vous arrivé à Rome que vous faites des miracles, mon cher don Bosco, lui dit-il en le voyant.
— Saint-Père, je ne fais pas de miracles ! Je demande seulement à la Sainte Vierge de m'aider. Elle ne m'a encore jamais laissé dans l'embarras.
— C'est quand même étonnant ce que Berardi et Antonelli m'ont raconté. La Sainte Vierge doit certainement beaucoup vous aimer.
— Je l'aime aussi et je me fie en elle de tout cœur, c'est tout.
— Vous venez au sujet de l'approbation. Je la désire très sincèrement, mais vous savez que pour des décisions de ce genre je dépends des Congrégations. C'est ainsi et je dois malheureusement vous dire que la Congrégation des religieux n'est aucunement favorable à l'approbation de votre société. Il faudra encore un miracle de la Sainte Vierge, je crois. Ce serait une excellente chose que vous alliez voir Mgr Svegliati, secrétaire de la Congrégation. C'est de lui que vous viennent les plus grandes difficultés. J'ai malheureusement appris qu'il est gravement malade.
— Il est malade ? Très bien ! Je suis sûr d'obtenir ce que je veux.
Il est difficile d'accéder jusqu'à Mgr Svegliati qui est alité. Mais comment résister à don Bosco ? Don Bosco arrive donc au chevet du prélat impotent.
— Est-ce vous don Bosco ? gémit celui-ci. Vous voyez combien je suis mal. Une fluxion de poitrine, d'après le médecin. Je ne puis vraiment pas m'occuper de votre affaire. Venez à mon secrétariat lorsque je serai remis.
— Je regrette sincèrement de vous voir ainsi souffrant, dit don Bosco, mais votre appui m'est nécessaire. Allez trouver le Saint-Père pour lui recommander l'approbation de ma Société.
— Mais, don Bosco, les choses ne sont pas si simples que cela. Il s'agit d'une affaire délicate. En eussé-je le désir, je ne pourrais me rendre à l'audience en pareil état.
— Je vous le demande quand même, allez-y !
— Vous voyez pourtant bien comment je suis ! Peut-être pourrai-je m'occuper de la question qui vous intéresse avec le Saint-Père dans une semaine.
— Allez-y dès demain. Recommandez-vous à la Sainte Vierge, et vous verrez que demain vous serez guéri !
— Il se répète des choses extraordinaires sur votre compte, don Bosco... Eh bien, j'agirai suivant votre désir. Si je suis rétabli demain, j'en conclurai que la Sainte Vierge veut que je vous aide. J'irai voir le Saint-Père et lui recommanderai votre affaire.
Le lendemain matin, Mgr Svegliati est complètement guéri. Il part pour le Vatican et raconte son aventure au pape.
— Je n'ai plus aucune objection contre l'approbation, car j'ai éprouvé directement que telle est la volonté de Dieu.
— C'est aussi mon impression, dit le pape en souriant.
Le 19 février, Pie IX accorde à don Bosco une nouvelle audience.
— Heureuse journée ! dit l'apôtre de Turin en ployant le genou. Mes jeunes gens passent toute cette journée en prière devant le Saint Sacrement pour que le bon Dieu me vienne en aide.
— La prière de vos fils est déjà exaucée, répond le pape, dont les yeux se mouillent de larmes. Vous avez l'approbation. Toutes les difficultés ont été écartées par la Sainte Vierge.
— Je savais qu'elle exaucerait la prière de mes enfants et la mienne, répond don Bosco triomphant.
Le 1er mars, il reçoit le décret si longtemps désiré, et il retourne dès le lendemain à Turin. La joie est indescriptible à l'oratoire. Le bon vieux don Borel arrive péniblement, appuyé sur sa canne :
— Est-ce vrai, ce que j'ai appris ?
— Oui, mon cher don Borel ! Voici l'approbation !
Deo gratias ! Oui, je vais donc mourir content !
Le lendemain, don Bosco chante avec ses religieux et tous ses enfants de l'oratoire un Te Deum solennel dans l'église de Marie Auxiliatrice.

(Don Bosco, l'Apôtre des Jeunes, G. Hünermann)


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mardi 23 novembre 2021

COMMUNION SAINTE ENTRE LA TERRE ET LE PURGATOIRE



Soyez par la charité les serviteurs les uns des autres. (Galat.)

Les âmes du Purgatoire en sont sorties plus d'une fois pour protéger ceux qui leur étaient dévoués contre des dangers imminents, les remettre dans le droit chemin, les défendre contre leurs ennemis, les consoler dans leurs afflictions, les guérir même dans leurs maladies, ainsi que l'a rapporté le P. Théophile Raynaud, écrivain connu, pour un fait arrivé de son temps, on peut presque dire sous ses yeux.
À Dôle en Franche-Comté, l'an 1629, Huguette Boy, femme de médiocre condition, était retenue au lit par une fluxion de poitrine qui faisait craindre pour sa vie. Le médecin crut devoir la saigner, et, dans cette opération, il eut la maladresse de lui couper l'artère du bras gauche, ce qui la réduisit promptement à toute extrémité. Le lendemain, à la pointe du jour, elle voit entrer dans sa chambre une jeune fille au maintien le plus modeste, toute vêtue de blanc, qui lui demande si elle consent à accepter ses services et à être soignée par elle. La malade, bien heureuse de cette offre, répond que rien ne lui sera plus agréable, et aussitôt l'étrangère allume le feu, en approche Huguette, la remet doucement dans son lit et continue de veiller. Chose merveilleuse ! au contact de cette main, la mourante se sent guérie. Elle regarde avec plus d'attention son inconnue ; mais celle-ci s'échappe, en disant qu'elle reviendra promptement. L'étonnement, la curiosité de chacun, quand on eut constaté cette guérison subite, furent extrêmes ; on ne parlait que de cela dans la maison, sans que personne pût fournir le moindre renseignement. Le bruit franchit le seuil, et il ne fallut pas beaucoup d'heures pour que tout Dôle en fût instruit.
Le soir venu, voici de nouveau l'inconnue ; mêmes vêtements, même tenue. Seulement, après avoir salué sa protégée, elle lui dit sans détour : « Sachez, ma chère nièce, que je suis votre tante, Léonarde Collin, morte depuis dix-sept années, qui vous ai faite héritière de mon petit bien. Je suis, grâce à la divine miséricorde, dans le lieu du salut ; c'est Marie, la divine Marie, pour laquelle j'ai eu toute ma vie une filiale dévotion, qui m'a obtenu cette faveur, auprès de laquelle toutes les autres ne sont rien. Car je fus surprise par une mort subite, imprévue, ayant sur la conscience un péché mortel et manquant alors de confession. Je devais donc être condamnée aux éternels châtiments, si la très-miséricordieuse Vierge ne m'eût obtenu de son divin Fils un mouvement de contrition parfaite, qui ferma l'enfer sous mes pas, mais sans m'exempter du purgatoire, où je gémis depuis ces dix-sept années. Le Seigneur daigne aujourd'hui me permettre de vous venir trouver sous la conduite de mon ange, pour me placer pendant quarante jours à votre service. Faites-moi maintenant la charité d'accomplir pour moi trois pèlerinages aux sanctuaires de Notre-Dame que je vais vous nommer ; et à la fin de ce temps, j'entrerai dans la gloire éternelle. »
La nièce n'ajoutait qu'une foi douteuse à ce récit, redoutant de la part du démon quelque piège. Elle consulta son confesseur, le P. Antoine Rolland, jésuite, qui l'engagea à menacer l'apparition des exorcismes de l'Église, ce qui forcerait, au cas d'une embûche, l'ennemi du genre humain à se découvrir. La défunte, à cette menace, répondit tranquillement qu'elle ne redoutait point les prières de l'Église, qui n'ont de force que contre les démons et les damnés, et non point contre des âmes prédestinées comme elle et en grâce avec DIEU. La malade, qui n'était pas encore convaincue, insista. « Comment se peut-il faire, lui dit-elle, que vous soyez ma tante Léonarde, puisque je me rappelle fort bien qu'elle était de son vivant une vieille toute cassée, toute ridée, et que vous êtes, vous, une belle jeune fille, qui semble à peine avoir atteint la fleur de l'adolescence ? De plus, elle était quinteuse, désagréable, ne pouvant endurer la moindre contrariété : et vous vous montrez douce, pacifique, courtoise, pleine de patience et de charité ? — Vous devez savoir, ma fille, répondit Léonarde, que ce que vous voyez ici n'est point mon corps, qui gît dans le sépulcre et qui y restera jusqu'à la résurrection, mais un autre formé miraculeusement de l'air, pour vous pouvoir parler et obtenir vos suffrages, de vous qui possédez mon bien. Et quant à mon caractère bilieux et colérique, ah ! ma fille, que dix-sept années de purgatoire sont bonnes à enseigner la patience, la réserve et la douceur ! La grâce nous a, d'ailleurs, confirmés dans le bien, et nous ne saurions plus avoir de vice, une fois que nous sommes marqués au sceau des élus. »
l'incrédulité, avec de telles explications, n'était plus possible. La nièce, la fois émerveillée et reconnaissante, accepta avec bonheur les services qui lui étaient rendus, pendant les quarante jours marqués. La défunte venait à certaines heures, et disparaissait ensuite. Dans cet intervalle, elle révéla à la malade bien des choses sur l'autre vie, et du reste ne parla jamais à personne qu'à elle, elle seule aussi, la pouvait voir. Quand Huguette put se lever, elle fit les pèlerinages qu'on lui avait demandés, et s'en acquitta avec un vrai sentiment de gratitude et de joie ; Au bout de ce temps, les apparitions cessèrent, et aussi les tourments de Léonarde, qui se fit voir une dernière fois à sa nièce pour l'assurer que l'heure de son triomphe avait sonné. Elle étincelait comme une étoile au ciel, et son visage respirait la plus parfaite béatitude. Elle lui parla de sa reconnaissance à son tour, lui promit de prier pour elle, pour toute sa famille, pour ceux qui lui étaient chers, et l'engagea à se souvenir toujours, au milieu des difficultés de la vie, du but suprême auquel nous tendons tous, et dont rien ne doit nous détourner. (V. Théph. Raynaud, Heteroct. Spir., 2 p., sect. lll, 5e point)

(Les Merveilles Divines dans les Âmes du Purgatoire, par le P. G. Rossignoli, de la Compagnie de Jésus)


Reportez-vous à L'affection pour les amis et les parents meurt point avec eux, Zèle de Saint Louis Bertrand pour les âmes du Purgatoire, Purgatoire imposé à ceux qui résistent à la Parole de Dieu, Double prodige des âmes du purgatoire : Vous qui dérobez, vous serez dérobé vous-même, Les âmes délivrées venant au-devant de leurs bienfaiteurs, La peine du Purgatoire prolongée jusqu'à l'acquittement des dettes, Combien Dieu aime qu'on prie pour ses parents défunts, Les âmes du Purgatoire demandent un souvenir, Récompense assurée à l'aumône pour les âmes du Purgatoire, L'or et l'argent des vertus doivent souvent être purifiés par le feu, Protection spéciale de Marie : le zèle pour les âmes du Purgatoire récompensé, Efficacité de la prière des justes en faveur des âmes du Purgatoire : L'exemple de Sainte Thérèse d'Avila, Combien la prière est utiles aux âmes du Purgatoire, L'intercession des Justes apaise la colère divine, Les souffrances de cette vie ne sont pas comparables à la gloire future, Vivons si pieusement que nous puissions éviter le purgatoire ou, au moins, n’y pas brûler trop longtemps, Le Seigneur révèle les mystères du royaume de la mort, Dieu instruit les vivants sur les mystères de l'autre vie, L'amour du prochain doit s'étendre au-delà de cette vie, Prière pour les morts, Instruction sur la Fête de la Commémoration des Morts, Prière pour le repos de l'âme d'une pieuse mère, L’œil de la justice divine, Plaintes douloureuses des âmes du purgatoire, La crainte du Purgatoire fait taire la volupté, Combien effrayants sont les tourments du Purgatoire, Le Fils de l'homme rendra à chacun selon ses œuvres, Apparitions et Révélations, le témoignage de Saint Thomas d'Aquin sur les âmes du Purgatoire, Protection miraculeuse, Rigueur de la justice divine, Un Purgatoire plus long à qui n'a pas prié pour les morts, Accusations du démon contre les morts, Prière à Marie pour lui demander sa protection à l'heure de la mort, Prière pour obtenir une bonne mort, Supplications à Marie pour les âmes du Purgatoire, La divine Marie et le scapulaire, Suffrages conformes aux bonnes œuvres accomplies pendant la vie, Grand pécheur délivré par une âme du purgatoire, Si vous faites du bien, vos bienfaits vous attireront de grandes grâces, Prière à Marie pour ses parents en Purgatoire, Méditation pour la Fête de Notre-Dame des Anges, Extrait du Sermon sur la Mort de Saint Robert Bellarmin, Reconnaissance des âmes du Purgatoire ou comment les âmes du Purgatoire interviennent aussi pour leurs bienfaiteurs dans les choses temporelles, Bonté des Anges pour les pauvres âmes du Purgatoire, Dévotion aux Saints Anges : Travailler à la conversion des âmes et à leur soulagement dans les flammes du Purgatoire, en l'honneur des saints Anges, Valeur du Saint Sacrifice en faveur des âmes du Purgatoire, Le pardon d'une offense soulage les âmes souffrantes, Protection des âmes du Purgatoire, Une âme souffrant le tourment du feu pour avoir écouté plutôt les conseils du sang que ceux de la piété, La dévotion du Saint Rosaire, pour le soulagement des âmes du Purgatoire, Sainte usure de ceux qui appliquent leurs œuvres au soulagement des défunts, Celui qui souffre pieusement ici-bas va tout droit au repos éternel,Reconnaissance des âmes pour leurs bienfaiteurs, Les âmes qui gémissent dans le feu du purgatoire trouveraient leur soulagement dans de petites choses, et on les leur refuse !, Admirable commerce de charité entre les vivants et les défunts, Pour entrer au Ciel il faut être exempt de la moindre faute, Neuvaine pour le soulagement des âmes du Purgatoire, Souffrances des âmes qui ont donné du scandale, Ingratitude des héritiers envers leurs bienfaiteurs ou comment Dieu permet à une âme abandonnée dans le purgatoire de solliciter les suffrages de ses frères, Le Ciel bénit ceux qui prient pour les morts, Les peines du Purgatoire conformes aux fautes commises, Prières pour chaque jour de la semaine, en faveur des âmes du Purgatoire, Les souffrances du Purgatoire, bien que passagères, paraissent extrêmement longues, C'est se délivrer soi-même que de secourir les âmes du Purgatoire, Chapelet des actes de Foi, d'Espérance et de Charité, en faveur des Âmes du PurgatoireComment les prières d'un saint délivrent quantité d'âmes, La Mère de Dieu, Mère des Âmes du Purgatoire, Une âme du Purgatoire rappelée à l'expiation sur la Terre, Le Purgatoire des paroles inconvenantes, La conversion renvoyée au soir de la vie conduit l'âme à la cruelle faim du Purgatoire, Dieu exauce les prières des communautés ferventes en faveur des défunts, Ne pas soulager les défunts par les aumônes, c'est se priver soi-même de grands avantages spirituels, Excellence des suffrages en faveur des morts, La Charité bien comprise nous fait un devoir très-pressant de subvenir aux nécessités des âmes du Purgatoire, Un saint Frère franciscain reconnaît, dans une étonnante vision, un de ses compagnons mort quelque temps auparavant, Enseignement de l'Église sur le Purgatoire, Dévotion au Crucifix, Méditation pour le jour des morts, Chapelet pour le repos des âmes du Purgatoire, Exercice sur les quatorze stations du chemin de la Croix pour les âmes du Purgatoire, Litanies pour les Fidèles Trépassés, Méditation pour le Jour de la Commémoration des morts, La Sainte Vierge Marie, Mère de Miséricorde, Dévotion en faveur des âmes du Purgatoire, Méditation sur la peine qu'on endure dans le purgatoire, Les indulgences pour les fidèles défunts, Offrir sa journée pour les âmes du Purgatoire, La pensée du Purgatoire doit nous inspirer plus de consolation que d'appréhension, Nous devons secourir tous les morts, même ceux que nous croyons déjà au Ciel, Méditation sur la durée des souffrances du purgatoire et l'oubli des vivants à l'égard des morts, Nous devons secourir tous les morts, même ceux que nous croyons déjà au Ciel, Être en état de grâce pour que nos prières soient utiles aux âmes du Purgatoire, Les différents moyens de soulager les morts, Quelles sont les âmes qui vont en purgatoire, La pensée du Purgatoire nous instruit sur la gravité du péché véniel, De la méditation de la mort, La pensée du purgatoire nous prouve la folie de ceux qui ne travaillent pas à l'éviter, Pour éviter le purgatoire endurons nos afflictions en esprit de pénitence, Le Purgatoire, motif de patience dans les maladies, Méditation sur les motifs qui doivent nous engager à secourir les âmes du purgatoire (1/4), Méditation sur les défauts qui rendent infructueuse notre piété envers les morts, Premier moyen propre à soulager les âmes du Purgatoire : Le Saint Sacrifice de la Messe, Deuxième moyen propre à secourir les âmes du Purgatoire : Prières, jeûnes, aumônes..., Les indulgences, troisième moyen propre à secourir les âmes du Purgatoire, Pour que le nom de Dieu soit sanctifié, pour que son règne arrive, et pour que sa volonté soit faite sur la terre comme au ciel, secourons les âmes du Purgatoire, Méditation sur la piété envers les morts, toute chrétienne et cependant inutile, La précieuse mort de Saint Philippe Benizi, Première méditation de préparation à la mort : Rends-moi compte de ton administration, Seconde méditation de préparation à la mort : Voici l'époux qui vient ; allez au-devant de lui, Troisième méditation de préparation à la mort : Que me présenteront le passé, le présent et l'avenir ?, Quatrième méditation de préparation à la mort : Les Portes de la mort vous ont-elles été ouvertes ?, Du jugement et des peines des pécheurs, Tu es poussière et tu retourneras en poussière, Méditation sur l'emploi du temps, Méditation sur la conscience, Méditation sur le repos de la Conscience, Méditation sur l’aveuglement de la Conscience, Méditation sur la Préparation à la mort, Méditation sur la pensée de la mort, Méditation sur la justice de Dieu, Méditation sur le Jugement de Dieu, Personne n'est-il revenu de l'Enfer ?, Exercice pour la bonne mort, Méditation sur le désir de la mort, Méditation sur la crainte de la mort, Saint Philippe de Néri : Que faites-vous maintenant ?... Et après ?, La mort est ordinairement conforme à la vie : L'exemple de deux Curés, Par son nom, le cimetière prêche la résurrection de la chair, Défendre le Cimetière, Bénédiction du Cimetière, Puissance des démons sur les morts, Nos devoirs à l'égard du Cimetière, Le Cimetière au XIXe siècle : Le corps chef-d’œuvre de Dieu, Enterrements autour des églises, Immortalité de l'âme, Cérémonies de L’Église et prière pour les morts, L'Univers et la Bible, prédicateurs de la résurrection, car oui, nous ressusciterons !, Comment les peuples païens ont dissipé une grande partie du patrimoine de vérités reçu des pères du genre humain, mais ont conservé le dogme de l'existence et de l'immortalité de l'âme, Méditation sur la fausse sécurité des Pécheurs, Méditation sur les défauts qui rendent infructueuse notre piété envers les morts, Prière à saint Joseph pour obtenir une bonne mort, Sentiments et prières à l'occasion de la mort d'une personne qui nous était spécialement chère, Le Jour de la Toussaint : Méditation sur le bonheur du ciel, 1re Méditation pour la Fête de Tous les Saints : Bienheureux les pauvres d'esprit, parce que le royaume des cieux est à eux, 2e Méditation pour la Fête de Tous les Saints : J’entendis dans le ciel comme la voix d'une grande multitude, 3e Méditation pour la Fête de Tous les Saints : Application des sens, Litanies de la bonne mort, Vision de l'Enfer de Sainte Thérèse d'Avila, La voie qui conduit au Ciel est étroite, et Litanie pour les âmes du Purgatoire.















dimanche 24 octobre 2021

LITANIES DE SAINT RAPHAËL ARCHANGE, Tirées du Directoire de la dévotion à l'Enfant-Jésus

 


LITANIES DE SAINT RAPHAËL, ARCHANGE


Tirées du Directoire de la dévotion à l'Enfant-Jésus


Saint Raphaël, guide, médecin, sauveur de l'homme dans la personne du jeune Tobie est la ressemblante image de l'Emmanuel. Il nous en a apporté comme les parfums anticipés, et maintenant avec quelle ferveur ne prie-t-il pas pour nous cet aimable Rédempteur.

Seigneur, ayez pitié de nous.
Jésus-Christ, écoutez-nous.
Seigneur ayez pitié de nous.
Jésus-Christ, exaucez-nous.
Sainte Trinité, Père, Fils et Saint-Esprit qui êtes un seul Dieu en trois personnes, et qui avez fait dire de vous dans l'Écriture : mille millions d'Anges le servaient, et dix mille millions étaient devant lui, ayez pitié de nous.
Sainte Marie, Reine des Anges, priez pour nous.
Saint Joseph, qui avez été témoin des adorations des Anges en Bethléem, priez pour nous.
Saint Michel Archange, vainqueur et destructeur des mauvais anges, gardien de l'Église, de la sainte humanité du Sauveur conversant sur la terre, du Souverain Pontife régnant, de la sainte Eucharistie reposant dans le tabernacle, priez pour nous.
Saint Gabriel Archange, messager de l'Incarnation et protecteur de la sainte Vierge Marie, qui avez inspiré Daniel, qui faites vos délices, au milieu des hommes, du sacrifice et de la prière, qui êtes regardé comme le symbole de la clémence de Dieu et l'Ange du sacrement de baptême, priez pour nous.
Saint Raphaël Archange, qui, avec vos deux premiers et glorieux compagnons, et les quatre autres dont parle l'Apocalypse, vous tenez devant le trône de Dieu, les sept lampes ardentes, qui sont les sept Esprits de Dieu, priez pour nous.
Saint Raphaël, qui avez été appelé par les Docteurs l'ombre du Saint-Esprit, priez pour nous.
Saint Raphaël, qui voyez la face de Dieu qui est au ciel, priez pour nous.
Saint Raphaël, qui êtes embrasé d'amour dans l'Empyrée, priez pour nous.
Saint Raphaël, qui êtes resplendissant d'honneur dans la lumière même de Dieu, priez pour nous.
Saint Raphaël, qui rendez au Seigneur de sublimes adorations au sein de la céleste gloire, priez pour nous.
Saint Raphaël, qui voyez la majesté de Dieu reposer sur vous, priez pour nous.
Saint Raphaël, qui mêlez votre voix aux concerts de tous les bienheureux Esprits pour faire retentir le paradis de l'hymne du Saint des saints, priez pour nous.
Saint Raphaël, qui régnez avec élévation dans le ciel des cieux, priez pour nous.
Saint Raphaël, qui serez près du Sauveur quand il reviendra juger les vivants et les morts, priez pour nous.
Saint Raphaël, qui êtes pour nous ici-bas la figure de la divine Providence, priez pour nous.
Saint Raphaël, qui êtes le guide des mortels dans tout le pèlerinage de la vie, priez pour nous.
Saint Raphaël, qui veillez sur nous dans l'exil de ce monde, comme vous avez veillé sur le jeune Tobie, priez pour nous.
Saint Raphaël, qui conduisez les voyageurs, priez pour nous.
Saint Raphaël, qui protégez les absents, priez pour nous.
Saint Raphaël, qui protégez des accidents les plus menaçants, priez pour nous.
Saint Raphaël, qui détruisez les maléfices, priez pour nous.
Saint Raphaël, qui faites les bonnes alliances, priez pour nous.
Saint Raphaël, qui éloignez et enchaînez le démon de l'impureté, priez pour nous.
Saint Raphaël, qui changez les larmes de l'affligé en larmes de joie, priez pour nous.
Saint Raphaël, qui bénissez les maisons comme celle de Raguel, priez pour nous.
Saint Raphaël, qui remplissez les familles de tous biens, priez pour nous.
Saint Raphaël, qui ouvrez les yeux de ceux qui ne voient pas, priez pour nous.
Saint Raphaël, qui délivrez de l'aveuglement des choses créées, priez pour nous.
Saint Raphaël, qui faites renoncer aux passions des convoitises terrestres, priez pour nous.
Saint Raphaël, qui êtes l'espérance de ceux qui prient avec résignation, priez pour nous.
Saint Raphaël, qui êtes le soutien de ceux qui souffrent avec patience, priez pour nous.
Saint Raphaël, qui inspirez aux humbles la reconnaissance qu'ils doivent à Dieu, priez pour nous.
Saint Raphaël, qui soulagez dans les souffrances et les anxiétés, priez pour nous.
Saint Raphaël, qui défendez dans les combats, priez pour nous.
Saint Raphaël, qui êtes le médecin des corps et des âmes, priez pour nous.
Saint Raphaël, qui êtes le Remède de Dieu, priez pour nous.
Saint Raphaël, qui guérissez les langueurs spirituelles, priez pour nous.
Saint Raphaël, qui chassez tous les maux préjudiciables à nos consciences et périlleux pour le salut, priez pour nous.
Saint Raphaël, qui faites voir la vanité du monde et les amertumes répandues sur ses plaisirs, priez pour nous.
Saint Raphaël, qui vous réjouissez dans le ciel avec vos radieux frères de la conversion des pécheurs pénitents, priez pour nous.
Saint Raphaël, qui êtes le consolateur des âmes, priez pour nous.
Saint Raphaël, qui êtes la joie des âmes, priez pour nous.
Saint Raphaël, qui êtes l'illumination des âmes, priez pour nous.
Saint Raphaël, qui êtes invoqué comme l'ange de l'Extrême-Onction, priez pour nous.
Saint Raphaël, qui assistez les malades sur leur lit de douleur, priez pour nous.
Saint Raphaël, qui les fortifiez dans l'agonie, priez pour nous.
Saint Raphaël, qui les soutenez dans le redoutable passage du temps à l'éternité, priez pour nous.
Saint Raphaël, qui vous réjouissez de leur immortel bonheur, priez pour nous.

Agneau de Dieu, qui ôtez les péchés du monde, exaucez votre Archange qui prie pour nous.
Agneau de Dieu, qui ôtez les péchés du monde, écoutez votre Archange qui prie pour nous.
Agneau de Dieu, qui ôtez les péchés du monde, pardonnez-nous par les mérites de votre Archange qui prie pour nous.


ORAISON

Conduisez, Seigneur, dans la voie droite vos serviteurs et vos servantes, et, comme par le ministère de saint Raphaël, Archange, vous avez fait parvenir le jeune Tobie dans une terre étrangère, que vous l'avez ramené sain et sauf ; daignez, par l'intercession de ce saint Ange, nous accorder la guérison des maux corporels et spirituels qui nous affligent. Donnez-nous aussi la candeur et la pureté de l'âme, et la grâce de persévérer jusqu'à la fin de notre vie dans la pratique et le chemin de la vertu, pour que nous puissions arriver au port du salut éternel. Par Jésus-Christ Notre Seigneur. Ainsi soit-il.



Reportez-vous à Prière à Saint Raphaël Archange pour obtenir la grâce de faire d'heureuses rencontres, Avoir une grande dévotion à saint Michel, à saint Gabriel, à saint Raphaël, et aux autres quatre Anges qui sont auprès du trône de Dieu, Prière à Saint Raphaël Archange, Litanie de Saint Raphaël Archange, Neuvaine à l'Archange Raphaël, Méditation pour la Fête de Saint Raphaël Archange, Lecture du livre de Tobie (12, 7-15) : S'il est bon de tenir cachés les secrets des rois, c'est un honneur que de faire connaître et proclamer les œuvres de Dieu, Méditation pour le 3 Septembre, Saint Raphaël conduisant le jeune Tobie, Litanie de Saint Gabriel Archange, Prière à Saint Gabriel Archange, LITANIES DE SAINT GABRIEL ARCHANGE, Tirées du Directoire de la dévotion à l'Enfant-Jésus, LITANIES DE SAINT MICHEL ARCHANGE, Tirées du Directoire de la dévotion à l'Enfant-Jésus, De la dévotion à Saint Michel, à Saint Gabriel et à Saint Raphaël, Le Dragon, persécuteur de l'Église, Saint Michel, porte-étendard de Dieu, Saint Michel, l'Ange de l'Eucharistie, Satan domine sur toutes les nations par l'idolâtrie, Saint Michel le combat par l'intermédiaire de Moïse, Saint Michel, ange protecteur de l'Église, Sur la terre comme dans le ciel, saint Michel vient avec ses anges combattre Lucifer et ses légions perverses, et prendre soin des élus, Saint Michel, premier des anges, Michael ? sens de ce mot, titre de gloire pour celui qui l'a prononcé, Les Anges dans l'épreuve, Le combat de Saint Michel contre Satan continue sur terre, Quelles sont les plus célèbres apparitions des Anges dans l'Ancien Testament ?, De l'amour que les Saints Anges portent aux hommes, L'Ange à la garde duquel nous sommes confiés, Quels sont les plus excellents parmi les chœurs des Anges ?, Les saints Anges sont-ils bien nombreux ?, Sous quels traits les saintes Écritures nous représentent-elles les saints Anges ?, Prière à saint Michel Archange, Du culte et de la vénération qui est due à l'Archange Saint Michel, Méditation pour la Fête de Saint Michel et de tous les saints Anges, Neuvaine à Saint MichelDu combat des bons Anges contre les mauvaisMéditation pour la Fête des Saints Anges Gardiens, Pieuses invocations à l'Ange Gardien, Litanie de Saint Michel Archange, Puissance de Saint Michel au jugement dernier, Secours de Saint Michel à l'heure de la mort, Chapelet à Saint Michel Archange, Manière dont les Anges Gardiens s'acquittent de leurs fonctions envers les hommes, Les Saints Anges, fidèles Gardiens des Temples, Les saints Anges Gardiens montrent le chemin du salut, Apprenez de votre bon Ange la science du salut, De la Dévotion aux saints Anges et de l'esprit d'une Association en leur honneur, C'est en tout temps qu'on a invoqué dans l'Église les Anges et les Martyrs, De l'Excellence de la nature Angélique, La  grâce des hommes, quoique inférieure à celle des Anges, a des avantages qui la relèvent infiniment, De la principale occupation des Anges, qui est de louer Dieu, et de leur Nombre, Saint Raphaël, Modèle de l'Ange gardien préposé à la garde de chaque hommeConfiance de Saint Jean-François Régis en la protection de son Ange gardienDu grand Amour du Père Surin pour les Saints Anges, dans l'union avec notre Seigneur Jésus-Christ, VIE CHRÉTIENNE : Dévotion envers les saints Anges, saint Joseph et les autres Saints ; Voyage de piétéSermon du Saint Curé d'Ars pour la Fête des Saints Anges Gardiens : Les anges de ces petits enfants voient sans cesse la face de mon Père céleste, Méditation pour le 2 septembre, Sur les Saints Anges GardiensDes exercices de piété, par le R.-P. Jean-Joseph Surin : Quels exercices de piété prescrivez-vous à l'honneur des Anges ?Méditation pour le 1er septembre, Les Saints Anges Gardiens, Consécration à tous les Saints Anges, Prières à tous les Saints Anges, Oraison aux neuf Chœurs des saints Anges, Travailler à la conversion des âmes et à leur soulagement dans les flammes du Purgatoire, en l'honneur des saints Anges, Pratiquer quelque vertu, ou s'abstenir de quelque vice en l'honneur des Saints Anges, Avoir une grande confiance en la protection des saints Anges, et recourir à eux en tous ses besoins corporels et spirituels, Autres pratiques pour honorer plus spécialement les saints Anges, et célébrer les fêtes avec tous les respects possibles, Faire des neuvaines en l'honneur des neuf Chœurs des Anges, Chapelet du Saint Ange gardien, Converser intérieurement avec les saints Anges, Jésus crucifié est le Livre des Élus, La réalité des apparitions angéliques, Avoir une dévotion singulière aux Anges, Archanges et Principautés, Honorer principalement les Puissances, les Vertus et les Dominations, Avoir de profonds respects, et des amours extraordinaires pour les Trônes, les Chérubins et les Séraphins, La protection des saints Anges contre les démons, particulièrement au sujet de leurs différentes tentations, Litanies de l'Ange Gardien, Et Michel et ses anges combattaient contre le Dragon, La puissance des démons réglée par la sagesse divine, Discernement des esprits : ce qu'on entend par esprits, combien on en compte et comment ils se forment, Tous les hommes sont assistés des Saints Anges, Les Saints Anges nous assistent dans les choses temporelles, Les perfections admirables de ces sublimes intelligences, Les Saints Anges font tout ce qui peut se faire pour le bien des hommes, Litanie aux Saints Anges Gardiens, Discernement des esprits, et Les Anges, princes et gouverneurs de la grande cité du bien.