Que votre modestie soit connue à tous les hommes, s'écrie le grand Apôtre, parce que le Seigneur est proche : et il est bien proche, puisqu'il est plus où nous sommes, que nous n'y sommes nous-mêmes. Nous agissions, nous touchons, nous marchons dans son essence divine. Ah ! si les personnes considérables donnent du respect, si des gens qui jouent et qui badinent s'arrêtent aussitôt, et règlent leur extérieur à la vue d'une personne qualifiée qui arrive, y a-t-il lieu dans la terre, y a-t-il occasion où notre extérieur même ne doive pas être réglé ; puisque partout nous sommes en la présence de Dieu, et dedans Dieu. Le très-illustre Prélat de Bellai, rapporte qu'ayant eu la curiosité d'épier saint François de Sales, pour voir en quel état, et en quelle posture il était lorsqu'il se trouvait seul, il l'avait toujours vu dans une modestie admirable. C'est que ce saint Évêque agissait en la présence de Dieu.
Mais n'est-ce pas ce que tous les Chrétiens devraient faire ? Ces enfants de lumière, et qui sont appelés encore par l'Apôtre la lumière même en Jésus-Christ, ne doivent pas vivre comme ceux dont l'esprit est obscurci de ténèbres, qui, par leur ignorance née de l'aveuglement de leur cœur, sont éloignés de la vue de Dieu ; mais ils doivent se renouveler dans l'esprit de leur raison, selon l'expression de l'Écriture, c'est-à-dire, se servir de leur raison, comme éclairée, et conduite par l'esprit de Dieu ; comme soumise à lui, comme régénérée, comme celle qui est la lumière du nouvel homme, qui est créé selon Dieu dans la justice, et dans la sainteté de la vérité. C'est-à-dire, dans la séparation des choses présentes, et dans la consécration, et l'application à Dieu : non selon le mensonge du monde, mais selon la vérité, et la pureté de Dieu le Père, et de Jésus-Christ son Fils, qui a demandé : Sanctifiez-les en vérité.
Ils doivent vivre, dit encore l'Apôtre, comme des enfants de lumière, et n'avoir nulle part aux œuvres infructueuses des ténèbres ; mais au contraire les reprendre. Ces œuvres procèdent de l'ignorance de Dieu, et du défaut d'attention à sa divine présence. Ceux qui font mal, en détournent leurs yeux de peur de bien faire, et ils se laissent aller à toutes sortes d'immodesties, parce que Dieu ne leur est pas présent ; mais ceux qui le regardent, marchent prudemment, et non pas comme ces insensés. Ils ne sont pas imprudents, parce qu'ils considèrent que Dieu les voit.
Dans la vue de la présence de sa Majesté infinie, ils ne font rien qu'ils ne voudraient faire devant les premières personnes de la terre : non-seulement ils ne font aucune action mauvaise, mais ils ne les nomment pas, comme il est bien séant parmi ceux qui sont les membres de Jésus-Christ. On ne les entend pas même parler ni de folie, ni de raillerie, ni de choses impertinentes et inutiles. S'ils parlent, c'est comme des gens qui sont écoutés de Dieu. En toutes choses ils n'en perdent pas la vue, et dans les actions même les plus basses, comme celles du boire, du manger, du dormir. Ainsi, ils y gardent la modération chrétienne, et en évitent l'excès. Ils se récréent en sa présence suradorable, comme des enfants devant un bon père ; mais qui est très-sage. Ils vont à la promenade, ils conversent, ils se divertissent, ils font enfin tout, et ils souffrent tout, ayant toujours Dieu devant leurs yeux.
David était Roi, et par suite, au milieu des plus grands embarras du monde, et parmi tout ce qu'il y a dans le siècle qui y peut apporter plus de distraction ; et cependant il assure que ses yeux sont toujours élevés vers le Seigneur, et que les pensées de son cœur sont toujours en sa présence. Aussi, il déclare que le Seigneur est l'appui de ceux qui le craignent, et que son alliance est de se manifester à eux. Si nos ténèbres sont si épaisses qu'elles nous empêchent cette précieuse grâce, c'est que nous nous les formons nous-mêmes par nos péchés, dont les moindres donnent toujours quelque obscurité à l'esprit.
Ah ! si nous nous réveillions du profond assoupissement où nous vivons, agissant comme si Dieu était bien éloigné de nous, et que nous laissant à sa pure lumière, nous fussions pénétrés de sa divine présence, pour lors nous accomplirions ce que le grand Apôtres demande de tous les Chrétiens ; notre modestie serait connue à tous les hommes.
C'est cette divine présence qui a causé des respects si singuliers aux âmes éclairées. On trouvait un Religieux de la Compagnie de Jésus, prosterné le visage contre terre dans sa chambre dans des abaissements étonnants ; et comme l'on en était surpris, ah ! s'écriait-il, eh ! ne voyez-vous pas l'infinie Majesté de Dieu qui est ici présente ? Dans cette pensée le célèbre Grégoire de Lopez marchait découvert, la tête nue ; et feu M. de Renty, Gentilhomme, d'une vertu éminente ; allait de la même manière quelquefois, exposé au soleil et aux incommodités de l'air.
(Dieu présent partout, par M. H-M Boudon)
Reportez-vous à Dieu qui est présent partout demande de l'amour, Dieu qui est partout, demande le respect intérieur, Dieu qui est partout demande que l'on se souvienne de sa divine présence, Dieu est partout avec toutes ses grandeurs, Dieu qui est partout, y est tout ce qu'il est, Dieu est présent partout, Fête de la Très-Sainte Trinité, Du Mystère de la très Sainte Trinité, Prière à la Très Sainte Trinité, Méditation sur la Très-Sainte Trinité : Au Nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit, Instruction sur la Fête de la Très-Sainte Trinité, Méditation pour le Dimanche de la Sainte-Trinité, Le Dogme de l'unité de Dieu et de la Sainte Trinité, Aveuglement de l'homme, Preuves directes de la Trinité et de la divinité du Saint-Esprit. Méditation sur la présence de Dieu, Méditation sur l'oubli de la présence de Dieu, Méditation sur l'attention continuelle à la présence de Dieu, De la présence de Dieu, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, et Acte de la présence de Dieu en l'honneur de Saint Joseph.
dimanche 22 mai 2022
Dieu qui est partout demande le respect extérieur
jeudi 28 octobre 2021
Qu'il y a une Tristesse louable et sainte
Mais, dira-t-on, faut-il donc être toujours dans la joie ? Ne faut-il jamais s'affliger ? N'y a-t-il aucune sorte de tristesse qui puisse être utile et avantageuse à l'âme ? Il y en a une sans doute, dit Saint Basile, puisque Jésus-Christ lui-même nous le dit par ces paroles : Bienheureux ceux qui pleurent, car ils seront consolés. Cassien, après le même Saint Basile, et après Saint Léon pape, distingue deux sortes de tristesses, l'une purement humaine et selon l'esprit du monde, l'autre spirituelle et selon Dieu. La tristesse, selon le monde, est de s'affliger des mauvais succès et des choses fâcheuses qui arrivent dans le cours de la vie : les vrais serviteurs de Dieu doivent être absolument inaccessibles à cette sorte de tristesse. Quand à la tristesse spirituelle, et qui est selon Dieu, celle-ci est bonne et salutaire ; les serviteurs de Dieu peuvent y être sensibles, et s'y livrer. S. Basile et Cassien disent qu'un pareil sentiment de tristesse peut avoir quatre causes. Premièrement, cette tristesse peut procéder de la vue de nos péchés, suivant ces paroles de l'Apôtre : « Maintenant je me réjouis, non pas de la douleur d'esprit que vous avez eue, mais de ce que cette douleur vous a portés à vous repentir : car vous vous affligez selon Dieu ; et la tristesse qui est selon Dieu, produit un ferme repentir, qui est utile pour le salut. » C'est donc une tristesse sainte et selon Dieu, que celle qui nous fait pleurer nos péchés, et qui est causée en nous par le regret de l'avoir offensé. Saint Chrysostôme fait sur ce sujet une remarque digne de la justesse de son esprit : « De toutes les pertes, dit-il, qui peuvent arriver à un homme, il n'y a que celles qui arrivent par le péché, qui puissent se réparer par la douleur et par le regret. » Ainsi donc dans toutes les autres choses, excepté dans le péché, la douleur est inutile, car elle augmente plutôt le sentiment de nos pertes, qu'elle ne le diminue. Mais ces pertes qui sont causées par le péché, se réparent entièrement par la douleur que l'on conçoit du péché : il ne faut donc s'affliger que de ses péchés.
En second lieu, cette tristesse salutaire peut naître en nous de la considération de tant de péchés qui se commettent tous les jours dans le monde : alors ce sentiment est encore très saint, puisqu'il procède d'un zèle ardent pour la gloire de Dieu, et pour le salut des âmes. C'était de cette espèce de douleur dont David avait le cœur pénétré, lorsqu'il s'écriait en s'adressant à Dieu : « Je suis tombé en défaillance, en songeant aux pécheurs qui abandonnent votre loi.... Le zèle m'a desséché, parce que vos ennemis ont mis vos commandements en oubli... J'ai vu les méchants, et je me desséchais de voir qu'ils ne gardaient pas vos ordonnances. »
En troisième lieu, cette tristesse peut venir du désir d'une grande perfection ; et cela arrive, lorsque ce désir est si ardent qu'on ne cesse de s'affliger de ce qu'on ne fait pas plus de progrès dans la vertu : ce sentiment est selon l'esprit de Dieu, puisque Jésus-Christ lui-même a dit : « Bienheureux ceux qui ont faim et soif de la justice, car ils seront rassasiés. »
Enfin, la considération des biens éternels dont on est privé en cette vie, et l'impatience d'en jouir bientôt dans l'autre, est encore un juste sujet de tristesse pour les véritables serviteurs de Dieu. C'était ainsi que les enfants d'Israël, en se rappelant les beautés et les merveilles de Sion, s'affligeaient dans Babylone dans le temps de leur exil ; c'était aussi dans le même esprit que le Prophète Royal s'écriait : Hélas ! pourquoi faut-il que mon exil soit prolongé ! Ces paroles que l'Église adresse à la Sainte Vierge : Nous soupirons, nous pleurons, nous gémissons après vous dans cette vallée de larmes, forment sans doute un concert bien doux et bien agréable aux oreilles de Dieu.
Après avoir établi ces règles, Cassien indique les marques auxquelles on peut discerner la tristesse qui est selon Dieu, d'avec celle qui ne l'est pas. La tristesse qui a les choses de Dieu pour objet, est selon ce grand Maitre de la vie spirituelle, obéissante, affable, humble, douce et patiente ; et comme elle naît de l'amour de Dieu, elle renferme en elle tous les fruits du Saint-Esprit, dont parle Saint Paul, c'est-à-dire, la charité, la joie, la paix, la patience, la bonté, la foi, la modestie et la continence : la tristesse qui a toute autre origine, est au contraire impatiente, et accompagné de chagrin et d'amertume ; elle donne de l'éloignement pour le bien, elle jette dans le découragement, et enfin dans le désespoir. De plus, ajoute Cassien, cette tristesse n'est tempérée par aucune consolation, ni susceptible d'aucun adoucissement. La tristesse selon Dieu, est en quelque façon toujours gaie, elle porte sa consolation avec elle, elle donne du courage et des forces pour pratiquer le bien. On peut ainsi connaître la différence de ces sortes de tristesses d'après le détail que nous en avons fait ci-devant.
On peut encore conclure de tout ce que nous venons de dire, que la joie que nous désirons voir dans les serviteurs de Dieu, n'est pas cette joie vaine et frivole, qui nous transporte jusqu'aux éclats de rire, ni à dire de bons mots, et à se répandre inconsidérément dans les conversations avec toutes les personnes qu'on rencontre ; cette joie n'est pas convenable à des serviteurs de Dieu, c'est plutôt un effet de la légèreté de l'esprit. Ce n'est plus alors une joie sainte, c'est immodestie et dérèglement. La joie dont nous entendons parler, est une joie sage, qui vient d'un intérieur tranquille et réglé, et qui se manifeste extérieurement sur le visage : car, comme la tristesse de l'esprit fait impression sur le corps, suivant ces paroles du Sage : L'esprit triste dessèche les os ; de même la joie intérieure éclate au-dehors, suivant ces autres paroles : Le cœur joyeux rend le visage gai. Aussi lisons-nous de plusieurs Saints, qu'ils faisaient toujours voir sur leur front une joie et une sérénité, qui rendait un témoignage non suspect de la paix et de la satisfaction dont ils jouissaient intérieurement : c'est là proprement cette joie que nous devons souhaiter de pouvoir obtenir.
(Abrégé de la Pratique de la Perfection Chrétienne)
Reportez-vous à De la Tristesse que cause la tiédeur au service de Dieu ; et de la joie que donne la bonne conscience, Que l'Oraison est un puissant remède contre la tristesse, Des causes de la Tristesse, et des remèdes qu'on doit lui opposer, Que les fautes légères où l'on tombe ne doivent pas faire perdre la joie du cœur, Raisons qui nous obligent à servir Dieu avec joie, Comment Saint François voulait que le Serviteur de Dieu montrât toujours un visage joyeux, Des maux réels et considérables que cause la Tristesse, Méditation sur la tristesse, Méditation sur deux sortes de tristesse, et De la réformation de la tristesse.
mercredi 20 octobre 2021
Que l'Oraison est un puissant remède contre la tristesse
Suivant Cassien, c'est un excellent remède contre toute cause de tristesse, que d'avoir recours à l'oraison, d'élever sa pensée à Dieu, et de l'appliquer à l'espérance des biens éternels qui nous sont promis ; il ajoute que cet acte dissipe tous les nuages de l'esprit, et chasse le démon de la tristesse ; de même que le son de la harpe de David chassait le démon qui tourmentait Saül. L'Apôtre Saint Jacques nous propose le même remède dans son Épître Canonique, quand il dit : Si quelqu'un de vous est triste, qu'il prie. Le Prophète Royal nous marque aussi qu'il se servait du même secours : Mon âme, dit-il, rejetait toute sorte de consolation. J'ai songé à Dieu, et je me suis réjoui..... Vos ordonnances pleines de justice, Seigneur, étaient mes Cantiques de réjouissance dans le lieu de mon exil. Il ne faut bien souvent que l'entretien de nos amis pour dissiper notre chagrin, et pour nous donner du calme ; quelle consolation et quelle douceur ne devons-nous point espérer, à plus forte raison, de trouver dans un entretien avec Dieu ! ce n'est donc pas dans la conversation des hommes, ni dans la lecture des Auteurs profanes, ni dans les concerts de musique, ni dans les autres divertissements du siècle, qu'un vrai Chrétien doit chercher du soulagement et du secours contre les atteintes de la tristesse ; il n'en doit espérer qu'au pied de la croix de Jésus-Christ, en le priant avec ferveur : c'est là qu'il trouvera infailliblement de la consolation et de la joie. Saint Augustin expliquant ces paroles du Psalmiste : Vous avez mis la joie dans mon cœur : « Ce n'est donc pas au-dehors, dit-il, qu'il faut chercher cette joie ; c'est dans l'homme intérieur, c'est au-dedans de soi-même, c'est dans cette retraite de cœur, qui est consacrée à la méditation et à la prière. »
(Abrégé de la Pratique de la Perfection Chrétienne)
Reportez-vous à De la Tristesse que cause la tiédeur au service de Dieu ; et de la joie que donne la bonne conscience, Des causes de la Tristesse, et des remèdes qu'on doit lui opposer, Que les fautes légères où l'on tombe ne doivent pas faire perdre la joie du cœur, Raisons qui nous obligent à servir Dieu avec joie, Comment Saint François voulait que le Serviteur de Dieu montrât toujours un visage joyeux, Des maux réels et considérables que cause la Tristesse, Méditation sur la tristesse, Méditation sur deux sortes de tristesse, et De la réformation de la tristesse.
samedi 16 octobre 2021
Raisons qui nous obligent à servir Dieu avec joie
Réjouissez-vous toujours dans le Seigneur, dit l'Apôtre : je vous le dis encore, réjouissez-vous. Le Psalmiste nous recommande aussi très souvent la même chose. Que les justes, dit-il, se réjouissent dans le Seigneur, et soient ravis de joie, et que tous ceux qui ont le cœur droit, se glorifient en lui.... Que tous ceux qui vous cherchent, ô mon Dieu, se plaisent et se réjouissent en vous.... Que toute la terre se réjouisse en Dieu ; qu'elle serve le Seigneur avec plaisir, et qu'elle se présente devant lui avec joie.... Que le cœur de ceux qui cherchent le Seigneur, se réjouisse. Il nous exhorte encore en plusieurs autres endroits de servir Dieu avec joie. Quand l'Ange Raphaël salua Tobie, il ne lui dit autre chose, sinon : Que la joie soit toujours avec vous. Saint François d'Assise avait coutume de dire qu'il appartenait au démon et aux méchants d'être tristes ; mais que les véritables Chrétiens devaient être toujours dans une sainte joie : On ne doit entendre dans la demeure des Justes, que des cris de réjouissance pour leur salut.
Voici les raisons qui doivent nous porter à cette espèce de joie. La première est que Dieu veut être servi de cette sorte : Car Dieu aime, dit Saint Paul, celui qui donne avec joie, et non pas avec chagrin, ou par contrainte. C'est aussi ce que nous marque le Sage par ces paroles : Que tout ce que vous donnerez soit toujours accompagné d'un visage gai.
La seconde raison est, que quand on sert Dieu avec joie, on procure à Dieu plus d'honneur et de gloire, parce qu'on témoigne alors qu'on agit avec affection, et que tout, ce qu'on fait n'est encore rien au prix de ce que l'on voudrait être en état de faire.
La troisième raison est, que non-seulement Dieu en est plus honoré, mais que le prochain en est aussi plus édifié, et la vertu plus estimée : car l'exemple de ceux qui servent Dieu de cette sorte, a une grande force pour persuader, que dans le chemin de la vertu on ne rencontre point les peines et les difficultés que les méchants craignent d'y trouver ; et comme les hommes aiment naturellement la joie, celle qu'ils se promettent d'y goûter, les porte plus facilement à marcher dans cette route.
La quatrième raison pour laquelle nous devons servir Dieu avec joie, c'est que nos bonnes œuvres en ont plus de mérite devant lui, et en sont plus saintes et plus parfaites. Car c'est une maxime de Philosophie, que la joie perfectionne ce que l'on fait, et que la tristesse le gâte. Ajoutez à cela ce que dit Saint Chrysostôme, que le contentement et la joie donnent du courage et des forces pour la pratique des bonnes œuvres. c'est dans cet esprit que le Prophète Royal disait à Dieu : J'ai couru dans la voie de vos commandements, lorsque vous avez dilaté mon cœur. Or c'est la joie qui dilate le cœur ; et c'est encore la joie qui fait que rien ne cause de la peine aux Justes : Ils courront sans se fatiguer, et ils marcheront sans jamais se lasser.
(Abrégé de la Pratique de la Perfection Chrétienne)
Reportez-vous à Comment saint François, cheminant avec Frère Léon, lui exposa les choses dans lesquelles consiste la joie parfaite, Que les fautes légères où l'on tombe ne doivent pas faire perdre la joie du cœur, Comment Saint François voulait que le Serviteur de Dieu montrât toujours un visage joyeux, Des maux réels et considérables que cause la Tristesse, Méditation sur la tristesse, Méditation sur deux sortes de tristesse, et De la réformation de la tristesse.
lundi 11 octobre 2021
Qu'il faut se conduire différemment, selon la différence des Tentations dont on est attaqué
| David et Nathan |
Il faut en différentes tentations, dit Saint Jean Climaque, tenir une différente conduite pour y résister. Il y a des vices qui sont par eux-mêmes fâcheux et désagréables, tels sont la colère, l'envie, la haine, le désir de se venger, l'impatience, l'indignation, le chagrin, l'amertume de cœur ; l'opiniâtreté, l'esprit de contention et autres semblables. Il y a des tentations, au contraire, qui flattent naturellement, et qui donnent une certaine satisfaction : telles sont les tentations qui regardent l'impureté, ou les plaisirs des sens : et parce que plus nous nous arrêtons à celles-là et plus elles nous attirent à elles : nous devons par cette raison même, ajoute le même Saint, ne les combattre qu'en fuyant, c'est-à-dire, en nous éloignant promptement des occasions qui pourraient nous abattre, et en détournant notre esprit et nos yeux de tout ce qui peut nous y rappeler. Mais à l'égard des premiers vices, il faut nécessairement nous attacher à y réfléchir, à les bien reconnaître et à les combattre, si nous voulons les vaincre : il faut en examiner la nature et la laideur : et cela se peut faire sans danger, parce qu'ils n'ont rien de contagieux : quoiqu'à l'égard de la colère et de la vengeance, il soit bon aussi, ajoute encore Saint Jean Climaque, de détourner la pensée de toutes les circonstances qui peuvent nous y exciter. En général, voici les règles que l'on doit suivre dans toutes sortes de tentations. La première que prescrivent les Maîtres de la morale chrétienne, c'est de les découvrir de bonne heure au Médecin spirituel : c'est le remède le plus efficace pour ces sortes de maladies. Un autre avertissement très-important pour le temps de la tentation, c'est qu'il faut bien prendre garde de se relâcher alors dans ses exercices spirituels, de les quitter, ou d'en retrancher la moindre partie : car quand la tentation ne nous ferait point d'autre mal que de nous porter à nous relâcher, le démon croirait avoir déjà beaucoup gagné, et s'estimerait bien content.
On doit encore, dans le temps de la tentation, se donner entièrement de garde de rien changer à sa conduite spirituelle, et de former aucune nouvelle résolution : le temps n'est pas propre. On ne peut distinguer aucun objet plongé dans l'eau, tant qu'elle est trouble ; laissez-la se reposer et s'éclaircir, et alors vous verrez les ordures qui se déposent au fond. L'agitation et le trouble que cause la tentation, ne vous permettent pas de voir, ni de reconnaître ce qui serait le plus expédient à pratiquer dans cette circonstance : Les maux m'ont environné, s'écrie David, et je n'ai pu rien voir. Ce n'est donc pas là le temps de délibérer, ni de prendre de nouvelles mesures pour se défendre : laissez passer l'orage de la tentation : et quand votre esprit sera dans une assiette plus tranquille, alors vous pourrez mieux connaître ce que vous aurez à faire de plus avantageux pour vous défendre.
Il faut au surplus, dans ces temps de tentation, être extrêmement soigneux de recourir aux remèdes que nous avons déjà marqués, et ne pas demeurer dans l'inaction.
(Abrégé de la Pratique de la Perfection Chrétienne)
Reportez-vous à Gémissements en la présence de Dieu et de ses Anges d'une âme éprouvée par les tentations, Prière pour demander à Dieu la victoire des tentations, Comment il faut se comporter dans les Tentations contre la foi et Contre la Pureté, Des Tentations qui se présentent à nous sous l'apparence du bien, Autres remèdes contre les Tentations, La
prière est encore un puissant remède contre la Tentation : Prières
courtes et ferventes dont on se peut servir dans le temps des Tentations, La défiance de soi-même et la confiance en Dieu, sont des moyens salutaires pour vaincre les Tentations, Ce
qui peut surtout nous rassurer dans les Tentations, c'est que Dieu ne
permet pas que nous soyons tentés au-dessus de nos forces, Remède contre les Tentations ; premièrement, il ne faut pas se décourager quand elles nous arrivent, Que les tentations sont une leçon salutaire, et pour nous et pour les autres, Les tentations servent à nous mieux faire connaître notre faiblesse, et à nous faire sentir le besoin de recourir à Dieu, Pourquoi Dieu permet que l'on soit tenté ; Avantages réels qui résultent de ces tentations, Que les uns sont tentés au commencement de leur conversion ; et les autres après leur retour à Dieu, Les Tentations sont inévitables en cette vie mortelle, Des tentations, Conduite à tenir à l'égard des tentations, Des tentations et des illusions, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Avis le plus utile de tous : Priez !, Aspiration dans les tentations, De quelques remèdes contre les tentations de l'impureté, et Quelques autres remèdes contre les tentations d'impureté.
samedi 2 octobre 2021
De l'amour que les Saints Anges portent aux hommes
I. POINT. Adorez l'amour immense et tout-à-fait excessif de Dieu pour les hommes ; amour qui l'a porté jusqu'à se rendre semblable à eux. La bonté de Dieu notre Sauveur et sa tendresse, dit Saint Paul, a paru en nous sauvant par sa miséricorde. Apparuit bonitas et humanitas Salvatoris nostri Dei. (Tit. 3, 4) Remarquez ce terme, humanitas. Le mot qui est employé dans le grec, veut dire : Amour de l'homme, Philantropia. S'il y avait quelque créature à qui Dieu a dû vouloir plus de bien, c'est sans contredit à l'Ange ; mais il s'en faut bien qu'il ait été si favorisé. Il n'a jamais épousé la nature angélique ; mais il a voulu descendre de la race d'Abraham, Nusquam Angelos apprehendit, sed semen Abraha (Tim. 3, 16). Grand Mystère ! s'écrie encore saint Paul ; Mystère d'amour qui s'est manifesté dans la chair. Le Fils de Dieu ne s'est point fait Ange pour sauver l'Ange rebelle, il s'est fait homme pour sauver l'homme pécheur. Ne lui demandez donc point, pourquoi il a choisi un tel moyen. Demandez-lui plutôt, pourquoi il nous a tant aimé ? Et pour vous instruire encore du motif d'un tel amour, demandez-le à son amour même. Il aime ainsi, parce qu'il a voulu ainsi aimer. Votre charité, ô mon Dieu, surpasse toute intelligence, et même celle des Anges ; Et si ceux-ci ne sont pas capables de la pénétrer et de la connaître, combien moins les hommes pourraient-ils s'en expliquer ? C'est par un mouvement d'amour que vous vous êtes donné à nous, que vous êtes descendu du Ciel en terre, que vous vous êtes incarné et devenu semblable à nous. Je ne suis plus surpris que l'amour des Anges pour l'homme soit si grand. Ils vous imitent, ô amour éternel, et tiennent à honneur d'aimer ceux que vous avez aimé le premier. Aussi c'est d'eux que le dévot saint Bernard a dit, « que l'on rencontre en eux, non seulement une grandeur qui donne de l'admiration, mais aussi une bonté et une condescendance tout-à-fait aimable (Serm. I. in. fest. S. Michaëlis). » Exilés que nous sommes dans une terre étrangère, obligés encore à gémir sur le bord des fleuves de Babylone, succombant sous le poids de nos misères et de nos faiblesses, c'est un grand sujet de consolation pour nous de trouver dans les saints Anges une amitié et une protection puissante auprès de vous, ô mon Dieu. C'est ce qui nous console dans la considération de notre bassesse ; et ce qui nous engage à vous louer aujourd'hui, à vous bénir mille et mille fois de nous avoir pourvus de protecteurs et d'amis si puissants, si fidèles, et si pleins de charité pour nous.
II. POINT. Nous devons nous convaincre que nous avons dans les saints Anges des amis et des protecteurs, 1. Fidèles. 2. Puissants. 3. Prudents. C'est la pensée du dévot saint Bernard (In Ps. Qui habitat).
I. Il est dans le monde peu de véritables amis, et dans le petit nombre de véritables qu'on y rencontre, il en est encore moins qui réunissent en leurs personnes les trois caractères qu'on trouve dans les Saints Anges. La fidélité ne renferme pas toujours la puissance, ni tel qui est puissant, n'est pas toujours assez prudent pour rendre service à propos ; il n'en est pas ainsi des Saints Anges. Il est vrai que si l'amour vient de la ressemblance et de l'union qui se trouve entre celui qui aime et l'objet aimé, il y aurait grande raison de douter que ces Esprits eussent aucune inclination pour nous qui leur sommes si dissemblables ; c'est aussi ce qui fait voir la grandeur de leur amour pour l'homme.
Ils en sont les fidèles amis. Les Écritures Saintes en font foi ; et nous en conviendrons, si nous considérons en eux les traits d'une véritable amitié.
1. Les amis sont toujours prêts à faire du bien à leurs amis : les Anges ne cessent d'obliger ceux qu'ils aiment. Un Ange éveilla le Prophète Élie, et lui donna du rafraîchissement. Un autre préserva Daniel de la fureur des lions. Un troisième retint le bras d'Abraham, lorsqu'il allait sacrifier son fils Isaac. Ils ont traité les plaies des Martyrs dans leur prison, et même ils les en ont tirés (Saint Paulin le rapporte dans son Poème de la vie de Saint Felix de Nole). Ils se sont faits les compagnons des voyageurs. Ils ont visité familièrement ceux qui leur étaient dévots. Quelquefois ils les ont avertis de ce qui les intéressait ; ils en ont corrigé d'autres de leurs fautes et les ont aidés à s'en relever. Les histoires saintes sont remplies de faits qui ne permettent pas de douter du bien qu'ils veulent et qu'ils font aux hommes.
2. Les amis félicitent ceux qu'ils aiment, de tout ce qui leur arrive de bien. Voyez la joie des Anges sur la conversion d'un pécheur ; leur empressement à donner aux pasteurs la nouvelle de la naissance du Messie. Les Anges firent les funérailles de Lazare. Les larmes des pénitents, dit Saint Bernard, font les délices des Anges. Qui l'aurait jamais cru, si le Fils de Dieu ne nous en avait assuré lui-même dans l’Évangile, que la conversion d'un pécheur remplit le Ciel d'allégresse, et causât un surcroit de joie à tous ces bienheureux Esprits. N'est-ce pas là une marque bien expresse qu'ils nous aiment ? Et s'ils ont tant d'amour pour un pécheur pénitent, quelle doit être leur charité envers les âmes justes ?
3. Les amis prennent part à leurs disgrâces mutuelles ainsi un Ange vint consoler les saintes Femmes au tombeau du Sauveur, tristes qu'elles étaient de sa perte. L'Archange Raphaël dit au Père de Tobie, affligé de son aveuglement : Soyez dans la joie, vous serez bientôt guéri (Tob. I. 12-13). Dans l'adversité, comme dans la prospérité ils ne nous abandonnent jamais.
4. Les amis ne sont point jaloux du bien de leurs amis, et les Anges pareillement sont insatiables de faire du bien aux hommes. Ils sont comme Jonathas qui était bien aise que David, tant il l'aimait, régnât après son père Saül (I. Reg. 23, 17). Vous serez Roi, et je serai après vous. Ils sont bien aises que nous soyons aussi élevés en gloire qu'eux, et ce désir fait qu'ils nous inspirent, qu'ils nous pressent d'avancer pour parvenir à leur béatitude. Que si les Anges ont quelque sorte de jalousie, c'est un trait de leur amitié. L'Ange des Israélites saintement jaloux pour le Peuple de Dieu, fit tout son possible pour empêcher son plus long séjour parmi les Perses, de peur qu'ils ne fussent pervertis et portés à l'idolâtrie (Dan. 10). L'Ange de Perse, au contraire, faisait de son côté ce qu'il pouvait, afin que le Peuple de Dieu ne sortît point du Royaume, qu'il avait en garde, pour l'amener peu à peu à la connaissance du vrai Dieu. L'Ange tutélaire des Grecs était dans la même sollicitude pour ceux de Macedoine.
Enfin, tous ces Anges qui ont apparu aux hommes en forme humaine, tant dans l'ancien que dans le Nouveau Testament ; que prétendaient-ils, que de se rendre plus familiers et plus semblables à eux pour leur marquer plus d'amitié ?
Concluons, que les saints Anges sont fidèles, non-seulement aux ordres de Dieu, et à leurs devoirs, mais aussi envers nous. Voyez-les dans les Psaumes tourner tout autour de nous pour notre bien, avec plus d'attention que le démon pour notre mal. Vouez-les courir çà et là, comme le dit Zacharie, et faire le tour de la terre, pour y mettre tout en paix et dans le devoir (Zach. I, 10).
Enfin, saint Hilaire expliquant en plusieurs endroits quelles sont les montagnes dont il est parlé dans les Psaumes, qui servent de remparts au Juste, pour le mettre à couvert de ses ennemis, et d'où le Prophète Royal attendait du secours, en disant : J'ai élevé mes yeux vers les montagnes ; il les entend du ministère des Anges qui nous gardent, qui nous servent de défense, et qui sont toujours empressés à nous frayer par leurs bienfaits le chemin du Ciel.
En effet, depuis que les SS. Anges ont vu que Dieu avait aimé l'homme jusqu'au point de donner pour lui son Fils unique, jusqu'à le rendre participant de sa grâce et de son adoption, et par là même, capable de jouir un jour de sa gloire, cet excès de charité les a tellement touchés, qu'ils ont considéré les hommes comme leurs frères ; et ils ont crû que le même amour qu'ils avoient pour Dieu, les obligeait d'aimer cordialement ceux que le Père des miséricordes aime et reconnaît pour ses enfants.
Le même Prophète promet à Jésus fils de Josedech, sept yeux, ou sept Anges qui lui serviront de conseil et de protection (Zach. 3, 9).
Affections. Ô Merveille de la bonté de Dieu, et prodige d'amitié de la part des Anges bienheureux ! Qu'ils nous aiment comme leurs frères dans l'adoption du Père céleste, comme étant commis à leurs soins, rachetés du sang de leur Souverain, appelés au même héritage ; cela est digne de leur fidélité : mais qu'ils nous aiment avec passion, avec une si grande recherche de notre amitié, avec tant d'ardeur pour nos véritables intérêts, comme s'ils étaient des amants passionnés : qu'il n'y ait point de trait dans l'école du véritable amour, qu'on ne remarque en eux, excepté de mourir pour l'objet aimé, parce qu'ils ne le peuvent, c'est, ô mon Dieu, ce que je ne puis comprendre.
Ô Chrétiens, aimez les Anges, ce sont des amis fidèles par excellence, ce sont des frères tout remplis d'amour ; aimez-les en particulier, ô hommes apostoliques ; ce sont les envoyés du Ciel, qui aiment les âmes pour qui vous travaillez ; ne cessez jamais d'aimer ceux qui ne se lassent jamais de vous combler de biens.
II. Les saints Anges sont des amis puissants, Potentes sunt. Les favoris d'un Prince sont toujours puissants. Ils n'ont qu'à se présenter, et ils obtiennent tout ce qu'ils demandent. Or, qui peut douter que les saints Anges ne soient les favoris du Roi des Rois. Si on les considère en général, quelle multitude d'Intercesseurs ! Quels médiateurs plus puissants toujours disposés à nous assister ! Si nous les considérons en particulier, ce sont autant de sincères amis, qui, comme Berzellaï cet ami de David (2 Reg. 17, 27), n'ont jamais manqué de fidélité à leur Roi. Et ainsi ils ne sont jamais mieux venus, que quand ils prient, parce que dans la Cour du Roi du Ciel, l'abondance de tous les véritables biens y est telle, qu'elle ne peut jamais être épuisée.
Or, pour comprendre quelque chose de leur force, il n'est pas besoin de recourir à celle qu'ils ont de porter le monde, comme il est dit dans Job ; voyez avec quel air de grandeur et de supériorité, symbole de leur puissance, l'Écriture nous les représente. Au paradis terrestre on voit un Ange, qui, avec une épée de feu en défend l'entrée à Adam et à toute sa postérité. À la tente d'Abraham, on en voit trois qui représentant la Sainte Trinité, reçoivent les hommages de ce Patriarche. Dans l'Égypte, on en aperçoit un, qui d'un bras vengeur, fait mourir tous les premiers nés sans épargner celui du Roi. Au passage de la mer rouge, un qui divise cette prodigieuse quantité d'eau, et qui après avoir marché à la tête des Israélites, vient se remettre derrière pour abîmer les Égyptiens. Au camp de Sennacherib, on en voit un qui en une nuit frappe de mort cent quatre-vingt-cinq mille hommes, soldats de ce Prince. À la fournaise de Babylone, un qui se mettant au milieu du feu en surprend toute la chaleur pour y faire trouver aux trois enfants de la fraîcheur. Au jardin des Olives, le dirai-je, on en voit un qui fortifie JÉSUS-CHRIST agonisant. N'est-ce pas un Ange, qui à la fin des siècles, en sonnant de la trompette réveillera tous les morts pour aller paraître au Jugement ? Ne seront-ce pas les Anges qui sépareront alors les méchants du milieu des bons, et chasseront du Royaume de Dieu tous les scandales et tous ceux qui auront commis l'iniquité ? Quelle force et quel pouvoir dans les Anges ! Mais leur puissance auprès de Dieu dans la gloire dont ils jouissent, est encore plus grande. Rien ne peut l'arrêter dans l'empressement qu'ils ont de nous marquer leur bonté, que l'ordre de Dieu, ou notre propre malice ; car qu'est-ce que toute la force du démon, au prix de la leur ? Dieu, loin de se plaire à limiter leur pouvoir, est ravi de le leur voir déployer contre ses ennemis, et en faveur de ses serviteurs. Les mauvais Anges, dit saint Augustin, sont arrêtés par sa puissance ; mais pour les bons, il les emploie à tout le bien qu'il nous veut lui-même. Que veut dire, demande S. Chrysostome, que les Anges voient toujours la face du Père ? c'est, sans doute, pour marquer leur confiance à demander pour nous, et les égards de Dieu pour tout ce qu'ils demandent.
Quelque chose donc que nous demandions nous-mêmes aux saints Anges, soit la grâce d'une véritable pénitence, soit la force et le courage pour persévérer dans le bien, et résister aux tentations de l'ennemi. Ou bien, si nous voulons obtenir le don d'Oraison, le souvenir de la présence de Dieu, des grâces pour nos frères et pour toute l'Église en général, ces charitables Intercesseurs s'emploieront avec affection et efficacement pour nous, s'il est expédient pour la gloire de Dieu. L'Oraison, dit Grenade (Tr. de l'Oraison), est le lieu où les Anges se trouvent avec plus de plaisir pour nous aider à prier, pour offrir nos vœux à Dieu, et pour écarter de nous ce qui peut troubler ce religieux silence que nous avons dessein de garder devant Dieu. C'est pourquoi l'époux dit dans les Cantiques : Je vous conjure, filles de Jérusalem, par les chevreuils qui bondissent sur les montagnes, et par les cerfs qui courent dans les champs, de ne point interrompre le repos de ma bien-aimée (Cant. 3), pour nous montrer que c'est là que l'Époux impose silence, non seulement aux démons, mais à toutes les créatures ; et qu'il emploie même pour cela le ministère des saints Anges qui ont quelque rapport, comme remarque saint Bernard, avec ces animaux nommés dans le Cantique, tant à cause de la subtilité de leur vue que de la facilité et de la promptitude avec laquelle ils pénètrent les choses de Dieu.
III. Il est vrai que si les saints Anges ne nous accordent pas tout ce que nous désirons, c'est qu'ils sont aussi sages que fidèles et puissants. Prudentes sunt. Comme les pères et les mères ne donnent pas tout à leurs enfants, ni les précepteurs à leurs disciples, tout ce qu'ils voudraient : ainsi les Anges attendent le signe de notre commun Maître, dit saint Ambroise (S. Ambr. in Ps. 37. tom.2). Il y a temps et lieu pour tout, même par rapport à ce que Dieu veut qu'ils nous accordent. Il serait dangereux d'ailleurs de s'attendre à des visites angéliques. Les Ministres du Seigneur sont des Anges visibles qui nous doivent tenir la place, non-seulement des Anges, mais de JÉSUS-CHRIST même.
Affections. Ô bienheureux Esprits, on vous représente avec des ailes, pour exprimer votre agilité ; mais la charité vous en donne de plus fortes pour aider les misérables. Vous volez du Ciel en terre, et de la terre au Ciel, pour nous donner des marques d'une amitié sans borne. Si nous sommes en prison, vous y demeurez avec nous. Si nous sommes chargés de fers, ou vous les brisez, ou vous les portez avec nous ; vous êtes tout œil pour nous regarder, tout cœur pour nous aimer, tout main pour nous défendre, tout pied pour nous chercher. Vous méritez de porter la qualité d'amis fidèles, puissants et prudents. Faites-nous ressentir les effets de votre tendresse, tandis que nous nous appliquerons à nous en rendre dignes.
III. POINT. Résolutions. À l'exemple des saints Anges, soyons amis fidèles, à l'égard de Dieu et à l'égard de nos frères, surtout quand nous aurons reconnu qu'ils sont eux-mêmes fidèles à Dieu. Craignons donc d'offenser Dieu, et de scandaliser en rien notre prochain.
2. Aimons notre prochain d'une amitié sincère, sans intérêt, sans flatterie. La charité haït le mal dans ceux mêmes qu'elle aime. Loin de les justifier, elle ne s'attache qu'à ce qu'il y a de bien en eux, et elle l'aime partout où il se trouve. La charité traite en frères les plus inconnus, comme enfants du même Père céleste, et membres du même corps. elle est aussi respectueuse et exempte des légèretés et des familiarités basses et mondaines, parce qu'elle est Sainte.
3. Persuadés du pouvoir des Anges, recommandons-leur les affaires les plus difficiles et les plus épineuses. Nous verrons bientôt ce qu'ils peuvent auprès de Dieu.
4. Dans la recherche des moyens pour réussir dans les choses qui regardent Dieu et le salut du prochain, usons toujours de prudence ; mais confions-nous toujours plus dans les moyens surnaturels, que dans ceux que suggère la fausse prudence du siècle. La prudence de la chair est mort. La sagesse de la chair est ennemie de Dieu (Rom. 8. 6 et 7).
5. Ayez dévotion aux Anges Gardiens de vos amis et même à ceux de vos ennemis, ils vous rendront en bien des rencontres de très-grandes assistances. Demandez-leur qu'ils vous dirigent dans le choix que vous avez à faire de ceux que vous devez fréquenter. Les démons travaillent à lier de mauvaises amitiés, et les bons Anges à les rompre.
(La dévotion aux Saints Anges, particulièrement aux Anges Gardiens, réduite en méditations)
Reportez-vous à Michael ? sens de ce mot, titre de gloire pour celui qui l'a prononcé, Les Anges dans l'épreuve, Le combat de Saint Michel contre Satan continue sur terre, Quelles sont les plus célèbres apparitions des Anges dans l'Ancien Testament ?, L'Ange à la garde duquel nous sommes confiés, Quels sont les plus excellents parmi les chœurs des Anges ?, Les saints Anges sont-ils bien nombreux ?, Sous quels traits les saintes Écritures nous représentent-elles les saints Anges ?, Prière à saint Michel Archange, Du culte et de la vénération qui est due à l'Archange Saint Michel, Méditation pour la Fête de Saint Michel et de tous les saints Anges, Neuvaine à Saint Michel, Du combat des bons Anges contre les mauvais, Méditation pour la Fête des Saints Anges Gardiens, Pieuses invocations à l'Ange Gardien, Litanie de Saint Michel Archange, Puissance de Saint Michel au jugement dernier, Secours de Saint Michel à l'heure de la mort, Chapelet à Saint Michel Archange, Litanie de Saint Gabriel Archange, Prière à Saint Gabriel Archange, Avoir
une grande dévotion à saint Michel, à saint Gabriel, à saint Raphaël,
et aux autres quatre Anges qui sont auprès du trône de Dieu, Prière à Saint Raphaël Archange, Litanie de Saint Raphaël Archange, Neuvaine à l'Archange Raphaël, Méditation pour la Fête de Saint Raphaël Archange, Lecture
du livre de Tobie (12, 7-15) : S'il est bon de tenir cachés les secrets
des rois, c'est un honneur que de faire connaître et proclamer les
œuvres de Dieu, Méditation pour le 3 Septembre, Saint Raphaël conduisant le jeune Tobie, Manière dont les Anges Gardiens s'acquittent de leurs fonctions envers les hommes, Les Saints Anges, fidèles Gardiens des Temples, Les saints Anges Gardiens montrent le chemin du salut, Apprenez de votre bon Ange la science du salut, De la Dévotion aux saints Anges et de l'esprit d'une Association en leur honneur, C'est en tout temps qu'on a invoqué dans l'Église les Anges et les Martyrs, De l'Excellence de la nature Angélique, La grâce des hommes, quoique inférieure à celle des Anges, a des avantages qui la relèvent infiniment, De la principale occupation des Anges, qui est de louer Dieu, et de leur Nombre, Saint Raphaël, Modèle de l'Ange gardien préposé à la garde de chaque homme, Confiance de Saint Jean-François Régis en la protection de son Ange gardien, Du grand Amour du Père Surin pour les Saints Anges, dans l'union avec notre Seigneur Jésus-Christ, VIE CHRÉTIENNE : Dévotion envers les saints Anges, saint Joseph et les autres Saints ; Voyage de piété, Sermon
du Saint Curé d'Ars pour la Fête des Saints Anges Gardiens : Les anges
de ces petits enfants voient sans cesse la face de mon Père céleste, Méditation pour le 2 septembre, Sur les Saints Anges Gardiens, Des exercices de piété, par le R.-P. Jean-Joseph Surin : Quels exercices de piété prescrivez-vous à l'honneur des Anges ?, Méditation pour le 1er septembre, Les Saints Anges Gardiens, Consécration à tous les Saints Anges, Prières à tous les Saints Anges, Oraison aux neuf Chœurs des saints Anges, Travailler à la conversion des âmes et à leur soulagement dans les flammes du Purgatoire, en l'honneur des saints Anges, Pratiquer quelque vertu, ou s'abstenir de quelque vice en l'honneur des Saints Anges, Avoir une grande confiance en la protection des saints Anges, et recourir à eux en tous ses besoins corporels et spirituels, Autres pratiques pour honorer plus spécialement les saints Anges, et célébrer les fêtes avec tous les respects possibles, Faire des neuvaines en l'honneur des neuf Chœurs des Anges, Chapelet du Saint Ange gardien, Converser intérieurement avec les saints Anges, Jésus crucifié est le Livre des Élus, La réalité des apparitions angéliques, Avoir une dévotion singulière aux Anges, Archanges et Principautés, Honorer principalement les Puissances, les Vertus et les Dominations, Avoir de profonds respects, et des amours extraordinaires pour les Trônes, les Chérubins et les Séraphins, La protection des saints Anges contre les démons, particulièrement au sujet de leurs différentes tentations, Litanies de l'Ange Gardien, Et Michel et ses anges combattaient contre le Dragon, La puissance des démons réglée par la sagesse divine, Discernement des esprits : ce qu'on entend par esprits, combien on en compte et comment ils se forment, Tous les hommes sont assistés des Saints Anges, Les Saints Anges nous assistent dans les choses temporelles, Les perfections admirables de ces sublimes intelligences, Les Saints Anges font tout ce qui peut se faire pour le bien des hommes, Litanie aux Saints Anges Gardiens, Discernement des esprits, et Les Anges, princes et gouverneurs de la grande cité du bien.
mercredi 21 avril 2021
ABRÉGÉ DU CATÉCHISME DE PERSÉVÉRANCE, PREMIÈRE PARTIE, Leçon XXXVIII : Le Messie prédit, Prophéties de David
ABRÉGÉ DU CATÉCHISME DE PERSÉVÉRANCE
PREMIÈRE PARTIE
Contenant l'histoire et l'explication de la religion
XXXVIIIe LEÇON
LE MESSIE PRÉDIT
PROPHÉTIES DE DAVID
| Les lamentations de Jérémie |
Q. Qu'est-ce qu'un Prophète ?
R. Un Prophète est un homme inspiré qui annonce des choses que Dieu seul peut connaître.
Q. Peut-il y avoir des Prophètes ?
R. Il peut y avoir des Prophètes, puisque Dieu connaît tout, et qu'il peut révéler à qui il lui plaît la connaissance de l'avenir, comme il peut donner à qui il lui plaît le pouvoir de faire des miracles.
Q. Comment divise-t-on les Prophètes ?
R. On divise les Prophètes en grands et en petits Prophètes.
Q. Qu'est-ce que les grands Prophètes ?
R. Les grands Prophètes sont ceux qui ont plus écrit que les autres, ou dont nous avons un plus grand nombre d'écrits. On en compte quatre : Isaïe, Jérémie. Ézéchiel, Daniel, auxquels on peut ajouter David.
Q. Qu'est-ce que les petits Prophètes ?
R. Les petits Prophètes sont ceux qui ont moins écrit que les grands Prophètes, ou dont nous avons un moins grand nombre d'écrits : on en compte douze.
Q. Nommez les douze petits Prophètes ?
R. Les douze petits Prophètes sont : Osée, Joël, Àmos, Àbdias, Michée, Jonas, Nahum, Habacuc, Sophonie, Aggée, Zacharie et Malachie.
Q. Les prophéties sont-elles une preuve certaine de la Religion en faveur de laquelle elles sont faites ?
R. Les prophéties sont une preuve certaine de la Religion en faveur de laquelle elles sont faites, puisque Dieu seul peut inspirer les Prophètes, et, qu'étant la vérité même, il ne peut inspirer des Prophètes pour autoriser le mensonge.
Q. Les prophéties qui annoncent le Messie sont-elles bien certaines ?
R. Les prophéties qui annoncent le Messie, et qui se sont accomplies en Notre-Seigneur Jésus-Christ, sont bien certaines, puisqu'elles ont précédé sa venue et qu'elles ont été conservées par les Juifs, ennemis mortels des Chrétiens.
Q. Que remarquez-vous sur les prophéties ?
R. Je remarque sur les prophéties qu'elles annoncent ordinairement deux événements : l'un qui doit s'accomplir bientôt, et l'autre qui s'accomplira plus tard.
Q. Pourquoi les Prophètes annoncent-ils ainsi deux événements ?
R. Les Prophètes annoncent deux événements, afin que, le premier étant accompli, on ne puisse douter de l'accomplissement du second.
Q. Les grands et les petits Prophètes ont-ils annoncé le Messie ?
R. Les grands et les petits Prophètes ont annoncé le Messie, quelques-uns si clairement, qu'on les prendrait plutôt pour des historiens que pour des Prophètes.
Q. Combien comptez-vous de principaux Prophètes du Messie ?
R. Nous comptons onze principaux Prophètes du Messie.
Q. Quel est le premier ?
R. Le premier c'est David, dont les prophéties sont contenues dans les cantiques appelés Psaumes et datent de mille ans avant Notre-Seigneur.
Q. Que David annonce-t-il du Messie ?
R. David annonce que le Messie sera méconnu des Juifs ; qu'il sera trahi par un des siens ; qu'on lui crachera au visage ; qu'on se moquera de lui dans sa douleur ; qu'on lui percera les pieds et les mains ; qu'on tirera sa robe au sort ; qu'on lui donnera du vinaigre à boire ; qu'il ressuscitera sans voir la corruption du tombeau et qu'il convertira les nations : tout cela s'est accompli en Notre-Seigneur, et en lui seul : Notre-Seigneur est donc le Messie prédit par David.
Je prends la résolution d'aimer Dieu par-dessus toute chose, et mon prochain comme moi-même pour l'amour de Dieu ; et, en témoignage de cet amour, je lirai l'Évangile avec le plus profond respect.
Reportez-vous à Leçon I : Enseignement vocal de la Religion, Catéchisme, Leçon II : Enseignement écrit, Écriture et Tradition, Leçon III : Connaissance de Dieu considéré en Lui-même, Leçon IV : Connaissance de Dieu par ses ouvrages, 1er Jour de la Création, Leçon V : Connaissance de Dieu par ses ouvrages, 2e Jour de la Création, Leçon VI : Connaissance de Dieu par ses ouvrages, 3e Jour de la Création, Leçon VII : Connaissance de Dieu par ses ouvrages, Fin du 3e et commencement du 4e Jour de la Création, Leçon VIII : Connaissance de Dieu par ses ouvrages, suite du 4e Jour de la Création, Leçon IX : Connaissance de Dieu par ses ouvrages, 5e Jour de la Création, Leçon X : Connaissance de Dieu par ses ouvrages, Fin du 5e et commencement du 6e Jour de la Création, Leçon XI : Connaissance de Dieu par ses ouvrages, Suite du 6e Jour de la Création, Leçon XII : Connaissance de l'homme considéré en lui-même, Leçon XIII : Connaissance de l'homme considéré dans ses rapports avec les créatures, Leçon XIV : Connaissance de l'homme considéré dans ses rapports avec Dieu, Leçon XV : Connaissance des Anges, Leçon XVI : Chute de l'homme, Leçon XVII : Accord de la justice et de la miséricorde divine dans la punition et dans la transmission du péché d'Adam, Leçon XVIII : Nécessité et perpétuité de la Foi au Mystère de la Rédemption, Histoire de Job, Leçon XIX : Connaissance de la Religion, Nature et définition de la Religion, Leçon XX : Connaissance de la Religion, Que la Religion est une Loi, Leçon XXI : Le Messie promis et figuré : Adam et Abel, Leçon XXII : Le Messie promis et figuré, Noé, Troisième Figure du Messie, Leçon XXIII : Deuxième promesse et quatrième figure du Messie, Melchisédech, Leçon XXIV : Isaac, cinquième Figure du Messie, Leçon XXV : Le Messie promis et figuré, Jacob, Sixième Figure du Messie, Leçon XXVI : Le Messie promis et figuré, Joseph, Septième Figure du Messie, Leçon XXVII : L'Agneau pascal, Huitième Figure du Messie, Leçon XXVIII : La Manne, Neuvième Figure du Messie, Leçon XXIX : Les sacrifices et le serpent d'airain, Dixième et onzième Figure du Messie, Leçon XXX : Moïse, Douzième Figure du Messie, Leçon XXXI : Josué, Treizième Figure du Messie, Leçon XXXII : Gédéon, quatorzième Figure du Messie, Leçon XXXIII : Samson, Quinzième Figure du Messie, Leçon XXXIV : Sixième Promesse du Messie, Leçon XXXV : David, Seizième Figure du Messie, Leçon XXXVI : Salomon, Dix-septième Figure du Messie, Leçon XXXVII : Jonas, Dix-huitième Figure du Messie, Leçon XXXIX : Le Messie prédit, Prophéties d'Isaïe.
jeudi 15 avril 2021
ABRÉGÉ DU CATÉCHISME DE PERSÉVÉRANCE, PREMIÈRE PARTIE, Leçon XXXV : David, Seizième Figure du Messie
ABRÉGÉ DU CATÉCHISME DE PERSÉVÉRANCE
PREMIÈRE PARTIE
Contenant l'histoire et l'explication de la religion
XXXVe LEÇON
LE MESSIE PROMIS ET FIGURÉ.
SEIZIÈME FIGURE DU MESSIE : DAVID
(AV. J.-C. 1022-1015)
Q. David demeura-t-il toujours fidèle au Seigneur ?
R. David ne demeura pas toujours fidèle au Seigneur, il commit deux grands péchés et persévéra environ un an dans l'inimitié de Dieu, tant sont profondes les ténèbres que le péché répand dans les âmes les plus saintes ; après quoi il reconnut sa faute et la pleura le reste de ses jours.
Q. Le Seigneur pardonna-t-il à David.
R. Le Seigneur pardonna à David ; mais il lui envoya bien des afflictions, dont la plus grande fut la révolte d'Absalon, son fils, qui obligea David à prendre la fuite et à s'éloigner, à pied et en pleurant, de la ville de Jérusalem.
Q. Comment mourut David ?
R. David, inconsolable de la mort d'Absalon, revint à Jérusalem, où il vécut encore plusieurs années, après quoi il mourut comblé de jours et de mérites.
Q. David est-il la figure du Messie ?
R. David est la seizième figure du Messie. — David naît à Bethléem. Notre-Seigneur naît à Bethléem.— David, armé seulement d'un bâton et d'une fronde, tue le géant Goliath. Notre-Seigneur, armé seulement de sa croix, terrasse le démon.
Q. Continuez la même figure.
R. David pèche, et pour expier son crime, il est obligé de sortir de Jérusalem. Notre-Seigneur est innocent ; mais, pour expier les péchés du monde, qu'il n'a pas commis, il est conduit hors de Jérusalem. — David passe en pleurant le torrent de Cédron. Notre-Seigneur, pénétré de douleur, passe le même torrent de Cédron. — David monte nu-pieds la montagne des Oliviers. Notre-Seigneur monte aussi la montagne des Oliviers.
Q. Achevez cette comparaison.
R. David est accompagné d'un petit nombre de serviteurs fidèles. Notre Seigneur est suivi de sa sainte Mère, de saint Jean et d'un petit nombre d'âmes pieuses. — David, dans son affliction, est insulté par Séméi, à qui il défend de faire du mal. Notre-Seigneur, sur la croix, est insulté par les Juifs, pour lesquels il demande grâce. — David revient triomphant, et reçoit l'hommage de ses sujets. Notre-Seigneur sort triomphant du tombeau, et reçoit les hommages du monde entier.
Je prends la résolution d'aimer Dieu par-dessus toute chose, et mort prochain comme moi-même pour l'amour de Dieu, et, en témoignage de cet amour, je ne resterai jamais oisif.
Reportez-vous à Leçon I : Enseignement vocal de la Religion, Catéchisme, Leçon II : Enseignement écrit, Écriture et Tradition, Leçon III : Connaissance de Dieu considéré en Lui-même, Leçon IV : Connaissance de Dieu par ses ouvrages, 1er Jour de la Création, Leçon V : Connaissance de Dieu par ses ouvrages, 2e Jour de la Création, Leçon VI : Connaissance de Dieu par ses ouvrages, 3e Jour de la Création, Leçon VII : Connaissance de Dieu par ses ouvrages, Fin du 3e et commencement du 4e Jour de la Création, Leçon VIII : Connaissance de Dieu par ses ouvrages, suite du 4e Jour de la Création, Leçon IX : Connaissance de Dieu par ses ouvrages, 5e Jour de la Création, Leçon X : Connaissance de Dieu par ses ouvrages, Fin du 5e et commencement du 6e Jour de la Création, Leçon XI : Connaissance de Dieu par ses ouvrages, Suite du 6e Jour de la Création, Leçon XII : Connaissance de l'homme considéré en lui-même, Leçon XIII : Connaissance de l'homme considéré dans ses rapports avec les créatures, Leçon XIV : Connaissance de l'homme considéré dans ses rapports avec Dieu, Leçon XV : Connaissance des Anges, Leçon XVI : Chute de l'homme, Leçon XVII : Accord de la justice et de la miséricorde divine dans la punition et dans la transmission du péché d'Adam, Leçon XVIII : Nécessité et perpétuité de la Foi au Mystère de la Rédemption, Histoire de Job, Leçon XIX : Connaissance de la Religion, Nature et définition de la Religion, Leçon XX : Connaissance de la Religion, Que la Religion est une Loi, Leçon XXI : Le Messie promis et figuré : Adam et Abel, Leçon XXII : Le Messie promis et figuré, Noé, Troisième Figure du Messie, Leçon XXIII : Deuxième promesse et quatrième figure du Messie, Melchisédech, Leçon XXIV : Isaac, cinquième Figure du Messie, Leçon XXV : Le Messie promis et figuré, Jacob, Sixième Figure du Messie, Leçon XXVI : Le Messie promis et figuré, Joseph, Septième Figure du Messie, Leçon XXVII : L'Agneau pascal, Huitième Figure du Messie, Leçon XXVIII : La Manne, Neuvième Figure du Messie, Leçon XXIX : Les sacrifices et le serpent d'airain, Dixième et onzième Figure du Messie, Leçon XXX : Moïse, Douzième Figure du Messie, Leçon XXXI : Josué, Treizième Figure du Messie, Leçon XXXII : Gédéon, quatorzième Figure du Messie, Leçon XXXIII : Samson, Quinzième Figure du Messie, Leçon XXXIV : Sixième Promesse du Messie, Leçon XXXVI : Salomon, Dix-septième Figure du Messie.

