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dimanche 22 octobre 2023

Invocation du Précieux Sang de Jésus contre les blocages dus à des maléfices


Saint Pierre en prison


Au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit. Ainsi soit-il.


J'invoque le Précieux Sang de Jésus sur tous les blocages de ma vie afin que je sois libéré(e) de tout mal.
Sang du Christ, sauvez-nous.

J'invoque le Précieux Sang de Jésus sur ma vie spirituelle afin que j'aie le goût des choses divines.
Sang du Christ, sauvez-nous.

J'invoque le Précieux Sang de Jésus sur ma vie intellectuelle afin de posséder toutes mes capacités.
Sang du Christ, sauvez-nous.

J'invoque le Précieux Sang de Jésus sur ma vie psychologique afin d'être délivré(e) de mes phobies, mes angoisses, mes traumatismes, et guéri(e) de toutes mes blessures intérieures.
Sang du Christ, sauvez-nous.

J'invoque le Précieux Sang de Jésus sur mon corps afin de recouvrer la santé et l'énergie nécessaires à l'accomplissement de mon devoir d'état.
Sang du Christ, sauvez-nous.

J'invoque le Précieux Sang de Jésus sur mes organes internes et externes afin que soit assuré leur bon fonctionnement et que le démon ne puissent plus les opprimer.
Sang du Christ, sauvez-nous.

J'invoque le Précieux Sang de Jésus sur mon corps, mon âme et mon esprit afin qu'ils soient libérés de l'influence de Satan et de ses suppôts.
Sang du Christ, sauvez-nous.

J'invoque le Précieux Sang de Jésus sur ma vie matérielle afin que j'aie de quoi vivre décemment.
Sang du Christ, sauvez-nous.

J'invoque le Précieux Sang de Jésus sur tous mes biens, temporels et spirituels, afin qu'ils soient protégés des jalousies, du mauvais œil, de la malice du diable, des impies et sorciers qui le servent.
Sang du Christ, sauvez-nous.

J'invoque le Précieux Sang de Jésus sur tous mes appareils électriques afin que le démon ne puisse plus les infester.
Sang du Christ, sauvez-nous.

J'invoque le Précieux Sang de Jésus sur mes ressources financières afin que je sorte de la misère et des échecs à répétition.
Sang du Christ, sauvez-nous.

J'invoque le Précieux Sang de Jésus sur ma vie de couple, afin que nous nous aimions en vérité et puissions enfin nous multiplier.
Sang du Christ, sauvez-nous.

J'invoque le Précieux Sang de Jésus sur ma vie familiale afin qu'elle soit paisible et que le démon ne puisse plus y mettre la discorde.
Sang du Christ, sauvez-nous.

J'invoque le Précieux Sang de Jésus sur ma vie professionnelle afin qu'elle porte de bons fruits.
Sang du Christ, sauvez-nous.

J'invoque le Précieux Sang de Jésus sur mes projets afin que le démon ne puisse plus les entraver, et qu'ils aboutissent.
Sang du Christ, sauvez-nous.

J'invoque le Précieux Sang de Jésus sur ma vie relationnelle afin qu'elle soit aisée et que se créent des liens de sincères amitiés et de parfaite charité.
Sang du Christ, sauvez-nous.

J'invoque le Précieux Sang de Jésus sur mon passé afin qu'il ne me bloque en rien.
Sang du Christ, sauvez-nous.

J'invoque le Précieux Sang de Jésus sur mon présent afin qu'il soit heureux.
Sang du Christ, sauvez-nous.

J'invoque le Précieux Sang de Jésus sur mon avenir afin qu'il me prépare à la vie éternelle.
Sang du Christ, sauvez-nous.


V/ Vous nous avez rachetés, Seigneur, par votre Sang,
R/ Et vous avez fait de nous le royaume de Dieu.


PRIONS

Dieu éternel et tout-puissant qui avez constitué votre fils unique Rédempteur du monde, et avez voulu être apaisé par son sang, faites, nous vous en prions, que, vénérant le prix de notre salut et étant par lui protégés sur la terre contre les maux de cette vie, nous recueillions la récompense éternelle dans le Ciel. Par le même Jésus-Christ, Notre Seigneur. Ainsi soit-il.

Dieu soit béni. Alléluia.



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samedi 21 octobre 2023

Prière contre les cages maléfiques



Libération de Saint Pierre


Au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit. Ainsi soit-il.



V. Notre secours est dans le Nom du Seigneur.
R. Qui a fait le ciel et la terre.
V. Sauvez vos serviteurs.
R. Qui espèrent en vous, ô mon Dieu.
V. Envoyez-leur votre secours, Seigneur, de votre saint lieu.
R. Et de Sion, protégez-les.
V. Soyez-leur, Seigneur, une tour de puissante protection.
R. En face de l'ennemi.
V. Que l'ennemi ne gagne rien sur eux.
R. Et que le fils d'iniquité n'arrive pas à leur nuire.
V. Seigneur, exaucez ma prière.
R. Et que mon cri parvienne jusqu'à vous..


Au Nom de Jésus-christ,
par la puissance de son Précieux Sang et de sa Sainte Croix, que soient brisées toutes les cages maléfiques qui emprisonnent ma vie matérielle, intellectuelle et spirituelle.

Au Nom de Jésus-christ, par la puissance de son Précieux Sang et de sa Sainte Croix, que soient brisées toutes les cages maléfiques qui emprisonnent ma vitalité, ma santé et ma fertilité.

Au Nom de Jésus-christ, par la puissance de son Précieux Sang et de sa Sainte Croix, que soient brisées toutes les cages maléfiques qui emprisonnent mon mariage, ma vie de couple (ou ma vie sentimentale).

Au Nom de Jésus-christ, par la puissance de son Précieux Sang et de sa Sainte Croix, que soient brisées toutes les cages maléfiques qui emprisonnent ma vie familiale.

Au Nom de Jésus-christ, par la puissance de son Précieux Sang et de sa Sainte Croix, que soient brisées toutes les cages maléfiques qui emprisonnent ma vie professionnelle.

Au Nom de Jésus-christ, par la puissance de son Précieux Sang et de sa Sainte Croix, que soient brisées toutes les cages maléfiques qui emprisonnent ma vie sociale.

Au Nom de Jésus-christ, par la puissance de son Précieux Sang et de sa Sainte Croix, que soient brisées toutes les cages maléfiques qui emprisonnent mes projets et les empêchent d'aboutir.

Au Nom de Jésus-christ, par la puissance de son Précieux Sang et de sa Sainte Croix, que soient brisées toutes les cages maléfiques qui emprisonnent les ressources financières de mon foyer.

Au Nom de Jésus-christ, par la puissance de son Précieux Sang et de sa Sainte Croix, que soient brisées toutes les cages maléfiques qui m'empêchent de recevoir les bénédictions divines.


Venez, Esprit-Saint,
Remplissez le cœur de vos fidèles,
Et allumez en eux le feu de votre amour.
Envoyez votre Esprit-Saint, Seigneur,
Et délivrez-nous du Mal.
Ainsi soit-il.

Dieu soit béni. Alléluia.



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samedi 15 mai 2021

Saint François de Sales, sur la marque de la Bête


Source de l'image ici 

« Et voici la dixième raison pour laquelle les chrétiens reçoivent et font volontiers le signe de la croix au front. L'Antéchrist, cet homme de péché, cette bête farouche, voulant renverser pièce à pièce la discipline et religion chrétienne, par l'opposition d'observations contraires à celles des fidèles, entre autres il fera signer ses serviteurs d'un signe, et fera imprimer un caractère en eux ; l'Apocalypse le dit ainsi.
Mais à savoir si ce signe sera visible ou perceptible ? les novateurs disent que non, et qu'être signé de la marque de la bête n'est autre chose, sinon être serviteur de l'Antéchrist, recevant et approuvant ses abominations. Ils le disent, et ne le prouvent point : or je dis au contraire que cette marque sera apparente et visible ; mais voici mes raisons à mon avis inévitables.
Les mots de l'Apocalypse signifient proprement une marque réelle et extérieure, et n'y a point d'inconvénient à les entendre comme cela : pourquoi leur baillerai-je un sens étranger, puisque leur naturel est sortable ?
L'Antéchrist sera extrêmement superbe, à quoi se rapporte très bien, qu'il fasse porter une marque aux siens, comme les grands baillent leurs livrées à leurs gens.
Le diable qui n'est qu'un esprit, ne se contente pas de recevoir l'hommage des sorciers, mais leur imprime une marque corporelle, comme font foi mille informations et procédures faites contre eux. Qui doute donc que cet homme de péché, si exact disciple du diable, n'en fasse de même, et qu'il ne veuille avoir, comme anciennement plusieurs faisaient, des serviteurs marqués et stigmatisés. » (L'étendard de la Sainte Croix)


Reportez-vous à Comment Saint François de Sales sanctifiait ses vocations, Prière filiale de Saint François de Sales, Abrégé de la vie de Saint François de Sales, Les saints et le combat spirituel : Saint François de Sales, Évêque de Genève, Docteur de l’Église et exorciste et Exorcisme de Saint François de Sales, pour les époux dont la fécondité du mariage est entravée par le démon ou des maléfices.













dimanche 10 janvier 2021

Éclaircissement touchant la possession des Religieuses Ursulines, et de quelques autres personnes de la Ville de Loudun



Après avoir montré que le Père Surin était (comme dit l'Apôtre) tout à tous les hommes et dans toutes les occasions où il y allait du service du prochain sans s'épargner : Il faut maintenant parler, de la force et de la générosité invincible de ce fidèle serviteur de Dieu et de son immaculées Mère dans les combats qu'il a eus avec les Démons et les supports de l'Enfer ; et parce que cette grande et longue guerre est arrivée au sujet de la possession que les Démons avaient prise des Religieuses Ursulines, et de quelques autres personnes de la Ville de Loudun, dont nous avons déjà parlé en plusieurs endroits, et dont nous parlerons plus amplement avec le secours divin dans le reste de ce petit ouvrage. Nous avons cru qu'il y allait de la gloire de notre Maître de donner quelque éclaircissement sur ce sujet, laissant à ceux à qui Dieu tout bon inspirera d'en donner l'histoire au public, d'en traiter plus au long et de donner une plus grande lumière sur une matière de cette importance.
Premièrement ce serait une chose superflue que de s'arrêter à la preuve qu'il y a des possédés, puisque l'Évangile nous le dit clairement, et que l'une des promesses que le Fils de Dieu a faite à ses Apôtres, et en leurs personnes à son Église, est de pouvoir chasser les Diables des corps qu'ils possèdent, de là vient qu'il y a un ordre d'Exorcistes établis pour cette fonction, et qui est un de ceux que l'on donne encore aujourd'hui à tous ceux qui entrent dans le sacerdoce. Les Pères, et entr'eux les plus anciens ont parlé des exorcistes, et des exorcismes, comme Saint Ignace, le Martyr Évêque d'Antioche, S. Justin Martyr, Tertulien, S. Jérôme, S. Cyprien ; S. Augustin, S. Athanase, et S. Chrysostome. On trouve dans l'histoire que l'on usait d'exorcismes du temps de saint Martin, et le savant Tottiel remarque que souvent les Diables sont chassés par ce moyen.
Ce que nous avons donc à montrer ici en peu de paroles en laissant à ceux qui écriront l'histoire, à en traiter plus au long et plus expressément, est que les possédés de Loudun, l'ont été véritablement, et premièrement c'est un grand préjugé de la possession de Loudun, que le sentiment de tant de personnes qualifiées qui l'ont estimé de la sorte, comme l'on fait les Cardinaux, les Évêques, les Généraux, les Provinciaux de l'Ordre, et les Docteurs, les Princes, les Magistrats, les Médecins, et mêmes les Hérétiques qui apparemment ne sont pas gens à croire de léger sur ces matières. L'Éminentissime Cardinal de Richelieu l'un des plus grands esprits de notre siècle, et qui était très-savant à tellement cru la possession de Loudun, que les exorcistes y ont été envoyés par son ordre, qu'ils y ont été défrayés par ses soins aux dépens du Roi, et qu'il a soutenu toute cette affaire par son autorité. Il y a peu d'apparence qu'un si grand Génie se soit laissé persuader sans des preuves convaincantes. Messeigneurs les Prélats qui gouvernaient pour lors les Églises de Toulouse et de Nîmes s'y tendirent en personnes, pour porter un jugement plus certain de cette affaire, et ils en demeurèrent parfaitement convaincus. Un Provincial de la Compagnie de J2sus avec plusieurs personnes savantes, et expérimentées, tant de son Ordre que des autres Ordres réguliers en firent le même jugement ; le Général même de la Compagnie de Jésus sur les preuves qui lui en furent données entra dans les mêmes sentiments ; feu Monseigneur le duc d'Orléans ayant assisté à quelques exorcismes, ne douta point de leur possession. Le Milord Montaigu, qui depuis a été assez connu en France sous la qualité d'Abbé, d'homme d'esprit et de capacité n'ayant encore fait profession ouverte de la foi Catholique, et ayant avec lui des hérétiques Anglais étant passé par Loudun fut témoin avec sa compagnie de la sortie de l'un des Démons du corps de la Mère des Anges par les signes visibles qu'il en a laissé, et ils en furent tellement convaincus que le Milord, et les gentils-hommes qu'il avait avec lui en laissèrent leur témoignage au greffe ; davantage le Milord Montaigu crût la chose si importante pour la gloire de Dieu qu'il en voulut entretenir le Souverain Pontife Urbain VIII lorsqu'il fit profession de la foi Catholique entre ses mains. Grand nombre d'autres personnes d'une doctrine et d'une piété éminente ayant jugé cette possession réelle et très-véritable, cela assurément en doit être un grand préjugé.
Mais les règles que les ordres de l'Église prescrivent pour avoir des preuves infaillibles d'une véritable possession, se sont trouvés dans celle de Loudun, et entre autres ces actions qu'on a vu faire à ses Religieuses, au-dessus des forces de la nature, l'intelligence qu'elles avaient des langues inconnues, la science qui paraissait si grande en des personnes d'elles-mêmes ignorantes, la révélation ou la connaissance qu'elles avaient des choses cachées où qui se passaient dans les lieux éloignés en sont des preuves bien convaincantes. On leur a vu souvent faire des mouvements qui étant au-dessus des forces naturelles de l'homme au jugement même des Médecins ; il faut conclure que cela venait d'un principe étranger qui est le Démon. Dans le commencement elles ont parlé de la langue latine qu'elles n'entendaient pas, et elles ont toujours répondu aux demandes qu'on leur a faites en cette langue quoique l'on se servît exprès de termes les plus difficiles à entendre, comme il est arrivé en la présence de plusieurs Prélats. Elles ont révélé ce qui était arrivé dans des Provinces et des Pays éloignés ; elles ont manifesté bien des fois les pensées de quelques personnes quand elles le désiraient intérieurement ; et (ce qui est étonnant) quelquefois même contre leur volonté ; le Père Surin atteste qu'il a eu une grande expérience de la connaissance que les Démons avaient des pensées même les plus cachées, dont l'on prenait garde de ne pas donner le moindre signe au-dehors ; ce qui favorise l'opinion de quelques Théologiens qui estiment que si les démons connaissent bien la substance de l'âme, comme on le croit, ils n'en ignorent pas les pensées bien qu'ils ne voient pas ce qui se passe dans la volonté touchant le libre usage qu'elle en fait, mais il faut toujours avouer, soit que la manifestation des pensées viennent de la connaissance naturelle qu'en ont les Démons, soit qu'elle vienne par permission divine, qu'elle n'est pas naturelle à l'homme non plus que la science des questions les plus difficiles de la Théologie à de simples filles sans aucune étude comme on la remarqué très-souvent dans les Religieuses de Loudun.
Ces preuves infaillibles ont été données en présence des Évêques, des supérieurs d'Ordres, des Docteurs, et de personnes de haute qualité, des Magistrats, des M2decins. Il est vrai que Dieu qui résiste aux superbes n'a pas voulu permettre quelquefois qu'elles aient été données en présence de certains esprits fiers et hautains que la seule curiosité y conduisait ; mais il suffit qu'elles aient été reconnues par des personnes éminentes par leurs qualités, et par leur doctrine et leur piété. Les Diables étaient obligés de déclarer aux exorcistes qu'ils faisaient tout ce qu'ils pouvaient pour se cacher, pour ne pas faire connaître les choses extraordinaires que la possession découvre, et que Dieu leur permettait de se tenir cachés à l'égard des esprits suffisants et curieux, il est vrai que la possession découvre manifestement de grandes vérités, car s'il y a des Démons uil y a un Dieu qui les a créés et qui les punit, et cela marque aux Athées et aux libertins, que Dieu châtie les crimes, et qu'il y a un Enfer et une autre vie, où Dieu punit les méchantes actions. La possession fait voir le pouvoir de l'Église et de ses Ministres, la présence réelle du corps du fils de Dieu en la divine Eucharistie, l'honneur dû aux reliques, et le pouvoir de l'intercession des Saints contre les hérétiques. C'est pourquoi il ne faut pas s'étonner si les Démons se servent des impies, des libertins et des personnes vicieuses, pour ôter la créance qu'il y ait des corps possédés, à cause de la grande gloire qui en arrive à Dieu et des grands biens que les âmes en tirent. Les Pères de l'Église ont jugé que la possession était une preuve bien forte et solide ; puisqu'ils s'en sont servis contre les hérétiques, et que S. Jérôme l'un des plus savants objectait aux hérétiques de son temps qui n'honoraient pas les reliques des Saints comme le font encore présentement ceux de nôtre siècle, la crainte que les Démons faisaient paraître dans les corps des possédés ; si on répond que l'on ne doit pas croire aux Démons qui sont des esprits de mensonge, il faut dire qu'ils sont menteurs quand ils sont contraints par le pouvoir que Jésus-Christ a laissé à son Église de manifester souvent de grandes vérités comme l'expérience le fait voir et comme nous n'en pouvons douter lorsque les vérités sont de celles que la foi nous révèle.
Or il faut bien considérer que Dieu tout bon et miséricordieux, ne permet ces grands maux que pour de très grands biens comme l'on peut voir dans cette possession de Loudun, de laquelle dieu a tiré une très-grande gloire par la conversion et sanctification de plusieurs âmes à l'honneur des mystères de la Religion et des saints dont la vénération s'est augmentée à la confusion des Démons qui ont eux-mêmes contribué à détruire la magie et les superstitions qui voulaient s'établir ; les pécheurs se sont convertis à la vue des choses extraordinaires qui se passaient en leur présence ; les hérétiques en ont été touchés, obligés même de reconnaître le pouvoir de l'Église ; et ce qui est davantage, les Athées non seulement ont été forcés de reconnaître un Dieu, mais s'y sont sanctifiés, comme il paraît en la personne de Monsieur de Kerioles Conseiller du Parlement de Bretagne : C'était un homme qui ne croyait point de Dieu, sans religion et sans foi, abîmé dans toutes sortes de désordres, dans des emportements si excessifs, que lorsqu'il tonnait il tirait conter le ciel à coups de pistolet pour le braver ; si désespéré, que la foudre étant tombée dans sa chambre et qu'il avait remplie de feux et de flammes, il se moquait encore pendant que ses gens criaient miséricorde ; sa grande application était à chercher les moyens de faire du mal ; et où il paraissait le plus grand, c'est où il se portait davantage ; il avait même pris résolution de se faire Turc pour avoir lieu de combattre contre les Chrétiens. A peine a-t-on vu une personne plus désespérée et plus criminelle. Comme ses intentions n'allaient qu'au crime il était venu à Loudun pour une méchante fin ; et à son arrivée il ne manqua pas de se railler de la bonne manière des possédés (comme c'est l'ordinaire des libertins) et d'accuser ces filles de folie ; Cependant, ô mon Dieu ! vous qui savez conduire les choses à vos fins par les moyens qui semblent les plus opposés, et qui voulez triompher de vos ennemis par vos ennemis mêmes vous voulûtes que ce libertin, cet esclave du Diable vît leurs opérations funestes pour le tirer de leur esclavage ; il alla donc voir les possédées pour se divertir et pour en faire le sujet de ses railleries. Mais les Démons lui ayant révélé des choses très secrètes et que personne ne savait, il fut d'abord étonné, et cela l'obligea de retourner encore aux exorcismes où il fut tellement touché, que depuis ce temps il a mené une vie très sainte, et a fait une pénitence si exemplaire, que l'on a donné l'histoire de sa vie au public. Comme nous ne pouvons rien omettre qui regarde la gloire de l'immaculée Mère de Dieu, nous rapporterons ici que les Démons avouèrent que c'était cette Mère de miséricorde qui avait intercédé puissamment auprès de son fils pour en obtenir une conversion si extraordinaire et à leur grande confusion, puisque ce fut par eux-mêmes qu'un si grand pécheur fut délivré de leurs mains ; et c'est une chose bien remarquable que ce libertin sans savoir ce qu'il faisait, puisqu'il ne croyait pas de Dieu avait une inclination de respect et d'honneur pour la très sacrée Vierge sa digne mère ; la divine Providence qui se voulait servir de cette grande Reine, en disposant de la sorte pour tirer le misérable de l'abîme où il était plongé.
Mais quelle gloire Dieu n'a-t-il pas tiré de cette possession, faisant voir l'honneur qui est dû à ses mystères par les adorations et les respects extrêmes que les Diables étaient obligés de rendre au très-saint Sacrements de l'Autel. Quelle gloire n'en a-t-il pas tirée dans les honneurs qu'ils ont été contraints de rendre à sa très pure Mère, à ses Anges, et à ses saints, et spécialement à S. Joseph. L'on peut même dire que Dieu a permis spécialement cette possession, afin qu'elle contribuât d'une manière extraordinaire à la gloire de cet incomparable Saint. Nous avons rapporté son apparition glorieuse à la Mère Jeanne des Anges. Nous avons dit comme elle a été guérie miraculeusement plusieurs fois par ses intercessions, et comme Dieu s'était servi du linge teint de l'onction sacrée que ce grand Saint avait appliquée à cette bonne Mère, et même des morceaux de papier qui avaient touché ce linge pour faire quantité de miracles dans un grand nombre de Villes et de Provinces différentes, et d'une manière si éclatante et si glorieuse pour cet aimable époux de la très pure Vierge, et père putatif de Jésus, que l'on ne trouvera pas dans l'histoire rien de pareil en fait de miracles pour l'honneur d'un saint si admirable ; ce qui doit bien persuader que la volonté de Dieu est que sa dévotion s'établisse plus que jamais, et que l'on en doit espérer toutes sortes de secours dans ses besoins. Mais quelle édification n'a point donnée aux personnes de toutes sortes d'âge et de qualité, l'impression merveilleuse des noms sacrés sur la main de la Mère Jeanne des Anges, que les Démons ont été obligés d'y faire à leur sortie. L'on a vu durant plus de vingt ans les quatre noms de Jésus, Marie, Joseph, François de Sales, imprimés sur la main de cette Religieuse, qui s'effaçant peu à peu se renouvelaient tous les quinze jours ; et aux grandes Fêtes avec des effets qui donnaient beaucoup d'admiration et de consolation, il en sortait même une odeur suave qui laissait de grands sentiments de piété. Le feu Roi Louis XIII, (d'heureuse mémoire) la voulut voir lorsque la Mère passa par Paris, et en par la ensuite bien touché de la vue d'un état si étonnant, la feue Reine Mère, l'Éminentissime Cardinal de Richelieu, quantité de personnes illustres firent la même chose avec admiration de la puissance de Dieu.
Enfin la magie se trouva bien renversée dans ses desseins, puisqu'elle fut détruite par les moyens dont elle s'était servie pour s'établir. Je ne puis m'empêcher ici de remarquer avec étonnement l'aveuglement de plusieurs personnes qui d'autre part sont considérables et ont de l'esprit, qui avancent inconsidérément qu'il n'y a point de magie ni de magiciens, et que les effets qu'on leur attribue ne viennent que des personnes à la vérité méchantes et qui sont punissables. Mais sans rapport ni liaison avec les Démons, je qualifie leurs sentiments d'aveuglement ; car c'est avoir bien peu de lumière que de soutenir des maximes contraires à l'expérience de tous les siècles et aux sentiments de toutes les nations infidèles aussi bien que fidèles. Il ne faut pas être beaucoup savant dans l'histoire pour savoir cette vérité, et n'ignorer pas que toute l'antiquité a reconnu des magiciens, que les Païens en étaient si persuadés qu'ils attribuaient la vertu des miracles que Dieu opérait par les saints Martyrs à un effet de la Magie. Car enfin voyant très bien les prodiges et les miracles que Dieu faisait pour la confirmation de notre sainte Religion, pour se défendre de l'impression qu'ils en devaient recevoir ils avaient recours aux effets de la magie qu'ils attribuaient à ces glorieux témoins de Jésus-Christ.
Saint Clément, Saint Irénee, Saint Épiphane, Saint Jérôme, Saint Cyprien, Saint Augustin, Saint Thomas, Saint Albert le Grand, le Célèbre Jean Gerson, Chancelier de l'Université de Paris, reconnaissent qu'il y a des Magiciens qui ont fait pacte avec les Démons, ceux qui voudront lire les Livres de ces Pères où ils en parlent, les trouveront cotés dans le savant traité des Recherches de la Magie, par Detrio Religieux de la Compagnie de Jésus personnage d'une grande érudition. L'Église reconnait les Magiciens puisque tous les Évêques où la plupart les font dénoncer publiquement pour excommuniés les Souverains Pontifes exhortent les Inquisiteurs de la foi d'agir contre eux, comme l'on peut voir dans les bulles d'Innocent VI, aux Inquisiteurs d'Allemagne, dans celles de Julle III à l'Inquisiteur de Créance, d'Adrian VI, Inquisiteur de Lombardie, et dans les bulles de plusieurs autres Souverains Pontifes.
Mais ce qui est de la dernière force, est que l'Écriture tant de l'ancien que du Nouveau Testament reconnait la Magie et les magiciens, l'on ne peut rien voir de plus exprès sur cette matière que ce qu'on lit dans l'Exode ; et les effets de la magie qui y sont rapportés surpassent visiblement toutes les forces et l'industrie humaine, et font voir à même temps celles des Démons. Je demande à ces esprits suffisants s'ils trouvent rien dans ce qui les surprend en ce sujet et qui leur paraisse incroyable, qui égale l'étonnement que leur doit causer les opérations des Magiciens de Baraon qu'ils doivent croire indubitablement s'ils sont Chrétiens ; peut-on voir rien de plus prodigieux que toutes les rivières, les lacs et le reste des eaux d'un Pays changées en sang, et toutes les autres choses qui sont rapportées dans le Livre de l'Exode. Nous lisons au Chapitre treizième des Actes des Apôtres que Saint Paul punit d'aveuglement au Magicien qui résistait à la doctrine de la Foi qu'il prêchait ; nous voyons au Chapitre huitième des mêmes Actes qu'il y avait dans la Ville de Samarie un homme nommé Simon, qui y avait auparavant exercé la Magie et avait séduit le peuple de Samarie, se faisant passer pour un grand personnage et jusque-là que tous les Ordres de la Ville l'appelaient la grande vertu de Dieu, leur ayant fait perdre l'esprit par ses enchantements.
L'Écriture apprend ensuite que ce Simon s'étant converti, voulut donner de l'argent pour avoir la grâce de donner le Saint-Esprit : ce qui a donné lieu à ceux qui l'imitent d'être appelés simoniaques et l'on appelle simonie le péché qu'ils commettent ; c'est une peste maligne qui ayant infecté plusieurs des siècles qui nous ont précédés est venue jusqu’au nôtre, et qui est d'autant plus maligne et dangereuse qu'elle se cache davantage. C'est une chose déplorable que l'homme cherche des excuses dans ses péchés comme s'il les pouvait déguiser aux yeux de Dieu, comme il les cèle aux yeux des hommes. On resigne, on change un Bénéfice, mais il faut que l'on achète les meubles ou le revenu de l'année ; et combien y en a-t-il qui en paieraient ce qu'ils en donnent si ce n'était en vue du Bénéfice. J'apporte cet exemple de mille que l'on pourrait alléguer où l'esprit de l'homme tâche de trouver des prétextes pour se sauver des peines que l'Église ordonne à ces gens-là qui se réduisent presque dans un état d'endurcissement de cœur, parce qu'il faudrait une grâce très-extraordinaire pour y satisfaire et une fidélité toute particulière pour y coopérer dont ces personnes sont bien éloignées. Que ces gens se souviennent qu'ils ont pour Père, pour Fondateur, pour Patron et exemplaire Simon le Magicien, et qu'ils se convertissent de bonne heure s'ils ne veulent tomber dans les châtiments qui leur sont préparés.
Après cela, s'il est vrai que de croire trop facilement es tune marque de la légèreté ; il est aussi certain que de ne pas croire du tout, et ne pas entrer dans des sentiments reçus généralement c'est, dit Saint Augustin, une folie insupportable, mais ne pas croire ce que l'écriture nous enseigne c'est tomber manifestement dans l'hérésie ; aussi ceux qui ont soutenu opiniâtrement qu'il n'y avait point de Magiciens ont toujours été fort suspects. Le savant Detrio rapporte que le Démon fait promettre souvent à ses suppôts qu'ils soutiendront par tout qu'il n'y en a point. Et de vrai, c'est le moyen de les mettre à couvert et de leur donner une liberté toute entière dans tous les maux qu'ils font sans aucune crainte de punition. Le Docteur Ulart qui était l'un des Conseillers de l'Électeur de Treves dans le dernier siècle, soutenait partout avec beaucoup de hardiesse que la Magie était une fable ; que c'était une illusion de s'imaginer qu'il y eût des sorciers ; que cette opinion n'était recevable que par les esprits simples et crédules ; et qu'elle était indigne des bons esprits et des Magistrats. Bonstel assez connu par ses écrits, qui était de ce Diocèse, où ce personnage débitait ses maximes, le réfuta par un docte Traité ; mais la Divine Providence s'en mêla elle-même. Je ne sais comment cet homme se rendit suspect ; mais il fut pris, et il confessa lui-même qu'il était atteint du crime qu'il niait : ce qui obligea les Juges avec les preuves qu'ils eurent d'autre part de le condamner à être brûlé. Monstrelet rapporte dans son histoire, et d'autres Auteurs avec lui, qu'il y avait dans le Diocèse d'Évreux un célèbre Docteur, dont ils disent le nom que nous supprimons pour de bonnes raisons, qui avait de bonnes qualités, et qui s'était acquis une réputation considérable : Mais s'étant laissé aller à l'amour de la créature, il tomba bientôt dans l'aveuglement, et l'endurcissement que les attaches trop grandes aux créatures causent. Ce misérable Docteur alla donc dans une telle extrémité qu'il se donna au Diable, pour jouir malheureusement d'une Demoiselle de qualité, mais l'un des pactes qu'il fit avec le Démon, comme il le confessa depuis, fut comme il était grand Prédicateur, qu'il prêcherait partout qu'il n'y avait point de sorciers parce que, lui dit le Démon, il appuierait beaucoup son Empire, par ce moyen. Or Dieu très-bon, et très-miséricordieux ; lui ayant touché le cœur par une grâce extraordinaire, il confessa publiquement son crime à l'Évêque d'Évreux qui était pour lors, et s'étant présenté devant lui dans sa sale, il pleura son impiété avec des témoignages d'une forte douleur ; il avoua qu'il avait été transporté réellement plusieurs fois aux sabbats ; et s'étant soumis à la pénitence qu'il plairait à son Évêque de lui imposer, il fut condamné à une prison perpétuelle avec plusieurs autres peines.
Nous avons cru pour la gloire de notre Maître, devoir parler de ce sujet, en traitant de la possession de Loudun ; où Dieu a fait par son juste Jugement que les desseins de ceux qui voulaient perdre ces Religieuses soient retombés sur eux-mêmes, et ont été cause de leur propre perte. Car encore que ces gens eussent assez de réputation, comme il a été ci-devant remarqué, et qu'il se fussent acquis l'amitié des Juges du lieu qui les soutenaient beaucoup dans l'ignorance, où ils étaient de leurs malices ; comme il n'y a point de prudence si grande pour résister aux ordres de Dieu, le Roi ayant envoyé Monsieur de Laubardemont, Intendant de la Province pour examiner la vérité des choses, et l'ayant député pour Commissaire, afin que l'on ne pût pas attribuer à aucune préoccupation le Jugement qui s'en ferait. Sa Majesté voulut qu'il eût pour adjoints à cette cause quatorze Juges de différents Présidiaux ; qui après avoir examiné murement, et à loisir le procès d'Urbain Grandier, il demeure convaincu d'avoir donné les maléfices aux Religieuses, et par le consentement unanime de tous ces Juges il fut condamné à être brûlé vif dans la place publique de la Ville, ce qui fut exécuté, les Démons ayant marqué dans les exorcismes qu'ils le tenaient pour l'Éternité dans les feux de l'Enfer. Toujours est-il certain que sans s'en rapporter à ces malheureux esprits, sa mort a été bien funeste par l'endurcissement de cœur qu'il a fait paraître dont nous en avons touché quelque chose. Il ne faut pas se tromper dit le grand apôtre, on ne se moque pas de Dieu.

Extrait de L'Homme de Dieu en la personne du R. P. Jean-Joseph Surin, par H. M. Boudon.


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Jean-Joseph Surin, De l'Amour du Père Surin pour tout ce que Notre-Seigneur a aimé, et premièrement de sa grande dévotion à la très-sainte Vierge, Du grand Amour du Père Surin pour les Saints Anges, dans l'union avec notre Seigneur Jésus-Christ, De l'amour du Père Surin pour l'humilité, dans l'union avec Notre-Seigneur Jésus-Christ, SCIENCE EXPÉRIMENTALE DES CHOSES DE L'AUTRE VIE, Acquise par le Père Jean-Joseph Surin, Exorciste des Religieuses Ursulines de Loudun, De l'amour du Père Surin pour la pauvreté, dans l'union avec Notre-Seigneur Jésus-Christ, De l'amour admirable du Père Surin pour les souffrances, dans l'union avec Notre-Seigneur Jésus-Christ, De la consommation en la Grâce, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De la liberté des enfants de Dieu, Des saintes Pratiques, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De la paix du cœur, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Des amitiés, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De la violence qu'il faut se faire à soi-même, Avis important pour ceux qui ont des peines d'esprit, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De la Simplicité, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De la véritable Sagesse, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De l'Union avec Jésus-Christ, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Le Paradis de la Terre, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De la réformation de l'Amour, de la Haine, du Désir et de l'Aversion, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De l'activité naturelle, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De la réformation de la mémoire, par Le R.-P. Jean-Joseph Surin, De la réformation de la volonté et du fond de l'âme, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De la réformation de l'entendement, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De la réformation de la colère, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De la Réparation de l'Intérieur, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Du vrai Progrès, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De la doctrine de Jésus-Christ, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Des Conseils Évangéliques, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De quelle manière on doit aider les personnes faibles, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Ordre de la vie spirituelle pour les Directeurs, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Remèdes à l'amour-propre, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Des maladies de l'âme, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Prière pour demander l'humilité, Du Recueillement, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Des secours qu'il faut donner au Peuple dans les Missions, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, et prière pour les Missions, Soin que l'état de maladie demande, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De la conduite qu'il faut tenir à l'égard des Énergumènes, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De l'imagination de l'homme, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De l'amour étonnant du Père Surin pour l'abjection, dans l'union avec Notre-Seigneur Jésus-Christ, De la vie Apostolique, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De quelques industries cachées qui conduisent bientôt à la perfection, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Réponse à quelques doutes touchant la Pénitence, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De la Pénitence et de l'Oraison, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De la vie parfaite, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Du bon Directeur, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Du vrai Religieux, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De la vie mixte, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De l'homme intérieur, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De l'heureux état d'une âme qui a établi sa perfection et sa félicité dans l'acquiescement au bon plaisir de Dieu, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De l'amour parfait, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De la conduite des âmes, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De l'étude des Lettres, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Réponse à quelques doutes touchant l'Oraison, par le R.P. Jean-Joseph Surin, Ce qui s'est observé dans un Ordre Religieux durant le premier siècle depuis son établissement, doit être regardé comme meilleur que tout ce qu'on peut inventer dans la suite, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De l'Oraison et de la Contemplation, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Instruction pour les personnes qui entrent dans la voie d'Oraison, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Que les âmes lâches fassent tous leurs efforts pour acquérir la bonne volonté qui leur manque, Ce qu'est l'oraison mentale, par le R.P. D. Laurent Scupoli, Clerc Régulier Théatin, De l'Oraison, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De la contemplation, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De l'Oraison qui convient à la voie extraordinaire, et Avis nécessaires à ceux qui sont dans cette voie, par le R.-P Jean-Joseph Surin, Catéchisme spirituel de la Perfection Chrétienne, par le R.P. Jean-Joseph Surin (1), Catéchisme spirituel de la Perfection Chrétienne, par le R.P. Jean-Joseph Surin (2), Des qualités qui sont propres dans la voie extraordinaire, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De la voie surnaturelle ou extraordinaire, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De l'avancement de l'âme et des principaux moyens qui peuvent le procurer, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De la nourriture du corps, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De la conversation, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Des Vertus, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Des moyens extérieurs qui aident à acquérir la perfection, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Des moyens intérieurs qui aident à la perfection, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Des exercices de piété, par le R.-P. Jean-Joseph Surin : Quels sont les devoirs de piété dont il faut s'acquitter envers les Saints ?, Des exercices de piété, par le R.-P. Jean-Joseph Surin : Quels exercices de piété prescrivez-vous à l'honneur des Anges ?, Des exercices de piété, par le R.-P. Jean-Joseph Surin : Comment faut-il s'occuper des souffrances de Jésus-Christ ?, Des exercices de piété, par le R.-P. Jean-Joseph Surin : Comment faut-il s'exercer en ce qui regarde la Doctrine de Jésus-Christ ?, De la vie intérieure, et de la familiarité avec Jésus-Christ, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De la Mortification, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De la présence de Dieu, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Du renouvellement de l'esprit, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Des Habits, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De la vie illuminative, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Degrés des vertus qu'on se propose d'acquérir, De la vie Purgative, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, En quoi consiste la perfection chrétienne : pour l'acquérir il faut combattre, et pour sortir victorieux de ce combat, quatre choses sont nécessaires, Du devoir des Veuves, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Méditation sur la nécessité des progrès dans la vertu, et De la Réduction des Hérétiques, par le R.-P. Jean-Joseph Surin.













mardi 28 juillet 2020

Quel est le Dessein de Satan envers celui qu'il possède


Délivrance d'une démoniaque au tombeau de Sainte Claire


I. Les hommes se trompent en ce sujet, en ce que chacun attend de voir au corps du possédé la réflexion des effets lesquels ils s'imaginent le plus au diable : les uns une extrême difformité, les autres des opérations merveilleuses.
Le diable ne fait pas tout en toutes occasions ; mais conduit tellement ses desseins que comme il n'y omet rien de ce qui leur est nécessaire, ainsi il n'y admet rien de superflu.


II. Le diable traite autrement avec les âmes pieuses, autrement avec les sorciers ordinaires, autrement avec les Magiciens.

III. L'intention de Satan en la possession, est d'exercer sa rage : et son dessein est non seulement d'être ennemi, mais ennemi découvert : et de traiter l'homme en ce monde, comme il le traite en enfer.

IV. Combien que comme il a lors quelque espèce de conversation sensible avec les assistants, il puisse faire des effets à leur égard, qui ne dépendent point de l'intention première qu'il a envers l'Énergumène.

V. Dieu qui a posé à toutes choses les limites qu'il a voulu, en a posé aussi à Satan, lorsqu'il tente, lorsqu'il déçoit, lorsqu'il se transfigure, et lorsqu'il possède.
Entre les manières de nuire à l'homme permises à Satan, il n'y en a point de si grandes qu'il ne puisse accomplir, ni de si petites qu'il n'embrasse bien volontiers.



Tout ce qui précède la possession, peut être référé aux causes dispositives, ou aux applicatives que nous avons déduites. Voyons maintenant ce qui la suit. Car d'autant que ce sont effets qui tombent sous les sens, chacun estime y avoir droit de jugement, chacun en discourt à sa façon, et chacun y a besoin d'ouverture et de conduite. Et à cause qu'en toute possession il y a deux esprits, deux natures, et deux personnes jointes ensemble : Chacun pense être bien fondé s'il s'attend de voir au possédé la réflexion des effets, lesquels ils s'imaginent le plus au diable. Dont les simples qui le conçoivent avec une étrange difformité, se promettent de voir une difformité bien extrême au corps du démoniaque : Et les esprits plus capables qui se représentent Satan comme un Agent élevé en intelligence, et en puissance par-dessus tout ce qui est et paraît au monde, veulent voir à tout propos des effets miraculeux, ou en l'une, ou en l'autre qualité. Or combien que cette attente des uns et des autres soit posée sur un principe assuré, et tirée d'une conception véritable : Si est-elle défectueuse ainsi que l'imagination de laquelle elle dépend est imparfaite. Car il ne suffit pas à celui qui veut être l'arbitre des effets dans lesquels l'opération du diable intervient, de considérer qu'on suppose que c'est un diable qui opère ; et un diable difforme en son être, puissant et intelligent en ses œuvres : Si d'abondant il ne remarque en général, quelle est la façon de laquelle cet Esprit conduit ses actions ; et s'il ne considère en particulier, quelle est la qualité du dessein duquel il veut être le Juge. Car Satan ayant plusieurs desseins contre les hommes : Il en conduit un chacun avec telle dextérité, qu'il ne se rend, ni défectueux, ni superflu, quant aux moyens de les acheminer. Mais comme son intention est tant active qu'elle accompagne tous ses mouvements de ce qui leur est nécessaire : Ainsi son intelligence est tant exacte à discerner justement ce qui est de propre d'avec ce qui est contraire ou aucunement éloigné de son intention, qu'elle n'y admet rien d'inutile et de superflu. Tellement que par le moyen de son activité il emploie contre tous les hommes tout ce qu'il a de Naturel et d'Acquis, c'est-à-dire tout ce qui est en lui (car il n'a plus rien d'infus :) Et par le moyen de cette intelligence exacte, il ne déploie contre un chacun, sinon ce qui est de propre à son humeur, et ce qui est de convenable à la condition du dessein qu'il a pris contre lui.

Ainsi quand il traite avec les âmes pieuses, il n'emploie que la CAPACITÉ qu'il a des dons rares et surnaturels à faire, ou plutôt contrefaire des effets miraculeux pour les décevoir. Au lieu qu'il ne la met point en usage envers les sorciers ordinaires, n'employant que sa MALIGNITÉ pour aider à leur malice : Ni envers les esprits curieux, qui le veulent avoir pour familier, dans lesquels il ne déploie, ni cette Capacité, ni cette Malignité, mais sa seule INTELLIGENCE : et non encore en toute son étendue, mais seulement au regard des choses secrètes, et non des connaissances naturelles ou divines, dans lesquelles nous les trouvons aussi peu versés que ceux qui n'ont jamais été instruits sous un tel Pédagogue. Et quand il agit avec ces esprits éminents en curiosité et en malice, que nous appelons vulgairement Magiciens, il emploie bien quelque partie de son intelligence, et de sa puissance, comme traitant avec des esprits participants de la curiosité des uns et de la malice des autres : Mais il ne produit aucun effet de cette habilité aux dons rares et surnaturels, de laquelle il se sert envers les âmes pieuses ; même il ne leur ouvre pas tous les ressorts de sa puissance : Magis enim, dit saint Cyprien, invante Doemone potentatus est ad perniciosa et ludicra, sans passer plus outre. Tant il accommode justement ses propriétés naturelles à ses desseins, ne départant et ne déployant à un chacun, sinon celle qui est la plus propre à le séduire, et la plus convenable à la qualité du dessein qu'il a pris de lui nuire.

Or L'INTENTION formelle de Satan en la possession est d'exercer sa rage, et non pas d'employer aucune de ses mauvaises qualités : d'autant qu'il a pour tout dessein d'être, non seulement ennemi, car il l'est toujours et partout, mais ennemi découvert, et d'agir avec le possédé en qualité d'ennemi, c'est-à-dire, par force et non par fraude, comme en ses illusions ; par douleurs, et non par plaisirs et appâts, comme en ses tentations ; par tourments, et non par merveilles, comme en ses transfigurations : et en somme de traiter le possédé en la même manière qu'il traite l'homme en l'Enfer. Car comme il n'y suppose plus de fraude, de plaisirs, de merveille, mais il exerce, et sans plus sa rage contre celui qui est damné, ne lui faisant part que de la même peine qu'il endure. Ainsi en une possession il ne prétend pas user de sa fraude à séduire et attirer, mais seulement de sa fureur à forcer l'esprit de celui qu'il possède. Ni de sa puissance à le rendre instrument de ses feintes merveilles ; mais de son envie, à faire dès ce monde cette pauvre créature compagne de sa misère.

Que si l'œil de quelqu'un a remarqué des accidents miraculeux en un possédé, que sa raison observe aussi que comme en l'ordre de nature il  a des effets nécessaires et d'autres contingents : Ainsi en la conduite des desseins de Satan, et nommément en celui de la possession, il y a des effets qui ont un juste rapport à son intention première de nuire au possédé, et d'autres qui dépendent d'une intention fortuite de ce malin esprit avec les assistants. Car comme il alors quelque espèce de conversation sensible avec eux, il peut faire quelque effet à leur égard, qui ne dépendra point de cette intention première qu'il a envers l'Énergumène. Ce qui est accidentellement joint à une possession, et ne l'oblige pas en d'autres rencontres, à faire mêmes effets, ni à former des desseins pareils : L'un et l'autre étant libre à Satan, contingent à la possession, peu fréquent en l'usage, même rarement observé en l'Écriture (où il y a tant d'accès de possédés décrits) et dépendant d'une rencontre trop particulière pour être partout égal. DISONS donc que comme l'ordre de nature ne dépend pas des effets contingents, sans lesquels il ne laisse ni d'être, ni d'être reconnu : Qu'ainsi le cours ordinaire du dessein et des effets de Satan envers l'Énergumène, ne dépend pas de la contingence de ces Accidents, lesquels ne sont, ni les décisifs, ni les constitutifs d'une possession. Et recueillons de ce discours que tout ainsi comme lorsque Satan possède quelqu'un spirituellement par le péché, il n'a pas intention de départir aucune étincelle d'intelligence à son esprit, ni aucun effet de sa puissance à son corps : ainsi quand il se lie à quelque personne pour la posséder réellement, ce n'est pas pour lui communiquer son intelligence comme aux esprits curieux, ni sa puissance comme aux Magiciens, ni sa malignité pour nuire aux autres comme aux Sorciers ; mais seulement sa misère et sa peine comme aux Damnés.

En quoi Dieu qui veille sur notre ennemi bien qu'il lâche la bride à ses volontés, si met-il des bornes à son pouvoir, et comme il a posé des limites telles qui lui plaît à toutes choses, et à Satan même, lorsqu'il tente, lorsqu'il déçoit, lorsqu'il se transfigure : Il a pourvu aussi d'un règlement sur les possessions, dans lesquelles comme l'Ange malin se résout de nuire, et se détermine d'incommoder l'esprit et d'altérer le corps auquel il réside, Dieu lui détermine la qualité, la quantité, et les autres circonstances de cette altération, la réglant et modérant selon les divers sujets pour lesquels il permet que ce mal arrive. Et d'autant qu'entre ces sujets il y en a de plus et de moins notables de particuliers et de publics : cette disproportion met autant d'inégalité entre les possessions, qu'il y a de divers degrés dans lesquels l'altération du corps humain peut monter et rabaisser : Eu égard qu'il suffit à une possession que le malin esprit réside au corps avec pouvoir de l'altérer en quelque manière ; laquelle ne peut être si grande, qu'il ne puisse accomplir, étant plus capable d'agir que l'homme n'est de pâtir ; et ne peut aussi être si petite, que l'Ennemi ne la veuille bien : et que, puisque d'ailleurs il prend bien le soin d'épier toutes les actions de la personne, et de lui tendre partout des pièges pour la surprendre, il ne prenne plus volontiers le soin de la posséder et de la tourmenter selon les lois et les saisons qui lui seront permises et prescrites.
La raison nous conduit à ainsi juger de la variété et de l'inégalité des possessions, et l'expérience nous y confirme : Car il apprend comme dans les uns ce mal furieux reçoit des intervalles, dans les autres il est continu : Dans les uns il est plus excessif, dans les autres plus modéré : Dans les uns il n'a pouvoir que sur l'altération du corps, dans les autres même sur la vie, selon que saint Cyprien raconte au sermon de Lapsis. Dieu limitant le pouvoir de Satan ou selon les secrets de son jugement, ou selon les sujets apparents pour lesquels il le permet. Et comme le Prince ferme le camp de cordage que l'ennemi n'ose franchir selon les lois du duel. Ainsi en ce duel de Satan contre l'homme, Dieu pose des limites qu'il n'ose outrepasser nonobstant sa fureur ; non plus que la mer enragée n'outrepasse le sable que Dieu a posé pour borne à sa tourmente.


Extrait de Traité des Énergumènes par l'Illustrissime et Révérendissime Cardinal De Berulle, Instituteur et premier Supérieur  Général de la Congrégation de l'Oratoire de Jésus.


Reportez-vous à Quel est le Dessein de Satan contre l'Église qui le veut déposseder ?Quelles sont les causes dispositives et applicatives du malin esprit au corps de l'Énergumène ?, Quelle est la Qualité précise de cette vexation du malin esprit, Que la Misère est grande de l'homme possédé de Satan, qui livre un combat furieux à son Âme, et donne un tourment extrême à son Corps, Que cette sorte de Communication, en laquelle Satan s'incorpore dedans l'homme, est fréquente, même depuis le Mystère de l'incarnation, Que Satan communique avec l'homme depuis l'état du péché, et jusqu'où arrive cette communication, Les possessions démoniaques sont rares uniquement pour ceux qui ne combattent pas le démon, De la conduite qu'il faut tenir à l'égard des Énergumènes, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, SCIENCE EXPÉRIMENTALE DES CHOSES DE L'AUTRE VIE, Acquise par le Père Jean-Joseph Surin, Exorciste des Religieuses Ursulines de Loudun, Des opérations malignes, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Histoire de la possession des Ursulines de Loudun, et des peines du Père Surin (1/4), Histoire de la possession des Ursulines de Loudun, et des peines du Père Surin (2/4), Histoire de la possession des Ursulines de Loudun, et des peines du Père Surin (3/4), Histoire de la possession des Ursulines de Loudun, et des peines du Père Surin (4/4), Réflexions sur la nature et les forces des Démons, et sur l'économie du Royaume des ténèbres, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De l'Amour du Père Surin pour tout ce que Notre-Seigneur a aimé, et premièrement de sa grande dévotion à la très-sainte Vierge, Du grand Amour du Père Surin pour les Saints Anges, dans l'union avec notre Seigneur Jésus-Christ, De l'amour du Père Surin pour l'humilité, dans l'union avec Notre-Seigneur Jésus-Christ, Les Possédés d'Illfut : Les victimes, Les Possédés d'Illfurt : Satan et les fêtes, bals et danses, Les Possédés d'Illfut : Les victimes, Les possédés d'Illfurt : Perte du Ciel et peines de l'Enfer, Miracles de Sainte Hildegarde, Pouvoir de Saint François de Sales : Délivrance de Françoise Favre, possédée du Démon, Pouvoir de Saint François de Sales : Délivrance d'Antonie Durand, possédée du Démon, Exemple de la grande puissance de Frère Junipère contre les démons, Symptômes de possession ou infestation démoniaques, Phénomènes possibles en cas de possession démoniaque et signes de délivrance et Des fruits merveilleux des Confessions générales au Laus ; délivrance de plusieurs possédés par l'intercession de la très-Sainte Vierge.













mercredi 15 janvier 2020

Manichéisme, Schisme et Hérésies ; Continuation du culte de Satan au sein du Christianisme


Extrait de "Histoire Satan" par M. l'Abbé Lecanu :


Saint Athanase piétinant Arius
Organisés en société secrète, de même que les gnostiques, les manichéens avaient un triple signe de reconnaissance: la parole, le geste et l’attouchement (Signa oris, manuum et sinus.  (August.) — Manicheorum alter alteri obviam factus, dextras dant sibi ipsis signi causa. (Epiphan.)). A couvert sous les apparences extérieures du christianisme, l’œil vigilant des pasteurs de l’Église avait souvent peine à les discerner, à moins qu’ils ne se trahissent par la manifestation de quelqu’une des superstitions qui leur étaient spéciales, telles que le jeûne du dimanche en l’honneur du soleil.
Leur entêtement pour les pratiques de la magie ne saurait être contesté, nonobstant ce que Beausobre en a dit dans son Histoire de Manichée. Saint Augustin les accuse positivement ; saint Léon dit la même chose des priscillianites (Epist. 91 ad Turb. episc. Hisp), l’une des principales sectes du manichéisme, en particulier, et de toutes en général. Le savant Mosheim n’a pas eu de peine à démontrer que la magie était une conséquence naturelle de leurs principes (Institut. Hist. christ. IIa pars, cap. III. — C. f. August. Hæres. cap. XLVI. — Bayle, Dict. crit., art. Manichée. — D’Herbelot, Bibl. orient., art. Manichée. — Matter, Hist. du Manich, sect. III, ch. III).
Les premiers empereurs chrétiens poursuivirent avec ardeur les restes des superstitions du paganisme, et spécialement les pratiques de la magie. La persévérance de leurs efforts est la meilleure preuve de la persistance de l’abus qu’ils combattaient. Déjà, dès avant la naissance du christianisme, la magie était proscrite parles lois ; mais de funestes exemples venaient trop souvent empêcher l’effet de la législation. Marc-Aurèle avait des enchanteurs à sa suite dans la guerre des Marcomans ; il leur fit consacrer des talismans, qu’il enterra sur l’extrême frontière de l’empire, afin d’y arrêter les ennemis : ce qui prouve que la sagesse et la philosophie ne sont pas la même chose.
En 319 et en 337, Constantin renouvela les édits contre la magie (Lex v, tit. vm. — Lex vi) ; Constantin II en 357. Valentinien, Valens, Théodose les renouvelèrent à leur tour ; Arcadius en ajouta de nouveaux (Lex III, tit. VIII) en 389 ; mais tous la proscrivirent de manière à lui donner plus d’importance, parce qu’ils s’inclinaient devant son pouvoir. Constantin révoqua même en partie ses premières ordonnances, déclarant qu’il n’avait pas entendu proscrire la magie utile, c’est-à-dire celle qui aide à préserver la terre des fléaux du ciel. Constance bannissait les magiciens sous le prétexte que la magie trouble le repos des morts, l’harmonie des éléments et des saisons, détruit les récoltes et cause les épidémies. Était-il plus puissante et plus solennelle recommandation ?
Julien la remit en honneur.
Léon crut lui porter un dernier coup, mais il s’inclinait encore devant son pouvoir (Novella LXV).
Elle existait donc dans toute sa puissance par tout l’empire au quatrième siècle, et des mesures maladroites ajoutaient à son prestige une espèce de consécration légale.
Le manichéisme apparut, la recueillit, l’abrita dans son sein et la grandit de ses propres progrès.
Une femme, nommée Agapé, disciple d’un Égyptien nommé Marc, très-versé dans les secrets de la magie, au rapport de saint Jérôme, et qui avait été disciple de Manès, introduisit le manichéisme en Espagne avant la fin du quatrième siècle. Elle gagna le rhéteur Helpidius, et plus tard le célèbre Priscillien, qui devint fondateur d’une nouvelle secte, et répandit ses pratiques dans toutes les provinces méridionales de la Gaule (Sulpit. Sever. Histor. sacr. 1. II, cap. XLVI. — Iren. 1. 1, cap. IX. — Hieronim. epist. xxix ad Theod. ; — advers. Pelag. ; — ad Ctesiph.).
Il y avait des manichéens à Rome, lorsque saint Augustin y arriva, c’est-à-dire en 383. Le nombre en fut considérablement augmenté lors de la destruction de Carthage, en 439 , parce que beaucoup d’habitants de cette ville, infestée de l’hérésie, vinrent chercher un refuge en Italie. Saint Léon les poursuivit avec tout le zèle dont il était animé, et dissipa leurs assemblées. L’empereur Valentinien joignit ses efforts à ceux du pontife ; mais les persécutions et l’exil, au lieu de détruire la secte, dispersèrent ses éléments et étendirent ses ravages. Les empereurs Justin et Justinien employèrent les mêmes moyens, et arrivèrent aux mêmes résultats (C. f. Maimbourg, Hist. de St Léon, I. 1. — Thomassin, De l’unité de l’Église, t. I, p. 339.— Cod. Justin. lex V, De hæret.). Mais comment faire ?
À la fin du neuvième siècle, les manichéens étaient si nombreux en Arménie, où on les appelait pauliciens, du nom d’un de leurs premiers chefs, qu’ils purent soutenir des guerres longues et sanglantes contre l’empereur Bazile le Macédonien (Cedren. t. II, p. 480 et 541.—Bossuet, Hist. des Var. 1. xi, n° 13).
Pierre de Sicile nous apprend que, tout en se défendant vigoureusement contre ce prince, ils envoyèrent en Bulgarie de nombreux missionnaires, et que l’hérésie y jeta de profondes racines. La Thrace était depuis longtemps infestée (Bossuet, Hist. des Var. 1. xi, n° 14). La même hérésie faisait de grands ravages en Perse, en Syrie et dans la Mésopotamie pendant le règne de l’empereur Anastase ; en Sicile, sous le pontificat de saint Grégoire le Grand (Lambert. Daneau, Notæ in hæres. August. cap. XLVI. — Bayle, Dict. crit. art. Marcion).
Dès le milieu du cinquième siècle, les gnostiques, les ophites et les manichéens des provinces occidentales, confondus dans une même proscription, avaient réuni leurs doctrines et leurs pratiques en même temps que leurs intérêts. Déjà Théodoret ne met plus entre eux aucune différence (Hæret. fabul. I. 1, cap. xxiv).
Les nouveaux mystères ne se tenaient plus en publie, mais ils se continuaient en secret, et dans des réunions moins bruyantes et moins nombreuses. Ce ne furent même plus des mystères à proprement parler ; ce furent des chasses de Diane, des courses de Habonde, des sabbats. Nous retrouverons toutes ces choses au moyen âge.
Nous n’avons pas à écrire l’histoire des persécutions ; cette grande et mémorable page des annales du monde appartient plutôt à l’histoire de l’Église ou même à l’histoire générale. Toutefois il ne faut pas oublier que Satan attaquait au-dehors par le fer et le feu l’œuvre du Christ, en même temps qu’au-dedans par les moyens que nous venons de signaler. La persécution, commencée l’an 64, dixième du règne de Néron, ne devait s’arrêter qu’en 325, lorsque Constantin donnerait la paix à l’Église. Pendant cet intervalle de 260 ans, la société chrétienne n’eut pas un seul jour de paix ou de repos ; il ne se passa pas d’année, de semaine peut-être, que le sang chrétien ne coulât sur un point de l’empire ou sur l’autre, et la persécution redevint générale et furieuse à quatorze reprises différentes, mais si générale et si terrible, que l’on crut plusieurs fois toucher aux temps prédits par l’Évangile concernant la fin du monde, notamment pendant les règnes de Dèce et de Dioclétien. Le nombre des victimes fut si considérable sous le règne de Dioclétien, que l’histoire y a fixé une de ses époques mémorables sous le nom d’ère des martyrs. Quoi qu’en disent les ennemis du christianisme, intéressés à diminuer le plus qu’ils peuvent ses gloires et ses triomphes, s’il n’est pas possible de déterminer même approximativement le nombre des confesseurs de la foi dans cet intervalle de deux grands siècles et demi, il s’éleva certainement à plusieurs millions.
Satan espérait-il noyer le christianisme dans le sang chrétien ? peut-être ; mais, quel que fut le résultat, sa haine contre l’homme était toujours satisfaite, puisque le sang humain coulait à grands flots.
Satan hait-il davantage l’humanité ou le christianisme ? il le sait. Dans cette circonstance, il s’attaqua à l’humanité sous le prétexte du christianisme : il fît imputer aux chrétiens les pestes, les famines, les fléaux, les insuccès dans la guerre, attribuant tous les malheurs à la colère des dieux, irrités des blasphèmes et de l’impiété des chrétiens. Il leur fit imputer les crimes des gnostiques, dont les chrétiens gémissaient plus encore que les païens. Il excita les colères et les jalousies des prêtres du paganisme, qui voyaient leurs temples devenir déserts, leurs oracles réduits au silence : vains efforts, Satan ne pouvait pas, ne devait pas prévaloir ; son triomphe se réduisit au mal qu’il avait fait ; le ciel se peupla de ses victimes, et le sang des martyrs fit germer de nouveaux et plus nombreux chrétiens.

Avant que le christianisme eut révélé au monde l’idée et le sentiment sublimes du divin amour, la magie et le culte des dieux se confondaient en une seule et même chose. Le divin Platon, pour parler le langage de ses disciples, n’appelait pas la magie d’un autre nom que le service divin. C’est Apulée qui en fait la remarque, et il faut voir en quels termes respectueux il en parle lui-même dans son Apologie. Vous accusez quelqu’un d’être magicien, dit-il à son délateur ; mais songez donc que la magie est le culte des dieux, la science des choses célestes, l'art d’honorer les immortels ; qu’elle tire sa noble origine de Zoroastre et d’Oromase, qui l’enseignèrent aux Perses, chez lesquels il n’est pas permis à tout le monde d’être magicien, pas plus que d’être roi ; car la magie est un royal apanage. C’est aussi, et chez tous les peuples, un apanage du sacerdoce, et si c’est un crime d’être magicien, c’est donc aussi un crime d’être prêtre.
Les peuples barbares qui détruisirent l’empire romain n’avaient pas de si hauts pensers, ni tant de science, ni l’art de si bien dire ; mais ces idées étaient les leurs. Dans la Gaule et la Germanie, les druides remplissaient le double rôle de magiciens et de ministres des dieux. Les druides étaient savants dans l’art des conjectures et dans l’astrologie, dit Cicéron (Divinat. lib. i, cap. 41). Tertullien ajoute que ces prêtres passaient des nuits auprès des tombeaux des guerriers et des sages, afin d’y recevoir des inspirations pendant le sommeil. Neuf vierges sacrées faisaient leur résidence dans l’ile de Sein, à l’extrémité occidentale de la péninsule armoricaine, suivant le récit de Pomponius Mêla, et conjuraient les vents et les flots, afin de procurer aux navigateurs une mer favorable. Elles savaient prendre la forme de divers animaux, guérir les maladies par la vertu des enchantements et prédire l’avenir. On les nommait gallicènes ou barrigènes. Diodore de Sicile parle de certains prophètes adonnés à l’auscultation et à l’extipicine, qui immolaient des victimes humaines, pour chercher dans leurs entrailles la révélation de l’avenir. Il assure que ces détestables usages remontaient à des temps
fort reculés, et que les Cinabres les transportèrent dans la Gallo-Grèce (Histor. I. v). Les Gaulois avaient encore les bacères, chargés du soin d’interroger les astres, et les eubages, de celui de consulter les entrailles des victimes et le vol des oiseaux (Athénée, I. VI.—Strabo, Geogr.).
Nul peuple ne les surpassa dans cette dernière science, dit Justin, excepté peut-être les Basques, non moins crédules et non moins superstitieux, ajoute Lampride. Les Gaulois faisaient un si grand cas de l’ornithomancie, que les mouvements de leurs armées étaient toujours réglés sur le vol des oiseaux ; et c’est ainsi que l’une d’elles se trouva conduite jusqu’en Pannonie.
Outre les superstitions qui leur étaient communes avec les Grecs et les Romains sur les préservatifs et les amulettes, ils eu avaient de spéciales, telles que celles qui se rattachaient au gui de chêne et aux œufs de serpent. Le gui de chêne était le grand et tout-puissant préservatif contre le tonnerre et contre les épidémies, l’heureuse et efficace bénédiction des champs, des villages et des maisons. La possession d’un œuf de serpent portait bonheur dans toutes les entreprises (Frey, Admiranda Gall. cap. x.— Plin. Hist. nat. lib. xxix, cap. 3. — Malouet, Voyage en Guyane, art. d’Iracubo).
Les peuples de la Germanie ne le cédaient pas à ceux de la Gaule dans les pratiques de la divination : ils cultivaient l’art des auspices et des sorts ainsi que celui de la rabdomancie. Ils n’entreprenaient aucune affaire importante, sans avoir interrogé le hennissement de chevaux blancs qu’ils nourrissaient en qualité d’oracles dans des prairies sacrées. Ils immolaient des victimes humaines dans le but de consulter leurs entrailles, tandis qu’elles palpitaient encore de la chaleur de la vie, sur les chances de la guerre et l’issue des négociations.
Tout ceci est déraisonnable, atroce ; mais c’est le règne de Satan, toujours et partout le même : destruction de l’homme, abaissement de l’humanité.
Lorsque les peuples d’au-delà du Rhin, Saxons, Bructères, Saliens, Chamaves, Angrivariens, Sicambres et ceux qui formaient la confédération franque, quittèrent les forêts de la Germanie, pour venir chercher en Gaule une autre patrie sur une terre plus féconde et sous un ciel plus clément, ils apportèrent donc de nouvelles pratiques de magie, qu’il faut ajouter à celles que les Gaulois avaient reçues des Romains, et à celles qu’ils tenaient d’eux-mêmes.
Ils apportèrent, entre autres, l’art des runes, si cultivé parmi la plus grande partie des nations du Nord.
Il y avait les runes victorieuses, qui donnaient la sagesse, l’esprit, le courage, et préparaient tous les genres de triomphes. Les guerriers les gravaient sur la garde et le fourreau de leur épée, tout le monde les portait écrites sur des carrés de parchemin ; elles devaient être accompagnées de la lettre tyr, deux fois reproduite. [LPS : Les runes furent utilisées par Hitler sous le nazisme, voir par exemple l'emblème de la Waffen-SS] Les navigateurs inscrivaient les runes maritimes et fluviales sur la poupe, le gouvernail, les mâts et les voiles des navires, pour préserver l’équipage et les marchandises de tout fâcheux accident. Ceux qui avaient des procès à soutenir, des querelles à venger, des droits à faire prévaloir, cachaient les runes protectrices dans les tentes qui servaient de prétoire à la justice et jusque sous les sièges des magistrats. Les runes bacchiques, gravées sur l’anse des amphores et sur les gobelets, préservaient les buveurs des surprises qu’on aurait pu leur faire dans l’ivresse ; pour plus de sûreté encore, ils se les traçaient sur la main, et écrivaient la lettre naud sur leur ongle. Les médecins faisaient usage des runes auxiliatrices, pour procurer aux femmes des couches heureuses et faciles ; mais ce n’était que la moindre partie de la science du véritable médecin : il devait posséder à fond le secret des runes corticales, afin de les inscrire convenablement sur l’écorce des arbres et du côté qu’il fallait, pour guérir les maladies, détourner les sorts, lever les enchantements, arrêter les hémorragies, fermer les blessures. Les runes cordiales donnaient le courage aux lâches ; on les inscrivait sur la poitrine, à la région du cœur. Les runes puissantes se tatouaient sur celui des membres dont on devait faire le principal usage : sur les bras, pour le travail ; sur les cuisses, pour la marche (Canciani, Leges barbarorum antiquæ, t. III, p. 91).
Et ces sortes de peintures soulevèrent de nombreuses et énergiques réclamations de la part des prélats pendant les sixième, septième et huitième siècles, sous prétexte qu’elles constituaient une invocation au démon, déshonoraient des membres consacrés par le baptême, et que l’ostentation qu’en faisaient ceux qui les portaient, blessait souvent les lois de la modestie.
Ces pratiques et cent autres pareilles se traînèrent encore misérablement pendant de longs siècles au sein des nations nouvellement converties à la foi chrétienne ; il suffit d’interroger la législation du temps, pour en trouver des preuves nombreuses. En effet, la répression des crimes commis par le moyen de la magie fut un des objets les plus constants de la sollicitude des législateurs. Aussi peu avancés dans les sciences démoniaques que dans la civilisation, les barbares ne connaissaient que la grossière et brutale magie, mais telle quelle ils la connaissaient et en faisaient usage. L’empoisonnement, les vénéfices et les maléfices, les ligatures et les charmes, les sorts et les enchantements, les assemblées de sorciers et des festins abominables, telles sont les pratiques contre lesquelles des codes de lois, si laconiques sur maints autres points, sévissent avec le plus de détails (Collect. de D. Bouquet, t. IV, p. 136.— Canciani, Leges barbarorum antiquæ. — Lindembrog, Codex legum antiquarum, in lege Salica, tit. XXI, XXII, LXVII, etc.).
Si une femme empêche par maléfice une autre femme de devenir mère, elle payera deux mille cinquante deniers d’amende, dit la loi salique dans son titre XXIIe. Si le vénéfice est bu par celui-là même qui l’avait préparé pour un autre, le vénéficiateur survivant sera condamné à deux mille deniers. Celui qui aura jeté un maléfice sur autrui, ou qui l’aura déposé avec des ligatures en un lieu quelconque, subira une amende de deux mille deniers. Si une sorcière a dévoré quelqu’un, dit ailleurs la même loi, elle payera deux cents sous d’amende.
Rien n’est plus curieux que de voir un barbare se railler des autres barbares à cette occasion. Il ne faut pas croire, dit Rbotaric dans le code des lois lombardes, qu’une femme avale un homme tout vivant, car cela est impossible (Nullatenus est credendum, nec possibile est, ut hominem mullier vivum intrinsecus possit comedere. (Lex Rhotaric. cap. CCCLXXIX)). Mais Rhotaric se moquait de ce qu’il ignorait, comme il est arrivé à tant d’autres. Il n’était pas question d’hommes avalés vivants ou entiers, mais de victimes dépecées, rôties et mangées en détail, ainsi que nous le verrons bientôt.
Le sou d’or, dont il est question dans la loi, avait une valeur de quinze francs environ de notre monnaie, suivant l’estimation la plus probable. Deux cents sous représentaient donc environ trois mille francs, somme très-élevée pour une époque où la rareté du numéraire était si grande, comparativement à la nôtre.
Si quelqu’un, continue la même loi, accuse un homme d’être herbourg (Hereburgium), c’est-à-dire strioporteur, ou bien, en d’autres termes, d'avoir porté la chaudière d’airain aux festins des sorcières (Ubi striæ coccinant. On lit ailleurs cocinant, et même concinant. Il s’agit de cette chaudière aux poisons que nous retrouverons plus tard), et qu’il ne puisse pas prouver son dire, il payera soixante-deux sous d’amende. Il paraît qu'alors l’injure était défendue et la diffamation permise, puisque l’accusateur était admis à présenter ses preuves. Le mot herbourg n’est pas encore sorti du langage en certaines provinces ; il est même des familles qui portent un pareil nom.
La loi des Ripuaires contient des dispositions semblables (Lex Ripuar. tit. LXXXVIII). Nous compléterons ce que l’une et l’autre laissent à désirer par un exposé des articles de la loi des Wisigoths sur la même matière (Lex Wisigoth. l. iv et vi, tit. II, n°I, III, IV).
Si quelqu’un, dit-elle, consulte les sorciers, les aruspices ou les devins relativement à l’époque de la mort du prince ou de quelque autre personne, il deviendra esclave, s’il est ingénu, ses biens seront confisqués, et il sera flagellé. S’il est esclave, on lui fera subir diverses tortures, et il sera exilé, pour servir encore comme esclave, dans les pays par delà les mers.
Un ingénu ou un esclave qui aura fait des vénéfices, sera puni du supplice le plus ignominieux, si la mort s’en est suivie ; sinon, il sera mis à la disposition du vénéficié.
Les maléficiateurs, ceux qui causent des tempêtes, ceux qui donnent la folie par l’intervention des démons, seront frappés publiquement de deux cents coups de fouet, et tondus d’une manière déshonorante. On leur fera faire dix fois le tour des champs voisins, et ensuite on les confinera dans la prison. Ceux qui les auront employés, recevront deux cents coups de fouet en présence du public.
L’esclave ou l’ingénu de l’un ou de l’autre sexe qui aura fait des maléfices ou des ligatures contre les hommes ou les animaux, et en général contre tout ce qui se meut de soi-même, contre les champs, les vignobles ou les arbres ; celui qui aura composé, ou seulement essayé de composer des pactes, pour causera quelqu’un le mutisme, des maladies, la mort ou un dommage quelconque en son corps ou en ses biens, sera puni de deux cents coups de fouet publiquement administrés ; il sera ensuite enfermé dans une prison, et ses biens confisqués.
Telles sont les prescriptions des lois des Francs et des Wisigoths relativement à la magie. La loi des Bourguignons garde sur cet article un silence d’autant plus remarquable, que ce peuple était alors le plus civilisé de la Gaule. L’était-il au point d’ignorer la magie ?
Il fallait que ce crime fût alors bien commun, pour demander une telle répression et de telles précautions. Il le devint cependant de jour en jour davantage, si on en juge par les prescriptions législatives des siècles suivants. Il ne se tint pas un concile, une assemblée de la nation, jusqu’au règne de Charles le Chauve, sans qu’il y fut question de la magie, soit pour la réprimer par des lois nouvelles, soit pour faire revivre les lois anciennes.
Le concile d’Auxerre parle des charaudeurs, ou jeteurs de sorts, contre lesquels saint Éloi, évêque de Noyon, devait également s’élever un peu plus tard, et dont nous retrouvons encore la mention sous la plume de Maurice de Sully, évêque de Paris au douzième siècle (Lebeuf, Mém. de l'Acad, des inser. t. XVII, p. 723. — Ducange, Glossar, aux mots Caragii et Caraulæ. Ducange n’a pas compris la vraie signification de ces expressions).
Il n’était douteux pour personne que ces pratiques ne fussent des restes de paganisme. Maurice de Sully l’affirme positivement ; de même un concile de Rouen de l’an 630 environ : « Il faut, disent les prélats, réprimer, ou plutôt détruire entièrement l’usage qu’ont certains bergers, des chasseurs et autres personnes de réciter des enchantements sur du pain, des herbes ou des billets, qu’ils cachent ensuite dans les arbres ou dans les carrefours, afin de guérir leurs animaux, en donnant la mauvaise chance à ceux d’autrui. Il est évident que de telles pratiques sont des restes du paganisme. »
« Nous voulons, disait Childéric III dans une ordonnance de l'an 742, que chaque évêque s’applique à détruire dans son diocèse les usages païens auxquels le peuple se livre encore, tels que les sacrifices profanes en l’honneur des morts, les sortilèges, les divinations, les phylactères, les augures, les enchantements, l’immolation des victimes : il faut abolir tout ce qui reste du paganisme, et en particulier les feux sacrilèges appelés néd rates. » Les mêmes, sans doute, dont il est parlé dans un capitulaire de Carloman de l’an 743, sous le nom de nodfir. La première étincelle avait été obtenue par le frottement de deux morceaux de bois.
La liste serait incomplète, si nous n’empruntions quelques détails au sermon de saint Éloi sur la même matière (Vita S. Eligii (par St-Ouen), II part. cap. xv). « Nous vous conjurons par tout ce qu’il y a de plus sacré, dit le prélat, de vous abstenir des coutumes abomi nables du paganisme ; loin de vous les prestigiateurs, les devins, les fabricateurs de sortilèges et d’enchantements ; les consulter, c’est renoncer au privilège et à la grâce du baptême.
Loin de vous les interprètes des augures et de l’éternuement. Lorsque vous vous mettez en route, ou lorsque vous commencez un ouvrage, n’écoutez pas quel est l’oiseau qui chante ; munissez-vous plutôt du signe de la croix. Ne choisissez pas les jours pour vous mettre en route ou commencer vos entreprises ; tous les jours appartiennent à Dieu, et nous viennent également de sa main libérale. L’attention aux jours fastes et néfastes, aux aspects de la lune ; les impiétés et les farces ridicules des calendes de janvier, les mannequins de vieilles femmes, les mascarades, les jeux folâtres, les tables dressées à l’entrée des nuits, les étrennes, les intempérances qui font partie des réjouissances de cette époque, les bûchers allumés, les chants qu’on prononce en s’asseyant, sont autant de pratiques condamnables. »
Les tables dressées à l’entrée des nuits dont parle ici l’évêque de Noyon, rappellent les repas offerts en plein champ aux déesses Maires et à la déesse Habonde, ou Abondance, si ce n’est le même usage.
L’orateur continue de la sorte : « Que personne, à la fête de saint Jean ou de quelque autre saint, ne fasse des solstices, des circonvallations, des danses ou des charaudes ; que personne ne chante les cantiques du démon. Que personne n’invoque les noms du démon, ni Orcus, ni Neptune, ni Diane, ni Minerve, ni le génie, ni aucun autre être fantastique. »
Littéralement, aucune autre ineptie de ce genre.
« N’observez plus le jeudi, continue le prélat, ni pendant le mois de mai ni dans un autre temps ; il suffit de l’observance des fêtes et des dimanches. Que personne ne suspende des flambeaux ou des objets votifs près des temples, des pierres, des fontaines, des arbres, aux maisons ou dans les carrefours. »
L’usage dont parle ici l’évêque de Noyon fut des plus persistants. Les évêques se virent enfin obligés de faire enfouir les termes et les milliaires ; ils firent ériger des croix à la place des idoles des carrefours ; ils donnèrent le nom de quelque saint aux fontaines consacrées par la superstition, afin de sanctifier, en changeant leur objet, des habitudes qu’ils ne pouvaient détruire.
« Ne mettez point d’amulettes au cou des hommes ou des animaux, dit toujours le prélat, quand même elles auraient été faites par des clercs, ou quand elles contiendraient des passages de l'Écriture ; car tout cela est vain, inutile, diabolique, indigne d’un chrétien. Ne faites plus de lustrations ni d’enchantements sur les champs ; ne faites point passer vos troupeaux entre les deux parties d’un arbre entr’ouvert, ni par des voies souterraines : on pourrait croire que vous les consacrez au démon. Femmes, ne portez plus d’ambre suspendu à votre cou ; n’imprimez plus le nom ou la figure de Minerve sur votre linge ou sur vos étoffes ; invoquez plutôt la bénédiction du Seigneur. Ne criez pas quand la lune s’éclipse. Ne donnez le nom de Seigneur ni au soleil ni à la lune ; ne jurez point par leur puissance. Ne croyez ni à la destinée, ni à la fortune, ni aux thèmes des astrologues. Si quelque infirmité vous atteint, laissez là les devins, les enchanteurs, les sorciers, les prestigiateurs ; ne recourez ni aux phylactères, ni aux fontaines, ni aux arbres, ni aux dieux des chemins, car tout cela ne vous servirait de rien ; ayez recours aux choses saintes et à la miséricorde de Dieu. »
C’est ainsi, pour le dire en passant, que les prélats de l’Église catholique justifiaient d’avance la religion des reproches d’obscurantisme et de superstition qui devaient lui être adressés de nos jours.
En complétant ces détails par les indications d’un capitulaire de Carloman daté de l’an 749, et qui contient une longue et curieuse liste des superstitions de l’époque (cette liste, intitulée Indiculus superstitionum paganicarum désigne jusqu’à trente observances superstitieuses. Canciani l'a expliquée fort longuement ; ce qu’il en dit est aussi curieux que savant, et mérite d’être lu. (Leges Barbar. t. III, p. 88.)
), on voit qu’il se célébrait des mystères dans le silence des forêts, que la fiente des bœufs et des chevaux était employée à l’art divinatoire en certaines circonstances, et la cervelle de plusieurs animaux à des usages magiques ; qu’il se faisait des courses nocturnes aux flambeaux et en haillons ; que les sorciers pratiquaient des enchantements sur des statuettes de pâte ou de chiffons, sur des pieds et des mains artificiels, dans le but de causer des maladies ou la mort à des personnes absentes ; qu’on supposait aux sorcières le pouvoir de commander à la lune, et d’énerver par le moyen de ses influences le courage des plus vaillants guerriers.
Il est à peine quelqu’une de ces pratiques qui ne se trouve mentionnée de nouveau dans les capitulaires de Charlemagne, de Pépin, roi d’Italie, de Louis le Débonnaire et de Charles le Chauve : ce qui prouve de plus en plus leur persistance au sein de la société chrétienne. Les devins, les astrologues, sous le nom de mathématiciens, les sorciers, les enchanteurs, les vénéficiateurs, les augures, les noueurs d’aiguillette, les tempétiers, les invocateurs de démons, les défouisseurs de trésors, y sont nommément désignés. Les philtres, les amulettes, les phylactères, les sorts, l’interprétation des songes, les pactes, les brevets pour guérir les maladies, y sont proscrits sous diverses pénalités, et quelquefois sous peine de mort.
On y trouve une mention positive des pratiques de la cabale (Capitul. Herardi, Turon, episc. anni 858 ; Baluz. p. 1288) et des mœurs de l’ophitisme ; le législateur n’ose même pas désigner en termes trop clairs l’impure mixtion dont les sorciers souillaient l’oblation eucharistique (Capitul. Pippini regis, apud Baluz. p. 540), à l’instar de l’eucharistie des ophites et des festins des manichéens. On y reconnaît l’existence d’engastrimythes, désignés sous le nom de pythons (Capitul. Carol. Mag. anni incerti. Baluz. p. 518). On y trouve la preuve qu’il y avait des antropophages en Europe à une époque aussi avancée. Il ne faudrait pas croire que ce dernier crime ne se trouve signalé dans la loi que comme un souvenir ou par habitude, car un second capitulaire du grand empereur, promulgué en Saxe, en parle d’une manière si explicite, qu’il n’est pas possible d’élever le moindre doute : « Si quelqu’un, y est-il dit, sous prétexte qu’un homme ou qu’une femme sont sorciers, et qu’ils mangent des hommes, les mange lui-même ou les fait manger à d’autres, après les avoir embrochés et rôtis, qu’il soit puni de mort (Capital. Carol. Mag. pro part. Sax. cap. vi. Baluz. t. i, p. 251). » Ainsi parle un des législateurs les plus judicieux de l’époque chrétienne ; et comment supposer qu’en rédigeant un pareil article de loi, il avait en vue des crimes imaginaires (Baluz. Capitul. reg. Franc. Carol. Mag. anni 769, p. 191 ; — ami. 805, p. 428 ; — 799, p. 220 ; — 789, p. 235 ; — incert., p. 518, 929 , 1040 ; — tom. II, ann. 799, p. 242 ; — 789, p. 254 ; — incert. p. 997, 1104. — Pippini reg ann. 793, p. 539, 504 ; — incert. p. 1143. Hludov. Pii, ann. 827, p. 707 incert. p. 713, 961, 1104. — Caroli Calv. ann. 870, p. 230, etc., etc.) ?
Tandis que les nations nouvelles appelées à peupler le champ de l’Église dans les provinces du Nord, se débattaient ainsi dans les liens à demi brisés de leur antique barbarie, de leurs superstitions et des abominables pratiques dans lesquelles Satan essayait de les retenir, le même Satan semait la division au scindes Églises d’Orient et d’Afrique par le moyen des hérésies : donnant ainsi aux peuples incivilisés et grossiers des occupations grossières, et aux peuples philosophes et disputeurs, des arguties et des subtilités perfides pour aliment intellectuel.
Sitôt que le sang chrétien eut cessé de couler à son instigation sur les échafauds, pendant que la gnose grouillait partout dans les bas-fonds du christianisme comme une fangeuse vermine, dès le commencement du IVe siècle, Arius, prêtre d’Alexandrie, dans un accès d'orgueil froissé, et pour se venger en suscitant des troubles, s’avisa d’enseigner que Jésus-Christ n’était pas Dieu. Cette déplorable nouveauté ne s’insinua que trop aisément auprès des grands et des gens sans défiance. L’arianisme s’étendit de proche en proche et gagna une à une toutes les provinces de l’empire. Nous n’entreprendrons pas de tracer sa longue histoire : persécutions, exils, disputes, conciles et anticonciles, guerres déclarées, sang humain versé à grands flots, tel en est l’abrégé. Les troubles durèrent deux siècles, et couvrirent de ruines l’empire d’Orient, l’Espagne, la Gaule, l’Italie, l’Afrique. Si Satan avait triomphé, le christianisme était anéanti, mieux encore que par la gnose, puisqu’il en restait toutes les apparences, la morale et les pratiques, mais en l’absence de la rédemption, qui est le dogme capital, et de l’eucharistie, qui est le dogme générateur.
Pendant qu’Arius enseignait ses erreurs en Égypte, les deux Donat divisaient l’Église d’Afrique par un des schismes les plus funestes qui aient affligé le troupeau de Jésus-Christ, à l’occasion de l’élection d’un évêque de Carthage, nommé Cécilien, qui, par l’exactitude de sa doctrine et de sa vie, avait eu l’honneur de déplaire à quelques personnes trop puissantes.
Bientôt après parurent les macédoniens, qui nièrent la divinité du Saint-Esprit. Hérésie faible et petite dans ses commencements, mais qui s’étendit en se transformant, infesta peu à peu tout l’Orient, et dure encore, puisque c’est, avec la primauté romaine, le point capital qui divise l’Église grecque de l’Église latine. Si les Grecs orthodoxes, comme ils s’appellent, ne nient plus la divinité du Saint-Esprit, ils rejettent du moins sa procession du Verbe divin.
Le cinquième siècle vit les pélagiens, qui rejetèrent la nécessité de la grâce, et, par une conséquence inévitable, la nécessité de l’incarnation et delà rédemption, puisque l’homme pouvait ainsi se sauver sans le secours divin ; les nestoriens, qui divisèrent Jésus-Christ en deux personnes, l’une divine, l’autre humaine, ce qui anéantissait d’autre façon la valeur de la rédemption, puisque la personne humaine ayant seule pu souffrir et mourir, rien n’avait été acquis pour l’humanité, sauf une doctrine toute céleste enseignée par la personne divine. Vinrent ensuite les eutychiens, qui supprimèrent en Jésus-Christ la nature humaine, en l’absorbant dans la nature divine, ce qui rendait impossible toute réalité dans l’accomplissement des scènes douloureuses de la passion du Sauveur. Il ne restait plus qu’une vaine apparence et des ombres au calvaire. Et, dans un cas comme dans l’autre, la Vierge divine perdait son beau titre de Mère de Dieu, puisqu’elle n’avait donné l’être qu'à un homme, selon Nestorius, et qu’elle n’était mère qu’en apparence, selon Eutychès.
Au milieu de ces déchirements, suscités et entretenus par Satan, l’Église d’Orient perdit son unité ; la division succédant sans cesse à la division, les liens de la discipline se relâchèrent, la confiance n’exista plus des fidèles aux évêques, des évêques à leurs patriarches. Elle perdit sa fermeté et son assurance dans la foi, au sein de ce ballottage perpétuel entre des doctrines diverses et multiples : et où la discipline et la foi se relâchent, les mœurs se pervertissent. Or c’est ce qui arriva ; il ne resta bientôt plus que le nom et les apparences du christianisme. Des moines ignorants, disputeurs, orgueilleux, en révolte contre les évêques ; nul zèle pour l’extension de la foi et la correction des mœurs, puisque toutes les attentions étaient appelées vers la dispute ; un peuple ignorant et tournant à tout vent de doctrine, parce qu’il n’attachait d’autre importance à ces changements, que la facilité qu’il y trouvait de s’affranchir du joug des mœurs chrétiennes, telle fut dès lors presque toute cette portion de l’Église qui parlait la langue grecque.
Depuis longtemps le catholicisme était détruit en Afrique : le Vandale Genséric l’avait enseveli sous des ruines et noyé dans le sang ; il n’y restait plus que l’arianisme, qu’il y avait importé et implanté sur des décombres. La population qu’il y laissa , beaucoup moins nombreuse que celle qu’il y avait exterminée, ne tarda pas à perdre, avec la vigueur belliqueuse qu’il lui avait imprimée, les dernières traces de vie et de foi chrétiennes. Jésus-Christ ne pouvait plus reconnaître son Église ici ni là. Le ministre des vengeances divines parut : Mahomet fonda sa religion et son pouvoir en l’an 632.
Genséric avait été l’ange exterminateur de cette Église d’Afrique si grande, si puissante et si belle, mais déjà si divisée au temps du grand évêque d’Hippone, et disposée par là même à recevoir des doctrines plus néfastes encore : elle se laissa, en effet, honteusement salir et profondément gangréner par le manichéisme. Mahomet allait l’être de l’une et de l’autre, en rayant définitivement celle qu’avait fondée Genséric, et en ébranchant vigoureusement l’Église grecque, jusqu’à ce qu’il n’en restât plus que les tronçons.
Ainsi Dieu accorde à l’ange infernal la puissance de tenter, puis la puissance d’exercer la vengeance envers ceux qui ont succombé à ses séductions ; de sorte qu’il est lui-même le vengeur des crimes qu’il a fait commettre.
Les sanglantes querelles et les sacrilèges attentats des iconoclastes achevèrent de semer la division et d’ébranler la foi dans le sein de la malheureuse Église d’Orient pendant le VIIIe siècle ; puis, au IXe, Photius, patriarche de Constantinople, la sépara par un schisme de l’Église d’Occident ; d’où il arriva que le secours puissant des princes de l’Occident lui fît défaut, et que la foi défaillît en même temps au cœur de ses enfants. Aussi les deux tiers échangèrent la croix contre le turban, pour ne pas mourir, et l’autre tiers accepta la servitude dans ses propres foyers.


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