Saint Bernard remarque que, quand le démon nous veut séduire, il examine auparavant notre tempérament, notre caractère et nos inclinations : et qu'il nous attaque toujours par les choses où il voit que nous avons le plus de penchant. Ceux qui sont d'un naturel doux et susceptible des impressions du plaisir et de la joie, il les attaque par des images d'impureté et des sentiments de vanité : ceux qu'il reconnaît être d'un caractère dur et austère, il les combat par des mouvements continuels de colère, de dépit, d'orgueil, d'indignation et d'impatience. Ce que nous devons opposer à ses artifices, c'est d'examiner scrupuleusement quel est l'endroit de notre âme le plus faible et le plus dépourvu de défense ; c'est-à-dire quelles sont les choses à quoi l'inclination naturelle, ou la passion, ou l'habitude nous portent le plus ordinairement, et d'employer tous nos soins à fortifier le côté le plus faible, et où nous voyons qu'il y a le plus à craindre pour nous.
Les maîtres de la vie spirituelle, proposent un autre remède assez semblable à celui que prescrit Saint Bernard. Ils disent que la maxime générale, pour se défendre d'une tentation, est de recourir aussitôt à ce qu'elle a de plus contraire.
Un excellent remède que les Saints nous proposent encore, et que l'on peut regarder comme un remède général et très-salutaire, c'est de résister fortement aux tentations dès leurs premières attaques. « Pendant que votre ennemi, dit Saint Jérôme, est encore petit et faible, tuez-le, étouffez-le dans sa naissance : si vous le laissez croître et fortifier, peut-être ne serez-vous plus alors en état de lui résister. » La tentation est comme une étincelle de feu, qui peut causer un grand embrasement, si l'on ne se hâte de l'éteindre. Résistez au mal dès le commencement, disait un ancien Poète ; lorsqu'on l'a laissé invétérer, le remède arrive trop tard.
C'est encore un très-bon remède contre les tentations, que de s'occuper toujours à quelque travail utile. Cassien remarque que les Solitaires de son temps enseignaient à leurs disciples, et pratiquaient eux-mêmes soigneusement cette maxime qu'ils tenaient de leurs anciens : Que le démon vous trouve toujours occupé. C'est un moyen que Dieu lui-même enseigna à Saint Antoine, pour le mettre en état de persévérer dans la vie solitaire, et se défendre de diverses tentations qui en sont comme inséparables. Un jour ce saint Solitaire se plaignant des tentations qu'il éprouvait dans le temps de ses prières, il disait à Dieu : Seigneur, que ferai-je ? Je voudrais être meilleur que je ne suis, et ne penser jamais qu'à vous : mais une multitude d'autres pensées me troublent, et entraînent mon imagination après elles. Il entendit alors une voix qui lui dit : Antoine, si vous voulez plaire à Dieu, priez : et lorsque vous ne pourrez plus vaquer à la prière, travaillez de vos mains, et occupez-vous toujours à quelque chose : faites de votre côté ce que vous pourrez, et le secours d'en-haut ne vous manquera pas.
(Abrégé de la Pratique de la Perfection Chrétienne)
Reportez-vous à Prière pour demander à Dieu la victoire des tentations, Des Tentations qui se présentent à nous sous l'apparence du bien, La prière est encore un puissant remède contre la Tentation : Prières courtes et ferventes dont on se peut servir dans le temps des Tentations, La défiance de soi-même et la confiance en Dieu, sont des moyens salutaires pour vaincre les Tentations, Ce
qui peut surtout nous rassurer dans les Tentations, c'est que Dieu ne
permet pas que nous soyons tentés au-dessus de nos forces, Remède contre les Tentations ; premièrement, il ne faut pas se décourager quand elles nous arrivent, Que les tentations sont une leçon salutaire, et pour nous et pour les autres, Les tentations servent à nous mieux faire connaître notre faiblesse, et à nous faire sentir le besoin de recourir à Dieu, Pourquoi Dieu permet que l'on soit tenté ; Avantages réels qui résultent de ces tentations, Que les uns sont tentés au commencement de leur conversion ; et les autres après leur retour à Dieu, Les Tentations sont inévitables en cette vie mortelle, Des tentations, Conduite à tenir à l'égard des tentations, Des tentations et des illusions, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Avis le plus utile de tous : Priez !, Aspiration dans les tentations, De quelques remèdes contre les tentations de l'impureté, et Quelques autres remèdes contre les tentations d'impureté.
jeudi 7 octobre 2021
Autres remèdes contre les Tentations : Examiner scrupuleusement quel est l'endroit de notre âme le plus faible, recourir à ce qui est de plus contraire à la tentation, s'occuper toujours à quelque travail utile...
lundi 13 septembre 2021
ABRÉGÉ DU CATÉCHISME DE PERSÉVÉRANCE, DEUXIÈME PARTIE, Leçon XXXVIII : De la Pénitence
ABRÉGÉ DU CATÉCHISME DE PERSÉVÉRANCE
DEUXIÈME PARTIE
Contenant l'histoire et l'explication de la Religion
depuis la Naissance du Messie jusqu'à son Ascension
XXXVIIIe LEÇON
DE NOTRE UNION AVEC NOTRE-SEIGNEUR,
LE NOUVEL ADAM, PAR L'ESPÉRANCE.
DE LA PÉNITENCE.
Q. Qu'est-ce que le Sacrement de la Pénitence ?
R. La Pénitence est un Sacrement institué par Notre-Seigneur Jésus-Christ, pour nous rendre la vie divine et pour remettre tous les péchés commis après le Baptême : en sorte qu'il n'est aucun péché, quelque grand qu'il puisse être, qui ne soit remis par le Sacrement de Pénitence bien reçu.
Q. Combien y a-t-il de parties dans le Sacrement de Pénitence ?
R. Il y a deux parties dans le Sacrement de Pénitence : les actes du pénitent et l'absolution du prêtre.
Q. Quels sont les actes du pénitent ?
R. Les actes du pénitent, qui forment la matière du Sacrement de Pénitence, sont la contrition, la confession et la satisfaction.
Q. Que faut-il faire pour bien recevoir ce Sacrement ?
R. Pour bien recevoir ce Sacrement, il faut : 1° examiner sa conscience ; 2° se repentir de ses péchés ; 3° les confesser ; 4° en faire pénitence en satisfaisant à Dieu et au prochain.
Q. Qu'est-ce qu'examiner sa conscience ?
R. Examiner sa conscience, c'est chercher les péchés qu'on a commis afin de s'en confesser. Cet examen doit être : 1° exact : il faut s'examiner avec beaucoup de soin sur tous les péchés, de pensées, de paroles, d'actions ou d'omissions, qu'on a pu commettre ; 2° impartial : il faut s'examiner sans se flatter, comme nous examinerions un étranger.
Q. Quels sont les moyens de bien faire l'examen de conscience ?
R. Les moyens de bien faire l'examen de conscience sont : la prière, une foi vive, le recueillement et l'habitude de s'examiner tous les soirs.
Q. Depuis quel temps faut-il s'examiner ?
R. Il faut s'examiner depuis la dernière bonne confession, parce que les péchés accusés dans des confessions mauvaises ne sont pas pardonnés, et il faut les confesser de nouveau.
Q. Quand on a examiné sa conscience, que faut-il faire ?
R. Quand on a examiné sa conscience, il faut s'exciter à la contrition.
Q. Qu'est-ce que la contrition ?
R. La contrition est une douleur de l'âme et une détestation des péchés qu'on a commis, avec le ferme propos de ne plus les commettre. On distingue deux sortes de contritions : la contrition parfaite et la contrition imparfaite, qu'on appelle attrition.
Q. Qu'est-ce que la contrition parfaite ?
R. La contrition parfaite est la douleur d'avoir offensé Dieu, parce qu'il est infiniment bon et que le péché lui déplaît : la contrition parfaite, jointe au vœu du Sacrement de Pénitence, suffit pour remettre les péchés.
Q. Qu'est-ce que la contrition imparfaite ?
R. La contrition imparfaite est la douleur d'avoir offensé Dieu, parce que le péché mérite l'enfer, prive du ciel et renferme une grande laideur : elle suppose un commencement d'amour de Dieu, et, pour remettre les péchés, il faut qu'elle soit jointe au Sacrement de Pénitence.
Q. Que renferme la contrition ?
R. La contrition renferme deux choses : 1° le repentir des péchés ; 2° le ferme propos de les éviter à l'avenir.
Q. Quelles sont les qualités de la contrition ?
R. La contrition doit être intérieure : elle doit être dans le cœur, et non pas seulement sur les lèvres ou dans l'imagination ; souveraine : le péché mortel doit nous déplaire plus que tout autre mal, parce qu'il nous prive du plus grand de tous les biens, qui est Dieu ; surnaturelle : elle doit être produite en nous par la grâce du Saint-Esprit et fondée sur des motifs connus par la foi ; universelle : elle doit s'étendre à tous les péchés mortels sans exception.
Q. Qu'est-ce que le ferme propos ?
R. Le ferme propos est la résolution de ne plus offenser Dieu et de réparer l'injure qu'on lui a faite ou le tort qu'on a causé au prochain : il doit avoir les mêmes qualités que la contrition.
Q. Que faut-il faire pour avoir la contrition et le ferme propos ?
R. Pour avoir la contrition et le ferme propos, il faut : 1° les demander à Dieu par l'intercession de la sainte Vierge, de son bon Ange et des saints pénitents ; 2° se pénétrer de quelqu'un des motifs de contrition, en se représentant le bon Dieu outragé par le péché, Notre-Seigneur crucifié, le ciel perdu, l'enfer mérité ; 3° terminer en faisant un acte de contrition du fond du cœur.
Q. Comment peut-on juger si on a le ferme propos ?
R. On peut juger qu'on a le ferme propos, quand on fait des efforts sérieux pour se corriger, en fuyant les occasions du péché et en suivant les avis du confesseur.
Q. Quand on s'est excité à la contrition, que faut-il faire ?
R. Quand on s'est excité à la contrition, il faut se confesser.
Q. Qu'est-ce que la confession ?
R. La confession est une accusation de ses péchés faite à un prêtre approuvé, pour en recevoir l'absolution.
Q. Comment faut-il dire ses péchés ?
R. Il faut dire ses péchés simplement, sans s'excuser, disant ce qui est nécessaire, et rien que ce qui est nécessaire ; humblement, avec une grande confusion intérieure et extérieure de les avoir commis ; purement, en se servant de paroles modestes ; douloureusement, avec un sincère regret de les avoir commis ; sincèrement, en les disant tels qu'ils sont, sans les diminuer, ni les augmenter, ni les déguiser, ni les cacher ; entièrement, en accusant tous les péchés mortels, et au moins les circonstances qui en changent l'espèce ; et, si on ne peut en savoir le nombre, il faut dire à peu près.
Q. Toutes ces conditions sont-elles également indispensables ?
R. Toutes ces conditions ne sont pas également indispensables : les trois premières sont très utiles, les trois dernières sont nécessaires.
Q. Si on avait eu le malheur de cacher un péché mortel, que faudrait-il faire ?
R. Si on avait eu le malheur de cacher un péché mortel, ou qu'on croyait mortel, il faudrait recommencer les confessions dans lesquelles on l'aurait caché, dire le péché qu'on a caché, et, de plus, dire qu'on l'a caché.
Je prends la résolution d'aimer Dieu par-dessus toute chose, et mon prochain comme moi même pour l'amour de Dieu ; et, en témoignage de cet amour, je serai toujours fidèle à me confesser souvent.
Deuxième Partie : Leçon I : État du monde à la venue du Messie, Leçon II : Naissance du Messie, Leçon III : Vie cachée de Notre-Seigneur Jésus-Christ, Leçon IV : Vie publique de Notre-Seigneur, Première année, Leçon V : Vie publique de Notre-Seigneur, Première année, Leçon VI : Vie publique de Notre-Seigneur, Première année, Leçon VII : Vie publique de Notre-Seigneur, Deuxième année, Leçon VIII : Vie publique de Notre-Seigneur, Deuxième année, Leçon IX : Vie publique de Notre-Seigneur, Troisième année, Leçon X : Vie publique de Notre-Seigneur, Troisième année, Leçon XI : Vie publique de Notre-Seigneur, Troisième année, Leçon XII : Passion de Notre-Seigneur, Leçon XIII : Passion de Notre-Seigneur, Suite, Leçon XIV : Sépulture et Résurrection de Notre-Seigneur, Leçon XV : Vie glorieuse de Notre-Seigneur, Leçon XVI : Notre-Seigneur Réparateur du monde, Leçon XVII : Notre-Seigneur, Nouvel Adam, Leçon XVIII : Union de notre esprit avec Notre-Seigneur, le nouvel Adam, par la Foi, premier et deuxième articles du Symbole, Leçon XIX : Troisième, quatrième et cinquième articles du Symbole, Leçon XX : Le Purgatoire, Leçon XXI : Sixième et septième articles du Symbole, Leçon XXII : Huitième article du Symbole, Leçon XXIII : Neuvième article du Symbole, l'Église, Leçon XXIV : Neuvième article du Symbole, Leçon XXV : Dixième article du Symbole, Leçon XXVI : Onzième article du Symbole, Leçon XXVII : Douzième article du Symbole, Leçon XXVIII : Espérance et Grâce, Leçon XXIX : Premier moyen d'obtenir la grâce, la prière, Leçon XXX : Premier moyen d'obtenir la grâce, la prière : l'Oraison dominicale, Leçon XXXI : L'Ave Maria ou Salutation angélique, Leçon XXXII : Les sacrements, Leçon XXXIII : Le Baptême, Leçon XXXIV : Le Baptême (Suite), Leçon XXXV : La Confirmation, Leçon XXXVI : L'Eucharistie, Leçon XXXVII : L'Eucharistie (Suite).
Première Partie : Leçon I : Enseignement vocal de la Religion, Catéchisme, Leçon II : Enseignement écrit, Écriture et Tradition, Leçon III : Connaissance de Dieu considéré en Lui-même, Leçon IV : Connaissance de Dieu par ses ouvrages, 1er Jour de la Création, Leçon V : Connaissance de Dieu par ses ouvrages, 2e Jour de la Création, Leçon VI : Connaissance de Dieu par ses ouvrages, 3e Jour de la Création, Leçon VII : Connaissance de Dieu par ses ouvrages, Fin du 3e et commencement du 4e Jour de la Création, Leçon VIII : Connaissance de Dieu par ses ouvrages, suite du 4e Jour de la Création, Leçon IX : Connaissance de Dieu par ses ouvrages, 5e Jour de la Création, Leçon X : Connaissance de Dieu par ses ouvrages, Fin du 5e et commencement du 6e Jour de la Création, Leçon XI : Connaissance de Dieu par ses ouvrages, Suite du 6e Jour de la Création, Leçon XII : Connaissance de l'homme considéré en lui-même, Leçon XIII : Connaissance de l'homme considéré dans ses rapports avec les créatures, Leçon XIV : Connaissance de l'homme considéré dans ses rapports avec Dieu, Leçon XV : Connaissance des Anges, Leçon XVI : Chute de l'homme, Leçon XVII : Accord de la justice et de la miséricorde divine dans la punition et dans la transmission du péché d'Adam, Leçon XVIII : Nécessité et perpétuité de la Foi au Mystère de la Rédemption, Histoire de Job, Leçon XIX : Connaissance de la Religion, Nature et définition de la Religion, Leçon XX : Connaissance de la Religion, Que la Religion est une Loi, Leçon XXI : Le Messie promis et figuré : Adam et Abel, Leçon XXII : Le Messie promis et figuré, Noé, Troisième Figure du Messie, Leçon XXIII : Deuxième promesse et quatrième figure du Messie, Melchisédech, Leçon XXIV : Isaac, cinquième Figure du Messie, Leçon XXV : Le Messie promis et figuré, Jacob, Sixième Figure du Messie, Leçon XXVI : Le Messie promis et figuré, Joseph, Septième Figure du Messie, Leçon XXVII : L'Agneau pascal, Huitième Figure du Messie, Leçon XXVIII : La Manne, Neuvième Figure du Messie, Leçon XXIX : Les sacrifices et le serpent d'airain, Dixième et onzième Figure du Messie, Leçon XXX : Moïse, Douzième Figure du Messie, Leçon XXXI : Josué, Treizième Figure du Messie, Leçon XXXII : Gédéon, quatorzième Figure du Messie, Leçon XXXIII : Samson, Quinzième Figure du Messie, Leçon XXXIV : Sixième Promesse du Messie, Leçon XXXV : David, Seizième Figure du Messie, Leçon XXXVI : Salomon, Dix-septième Figure du Messie, Leçon XXXVII : Jonas, Dix-huitième Figure du Messie, Leçon XXXVIII : Le Messie prédit, Prophéties de David, Leçon XXXIX : Le Messie prédit, Prophéties d'Isaïe, Leçon XL : Le Messie prédit, Prophéties d'Osée, de Michée, de Joël et de Jérémie, Leçon XLI : Le Messie prédit, Prophéties d'Ézéchiel, Leçon XLII : Le Messie prédit, Prophéties de Daniel, Leçon XLIII : Le Messie prédit, Prophéties d'Aggée, de Zacharie et de Malachie, Leçon XLIV : Résumé général et application des promesses, des figures et des prophéties, à Notre-Seigneur Jésus-Christ, Leçon XLV : Le Messie préparé, Monarchie des Assyriens, Leçon XLVI : Le Messie préparé, Monarchie des Assyriens, Histoire de Judith, Leçon XLVII : Le Messie préparé, Histoire de Tobie, Leçon XLVIII : Le Messie préparé, Monarchie des Perses, Histoire d'Esther, Leçon XLIX : Le Messie préparé, Monarchie des Grecs et des Romains, Leçon L : Le Messie préparé, Histoire des Machabées, Leçon LI : Unité de la Religion et de l’Église.
jeudi 17 juin 2021
Comment faire son examen particulier sur la vertu de l'Humilité
L'examen particulier comme nous l'avons déjà remarqué doit avoir un seul objet : l'examen fait de cette sorte est plus efficace que si, dans cet exercice, on embrassait plusieurs objets à la fois ; et c'est précisément parce qu'on ne s'y attache qu'à un seul, qu'on l'appelle examen particulier. Cette pratique est d'une très-grande importance ; et même pour y réussir plus facilement, il faut séparer en plusieurs membres le vice ou la vertu que l'on choisit pour sujet de cet examen. Voyez donc en quoi principalement vous avez coutume de manquer d'humilité, ou de vous laisser dominer par l'orgueil : c'est par-là que vous devez commencer à vous réformer ; ensuite, quand vous serez venu à bout de surmonter un obstacle, attachez-vous à en écarter un autre, puis un autre ; par cette méthode, vous arracherez peu à peu l'orgueil de votre cœur, et vous parviendrez à acquérir l'humilité. Mais afin que l'on puisse s'examiner plus utilement sur une vertu si nécessaire, nous parcourrons ici en détail les divers points que chacun peut prendre pour sujet de son examen particulier.
Proposons-nous, en premier lieu, de ne rien dire qui puisse tourner à notre avantage.
Prenons pour second sujet de notre examen, ainsi que Saint Basile, Saint Jérôme, Saint Augustin et Saint Bernard nous le recommandent, de n'aimer en aucune manière à nous entendre louer et à entendre dire du bien de nous ; car il est dangereux d'y prendre plaisir. Saint Jean Climaque dit, que quand on nous loue, nous devons nous rappeler le souvenir de nos Péchés ; qu'alors nous nous trouverons bien indignes des louanges qu'on nous donne, et qu'elles ne serviront qu'à nous faire entrer dans de plus grands sentiments de confusion et d'humilité.
Nous pouvons prendre pour troisième point de notre examen particulier, de ne rien faire pour être remarqués ni estimés des hommes : c'est de quoi Jésus-Christ nous avertit dans l'Évangile, quand il dit : « Prenez garde de ne pas faire vos bonnes œuvres devant les hommes pour en être vus ; autrement, vous n'en aurez nulle récompense de votre Père qui est dans les Cieux. »
Cet examen est très utile, et on pourra le diviser en plusieurs parties. On peut se proposer d'abord de ne rien faire par respect humain ; ensuite d'agir avec une grande pureté d'intention ; de plus, de faire ses actions avec toute la perfection dont nous sommes capables, comme les faisant en effet sous les yeux de Dieu et en sa présence, et comme les faisant pour le service de Dieu, et non pour celui des hommes ; enfin, de les faire de telle sorte, qu'il semble, comme nous avons déjà dit ailleurs, en parlant de la pureté d'intention, que toutes nos actions ne soient qu'une suite et un effet d'un mouvement de l'amour de Dieu, dont nous devons être épris.
Le quatrième sujet de notre examen sera de ne point chercher à nous excuser, lorsqu'on nous reprochera quelque faute : car il n'y a que l'orgueil qui nous porte alors à nous justifier et à nous défendre.
En cinquième lieu, c'est encore une sorte d'examen très-utile, que de nous attacher à ne pas entretenir librement notre imagination dans des pensées d'orgueil où elle s'égare souvent.
Le sixième sujet de cet examen particulier, pourra être de placer tous les autres hommes au-dessus de soi.
On peut pour septième point de cet examen particulier, se proposer de supporter avec douceur et avec patience toutes les occasions d'humiliation qui pourront se présenter.
Nous pouvons, en dernier lieu, employer notre examen particulier à faire des actes d'humilité, soit intérieurs, soit extérieurs ; nous accoutumer à en produire plusieurs dans la matinée, et plusieurs autres dans le reste de la journée ; commencer d'abord par produire quelques-uns de ces actes, et en augmenter ensuite chaque jour le nombre, jusqu'à ce que nous ayons acquis une grande facilité à pratiquer cette vertu, et que nous en ayons absolument contracté l'habitude. Ce que je dis de la vertu d'humilité, peut s'appliquer aisément à toutes les autres ; et de cette sorte, l'adresse que nous aurons eu de diviser nos ennemis et de les combattre séparément, et l'un après l'autre, nous fera remporter une victoire et plus prompte et plus complète.
(Abrégé de la Pratique de la Perfection Chrétienne)
Reportez-vous à Du troisième degré de l'Humilité : En quoi il consiste, Comment dans l'oraison nous pouvons nous exercer à la pratique du second degré d'Humilité, Pour acquérir la vertu de l'Humilité, il faut en pratiquer les Actes, Sans l'Humilité, on ne saurait avoir la paix intérieure, De quelle manière on peut s'élever au second degré de l'Humilité, Du second degré de l'Humilité, et en quoi il consiste, La connaissance de nous-mêmes ne doit pas nous faire perdre le courage, ni la confiance, Que la considération de ses péchés est un excellent moyen pour se connaître soi-même, et pour acquérir l'humilité, Du premier degré de l'Humilité, qui est d'avoir une humble opinion de soi-même, Principales Vertus dont l'Humilité est le fondement, Il n'y a point de Vertu solide sans l'Humilité : elle est le fondement de toutes les autres Vertus, Excellence et nécessité de l'Humilité, Prière pour demander l'humilité, Prière pour obtenir l'humilité, l'exemple de Saint Robert Bellarmin et de Saint Ignace, et comment acquérir cette vertu, Le Saint Curé d'Ars dans sa conversation : Humilité de M. Vianney, De l'amour du Père Surin pour l'humilité, dans l'union avec Notre-Seigneur Jésus-Christ, Des vertus de Marie : l'humilité, De la merveilleuse humilité du séraphique saint François, Litanies de l'humilité, Méditation sur les effets de l'orgueil, Méditation sur l'humilité des Saints, Méditation sur la pratique de l'humilité Chrétienne, Méditation sur les avantages de l'humilité Chrétienne, La Crèche, Sur ces paroles : Vous avez tiré votre parfaite louange de la bouche des enfants et de ceux qui sont à la mamelle. (Psaume 8), De deux sortes de Mortifications, De la nécessité de la Mortification : En quoi elle consiste, Sur Jésus-Christ, L'intérieur de Marie, De l'enfance spirituelle, et De la paix de l'âme.
vendredi 5 juin 2020
PRATIQUE DE L'EXAMEN DE CONSCIENCE
PRATIQUE DE L'EXAMEN DE CONSCIENCE, MANIÈRE DE BIEN FAIRE SON EXAMEN DE CONSCIENCE
Points principaux de l'examen de conscience
L'examen de conscience consiste en cinq points principaux :
1° Rendre grâces à Dieu des bienfaits qu'on en a reçus ;
2° Demander à Dieu la grâce de bien connaître tous ses péchés ;
3° Examiner avec soin sa conscience ;
4° Demander à Dieu le pardon des péchés qu'on a commis, et en concevoir une sincère douleur ;
5° Prendre une ferme résolution de se corriger.
PREMIER POINT
ACTIONS DE GRÂCES DES BIENFAITS DE DIEU
Jetez un coup d'œil sur les bienfaits de Dieu, afin qu'à la vue de ses bienfaits, mis en opposition avec vos offenses, vous soyez couvert de confusion, et plus sensiblement touché de votre Ingratitude, comme autrefois David, à la voix du prophète Nathan. Pénétrez-vous d'une vive reconnaissance pour tous les biens dont Dieu vous a comblé, et en particulier pour la grâce qu'il vous a faite de vous ménager, dans le sacrement de pénitence, un remède à toutes vos infirmités.
ACTE DE RECONNAISSANCE
Quelles obligations ne vous ai-je pas, ô mon Dieu, de m'avoir ménagé, après ma disgrâce, les moyens d'une réconciliation parfaite ? C'était peu de m'avoir purifié dans les eaux sacrées du baptême, vous me préparez encore un bain salutaire, dans celles de la pénitence, pour laver toutes mes iniquités ; c'est pour cela que vous avez communiqué à votre Église, en la personne de vos apôtres, le pouvoir de remettre les péchés : Accipite Spiritum Sanction : quorum remiseritis peccata, remittentur eis (Joan. 20, 22). Quelle bonté dans vous, d'avoir établi, en faveur des pécheurs, un tribunal de grâces toujours ouvert ! Pourrais-je être insensible à une marque si éclatante de votre amour ? C'est moi qui me suis éloigné de vous par le mépris que j'ai fait de votre sainte loi ; et c'est vous qui faites les premières démarches. Père de miséricorde, Dieu de bonté, soyez-en éternellement béni. Agréez que je me réfugie dans l'asile que vous m'offrez ; mais ne permettez pas que j'abuse, par une nouvelle ingratitude, de cette ressource de salut. Non, ce n'est point le respect humain, ni la coutume, ni la crainte de passer pour une âme négligente sur son salut, qui m'amène à vos pieds ; c'est le regret d'avoir mérité votre disgrâce. Eh ! Seigneur, peut-on vivre tranquille, quand on pense qu'on est votre ennemi, et qu'on a offensé le meilleur de tous les pères ?
SECOND POINT
INVOCATION DU SECOURS DE DIEU POUR CONNAÎTRE SES PÉCHÉS
Demandez à Dieu la grâce de connaître les péchés dont vous êtes coupable ; car il est bien difficile que plusieurs n'échappent à votre souvenir, vu la facilité avec laquelle souvent on les commet, et le peu d'exactitude qu'on apporte, en faisant tous les jours l'examen de sa conscience. Mais ne vous bornez pas ù demander à Dieu cette connaissance sèche et stérile de l'état de votre âme : priez-le de vous découvrir toute ta malice et la grièveté du péché.
PRIÈRE AU SAINT-ESPRIT,
POUR LUI DEMANDER LA GRÂCE DE CONNAÎTRE SES PÉCHÉS
Esprit saint, source de lumière, daignez me communiquer un rayon de votre divine intelligence, afin que rien n'échappe à l'exacte recherche que je vais faire de mes iniquités. Ô vous, qui m'avez créé, et qui devez être mon juge, vous connaissez sans doute le fond de mon cœur. Montrez-m'en tous les replis aussi distinctement que je les connaîtrai un jour, quand, au sortir de cette vie, il me faudra paraître devant vous pour subir votre jugement ; car il s'agit de le prévenir, ce jugement rigoureux ; et, si je manquais aujourd'hui d'exactitude et de droiture dans la recherche et l'aveu de mes désordres, vous réformeriez, à votre tribunal, l'injustice d'une révision trop favorable. Faites-moi donc connaître et les pensées secrètes, et les désirs déréglés, et les actions criminelles, et les omissions de mes devoirs, et les scandales que j'ai causés. Éclairez-moi, Dieu de vérité ; ne souffrez pas que l'amour que j'ai pour moi me séduise et m'aveugle : ôtez le voile qu'il me met devant les yeux, afin que rien ne m'empêche de me faire connaître, autant qu'il est nécessaire, à celui qui tient ici votre place.
AUTRE PRIÈRE POUR DEMANDER À DIEU
LA GRÂCE DE CONNAÎTRE SES PÉCHÉS
Je sais, ô mon Dieu, que je suis pécheur, et que je vous ai beaucoup offensé ; mais, de moi-même, je ne puis découvrir ni le nombre, ni l'énormité de mes péchés. Seigneur, éclairez mes ténèbres. Faites-moi connaître présentement toutes les fautes dans lesquelles je suis tombé. Je ne demande à les connaître que pour les pleurer devant vous, pour les détester, et pour me corriger à l'avenir. Donnez-moi toute l'horreur et la contrition que j'en dois avoir.
TROISIÈME POINT
EXAMEN DE CONSCIENCE
Examinez-vous avec soin sur les péchés commis depuis votre dernière confession, et sur les fautes mêmes que vous aurez pu y commettre ; mais faites cet examen sans inquiétude : on a satisfait à ses obligations sur ce point, quand on a tâché, de bonne foi et de son mieux, d'y satisfaire ; il faut pour cela une recherche de ses péchés, faite avec la même application et le même soin, qu'on apporterait dans les choses de la vie, où l'on a intention et intérêt de ne pas se tromper.
EXAMEN GÉNÉRAL DES PÉCHÉS
POUR LES CONFESSIONS ORDINAIRES
PÉCHÉS DANS LA RÉCEPTION DES SACREMENTS
Confessions précédentes. (Dans l'examen), défaut de recueillement, d'exactitude ; (dans la contrition), défaut de regret du passé, de ferme propos pour l'avenir... Sans la demander à Dieu... Sans l'exciter en soi, en se pénétrant des motifs ; (dans la confession), défaut de sincérité ; (dans la pénitence), défaut d'attention... Omission par oubli, ou négligence... Délai trop long, hors du temps marqué...
Communions. Manque des dispositions nécessaires, etc.
PÉCHÉS ENVERS DIEU
Contre la foi. Négligence à s'instruire de la religion ; à écouter les instructions... Doutes ou pensées contraires à la foi volontaires... Danger de perdre la foi encouru par des livres, discours, compagnies impies... Dissimulation de sa foi par respect humain.
Contre l'espérance. Manque de confiance en Dieu, ou désespoir et défiance de la divine miséricorde, ou découragement volontaire... Présomption de la bonté de Dieu, ou de ses propres forces.
Contre la charité. Résistance volontaire aux inspirations du ciel... Négligence à empêcher le mal quand on le doit et qu'on le peut... Respect humain, qui fait omettre le bien ou faire le mal... Oubli de Dieu, ou aversion, ou indifférence pour lui... Défaut de soumission à la conduite de sa Providence... Oubli de ses bienfaits, négligence à lui en rendre grâces... Préférence de la créature, du monde et des plaisirs... Partage de son cœur entre Dieu et quelque autre chose qu'on ne doit pas aimer, ou n'aimer que pour Dieu... Amour du prochain non pour l'amour de Dieu.
Contre la religion. Omission du rapport de ses actions à Dieu ; des actes de foi, d'espérance et de charité ; de la fréquentation des sacrements ; des pratiques journalières d'obligation (offrande de son cœur à Dieu, prières du matin et du soir, examen de conscience suivi d'un acte de contrition) ; des devoirs de religion, pour sanctifier les dimanches et fêtes (offices, messe, vêpres, sermon, prône, catéchisme, lecture de piété), ou défaut d'intention, et négligence dans la manière de les remplir... Défaut de respect à l'Église et dans les prières, inattention, postures immodestes, vue égarée, pensées étrangères, paroles inutiles, distractions et ris volontaires, scandales... Violation des saints jours par des crimes, par le travail, ventes ou achats, par les jeux, les divertissements, les compagnies qui détournent du service de Dieu... Profanation des choses saintes... Impiété ; mépris des personnes consacrées à Dieu, railleries sur la religion, la piété, la vertu ; dérisions contre ceux qui la pratiquent... Superstitions, foi aux songes, foi à la bonne aventure... Blasphèmes... Vœux téméraires ou indiscrets... Serments ou jurements vrais, mais sans nécessité, faux, vains, où le nom de Dieu est pris en vain, c'est-à-dire employé sans nécessité... Mots grossiers, ou espèces de jurements... Mensonges...
ENVERS LE PROCHAIN
En pensées... Soupçons désavantageux, ou jugements téméraires... Pensées de mépris pour sa personne... Réflexions malignes sur ses défauts... Haine, aigreur, aversion... Ressentiment ou souvenir des injures, et désir de vengeance, etc.
(Il faut déclarer si ces sentiments ont été volontaires, s'ils ont duré, s'ils ont paru au dehors, si on les a communiqués à quelqu'un, si c'est en matière grave ou légère, à l'égard de quelles personnes, supérieures ou non.)
En paroles. Calomnies, ou médisances en paroles, en chansons, par écrit, faites, entendues sans les arrêter quand on le pouvait.
(Il faut dire par quel motif on les a faites, à l'égard de quelles personnes, consacrées à Dieu, constituées en dignité, ou autres ; et devant combien de personnes ; si elles sont en chose légère ou de conséquence, et préjudiciables aux biens ou à la réputation d'autrui)...
Discours contre la charité ; rapports faits mal à propos, soit vrais, soit faux ; mauvais conseils...
(Il faut dire s'ils ont eu des suites, s'ils ont été des semences de division ou causes de dommage)...
Flatterie, faux témoignage... Déclaration du secret, ou des fautes d'autrui... Injures en paroles outrageantes, reproches des défauts, imprécations ou malédictions, en se souhaitant du mal, ou aux autres, et à quelles personnes. (Parents, maîtres, etc.).
En actions. Injuste détention du bien d'autrui... Infidélités ou tromperies au jeu, et dans les marchés... Scandale, mauvais exemple ; approbation du mal, par des applaudissements, ou même parle silence ; complicité, par tolérance ou dissimulation, d'un mal qu'on doit ou qu'on peut empêcher ; participation aux vols, ou aux fautes d'autrui ; occasion donnée au prochain d'offenser Dieu, en l'empêchant de s'acquitter de ses devoirs, et en le détournant du bien.
En omission. Négligence à restituer... À réparer des médisances... À se réconcilier... À saisir les occasions que Dieu fait naître d'aider le prochain, principalement par rapport à son salut... À s'acquitter de ses devoirs à l'égard de tous.
Envers les supérieurs. (Parents, maîtres, ou ceux qui tiennent leur place.) Manque d'estime, de respect, d'amour, d'obéissance, de fidélité, de déférence, d'assistance temporelle ou spirituelle, et de reconnaissance.
Envers les inférieurs. (Domestiques, etc.) Manque d'instruction, de bon exemple, de correction, de justice, de condescendance, de douceur et de charité.
Envers les égaux. (Frères, sœurs, condisciples) et même envers tous. Manque de complaisance, d'égards, de prévenance, de support et de patience.
ENVERS SOI-MÊME
Par orgueil. Ambition ou recherche des honneurs, ou désir immodéré de la gloire, des distinctions... Orgueil ou estime et opinion trop avantageuse de soi-même, fierté, hauteur, mépris des autres, discours avantageux de soi... Vanité ou désir de paraître, de plaire, d'attirer l'estime pour des qualités ou des avantages frivoles et étrangers à celui qui s'en prévaut (Naissance, richesses, habits, etc.). Vaine complaisance pour soi (Figure, voix, talents, vertus, bonnes-œuvres, etc.)... Présomption ; trop de confiance en ses lumières ; préférence de son jugement ; attache à son propre sens ; opiniâtreté, entêtement... Vaine gloire de quelque succès, ou avantage reçu de Dieu, sans le lui rapporter... Amour-propre ou amour pour soi, qui fait qu'on se recherche en tout, qu'on ne parle que de soi, qu'on ne s'occupe que de soi, de sa personne, ou des autres par rapport à soi et pour son intérêt personnel ; susceptibilité et sensibilité d'amour-propre ; dissimulation et excuses de ses fautes... Hypocrisie ou fausse apparence de piété ; modestie affectée.
Par avarice. Avarice ou trop d'attache aux biens de la vie... Trop d'inquiétude pour l'avenir... Dureté à l'égard des pauvres, en ne leur faisant pas l'aumône selon son pouvoir Refus du nécessaire à soi-même ou aux autres.
Par envie. Envie ou déplaisir du bien d'autrui et joie du mal qui lui arrive. Jalousie du mérite d'autrui, refus de le reconnaître ou de lui donner des éloges, ou envie des récompenses qui lui sont dues... Chagrin ou dépit de la préférence que l'on fait d'un autre ou de ses avantages... Désir de le décrier ou supplanter Désir de ce qu'il possède.
Par gourmandise. Gourmandise ou excès et avidité dans le boire et dans le manger, surtout en des choses nuisibles à la santé
(Il faut dire aussi si on y a excité les autres.)
Friandise ou recherche des choses les plus délicates Sensualité dans le boire et dans le manger aux repas, ou même hors des repas, en mangeant sans règle et sans besoin... Manquement aux abstinences et aux jeûnes ordonnés par l'Église, ou manque d'y suppléer en cas de dispense légitime.
Par colère. Mouvements de colère, d'humeur non réprimés... Emportement, vivacité, impatience à laquelle on s'est laissé aller, sans se retenir... Paroles injurieuses, querelles, coups et autres effets qui ont pu s'ensuivre... Refus de pardonner et de contribuer de sa part à la réconciliation... Occasion donnée aux autres de s'emporter... Sujets d'impatience donnés à ses parents ou à ses maîtres.
Par paresse. Paresse ou négligence des choses qui sont de devoir, d'obligation ; crainte de la peine qu'il faut prendre pour les remplir ; amour excessif du repos... Fainéantise ou amour du désœuvrement ; aversion pour l'occupation ; fuite du travail, surtout de ce lui de son état... Nonchalance ou manque de soin, d'ordre, de propreté, en laissant toutes choses à l'abandon... Oisiveté ou perte de temps, en ne faisant pas un bon emploi du temps, en négligeant de s'appliquer à ses devoirs, ou à ses études, en s'abandonnant aux divertissements permis à contre-temps, ou même à des jeux défendus... Indolence au lit, en donnant trop de temps au sommeil, ou en se laissant aller à ces délais réfléchis qu'inspire une mollesse efféminée... Négligence ou inattention et défaut d'exactitude pour s'instruire des devoirs de son état, et s'en acquitter, pour mortifier ses passions, détruire son défaut dominant, fuir les occasions et mettre en usage les moyens de se corriger.
Par luxure. Occasions ; curiosité ; mauvais livres ; lettres ou billets suspects ; mauvaises compagnies ; liaisons pernicieuses ; assemblées dangereuses ; bals, spectacles, mascarades, etc. ; jeux indécents.
(Il faut dire si on s'est exposé à l'occasion de pécher, ou si on l'a donnée aux autres.)
Pensées, désirs, paroles ou entretiens ; chansons, regards, actions, modes, ajustements et manières immodestes ; libertés, complaisances, familiarités contraires à la décence.
Nota. Nous avons un peu détaillé l'examen ci-dessus, pour les personnes peu instruites, dont le nombre augmente chaque jour, ainsi que pour la plupart des personnes du monde, dont les examens sont d'autant plus superficiels, que leur conduite est moins régulière et moins réfléchie.
QUATRIÈME POINT
DOULEUR D'AVOIR OFFENSÉ DIEU,
DE QUI ON IMPLORE LE PARDON DE SES PÉCHÉS
Présentez-vous devant la divine majesté, avec confusion, et comme un coupable chargé du poids de ses iniquités. Formez les actes de contrition et de résolution qui suivent, dans le plus profond de votre cœur, sans vous contenter de les prononcer de bouche ; et pénétrez-vous-en, y ajoutant de vous-même ce que la grâce vous suggérera : surtout, tâchez de retourner à Dieu, par un motif plus noble que celui de la crainte ; produisez un sentiment de repentir par le motif de l'amour le plus tendre.
ACTE DE CONTRITION, OU DE REGRET ET DE DOULEUR DU PASSÉ
Quel sujet de confusion pour moi, ô mon Dieu, de tomber toujours dans les mêmes fautes, si souvent, si facilement, et après vous avoir tant de fois promis de ne plus les commettre ? Comment ai-je pu pécher, en votre présence, pour si peu de chose, connaissant combien le péché vous déplaît et abusant même de vos bienfaits pour vous offenser !
Laissez-vous toucher, ô mon Dieu, par les regrets d'un cœur véritablement contrit, d'un cœur plus touché de ses fautes par le déplaisir que vous en avez reçu, que pour la punition qu'elles ont méritée ; car est-il une plus grande peine que celle d'avoir déplu à un Dieu infiniment bon et digne d'être infiniment aimé ? Je sais qu'il n'est rien de plus terrible que de tomber entre les mains du Dieu vivant : quel est l'homme qui pourra soutenir cette formidable sentence ? Retirez-vous de moi, maudits, allez au feu éternel ? (Matth. 24) Mais je suis encore plus pénétré de la crainte de vous perdre que de la rigueur de vos supplices. Oui, cette patience à m'attendre, cette facilité à me pardonner, cette disposition à me combler de nouvelles grâces m'attendrit de la plus vive reconnaissance ; et malgré l'excès de vos bontés et de mes ingratitudes, ma douleur est si faible qu'à peine fait-elle impression sur mon âme. Où en suis-je, ô mon Dieu !
Oh ! si mes regrets pouvaient égaler mes fautes ! Suppléez à ma douleur, Sauveur, agonisant dans le jardin des olives ; mettez dans mon cœur une goutte de cette mer d'amertume, dont votre âme fut alors inondée. Que je sois triste de mon péché, et triste jusqu'à la mort. Que votre miséricorde, qui m'inspire le désir et la résolution de laver mes péchés dans les eaux de la pénitence, vous engage à produire en moi les dispositions nécessaires à ce sacrement.
Pardon, ô mon Dieu, pour tout le mal que j'ai commis et que j'ai fait commettre : pardon pour tout le bien que je n'ai pas fait, ou que j'ai mal fait : pardon pour tous les péchés que je connais, et que je ne connais pas. Je les déteste et je les désavoue, et je voudrais réparer ; au prix de ce que j'ai de plus cher, le malheur de vous avoir offensé. Je n'avais pas compris jusqu'ici la grandeur de mes fautes, la malice du péché, l'amertume qu'il entraîne après lui ; mais à présent que je reconnais toutes vos amabilités, qu'il ne me reste plus de ma passion que le regret de l'avoir suivie, je n'aspire plus qu'à mériter ma grâce par un sincère repentir.
CINQUIÈME POINT
RÉSOLUTION DE SE CORRIGER
Il ne suffit pas d'avoir le regret de ses fautes passées, il faut encore faire un ferme propos pour l'avenir ; et c'est là le point essentiel.
ACTE DE RÉSOLUTION, OU DE FERME PROPOS POUR L’AVENIR
Vous nous l’avez promis, Seigneur, par la bouche de vos prophètes, que celui qui fera l'aveu de ses péchés, et qui y renoncera véritablement, en recevra le pardon. En vertu de cette parole infaillible, je viens vous demander grâce : car me voilà, autant que je puis juger de mon cœur, dans une disposition parfaite pour quitter le péché, et vous sacrifier tout ce que j'ai de plus cher, plutôt que de vous déplaire.
Hé quoi ! Seigneur, parce que vous êtes bon, et que vous ne mettez point de bornes à vos miséricordes ; parce que vous m'avez donné, dans le sacrement de pénitence, un moyen toujours efficace et présent de me réconcilier avec vous, sera-t-il dit que j'abuserai de vos bienfaits, pour vous offenser impunément ? Il n'en sera pas ainsi ; ô Dieu, qui voyez mes plus secrètes pensées, je vous prends à témoin, de la résolution où je suis de quitter le péché, d'éviter les occasions du péché, de travailler efficacement à détruire en particulier l'habitude du péché.
(On spécifie, devant Dieu, le péché dont on veut se corriger.)
Je l'ai promis et je le promets encore au pied de ce sacré tribunal, où, malgré mes infidélités, vous voulez me faire grâce. Je graverai votre sainte loi au fond de mon cœur ; et on m'arrachera plutôt la vie que de me faire départir de la ferme résolution où je suis de vous servir avec fidélité. Le monde sera surpris de mon changement ; il voudra me rengager dans mes premiers désordres ; mes passions se soulèveront encore, et il m'en coûtera de les réprimer ; mais je soutiendrai hautement la parole que je vous donne, malgré les persécutions des libertins et les répugnances de la nature. Juravi et statui custodire judicia justitioe tuoe. (Ps. 118) Plus de pensées, plus de paroles et d'actions contraires à la pudeur ou à la charité ; plus d'impatiences, de jurements, de mouvements de colère ; plus d'irrévérences dans les lieux saints ; plus de langueur dans votre service, ou d'omission dans mes devoirs ; plus d'attache à mes sentiments, à mes commodités et aux plaisirs : plutôt mourir, ô mon Dieu, plutôt expirer ici, devant vous, que de vous déplaire.
mardi 2 juin 2020
LA CONFESSION : QUALITÉS QU'ELLE DOIT AVOIR
LA CONFESSION
QUALITÉS QU'ELLE DOIT AVOIR
Les qualités requises pour une bonne confession peuvent se réduire à trois : L'intégrité, la sincérité, et la simplicité.
L'intégrité consiste à se confesser et du nombre de ses péchés, et de toutes les circonstances qui changent l'espèce du péché : car tout cela doit diriger le ministre dans le jugement qu'il forme de la conscience d'un pécheur. Pour ce qui est du nombre, il faut le déclarer à peu près comme on le pense, après un sérieux examen, en ajoutant ces paroles : plus ou moins. Si l'on a été dans une longue habitude, on marque le temps qu'elle a duré, et combien on y tombait de fois par semaine. Quant à ce qui regarde les circonstances, on doit les déclarer, lorsqu'elles changent l'espèce du péché, ou qu'elles en augmentent la malice. Car vous devez vous faire connaître aussi criminel que vous l'êtes : or, vous l'êtes plus ou moins, selon la sainteté du lieu où vous avez péché ; selon votre caractère, ou le caractère de la personne à l'égard de qui vous avez péché ; selon la connaissance et la volonté délibérée, avec laquelle vous avez péché ; selon les motifs que vous vous êtes proposés en péchant, ambition, haine, vengeance ; selon les suites et les pernicieux effets que vous avez causés, scandales, dommages ; selon les moyens que vous avez employés, mensonges, calomnies, violences. Au reste, le défaut d'intégrité ne rend point la confession nulle ou sacrilège, si l'oubli est involontaire ; car dès-lors les péchés sont pardonnés : reste seulement l'obligation de les confesser, lorsqu'ils reviendront à la mémoire, dans les confessions suivantes.
La sincérité vous oblige, dans l'aveu que vous faites de vos fautes, à n'en retenir aucune volontairement ; ce qui serait mentir au Saint-Esprit. Pour vous précautionner contre cette malheureuse honte, dont il n'y a qu'un esprit faible qui soit capable, et qui peut être la source de bien des sacrilèges, faites les considérations suivantes. La personne à qui vous vous confessez est un homme sujet aux mêmes faiblesses, ou à d'autres aussi grandes : si c'est un homme de bien, il ne l'a peut-être pas toujours été, et dès-lors il sait le besoin qu'il eut autrefois lui-même de compassion : s'il l'a toujours été, l'esprit de Dieu, dont il est rempli, ne lui peut inspirer que bonté et miséricorde. C'est un homme accoutumé à entendre des pécheurs, pour qui par conséquent il n'y a rien de nouveau et d'extraordinaire ; un homme qui, sachant la faiblesse qui entraîne dans le péché, et la honte qu'on éprouve lorsqu'il faut accuser une faute, admirera plus la force de la grâce dans votre aveu, qu'il ne sera indigné de votre fragilité. Le ministre même de la pénitence peut assurer que, si quelque chose est propre à lui inspirer de l'affection pour un pénitent, c'est que celui-ci le juge capable d'une confidence, que longtemps il n'a pas eu le courage de faire à tout autre. Enfin, c'est un homme obligé au secret par toutes les lois naturelles, divines et humaines ; sans que jamais nulle raison, ni de près, ni de loin, puisse l'autoriser à manifester la moindre de vos fautes. D'ailleurs, qu'on exagère tant qu'on voudra la peine de se confesser, celle où jette le parti contraire est encore plus grande : en effet, quel état plus triste que celui d'une personne qui a encore de la religion, et qui cache ses fautes au sacré tribunal ? « Je suis mal avec Dieu, et je n'en puis douter. Voilà toutes mes confessions et mes communions, faites depuis ce jour-là, qui sont autant d'énormes sacrilèges, et toutes mes bonnes œuvres perdues. Encore si j'évitais la nécessité de confesser ce péché ; mais il faudra en venir là ; et, outre l'embarras d'une revue de tant de temps, qu'aurai-je gagné, qu'une nouvelle honte ? car, et ce péché dissimulé, et tant d'autres que j'ai eu l'humiliation de dire, il faudra de nouveau les accuser tous ensemble. » Ne vaut-il pas mieux s'armer de courage, et secouer ce poids énorme, sous lequel on cache un triste désespoir ? Ah ! qu'on est alors soulagé ! qu'on est bien dédommagé de sa peine ! on ne craint plus rien ; on n'a plus à revenir sur le passé. Tous ceux qui en ont fait l'expérience en conviennent.
La simplicité de la confession n'est autre chose que l'attention à retrancher tout ce qui est inutile, et le soin de s'expliquer nettement, dans l'exposition de ses fautes. Point de ces longues narrations, où l'on perd le temps en de vains discours ; point de ces accusations qui intéressent la réputation du prochain ; point de ces déclarations ambiguës, où l'on enveloppe et l'on adoucit son péché. Ne nommer ni ne désigner personne, sans nécessité ou utilité ; parler ingénument, n'ajouter, ne retrancher rien ; accuser comme certain, ce qui est certain, et confesser comme douteux, ce qui est douteux ; enfin, répondre avec beaucoup de simplicité à toutes les interrogations d'un confesseur sage et discret : telle a toujours été la disposition des saints, et c'est aussi la voie la plus sûre pour acquérir une paix véritable.
Ici il faut résoudre une question importante, pour les âmes timorées, à cause des suites d'une pénible perplexité.
Si elles n'accusaient que des fautes légères, sans avoir regret d'aucune de ces fautes, qu'arriverait-il ? Elles rendraient le sacrement nul, faute de matière sur laquelle tombât l'absolution ; et il n'y aurait que la bonne foi avec laquelle elles se confesseraient, qui pût empêcher le sacrilège. Or, pour obvier aux scrupules que ceci pourrait faire naître, dans le doute si on a eu la contrition des fautes légères, les docteurs et les maîtres de la vie spirituelle conseillent de ne manquer jamais d'accuser en général, ou, si l'on veut, en particulier, à la fin des confessions ordinaires, quelque faute grave de la vie passée, dont on puisse être comme certain d'avoir un vrai regret, avec une résolution forte et déterminée de ne jamais y retomber. Ces péchés déjà confessés, sans être une matière nécessaire, sont toujours une matière suffisante de l'absolution ; ou, si l'on aime mieux, l'absolution présente est une confirmation de la première absolution qu'on a reçue. Mais il faut faire, sur cette accusation des fautes graves déjà confessées, trois remarques qui méritent attention.
La première, que nous venons d'indiquer, c'est qu'il n'en faut point confesser de la sorte, qu'on ne puisse vraisemblablement s'assurer qu'on en est repentant ; ainsi les péchés les plus graves, et ceux dont le souvenir cause plus de peine et de confusion, sont ordinairement ceux qu'il faut confesser.
La deuxième, qu'il est bon de s'accuser tantôt des uns, tantôt des autres. Par ce moyen, dans l'espace d'une année, après plusieurs confessions, on aura fait comme une revue de toute la vie, et on en aura moins de besoin dans des temps de maladie, et aux approches de la mort.
La troisième, qu'il ne faut pas que ces accusations du passé empêchent de s'exciter, autant qu'il se peut, à la douleur des péchés présents ; car on doit toujours se souvenir que les péchés, dont on n'a pas un regret proportionné à leur nature et à leur matière, ne sauraient être pardonnés, même dans le sacrement ; de sorte que le sacrement se trouverait sans effet, à l'égard de tous les péchés commis depuis peu, que l'on doit principalement avoir en vue, quand on vient souvent à confesse, afin de s'en repentir et de s'en corriger.


