dimanche 28 avril 2019

Cantique de Saint Louis-Marie Grignion de Montfort : Dieu sollicite la conversion du pécheur






Prête l'oreille, ingrat pécheur,
C'est ton Dieu qui t'appelle,

Aux tendres soins de ton Sauveur
Ne sois plus infidèle :
Faut-il que mon amour vainqueur
Cède à ton cœur rebelle ?

Prête...

Quand je te cherche tu me fuis,
Tu me hais quand je t'aime :

Ce n'est qu'une ombre que tu suis
Au lieu du bien suprême :
Depuis longtemps je te poursuis
Dans ton erreur extrême.

Quand...

J'ai versé tout mon sang pour toi,
Que puis-je davantage ?

Embrasse de ma douce loi
Le charmant esclavage :
Se peut-il qu'un autre que moi
À son amour t'engage !

J'ai versé...

Faut-il que tes sens enchantés
N'aiment que le mensonge :

Qu'en de coupables voluptés
Ton cœur impur se plonge,
Mes plus terribles vérités
Pour toi ne sont qu'un songe.

Faut-il...

Plus je te comble de bienfaits,
Plus tu combles ton crime,

Tu méprises tous mes attraits
Pour courir dans l'abîme :
C'est en vain que pour tes forfaits
Je m'immole en victime.

Plus je te comble...

Si tu rejettes ma bonté,
Crains tout de ma justice,

Je destine au cœur indompté
Le plus cruel supplice :
C'est un arrêt déjà porté,
Qu'à jamais il périsse.

Si tu rejettes...

Bientôt la mort te surprendra,
Sa faux est toute prête :

En un instant se formera
Cette horrible tempête,
Et mon bras s'appesantira
Pour t'écraser la tête.

Bientôt...

Pécheur, il ne sera plus temps
D'implorer ma clémence :

Je me rirai de tes serments
Et de ta pénitence ;
Lassé de tes retardements
J'armerai ma vengeance.

Pécheur...

Reviens enfin, reviens à moi
Par un regret sincère :

De ton Dieu, ton Juge et ton Roi,
Désarme la colère ;
Mon cœur conserve encore pour toi
L'amour d'un tendre Père.

Reviens enfin...
















Cantique de Saint Louis-Marie Grignion de Montfort, sur l'horreur du péché mortel




Oh ! si l'on pouvait bien comprendre
quelle est du péché la laideur !
À ses attraits loin de se rendre,
L'on en serait saisi d'horreur.

Le pécheur qui s'en rend coupable,
Méprise le souverain Roi,
Par une malice exécrable,
Il foule aux pieds sa sainte loi.

Sans être effrayé de l'injure
Qu'il fait au Dieu de sainteté,
Dans l'amour de la créature
Il cherche sa félicité.

Un bien passager et frivole,
Un vain plaisir, un faux honneur,
Voilà la détestable idole
Mise à la place du Seigneur.

Le pécheur, loin de reconnaître
D'un Dieu la libéralité,
Se sert, contre ce divin Maître,
Des dons mêmes de sa bonté.

Eh ! quoi donc, homme, ver de terre,
Vile poussière, pur néant,
Oser à Dieu faire la guerre !
Quel attentat plus étonnant !

Maudit péché, néant rebelle,
Monstre horrible et digne d'effroi,
O que ta blessure est cruelle !
Malheur à qui se livre à toi !

Tu portes la mort dans les âmes
Qui suivent tes trompeurs attraits,
Tu leur fais mériter des flammes
Qui les brûleront à jamais.

Loin de mon cœur, péché funeste,
Ta seule ombre doit m'alarmer.
Je te renonce et te déteste,
Plutôt mourir que de t'aimer.















mercredi 24 avril 2019

Comment saint François guérit un lépreux de l'âme et du corps ; parole que l'âme de ce lépreux lui adressa en montant au Ciel




Le véritable serviteur de Jésus-Christ, saint François, tant qu'il vécut dans cette misérable vie, s'appliqua de tous ses efforts à imiter le Christ, son parfait modèle ; et il arriva souvent que, pour l'en récompenser, au moment où il guérissait les corps des malades, Dieu rendait aussi la santé à leurs âmes, donnant ainsi à son serviteur un nouveau trait de ressemblance avec Jésus. Saint François ne se contentait pas de se mettre lui-même au service des lépreux (la lèpre, au moyen-âge, avait pris un caractère sacré aux yeux de l'Église et des fidèles : on la regardait généralement comme une marque toute spéciale de l'attention divine. Cette maladie mystérieuse et inaccessible à la science humaine était en vénération parmi les chrétiens d'alors. Les lépreux recevaient du peuple les noms les plus doux et les plus consolants. On les appelait les malades de Dieu, les chers pauvres de Dieu, les bonnes gens. On aimait à se rappeler que Jésus lui-même avait été désigné par l'Esprit-Saint comme un lépreux, qu'il avait choisi le lépreux Lazare pour symbole de l'âme élue, qu'il avait souvent pris lui-même cette forme pour apparaître à ses saints sur la terre. En outre, c'était par suite des pèlerinages en Terre-Sainte et des Croisades que la lèpre s'était le plus répandue en Europe, et cette origine ajoutait à son caractère sacré. Saint François voulait que ceux de ses frères qui n'avaient point d'étude ni de talent pour la prédication s'employassent au service des lépreux. Quand on demandait à entrer dans son Ordre, il ne manquait pas d'avertir les postulants qu'il faudrait servir les chers pauvres de Dieu, et il renvoyait ceux qui n'avaient pas le courage de se résoudre à un tel ministère. Il appelait aussi les lépreux les frères chrétiens, comme par excellence. — Voyez l'excellent ouvrage allemand de M. Clément Brentano sur les sœurs de la Charité. — Histoire de sainte Élisabeth, chap. XXIV. de M. de Montalembert. M. Chavin de Malan. chap. II. — P. Chalippe, liv. V.) ; il avait établi que les religieux de son Ordre devaient aussi, par tout et toujours, s'appliquer au soin de ces malheureux pour l'amour du Christ qui voulut bien être regardé comme un lépreux afin de nous sauver. Des frères se trouvant donc au service des malades dans un hôpital voisin du couvent où restait alors le Saint, ils y rencontrèrent un lépreux si impatient, si intraitable et si méchant, que chacun le croyait, ce qui était vrai d'ailleurs, possédé du démon. On l'entendait proférer les paroles les plus grossières, il frappait ceux qui le servaient, et il allait même jusqu'à blasphémer le Christ béni et sa très-sainte Mère, la vierge Marie ; enfin, c'était au point que l'on ne trouvait plus personne qui pût ou qui voulût le soigner. Les frères savaient bien supporter avec patience les injures et les insultes qui leur étaient adressées, ils étaient même heureux de trouver là un moyen d'accroître leur mérite ; mais ils ne pouvaient s'accoutumer aux blasphèmes qu'ils entendaient vomir contre le Christ et sa sainte Mère. Ils finirent donc par se déterminer à renoncer au service du lépreux, si saint François y consentait ; et, comme il se trouvait alors tout près de l'hôpital, ils lui firent aussitôt connaître le parti qu'ils désiraient prendre. À la nouvelle qu'il en reçut, le Saint vint lui-même trouver le malade ; il l'aborde, en le saluant par ces paroles : « Dieu vous donne la paix, mon très-cher frère. » — « Eh ! quelle paix peut-il me donner, répondit le lépreux, maintenant qu'il m'a privé de tout calme et de tout bien, maintenant qu'il a fait de mon corps un cadavre fétide et pourri ? » — « Ne désespérez pas, mon fils, reprit saint François ; si Dieu nous envoie ici bas les infirmités corporelles, c'est pour le salut de nos âmes. Oui, soyez-en sûr, ces tribulations sont pour nous la source de grands biens, si nous savons les supporter avec résignation. » — « Comment donc me parler de résignation, répliqua le malade, quand, jour et nuit, je suis tourmenté par la douleur ? Et puis, mon infirmité n'est pas la seule chose qui me fasse souffrir ; les frères que vous m'avez donnés pour me soigner ne me servent pas comme ils le devraient. » Le Saint connut alors, par révélation, que ce lépreux était possédé du malin esprit ; il se retira et se mit en prière, implorant la miséricorde de Dieu sur cet infortuné. Sa prière terminée, il retourne vers lui et lui dit : « Mon fils, puisque vous n'êtes pas content de nos frères, je veux désormais vous soigner moi-même. » — « Volontiers, répondit le malade, mais que pourrez-vous faire de plus que les autres ? » — « Tout ce que vous voudrez, » reprit saint François. — « Eh bien, dit le lépreux, je vous demande que vous me laviez tout le corps, car l'odeur qui s'en exhale est si infecte, que je ne puis plus me souffrir moi-même. » Le Saint fit aussitôt chauffer de l'eau avec des herbes aromatiques ; puis, après avoir dépouillé le lépreux de ses vêtements, il se mit à le laver de ses propres mains, tandis qu'un frère lui versait l'eau dont il avait besoin. Alors, par un miracle tout divin, la lèpre disparut de chaque partie du corps à mesure que saint François la lavait, et les chairs devinrent parfaitement saines. Mais là ne se borna pas le prodige : en même temps que le corps se guérissait, l'âme commençait aussi à prendre un état meilleur. Le lépreux, sentant sa guérison, éprouva, dès lors, une grande componction et un vif repentir de ses fautes, et il fondit en larmes. Ainsi, pendant que l'eau, à l'extérieur, purifiait le corps de la lèpre, l'âme aussi, par le repentir et les larmes, se purifiait, à l'intérieur, des souillures du péché.
Lorsqu'il se vit entièrement guéri et du corps et de l'âme, le lépreux demanda humblement le pardon de ses fautes, et il s'écriait tout en pleurs : « Malheur à moi ! les paroles grossières et les injures dont j'ai accablé les frères qui me servaient, mes impatiences et les blasphèmes que j'ai proférés contre Dieu me rendent éternellement digne de l'enfer. » Quinze jours entiers il persévéra dans ces sentiments de componction, pleurant et implorant la miséricorde de Dieu, après avoir fait à un prêtre l'entier aveu de ses péchés.
Saint François remercia la bonté divine du miracle manifeste que Dieu venait d'opérer par son entremise ; et, quittant aussitôt l'hôpital, il se retira fort loin de là, car son humilité ne pouvait supporter les honneurs qu'on lui rendait, et il ne cherchait dans toutes ses œuvres que la seule gloire de Dieu. Cependant, après quinze jours de pénitence, il plut à Dieu d'envoyer au lépreux guéri une autre maladie, et il mourut saintement, muni des sacrements de l'Église. Son âme, en montant au Paradis, apparut dans les airs à saint François, qui était alors en prière dans un bois. « Me reconnaissez-vous ? » lui dit-elle. — « Qui êtes-vous ? » demanda le Saint. — « Je suis, fut-il répondu, l'âme de ce lépreux que le Christ a guéri par votre intercession, et je m'envole maintenant vers la vie éternelle. C'est à vous, après Dieu, que je dois mon bonheur, soyez-en béni. Oui, daigne le Seigneur répandre ses bénédictions sur votre corps, votre âme, vos paroles, sur toutes vos actions enfin ; car, par vous, une foule d'âmes seront sauvées sur la terre. Sachez qu'il n'est pas un jour où les saints Anges et toute la Cour céleste ne rendent grâces des fruits de salut opérés dans tout l'univers par vous et par les frères de votre Ordre. Prenez donc courage, remerciez le Seigneur et recevez sa bénédiction. » À ces mots, l'âme s'envola vers les cieux, et saint François demeura rempli de consolation.

De la vie unitive, par le R.-P. Jean-Joseph Surin



Extrait du Catéchisme spirituel de la Perfection Chrétienne, Tome I, par le R.P. Jean-Joseph Surin :





De la vie unitive



Qu'est-ce que la vie unitive ?

C'est un état ou l'âme entièrement purifiée par les épreuves, et par la pratique des vertus, est dans une union parfaite, et dans une intime communication avec Dieu.


Quand est-ce que l'âme entre dans cet état ?

Lorsque l'opération de la grâce l'a conduite à ce point, qu'elle ne s’occupe que de Dieu, et qu'elle ne trouve aucun obstacle à ce commerce divin.


Qu'est-ce qui forme et qui entretient cette union divine ?

C'est un abandon que l'âme fait continuellement d'elle-même entre les mains de Dieu, déposant en lui tous ses soins et toutes ses inquiétudes par une confiance sans réserve. C'est une grande familiarité avec Jésus-Christ. C'est un très ardent amour dont le cœur est embrasé, et dont les flammes se conservent toujours vives.


Quel est l'effet de cet abandon ?

C'est un parfait repos dont l'âme jouit en trois manières. Premièrement, au-dedans d'elle-même, par un profond recueillement, au milieu duquel elle goûte la présence de Dieu, et se donne à lui sans cesse. Secondement, dans le cœur de Jésus-Christ, où elle fait sa demeure ordinaire. Troisièmement, dans le sein de la Providence, où elle repose doucement, sans que nul accident soit capable de troubler sa tranquillité.


En quoi consiste la familiarité de l'âme avec Jésus-Christ ?

À l'avoir toujours présent, et à goûter la douceur de sa présence ; à lier avec lui des entretiens doux et charmants, qui sont aussi aisés que l'est la respiration ; à former avec lui une société si étroite, qu'on puisse dire avec vérité, qu'on n'a d'autres intérêts que ceux de Jésus-Christ, qu'on n'agit et qu'on ne vit que par lui, comme si l'on ne faisait avec lui qu'une même chose.


L'âme qui est parvenue à l'union divine, n'a-t-elle de communication particulière qu'avec Jésus-Christ ?

Il paraît que l'Évangile nous donne à entendre que les trois Personnes divines entrent dans ce commerce sacré : nous le visiterons et nous établirons notre demeure en lui.


Quel effet produit cette faveur insigne ?

C'est la transformation de l'âme en Dieu et en Jésus-Christ, selon ce qui a été dit : Contemplant la gloire du Seigneur, nous sommes transformés en la même Image, nous avançant de clarté en clarté par l'illumination de l'Esprit du Seigneur. C'est-à-dire, que l'âme dans cette opération de la grâce, devient d'une manière particulière l'Image de Dieu et de Jésus-Christ, par les fortes impressions qu'elle reçoit de leur grandeur et de leurs perfections, qui la pénètrent, comme la lumière pénètre le cristal, ou comme le feu s'attache au bois, et se le rend semblable, après en avoir consumé toute l'humidité.


Quel changement résulte de cette transformation ?

Il en sort des hommes nouveaux, qu'on dirait être ressuscités : ce sont tout autres désirs, tout autres inclinations ; les puissances de l'âme sont comme réparées et perfectionnées par les dons de Dieu, qui inondent la partie inférieure de l'esprit, aussi bien que la partie supérieure ; il n'est pas jusqu'au corps qui ne se ressente du changement, et la vie dès-lors est toute céleste. L'imagination est remplie d'idées surnaturelles ; il n'y a dans l'appétit que saints transports, que lumières célestes dans l'entendement, qu'objets divins dans la mémoire, et la volonté est remplie d'un brasier toujours ardent, qui donne de l'agilité au corps, afin qu'il puisse suivre l'esprit. Tel est l'état d'un homme transformé : sa foi est sublime, son espérance vive, sa charité ardente, toutes ses vertus morales sont alors comme divines, et il n'y a rien en lui qui tienne de la terre.


Quels effets produit cet ardent amour que vous avez dit être la troisième chose qui contribue à l'union divine ?

Voici les trois principaux. Le premier est une affection permanente et habituelle de l'âme envers Jésus-Christ, qu'elle regarde comme son Époux, avec une facilité merveilleuse à s'élever à Dieu, parla vue des créatures, dont les plus viles lui donnent occasion de croître de plus en plus en son amour. Le second est un désir ardent, et un soin continuel de procurer la gloire de Dieu. Le troisième est un doux acquiescement au bon plaisir de Dieu dans tout ce qu'il permet, où qu'il ordonne ; ce qui peut s'appeler un avant-goût du repos éternel des Saints.


Quels sont les grands biens dont jouit l'âme sans l'état d'union avec Dieu ?

Les trois plus remarquables sont, la paix, la liberté d'esprit, et une lumière sûre qui l'accompagne toujours, et qui lui sert comme de flambeau pour se conduire.


En quoi consiste cette paix ?

Elle consiste, en premier lieu, dans une douceur infuse, qui est comme un goût céleste que donne le Saint-Esprit et que Saint Paul souhaite aux Fidèles : Que la paix de Jésus-Christ règne dans vos cœurs et les fasse tressaillir de joie. Ce n'est point aux sens que cette paix est donnée, mais à l'esprit qu'elle conserve dans une assiette tranquille et dans un repos inaltérable. Cette paix est en second lieu, un calme constant et assuré qui rend imperturbable au milieu de toutes sortes d'accidents. Rien ne peut alors faire perdre la soumission aux ordres de Dieu, la douceur et la tranquillité intérieure ; rien ne peut ébranler, ni inquiéter, ni agiter le moins du monde. En troisième lieu, le propre de cette paix est , qu'elle rend l'esprit présent et si maître de lui-même, que rien ne lui cause du trouble ni le moindre empressement, et que dans la multitude des occupations il se possède aussi bien que s'il n'avait rien à faire.


En quoi consiste la liberté ?

Elle consiste, 1. En ce que l'âme ayant tari la source de ses désirs, de ses inquiétudes et de tous ses mouvements déréglés, en se conformant en tout à la volonté divine, elle peut dire qu'elle fait tout ce qu'elle veut, n'y ayant rien en elle qui s'oppose à la volonté de Dieu qu'elle a mise à la place de la sienne. 2. En ce qu'elle n'est gênée par aucune considération humaine ; qu'elle dit sa pensée avec une sainte hardiesse, sans que la crainte d'aucun mal temporel, ni de la mort même, soit capable de l'intimider. 3. En ce qu'étant affranchie de ses vices et de ses passions, elle ne trouve en soi aucun obstacle au bien qu'elle veut faire.


À quoi sert aux âmes unies à Dieu la lumière qui les accompagne partout ?

Elle les rend sages, de cette véritable sagesse qui apprend à goûter Dieu, et tout ce qui a rapport à Dieu, leur découvrant dans l'ordre de la grâce et dans celui de la nature, bien des vérités sublimes qui sont cachées aux autres hommes. Elle leur donne, pour leur propre conduite, l'intelligence et le discernement, qui ne leur manquent jamais au besoin, et qui les rassurent sur ce qu'elles doivent faire dans des circonstances difficiles, où la prudence ordinaire serait fort embarrassée. Ce sont quelquefois des personnes simples et grossières ; cependant leur conduite est irrépréhensible : il est bien rare qu'elles se trompent, et qu'on leur voie prendre le faux pour le vrai. D'où vient cela ? Si ce n'est de l'Esprit de Dieu qui les éclaire et qui les gouverne. Enfin cette divine lumière les met en état de conseiller les autres, et rien n'est plus sage que les avis qu'elles donnent à ceux qui les consultent. Tous ces avantages sont les effets de ces quatre Dons du Saint-Esprit, qu'on appelle Sagesse, Intelligence, Science et Conseil.


Quel sont les désirs de l'âme dans cet état d'union ?

Ses désirs, si elle en a quelqu'un dans un état si paisible, sont de prier, de souffrir, et de gagner les âmes à Dieu.


Comment se conduit-elle à l'égard de la prière ?

Elle regarde le temps de la prière, comme celui de son repos ; elle y tend comme à son centre au milieu de ses autres occupations ; elle soupire sans cesse après l'Oraison qui est devenue son élément ; c'est pourquoi elle ne mesure plus le temps qu'elle y donne. Elle s'adresse à Dieu avec une ferveur extraordinaire, surtout (comme il lui arrive souvent) quand elle prie pour les besoins de l'Église, pour attirer les bénédictions du Ciel sur ses emplois, et pour obtenir la rémission de ses péchés.


Quelle est sa disposition à l'égard des souffrances ?

C'est une soif ardente qui vient de l'amour qu'elle a pour Dieu, et qui lui fait regarder les souffrances comme des faveurs ; elle les embrasse avec joie ; elle les dévore, sans pouvoir s'en rassasier. Elle fait ses délices d'être exposée aux affronts, aux injures et aux contradictions de la part des hommes, par l'amour qu'elle porte à son Sauveur, et par le désir de lui ressembler. Elle endure volontiers les rigueurs des saisons, et les incommodités de la vie, le chaud et le froid, la faim, la soif, les maladies. Elle n'a pas moins d'ardeur pour les croix intérieures, telles que sont le dégoût de la vie, le désir de posséder Dieu, et les autres peines cachées et surnaturelles qui l'exercent et qui la tourmentent.


En quoi consiste le troisième désir, qui est celui de gagner les âmes ?

En ce qu'une personne qui est parvenue à l'état dont nous parlons, s'affectionne de tout son cœur à la gloire de Dieu, et tâche de la procurer, surtout par trois sortes de moyens. Premièrement, par la conversation, se servant des occasions qui se présentent pour inspirer aux pécheurs l'horreur du vice, pour exciter dans les gens de bien le désir de la perfection et pour les embraser de l'amour de Dieu. Secondement, par la direction, persuadant aux jeunes âmes qui lui sont confiées de se conduire par amour plutôt que par crainte, et leur faisant agréer par-là la pratique de l'abnégation, et de tout ce qu'il y a de plus dur à la nature. Troisièmement, par la prédication, lorsque son état l'y appelle. C'est dans ce ministère que les personnes dont nous parlons font paraître beaucoup de piété dans leurs sentiments et dans leurs expressions, très propres à toucher les cœurs, beaucoup de simplicité dans le mépris qu'elles font des ornements recherchés de l’éloquence, de la délicatesse des pensées, et de la subtilité des raisonnements qui ne servent qu'à remplir les esprits d'une admiration stérile ; et enfin, beaucoup de zèle, par la liberté apostolique avec laquelle elles se déchaînent contre le vice et exhortent à la vertu, paraissant toutes pénétrées des vérités qu'elles prêchent.


Quelle est la nourriture de l'âme dans cet état, et durant tout le chemin de la perfection ?

C'est la divine Eucharistie, qui conduit ce grand œuvre par les grâces dont elle est la source, et par la force singulière qu'elle communique à l'esprit. Tous ceux qui aspirent à la perfection doivent regarder ce sacrement comme le principal moyen pour réussir dans leur entreprise, et il faut qu'ils le reçoivent souvent, conformément à leurs dispositions ; au commencement, deux fois la semaine, ensuite jusqu'à trois fois, et enfin tous les jours lorsqu'ils sont arrivés à l'état dont nous parlons. Les dispositions qu'ils doivent apporter à la réception de l'Eucharistie sont, le respect, fondé sur la grandeur de Dieu qu'ils reçoivent, et sur leur néant ; la contrition, pour se purifier de leurs moindres taches ; et l'amour pour s'unir et pour s'incorporer avec Jésus-Christ.


Quel est le principe et le sujet des opérations divines dans les âmes qui sont arrivées à cet état ?

Le principe n'est autre que le Saint-Esprit qui agit en elles, en leur imprimant ses mouvements, et en substituant ses Dons en la place des inclinations naturelles qui ont été entièrement mortifiées et comme anéanties par les opérations de la grâce. Le sujet, ce sont les puissances intérieures qui sont comme hors d'elle-même et sous la puissance de l'esprit divin qui les vivifie et qui les meut, non comme des instruments inanimés, mais vivants et raisonnables, qui se laissent volontairement conduire, selon ce que dit l'Apôtre : Tous ceux que l'Esprit de Dieu fait agir ; ceux-là sont Enfants de Dieu.


À quoi aboutit enfin cet heureux état que vous venez de décrire ?

À une union avec Dieu habituelle et très-étroite, accompagnée de tant de faveurs et d'une si grande familiarité, que plusieurs grands Saints n'ont pas fait difficulté de l'appeler les noces spirituelles. C'est au milieu de ces communications intimes et de ces embrassements délicieux, qui participent de la vie céleste, que l'âme peut dire avec vérité qu'elle est en Dieu et que Dieu est en elle, par le don réciproque d'eux-mêmes qu'ils se font l'un à l'autre. Ceux qui voudront savoir les particularités de cet état, n'ont qu'à consulter S. Bernard qui en a traité fort au long dans ses sermons sur les Cantiques ; Blosius, dans le dernier Chapitre de son Institution spirituelle, et sainte Thérèse dans la septième demeure du Château de l'âme.




Reportez-vous à De la vie parfaite, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De la vie intérieure, et de la familiarité avec Jésus-Christ, par le R.-P. Jean-Joseph SurinDe l'homme intérieur, par le R.-P. Jean-Joseph SurinDe la présence de Dieu, par le R.-P. Jean-Joseph SurinDu renouvellement de l'esprit, par le R.-P. Jean-Joseph SurinDe l'activité naturelle, par le R.-P. Jean-Joseph SurinDe l'amour étonnant du Père Surin pour l'abjection, dans l'union avec Notre-Seigneur Jésus-Christ, Des maladies de l'âme, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De la vie Purgative, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De la vie illuminative, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Prière pour demander la victoire sur ses passions, De l'amour du Père Surin pour l'humilité, dans l'union avec Notre-Seigneur Jésus-Christ, Saint Joseph patron et modèle des religieux, Simple et courte méthode d'oraison mentale, De la réformation de la mémoire, par Le R.-P. Jean-Joseph Surin, De la réformation de l'entendement, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De l'imagination de l'homme, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De la Mortification, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De la réformation de la hardiesse ou du courage, Catéchisme spirituel de la Perfection Chrétienne, par le R.P. Jean-Joseph Surin (1), Catéchisme spirituel de la Perfection Chrétienne, par le R.P. Jean-Joseph Surin (2), De l'Oraison et de la Contemplation, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De la Réduction des Hérétiques, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, En quoi consiste la perfection chrétienne : pour l'acquérir il faut combattre, et pour sortir victorieux de ce combat, quatre choses sont nécessaires, De la réformation de la volonté et du fond de l'âme, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De la sècheresse dans l'oraison, Ce qu'est l'oraison mentale, par le R.P. D. Laurent Scupoli, Clerc Régulier Théatin, Méditation sur la nécessité des progrès dans la vertu, De la réformation de l'Amour, de la Haine, du Désir et de l'Aversion, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De quelques moyens de bien faire l'oraison mentale, Degrés des vertus qu'on se propose d'acquérir, Combien sont mal fondées les plaintes de ceux qui se disent incapables de méditer, Pour bien faire l'oraison et pour en tirer le fruit qu'on a lieu d'en attendre, Pour la direction et la progression spirituelles : Quel chrétien êtes-vous ?, Le souvenir de nos péchés est un moyen propre pour nous aider à supporter avec résignation, toutes les afflictions que Dieu nous envoie, Avis pour la lecture spirituelle, Confiance en la divine Providence, Secret de paix et de bonheur, par le Père Jean-Baptiste Saint-Jure, Histoire de la possession des Ursulines de Loudun, et des peines du Père Surin (1/4), Histoire de la possession des Ursulines de Loudun, et des peines du Père Surin (2/4), Histoire de la possession des Ursulines de Loudun, et des peines du Père Surin (3/4), Histoire de la possession des Ursulines de Loudun, et des peines du Père Surin (4/4), Science expérimentale des choses de l'autre vie, par le Père Surin, et Sœur Benigna, petite secrétaire de l'amour de Dieu : Décalogue de la plus haute perfection (5/9).

















mardi 23 avril 2019

GRAND CATÉCHISME HISTORIQUE (pour adulte), contenant en abrégé l'Histoire Sainte et la Doctrine Chrétienne, Leçon XLI : De la Résurrection et de l'Ascension de Jésus-Christ




PREMIÈRE PARTIE


Contenant en abrégé l'Histoire Sainte et la Doctrine Chrétienne



LEÇON XLI


De la Résurrection et de l'Ascension de Jésus-Christ






Jésus-Christ demeura dans la sépulture tout le samedi. Le dimanche, qui était le troisième jour depuis sa mort, avant que le soleil parût, il y eut un grand tremblement de terre et Jésus ressuscita plein de gloire. Un Ange descendit du Ciel, ôta la pierre qui fermait le sépulcre et s'assit dessus : Son regard était comme un éclair, et ses habits blancs comme la neige. Les gardes furent si épouvantés qu'ils demeurèrent comme morts ; et de saintes femmes qui venaient pour embaumer de nouveau le corps de Jésus, furent bien surprises de voir le sépulcre ouvert, et de trouver l'Ange qui leur dit : Vous cherchez Jésus qui a été crucifié, il est ressuscité, il n'est plus ici : Allez dire à ses disciples et à Pierre, qu'ils se rendent en Galilée, vous le verrez là, comme il vous a dit. Les Apôtres ne firent pas grand cas du rapport de ces femmes ; ils ne voulurent point croire qu'il fût ressuscité, qu'après l'avoir vu et touché de leurs mains, lui avoir parlé et mangé avec lui. Il leur apparut plusieurs fois en divers lieux pendant quarante jours, et se fit voir une fois à plus de cinq cent personnes toutes ensemble. Saint Pierre fut un des premiers à qui il se montra ; et un jour en présence de quelques autres Apôtres il lui demanda par trois fois : Pierre, m'aimes-tu ? Et lui ordonna de prendre la conduite de son troupeau. Pendant tout ce temps il donna plusieurs instructions à ses disciples ; il leur ouvrit l'esprit pour entendre les écritures. Il leur dit, en soufflant sur eux : recevez le Saint-Esprit, ceux dont vous remettrez les péchés, ils leur seront remis ; et ceux dont vous les retiendrez, ils seront retenus. Et encore : J'ai reçu toute puissance au Ciel et en la terre : Allez par tout le monde, prêchez l'Évangile, non pas aux Juifs seulement, mais aux Samaritains et aux Gentils : instruisez toutes les nations, et les baptisez au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit, leur enseignant de garder tout ce que je vous ai ordonné. Qui croira et sera baptisé sera sauvé ; qui ne croira pas sera condamné. Ceux qui croiront feront toutes sortes de miracles, et je suis avec vous jusqu'à la fin du monde. Enfin il leur commanda de demeurer à Jérusalem jusqu'à ce qu'ils reçussent d'en haut la vertu du Saint-Esprit, les assurant que ce serait dans peu de jours. La dernière fois qu'il leur apparut, ce fut sur le mont des Olives : où, après leur avoir parlé, il éleva les mains, leur donna sa bénédiction, et monta au Ciel en leur présence. Un nuage le déroba à leurs yeux, et deux Anges en forme d'hommes, vêtus de blanc, leur dirent qu'il viendrait un jour de la même manière qu'ils l'avaient vu aller au Ciel. Ils revinrent à Jérusalem remplis de joie, et passèrent en prières les dix jours suivants. Jésus-Christ prit alors possession de son royaume, où il est assis à la droite de Dieu le Père tout-puissant. Il demeurera en cet état jusqu'à ce qu'il vienne juger les vivants et les morts, et qu'après ce jugement tout lui soit parfaitement soumis, et les desseins de Dieu accomplis entièrement.



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dimanche 21 avril 2019

Méditation sur la Fête de Pâques



Extrait de "L'Esprit de l’Église dans le cours de l'année Chrétienne" :




Surrexit. Il est ressuscité. (Marc, 16)


I. Point. Je dois m'apercevoir aujourd'hui, mon Sauveur, si je vous aime véritablement ; si j'entre dans vos intérêts ; si votre gloire m'est chère ; si vos avantages m'intéressent. L'ami le plus généreux et le plus fidèle m'avait été enlevé par une mort également humiliante et douloureuse, et c'était pour moi qu'il avait souffert ce genre de mort. J'apprends qu'il est ressuscité, et qu'il triomphe de toute la malice et de toute la cruauté de ses ennemis. J'apprends qu'il est sorti du Tombeau pour venir me trouver, et pour me faire jouir éternellement de son aimable compagnie. Mériterais-je de vivre, si je n'entrais pas aujourd'hui dans ses mouvements ; c'est trop peu dire, dans les transports d'une joie sainte, d'une joie fondée en Dieu, d'une joie incompatible avec les horreurs d'une conscience criminelle, et avec les tiédeurs d'une vie lâche et indifférente ? Donnez- moi, ô mon Dieu ! cette joie qui vient du salut, et qui conduit au salut. Affermissez-moi par votre Esprit principal, en le ressuscitant, en le renouvelant en ce jour dans toutes les puissances de mon âme ; Redde mihi latitiam Salutarie tui, et Spiritu principali confirma me.

II. Point. Pour éprouver en moi, mon Sauveur, l'effet de votre divine Résurrection, il est nécessaire, avant toutes choses, que je sorte de mon Tombeau, et que je passe à une vie plus excellente et parfaite. La Pâques est une Fête de passage, est enim phase, id est transfitus Domini. Elle fut instituée d'abord pour faire passer les Israélites de la servitude de l'Égypte à la liberté des Enfants de Dieu ; et elle a été pour vous, ô mon Sauveur ! un passage de la mort à la vie. Si par le plus grand des malheurs j'étais mort à la grâce, il n'est point d'efforts que je ne doive faire pour y revivre ; et si ma vie tiède et négligente me tient comme dans une espèce de sommeil léthargique et d'insensibilité, qui ressemble à la mort, il est nécessaire que je me réveille, que je tente tout, et que je n'oublie rien pour passer à une vie plus animée et plus courageuse. Voyons en quoi consistera notre Pâques et notre véritable résurrection. Jésus-Christ a été immolé pour devenir notre Pâques, dit saint Paul ; il sort du Tombeau pour être de nouveau avec nous ; il faut sortir du nôtre, si nous voulons être avec lui. Il serait inutile pour nous qu'il quittât le sien, si le nôtre nous renferme toujours. Il est temps de mener une vie nouvelle, et de former enfin notre conduite sur celle de Jésus-Christ ressuscité ; d'être indifférents, et nullement touchés des biens et des maux d'ici-bas ; actifs et fervents dans l'accomplissement des devoirs Chrétiens, dans la pratique des vertus et des bonnes œuvres ; libres et déchargés du poids des choses terrestres ; et rendu capables de surmonter tous les obstacles, et de délivrer toutes les peines qui s'opposent à notre perfection et à notre sanctification. Surtout, soyons persévérants et immortels dans la grâce, et dans la pratique du vrai bien.




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Instruction sur la Fête de Pâques



Extrait de "L'Esprit de l’Église dans le cours de l'année Chrétienne" :




Ce jour est appelé la Solennité des Solennités, parce qu'il n'y en a point de plus grande dans l'Église. C'est par excellence le jour du Seigneur, le jour qu'il a fait lui-même ; dans lequel nous devons être pénétrés d'une sainte joie, que doivent nous inspirer les premières paroles de la Messe ; Je suis ressuscité, et je suis encore avec vous.
Tout renaît avec Jésus-Christ. Tout doit reprendre avec lui une nouvelle force, une nouvelle vie, la foi, la confiance et l'amour.
Les Impies ont quelquefois voulu faire honte aux Chrétiens des humiliations et des souffrances du Sauveur ; mais cette parole, il est ressuscité, efface toute l'ignominie de la Croix, et rend même la Passion du Sauveur éclatante et glorieuse. Il est ressuscité ; par-là toute la Religion est affermie ; et l'espérance que nous devons avoir de ressusciter un jour, est ranimée dans notre cœur.
Les Juifs avaient mis des Gardes autour du Tombeau de Jésus-Christ pour empêcher que son Corps ne fût enlevé, et sans y penser, ils préparaient contre eux des témoins irréprochables de sa Résurrection. Les saintes Femmes continuent d'être fidèles au Sauveur après sa mort. Elles se lèvent de grand matin pour honorer son Sépulcre ; la paresse et la tiédeur ne s'accordent point avec la piété. Elles partent avec des parfums ; les âmes que la grâce a gagnées, doivent être par les vertus la bonne odeur de Jésus-Christ. Elles sont en peine qui retirera la pierre qui fermait l'entrée du Sépulcre ; mais elles marchent toujours vers le lieu où il est ; il ne faut pas que les obstacles de la conversion et de la résurrection spirituelle nous arrêtent. Elles trouvent le Sépulcre ouvert, et des Anges qui leur annoncent la Résurrection de Jésus-Christ ; quand nous nous confions en Dieu, il fait au-delà de nos espérances.
Le point principal de ce Mystère est renfermé dans cette pensée de St Paul ; Jésus-Christ est ressuscité pour notre justification ; pour être par sa vie ressuscitée le modèle de la vie nouvelle que nous devons mener avec lui. Ce sera là l'objet de notre principale occupation pendant le temps Pascal, et jusqu'à l'Avènement du Saint-Esprit.
La Vie ressuscitée de Jésus-Christ a trois qualités que notre vie nouvelle doit avoir. Elle est véritable, Surrexit Dominus verè. Il ne faut pas nous contenter d'une vie, dont les apparences sont bonnes au-dehors ; il faut que la vérité et la réalité soient au-dedans. La vie que Jésus-Christ reprend est entière et parfaite, il n'a plus rien de ce qui tient de la mort ; les Suaires étaient pliés et posés à l'endroit où était sa tête. L'erreur la plus funeste dans notre conversion est de vouloir ressusciter à demi, et de prétendre que nous publions encore conserver avec le monde les habitudes et les liaisons qui nous ont perdus. Enfin, la Vie de Jésus-Christ est immortelle, il ressuscite pour ne plus mourir. Hélas ! à quoi nous servirait d'être sortis du Tombeau du péché, si nous y retournions bientôt après ? Pour conserver une vie ressuscitée, il faut méditer tous les jours, et pratiquer très-exactement ce conseil de l'Apôtre ; Si vous êtes ressuscités avec Jésus-Christ, cherchez et goûtez les choses du Ciel, et non pas celles qui sont sur la terre.



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samedi 20 avril 2019

Méditation sur le Samedi Saint : Mortuus et sepultus est. Il est mort et enseveli



Extrait de "L'Esprit de l’Église dans le cours de l'année Chrétienne" :





Mortuus et sepultus est. Il est mort et enseveli.


I. Point. Jésus dans le Tombeau n'est plus de ce monde ; il ne paraît que le lieu où il a été mis. Il disparaît pour les sens ; et son Corps adorable, privé de la vie, et enseveli sous la pierre qui le couvre, n'a plus d'existence sur la terre que par la foi. C'est ce qu'on doit être quand on est par elle enseveli avec lui, après être mort au péché. Pour lors nous ne sommes plus rien sur la terre, et la terre n'est plus rien pour nous. On voit encore les lieux où nous avons été ; mais on ne nous y voit plus. Les objets qui nous occupaient y existent encore ; mais ils disparaissent pour nous, et nous disparaissons pour eux ; et si notre corps subsiste, si notre cœur respire, si notre esprit pense encore, ce n'est plus pour les choses d'ici-bas, ce n'est que pour les biens célestes, où tous nos vœux aspirent. Nous ne vivons plus que par la charité, qui ne meurt jamais, et qui est la vie des Saints sur la terre et dans le Ciel.
Tout mort que vous êtes, ô mon Sauveur ! votre charité vous survit. Vous descendez dans ces lieux d'expiation, où les Patriarches et les Justes attendent votre arrivée pour faire leur béatitude. Vous les consolez par votre présence, vous les en tirez par votre puissance, et vous les faites jouir de la récompense due à leurs vertus, méritoires par leur foi, et par leur espérance en vous, et purifiées de ce qu'elles avoient d'imparfait. C'est ainsi qu'après la mort au péché, l'âme doit gémir dans l'impatience de vous voir et de vous posséder, doit se consoler dans l'attente de ce bonheur ineffable, et en jouir par avance par l'ardeur de ses désirs et de son amour.
Quand serai-je assez heureux, ô mon Sauveur ! pour être du nombre de ces fidèles, dont votre présence a hâté la béatitude ; pour mourir comme eux dans votre grâce, et pour arriver comme eux dans le séjour de la gloire, où vous les faites entrer pendant votre séjour dans votre Tombeau ?

II. Point. Ô Mon Sauveur ! dans quel état êtes-vous pour moi ? Vous êtes Dieu, et je vous vois dans un Tombeau. Nos péchés vous y condamnent, et votre amour vous y réduit. L'Auteur de la vie est sans vie. La vraie lumière s'interdit celle du jour. Les ombres de la mort environnent celui en qui est la vie, et qui a dissipé les ténèbres de nos âmes. L'Immortel, l'Innocent par excellence subit le sort de l'homme, condamné à la mort parce qu'il a péché. Celui qui tient le monde dans sa main, qui est le Maître de tous les biens de la terre, n'a pour partage qu'un linceul, et des bandes qui le lient ; et ce Dieu, que l'Univers ne saurait contenir, est comme Homme renfermé dans l'espace qui suffit pour sa sépulture.
Ah ! mon Sauveur, tout en vous est un prodige d'amour pour moi, votre Incarnation, votre Vie, votre Mort, votre Tombeau. Parmi tant d'objets à ma reconnaissance et à mon amour, je m'arrête aujourd'hui à votre Tombeau. J'y vois la consommation de votre Sacrifice, et le dernier acte de vos humiliations. Cependant jusque dans votre Tombeau vous êtes toujours Dieu. Vous permettez à la mort d'étendre sur vous son empire ; mais elle n'ose porter sur vous la corruption qu'elle produit, elle respecte la pureté et la sainteté d'un Corps uni à la Divinité. La corruption ne vient qu'au pécheur, elle ne doit pas approcher du Saint des Saints. La mort tremble devant vous qui l'avez vaincue, et qui en allez triompher par votre Résurrection.
Vouons-nous aujourd'hui à Jésus-Christ dans le Tombeau. Ensevelissons-nous avec lui dans les ténèbres de la foi. Non, je ne veux plus me regarder comme étant sur la terre. Monde malheureux, oublie-moi, comme je veux t'oublier, et comme je veux m'oublier moi-même. Mon Sauveur, vous êtes mort pour me faire mourir. Ôtez-moi la vie ; ne me laissez plus respirer ; ne souffrez aucune réserve ; je ne mets point de bornes à mon sacrifice. Soupirer, languir, aimer, et mourir pour vous aimer encore davantage ; voilà désormais tout ce que je veux.



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Instruction sur le Samedi Saint



Extrait de "L'Esprit de l’Église dans le cours de l'année Chrétienne" :


La descente de Croix (Rubens)


Quand Jésus-Christ eût rendu le dernier soupir, on détacha son Corps de la Croix, et on le mit dans un Sépulcre tout neuf, taillé dans le roc, où personne n'avait été mis. Voilà mon Sauveur entre la mort qu'il a soufferte, et la vie qu'il va reprendre. Il sortira aussi réellement du Tombeau qu'il y est entré ; sa Mort n'est qu'un court passage de cette misérable vie à la vie bienheureuse. Son Tombeau est sa dernière humiliation, et va devenir le commencement de sa gloire. C'est de lui qu'il est dit que son Tombeau est glorieux. Il y est entré par sa volonté, il en sortira par la puissance. C'en est ici le prodige ; car il y en a bien plus à se redonner la vie qu'à ne la pas perdre ; il n'y a qu'un Dieu qui puisse mourir et revivre quand il lui plaît.
L'état de mon Sauveur dans le Tombeau est l'image du pécheur, qui est mort au péché. Il faut qu'il perde sa vie criminelle ; qu'on ne voie en lui nulle action, nul sentiment, nul mouvement de la vie qu'il a quittée. Il faut que le vieil homme meurt pour que l'homme nouveau renaisse. Il faut être enseveli avec Jésus-Christ pour revivre avec lui et comme lui ; c'est du tombeau du péché que sort la vie de la grâce.
Ô mon Sauveur ! je vous adore, je vous aime dans votre Tombeau. Faites-moi la grâce de m'y renfermer avec vous. Je me déplais sur la terre. Je ne veux plus que le monde me voie ; je ne veux plus me voir moi-même. Je descends dans les ténèbres et dans la poussière. Je ne suis plus du nombre des vivants. Je suis dans le tombeau avec mon Sauveur. Ô hommes ! oubliez-moi, foulez-moi aux pieds ; je suis mort, et la vie, qui m'est préparée, sera cachée avec Jésus-Christ en Dieu.



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