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jeudi 21 octobre 2021

De la dévotion à Saint Michel, à Saint Gabriel et à Saint Raphaël

 


Parmi les anges, il en est trois principaux dont l'Écriture nous fait connaître les noms, pour lesquels nous devons avoir une vénération particulière.


I. Dévotion à Saint Michel

De tous les esprits bienheureux, celui à qui vous devez un plus grand honneur et auquel vous devez vous recommander plus souvent, c'est l'archange saint Michel.
Son nom signifie qui est semblable à Dieu, paroles que cet esprit céleste prononça avec zèle, lorsque ce prince de la milice angélique foudroya les anges rebelles et les précipita dans les abîmes éternels de l'enfer. Qui est semblable à Dieu en grandeur et en puissance, en beauté et en sainteté, en bonté et en justice ? Aimez le Dieu de toute perfection par-dessus toutes choses, et servez-le avec toute l'ardeur dont vous êtes capable.
Saint Michel a été le premier qui a pris les armes contre les ennemis de Dieu, et qui a combattu pour sa gloire et pour son honneur. À quel degré d'élévation ce saint ne doit-il pas être élevé dans le ciel ? Il est comme le chef de toutes les hiérarchies célestes, le plus proche du trône de Dieu : d'où vous pouvez conclure qu'il est le plus saint, le plus puissant, le plus accompli de tous les anges ? Quel avantage si vous pouvez gagner ses bonnes grâces !
Saint Michel est le grand protecteur de l'Église catholique comme il l'était autrefois de la synagogue ; c'est lui qui la défend contre ses ennemis visibles et invisibles ; sa puissance est formidable aux démons. Dans les persécutions contre la religion, il est bon d'invoquer le secours de ce principal ministre du royaume céleste.


II. Dévotion à Saint Gabriel

Ayez encore une grande dévotion envers Saint Gabriel, appelé à juste titre la force de Dieu, puisqu'il a été choisi pour annoncer à Marie le grand mystère de l'Incarnation, où le Tout-Puissant a déployé toute la puissance de son bras. Conjurez-le de vous faire connaître les trésors ineffables cachés dans la personne de Jésus-Christ et d'être votre protecteur auprès de Marie, l'auguste Mère de ce divin Sauveur.


III. Dévotion à Saint Raphaël

Il faut encore avoir souvent à Saint Raphaël, qui conduisit le jeune Tobie, le préserva de la mort, et le ramena dans la maison paternelle ; demandez-lui la grâce de vous guérir de toutes vos maladies du corps et de l'âme, de vous servir de guide dans le pèlerinage de cette vie, et de vous conduire au ciel, notre éternelle patrie.


(Le Culte angélique)



Reportez-vous à Prière à Saint Raphaël Archange pour obtenir la grâce de faire d'heureuses rencontres, Le Dragon, persécuteur de l'Église, Saint Michel, porte-étendard de Dieu, Saint Michel, l'Ange de l'Eucharistie, Satan domine sur toutes les nations par l'idolâtrie, Saint Michel le combat par l'intermédiaire de Moïse, Saint Michel, ange protecteur de l'Église, Sur la terre comme dans le ciel, saint Michel vient avec ses anges combattre Lucifer et ses légions perverses, et prendre soin des élus, Saint Michel, premier des anges, Michael ? sens de ce mot, titre de gloire pour celui qui l'a prononcé, Les Anges dans l'épreuve, Le combat de Saint Michel contre Satan continue sur terre, Quelles sont les plus célèbres apparitions des Anges dans l'Ancien Testament ?, De l'amour que les Saints Anges portent aux hommes, L'Ange à la garde duquel nous sommes confiés, Quels sont les plus excellents parmi les chœurs des Anges ?, Les saints Anges sont-ils bien nombreux ?, Sous quels traits les saintes Écritures nous représentent-elles les saints Anges ?, Prière à saint Michel Archange, Du culte et de la vénération qui est due à l'Archange Saint Michel, Méditation pour la Fête de Saint Michel et de tous les saints Anges, Neuvaine à Saint MichelDu combat des bons Anges contre les mauvaisMéditation pour la Fête des Saints Anges Gardiens, Pieuses invocations à l'Ange Gardien, Litanie de Saint Michel Archange, Puissance de Saint Michel au jugement dernier, Secours de Saint Michel à l'heure de la mort, Chapelet à Saint Michel Archange, Litanie de Saint Gabriel Archange, Prière à Saint Gabriel Archange, Avoir une grande dévotion à saint Michel, à saint Gabriel, à saint Raphaël, et aux autres quatre Anges qui sont auprès du trône de Dieu, Prière à Saint Raphaël Archange, Litanie de Saint Raphaël Archange, Neuvaine à l'Archange Raphaël, Méditation pour la Fête de Saint Raphaël Archange, Lecture du livre de Tobie (12, 7-15) : S'il est bon de tenir cachés les secrets des rois, c'est un honneur que de faire connaître et proclamer les œuvres de Dieu, Méditation pour le 3 Septembre, Saint Raphaël conduisant le jeune Tobie, Manière dont les Anges Gardiens s'acquittent de leurs fonctions envers les hommes, Les Saints Anges, fidèles Gardiens des Temples, Les saints Anges Gardiens montrent le chemin du salut, Apprenez de votre bon Ange la science du salut, De la Dévotion aux saints Anges et de l'esprit d'une Association en leur honneur, C'est en tout temps qu'on a invoqué dans l'Église les Anges et les Martyrs, De l'Excellence de la nature Angélique, La  grâce des hommes, quoique inférieure à celle des Anges, a des avantages qui la relèvent infiniment, De la principale occupation des Anges, qui est de louer Dieu, et de leur Nombre, Saint Raphaël, Modèle de l'Ange gardien préposé à la garde de chaque hommeConfiance de Saint Jean-François Régis en la protection de son Ange gardienDu grand Amour du Père Surin pour les Saints Anges, dans l'union avec notre Seigneur Jésus-Christ, VIE CHRÉTIENNE : Dévotion envers les saints Anges, saint Joseph et les autres Saints ; Voyage de piétéSermon du Saint Curé d'Ars pour la Fête des Saints Anges Gardiens : Les anges de ces petits enfants voient sans cesse la face de mon Père céleste, Méditation pour le 2 septembre, Sur les Saints Anges GardiensDes exercices de piété, par le R.-P. Jean-Joseph Surin : Quels exercices de piété prescrivez-vous à l'honneur des Anges ?Méditation pour le 1er septembre, Les Saints Anges Gardiens, Consécration à tous les Saints Anges, Prières à tous les Saints Anges, Oraison aux neuf Chœurs des saints Anges, Travailler à la conversion des âmes et à leur soulagement dans les flammes du Purgatoire, en l'honneur des saints Anges, Pratiquer quelque vertu, ou s'abstenir de quelque vice en l'honneur des Saints Anges, Avoir une grande confiance en la protection des saints Anges, et recourir à eux en tous ses besoins corporels et spirituels, Autres pratiques pour honorer plus spécialement les saints Anges, et célébrer les fêtes avec tous les respects possibles, Faire des neuvaines en l'honneur des neuf Chœurs des Anges, Chapelet du Saint Ange gardien, Converser intérieurement avec les saints Anges, Jésus crucifié est le Livre des Élus, La réalité des apparitions angéliques, Avoir une dévotion singulière aux Anges, Archanges et Principautés, Honorer principalement les Puissances, les Vertus et les Dominations, Avoir de profonds respects, et des amours extraordinaires pour les Trônes, les Chérubins et les Séraphins, La protection des saints Anges contre les démons, particulièrement au sujet de leurs différentes tentations, Litanies de l'Ange Gardien, Et Michel et ses anges combattaient contre le Dragon, La puissance des démons réglée par la sagesse divine, Discernement des esprits : ce qu'on entend par esprits, combien on en compte et comment ils se forment, Tous les hommes sont assistés des Saints Anges, Les Saints Anges nous assistent dans les choses temporelles, Les perfections admirables de ces sublimes intelligences, Les Saints Anges font tout ce qui peut se faire pour le bien des hommes, Litanie aux Saints Anges Gardiens, Discernement des esprits, et Les Anges, princes et gouverneurs de la grande cité du bien.













 

lundi 30 août 2021

ABRÉGÉ DU CATÉCHISME DE PERSÉVÉRANCE, DEUXIÈME PARTIE, Leçon XXXI : L'Ave Maria ou Salutation angélique


ABRÉGÉ DU CATÉCHISME DE PERSÉVÉRANCE

DEUXIÈME PARTIE

Contenant l'histoire et l'explication de la Religion

depuis la Naissance du Messie jusqu'à son Ascension


XXXIe LEÇON

DE NOTRE UNION AVEC NOTRE-SEIGNEUR,

LE NOUVEL ADAM, PAR L'ESPÉRANCE.

SALUTATION ANGÉLIQUE.



Q. Quelle est la plus belle prière particulière après le Pater ?
R. La plus belle prière particulière après le Pater, c'est l'Ave Maria ou la Salutation angélique, parce que c'est le Saint-Esprit lui-même qui nous l'a enseignée par la bouche de l'archange Gabriel, de sainte Élisabeth et de l'Église.

Q. Pourquoi la récitons-nous après le Pater ?
R. Nous la récitons après le Pater, afin d'obtenir, par l'intercession de Marie, notre Mère, ce que nous avons demandé à Dieu, notre Père.

Q. Comment se divise la Salutation angélique ?
R. La Salutation angélique se divise en trois parties : la première, qui comprend les paroles de l'Ange ; la seconde, les paroles de sainte Élisabeth ; et la troisième, les paroles de l'Église.

Q. Quelles sont les paroles de l'Ange à Marie ?
R. Voici les paroles de l'Ange à Marie : Je vous salue, pleine de grâce, le Seigneur est avec vous, vous êtes bénie entre toutes les femmes.

Q. Que marquent ces paroles : Je vous salue ?
R. Ces paroles : Je vous salue, marquent le profond respect de l'Ange pour Marie, et nous apprennent à la respecter nous-mêmes et à lui parler avec confiance.

Q. Que veut dire le nom de Marie ?
R. Le nom de Marie veut dire lumière, parce que la sainte Vierge est la Mère de Notre-Seigneur qui est la lumière du monde ; il veut dire aussi dame et souveraine, parce que la Vierge est la reine du ciel et de la terre.

Q. Que signifient ces mots : Pleine de grâce ?
R. Ces mots : Pleine de grâce, signifient que Marie a reçu plus de grâces que tous les hommes et les Anges ensemble.

Q. Que nous apprennent ces paroles : Le Seigneur est avec vous ?
R. Ces paroles : Le Seigneur est avec vous, nous apprennent que la sainte Trinité a toujours été avec la sainte Vierge, afin de la préserver de tout péché, même originel, et de l'élever au plus haut degré de vertu et de gloire.

Q. Pourquoi l'Ange dit-il à Marie : Vous êtes bénie entre toutes les femmes ?
R. L'Ange dit à Marie : Vous êtes bénie entre toutes les femmes, parce qu'elle seule est Mère de Dieu, toujours vierge, et mère par adoption de tous les hommes.

Q. Quelles sont les paroles de sainte Élisabeth ?
R. Voici les paroles de sainte Élisabeth : Le fruit de vos entrailles est béni, nous les disons pour glorifier la sainte Vierge dans son Fils, parce que la gloire du fils rejaillit sur la mère.

Q. Quelles sont les paroles de l'Église ?
R. Voici les paroles de l'Église : Sainte Marie, Mère de Dieu, etc. ; par là nous glorifions la sainte Vierge en lui rappelant sa sainteté, son bonheur et sa puissance.

Q. Pourquoi ajoutons-nous : Priez pour nous, pauvres pêcheurs ?
R. Nous ajoutons : Priez pour nous, pauvres pêcheurs, afin d'exciter sa compassion en lui représentant notre misère.

Q. Pourquoi disons-nous : Maintenant et à l'heure de notre mort ?
R. Nous disons : Maintenant et à l'heure de notre mort, parce qu'il n'y a pas pour nous un seul instant sans besoin et sans péril, et qu'à nos derniers moments le démon redouble d'efforts pour nous perdre.

Q. Nommez encore quelques-unes des plus belles prières de l'Église ?
R. On compte encore parmi les plus belles prières de l'Église : L'Angélus, le Salve Regina, et les Litanies de la sainte Vierge et des Saints.

Je prends la résolution d'aimer Dieu par-dessus toute chose, et mon prochain comme moi-même pour l'amour de Dieu ; et, en témoignage de cet amour, je ne manquerai jamais de me recueillir un instant avant de prier.


Deuxième Partie : Leçon I : État du monde à la venue du Messie, Leçon II : Naissance du Messie, Leçon III : Vie cachée de Notre-Seigneur Jésus-Christ, Leçon IV : Vie publique de Notre-Seigneur, Première année, Leçon V : Vie publique de Notre-Seigneur, Première année, Leçon VI : Vie publique de Notre-Seigneur, Première année, Leçon VII : Vie publique de Notre-Seigneur, Deuxième année, Leçon VIII : Vie publique de Notre-Seigneur, Deuxième année, Leçon IX : Vie publique de Notre-Seigneur, Troisième année, Leçon X : Vie publique de Notre-Seigneur, Troisième année, Leçon XI : Vie publique de Notre-Seigneur, Troisième année, Leçon XII : Passion de Notre-Seigneur, Leçon XIII : Passion de Notre-Seigneur, Suite, Leçon XIV : Sépulture et Résurrection de Notre-Seigneur, Leçon XV : Vie glorieuse de Notre-Seigneur, Leçon XVI : Notre-Seigneur Réparateur du monde, Leçon XVII : Notre-Seigneur, Nouvel Adam, Leçon XVIII : Union de notre esprit avec Notre-Seigneur, le nouvel Adam, par la Foi, premier et deuxième articles du Symbole, Leçon XIX : Troisième, quatrième et cinquième articles du Symbole, Leçon XX : Le Purgatoire, Leçon XXI : Sixième et septième articles du Symbole, Leçon XXII : Huitième article du Symbole, Leçon XXIII : Neuvième article du Symbole, l'Église, Leçon XXIV : Neuvième article du Symbole, Leçon XXV : Dixième article du Symbole, Leçon XXVI : Onzième article du Symbole, Leçon XXVII : Douzième article du Symbole, Leçon XXVIII : Espérance et Grâce, Leçon XXIX : Premier moyen d'obtenir la grâce, la prière, Leçon XXX : Premier moyen d'obtenir la grâce, la prière : l'Oraison dominicale, Leçon XXXII : Les sacrements.

Première Partie :
Leçon I : Enseignement vocal de la Religion, Catéchisme, Leçon II : Enseignement écrit, Écriture et Tradition, Leçon III : Connaissance de Dieu considéré en Lui-même, Leçon IV : Connaissance de Dieu par ses ouvrages, 1er Jour de la Création, Leçon V : Connaissance de Dieu par ses ouvrages, 2e Jour de la Création, Leçon VI : Connaissance de Dieu par ses ouvrages, 3e Jour de la Création, Leçon VII : Connaissance de Dieu par ses ouvrages, Fin du 3e et commencement du 4e Jour de la Création, Leçon VIII : Connaissance de Dieu par ses ouvrages, suite du 4e Jour de la Création, Leçon IX : Connaissance de Dieu par ses ouvrages, 5e Jour de la Création, Leçon X : Connaissance de Dieu par ses ouvrages, Fin du 5e et commencement du 6e Jour de la Création, Leçon XI : Connaissance de Dieu par ses ouvrages, Suite du 6e Jour de la Création, Leçon XII : Connaissance de l'homme considéré en lui-même, Leçon XIII : Connaissance de l'homme considéré dans ses rapports avec les créatures, Leçon XIV : Connaissance de l'homme considéré dans ses rapports avec Dieu, Leçon XV : Connaissance des Anges, Leçon XVI : Chute de l'homme, Leçon XVII : Accord de la justice et de la miséricorde divine dans la punition et dans la transmission du péché d'Adam, Leçon XVIII : Nécessité et perpétuité de la Foi au Mystère de la Rédemption, Histoire de Job, Leçon XIX : Connaissance de la Religion, Nature et définition de la Religion, Leçon XX : Connaissance de la Religion, Que la Religion est une Loi, Leçon XXI : Le Messie promis et figuré : Adam et Abel, Leçon XXII : Le Messie promis et figuré, Noé, Troisième Figure du Messie, Leçon XXIII : Deuxième promesse et quatrième figure du Messie, Melchisédech, Leçon XXIV : Isaac, cinquième Figure du Messie, Leçon XXV : Le Messie promis et figuré, Jacob, Sixième Figure du Messie, Leçon XXVI : Le Messie promis et figuré, Joseph, Septième Figure du Messie, Leçon XXVII : L'Agneau pascal, Huitième Figure du Messie, Leçon XXVIII : La Manne, Neuvième Figure du Messie, Leçon XXIX : Les sacrifices et le serpent d'airain, Dixième et onzième Figure du Messie, Leçon XXX : Moïse, Douzième Figure du Messie, Leçon XXXI : Josué, Treizième Figure du Messie, Leçon XXXII : Gédéon, quatorzième Figure du Messie, Leçon XXXIII : Samson, Quinzième Figure du Messie, Leçon XXXIV : Sixième Promesse du Messie, Leçon XXXV : David, Seizième Figure du Messie, Leçon XXXVI : Salomon, Dix-septième Figure du Messie, Leçon XXXVII : Jonas, Dix-huitième Figure du Messie, Leçon XXXVIII : Le Messie prédit, Prophéties de David, Leçon XXXIX : Le Messie prédit, Prophéties d'Isaïe, Leçon XL : Le Messie prédit, Prophéties d'Osée, de Michée, de Joël et de Jérémie, Leçon XLI : Le Messie prédit, Prophéties d'Ézéchiel, Leçon XLII : Le Messie prédit, Prophéties de Daniel, Leçon XLIII : Le Messie prédit, Prophéties d'Aggée, de Zacharie et de Malachie, Leçon XLIV : Résumé général et application des promesses, des figures et des prophéties, à Notre-Seigneur Jésus-Christ, Leçon XLV : Le Messie préparé, Monarchie des Assyriens, Leçon XLVI : Le Messie préparé, Monarchie des Assyriens, Histoire de Judith, Leçon XLVII : Le Messie préparé, Histoire de Tobie, Leçon XLVIII : Le Messie préparé, Monarchie des Perses, Histoire d'Esther, Leçon XLIX : Le Messie préparé, Monarchie des Grecs et des Romains, Leçon L : Le Messie préparé, Histoire des Machabées, Leçon LI : Unité de la Religion et de l’Église.














vendredi 23 octobre 2020

Des deux Archanges saint Gabriel et saint Raphaël, et des sept Anges qui sont près du trône de Dieu



Catholiques qui combattez les esprits infernaux, soyez attentifs à cette lecture. Vous y trouverez des armes spirituelles puissantes.


I. Point. Adoration. Adorez Dieu envoyant ses Anges pour le ministère. Saint Michel est envoyé pour combattre (Apoc. 11, 7). S. Gabriel, pour fortifier et pour porter de consolantes nouvelles (Luc. I, 19). Saint Raphaël, pour guérir (Tob. 3, 25). Quant aux sept Anges qui sont devant le trône de Dieu, ils sont envoyés aussi dans leur temps ; mais ils sont plus ordinairement comme sept lampes toujours ardentes devant lui : ce sont les sept étoiles qu'il porte en sa main, comme autant de pierres précieuses, etc. Si ce sont les sept Anges si souvent nommés dans l'Apocalypse, il semble que c'est par leurs mains que toutes les bénédictions et les malédictions aient à passer. Admirez Dieu qui a bien fait toutes choses, et qui en ménageant nos intérêts, a eu soin de ménager ceux de sa gloire, de sa miséricorde et de sa justice. Remerciez-le en particulier de ce qu'il a envoyé saint Gabriel, pour nous consoler dans notre exil, pour nous ménager les fruits de l'Incarnation, et pour nous apprendre à honorer JÉSUS et MARIE ; de ce qu'il nous a destiné saint Raphaël pour Médecin des corps et des âmes ; et enfin de ce qu'il nous a proposé les sept Anges qui sont devant son trône, comme des modèles qui nous animent à marcher toujours en sa sainte présence.


II. Point.
Considérations.
Considérons dans le second point ce qui fait en particulier à la louange de ces Esprits célestes.

I. Pour avoir une haute idée de saint Gabriel, il suffit de considérer comment Dieu l'a distingué entre tous les autres Esprits bienheureux
; quoiqu'il soit appelé simplement du nom d'Ange dans les saintes Écritures, il n'est pas pour cela du dernier Ordre ; c'est un des premiers Archanges. Le message, ou plutôt l'ambassade dont il devait être honoré, fait assez sentir qu'un Ange des plus illustres et des plus nobles, ne l'était pas trop pour une si haute fonction : ce devait être un ami fidèle de l'Époux céleste ; un confident du plus important de tous les secrets. Il fallait qu'il fût médiateur entre Dieu et la sainte Vierge. Ce sont les pensées de S. Louis de Gonzague sur cet Archange, à quoi il ajoute qu'on peut croire pieusement que saint Gabriel était l'Ange Gardien qui fut donné à la sacrée Vierge, ce qui paraît d'autant mieux fondé, que comme les Princes ne confient ce qu'ils ont de plus cher qu'à des personnes qui leur sont très-attachées, on doit croire conséquemment que Marie qui était si tendrement aimée, aura été privilégiée pour l'Ange député à sa garde, et qu'on lui en aura donné un des premiers de la Cour céleste ; aussi le nom de Gabriel qui lui est donné, est un nom qui marque sa grandeur : selon quelques-uns, il veut dire, Homme-Dieu (Vir Deus, ou Dei. Ethym. nominum. Heb. in Bibliis.), et plus sûrement, selon d'autres, il veut dire, La force de Dieu (S. Greg.), parce qu'il a communiqué une force toute divine à l'homme par le bienfait de sa légation ; de sorte que l'homme est devenu tellement courageux, qu'il a entrepris pour Dieu, et par sa grâce, des choses qui étaient au-dessus des forces naturelles : ce saint Ange en effet, n'eut pas plutôt dit quelques paroles à Daniel, qu'il fut merveilleusement fortifié. Ne craignez point (Dan. 10, 19), lui dit l'Archange. La paix soit avec vous ; reprenez vos forces et soyez ferme. Et je lui dis : Parlez, mon Seigneur, parce que vous m'avez fortifié (Dan. 10, 19).
Saint Gabriel est encore la force de Dieu, parce que, comme dit le Grand Saint Grégoire, il venait annoncer celui, qui pour combattre les puissances de l'enfer, n'avait employé d'autres armes, que celles de paraître sous un extérieur vil et méprisable (Hom. 32 in Evang.). C'est être bien fort en effet, de dépouiller par la faiblesse même le Fort-armé, en lui enlevant ses dépouilles, de faire cesser sa tyrannie, de délivrer l'homme de l'esclavage du démon, pour le mettre en possession de son ancienne liberté (Ps. 92, I). Il fallait donc, continue ce même saint, que le Verge éternel fût annoncé par un Ange qui fût la force de Dieu (Dan. cap. 8). Saint Jérôme appelle saint Gabriel, le Fort de Dieu. Et saint Bernard reconnaît dans ce saint Ange une excellence toute particulière, qui lui a mérité le nom qu'il porte, et la fonction dont il a été chargé (Hom. I in Missus).

Réflexions et Affections. Ô quelle prérogative pour saint Gabriel, d'avoir été choisi de Dieu pour annoncer le salut au monde ! car ce saint Ange est comme l'étoile du matin, qui annonce le jour et le lever du soleil : il voit le Soleil de justice courir à pas de géant, descendre sur la terre, et se résoudre en une rosée dont elle est pleinement imbibée. Heureux Esprit, envoyé à Marie pour la fortifier, afin que timide, simple et craintive qu'elle était, elle ne fût point surprise de la nouveauté du prodige (S. Bern.) ! La sainte Vierge, lorsque l'ange la salua, fut, il est vrai, d'abord épouvantée ; mais sa crainte se dissipa bientôt, lorsqu'il l'assura qu'elle devait concevoir par l'opération du Saint-Esprit. Quelles obligations ne vous a donc pas toute la nature humaine, ô glorieux Archange de lui avoir apporté de si bonnes nouvelles du haut du Ciel ? Vous avez annoncé le salut à la terre ; et il vous a suivi d'un pas rapide. Vous apprenez au Prophète que les semaines mystérieuses sont abrégées, que l'iniquité est prête de finir, que la justice prendra sa place ; que le saint des Saints sera consacré par l'onction précieuse de la Divinité. Vous annoncez la naissance et les circonstances de la vie du Précurseur du Messie, et le Messie lui-même est promis par votre ministère à une Vierge choisie de toute éternité. Après avoir amené à Jésus ses premiers Adorateurs, vous avertissez saint Joseph des desseins de ses persécuteurs, et ensuite de leur mort. J'honore vos prérogatives, ô Ange de Dieu, j'admire vos lumières, j'adore les mystères que vous annoncez, et je me mets sous votre protection, pour obtenir, quelque portion de cette force céleste dont le seigneur vous a rempli ; je me dévoue au service de celle que vous avez si fort honorée et si bien servie, de celle, dis-je, à qui un Dieu n'a pas fait de difficulté de s'assujettir lui-même.
Ô mon âme, si vous aviez un peu de cette force, dont le saint Archange Gabriel devait être rempli pour annoncer le Dieu fort ! Ô si pour combattre les puissances de l'enfer, vous pouviez être revêtue de la force d'en-haut ! Mais hélas ! jusqu'ici on n'a vu dans votre conduite que faiblesse et qu'infirmité. Les moindres difficultés vous étonnent, quand il s'agit de vous surmonter vous-mêmes. Envoyez, Seigneur, du haut du Ciel l'Ange qui fortifie les faibles, celui-là même qui vous fut envoyé pour vous soutenir dans votre agonie, quoique vous n'en eussiez nul besoin (Luc. 22, 43). Sans ce secours, il n'y aura que faiblesse en moi et pusillanimité. Je n'aperçois déjà que trop en moi des vestiges de langueur et de chute prochaine. Si vos saints Anges ne daignent me porter dans leurs mains, je périrai bientôt.

II. Considérez en second lieu les prérogatives de l'Ange Raphaël, qu'on ne peut douter être un des principaux après saint Michel et saint Gabriel.
1. Il est un des sept qui sont toujours présents devant le trône du Seigneur, comme il le dit lui-même (Tob. 12, 15).
2. Pour ce qui est des choses temporelles, par rapport à ceux qui sont touchés des biens sensibles, c'est saint Raphaël qui préserve des accidents les plus fâcheux, qui tire des affaires les plus embarrassantes, qui guérit les maladies, qui rompt les maléfices, qui fait les bonnes alliances, qui conduit les voyageurs, qui éloigne le démon de l'impureté, qui le lie, et dissipe ses tentations, qui change les larmes des affligés en larmes de joie, en un mot qui remplit une maison de tout bien. Combien de fois a-t-il fait dans la nouvelle Loi, ce que nous lisons de ses bons offices dans l'ancienne ; mais ce qui doit, ce semble, nous attacher à lui par-dessus tout, c'est que comme saint Michel semble être l'adversaire du prince des orgueilleux, saint Gabriel celui du prince des paresseux, saint Raphaël est celui du prince des impudiques (Tob. 3, 8).
3. Si saint Raphaël est si vigilant à procurer aux hommes des biens temporels, il ne l'est pas moins à leur inspirer les sentiments de reconnaissance qui s'en doivent avoir à l'égard de Dieu. Il le fit, lorsqu'il fut sur le point de s'en retourner à celui qui l'avait envoyé, après avoir comblé de toute sorte de biens la famille de Tobie. Il est temps, dit-il, que je m'en retourne à celui qui m'a envoyé, c'est à vous de bénir le Seigneur, et de raconter les merveilles qu'il a faites en votre faveur (Tob. 2, 20). C'est aussi ce saint Ange qui nous aide à sortir de l'aveuglement que le sage dit que les créatures répandent dans notre esprit (Sap. 4, 12) ; qui dissipe le trouble qu'elles portent dans notre cœur ; (ibid.) qui nous porte à renoncer aux attaches qu'elles produisent en nous, et qui forment une espèce de chaîne qui nous rend esclaves de nous-mêmes ; en un mort, il remédie à ces maladies; à ces langueurs spirituelles, et à tant d'autres maux funestes et préjudiciables à nos âmes. Tout cela ne fut montré qu'en figure dans la maison et la famille de Tobie ; mais cela même nous est un gage de tout ce qu'il y a lieu d'espérer de la vigilance de saint Raphaël pour nous. Si nous avons soin de nous ménager sa protection, il nous guérira, en nous faisant apercevoir quelles amertumes sont répandues sur les plaisirs du monde, et nous connaîtrons par là, que c'est à juste titre qu'il porte un nom qui veut dire, Remède ou Médecine de Dieu (S. Greg.).

III. Les divines Écritures parlent assez souvent de sept Anges qui sont toujours en la présence de Dieu (Ap. I, 4). On ne peut guère douter que les trois dont les noms nous sont connus, ne soient de ce nombre ; mais quels qu'ils puissent être, ils exigent de nous des respects particuliers. On leur attribue de combattre les sept péchés capitaux, que les sept plus cruels démons s'efforcent de faire régner parmi les hommes. L'Écriture nous les représente comme debout devant Dieu, comme ses premiers et principaux Officiers (Apoc. 17) ; ailleurs, comme vêtus de fin lin, comme ceints à la poitrine de ceintures dorées, pour marque de leur pureté, et autre part, l'Écriture les appelle les sept yeux de Dieu, ouverts sur toute la terre (Zach. 3, 9). Saint Jean dans son Apocalypse, vit sept Anges tenant en main sept fioles pleines de la colère de Dieu, lesquels étaient prêts de les répandre sur la terre, comme autant de symboles de sa justice, qu'ils exerceront à la fin contre toutes les nations de la terre obstinées dans le péché (Apoc. 15, 7).

Réflexions. Les anciens Pères des déserts donnaient, comme un principe sûr de conduite à leurs Disciples, qu'ils devaient être persuadés, que Dieu les voyait à toute heure ; que leurs actions étaient partout l'objet de sa connaissances ; que les Anges les lui rapportaient chaque jour, et que par conséquent, puisque leurs œuvres étaient si précisément examinées le jour et la nuit, ils devaient prendre garde à toute heure d'être trouvés ou pécheurs, ou oisifs (c. 10. p. 196). Par où il est aisé de voir que, quoique Pèlerins sur la terre, nous sommes en quelque sorte comme les sept Anges, toujours en la présence de Dieu, devant le trône de la Majesté suprême ; que nous ne pouvons échapper d'un moment, aux yeux clairvoyants de ce Juge si sévère de nos actions, qui les pèsera un jour au poids du Sanctuaire : portons-donc toutes nos pensées à Dieu, ou à ce que Dieu veut de nous. Si nous n'avons pas le bonheur d'agir comme les saints Anges, sans cesser de voir la face de Dieu ; agissons du moins comme des enfants affectionnés à leur père, qui après avoir obéi à ses ordres, reviennent aussitôt se présenter devant lui, ou pour jouir de sa présence, ou pour en recevoir de nouveaux commandements.


III. Point.
Résolutions.
1. Honorez saint Gabriel, comme le favori de la sacrée Vierge, et comme le héraut du Verbe incarné, et saint Raphaël comme le fidèle conducteur des âmes dans le grand voyage de l'éternité. Invoquez le premier en disant chaque jour l'Angelus. Souvenez-vous que l'Écriture témoigne avec quelle vivacité il se porte à secourir ceux qui l'invoquent. Daniel était captif en Babylone, et il ne se fut pas plutôt mis en prière, qu'il vit voler à lui avec vitesse cet archange (Dan. 9). Invoquez aussi particulièrement saint Raphaël dans vos voyages, pour n'y rien faire qui puisse déplaire à Dieu, et pour être préservé de mille dangers.
2. Soyez, à l'imitation des deux Anges ; à vous, la force de Dieu dans vos propres tentations ; aux autres, comme un préservatif, au moins par vos bons exemples, contre les plaies intérieures et les blessures mortelles que le péché aurait pu faire à votre prochain.
3. Soyez en la présence de Dieu, au milieu même des troubles du monde ; conversez quelquefois avec les anges qui sont près de son trône ; et soyez aussi persuadé que s'il y a tant d'iniquité sur la terre, c'est qu'il n'y a personne qui rentre dans son cœur, et qui se nourrisse de cette importante réflexion, Dieu est présent partout.
4. Adressez cette prière d'un pieux Cardinal, aux Anges dont vous avez médité les vertus et les privilèges ; dites avec lui : Esprits saints, qui au nombre de sept assistez devant le Seigneur, purifiez, éclairez et perfectionnez-moi. Conduisez mes desseins et mes actions à la gloire de mon Dieu, et pour le salut de mon âme. Soyez à ma mort, Anges de Dieu, ma consolation, comme vous êtes pendant ma vie ma défense. Répandez dans mon esprit une lumière divine, qui, après avoir absorbé ce qui est en moi de ténébreux, m'enflamme aussi d'un amour tout divin. Venez à mon secours, Armées innombrables de la milice céleste, défendez-moi des embûches des esprits malins. Ô sublimes amateurs de la Divinité, embrasez-moi du feu que Jésus-Christ a apporté sur la terre. Sources de sagesse, instruisez-moi la science des Saints. Rendez-moi, Esprits très-purs, docile à la voix de mon Dieu, afin que je sache par pratique ses lois et ses préceptes ; et qu'après que vous aurez dissipé les ténèbres de mon entendement, je sois éclairé des rayons de la véritable lumière (Card. Bona. cap. 15).


CONCLUSION.
Des Méditations sur les Saints Anges. Avoir une haute idée des perfections sublimes dont il a plu à Dieu de douer les saints Anges, c'est le moindre tribut que la Religion puisse leur offrir. Avoir confiance en leur intercession, les invoquer assidument, réclamer souvent leur crédit auprès de dieu, ce n'est encore qu'une partie du culte qui leur est dû ; mais avoir un saint zèle pour imiter ces Esprits célestes dans leur amour, leur obéissance, leur pureté, vouloir en un mot vivre en Ange sur la terre, c'est un culte parfait, et l'essentiel de la vénération qui leur est due, et qu'ils attendent de ceux qui les honorent. Or sachez, vous qui faites gloire de leur être dévot, en quoi consiste cette vie spirituelle et vraiment angélique ; sachez, dis-je, qu'elle se commence par un saint recueillement, qu'elle se continue par une attention amoureuse au bon plaisir de Dieu, qu'elle se perfectionne par les fréquentes aspirations de cœur vers lui, qu'elle se soutient par la nourriture divine de la prière et de l'oraison, et qu'elle se consomme enfin dans l'exercice d'un amour aussi pur dans son motif, que fervent dans ses actes et ses pratiques. C'est le but de toute la dévotion aux saints Anges. C'est l'essentiel de l'honneur qu'ils méritent ; et jamais on ne les honorera dignement qu'en se rendant fidèle aux pratiques d'une vie si sanctifiante et si conforme à celle de ces bienheureux Esprits. En un mot, qu'en devenant comme eux, religieux envers Dieu, et charitable envers les autres par rapport à soi-même (S. Bern.).

(La dévotion aux Saints Anges, particulièrement aux Anges Gardiens, réduite en méditations)



Reportez-vous à Prière à Saint Gabriel Archange, LITANIES DE SAINT GABRIEL ARCHANGE, Tirées du Directoire de la dévotion à l'Enfant-Jésus, Prière à Saint Raphaël ArchangeLitanie de Saint Raphaël Archange, Neuvaine à l'Archange Raphaël, Avoir une grande dévotion à saint Michel, à saint Gabriel, à saint Raphaël, et aux autres quatre Anges qui sont auprès du trône de Dieu, Méditation pour la Fête de Saint Raphaël Archange, Lecture du livre de Tobie (12, 7-15) : S'il est bon de tenir cachés les secrets des rois, c'est un honneur que de faire connaître et proclamer les œuvres de Dieu, Méditation pour le 3 Septembre, Saint Raphaël conduisant le jeune Tobie, Avertissements de l'Ange Gardien à son PupileManière d'honorer son Ange GardienManière dont les Anges Gardiens s'acquittent de leurs fonctions envers les hommes, Les Saints Anges, fidèles Gardiens des Temples, Les saints Anges Gardiens montrent le chemin du salut, Du culte et de la vénération qui est due à l'Archange Saint Michel, Méditation pour la Fête de Saint Michel et de tous les saints Anges, Neuvaine à Saint MichelDu combat des bons Anges contre les mauvaisMéditation pour la Fête des Saints Anges Gardiens, Litanie de Saint Michel Archange, Puissance de Saint Michel au jugement dernier, Secours de Saint Michel à l'heure de la mort, Chapelet à Saint Michel Archange, Apprenez de votre bon Ange la science du salut, De la Dévotion aux saints Anges et de l'esprit d'une Association en leur honneur, C'est en tout temps qu'on a invoqué dans l'Église les Anges et les Martyrs, De l'Excellence de la nature Angélique, La  grâce des hommes, quoique inférieure à celle des Anges, a des avantages qui la relèvent infiniment, De la principale occupation des Anges, qui est de louer Dieu, et de leur Nombre, Saint Raphaël, Modèle de l'Ange gardien préposé à la garde de chaque hommeConfiance de Saint Jean-François Régis en la protection de son Ange gardienDu grand Amour du Père Surin pour les Saints Anges, dans l'union avec notre Seigneur Jésus-Christ, VIE CHRÉTIENNE : Dévotion envers les saints Anges, saint Joseph et les autres Saints ; Voyage de piétéSermon du Saint Curé d'Ars pour la Fête des Saints Anges Gardiens : Les anges de ces petits enfants voient sans cesse la face de mon Père céleste, Méditation pour le 2 septembre, Sur les Saints Anges GardiensDes exercices de piété, par le R.-P. Jean-Joseph Surin : Quels exercices de piété prescrivez-vous à l'honneur des Anges ?Méditation pour le 1er septembre, Les Saints Anges Gardiens, Consécration à tous les Saints Anges, Prières à tous les Saints Anges, Oraison aux neuf Chœurs des saints Anges, Travailler à la conversion des âmes et à leur soulagement dans les flammes du Purgatoire, en l'honneur des saints Anges, Pratiquer quelque vertu, ou s'abstenir de quelque vice en l'honneur des Saints Anges, Avoir une grande confiance en la protection des saints Anges, et recourir à eux en tous ses besoins corporels et spirituels, Autres pratiques pour honorer plus spécialement les saints Anges, et célébrer les fêtes avec tous les respects possibles, Faire des neuvaines en l'honneur des neuf Chœurs des Anges, Chapelet du Saint Ange gardien, Converser intérieurement avec les saints Anges, Jésus crucifié est le Livre des Élus, La réalité des apparitions angéliques, Avoir une dévotion singulière aux Anges, Archanges et Principautés, Honorer principalement les Puissances, les Vertus et les Dominations, Avoir de profonds respects, et des amours extraordinaires pour les Trônes, les Chérubins et les Séraphins, La protection des saints Anges contre les démons, particulièrement au sujet de leurs différentes tentations, Litanies de l'Ange Gardien, Et Michel et ses anges combattaient contre le Dragon, La puissance des démons réglée par la sagesse divine, Discernement des esprits : ce qu'on entend par esprits, combien on en compte et comment ils se forment, Tous les hommes sont assistés des Saints Anges, Les Saints Anges nous assistent dans les choses temporelles, Les perfections admirables de ces sublimes intelligences, Les Saints Anges font tout ce qui peut se faire pour le bien des hommes, Litanie aux Saints Anges Gardiens, Discernement des esprits, Les Anges, princes et gouverneurs de la grande cité du bien, et Litanie de Saint Gabriel Archange.












 

mercredi 25 mars 2020

MÉDITATION SUR L'ANNONCIATION DE LA SAINTE VIERGE






I. Prélude. — L’ange Gabriel fut envoyé de Dieu en une ville de Galilée, appelée Nazareth, à une vierge nommée Marie. L'ange, étant entré près d’elle, lui dit : « Je vous salue, ô pleine de grâce ! le Seigneur est avec vous ; vous concevrez et vous mettrez au monde un fils : il sera grand ; il sera appelé le Fils du Très-Haut ; le Seigneur Dieu lui donnera le trône de David son père ; il régnera éternellement sur la maison de Jacob , et son règne n'aura point de fin. »

II. Prélude. — Me représenter l'humble et pauvre demeure de Marie.

III. Prélude. — Ô Marie ! Vierge pure, parfait modèle de toutes les vertus, obtenez-moi la grâce de vous imiter, autant qu'il est possible à ma faiblesse.


I. Point.
— L'ange Gabriel est envoyé à Marie, il la salue ; elle se trouble à son approche.

Considérer les personnes, les paroles et les actions. — Un silence profond règne dans la demeure de Marie ; cette Vierge sans tache est prosternée devant Dieu, et absorbée dans un saint recueillement... Elle prie, elle hâte par ses désirs le moment de l'incarnation du Verbe et du salut du genre humain... Mais une lumière céleste s'est répandue autour d'elle ; un ange lui apparaît. Je vous salue, ô pleine de grâce ! lui dit-il, le Seigneur est avec vous, vous êtes bénie entre toutes les femmes... Marie se trouble ; vierge prudente, elle pense en elle même d'où peut lui venir cette salutation flatteuse qui effraie son humilité... Oh ! qu'il est pur ce Cœur en qui les paroles mêmes d'un ange excitent une crainte virginale ! qu'il est digne de devenir le sanctuaire du Verbe incarné ! Cœur tout aimable, donnez-moi quelque part à vos dispositions, puisque si souvent je suis honorée de la visite de ce Dieu trois fois saint, et nourrie de sa chair sacrée.

II. Point. — L'ange annonce à Marie qu'elle sera mère de Dieu.

Personnes (les mêmes), parole et actions. — Ne craignez point, ô Marie ! dit l'ange, car vous avez trouvé grâce devant Dieu. Vous concevrez dans votre sein, et vous mettrez au monde un fils ; il sera grand ; il sera appelé le Fils du Très-Haut ; le Seigneur Dieu lui donnera le trône de David son père ; il régnera éternellement sur la maison de Jacob, et son règne n'aura point de fin. Le voici enfin venu, ô Marie ! ce moment appelé tant de fois par vos soupirs brûlants et vos prières enflammées : le Désiré des nations va s'incarner, et c'est vous qui êtes choisie pour devenir sa mère ; il n'attend plus que votre consentement, pourriez-vous hésiter un seul instant ?... Non, Marie n'hésite pas ; mais sa réponse est un refus si, en devenant mère, il lui faut cesser d'être vierge. Comment cela se fera-t-il ? dit-elle, et elle allègue le vœu qu’elle a fait. Ô Marie ! que ces délicatesses de votre pureté vous rendent chère à celui qui ne se plaît que parmi les lis !... Qui me donnera, Vierge sainte, de retracer, autant qu'il est possible à ma faiblesse, cette vertu si attrayante dont vous êtes le parfait modèle ?

III. Point. — Marie donne son consentement, et le mystère de l'incarnation s'accomplit en elle.

Personnes (les mêmes), paroles et actions. — L'ange apprend à Marie comment, par un privilège spécial et un miracle sans exemple, le Seigneur veut rendre sa virginité féconde. L'Esprit saint surviendra en vous, lui dit-il, et la vertu du Très-Haut vous couvrira de son ombre ; c'est pourquoi le fruit saint qui naîtra de vous sera appelé le Fils de Dieu. Rassurée à ces mots, Marie répond : Voici la servante du Seigneur, qu'il me soit fait selon votre parole. Au même instant le grand mystère est accompli, le Fils de Dieu s'est incarné dans son sein virginal : elle l'adore au milieu d'elle ; le respect, l'admiration, remplissent son âme ; elle contemple cette majesté abaissée, ce Dieu fait homme et anéanti, selon l'expression de l'Apôtre ; pénétrée d'étonnement et de respect, elle s’anéantit elle-même devant lui et produit les actes les plus sublimes de louanges, de glorifications et d'actions de grâces. Vierge sainte et immaculée, daignez me faire part des sentiments qui remplirent en ce moment votre âme, afin que je rende aussi à mon Sauveur des hommages dignes de lui.


COLLOQUE avec la Sainte Vierge.
— La vénérer comme Mère de Dieu. — M’unir aux adorations qu'elle rend au Verbe éternel, incarné dans son chaste sein. — La supplier de m'obtenir de ce Dieu abaissé une parfaite pureté de cœur et une humilité profonde.


Résolutions.
— Veiller avec soin sur mon cœur, afin de le conserver pur. — Pratiquer aujourd’hui quelques actes d’humilité pour honorer les anéantissements du Verbe.


BOUQUET SPIRITUEL.
Le Verbe s’est fait chair. — Je vous salue, Marie, pleine de grâce.


PRIÈRE.
Sub tuum proesidium confugimus, sancta Dei Genitrix ; nostras deprecationes ne despicias in necenitatibus nostris , sed à periculis cunctis libera nos semper, Virgo gloriosa et benedicta. Amen.



Reportez-vous à Prière à Saint Gabriel Archange, Méditation pour la Fête du Saint Nom de Marie, Méditation sur la Présentation de la Sainte Vierge au Temple, Prière pour demander la grâce de connaître et d'accomplir la volonté de DieuMéditation sur la Maternité divine de Marie, Litanies de l'Amour de Marie, C'est de Marie qu'il nous est né un Sauveur, Sermon du Saint Curé d'Ars pour la Fête de la Nativité de la Sainte Vierge, Discours sur la Naissance de Marie, Catéchisme du Saint Curé d'Ars : Sur la Sainte Vierge, Le Saint Esclavage de Jésus en Marie, d’après Saint Louis-Marie Grignion de Montfort, Le Saint-Esprit dans le Nouveau Testament, première création : La Sainte Vierge Marie, Comment un véritable enfant de Dieu peut et doit honorer la Sainte Vierge, Le culte et l'amour de la Sainte Vierge ont commencé avec l'Église, La vraie dévotion à la Sainte Vierge Marie, La Sainte Vierge Marie, Mère de Miséricorde, et Inimitiés entre les enfants de Marie et les esclaves du Diable.













mardi 1 août 2017

Le Saint-Esprit dans le Nouveau Testament, Première création : La Sainte Vierge Marie



Extrait de "Traité du Saint-Esprit" de Mgr Gaume :


L'Annonciation (El Greco)
Reliant l'action incessante et universelle du Saint-Esprit dans l'ancien monde, à son action également incessante et universelle dans le monde nouveau, deux grands docteurs, l'un de l'Orient, l'autre de l'Occident, s'expriment avec une précision qui porte dans l'âme, avide de la vérité, la lumière et la joie. « C'est au Saint-Esprit, dit saint Basile, que toutes les créatures du ciel et de la terre doivent leur perfection. Quant à l'homme, toutes les dispositions bienveillantes du Père et du Verbe Sauveur, qui peut nier qu'elles n'aient été réalisées par le Saint-Esprit ? Que vous considériez les temps anciens, les bénédictions des patriarches, la promulgation de la loi, les figures, les prophéties, les exploits militaires, les miracles des anciens justes, ou que vous regardiez tout ce qui concerne l'avènement du Seigneur dans la chair : tout a été fait par le Saint-Esprit (Lib. de Spir. sanct., cxvi, n. 39). »

Saint Léon n'est pas moins explicite. « Il n'en faut pas douter, écrit l'immortel Pontife : si au jour de la Pentecôte, l'Esprit-Saint a rempli les apôtres, ce ne fut pas le commencement de ses bienfaits, mais une augmentation de libéralité. Les patriarches, les prophètes, les prêtres, tous les saints qui vécurent dans les anciens temps, durent au même Saint-Esprit la sève sanctifiante qui fit leur force et leur gloire. Sans sa grâce, jamais signes sacrés ne furent établis, jamais mystères célébrés ; en sorte que la source des bienfaits fut toujours la même, bien que différente dans la mesure de ses dons (Serm. II de Pentecost). »

Or, les effusions partielles du Saint-Esprit sur les hommes et sur les femmes illustres de l'ancienne loi, sur la synagogue, sur le simple Juif lui-même, devaient aboutir dans la suite des temps à une effusion complète, manifestée par quatre grandes créations : la Sainte Vierge, Notre-Seigneur, l'Église et le Chrétien.

Première création du Saint-Esprit dans le Nouveau Testament, la Sainte Vierge. — Dieu a parlé à l'homme, et parlé pour l'instruire. Sa parole n'est donc pas, elle ne peut pas être un livre scellé. De là, l'indispensable nécessité d'une interprétation authentique. Cette interprétation ne se trouve nulle part, ou elle est dans la tradition universelle de la synagogue et de l'Église.

Cette tradition nous dit que toutes les femmes illustres de l'Ancien Testament sont des ébauches, des esquisses, des figures de la femme par excellence, Marie. Les dons qu'elles ne possédèrent qu'en partie et transitoirement, Marie les possède dans leur plénitude et d'une manière permanente.

Comme les différents cours d'eau qui arrosent la terre viennent se perdre dans l'océan : toutes les effusions partielles du Saint-Esprit, sur les femmes de la Bible, se donnent un rendez-vous dans la femme de l'Évangile, pour créer l'incomparable merveille de son sexe, la Vierge mère, Marie.

Ainsi qu'on voit la rose poindre dans le bouton, nous voyons Marie poindre dans Ève, la mère des vivants, l'irréconciliable ennemie du serpent dont elle écrasera la tête. Elle resplendit dans Rébecca, jeune vierge modeste, naïve, belle et pudique, recherchée entre toutes par le vénérable Abraham, pour le fils de sa tendresse, Isaac. Tous les siècles l'admirent dans la courageuse Judith, qui, au péril de sa vie, tue le cruel Holopherne, et sauve sa patrie. Esther présente un reflet de son incomparable beauté, de sa puissance sur le cœur du grand Roi, de sa compassion pour les malheureux, Salomon la chante avec tous ses attraits, toutes ses vertus, tous ses bienfaits, dans l'épouse immaculée du Cantique des cantiques.

Tous ces dons épars sont réunis dans Marie ; mais ce n'est pas assez. Placée par le Saint-Esprit entre le monde ancien et le monde nouveau, elle est comme un océan dans lequel viennent se confondre toutes les merveilles des deux Testaments. « Tous les fleuves, dit le Docteur séraphique, entrent dans la mer et la mer ne déborde pas : ainsi, toutes les qualités des saints se donnent rendez-vous dans Marie. Le fleuve de la grâce des anges entre dans Marie. Le fleuve de la grâce des patriarches et des prophètes entre dans Marie. Le fleuve de la grâce des apôtres entre dans Marie. Le fleuve de la grâce des martyrs entre dans Marie. Le fleuve de la grâce des confesseurs entre dans Marie : tous les fleuves entrent dans cette mer, et cette mer ne déborde pas. Qu'y a-t-il d'étonnant que toute grâce coule dans Marie, puisque toute grâce découle de Marie (In Specul. B. M. V.t  post Med.) ? »

Quel est cet océan ? Cet océan sans limites et sans fond se compose de toutes les richesses de la nature et de la grâce, de toutes les vertus théologales et cardinales, de tous les dons du Saint-Esprit et de toutes les grâces gratuites, dans un degré superéminent. « Le Verbe incarné, dit saint Thomas, posséda dans sa perfection la plénitude de la grâce ; mais elle fut commencée dans Marie (III p. q. art. 3, ad 2). »

Quant aux grâces gratuites, c'est-à-dire qui sont données pour l'utilité des autres, afin de travailler à leur salut, soit en opérant leur conversion, soit en assurant leur persévérance, voulons-nous connaître, sous ce rapport, les richesses de Marie ? Écoutons saint Paul spécifiant les neuf espèces de grâces gratuites, distribuées aux différents membres de l'Église. « Les uns, dit-il, reçoivent l'esprit de sagesse ; les autres, l'esprit de science ; les autres, le don de la foi ; les autres, la grâce de rendre la santé aux malades ; les autres, de faire des miracles ; quelques-uns, le don de prophétie ; les autres, le discernement des esprits ; les autres, le don des langues, et les autres, l'intelligence pour interpréter aisément les Écritures (I Cor., XII, 8). » Posséder une seule de ces grâces insignes suffit pour être éminent dans l'Église.

Or, saint Thomas, suivi de la théologie catholique, enseigne que Marie les avait toutes, en habitudes ou en actes. « Il ne faut pas douter, dit-il, que la bienheureuse Vierge n'ait reçu excellemment le don de sagesse et des miracles, ainsi que l'esprit de prophétie. Toutefois elle n'a pas reçu l'usage de toutes les grâces gratuites : c'est le privilège exclusif du Verbe incarné. Elle a exercé celles qui étaient convenables à sa condition. Ainsi, elle a reçu le don de sagesse, pour s'élever à de sublimes contemplations ; mais elle n'en a pas eu l'usage pour prêcher publiquement l'Évangile, parce qu'il n'était pas convenable à son sexe.

« Elle possédait vraiment le don des miracles ; mais elle n'en a pas eu l'usage, surtout pendant que son Fils lui-même prêchait l'Évangile. Il était convenable, en effet, que pour confirmer sa doctrine, lui seul fît des miracles, en personne ou par ses organes accrédités, les disciples et les apôtres. De là vient ce qui est écrit de Jean-Baptiste lui-même, qu'il n'a fait aucun miracle. Il en devait être ainsi, afin que l'attention du peuple ne fût point partagée entre plusieurs, mais que tous les yeux fussent tournés vers le Verbe divin. Quant au don de prophétie, Marie en a fait usage dans son immortel cantique (III p., q. 27, art. 5, ad 3). »

Comme les rayons du soleil colorent, en le traversant, un nuage diaphane ; les beautés intérieures de la fille du Roi rayonnaient sur son corps virginal et lui donnaient une grâce incomparable. Marie fut plus belle que Rachel, plus belle que Rébecca, plus belle que Judith, plus belle qu'Esther, plus belle que toutes les beautés de l'ancien monde. De même que Notre-Seigneur fut le plus beau des fils des hommes, Marie fut la plus belle des filles des hommes. Type parfait de la beauté morale, elle fut le type également parfait de la beauté physique (B. Albert magn., apud Canisium, De Maria Deip., lib. I, c. xiii, p. 92, edit. in-folio).

Par qui a été formé cet océan de perfections ? Par le Saint-Esprit. Marie est ce que nous venons de dire, et mille fois plus encore, parce que, de toutes les créatures du ciel et de la terre, des temps passés et des siècles futurs, elle est la seule en qui la troisième personne de l'auguste Trinité soit survenue avec la plénitude de ses dons. Si vous demandez dans quel but le Saint-Esprit s'est ainsi reposé en Marie, les anges et les hommes répondent : Parce que Marie devait être son épouse, la mère du Verbe incarné, la base de la Cité du bien, la femme par excellence, mère d'une lignée perpétuelle de femmes héroïques.

Méditons le Fiat créateur de Marie. « L'ange Gabriel fut envoyé de Dieu dans une ville de Galilée, appelée Nazareth, à une vierge, mariée à un homme, nommé Joseph, de la maison de David ; et le nom de cette vierge était Marie. Et Fange, venant vers elle, dit : Je vous salue, pleine de grâce, le Seigneur est avec vous ; vous êtes bénie entre les femmes (Luc, I, 28). »

Remarquons-le bien, l'ange ne dit pas : Vous serez pleine de grâce, mais : Vous êtes pleine de grâce et bénie par-dessus toutes les femmes. Les perfections ineffables de Marie ne datent pas de la visite du céleste ambassadeur. Ce n'est pas à lui qu'elle les doit ; elle les possède sans lui et avant lui.

Après s'être exercé, comme en se jouant, à mille préludes, le divin architecte avait, en créant Marie, construit son vivant sanctuaire. Dès le premier instant de son existence, il avait orné sa future épouse de la plénitude de la grâce. Objet de ses complaisances infinies, elle était sa colombe, unique, toute belle, sans tache, ni ombre de tache, blanche comme le lis, gracieuse comme la rose, brillante comme le saphir, transparente comme le diamant. Telle était Marie au moment de la visite de Fange ; telle elle avait toujours été. Jamais, ni à sa conception, ni à sa naissance, ni pendant sa vie, le souffle impur du prince de la Cité du mal n'avait effleuré celle qui devait lui écraser la tête.

Nous n'avons plus à prouver la possession plénière et perpétuelle de la grâce par Marie, depuis que l'Église, résumant la croyance universelle des siècles, a formulé en dogme de foi la Conception Immaculé de l'épouse du Saint-Esprit. Il nous reste seulement à dire avec Fange, dans les transports de la reconnaissance et de la foi : Je vous salue, pleine de grâce : Ave gratia plena.

Reprenons l'histoire de cette création, bien plus merveilleuse que celle du ciel et de la terre, Gabriel ajoute : « Ne craignez point, Marie ; vous concevrez en votre sein et vous enfanterez un fils. Le Saint-Esprit surviendra en vous, et la vertu du Très-Haut vous couvrira de son ombre. C'est pourquoi le Saint qui naîtra de vous s'appellera le Fils de Dieu (Luc , I, 29). »

La langue des anges serait impuissante à expliquer . ces profonds mystères : que peut la langue de l'homme ? La première chose qui frappe dans le message angélique, c'est la parole : Ne craignez point, Marie. Quel en est le sens et la raison ? « Vous venez d'entendre, répond un Père de l'Église, que par un incompréhensible mystère, Dieu et l'homme seront mis dans un même corps, et que la fragile nature de notre chair doit porter toute la gloire de la Divinité. De peur que dans Marie le grain de sable de notre corps, ne fût écrasé sous le poids immense du céleste édifice, et que Marie, tige délicate, destinée à porter le fruit de tout le genre humain, ne fût brisée, l'ange commence par bannir toute crainte en disant : Ne craignez point, Marie (S. Pet. Chrys., Ser. CXLII, De Annuntiat.).

Pourquoi la jeune vierge de Juda doit-elle être sans crainte ? L'ange s'empresse de le dire en lui annonçant le concours des trois personnes de la Trinité. Le Père paraît comme soutien, le Saint-Esprit comme époux, le Verbe comme fils. Pourquoi ce concours si expressément indiqué ? Les interprètes répondent : « Jusqu'à Marie, les illustres filles de Juda avaient reçu le Saint-Esprit partiellement, pour une mission particulière ; la Vierge-Épouse doit recevoir du Saint-Esprit toute la substance du Verbe éternel, le Verbe lui-même en personne, le Créateur des mondes. Gabriel connaît le poids écrasant du miracle. Aussi il ne se contente pas de dire : Le Saint-Esprit surviendra en vous, il s'empresse d'ajouter ; Et la vertu du Très-Haut vous couvrira de son ombre. Elle le fera d'une manière ineffable , afin que vous puissiez soutenir le poids de votre conception. Que devait en effet concevoir cette jeune vierge, deux fois fragile par son sexe et par sa condition mortelle ? Le Tout-Puissant, Verbe de Dieu, la solide substance de l'Éternel, découlée de la pure substance de Dieu le Père, et dont le seul aspect fait trembler les anges. Il est donc bien dit : Vous serez soutenue par la vertu du Très-Haut, vertu puissante en miracles, seule capable d'associer la substance d'une femme au Verbe Dieu (Rupert., De Trinit. et oper. ejus, lib. XLII, De Spir. sanct., lib I, c. ix). »

Un savant panégyriste de la Sainte Vierge, le père d'Argentan donne une nouvelle raison de ce concours empressé. Rappelant le mot de saint Hésychius de Jérusalem, qui dit qu'en Marie était le complément de toute la Trinité (Ser., de S. Maria Deip.), il écrit le commentaire suivant : « Il est vrai, en quelque façon, que Marie donne aux trois personnes de l'adorable Trinité un certain complément de perfection, qu'elles n'auraient jamais eu sans elle et qui va du moins à la gloire extérieure de Dieu.

« Commençons par le Père. On ne peut pas douter qu'il ne possède la perfection infinie de la divine paternité, puisqu'il communique tout son être à son fils unique. Mais ce Fils, lui étant égal en toute chose, ne peut lui rendre aucun des devoirs de la piété filiale, service, obéissance, respect. Ne semble-t-il pas, selon nos faibles idées, que ce serait un complément d'honneur pour le Père, si ce même Fils, demeurant toujours dans la possession de la majesté infinie, lui obéissait et lui rendait de profonds hommages ? Se voir adoré par un Dieu aussi grand que lui, quelle gloire ! Qui la procure au Père ? Marie. Le Père qui voit avant tous les siècles son fils naître de son sein, son égal, le voit dans le temps naître du sein de Marie, son inférieur, tellement dévoué et tellement soumis, qu'il lui donnera sa propre vie sur une croix. Peut-on nier qu'à l'égard du Père, l'auguste Vierge ne soit le complément de la Trinité : universum Trinitatis complementum ?

« Quant au Fils, même raisonnement. Éternellement il possède toutes les perfections, puisqu'il est Dieu de Dieu, lumière de lumière, vrai Dieu de vrai Dieu. Mais ce Verbe éternel de Dieu demeure caché dans le sein de Celui qui l'a produit. Or, cette parole vivante de Dieu est, comme celle de l'homme, susceptible de deux naissances : l'une intérieure, l'autre extérieure. La première a lieu lorsque notre esprit conçoit une pensée qu'il garde en lui-même. C'est ce que saint Athanase appelle le verbe ou la parole de l'entendement, verbum mentis. La seconde se fait lorsque, au moyen d'une parole sensible, nous produisons au-dehors notre pensée. Cette parole extérieure, seconde naissance de l'intérieure lui donne son complément.

« Ainsi de la Parole éternelle. Née dans le sein du Père, elle était en lui avant tous les siècles. Nul ne la connaissait, mais elle était capable d'une seconde naissance qui l'exposât au-dehors et la rendît sensible. Selon notre manière de comprendre, cette seconde naissance lui donnait son dernier complément. Or, Marie a été la bouche par laquelle le Père a produit son Verbe au-dehors. C'est elle qui lui a donné un corps, et l'a rendu visible et sensible. Elle peut donc être nommée à l'égard du Fils aussi bien qu'à l'égard du Père, le complément de la Trinité : universum Trinitatis complementum.

« La chose est encore plus palpable à l'égard du Saint-Esprit. Dieu, il possède toutes les perfections, toute la bonté, toute la fécondité qui est dans le Père et dans le Fils. La fécondité du Père paraît dans la génération éternelle de son Fils unique ; la fécondité du Père et du Fils éclate dans la production du Saint-Esprit. Seule, cette troisième personne, aussi riche en fécondité que les deux autres, demeure stérile, lui étant impossible de produire une quatrième personne de la Trinité. Marie fera disparaître cette infériorité apparente. Grâce à elle, le Saint-Esprit deviendra fécond : il produira un Dieu-Homme ou un Homme-Dieu, chef-d'œuvre de puissance et d'amour. Ne semble-t-il pas qu'en cela l'auguste Vierge lui donne un surcroît de gloire, et qu'une troisième fois elle mérite d'être appelée le complément de toute la Trinité : universum Trinitatis complementum (Grandeurs de la Sainte Vierge, c. I, § 3) ?»

Nous verrons bientôt ce que produira dans Marie elle-même le concours empressé des trois personnes divines.

Marie est créée, créée par le Saint-Esprit (B. Albert magn., apud Dionys, Carth., De laudib. Virg., lib 1, c. XIII) ; créée chef-d'œuvre unique de la Puissance infinie. « Vers vous, lui crie saint Bernard, comme vers l'arche de Dieu, comme vers la cause et le centre des événements, comme vers l'affaire de tous les siècles, negotium omnium saeculorum, tournent leurs regards et les habitants des cieux et les habitants de la terre, et ceux qui nous ont précédés, et nous qui passons, et ceux qui nous suivront, et les enfants de leurs enfants. Toute la création fixe les yeux sur vous, et c'est avec raison. De vous, en vous, par vous, la main bienfaisante du Tout-Puissant a régénéré tout ce qu'elle avait créé (Ser. II, de Pentecost).

Le Créateur lui-même contemple son ouvrage avec des complaisances infinies. Marie est créée pour être l'épouse du Saint-Esprit et la mère du Verbe. Le mariage suppose le libre consentement des parties ; voyons de quelle manière est sollicité celui de l'auguste vierge. Les trois personnes de la Sainte Trinité envoient un ambassadeur, chargé de la demander en mariage. Étonnée de tant d'honneur, Marie se trouble ; mais elle fait ses conditions et traite avec Dieu même d'égale à égal. Je consentirai, dit-elle, à la condition de conserver intact le lis de ma virginité. Ainsi, une jeune fille de douze ans tient en ses mains le salut du monde. De sa volonté dépend l'accomplissement de l'œuvre à laquelle se rapportent, dès l'éternité, tous les divins conseils.

L'auguste Trinité paraît en suppliante devant Marie. Ineffable démarche ! qui contient toute une révolution morale. La femme, jusqu'alors l'être le plus abject, devient tout d'un coup l'être le plus respecté. Le genre humain aura-t-il un Sauveur ? La réponse d'une femme en décidera. Marie réfléchit. Et acceptant le double titre d'épouse du Saint-Esprit et de mère du Verbe, elle sait qu'elle accepte celui de reine des martyrs. Devant ses yeux se déroule une longue suite de sanglantes et lugubres images : la crèche, la croix, le calvaire, seront pour elle, car ils seront pour son fils.

« Consentez, consentez, lui crie saint Augustin, ne retardez pas le salut du monde. L'ange vous a donné sa parole : vous resterez vierge, et vous serez mère ; vous aurez un fils, et votre virginité ne souffrira aucun dommage. Heureuse Marie ! tout le genre humain captif vous supplie de consentir. Le monde vous établit auprès de Dieu l'otage de sa foi. Ne tardez pas ; répondez un mot à l'ambassadeur ; consentez à devenir mère, engagez votre foi, et vous connaîtrez la vertu du Tout-Puissant (Ser. xviii, de Sanct. - S. Bern., Ser. III, sup. missus). »

Marie a incliné doucement sa tête virginale. Elle a dit : Je suis la servante du Seigneur, qu'il me soit fait suivant votre parole. Elle est épouse, elle est mère ; et sa couronne nuptiale est une couronne d'épines, et ses joies maternelles sont le commencement d'un long martyre. En attendant, le monde est sauvé, sauvé par une femme ; et l'anathème, quarante fois séculaire, qui pesait sur la femme est levé pour toujours, car la femme désormais paraît à la tête de tout bien.

Cependant le Saint-Esprit est survenu dans Marie, et l'être saint qui naîtra d'elle sera appelé le Fils de Dieu. Pourquoi le Fils de Dieu, et non le Fils du Saint-Esprit ? Par la bouche des docteurs, la foi catholique répond : Il ne sera pas appelé et il ne sera pas le Fils du Saint-Esprit, parce qu'il ne sera pas formé de la substance du Saint-Esprit. Sa chair sera la chair de Marie, et Marie sera sa mère ; mais, sa chair n'étant pas formée de la substance du Saint-Esprit, le Saint- Esprit ne sera pas son père.

Remarquons la précision merveilleuse du langage divin. L'ange ne dit pas : Il sera appelé, ou : Il sera saint ; mais il dit : L'être saint qui naîtra de vous, sera appelé le Fils de Dieu. En effet, celui que Marie conçoit était depuis longtemps ; il était saint par essence et Fils de Dieu. Il restait donc à l'appeler ce qu'il était, et en l'appelant à manifester qu'il était Fils de Dieu, non par adoption, mais par nature.

« L'ange ne dit pas : Le saint qui naîtra de vous, mais : La chose sainte, l'être saint qui naîtra de vous. Pourquoi ? Parce qu'un grand nombre sont appelés saints ou sanctifiés, mais il n'y a qu'une chose sainte, un être saint, la sainteté même, d'où émane celle de tous les saints. Cet être saint est le saint des saints, le Fils de Marie. Étranger à la prévarication d'Adam, conçu par l'opération du Saint-Esprit, né d'une vierge sans tache, il n'a eu besoin, ni à sa conception, «ni à sa naissance, d'une sanctification accidentelle, mais il est saint par essence et la sainteté même (Rupert., De Spir. sanct., lib, I, c, x). »

Voilà donc la jeune vierge de Juda, devenue l'épouse du Saint-Esprit, la mère du Verbe, la parente de toute la Trinité, consanguinea Trinitatis. Tant de gloire n'est pas pour elle seule. Gomme Ève et Adam furent les bases de la Cité du mal, Marie et son Fils seront les bases de la Cité du bien, élevée sur la terre à sa plus grande perfection. Connue dans le monde entier sous le nom incommunicable d'Église catholique, cette glorieuse cité reconnaît Marie pour sa mère et sa maîtresse. Aux Chinois, aux Thibétains, aux sauvages d'aujourd'hui, comme aux Grecs et aux barbares d'autrefois, qui lui demandent son origine, elle répond : Je suis fille du Verbe éternel conçu du Saint-Esprit et né de la vierge Marie : conceptus de Spiritu sancto, natus ex Maria virgine.

Mère et maîtresse de l'Église, cette prérogative de Marie explique un mystère autrement inexplicable. Quand on connaît l'affection réciproque de Jésus et de Marie, on se demande avec étonnement, pourquoi le Sauveur montant au ciel n'y conduit pas avec lui sa mère bien-aimée ? Plus que personne n'avait-elle pas partagé ses travaux, ses humiliations et ses souffrances ? Qui donc méritait mieux d'être associée à ses gloires et à ses joies ? Pendant.que lui-même, le meilleurs des fils, va jouir d'un bonheur sans mélange et sans fin, pourquoi laisse-t-il la plus tendre des mères dans les tristesses de l'exil ? Les Justes de l'Ancien Testament, qui forment son cortège, sont-ils de meilleure condition que Marie ? Leurs désirs du ciel, plus vifs que les siens ? Le bon larron lui-même monte au ciel, et Marie reste sur la terre ! Quel est le mystère d'une semblable conduite ?

En retournant à son Père, Notre-Seigneur laissait l'Église au berceau. Petite et tendre enfant, elle avait besoin de lait et de soins maternels : il lui donne sa mère pour nourrice, ecce Filius tuus. Toujours dévouée, Marie accepte cette fonction qui prolongera son exil, et s'en acquitte avec une sollicitude ineffable. De ses prières, de ses exemples, de ses leçons, elle nourrit la jeune épouse de son fils, comme elle avait nourri de son lait virginal l'époux de l'Église, pendant qu'il était enfant.

Ainsi que dans une maison, en l'absence ou après la mort du père, la mère prend soin de la famille et en fait les affaires ; de même, le chef de l'Église ayant cessé d'être visiblement présent au milieu d'elle, c'est Marie qui le remplace (Corn, a Lap., in Act.. v, 42). Voilà pourquoi les apôtres et les disciples l'entourent de leurs respects et de leur obéissance filiale. Cette mission de Marie explique sa présence au Cénacle avec les apôtres et ses prières continuelles pour leur obtenir le Saint-Esprit (Dionys. Carthus., lib. IV, De praecon. B. M. V.).

Elle explique la fidélité des apôtres à la consulter dans les affaires importantes. Possédant à elle seule plus de grâces et de lumières que tout le collège apostolique, lorsque les organes du Verbe ont besoin d'un supplément d'instruction, ou d'un témoignage pour confirmer l'interprétation des Écritures, ils ont recours à celle qui, pendant neuf mois, fut le siège vivant de la sagesse, Sedes sapientiae. Delà vient que saint Bonaventure appelle Marie la maîtresse des maîtres, la maîtresse des Évangélistes (S. Bonav., in Psalt. Mar.).

Les beaux jours de la primitive Église nous la montrent dans l'exercice plénier de cette prérogative. Sa parole souveraine éclaircit tous les doutes, son autorité maternelle ramène toutes les divergences à l'unité. C'est elle qui, au concile de Jérusalem, tranche la question des observances légales : question délicate, vivement discutée, cause de troubles sérieux pour l'Église naissante et qui, même un instant, avait divisé Paul et Céphas. « Non pas, dit Rupert, que Marie ait présidé le concile ; une pareille fonction ne convenait pas à une femme, mais elle en avait dicté les décrets (In Cant. lib. I ; et Corn, a Lap., in Act.t xv, 13). »

C'est elle qui, avant la dispersion des apôtres, ouvre sa bouche au milieu de l'assemblée des Saints et envoie, comme la rosée, les paroles de sa sagesse pour éclairer les princes de l'Église (Eccl. xv, 5. - Ps. civ., 21). Comment les apôtres et les disciples auraient-ils pu connaître, si la Sainte Vierge ne les en avait instruits, les mystères de la sainte enfance et de la vie cachée de Notre- Seigneur ? Quelle autre que la divine Mère pouvait leur raconter l'annonce du Précurseur, la visite de Gabriel et son entretien avec Marie, la visite à sainte Élisabeth, la sanctification de Jean-Baptiste dans le sein de sa mère, le cantique virginal, la naissance admirable de Jean-Baptiste et le cantique de Zacharie, la naissance du Sauveur, sa circoncision, sa présentation au Temple, le cantique et la prophétie de Siméon, l'arrivée des mages, la fuite en Égypte, le retour à Nazareth, l'enseignement de Jésus au Temple, sa soumission à ses parents et une foule d'autres particularités ?

Où étaient les témoins de ces mystères, accomplis la plupart dans le secret de la vie domestique ? Qui les connaissait comme Marie ? Elle seule pouvait les apprendre aux apôtres. Ceux-ci, à leur tour, en ont instruit le genre humain, en consignant dans l'Évangile le récit de l'auguste Mère. Saint Luc en particulier s'attache à décrire les premières circonstances de l'incarnation du Verbe. « J'ai écrit, dit-il, d'après le récit de ceux qui ont vu de leurs yeux, dès le commencement, et qui ont été les ministres du Verbe (Luc, I, 2). » Sans doute il existait encore beaucoup de témoins qui avaient assisté au commencement de la prédication du Sauveur, qui avaient vu ce qu'il faisait et entendu ce qu'il disait ; mais jusqu'à sa trentième année, Marie seule le savait, seule elle pouvait le dire, puisqu'à l'époque où saint Luc écrivait, saint Joseph était mort depuis longtemps (Serm. LIV, Marian., p. 224, in-folio. Benevento, 1728). De là vient que saint Luc, historien de la vie cachée, est appelé le secrétaire de la Sainte Vierge, Notarius Virginis.

Ainsi, pour emprunter le langage de saint Hilaire, Marie seule apprit aux apôtres ce qui fut dès le commencement, ce qu'elle entendit, ce qu'elle vit de ses yeux. Ce qu'elle contempla, ce que ses mains touchèrent du Verbe de vie, ce qu'elle avait vu dans le secret, elle le manifesta publiquement. Ce que ses oreilles seules avaient entendu, elle l'annonça sur les toits, afin que les prédicateurs apostoliques le fissent connaître au monde entier (Can. x in Matth.). « Quelle reconnaissance nous devons à Marie, ajoute Eusèbe Émissène, pour avoir gardé tant de vérités importantes, que nous n'aurions jamais sues sans elle : Nisi enim ipsa conservasset, non ea haberemus. »

De son côté, saint Bernard, sondant avec sa pénétration ordinaire les mystères de Marie, demande pourquoi l'archange Gabriel lui annonce l'état de sainte Élisabeth ? Il répond : « L'état de sainte Élisabeth est manifesté à Marie, afin qu'étant informée tour à tour de l'arrivée du Précurseur et de l'arrivée du Verbe, elle connût le temps et l'ordre des événements, de manière à pouvoir plus tard révéler aux apôtres et aux évangélistes, la vérité dont elle avait été dès l'origine pleinement et divinement instruite (Hom. iv sup. Miss.). »

Non seulement l'auguste Mère nourrit la jeune Église des plus doux et des plus importants mystères, elle la fortifie, la console et lui assure une glorieuse immortalité. La Passion de son divin Fils ne doit pas finir au Calvaire. Là, elle ne fait que commencer, pour se perpétuer dans les frères du Verbe incarné, sur tous les points du globe, jusqu'à la fin des siècles. Le jeune et courageux diacre Étienne est arrêté, jugé, condamné à mort. Marie ne l'abandonne pas plus qu'elle n'avait abandonné son fils montant au Calvaire. Descendue au fond de la vallée de Josaphat, non loin du torrent de Cédron ; où le jeune diacre doit être lapidé, la douce Vierge, accompagnée de saint Jean, se met à genoux et les prières de la Reine des martyrs obtiennent la palme de la victoire au premier des martyrs (Corn. a Lap., in Act. VII, 57).

Le feu de la persécution s'allume de plus en plus : les apôtres ont besoin de conseils, les fidèles de consolations. Marie se fait toute à tous ; l'église de Jérusalem est une famille dont elle est la mère. Autour d'elle se réunissent ses enfants ; chacun lui expose ses douleurs et ses craintes. Nul ne la quitte sans être éclairé et consolé (S. Ignat. martyr. Epist. apud Canis., De Maria Deip.t lib. V. c. I). Heureux entretiens ! dont une heure s'achèterait au prix d'une vie de quatre-vingts ans. Ce que saint Augustin dit de sa bonne mère, doit à plus forte raison se dire de Marie : « Elle était, ô mon Dieu ! la servante de vos serviteurs, elle prenait soin d'eux, comme si tous avaient été ses fils, et elle se prêtait à leurs désirs comme si de tous elle avait été la fille (Confess., lib. IV, c. ix). »

La mission de consoler l'Église, de l'encourager, de la protéger, ne finit pas avec la vie mortelle de la Sainte Vierge. Impérissable comme la parole qui en est le titre, elle durera autant que les siècles. Voilà votre enfant, ecce filius tuus, lui dit le Sauveur mourant. Tant que cet enfant voyagera dans la terre d'exil, exposé aux attaques du prince de la Cité du mal, il aura besoin de vous ; vous lui tiendrez lieu de mère, ecce filius tuus. La fidélité de Marie au divin mandat est écrite dans toutes les pages de l'histoire.

D'une part, l'Église n'hésite pas à lui faire hommage de la destruction de toutes les hérésies : cunctas haereses sola interemisti in universo mundo. D'autre part, elle lui donne le nom glorieux de Secours des chrétiens : Auxilium christianorum. Par les splendides sanctuaires élevés en son honneur sur tous les points du globe, par les manifestations enthousiastes de leur confiance filiale, de leur amour et de leur reconnaissance, les individus et les peuples répètent, depuis l'origine du christianisme, d'une voix que jamais l'impiété ne pourra réduire au silence : Marie est le secours des chrétiens, la colonne de l'Église, la terreur de Satan, l'espérance des désespérés, la consolatrice des affligés, la santé des malades, le salut du monde, la pierre angulaire de la Cité du bien.

La synagogue fait écho à l'Église, et, par la bouche de ses docteurs, elle proclame les gloires, la puissance et les beautés de la Vierge de Juda. « C'est, disent-ils, par amour pour la Vierge immaculée que Dieu a créé le monde. Non seulement il l'a créé par amour pour elle, mais par amour pour elle il le conserve. Depuis longtemps, les crimes du monde l'auraient fait périr, si la puissante intercession de la douce Vierge ne l'avait sauvé (Cor. a Lap., in Prov. VIII, 22). » Saint Bernard montre que la foi la plus orthodoxe ne trouve aucune exagération dans les paroles des rabbins, lorsqu'il s'écrie : « C'est pour Marie que toute l'écriture a été faite ; pour elle que tout l'univers a été créé. Pleine de grâce, c'est par elle que le genre humain a été racheté, le Verbe fait chair, Dieu humble et l'homme Dieu (Serm. v in Salve Regina). »

Épouse du Saint-Esprit, Mère du Verbe, pierre angulaire de la Cité du bien, chef-d'œuvre de beauté intérieure et extérieure, Marie est la perle de l'univers. Tant de glorieuses prérogatives sont-elles le dernier mot de sa création ? Nullement. Par un privilège unique, Marie réunit en elle les deux gloires incompatibles de la femme, la virginité et la maternité. Vierge et mère, mystère de sainteté et mystère d'amour ; mystère de grâce, de pudeur, de timide modestie et mystère de courage et de dévouement sublime ; type d'une femme nouvelle, inconnue de l'ancien monde ; souche éternellement féconde d'une glorieuse lignée de femmes, vierges par leur pureté sans tache et mères par l'héroïsme de leur charité : telle est Marie et telle elle devait être (S. Bern., Serm. iv in Assumpt.).

Depuis la prévarication primitive, un anathème spécial pesait sur la femme : il fallait qu'une femme vînt le lever. Il le fallait, afin que le Prince de la Cité du mal eût la honte d'être vaincu par celle-là même, dont il s'était fait un instrument de victoire. Il le fallait, pour que la femme, principale cause de la ruine de l'homme, le devînt de son salut. Coupable messagère du démon, elle avait porté la mort à l'homme ; bienfaisante messagère de Dieu, elle devait lui rapporter la vie (S. Aug., De Symbol, ad catechum., tract, III, § 4). Le genre humain le savait ; toutes les traditions de l'ancien monde plaçaient la femme à la tête du mal ; toutes les traditions du monde nouveau devront la placer à la tête du bien.

En se redisant les unes aux autres : C'est la femme qui est la cause de tous nos malheurs (Eccles., xxv, 33.), les générations antiques avaient accumulé sur la tête de la femme, une masse de haine et de mépris, qui avait fait de l'ancienne compagne de l'homme le plus abject et le plus misérable des êtres. En se répétant jusqu'au seuil de l'éternité : C'est à la femme que nous devons tous nos biens, les générations nouvelles environneront la femme d'une vénération et d'une reconnaissance, qui en feront l'être le plus respecté et le plus saintement aimé de tous ceux que Dieu a tirés du néant.

Vierge et mère, Marie est ce que fut la femme dans la pensée du Créateur : l'aide de l'homme, semblable à lui : Adjutorium simile sibi. Elle-même enfante des filles semblables à elle, mères comme elle, et mères dignes de ce nom ; vierges comme elle, et vierges dignes de ce nom. Comme Marie avait résumé en elle toutes les gloires des femmes bibliques, ses préparations et ses figures ; ainsi elle communique ses qualités aux femmes évangéliques, sa continuation et son prolongement. Toutes sont ses filles ; mais quelles que soient leurs richesses et leurs beautés, Marie les surpasse toutes. Agnès est sa fille, Lucie est sa fille, Cécile est sa fille, Agathe est sa fille, Catherine est sa fille. Toutes ces vierges, toutes ces femmes resplendissantes de vertus, riches de mérites et de gloires, sont filles de Marie, mais elle les surpasse toutes (S. Bonav., in Specul., c. II).

Il faudrait parcourir les annales de tous les peuples catholiques, si l'on voulait nommer ces femmes nouvelles, glorieuses filles de Marie ; ces mères de famille si grandes, si respectées, si chéries et si dévouées ; ces vierges héroïques, fleurs gracieuses du jardin de l'Époux ; abeilles infatigables qui, des vertus les plus rares, composent un baume souverain pour toutes les maladies.

Regardez plutôt, et voyez tout ce que le monde doit à la femme régénérée par Marie. Il lui doit la famille: et c'est à la famille que la société chrétienne est redevable de toute sa supériorité. La femme est une puissance chrétienne. Cet élément de civilisation manquait au monde antique ; il manque encore au monde idolâtre ; et avec lui manque et manquera toujours la civilisation. Il lui doit la variété la plus touchante de services gratuits pour tous les besoins de l'âme et du corps. Il lui doit la conservation de ce qui reste de foi sur la terre. La première aux catacombes, la femme est la dernière au pied des autels. Il lui doit, aujourd'hui même, le spectacle peut-être le plus beau, mais à coup sûr le plus mystérieux qu'il ait jamais vu.

Jusqu'ici les femmes et les vierges catholiques, filles et sœurs de Marie, étaient restées dans l'intérieur du foyer domestique ; jamais, du moins, elles n'avaient franchi, pour l'apostolat, les frontières du monde civilisé. Tout à coup l'Esprit du Cénacle s'est répandu sur elles. Son ardeur les anime, sa force les soutient. Transformées comme les apôtres, elles volent à la conquête des âmes. Timidité, délicatesse, préjugés, liens du sang, tout a disparu : la femme fait place à l'héroïne.

Comme ces graines légères, qu'aux jours d'automne le vent promène dans toutes les directions, afin de donner naissance à des pépinières de fleurs et d'arbustes, elles vont, portées sur l'aile de la Providence, se reposer aux quatre coins du monde. À leur vue, l'Arabe, le Chinois, le Musulman, le Sauvage, restent frappés de stupeur. Ils demandent naïvement si elles sont des femmes et non pas des anges descendus du ciel en ligne droite ! Tant de vertus héroïques dans un sexe qu'ils n'ont jamais su que mépriser, est pour eux un mystère palpable qui les dispose à croire tous les autres.

Marie, étant ce qu'elle est, faisant ce que nous savons et beaucoup plus encore, on peut prévoir à quel degré de puissance et de perfection son influence élèvera la Cité du bien. Mieux que l'homme, Satan l'avait compris. L'anathème primitif lui était toujours présent: lui, l'orgueil incarné, avoir un jour la tête écrasée par une femme ! cette pensée monte sa haine jusqu'au paroxysme. Pendant quatre mille ans, il se venge de la femme, en l'outrageant de toutes manières. Ce n'est pas assez ; à tout prix il veut empêcher la victoire qu'il redoute.

La femme dont le pied lui brisera la tête sera Vierge et Mère de Dieu : il le sait. À faire méconnaître Marie et à paralyser son action salutaire sur le monde, il emploie tous ses artifices. Grand singe de Dieu, longtemps d'avance, il multiplie chez tous les peuples, les caricatures de l'auguste Vierge : « De peur, dit-il, que mon Ennemie ne soit reconnue et honorée comme la Mère de Dieu, j'inventerai une autre mère de Dieu. » Et dès la plus haute antiquité il invente Cybèle, la mère de tous les dieux, la femme du vieux Saturne, le plus ancien des dieux. Célèbre par toute la terre, son culte empêchera l'homme de faire aucun cas d'une autre mère de Dieu, plus récente et moins féconde. Une seule ne lui suffit pas. Toutes les anciennes mythologies de l'Occident, comme toutes les mythologies actuelles de l'Orient, sont pleines de déesses mères de dieux.

« Sans doute que mon Ennemie fera parade de son enfant : l'orgueil d'une mère est de porter son enfant dans ses bras. Ce spectacle sera de nature à la faire aimer, elle et son Fils. » Et il invente Vénus, type de la beauté sensuelle ; entre ses bras, il lui met un fils, Cupidon, qui, avec ses flèches, allume l'amour dans tous les cœurs. Le genre humain tout entier prendra le change et croira que cette mère avec son enfant, n'est qu'une copie de Vénus et de Cupidon.

« On attribuera sans peine un grand crédit à mon Ennemie sur le cœur de Dieu. Le monde sera porté à l'implorer ; et cette confiance affermira son empire. » Et il invente Junon, la reine de l'Olympe, puissante sur le cœur de Jupiter, son époux, et le maître des dieux.

« Mon Ennemie sera secourable aux petits, aux malheureux, aux personnes de son sexe. Ses sanctuaires seront assiégés par des multitudes qui viendront lui exposer leurs besoins de l'âme et du corps. Les grâces obtenues populariseront son culte, et le mien tombera peu à peu dans le mépris. » Afin que personne n'ait recours à Marie, il invente Diane, déesse bienfaisante à tout le monde. Les bergers et les villageois l'invoqueront, parce qu'il sera reçu qu'elle préside aux forêts et aux montagnes. Les femmes enceintes auront recours à elle, ainsi que les voyageurs de nuit et ceux qui auront mal aux yeux, parce que, sous le nom de Lucine ou lumineuse, on croira qu'elle aide l'enfant à venir au jour, qu'elle dissipe les ténèbres et rend la vue aux aveugles (voir le Père d'Argentan, Grandeurs de la Sainte Vierge, t. III, c. xxv, § 11).

La pensée satanique de discréditer Marie n'a pas vieilli. Un missionnaire écrit de l'Inde : « Mariama-covil est un gros bourg, voisin de Tanjaour. Ses maisons se groupent autour de l'énorme pagode de Mariamel, fausse divinité, qui a donné son nom à la petite ville. Le démon furieux contre Celle qui lui a écrasé la tête, a voulu travestir le culte de notre bonne Mère du ciel. Il a donc inspiré à ses prêtres d'imaginer une déesse qui portât le nom de Marie, et de la présenter à leurs dupes comme une divinité malfaisante, que l'on ne doit chercher qu'à apaiser pour l'empêcher de faire du mal. Cet horrible blasphème contre la Mère de bonté est bien digne de l'enfer. Aussi ce bourg est-il un des boulevards du paganisme (Annales de la sainte Enfance, n, 89, p. 411, décemb. 1862). »

En un mot, bien des siècles avant la naissance de Marie, Satan remplit le monde païen d'un nombre infini de déesses et de demi-déesses, de Pallas, de Minerve, de Cérés, de Proserpine et cent autres qui, toutes ensemble, forment une immense contrefaçon de Marie, afin d'obscurcir sa gloire, comme une nuée de poussière cache la face du soleil.

Vains efforts ! « La très Sainte Vierge, dit Euthymius, a brisé les autels des idoles, renversé les temples des gentils, fait tarir les torrents de sang chrétien répandus dans toutes les parties du monde (Cingul. Mar.). » Satan ne se tient pas pour battu. Au moyen des hérésies, il recommence la lutte. Ici encore, ainsi que nous l'avons remarqué, tous ses efforts tendent à détruire le dogme du Verbe incarné, par conséquent, à détrôner Marie. Tentative désespérée ! Toutes les fois que l'antique serpent lève la tête, il sent le pied virginal de Marie qui l'écrase ; car il faut que l'anathème divin ait éternellement son effet : Ipsa conteret caput tuum. Jusqu'à la fin de l'épreuve réservée à la race humaine, la lutte recommencera sous un nom ou sous un autre, avec la même honte pour Satan et la même gloire pour Marie.






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