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mardi 25 juillet 2023

La politesse est indissociable de la charité, Considérations sur la nature, les principes, les règles fondamentales, la nécessité de la bienséance et de la civilité


La politesse, on le constate, se fait de plus en plus rare dans ce monde, mais aussi malheureusement chez les catholiques, plus encore chez ceux qui crient haut et fort détenir la bonne doctrine... ce ne sont pas des mots qui font un catholique, mais l'esprit de Dieu qui l'anime et les actes qui en découlent ; d'où selon nous la nécessité de rappeler que la politesse est indissociable de la charité. Sans politesse donc, nulle charité. Espérons que ce rappel soit une source de motivation pour ceux qui ont oublié l'importance de la politesse et de la civilité pour être agréables à Dieu et aux hommes.


Sainte Anne et Saint Joachim instruisant Marie


Considérations sur la nature, les principes, les règles fondamentales,
la nécessité de la bienséance et de la civilité


La Bienséance, telle que nous la considérons dans ce traité, est la convenance qui règle nos rapports extérieurs avec Dieu, avec le prochain, avec nous-mêmes.
La Civilité, cette partie de la bienséance qui ne s'occupe que des rapports mutuels des hommes entre eux, ajoute aux convenances naturelles auxquelles nous sommes tenus à l'égard des autres, certaines règles arbitraires qui varient avec les temps et les lieux. Elle emprunte à la Politesse ce qu'elle peut avoir, dans le mode, d'aisé, de fin et de délicat.
Fondées sur la nature des choses, les règles de bienséance sont immuables, elles obligent tous les hommes, et elles ne peuvent être enfreintes sans un désordre plus ou moins grave.
Quant aux lois de la civilité et de la politesse qui changent suivant les pays et les temps, elles doivent être respectées d'après les principes de la bienséance générale. Celle-ci, en effet, tout en gardant le silence sur les formes arbitraires du respect et de la bienveillance extérieure, prescrit indirectement l'observation de ces règles, précisément par l'obligation qu'elle impose de se montrer bon et honnête à l'égard des autres.
L'infraction de ces lois dépendant des usages, peut provenir ou de l'ignorance : elle annonce une mauvaise éducation ; ou de l'oubli : il dévoile un esprit léger, et peu fait pour sentir vivement les convenances ; ou de la grossièreté : elle ne se trouve que dans un cœur sans vertus, et nullement susceptible de se plier à la politesse extérieure ; ou bien enfin d'un caractère plein d'orgueil : abaissant les autres à ses propres yeux, il se croit dispensé des règles de l'honnêteté ; froissé dans sa vanité, il ne garde plus aucune mesure à l'égard de ceux qui l'on blessé.
Toutefois, gardez-vous de cette civilité purement extérieure, telle qu'elle se trouve ordinairement dans le monde. On croit avoir gardé toutes les règles, lorsque, sous des formes pleines de politesse, sous les protestations réitérées d'une bienveillance hypocrite et d'un respect apparent, on cache le mépris ou l'indifférence, souvent même la haine.
La civilité, pour un chrétien, doit puiser son principe dans la charité, seul lien d'union solide entre les hommes. Le chrétien, non content d'y chercher ces motifs si puissants qui le portent à regarder dans les autres hommes des chefs-d’œuvre sortis des mains du Créateur, des enfants, comme lui, de ce père commun, des frères régénérés avec lui dans le sang du Sauveur, dont ils sont appelés à partager ensemble le royaume et la gloire ; le chrétien, dis-je, trouvera encore dans les caractères de la vraie charité, des règles qui le guideront avec d'autant plus de sûreté dans ses rapports avec ses frères, qu'elles lui sont données par l'Esprit-Saint lui-même.
Formée sur ces divins enseignements, la civilité du chrétien sera donc, comme sa charité, pleine de patience et de douceur ; dans ses procédés, elle ne fera paraître ni précipitation ni orgueil ; apprenant à fouler aux pieds ses propres intérêts, elle ne cachera jamais des desseins ambitieux. Au lieu de montrer de l'aigreur contre ceux qui auraient pu le piquer, celui qui règle sa civilité sur l'amour de ses frères supporte tout, souffre tout ; loin de témoigner des défiances injurieuses, par une louable simplicité et une noble franchise, il croit et il espère toute espèce de bien des autres. Si quelquefois il blâme le mal, plus souvent et avec plus de complaisance il relève les belles actions. Sa civilité, comme sa charité, ne lui fait jamais défaut ; elle répand sur toute sa conduite les charmes les plus attrayants.
Tels sont les principes, telles sont les règles de cette civilité véritable dont la politesse du monde n'est qu'une froide et pâle image.
L'esprit de charité qui inspire, qui vivifie la civilité et la politesse de tout chrétien, doit surtout se faire remarquer chez un ecclésiastique, obligé, par état, à une vie de dévouement, de zèle et de charité. Appelé à continuer et à perpétuer, sur la terre, la mission d'amour et de sacrifice de son divin maître, il imitera son humilité et sa douceur. Dans tous ses rapports avec le prochain devront se faire remarquer et sa modestie et sa bienveillance. Au-dessus du monde, par son caractère et ses fonctions ; hors du monde, par un esprit vraiment sacerdotal qui l'éloigne des habitudes de la société mondaine, le prêtre, cependant, vit au milieu du monde : aussi doit-il se plier à ces règles de bienséance, d'ailleurs indifférentes, mais auxquelles il est soumis comme les autres, et qu'il ne pourrait enfreindre sans s'exposer au mépris, au discrédit des gens du monde, et sans compromettre le succès d'un ministère laborieux et sanctifié même par de grandes vertus. Cependant, se souvenant toujours de sa dignité et de son caractère, il ne doit se prêter à rien de bas ni de trop mondain : ce serait une autre manière de tomber dans le mépris que d'affecter une politesse mondaine, contraire à ce que les gens du monde eux-mêmes attendent des mœurs graves d'un ecclésiastique.
Nous faisons connaître au jeune élève du sanctuaire le caractère spécial de la civilité pour un ecclésiastique, afin que, de bonne heure, il s'accoutume à cette bienveillance, à cette modestie, à cet esprit de dévouement, et à cette sage réserve qui devront, plus tard, paraître tout particulièrement dans ses rapports avec ses frères.
Exposer les principes et les règles fondamentales de la civilité chrétienne, n'est-ce pas faire sentir toute son utilité, toute son importance ? En effet, l'exercice de la civilité, telle que nous l'entendons, n'est autre chose que l'exercice des plus belles vertus chrétiennes : la patience, le renoncement à soi-même, l'humilité, la modestie, la douceur, en un mot la charité.
De l'observation consciencieuse des règles de la bienséance naît comme nécessairement cette habitude d'une sainte contrainte qui dispose à tous les sacrifices que demande la pratique des vertus.
La vigilance que nous devons avoir sur nous-mêmes et sur toutes nos démarches pour ne manquer à aucune convenance, facilité cette autre vigilance plus rigoureuse avec laquelle nous devons garder notre cœur et nos sens ; elle facilité aussi l'attention continuelle que nous devons apporter à l'accomplissement de nos devoirs.
De tout ce que nous venons de dire, il est facile de conclure combien il est important, combien il est nécessaire de s'exercer de bonne heure à la pratique de la civilité.
Elle forme, nous venons de le voir, aux habitudes les plus propres à faire naître et à entretenir les vertus. Pratiquée dès le jeune âge, la civilité préserve souvent les enfants, les jeunes gens, de ces vices grossiers qui ne trouvent pas de prise sur un cœur formé, par la bienséance, à la délicatesse et à l'honnêteté. Combien de fois un air de modestie et d'une honnête retenue n'a-t-il pas préservé un jeune homme du contact des méchants, qui fuient à l'aspect de la vertu ?
La considération de ne pouvoir se former plus tard que très-difficilement à ces habitudes d'honnêteté qu'il n'aurait pas contractées dans sa jeunesse, doit déterminer un jeune homme à s'accoutumer à l'exercice de la civilité et de la politesse, et à redresser, de bonne-heure, les mauvais plis qu'il réussirait avec peine à réformer dans la suite.
Un jeune élève se fera donc un devoir d'étudier avec attention les règles de la bienséance, et les différents usages de la société dans laquelle il est appelé à vivre. Ce sera surtout par la pratique qu'il parviendra à la connaissance de ces règles et de ces coutumes.
Une grande vigilance sur soi-même, sans préoccupation gênante ; l'observation attentive des bons procédés et des bonnes manières dans les personnes civiles et délicates ; la bonne volonté de profiter des avis ou des corrections par lesquelles un supérieur, un ami, cherchent à réformer des défauts contraires à la civilité et à la politesse : tous ces moyens seront employés avec zèle, et conséquemment avec profit, par les jeunes gens qui sentiront l'importance et la nécessité de se former aux bienséances et à la politesse.

(Politesse et Bienséances, par l'Abbé Théodore de Beauvois)







dimanche 14 août 2022

Moyens pour obtenir le don de Crainte



La crainte du Seigneur est la fin que se propose l'humilité (Prov., XXII, 4)


La prière
. « Pour nous disposer à recevoir les biens attachés au don de crainte, demandons-le instamment au Saint-Esprit, lui disant souvent avec David : Transpercez ma chair de votre crainte (Ps. CXVIII, 120), remplissez si abondamment de ce don ma volonté et tout mon intérieur, que la crainte découle et déborde sur mon corps et sur tout mon extérieur (Saint-Jure, ch. III, sect. 16, art. 4) »

La méditation. « Méditons souvent les droits infinis que le Seigneur a à nos hommages ; considérons combien nous serions ingrats d'offenser, de contrister en quelque chose un Dieu si bon, un Père si tendre, un Sauveur si dévoué. Rappelons-nous en même temps les grands biens promis dans les divines Écritures à ceux qui craignent le Seigneur, et les abondantes bénédictions qui leur sont annoncées. Les lumières de l'oraison feront naître en nous cette crainte salutaire (P. Belot). »

L'exercice de la présence de Dieu. « Si le souvenir et surtout la présence d'un père, d'un chef, d'un ami, quelquefois même du dernier de nos semblables, nous maintient dans le respect de l'ordre et dans la crainte du devoir, que n'opèrera pas l'habitude de al présence de Dieu sur un cœur animé par la crainte de l'amour ? Qui ne vous craindra pas, ô Roi des nations ? Et en vous craignant comme la bonté même, qui ne s'efforcera de vous plaire, qui n'appréhendera de vous offenser, quand ce souvenir sera mêlé de respect, de crainte, d'amour et de reconnaissance (Mgr le Courtier, Retraite de la Pent.) ? »

Faire la guerre aux craintes diverses opposées au don de crainte. « Toute autre crainte que celle de déplaire à Dieu est indigne d'une âme chrétienne ; mais en particulier il y a trois sortes de craintes qu'il faut soigneusement combattre. La première, qu'on appelle ordinairement peur, vient de la faiblesse de l'imagination ; elle consiste en de vaines terreurs, qui ont souvent pour cause un manque de foi et de confiance en Dieu ; il faut les combattre en s'y opposant directement. Les personnes qui aiment Dieu se croient toujours en sûreté, parce qu'elles sont persuadées que rien n'arrive que par l'ordre de la Providence. Une autre crainte très-dangereuse, c'est la crainte des hommes qu'on appelle respect humain. Une personne spirituelle doit s'appliquer ces paroles du Prophète : Qui êtes-vous pour avoir peur d'un homme mortel ? (Is., LI, 12) N'êtes-vous pas enfant de Dieu ? Et pourquoi vous mettre en peine d'autre chose que de lui plaire ? La troisième sorte de crainte qu'on ne doit point souffrir en soi, c'est celle de Dieu quand elle est excessive, et qu'elle va jusqu'à troubler et tourmenter le cœur. Dieu s'en sert quelquefois pour éprouver et purifier les âmes qui sont à lui, et pour les disposer à recevoir les plus grandes grâces. Cependant elles doivent travailler de leur côté à modérer cette crainte par la confiance et par l'exercice du parfait amour de Dieu, qui, comme dit saint Jean, chasse la crainte (S. Jean, IV, 18), c'est à dire la crainte propre des esclaves (Surin, Cat. spir., t. II, 6e p., ch. VIII). »

Notre crainte doit être telle, qu'elle n'altère point notre confiance en l'immense miséricorde de Dieu ; car sans aucun doute sa bonté l'emporte infiniment sur notre malice. (Saint Bonaventure)

Les personnes qui sont déjà avancées dans la vertu ne doivent pas pour cela cesser de vivre dans une sainte crainte du Seigneur. Un moyen d'entretenir dans leur cœur cette crainte salutaire sera de se souvenir souvent de cette parole de l'Apôtre : Que celui qui est debout prenne garde de tomber. (I Cor., X, 12) « Et qui donc ne craindrait pas ? Lucifer, l'ange très-sage et très-éclairé, était dans le ciel, et il est tombé. Adam était dans le paradis terrestre, et il est tombé. Samson, David, Salomon, saint Pierre, Tertullien, etc., fidèles serviteurs et amis de Dieu, sont tombés. Combien d'hérésiarques ont été d'abord des modèles de vertu ! Des anachorètes d'une grande perfection sont tombés. Des confesseurs de la foi, des martyrs sur le point de recevoir la couronne de vie sont tombés. On en a vu qui ont persévéré dans la sainteté jusqu'à leur vieillesse, et qui ont déshonoré leurs cheveux blancs et ses ont perdus. Si les arbres les plus vigoureux ont été ébranlés par les orages, si la foudre les a écrasés, quelle ne doit pas être notre crainte, nous qui ne sommes que de faibles roseaux ? » (Corneille de la Pierre)

(Les sept dons du Saint-Esprit)


Reportez-vous à Nature du don de Piété, Effets du don de Crainte, Nature du don de Crainte, Effets des sept dons du Saint-Esprit, Nature et excellence des sept dons du Saint-Esprit, Action du Saint-Esprit dans l'Église, Moyens pour obtenir les sept dons du Saint-Esprit, Du Recueillement, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De l'homme intérieur, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Du Saint-Esprit et de ses opérations en général : Ce qu'est le Saint-Esprit, sa mission temporelle, Prière pour demander au Saint-Esprit la victoire sur le respect humain, Promesse d'observer plus fidèlement à l'avenir les maximes de l'Évangile, Prière pour demander les douze fruits du Saint-Esprit, Prière pour demander la grâce de devenir parfait chrétien, Prière pour demander au Saint-Esprit l'abondance de ses grâces, Quelles résolutions prendre au jour de la Pentecôte ?, La Pentecôte : Quel est l'événement dont l'Église célèbre la mémoire en ce jour ?, Méditation pour le Samedi d'après la Pentecôte : Jésus sortant de la synagogue entra dans la maison de Simon, Méditation pour le Vendredi d'après la Pentecôte : Jésus prêchant dans la synagogue, voilà que des hommes apportent un paralytique dans son lit, Méditation pour le Jeudi d'après la Pentecôte : Jésus ayant assemblé ses douze Apôtres, leur donna une puissance et un empire sur tous les démons, Méditation pour le Mercredi d'après la Pentecôte : Quiconque écoute mon Père et se rend docile pour apprendre ce qu'il lui enseigne, vient à moi, Méditation pour le Mardi d'après la Pentecôte : Je suis la porte ; celui qui entrera par moi sera sauvé, Méditation pour le Lundi d'après la Pentecôte : La lumière est venue dans le monde, et les hommes ont mieux aimé les ténèbres que la lumière, Méditation pour le Dimanche de la Pentecôte : Le Saint-Esprit que mon Père enverra en mon nom, vous enseignera, Instruction sur le Saint-Esprit, Mission du Saint-Esprit, Instruction sur la Fête de la Pentecôte, Méditation sur la Fête de la Pentecôte : ils furent tous remplis du Saint-Esprit, Méditation pour la veille de la Pentecôte, Veille de la Pentecôte : Je prierai mon Père, et il vous donnera, pour demeurer éternellement avec vous, un autre consolateur, qui est l'Esprit de vérité que le monde ne peut recevoir, Méditation pour le Jour de la Pentecôte, Preuves directes de la divinité du Saint-Esprit : noms, attributs et œuvres, Le Dogme de l'unité de Dieu et de la Sainte Trinité, Preuves directes de la Trinité et de la divinité du Saint-Esprit, Le Saint-Esprit dans l'Ancien Testament, promis et figuré, Le Saint-Esprit prédit, Le Saint-Esprit dans le Nouveau Testament, première création : La Sainte Vierge Marie, Seconde création du Saint-Esprit : Notre Seigneur Jésus-Christ, Troisième création du Saint-Esprit : l’Église, Méditation pour le Dimanche de la Sainte Trinité, Neuvaine préparatoire à la Fête de la Pentecôte : Prière pour demander les sept Dons du Saint-Esprit, Méditation pour le Mercredi après la Pentecôte, Méditation pour le Mardi après la Pentecôte, Méditation pour le Lundi de Pentecôte, XIe Dimanche après la Pentecôte : Réflexions pratiques, Accueillir le Saint Esprit de Dieu, Litanie du Saint-Esprit, Méditation pour la Fête de l'Ascension, Instruction sur la Fête de l'Ascension, Méditation pour le Jour de l'Ascension de Notre-Seigneur, Le Seigneur Jésus fut élevé dans le ciel, et il est maintenant assis à la droite de Dieu, Les Apôtres et les Disciples ayant adoré Jésus-Christ, s'en retournèrent remplis de joie à Jérusalem, Quand le Consolateur que je vous enverrai de la part de mon Père, l'Esprit de vérité qui procède de mon Père, sera venu, il rendra témoignage de moi, Et vous aussi, qui avez été dès le commencement en ma compagnie, vous rendrez témoignage de moi, Je vous ai dit toutes ces choses, afin que vous ne vous scandalisiez point, Un temps viendra où quiconque vous fera mourir, pensera faire un sacrifice à Dieu, Ils vous traiteront de la sorte, parce qu'ils ne connaîtront ni mon Père ni moi, Je vous ai dit ces choses, afin que lorsqu'elles arriveront, vous vous souveniez que je vous les ai prédites, Actes avant la Confirmation : Prière au Saint-Esprit et Acte de demande, Méditation que les enfants peuvent faire avant de recevoir le sacrement de la Confirmation au Jour de la Pentecôte et Prière pour demander ou pour renouveler en soi la grâce du sacrement de Confirmation.














vendredi 5 août 2022

Effets du don de crainte



La crainte du Seigneur chasse le péché. (Eccl., I, 27)


Le don de crainte produit une grande retenue devant Dieu tant à l'intérieur qu'à l'extérieur
. « Cette retenue tient l'âme, en la présence de Dieu, dans un très-grand respect et une très-profonde révérence. Ainsi l'âme très-sainte de Notre Seigneur se tenait, pendant qu'il était mortel, et se tient encore et se tiendra à jamais là-haut au ciel, dans un extrême respect devant la Divinité. Aussi, saint Paul a-t-il écrit que Jésus-Christ a été exaucé en ses prières à cause de la parfaite révérence avec laquelle il les faisait. (Hebr., V, 7) Plus une âme connaît la grandeur et la majesté de Dieu, plus elle a de respect pour lui ; c'est pourquoi, comme l'âme de Notre-Seigneur en a une connaissance infiniment plus claire et plus parfaite que tous les anges et tous les hommes, elle est incomparablement plus respectueuse en sa présence. Ainsi les âmes qui possèdent le vrai Esprit de Jésus-Christ, et ont reçu le don de crainte en un haut degré, sont extrêmement retenues et craintives devant Dieu ; elles le révèrent avec des sentiments si humbles et si profonds, qu'elles se sentent comme fondre et anéantir, se souvenant seulement qu'il les regarde (Saint-Jure, ch. III, sect. 16, art. 4). »

Le don de crainte rend respectueux envers les hommes, comme étant des créatures très-excellentes de Dieu
. « En effet, si le Sage a dit à Dieu : “Seigneur, encore que vous ayez tout pouvoir et que vous soyez infiniment grand, vous nous conduisez toutefois avec une grande révérence (Sag., XII, 18),” combien, nous, n'avons-nous pas plus de sujet de traiter les hommes avec respect (S.-Jure, ch. III, sect. 16, art. 4). »
« Ce respect qu'inspire à l'âme le don de crainte, s'étend à tous les hommes ; mais rien n'égale sa vénération pour tous ceux qui sont d'une manière spéciale les représentants de Dieu. L'homme de foi s'incline sans contrainte devant ces majestés créées. C'est ce don de crainte qui fait du catholicisme la grande école du respect ; c'est par lui que l'enfant apprend à honorer son père, le sujet à respecter son roi, le fidèle à révérer tous les ministres du Seigneur, et, entre tous, celui qui est le Pasteur des pasteurs, et le plus auguste représentant de la souveraine Majesté (P. Belot). »

Le don de crainte nous donne une appréhension extrême de la moindre offense de Dieu, et nous fait fuir très-soigneusement toutes les occasions du péché
. « Il nous donne une aversion, une haine mortelle de tout péché, et il nous fait fuir très-soigneusement toutes les occasions qui y peuvent porter. Le péché est à ces âmes craintives le seul objet de leur haine et de leur horreur ; elles aimeraient mille fois mieux se lancer dans les flammes et dans tous les tourments de l'enfer, que d'en commettre un seul ; les bienheureux choisiraient plutôt de sortir du paradis, de perdre leur félicité, et d'être à jamais misérables, que de dire seulement une parole oiseuse (S.-Jure, ch. III, sect. 16, art. 4) »

Le don de crainte inspire une soigneuse vigilance sur soi-même
. « Il porte à faire de fréquents retours sur soi-même, pour reconnaître l'état de son intérieur et voir ce qui s'y passe contre la fidélité du parfait service de Dieu. Ceux qui ont ce don n'ont pas besoin d'examen particulier, parce qu'ils ne font pas la moindre faute, qu'ils n'en soient aussitôt repris et qu'ils ne la voient, marchant toujours dans la lumière du Saint-Esprit, qui les conduit (P. Lallemant, IVe princ., ch. IV, art. 7). »

Si je voyais d'un côté la mer remplie de feu, et de l'autre le moindre péché, je me jetterais plutôt mille fois dans ce feu que de commettre ce péché. (Sainte Catherine de Sienne)

C'est par les impressions du don de crainte filiale que nous voyons les Louis de Gonzague, les Stanislas, les Berchmans, baignés de larmes aux pieds de leurs confesseurs, s'accusant avec la plus vive contrition des fautes les plus légères. On lit dans la vie du B. Alphonse Rodriguez, religieux coadjuteur de la compagnie de Jésus, que, chaque fois qu'il passait en un certain endroit du collège de Majorque, où il demeura quarante années, il se jetait à genoux en pleurant et en soupirant et demandait pardon à Notre-Seigneur d'un regard de curiosité qui lui était échappé en ce lieu. Le don de crainte filiale lui faisait ainsi expier cette légère offense par des larmes mille fois renouvelées.

(Les sept dons du Saint-Esprit)


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mardi 7 décembre 2021

Résolutions à prendre pour la fête de l'Immaculée Conception de Marie



Marie prévenue de toutes les bénédictions de la grâce ; défendue par le privilège de sa Conception miraculeuse, qui semblait mettre entre elle et le péché un intervalle presque infini, ayant la promesse de Dieu pour garant de son innocence ; Marie ne crut pouvoir se soutenir que par la fidélité et la vigilance, et ne se trouva en sûreté que loin du monde et de ses périls. Quelle instruction pour nous, et quel exemple ! Si Marie, délivrée de ce fonds de corruption et de faiblesse qui nous fait un danger de tout et nous rend les chutes si faciles, fuit le monde et persévère dans le recueillement et dans la prière, comment pouvons-nous nous flatter de conserver au milieu de ses plaisirs et des ses périls une innocence qui trouve déjà au-dedans de nous des ennemis si terribles à combattre ? Et quelle résolution plus sage, plus chrétienne et plus nécessaire pouvons-nous prendre en ce jour, que de nous environner nous-mêmes de la vigilance la plus sévère et des précautions les plus rigoureuses contre le monde et ses séductions ? La fuite des occasions devança même en Marie l'âge où les périls sont à craindre ; de bonne heure, cherchons donc comme elle, près du sanctuaire du Seigneur, un asile, pour y mettre à couvert de la contagion du siècle le trésor de notre vertu. N'oublions jamais que les grâces même les plus signalées du ciel ne seraient plus pour nous qu'un malheur et un piège, si elles nous inspiraient une sécurité présomptueuse ; que Marie, assurée que la grâce ne l'abandonnerait jamais, vécut comme si elle avait toujours craint de la perdre, et que sans cette défiance perpétuelle de nous-mêmes, sans les précautions les plus rigoureuses et les plus constantes, nous n'aurions à attendre que les chutes les plus déplorables et les plus honteuses.

(Manuel des petits séminaires)


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samedi 19 juin 2021

Le malheur du monde dans les dangers où il se trouve


La Tentation de Saint Antoine

Saint Léon considérant ce qui se passe dans le monde, s'écrie : Tout y est plein de périls, tout y est plein de pièges. Les convoitises y tentent, les plaisirs des sens y dressent des embûches, les biens temporels y servent d'une occasion dangereuse, les pertes que l'on en fait inquiètent, les détractions y font de la peine, les louanges sont remplies de flatteries, les haines y irritent, en sorte qu'il est difficile d'éviter les péchés que tous ces maux causent. Malheur à moi, dit saint Bernard, nous sommes dans un pays de guerre, où des flèches mortelles tombent de tous côtés. On est en danger partout, partout on trouve des obstacles. De quelque côté que je me tourne, je ne trouve rien qui m'assure ; ce qui est agréable et ce qui est fâcheux, la prospérité et l'adversité, les richesses et la pauvreté, les veilles et le sommeil, le travail et le repos, toutes ces choses sont autant de sujets de combats. La vie est tellement pleine de tentations, que l'on pourrait dire que c'est une continuelle tentation. Le monde, enseigne S. Ambroise, est tout environné de précipices ; et ce qui est de plus terrible, c'est que la plupart des hommes y périssent. C'est ce qui fut montré à saint Antoine, l'honneur des déserts : il vit le monde tout plein de pièges : et ces vues ont percé de crainte les plus grands Saints.
Les saints Religieux dans leurs Cloîtres, quoiqu'éloignés de la plupart des dangers du monde, ont servi Dieu avec crainte et avec tremblement. Les pieux solitaires au milieu des déserts les plus affreux, dans une séparation entière du siècle, et de toutes les occasions dangereuses qui y sont, ont été saisis de frayer. Le grand Apôtre, dans un parfait dépouillement, dans un dégagement universel du monde, tout plein du S. Esprit, tout rempli des sentiments de Jésus-Christ, regardant comme de la boue et de la fange tout ce que les siècles a de plus précieux, ayant été élevé jusqu'au troisième ciel ; et d'autre part châtiant son corps par de longues veilles, par la faim, la soif, la nudité, vivant dans l'affliction et dans la douleur, s'exposant à toutes choses, et les plus pénibles pour la gloire de son Maître, dans les voyages, dans les villes, dans le désert, sur mer, sur terre, souffrant de toutes sortes de personnes, de ceux de sa nation, des Gentils, des faux frères, les fouets, les verges, les naufrages, les prisons, et souvent se trouvant proche de la mort, avoue qu'il est dans la peur, et dans la peur d'être damné.
S. Jean Chrysostome méditant les périls du monde, gémit dans l'amertume de son cœur. Je ne sais, dit-il, où j'en suis, et je ne saurais revenir de l'étonnement où me met la chute de David, ce qui a donné plusieurs fois de l'émotion à mon esprit, ce qui m'a grandement affligé. Je considérais que David était le père de Jésus-Christ, à raison qu'il en tirait son origine selon la chair, qu'il avait vécu dans l'innocence, qu'il était plein d'humilité, qu'il se confiait en Dieu, dont Dieu avait dit qu'il était selon son cœur, qui faisait du bien à ses ennemis, qui portait le cilice, qui jeûnait très-rigoureusement, qui s'appliquait à la prière au milieu des plus grandes occupations que l'on puisse avoir en cette vie, sept fois le jour, qui faisait l'oraison au lever de l'aurore, à midi et le soir ; qui se levait toutes les nuits à minuit pour rendre ses adorations à l'infinie Majesté de Dieu, et qui fortifié de la sorte ne laisse pas de tomber à la seule vue d'une femme. Après cela, ou il faut être insensible, ou dans la dernière présomption, si l'on ne passe pas toute sa vie dans la crainte et le tremblement. Si ceux qui sont comme des étoiles brillantes, tombent du ciel de la plus sublime perfection, et à la moindre occasion, que ne doivent pas craindre les hommes rampants sur la terre, remplis de faiblesses, qui ne peuvent se soutenir, tout pleins de blessures, et au milieu d'une infinité de dangers ?
Saint Anselme, Archevêque de Cantorberi, qui a eu l'honneur d'être appelé le Chapelain de la Mère de Dieu, pour sa rare dévotion envers cette auguste Reine du Ciel, et à raison de ses incomparables grandeurs qu'il a prêchées, et dont il a écrit avec un zèle singulier, vit un jour dans une extase un grand fleuve impétueux qui entraînait quantité d'ordures, trouble, sale et vilain étrangement ; et il entendit une voix qui disait : Ce fleuve est le monde, et c'est de cette eau dont les hommes de la terre son abreuvés.
C'était le sentiment de saint Augustin, qui s'écrie : Malheur à toi, fleuve du monde. Qui pourra ne pas se laisser emporter à l'impétuosité de tes eaux ? Jusqu'à quand ne seras-tu point desséché ? jusqu'à quand entraîneras-tu après toi les malheureux enfants d'Ève dans les abîmes d'une mer épouvantable ? Mais ce saint Docteur remarque que la coutume est l'un des plus gros torrents de ce fleuve, et l'un des plus rapides, qui enlève le plus de monde, et les jette dans le précipice. Quand le Saint-Esprit, par le Prophète Isaïe, dit : Malheur à la nation pécheresse, au peuple chargé d'iniquités, plusieurs Interprètes pensent qu'il parle aux pécheurs habitués dans leurs péchés, qui n'ayant point résisté à la coutume, se sont fait une nécessité de pécher, qui les tyrannise cruellement. Ainsi on entend dire aux moindres : Que fera-t-on ? c'est la coutume ; et de la sorte on est damné pour jamais par coutume. On a honte même, comme le remarque saint Augustin, de ne pas faire comme les autres. Si l'on porte des habits trop magnifiques, ou même qui ne soient pas assez modestes, on rougira d'être vêtu chrétiennement ; car ce n'est pas la mode. Maudites modes que le diable invente quand elles sont contre la modestie, et que l'on aime mieux suivre, que celle de Jésus-Christ. Si l'on est trop libre dans les compagnies et dans les divertissements, on veut faire comme les autres. Si on fait des dépenses excessives, si l'on emploie l'argent au jeu, on est de ces parties, et l'on ne fait pas réflexion que ceux qui se sauvent sont en petit nombre, et qu'ainsi l'on ne doit pas faire comme le grand nombre, puisqu'il faut être du petit, si l'on aspire véritablement au salut. Qui pourrait jamais expliquer les maux des méchantes coutumes dont le monde est rempli ? S. Chrysostome faisant attention sur les maux qui en arrivent, s'étonne des Juifs, qui étant nourris de la manne, qui était une nourriture céleste, et du ministère des saints Anges, c'est pourquoi elle est appelée le pain du Ciel et le pain des Anges, ne laissaient pas de regretter les oignons d'Égypte, parce qu'ils y étaient accoutumés. Ainsi la maudite coutume du monde est cause que l'on préfère la dure servitude de ses passions à la liberté glorieuse des enfants de Dieu, les plaisirs des sens à ceux de l'esprit, la chair à Dieu.
Le monde étant ainsi plein de toutes parts de dangers, notre Maître, dit S. Bernard, nous apprend dans la prière qu'il nous a enseignée, de demander à Dieu en toute humilité, de ne pas permettre que nous soyons tentés, notre faiblesse nous devant faire craindre la tentation. Il nous crie : Veillez et priez, afin que vous n'entriez pas en tentation, veillez, priez, de peur que l'on ne vous trouve endormis. Prenez garde que vos coeurs ne s'appesantissent par les soins de cette vie. Le Prince de ses Apôtres, saint Pierre, nous exhorte à être prudents, et à veiller dans la prière. Ces avis ne s'adressent pas seulement aux Ecclésiastiques et aux Religieux, aux Solitaires, aux personnes retirées. Quand notre Sauveur ordonne à ses Apôtres de veiller, il leur déclare qu'il dit à tous ce qu'il leur dit.
Les gens du monde ont une éternité de bonheur à acquérir, et une éternité de peines à éviter, aussi bien que ceux du Cloître. Ils ont le même Paradis à espérer, et le même Enfer à craindre. Il n'y a que cela de différence, que ceux qui sont séparés des embarras du siècle, sont incomparablement moins en danger, que ceux qui y demeurent. Cependant l'enchantement est si prodigieux, que le monde renvoie au Cloître l'application à la prière ; comme si les malades renvoyaient la médecine à ceux qui se portent bien ; comme si ceux qui marchent dans un chemin plein de voleurs et de précipices, ne s'appliquaient point à en éviter les périls, disant que ces soins sont bons pour ceux qui voyagent en des lieux où il n'y a rien à craindre. Voilà la folie du monde insensé. On dit qu'on n'a pas le loisir de penser à Dieu ; que l'on a trop d'affaires. Hé, quoi donc, il n'y aura que la seule et unique affaire, affaire d'une conséquence infinie, qui sera négligée ! Ces gens d'affaires, néanmoins, trouvent du temps pour boire, pour manger, pour dormir ; et jamais le monde a-t-il eu une seule personne, quelques affaires qu'elle ait eues, qui n'en ait pas trouvé le loisir ? Si ce n'est en de certaines heures, on en sait bien trouver d'autres. Ces gens d'affaires ne parlent-ils plus aux autres créatures ? Ô folie, qui n'a rien de pareil ! Il n'y a que Dieu à qui l'on n'a pas le loisir de parler : il n'y a que l'affaire de l'éternité qui ne nous occupe point.
Après tout, il n'y a point de moment dans la vie, dans lequel nous ne soyons en danger de perdre le Paradis, et d'être damnés. Il est très certain que tous les hommes seront ou sauvés, ou damnés ; qu'ils seront pour une éternité, ou dans le Paradis, ou dans l'Enfer. Où serez-vous, vous qui lisez ceci ? À quoi pensez-vous, si vous n'y pensez bien ? De là vient la nécessité de l'oraison mentale. Elle est telle, que saint François de Sales, que chacun sait n'avoir pas été emporté en matière de dévotion, veut néanmoins que les gens mêmes qui vivent dans le siècle et dans l'embarras du ménage, en fassent tous les jours une heure ; et cela avec tant d'exactitude, que si l'on n'a pas eu le loisir le matin, qu'on ne reprenne le temps vers le soir. Nous en pourrons parler encore avec le secours divin, dans la suite de ce Traité.
Mais écoutons ici le grand Maître, notre divin Sauveur, qui dit qu'il faut toujours prier, et ne se point relâcher ; qu'il faut veiller et prier en tout temps. Écoutons son Apôtre, qui nous dit : Priez continuellement, faites en tout temps par l'esprit toutes sortes de prières et des applications à Dieu, et veillez par lui en offrant des vœux avec grande instance : qui nous avertit que le jour du Seigneur arrivera, comme un voleur qui vient la nuit. Car lors, nous apprend-il, que les hommes se vanteront d'être en paix et en assurance, ils seront surpris par une soudaine ruine qu'ils ne pourront éviter, comme une femme est surprise par les douleurs de l'enfantement. Il crie ensuite aux Chrétiens, qu'ils ne sont pas dans les ténèbres pour être surpris par ce jour comme par un voleur : qu'ils sont tous enfants de la lumière et du jour, et non pas des enfants de la nuit et des ténèbres : qu'ils ne doivent donc pas s'endormir comme les autres, mais veiller et être sobres. Écoutons le Prince des Apôtres, qui nous dit : Soyez prudents, et veillez dans la prière ; et il parle de la sorte après avoir donné avis que la fin de toutes choses était proche. Écoutons le Disciple de l'amour, et le Disciple bien aimant et bien-aimé, qui nous dit : Heureux celui qui veille, et qui conserve ses vêtements, afin qu'il ne marche point nu, la grâce dont nous devons être revêtus ; de peur qu'en étant dépouillés nous ne demeurions confus devant Dieu et ses Anges.

(Extrait de Le malheur du Monde, par M. Henri-Marie Boudon)


Reportez-vous à Le Malheur du monde pour les scandales, Le malheur du Monde dans ses honneurs, Le malheur du Monde dans ses plaisirs, Le malheur du Monde dans ses richesses, Le malheur du Monde, en ce qu'il ne connaît point Dieu, et son Fils Jésus-Christ, Le malheur du Monde dans les ténèbres, Ce que l'on entend par le Monde, Aveuglement de l'homme, Du vrai Religieux, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De la vie mixte, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De l'homme intérieur, par le R.-P. Jean-Joseph SurinCe qui s'est observé dans un Ordre Religieux durant le premier siècle depuis son établissement, doit être regardé comme meilleur que tout ce qu'on peut inventer dans la suite, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Sur les trois mots qui furent dits à saint Arsène : Fuyez, taisez-vous, reposez-vous, Instruction sur les Conseils évangéliquesDu mondeMéditation sur les dangers du mondeMéditation sur l'amour de la retraiteMéditation sur les moyens de se sanctifier dans le mondeMéditation sur le détachement des biens de ce monde, Litanie pour se détacher des biens de ce monde, Méditation sur la gloire du monde, Méditation sur les obstacles que le monde oppose à notre salut, Méditation sur le renoncement au monde, Méditation sur deux règles qu'un Chrétien doit toujours observer pour faire son salut dans le monde, Méditation sur les affaires du monde comparées à celles du salut, Méditation sur l'affaire du salut, Que faut-il pour connaître sa vocation ? Premièrement, consulter Dieu, Que faut-il pour connaître sa vocation ? Deuxièmement, consultez-vous, vous-même, Que faut-il considérer dans le choix de la vocation ?, Quelle est ma vocation ?, Prière pour demander la grâce de connaître et d'accomplir la volonté de Dieu, Prière pour la vocation, Prière à Marie pour connaître sa vocation, Prière à Saint Joseph pour lui demander la grâce de connaître sa vocation, N'embrassez un état que par des motifs dignes d'une Chrétienne, En quelque état que vous soyez, rendez respectable, par vos sentiments et votre conduite, votre titre de Chrétienne, et Méditation sur ce qu'un Chrétien doit penser des richesses et des grandeurs du monde.













mercredi 3 mars 2021

Les enfants chrétiens en vacances



Une triste expérience démontre qu'un grand nombre d'enfants, après avoir persévéré pendant toute une année dans la pratique de la vertu et de la piété, perdent bientôt, pendant le temps des vacances, toutes leurs bonnes dispositions et les habitudes heureuses qu'ils avaient contractées, abandonnent entièrement leurs résolutions les plus sages et les plus sincères, oublient leurs devoirs les plus sacrés et deviennent souvent très-coupables. Le commerce plus fréquent du monde, la dissipation, l'oisiveté, une liberté plus grande à laquelle ils ne sont pas accoutumés, en même temps que l'absence des secours dont ils se trouvent privés dans le temps même où ils leur deviennent plus nécessaires : telles sont les causes de ce déplorable changement. Un enfant chrétien n'oubliera donc pas que le temps des vacances est un temps plein d'écueils et de dangers, et pour se prémunir contre les causes funestes qui en perdent tant d'autres, il s'entourera de précautions et de vigilance, redoublera de dévotion envers la très sainte Vierge, et se prescrira pour tout le temps des vacances la fidélité la plus scrupuleuse au règlement suivant :

Un enfant chrétien en vacances doit se rappeler qu'il a toujours un Dieu à servir et une âme à sauver.

Ce qu'on doit éviter :

1° L'oisiveté, source de tentations ; le respect humain, cause de tant de péchés ; le découragement, qui vient quelquefois après une première faute.
2° Les mauvaises compagnies, les lectures dangereuses, les divertissements où on serait exposé à voir, entendre ou faire ce qui blesserait la conscience.

Ce qu'on doit observer :

Envers Dieu : Prières du matin et du soir, lecture méditée.
Fidélité aux lois de l'Église, abstinence, saints offices.
Recours habituel à la Sainte Vierge comme protectrice spéciale des vacances, chapelet.

Envers le prochain : POUR TOUS ; charité, condescendance, politesse.
POUR SES PARENTS : docilité, prévenance, le plus affectueux respect.
AVEC LES ÉTRANGERS : discrétion, réserve ; avec les jeunes gens, retenue. On se fait respecter en évitant une trop grande familiarité.
Faire, si l'on peut, quelque chose pour les pauvres.

Envers soi-même : décence scrupuleuse, simplicité, éviter la hauteur.
Dans les moments difficiles, recourir à Dieu et à Marie.
Ne jamais se décourager, quoi qu'il arrive : se relever sans retard par la confession et par la communion fréquentes*.

* En l'absence de sacrements, prier pour obtenir la contrition de ses fautes, et communier spirituellement chaque jour.


Ordre d'une journée ordinaire de vacances


Matinée : Lever fixe ; prière et lecture méditée, un quart d'heure au moins ; la sainte Messe, s'il est possible ; deux ou trois heures d'étude, devoir de vacances.
Après-midi : Une heure d'étude, si on ne fait pas une grande promenade ; lecture de piété, chapelet ; si on le peut, visite au Très-Saint Sacrement ; prière du soir ; coucher fixe, autant que possible.

(Manuel des petits séminaires)


Reportez-vous à La politesse est indissociable de la charité, Qu'est-ce que la persévérance ?, Première et dernière pensée du chrétien, Règlement pour les écoliers pendant les vacances, Avis de Saint Philippe de Néri aux enfants des pensionnats, Litanies de la Jeune Fille, Que faut-il pour connaître sa vocation ? Premièrement, consulter Dieu, Que faut-il pour connaître sa vocation ? Deuxièmement, consultez-vous, vous-même, Que faut-il considérer dans le choix de la vocation ?, Quelle est ma vocation ?, Prière à Saint Joseph pour lui demander la grâce de connaître sa vocation, Prière à Sainte Maria Goretti, Prière d'une âme qui veut se détacher des vaines affections, Prière à Saint Louis de Gonzague pour obtenir la pureté d'esprit et de corps, Prière pour obtenir la pureté, Prière pour demander la pureté, Prière pour les parents, Prière pour la vocation, Prière à Marie pour connaître sa vocation, N'embrassez un état que par des motifs dignes d'une Chrétienne, En quelque état que vous soyez, rendez respectable, par vos sentiments et votre conduite, votre titre de Chrétienne, Prière à Saint Joseph, Père et Protecteur des Vierges, Discours aux jeunes époux, de Sa Sainteté le Pape Pie XII, sur les mauvaises lectures, le 7 août 1940, Explication du quatrième commandement de DieuPrière pour son père et sa mère, Prière à Marie pour obtenir la conversion d'un parent, Divini illius magistri, Lettre encyclique du Pape Pie XI sur l'éducation chrétienne de la jeunesse, L'intention du jour, et De la conduite de la jeunesse, par le R.-P. Jean-Joseph Surin.













dimanche 21 juin 2020

Sur la croix


Saint Dominique et Saint François portant la Croix
Celui qui ne porte pas sa croix tous les jours, n'est pas digne de moi (Jésus-Christ).
La croix est le sommaire de l'Évangile et l'étendard du chrétien. Par la croix, Jésus-Christ a réparé la gloire de son Père, il a apaisé sa colère et a réconcilié le monde avec lui. Mais la croix par laquelle Jésus-Christ nous a rachetés, ne nous dispense pas de porter la nôtre ; au contraire, elle est pour nous un engagement indispensable à marcher sur les traces de notre divin Maître. Sa croix a sanctifié la nôtre, elle lui a donné du prix et l'a rendue méritoire du salut éternel. Sans la croix de Jésus-Christ, toutes nos peines, toutes nos souffrances n'auraient pu satisfaire à Dieu pour le moindre péché, et le ciel nous aurait toujours été fermé. Nous savons assez cela ; mais ce que nous ne savons pas, ou plutôt ce que nous ne pouvons nous résoudre à pratiquer, c'est que pour nous rendre la croix de Jésus-Christ salutaire, il faut renoncer à nous-mêmes, mourir à nous-mêmes, et cela tous les jours et continuellement. Sans cela nous ne sommes pas chrétiens ; J.-C. nous désavoue et nous renonce. Ses paroles sont formelles sur ce point. Pour peu que nous aimions Dieu, pour peu que nous nous aimions nous-mêmes, il n'y a plus à balancer.
Voyons donc en quoi consiste la nécessité de porter sa croix, et si cette nécessité est aussi dure qu'elle le semble à la nature.
La nécessité de porter sa croix consiste premièrement et principalement à éviter le péché et toutes les occasions du péché. La chose est juste; tout chrétien en convient, mais cela va loin dans la pratique. Le péché a ses attraits ; il a ses avantages temporels ; les occasions en sont fréquentes et même journalières ; elles nous sollicitent puissamment, et le commun des chrétiens qui s'y trouvent sans cesse exposés, ont besoin de se faire une violence continuelle pour n'y pas succomber.
Elle consiste, en second lieu, à mortifier ses passions, à modérer ses désirs, à tenir la chair assujettie à l'esprit, à veiller sur ses sens, à garder exactement toutes les avenues de son cœur. Car le foyer du péché est en nous-mêmes, et dans notre concupiscence. Nous sommes portés au mal ; nous ne l'ignorons pas, et une funeste expérience nous apprend qu'à moins d'une vigilance continuelle, nos chutes sont inévitables.
Elle consiste, en troisième lieu, à nous séparer d'esprit et de cœur de tous les objets terrestres, charnels, temporels, pour occuper notre pensée et notre affection des objets célestes, éternels ; ce qui demande que nous luttions sans cesse contre le poids de la nature corrompue, qui nous entraîne vers la terre. Si nous y prenons garde, nous nous surprendrons à chaque moment dans des pensées et des désirs qui nous attachent à la terre comme des animaux, et qui nous ramènent sans cesse aux besoins, au bien-être, aux commodités du corps, et aux moyens de nous les procurer. Le physique nous occupe plus que le moral, à moins que nous ne fassions de continuels efforts pour nous élever au-dessus de nous-mêmes.
Elle consiste, en quatrième lieu, à recevoir, comme autant de dispositions de la Providence, tous les événements fâcheux qui nous arrivent, soit par des causes naturelles, soit par la malice des hommes, soit par notre propre faute. Ces croix de Providence sont fréquentes ; plus Dieu nous aime, plus il nous en envoie, parce qu'elles tendent à nous détacher de la terre et à nous attacher à lui ; elles sont les plus propres à nous sanctifier, parce qu'elles ne sont pas de notre choix, et que, pour cette raison, elles en sont plus mortifiantes.
Elle consiste, en cinquième lieu, à embrasser toutes les épreuves, toutes les peines dont la vie spirituelle n'est qu'un tissu ; ceci regarde les âmes intérieures qui marchent plus spécialement sur les traces de Jésus-Christ. Ce divin Sauveur, en les adoptant pour ses épouses, les charge de sa croix, de la croix qu'il a lui-même portée ; croix formée de deux branches qui sont les souffrances et les humiliations intérieures et extérieures ; croix dont le démon, les hommes et Dieu lui-même s'accordent à les accabler ; croix intime et qui pénètre jusqu'au fond de l'âme ; croix auprès de laquelle toutes les croix précédentes ne sont rien ; croix, enfin, qui aboutit à l'extinction totale de l'amour-propre et au sacrifice de nos plus chers intérêts.
Cette dernière croix n'est le partage que d'un petit nombre d'âmes favorites : ce n'est pas une croix de nécessité, mais une croix d'amour ; c'est aussi pour cela qu'elle est plus pesante, parce que le motif de l'amour est incomparablement plus fort que celui du devoir. Il faut joindre à cette croix toutes celles que l'âme embrasse volontairement, comme les austérités, les vœux, l'état religieux.
Telles sont à peu près les croix auxquelles la vie du chrétien est plus ou moins sujette, et que les méchants partagent en partie avec les bons ; car ils ne sont pas moins exposés que les autres à toutes les croix de Providence, sans parler de celles qui leur sont propres, et qui sont la suite de leurs passions et de leurs crimes.
Examinons à présent si cette nécessité de porter sa croix est aussi dure qu'elle le paraît à la nature. Sur cela, je dis d'abord, en général, qu'il n'y a point et qu'il ne peut y avoir sur la terre de véritable bonheur hors de la voie de la croix ; je dis qu'il en coûte plus pour se damner que pour se sauver ; que les méchants ont, en un sens, plus à souffrir que les bons, et qu'ils souffrent sans consolation, sans espérance ; qu'ils sont dans un trouble, dans une agitation continuelle, toujours obligés de se fuir eux-mêmes, d'éviter leurs propres regards, toujours condamnés par les reproches secrets de leur conscience. Quand il n'y aurait que cette seule raison de porter sa croix en chrétien, pour se soustraire aux remords qui déchirent le libertin et l'impie, il n'en faudrait pas davantage pour disculper de dureté la doctrine de l'Évangile. Mais reprenons en particulier chaque espèce de croix, et voyons les adoucissements que la grâce y attache.
La première croix consiste à éviter le péché et toutes les occasions du péché. Cela est pénible pour la nature, et il en coûte souvent bien des sacrifices. Mais n'en coûte-t-il rien à la conscience et à la raison pour offenser Dieu ? Ne paye-t-on pas bien cher un moment de plaisir, suivi de repentirs inévitables, lorsqu'on a encore de la religion ? Quelle plus douce paix, au contraire, que la paix de la conscience ? N'est-elle pas préférable à un instant d'ivresse ? Quelle joie de s'être vaincu soi-même et d'avoir résisté à une tentation où l'on était près de succomber ! Avec quelle satisfaction et quelle confiance on s'approche de Dieu, on s'unit à lui par la prière et la participation des sacrements, tandis que celui qui se sent coupable, n'ose paraître devant lui, et que les devoirs de piété sont pour lui une gêne et un supplice !
La seconde croix consiste dans la mortification des passions. Mais n'est-il pas plus pénible de s'y livrer que de les dompter ? Toutes les passions ne sont-elles pas autant de tyrans et de bourreaux ! N'excitent-elles pas dans l'âme une faim insatiable ? On apaise cette faim par intervalles ; mais ne renaît-elle pas avec une nouvelle violence ? L'ambitieux, l'avare, le voluptueux, lors même que rien ne s'oppose à leurs désirs, ce qui n'arrive presque jamais, sont-ils heureux, peuvent-ils l'être ? Les suites des passions ne sont-elles pas presque toujours affreuses, même selon le monde ? Comparez en toute manière, soit du côté de la religion, soit du côté de la vie présente, l'état d'un homme esclave de ses passions, avec celui d'un chrétien qui leur fait la guerre et qui vient à bout de les assujettir, et vous avouerez que l'Évangile, en nous ordonnant cette guerre, travaille pour notre bonheur, même temporel.
La troisième croix est la séparation violente de l'âme avec elle-même, de sa partie basse et animale avec la partie supérieure et spirituelle. Cette séparation est très-pénible, parce que le corps nous ramène sans cesse à lui. Mais est-il rien de plus assujettissant que ce misérable corps ? Est-il jamais content ? À mesure qu'on lui accorde une chose, n'en demande-t-il pas une autre ? Et l'attention continuelle à le flatter, à écarter de lui tout ce qui le blesse, n'est-elle pas un tourment ? Est-il, au contraire, un empire plus digne de l'homme et plus agréable pour lui, que celui de maîtriser son corps, de le réduire à se contenter du nécessaire, de l'endurcir au travail et à la peine, de n'être presque point occupé de lui, et de pouvoir donner toute son attention aux choses dont la religion, dont notre condition, dont la société nous font un devoir ?
Les croix de Providence, qui sont la quatrième espèce, sont inévitables. Les méchants n'y sont pas moins exposés que les bons. Mais par leur résignation, leur patience, leur soumission à la volonté de Dieu, les bons chrétiens adoucissent tout ce que ces croix ont d'amer ; la religion leur fournit des motifs et des moyens de les porter en paix et même avec joie. Il n'en est pas ainsi des autres qui se livrent à la tristesse, à l'accablement, au désespoir, et qui, par leur disposition intérieure, rendent ces croix infiniment plus pesantes qu'elles ne sont.
Enfin, les croix spirituelles, les croix de pure épreuve, étant, comme je l'ai dit, des croix d'amour, sont les délices des âmes qui les portent. Elles les ont acceptées par choix ; loin de demander à Dieu d'en être délivrées, elles le prient sans cesse d'y en ajouter de nouvelles, s'écriant avec un grand Saint : Encore plus, Seigneur, encore plus ; elles veulent y mourir attachées comme leur Sauveur. Ces croix, qui sont les plus terribles, sont aussi celles qu'on porte avec plus de courage, avec plus d'amour, avec plus de paix intérieure, avec plus de force et de soutien d'en-haut ; et elles aboutissent toujours dans l'autre vie, et souvent dans celle-ci, à un bonheur ineffable. Il faut en croire ici les Saints sur leur expérience. Or, ils n'ont pas deux langages à ce sujet, et on ne les soupçonnera pas d'avoir conspiré à nous tromper.
Il est donc vrai, incontestablement vrai, que le bonheur, même présent et temporel du chrétien, est dans la croix, et qu'au contraire on se rend malheureux dès ici-bas par la fuite des croix, et la recherche de tout ce qui peut contenter la nature.


(Extrait du Manuel des âmes intérieures)


Reportez-vous à Prière dans l'affliction ou Credo de la douleur, De la liberté des enfants de DieuMéditation sur l'obligation de porter sa croix, De la violence qu'il faut se faire à soi-même, De l'amour admirable du Père Surin pour les souffrances, dans l'union avec Notre-Seigneur Jésus-Christ, De la paix du cœur, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De la véritable Sagesse, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Catéchisme du Saint Curé d'Ars : Sur les souffrances, Hymne de la Croix, Méditation pour la Fête de l'Exaltation de la Croix, Consolations du Chrétien dans les souffrances, Prière pour demander la patience, Litanies de la Croix, Jésus crucifié est le Livre des Élus, Méditation sur l'obligation de mener une vie pénitente et mortifiée, De la Simplicité, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Avis important pour ceux qui ont des peines d'esprit, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Sur la vie nouvelle en Jésus-Christ, De l'activité naturelle, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De la vie parfaite, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De la Mortification, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Remèdes à l'amour-propre, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Des tentations et des illusions, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Sur la vaine curiosité, De la nourriture du corps, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Des Habits, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Des moyens de parvenir à la vraie et solide vertu, Idée de la vraie Vertu, De la vraie et solide dévotion, Degrés des vertus qu'on se propose d'acquérir, Pour bien faire l'oraison et pour en tirer le fruit qu'on a lieu d'en attendre, En quelque état que vous soyez, rendez respectable, par vos sentiments et votre conduite, votre titre de Chrétienne, Qu'il est très-utile d'ajouter quelques pénitences à l'examen particulier, Conseils pour la lecture spirituelle, En quoi consiste l'exercice de la présence de Dieu, De la doctrine de Jésus-Christ, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Instruction sur la Grâce, Des Conseils Évangéliques, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Le Paradis de la Terre, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Ordre de la vie spirituelle pour les Directeurs, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, et Des maladies de l'âme, par le R.-P. Jean-Joseph Surin.