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mardi 15 mars 2022

ABRÉGÉ DU CATÉCHISME DE PERSÉVÉRANCE, DEUXIÈME PARTIE, Leçon LII : Sixième et Neuvième Commandements


ABRÉGÉ DU CATÉCHISME DE PERSÉVÉRANCE

DEUXIÈME PARTIE

Contenant l'histoire et l'explication de la Religion

depuis la Naissance du Messie jusqu'à son Ascension


LIIe LEÇON

DE NOTRE UNION AVEC NOTRE-SEIGNEUR,

LE NOUVEL ADAM, PAR LA CHARITÉ.

SIXIÈME ET NEUVIÈME COMMANDEMENTS.


La tentation de Saint Jérôme

Q. Récitez le sixième et le neuvième commandements ?
R. Luxurieux point ne seras de corps ni de consentement. L'œuvre de chair ne désireras qu'en mariage seulement.

Q. Que nous défendent ces deux commandements ?
R. Ces deux commandements nous défendent toutes les pensées, les désirs, les regards, les paroles, les actions contraires à la pureté.

Q. Ces péchés sont-ils bien grands ?
R. Ces péchés sont très grands et causent la damnation d'une multitude d'âmes ; c'est pourquoi, si on avait eu le malheur d'en commettre quelqu'un, il faudrait en concevoir une vive horreur et s'en confesser au plus tôt avec une grande exactitude.

Q. Que faut-il faire pour les éviter ?
R. Pour les éviter, il faut en fuir avec soin toutes les occasions : comme les mauvais livres, les mauvaises chansons, les danses, les bals, les spectacles, la fréquentation des personnes d'un sexe différent, l'oisiveté, la curiosité et les parures.

Q. Dans le doute, que faut-il faire ?
R. Dans le doute, si on doit lire un livre ou se trouver à une assemblée, il faut consulter son confesseur, parce qu'il nous répondra, non pas suivant les maximes du monde, mais suivant l'Évangile ; car, c'est sur l'Évangile que nous serons jugés.

Q. Que faut-il faire quand on se trouve dans l'occasion de ce péché ?
R. Quand on se trouve dans l'occasion de ce péché, il faut s'en éloigner au plus tôt.

Q. Quels sont les remèdes à ce péché ?
R. Les remèdes à ce péché sont de deux sortes : les uns intérieurs, les autres extérieurs.

Q. Quels sont les remèdes intérieurs ?
R. Les remèdes intérieurs sont : 1° la prière ; 2° la réflexion sur la laideur de ce péché, qui défigure en nous l'image de Dieu et nous rend semblables aux bêtes ; sur la grandeur des châtiments dont Dieu l'a puni, tels que le déluge, l'engloutissement de Sodome, etc. ; 3° l'humilité.

Q. Quels sont les remèdes extérieurs ?
R. Les remèdes extérieurs sont : 1° la vigilance sur nos sens et surtout sur nos yeux ; 2° la mortification ; 3° la dévotion à la très sainte Vierge, et l'usage fréquent des Sacrements.

Q. Que nous ordonnent le sixième et le neuvième commandements ?
R. Le sixième et le neuvième commandements nous ordonnent de nous conserver purs d'âme et de corps, parce que nous sommes les membres de Jésus-Christ et les temples vivants du Saint-Esprit : la vertu de pureté est la plus aimable de toutes les vertus, et rend l'homme semblable aux Anges.

Q. Quels sont les avantages de ces deux commandements ?
R. Voici quelques-uns des avantages de ces deux commandements : 1° ils protègent l'honneur des familles ; 2° ils mettent notre santé et notre innocence à l'abri des passions d'autrui et de nos propres passions ; 3° ils nous procurent une paix délicieuse pendant la vie et une grande confiance au moment de la mort.


Je prends la résolution d'aimer Dieu par-dessus toute chose, et mon prochain comme moi-même pour l'amour de Dieu ; et en témoignage de cet amour, je m'efforcerai de ne jamais donner de scandale.


Deuxième Partie : Leçon I : État du monde à la venue du Messie, Leçon II : Naissance du Messie, Leçon III : Vie cachée de Notre-Seigneur Jésus-Christ, Leçon IV : Vie publique de Notre-Seigneur, Première année, Leçon V : Vie publique de Notre-Seigneur, Première année, Leçon VI : Vie publique de Notre-Seigneur, Première année, Leçon VII : Vie publique de Notre-Seigneur, Deuxième année, Leçon VIII : Vie publique de Notre-Seigneur, Deuxième année, Leçon IX : Vie publique de Notre-Seigneur, Troisième année, Leçon X : Vie publique de Notre-Seigneur, Troisième année, Leçon XI : Vie publique de Notre-Seigneur, Troisième année, Leçon XII : Passion de Notre-Seigneur, Leçon XIII : Passion de Notre-Seigneur, Suite, Leçon XIV : Sépulture et Résurrection de Notre-Seigneur, Leçon XV : Vie glorieuse de Notre-Seigneur, Leçon XVI : Notre-Seigneur Réparateur du monde, Leçon XVII : Notre-Seigneur, Nouvel Adam, Leçon XVIII : Union de notre esprit avec Notre-Seigneur, le nouvel Adam, par la Foi, premier et deuxième articles du Symbole, Leçon XIX : Troisième, quatrième et cinquième articles du Symbole, Leçon XX : Le Purgatoire, Leçon XXI : Sixième et septième articles du Symbole, Leçon XXII : Huitième article du Symbole, Leçon XXIII : Neuvième article du Symbole, l'Église, Leçon XXIV : Neuvième article du Symbole, Leçon XXV : Dixième article du Symbole, Leçon XXVI : Onzième article du Symbole, Leçon XXVII : Douzième article du Symbole, Leçon XXVIII : Espérance et Grâce, Leçon XXIX : Premier moyen d'obtenir la grâce, la prière, Leçon XXX : Premier moyen d'obtenir la grâce, la prière : l'Oraison dominicale, Leçon XXXI : L'Ave Maria ou Salutation angélique, Leçon XXXII : Les sacrements, Leçon XXXIII : Le Baptême, Leçon XXXIV : Le Baptême (Suite), Leçon XXXV : La Confirmation, Leçon XXXVI : L'Eucharistie, Leçon XXXVII : L'Eucharistie (Suite), Leçon XXXVIII : De la Pénitence, Leçon XXXIX : De la Pénitence (Suite), Leçon XL : De la Pénitence (Suite), Leçon XLI : Des Indulgences et du Jubilé, Leçon XLII : De l'Extrême-Onction, Leçon XLIII : Du Sacrement de l'Ordre, Leçon XLIV : Du Sacrement de l'Ordre (Suite), Leçon XLV : Du Sacrement de Mariage, Leçon XLVI : De la Charité, Leçon XLVII : Premier Commandement, Leçon XLVIII : Deuxième Commandement, Leçon XLIX : Troisième Commandement, Leçon L : Quatrième Commandement, Leçon LI : Cinquième Commandement, Leçon LIII : Septième et Dixième Commandements.

Première Partie :
Leçon I : Enseignement vocal de la Religion, Catéchisme, Leçon II : Enseignement écrit, Écriture et Tradition, Leçon III : Connaissance de Dieu considéré en Lui-même, Leçon IV : Connaissance de Dieu par ses ouvrages, 1er Jour de la Création, Leçon V : Connaissance de Dieu par ses ouvrages, 2e Jour de la Création, Leçon VI : Connaissance de Dieu par ses ouvrages, 3e Jour de la Création, Leçon VII : Connaissance de Dieu par ses ouvrages, Fin du 3e et commencement du 4e Jour de la Création, Leçon VIII : Connaissance de Dieu par ses ouvrages, suite du 4e Jour de la Création, Leçon IX : Connaissance de Dieu par ses ouvrages, 5e Jour de la Création, Leçon X : Connaissance de Dieu par ses ouvrages, Fin du 5e et commencement du 6e Jour de la Création, Leçon XI : Connaissance de Dieu par ses ouvrages, Suite du 6e Jour de la Création, Leçon XII : Connaissance de l'homme considéré en lui-même, Leçon XIII : Connaissance de l'homme considéré dans ses rapports avec les créatures, Leçon XIV : Connaissance de l'homme considéré dans ses rapports avec Dieu, Leçon XV : Connaissance des Anges, Leçon XVI : Chute de l'homme, Leçon XVII : Accord de la justice et de la miséricorde divine dans la punition et dans la transmission du péché d'Adam, Leçon XVIII : Nécessité et perpétuité de la Foi au Mystère de la Rédemption, Histoire de Job, Leçon XIX : Connaissance de la Religion, Nature et définition de la Religion, Leçon XX : Connaissance de la Religion, Que la Religion est une Loi, Leçon XXI : Le Messie promis et figuré : Adam et Abel, Leçon XXII : Le Messie promis et figuré, Noé, Troisième Figure du Messie, Leçon XXIII : Deuxième promesse et quatrième figure du Messie, Melchisédech, Leçon XXIV : Isaac, cinquième Figure du Messie, Leçon XXV : Le Messie promis et figuré, Jacob, Sixième Figure du Messie, Leçon XXVI : Le Messie promis et figuré, Joseph, Septième Figure du Messie, Leçon XXVII : L'Agneau pascal, Huitième Figure du Messie, Leçon XXVIII : La Manne, Neuvième Figure du Messie, Leçon XXIX : Les sacrifices et le serpent d'airain, Dixième et onzième Figure du Messie, Leçon XXX : Moïse, Douzième Figure du Messie, Leçon XXXI : Josué, Treizième Figure du Messie, Leçon XXXII : Gédéon, quatorzième Figure du Messie, Leçon XXXIII : Samson, Quinzième Figure du Messie, Leçon XXXIV : Sixième Promesse du Messie, Leçon XXXV : David, Seizième Figure du Messie, Leçon XXXVI : Salomon, Dix-septième Figure du Messie, Leçon XXXVII : Jonas, Dix-huitième Figure du Messie, Leçon XXXVIII : Le Messie prédit, Prophéties de David, Leçon XXXIX : Le Messie prédit, Prophéties d'Isaïe, Leçon XL : Le Messie prédit, Prophéties d'Osée, de Michée, de Joël et de Jérémie, Leçon XLI : Le Messie prédit, Prophéties d'Ézéchiel, Leçon XLII : Le Messie prédit, Prophéties de Daniel, Leçon XLIII : Le Messie prédit, Prophéties d'Aggée, de Zacharie et de Malachie, Leçon XLIV : Résumé général et application des promesses, des figures et des prophéties, à Notre-Seigneur Jésus-Christ, Leçon XLV : Le Messie préparé, Monarchie des Assyriens, Leçon XLVI : Le Messie préparé, Monarchie des Assyriens, Histoire de Judith, Leçon XLVII : Le Messie préparé, Histoire de Tobie, Leçon XLVIII : Le Messie préparé, Monarchie des Perses, Histoire d'Esther, Leçon XLIX : Le Messie préparé, Monarchie des Grecs et des Romains, Leçon L : Le Messie préparé, Histoire des Machabées, Leçon LI : Unité de la Religion et de l’Église.













lundi 7 février 2022

Autre prière pour demander la pureté de l'âme et du corps



Seigneur Dieu Tout-puissant, qui avez créé mon âme à votre ressemblance, ne souffrez pas que je souille jamais votre image. Vous menacez de perdre celui qui profanerait votre saint temple ; mon corps, Seigneur, est ce temple sacré, où le Saint-Esprit réside par sa grâce, et que Jésus-Christ a sanctifié tant de fois par sa présence dans la sainte Communion. Ne souffrez donc pas, ô mon Dieu, dans ce temple aucune de ces abominations que vous détestez avec tant d'horreur, et ne permettez pas que rien ternisse la pureté de mon âme et de mon corps.
Je sais qu'il faut une grâce particulière pour obtenir et conserver cette angélique vertu : c'est pour cela que j'ai recours à vous, ô Dieu de tant de vierges ! Combien, qui par votre grâce, ont vécu sur la terre comme les Anges vivent dans le Ciel ? Ils étaient faibles comme moi : ainsi, ma faiblesse ne me décourage point, si vous daignez, ô Dieu de force, me soutenir, je puis tout aussi bien qu'eux, en celui qui me fortifie.
Accordez-moi donc, ô mon Dieu, la grâce de veiller avec tant de soin sur moi-même, et de prier avec tant de ferveur, que le tentateur, cet ennemi de votre gloire, de mon salut et généralement de tout bien, n'ait jamais aucun avantage sur moi. Faites que je règle si bien mon imagination, que je garde si soigneusement tous mes sens, que je m'éloigne si courageusement de toutes les occasions, que je vive dans une si grande horreur de tout ce qui peut me souiller, que rien ne puisse jamais altérer en moi une si grande vertu.


Reportez-vous à Prière pour demander à Dieu la victoire des tentations, Prière à Saint Louis de Gonzague pour obtenir la pureté d'esprit et de corps, Excellence de la chasteté, Prière pour obtenir la pureté, Prière pour demander la pureté, Prière à Sainte Maria Goretti, Prière à Saint Louis de Gonzague pour demander la contrition et Petit chapelet de l'Immaculée Conception de Marie.












dimanche 10 octobre 2021

Comment il faut se comporter dans les Tentations contre la foi et Contre la Pureté


Il y a des âmes simples, que les pensées contre la foi et contre la pureté jettent dans l'accablement : comme si ce qui se passe alors en elles, était une marque de réprobation, et une preuve que Dieu les eût abandonnés. Il est bon d'avertir ici que c'est une illusion et une erreur. Gerson rapporte à ce sujet, qu'un Solitaire, tourmenté de ces pensées affligeantes, fut vingt ans sans oser jamais les découvrir à personne, s'imaginant que l'état ou il se trouvait, était une disposition si affreuse et si horrible, qu'elle scandaliserait celui à qui il pourrait en faire la confidence. Enfin, après une épreuve si longue et si pénible, il se résolut de s'adresser a un de ses anciens ; et encore n'osa-t-il pas lui faire verbalement ce détail, mais par un écrit qu'il lui remit entre les mains. Le saint Vieillard, après l'avoir lu, se mit à sourire, et lui dit : Mon fils, mettez votre main sur ma tête. Le solitaire ayant obéi : Je prends sur moi votre péché continua le saint homme : ne vous en mettez plus désormais en peine. Comment, mon père, lui répliqua le Solitaire, il me semble que j'ai déjà un pied dans l'enfer, et vous me dites que je ne m'en mette point en peine ? Mais, mon fils, reprit le Vieillard, prenez-vous quelque délectation à ces sortes de pensées ? Le Solitaire ayant répondu qu'au contraire elles lui avaient toujours causé beaucoup de chagrin et de douleur.
Puisque cela est ainsi, répliqua l'homme de Dieu, c'est une marque que vous n'y avez nulle part, et que c'était le démon qui excitait en vous ces pensées pour vous porter au désespoir.
Écoutez-moi donc, mon fils, ajouta-t-il, et suivez mon conseil : Si ces sortes de pensées viennent encore vous importuner, dites au démon qui en est l'auteur : Malheur à toi, esprit d'orgueil et d'impureté! que tes impuretés et tes blasphèmes retombent sur toi! je ne veux point y participer ; je me tiens à ce que l'Église croit ; et je mourrais plutôt mille fois que d'offenser mon Dieu. Les paroles du saint Vieillard consolèrent et fortifièrent ce Solitaire, qu'il ne fut Plus attaqué dans la suite de pareilles tentations. Sur quoi il est à propos, pour l'instruction de ceux qui ont de la répugnance à découvrir ces sortes de tentations à leurs directeurs, de remarquer ici en passant, qu'il en coûte beaucoup plus de les tenir cachées, qu'il n'en coûte d'en faire l'aveu.
Voyons maintenant ce qu'il faut faire en de pareilles occasions ; car il y a des Chrétiens qui s'y prennent tout autrement qu'il ne faut. Quand ces sortes de pensées viennent à les tourmenter, Ils se pressent fortement les tempes avec les mains, froncent le sourcil, ferment les yeux ; et secouent la tête, comme pour leur dire qu'ils ne les laisseront point entrer : quelquefois même, s'ils ne parlent effectivement, ils croient n'avoir rien fait, et se persuadent d'y avoir consenti. Ils se font alors plus de mal par de pareils efforts et ces sortes de contentions, que la tentation même ne leur en pourrait faire.
Mais que faut-il donc pratiquer pour les vaincre ? Il n'est point question, disent les Maîtres de la vie spirituelle, de faire de grands efforts d'imagination, ni de se rompre la tête pour repousser ces tentations : il faut les mépriser et ne s'y point arrêter. Il en est de ces pensées, disent-ils, comme de ces petits chiens qui aboient après un homme qui passe : si cet homme continue son chemin, sans se mettre en peine de les chasser, ils cessent bientôt de crier ; mais s'il s'amuse à les vouloir éloigner, ils se mettent alors à redoubler leurs aboiements et à le poursuivre. On peut encore faire comme un homme qui marche dans un chemin où le vent souffle, et lui porte la poussière au visage : cet homme ferme alors les yeux, et poursuit promptement sa route, sans s'embarrasser ni du vent ni de la poussière. En un mot, le remède contre ces sortes de pensées, et le moyen d'en être promptement délivré, est de ne s'en pas inquiéter. Il y a même plus (et cela doit bien engager ceux qui en sont attaqués à se servir de ce remède, et à leur mettre l'esprit en repos), c'est disent les Saints, que plus ces tentations semblent horribles et détestables, moins il les faut craindre ; parce qu'elles sont déjà moins dangereuses par l'horreur qu'elles inspirent.
Le combat contre les tentations, dit Saint Bernard, est un combat pénible, mais il est utile ; car la récompense y est proportionnée à la peine, et le sentiment qu'elles causent ne peut nuire, si l'on n'y donne son consentement : et, au contraire : plus la résistance est pénible, plus la récompense qui nous est promise est grande. Blosius est du même avis : il assure qu'une pensée de vaine complaisance de soi-même, où l'on se laisse aller une seule fois, est plus désagréable à Dieu que les pensées les plus honteuses qui nous attaquent, mais auxquelles on ne consent point. Il ne faut donc ni s'en affliger, ni s'en mettre en peine, et regarder ces tentations comme si elles se passaient hors de nous.
Les Directeurs les plus expérimentés dans la conduite des âmes, donnent encore un avis très sage sur cette matière, c'est, disent-ils, qu'il est dangereux de trop craindre ces sortes de tentations, et de s'en trop inquiéter : parce que cette crainte ne sert qu'à les augmenter, et leur donner plus de force par l'attention que l'on y porte.
J'ajoute un dernier préservatif qui nous est extrêmement recommandé par les Saints, et qui peut servir de remède général contre toutes les tentations intérieures : c'est que, quand il se présente à l'esprit quelque mauvaise pensée, il faut essayer de s'en distraire, en portant aussitôt son attention sur quelque autre objet : telle est la considération de la mort et des souffrances de Jésus-Christ, ou sur quelqu'une des vérités effrayantes de la Religion. Au reste, il ne faut pas employer, pour cela de grands efforts d'imagination, ni se donner la torture à l'esprit : mais il faut seulement faire en sorte d'éviter adroitement le coup que le démon nous porte, et parer cette attaque avec quelque bonne pensée, ou quelque utile occupation. Les uns, pour cet effet, cherchent un asile dans les plaies de Jésus-Christ, et principalement dans celle de son sacré côté, ils se retirent en esprit dans les trous de cette pierre, et dans les ruines de cette muraille : les autres ont recours à la méditation salutaire de la mort et de l'enfer, et disent avec Job : « Qui m'accordera, Seigneur, que vous me protégiez contre les attaques de l'enfer, et que vous me cachiez jusqu'à ce que votre fureur soit passée ? » Que chacun s'attache donc à ce qu'il connaîtra lui être le plus utile, et qui lui paraîtra le plus propre à faire ces sortes de diversions contre l'ennemi du salut ; et lorsqu'il aura trouvé un sujet frappant de méditation, qu'il fasse tous ses efforts pour le bien approfondir et le bien pénétrer, afin que dans le besoin il puisse y avoir recours, et y trouver un rempart assuré contre les attaques de l'ennemi de son salut.

(Abrégé de la Pratique de la Perfection Chrétienne)


Reportez-vous à Prière pour demander à Dieu la victoire des tentations, Gémissements en la présence de Dieu et de ses Anges d'une âme éprouvée par les tentations, Autre prière pour demander la pureté de l'âme et du corps, Qu'il faut se conduire différemment, selon la différence des Tentations dont on est attaqué, Des Tentations qui se présentent à nous sous l'apparence du bien, Autres remèdes contre les Tentations, La prière est encore un puissant remède contre la Tentation : Prières courtes et ferventes dont on se peut servir dans le temps des Tentations, La défiance de soi-même et la confiance en Dieu, sont des moyens salutaires pour vaincre les Tentations, Ce qui peut surtout nous rassurer dans les Tentations, c'est que Dieu ne permet pas que nous soyons tentés au-dessus de nos forces, Remède contre les Tentations ; premièrement, il ne faut pas se décourager quand elles nous arrivent, Que les tentations sont une leçon salutaire, et pour nous et pour les autres, Les tentations servent à nous mieux faire connaître notre faiblesse, et à nous faire sentir le besoin de recourir à Dieu, Pourquoi Dieu permet que l'on soit tenté ; Avantages réels qui résultent de ces tentations, Que les uns sont tentés au commencement de leur conversion ; et les autres après leur retour à Dieu, Les Tentations sont inévitables en cette vie mortelle, Des tentations, Conduite à tenir à l'égard des tentationsDes tentations et des illusions, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Avis le plus utile de tous : Priez !, Aspiration dans les tentations, De quelques remèdes contre les tentations de l'impureté, et Quelques autres remèdes contre les tentations d'impureté.














lundi 16 août 2021

Assomption : Quelles sont les vertus de Marie que vous devez imiter en ce jour ?



C'est à sa pureté sans tache et à son humilité profonde que Marie doit en ce jour le privilège de sa résurrection et la gloire de son triomphe : voilà donc les deux vertus de Marie que je dois surtout me proposer d'imiter. Que je serais heureux si je pouvais voir reluire en moi quelques traits de ces belles vertus, dont l'une, comme un baume céleste, a éloigné de Marie la corruption du tombeau, et dissipé loin d'elle par son pur éclat les ombres de la mort ; dont l'autre, par ses abaissements profonds, a servi de fondement immobile à sa glorieuse exaltation, et préparé par son obscurité même le plus sublime et le plus éclatant des triomphes ! Ô Marie ! ô ma mère ! daignez m'aider vous-même à recueillir, par l'imitation fidèle de ces deux admirables vertus, les fruits les plus doux et les plus heureux de cette fête ! Faites que je me conserve comme vous dans la grâce du Seigneur, afin de mourir comme vous dans son amour ; faites que j'aime à pratiquer comme vous l'humilité, afin de ressusciter un jour comme vous à la gloire et de partager votre triomphe !

(Manuel des petits séminaires)


Reportez-vous à Prière à Marie pour le Jour de l'Assomption, L'intérieur de Marie, Des Vertus de Marie : L'humilité, Suffit-il pour plaire à Marie de se mettre sous sa protection, et de lui adresser des prières ?, Quelle puissance Marie reçoit-elle de son Fils, au jour de son Assomption ?, Le triomphe de la très-sainte Vierge Marie ; son entrée dans le Ciel, Comment Dieu glorifia-t-il le tombeau de la très-sainte Vierge ?, Quelle fut la bienheureuse mort de la très sainte Vierge ?, ASSOMPTION DE LA SAINTE VIERGE : La mort des saints est précieuse devant le Seigneur, Méditation sur la Fête de l'Assomption, Instruction sur la Fête de l'Assomption, Discours sur l'Assomption de Marie, L'Assomption de Marie, Méditation sur la dévotion envers Marie, Munificentissimus Deus, Constitution apostolique du Pape Pie XII, sur la définition du dogme de l'Assomption, Octave de l'Assomption : Préparation, et Cantique pour le Jour de l'Assomption.














jeudi 22 juillet 2021

Qu'il ne faut rien négliger en matière de Pureté


La tentation de Saint Thomas d'Aquin

Plus la chasteté est une vertu précieuse, plus il faut apporter de soin pour la conserver : car si, généralement parlant, il importe extrêmement d'être fidèle dans les petites choses, parce que celui qui méprise les petites choses, tombera peu-à-peu dans de grandes fautes ; cette fidélité est surtout nécessaire relativement à la chasteté à laquelle la moindre négligence peut causer un grand préjudice. Un des premiers compagnons de Saint François, comparait la chasteté à la glace d'un miroir, que la plus légère haleine ternit : c'est ainsi que les moindres fautes ternissent la chasteté, et lui font perdre tout son éclat. Il faut donc veiller soigneusement à conserver cette vertu dans toute sa beauté, en mortifiant nos sens, en rejetant promptement toutes sortes de mauvaises pensées, et en évitant avec soin toutes les occasions dangereuses.
Car, comme on voit que partout où la flamme passe, elle y laisse des traces plus ou moins grandes de son passage, selon qu'elle s'est plus ou moins arrêtée, et que si elle ne consume pas, au moins elle noircit les corps où elle s'attache ; de même lorsque ces sortes de licences, que l'on se permet si aisément, ne nous brûlent pas tout-à-fait, au moins elles nous noircissent : c'est-à-dire, qu'elles font naître dans l'âme des troubles et des pensées très-contraires à la chasteté, et qu'elles excitent des mouvements déréglés et criminels dans notre corps. En un mot, la chasteté est une vertu si délicate, qu'il ne faut presque rien pour la blesser, et l'on doit bien se garder de l'exposer à la moindre apparence de danger. La chasteté est un trésor précieux que nous portons dans des vases de terre : Si ces vases viennent à se briser, tout ce qu'ils renferment est perdu. On ne saurait trop veiller sur soi-même, ni apporter trop de soin pour fermer toutes les avenues de nos sens, par où l'impureté peut trouver entrée dans notre cœur.
Surius rapporte que Saint Thomas d'Aquin ayant reçu le don de la chasteté au point d'être assuré par un Ange de ne la perdre jamais, et à n'éprouver aucune tentation contraire à cette vertu, ne laissait pas d'apporter une extrême attention à ne regarder aucune femme, et à écarter de lui tout ce qui pouvait donner la plus légère occasion à aucune mauvaise pensée.

(Abrégé de la Pratique de la Perfection Chrétienne)


Reportez-vous à Autre prière pour demander la pureté de l'âme et du corps, Comment il faut se comporter dans les Tentations contre la foi et Contre la Pureté, Moyens pour conserver la chasteté : la garde des sens, et surtout celle des yeux, Excellence de la chasteté, Prière à Saint Jean, disciple que Jésus aimait, Prière à Saint Louis de Gonzague pour obtenir la pureté d'esprit et de corps, Prière pour obtenir la pureté, Prière pour demander la pureté, et Prière à Sainte Maria Goretti.













mardi 20 juillet 2021

Moyens pour conserver la chasteté : la garde des sens, et surtout celle des yeux


Job rétabli dans sa propérité (Laurent de la Hyre)

Nous proposerons ici quelques moyens qui peuvent servir plus particulièrement à faire acquérir et conserver la perfection de la chasteté : le premier et un des plus essentiels, consiste à garder soigneusement toutes les avenues de notre âme, et principalement nos yeux ; parce que c'est ordinairement par cet organe que le mal entre dans le cœur.
David, quoiqu'accoutumé à s'élever à Dieu comme vers son centre, et à ne s'occuper que de la contemplation des choses célestes, se laissa néanmoins aller à des désirs criminels, pour avoir arrêté ses regards sur un objet dangereux. La mort est montée par nos fenêtres, dit Jérémie, et mon âme est devenue la proie de mes yeux. Saint Grégoire, Pape, nous avertit qu'il ne faut pas regarder ce qu'il n'est pas permis de désirer, parce qu'il est à craindre que ces objets n'attirent à eux notre cœur par le moyen de nos regards indiscrets, et que malheureusement nous ne nous trouvions surpris, lorsque nous y pensons le moins.
C'est par cette raison que Job se précautionnait de telle sorte contre ce dangereux écueil, qu'il avait fait un pacte avec ses yeux, pour ne pas même penser à aucune femme. Le même Saint Grégoire, en expliquant ce passage, se fait une objection à laquelle il donne une réponse très solide : « Quelle sorte de pacte est cela, dit-il, de traiter avec ses yeux pour n'avoir aucune pensée ? Il semble que s'il y a quelque traité à faire pour éviter la pensée, c'est avec l'entendement et avec l'imagination qu'il le faut faire, et que si l'on veut faire un pacte avec ses yeux, C'est de les contraindre à ne fixer aucun objet. C'est avec raison néanmoins, répond ce Père, que Job dit, qu'il a fait un pacte avec ses yeux pour ne penser pas même à aucune femme : car il n'ignorait pas que c'est par les yeux que les mauvaises pensées entrent dans le cœur ; qu'en réprimant avec soin le mouvement de ses yeux et les avenues de ses sens, il pouvait répondre de conserver purs son cœur et son esprit. Si vous voulez donc, poursuit ce Saint Pape, n'être pas exposé à aucune mauvaise pensée, tenez vos yeux dans une grande modestie et une grande retenue, faites avec eux la convention, qu'ils ne porteront jamais leurs regards sur ce qu'il vous est défendu de désirer. »
Saint Éphrem dit que trois choses contribuent particulièrement à conserver la chasteté dans toute sa perfection ; la tempérance, le silence et la retenue des yeux. Quelque soin que vous ayez d'observer les deux premiers moyens, si vous négligez le troisième, votre chasteté sera en un très-grand péril.
Nous lisons que Saint Bernard s'étant un jour arrêté à regarder une femme, sans avoir aucune attention à ce qu'il faisait ; dès qu'il vint à s'apercevoir de sa distraction, il en fut si indigné contre lui-même, qu'il alla se plonger dans un étang glacé, et y demeura jusqu'à ce que son corps eût presque entièrement perdu sa chaleur naturelle.

(Abrégé de la Pratique de la Perfection Chrétienne)


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dimanche 18 juillet 2021

Excellence de la chasteté



« C'est la volonté de Dieu que vous soyez saints, que vous vous absteniez de toutes sortes d'impuretés, et que chacun de vous sache conserver son corps sain et pur... car Dieu ne nous a pas appelés afin que nous fussions impurs, mais afin que nous fussions saints. » Saint Bernard dit que, par le nom de sainteté, l'Apôtre entend parler ici de la chasteté : et Jésus-Christ, dans l'Évangile, nous assure que la chasteté nous rend semblables aux Anges : « Dans la résurrection, dit-il, il n'y aura ni mariés, ni mariées ; mais ils seront tous comme des Anges de Dieu dans le Ciel. » Saint Cyprien instruisant les Vierges, leur parle en ces termes : « Vous commencerez leur dit-il, à jouir dès à présent des biens que vous devez goûter un jour dans la gloire : car tant que vous persévérerez dans l'état de chasteté et de pureté, vous serez semblables à des Anges. » Cassien dit pareillement qu'il n'y a aucune vertu qui rende les hommes aussi semblables aux Anges que la chasteté ; en effet, c'est par ce don de chasteté qu'ils vivent dans la chair comme s'ils n'en avaient point, mais comme de purs esprits, suivant ces paroles de Saint Paul : Vous ne vivez point dans la chair, mais dans l'esprit. Notre avantage est même, en quelque sorte supérieur à celui des Anges : car, comme ils n'ont point de corps, il n'est pas surprenant qu'ils soient purs ; mais que l'homme créé avec une chair mortelle, dont les révoltes occasionnent une guerre continuelle à l'esprit, vive, comme s'il n'avait point de chair, c'est ce qui est sans doute bien plus admirable.
Cette vertu, au reste, est si agréable à Dieu, que le Fils de Dieu ayant formé le dessein de se faire homme, et de naître dans le sein d'une femme, a choisi pour mère une femme vierge, qui avait consacré à Dieu sa virginité : ce sentiment est celui de tous les Pères de l'Église.
L'Écriture Sainte appelle Saint Jean l'Évangéliste, le Disciple que Jésus aimait ; et Saint Jérôme remarque que la raison pour laquelle il était le Disciple bien-aimé, c'est qu'il était vierge. L’Église dit pareillement de lui dans l'office de sa fête, que Jésus l'aimait parce que son éminente chasteté l'avait rendu digne d'être aimé plus tendrement que les autres ; et qu'ayant été appelée à l'Apostolat, lorsqu'il était encore vierge, il avait conservé sa virginité pendant toute sa vie : c'est aussi pour cette raison que quelques-uns lui appliquent ces paroles des Proverbes : « Celui qui aime la pureté de cœur, aura le Roi pour ami, à cause des grâces de son discours. » C'est donc parce qu'il était vierge que le Sauveur l'a aimé jusqu'à le faire reposer sur sa poitrine ; et c'est ce qui lui procura encore d'autres prérogatives sur les autres Apôtres.

(Abrégé de la Pratique de la Perfection Chrétienne)


Reportez-vous à Moyens pour conserver la chasteté : la garde des sens, et surtout celle des yeux, Prière à Saint Jean, disciple que Jésus aimait, Prière à Saint Louis de Gonzague pour obtenir la pureté d'esprit et de corps, Prière pour obtenir la pureté, Prière pour demander la pureté, et Prière à Sainte Maria Goretti.













mardi 6 juillet 2021

Le Malheur du monde pour les scandales


Sainte Élisabeth de Hongrie

Malheur au monde pour les scandales, dit le Fils de Dieu : car celui qui scandalisera un de ces petits qui croient en moi, il vaudrait mieux pour lui qu'on lui attachât une meule de moulin au cou, et qu'on le jetât au fond de la mer. Il vaudrait donc mieux pour la plupart des hommes de perdre leur vie, de mourir, puisqu'ils sont occasion de scandale les uns aux autres, c'est-à-dire, de péché.
C'est ce que notre bon Sauveur fit un jour connaître à la séraphique sainte Thérèse, où il lui montra le monde comme un champ plein de toutes sortes de personnes, qui avaient toutes des armes en leurs mains, et qui se donnaient réciproquement des blessures mortelles. Voilà, ma fille, lui dit notre Maître, ce qui se passe dans le monde.
Nous y avons, remarque saint Jean Chrysostome, une guerre continuelle. Les pécheurs y ont bandé leur arc, ils ont mis leurs flèches dans le carquois ; ce sont les paroles dont se sert le Psalmiste, pour tirer les uns sur les autres. Celui-ci jette les flèches dans les oreilles, par les médisances qu'il fait ; celui-là les jette dans les yeux, par des objets sensuels ; les uns blessent le corps par la délicatesse et la multitude des viandes ; les autres les mains par la rapine et l'avarice ; et quelques-uns les pieds, faisant aller après eux dans les voies de l'iniquité. C'est pourquoi l'Apôtre nous exhorte de nous fortifier en notre Seigneur, et en sa vertu toute-puissante, et de nous armer de toutes les armes de Dieu, de nous tenir debout, portant sur nos riens la ceinture de la vérité, et nous revêtant de la cuirasse de la justice, et prenant le bouclier de la foi.
Le monde est plein de scandales ; car on y trouve partout des occasions de péché : on y trouve des gens qui sont remplis de l'estime des honneurs du siècle, que l'ambition possède ; qui ne font état que de ceux qui y sont élevés par leur naissance, que leurs charges et emplois, qui y font grand bruit, que l'on considère beaucoup ; c'est dont ils parlent, c'est ce qu'ils poursuivent, et c'est dont ils inspirent à même temps l'esprit et l'affection. On y en rencontre d'autres, qui ne pensent qu'à amasser de l'argent, et acquérir de plus en plus des biens temporels, qui n'estiment heureux que ceux qui sont riches, et qui donnent le désir de l'être. Il y en a qui sont tout plongés dans les aises de la vie, qui ne respirent qu'après les divertissements, qui passent leurs jours dans les plaisirs, dans les jeux, dans toutes sortes de récréations ; ce qu'ils ne peuvent faire sans avoir des compagnons de leur vaine joie, qu'ils attirent après eux. La médisance est assez ordinaire dans les conversations : le diable, disent les Saints, est sur la langue : c'est une maladie, dit un grand Cardinal, dont tout le monde est presque malade. Et si ce mal en était ôté, écrit saint François de Sales, la plus grande partie des péchés ne serait plus. Vous verrez, enseigne l'Angélique Docteur, des personnes d'autre part exemptes de toutes sortes de vices, qui tombent dans celui-ci.
Mais malheur au monde pour les scandales, puisqu'il se sert même des dons naturels qu'il a reçus de Dieu, pour se porter à l'offense de Dieu. Ainsi plusieurs abusent de la bonté de leur esprit, de leurs lumières, de leurs sciences, pour servir d'occasion de ruine aux autres. Cependant il faut considérer que les Pères de l'Église ont parlé avec une force singulière particulièrement contre les scandales que les femmes causent par leur beauté naturelle, leurs ornements, le luxe de leurs habits, et leurs honteuses nudités. Il est vrai que la beauté naturelle est un bien de nature ; mais dans l'état de la corruption où l'on est, elle sert d'occasion à beaucoup de maux. L'histoire nous apprend que Pâris s'étant laissé prendre à la beauté d'Hélène, c'est ce qui fut cause de la guerre de Troye qui dura dix ans. On y donna vingt-quatre batailles, et il y eut plus d'un million d'hommes tués, et la ville de Troye fut entièrement détruite.
C'est toujours un malheur que d'être même la cause innocente de la ruine des autres ; ce qui doit beaucoup humilier les femmes, même modestes, qui ont de la beauté : car les saints Docteurs méditant ces paroles que l'Église attribue à la très-pure Vierge, qu'elle est comme un lis entre les épines, remarquent que les autres femmes ont été des épines, ou pour elles, ou pour les autres ; mais qu'en elle son incomparable beauté portait tous ceux qui la regardaient, à la pureté. ç'a été l'un de ses privilèges, dont nous avons une joie spéciale de parler, prenant beaucoup plus de part à tout ce qui regarde la glorieuse Mère de Dieu, qu'à tout ce qui nous touche.
Malheur aux femmes qui se servent de leur beauté pour allumer la convoitise, qui en font vanité, qui désirent d'être vues et de plaire, qui veulent gagner les cœurs, qui se laissent cajoler par les hommes. Il y en a qui cherchant des excuses dans leurs péchés, disent qu'elles font sans aucune mauvaise intention en toutes choses, qu'elles n'y cherchent que le pur divertissement qui n'est point criminel, que leur esprit se conserve sans aucunes mauvaises pensées. Mais quand cela serait, peuvent-elles répondre de l'esprit et du cœur des hommes qui leur parlent, et qui les flattent agréablement ? Ce n'est pas assez, dit Tertullien, à une femme Chrétienne d'être chaste, elle en doit donner extérieurement toutes les marques. Elle ne doit pas affecter ni de voir ni d'être vue. C'est le propre de ceux qui sont à Dieu d'agir dans une sainte pudeur. Les hommes et les femmes qui ont le véritable amour de notre Seigneur, sont également sur leur garde, pour éviter toute familiarité entre les sexes. Saint François de Sales remarque que ces amitiés entre les deux sexes, que l'on appelle innocentes, et qui le sont durant plusieurs années quelquefois, se terminent à la fin à de puantes charnalités ; c'est de la manière dont il s'exprime.
Nous avons rapporté dans le second chapitre de ce Traité, le jugement et la condamnation terrible que Dieu fait de tous leurs vains ornements, de leurs habits magnifiques, de leurs coiffures, de leurs colliers et bracelets, de leurs cheveux frisés, de leur vanité dans leurs gestes, dans leurs regards, dans leur manière de marcher la tête haute, mesurant leurs pas, et étudiant toutes leurs démarches. On n'avait pas néanmoins en ces temps-là encore vu un Homme-Dieu sur lequel nous devons former nos mœurs, percé d'épines, couvert de plaies, attaché à une croix. Sainte Élisabeth de Hongrie ayant jeté les yeux avec attention sur son image sacrée, fut si honteuse de se voir vêtue magnifiquement, que depuis ce temps-là elle ne porta plus d'habits que très-modestes, quoiqu'elle fût une Souveraine.
Sixte X a donné des Bulles dans lesquelles il défend le luxe des habits, et particulièrement les queues traînantes. Et nous lisons de saint Gaultier Abbé de S. Martin près Pontoise, que prêchant un jour des Rameaux, il s'y trouva une Dame vêtue avec beaucoup de vanité, et ayant la queue de sa robe qui traînait ; ce qui donna lieu au saint Abbé de lui faire une forte correction, lui remontrant que Dieu était offensé dans cet excès, outre le danger des âmes qui pouvaient se perdre par ses attraits. Cette Dame qui avait le cœur aussi vain que son habit, se piqua de cette correction : mais elle en fut divinement châtiée, le diable s'étant saisi de son corps.
Le Saint-Esprit dit aux femmes par S. Pierre le chef de l'Église, qu'elles méprisent ce qui paraît au-dehors, qu'elles ne frisent point leurs cheveux, qu'elles ne se parent point d'or ni de riches habits ; mais qu'elles ornent l'homme du cœur au-dedans, par la pureté incorruptible d'un esprit tranquille et modeste, qui est très-riche devant Dieu. Toute la gloire de la fille du Roi est au-dedans, dit le Prophète Roi. C'est là, dit saint Grégoire de Naziance, que se trouve la vraie beauté, que perdent souvent celles qui se parent au-dehors. Un esprit chaste, paisible, modeste, est un grand ornement devant Dieu. La grâce, la mort aux sens et aux passions, et un saint recueillement, ce sont des richesses qu'une femme vertueuse porte partout. Saint Paul animé et conduit par le même esprit que saint Pierre, veut que les femmes soient parées avec pudeur et modestie, sans se friser et sans porter ni or, ni perles, ni habits somptueux.
Mais il veut qu'elles soient vêtues de robes décentes, qui signifie, selon les Grecs, une robe qui couvre tout le corps ; et c'est en cette sorte d'habits de femmes que l'Apôtre fait consister la bienséance. Qui croira, dit Tertullien, que celles qui découvrent leurs épaules ou leur sein, ne prostituent pas leur chasteté ? Comment pourrai-je me persuader qu'une femme soit chaste, qui découvre en elle ce qui est capable d'allumer les feux de la convoitise ? Peut-elle ignorer que se faisant voir de la sorte aux yeux d'un chacun, elle n'invite fortement à l'impureté ? Les saints Pères ont appelé ces femmes les soufflets des Diables ; car ces malins esprits s'en servent pour allumer le feu de l'impudicité : en cela pires et plus dangereuses que les Démons mêmes ; car saint Paulin et saint Cyprien remarquent qu'ils n'oseraient découvrir indécemment celles dont ils possèdent les corps. Et saint Cyprien donne pour l'un des signes des femmes possédées, quand elles sont en l'air la tête en bas, et que leurs habits ne tombent pas sur leur visage. C'est ce que nous avons connu dans ces personnes ; et ce qui est arrivé devant des témoins qui sont irréprochables il y a peu de temps.
Nous rapporterons ici ce qu'a remarqué un serviteur de Dieu sur ce sujet. Il écrit ce que Pline dit du soin de la nature pour conserver la pudeur des femmes noyées, de qui le corps nage sur l'eau la face en bas. Il cite Valère Maxime qui rapporte que le Consul Romain Sulpice répudia sa femme, parce qu'elle était une fois sortie sans être voilée ; et Vitellius qui a écrit que Postume Vestale fut enterrée comme une incestueuse, parce qu'elle avait paru dans les rues la tête haute et les yeux élevés. Il parle de saint Jérôme qui a loué les filles de Phidon l'Athénien, qui aimèrent mieux mourir que de paraître découvertes. Que les femmes chrétiennes apprennent des païennes la pudeur, qu'elles l'apprennent de la nature même, et qu'elles sachent que les Infidèles s'élèveront au Jugement, et les condamneront.
Mais qu'elles tremblent, apprenant ce que le Saint-Esprit nous déclare dans le Livre des Nombres, que Dieu commanda de tuer toutes les femmes Madianites, parce qu'elles avaient tenté les Israélites, quoiqu'il n'y en eût que quelques-unes d'entr'elles, le reste ayant eu seulement de la complaisance ; et les filles vierges au nombre de trente-deux mille furent faites captives. De plus les saints Pères remarquent qu'il n'y a jamais eu de punition plus exemplaire dans l'Écriture que celle des Princes et des Magistrats des Israélites, pour avoir souffert que les femmes Madianites parées et ornées parussent et conversassent familièrement avec les Israélites ; car il ordonna à Moïse de les faire pendre tous, sans en excepter un seul. Les mêmes saints Pères appellent louves celles qui se servent de fard, des victimes malheureuses de l'impudicité. Ils disent que cela n'appartient qu'à une misérable Jezabel. Nous le répétons encore, que les femmes vaines ne s'excusent pas sur leurs intentions qu'elles prétextent n'être pas mauvaises ; car voici ce que saint Jean Chrysostome dit parlant à l'une d'elles. Vous ne pensez pas, ô misérable, que vous aiguisez un glaive qui fera périr ; que vous donnez à boire dans une coupe pleine de venin ; et vous croyez vous excuser, parce que vous-même n'y buvez pas. Il déclare qu'elles sont plus criminelles que ceux qui vendent du poison ; parce que les autres ne tuent que le corps, et elles donnent la mort aux âmes.
Enfin le fils de Dieu disant à saint Pierre, Allez, Satan, ôtez-vous de devant moi, vous m'êtes à scandale ; car vos sentiments ne sont pas selon Dieu, mais selon les hommes : parce que ce Saint résistait à la mort qu'il devait souffrir, par compassion, et l'amitié qu'il avait pour lui. Cela nous donne lieu de considérer que le monde est encore plein de scandales, parce que ses sentiments ne sont pas selon Dieu ; au contraire il en inspire de tout opposés, comme nous le dirons avec le secours de sa grâce. Et comme l'on agit selon que l'on est prévenu de l'estime pour les choses, on mène une vie très-éloignée de celle qu'il demande de nous. Comme l'on n'a que des sentiments selon les hommes, et non pas en Chrétien. Les pères et les mères élèvent dans ces sentiments leurs enfants. Ces sentiments sont l'esprit dominant en toute la terre ; et c'est de la manière que chacun contribue à la ruine les uns des autres.
Le monde est à scandale, en détournant du culte de Dieu par les railleries qu'il fait de la dévotion de ceux qui la pratiquent, n'approuvant pas les exercices de piété, et étant cause que des personnes faibles n'ont pas la hardiesse de s'y appliquer, se cachant pour fréquenter les Sacrements, ou exercer d'autres bonnes œuvres. Les pères et les mères, les parents et les amis sont à scandale à leurs enfants, à leurs proches, leur résistant quand ils veulent mourir au monde, en entrant dans l'état Religieux ; et dont ils rendront un compte épouvantable au Jugement de Dieu : car ils doivent se souvenir que Dieu est le maître, et qu'il est plus juste de lui obéir qu'à des créatures. Ils doivent se souvenir que c'est faire un attentat injurieux à ses droits divins, que de se rendre maîtres de la vocation des personnes. Ce qui souvent est puni dès cette vie, par les maux et les disgrâces qui arrivent à ceux qui ne suivant pas la vocation divine, se laissent engager en des états où leur parents les mettent. S. Jérôme rapporte sur ce sujet un exemple terrible d'une Dame Romaine, qui cependant n'avait pas commis d'autre faute, que de parer, et cela par ordre de son mari, une jeune fille qui voulait se donner à Dieu, pour la rendre agréable au monde ; et c'est assez l'ordinaire. car ce Père de l'Église assure que l'Ange du Seigneur lui apparut, et lui fit d'effroyables menaces, à raison de ce qu'elle avait eu plus d'égard à ce qu'elle devait à son mari, qu'à ce qu'elle devait à Dieu. Il appelle sacrilèges ses mains, qui ont osé parer et orner la tête de cette jeune fille. Il lui prédit qu'elles deviendraient sèches en punition, que son mari et ses enfants mourraient : et S. Jérôme dit que toutes ces punitions arrivèrent.
Mais malheur au monde pour les scandales, quand ceux qui en doivent être la lumière, deviennent des ténèbres ; quand ceux qui en doivent être les guides, sont aveugles ; car ils tombent tous dans la fosse, et eux, et ceux qu'ils conduisent ; quand par leur vie peu édifiante, leurs conversations trop mondaines, leurs actions trop libres, ils scandalisent les autres ; quand leurs paroles, leurs sermons n'étant pas soutenus d'une vie conforme à ce qu'ils disent, ils donnent occasion de ne les pas croire ; quand ils se servent du crédit, de l'estime, de la confiance que l'on a en eux pour la ruine des âmes, et le déshonneur de leur état. Ils sont en cela, dit l'Angélique Docteur, les ministres du diable, et beaucoup plus dangereux ; car on a en horreur les démons.
Il faut prendre garde, écrit l'Apôtre aux Romains, de ne point donner de scandale à son frère, de n'être pas cause de la perte de celui pour qui Jésus-Christ est mort. Ce qui fait dire à S. Jean Chrysostome, que le scandale est un mal de Jésus-Christ, en tant qu'il sert d'occasion à la perte des âmes pour lesquelles il a donné jusqu'à la dernière goutte de son sang ; qu'il ôte une vie surnaturelle plus précieuse que toutes les vies des Anges. Ô quels reproches les malheureux damnés se feront-ils éternellement dans l'Enfer, pour s'être causé la damnation les uns les autres ! Que le beau monde, qui se pique tant d'amitié, fasse ici réflexion qu'un jour ces amitiés qui servent d'occasion au péché, seront suivies d'une haine enragée pour jamais.
Finissons ici par ces paroles de notre grand Maître : Si votre œil, votre main, vous sont un sujet de scandale, arrachez-les, coupez-les, et les jetez loin de vous : car il vaut mieux pour vous qu'un de vos membres périsse, que non pas tout votre corps soit jeté dans l'Enfer ; c'est-à-dire, qu'il n'y a pas à hésiter, si une personne qui nous est chère comme notre œil, comme notre main, nous détourne du service de Dieu, et nous engage dans les sentiments du siècle, nous inspire l'esprit du monde ; il faut s'en séparer. Ha, qu'il vaut bien mieux les quitter, que d'être séparé de Dieu ! Qu'il vaut bien mieux s'éloigner des personnes qui nous sont dangereuses, que de se priver de la compagnie de la très-sainte Vierge, de tous les bons Anges, et de tous les Saints, et de demeurer lié avec des créatures, pour aller avec elles en Enfer !

(Extrait de Le malheur du Monde, par M. Henri-Marie Boudon)


Reportez-vous à Le malheur du Monde dans ses occupations, Méditation sur le péché de scandale, Excellence de la chasteté, Combien de Modestie est nécessaire pour l'édification du Prochain, et utile à notre avancement particulier, Le malheur du monde dans les dangers où il se trouve, Le malheur du Monde dans ses honneurs, Le malheur du Monde dans ses plaisirs, Le malheur du Monde dans ses richesses, Le malheur du Monde, en ce qu'il ne connaît point Dieu, et son Fils Jésus-Christ, Le malheur du Monde dans les ténèbres, Ce que l'on entend par le Monde, Aveuglement de l'homme, Du vrai Religieux, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De la vie mixte, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De l'homme intérieur, par le R.-P. Jean-Joseph SurinCe qui s'est observé dans un Ordre Religieux durant le premier siècle depuis son établissement, doit être regardé comme meilleur que tout ce qu'on peut inventer dans la suite, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Sur les trois mots qui furent dits à saint Arsène : Fuyez, taisez-vous, reposez-vous, Instruction sur les Conseils évangéliquesDu mondeMéditation sur les dangers du mondeMéditation sur l'amour de la retraiteMéditation sur les moyens de se sanctifier dans le mondeMéditation sur le détachement des biens de ce monde, Litanie pour se détacher des biens de ce monde, Méditation sur la gloire du monde, Méditation sur les obstacles que le monde oppose à notre salut, Méditation sur le renoncement au monde, Méditation sur deux règles qu'un Chrétien doit toujours observer pour faire son salut dans le monde, Méditation sur les affaires du monde comparées à celles du salut, Méditation sur l'affaire du salut, Que faut-il pour connaître sa vocation ? Premièrement, consulter Dieu, Que faut-il pour connaître sa vocation ? Deuxièmement, consultez-vous, vous-même, Que faut-il considérer dans le choix de la vocation ?, Quelle est ma vocation ?, Prière pour demander la grâce de connaître et d'accomplir la volonté de Dieu, Prière pour la vocation, Prière à Marie pour connaître sa vocation, Prière à Saint Joseph pour lui demander la grâce de connaître sa vocation, N'embrassez un état que par des motifs dignes d'une Chrétienne, En quelque état que vous soyez, rendez respectable, par vos sentiments et votre conduite, votre titre de Chrétienne, et Méditation sur ce qu'un Chrétien doit penser des richesses et des grandeurs du monde.















lundi 26 avril 2021

Principales Vertus dont l'Humilité est le fondement



Pour faire connaître encore plus clairement la vérité de cette maxime des Saints, que l'humilité est le fondement de toutes les autres vertus, et pour montrer combien ce fondement nous est nécessaire, nous en rapporterons les principales en peu de mots. Premièrement, la foi a besoin de l'humilité : je ne parle pas des enfants qui reçoivent la foi dans le Baptême, sans en faire aucun acte, j'entends parler de ceux qui jouissent déjà de l'usage de leur raison. La foi demande un esprit humble et soumis, suivant ces paroles de Saint Paul : « Réduisant tous les esprits en servitude sous l'obéissance de Jésus-Christ ; » et l'orgueil de l'esprit est un empêchement et un obstacle à recevoir la foi, selon les paroles du Sauveur : « Comment pouvez-vous croire, vous qui vous distribuez la gloire les uns aux autres, et qui ne recherchez point la gloire qui ne vient que de Dieu seul ? » Mais si l'humilité est nécessaire pour recevoir le don de la foi, elle ne l'est pas moins pour le conserver ; et en effet, tous les Saints conviennent que l'orgueil est le principe de toutes les hérésies, et qu'elles naissent de ce qu'on se forme une si haute idée de soi-même et de ses propres lumières, qu'on en vient jusqu'à les préférer au sentiment général de toute l'Église.
L'espérance est pareillement appuyée sur l'humilité ; parce que celui qui est l'humble, connaît sa misère et sa faiblesse : il conçoit qu'il ne peut rien de lui-même ; et il se porte à Dieu avec plus d'ardeur, il établit en lui toute son espérance. La charité qui consiste à aimer Dieu, reçoit aussi un grand accroissement par le secours de l'humilité ; car une âme humble qui considère que tout ce qu'elle a vient de la main de Dieu, et qu'elle est très éloignée de le mériter, se sent excitée à aimer encore davantage son bienfaiteur : Qu'est-ce que l'homme, disait Job à Dieu, que vous le traitez si bien, et que vous attachez votre cœur à lui ? Quant à la charité qui s'exerce envers le prochain, on voit aisément combien l'humilité en facilite la pratique.
La patience, qui est une vertu si nécessaire au Chrétien, naît pareillement de l'humilité ; par la raison que celui qui est humble et qui connaît ses fautes et ses péchés, connaît en même temps qu'il est digne de toute sorte de châtiments ; de là il ne lui arrive aucune mortification qu'il ne la regarde comme étant au-dessous de ce que ses Fautes ont mérité ; et loin de s'en plaindre, il dit avec le Prophète Michée : Je souffrirai de bon cœur les effets de la colère du Seigneur, parce que j'ai péché contre lui.
La paix, ce bien si désirable pour tous les hommes et particulièrement si nécessaire à un Chrétien naît aussi de l'humilité : Jésus-Christ lui-même nous enseigne cette vérité quand il dit : Apprenez de moi que je suis doux et humble de cœur, et vous trouverez le repos de vos âmes. Soyez humble et vous serez en paix avec vous-même et avec tout le monde : Il y a toujours des démêlés entre les orgueilleux, dit le Sage ; mais autant qu'ils sont exposés à avoir ces démêlés entr'eux, autant les humbles en sont-ils éloignés.
Il en est de même de la pauvreté : elle a tant de liaison et de rapport avec l'humilité qu'il semble que ce soient deux sœurs : aussi par cette pauvreté d'esprit que Jésus-Christ établit pour la première des Béatitudes, quelques Saints entendent l'humilité.
A l'égard de la chasteté, nous ne saurions douter que l'humilité ne soit une disposition essentielle pour la conserver, après les exemples que nous voyons dans la vie des Pères du désert, de tant de chutes honteuses arrivées à des hommes consommés dans la pénitence et dévoués à la vie solitaire. Ces chutes ne procédaient que d'un défaut d'humilité et de trop de présomption et de confiance en eux-mêmes ; et c'est le châtiment ordinaire que Dieu exerce contre les hommes superbes, en permettant de semblables chutes.
L'humilité est un si grand ornement à la chasteté et à la pureté, que Saint Bernard ne fait pas difficulté d'avancer que la pureté de Marie n'eût pas même été agréable à Dieu, sans son humilité.
Si nous considérons l'Oraison, comme le fondement de toute la vie spirituelle et intérieure, il est évident qu'elle est sans aucun mérite sans cette vertu de l'humilité ; mais qu'avec l'humilité elle pénètre le Ciel, suivant ses paroles du Sage : « L'Oraison de celui qui s'humilie, pénétrera les nues ; il ne sera point consolé qu'elle ne parvienne à Dieu ; et il ne s'en ira point que le Très-Haut ne l'ait regardé favorablement. » La vertueuse et humble Judith, retirée dans l'intérieur de sa maison, revêtue d'un cilice, couverte de cendres, et prosternée contre terre, s'écrie au Seigneur : La prière des personnes humbles et douces vous a toujours plu : Et le Saint Roi prophète dit, que Dieu a eu égard à l'Oraison des humbles ; qu'il n'a point méprisé leur prière. Ne craignez donc point qu'un homme humble soit rejeté avec confusion ; il obtiendra ce qu'il demande. Voyez combien la Prière du Publicain fut agréable à Dieu. Il n'osait lever les yeux au Ciel, ni s'approcher de l'Autel ; mais se tenant à l'entrée du Temple et frappant sa poitrine, il disait avec une humble connaissance de lui-même : Mon Dieu, ayez pitié de moi, qui suis un pécheur. Quel fut l'effet de sa prière ; de quel œil Dieu la regarda-t-il ? Je vous assure, dit Jésus-Christ, qu'il s'en retourna chez lui justifié ; et le Pharisien orgueilleux sortit du Temple avec sa condamnation.
Nous pourrions raisonner ainsi sur toutes les autres Vertus, et faire voir qu'elles dépendent également de l'humilité. Voulez-vous donc connaître un moyen sûr pour les acquérir, et un chemin court pour arriver bientôt à la perfection? vous le trouverez dans l'humilité.

(Abrégé de la Pratique de la Perfection Chrétienne)


Reportez-vous à Du premier degré de l'Humilité, qui est d'avoir une humble opinion de soi-même, Il n'y a point de Vertu solide sans l'Humilité : elle est le fondement de toutes les autres Vertus, Excellence et nécessité de l'Humilité, Prière pour demander l'humilité, Prière pour obtenir l'humilité, l'exemple de Saint Robert Bellarmin et de Saint Ignace, et comment acquérir cette vertu, Le Saint Curé d'Ars dans sa conversation : Humilité de M. Vianney, De l'amour du Père Surin pour l'humilité, dans l'union avec Notre-Seigneur Jésus-Christ, Des vertus de Marie : l'humilité, De la merveilleuse humilité du séraphique saint François, Litanies de l'humilité, Méditation sur les effets de l'orgueil, Méditation sur l'humilité des Saints, Méditation sur la pratique de l'humilité Chrétienne, Méditation sur les avantages de l'humilité Chrétienne, La Crèche, Sur ces paroles : Vous avez tiré votre parfaite louange de la bouche des enfants et de ceux qui sont à la mamelle. (Psaume 8), De deux sortes de Mortifications, De la nécessité de la Mortification : En quoi elle consiste, Sur Jésus-Christ, L'intérieur de Marie, De l'enfance spirituelle, et De la paix de l'âme.