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vendredi 5 août 2022

Effets du don de crainte



La crainte du Seigneur chasse le péché. (Eccl., I, 27)


Le don de crainte produit une grande retenue devant Dieu tant à l'intérieur qu'à l'extérieur
. « Cette retenue tient l'âme, en la présence de Dieu, dans un très-grand respect et une très-profonde révérence. Ainsi l'âme très-sainte de Notre Seigneur se tenait, pendant qu'il était mortel, et se tient encore et se tiendra à jamais là-haut au ciel, dans un extrême respect devant la Divinité. Aussi, saint Paul a-t-il écrit que Jésus-Christ a été exaucé en ses prières à cause de la parfaite révérence avec laquelle il les faisait. (Hebr., V, 7) Plus une âme connaît la grandeur et la majesté de Dieu, plus elle a de respect pour lui ; c'est pourquoi, comme l'âme de Notre-Seigneur en a une connaissance infiniment plus claire et plus parfaite que tous les anges et tous les hommes, elle est incomparablement plus respectueuse en sa présence. Ainsi les âmes qui possèdent le vrai Esprit de Jésus-Christ, et ont reçu le don de crainte en un haut degré, sont extrêmement retenues et craintives devant Dieu ; elles le révèrent avec des sentiments si humbles et si profonds, qu'elles se sentent comme fondre et anéantir, se souvenant seulement qu'il les regarde (Saint-Jure, ch. III, sect. 16, art. 4). »

Le don de crainte rend respectueux envers les hommes, comme étant des créatures très-excellentes de Dieu
. « En effet, si le Sage a dit à Dieu : “Seigneur, encore que vous ayez tout pouvoir et que vous soyez infiniment grand, vous nous conduisez toutefois avec une grande révérence (Sag., XII, 18),” combien, nous, n'avons-nous pas plus de sujet de traiter les hommes avec respect (S.-Jure, ch. III, sect. 16, art. 4). »
« Ce respect qu'inspire à l'âme le don de crainte, s'étend à tous les hommes ; mais rien n'égale sa vénération pour tous ceux qui sont d'une manière spéciale les représentants de Dieu. L'homme de foi s'incline sans contrainte devant ces majestés créées. C'est ce don de crainte qui fait du catholicisme la grande école du respect ; c'est par lui que l'enfant apprend à honorer son père, le sujet à respecter son roi, le fidèle à révérer tous les ministres du Seigneur, et, entre tous, celui qui est le Pasteur des pasteurs, et le plus auguste représentant de la souveraine Majesté (P. Belot). »

Le don de crainte nous donne une appréhension extrême de la moindre offense de Dieu, et nous fait fuir très-soigneusement toutes les occasions du péché
. « Il nous donne une aversion, une haine mortelle de tout péché, et il nous fait fuir très-soigneusement toutes les occasions qui y peuvent porter. Le péché est à ces âmes craintives le seul objet de leur haine et de leur horreur ; elles aimeraient mille fois mieux se lancer dans les flammes et dans tous les tourments de l'enfer, que d'en commettre un seul ; les bienheureux choisiraient plutôt de sortir du paradis, de perdre leur félicité, et d'être à jamais misérables, que de dire seulement une parole oiseuse (S.-Jure, ch. III, sect. 16, art. 4) »

Le don de crainte inspire une soigneuse vigilance sur soi-même
. « Il porte à faire de fréquents retours sur soi-même, pour reconnaître l'état de son intérieur et voir ce qui s'y passe contre la fidélité du parfait service de Dieu. Ceux qui ont ce don n'ont pas besoin d'examen particulier, parce qu'ils ne font pas la moindre faute, qu'ils n'en soient aussitôt repris et qu'ils ne la voient, marchant toujours dans la lumière du Saint-Esprit, qui les conduit (P. Lallemant, IVe princ., ch. IV, art. 7). »

Si je voyais d'un côté la mer remplie de feu, et de l'autre le moindre péché, je me jetterais plutôt mille fois dans ce feu que de commettre ce péché. (Sainte Catherine de Sienne)

C'est par les impressions du don de crainte filiale que nous voyons les Louis de Gonzague, les Stanislas, les Berchmans, baignés de larmes aux pieds de leurs confesseurs, s'accusant avec la plus vive contrition des fautes les plus légères. On lit dans la vie du B. Alphonse Rodriguez, religieux coadjuteur de la compagnie de Jésus, que, chaque fois qu'il passait en un certain endroit du collège de Majorque, où il demeura quarante années, il se jetait à genoux en pleurant et en soupirant et demandait pardon à Notre-Seigneur d'un regard de curiosité qui lui était échappé en ce lieu. Le don de crainte filiale lui faisait ainsi expier cette légère offense par des larmes mille fois renouvelées.

(Les sept dons du Saint-Esprit)


Reportez-vous à Moyens pour obtenir le don de Crainte, Nature du don de Crainte, Effets des sept dons du Saint-Esprit, Nature et excellence des sept dons du Saint-Esprit, Action du Saint-Esprit dans l'Église, Moyens pour obtenir les sept dons du Saint-Esprit, Du Recueillement, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De l'homme intérieur, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Du Saint-Esprit et de ses opérations en général : Ce qu'est le Saint-Esprit, sa mission temporelle, Prière pour demander au Saint-Esprit la victoire sur le respect humain, Promesse d'observer plus fidèlement à l'avenir les maximes de l'Évangile, Prière pour demander les douze fruits du Saint-Esprit, Prière pour demander la grâce de devenir parfait chrétien, Prière pour demander au Saint-Esprit l'abondance de ses grâces, Quelles résolutions prendre au jour de la Pentecôte ?, La Pentecôte : Quel est l'événement dont l'Église célèbre la mémoire en ce jour ?, Méditation pour le Samedi d'après la Pentecôte : Jésus sortant de la synagogue entra dans la maison de Simon, Méditation pour le Vendredi d'après la Pentecôte : Jésus prêchant dans la synagogue, voilà que des hommes apportent un paralytique dans son lit, Méditation pour le Jeudi d'après la Pentecôte : Jésus ayant assemblé ses douze Apôtres, leur donna une puissance et un empire sur tous les démons, Méditation pour le Mercredi d'après la Pentecôte : Quiconque écoute mon Père et se rend docile pour apprendre ce qu'il lui enseigne, vient à moi, Méditation pour le Mardi d'après la Pentecôte : Je suis la porte ; celui qui entrera par moi sera sauvé, Méditation pour le Lundi d'après la Pentecôte : La lumière est venue dans le monde, et les hommes ont mieux aimé les ténèbres que la lumière, Méditation pour le Dimanche de la Pentecôte : Le Saint-Esprit que mon Père enverra en mon nom, vous enseignera, Instruction sur le Saint-Esprit, Mission du Saint-Esprit, Instruction sur la Fête de la Pentecôte, Méditation sur la Fête de la Pentecôte : ils furent tous remplis du Saint-Esprit, Méditation pour la veille de la Pentecôte, Veille de la Pentecôte : Je prierai mon Père, et il vous donnera, pour demeurer éternellement avec vous, un autre consolateur, qui est l'Esprit de vérité que le monde ne peut recevoir, Méditation pour le Jour de la Pentecôte, Preuves directes de la divinité du Saint-Esprit : noms, attributs et œuvres, Le Dogme de l'unité de Dieu et de la Sainte Trinité, Preuves directes de la Trinité et de la divinité du Saint-Esprit, Le Saint-Esprit dans l'Ancien Testament, promis et figuré, Le Saint-Esprit prédit, Le Saint-Esprit dans le Nouveau Testament, première création : La Sainte Vierge Marie, Seconde création du Saint-Esprit : Notre Seigneur Jésus-Christ, Troisième création du Saint-Esprit : l’Église, Méditation pour le Dimanche de la Sainte Trinité, Neuvaine préparatoire à la Fête de la Pentecôte : Prière pour demander les sept Dons du Saint-Esprit, Méditation pour le Mercredi après la Pentecôte, Méditation pour le Mardi après la Pentecôte, Méditation pour le Lundi de Pentecôte, XIe Dimanche après la Pentecôte : Réflexions pratiques, Accueillir le Saint Esprit de Dieu, Litanie du Saint-Esprit, Méditation pour la Fête de l'Ascension, Instruction sur la Fête de l'Ascension, Méditation pour le Jour de l'Ascension de Notre-Seigneur, Le Seigneur Jésus fut élevé dans le ciel, et il est maintenant assis à la droite de Dieu, Les Apôtres et les Disciples ayant adoré Jésus-Christ, s'en retournèrent remplis de joie à Jérusalem, Quand le Consolateur que je vous enverrai de la part de mon Père, l'Esprit de vérité qui procède de mon Père, sera venu, il rendra témoignage de moi, Et vous aussi, qui avez été dès le commencement en ma compagnie, vous rendrez témoignage de moi, Je vous ai dit toutes ces choses, afin que vous ne vous scandalisiez point, Un temps viendra où quiconque vous fera mourir, pensera faire un sacrifice à Dieu, Ils vous traiteront de la sorte, parce qu'ils ne connaîtront ni mon Père ni moi, Je vous ai dit ces choses, afin que lorsqu'elles arriveront, vous vous souveniez que je vous les ai prédites, Actes avant la Confirmation : Prière au Saint-Esprit et Acte de demande, Méditation que les enfants peuvent faire avant de recevoir le sacrement de la Confirmation au Jour de la Pentecôte et Prière pour demander ou pour renouveler en soi la grâce du sacrement de Confirmation.















mardi 15 mars 2022

ABRÉGÉ DU CATÉCHISME DE PERSÉVÉRANCE, DEUXIÈME PARTIE, Leçon LII : Sixième et Neuvième Commandements


ABRÉGÉ DU CATÉCHISME DE PERSÉVÉRANCE

DEUXIÈME PARTIE

Contenant l'histoire et l'explication de la Religion

depuis la Naissance du Messie jusqu'à son Ascension


LIIe LEÇON

DE NOTRE UNION AVEC NOTRE-SEIGNEUR,

LE NOUVEL ADAM, PAR LA CHARITÉ.

SIXIÈME ET NEUVIÈME COMMANDEMENTS.


La tentation de Saint Jérôme

Q. Récitez le sixième et le neuvième commandements ?
R. Luxurieux point ne seras de corps ni de consentement. L'œuvre de chair ne désireras qu'en mariage seulement.

Q. Que nous défendent ces deux commandements ?
R. Ces deux commandements nous défendent toutes les pensées, les désirs, les regards, les paroles, les actions contraires à la pureté.

Q. Ces péchés sont-ils bien grands ?
R. Ces péchés sont très grands et causent la damnation d'une multitude d'âmes ; c'est pourquoi, si on avait eu le malheur d'en commettre quelqu'un, il faudrait en concevoir une vive horreur et s'en confesser au plus tôt avec une grande exactitude.

Q. Que faut-il faire pour les éviter ?
R. Pour les éviter, il faut en fuir avec soin toutes les occasions : comme les mauvais livres, les mauvaises chansons, les danses, les bals, les spectacles, la fréquentation des personnes d'un sexe différent, l'oisiveté, la curiosité et les parures.

Q. Dans le doute, que faut-il faire ?
R. Dans le doute, si on doit lire un livre ou se trouver à une assemblée, il faut consulter son confesseur, parce qu'il nous répondra, non pas suivant les maximes du monde, mais suivant l'Évangile ; car, c'est sur l'Évangile que nous serons jugés.

Q. Que faut-il faire quand on se trouve dans l'occasion de ce péché ?
R. Quand on se trouve dans l'occasion de ce péché, il faut s'en éloigner au plus tôt.

Q. Quels sont les remèdes à ce péché ?
R. Les remèdes à ce péché sont de deux sortes : les uns intérieurs, les autres extérieurs.

Q. Quels sont les remèdes intérieurs ?
R. Les remèdes intérieurs sont : 1° la prière ; 2° la réflexion sur la laideur de ce péché, qui défigure en nous l'image de Dieu et nous rend semblables aux bêtes ; sur la grandeur des châtiments dont Dieu l'a puni, tels que le déluge, l'engloutissement de Sodome, etc. ; 3° l'humilité.

Q. Quels sont les remèdes extérieurs ?
R. Les remèdes extérieurs sont : 1° la vigilance sur nos sens et surtout sur nos yeux ; 2° la mortification ; 3° la dévotion à la très sainte Vierge, et l'usage fréquent des Sacrements.

Q. Que nous ordonnent le sixième et le neuvième commandements ?
R. Le sixième et le neuvième commandements nous ordonnent de nous conserver purs d'âme et de corps, parce que nous sommes les membres de Jésus-Christ et les temples vivants du Saint-Esprit : la vertu de pureté est la plus aimable de toutes les vertus, et rend l'homme semblable aux Anges.

Q. Quels sont les avantages de ces deux commandements ?
R. Voici quelques-uns des avantages de ces deux commandements : 1° ils protègent l'honneur des familles ; 2° ils mettent notre santé et notre innocence à l'abri des passions d'autrui et de nos propres passions ; 3° ils nous procurent une paix délicieuse pendant la vie et une grande confiance au moment de la mort.


Je prends la résolution d'aimer Dieu par-dessus toute chose, et mon prochain comme moi-même pour l'amour de Dieu ; et en témoignage de cet amour, je m'efforcerai de ne jamais donner de scandale.


Deuxième Partie : Leçon I : État du monde à la venue du Messie, Leçon II : Naissance du Messie, Leçon III : Vie cachée de Notre-Seigneur Jésus-Christ, Leçon IV : Vie publique de Notre-Seigneur, Première année, Leçon V : Vie publique de Notre-Seigneur, Première année, Leçon VI : Vie publique de Notre-Seigneur, Première année, Leçon VII : Vie publique de Notre-Seigneur, Deuxième année, Leçon VIII : Vie publique de Notre-Seigneur, Deuxième année, Leçon IX : Vie publique de Notre-Seigneur, Troisième année, Leçon X : Vie publique de Notre-Seigneur, Troisième année, Leçon XI : Vie publique de Notre-Seigneur, Troisième année, Leçon XII : Passion de Notre-Seigneur, Leçon XIII : Passion de Notre-Seigneur, Suite, Leçon XIV : Sépulture et Résurrection de Notre-Seigneur, Leçon XV : Vie glorieuse de Notre-Seigneur, Leçon XVI : Notre-Seigneur Réparateur du monde, Leçon XVII : Notre-Seigneur, Nouvel Adam, Leçon XVIII : Union de notre esprit avec Notre-Seigneur, le nouvel Adam, par la Foi, premier et deuxième articles du Symbole, Leçon XIX : Troisième, quatrième et cinquième articles du Symbole, Leçon XX : Le Purgatoire, Leçon XXI : Sixième et septième articles du Symbole, Leçon XXII : Huitième article du Symbole, Leçon XXIII : Neuvième article du Symbole, l'Église, Leçon XXIV : Neuvième article du Symbole, Leçon XXV : Dixième article du Symbole, Leçon XXVI : Onzième article du Symbole, Leçon XXVII : Douzième article du Symbole, Leçon XXVIII : Espérance et Grâce, Leçon XXIX : Premier moyen d'obtenir la grâce, la prière, Leçon XXX : Premier moyen d'obtenir la grâce, la prière : l'Oraison dominicale, Leçon XXXI : L'Ave Maria ou Salutation angélique, Leçon XXXII : Les sacrements, Leçon XXXIII : Le Baptême, Leçon XXXIV : Le Baptême (Suite), Leçon XXXV : La Confirmation, Leçon XXXVI : L'Eucharistie, Leçon XXXVII : L'Eucharistie (Suite), Leçon XXXVIII : De la Pénitence, Leçon XXXIX : De la Pénitence (Suite), Leçon XL : De la Pénitence (Suite), Leçon XLI : Des Indulgences et du Jubilé, Leçon XLII : De l'Extrême-Onction, Leçon XLIII : Du Sacrement de l'Ordre, Leçon XLIV : Du Sacrement de l'Ordre (Suite), Leçon XLV : Du Sacrement de Mariage, Leçon XLVI : De la Charité, Leçon XLVII : Premier Commandement, Leçon XLVIII : Deuxième Commandement, Leçon XLIX : Troisième Commandement, Leçon L : Quatrième Commandement, Leçon LI : Cinquième Commandement, Leçon LIII : Septième et Dixième Commandements.

Première Partie :
Leçon I : Enseignement vocal de la Religion, Catéchisme, Leçon II : Enseignement écrit, Écriture et Tradition, Leçon III : Connaissance de Dieu considéré en Lui-même, Leçon IV : Connaissance de Dieu par ses ouvrages, 1er Jour de la Création, Leçon V : Connaissance de Dieu par ses ouvrages, 2e Jour de la Création, Leçon VI : Connaissance de Dieu par ses ouvrages, 3e Jour de la Création, Leçon VII : Connaissance de Dieu par ses ouvrages, Fin du 3e et commencement du 4e Jour de la Création, Leçon VIII : Connaissance de Dieu par ses ouvrages, suite du 4e Jour de la Création, Leçon IX : Connaissance de Dieu par ses ouvrages, 5e Jour de la Création, Leçon X : Connaissance de Dieu par ses ouvrages, Fin du 5e et commencement du 6e Jour de la Création, Leçon XI : Connaissance de Dieu par ses ouvrages, Suite du 6e Jour de la Création, Leçon XII : Connaissance de l'homme considéré en lui-même, Leçon XIII : Connaissance de l'homme considéré dans ses rapports avec les créatures, Leçon XIV : Connaissance de l'homme considéré dans ses rapports avec Dieu, Leçon XV : Connaissance des Anges, Leçon XVI : Chute de l'homme, Leçon XVII : Accord de la justice et de la miséricorde divine dans la punition et dans la transmission du péché d'Adam, Leçon XVIII : Nécessité et perpétuité de la Foi au Mystère de la Rédemption, Histoire de Job, Leçon XIX : Connaissance de la Religion, Nature et définition de la Religion, Leçon XX : Connaissance de la Religion, Que la Religion est une Loi, Leçon XXI : Le Messie promis et figuré : Adam et Abel, Leçon XXII : Le Messie promis et figuré, Noé, Troisième Figure du Messie, Leçon XXIII : Deuxième promesse et quatrième figure du Messie, Melchisédech, Leçon XXIV : Isaac, cinquième Figure du Messie, Leçon XXV : Le Messie promis et figuré, Jacob, Sixième Figure du Messie, Leçon XXVI : Le Messie promis et figuré, Joseph, Septième Figure du Messie, Leçon XXVII : L'Agneau pascal, Huitième Figure du Messie, Leçon XXVIII : La Manne, Neuvième Figure du Messie, Leçon XXIX : Les sacrifices et le serpent d'airain, Dixième et onzième Figure du Messie, Leçon XXX : Moïse, Douzième Figure du Messie, Leçon XXXI : Josué, Treizième Figure du Messie, Leçon XXXII : Gédéon, quatorzième Figure du Messie, Leçon XXXIII : Samson, Quinzième Figure du Messie, Leçon XXXIV : Sixième Promesse du Messie, Leçon XXXV : David, Seizième Figure du Messie, Leçon XXXVI : Salomon, Dix-septième Figure du Messie, Leçon XXXVII : Jonas, Dix-huitième Figure du Messie, Leçon XXXVIII : Le Messie prédit, Prophéties de David, Leçon XXXIX : Le Messie prédit, Prophéties d'Isaïe, Leçon XL : Le Messie prédit, Prophéties d'Osée, de Michée, de Joël et de Jérémie, Leçon XLI : Le Messie prédit, Prophéties d'Ézéchiel, Leçon XLII : Le Messie prédit, Prophéties de Daniel, Leçon XLIII : Le Messie prédit, Prophéties d'Aggée, de Zacharie et de Malachie, Leçon XLIV : Résumé général et application des promesses, des figures et des prophéties, à Notre-Seigneur Jésus-Christ, Leçon XLV : Le Messie préparé, Monarchie des Assyriens, Leçon XLVI : Le Messie préparé, Monarchie des Assyriens, Histoire de Judith, Leçon XLVII : Le Messie préparé, Histoire de Tobie, Leçon XLVIII : Le Messie préparé, Monarchie des Perses, Histoire d'Esther, Leçon XLIX : Le Messie préparé, Monarchie des Grecs et des Romains, Leçon L : Le Messie préparé, Histoire des Machabées, Leçon LI : Unité de la Religion et de l’Église.













jeudi 5 août 2021

Combien de Modestie est nécessaire pour l'édification du Prochain, et utile à notre avancement particulier



La Modestie, dont nous nous proposons maintenant de parler, consiste à composer notre extérieur de manière que tous nos sens soient recueillis : que nos gestes, que nos entretiens, que notre démarche, enfin que tous nos mouvements soient réglés de telle sorte qu'ils puissent édifier tous ceux qui nous aperçoivent, et avec qui nous sommes obligés de vivre.
Et d'abord, comme il est constant que les hommes ne peuvent voir que l'extérieur des objets, rien ne les édifie, et ne les gagne davantage qu'un maintient sage et modeste : et cet extérieur les touche, et les instruit mieux que le vain bruit de l'éloquence.
Quant à nous, C'est le sentiment commun de tous les Saints, que la modestie et le recueillement des sens est un des principaux moyens que nous ayons à notre disposition pour notre avancement spirituel, d'autant que cela contribue beaucoup au recueillement intérieur ; et que comme nos sens sont autant de portes par où le mal peut entrer dans notre cœur, il est nécessaire que ces portes soient exactement gardées, afin que notre cœur puisse être dans une entière sûreté. Saint Jérôme écrivant sur ces paroles de Job : « Les portes de la mort ne vous ont-elles point été ouvertes, et n'avez-vous point vu les portes des ténèbres ? » dit que nos sens sont les portes de la mort, d'autant que c'est par ces organes que la mort du péché entre dans notre âme, suivant ces paroles de Jérémie : La mort est montée par nos fenêtres. Il ajoute que nos sens sont appelés les portes des ténèbres, parce qu'ils donnent entrée aux ténèbres du péché. Saint Grégoire dit la même chose presque dans les mêmes termes, et c'est une façon de parler ordinaire aux Saints, tirée des expressions des Philosophes, qui soutiennent qu'il n'y a rien dans l'entendement, qui n'ait auparavant passé par les sens. Quand les portes d'une maison sont exactement fermées et soigneusement gardées, tout y est en sûreté : mais si on les laisse ouvertes, si personne n'est chargé de veiller à leur garde, et si tout le monde peut y entrer et sortir à toute heure, rien ne sera en assurance dans cette maison, ou du moins on n'y sera ni en sûreté ni en repos. Il en est de même de notre âme : ceux qui auront soin de bien garder les portes de leurs sens , vivront dans la piété et dans la douceur de la paix intérieure ; mais ceux qui négligent d'en garder les avenues, n'auront ni paix, ni repos dans leur cœur. C'est pour cela que le Sage nous avertit de garder notre cœur avec toute sorte de soin, parce que c'est la source de la vie. Or, le cœur se garantit en gardant avec soin les portes des sens, suivant le sentiment de Saint Grégoire, qui dit, que pour conserver la pureté de notre cœur, il faut prendre garde à ne point laisser échapper nos sens au dehors. « Accoutumez vos yeux, dit Saint Dorothée, à ne se point tourner de côté et d'autre sur des choses vaines, et où vous n'avez nul intérêt ; cela ne sert qu'à vous détourner de vos plus saintes occupations, à les rendre infructueuses. Si vous n'avez soin que les portes de vos sens soient bien gardées, tout ce que vous avez amassé en beaucoup de temps et avec beaucoup de peine, s'échappera aisément par-là, et vous vous trouverez les mains vides. On perd bientôt par la négligence, ce que l'une a acquis par la grâce, avec beaucoup de difficulté et de travail. Évitez de trop parler, ajoute encore Saint Dorothée , parce que cela vous détourne des saintes pensées qui pourraient vous venir à l'esprit, et peut étouffer entièrement en vous toute les inspirations du Ciel. »
Les anciens Pères du Désert, au rapport de Cassien, disaient que celui qui voulait acquérir la perfection, conserver la pureté de cœur, et demeurer dans le recueillement d'esprit, devait
être aveugle, sourd et muet. Mais comment pourrons-nous, me dira-t-on, être sourds, muets et aveugles, nous qui avons tant de commerce avec le prochain, et qui sommes par conséquent obligés de voir et d'entendre beaucoup de choses que nous ne voudrions pas ? Le remède à ce mal est de voir ce qui est hors de nous comme si on ne le voyait pas, et d'entendre les choses du monde comme si on ne les entendait point ; de n'y pas laisser attacher notre cœur ; d'en bannir sans différer toutes ces choses-là, sans souffrir qu’elles s'arrêtent un seul moment dans notre mémoire.
On rapporte de Saint Bernard, qu'il avait le cœur tellement attaché à Dieu, qu'il voyait sans voir, et entendait sans entendre : il semblait qu'il eût perdu l'usage des sens. Au bout d'une année de noviciat, il ne put dire si le Plancher de sa cellule était de bois ou de plâtre : il y avait trois croisées vitrées dans l'Église, il ne s'aperçut jamais qu'il y en eût plus d'une.
Il est aisé de conclure de ce que nous venons de dire, combien se trompent ceux qui font peu de cas de ces sortes de choses extérieures, et qui pensent que la perfection ne consiste pas à être modeste dans ses actions et retenu dans ses paroles, mais qu'elle doit consister dans l'intérieur du cœur, et dans la pratique des solides et véritables vertus.
Saint Bonaventure dit à ce sujet que le recueillement intérieur s'acquiert et se conserve par le recueillement extérieur. C'est la garde et la défense du cœur au-dehors ; car, comme la nature ne produit point d'arbres sans feuilles et sans écorce, ni de fruit sans peau, et qu'elle n'a rien formé qu'elle ne l'ait accompagné en même temps de parties qui sont destinées à son ornement et à sa conservation : de même la grâce qui agit conformément à la nature, mais beaucoup plus parfaitement, qu'elle, ne forme point la vertu intérieure dans un cœur, sans y joindre les ornements ou les défenses extérieures ; c'est l'écorce, c'est la peau sous laquelle se conserve la piété, le recueillement intérieur et la pureté du cœur : si l'on ôte ces parties si essentielles, tout le reste ne tardera pas à se corrompre.
Il faut remarquer encore ici une chose bien essentielle ; c'est que comme le recueillement extérieur sert à produire et à conserver en nous le recueillement intérieur, aussi le recueillement intérieur produit infailliblement le recueillement extérieur. Où est Jésus-Christ, dit Saint Grégoire de Nazianze, la modestie y est aussi. Lorsqu'il y a une solide vertu au-dedans de nous, il y a aussi de la gravité, de la modestie et de la retenue dans tous nos mouvements extérieurs.

(Abrégé de la Pratique de la Perfection Chrétienne)


Reportez-vous à Du Recueillement.













mardi 20 juillet 2021

Moyens pour conserver la chasteté : la garde des sens, et surtout celle des yeux


Job rétabli dans sa propérité (Laurent de la Hyre)

Nous proposerons ici quelques moyens qui peuvent servir plus particulièrement à faire acquérir et conserver la perfection de la chasteté : le premier et un des plus essentiels, consiste à garder soigneusement toutes les avenues de notre âme, et principalement nos yeux ; parce que c'est ordinairement par cet organe que le mal entre dans le cœur.
David, quoiqu'accoutumé à s'élever à Dieu comme vers son centre, et à ne s'occuper que de la contemplation des choses célestes, se laissa néanmoins aller à des désirs criminels, pour avoir arrêté ses regards sur un objet dangereux. La mort est montée par nos fenêtres, dit Jérémie, et mon âme est devenue la proie de mes yeux. Saint Grégoire, Pape, nous avertit qu'il ne faut pas regarder ce qu'il n'est pas permis de désirer, parce qu'il est à craindre que ces objets n'attirent à eux notre cœur par le moyen de nos regards indiscrets, et que malheureusement nous ne nous trouvions surpris, lorsque nous y pensons le moins.
C'est par cette raison que Job se précautionnait de telle sorte contre ce dangereux écueil, qu'il avait fait un pacte avec ses yeux, pour ne pas même penser à aucune femme. Le même Saint Grégoire, en expliquant ce passage, se fait une objection à laquelle il donne une réponse très solide : « Quelle sorte de pacte est cela, dit-il, de traiter avec ses yeux pour n'avoir aucune pensée ? Il semble que s'il y a quelque traité à faire pour éviter la pensée, c'est avec l'entendement et avec l'imagination qu'il le faut faire, et que si l'on veut faire un pacte avec ses yeux, C'est de les contraindre à ne fixer aucun objet. C'est avec raison néanmoins, répond ce Père, que Job dit, qu'il a fait un pacte avec ses yeux pour ne penser pas même à aucune femme : car il n'ignorait pas que c'est par les yeux que les mauvaises pensées entrent dans le cœur ; qu'en réprimant avec soin le mouvement de ses yeux et les avenues de ses sens, il pouvait répondre de conserver purs son cœur et son esprit. Si vous voulez donc, poursuit ce Saint Pape, n'être pas exposé à aucune mauvaise pensée, tenez vos yeux dans une grande modestie et une grande retenue, faites avec eux la convention, qu'ils ne porteront jamais leurs regards sur ce qu'il vous est défendu de désirer. »
Saint Éphrem dit que trois choses contribuent particulièrement à conserver la chasteté dans toute sa perfection ; la tempérance, le silence et la retenue des yeux. Quelque soin que vous ayez d'observer les deux premiers moyens, si vous négligez le troisième, votre chasteté sera en un très-grand péril.
Nous lisons que Saint Bernard s'étant un jour arrêté à regarder une femme, sans avoir aucune attention à ce qu'il faisait ; dès qu'il vint à s'apercevoir de sa distraction, il en fut si indigné contre lui-même, qu'il alla se plonger dans un étang glacé, et y demeura jusqu'à ce que son corps eût presque entièrement perdu sa chaleur naturelle.

(Abrégé de la Pratique de la Perfection Chrétienne)


Reportez-vous à Du Silence : Ses avantages et son utilité, Excellence de la chasteté, Prière à Saint Jean, disciple que Jésus aimait, Prière à Saint Louis de Gonzague pour obtenir la pureté d'esprit et de corps, Prière pour obtenir la pureté, Prière pour demander la pureté, et Prière à Sainte Maria Goretti.












vendredi 16 avril 2021

Ce que l'on entend par le Monde



Le Monde, dont parlent les divines Écritures avec horreur, n'est pas l'Univers, les éléments, la terre, ni une société civile de personnes dans les différents états et conditions qui s'y rencontrent. Ce n'est pas de ce monde dont le Fils de Dieu assure qu'il n'est point, ni ses Disciples ; mais c'est le monde qui vit selon la sensualité, l'orgueil et la curiosité : c'est de ce monde dont le Saint-Esprit nous déclare en la première Épître de saint Jean, que tout ce qui s'y trouve, est, ou concupiscence de la chair, ou concupiscence des yeux, ou orgueil de la vie ; ce qui ne vient point du Père, dit le saint Évangéliste, car les inclinations corrompues du corps et de l'âme qui nous portent à user des choses avec dérèglement, ne viennent pas de Dieu ; c'est le péché qui en est la cause.
Par ces trois concupiscences le bien-aimé Disciple entend les trois sources de tous les péchés, lesquels selon la doctrine des Saints, sont les voluptés des sens, le désir des honneurs, et la curiosité de savoir ; c'est de ce monde dont il crie, que si quelqu'un l'aime, la charité du Père n'est pas en lui ; car son amour et celui de Dieu ne peuvent pas compatir ensemble. Il ne faut pas penser à les accorder l'un avec l'autre, ce qui fait dire à l'Apôtre : N'aimez pas le monde, ni ce qui est dans le monde ; et le grand et puissant motif qu'il en suggère, est que le monde passe, et sa concupiscence aussi, qu'il périt avec ses plaisirs, que nous touchons déjà à sa fin. C'est un motif dont le Saint-Esprit se sert en plusieurs lieux de l'Écriture pour nous déprendre de son malheureux attachement. Et saint Paul animé de cet Esprit divin a jugé qu'il était si fort et si efficace, qu'il le propose pour être dans le monde comme si on n'y était point ; ce qui lui fait dire aux Corinthiens : Je vous déclare, mes Frères, que le temps est court, et qu'il faut désormais que ceux qui sont mariés, vivent comme ne l'étant point ; ceux qui pleurent, comme ne pleurant point ; ceux qui se réjouissent, comme ne se réjouissant point ; ceux qui achètent, comme ne possédant point ; ceux qui usent de ce monde, comme n'en usant point, parce que la figure du monde passe.
Ici je me sens pressé de crier avec le Prophète Roi : Hommes sans jugement, revenez à vous : insensés, devenez enfin sages. Avec le Saint-Esprit : Souvenez-vous que la mort ne tardera guère à venir. En ce jour-là que deviendront vos pensées, vos inclinations, vos attaches pour le siècle ? Est-ce la peine de s'embarrasser, de s'inquiéter, de s'arrêter à ce qui passe si vite pour ne revenir jamais ? Hé que vous restera-t-il de ces faux biens de la terre, de ces honneurs trompeurs, de ces malheureux plaisirs ? Nous mourons tous les jours, nous approchons de notre dernière heure ; et l'enchantement où le péché nous met, et dont le Diable se sert, est si étrange, que nous vivons comme si nous ne devions jamais mourir. Le conçoive qui pourra ; car c'est ce qui paraît inconcevable, quand nous devrions éternellement demeurer en la terre, on ne pourrait pas s'y attacher davantage ; et quand on ne ferait que passer en l'autre vie pour quelques heures, on ne pourrait pas s'en mettre moins en peine.
Cependant, répétons-le avec l'homme Apostolique, le temps est court, la figure de ce monde passe ; mais l'expérience nous laisse-t-elle le lieu d'en douter. Que reste-t-il donc désormais, sinon que ceux qui usent de ce monde, y soient comme n'en usant point ? J'ai connu une jeune Demoiselle, riche, fille unique, et de qualité, qui étant pressée par sa mère de se marier, qui était demeurée veuve fort jeune, peut-être dans la pensée de faire trouver à sa fille un parti plus avantageux, elle lui demanda pour combien de temps elle pourrait espérer de demeurer dans le mariage. Sa mère lui ayant répondu que dans l'âge où elle était, elle pouvait bien demeurer dans cette condition quarante ou cinquante ans. Ha ! ma mère, répliqua-t-elle, ce n'est pas la peine de se marier ; et elle ne s'est point mariée, et ces années sont présentement passées. Au contraire j'ai connu un Ecclésiastique, qui avait bien de l'esprit humain, qui était d'une condition à entrer dans les premières dignités de l'Église, et qui ayant été touché particulièrement de Dieu, vivait d'une manière édifiante. Mais comme la mortification du corps et de l'esprit, qui est inséparable du véritable Chrétien, lui était dure, le démon s'en servit dans la pensée qu'il lui donna, qu'étant encore jeune il aurait longtemps à souffrir. Il adhéra aux illusions du malin Esprit, et il se relâcha beaucoup de sa manière de vie. Il me disait qu'il avait considéré que la vie était longue, et qu'il lui faudrait souffrir longtemps. J'appris peu de temps après sa mort, qui fut terrible. Le monde passe, et sa concupiscence aussi ; mais celui qui fait la volonté de Dieu demeure éternellement, parce qu'il s'attache à celui qui est éternel.
C'est de ce monde et de la concupiscence que nous parlons dans ce petit Traité, nous laissant à l'esprit de notre bon Sauveur Jésus-Christ, sous la protection de son immaculée Mère Vierge, qui nous sert, par une miséricorde inénarrable, de Protectrice et de Mère continuellement en toutes choses, des bons Anges et des Saints, pour en découvrir dans sa divine lumières les malheurs.
Cependant il nous faut remarquer qu'il y a des personnes dans le siècle, qui ne sont point de ce monde, et qu'il y en a qui en ont tout l'esprit, et qui en sont véritablement, quoiqu'elles en soient séparées par le Cloître, comme les personnes Religieuses, ou par la sainteté de leur état, comme les Ecclésiastiques. Combien y a-t-il eu de personnes qui, au milieu des embarras du siècle, ont usé du monde comme n'en usant point ? Que l'iniquité se ferme la bouche ; que le pécheur ne s'égare point en cherchant des excuses dans ses péchés. Les Rois et les Princes sont ceux sans doute qui sont plus dans le monde ; et il y en a eu plusieurs qui y ont été comme n'y étant point. Saint Louis Roi de France, saint Édouard Roi d'Angleterre, saint Étienne Roi de Hongrie, et un grand nombre d'autres Rois, de Princes et de Princesses y ont paru comme des morts par leur dégagement parfait, et un entier renoncement à eux-mêmes. On a vu un saint Henry Empereur, grand dans le siècles par ses victoires, par ses conquêtes, par des actions dignes d'une éternelle mémoire, se prosterner aux pieds d'un saint Abbé en plein Chapitre, en la présence de tous ses Religieux, lui demandant avec une humilité presque sans exemple l'habit de la Religion, étant dans le dessein de quitter l'Empire, si on lui eût permis, pour se soumettre à un simple Moine ; et cet incomparable Empereur passait les nuits en oraison, souffrait les injures avec une patience angélique, et est demeuré Vierge avec sainte Cunegonde son épouse, soutenu par la vertu de notre Seigneur Jésus-Christ, et le secours de la Reine des Vierges, la très-digne Mère de Dieu, à qui il avait une dévotion toute singulière. Que les Justes en voyant ces choses se réjouissent ; que la confusion couvre le pécheur ; que l'homme sage les observe, et que tous ensemble nous chantions les miséricordes du Seigneur.
Mais d'autre part il a des personnes séparées du monde par leur état et par leur profession, qui y sont bien plongées en esprit et par leurs attachements. Un Religieux est un mauvais riche devant Dieu, qui après avoir fait vœu de pauvreté, a encore l'esprit de propriété, soit en se réservant des choses particulières : car parmi les personnes religieuses, tout à l'imitation des premiers Chrétiens, doit être mis en commun, et on doit distribuer ce qui est nécessaire à chacun selon son besoin. L'usage des pensions que l'on a introduit, et qui n'entre point entièrement dans le commun, a introduit un grand relâchement dans les Communautés régulières, d'autre part fort réglées, lorsqu'on en laisse la disposition aux particuliers. Si l'on considère l'esprit et la vie de tous les saints Fondateurs de chaque Ordre, et de tous leurs premiers Religieux, on verra quelle horreur ils auraient eue de ce dérèglement. Certainement saint François de Sales dans ces derniers temps où la concupiscence du monde règne, quoiqu'il ait donné à ses Religieuses des Constitutions d'une douceur admirable, comme les appelle l'Église, a bien pensé à remédier à ce désordre, lorsqu'il veut même que l'on change aux Religieuses leurs chapelets de temps en temps, de peur que la propriété ne s'y glisse. S'il ne veut pas qu'une Religieuse garde un chapelet, ce qui est d'un prix si modique, comment aurait-il permis de disposer d'une pension que les gens du siècle disent être accordée pour les menus plaisirs, à des personnes qu'il a voulu porter toutes extérieurement à une croix, pour les faire souvenir que leur vie doit être crucifiée ?
Les Ecclésiastiques qui sont séparés du monde par la sainteté de leur état, à même temps qu'ils reçoivent, en prenant la Tonsure, le saint habit de la Religion du Clergé, car c'est ainsi que l'Église l'appelle en conserve l'esprit, lorsque s'étant dépouillé de l'ignominie de l'habit séculier, c'est encore comme l'Église parle, ils le portent de telle manière, qu'à peine le peut-on distinguer d'avec les personnes séculières. Comment pourrait-on même penser que les Ecclésiastiques ne sont pas du monde, qui sont tout pleins des désirs des ses biens temporels, de ses honneurs, et de ses faux plaisirs, après cependant qu'ils ont déclaré au pied des Autels devant l'Évêque, et à la face de l'Église, qu'ils ont pris le Seigneur pour leur portion et héritage ? Ô combien il y a de personnes qui étant séparées du monde par leur état et profession, y demeurent d'esprit et de cœur, y vivent et y meurent !

(Extrait de Le malheur du Monde, par M. Henri-Marie Boudon)


Reportez-vous à Le malheur du Monde dans les ténèbres, Sur les trois mots qui furent dits à saint Arsène : Fuyez, taisez-vous, reposez-vous, Instruction sur les Conseils évangéliquesDu mondeMéditation sur les dangers du mondeMéditation sur l'amour de la retraiteMéditation sur les moyens de se sanctifier dans le mondeMéditation sur le détachement des biens de ce monde, Litanie pour se détacher des biens de ce monde, Méditation sur la gloire du monde, Méditation sur les obstacles que le monde oppose à notre salut, Méditation sur le renoncement au monde, Méditation sur deux règles qu'un Chrétien doit toujours observer pour faire son salut dans le monde, Méditation sur les affaires du monde comparées à celles du salut, Méditation sur l'affaire du salut, et Méditation sur ce qu'un Chrétien doit penser des richesses et des grandeurs du monde.














dimanche 9 août 2020

Sur les réflexions dans l'oraison

 

 
Il y a, comme pour tout le reste, un temps de réfléchir et un temps de ne pas réfléchir. Les réflexions sont utiles et même nécessaires pour bien pénétrer les vérités de la religion, pour rentrer en soi-même et connaître ses défauts. C'est par les salutaires réflexions que les pécheurs reviennent à Dieu, et que le commun des chrétiens se maintient dans la pratique du bien. En général, tant que l'on est dans la voie ordinaire et que l'on conserve le libre usage de son entendement, il faut toujours se conduire par réflexion, s'appliquer à la méditation, sans excès pourtant, et sans trop chercher à creuser, parce qu'il peut y avoir de l'abus dans les réflexions, ainsi que dans les meilleures choses. Le plus grand abus sans doute est d'y faire trop de fond et de compter trop sur son jugement et ses lumières. Beaucoup de défiance de soi-même, beaucoup d'humilité, un recours continuel à Dieu pour qu'il nous éclaire, une certaine sobriété de sagesse qui arrête où il faut la curiosité de l'esprit, sont autant de remèdes efficaces contre l'intempérie des réflexions et les mauvais effets qu'elles pourraient produire.
Mais n'y a-t-il pas une voie où les réflexions sont dangereuses, et où l'on ne saurait trop se les interdire pour se laisser conduire par l'esprit de Dieu et par l'obéissance ? Oui, assurément, et cette voie est la voie obscure de la foi.
On ne peut se mettre de soi-même dans cette voie ; il n'appartient qu'à Dieu seul d'y introduire les âmes sur lesquelles il a des desseins particuliers. Ni les livres, ni les directeurs, ni les propres efforts n'y peuvent rien ; il faut attendre que la grâce agisse, et ne se permettre point de penser à de semblables états, ni d'y aspirer ; sans quoi l'on serait infailliblement exposé à l'illusion. Mais l'on ne saurait non plus contester la réalité de cette voie ; et la marque principale à laquelle on reconnaît que Dieu y introduit une âme, c'est lorsqu'elle n'a plus la même liberté qu'auparavant d'user de ses facultés dans l'oraison ; lorsqu'elle ne peut plus s'appliquer à un sujet pour en tirer des réflexions et des affections, et qu'elle goûte au-dedans une certaine paix savoureuse, qui sur passe tout sentiment qui lui tient lieu de tout, et qui la force, pour ainsi dire, à se tenir dans le repos et le silence. Quand un directeur éclairé a suffisamment constaté cette disposition de l'âme, et qu'il est bien assuré qu'elle n'y met rien du sien, mais qu'elle ne fait que se prêter à l'action de Dieu, alors il n'y a pas lieu de douter que Dieu ne fasse entrer cette âme dans la voie de la foi. Je suppose d'ailleurs que cette âme est reconnue pour être droite, simple, docile, de bon esprit et de bon sens, et qu'elle a vécu dans l'innocence, ou du moins qu'elle est revenue sincèrement à Dieu, et qu'elle mène depuis quelque temps une vie chrétienne et édifiante. Car il est rare qu'un pécheur soit tout d'un coup mis dans la voie de la foi ; quoique la chose ne soit pas sans exemple, témoin sainte Marie Égyptienne et quelques autres.
Or, c'est dans la voie de la foi que les réflexions sont dangereuses, et que tous les maîtres de la vie spirituelle conviennent qu'on ne doit ni les écouter, ni les suivre. Il y en a plusieurs raisons solides, prises les unes de la nature de cette voie, les autres de l'objet des réflexions qui se présentent alors à l'esprit, et d'autres enfin de la cause qui inspire ou suggère ces réflexions.
La voie de la foi est essentiellement une voie obscure, une voie où l'âme ne connaît rien par les lumières ordinaires de la raison, une voie où Dieu se propose principalement de faire mourir le propre esprit. Il est donc évident que, dans une telle voie, ce n'est plus par nos réflexions que nous devons nous conduire, mais par la lumière de la foi et par le mouvement du Saint-Esprit. Il n'est donc plus question alors ni de méditer, car on ne le peut plus ; ni de suivre des méthodes, car le Saint-Esprit souffle où il veut et quand il veut ; ni d'exercer le propre esprit, car il faut qu'il meure ; ni de réfléchir sur ce qui se passe en soi, car on ne pourrait le discerner, ni porter sur cela un jugement éclairé.
La voie de foi est une voie où Dieu, maître de l'âme et de sa liberté qu'elle lui a donnée, dispose d'elle à son gré ; y opère ce qu'il lui plaît, y exerce un domaine souverain, et où il ne souffre pas que rien s'oppose à son action. Or, rien ne mettrait plus d'obstacle à l'action de Dieu que les réflexions que ferait l'âme, ou pour se gouverner elle même, ou pour juger de ce qui se passe en elle, et prendre son parti en conséquence. Il est évident que de telles réflexions gêneraient et empêcheraient l'opération divine, et par conséquent nuiraient à l'âme, jusqu'à la faire même sortir de son état. La voie de foi est une voie de sacrifice, une voie d'immolation continuelle, une voie qui aboutit à la perte totale en Dieu. Cette voie douce, et enrichie dans les commencements de dons et de lumières, est ensuite une voie d'obscurité, de nudité, de dépouillement, où l'âme se trouve réduite aux dernières extrémités sans avoir, ni du côté de Dieu, ni du côté des créatures, ni du sien propre, aucun soutien, aucun appui perceptible. Or, il est manifeste qu'un tel état, dans toute sa suite, ne saurait subsister avec les réflexions, qu'il les exclut absolument, et qu'il est nécessaire que l'âme ne voie pas, ne sache pas où elle va, où Dieu a dessein de la conduire, ni par quels chemins il la mène ; autre ment, elle ne se résoudrait jamais à faire les sacrifices que Dieu prétend exiger d'elle. Elle ne ferait pas en particulier le sacrifice de son esprit si elle conservait toujours l'usage de la réflexion ; et l'immolation totale que Dieu attend d'elle n'aurait jamais lieu.
Enfin, la voie de foi est une voie de tentations où Dieu donne au démon un pouvoir étrange sur l'âme pour l'exercer. Il lui permet de remplir l'esprit de ténèbres, l'imagination de mille fantômes, la volonté de sentiments de blasphèmes, de désespoir, d'impureté, d'impiété. L'âme doit porter tout cela, et en venir par degrés jusqu'à croire que tout cela naît de son fond, qu'elle y consent, et que pour ce sujet elle est justement réprouvée de Dieu. Cet état de tentations extrêmes, où elle ne peut se soutenir que par l'abandon et la confiance en Dieu, est-il compatible avec les réflexions qu'elle ferait sur elle-même ? Il est trop visible que non. Tout ceci pourrait être considérablement étendu ; mais j'en ai dit assez pour faire comprendre que les réflexions ne peuvent que tout gâter dans la voie de pure foi, qui n'est appelée de la sorte que parce qu'elle bannit toutes les réflexions.
De plus, l'objet même de ces réflexions fournit de nouvelles raisons pour les interdire à ceux qui sont dans cette voie. Car leur objet est, ou de reconnaître ce que Dieu fait en nous, et les raisons de sa conduite, et Dieu veut que l'âme ignore les opérations secrètes de sa grâce ; ou de chercher des assurances, et Dieu ne tend qu'à ôter à l'âme toute assurance ; ou d'examiner la manière dont le directeur nous conduit, et Dieu n'exige pas moins l'obéissance du jugement que celle de la volonté. Il est essentiel à cette voie que l'âme y marche à l'aveugle, et qu'elle se repose sur Dieu du soin de la gouverner et de la conduire sûrement au terme, sans qu'elle sache où elle est, où elle va, où elle aboutira. Ainsi, tout raisonnement, toute prévoyance, tout examen, tout regard sur soi, est sévèrement interdit comme une infidélité, un écart hors de la voie, une tentation dont l'effet immanquable est de retirer l'âme de la conduite de Dieu.
Enfin, il est certain que l'âme, dans cette voie, ne doit admettre de pensées que celles qui lui viennent de Dieu. Or, toutes les réflexions qui se présentent alors à l'âme, et qui ont pour principe ou la curiosité, ou l'inquiétude, ou la prévoyance, ou une secrète complaisance, viennent du propre esprit ou sont suggérées par le démon. Il est aisé de le reconnaître, parce qu'elles lui inspirent de la vanité et de la présomption, ou qu'elles la jettent dans le trouble et le désespoir. Elle doit donc les rejeter et ne jamais s'y arrêter volontairement. C'est l'unique moyen qu'elle ait de conserver la paix intérieure dans un état si violent.
D'ailleurs, les vicissitudes dans cette voie sont telles et si fréquentes, que l'âme essayerait en vain de les observer, d'en tenir compte et de s'en rappeler le souvenir ; d'un jour à l'autre, du matin au soir, d'une heure à l'autre, son état change : son image et celle du ciel chargé d'orage, ou de la mer agitée par la tempête. Quel moyen de réfléchir dans de pareilles agitations ? Et quel fond pourrait-elle faire sur des pensées suggérées par la nature réduite aux abois ou par l'esprit de ténèbres ? L'orage est-il passé et le calme a-t-il succédé, elle jouit de ce calme et ne songe plus à la tourmente qu'elle vient d'essuyer.
Mais, dira-t-on, n'y a-t-il pas d'inconvénient à interdire à l'âme toute réflexion sur son état ? car c'est uniquement de quoi il s'agit. Non ; il n'y en a aucun dès qu'on a toutes les preuves requises de la réalité de cet état. Moins l'âme réfléchira, plus elle avancera, plus elle sera forte contre le démon et contre elle-même, plus elle aura de générosité à accomplir tous les sacrifices que Dieu lui demande. J'ajoute qu'elle abrégera considérablement par là le temps de ses épreuves, qu'elle s'épargnera beaucoup de peines dont ses propres réflexions sont la source, et qu'elle en sera moins à charge à celui qui la conduit.


(Extrait du Manuel des âmes intérieures)


Reportez-vous à On satisfait à la plainte de ceux qui éprouvent des sécheresses dans l'oraison, Dieu seulDe la pensée de l'éternité, Réponse à quelques doutes touchant l'Oraison, par le R.P. Jean-Joseph Surin, De l'Oraison du Père Surin dans l'union avec Notre-Seigneur Jésus-Christ, De l'homme intérieur, par le R.-P. Jean-Joseph SurinInstruction pour les personnes qui entrent dans la voie d'Oraison, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Des Vertus, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Que les âmes lâches fassent tous leurs efforts pour acquérir la bonne volonté qui leur manque, De l'Oraison et de la Contemplation, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Simple et courte méthode d'oraison mentale, De l'Oraison, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De la Pénitence et de l'Oraison, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Pour bien faire l'oraison et pour en tirer le fruit qu'on a lieu d'en attendre, De la contemplation, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De quelques moyens de bien faire l'oraison mentale, De l'activité naturelle, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De la présence de Dieu, par le R.-P. Jean-Joseph SurinDu renouvellement de l'esprit, par le R.-P. Jean-Joseph SurinDegrés des vertus qu'on se propose d'acquérir, Combien sont mal fondées les plaintes de ceux qui se disent incapables de méditer, Sur la pensée de la mort, Sur les paroles du Psaume LXXXll : Je suis devenu, en votre présence, comme une bête de somme, et je suis toujours avec vous, Marthe et Marie, De la pureté d'intention, Le prix d'une âme, De la Providence de Dieu sur ses enfants, De la générosité, De l'anéantissement, Du moi humain, Conduite à tenir à l'égard des tentations, De la violence qu'il faut se faire à soi-même, Des tentations, Du directeur, Du cœur humain, Du monde, Faiblesse et corruption du cœur humain, Aveuglement de l'homme, Remèdes à l'amour-propre, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De l'amour du prochain, De l'esprit de Foi, De la fidélité aux petites choses, Sur les trois mots qui furent dits à saint Arsène : Fuyez, taisez-vous, reposez-vous, De l'emploi du temps, Ce que Dieu nous demande, et ce qu'il faut demander à Dieu, Commerce : Image de la vie spirituelle, De la liberté des enfants de Dieu, Instruction sur la Grâce, Instruction sur la Prière, Sur la sainteté, De la Crainte de Dieu, Conduite de Dieu sur l'âme, Moyens d'acquérir l'amour de Dieu, Quels moyens prendrez-vous pour acquérir, conserver et augmenter en vous l'amour de Dieu ?, Litanies de l'amour de DieuSoupir d'amour vers Jésus, Prière de Sainte Gertrude, Élan d'amour, Prière, Acte d'amour parfait, de Sainte Thérèse d'Avila, Prière de Saint Augustin, pour demander l'amour divin, Motifs et marques de l'amour de Dieu, De l'amour parfait, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Se conformer en tout à la volonté de Dieu, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Instruction sur la Charité, Méditation sur l'excellence de la Charité, Prière pour demander la charité, De la force en soi-même et de la force en Dieu, De la consommation en la Grâce, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Sur la croix, De la Simplicité, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De la véritable Sagesse, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Des Vertus, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De l'Union avec Jésus-Christ, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Le Paradis de la Terre, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De la paix du cœur, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De la véritable Sagesse, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Avis important pour ceux qui ont des peines d'esprit, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Sur la vie nouvelle en Jésus-Christ, De l'activité naturelle, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De la vie parfaite, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De la Mortification, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Des moyens de parvenir à la vraie et solide vertu, Idée de la vraie Vertu, De la vraie et solide dévotion, Degrés des vertus qu'on se propose d'acquérir, Pour bien faire l'oraison et pour en tirer le fruit qu'on a lieu d'en attendre, En quelque état que vous soyez, rendez respectable, par vos sentiments et votre conduite, votre titre de Chrétienne, En quoi consiste l'exercice de la présence de Dieu, De la doctrine de Jésus-Christ, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, et Des Conseils Évangéliques, par le R.-P. Jean-Joseph Surin.