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lundi 12 juillet 2021

Connaissance de l'existence de Dieu



Puisque ce pur Esprit échappe à toute expérience sensible, à moins qu'il ne prenne lui-même l'initiative de se manifester, nous ne pouvons découvrir son existence que par induction. Partant des choses connues, mais qui postulent nécessairement l'existence d'un Créateur, nous affirmons l'existence de ce dernier puisque ses œuvres sont là pour l'attester. « Dieu existe vraiment » sera forcément la conclusion d'un raisonnement rigoureux.
Par contre, puisque personne ne peut donner ce qu'il n'a pas, en constatant l'existence de créatures intelligentes et libres, nous conclurons avec certitude que Dieu doit a fortiori être intelligent et libre, et même qu'il doit l'être souverainement.
Il ressort de ceci qu'un dialogue est possible entre Dieu et les créatures intelligentes et libres que nous sommes. Ce dialogue, s'il s'établit, sera comme une contre-épreuve de la justesse du raisonnement qui nous aura conduits à l'affirmation de l'existence de Dieu.

Dernière remarque avant d'aborder les preuves de l'existence de Dieu :


Pour quelle raison les sans-Dieu font-ils tant d'efforts et déploient-ils tant de zèle pour convaincre les croyants de l'inexistence de Dieu ?
C'est pour se convaincre eux-mêmes de cette absurdité. car enfin, si ces impies étaient vraiment convaincus de la non-existence de Dieu, se livreraient-ils à une telle propagande anti-Dieu ? Ils se contenteraient tout au plus de le dire, voire de hausser les épaules et de rire au spectacle que donnent ces « attardés » en s'obstinant dans une foi chimérique à leurs yeux ; mais jamais ils ne déploieraient de tels efforts s'ils étaient vraiment convaincus que Dieu n'existe pas ! Y a-t-il des groupements organisés pour prouver, par exemple, qu'il n'y a pas de pétrole sur la lune ? Les gens sensés, honnêtes et surtout désintéressés savent que l'on ne prouve pas le néant. Aussi, en constatant l'acharnement que mettent les athées à essayer de prouver que Dieu n'existe pas, on est en droit de penser que tous leurs efforts ne tendent qu'à s'encourager eux-mêmes dans leur incertitude, justement quant à l'inexistence de Dieu.
Sans aucun doute, Dieu les gêne, et ils voudraient se persuader qu'il n'existe pas. Mais comment y arriver quand, tout autour de soi, des gens sensés et, parmi eux, de vrais savants continuent à croire et à proclamer son existence ?
Nous devons le savoir et nous ne devons pas craindre de le dire, les sans-Dieu n'ont aucune certitude de leur négation et ils le savent bien. Or, en manifestant leur foi, les croyants réveillent l'incertitude des sans-Dieu, leur rappellent qu'ils n'ont aucune assurance quant à l'au-delà, et leur donnent ainsi mauvaise conscience. Oui ! Soyons-en bien persuadés, tous les efforts des athées pour prouver que Dieu n'existe pas n'ont pas d'autre raison que l'incertitude qui les torture. Aussi est-il bon de le souligner, ces efforts prouvent, à leur manière, l'évidence de cette existence qu'ils nient sans cesse et, qu'à leur grand regret, ils n'arrivent pas à supprimer ! Nous pouvons l'affirmer sans aucune hésitation : c'est parce que le doute les torture que les sans-Dieu déploient tout leur zèle. Ils veulent se persuader, par leurs déclarations et leurs blasphèmes, que Dieu n'existe pas. Voltaire, lui aussi, a fait l'impossible pour se convaincre du néant de l'au-delà, et l'on connaît la phrase qui résume sa déception après tant d'efforts : « L'univers m'embarrasse, mais je ne puis songer que cette horloge marche et n'ait point d'horloger. »
Mais, penseront certains, que faites-vous de l'athéisme scientifique des marxistes ?
Je me contente de plaindre les colporteurs de cette imbécilité. Ce qualificatif pompeux d'athéisme scientifique n'est qu'un slogan publicitaire doublé d'un mensonge éhonté, qui réussit fort bien auprès des naïfs et des sots.
« Mentez ! Mentez toujours ! disait l'impie Voltaire, il en restera bien quelque chose ! » Les marxistes ne l'ignorent pas et ils s'en servent auprès des simples et des étourdis.
Les personnes sensées savent aussi qu'on ne peut en aucune manière prouver le néant. Il ne peut donc pas exister d'athéisme scientifique.
Mais ce que les personnes qui réfléchissent comprennent aussi, c'est que s'il n'y a pas d'athéisme scientifique, il peut y  avoir un procédé d'apparence scientifique qui produise des athées en série. C'est en cela, dans sa manière de faire des athées, que l'athéisme marxiste se donne une apparence scientifique. Car, il me faut le souligner, ce n'est pas par quelque preuve savante que les tenants de ce système auraient développée que cet athéisme serait scientifique, — l'athéisme marxiste est tout aussi stupide, prétentieux et menteur que ses devanciers —, mais c'est par la manière de faire des athées que l'athéisme pervers des marxistes se donne une apparence scientifique. En fait, il est tout simplement diabolique, car il est particulièrement fourbe et menteur (le diable « est menteur et père du mensonge » Jn VIII, 44). Je m'explique.
S'étant rendu compte que l'existence de Dieu s'impose à tout esprit normal qui raisonne sainement, les marxistes ont compris que, pour faire des athées en série, il fallait tout simplement, mais nécessairement, empêcher le bon fonctionnement des intelligences. Comment arriver à cette fin contre nature ? Par l'enseignement obligatoire d'une fausse philosophie.
Laquelle choisir ?
Surtout pas le thomisme, pas la philosophie du sens commun !
L'idéalisme était tout indiqué. Ce système aberrant, que contredisent toutes les sciences expérimentales sans aucune exception, qui nie l'objectivité de nos connaissances intellectuelles, s'y prêtait à merveille. Les marxistes l'adoptèrent. Et comme dans tous nos pays autrefois chrétiens, le ministère de l'Instruction publique est entre les mains des marxistes ou de leurs alliés socialistes, il leur a été facile d'imposer à toutes les générations montantes cette fausse philosophie qui détraque « scientifiquement » les intelligences, les empêche de raisonner sainement et en fait inévitablement des athées.
Pour les intelligences ainsi détraquées, il n'y a plus de raisonnement possible puisqu'il n'y a plus ni vérité objective d'aucune sorte, ni certitude. C'est ce qui explique du reste que, dans nos sociétés modernes où ces élucubrations ont été imposées et ont faussé la plupart des esprits, on ne parle plus de vérité, mais de sincérité ; c'est aussi ce qui permet à chacun d'avoir SA vérité. Voilà tout le secret de l'athéisme marxiste.
Le lecteur l'aura compris. Cet athéisme ne consiste pas en quelque objection scientifique, mise au point par les marxistes et jamais réfutée par les croyants, pas du tout. Comme tous les athéismes, le marxisme consiste uniquement en une négation gratuite. S'il se maintient, c'est seulement par l'enseignement d'une fausse philosophie, que toutes les sciences expérimentales (même celles qui sont enseignées en Russie) contredisent et réprouvent absolument, mais qui est imposée abusivement et malhonnêtement par des gouvernements impies, avec la complicité d'un épiscopat muet qui laisse faire.
Pendant la guerre de 1940, il m'est arrivé de discuter avec un professeur de philosophie idéaliste, qui appartenait au même régiment que moi. Ce malheureux n'était sûr de rien, même pas de sa propre existence. Voilà l'athéisme marxiste, un athéisme antiscientifique, que des menteurs appellent pompeusement athéisme scientifique.

Extrait de Oui, c'est évident, Dieu existe vraiment, Père Noël Barbara, Ed. Fort dans la Foi.


Reportez-vous à Preuves classiques de l'existence de Dieu, et Y a-t-il un Dieu qui s'occupe de nous ?.













mercredi 27 février 2019

LE DIABLE, SES PAROLES, SON ACTION DANS LES POSSÉDÉS D'ILLFURT, d'après des documents historiques : Perte du Ciel et peines de l'Enfer



Extrait de "LE DIABLE, SES PAROLES, SON ACTION DANS LES POSSÉDÉS D'ILLFURT (Alsace), d'après des documents historiques" :



Délivrance de Joseph
M. Spies prit alors le petit Joseph sur les genoux et lui posa diverses questions. Tantôt la réponse était juste ; souvent la réplique était : « Tu n'as pas besoin de le savoir. » Dans ce cas il s'agissait de choses sur lesquelles Satan n'aimait pas répondre. « Qu'avez vous fait de Voltaire, quand il est arrivé chez vous ? »
— « Oh ! nous l'avons fameusement bien reçu, nous sommes allés au-devant de lui en cropsession, (mot employé pour procession), mais nous l'avons bien tenu. Quand il est arrivé à la porte de l'enfer, il a été saisi de frayeur et a fait mine de s'en retourner ; mais il n'a pas pu nous échapper et nous l'avons forcé de passer par le trou et d'aller dans le feu, »
Lorsque Thiébaut était à Schiltigheim, sa mère le conduisit un jour au cimetière de l'endroit à proximité de Saint-Charles. Il y avait justement un enterrement protestant. L'enfant quitta sa mère et se faufila à travers la foule jusqu'à la tombe et se tint auprès du pasteur en donnant les marques d'un vif contentement. Après la cérémonie il retourna à Saint-Charles avec sa mère. Le même soir pendant la crise il s'écria :
« L'homme qu'on a enterré aujourd'hui est chez nous en enfer ». « Pourquoi cela ? » lui demanda-t-on. Il a renié la foi, répondit-il, il a été d'abord un sale puant (catholique), mais dans ses dernières années il s'est fait protestant ». Tous les assistants étaient pleins de terreur à cette effrayante révélation.
Tandis que M. Spies tenait toujours le petit Joseph sur les genoux, il mit un petit morceau de soie derrière la tête de l'enfant, de manière à ce que celui-ci ne pût ni le voir ni le sentir. Aussitôt le malade cria : « Enlève donc ce chiffon, il me brûle ! » Et il essaya de se détacher de M. Spies.
« — Ce n'est pas un chiffon, dit M. Spies, je l'enlèverai seulement quand tu m'auras dit ce qu'il y a dessus.
— « Il n'y a rien dessus, enlève-le, il me brûle ! »
— « Tu as beau te défendre, je ne l'enlèverai pas, jusqu'à ce que tu m'aies dit ce qu'il y a dessus »
— Il y a l'image de la Grande Dame ! » s'écria-t-il avec fureur. — De fait c'était l'image de la Sainte Vierge peinte sur soie.
Là-dessus il demanda à diverses reprises : « Enlève également ce que tu as dans ta poche, ça me brûle ! » — Il faisait allusion à un petit crucifix que M. Spies portait sur lui et que le malade ne pouvait nullement voir. Le possédé ajouta qu'il s'y trouvait également des reliques. C'était encore vrai. Même les médailles que M. Spies portait suspendues au cou incommodaient et brûlaient le démon.
M. le Professeur Lachemann lui demanda un jour :
« Que dis-tu des Congrégations et des Congréganistes de la sainte Vierge ? »
Pas de réponse. Puis il demanda en allemand : « Où se trouve l'image de la Sainte Vierge dans la chapelle de notre pensionnat de Saint-HippoIyte ? »
Le petit se tut encore. Le professeur insista et enfin il dit avec impatience :
« Toi, tu es avec les calotins, tu brailles toujours dans l'étable à porcs à gauche ».
À cette indication précise les assistants demandèrent au Frère de Marie ce qu'il voulait dire. Il leur répondit que le démon venait d'indiquer la place qui lui était assignée à la chapelle du pensionnat — qu'effectivement il était à gauche des élèves pour la surveillance. Tous en furent surpris.

La pensée d'avoir perdu le Ciel pour toujours est pour Satan une peine indescriptible. Plus d'une fois, il cria par la bouche des malheureux enfants ! « Oh ! que c'est beau là-haut, que c'est beau ! Si seulement j'avais le bonheur de voir un instant cette gloire, comme je serais heureux ! »
Une autre fois il dit : « Ah ! que le ciel est beau ! Si je pouvais le voir un jour ! Mais non ! jamais je ne le verrai ! »
À la question de M. Tresch pourquoi il manifestait un tel désir, il répondit en gémissant : « Je suis forcé de le faire par les trois qui sont plus forts que moi ! »
Après que Thiébaut eût été transféré dans l'établissement de Saint-Charles à Schiltigheim, il resta calme et tranquille les trois premiers jours. Au soir du quatrième jour cependant le démon se manifesta de nouveau dans son corps : « Je suis là, s'écria-t-il tout à coup, et je suis furieux ! » Les Soeurs lui demandèrent alors qui il était : « Je suis le Prince des Ténèbres. »
— « Où est ta demeure ? En enfer ?
— « En enfer ! Oui !
— « Ne voudrais-tu pas aller au Ciel ?
— « Si, mais il n'y a plus pour moi d'espoir d'y arriver !
— « Qui t’a chassé du Ciel ?
— « Michel, le salaud, Michel avec son glaive !
— « Que ferais-tu pour pouvoir y arriver de nouveau ?
— « Je ramperais des milliers d'années sur des pointes d'aiguilles ; je me glisserais sur des lames aiguisées !
— « Mais pourquoi donc en as-tu été chassé ?
— « Je voulais être le premier !
— « Quel est ton nom ?
— « Cela ne te regarde pas ! »
Et il ajouta qu'il était un Prince de l'Enfer, Commandant d'une légion de diables dans les airs et que, si ces démons avaient des corps comme les hommes, on ne verrait plus la lumière du jour, tellement ils sont nombreux. On lui demanda un jour s'il ne voulait pas voir le Bon Dieu. — « Oh si, je voudrais le voir » — « Alors adore-le » — Non, jamais, fut sa réponse, je ferai n'importe quoi jusqu'à la fin du monde, mais jamais je ne l'adorerai. »
Il attesta que l'Église catholique enseigne la vérité au sujet de l'Enfer, mais fit cependant remarquer : « Le feu de l'Enfer n'est pas ce que vous vous imaginez. Vous ne pouvez pas vous en faire une idée. Il est beaucoup plus chaud, plus brûlant, on y souffre d'une façon atroce. »
En parlant de l'Enfer, il disait ordinairement qu'il désirait être anéanti par Dieu.
Questionné sur la langue qu'on parle en Enfer, il commençait d'habitude par être très loquace, parlait avec une rapidité vertigineuse et baragouinait un mélange de latin et d'italien incompréhensible ; seul le mot « Victoria », souvent répété, était à comprendre. Puis il disait en allemand : « Voilà la langue que nous parlons en ces lieux. »
— « Quels lieux ? demanda M. Tresch, est-ce en Enfer ?
— « Oui, en Enfer, répondit-il. »
Au soir du 28 mars 1868, le possédé raconta la Passion de Jésus-Christ. Parlant de l'agonie au jardin des Olives, il s'écria subitement : « Vrai, tu as bien chaud, affreusement chaud ; tu es baigné de sueur pour les péchés des hommes ! » — Il avoua également avoir été présent au Crucifiement, avoir excité les Juifs à torturer leur Maître et avoir compté les coups qui pleuvaient sur la Victime.
Après cette scène l'un des assistants lui demanda quel était l'aspect de l'Enfer.
— « Il n'est pas beau ! » répondit-il. Comme on lui demandait d'autres détails plus amples, le démon se montra ennuyé et dit ; « Cela ne te regarde pas ; fais en sorte d'y venir et alors tu l'apprendras ! »
Satan cherchait à faire de la propagande. C'est ainsi qu'il offrit un jour 100 francs à un visiteur, s'il voulait se mettre à son service. Il fit même au père Burner une offre de 1.000 francs s'il consentait à le suivre. Il dit également à M. Tresch : « Je possède de nombreux sacs d'or et d'argent ; je te les ferai trouver.
— « Bien, je suis d'accord, répliqua M. Tresch, je les donnerai à l'église ou je les distribuerai aux pauvres.
— « Non, non, pas comme ça. Ce n'est pas là mon intention ! » protesta le Malin.
Ne croirait-on pas entendre le même démon qui, tentant Notre-Seigneur dans le désert, Lui disait « Je vous donnerai tout cela, si en vous prosternant devant moi vous m'adorez ! »
Le prince de l'Enfer plein d'un immense orgueil, doublé de jalousie haineuse, éternellement malheureux, n'a pas de désir plus vif que d'entraîner tous les hommes à son service.



Reportez-vous à Les Possédés d'Illfut : Les victimes, Les Possédés d'Illfurt : Satan et les fêtes, bals et danses, Sermon sur l'Enfer, par M. J.-M.-B. VianneyDe la conduite qu'il faut tenir à l'égard des Énergumènes, par le R.-P. Jean-Joseph SurinSaint Mathurin, invoqué contre les possessions du démon et la folie, Histoire de la possession des Ursulines de Loudun, et des peines du Père Surin (1/4), Histoire de la possession des Ursulines de Loudun, et des peines du Père Surin (2/4), Histoire de la possession des Ursulines de Loudun, et des peines du Père Surin (3/4), Histoire de la possession des Ursulines de Loudun, et des peines du Père Surin (4/4), Symptômes de possession ou infestation démoniaques, Méditation pour le 29 Septembre, Fête de Saint Michel Archange, et Phénomènes possibles en cas de possession démoniaque et signes de délivrance.














mardi 1 mai 2018

Y a-t-il un Dieu qui s'occupe de nous ?


Extrait de "Y a-t-il un Dieu qui s'occupe de nous ?" de Mgr de Ségur :


Il est assez curieux, en effet, de voir que cette prétendue conviction de la non-existence de DIEU produit d'ordinaire chez les impies un effet tout contraire à ce que l'on devrait en attendre. Si un homme était bien réellement convaincu qu'il n'y a pas de DIEU, il cesserait absolument d'y penser, il ne prononcerait jamais le nom de cette chimère, et ne s'en inquiéterait pas plus que nous nous inquiétons de Jupiter et de Bouddha. Surtout il n'aurait jamais l'idée de le haïr et de le blasphémer. On ne hait pas, on n'injurie pas ce qu'on croit ne pas exister. Or, l'expérience le montre chaque jour, plus les impies nient l'existence de DIEU, plus ils sont enragés contre DIEU ; plus ils l'outragent ; plus ils sont furieux contre lui. Donc vous savez qu'il existe, mes pauvres amis ; et vos cris mêmes sont une nouvelle preuve de cette existence qu'on ne peut nier.

(...)

Voltaire n'était certes pas dévot, et son témoignage n'est pas suspect. Un jour il avait été invité à présider l'un de ces petits soupers philosophiques, si fort à la mode dans le dernier siècle, et d'où sont sortis les livres et les pamphlets les plus infâmes contre tout ce qui est saint et respectable. On y buvait force Champagne, on y accumulait en riant blasphème sur blasphème, obscénités sur obscénités. Le vieux Voltaire, patriarche de toute cette bande, n'était pas ce jour-là de belle humeur. On s'en aperçut, et on voulut le dérider par des pointes et des lardons contre le bon DIEU, cet ennemi personnel de tous les esprits forts. Les sarcasmes se croisaient : celui-ci déplorait l'aveuglement des hommes qui s'obstinent à croire en l'existence d'un DIEU impossible ; celui-là s'irritait contre les chrétiens, ces fanatiques, ces superstitieux, ces misérables, ces ennemis de la raison humaine... On discutait, on riait, on criait ; chacun prouvait à son tour par des raisonnements magnifiques qu'il n'y avait pas, qu'il ne pouvait pas y avoir de DIEU.
Le vieux héros de la fête souriait parfois par politesse, mais il ne prenait point de part à la bataille. La maîtresse du logis, frappée de son attitude, l'interpella directement et lui demanda ce qu'il pensait de cette grosse question.
Voltaire se leva, et montrant du doigt la pendule qui venait de sonner l'heure, il répondit par ces deux vers :
Pour ma part, plus j'y songe et moins je puis penser
Que cette horloge marche et n'ait point d'horloger
.

J'ignore si les convives furent convaincus, mais je suis bien sûr qu'à cette repartie, aussi simple que piquante, on ne put rien répondre qui eût le sens commun.

La pendule qui a si bien inspiré Voltaire me rappelle un charmant trait de la vie de Fénelon, cet admirable archevêque de Cambrai, qui avait un esprit aussi brillant et plus solide mille fois que Voltaire et toute sa troupe, et dont le noble cœur était aussi pur que son intelligence était brillante. Il se promenait un soir avec son jeune neveu, confié pour quelque temps à ses soins paternels.
Le ciel étoilé étincelait de mille feux ; l'horizon était encore doré par les derniers reflets du soleil couchant. Tout dans la nature respirait le calme, la grandeur et la majesté. L'enfant demanda à Fénelon quelle heure il était. Celui-ci tira sa montre ; elle indiquait huit heures.
« Ô la belle montre, mon oncle ! dit le jeune enfant. Voulez-vous me permettre de la regarder ? » Le bon archevêque la lui remit, et comme l'enfant l'examinait dans tous les sens :
« Chose bien singulière ! mon cher Louis, dit froidement Fénelon, cette montre s'est faite toute seule.
— Toute seule ! répéta l'enfant en regardant son oncle avec un sourire.
— Oui, toute seule. C'est un voyageur qui l'a trouvée dans je ne sais quel désert, et il est certain qu'elle s'est faite toute seule.
— C'est impossible, dit le jeune Louis ; vous vous moquez de moi.
— Non, mon enfant, je ne me moque pas de vous. Que voyez-vous d'impossible en ce que j'ai dit ?
— Mais, mon oncle, jamais une montre n'a pu se faire toute seule !
— Et pourquoi donc ?
— Parce qu'il faut tant de précision dans l'arrangement de ces mille petites roues qui composent le mouvement et font marcher également les aiguilles, que non seulement il faut de l'intelligence pour organiser tout cela, mais qu'il y a peu d'hommes qui y réussissent, malgré leurs soins. Que cela se fasse tout seul, c'est absolument impossible ; jamais je ne croirai cela. On vous a trompé, mon oncle. »
Fénelon embrassa l'enfant, et lui montrant le beau ciel qui brillait au-dessus de leurs têtes :
« Que dire donc, mon cher Louis, de ceux qui prétendent que toutes ces merveilles se sont faites toutes seules, se conservent toutes seules, et qu'il n'y a pas de DIEU ?
— Est-ce qu'il y a des hommes assez bêtes et assez mauvais pour dire cela ? demanda Louis.
— Oui, cher enfant, il y en a qui le disent, en petit nombre, DIEU merci ! mais y en a-t-il qui le croient ? C'est ce que je ne saurais affirmer, tant il faut avoir fait violence à sa raison, à son cœur, à ses instincts, à son bon sens, pour tenir un pareil langage. S'il est évident qu'une montre ne peut se faire toute seule, combien cela n'est-il pas plus évident pour l'homme lui-même qui fait les montres ! Il y a eu un premier homme, car il y a un commencement à tout, et l'histoire du genre humain atteste universellement ce commencement. II faut bien que quelqu'un ait fait le premier homme.
« C'est cet Être qui a fait tous les êtres, et qui n'a lui-même été fait par personne, que nous appelons DIEU. Il est infini, car rien ne borne son être ; il est éternel, c'est-à-dire infini en durée, sans commencement et sans fin ; tout-puissant, juste, bon, saint, parfait, et infini en toutes ses perfections. Il est partout et indivisible, et nul ne peut sonder ses merveilles. C'est en lui que nous vivons, que nous nous mouvons, que nous existons. Il est notre premier principe et notre fin dernière ; et le bonheur, en ce monde et en l'autre, consiste à le connaître, à le servir et à l'aimer. »
Telle est la belle leçon que l'illustre archevêque de Cambrai donnait à son jeune neveu ; c'est à nous aussi qu'il la donne, cher lecteur : elle nous montre une fois de plus combien ridicules sont les étourdis qui osent dire qu'il n'y a pas de DIEU. Un œuf, une poule, une montre, suffisent pour les arrêter tout court.

(...)

Quand il s'agit de ces impies frivoles qui se glorifient de leur indigence intellectuelle, et affichent leur incrédulité dans un langage de plaisanteries insolentes et ridicules, il faut bien se garder de traiter sérieusement l'athéisme, c'est-à-dire la négation de l'existence de DIEU ; ce serait leur donner une importance qu'ils n'ont point. Écrire de gros livres pour les réfuter, c'est les exposer à se prendre au sérieux et à leur faire croire qu'ils croient ce qu'ils disent. Le mépris et le ridicule, administrés à forte dose, suffisent pour dégonfler ces ballons vides.
Tous les raisonnements les plus savants ne valent pas, à leur égard, la fine réponse qu'une femme d'esprit fit un jour à un des incrédules les plus hardis du dernier siècle. Dans le salon de cette dame, celui-ci avait impudemment nié l'existence de DIEU, sans arriver à gagner personne à son sentiment. On lui avait même témoigné une juste indignation. Dépité, il se leva, et d'un ton aigre et suffisant : « Pardonnez mon erreur, mesdames, dit-il ; je n'imaginais pas que, dans une maison où l'esprit se dispute aux grâces, j'aurais seul l'honneur de ne pas croire en DIEU.
— Vous n'êtes pas seul, monsieur, repartit la dame du logis ; mes chevaux, mon chien, mon chat ont aussi cet honneur ; seulement ces pauvres bêtes ont le bon esprit de ne pas s'en vanter. »

Parmi les impies du dernier siècle, il n'en fut peut-être pas de plus cynique qu'un certain baron d'Holbach, qui faisait hautement profession de ne croire ni en DIEU ni en la Providence. Il exposait un jour ses folles pensées à un abbé fort spirituel. Celui-ci le laissa parler, et lui répondit par cette petite histoire : « Un jour, dit-il, un homme prit devant moi six dés dans un cornet, et paria qu'il allait amener rafle de six. Il l'amena du premier coup. Je dis : Cette chance est possible. Il l'amena une seconde fois ; je dis la même chose. Il remit les dés dans le cornet, trois, quatre, cinq fois ; et toujours rafle de six. Parbleu ! m'écriai-je, les dés sont pipés ; et ils l'étaient.
« Monsieur le baron, ajouta l'abbé, quand je vois un ordre invariable régler toute la nature, et les astres se mouvoir dans le même sens depuis le commencement des siècles ; quand je vois les saisons se succéder, les plantes, les animaux, l'homme même se reproduire d'après les mêmes lois ; quand je réfléchis aux mille bouleversements qui pourraient et devraient détruire cet ordre à chaque instant, je ne puis m'empêcher, malgré tous vos beaux raisonnements, de m'écrier à mon tour : Certes, la nature est pipée. Vous qui, pour rien au monde, n'admettriez qu'un joueur amenât par hasard cent fois de suite la rafle de six, comment pouvez-vous attribuer au hasard cet ordre merveilleux, évident, et infiniment grand et compliqué ? Monsieur le baron, il y a un DIEU et une Providence ; un DIEU qui fait tout, et une Providence qui conserve tout ; et, vous aurez beau dire, le monde est pipé. »

C'est le même raisonnement sans réplique qu'employait un jour l'empereur Napoléon 1er, dans une discussion religieuse qu'il avait entamée avec des savants esprits forts. L'empereur les embarrassait souvent, dans leur incrédulité, par la netteté, la vigueur originale de ses arguments : « Je regarde, disait-il, cet univers si vaste, si complexe, et qui cependant fonctionne avec plus d'ordre que vos meilleures machines, et je me dis que cet ordre ne peut pas être l'effet du hasard. Il doit provenir d'une intelligence supérieure et toute-puissante. Cherchez, aidez-vous de vos amis les mathématiciens et les philosophes ; je vous défie de trouver à ce problème une solution raisonnable en dehors de l'existence de DIEU et de la divine Providence. »

On est quelquefois tenté, en voyant l'impunité des méchants, de douter de la Providence divine, ou au moins de murmurer contre elle. On oublie ce que nous disions tout à l'heure, que DIEU est le bon DIEU ; qu'il est notre Père miséricordieux et aimant ; plus que cela encore, qu'il est l'amour infini, et que son cœur divin nous est toujours ouvert. À cause de cela, DIEU est patient ; il accorde souvent de longues années aux pécheurs pour leur faciliter le repentir. Il pourrait frapper de suite ; mais il aime, et il ne veut point la mort, mais la conversion et la vie de l'ingrat qui l'offense. Combien d'impies ont dû à cette miséricordieuse patience du bon DIEU leur retour à la Religion, et leur salut éternel !
J'ai connu une vieille femme qui, après avoir mené une vie détestable depuis sa première jeunesse jusqu'à l'âge le plus avancé, eut le bonheur d'être ramenée au Seigneur par une grande affliction, à l'âge de quatre-vingt-neuf ans. Elle vécut une année dans le repentir et dans la ferveur, communiant chaque dimanche, s'épuisant pour ainsi dire en reconnaissance, et ranimant ses forces éteintes pour regagner le temps perdu. Je sais un autre vieillard qui dut aussi son salut aux longues années que DIEU lui accorda, malgré l'abus qu'il en faisait ; après soixante-dix-neuf années d'interruption, il remplit saintement ses devoirs de chrétien. Des faits de cette nature se présentent chaque jour. Malheur à l'homme qui ne veut pas de l'amour et de la patience de DIEU ! il ne connaîtra que sa justice.

DIEU est si bon, qu'il daigne souvent garder le silence vis-à-vis de certains malheureux qui sont assez insensés pour braver directement sa colère. Le célèbre académicien La Harpe, autrefois ami de Voltaire, et qui depuis était devenu chrétien, raconte un trait de cette audace sacrilège :
« Un misérable, dit-il, osa, pendant les plus mauvais jours de la Révolution, monter dans la chaire de l'église Saint-Roch, à Paris ; et, prenant DIEU à partie à la face de ses autels, nia son existence en vomissant contre lui mille imprécations furieuses, le défia de se venger, et conclut, puisque ce DIEU ne le foudroyait pas, qu'il était évident qu'il n'y avait pas de DIEU. »
La Harpe ajoute ces réflexions sensées :
« Ce malheureux s'imaginait que DIEU était engagé d'honneur à répondre à son appel. On eût dit que DIEU ne pouvait le frapper que dans la chaire de Saint-Roch, et que s'il perdait une si belle occasion, il ne la retrouverait plus. Vous qui vous étonnez peut-être que DIEU ne frappe pas immédiatement ceux qui l'outragent, méditez cette profonde et sublime parole de saint Augustin : DIEU est patient, parce qu'il est éternel. Il est bon que Celui dont la main frappe sans remède et frappe pour l'éternité, ne soit pas pressé de frapper. » La Harpe avait de bonnes raisons pour parler ainsi. Si DIEU l'avait frappé lui-même dans sa jeunesse, lorsqu'il blasphémait ouvertement Celui qu'il adora plus tard, il n'aurait pas eu le temps du repentir, et n'aurait pu réparer ses égarements.
Parfois cependant la Providence divine se manifeste d'une manière redoutable à l'occasion de ces blasphèmes.

Le bon DIEU donne de temps en temps au monde comme des échantillons de sa justice. En 1849, deux démagogues de la pire espèce sortaient de Toulouse, où ils venaient de traiter à leur manière, dans un club, les affaires du pays. Aussi avancés en religion qu'en politique, les deux drôles charmaient les loisirs du chemin en blasphémant contre DIEU. Il pleuvait à verse et le tonnerre grondait...
« Je me moque pas mal de toi, crie l'un d'eux en levant les yeux au ciel. Je n'ai peur ni de toi ni de ton tonnerre ; venge-toi, si tu le peux. » Au moment où il achevait ces mots, la foudre éclate, le renverse et l'étend sur la route, privé de sentiment. Son compagnon épouvanté se jette à genoux, et demande miséricorde. La terreur dans l'âme, il prend sur ses épaules le blasphémateur puni et le dépose dans la première maison qu'il rencontre. Celui-ci reprit ses sens deux ou trois heures après, et, plein de repentir, remercia de ce terrible avertissement le DIEU juste et bon qui l'avait frappé, mais pour le guérir.
L'année suivante, au printemps de 1850, un trait de Providence plus redoutable encore remplit d'une terreur salutaire une petite ville du département de l'Eure. Un dimanche, pendant la grand'messe, une bande d'ivrognes étaient attablés chez un cabaretier voisin de l'église. Les cloches sonnèrent, comme d'usage, au moment de l'élévation. Leur son excita la fureur d'un de ces hommes, qui se mit à vomir un torrent d'injures contre DIEU, contre le Saint-Sacrement, contre la Sainte-Vierge, contre les prêtres, etc. Le cabaretier et sa femme voulaient en vain arrêter ces imprécations. « Bah ! bah ! s'écria-t-il, votre DIEU, c'est une farce ! je ne le crains pas. Qu'il m'empêche donc, s'il le peut, d'avaler ce verre de vin. » — Et au moment où il portait le verre à ses lèvres, il chancelle et tombe raide mort sur le carreau. Cette fois-là DIEU avait accepté le défi.
Il accepta aussi, quoique avec un long délai, le défi que lui avait porté le détestable Voltaire. Vingt ans avant sa mort, jour pour jour, l'incrédule avait écrit ces paroles à l'un de ses complices : Dans vingt ans L'INFÂME aura beau jeu ! On sait que par l'infâme il entendait Notre-Seigneur. Quelle épouvantable prophétie !

Si la justice de DIEU se manifeste ainsi de temps en temps pour confirmer notre foi, sa bonté paternelle, sa douce Providence éclate bien plus souvent encore. Tous ceux qui s'occupent de bonnes œuvres en font journellement l'expérience.



Chacun sait combien les hommes sont disposés à adopter comme vraies toutes les doctrines qui les flattent. (Mgr de Ségur, Grosses vérités)




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