jeudi 30 avril 2020

De la doctrine de Jésus-Christ, par le R.-P. Jean-Joseph Surin


Extrait du CATÉCHISME SPIRITUEL DE LA PERFECTION CHRÉTIENNE, TOME I, Composé par le R. P. J. J. SURIN, de la Compagnie de Jésus :




De la doctrine de Jésus-Christ



En quoi consiste la doctrine de Jésus-Christ ?

En huit principaux articles, que ce divin Sauveur proposa au monde dans son premier Sermon. On les appelle communément les huit Béatitudes ; et ce sont la pauvreté d'esprit, les larmes et la tristesse, la débonnaireté, la pureté de cœur, la faim et la soif de la justice, la miséricorde, l'esprit pacifique et l'amour des persécutions.


En quoi consiste la pauvreté d'esprit ?

En trois choses. 1. Au délaissement général de tous les biens temporels. 2. À user avec modération des choses de la terre. 3. En un dénuement d'esprit, qui aille jusqu'à ne posséder rien avec attache, pas même sa science, ses lumières et ses goûts spirituels ; afin d'être libre, dégagé de tout, suivant cette parole de Notre Seigneur : Quiconque de vous ne renonce pas à tout ce qu'il possède, ne peut être mon disciple.


En quoi consistent les larmes et la tristesse des enfants de Dieu ?

1. À n'avoir pas leur consolation en ce monde, s'estimant heureux d'être du nombre des affligés, et de ne point ressembler aux mondains, qui vivent dans la prospérité, qui cherchent leurs aises, et qui aiment le repos. 2. À pratiquer la pénitence et la mortification, menant une vie austère, à l'exemple des Saints, qui ont beaucoup jeûné, et qui ont soutenu de rudes travaux. 3. À porter toujours en eux-mêmes un esprit de componction, qui les fasse gémir sur les misères des hommes, sur leurs propres péchés, et sur la Passion de Jésus-Christ. Ce sont les trois sources de cette sainte douleur, que le Fils de Dieu nous a laissé pour héritage : Vous serez affligés vous autres, et vous pleurerez ; pour le monde, il se ré jouira.


En quoi consiste la débonnaireté ?

Elle ne diffère point de la douceur, dont nous avons parlé au chapitre précédent.


En quoi consiste la pureté de cœur ?

À se défendre de tout péché ; à se garantir de la moindre attache, qui pourrait ternir la beauté de l'âme, ou gêner sa liberté. À veiller constamment à la garde de son cœur, éloignant toutes sortes de pensées et d'images vaines ou sensibles, et surtout celles qui sont contraires à l'innocence des mœurs, qui doit être très-chère et très-précieuse aux enfants de Dieu.


En quoi consistent la faim et la soif de la justice ?

Elles ont coutume de produire trois effets. Le premier est un désir ardent de la vertu et de la perfection chrétienne, joint à une résolution généreuse de s'y appliquer ; et c'est cette résolution qui distingue les âmes lâches, des fervents Disciples de J. C. Ceux-ci sont comme des marchands qui, dans le dessein de faire fortune, entreprennent de longs voyages, et vont dans les pays les plus éloignés, déterminés à tout faire et à tout souffrir, pour acquérir de grandes richesses.
Mais ce désir de la perfection serait faux, s'il ne se proposait que la vertu en général ; ce serait donner dans l'illusion de ceux qui se consument en désirs, et qui ne mettent jamais la main à l'œuvre, pour entreprendre l'acquisition de quelque vertu qui leur soit particulièrement nécessaire.
Le second effet, que produisent la faim et la soif de la justice, est de rendre les désirs pratiques. Une âme saintement affamée de la perfection travaille à surmonter ses défauts, à acquérir l'humilité ; elle s'adonne à l'oraison ; il n'est rien qu'elle n'entreprenne ; il n'est point d'effort qu'elle ne fasse pour se procurer les richesses spirituelles.
Un troisième effet de cette faim et de cette soif est de porter les âmes, et de les faire tendre avec force au bien le plus excellent et le plus parfait. Elles ne voient rien de si grand et de si sublime, où elles n'aspirent avec le secours de la grâce ; elles visent toujours plus haut ; elles se proposent toujours les motifs les plus purs et les plus relevés.
Ainsi faisait saint Ignace , qui n'avait jamais en vue que la plus grande gloire de Dieu. Telles sont les inclinations qu'un amour ardent de la justice met dans les âmes ; et c'est à quoi nous invite Notre Seigneur par ces paroles : Soyez parfaits, comme votre Père céleste est parfait lui-même.


En quoi consiste la miséricorde ?

En une tendre compassion, qui aille jusqu'à émouvoir les entrailles sur les misères du prochain ; comme il arrive à une mère à l'égard de ses enfants, et à un frère à l'égard de son frère. Saint Paul parlant de cette compassion l'appelle tantôt des entrailles de miséricorde, et tantôt les entrailles de Jésus-Christ. Elle doit avoir pour objet trois sortes de personnes ; les affligés et les pauvres, pour les secourir ; les pécheurs, pour les instruire et les convertir ; les âmes du Purgatoire, pour procurer leur soulagement et leur délivrance.


En quoi consiste l'esprit pacifique ?

À conserver la tranquillité intérieure, et à la défendre contre toute sorte de passion, d'empressement naturel, et de contradiction du dehors. À céder en tout aux autres, pour éviter les différends, se relâchant sur ses intérêts, afin d'avoir la paix. À être toujours disposé à faire plaisir à tout le monde, portant la douceur et l'inclination bienfaisante, jusqu'à accorder au-delà de ce qu'on demande.


En quoi consiste l'amour des persécutions ?

Il renferme comme trois degrés. 1. Souffrir avec patience les mauvais traitements, les mépris et les outrages. 2. Les aimer et s'y plaire, comme dans de grands biens. 3. Les regarder comme des trésors, où nous trouvons, outre de grands mérites, l'inestimable avantage de ressembler à J. C. ; ce qui doit nous faire désirer les persécutions avec le même empressement, que les gens du monde ont pour les dignités et les richesses temporelles.



Reportez-vous à Méditation sur les Instructions de Jésus-Christ, Des Conseils Évangéliques, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Instruction sur les Conseils évangéliques, Bienheureux ceux qui souffrent persécution pour la justice, Bienheureux ceux qui ont faim et soif de la justice, Bienheureux ceux qui pleurent, car ils seront consolés, Bienheureux les pauvres d'esprit, parce que le royaume des Cieux est à eux, Bienheureux ceux qui sont doux, parce qu'ils posséderont la terre, Bienheureux ceux qui sont miséricordieux, Bienheureux ceux qui ont le cœur pur, Bienheureux les pacifiques, Degrés des vertus qu'on se propose d'acquérir, Jésus maudit ce que le monde estime, Vous êtes le sel de la terre, Vous êtes la lumière du monde, Châtiment du scandale, récompense du zèle, Perfection que Jésus exige de ses disciples, Préceptes sur la charité envers le prochain, Perfection à laquelle nous devons tendre, De quelle manière on doit aider les personnes faibles, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Ordre de la vie spirituelle pour les Directeurs, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Remèdes à l'amour-propre, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De l'activité naturelle, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Des maladies de l'âme, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De la réformation de la volonté et du fond de l'âme, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Prière pour demander l'humilité, Du Recueillement, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Des secours qu'il faut donner au Peuple dans les Missions, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, et prière pour les Missions, De la réformation de l'Amour, de la Haine, du Désir et de l'Aversion, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Soin que l'état de maladie demande, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De la conduite qu'il faut tenir à l'égard des Énergumènes, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Histoire de la possession des Ursulines de Loudun, et des peines du Père Surin (1/4), Histoire de la possession des Ursulines de Loudun, et des peines du Père Surin (2/4), Histoire de la possession des Ursulines de Loudun, et des peines du Père Surin (3/4), Histoire de la possession des Ursulines de Loudun, et des peines du Père Surin (4/4), Réflexions sur la nature et les forces des Démons, et sur l'économie du Royaume des ténèbres, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De l'Amour du Père Surin pour tout ce que Notre-Seigneur a aimé, et premièrement de sa grande dévotion à la très-sainte Vierge, Du grand Amour du Père Surin pour les Saints Anges, dans l'union avec notre Seigneur Jésus-Christ, De l'amour du Père Surin pour l'humilité, dans l'union avec Notre-Seigneur Jésus-Christ, SCIENCE EXPÉRIMENTALE DES CHOSES DE L'AUTRE VIE, Acquise par le Père Jean-Joseph Surin, Exorciste des Religieuses Ursulines de Loudun, De l'imagination de l'homme, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De la réformation de la mémoire, par Le R.-P. Jean-Joseph Surin, De l'amour étonnant du Père Surin pour l'abjection, dans l'union avec Notre-Seigneur Jésus-Christ, De la vie Apostolique, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De quelques industries cachées qui conduisent bientôt à la perfection, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Réponse à quelques doutes touchant la Pénitence, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De la Pénitence et de l'Oraison, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De la vie parfaite, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Du bon Directeur, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Du vrai Religieux, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De la vie mixte, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De l'homme intérieur, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De l'heureux état d'une âme qui a établi sa perfection et sa félicité dans l'acquiescement au bon plaisir de Dieu, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De l'amour parfait, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De la conduite des âmes, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De l'étude des Lettres, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Réponse à quelques doutes touchant l'Oraison, par le R.P. Jean-Joseph Surin, Ce qui s'est observé dans un Ordre Religieux durant le premier siècle depuis son établissement, doit être regardé comme meilleur que tout ce qu'on peut inventer dans la suite, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De l'Oraison et de la Contemplation, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Instruction pour les personnes qui entrent dans la voie d'Oraison, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Que les âmes lâches fassent tous leurs efforts pour acquérir la bonne volonté qui leur manque, Ce qu'est l'oraison mentale, par le R.P. D. Laurent Scupoli, Clerc Régulier Théatin, De l'Oraison, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De la contemplation, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De l'Oraison qui convient à la voie extraordinaire, et Avis nécessaires à ceux qui sont dans cette voie, par le R.-P Jean-Joseph Surin, Catéchisme spirituel de la Perfection Chrétienne, par le R.P. Jean-Joseph Surin (1), Catéchisme spirituel de la Perfection Chrétienne, par le R.P. Jean-Joseph Surin (2), Des qualités qui sont propres dans la voie extraordinaire, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De la voie surnaturelle ou extraordinaire, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De l'avancement de l'âme et des principaux moyens qui peuvent le procurer, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De la nourriture du corps, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Des amitiés, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De la conversation, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Des Vertus, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Des moyens extérieurs qui aident à acquérir la perfection, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Des moyens intérieurs qui aident à la perfection, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Des exercices de piété, par le R.-P. Jean-Joseph Surin : Quels sont les devoirs de piété dont il faut s'acquitter envers les Saints ?, Des exercices de piété, par le R.-P. Jean-Joseph Surin : Quels exercices de piété prescrivez-vous à l'honneur des Anges ?, Des exercices de piété, par le R.-P. Jean-Joseph Surin : Comment faut-il s'occuper des souffrances de Jésus-Christ ?, Des exercices de piété, par le R.-P. Jean-Joseph Surin : Comment faut-il s'exercer en ce qui regarde la Doctrine de Jésus-Christ ?, De la vie intérieure, et de la familiarité avec Jésus-Christ, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De la Mortification, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De l'amour du Père Surin pour la pauvreté, dans l'union avec Notre-Seigneur Jésus-Christ, De la présence de Dieu, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Du renouvellement de l'esprit, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Des Habits, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De la vie illuminative, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Degrés des vertus qu'on se propose d'acquérir, De l'amour admirable du Père Surin pour les souffrances, dans l'union avec Notre-Seigneur Jésus-Christ, De la réformation de l'entendement, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De la réformation de la colère, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De la vie Purgative, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, En quoi consiste la perfection chrétienne : pour l'acquérir il faut combattre, et pour sortir victorieux de ce combat, quatre choses sont nécessaires, Du devoir des Veuves, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Méditation sur la nécessité des progrès dans la vertu, De la Réduction des Hérétiques, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De quelques moyens de bien faire l'oraison mentale, et Pour la direction et la progression spirituelles : Quel chrétien êtes-vous ?.












mercredi 29 avril 2020

Instruction sur la Grâce




INSTRUCTION



Nature et espèces de la grâce



La grâce est en général un don que Dieu accorde sans qu'on l'ait mérité, soit que ce bien regarde uniquement le temps, soit qu'il ait aussi rapport à l'éternité. Il s'agit ici de la grâce dans l'ordre du salut. C'est un don surnaturel. Dieu l'accorde gratuitement, en vue des mérites de Jésus-Christ, aux créatures intelligentes, pour les conduire au ciel. La grâce extérieure est hors de nous, comme les exemples du Sauveur ; l'intérieure est en nous, comme une bonne pensée. Des grâces ont pour but primitif notre salut ; d'autres nous sont accordées principalement pour celui du prochain. La grâce opérante nous prévient et son effet est la bonne volonté ; la grâce coopérante agit avec notre volonté libre : son résultat est la bonne œuvre. La grâce suffisante donne assez de moyens pour faire le bien ; la purement suffisante est celle que notre faute prive de son effet ; l'efficace est celle à laquelle on ne résiste jamais, quoiqu'on puisse le faire. « Croyez que Dieu est tout-puissant et que l'homme est libre. Assuré de ces deux vérités, tenez fortement les deux bouts de la chaîne, quoique vous ne puissiez découvrir par où l'enchaînement se continue. » (Bossuet).

La grâce actuelle est une opération passagère par laquelle Dieu éclaire l'esprit et touche le cœur, pour les porter au bien. La grâce habituelle est une qualité qui réside dans l'âme. Connaissez-la par ses fruits. Elle rend la vie spirituelle au pécheur, selon cette parole du père de l'enfant prodigue : « Il était mort et il est ressuscité ». Elle purifie la conscience de toute souillure : « Vous me laverez et je deviendrai plus blanc que la neige. » (David). Elle fait exhaler devant Dieu un parfum agréable. « L'odeur de mon fils est douce comme celle d'un champ plein de fleurs et de fruits, sur lequel le ciel a versé ses bénédictions. » (Isaac). Elle communique à l'âme une incomparable beauté. Les âmes des justes, dit saint Grégoire, ont quelque chose de plus ravissant que tout ce qui paraît de plus beau parmi les hommes.

De pauvre et de dénué qu'est le pécheur, elle le rend en un moment plus riche que tous les rois de la terre ; puisque, selon saint Thomas, le moindre degré de grâce est un bien plus excellent que tout l'or du monde, la grâce étant une participation de la nature divine, comme l'enseigne saint Pierre. De la condition d'esclave, elle élève l'homme à la dignité d'enfant de Dieu, d'héritier du Ciel. Considérez, dit saint Jean, quel amour le Père nous a témoigné de vouloir que nous portions le nom de fils de Dieu et que nous le soyons en effet. « Si nous sommes les enfants du Seigneur, dit saint Paul, il est hors de doute que nous sommes aussi ses héritiers. »

Elle sanctifie tellement l'âme, qu'elle en fait le sanctuaire de la sainte Trinité. Elle procure une paix profonde, parce qu'elle unit le cœur avec Dieu, notre véritable repos, Elle ressuscite les mérites mortifiés par le péché mortel. Elle les ranime avec d'autant plus d'étendue qu'on a plus de ferveur, et elle rend nos œuvres, dignes de la vie éternelle. 10° Elle fait participer à la félicité de Dieu, si l'âme persévère jusqu'à la mort dans cet état.
Elle renferme les vertus infuses et les dons du Saint-Esprit. « Tous les biens me sont venus avec elle ! » (Salomon). Inséparable de la charité, elle se perd par le péché mortel.



Nécessité de la Grâce



Depuis le péché originel, l'homme peut encore connaître quelque vérité et faire quelque bien dans l'ordre naturel, indépendamment de la grâce ; mais, pour qu'il puisse connaître tout ce qui est vrai ou faire tout ce qui est bon dans ce même ordre, pour qu'il puisse connaître même la moindre vérité ou faire même le moindre bien de l'ordre surnaturel, il lui faut une grâce actuelle d'intellect et de volonté, eût-il même déjà la grâce habituelle. « Sans moi vous ne pouvez rien faire, dit le Sauveur ». Si quelqu'un dit que, sans l'inspiration prévenante du Saint-Esprit et sans son secours, l'homme, peut croire, espérer, aimer ou se repentir comme il faut, pour que la grâce de la justification lui soit accordée, qu'il soit anathème. » (C. de Trente, sess. 6). Comme l'œil du corps, quoique parfaitement sain, ne peut voir sans le secours de la lumière, de même l'homme a besoin pour bien vivre de la lumière éternelle qui jaillit de Dieu ». (Saint Augustin)

Mais aussi, depuis l'instant où l'âme est créée et unie au corps jusqu'à celui qui l'en sépare inclusivement, chacun a sans cesse la grâce au moins suffisante, prochaine on éloignée, pour faire son salut. Le verbe divin est cette lumière qui éclaire tout homme venant en ce monde, et personne n'est privé de ses rayons. J.-C. est mort pour tous ; il veut que tous soient sauvés. Il commande à tous de fuir le mal et de faire le bien. Or, il ne commande pas l'impossible ; mais, en commandant, il vous avertit de faire ce que vous pouvez et de demander ce que vous ne pouvez pas, et il vous aide, afin que vous le puissiez. (C. de Trente)

Cette grâce est absolument gratuite. On ne prétend pas qu'elle ne soit jamais la récompense du bon usage d'une grâce précédente ; mais on veut dire qu'elle n'est point le salaire des dispositions naturelles, et des efforts que l'homme ferait de lui-même pour la mériter. La grâce est encore gratuite en ce sens que Dieu n'est point déterminé à la donner par l'usage qu'il prévoit qu'on en fera.

Aucune disposition n'est requise dans ceux qui n'ont pas encore l'usage de raison, pour recevoir la justification par le baptême d'eau où de sang. Mais, pour la justification d'un adulte, par le baptême, le Concile de Trente demande une préparation composée de sept degrés, qui sont eux-mêmes autant de grâces : un mouvement de la grâce, qui excite et aide le pécheur ; acte de foi en ce que l'Église propose à croire ; crainte des jugements de Dieu: cette crainte est utile, mais non absolument nécessaire à la justification ; 4° espérance dans la miséricorde de Dieu et dans les mérites de J.-C. ; commencer à aimer Dieu comme source de toute justice ; acte de contrition ; résolution de recevoir le baptême, de commencer une vie nouvelle et d'observer les préceptes divins (Dens).

Sans une révélation spéciale, nul ne peut être assuré qu'il est juste ; mais on peut en avoir des probabilités: si l'on observe les commandements ; si l'on garde même les conseils.



Puissance de la Grâce



Avec la grâce, nous pouvons tout pour le salut. « Si Dieu, est pour nous, qui sera contre nous ? » Je puis tout en celui qui me fortifie, dit saint Paul. « La moindre grâce peut vaincre la plus forte tentation » (S. Thomas). Si l'homme qui a la moindre grâce en profite, il en attire une plus grande, et la fidélité à celle-ci amène un nouveau secours encore supérieur ; et ainsi le ciel donne à celui qui a, et il est dans l'abondance. Mais quelle que soit la force de la grâce, nous sommes libres. « Dieu a mis devant l'homme la vie et la mort, le bien et le mal ; ce qu'il choisira lui sera donné. » David, Magdelaine, Zachée, le bon larron, saint Pierre, coopérèrent à la grâce, quand ils se convertirent. Le genre humain, pécheur depuis tant de siècles, obéit à la grâce, quand il embrassa la religion chrétienne. Mais les Juifs, à qui saint Étienne disait : Vous avez toujours résisté au S.-Esprit, étaient rebelles à la voix de la grâce. Judas lui résista, et quand il vendit son maître, et lorsqu'il le livra à ses ennemis, et quand il se pendit de désespoir. Nous résistons à la grâce, toutes les fois que nous péchons. « Travaillons à nous sauver avec autant d'humilité et de défiance de nous-mêmes, que si notre salut ne dépendait que de Dieu, et avec autant de courage que s'il dépendait de nous (S. François de Sales).



Moyens d'obtenir la Grâce



Dieu donne sa grâce aux humbles. L'humilité, dit saint Augustin, est l'amour de Dieu porté jusqu'au mépris de soi-même. Demandez et vous recevrez ; les sacrements ; le sacrifice de la messe ; les bonnes œuvres. Tenez pour assuré que celui qui marchera toujours en présence de Dieu, sera toujours prêt à lui rendre compte de ses actions, et n'en fera aucune qui puisse le séparer de lui (S. Thomas). Rien de plus propre que le souvenir de Dieu et des fins dernières, pour rendre docile à la grâce. « La joie spirituelle est la marque la plus certaine de la grâce de Dieu qui habite en nous (S. Bon...) » Elle se manifeste surtout par les bons fruits qu'elle aide à porter.



Pratique : Reconnaître humblement toutes les grâces qu'on a reçues. (cf. Imitation de J.-C, liv. 3, ch. X)


(Instruction tirée de Vie des Bienheureux et des Saints de Bretagne)



Reportez-vous à Instruction sur la Prière, Instruction sur la Contrition, Instruction sur les Conseils Évangéliques, Explication du premier commandement de Dieu, Explication du deuxième commandement de Dieu, Explication du quatrième commandement de Dieu, et Explication du cinquième commandement de Dieu.












mardi 28 avril 2020

Le Livre des Œuvres divines, de Sainte Hildegarde, ou comment, dans les œuvres divines, l'esprit est uni à la lettre


Extrait de "Histoire de Sainte Hildegarde, sa vie, ses œuvres et ses révélations", par le R.P. Jacques RENARD :


Sainte Hildegarde
Le livre qui porte ce nom est un recueil de visions comme le Scivias. Son titre complet est Livre des œuvres divines de l'homme simple. Ces derniers mots, comme on sait, expriment le nom que la sainte se donnait à elle-même. Elle écrivit cet ouvrage, comme le premier, par ordre de ses supérieurs, et cela à partir de l'année 1163, la soixante-cinquième de son âge. Ces deux livres étant de la même nature, nous ne toucherons ici que ce qui est particulier au second. Il répond très-bien à son titre : c'est l'exposition des œuvres de Dieu dans l'ordre de la nature et dans celui de la grâce. Mais cet ouvrage a ceci de caractéristique, que ces deux ordres de considérations naissent l'un de l'autre, et ne sont que deux faces du même sujet. Ce parallélisme est conforme au génie spécial de la sainte. Comme elle jouit du don d'une double vue, chaque objet a pour elle une double réalité : l'une qu'on pourrait appeler l'envers, et qui est l'existence matérielle d'un objet, et l'autre qui est l'endroit, ou le côté spirituel de ce même objet. Saint Paul a dit : Littera occidit, spiritus autem vivificat (II Cor., III, 6). La lettre tue, l'esprit vivifie.
Rien n'est plus noble que cette manière d'enseigner ; rien aussi de plus juste et de plus philosophique. Elle nous présente, dans le livre de la sainte, comment, dans les œuvres divines, l'esprit est uni à la lettre, et la grâce superposée à la nature ; elle nous donne une idée de ce mode d'existence que la théologie définit si heureusement par le mot de surnaturel. La création est à la fois corps et âme ; ainsi, la science est ennoblie par la foi. Il y a, non pas dualité, mais unité dans les œuvres de Dieu comme dans ses pensées.
Remarquons que ce système de conception, le seul vrai, fait incomparablement plus d'honneur à la nature que la science matérialiste, qui ne reconnaît rien au-delà de ce qu'elle touche.
Faut-il donc revenir à la science du moyen âge ? Pourquoi pas, si elle est vraie ? Au moins, ne faudrait-il pas la dédaigner. Nous avons des sciences, mais nous n'avons plus la science ; nous avons perdu le nœud central qui les rassemble dans l'unité d'une même idée. Ce centre, c'est l'exemplaire divin. Ce lien, c'est le spirituel, l'âme, principe unique de vie. Une fois le corps séparé de l'âme, les membres se séparent les uns des autres ; chaque molécule devient un corps à part, sans relation avec les autres, car la mort ne saurait que produire la dissolution. Le catholicisme seul peut fournir une théorie de la science, parce que seul il possède le principe de la vie et l'idée de l'unité.
La grâce et la nature sont deux ordres distincts, et non deux mondes séparés. On ne doit pas plus les confondre que les diviser. Notre siècle est tombé dans ce dernier écart ; c'est pourquoi il ne peut donner une formule philosophique de la science. Il se perd dans les faits et les détails ; il ne peut les ramener à l'unité. L'antiquité, jusqu'au moyen âge, est allée à l'autre extrême. Chez elle, l'idée précédait l'observation. On faisait des systèmes avant de reconnaître les faits qui devaient s'y plier bon gré, mal gré. C'est ce qui a fait qu'à cette époque où la philosophie était portée à sa perfection, la physique était dans son enfance, justement au même point que du temps d'Aristote et de Pline. Les progrès dans la science de la nature, dans les temps modernes, viennent précisément de ce qu'on a suivi une voie opposée. Mais si ce dernier procédé, qui est celui de l'observation, est propre à recueillir des matériaux et à former des sciences, le procédé philosophique est absolument nécessaire pour généraliser les faits, coordonner les matériaux et former l'édifice de la science une. Cette appréciation s'applique au passé et au présent.
La création étant l'objet de la science humaine, l'esquisse que nous trace la Genèse de l'œuvre des six jours est donc le programme scientifique le plus grandiose et le plus complet. C'est le thème que les docteurs catholiques ont développé ; c'est le tronc où vient s'insérer chaque branche des connaissances humaines, dont la réunion harmonieuse et vivante, animée par la sève de la foi, compose véritablement l'arbre de la science.
C'est ce programme révélé de la Genèse que, selon l'esprit religieux de son temps, sainte Hildegarde a pris pour point de départ de son enseignement à la fois scientifique et mystique : scientifique par l'exposition littérale des œuvres divines ; mystique par l'application de la lettre aux choses de l'ordre moral et surnaturel. Assurément, ces connaissances ne sont pas supérieures à celles de son temps, bien qu'on découvre parfois dans ses écrits des aperçus d'une grande portée et d'une rare justesse.


Reportez-vous à Mort de sainte Hildegarde, Miracles de Sainte Hildegarde, Sainte Hildegarde et le combat spirituel, victoire de l'esprit sur la chair, Prophéties de Sainte Hildegarde sur le Protestantisme, Visions de Sainte Hildegarde sur l'avenir de l’Église et la fin des temps, et L'Amitié spirituelle de Saint Bernard et de Sainte Hildegarde.











lundi 27 avril 2020

Des Conseils Évangéliques, par le R.-P. Jean-Joseph Surin


Extrait du CATÉCHISME SPIRITUEL DE LA PERFECTION CHRÉTIENNE, TOME I, Composé par le R. P. J. J. SURIN, de la Compagnie de Jésus :




Des Conseils Évangéliques



Quels sont les Conseils Évangéliques ?

Il en est parlé en divers endroits de l'Évangile ; et on peut les réduire à ces trois, qui regardent l'humilité, la douceur et l'abnégation.


Que conseille Notre-Seigneur en matière d'humilité ?

Il a dit à ses Disciples : Quiconque voudra devenir le plus grand parmi vous, qu'il se fasse votre serviteur. Dans une autre occasion, ayant fait venir un enfant, et l'ayant mis au milieu d'eux, il leur dit : Quiconque se fera petit comme cet enfant, celui-là sera plus grand dans le Royaume des Cieux ; pour nous faire entendre que la véritable sagesse consiste à faire tout le contraire de ce qu'enseigne l'esprit du monde, qui porte à s'élever au-dessus des autres.


Quel est le conseil de Jésus-Christ sur la douceur ?

Il renferme comme trois degrés de perfection. 1. N'avoir aucune aigreur contre ceux qui nous persécutent. 2. Pardonner toutes sortes d'injures, et rendre le bien pour le mal. 3. Dans les occasions de dispute et de différend avec le prochain, céder son droit plutôt que de s'émouvoir le moins du monde, selon cette parole : Si on prend ce qui vous appartient, ne le redemandez pas. Ce qui doit s'entendre non-seulement de la perte des biens temporels, mais encore de celles de l'honneur et de la réputation ; car il est écrit : Si quelqu'un vous frappe sur une joue, prêtez-lui encore l'autre.


Que conseille l'Évangile au sujet de l'abnégation ?

De n'avoir nul empressement pour les biens temporels, de les regarder comme de la boue, de pousser le détachement de toutes choses jusqu'au mépris de la vie, et d'être libre de tout soin, jusqu'à ne pas se mettre en peine du lendemain, afin de vaquer uniquement à Dieu. C'est ainsi que l'entend l'Apôtre saint Paul, quand il dit : Du reste il faut que ceux qui ont des femmes, soient comme s'ils n'en avoient point, etc.


Qu'est-ce que la plupart des hommes pensent de ces conseils évangéliques ?

Il semble que la connaissance en soit réservée aux Saints : les autres hommes se contentent de les révérer dans la spéculation ; et dans la pratique ils se comportent comme s'ils n'en reconnaissaient pas la vérité. Rien n'est plus commun, que de voir dans tous les états et dans toutes les conditions, des personnes qui s'empressent pour les biens temporels, qui se donnent mille mouvements pour les acquérir, ou pour en éviter la perte ; rien ne leur paraît plus raisonnable ; et se conduire autrement, c'est, à leur sens, une folie. Leur vivacité est sans égale sur tout ce qui touche leur honneur, et qui peut blesser leur réputation ; ils ne trouvent rien de si juste, que de rendre injure pour injure, selon que l'enseigne la nature corrompue ; tandis que les Saints qui ont l'intelligence de conseils évangéliques, en regardent la pratique comme leur élément ordinaire, et ne voient rien de si beau et de si raison nable, que de si conformer.
On rapporte de saint Ignace qu'ayant été maltraité et battu à mort par des scélérats, dès qu'il eut recouvré ses forces, il voulut retourner au même lieu où il avait été insulté, pour y achever une bonne œuvre. Et comme on trouvait mauvais qu'il s'exposât de la sorte, il demanda à ceux qui s'opposaient à son dessein, s'il y avait quelque chose de plus avantageux que de souffrir pour Dieu ? Le même saint, dans la Maison Professe de Rome, faisait allumer de la chandelle en plein midi pendant le repas de la Communauté, aimant mieux souffrir cette sujétion, que de faire procès à un voisin bizarre, qui lui refusait injustement le jour, qu'il avait droit de prendre sur lui. Tout autre qu'un Saint, en semblable occasion, eût cru faire une bonne œuvre en poursuivant son droit par les voies de la justice. Il est dit encore de ce Saint, que s'embarquant pour Jérusalem, et ne trouvant point de pauvre à qui donner une pièce d'argent qu'il avait sur soi, il la mit sur une pierre au bord de la mer ; aimant mieux agir contre les règles de la prudence humaine, que de manquer à la perfection du conseil évangélique au sujet de l'abnégation.


N'avez-vous point quelque exemple qui puisse nous faire comprendre jusqu'où doivent porter la douceur ceux qui font profession de suivre les conseils évangéliques ?

Nous lisons dans la Chronique de saint François, qu'un jour que le Saint était absent du Monastère, des voleurs y vinrent demander l'aumône, et que le Portier les ayant connus pour ce qu'ils étaient, les renvoya, en leur disant qu'ils étaient de méchants hommes qui, après avoir dépouillé les passants de leurs richesses, voulaient ôter aux pauvres Religieux le peu qu'ils avaient pour leur subsistance. Saint François de retour au Monastère, et ayant appris ce qui s'était passé, ordonna sur le champ au Portier, et à un autre Religieux qu'il lui donna pour compagnon, de se charger de vivres, d'aller en diligence chercher ces Voleurs, de se mettre à genoux pour leur demander pardon, du plus loin qu'ils pourraient se faire entendre, et de leur dire que Frère François se recommandait à eux, et leur envoyait ce peu de provision pour fournir à leurs nécessités. Les Voleurs acceptèrent l'aumône, et furent tellement touchés, qu'ils vinrent à leur tour chercher le Saint, se donnèrent à lui, et devinrent de fervents Religieux de son Ordre.
Ce trait de douceur, qui paraît choquer les lumières de la raison, est très conforme à la lumière de l'Évangile, qui est comme l'élément des Saints, et qui leur donne l'intelligence et le goût des conseils évangéliques. Cet exemple prouve bien ce que nous avons déjà dit, qu'il n'y a guère que les Saints qui comprennent la doctrine de Jésus-Christ, et qu'elle est inconnue aux autres hommes. Mais cette doctrine renferme bien d'autres points, qui ne sont pas moins importants que les trois que nous venons d'expliquer.


Reportez-vous à Instruction sur les Conseils évangéliques, De la doctrine de Jésus-Christ, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De quelle manière on doit aider les personnes faibles, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Ordre de la vie spirituelle pour les Directeurs, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Comment saint François guérit un lépreux de l'âme et du corps ; parole que l'âme de ce lépreux lui adressa en montant au Ciel, Remèdes à l'amour-propre, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De l'activité naturelle, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Des maladies de l'âme, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De la réformation de la volonté et du fond de l'âme, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Prière pour demander l'humilité, Du Recueillement, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Des secours qu'il faut donner au Peuple dans les Missions, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, et prière pour les Missions, De la réformation de l'Amour, de la Haine, du Désir et de l'Aversion, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Soin que l'état de maladie demande, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De la conduite qu'il faut tenir à l'égard des Énergumènes, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Histoire de la possession des Ursulines de Loudun, et des peines du Père Surin (1/4), Histoire de la possession des Ursulines de Loudun, et des peines du Père Surin (2/4), Histoire de la possession des Ursulines de Loudun, et des peines du Père Surin (3/4), Histoire de la possession des Ursulines de Loudun, et des peines du Père Surin (4/4), Réflexions sur la nature et les forces des Démons, et sur l'économie du Royaume des ténèbres, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De l'Amour du Père Surin pour tout ce que Notre-Seigneur a aimé, et premièrement de sa grande dévotion à la très-sainte Vierge, Du grand Amour du Père Surin pour les Saints Anges, dans l'union avec notre Seigneur Jésus-Christ, De l'amour du Père Surin pour l'humilité, dans l'union avec Notre-Seigneur Jésus-Christ, SCIENCE EXPÉRIMENTALE DES CHOSES DE L'AUTRE VIE, Acquise par le Père Jean-Joseph Surin, Exorciste des Religieuses Ursulines de Loudun, De l'imagination de l'homme, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De la réformation de la mémoire, par Le R.-P. Jean-Joseph Surin, De l'amour étonnant du Père Surin pour l'abjection, dans l'union avec Notre-Seigneur Jésus-Christ, De la vie Apostolique, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De quelques industries cachées qui conduisent bientôt à la perfection, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Réponse à quelques doutes touchant la Pénitence, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De la Pénitence et de l'Oraison, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De la vie parfaite, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Du bon Directeur, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Du vrai Religieux, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De la vie mixte, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De l'homme intérieur, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De l'heureux état d'une âme qui a établi sa perfection et sa félicité dans l'acquiescement au bon plaisir de Dieu, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De l'amour parfait, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De la conduite des âmes, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De l'étude des Lettres, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Réponse à quelques doutes touchant l'Oraison, par le R.P. Jean-Joseph Surin, Ce qui s'est observé dans un Ordre Religieux durant le premier siècle depuis son établissement, doit être regardé comme meilleur que tout ce qu'on peut inventer dans la suite, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De l'Oraison et de la Contemplation, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Instruction pour les personnes qui entrent dans la voie d'Oraison, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Que les âmes lâches fassent tous leurs efforts pour acquérir la bonne volonté qui leur manque, Ce qu'est l'oraison mentale, par le R.P. D. Laurent Scupoli, Clerc Régulier Théatin, De l'Oraison, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De la contemplation, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De l'Oraison qui convient à la voie extraordinaire, et Avis nécessaires à ceux qui sont dans cette voie, par le R.-P Jean-Joseph Surin, Catéchisme spirituel de la Perfection Chrétienne, par le R.P. Jean-Joseph Surin (1), Catéchisme spirituel de la Perfection Chrétienne, par le R.P. Jean-Joseph Surin (2), Des qualités qui sont propres dans la voie extraordinaire, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De la voie surnaturelle ou extraordinaire, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De l'avancement de l'âme et des principaux moyens qui peuvent le procurer, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De la nourriture du corps, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Des amitiés, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De la conversation, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Des Vertus, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Des moyens extérieurs qui aident à acquérir la perfection, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Des moyens intérieurs qui aident à la perfection, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Des exercices de piété, par le R.-P. Jean-Joseph Surin : Quels sont les devoirs de piété dont il faut s'acquitter envers les Saints ?, Des exercices de piété, par le R.-P. Jean-Joseph Surin : Quels exercices de piété prescrivez-vous à l'honneur des Anges ?, Des exercices de piété, par le R.-P. Jean-Joseph Surin : Comment faut-il s'occuper des souffrances de Jésus-Christ ?, Des exercices de piété, par le R.-P. Jean-Joseph Surin : Comment faut-il s'exercer en ce qui regarde la Doctrine de Jésus-Christ ?, De la vie intérieure, et de la familiarité avec Jésus-Christ, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De la Mortification, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De l'amour du Père Surin pour la pauvreté, dans l'union avec Notre-Seigneur Jésus-Christ, De la présence de Dieu, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Du renouvellement de l'esprit, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Des Habits, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De la vie illuminative, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Degrés des vertus qu'on se propose d'acquérir, De l'amour admirable du Père Surin pour les souffrances, dans l'union avec Notre-Seigneur Jésus-Christ, De la réformation de l'entendement, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De la réformation de la colère, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De la vie Purgative, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, En quoi consiste la perfection chrétienne : pour l'acquérir il faut combattre, et pour sortir victorieux de ce combat, quatre choses sont nécessaires, Du devoir des Veuves, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Méditation sur la nécessité des progrès dans la vertu, De la Réduction des Hérétiques, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De quelques moyens de bien faire l'oraison mentale, et Pour la direction et la progression spirituelles : Quel chrétien êtes-vous ?.













dimanche 26 avril 2020

NEUVAINE EN L’HONNEUR DE NOTRE-DAME DE BON-CONSEIL




NEUVAINE EN L’HONNEUR DE NOTRE-DAME DE BON-CONSEIL

Les personnes qui désirent faire une neuvaine en l‘honneur de N.-D. de Bon-Conseil, soit pour se préparer à sa fête, soit pour obtenir d'Elle quelque faveur, peuvent réciter pendant neuf jours consécutifs l’une ou l'autre des prières qui précèdent ; si elles ne savent pas lire, elles peuvent se contenter de dire chaque jour le chapelet ou une partie du chapelet, en ajoutant après chaque dizaine l'invocation : Conseil, priez pour nous.
Il convient de faire le pèlerinage de Bon-Conseil, au moins le premier et le dernier jour de la neuvaine, et de la terminer par une bonne confession et une fervente communion.
Il est utile aussi de pratiquer pendant la neuvaine l'une ou l‘autre bonne œuvre, par exemple, faire une aumône en l‘honneur de la Sainte Vierge, visiter, soulager les malades, donner de bons conseils, mais surtout éviter par amour pour Marie tout ce qui peut offenser son divin Fils.


FÊTE DE N.-D. DE BON-CONSEIL

Le 26 avril est le jour spécialement consacré à honorer N.-D. de Bon-Conseil, à cause du fait mémorable qui s‘est passé ce jour-là (26 avril 1467) : La madone de Bon-Conseil, honorée à Scutari en Albanie, se transporta d’elle-même à Genezzano en Italie, où elle est aujourd'hui en grande vénération. La fête du 26 avril est établie en mémoire de cette translation miraculeuse, qui rendit N.-D. de Bon-Conseil célèbre dans tout l‘univers.
Cette fête se célèbre avec une grande solennité dans plusieurs églises, notamment chez les PP. Rédemptoristes qui, à l‘imitation de leur saint fondateur, ont une dévotion spéciale envers N.-D. de Bon-Conseil.
Outre la fête du 8 Septembre qui se célèbre déjà à la chapelle de Bon-Conseil, nous faisons des vœux pour que la fête du 26 Avril y soit aussi établie et soit célébrée chaque année au milieu d‘un grand concours de pèlerins.


CONFRÉRIE DE NOTRE-DAME DE BON-CONSEIL

Des confréries de N.-D. de Bon-Conseil sont établies dans les églises des PP. Rédemptoristes d‘Anvers et de Bruxelles où l‘on vénère la madone miraculeuse de Genezzano.
Sa Sainteté le Pape, Pie IX, par un bref du 16 décembre 1854, a recommande cette dévotion a la piété des fidèles, dans le but spécial d‘obtenir par Elle, la grâce de connaître sa vocation, ou l’état de vie que Dieu destine à chacun, et de bien accomplir les devoirs de l’état qu’on a embrassé.
Désirant en outre encourager cette dévotion, Sa Sainteté a daigné, par un bref du 16 avril 1858, l‘enrichir d'indulgences plénières et partielles. (...)


(Notice de l'Antique pèlerinage de Notre-Dame de Bon-Conseil)



NEUVAINE RELATIVE À L'APPARITION MIRACULEUSE DE LA SAINTE IMAGE DE NOTRE-DAME DE BON CONSEIL



1er Jour. CONSIDÉRATION SUR LE DÉPART DE L'IMAGE SAINTE ET MIRACULEUSE DE N.-D. DE LA VILLE DE SCUTARI, EN ALBANIE.

1er point. Le sujet de notre méditation, de notre émotion, et de nos larmes, en ce premier jour, sera le triste départ de l'Image miraculeuse de l'Albanie et de la ville de Scutari, où elle reposait jadis. Ah ! quel malheur pour un royaume, et pour un peuple d'être abandonné de Marie. Ce malheur fondit sur l'Albanie. Justement irrité par l'orgueil et les désordres de ce peuple, Dieu voulut le livrer à la fureur des Mahométans, qui avaient résolu de tout dévaster par le feu et le fer. Quand la Vierge Sainte s'aperçut qu'il n'y avait plus de miséricorde à espérer pour ce peuple, l'image sainte quitta la contrée pour aller se fixer à Génazzano. — Malheureuse Albanie ! malheureuse ville de Scutari.

2e point. Pour les peuples comme pour l'individu, il n'est point de plus grand malheur que celui d'être abandonné de Marie. Cet abandon est toujours le châtiment de nos infidélités, la dernière limite de notre misère, le signe évident de notre réprobation éternelle. S. Anselme affirme : De même que le salut est assuré à celui qui est aimé et protégé de Marie, de même la damnation est certaine pour celui qu'elle délaisse. Nous aussi, ô mon Dieu, nous avons mérité le même sort ! Ah ! Reine des Cieux ! Ah ! Mère du Bon Conseil, vous savez combien nous avons abusé de la miséricorde de votre Fils. Vous savez combien de fois nous nous sommes rendus indignes de votre protection, et comment nous avons été si souvent sourds à vos bons conseils, insensibles à votre sollicitude maternelle, pour nous jeter dans la fange du vice, en nous éblouissant par la pratique extérieure de quelques prières, dites du bout des lèvres. Hélas ! nous n'avons que trop justement mérité la perte de votre protection et de votre sollicitude à notre égard. À quoi devons-nous attribuer que le même malheur n'a pas été notre partage ? Uniquement à votre bonté et à votre miséricorde ineffable, Misericordioe Dominoe, quia non sumus consumpti. Nous vous remercions infiniment de cette grâce. Nous chanterons éternellement vos louanges. Nous vous bénissons sans fin, en vous promettant de nous ranger pour le reste de notre vie parmi vos serviteurs fidèles. Nous pouvons dire, qu'en abandonnant I'Albanie, vous avez travaillé à notre bonheur, puisque nous Vous possédons sur cet autel, nous avons le bonheur de Vous y honorer, de Vous y adresser de tout cœur nos salutations :
Je vous salue Marie, etc.
On récite 9 Ave Maria puis la prière, tirée d'un saint Père et mise en rapport avec le sujet de la méditation.


PRIÈRE de S. Anselme, archevêque de Cantorbery.
(Ex lib. Orat, orat. quae est 45.)

Ô très-Sainte et aimable Vierge Marie, je viens, plein de douleur et gémissant, implorer votre bonté, car j'ai honte de la multitude de mes péchés, je vous supplie de ne pas détourner les yeux de dessus moi quoique je sois semblable à un corps corrompu enfermé depuis plusieurs jours dans le tombeau. Ô Mère de miséricorde vous êtes venue en ce monde pour enfanter Jésus, vrai Dieu et vrai homme, en la miséricorde duquel je me confie. — Nous avons donc en vous une mère, qui plaide la cause des
pécheurs et obtient leur pardon. C'est pourquoi, ô Reine très clémente, ne me repoussez pas, mais ayez pitié de ma faiblesse humaine ; ranimez en moi la confiance afin que je ne vous abandonne jamais, mais que je sois consolé par vous. Je saurai que vous m'avez départi ce bien fait lorsque le feu des mauvais désirs qui me consume au-dedans et au-dehors aura été éteint en moi par votre secours. Et afin de réussir dans cette entreprise je suivrai vos pas, ô ma protectrice, qui, après Jésus, avez le plus de pouvoir au monde. Le monde a ses Apôtres, ses Patriarches, ses Prophètes, ses Martyrs, ses Confesseurs et ses Vierges que j'invoque aussi ; mais vous, ô grande Reine, vous êtes élevée bien au-dessus d'eux en puissance parce que vous êtes leur maîtresse ; et tout ce que vous pouvez faire de concert avec eux, vous le pouvez sans eux ; et pourquoi ? parce que vous êtes la mère de Notre Sauveur, l'épouse de Dieu, et la Reine des Cieux et de la terre. Je prends donc mon recours à vous et vous supplie de me secourir. Si vous n'intercédez pas pour moi personne ne voudra défendre ma cause, nul ne viendra à mon aide ; mais si vous daignez prier pour moi, tous prieront pour moi, tous m'aideront. Ô grande et aimable Reine, des centaines, oui, des milliers d'hommes ont été sauvés parce qu'ils vous ont invoquée, serais-je donc le seul que vous n'exauceriez pas ? Ô Reine clémente obtenez mon pardon et exaucez ma prière Soyez-moi une tour puissante contre les tentations du démon, une forteresse imprenable... Obtenez-moi, auprès de votre divin Fils, la grâce de persévérance dans le bien... Pour que, à la fin de mes jours, après avoir reçu d'abord tous les Saints Sacrements, je sois trouvé digne d'être reçu par l'ange de lumière et que, conduit par lui devant le trône du grand juge, j'obtienne par votre toute puissante intercession, ô grande Reine, la récompense de la vie éternelle. Ainsi soit-il.


Durant la Neuvaine, il sera très-utile de pratiquer l'une ou l'autre bonne œuvre : p. e.
1. De faire journellement une aumône en l'honneur de N. D.
2. Jeûner chaque jour, ou chaque Samedi.
3. Veiller à la garde des sens.
4. Visiter les pauvres, les prisonniers, les malades, leur donner bon conseil, les soulager par les consolations spirituelles et temporelles.
5. Réciter journellement trois fois : Gloire soit au Père etc. pour remercier la très sainte Trinité de l'honneur accordé à l'Image de N. D. de Bon Conseil ; et neuf fois la Salutation Angélique en l'honneur des neuf chœurs des Anges pour les inviter à remercier Dieu avec nous pour ces honneurs.



2e Jour. CONSIDÉRATION SUR LE NUAGE ET LA COLONNE DE FEU QUI ONT ACCOMPAGNÉ LA SAINTE IMAGE.

1er point. Lorsque Dieu conduisit autre fois par Moise le peuple d'Israël vers les plaines riantes de la Palestine, à travers le désert, le Tout-Puissant fit accompagner l'Arche d'alliance par deux colonnes mystérieuses, qui servirent de guides à ce peuple élu. Dieu voulut, par un effet de sa puissance, honorer de la même manière l'Image de N. D. de Bon Conseil lors de son départ de l'Albanie. À cette fin il fit descendre deux colonnes, l'une de feu, l'autre de nuages. Ces colonnes étaient destinées à accompagner cette Arche nouvelle ! Quel spectacle ravissant que celui de ces deux colonnes, devançant l'Image, tandis que d'innombrables esprits célestes entourant et portant dans leurs bras la statue vénérée firent retentir les airs nuit et jour de cantiques en l'honneur de Marie. Ô heureuse Génazzano ! c'est vers vous que se dirigent ces nombreux Pélérins ! Sachez apprécier votre bonheur, utilisez-le sagement pour votre salut.

2e point. Les deux colonnes du désert servirent aux Israelites pour les mener par la voie la plus sûre et la plus courte à la terre promise. La colonne de feu les dirigeait pendant la nuit, la colonne de nuages les précédait durant le jour. De cette manière le peuple d'Israël connut la direction sur cette route si longue et si dangereuse. Ces deux colonnes mystérieuses qui accompagnaient votre Image, ô Marie, n'ont-elles pas la même signification ? Oui nous considérons ces signes éclatants du ciel, comme des voix éloquentes, qui nous disent que vous êtes venue ici, pour conduire nos âmes au port du salut. La colonne de nuages est l'emblème de l'humilité, vertu si nécessaire à notre esprit, lors même qu'il sent intérieurement la paix, la consolation. Combien nous sommes faibles, privés de la précieuse humilité ! La colonne de feu nous rappelle la force de la grâce divine, qui éclaire notre entendement au milieu des tentations et des angoisses de notre âme, afin de nous fortifier, encourager et nous faire persévérer. Ces deux vertus nous sont assurées, ô Marie, par votre heureuse arrivée dans cette contrée. Nous venons donc honorer votre Sainte Image illustrée par des miracles éclatants depuis son départ de l'Albanie. Nous avons le ferme espoir d'entrer un jour avec vous dans la véritable terre promise ; c'est pourquoi nous vous disons de bouche et de cœur :
Je vous salue Marie, etc. neuf fois, voir le 1er jour.


PRIÈRE de St. Pierre-Damien.
(Ex tom IV.)

Ô Marie, très-Sainte More de Dieu, temple vivant de Dieu, royaume du Roi éternel, sanctuaire du Saint-Esprit, rejeton de la tige de Jessé, cèdre du Liban, rose de Jéricho, cyprès de Sion, vous qui sur passez tout par le privilège spécial de vos mérites, et gouvernez en personne le chœur des Anges... Ô lumière de Nazareth, gloire de Jérusalem, joie d'Israël, ornement du monde, splendeur du Christianisme ; Ô Reine de la terre, échelle du Ciel, trône de Dieu, porte du Paradis, écoutez, je vous en supplie, les prières des pauvres et ne repoussez pas les soupirs des malheureux. Accordez-nous, s'il vous plait, d'offrir à Notre Sauveur nos désirs et nos vœux, et quoique, à cause de nos péchés, ils méritent d'être repoussés, ils seront accueillis par votre intercession. Daignez donc effacer nos péchés, délivrez-nous des liens de nos crimes, relevez ceux qui sont tombés et délivrez les esclaves. Apaisez par vos prières notre juge pour qu'il devienne par votre intercession notre Sauveur et qu'ayant été rendu par voire intercession participant à notre humanité il nous rende par cette même intercession participants à sa divinité qui, avec le Père et le Saint-Esprit, vit et règne dans tous les siècles des siècles. Ainsi soit-il.


3e Jour. CONSIDÉRATION SUR LA DÉVOTION ÉDIFIANTE DES PIEUX PÈLERINS, QUI ACCOMPAGNENT LA S. IMAGE ET TRAVERSENT À PIEDS SECS LA MER ADRIATIQUE.

1er point. Considérons avec recueillement et avec le plus profond respect le grand miracle qui eut lieu en faveur des Pèlerins privilégiés qui accompagnèrent la sainte Image aux bords de la mer Adriatique, située à peu de distance de Scutari. — Voyant la sainte Statue précédée de deux colonnes et entourée du cortège des anges, passer les flots, et n'ayant point de navire à leur disposition pour la suivre, ils se prirent à répandre des larmes abondantes sur le rivage. Encouragés par la voix intérieure de celle que l'Église invoque comme « l'Étoile de la mer, Ave Maris Stella ! » ils mirent résolument les pieds sur les eaux, sentant celles-ci s'endurcir ils firent sur les ondes plus de deux cents lieues. Dieu, à qui rien n'est impossible, renouvela pour sa Mère le prodige qu'il fit éclater du temps de Moise, pour favoriser les juifs dans leur fuite. Rappelez-vous que les eaux se séparèrent comme deux murs, pour donner passage aux émigrants, dès que Moise toucha de sa verge l'onde de la mer. Sur un simple signe de Marie les eaux de la mer Adriatique prirent la consistance du marbre et du bronze. Là, le peuple d'Israël traversa à pieds secs les sables de l'abime ; ici, Marie protégeant ses en fan s chéris les fit marcher miraculeusement sur les flots endurcis. Ô miracle ! Ô prodige !

2e point. Combien d'autres miracles pourrions-nous ajouter à celui-ci, ô Mère de Bon Conseil, ô Reine, Conseillère céleste. Dieu vous donne à nous, malheureux enfants d'Eve, afin de nous aider, de nous éclairer, de nous guider dans cette vallée de larmes, et de nous conduire au milieu de la ténébreuse Égypte à travers les tempêtes et les précipices de ce monde corrompu vers la terre promise de la nouvelle Jérusalem, d'où vous voyez notre misère, et d'où votre cœur de Mère vielle sur nous. C'est ce que nous croyons fermement, avec pleine confiance dans votre protection. Il est vrai que cette vie est une mer semée d'écueils, et où règnent les plus grandes tempêtes ; mais remplis de confiance en vous, nous éviterons le naufrage. À cette fin nous venons avec une tendresse vraiment filiale vous saluer :
Je vous salue Marie, etc. neuf fois comme au premier jour.


PRIÈRE de St. Éphrem, diacre d'Édesse.
(Ex lib. de laud. Virgin. Deiparse)

Ô Immaculée, parfaite et chaste Vierge Marie, Mère de Dieu et notre Reine, vous qui avez enfanté d'une manière merveilleuse notre Sauveur, réconcilié le monde avec lui, et uni notre chair rebelle aux esprits célestes, vous êtes, après Jésus, l'unique espoir des affligés, l'unique secours des opprimés, l'unique consolation de ceux qui prennent leur recours à vous et l'imprenable forteresse des chrétiens. Je vous adresse ma prière, ne me repoussez pas quoique je sois un grand pécheur qui s'est perdu au milieu des honteux plaisirs du monde. Ô Marie, Mère de Dieu et mère de miséricorde, vous qui nous êtes si dévouée dans les difficultés de la vie, aidez-nous maintenant et toujours. Garantissez-moi contre les violentes attaques de mes ennemis spirituels, conduisez-moi sur le droit chemin de salut, et quand la dernière heure de ma vie sonnera, sauvez alors de tout danger mon âme remplie de misères, éloignez de moi la vue affreuse des démons ; préservez, au grand jour du jugement, mon âme, du jugement éternel de condamnation et conduisez-la dans l'éternelle assemblée des Saints et dans l'éternel héritage de voire Fils. Ô grande Reine et très-sainte Mère de Dieu, faites que, par votre protection et votre intervention, tous nos vœux soient exaucés ; nous vous en prions, par la grâce et la miséricorde de Jésus-Christ, notre Sauveur, à qui appartiennent, avec le Père éternel et le Saint-Esprit, tout honneur et gloire dans tous les siècles des siècles. Ainsi soit-il.


4e Jour. CONSIDÉRATION SUR L'ARRIVÉE MIRACULEUSE DE L'IMAGE DE N.-D. DE BON CONSEIL A GÉNAZZANO.

1er point. Le 25 avril 1467 vers le soir, arriva l'image de N. D. de Bon Conseil, que nous honorons sur cet autel. Quelle joie céleste inonde notre cœur, quand nous considérons ce présent du ciel, qui surpasse de beaucoup les richesses de la terre. Quels rayons de lumière et de gloire émanèrent de la face vénérable de Marie. À son entrée triomphante toutes les cloches se mirent spontanément en branle avec un accord harmonieux ; une lumière éblouissante éclaira l'église, les Anges qui avaient servi de cortège à l'Image la fixèrent à cet autel ; autel qui est devenu le Trône de la Reine des Cieux et de la Conseillère des Nations. Si, au moment où nous méditons cette arrivée miraculeuse, les Pèlerins qui accompagnèrent cette image bénie pouvaient élever leur voix du fond de leurs tombes, quel merveilleux récit ne nous feraient-ils de ce jour à jamais mémorable. « Témoins privilégiés du ciel, nous diraient-ils, nous avons vu ici, les premiers, l'image miraculeuse. À son arrivée l'Église fut inondée de lumière, les cloches retentirent d'elles-mêmes, les esprits célestes attachèrent l'image au mur, tandis que nos cœurs ravis d'une ineffable joie éclatèrent d'admiration : Ô Marie, ô trésor incomparable, ô don du Ciel, d'où nous vient-il tant de bonheur de vous posséder au milieu de nous ! Dites-nous les noms des Anges qui vous portèrent dans notre patrie. Ô heureuse contrée, ô Église élue, ô peuple béni, religieux, trop heureux d'être les gardiens de cette source, d'où jailliront sur nous et sur nos descendants les eaux salutaires de la grâce et du salut.

2e point. Il est hors de doute que les Anges qui accompagnèrent cette Image ravissante de l'Albanie vers Génazzano, ne soient souvent venus se prosterner invisiblement pour honorer et invoquer Marie. Si Dieu dans sa bonté daigna nous ouvrir les yeux, quelles phalanges de Chérubins et de Séraphins nous verrions inclinées et ravie devant cette sainte Image ! Par la joie et la consolation intérieure qui attendrissent nos âmes, pendant que nous entourons ici cet autel, ne participons-nous pas à l'allégresse laquelle animait jadis les habitants de Génazzano lorsqu'ils virent pour la première fois cette image ? Ne nous semble-t-il pas en ce moment entendre retentir dans Ce sanctuaire les hymnes des Anges ? Ô Marie, ô Marie ! périssent tous les trésors matériels pourvu que nous vous conservions au milieu de nous dans cette église, sur cet autel. Les Anges qui vous tiennent compagnie dans ce sanctuaire sont les gardiens de nos âmes, vos mains répandent sur nous des grâces abondantes, et de vos lèvres nous cueillons les conseils les plus sages. Mille grâces, mille louanges vous soient rendues, ô Marie, couvrez-nous toujours de votre manteau royal. Dorénavant nous voulons être entièrement à vous, et, au moment de notre trépas, nous espérons pouvoir exhaler notre âme à vos pieds. Animés de cet espoir nous vous disons :
Je vous salue, Marie, etc. neuf fois comme au premier jour.


PRIÈRE de St. Anselme, Archevêque de Cantorbery.
(Ex oral, quae est 51)


Ô Marie, ô Marie, vous êtes cette grande Vierge, cette grande Reine, que mon cœur veut aimer. Ma langue veut faire retentir vos louanges, mon esprit veut vous honorer, et mon âme veut vous adresser ses supplications. Vous êtes la Reine des Anges et la Souveraine de toute la terre. Je vous en supplie de toutes les forces de mon esprit : écoutez-moi, ô Souveraine, faites-moi grâce, aidez-moi de votre toute puissance. Ô Marie, espoir de la vie, chemin du salut, moyen de réconciliation, pays de la paix universelle, temple de la vie et du salut de tous, car c'est vous qui avez révélé et enfanté le Sauveur de l'humanité ; Ô Vierge bénie et mille fois bénie, belle et aimable Vierge ! pourquoi vous refuserais-je les inclinations de mon cœur ? Attendez un instant, ô Marie, afin qu'une âme qui vous cherche et vous désire puisse vous trouver. Ô grande Reine, vous êtes la mère de la justification et des justes, de la pacification et des pacifiés, du salut et des élus. Ô salutaire confiance ! Ô refuge assuré ! La mère de Dieu est notre mère, la Mère de Celui en qui nous mettons tout notre espoir et que nous craignons tous est aussi notre Mère ! notre Juge est donc notre Frère ! Quelles raisons avons-nous donc de ne pas avoir pleine confiance ? Pourquoi craignons-nous donc puisque notre jugement dépend de notre Frère et d'une si bonne Mère ? De quel amour ne devons-nous donc pas aimer un tel Frère et une telle Mère ? Ah ! bonne Mère, priez pour nous ! obtenez-nous les grâces dont nous avons tant besoin. Priez le Fils pour les enfants, le Fils unique pour les fils d'adoption, le Seigneur pour les esclaves. Ainsi soit-il.


5e Jour. CONSIDÉRATION SUR LE MOTIF OU LA CAUSE DE LA TRANSLATION DE CETTE IMAGE MIRACULEUSE À GÉNAZZANO.

1er point. Il ne nous est jamais permis d'approfondir les décrets adorables et souverainement sages de Dieu, vu que notre raison est trop limitée pour comprendre ces mystères ; mieux vaudrait nous prosterner et nous écrier avec l'Apôtre dans les sentiments d'une profonde adoration : Ô profondeur des trésors de la sagesse et de la science de Dieu ! que ses jugements sont incompréhensibles, et ses voies impénétrables ! (Rom. XI, 33) Si alors le motif d'un événement merveilleux parait clair, évident, nous devons le considérer, l'examiner et tâcher d'en retirer quelque profit spirituel. Aujourd'hui donc efforçons-nous d'approfondir ce saint mystère. La raison principale pour laquelle l'image sainte de N. D. de Bon Conseil abandonna l'Albanie et vint à Génazzano n'était pas seulement la bonté et la miséricorde de Marie, mais encore les mérites de la bienheureuse Petruccia, la gloire et l'honneur du tiers-ordre qu'elle avait embrassé. Les principaux historiens de cette époque en font le plus grand éloge, comme nous l'avons déjà dit au Chapitre second de la première Partie de cette histoire. Elle était choisie de Dieu pour attirer en cette contrée le grand trésor de cette image miraculeuse. Ravie en extase elle avait contemplé la dévastation de l'Albanie et le départ prochain de cette précieuse image. D'une grande pureté, consacrée à Dieu dès sa naissance elle adressait de ferventes prières à la Reine des Vierges pour qu'Elle daignât venir séjourner à Génazzano, sa patrie. Les larmes, les prières, les gémissements de cette âme si pure procurèrent ce grand bonheur à ces contrées, à toute l'Italie et à tant de peuples. Guidée par une inspiration divine, elle bâtit une Église en l'honneur de la Reine des Cieux. Elle prédit sa glorieuse arrivée ; et, humblement prosternée devant l'autel, elle eut le bonheur d'être la première à contempler cette image, de la recevoir, de la saluer et de la vénérer. Ah ! combien est agréable à Marie l'odeur du lis de la virginité ! Quelle sainte violence, quelle force invisible n'exercent pas sur le cœur de Marie et sur celui de son divin Fils les vierges consacrées par le vœu de chasteté. Ô Marie les vertus et la pureté de cette bienheureuse fille de Saint Augustin vous forcèrent de quitter l'Albanie, pour le salut de nos âmes et afin de les enrichir, à la vue de votre sainte Image, par des faveurs célestes.

2e point. Voilà une ample matière pour la méditation de ce jour. Une vie pure, un grand détachement de tout amour désordonné, c'est là l'unique moyen de nous rendre Marie favorable et de pouvoir aspirer au bonheur de la recevoir dans nos cœurs. La mortification des sens, la fuite des créatures, la prière, l'amour de la solitude, la pénitence, qui sont autant de moyens pour conserver intact le lis de la virginité ; la sainte pureté, la sainteté dans tous les états, sont les vertus qui plaisent surtout à Marie, qui la forcent à venir au milieu de nous, à s'intéresser à notre cause, et à exaucer avec une bonté vraiment maternelle nos prières et nos demandes. Par ces mêmes vertus la vierge Petruccia réussit à attirer l'Image Sainte de N. D. de Bon Conseil, et par la pratique de ces vertus nous devons nous efforcer de conserver ce trésor ; mais hélas ! ô puissante Reine, ô sainte Mère de Bon Conseil où trouverons-nous ces âmes qui ont conservé l'innocence baptismale ? où croît encore le lis intact blanc et argentin de la pureté virginale ? où est le cœur orné des vertus éclatantes qui firent de l'âme de Petruccia un jardin de délices ? Tous nous souhaitons certainement de vous posséder dans nos cœurs ; que vous daigniez nous recevoir au nombre de vos enfants chéris ; mais où se trouve la sainteté, le zèle que nous devrions montrer pour être considérés comme vos enfants ? Ah ! que notre aveuglement est déplorable ; nous désirons recevoir les faveurs de Marie et nous refusons de mener une vie pure et angélique pour plaire à Marie ! ô douce, pure, et bienveillante Mère Marie, voyez-nous, en ce moment, à vos pieds, couverts de honte et de confusion. Vous seule, êtes assez puissante pour nous obtenir, de votre divin Époux, l'Esprit saint, le don de chasteté et de sainteté. Prosternés devant votre sainte Image nous vous prions humblement de nous obtenir ces grâces : à cette intention nous vous disons avec l'Ange Gabriel :
Je vous salue Marie, etc. neuf fois comme le premier jour.


PRIÈRE de St. Jean Damascène.
(Ex hom. 1. in Dormit. B. M. V.)


Nous voici, ô grande Reine, et Mère de Dieu, agenouillés devant vous : nous nous confions à vous comme à une ancre sure d'espérance ; notre âme, notre esprit, notre corps, tout ce que nous possédons, nous vous le consacrons. Nous désirons de toutes nos forces vous honorer et vous louer. Nous savons bien que toutes nos louanges ne peuvent égaler vos mérites, daignez cependant, ô grande Reine et Mère de N. S. Jésus-Christ, nous regarder avec bienveillance et exciter en nous les sentiments que vous désirez de nous. Domptez le violent orage de nos passions déréglées, pour, après avoir calmé la mer, nous conduire au port de la volonté divine, et à l'entrée de la bienheureuse éternité : là nous nous réjouirons dans la lumière du Verbe incarné, votre Fils Jésus-Christ à qui soit, en même temps qu'au Père et au Saint-Esprit, tout honneur et gloire dans tous les siècles des siècles. Ainsi soit-il.


6e Jour. CONSIDÉRATION SUR LES PRINCIPAUX MIRACLES OPÉRÉS PAR N. D. DB BON CONSEIL À GENAZZANO.

1er point. Quel sujet d'admiration, quel sujet de joie et de confiance de considérer les nombreux miracles opérés par cette image merveilleuse dès son arrivée à Génazzano. Dans l'espace de trois mois et de dix-sept jours on en a compté cent cinquante-neuf. Quel spectacle ravissant de voir le grand nombre de fidèles, qui arrivaient non-seulement des contrées voisines, mais même des pays lointains : on y rencontrait des aveugles, des sourds, des muets, des paralytiques, des malades de toute espèce ; tous y venaient avec le ferme espoir de recouvrer la santé par l'intercession de N. D de Bon Conseil. Quel ne fut pas leur étonnement, quand, à peine entrés dans le sanctuaire, les aveugles recouvraient la vue, les sourds l'ouïe, les muets la parole, les boiteux la marche, les malades la santé ! Chose plus admirable encore plusieurs morts furent rendus à la vie par l'intercession de Marie. Quelles merveilles, quels miracles ! que de larmes de tendresse et de reconnaissance ne versaient pas les assistants quand ils entendaient de toutes parts retentir ces accents : Nous vous remercions, ô Marie, parce que vous nous avez rendu la santé ; d'autres comme ravis hors d'eux-mêmes : ô Marie que vous êtes belle, que vous êtes bonne, que vous êtes miséricordieuse ! Au simple aspect de votre image, l'âme recouvre la paix et la tranquillité, et le corps usé par les maladies les plus invétérées et les plus douloureuses éprouve une guérison subite et complète ! D'autres encore les yeux mouillés de larmes : par votre intercession ô Marie, nous vous quittons guéris et en parfaite santé, mais notre cœur restera en ce sanctuaire, déposé sur votre autel ; à notre retour nous annoncerons partout qu'à Génazzano se trouve une source inépuisable de bénédiction et de grâces : N. D. de Bon Conseil ; Ô habitants privilégiés, nous portons envie au bonheur dont vous jouissez de pouvoir l'approcher de si près et de l'invoquer à tout moment !

2e point. Grande était la satisfaction d'apprendre que cette source était inépuisable en bienfaits et en merveilles. Les miracles ne se bornaient pas aux personnes qui visitaient Génazzano ; il suffisait d'avoir une copie de l'image pour en éprouver les salutaires effets. Si, après avoir admiré les merveilles opérées dans l'ordre naturel, nous nous élevons à l'ordre surnaturel nous serons étonnés du grand nombre d'âmes aveugles et malheureuses par suite du péché, qui ont recouvré la lumière et le bonheur à la simple vue des copies de cette image de N. D. de Bon Conseil ! Grand nombre d'âmes sourdes et insensibles aux inspirations divines sont rentrées en elles-mêmes et ont obtenu l'usage de l'entendement ! Grand nombre d'âmes que Satan tenait enchaînées ont été rendues à la liberté par la vertu de cette image miraculeuse. Que d'âmes mortes à la grâce et déjà réduites à un état fétide, comme autrefois Lazare, en invoquant son secours, ont été rappelées à une vie nouvelle et sainte. Que d'âmes qui se trainaient sur la route de la perdition doivent à l'intercession de N. D. de Bon Conseil, la grâce de marcher d'un pas ferme dans la vertu et la perfection !... Voilà les grâces précieuses qui nous sont figurées par les miracles visibles opérés par cette sainte image. Ô très-sainte et très-aimable Mère de Bon Conseil, nous Vous remercions de tout cœur ; nous vous prions de vouloir bien veiller sur nos intérêts spirituels et temporels. Nous nourrissons une confiance sans bornes en votre puissante intercession ; mais, nous en sommes persuadés, plus étendu encore est votre amour et votre tendresse maternelle à notre égard. Animés par une confiance toute filiale nous vous invoquons par ces belles paroles :
Je vous salue Marie, etc. neuf fois comme au premier jour.


PRIÈRE de St. Germain, patriarche de Constantinople.
(Ex serin. Deipar. praesent. in Templo.)


Ô grande Mère de Dieu et épouse du Très-Haut, ô ma Reine, vous êtes, après Dieu, ma seule consolation dans mes souffrances, mon soulagement dans mes aridités, ma lumière dans les ténèbres, ma conductrice dans les dangers, mon soutien dans mes faiblesses, mon vêlement dans ma nudité, ma richesse dans ma misère, le baume de mes plaies. — Vous êtes mon soulagement dans mes plaintes, ma force dans mes craintes, mon salut dans mes liens, l'espoir de mon salut. — Je vous en supplie, daignez écouter mes prières, séchez mes larmes, ayez pitié de moi... Inclinez une oreille propice à mes supplications, et accédez à mes désirs, qui tendent tous à être admis un jour dans la demeure des bienheureux. Soyez ma conductrice, Ô ma Reine, mon refuge, ma vie, mon secours, mon espoir et mon salut. Obtenez-moi la grâce de participer un jour à l'ineffable joie de votre Fils. Je sais, qu'étant sa mère, vous en avez le pouvoir, et que tels sont aussi vos voeux. Ne permettez pas, ô Sainte Vierge, que je sois trompé dans mon attente, mais faites que cela arrive par votre Fils, à qui soient, avec le Père éternel et le Saint-Esprit, tout honneur et gloire dans les siècles des siècles. Ainsi soit-il.


7e Jour. CONSIDÉRATION SUR LE TITRE MYSTÉRIEUX DE N. D. DU PARADIS, DONNÉ À CETTE IMAGE, DÈS SON APPARITION À GÉNAZZANO.


1er point. Lors de son apparition à Génazzano le titre mystérieux de cette belle et vénérable image était : l'Image de Marie du Paradis : ce titre lui convenait de droit. Quand les fidèles virent pour la première fois apparaître à l'improviste cette sainte et ravissante image, annoncée par la sonnerie spontanée des cloches, entourée de rayons célestes et répandant une odeur suave, ils durent s'imaginer qu'elle descendait du ciel sur les ailes des chérubins et que la Reine du Paradis elle-même leur envoya ce trésor pour la sanctification des âmes, et pour en gratifier l'ordre de St. Augustin, qui existait depuis onze cents ans à Génazzano. De là le titre de N. D. du Paradis sous lequel elle était honorée. De quelle joie pure mon cœur se sent comblé en considérant le titre mystérieux de N. D. du Paradis ? Les Docteurs de l'Église, les saints Pères se sont souvent servis de ce titre de Marie du Paradis. Richard de S. Laurent appelle Marie, Paradis de délices, parce que les bienheureux du ciel trouvent en Marie, après Dieu, leurs plus grandes délices. L'abbé Rupert la nomme le Paradis du repos divin parce que tonte la sainte Trinité, le Père, le Fils et le Saint-Esprit reposent en elle et y éprouvent une joie indicible. Les docteurs de l'Église et les Saints la saluent par le titre de Paradis de nos âmes, parce qu'après Dieu, Marie est notre consolatrice et la cause de notre bonheur céleste. S. Grégoire de Nicomédie s'écrie dans un saint ravissement : Ô beauté qui l'emporte sur toutes les autres beautés ! ô Mère de Dieu que nous pouvons nommer la glorieuse, au-dessus de tout ce qui mérite le nom de gloire ! Autant de bienfaits et de grâces que nous rappelle ce titre de Marie du Paradis et dont l'aspect de cette sainte image doit réveiller la mémoire en nous.

2e point. Voici une seconde raison pour quoi cette image porte le titre de Marie du Paradis. Ne semble-t-il pas, quand on la considère attentivement, que son air virginal nous donne déjà un avant-goût du Paradis ? Contemplons ces yeux si clairs qui, tantôt comme ravis en extase se fixent rayonnants sur son enfant adorable, tantôt nous regardent avec attendrissement comme intercédant pour nous auprès de son divin Fils ? Quelle aménité, quelle douceur, quelle sainteté, quelle chasteté céleste ne reluisent pas sur cette figure resplendissante de pureté angélique ? Considérons avec une attention respectueuse cette figure virginale, qu'il n'a jamais été au pouvoir de l'artiste de rendre fidèlement, parce que ces traits paraissent plutôt tracés par un ange que par un homme. Cette face nous retrace la majesté, la grandeur, l'aménité, l'amour, la sainteté et la douceur du Paradis. Ô beauté aimable, ô figure du Paradis, ô très sainte, très chaste Mère du Fils unique de Dieu, Marie du Paradis, vous êtes remplie d'une joie toute céleste et nous vous honorons comme le Paradis spirituel de nos âmes. Entre vos mains nous avons remis l'affaire de notre salut, rien ne sera capable d'ébranler notre confiance. Nous attendons de vous toute espèce de faveurs spirituelles. Vous êtes Marie du Paradis, et Marie de Bon Conseil ; comme Mère de Bon Conseil, fournissez-nous une ample matière à méditation pour le jour suivant ; comme Marie du Paradis, excitez-nous à vous aimer, à vous honorer, et à vous invoquer de cœur et de bouche :
Je vous salue Marie, etc. neuf fois comme le premier jour.


PRIÈRE de St. Anselme, Évêque de Lucques.
(Ex med. Sup. Salve Regina.)


Ô chère Dame, vous êtes véritablement la Reine de miséricorde. Quand je vous contemple, je ne vois en vous que bonté ; c'est par amour pour les malheureux que vous êtes devenue la Mère de Dieu et que vous avez enfanté la miséricorde elle-même. Vous ne respirez que la miséricorde, et vous n'avez d'autre désir que de faire miséricorde. Qui est ce donc qui n'obtiendra pas de vous ce qu'il demande ? Ceux-là seulement qui ne savent pas eux-mêmes qu'ils sont malheureux. Qu'ainsi votre règne de miséricorde nous arrive, nous qui reconnaissons que nous sommes malheureux. Soyez à l'avenir notre vie ; une vie spirituelle qui entretient la vie de l'âme ; une vie qui chasse la mort, et qui rend les mortels, immortels. Ô chère, ô désirée, ô douce vie!... Mais puisque vous êtes ma vie, pourquoi ne vis-je donc pas entière ment pour vous ? Ô Dame de bonté, votre seule pensée fait déborder mon cœur de consolation ! C'est pourquoi, courbé sous le poids des maux, éloigné de la patrie céleste, privé de grâce, sevré de toute consolation maternelle, nous élevons nos voix vers vous ; car vous êtes notre Mère, notre secours, qui n'abandonne personne ; reprenez-nous parmi vos enfants, quoique nous vous ayons quittée, attirez-nous par vos charmes, et nourrissez-nous du lait de vos bienfaits... Malgré que nous soyons indignes de jouir de vos embrassements maternels, nous n'en avons pas moins de confiance en votre bonté, et nous espérons par là pouvoir en jouir. Eh qui ne désirerait pas d'aller vers vous, qui êtes pour tous, la protectrice, le trésor, la bonté même, vous, miroir de vertu, modèle de Sainteté, vous êtes affable et aimable envers tous. Ô Siège de la sagesse, fontaine de la bienveillance, rayon de la divinité, nous, accablés de péchés et entourés de misères, nous crions, nous gémissons vers vous. Vous êtes notre médiatrice, vous devez donc nous secourir ; montrez-nous donc, après cet exil, Jésus, le fruit béni de vos entrailles. Ô Dame, vous êtes secourable aux malheureux, bienveillante envers les suppliants, miséricordieuse envers les repentants, pleine de douceur à l'égard de ceux qui vous aiment. O clemens, o pia, o dulcis virgo Maria. Ainsi soit-il.


8e Jour. CONSIDÉRATION SUR LE TITRE MYSTÉRIEUX DE N. D. DE BON CONSEIL SOUS LEQUEL EST VÉNÉRÉE ACTUELLEMENT LA SAINTE IMAGE.

1er point. Sainte Mère du Bon Conseil, c'est le titre sous lequel nous vénérons et invoquons l'Image de la Reine des Cieux. On ignore, il est vrai, la raison pourquoi cette Image, nommée d'abord la Vierge du Paradis, a reçu plus tard le nom de N. D. de Bon Conseil. Les révolutions qui ont dévasté la contrée de Génazzano au 15e siècle, sont cause de la perte des documents importants relatifs à ce changement de nom. Le couvent et l'Église des Pères Augustins s'appelaient: la maison, l'Église de N. D. de Bon Conseil (le couvent de la Congrégation du T. S. Rédempteur de Scifelli, dans les États romains porte aussi le nom de maison de N. D. de Bon Conseil). Ainsi il est permis de croire que la Sainte Vierge a voulu être honorée sous ce nom d'une manière spéciale dans ce sanctuaire. Il est certain que les Pères de l'Église grecque ont donné ce titre à Marie. S. Cyrille, évêque d'Alexandrie, l'affectionnait tout particulièrement. En 430 il présidait au nom du Pape Célestin le troisième concile œcuménique, composé de 200 évêques, réunis à Éphèse pour condamner la doctrine impie et sacrilège de Nestorius. Dans son allocution il nomme Marie la très sage Conseillère de l'Église ; de même, dit il, que son divin Fils est le conseiller pour tous ceux qu'il a racheté. De droit donc, nous pouvons ajouter ce titre à celui de Marie du Paradis, car qui pourra entrer dans cette patrie céleste que celui dont la vie a été innocente, pure ou pénitente. De qui, sinon de N. D. de Bon Conseil recevrons-nous le saint et puissant conseil capable de nous déterminer à mener une vie vraiment chrétienne, et à avancer dans la voie étroite de la perfection ? Les docteurs de l'Église et les saints Pères l'appellent tantôt la Conseillère des Apôtres, tantôt la Conseillère des ignorants, dans un autre endroit Conseillère universelle, puis encore Conseillère capable de nous aider dans toutes les nécessités particulières. Que nos cœurs donc s'excitent à vénérer cette sainte image sous le titre de Notre Dame de Bon Conseil et à placer en Elle toute notre confiance.

2e point. Si nous considérons combien souvent nous avons abusé des conseils de notre bonne Mère, nous trouverons bien des motifs pour répandre des larmes amères. Que de fois notre bonne Mère ne nous adressa-t-elle pas ces doux reproches « Mon enfant, relevez-vous ; changez votre manière de vivre, retournez, le cœur contrit, à mon Fils ; n'abusez pas plus longtemps de sa miséricorde, brisez vos chaînes ; profitez de ce vent favorable qui vous pousse vers le port de la bienheureuse éternité ; ne tardez plus à prêter l'oreille à mes exhortations et à mes conseils. » Que de fois, quand on découvrit cette sainte Image et que nous la considérions, nous avons entendu une voix intérieure nous dire : rompez les chaînes de votre cou, ô fille de Sion captive depuis si longtemps. Mon fils que vous êtes à plaindre ; débarrassez-vous de ces chaînes, qui vous ont pesé si lourdement ; quittez ces occupations dangereuses qui n'ont été que trop longtemps un empêchement pour vous donner tout à Dieu ; suivez enfin mon  conseil et ne méprisez plus la parole de votre Mère. »
Comment notre cœur a-t-il répondu à cette bienveillante invitation. Quel profit avons-nous tiré de ces exhortations salutaires ? Avons-nous prêté l'oreille à notre Conseillère céleste ? Hélas ! couvrons-nous la face pour cacher notre honte et notre confusion. Ô Marie ! jusqu'ici nous n'avons été que trop ingrats pour tous vos bienfaits ; mais nous avons du repentir de notre conduite passée, nous faisons le ferme propos de nous améliorer et de suivre en fout votre Conseil, ô Mère de Bon Conseil, et pour obtenir ces grâces nous vous disons :
Je vous salue Marie, etc. neuf fois comme au premier jour.


PRIÈRE de St. Idelphonse, archevêque de Tolède.
(Ex lib. de Virgin. Maria;. Cap. 12.)


Ô Sainte Vierge, Mère de Dieu, et coopératrice de son incarnation, je viens me jeter à vos pieds et vous supplier de m'obtenir le pardon de mes péchés. Purifiez-moi de plus en plus de mes souillures, pour que je puisse aimer plus ardemment votre glorieuse puissance. Je vous prie de me faire mieux apprécier la bonté de votre divin fils, afin que je persévère inébranlablement à croire en lui. Ah ! puissé-je partout et toujours adorer le pouvoir suprême de mon Dieu et le vôtre, puissé-je toujours servir Dieu et vous, Dieu, comme mon créateur, et vous, comme sa mère, Dieu, comme mon sauveur, et vous comme sa coopératrice à cette délivrance, parce que l'humanité, par laquelle il a opéré mon salut, a été formée dans votre sein virginal. Celui qui est devenu mon Sauveur est votre Fils ; je suis dès lors votre serviteur, puisque votre Fils est mou Seigneur. Ah ! Sainte Vierge, je vous en prie, accordez-moi d'aimer Jésus avec les sentiments dans lesquels vous l'avez conçu, avec le même esprit, dans lequel vous l'avez conçu dans votre chaste sein, et d'arriver à la connaissance de Jésus, avec la même foi dans laquelle vous l'avez connu, conçu et enfanté. Ainsi soit-il !


9e Jour. CONSIDÉRATION SUR LA DÉVOTION ET LA CONFIANCE QUE NOUS DEVONS AVOIR DANS L'IMAGE MIRACULEUSE DE N. D. DE BON CONSEIL.

1er point. La raison et le devoir demandent que la reconnaissance égale le nombre et la grandeur des bienfaits. Marie nous aurait-elle pu procurer un plus grand bienfait que celui de nous avoir envoyé son image ! Ô Image sainte ! qui nous a été apportée de contrées si lointaines ! ô Image sainte ! qui est arrivée dans ce sanctuaire au milieu de tant de merveilles ! Ô Image sainte ! en vous contemplant nous nous sentons forcés de nous écrier : Ô bonne Mère, ô trésor du Paradis ! nous devons vous témoigner notre reconnaissance par nos fréquentes visites, par nos hommages continuels, et par la confiance à vous de mander conseil dans toutes nos entreprises. Souvent vous nous verrez prosternés à vos pieds, chaque samedi nous apporterons une offrande pour l'ornement de votre autel. Aurions-nous le malheur de manquer à nos promesses, nous mériterions que les prières faites dans ce sanctuaire s'élevassent contre nous ; que les tombes des religieux s'ouvrissent ; que les fidèles témoins de votre arrivée, que tous les hommes illustres et les souverains Pontifes qui sont venus en pèlerinage nu-pieds, des contrées les plus lointaines, se constituassent nos accusateurs pour nous reprocher notre ingratitude. Même nous mériterions que les saints Anges, qui sont préposés à la garde de votre sanctuaire, nous adressent ces amères paroles : « Ingrats, est-ce ainsi que vous répondez aux bienfaits de Dieu ? Ingrats, avez-vous témoigné votre reconnaissance à la Mère de Bon Conseil ! » Marie elle-même ne se verrait-elle pas obligée de nous dire : « Si vous me nommez votre Mère et voire Reine, où est l'honneur que vous me témoignez, où sont les marques de votre reconnaissance. » Nous nous exposons sans doute à de plus amers reproches si nous restons insensibles à un si insigne bienfait. (Voir la note qui suit cette méditation)

2e point. Esprits célestes qui entourez ce saint autel, indiquez-nous quelle doit être notre gratitude ? Pas simplement une gratitude de paroles mais de laits : pas une gratitude se bornant aux sentiments mais, passant aux œuvres ; pas une gratitude de pensées, mais une gratitude bien sentie ; un ferme propos de ne plus offenser son divin Fils, et de nous adonner, par amour pour Marie, à la pratique des plus héroïques vertus. De cette manière nous devons témoigner à Marie notre reconnaissance de ce qu'elle a bien voulu quitter l'Albanie et établir sa résidence au milieu de nous. L'ingratitude des Albaniens a forcé Marie de les abandonner ; abandon qu'ils déplorent encore et qui leur fait verser des larmes bien amères. Peut-être en vue de notre peu de reconnaissance et de notre indifférence, Marie nous quittera un jour? Ô Marie notre bonne Mère ! notre céleste Conseillère ne nous abandonnez pas ! il est vrai nous l'avons mérité par notre inconduite, mais nous vous promettons de témoigner plus d'amour et de vénération pour votre Sainte Image. Les yeux continuellement fixés sur vous, nous disons de tout cœur :
Je vous salue Marie, etc. neuf fois comme au premier jour.


PRIÈRE de St. Anselme, Archevêque de Cantorbery.
(Ex lib. Orat. quae est 50.)


Ô Vierge, honorée par la Chrétienté comme la bonne mère du genre humain ; Porte merveilleuse des esprits angéliques, très sainte Marie, moi, pauvre pécheur, je prends mon recours à votre miséricorde. Votre bon Fils convie les pécheurs à la pénitence ; et vous, sa bonne Mère, pourriez-vous repousser le pécheur ? Votre cher Fils est venu chercher le pécheur égaré, et vous, sa bonne Mère, pourriez-vous éloigner de vous le pécheur suppliant ? Ah ! pauvre pécheur, je reconnais ma faute, je suis incliné ici en présence de votre divin Fils et de Vous, la meilleure des Mères. — Ô cher Jésus, pardonnez au serviteur de serviteur de votre Mère ; ô bonne Mère, pardonnez au serviteur de votre Fils. Bon et divin Fils, apaisez votre Mère en faveur de votre serviteur ; bonne Mère réconciliez votre serviteur avec votre Fils ; placé entre ces deux affections je ne saurais succomber devant votre terrible rigueur. Ô bon Fils, ô bonne Mère, que la connaissance d'une si grande vérité ne me soit pas inutile, et que mon espoir ne soit pas déçu : j'aime la vérité, voilà pourquoi je la confesse ouvertement. — Dites-moi, Juge du monde, si Vous ne me pardonnez point, à qui accorderez-vous pardon ; dites-moi, Réconciliatrice de la terre, si vous ne me réconciliez pas avec votre Fils, qui réconcilierez-vous avec lui ? Ah ! Seigneur, si vous me condamnez ; ah ! Mère, si vous n'aidez pas un malheureux, qui fait un appel à votre bonté, et confesse sincèrement ses péchés, dites-moi donc, ô Jésus, qui sauverez-vous, dites-moi, ô Marie, de qui prendrez-vous la défense ? Serait-il possible, ô Jésus, que par votre ordre, ô Marie, que de votre consentement, un pécheur, qui reconnaît sa faute, soit condamné aux flammes éternelles ? Oh non, vous m'exaucerez. Eloignez vos regards de mes péchés, et rappelez-vous vos miséricordes. À cause de l'amour, dont vous abondez, et de la force, que vous possédez, je vous en supplie, affranchissez-moi des châtiments que j'ai mérités par mes péchés et aidez-moi à entrer, un jour, dans la joie éternelle du ciel. Ainsi soit-il.

À la fin de cette Neuvaine, on récite le cantique « Nous vous louons » ; et on la clôture par une bonne œuvre en l'honneur de Marie.



HYMNE DE RECONNAISSANCE envers Marie,

imitée du Te Deum par St. Bonaventure



Nous vous louons, ô Mère de Dieu.
Nous célébrons ô Marie ! votre Virginité très-sainte.
Toute la terre vous vénère, épouse du père Éternel ;
Tous les Anges et les Archanges, les Trônes et les Principautés vous servent avec fidélité.
Les Puissances, et les Vertus, les cieux des cieux et les Dominations obéissent à vos ordres.
Les Chérubins et les Séraphins sont devant votre trône dans des transports de joie.
Tous les Chœurs réunis des Esprits célestes ne cessent de répéter à l'envi :
Sainte ! Sainte ! Sainte ! est Marie Mère de Dieu ! Mère et toujours Vierge.
Les Cieux et la terre sont remplis de la glorieuse majesté du fruit de votre sein.
Le Chœur triomphant des Apôtres publie que vous êtes la Mère du Créateur.
La troupe brillante des martyrs vous glorifie comme Mère du Sauveur.
La glorieuse assemblée des Confesseurs vous nomme le Temple de l'Adorable Trinité.
Le chœur aimable des Vierges vous proclame le modèle de la Virginité et de l'humilité.
Toute la cour céleste vous invoque et vous révère comme sa Reine.
Dans tout l'univers l'Église et vous invoque et vous honore comme la Mère de la Majesté divine.
Vous êtes la vénérable et vraie Mère du roi des cieux, Mère sainte, douce et miséricordieuse.
Vous êtes la Souveraine des Anges et la porte du paradis :
L'Échelle mystérieuse du ciel, le trône de gloire, l'arche de clémence et de grâce.
Vous êtes la source de la miséricorde, la Mère et l'Épouse du Roi des siècles.
Vous êtes le temple et le sanctuaire de l'Esprit-Saint, le tabernacle de l'adorable Trinité.
Vous êtes la médiatrice entre Dieu et les hommes, la mère aimante des mortels.
Vous êtes le bouclier des agonisants, l'avocate des pauvres, la consolatrice et le refuge des pécheurs.
Vous êtes la dispensatrice des dons célestes, la terreur des démons et des superbes.
Vous êtes la souveraine du monde, la Reine du ciel, et après Dieu notre unique espérance.
Vous êtes le salut de ceux qui vous invoquent, le port du naufragé, la consolation du malheureux, et le refuge du pécheur prêt à périr.
Vous êtes la Mère de tous les Bienheureux; après Dieu leur joie la plus pure, et l'ineffable consolation de tous les habitants de la céleste Jérusalem.
C'est vous qui animez les justes, vous qui ramenez au bercail les brebis égarées ;
C'est vous qu'ont espérée les patriarches, vous qui vérifiez les oracles des Prophètes;
Vous avez éclairé les apôtres, enseigné les Évangélistes ;
Vous êtes la force des Martyrs, l'exemple des confesseurs, l'honneur et la joie des Vierges.
C'est vous qui pour sauver l'homme exilé du ciel, avez reçu dans votre sein le Fils de l’Éternel.
Par vous l'antique ennemi a été vaincu et le royaume des cieux a été ouvert aux Fidèles.
Vous siégez avec votre Fils à la droite du Tout-puissant :
Ô Vierge Marie ! Priez-le pour nous qui devons comparaître devant son tribunal.
Nous vous en prions, Venez au secours de vos serviteurs rachetés au prix du sang de votre divin Fils.
Obtenez-nous, ô Vierge Clémente ! d'être un jour associés à la gloire des élus.
Sauvez votre peuple, ô aimable Souveraine ! et faites que nous ayons part à l'héritage de votre Fils.
Étendez votre sceptre sur nous et conservez-nous pour la vie éternelle.
Chaque jour ô Mère ! nous vous saluons; et nous désirons vous louer jusque dans l'éternité.
Daignez ô douce Marie ! nous conserver maintenant et toujours, purs de tout péché.
Ayez pitié de nous, ô tendre Mère ! ayez pitié de nous.
Que votre miséricorde s'étende toute entière sur nous, parce qu'en vous ô Vierge Marie ! est toute notre confiance.
Par vous nous espérons tout obtenir, et arriver à la vie éternelle.
À Vous, ô Mère de Dieu ! soit toute louange, tout empire, toute puissance et toute gloire dans les siècles des siècles. Ainsi soit-il.



ANNOTATION

La Providence divine est admirable, impénétrables sont ses décrets. Ce n'est nullement, par hasard qu'un lieu où Marie était autrefois vénérée d'une manière toute particulière est devenu la propriété des religieux appartenant à une Congrégation que, Dieu semble avoir prédestinée pour vivifier dans notre siècle de corruption, la foi par la dévotion à Notre Dame. Un Sanctuaire dédié à S. Alphonse Marie de Liguori, ce grand serviteur de la Sainte Vierge, s'élève sur l'emplacement appartenant avant la grande révolution française aux Carmélites anglaises, qui actuellement sont établies à Cornwall en Angleterre. Les archives de ce couvent portent : qu'en 1619 une noble dame d'origine anglaise ayant nom Mary Lowel, fille du noble lord Roper, baron de Fegnham, fonda un couvent à Anvers, sur la place Hopland. La première supérieure de ce couvent, native de Louvain, se nommait Anne de l'Assomption ; Dieu l'avait désignée lui-même dans un ravissement à Anne de Barthélémy contemporaine et compagne de S. Térèse. La rue Hopland avait été choisie par le P. Thomas de Jésus, pour lors Provincial de l'ordre d'accord avec la première Prieure, qui tous deux avait eu une révélation à ce sujet de la Sainte Vierge elle-même. Le 1 Mai 1619, on y offrit pour la première fois le Saint Sacrifice de la Messe. Un jour que les religieuses firent une procession dans leur couvent en chantant le Regina Coeli, on entendit une voix sortir d'une muraille devant laquelle on passait. On la perça et une grande et belle statue de la Vierge s'y trouvait, que fut placée sur l'autel de la chapelle. Plusieurs personnes attestent y avoir reçu plusieurs faveurs particulières par l'intercession de la Sainte Vierge. À Londres existe une vie de la R. Mère Marie Xavier, qui porte que la S. Vierge lui apparut un jour et la remercia de l'avoir rétablie dans sa propre demeure. Les corps de plusieurs religieuses sont restés intacts après leur mort, et parmi ceux-ci on remarque surtout le corps de la Mère Marguerite des SS. Anges.
L'ouvrage intitulé Antverpia Christo nascens et crescens porte : « Le 21 Juillet 1678 mourut au couvent des Carmélites anglaises, Marie Marguerite des Anges. Elle naquit à Anvers le 12 Novembre 1617 ; son père se nommait Jean Wake, d'une ancienne et noble famille anglaise, sa mère Marie Thorny d'une famille distinguée. Entrée au couvent le 10 Juin 1653, elle fut admise aux voeux le 11 Juillet de l'année suivante. Jusqu'à trois fois elle fut élue prieure, et après avoir mené une vie très édifiante selon la stricte observance de ses Règles et de ses constitutions dans la pratique des plus héroïques vertus, elle mourut le 21 Juin 1678 à l'âge de 61 ans. En 1716, trente huit ans après sa mort, comme on voulait agrandir le lieu servant de sépulture aux religieuses, son corps fut trouvé intact tandis que son habit était consumé. Examen en fut fait en présence de sa Grandeur Pierre Joseph Évêque d'Anvers, et trois médecins dèclarèrent que cette conservation était tout-à-fait contraire aux lois de la nature. D'abord exposé à l'air il fut enfermé dans un cercueil à double clef dont tune fut portée à l'évêché, l'autre gardée au couvent. »
Tel est le récit d'un manuscrit de Marie Josèphe de S. Térèse, Prieure du couvent, dressé le 23 Juillet 1748, que j'ai entre les mains (J. C. Dierckiens. Antv. Christo nasc. et cresc. Tom. VII)
Les Carmélites anglaises au couvent de S. Joseph à Cornwall conservent des archives qui portent : « Lorsqu'en 1793 la révolution française menaçait de s'étendre aussi en Belgique, les religieuses de la rue Hopland se hâtèrent de prendre la route de l'Angleterre, elles voulurent emporter le corps de la Mère Marguerite des Anges, mais les autorités communales s'y opposèrent. »
Les vieillards à Anvers se souviennent encore que, lors de l'invasion française en Belgique, le caveau du couvent des carmélites fut ouvert et exposé à des violations sacrilèges. À cette occasion on transporta le corps de la Mère Marguerite à l'hôtel de ville, où on l'a laissé quelque temps dans un lieu indécent au milieu de ruines. Plus tard il a été transporté au lieu servant de sépulture aux Évêques. En 1842, quand Son Éminence le Cardinal Engelbert archevêque de Malines a fait transférer de la Place verte au caveau épiscopal les restes mortels de sa grandeur l'Évêque Spinosa, son Éminence a examiné les ossements de la Mère Marguerite des Anges, et les a fait enfermer dans un plus précieux cercueil. Voilà ce que nous lisons dans une lettre que le Révérend Monsieur le Doyen J. B. Beeckmans Archiprêtre d'Anvers, écrivit l'an 1846 aux religieuses de Cornwall qui lui avaient demandé quelques éclaircissements sur les restes de leur vénérable sœur.


(Histoire de Notre-Dame de Bon-Conseil)



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