jeudi 29 juin 2017

Méditation sur l'inquiétude de l'avenir


Carte de Tarot : Le Diable






1er point. Il y a un avenir dont nous ne devons point nous inquiéter.

C'est celui dont Dieu dispose indépendamment de nous et sans aucun concours de notre volonté : Que m'arrivera-t-il, disent tous les jours les mondains ? Serai-je heureux ou malheureux ? Tous mes jours sont comptés ; quel en sera le nombre, etc. ? Et ils consultent quelquefois pour le savoir, des Imposteurs, des Prophètes de mensonge, qui se jouent de leur crédulité, et qui les repaissent de leurs chimériques prédictions. Remarquez : 1°, que celui qui cherche à connaître l'avenir par les seules lumières de l'esprit humain, entreprend sur les droits de Dieu qui s'en est réservé la connaissance, et qui est résolu de nous la cacher : 2°, que, lorsque pour y parvenir, il a recours à des opérations suspectes, qui semblent évoquer les morts ou faire parler les Démons, sa curiosité est encore plus criminelle : 3°, que si sans chercher à la connaître, il s'en inquiète à l'excès, il offense le Seigneur par une défiance injurieuse à sa bonté.


2e point.
Il y a un avenir dont nous devons sans cesse être occupés.

C'est celui auquel on pense le moins, dont on s'inquiète le moins, c'est cet avenir éternel qui doit succéder à la courte durée de notre vie ; c'est le seul que Dieu nous ordonne de prévoir et auquel il nous avertit de nous préparer. Cet avenir est certain ; nous ne pouvons l'éviter, mais nous pouvons le rendre malheureux ou favorable par le bon ou le mauvais usage du présent.



Reportez-vous à Méditation sur l'incertitude de l'avenir, Méditation sur le délai de la conversion, Méditation sur le bon usage du temps présent, Médiums et faux exorcistes : disciples de Satan, Résultats du spiritisme : la folie et le suicide, Méditation sur le souvenir des jours que l'on a passé dans l'oubli de Dieu et de ses devoirs, Méditation sur le combat de la chair contre l'esprit, Méditation sur le fondement de l'espérance Chrétienne, Méditation sur l'application personnelle que l'on doit se faire à soi-même des maximes évangéliques, Méditation sur la soumission à la volonté de Dieu, Méditation sur la disposition habituelle où les Chrétiens doivent être à l'égard de leur mort, Méditation sur le mépris de la vie, Méditation sur le désir de la mort, Méditation sur la crainte de la mort, Méditation sur l'amour de la vie, Méditation sur le détachement des biens de ce monde, Méditation sur le renoncement au monde, Méditation sur le péché de scandale considéré dans ceux qui sont spécialement obligés d'édifier le prochain par leurs bons exemples, Méditation sur le péché de scandale, Méditation sur l'état d'une âme qui conserve encore la grâce du Baptême, Méditation sur les péchés d'habitude considérés dans leur fin, Méditation sur les péchés d'habitude considérés dans leurs progrès, Méditation sur les péchés d'habitude considérés dans leur origine, Méditation sur deux règles qu'un Chrétien doit toujours observer pour faire son salut dans le monde, Méditation sur les affaires du monde comparées à celles du salut, Méditation sur l'affaire du salut, Méditation sur ce qu'un Chrétien doit penser des richesses et des grandeurs du monde, Méditation sur l'illusion des prétextes dont on s'autorise pour ne pas quitter l'occasion du péché, Méditation sur la fuite des occasions prochaines du péché, Méditation sur deux sortes d'occasions prochaines du péché, Méditation sur la recherche volontaire de l'occasion prochaine du péché, Méditation sur l’œil qui scandalise, Méditation sur le jurement, Méditation sur l'homicide, Méditation sur les moyens d'acquérir la pureté du cœur, Méditation sur la pureté du cœur, Méditation sur l'attache au péché véniel, Méditation sur la distinction du péché mortel et du péché véniel, Méditation sur l'exemple de la multitude, Méditation sur la nécessité des progrès dans la vertu, Méditation sur la voie étroite, Méditation sur le discernement des bons et des mauvais exemples et Méditation sur la crainte de Dieu.














mercredi 28 juin 2017

Méditation sur la disposition habituelle où les Chrétiens doivent être à l'égard de leur mort


La conversion de Saint Paul sur le chemin de Damas, détail (Le Caravage)






1er point. Ils peuvent la craindre ou la désirer en certains moments, selon les différents points de vue dans lesquels ils l'envisagent.

C'est ainsi qu'en ont usé les Saints, qui sont nos maîtres et nos modèles. Écoutez Saint Paul : Je me sens pressé des deux cotés, disait-il aux premiers Fidèles : je désire de mourir pour être avec Jésus-Christ, ce qui est sans comparaison le meilleur ; mais il est nécessaire pour votre bien que je demeure encore sur la terre. Vous voyez qu'il balance, pour ainsi dire, entre le désir et la crainte de la mort. Il la désire pour être avec Jésus-Christ ; il la craint, parce qu'il ne voudrait pas abandonner le soin de l'Église naissante. D'un côté il voudrait quitter la vie pour aller à Dieu ; de l'autre, il consent à vivre pour le salut de ses frères.


2e point.
Notre disposition habituelle doit être une soumission entière à la volonté de Dieu, pour la vie ou pour la mort ;

Non seulement pour la mort en elle-même, mais pour le genre de mort auquel il lui plaira de nous condamner ; non seulement pour le genre de notre mort, mais pour le temps, pour l'âge, pour le jour et pour le moment où il voudra nous appeler à lui. Soit que nous vivions ou que nous mourions, disait Saint Paul, nous sommes toujours au Seigneur ; aucun de nous ne vit pour soi et ne meurt pour soi. Quand nous vivons, nous sommes à Dieu, parce que nous vivons pour lui dans sa grâce ; et quand nous mourons, nous sommes encore à lui, parce que nous mourons dans une ferme espérance de régner avec lui dans sa gloire.



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mardi 27 juin 2017

Dei Filius, Première constitution dogmatique du Concile Vatican I, sur la foi catholique



Pontificat de Sa Sainteté le Pape Pie IX





Concile Vatican I


Dei Filius


Première constitution dogmatique


sur la foi catholique


(24 avril 1870)





PIE, ÉVÊQUE,

SERVITEUR DES SERVITEURS DE DIEU



Le saint Concile approuvant, en perpétuel souvenir.



Le Fils de Dieu et Rédempteur du genre humain, Notre-Seigneur Jésus-Christ, sur le point de retourner à son Père céleste, a promis d'être avec son Église militante sur la terre, tous les jours, jusqu'à la consommation des siècles. C'est pourquoi il n'a cessé jamais en aucun temps d'être près de son épouse bien-aimée, de l'assister dans son enseignement, de bénir ses œuvres et de la secourir en ses périls. Or, tandis que cette Providence salutaire a constamment éclaté par beaucoup d'autres bienfaits innombrables, elle s'est montrée très-manifestement par les fruits abondants que l'univers chrétien a retirés des Conciles, et nommément du Concile de Trente, bien qu'il ait été célébré en des temps mauvais. En effet, grâce à cette assistance, les dogmes très-saints de la religion ont été définis avec plus de précision et exposés avec plus de développements, les erreurs condamnées et arrêtées, la discipline ecclésiastique rétablie et plus solidement raffermie, le clergé excité à l'amour de la science et de la piété, des collèges établis pour préparer les adolescents à la sainte milice, enfin les mœurs du peuple chrétien restaurées par un enseignement plus attentif des fidèles et par un plus fréquent usage des sacrements. Par là encore la communion des membres avec le chef visible a été rendue plus étroite et une nouvelle vigueur a été apportée à tout le corps mystique du Christ ; les familles religieuses se sont multipliées ainsi que d'autres institutions de la piété chrétienne ; et par là aussi une ardeur constante et assidue s'est montrée, jusqu'à l'effusion du sang, pour propager au loin dans l'univers le règne de Jésus-Christ.

Cependant, tout en rappelant, comme il convient à Notre âme reconnaissante, ces bienfaits insignes et d'autres encore, que la divine Providence a accordés à l'Église, surtout par le dernier Concile œcuménique, Nous ne pouvons retenir l'expression de notre douleur amère à cause des maux très-graves survenus principalement parce que, chez un grand nombre, on a ou méprisé l'autorité de ce saint Synode ou négligé ses sages décrets.

En effet, personne n'ignore qu'après avoir rejeté le divin magistère de l'Église, et les choses de la religion étant laissées ainsi au jugement privé de chacun, les hérésies proscrites par les Pères de Trente se sont divisées peu à peu en sectes multiples, de telle sorte que, séparées d'opinion et se déchirant entre elles, plusieurs enfin ont perdu toute foi en Jésus-Christ. Ainsi elles ont commencé à ne plus tenir pour divine la sainte Bible elle-même, qu'elles affirmaient autrefois être la source unique et le seul juge de la doctrine chrétienne, et même à l'assimiler aux fables mythiques.

C'est alors qu'a pris naissance et que s'est répandue au loin dans le monde cette doctrine du rationalisme ou du naturalisme qui, s'attaquant par tous les moyens à la religion chrétienne, parce qu'elle est une institution surnaturelle, s'efforce avec une grande ardeur d'établir le règne de ce qu'on appelle la raison pure et la nature, après avoir arraché le Christ, notre seul Seigneur et Sauveur, de l'âme humaine, de la vie et des mœurs des peuples. Mais la religion chrétienne étant ainsi laissée et rejetée, Dieu et son Christ niés, l'esprit d'un grand nombre est tombé dans l'abîme du panthéisme, du matérialisme et de l'athéisme, à ce point que, niant la nature raisonnable elle-même et toute règle du droit et du juste, ils s'efforcent de détruire les derniers fondements de la société humaine.

Il est donc arrivé malheureusement que, cette impiété s'étendant de toutes parts, plusieurs des Fils de l'Église catholique eux-mêmes sont sortis du chemin de la vraie piété, et qu'en eux le sens catholique s'est oblitéré par l'amoindrissement successif des vérités. Car, entraînés par des doctrines diverses et étrangères, et confondant à tort la nature et la grâce, la science humaine et la foi divine, ils finissent par altérer le sens propre des dogmes que tient et enseigne notre Mère la sainte Église, et par mettre en péril l'intégrité et la sincérité de la foi.

En présence de toutes ces calamités, comment se pourrait-il faire que l'Église ne fût pas émue jusqu'au fond de ses entrailles ? Car, de même que Dieu veut que tous les hommes soient sauvés et qu'ils arrivent à la connaissance de la vérité, de même que Jésus-Christ est venu afin de sauver ce qui était perdu et de rassembler dans l'unité les enfants de Dieu qui étaient dispersés ; de même l'Église, établie par Dieu mère et maîtresse des peuples, sait qu'elle se doit à tous, et elle est toujours disposée et préparée à relever ceux qui sont tombés, à soutenir les défaillants, à embrasser ceux qui reviennent à elle, à confirmer les bons et à les pousser vers la perfection. C'est pourquoi elle ne peut s'abstenir en aucun temps d'attester et de prêcher la vérité de Dieu qui guérit toutes choses, car elle n'ignore pas que c'est à elle qu'il a été dit : « Mon Esprit qui est en toi et mes paroles que j'ai posées en ta bouche ne s'éloigneront jamais de ta bouche, maintenant et pour l'éternité (Is. LIX, 21). »

C'est pourquoi, persistant à marcher sur les traces de Nos prédécesseurs, et selon le devoir de Notre charge apostolique, Nous n'avons jamais cessé d'enseigner et de défendre la vérité catholique et de réprouver les doctrines perverses. Mais, à présent, au milieu des Évêques du monde entier siégeant avec Nous et jugeant, réunis dans le Saint-Esprit par Notre autorité en ce synode œcuménique, appuyés sur la parole de Dieu écrite ou transmise par la tradition, telle que nous l'avons reçue, saintement conservée et fidèlement exposée par l'Église catholique, Nous avons résolu de professer et de déclarer, du haut de cette chaire de Pierre, en face de tous, la doctrine salutaire de Jésus-Christ en proscrivant et condamnant les erreurs contraires avec l'autorité qui nous a été confiée par Dieu.


CHAPITRE Ier. - De Dieu, Créateur de toutes choses.

La sainte Église catholique apostolique romaine croit et confesse qu'il y a un seul Dieu vrai et vivant, Créateur et Seigneur du ciel et de la terre, tout-puissant, éternel, immense, incompréhensible, infini en intelligence et en volonté et en toute perfection ; qui, étant une substance spirituelle unique, absolument simple et immuable, doit être proclamé comme réellement et par essence distinct du monde, très-heureux en soi et de soi, et indiciblement élevé au-dessus de tout ce qui est et peut se concevoir en dehors de lui.

Ce seul vrai Dieu, par sa bonté et sa vertu toute-puissante, non pas pour augmenter son bonheur, ni pour acquérir sa perfection, mais pour la manifester par les biens qu'il distribue aux créatures, et de sa volonté pleinement libre, a créé de rien, dès le commencement du temps, l'une et l'autre créature, la spirituelle et la corporelle, c'est-à-dire l'angélique et celle qui appartient au monde, et ensuite la créature humaine formée, comme étant commune, d'un esprit et d'un corps (Conc. De Latr. IV, c. 1. Firmiter).

Or, Dieu protège et gouverne par sa Providence tout ce qu'il a créé, atteignant avec force d'une fin à l'autre et disposant toutes choses avec suavité (Sagesse, VIII, 1), car, toutes choses sont nues et ouvertes devant ses yeux (Cf. Hébr. IV, 13), même celles qui doivent arriver par l'action libre des créatures.


CHAPITRE II. - De la Révélation.

La même sainte Mère Église tient et enseigne que Dieu, principe et fin de toutes choses, peut être certainement connu par les lumières naturelles de la raison humaine, au moyen des choses créées (Rom. 1, 20) ; « car les choses invisibles de Dieu sont aperçues au moyen de la création du monde et comprises à l'aide des choses créées. » Cependant il a plu à la sagesse et à la bonté de Dieu de se révéler lui-même à nous et de nous révéler les décrets éternels de sa volonté par une autre voie surnaturelle, selon ce que dit l'Apôtre : « Dieu, qui a parlé à nos pères par les Prophètes plusieurs fois et de plusieurs manières, nous a parlé en ces derniers temps et de nos jours par son Fils. (Hébr. I, 1,2). »
C'est bien à cette révélation divine que l'on doit que tous les hommes puissent promptement connaître, même dans l'état présent du genre humain, d'une certitude incontestable et sans aucun mélange d'erreur, celles des choses divines qui ne sont pas de soi inaccessibles à la raison humaine. Cependant, ce n'est pas à cause de cela, que l'on doit dire la révélation absolument nécessaire, mais c'est parce que Dieu, dans sa bonté infinie, a élevé l'homme à une fin surnaturelle, c'est-à-dire pour le mettre en état de participer aux biens divins qui surpassent tout à fait l'intelligence de l'homme, « car l'œil de l'homme n'a point vu, son oreille n'a point entendu, son cœur n'a pu s'élever à comprendre ce que Dieu a préparé pour ceux qui l'aiment (I. Cor., II, 9). »

Or, cette révélation surnaturelle, selon la foi de l'Église universelle qui a été déclarée par le saint Concile de Trente, est contenue dans les livres écrits et dans les traditions non écrites qui, reçues de la bouche de Jésus-Christ même par les Apôtres, ou transmises comme par les mains des Apôtres, sous l'inspiration du Saint-Esprit, sont venues jusqu'à nous (Conc. de Trent. Sess. IV, Décr. de Can. Script.) Et ces livres de l'Ancien et du Nouveau Testament doivent être reconnus pour saints et canoniques en entier, dans toutes leurs parties, tels qu'ils sont énumérés dans le décret du Concile de Trente et comme on les lit dans l'antique édition latine de la Vulgate. Ces livres, l'Église les tient pour saints et canoniques, non point parce que, composés par la seule habileté humaine, ils ont été ensuite approuvés par l'autorité de l'Église ; et non pas seulement parce qu'ils contiennent la révélation sans erreur, mais parce que, écrits sous l'inspiration de l'Esprit saint, ils ont Dieu pour auteur et qu'ils ont été livrés comme tels à l'Église elle-même.

Mais parce que quelques hommes comprennent mal ce que le saint Concile de Trente a décrété salutairement touchant l'interprétation de la divine Écriture, afin de maîtriser les esprits téméraires, Nous, renouvelant le même décret, Nous déclarons que l'esprit de ce décret est que, dans les choses de la foi et des mœurs qui concernent l'édifice de la doctrine chrétienne, il faut tenir pour le vrai sens de la sainte Écriture celui qu'a toujours tenu et que tient Notre sainte Mère l'Église, à qui il appartient de juger du vrai sens et de l'interprétation des saintes Écritures ; en sorte qu'il n'est permis à personne d'interpréter l'Écriture contrairement à ce sens, ou même contrairement au sentiment unanime des Pères.


CHAPITRE III. - De la Foi.

Puisque l'homme dépend tout entier de Dieu comme de son Créateur et Seigneur, puisque la raison créée est absolument sujette de la vérité incréée, nous sommes tenus de rendre par la foi à Dieu révélateur l'hommage complet de notre intelligence et de notre volonté. Or, cette foi, qui est le commencement du salut de l'homme, l'Église catholique professe que c'est une vertu surnaturelle, par laquelle, avec l'aide de la grâce de Dieu aspirante, nous croyons vraies les choses révélées, non pas à cause de la vérité intrinsèque des choses perçue par les lumières naturelles de la raison, mais à cause de l'autorité de Dieu lui-même, qui nous les révèle et qui ne peut ni être trompé ni tromper. Car la foi, selon le témoignage de l'Apôtre, « est la substance des choses que l'on doit espérer, la raison des choses qui ne paraissent pas (Héb. XI, 1). » 

Néanmoins, afin que l'hommage de notre foi fût d'accord avec la raison, Dieu a voulu ajouter aux secours intérieurs de l'Esprit saint les preuves extérieures de sa révélation, à savoir les faits divins et surtout les miracles et les prophéties, lesquels, en montrant abondamment la toute-puissance et la science infinie de Dieu, sont les signes très-certains de la révélation divine et appropriés à l'intelligence de tous. C'est pour cela que Moïse et les Prophètes et surtout le Christ Seigneur lui-même ont fait tant de miracles et de prophéties d'un si grand éclat ; c'est pour cela qu'il est dit des apôtres : « Pour eux, s'en étant allés, ils prêchèrent partout avec la coopération du Seigneur, qui confirmait leurs paroles par les miracles qui suivaient (Marc XVI, 20). » Et encore : « Nous avons une parole prophétique certaine, à laquelle vous faites bien de prendre garde, comme à une lumière qui luit dans un endroit ténébreux (II. Petr. 1, 19). »

Mais encore bien que l'assentiment de la foi ne soit pas un aveugle mouvement de l'esprit, personne cependant ne peut adhérer à la révélation évangélique, comme il le faut pour obtenir le salut, sans une illumination et une inspiration de l'Esprit saint qui fait trouver à tous la suavité dans le consentement et la croyance à la vérité (Conc. d'Orange II, can. 7). C'est pourquoi la foi en elle-même, alors même qu'elle n'opère pas par la charité, est un don de Dieu, et son acte est une œuvre qui se rapporte au salut, acte par lequel l'homme offre à Dieu lui-même une libre obéissance, en consentant et en coopérant à sa grâce, à laquelle il pourrait résister.

Or, on doit croire d'une foi divine et catholique tout ce qui est contenu dans les saintes Écritures et dans la tradition, et tout ce qui est proposé par l'Église comme vérité divinement révélée, soit par un jugement solennel, soit par son magistère ordinaire et universel.

Mais, parce qu'il est impossible sans la foi de plaire à Dieu et d'être compté au nombre de ses enfants, personne ne se trouve justifié sans elle, et ne parvient à la vie éternelle s'il n'y a persévéré jusqu'à la fin. Et pour que nous puissions satisfaire au devoir d'embrasser la vraie foi et d'y demeurer constamment attachés, Dieu, par son Fils unique, a institué l'Église et l'a pourvue de marques visibles de son institution, afin qu'elle puisse être reconnue de tous comme la gardienne et la maîtresse de la parole révélée. Car à l'Église catholique seule appartiennent tous ces caractères si nombreux et si admirables établis par Dieu pour rendre évidente la crédibilité de la foi chrétienne. Bien plus, l'Église, par elle-même, avec son admirable propagation, sa sainteté éminente et son inépuisable fécondité pour tout bien, avec son unité catholique et son immuable stabilité, est un grand et perpétuel argument de crédibilité, un témoignage irréfragable de sa mission divine. Et par là, il se fait que, comme un signe dressé au milieu des nations (Is. XI. 12), elle attire à elle ceux qui n'ont pas encore cru, et elle donne à ses enfants la certitude que la foi qu'ils professent repose sur un très solide fondement.

À ce témoignage s'ajoute le secours efficace de la vertu d'en-haut. Car le Seigneur très-miséricordieux excite et aide par sa grâce les errants, afin qu'ils puissent arriver à la connaissance de la vérité, et ceux qu'il a tirés des ténèbres à son admirable lumière, il les confirme par sa grâce afin qu'ils demeurent dans cette même lumière, n'abandonnant personne, à moins d'être abandonné. Aussi la condition de ceux qui ont adhéré à la vérité catholique par le don divin de la foi n'est nullement la même que celle de ceux qui, conduits par les opinions humaines, suivent une fausse religion ; car ceux qui ont embrassé la foi sous le ministère de l'Église ne peuvent jamais avoir un juste motif de l'abandonner et de révoquer en doute cette foi. C'est pourquoi, rendant grâces à Dieu le Père, qui nous a fait dignes de participer au sort des saints dans la lumière, ne négligeons pas le salut qui est d'un si grand prix ; mais plutôt, les yeux attachés sur Jésus, l'auteur et le consommateur de la foi, gardons le témoignage inébranlable de notre espérance.


CHAPITRE IV. - De la Foi et de la Raison.

Dans son enseignement qui n'a pas varié l'Église catholique a tenu et tient aussi qu'il existe deux ordres de connaissances, distincts non seulement par leur principe, mais encore par leur objet : par leur principe, attendu que dans l'un nous connaissons par la raison naturelle, dans l'autre par la foi divine ; par leur objet, parce qu'en dehors des choses auxquelles la raison naturelle peut atteindre, il y a des mystères cachés en Dieu, proposés à notre croyance, que nous ne pouvons connaître que par la révélation divine. C'est pourquoi l'Apôtre, qui atteste que Dieu est connu aux nations par les choses créées, dit cependant, à propos de la grâce et de la vérité qui a été faite par Jésus-Christ (Jean, I, 17) : « Nous parlons de la sagesse de Dieu en mystère, sagesse cachée que Dieu a prédestinée pour notre gloire avant les siècles, qu'aucun des princes de ce siècle n'a connue, mais que Dieu nous a révélée par son Esprit : car l'Esprit scrute toutes choses, les profondeurs même de Dieu (I. Cor. II, 7-9). » Et le Fils unique lui-même rend témoignage au Père de ce qu'il « a caché ces choses aux sages et aux prudents et les a révélées aux petits (Math. XI, 25). » Lorsque la raison, de son côté, éclairée par la foi, cherche soigneusement, pieusement et prudemment, elle saisit, par un don de Dieu, quelque intelligence et même très-fructueuse des mystères, tant par l'analogie des choses qu'elle connaît naturellement, que par le rapport des mystères entre eux et avec la fin dernière de l'homme ; mais elle ne devient jamais apte à les percevoir comme les vérités qui constituent son objet propre. Car les mystères divins surpassent tellement par leur nature l'intelligence créée, que, bien que transmis par la révélation et reçus par la foi, ils demeurent encore couverts du voile de la foi elle-même, et comme enveloppés d'une sorte de nuage, tant que nous voyageons en pèlerins dans cette vie mortelle, hors de Dieu ; « car nous marchons guidés par la foi et non par la vue (II. Cor. 5. 7). »

Mais quoique la foi soit au-dessus de la raison, il ne peut jamais y avoir de véritable désaccord entre la foi et la raison ; car c'est le même Dieu qui révèle les mystères et communique la foi, qui a répandu dans l'esprit humain la lumière de la raison, et Dieu ne peut se nier lui-même, ni le vrai contredire jamais le vrai. Cette vaine apparence de contradiction vient principalement ou de ce que les dogmes de la foi n'ont pas été compris et exposés suivant l'esprit de l'Église, ou de ce que les écarts d'opinion sont pris pour des jugements de la raison. Nous déclarons donc toute proposition contraire à une vérité, attestée par la foi, absolument fausse (Concile de Latran V, Bulle Apostolici regiminis). De plus, l'Église, qui a reçu, avec la mission apostolique d'enseigner, le mandat de garder le dépôt de la foi, tient aussi de Dieu le droit et la charge de proscrire la fausse science, afin que nul ne soit trompé par la philosophie et la vaine sophistique (Coloss. II, 8). C'est pourquoi tous les chrétiens fidèles non-seulement ne doivent pas défendre comme des conclusions certaines de la science les opinions qu'on sait être contraires à la doctrine de la foi, surtout lorsqu'elles ont été réprouvées par l'Église ; mais encore ils sont obligés de les tenir bien plutôt pour des erreurs qui se couvrent de l'apparence trompeuse de la vérité.

Et non-seulement la foi et la raison ne peuvent jamais être en désaccord, mais elles se prêtent aussi un mutuel secours ; la droite raison démontre les fondements de la foi, et, éclairée par sa lumière, elle cultive la science des choses divines ; la foi délivre et prémunit la raison des erreurs, et l'enrichit d'amples connaissances. Bien loin donc que l'Église soit opposée à l'étude des arts et sciences humaines, elle la favorise et la propage de mille manières. Car elle n'ignore ni ne méprise les avantages qui en résultent pour la vie des hommes ; bien plus, elle reconnaît que les sciences et les arts venus de Dieu, le Maître des sciences, s'ils sont dirigés convenablement, conduisent à Dieu, avec l'aide de sa grâce ; et elle ne défend pas assurément que chacune de ces sciences, dans sa sphère, ne se serve de ses propres principes et de sa méthode particulière ; mais, tout en reconnaissant cette juste liberté, elle veille avec soin pour les empêcher de tomber dans l'erreur en se mettant en opposition avec la doctrine divine, ou en dépassant leurs limites propres pour envahir et troubler ce qui est du domaine de la foi.

Car la doctrine de la foi que Dieu a révélée n'a pas été livrée comme une invention philosophique aux perfectionnements de l'esprit humain, mais elle a été transmise comme un dépôt divin à l'Épouse du Christ pour être fidèlement gardée et infailliblement enseignée. Aussi doit-on toujours retenir le sens des dogmes sacrés que la sainte Mère Église a déterminé une fois pour toutes, et ne jamais s'en écarter sous prétexte et au nom d'une intelligence supérieure de ces dogmes. Croissent donc et se multiplient abondamment, dans chacun comme dans tous, chez tout homme aussi bien que dans toute l'Église, durant le cours des âges et des siècles, l'intelligence, la science et la sagesse ; mais seulement dans le rang qui leur convient, c'est-à-dire dans l'unité de dogme, de sens et de manière de voir (Vincent de Lérins, Common. n. 28).


CANONS

I - De Dieu Créateur de toutes choses.

I. Si quelqu'un nie un seul vrai Dieu, Créateur et maître des choses visibles et invisibles ; qu'il soit anathème.
II. Si quelqu'un ne rougit pas d'affirmer qu'en dehors de la matière, il n'existe rien ; qu'il soit anathème.
III. Si quelqu'un dit qu'il n'y a qu'une seule et même substance ou essence de Dieu et de toutes choses ; qu'il soit anathème.
IV. Si quelqu'un dit que les choses finies, soit corporelles, soit spirituelles, ou du moins les spirituelles, sont émanées de la substance divine ; Ou que la divine essence par la manifestation ou l'évolution d'elle-même devient toutes choses ; Ou enfin que Dieu est l'Être universel et indéfini qui, en se déterminant lui-même, constitue l'universalité des choses réparties en genres, espèces et individus ; qu'il soit anathème.
V. Si quelqu'un ne confesse pas que le monde et que toutes les choses qui y sont contenues soit spirituelles, soit matérielles, ont été, quant à toute leur substance, extraites du néant par Dieu ; Ou dit que Dieu a créé, non par sa volonté libre de toute nécessité, mais aussi nécessairement que nécessairement il s'aime lui-même ; Ou nie que le monde ait été fait pour la gloire de Dieu ; qu'il soit anathème.

II. - De la Révélation.

I. Si quelqu'un dit que Dieu unique et véritable, notre Créateur et Maître, ne peut pas être connu avec certitude par la lumière naturelle de la raison humaine, au moyen des choses qui ont été créées ; qu'il soit anathème.
II. Si quelqu'un dit qu'il ne peut pas se faire, ou qu'il ne convient pas que l'homme soit instruit par la révélation divine sur Dieu et sur le culte qui doit lui être rendu ; qu'il soit anathème.
III. Si quelqu'un dit que l'homme ne peut pas être divinement élevé à une connaissance et à une perfection qui dépasse sa nature, mais qu'il peut et doit arriver de lui-même à la possession de toute vérité et de tout bien par un progrès continu ; qu'il soit anathème.
IV. Si quelqu'un ne reçoit pas dans leur intégrité, avec toutes leurs parties, comme sacrées et canoniques, les Livres de l'Écriture, comme le saint concile de Trente les a énumérés, ou nie qu'ils soient divinement inspirés ; qu'il soit anathème.

III. - De la Foi.

I. Si quelqu'un dit que la raison humaine est indépendante, de telle sorte que la foi ne peut pas lui être commandée par Dieu ; qu'il soit anathème.
II. Si quelqu'un dit que la foi divine ne se distingue pas de la science naturelle de Dieu et des choses morales, et que, par conséquent, il n'est pas requis pour la foi divine que la vérité révélée soit crue à cause de l'autorité de Dieu, qui en a fait la révélation ; qu'il soit anathème.
III. Si quelqu'un dit que la révélation divine ne peut devenir croyable par des signes extérieurs, et que, par conséquent, les hommes ne peuvent être amenés à la foi que par la seule expérience intérieure de chacun d'eux, ou par l'inspiration privée ; qu'il soit anathème.
IV. Si quelqu'un dit qu'il ne peut y avoir de miracles, et, par conséquent, que tous les récits de miracles, même ceux que contient l'Écriture sainte, doivent être relégués parmi les fables ou les mythes ; ou que les miracles ne peuvent jamais être connus avec certitude, et que l'origine divine de la religion chrétienne n'est pas valablement prouvée par eux ; qu'il soit anathème.
V. Si quelqu'un dit que l'assentiment à la foi chrétienne n'est pas libre, mais qu'il est produit nécessairement par les arguments de la raison humaine ; ou que la grâce de Dieu n'est nécessaire que pour la foi vivante, qui opère par la charité ; qu'il soit anathème.
VI. Si quelqu'un dit que les fidèles et ceux qui ne sont pas encore parvenus à la foi uniquement vraie sont dans une même situation, de telle sorte que les catholiques puissent avoir de justes motifs de mettre en doute la foi qu'ils ont reçue sous le magistère de l'Église, en suspendant leur assentiment jusqu'à ce qu'ils aient obtenu la démonstration scientifique de la crédibilité et de la vérité de leur foi ; qu'il soit anathème.

IV. - De la Foi et de la Raison.

I. Si quelqu'un dit que, dans la révélation divine, il n'y a aucun mystère vrai et proprement dit, mais que tous les dogmes de la foi peuvent être compris et démontrés par la raison convenablement cultivée, au moyen des principes naturels ; qu'il soit anathème.
II. Si quelqu'un dit que les sciences humaines doivent être traitées avec une telle liberté que l'on puisse tenir pour vraies leurs assertions, quand même elles seraient contraires à la doctrine révélée ; et que l'Église ne peut les proscrire ; qu'il soit anathème.
III. Si quelqu'un dit qu'il peut se faire qu'on doive quelquefois, selon le progrès de la science, attribuer aux dogmes proposés par l'Église un autre sens que celui qu'a entendu et qu'entend l'Église ; qu'il soit anathème.

C'est pourquoi, remplissant le devoir de Notre charge pastorale suprême, Nous conjurons par les entrailles de Jésus-Christ tous les fidèles du Christ, surtout ceux qui sont à leur tête ou qui sont chargés d'enseigner, et, par l'autorité de ce même Dieu, Notre Sauveur, Nous leur ordonnons d'apporter tout leur zèle et tous leurs soins à écarter et à éliminer de la sainte Église ces erreurs et à propager la très-pure lumière de la foi.

Mais, parce que ce n'est pas assez d'éviter le péché d'hérésie, si l'on ne fuit aussi diligemment les erreurs qui s'en rapprochent plus ou moins, Nous avertissons tous les chrétiens du devoir qui leur incombe d'observer les Constitutions et les Décrets par lesquels le Saint-Siège a proscrit et condamné les opinions perverses de ce genre, qui ne sont pas énumérées ici tout au long.

Donné à Rome, en session publique solennellement célébrée dans la basilique Vaticane, l'an de l'Incarnation de Notre-Seigneur mil huit cent soixante-dixième, le vingt-quatrième jour d'avril, la vingt-quatrième année de Notre Pontificat.

C'est ainsi.


JOSEPH, Évêque de S. Pœlten, Secrétaire du Concile du Vatican.






Reportez-vous à 2e Constitution dogmatique du Concile Vatican I, sur l'infaillibilité pontificale et la primauté du Pape et Litanies des Saints Pères et Saints Docteurs de l’Église.


Lire Mystère d'iniquité, Analyse logique de la thèse Cassiciacum, et L'esprit de Pie IX du Père Huguet.
















Méditation sur le mépris de la vie


Job et ses amis (Gustave Doré)







1er point. Un vrai Chrétien doit mépriser la vie : 1°, parce qu'il est disciple de Jésus-Christ.

II s'est donné à lui par le Baptême ; il s'est engagé à l'écouter comme son maître, à le suivre comme son modèle, à imiter ses sentiments lorsque son état ne lui permettrait pas de lui ressembler par les mêmes actions : Hoc sentise in vobis quod et in Christo Jesu. Or, quel cas ce divin Sauveur a-t-il fait de sa vie ? Ne l'a-t-il pas sacrifiée, ne l'a-t-il pas prodiguée pour notre salut ? Quand son heure fut venue, balança-t-il un moment à y renoncer ? On ne pouvait la lui ôter ; il fallait qu'il la donnât : Ego pono animam meam a me ipso. La durée de la nôtre ne dépend pas de nous. Refuserons-nous de la sacrifier pour un Dieu qui a sacrifié la sienne pour nous ? C'est le sentiment que doit nous inspirer le moindre regard jeté sur l'image de ce divin Sauveur expirant sur une croix.


2e point. 2°, Parce qu'il a l'espérance de suivre Jésus-Christ dans sa gloire. Cette espérance est une des trois vertus fondamentales du Christianisme ; elle n'est donc pas moins nécessaire que la foi et la charité ; et si elle nous manque, nous ne sommes plus de véritables Chrétiens. Mais si nous l'avons, que doit nous paraître la vie présente en comparaison de la vie future ? Si quelqu'un m'aime, qu'il me suive, disait le Sauveur, et où je serai, là sera aussi mon Serviteur. Nous irons donc après la mort régner dans le Ciel avec Jésus-Christ ; nous participerons au bonheur infini et incompréhensible de la Divinité ; une telle espérance ne suffira-t-elle pas pour nous faire mépriser une vie fragile et passagère, et pour fixer comme une ancre inébranlable notre cœur et nos désirs à cette vie éternelle qui nous est promise ?



Reportez-vous à La puissance des démons réglée par la Sagesse divine, La passion corporelle de Jésus expliquée par un chirurgien, Leçon IV : De la Loi de Nature, Méditation sur la soumission à la volonté de Dieu, Méditation sur l'inquiétude de l'avenir, Méditation sur la disposition habituelle où les Chrétiens doivent être à l'égard de leur mort, Méditation sur le désir de la mort, Méditation sur la crainte de la mort, Méditation sur l'amour de la vie, Méditation sur le détachement des biens de ce monde, Méditation sur le renoncement au monde, Méditation sur le péché de scandale considéré dans ceux qui sont spécialement obligés d'édifier le prochain par leurs bons exemples, Méditation sur le péché de scandale, Méditation sur l'état d'une âme qui conserve encore la grâce du Baptême, Méditation sur les péchés d'habitude considérés dans leur fin, Méditation sur les péchés d'habitude considérés dans leurs progrès, Méditation sur les péchés d'habitude considérés dans leur origine, Méditation sur deux règles qu'un Chrétien doit toujours observer pour faire son salut dans le monde, Méditation sur les affaires du monde comparées à celles du salut, Méditation sur l'affaire du salut, Méditation sur ce qu'un Chrétien doit penser des richesses et des grandeurs du monde, Méditation sur l'illusion des prétextes dont on s'autorise pour ne pas quitter l'occasion du péché, Méditation sur la fuite des occasions prochaines du péché, Méditation sur deux sortes d'occasions prochaines du péché, Méditation sur la recherche volontaire de l'occasion prochaine du péché, Méditation sur l’œil qui scandalise, Méditation sur le jurement, Méditation sur l'homicide, Méditation sur les moyens d'acquérir la pureté du cœur, Méditation sur la pureté du cœur, Méditation sur l'attache au péché véniel, Méditation sur la distinction du péché mortel et du péché véniel, Méditation sur l'exemple de la multitude, Méditation sur la nécessité des progrès dans la vertu, Méditation sur la voie étroite, Méditation sur le discernement des bons et des mauvais exemples et Méditation sur la crainte de Dieu.















Méditation sur le désir de la mort


La décapitation de Saint Paul (Enrique Simonet)






1er point. Un Chrétien peut désirer la mort ;

pour être plutôt avec Dieu, pour n'être plus exposé à perdre sa grâce, pour être fixé dans un état immuable de justice et de sainteté. II peut la désirer quand il pense que nous n'avons point sur la terre de Cité permanente, quand il regarde le Ciel comme sa véritable patrie, et la terre comme un lieu d'exil. C'est ce qui faisait dire au Prophète : Hélas, que mon exil est long ! et à Saint Paul : Qui me délivrera de ce corps de mort !


2e point. Ce désir est contraire à l'esprit du Christianisme, quand il n'est fondé que sur le dépit et l'impatience que nous causent, 1°, la privation des biens de ce monde ; 2°, les événements malheureux qui frustrent nos espérances et qui déconcertent les projets de notre ambition ; 3°, les désagréments et les amertumes que nous ressentons de la dureté de nos maîtres, ou de la malice de nos égaux ; 4°, le dégoût de la vie qui nous prend dans l'accablement des maladies que Dieu nous envoie : 5°, des regrets trop sensibles et trop humains qui s'emparent de notre âme, et qui en absorbent tous les mouvements, à la mort des personnes qui nous sont chères.



Reportez-vous à Extrait du Sermon sur la Mort de Saint Robert Bellarmin, Litanie de la bonne mort, Litanie de Notre-Dame du Perpétuel Secours, Méditation sur la pensée de la mort, Méditation sur la Préparation à la mort, Méditation sur l'Espérance Chrétienne, Méditation sur le fondement de l'espérance Chrétienne, Méditation sur la soumission à la volonté de Dieu, Méditation sur l'inquiétude de l'avenir, Méditation sur la disposition habituelle où les Chrétiens doivent être à l'égard de leur mort, Méditation sur le mépris de la vie, Méditation sur la crainte de la mort, Méditation sur l'amour de la vie, Méditation sur le détachement des biens de ce monde, Méditation sur le renoncement au monde, Méditation sur le péché de scandale considéré dans ceux qui sont spécialement obligés d'édifier le prochain par leurs bons exemples, Méditation sur le péché de scandale, Méditation sur l'état d'une âme qui conserve encore la grâce du Baptême, Méditation sur les péchés d'habitude considérés dans leur fin, Méditation sur les péchés d'habitude considérés dans leurs progrès, Méditation sur les péchés d'habitude considérés dans leur origine, Méditation sur deux règles qu'un Chrétien doit toujours observer pour faire son salut dans le monde, Méditation sur les affaires du monde comparées à celles du salut, Méditation sur l'affaire du salut, Méditation sur ce qu'un Chrétien doit penser des richesses et des grandeurs du monde, Méditation sur l'illusion des prétextes dont on s'autorise pour ne pas quitter l'occasion du péché, Méditation sur la fuite des occasions prochaines du péché, Méditation sur deux sortes d'occasions prochaines du péché, Méditation sur la recherche volontaire de l'occasion prochaine du péché, Méditation sur l’œil qui scandalise, Méditation sur le jurement, Méditation sur l'homicide, Méditation sur les moyens d'acquérir la pureté du cœur, Méditation sur la pureté du cœur, Méditation sur l'attache au péché véniel, Méditation sur la distinction du péché mortel et du péché véniel, Méditation sur l'exemple de la multitude, Méditation sur la nécessité des progrès dans la vertu, Méditation sur la voie étroite, Méditation sur le discernement des bons et des mauvais exemples et Méditation sur la crainte de Dieu.

















Méditation sur la crainte de la mort








1er point. Un Chrétien a de grandes raisons de craindre la mort.

Ce qui ne doit pas s'entendre de cette crainte honteuse, lâche et déshonorante, que l'en nomme proprement la peur, qui rend un homme tremblant et timide, lorsque la vie est en péril ; c'est une faiblesse indigne d'un homme. II s'agit uniquement de cette crainte raisonnable et réfléchie, qui n'envisage la mort que par rapport à l'éternité où elle nous conduit : crainte qui n'est point incompatible avec le courage, parce qu'elle est toujours soumise à l'empire de la Religion et du devoir. Or, cette crainte de la mort est fondée sur la juste sévérité du jugement de Dieu qui la suit immédiatement et qui décidera de notre sort pour l'éternité. Seigneur, disait le Roi Prophète, si vous entrez en jugement avec votre Serviteur, qui pourra être justifié devant vous ? Qui pourra soutenir les regards de votre justice ?


2e point. Usage de cette crainte.

Elle ne doit point nous rendre timides et irrésolus lorsqu'il faudra perdre ou exposer notre vie : elle ne doit servir qu'à nous engager à bien vivre : car si la mort n'est véritablement à craindre que parce qu'elle sera suivie d'un jugement si terrible et si redoutable, que ne dois-je pas faire pendant que je suis encore sur la terre pour sanctifier tous les jours de ma vie, pour expier mes péchés, et pour apaiser la colère du souverain Juge !





Reportez-vous à Extrait du Sermon sur la Mort de Saint Robert Bellarmin, Méditation sur la pensée de la mort, Litanie de la bonne mort, Défendre le Cimetière, Sœur Benigna, petite secrétaire de l'amour de Dieu : Prières (8/9), Litanie de Notre-Dame du Perpétuel Secours, Méditation sur la Préparation à la mort, Méditation sur la justice de Dieu, Méditation sur le Sacrement de la Pénitence, Méditation sur la soumission à la volonté de Dieu, Méditation sur l'inquiétude de l'avenir, Méditation sur la disposition habituelle où les Chrétiens doivent être à l'égard de leur mort, Méditation sur le mépris de la vie, Méditation sur le désir de la mort, Méditation sur l'amour de la vie, Méditation sur le détachement des biens de ce monde, Méditation sur le renoncement au monde, Méditation sur le péché de scandale considéré dans ceux qui sont spécialement obligés d'édifier le prochain par leurs bons exemples, Méditation sur le péché de scandale, Méditation sur l'état d'une âme qui conserve encore la grâce du Baptême, Méditation sur les péchés d'habitude considérés dans leur fin, Méditation sur les péchés d'habitude considérés dans leurs progrès, Méditation sur les péchés d'habitude considérés dans leur origine, Méditation sur deux règles qu'un Chrétien doit toujours observer pour faire son salut dans le monde, Méditation sur les affaires du monde comparées à celles du salut, Méditation sur l'affaire du salut, Méditation sur ce qu'un Chrétien doit penser des richesses et des grandeurs du monde, Méditation sur l'illusion des prétextes dont on s'autorise pour ne pas quitter l'occasion du péché, Méditation sur la fuite des occasions prochaines du péché, Méditation sur deux sortes d'occasions prochaines du péché, Méditation sur la recherche volontaire de l'occasion prochaine du péché, Méditation sur l’œil qui scandalise, Méditation sur le jurement, Méditation sur l'homicide, Méditation sur les moyens d'acquérir la pureté du cœur, Méditation sur la pureté du cœur, Méditation sur l'attache au péché véniel, Méditation sur la distinction du péché mortel et du péché véniel, Méditation sur l'exemple de la multitude, Méditation sur la nécessité des progrès dans la vertu, Méditation sur la voie étroite, Méditation sur le discernement des bons et des mauvais exemples et Méditation sur la crainte de Dieu.
















Méditation sur l'amour de la vie


Source






1er point. Il est permis à un Chrétien d'être attentif à la conservation de sa vie ;

Il y est même obligé, puisque Dieu la lui donne pour l'employer à son service et à sa gloire jusqu'à ce qu'il en marque lui-même les bornes par des accidents qu'il aura permis ou ordonné dans les conseils de sa sagesse. Ne doutez donc pas qu'il ne condamne et qu'il me punisse un jour très sévèrement ceux qui ne se font aucun scrupule d'altérer considérablement leur santé et d’abréger leurs jours pour prolonger, pour varier et pour multiplier leurs plaisirs.


2e point. Il n'est pas permis à un Chrétien d'aimer la vie pour satisfaire ses plaisirs.

Vous aimez la vie pour elle-même et sans aucun retour vers le Dieu qui vous l'a donnée ; vous l'aimez à cause des plaisirs dont vous jouissez ; vous l'aimez parce que vous ne connaissez point d'autre bonheur que celui des sens : vous l'aimez, et cet amour étouffe dans votre cœur les sentiments de la foi, le désir et l'espérance de la vie éternelle. Votre amour pour la vie est donc excessif et désordonné ; il vous empêche de désirer les biens de la vie future, et par là il vous rend indigne de les posséder.




Reportez-vous à Méditation sur l'inquiétude de l'avenir, Méditation sur la disposition habituelle où les Chrétiens doivent être à l'égard de leur mort, Méditation sur le mépris de la vie, Méditation sur le désir de la mort, Méditation sur la crainte de la mort, Méditation sur le détachement des biens de ce monde, Méditation sur le renoncement au monde, Méditation sur le péché de scandale considéré dans ceux qui sont spécialement obligés d'édifier le prochain par leurs bons exemples, Méditation sur le péché de scandale, Méditation sur l'état d'une âme qui conserve encore la grâce du Baptême, Méditation sur les péchés d'habitude considérés dans leur fin, Méditation sur les péchés d'habitude considérés dans leurs progrès, Méditation sur les péchés d'habitude considérés dans leur origine, Méditation sur deux règles qu'un Chrétien doit toujours observer pour faire son salut dans le monde, Méditation sur les affaires du monde comparées à celles du salut, Méditation sur l'affaire du salut, Méditation sur ce qu'un Chrétien doit penser des richesses et des grandeurs du monde, Méditation sur l'illusion des prétextes dont on s'autorise pour ne pas quitter l'occasion du péché, Méditation sur la fuite des occasions prochaines du péché, Méditation sur deux sortes d'occasions prochaines du péché, Méditation sur la recherche volontaire de l'occasion prochaine du péché, Méditation sur l’œil qui scandalise, Méditation sur le jurement, Méditation sur l'homicide, Méditation sur les moyens d'acquérir la pureté du cœur, Méditation sur la pureté du cœur, Méditation sur l'attache au péché véniel, Méditation sur la distinction du péché mortel et du péché véniel, Méditation sur l'exemple de la multitude, Méditation sur la nécessité des progrès dans la vertu, Méditation sur la voie étroite, Méditation sur le discernement des bons et des mauvais exemples et Méditation sur la crainte de Dieu.

















lundi 26 juin 2017

Le Saint-Esprit dans l'Ancien Testament, promis et figuré



Extrait de "Traité du Saint-Esprit" de Mgr Gaume :


Création du monde (Gustave Doré)
Le Messie est promis, le Saint-Esprit est promis. Après la promesse bien des fois renouvelée, en termes plus ou moins explicites, de la venue du Saint-Esprit sur la terre (Is. XLIV, 3 ; Ezech., XI, 19 ; XXXVI, 26, etc.), Dieu ordonne au prophète Joël de la publier clairement, plus de six cents ans avant le jour mémorable où elle devait s'accomplir. Dans la personne des Juifs, le prophète s'adresse à tous les peuples, appelés à devenir par la foi les enfants d'Abraham. Son regard inspiré voit en même temps le Verbe qui s'incarne et le Saint-Esprit qui descend. Devant lui, sont présentes les deux adorables personnes, et avec le même enthousiasme, il parle de l'une et de l'autre.
« Fils de Sion, s'écrie-t-il, soyez dans la joie et tressaillez de bonheur dans le Seigneur votre Dieu, parce qu'il vous donnera le Docteur de justice. Et il fera descendre sur vous la rosée du matin, et la rosée du soir, comme il était au commencement. Et vos greniers seront remplis de blé, et vos collines de vin et d'huile. Et je vous rendrai les années qu'ont dévorées les sauterelles, les insectes et la rouille: c'est une grande puissance que je vous enverrai. Et vous manderez dans l'abondance, et vous serez rassasiés, et vous louerez le nom du Seigneur votre Dieu qui a fait ces merveilles pour vous ; et mon peuple ne sera jamais confondu. Et vous saurez que je suis au milieu d'Israël, moi le Seigneur Votre Dieu, à l'exclusion de tout autre (Joël, XI, 23-27) »
La joie, l'abondance de tous les biens spirituels, la réparation de tous les maux, sous le poids desquels gémissait le genre humain depuis la chute primitive, la présence permanente du Seigneur lui-même au milieu de son peuple, la grande nation catholique : voilà bien les traits distinctifs du règne du Messie. Quand le Verbe incarné aura posé les fondements de cette félicité universelle et arrosé de son sang, au matin et au soir de sa vie, cette terre du monde, que va-t-il arriver ? Écoutons le prophète : « Après cela, dit le Seigneurie répandrai mon Esprit sur toute chair. Et vos fils et vos filles prophétiseront ; et vos vieillards auront des révélations, et vos jeunes gens verront des visions. En ces jours-là, je répandrai mon Esprit même sur mes serviteurs et sur mes servantes (Ibid., XXVIII, 30. — Le jour même de la Pentecôte, saint Pierre déclare aux Juifs que les merveilles qui éclatent à leurs yeux sont l'accomplissement de la promesse du Seigneur, faite par le prophète Joël. Tous les Pères parlent comme le chef des apôtres. Voir entre autres S. Chrys., in principe Act. Apost., II, t. III, p. 927, n. 11, 12, et Corn, a Lap., in Joël, II, 28.).
Tels sont, dans leurs traits généraux, les bienfaits dont le monde sera redevable au Saint-Esprit. Comme tous les cœurs devaient palpiter à cette annonce ! Comme les justes de l'ancienne loi devaient conjurer le Seigneur de hâter ce jour, unique entre les jours ! Afin de les consoler, le Seigneur veut bien leur promettre, par la bouche du prophète Aggée, la prochaine venue du Saint-Esprit. Juda revenait de Babylone : il était fort occupé de la construction du second temple ; mais les cœurs étaient tristes. On ne pouvait penser sans gémir à la magnificence de l'ancien temple et à la pauvreté relative du nouveau, qui s'élevait péniblement au milieu des difficultés de tout genre.
Aggée reçoit ordre d'encourager le peuple. Gomme Joël, il voit et il annonce la venue de deux personnes de l'adorable Trinité : Le Saint-Esprit, qui, conformément aux antiques promesses, viendra bientôt résider au milieu de son peuple ; le Verbe fait chair, qui daignera sanctifier le nouveau temple, par sa présence personnelle. « Prophète, lui dit le Seigneur, parle à Zorobabel fils de Salathiel, chef de Juda, et à Jésus, fils de Josédech, grand prêtre, et à tout le peuple, et dis-leur : Prends courage, Zorobabel ; prends courage, Jésus fils de Josédech ; et toi, peuple de toute classe, prends courage/et agissez parce que je suis avec vous ; dit le Seigneur des armées. Je vais tenir la parole que je vous ai donnée, lorsque vous sortiez de la terre d'Égypte, et mon Esprit sera au milieu de vous: ne craignez rien. Encore un peu de temps, et je remuerai le ciel et la terre, et la mer, et les îles, et toutes les nations ; puis, viendra le Désiré de toutes les nations ; et je remplirai de gloire cette maison, et sa gloire sera plus grande que celle de la première (Agg.t II, 2-10. Tous les Pères, saint Athanase, saint Cyrille de Jérusalem, saint Grégoire de Nysse, Théodoret, ont vu dans ces remarquables paroles, la promesse du Saint-Esprit. Voir entre autres S. Jerom., in Agg. II, opp. t. III, p, 1694, et Cornel. a Lapid., ibid.). »
Plus explicite que la première, cette seconde promesse ne se contente pas d'annoncer la venue du Saint-Esprit, elle en désigne l'époque. Il viendra lorsque le monde sera tiré delà vraie captivité d'Égypte ? par le sang de l'Agneau de Dieu ; et que les apôtres seront prêts à construire le grand édifice catholique, où le Saint-Esprit doit éternellement habiter.
Vers la même époque, un autre prophète, Zacharie, est chargé d'annoncer la venue du divin Esprit, qui doit changer la face de la terre, après avoir changé les cœurs. Ici encore, le Seigneur a soin de réunir dans la même prédiction l'avènement du Messie et la descente du Saint-Esprit. La raison en est que ces deux événements se tiennent. Lev premier est la preuve du second, et le second la conséquence du premier. On ne peut admettre l'un sans admettre l'autre. « En ce temps-là, dit le Seigneur, je briserai toutes les nations qui marcheront contre Jérusalem. Et je répandrai sur la maison de David et sur les habitants de Jérusalem l'Esprit de grâce et de prières. Et ils lèveront leurs regards vers moi qu'ils auront attaché à la croix. Et ils pleureront sur moi, comme on pleure sur un fils unique, et ils pousseront des gémissements et des sanglots, comme on en pousse à la mort d'un premier-né (Zach., XII, 9, 10). »
Lisant dans le lointain des âges, disent les pères et les interprètes, Zacharie voit devant ses yeux le jour mémorable de la Pentecôte, où le Saint-Esprit descend sur les apôtres réunis à Jérusalem. Il le voit produisant la grâce et la sanctification ; puis, les gémissements et les supplications, dans les âmes qu'il vient d'éclairer sur l'énorme attentat, commis par la nation juive sur la personne adorable du Messie. Tout cela est tellement précis, que les Actes des Apôtres, en racontant l'histoire de la Pentecôte, ne semblent être que la reproduction des paroles de Zacharie (Voir Corn, a Lap., in Zach., XII, 9 ; et S. Jerom., in Zach., opp. t. III, p. 1784, 1785).
Ce n'est pas seulement par ces promesses solennelles et par beaucoup d'autres répandues dans l'Ancien Testament, que Dieu annonçait au monde la venue de l'Esprit sanctificateur.
Pour le Messie, nous voyons marcher de pair avec les promesses d'innombrables figures, qui fixaient continuellement l'attention sur le Libérateur futur. Il en est de même pour le Saint-Esprit. À côté des promesses, se montrent constamment des figures qui le révèlent dans sa nature et dans ses dons. Appuyés sur l'autorité des saints docteurs, nous allons en faire connaître quelques-unes.
L'Esprit aux sept dons qui est le principe vital, la lumière, la beauté du monde moral et de l'Église en particulier, se trouve représenté par les différents septénaires, qui reviennent si souvent dans la création du monde matériel et dans la formation du peuple figuratif. Pour n'en citer que deux exemples : le monde physique fut créé en six jours, suivis du jour de repos ; il en est de même du monde moral. L'homme, qui en est le sublime abrégé, est formé par l'Esprit aux sept dons.
Dans l'ordre de la nature, la lumière paraît le premier jour. Elle figure le don de crainte, par lequel l'homme commence à connaître Dieu efficacement, selon cette parole du prophète : La crainte du Seigneur est le commencement de la sagesse.
Au second jour de la création, se déploie le firmament, qui sépare les eaux inférieures des eaux supérieures. C'est l'emblème du don de science, qui nous apprend à discerner les doctrines vraies des doctrines fausses. Orné de ce don précieux, l'homme ressemble au firmament par la stabilité inébranlable de sa foi. Maintenant une séparation radicale entre la vérité et l'erreur, il les empêche de se jamais réunir dans son intelligence pour y produire le chaos. C'est ainsi que le firmament, immuablement placé entre les eaux inférieures et les eaux supérieures, les empêche de confondre leurs masses et de produire un nouveau déluge.
Le troisième jour a lieu la séparation des eaux et de la terre. La terre, montrant sa surface desséchée, se couvre de toutes sortes d'herbes et de plantes. C'est la vive image du don de piété. Séparé des eaux inférieures, c'est-à-dire des doctrines de mensonge, l'idolâtrie, la superstition, l'incrédulité, l'homme, vivifié par le don de piété, honore le vrai Dieu et produit les fleurs des bons désirs, les herbes des saintes paroles, enfin les fruits excellents des œuvres de charité envers Dieu et envers le prochain.
Le quatrième jour paraissent les deux grands luminaires, le soleil et la lune, accompagnés de myriades d'étoiles. On voit ici dans toute sa magnificence le don de conseil. Flambeau du jour, semblable au soleil, il éclaire tout le système du monde surnaturel ; flambeau de la nuit, semblable à la lune, il éclaire tout le système du monde inférieur ; semblable aux étoiles, qui, répandues dans toute l'étendue du firmament, en illuminent toutes les parties, il éclaire chacune de nos facultés et dirige chacun de nos sens.
Le cinquième jour, les poissons et les oiseaux prennent naissance du même élément ; les premiers vivent dans les eaux, les seconds volent dans les airs. La sagesse éternelle pouvait-elle mieux préfigurer le don de force ? Grâce à son efficacité, les bonnes résolutions naissent et se fortifient dans la tribulation ; et les bonnes pensées volent vers Dieu, en brisant les résistances des démons, qui remplissent l'air dont nous sommes environnés.
Le sixième jour a lieu la création des animaux et de l'homme leur roi. Voici bien le don d'entendement. L'homme qui le possède connaît clairement sa double nature et l'apprécie ; il sait que la partie supérieure de lui-même doit dominer l'inférieure ; il connaît de plus les règles à suivre pour maintenir cette subordination, principe de vertu et d'harmonie universelle.
Le septième jour, Dieu se repose et bénit ce jour. Telle est la figure parfaitement juste du don de sagesse, le plus noble de tous. Par lui, l'âme se repose délicieusement en Dieu. Dégoûtée de tout ce qui n'est pas lui, elle attend dans la paix le jour éternel, où elle ira te bénir de tout ce qu'il a fait pour elle et par elle. C'est ainsi que le septième jour Dieu couronne l'œuvre de la création du monde matériel ; c'est ainsi que par le septième don, le Saint-Esprit achève la création d'un monde plus noble, l'homme, son image et son enfant (Voir sur cette belle philosophie, S. Anton., Summ., theol., I, art., t. X, c. I, § 1).
À ceux qui seraient tentés de ne voir qu'un jeu d'imagination, dans ce parallèle entre la création du monde matériel et la création du monde moral, entre ce qui s'est passé à l'origine des temps et ce qui s'est accompli dans la plénitude des âges, il suffit de rappeler la doctrine de saint Paul et des Pères. Tous enseignent que l'Ancien Testament est à l'Évangile, ce qu'est la rose en bouton à la rose épanouie ; que le monde physique n'est que le rayonnement du monde moral ; que l'un et l'autre ont été faits par le même Esprit sur le même plan et dans le même but ; et qu'ainsi, l'annonce figurative du Saint-Esprit commence, comme celle du Messie, au premier jour du monde.
Une autre figure, plus transparente que la première, c'est le chandelier aux sept branches. On se trouvait au milieu du désert ; Israël, sorti d'Égypte, était en marche vers la terre promise. Dieu appelle Moïse et lui ordonne de faire le tabernacle, ouvrage où le mystère et la figure de l'avenir éclatent de toutes parts. Le tabernacle, disent les Juifs, Joseph et Philon, était l'image du monde, et le Saint des saints représentait le ciel empyrée. C'est là que Dieu commande à Moïse de placer un candélabre d'or, à sept branches, destiné à éclairer le ciel de la terre. Où trouver une figure plus belle de l'Esprit aux sept dons, flambeau du temps et de l'éternité (Corn, a Lapt., in Exod. XXV, 31) ?
Les Pères de l'Église ont vu une nouvelle figure du Saint-Esprit dans les sept fils de Job. « Les sept fils du patriarche de la douleur, écrit saint Grégoire le Grand, se donnaient des festins, chacun à son tour, chaque jour de la semaine, en compagnie de leurs trois sœurs, dans un édifice quadrangulaire.
« Voilà bien les sept dons du Saint-Esprit qui nourrissent l'âme, chacun à sa manière, et cela en compagnie de leurs trois sœurs, c'est-à-dire des trois vertus théologales, la foi, l'espérance et la charité, dans un édifice spirituel de forme carrée, c'est-à-dire formé par les quatre vertus cardinales, la prudence, la justice, la force, la tempérance. Chacun donne son festin, parce que chaque don du Saint-Esprit nourrit l'âme. La sagesse, par l'espérance aussi certaine que délicieuse des Liens futurs ; l'intelligence, par la lumière toute divine qu'elle fait briller dans les ténèbres du cœur ; le conseil, par la haute prudence dont elle le remplit ; la force, par le courage invincible, soit dans l'action, soit dans la souffrance ; la science, par la sérénité du regard et la solidité des pensées ; la piété, par le rassasiement, fruit des œuvres de miséricorde ; la crainte, par l'humble confiance, récompense de l'orgueil vaincu (S. Greg. Moral., lib. I et II). »
À mesure que nous avançons, les figures deviennent plus transparentes : c'est l'aurore qui succède à l'aube et qui annonce l'approche du soleil. À l'exemple des Pères, étudions la belle figure de l'esprit aux sept dons, si bien dessinée par l'auteur des Proverbes. « La Sagesse, dit l'écrivain sacré, s'est bâti une maison, elle a taillé sept colonnes pour la soutenir. Elle a immolé ses victimes ; elle a mêlé son vin ; elle a dressé sa table. Elle a envoyé ses servantes, pour appeler dans son palais et dans les murailles de sa ville, en disant : S'il y a quelque enfant, qu'il vienne à moi. La Sagesse elle-même a dit à ceux qui sont pauvres d'intelligence : venez, mangez mon pain, et .buvez le vin que je vous ai préparé ; quittez l'enfance, et vivez et marchez dans les voies de la prudence (Prov., IX, 1-6). »
Quelle est cette Sagesse ? Le Verbe éternel, la sagesse même de Dieu. Cette maison bâtie de sa propre main ? L'Église, palais du Fils de Dieu sur la terre. Ces sept colonnes, appuis de l'édifice ? Les sept dons du Saint-Esprit, qui rendent l'Église inébranlable, au milieu des ouragans et des tremblements de terre. Comment ? En opposant, chacun en particulier, une force de résistance supérieure à la violence des sept esprits mauvais, puissants ennemis de la Cité du bien. Au démon de l'orgueil, résiste le don de crainte ; au démon de l'avarice, le conseil ; au démon de la luxure, la sagesse ; au démon de la gourmandise, l'intelligence ; au démon de l'envie, la piété ; au démon de la colère, la science ; au démon de la paresse, la force.
Tel est l'harmonieux contraste que les saints docteurs découvrent entre les forces opposées de l'Esprit du bien et de l'Esprit du mal. Rien n'est plus réel, ainsi que nous le montrerons ailleurs (Voir Corn a Lap. in Prov., c. IX, 1-6).
Contentons-nous de remarquer ici que cette nouvelle figure du Saint-Esprit présente le même caractère que les autres. Les deux personnes divines que le monde attendait y sont désignées ensemble. Quelles sont, en effet, ces victimes immolées par la sagesse, ce pain, ce vin, cette table, préparés pour ses enfants ? D'une voix unanime, les Pères et les commentateurs répondent que c'est le Verbe incarné. Quant aux servantes chargées d'inviter les convives, la tradition constante y voit les âmes zélées, les prédicateurs et les prêtres dont les prières, les paroles et les exemples attirent leurs frères au banquet divin. Ces enfants mêmes qui viennent y participer représentent au naturel tous les hommes : grands enfants, toujours occupés d'enfantillages, jusqu'au moment, où, éclairés par le Dieu qu'ils reçoivent à la table sainte, ils prennent des goûts sérieux et marchent dans les voies de la véritable prudence (Ibid).
Inutile d'ajouter que toutes ces figures étaient comprises des anciens, suivant le degré de connaissance que Dieu voulait leur donner de ses adorables conseils.





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