samedi 31 août 2019

Consécration à tous les saints Anges





Le 31 Août, placez une image du saint Ange dans votre oratoire, ornez-la de quelques fleurs, et récitez les Litanies des saints Anges ; approchez-vous des saints Sacrements, et consacrez-vous au service des saints Anges.
Proposez-vous pendant ce mois de pratiquer une vertu particulière, en l'honneur des saints Anges, et en particulier en l'honneur de votre saint Ange Gardien ; proposez-vous aussi de travailler à l'extirpation d'un défaut ou d'un péché dominant en l'honneur des bons Anges, qui sont ennemis de toute offense de Dieu.


CONSÉCRATION


À tous les saints Anges



Après la consécration que j'ai faite de tout moi-même à votre admirable Reine et à son auguste Époux, ô saints Anges ! Vous surtout invincible Chef de la milice céleste, saint Michel, et vous glorieux Archanges saint Gabriel et saint Raphaël, je ne puis être pleinement satisfait, jusqu'à ce qu'un lien semblable m'ait attaché indissolublement à vous !
Ô pures et sublimes intelligences ! ô célestes et aimables Esprits ! si mes ingratitudes personnelles ne vous ont pas rebutés, si ma misère et ma bassesse ne vous dégoûtent pas, daignez donc écouter mes humbles désirs. Si, pour obtenir le bonheur où j'aspire, il faut de grandes idées de votre excellence, après l'auguste Mère de Dieu, seule plus grande, seule plus sainte et plus parfaite, seule plus ornée de grâce et plus éclatante de gloire, seule plus miséricordieuse et plus remplie de bonté que vous tous ensemble, je vous regarde comme les plus nobles productions de la puissance du Créateur.
S'il faut une grande estime de votre service ; à mes yeux, il est préférable mille fois à tous les sceptres et à toutes les couronnes du monde. S'il faut du zèle pour les intérêts de votre gloire, hélas ! vous voyez que je donnerais volontiers ma vie pour vous en procurer un seul degré ; et au prix de mon sang, je voudrais vous faire connaître et aimer de tout l'univers.
S'il faut de la fidélité à vous honorer ; désormais, c'est à quoi tendront toutes mes actions ; et chaque jour de ma vie sera marqué par l'humble tribut d'hommage que je vous présenterai.
Enfin, s'il faut un dévouement entier ; voilà mon corps, mon âme, mon entendement, ma volonté: prosterné devant vous, je vous les offre de tout mon cœur ; et après la gloire et l'amour de Jésus et de Marie, je les dévoue à votre gloire et à votre amour. C'est en présence des trois adorables Personnes de la Très Sainte Trinité, dont vous contemplez sans cesse les grandeurs ; c'est sous les yeux et sous le bon plaisir de ma première Reine et Souveraine, l'incomparable Mère de Dieu, dont vous êtes vous-mêmes les sujets respectueux et fidèles, c'est à la face de l'univers où tout retrace vos bienfaits, que je vous fais cette consécration, et que je prends avec joie la glorieuse qualité de votre humble serviteur. Ô aimables courtisans du Roi et de la Reine du ciel ! avant ce jour vous étiez déjà mes princes et mes maîtres par l'élévation de votre rang et l'excellence de votre être ; vous le devenez aujourd'hui par choix et par estime. Si lorsque vos droits n'étaient pas fondés sur ce dernier titre, vous me laissiez pas d'être à mon égard des Protecteurs zélés, des défenseurs attentifs, des bienfaiteurs magnifiques ; si vous aviez pour moi tout l'amour d'un père, d'une mère tendre, d'un frère, d'un ami, que ne ferez-vous pas aujourd'hui, qu'une offrande volontaire me soumet à votre empire ? Ah ! défendez, cultivez votre héritage selon toute l'étendue de votre puissance et de votre bonté. Vous voyez les ronces et les épines qui croissent, c'est-à-dire, les passions qui désolent mon âme, les attaches et les imperfections qui la défigurent et la captivent ; vous voyez les obstacles qu'elle apporte aux desseins de Dieu, renversez-les, arrachez-les, détruisez-les : à la place, faites germer les vertus qui vous sont les plus agréables ; qu'elle porte les fruits d'une pureté semblable à la vôtre, ceux d'une docilité parfaite à toutes les volontés de Dieu et à toutes les inspirations de son esprit ; n'y souffrez rien de terrestre : que tout y soit à Dieu, tout y soit pour Dieu, tout y tende à Dieu ; que les flammes, les plus pures et les plus vives de l'amour de Dieu soient sa nourriture et sa vie, comme elles sont la vôtre. Qu'elles y croissent de jour en jour, qu'elles égalent vos ardeurs sacrées, et qu'à ma dernière heure ce soit, s'il est possible, par leur violence que je rende le dernier soupir, afin d'avoir place dans vos célestes chœurs. Ainsi soit-il.


(Extrait de Le Mois Angélique ou le Mois de Septembre à l'usage des âmes dévotes et religieuses)



Reportez-vous à Méditation pour le 1er Septembre, Les Saints Anges GardiensDes exercices de piété, par le R.-P. Jean-Joseph Surin : Quels exercices de piété prescrivez-vous à l'honneur des Anges ?Sermon du Saint Curé d'Ars pour la Fête des Saints Anges Gardiens : Les anges de ces petits enfants voient sans cesse la face de mon Père céleste, Saint Raphaël, Modèle de l'Ange gardien préposé à la garde de chaque homme, Prières à tous les Saints Anges, Chapelet en l'honneur du Saint Ange Gardien, Oraison aux neuf Chœurs des saints Anges, Travailler à la conversion des âmes et à leur soulagement dans les flammes du Purgatoire, en l'honneur des saints Anges, Pratiquer quelque vertu, ou s'abstenir de quelque vice en l'honneur des Saints Anges, Avoir une grande confiance en la protection des saints Anges, et recourir à eux en tous ses besoins corporels et spirituels, Autres pratiques pour honorer plus spécialement les saints Anges, et célébrer les fêtes avec tous les respects possibles, Faire des neuvaines en l'honneur des neuf Chœurs des Anges, Chapelet du Saint Ange gardien, Converser intérieurement avec les saints Anges, Avoir une grande dévotion à saint Michel, à saint Gabriel, à saint Raphaël, et aux autres quatre Anges qui sont auprès du trône de Dieu, Méditation pour la Fête de Saint Raphaël Archange, Méditation pour la Fête de Saint Michel et de tous les saints Anges, Méditation pour la Fête des Saints Anges Gardiens, Jésus crucifié est le Livre des Élus, La réalité des apparitions angéliques, Avoir une dévotion singulière aux Anges, Archanges et Principautés, Honorer principalement les Puissances, les Vertus et les Dominations, Avoir de profonds respects, et des amours extraordinaires pour les Trônes, les Chérubins et les Séraphins, La protection des saints Anges contre les démons, particulièrement au sujet de leurs différentes tentations, Litanies de l'Ange Gardien, Et Michel et ses anges combattaient contre le Dragon, La puissance des démons réglée par la sagesse divine, Neuvaine à Saint Michel, Discernement des esprits : ce qu'on entend par esprits, combien on en compte et comment ils se forment, Tous les hommes sont assistés des Saints Anges, Les Saints Anges nous assistent dans les choses temporelles, Les perfections admirables de ces sublimes intelligences, Les Saints Anges font tout ce qui peut se faire pour le bien des hommes, Litanie aux Saints Anges Gardiens, Discernement des esprits, Litanie de Saint Michel Archange, Puissance de Saint Michel au jugement dernier, Chapelet à Saint Michel Archange, Les Anges, princes et gouverneurs de la grande cité du bien, Neuvaine à l'Archange Raphaël, Secours de Saint Michel à l'heure de la mort, Litanie de Saint Gabriel Archange et Litanie de Saint Raphaël Archange.
















jeudi 29 août 2019

Neuvaine à Saint Jean-Baptiste pour obtenir la guérison de l'âme et du corps






CONSIDÉRATION SUR LES PRINCIPALES VERTUS DE SAINT JEAN-BAPTISTE POUR TOUS LES JOURS DE LA NEUVAINE.



PREMIER JOUR : Sa conception et sa naissance.


Considération. II est rempli du Saint-Esprit dès le ventre de sa mère, sans jamais l'avoir chassé de son cœur. Il sent dès-lors la présence de Jésus-Christ résidant dans le sein de la Vierge, et il en tressaille de joie. Demandez la grâce de sentir davantage la présence de Dieu qui est partout, et celle de Jésus-Christ dans l'Eucharistie... S'humilier d'estimer si peu son Saint-Esprit et de l'avoir si souvent contristé par nos infidélités à ses inspirations, et de l'avoir peut-être chassé de notre cœur. Pater, Ave.


DEUXIÈME JOUR : Son enfance et sa vie cachée.


Considération. Quel amour pour la retraite, qu'il a commencée dès son enfance ! Quelle opposition au monde et à sa corruption ! Il faut que le monde soit bien contraire à la sainteté, puisque Dieu lui enlève saint Jean de si bonne heure pour le garantir de sa malignité. Il faut avoir grand soin de se préserver de la corruption du monde. Aimer la retraite, car c'est un puissant moyen de rester uni à Dieu, et de vivre en bon chrétien. Pater, Ave.


TROISIÈME JOUR : Sa vie publique.


Considération. Il ne sort de sa retraite que par l'ordre de Dieu, non pas même pourvoir Jésus-Christ, et supporte cette privation pendant trente ans. Il ne se montre au monde que par la vocation de celui qui peut l'y soutenir. Apprenons qu'il faut la vocation de Dieu pour entrer et vivre dans le monde, aussi bien que pour s'en retirer. On s'y perd, parce qu'on s'y, engage trop et qu'on y demeure par son propre penchant sans consulter la volonté de Dieu, quoi qu'on ait plus besoin de son secours pour s'y sauver que dans la retraite où l'on ne voudrait pas s'engager sans connaître les desseins de Dieu. Pater, Ave.


QUATRIÈME JOUR : Sa prédication.


Considération. Saint Jean-Baptiste passa trente années dans la retraite et la pénitence, pour se préparer à une prédication qui dura deux années. Il prêcha la pénitence plus par ses actions que par ses paroles. Il joignit la pénitence à l'innocence, et nous n'avons souvent aucune de ces deux vertus. Chacun doit, à son exemple, et selon son état particulier, instruire et édifier ses serviteurs, ses enfants, ses amis sans les flatter, et joindre l'exemple à l'instruction... Pater, Ave.


CINQUIÈME JOUR : Son baptême.


Considération. Le Sauveur du monde veut être baptisé par lui. Saint Jean refuse modestement, mais il est obligé d'obéir ; plus il est convaincu de son néant, plus il cède humblement. Heureuse alliance de l'obéissance avec l'humilité, du sentiment de la grandeur de Dieu avec le renoncement à son propre sens ! Pater, Ave.


SIXIÈME JOUR : Il rend témoignage à Jésus-Christ.


Considération. Il fut bien grand son zèle à publier les grandeurs de son Dieu ; et elle ne fut pas moins grande son application à s'humilier pour faire apprécier les dignités de son maître. Saisissons avec empressement toutes les occasions de procurer la connaissance, l'amour et la gloire de Dieu et de Jésus-Christ. Tachons de nous faire oublier des hommes pour n'être connu et ne vivre que de Jésus-Christ. Pater, Ave.


SEPTIÈME JOUR : Sa prison.


Considération. L'amour du repos et de la liberté ne l'empêchent point d'annoncer la loi de Dieu dans toute sa pureté. Il n'épargne point les hommes, parce qu'il ne craint que Dieu et n'aime que lui. Heureux celui qui sacrifie tout à la fidélité qu'il doit à son état et à ses devoirs ! Le respect humain ne nous doit jamais fermer la bouche quand il s'agit de la gloire de Dieu. Nous ne devons jamais rougir de l'Évangile. Pater, Ave.


HUITIÈME JOUR : Sa mort.


Considération. Il s'estime heureux de mourir pour avoir rendu témoignage à la vérité. Il est le martyr de la chasteté parce qu'il l'a aimée plus que sa vie, et on compte pour rien de tuer l'âme de son prochain par des discours, des actions et des exemples scandaleux. Il est des femmes qui ont l'effronterie de porter dans les églises des parures mondaines et même des mises indécentes, qui devraient les faire chasser de la maison de Dieu. Pater, Ave.


NEUVIÈME JOUR : Son triomphe et sa gloire dans le ciel.


Considération. Dieu, qui est encore plus magnifique dans ses récompenses que dans ses promesses, récompensa ce grand saint d'une immensité de gloire telle que, après la Mère de Dieu, il n'est aucun saint qui le surpasse en félicité et en gloire ; placé au premier rang dans la hiérarchie céleste, il peut offrir à Dieu nos prières, et nous obtenir les grâces et les faveurs que nous lui demandons.
Les dévots à saint Jean-Baptiste doivent recourir à lui avec beaucoup de confiance, car ses travaux et son martyre lui ont obtenu tout pouvoir auprès du trône de l'Éternel. Mais on doit remarquer que rien n'est plus contraire à l'honneur que l'on veut rendre à saint Jean et à la science du salut qu'il a prêché aux hommes, que les superstitions populaires. Pater, Ave.



(Tirée de Délices des pèlerins de la Louvesc ou Exercices de Dévotion qui se font à la Louvesc, et des réflexions spirituelles de J.M.B. Vianney, Curé d'Ars, 1857)




Reportez-vous à Litanies de Saint Jean-Baptiste, tirées du Bréviaire des serviteurs de Marie et Autre Neuvaine à Saint Jean-Baptiste.













Litanies de Saint Jean-Baptiste, tirées du Bréviaire des serviteurs de Marie





LITANIES DE SAINT JEAN-BAPTISTE,

Tirées du Bréviaire des serviteurs de Marie, et approuvées par Mgr. l'Archevêque de Lyon.


Seigneur, ayez pitié de nous.
Jésus-Christ, ayez pitié de nous.
Seigneur, ayez pitié de nous.

Jésus-Christ, écoutez-nous.
Jésus-Christ, exaucez-nous.

Dieu le Père, qui avez élu saint Jean-Baptiste, ayez pitié de nous.
Dieu le Fils, qui avez sanctifié saint Jean-Baptiste, ayez pitié de nous.
Esprit-Saint, qui avez éclairé saint Jean-Baptiste, ayez pitié de nous.

Sainte Marie, qui avez visité Zacharie, priez pour nous.
Sainte Marie, qui avez salué sainte Élisabeth, priez pour nous.
Sainte Marie, qui avez réjoui saint Jean-Baptiste, priez pour nous.
Saint Jean-Baptiste, priez pour nous.

Saint Jean, tressaillant dans le sein de votre mère, priez pour nous.
Saint Jean, rempli de l'Esprit-Saint, priez pour nous.
Saint Jean, chrétien en naissant, priez pour nous.
Saint Jean, prémices des fidèles, priez pour nous.
Saint Jean, enfant d'allégresse, priez pour nous.
Saint Jean, prophète du Très-Haut, priez pour nous.
Saint Jean, précurseur de Jésus-Christ, priez pour nous.
Saiut Jean, héritier de la vertu d'Élie, priez pour nous.
Saint Jean, vêtu de poil de chameau, priez pour nous.
Saint Jean, nourri de sauterelles, priez pour nous.
Saint Jean, envoyé de Dieu, priez pour nous.
Saint Jean, préparant les voies du Seigneur, priez pour nous.
Saint Jean, prédicateur de la pénitence, priez pour nous.
Saint Jean, baptisant dans le Jourdain, priez pour nous.
Saint Jean, le plus grand des enfants des hommes, priez pour nous.
Saint Jean, que plusieurs ont cru être le Christ, priez pour nous.
Saint Jean, publiant les grandeurs de Jésus-Christ, priez pour nous.
Saint Jean, réprimandant Hérode, priez pour nous.
Saint Jean, mis en prison priez pour nous.
Saint Jean, décapité, priez pour nous.

Agneau de Dieu, que saint Jean a fait connaître, ayez pitié de nous.
Agneau de Dieu qui êtes venu au-devant de saint Jean, ayez pitié de nous.
Agneau de Dieu, qui avez été baptisé par saint Jean, ayez pitié de nous.

V/ Il y eut un homme, envoyé de Dieu.
R/ Cet homme s'appelait Jean.


Oraison


Dieu tout-puissant qui avez fait de saint Jean-Baptiste un prophète, un apôtre et un martyr, par la liberté de son esprit et par la pureté de son amour ; accordez-nous la grâce, nous: vous en supplions ; de produire de dignes fruits de pénitence ; afin qu'à son exemple nous n'ayons d'autre science que celle de Jésus, d'autre amour que celui de Jésus, et que nous mourions pour ce divin Agneau, qui a effacé les péchés du monde et qui vit avec vous dans les siècles des siècles. Ainsi soit-il.



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NEUVAINE À SAINT JEAN-BAPTISTE






Prière à dire tous les jours de la neuvaine


Grand Saint, qui avez mérité d'être déclaré, par la bouche même du Saint des saints, prophète, et plus que prophète, un nouvel Élie, et le plus saint des hommes, ange et apôtre du père éternel, précurseur et baptiste du Fils unique de Dieu, premier témoin de la plénitude du Saint-Esprit en Jésus-Christ : prédicateur intrépide de la vérité, martyr de la loi de Dieu, victime de la chasteté, lampe ardente de charité, grand Saint, je vous honore dans toutes ces dignités et dans tous ces dons, que vous avez reçus de Dieu. Je révère aussi toutes les autres qualités et toutes les grâces par lesquelles Jésus-Christ vous a lié à sa personne divine, pour vous donner part à ses œuvres, et vous faire entrer dans ses desseins.
Je regarde enfin avec joie et respect la sainteté et les vertus éminentes dont le Saint-Esprit vous a orné dès le sein de votre mère, pour faire de vous un chef-d'œuvre de la grâce, un interprète fidèle de ses volontés, et, selon qu'il l'avait prédit, un homme vraiment grand devant le Seigneur.
Mais souvenez-vous, grand Saint, qu'en quittant la terre, vous avez acquis une nouvelle grandeur et un nouveau pouvoir ; et que, comme vous avez été le précurseur du Fils de Dieu par la prédication et par le baptême, par la pénitence et par le martyre, vous êtes aussi entré en participation de sa gloire, de son règne et de sa puissance sur les âmes.
Employez donc, s'il vous plaît, sur mon âme le pouvoir que vous avez reçu de Jésus-Christ ; exercez sur moi, du haut du ciel, votre ministère pour me convertir véritablement à Dieu, pour éclairer mes ténèbres par la science du salut, et pour me faire marcher avec fidélité, toute ma vie, dans les voies de la sainteté et de la justice intérieure.
Procurez-moi la reconnaissance et l'amour de Jésus-Christ, obtenez-moi de tout attendre de la vertu de son sacrifice et de son sang, de régler mes mœurs et ma vie sur son Évangile, et de travailler jusqu'à la mort à former en moi son image, en y imprimant son humilité, sa patience, son zèle pour la gloire et la loi de Dieu, son amour pour les souffrances, son esprit de prière, de retraite et de pénitence, sa fermeté à s'opposer aux vices, surtout à conserver la chasteté et toutes les autres vertus.
Enfin, conduisez tous mes pas vers cette paix céleste et éternelle, où je dois tendre par mes désirs et mes actions, afin qu'en suivant vos avertissements, j'arrive un jour à la jouissance de Jésus-Christ, que vous avez montré, pour vivre et régner avec lui dans l'éternité. Ainsi soit.il.



Reportez-vous à Neuvaine à Saint Jean-Baptiste pour obtenir la guérison de l'âme et du corps, et Litanies de Saint Jean-Baptiste, tirées du Bréviaire des serviteurs de Marie.















Soupir d'amour vers Jésus, Prière de Sainte Gertrude






Seigneur Jésus-Christ, Fils du Dieu vivant, faites-moi la grâce d'aspirer après vous de toute l'étendue de mon cœur et de mes désirs et avec une âme altérés de la soif de votre amour ; faites que je ne respire qu'après vos douceurs et vos charmes, et que toutes les puissances de mon esprit et tout ce qui est au dedans de moi-même ne soupirent qu'après vous, qui êtes la véritable félicité. Seigneur infiniment miséricordieux, marquez avec votre sang la figure de vos plaies sacrées sur mon cœur, afin que j'y lise et votre douleur et votre amour tout ensemble, et que le souvenir de vos blessures y demeurant gravé éternellement, réveille en moi la douleur de votre compassion et y rallume le feu de votre amour. Faites-moi aussi la grâce que j'aie de l'indifférence pour toutes les créatures, et qu'il n'y ait que vous seul dans qui je trouve de la douceur et une très-abondante paix.



Reportez-vous à Salutation de sainte Gertrude à MarieMotifs et marques de l'amour de DieuÉlan d'amour, Prière, Acte d'amour parfait, de Sainte Thérèse d'Avila, Prière de Saint Augustin, pour demander l'amour divin, Communier saintement et trouver refuge et salut en Jésus-Christ au Saint-Sacrement, et Comment un véritable enfant de DIEU peut et doit honorer la Sainte Vierge.















mercredi 28 août 2019

Du quatrième degré de l'Amour, par lequel l'homme ne s'aime plus que pour Dieu



Extrait de "Traité de l'amour de Dieu" de Saint Bernard :


HEUREUX celui qui a mérité d'arriver à ce quatrième degré, où l'homme ne s'aime plus soi-même que pour Dieu ! C'était dans ce sentiment que David disait : Votre Justice, ô mon Dieu ! est semblable aux plus hautes montagnes (Ps. 35). En effet, cet amour est une montagne pour sa hauteur, mais une montagne de Dieu des plus élevées (Ps. 67). Montagne, certes, grasse et abondante (Ps. 23). Ô qui est celui qui pourra monter cette montagne du Seigneur (Ps. 44) ? Qui est-ce qui me donnera des ailes de colombe, afin que j'y vole et que j'y prenne mon repos, puisque c'est un lieu tout pacifique, une vraie demeure de Sion et un séjour de paix (Ps. 75) ? Ah ! misérable que je suis ! pourquoi faut-il que le temps de mon exil ait été prolongé (Ps. 119) ? Mais quand est-ce que la chair et le sang, que ce vase de fange et de boue, et ce Tabernacle de terre pourra comprendre toutes ces merveilles ? Quand est-ce que l'homme se trouvera dans ces amoureux transports, en sorte que son esprit demeure si fort enivré de l'Amour divin, qu'il vienne à s'oublier soi-même ? que, s'étant comme perdu dedans soi-même, il n'ait plus de pensée que pour être tout à Dieu ? que, s'unissant parfaitement à lui, il ne soit plus qu'un même esprit avec lui (1 Cor. 6) ? et enfin, qu'il puisse dire comme le Prophète-Roi : Ma chair et mon cœur ont été comme réduits au néant, mais vous êtes le Dieu de mon cœur, et mon partage, ô Seigneur! pour toute l'éternité (Ps. 72) ? Certainement, celui qui a eu le bonheur de ressentir quelque chose de semblable en cette vie mortelle, quand ce ne serait que rarement, ou même une seule fois et en passant, et moins encore que la durée d'un moment, celui-là, dis-je, peut être avec juste raison appelé saint et bienheureux. Car, en effet, vouloir bien vous perdre en une certaine manière comme si vous n'étiez plus ; devenir tout à fait insensible en vous-même ; être tellement vuide de vous-même que vous soyez réduit presque au néant, ce n'est point assurément l'état d'un habitant de la Terre, mais d'un Citoyen du Ciel. Que si d'aventure il se trouve quelqu'un de ce bas monde qui soit assez heureux pour entrer dans cet état, quand ce ne serait qu'en passant et un moment, comme nous avons dit, en même temps la perversité du siècle devient jalouse de son bonheur ; il est combattu par la malice du jour, appesanti par le faix de ce corps mortel, importuné par les besoins de la chair ; la faiblesse de la corruption ne le peut supporter, et sur tout la charité fraternelle l'en retire par une violence encore plus inévitable. Ainsi il est contraint de retourner en soi-même, de reprendre ses premières brisées, et de s'écrier pitoyablement avec le prophète Isaïe : Seigneur, je souffre violence. Prenez, s'il vous plaît, ma défense en main (Isaïe 38) ; ou bien de se lamenter avec l'Apôtre en ces termes : Infortuné que je suis, qui me délivrera de ce corps de mort (Rom. 7) ?
Au reste, comme l'Écriture nous apprend que Dieu a fait toutes choses pour lui-même, il est certain aussi que la créature viendra un jour à se conformer et entrer dans ce même sentiment de son Créateur. Mais il faut que nous-mêmes nous ayons déjà ce désir et cette affection, et que, comme Dieu a voulu que toutes choses fussent créées pour sa gloire, qu'ainsi nous ne voulions pas nous-mêmes vivre en ce monde, ni chose aucune, sinon pour l'amour de lui, c'est-à-dire pour l'accomplissement de sa seule volonté, et non pas pour la recherche de notre propre satisfaction. Pour lors, toute notre joie sera non pas tant d'apercevoir la fin de nos misères, ou le commencement de notre bonheur, comme de voir sa volonté accomplie en nous et par nous. C'est la demande que nous lui faisons tous les jours dans l'Oraison dominicale : Seigneur, que votre volonté s'accomplisse en la Terre comme au Ciel (Matth. 6). Ô amour chaste et saint ! ô charité douce et agréable ! ô intention pure et désintéressée de la volonté humaine! mais certes d'autant plus désintéressée et plus pure, qu'elle ne retient en soi aucun mélange de propriété ; d'autant plus douce et plus agréable, qu'elle ne ressent plus rien que de divin. Certainement c'est être tout divinisé que de se trouver en cet état ; car tout de même qu'une goutte d'eau versée dans une quantité de vin semble perdre tout son être en même temps qu'elle prend la saveur et la couleur du vin ; de même qu'un morceau de fer tout embrasé et tout pénétré du feu, étant dépouillé de sa propre et première forme, ressemble parfaitement au même feu ; et de même encore que l'air de toutes parts éclairé de la lumière du soleil devient si fort semblable à cette même clarté de la lumière, que vous le prendriez plutôt pour la lumière même que pour un air pénétré de la lumière, ainsi toute la volonté humaine dans les Bienheureux, par une certaine manière qui ne se peut exprimer, viendra pour lors à se fondre et se perdre en elle-même, et deviendra par ce moyen toute transformée en la volonté de Dieu. Et en effet, si cela n'était pas de la sorte, comment pourrait-on dire avec vérité que Dieu serait toutes choses en tous, s'il restait encore dans l'homme quelque chose du même homme ? Il est vrai que la même substance demeurera, mais elle se trouvera dans toute une autre forme, dans une autre gloire et dans une autre puissance. Mais quand est-ce que se fera cet heureux changement ? Qui aura le bonheur de le voir ? Qui en aura la jouissance ? Quand viendra le temps que je paraîtrai devant la face de Dieu (Ps. 41) ? Mon Seigneur et mon Dieu, vous savez les désirs de mon cœur ; il vous à dit avec quelles ardeurs ils vous cherchent, et j'espère aussi que je vous trouverai après tant de poursuites (Ps. 26). Quoi ! ne verrai-je point votre saint Temple ? Je sais à la vérité que ce Commandement d'amour, vous aimerez le Seigneur votre Dieu de tout votre cœur, de toute votre âme et de toutes vos forces (Luc, 10), ne pourra jamais s'accomplir dans sa dernière perfection jusqu'à ce que le cœur de l'homme ne soit plus obligé de songer à son corps, que son âme cesse de s'occuper après lui par les soins continuels de ses opérations vitales et sensitives, et que sa vertu, étant affranchie de ses importunités ordinaires, se trouve entièrement fortifiée par la puissance de son Dieu. La raison est qu'il n'est pas possible de recueillir parfaitement toutes ces choses en Dieu, et les tenir toujours attachées et unies à sa divine présence, tandis qu'elles sont nécessitées de soigner et de servir ce corps mortel dans ses infirmités et dans ses misères. C'est pourquoi, comme ce quatrième degré de l'amour ne peut s'obtenir par tous les efforts de l'industrie humaine, mais qu'il est donné par la puissance de Dieu, qui en fait présent à qui lui plaît, il ne faut pas que l'âme espère de le posséder, ou plutôt d'y être possédée de Dieu, sinon après que son corps sera devenu spirituel et immortel, jouissant de sa perfection dernière, exempt de tous troubles et entièrement soumis à l'esprit. Pour lors, dis-je, elle parviendra aisément à ce suprême degré, lorsque, sans être ni retenue par les plaisirs des sens, ni abattue par les misères de la vie, elle n'emploiera tous ses efforts et tous ses soins que pour entrer dans la joie de son Seigneur. Mais n'aurions-nous pas sujet de croire que les saints martyrs ont obtenu cette faveur, au moins en partie, lors même qu'ils habitaient encore dans ces corps victorieux et triomphants ? Certes il fallait bien que l'amour dont ces belles âmes étaient éprises fût extrêmement puissant, de leur faire ainsi exposer leurs propres corps avec un mépris si étrange des plus horribles tourments ; et quoiqu'il ne se pût faire que le ressentiment d'une douleur très-aiguë ne troublât quelquefois la sérénité de leur visage, jamais pourtant il n'a été capable d'ébranler leur constance. Mais que dirons-nous d'elles, à présent qu'elles sont séparées de leurs corps ? Pour moi, je crois qu'elles sont toutes plongées et toutes abîmées dans cet Océan infini de la gloire éternelle et de l'éternité glorieuse.



Reportez-vous à Du premier, second et troisième degré de l'Amour, Qui sont ceux qui trouvent du plaisir à penser à Dieu et qui sont plus capables de son amour, Prière de Saint Augustin pour demander l'amour divin, Acte d'amour parfait, de Sainte Thérèse d'Avila, Élan d'amour, Prière, et Litanies de l'amour de Dieu, Composées par le Souverain Pontife Pie VI.















Prière à la sainte dont on porte le nom





Glorieuse sainte N., ma très-aimable patronne, mon doux refuge et l'espoir de mon salut, après Dieu, la sainte Vierge, saint Joseph et mon Ange gardien, écoutez-moi, s'il vous plait. Veuillez, je vous en prie, me protéger auprès de Dieu, obtenez-moi le mépris du monde, la mortification en toutes choses et la grâce de faire des progrès dans les vertus que Dieu demande de moi pour mériter son saint amour. Enfin, ne permettez jamais que celle qui porte votre nom périsse dans ses vices : mais assistez-moi, et obtenez-moi la rémission de mes péchés. J'ai recours à vous, ma chère patronne, et je remets mon corps, mon âme, mes affaires, ma famille, le soin de mon salut et tout ce qui me touche, sous votre protection, vous suppliant pour l'amour de Jésus d'en prendre le soin et d'être toujours mon refuge en cette vie et mon guide à ma mort, pour conduire mon âme à la félicité éternelle. Ainsi soit-il.


Reportez-vous à Prière au Saint dont on porte le nom, Prière au Saint Patron, Méditation sur la nécessité des progrès dans la vertu, Prière à la très-sainte Vierge pour demander la ferveur, De la Mortification, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Méditation sur les différentes manières de prier, et Méditation sur la nécessité de la Prière.












Prière au Saint dont on porte le nom





Ô mon cher et bien aimé patron saint N., je me mets sous votre glorieuse et puissante protection, offrez-moi et donnez-moi à Jésus. Détruisez en moi, par vos prières et vos mérites, tout ce qui est contraire à sa gloire et à mon salut. Servez-vous de moi, s'il vous plaît, comme d'une chose qui est entièrement entre vos mains pour glorifier et aimer Jésus en toutes les manières qu'il vous plaira. Faites-moi participant de votre très-pur amour envers lui ainsi que de vos autres vertus ; priez-le pour moi, que je ne vive plus que pour l'aimer et l'honorer, que je meure plutôt mille fois que de l'offenser, que toute ma vie se passe en louanges et en amour envers lui, et qu'enfin je meure dans l'exercice de son pur amour. Ainsi soit-il.


Reportez-vous à Prière à la sainte dont on porte le nom, Prière au Saint Patron, Prière à la très-sainte Vierge pour demander la ferveur, Oraison pour demander la foi, l'espérance et la charité, Méditation sur les différentes manières de prier, et Méditation sur la nécessité de la Prière.











Élan d'amour, Prière




(humilité)


Ô mon Dieu et mon tout, qui êtes-vous, doux Sauveur, mon Dieu, et qui suis-je moi votre indigne et vil serviteur ! Ô Dieu très-saint, je désire vous aimer ! Jésus mon Dieu, je vous ai déjà consacré mon cœur et mon corps sans réserve. Mais combien je voudrais, s'il m'était possible, faire quelque chose de plus pour votre amour ! Faites, je vous en conjure, que la délicieuse violence de votre amour détache entièrement mon âme de tous les objets d'ici-bas, afin que je meure pour l'amour de votre amour, comme vous avez daigné mourir pour l'amour de mon amour. Ainsi soit-il.


Reportez-vous à Motifs et marques de l'amour de DieuSoupir d'amour vers Jésus, Prière de Sainte Gertrude, Acte d'amour parfait, de Sainte Thérèse d'Avila, Prière pour demander l'humilité, La précieuse mort de Saint Philippe Benizi, et Prière de Saint Augustin, pour demander l'amour divin.












mardi 27 août 2019

Acte d'amour parfait, de Sainte Thérèse d'Avila




Ô mon Sauveur, ce qui m'enflamme d'amour pour vous, ce n'est pas la promesse que vous me faites du bonheur du ciel. Ce n'est point non plus la crainte de l'enfer qui me détourne de vous offenser. Ce qui touche mon cœur, ô mon Dieu, c'est vous-même ; c'est de vous voir suspendu à la croix, et accablé de souffrances ; ce qui m'attendrit, c'est de voir votre corps sacré tout ensanglanté, c'est de vous voir dans les angoisses de la mort. Ce qui me pénètre d'attendrissement, c'est votre amour, et il me touche si fort, que n'y eût-il point de ciel pour moi, je ne laisserais pas de vous aimer, n'y eût-il point d'enfer, je ne laisserais pas de vous craindre.
Non, ce n'est point l'intérêt qui excite mon amour, car lors même que je n'espérerais pas tout le bien que j'espère, je vous aimerais autant que je vous aime.



Reportez-vous à Motifs et marques de l'amour de DieuDe l'amour parfait, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Abrégé de la vie de Sainte Thérèse d'Avila, Prière de Sainte Thérèse d'Avila pour la conversion des pécheurs obstinés, Litanies de Sainte Thérèse d'Avila, Neuvaine en l'honneur de Sainte Thérèse d'Avila, Soupir d'amour vers Jésus, Prière de Sainte Gertrude, Élan d'amour, Prière, Sentiment de joie d'être tout à Dieu, Prière de Sainte Thérèse d'Avila, Prière de Saint Augustin, pour demander l'amour divin, Confiance de sainte Thérèse d'Avila en saint Joseph, Saint Joseph à Nazareth, Neuvaine à Saint Joseph, pour se préparer à ses Fêtes, et obtenir quelque grâce spéciale pendant la vie et une bonne mort, Qui sont ceux qui trouvent du plaisir à penser à Dieu et qui sont plus capables de son amour, Du premier, second et troisième degré de l'Amour, et Méditation pour la Fête de Sainte Thérèse d'Avila.












Sentiment de joie d'être tout à Dieu, Prière de Sainte Thérèse d'Avila




Ô Dieu de mon âme ! il est bien vrai que vous êtes notre ami véritable ; vous qui pouvez tout ce que vous voulez, vous ne voulez que ce qui nous est utile et salutaire, pourvu que notre volonté soit la vôtre. Souverain maître de l'univers, que toutes vos créatures vous bénissent ! Ah ! que n'ai-je une voix assez forte pour faire entendre jusqu'aux extrémités de la terre combien vous êtes fidèle à ceux qui ont le bonheur de vivre de votre amour ! Tout ici-bas nous échappe et nous fuit ; mais vous, Seigneur, vous ne nous abandonnez jamais. Que sont les souffrances de ceux qui vous aiment, en comparaison des délices que vous leur faites éprouver ! Oh ! heureuse et mille fois heureuse l'âme qui n'a jamais aimé que vous !
Jésus mon Dieu, quel bonheur pour mon âme de se jeter entre vos bras, de s'abandonner à vous, et de pouvoir vous dire : je suis tout à mon saint époux et mon saint époux est tout à moi ! Je ne pense qu'à lui plaire, et lui-même a soin de moi. Ô mon Dieu ! je vous en conjure par le sang de mon Sauveur, daignez me donner le baiser de votre amour, et m'unir intimement à vous. Car, que deviendrais-je pour peu que je vinsse à m'éloigner de vous ? Ô mon Sauveur, mon unique espérance et toute ma félicité, qu'ai-je à désirer en ce monde, sinon d'être inséparablement attaché à vous !...



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Du premier, second et troisième degré de l'Amour



Extrait de "Traité de l'amour de Dieu" de Saint Bernard :





Du commencement de notre Amour, ou du premier degré de l'amour, par lequel l'homme s'aime pour soi-même.


L'AMOUR est une des quatre passions qui nous sont données de la Nature, lesquelles étant d'elles-mêmes assez connues, il serait superflu de les nommer chacune en particulier. Mais certainement il serait de la justice même que les premiers usages de la Nature fussent employés premièrement à la reconnaissance et au service de l'Auteur de la Nature. C'est pour cela que JÉSUS-CHRIST a dit dans l'Évangile que le premier et le plus grand de tous les Commandements était celui de l'Amour envers Dieu. Vous aimerez, dit-il, le Seigneur votre Dieu (Matth. 22). Cependant, comme la Nature est fragile et faible, il faut que la nécessité même commande de lui rendre ce premier devoir. Ainsi cet amour est charnel, par lequel l'homme avant toutes choses s'aime soi-même pour soi-même. Et c'est ce que veut dire saint Paul par ces paroles : Premièrement, ce qui est animal précède, puis après ce qui est spirituel (I Cor. 15). Ce n'est pas pourtant un Commandement qui nous est donné, mais une impression secrète qui est gravée dans le fonds de la nature ; car, comme dit le même Apôtre : Qui est celui qui a jamais eu de la haine pour son propre corps (Ephes. 5) ? Que si cet amour, comme il arrive souvent, devient excessif, et que, ne voulant pas se contenir dans les bornes de la nécessité, il prenne l'essor et se jette éperdument dans les vastes campagnes de la volupté, son excès se trouve aussitôt réprimé par le second commandement qui lui est fait : Vous aimerez votre prochain comme vous-même ; et cela fort justement, n'étant pas raisonnable que celui qui est participant de sa même nature ne le soit pas aussi de sa grâce, et surtout de celle qui lui est connaturelle. Or, si l'homme se trouve surchargé, non pas d'assister son prochain dans ses besoins, mais de le servir dans ses plaisirs, il faut premièrement qu'il travaille lui-même à retrancher les siens, à moins qu'il ne veuille, passer pour transgresseur de la Loi. Je veux bien qu'il se traite avec toute la douceur qu'il lui plaira, pourvu qu'il ne s'oublie pas de faire un pareil traitement à son prochain. Cependant, ô homme ! c'est un merveilleux avantage pour toi, de ce que la loi de la vie et de la conduite te donne un frein de tempérance et de modération, de peur que, suivant tes concupiscences, tu ne périsses, et que tu n’emploies les biens que tu as reçus de la Nature pour servir à la volupté, qui est l'ennemie mortelle de ton âme. N'est-il pas bien plus juste et plus honorable d'en faire part à ton semblable, je veux dire à ton prochain, que non pas à ton ennemi ? Que si, selon l'avis du Sage, tu renonces à tes plaisirs (Eccl. 18), et que, suivant la doctrine de l'Apôtre, tu te contentes du vivre et du vêtir (I Tim. 6), sans doute tu ne trouveras pas beaucoup de peine à retirer ton cœur peu à peu des affections charnelles, qui sont absolument contraires au salut de ton âme, et je ne crois pas que tu fasses difficulté d'accorder à ton semblable ce que tu retranches à ton ennemi. Ainsi ton amour ne sera pas seulement tempérant, il sera encore juste, lorsque tu emploieras aux besoins de tes Frères ce que tu soustrais à tes propres plaisirs ; et de charnel qu'il était auparavant, il deviendra raisonnable à mesure qu'il se rendra plus communicatif et libéral envers les autres. Mais si, en faisant part de tes biens au prochain, tu viens toi-même à manquer des choses qui te sont nécessaires, que penses-tu qu'il faudra faire en cette rencontre ? Saint Jacques te l'apprend en sa première Épître : Il faut t'adresser à Dieu avec une entière confiance, et demander à celui qui donne à tous avec profusion et sans reproche, qui ouvre les mains de sa toute-puissance, et remplit de ses bénédictions tous les animaux de la terre (Ps. 144). Car on ne peut nullement douter que celui qui a la bonté de donner à plusieurs les choses dont ils se peuvent bien passer, puisse dénier les nécessaires à celui qui se trouve dans l'extrémité. Mais, pour nous donner encore plus d'assurance de cette vérité, il nous engage sa parole dans l'Évangile, et promet absolument les choses nécessaires à celui qui se retranchera des superflues, et qui aimera son prochain. Cherchez premièrement, dit-il, le Royaume de Dieu et sa Justice, et toutes ces choses vous seront infailliblement données (Luc, 12). Or, c'est proprement chercher le Royaume de Dieu et sa grâce contre la tyrannie du péché, d'aimer mieux se soumettre aux lois de la modestie et de la sobriété, que de souffrir la domination du péché dans votre corps ; et c'est aussi chercher la justice, de faire part des présents que vous avez reçus de la Nature à celui qui est participant de la même Nature que vous.
Mais pour arriver à la perfection de la justice dans l'amour du prochain, il faut nécessairement que ce soit Dieu même qui soit le motif de cet amour. Et en effet, comment peut-on l'aimer avec pureté d'intention, si on ne l'aime pas en Dieu ? Et comment peut-on l'aimer en Dieu, à moins que Dieu même ne soit aimé ? Il faut donc aimer Dieu, premièrement que d'aimer le prochain en lui. Or Dieu, qui est l'auteur de tout bien, est aussi la cause de l'amour que nous avons pour lui-même, et voici comment : c'est que celui qui est l'auteur de la Nature en est aussi le protecteur, parce qu'il l'a tracée de telle façon que, comme elle n'a pu sortir de son néant que par lui, aussi ne saurait-elle subsister absolument sans lui : d'où vient qu'elle a besoin, pour se conserver, de l'assistance continuelle de celui qui lui a donné son premier Être. Ainsi, de peur que la Créature ne vienne à se méconnaître, et s'attribuer ce qu'elle n'a reçu que de son Créateur, ce même Créateur, par un Conseil très-sage et salutaire à l'homme, veut que cet homme soit affligé et accueilli de traverses et de misères, afin que, l'homme venant à manquer de force et de courage et se voyant secouru de Dieu, Dieu soit justement honoré par l'homme, qui tient sa délivrance de sa divine Bonté. C'est ce qu'il nous enseigne au Psaume 49 : Implore mon assistance au jour de ton affliction, et je te délivrerai, et tu m'honoreras. Par ce moyen, l'homme animal et charnel, qui ne savait ce que c'était que d'aimer un autre que soi-même, commence aussi d'aimer Dieu pour son intérêt, connaissant par sa propre expérience que c'est en lui seul qu'il peut tout, et que sans lui il ne peut rien ; ce qui lui est tout à fait avantageux.



Du second et troisième degré de l'Amour.


VOILÀ donc l'homme qui commence déjà d'aimer Dieu ; mais ce n'est encore que pour son propre intérêt, et non pas pour Dieu même. C'est néanmoins quelque espèce de sagesse de savoir ce que vous pouvez avec la grâce de Dieu, et d'avoir soin de ne point offenser celui qui a la bonté de vous préserver de tout mal. Mais si vous vous trouvez souvent attaqué par les déplaisirs et les afflictions de cette vie, et qu'autant de fois que vous aurez eu recours à Dieu, vous ayez autant de fois été délivré par sa divine miséricorde, ne faut-il pas que votre cœur, fût-il de bronze ou de pierre, s'amollisse à la vue de cette Bonté de votre Sauveur, et que vous l'aimiez dorénavant, non plus pour votre intérêt seulement, mais encore pour l'amour de lui-même ? En effet, les misères continuelles dont l'homme se voit nécessairement accueilli l'obligent sans cesse de continuer ses instances envers Dieu, et de s'approcher de lui plus fréquemment ; en s'approchant de lui, le goûter plus intimement ; et en le goûtant, éprouver combien le Seigneur est doux à ceux qui l'aiment. Et de là vient que cette suavité divine que nous avons déjà goûtée a souvent beaucoup plus de force pour nous attirer à aimer Dieu purement, que non pas le propre besoin qui nous presse ; si bien qu'à l'exemple des Samaritains, qui disaient à cette femme de Samarie qui leur apporta les nouvelles de la venue du Messie : Nous ne croyons plus à cause de ce que tu nous en as rapporté, mais nous avons entendu nous-mêmes, et nous savons assurément que c'est lui qui est le vrai Sauveur du monde (Joan. 4). À leur exemple, dis-je, nous adressant à notre corps, nous devons à plus juste titre lui tenir ce langage : Sache, ô misérable chair ! que nous aimons Dieu, non plus pour le besoin que tu as de son assistance, mais parce que nous avons goûté en personne, et que nous savons par nous-mêmes que c'est un Seigneur plein de douceur et de bonté. Certes, la nécessité rend souvent la chair éloquente, et elle nous raconte avec agrément les bienfaits dont elle a ressenti la douceur par expérience ; mais l'homme qui' se trouve dans cette heureuse disposition dont nous venons de parler n'aura pas grande difficulté d'accomplir le commandement qui lui est fait d'aimer son Prochain, puisqu'aimant Dieu véritablement, il est d'une conséquence nécessaire qu'il aime les choses qui appartiennent à Dieu. Il aime chastement, et par conséquent il obéira sans peine à un commandement tout chaste, s'étudiant, comme dit saint Pierre, de purifier son cœur de plus en plus sous l'obéissance de la charité (Pet. 2). Il aime avec justice, et partant il ne saurait qu'il n'embrasse avec plaisir une loi juste. D'ailleurs, si cet amour est agréable, ce n'est pas sans sujet, puisqu'il est gratuit et sans intérêt. Il est chaste, parce qu'il n'est pas seulement dans les paroles et sur le bord des lèvres, mais il se fait connaître par les œuvres et dans la vérité. Il est juste, parce qu'il est rendu de la même manière qu'il a été reçu, n'étant pas possible que celui qui aime avec justice se porte à aimer d'une autre façon que de celle dont il se voit aimé, de sorte qu'il fait tous ses efforts pour rendre le réciproque ; et comme JÉSUS-CHRIST n'a point cherché ses intérêts, mais les nôtres et nos propres personnes, aussi n'aime-t-il que les intérêts de JÉSUS-CHRIST, et non pas les siens. C'est ainsi qu'aimé celui qui dit : Bénissez le Seigneur, parce qu'il est bon (Ps. 117). Celui qui loue le Seigneur, non pour la bonté qu'il lui témoigne par ses bienfaits, mais pour la bonté qu'il possède en lui-même, celui-là vraiment aime Dieu pour Dieu même, et non pour son intérêt. Mais celui-ci n'aime pas de cette sorte, duquel il est écrit : Il vous bénira lorsque vous lui ferez du bien (Ps. 48). Donc, le troisième degré d'amour est celui par lequel on vient à aimer Dieu pour lui-même.



Reportez-vous à Du quatrième degré de l'Amour, par lequel l'homme ne s'aime plus que pour Dieu, Qui sont ceux qui trouvent du plaisir à penser à Dieu et qui sont plus capables de son amour, Prière de Saint Augustin pour demander l'amour divin, Acte d'amour parfait, de Sainte Thérèse d'Avila, Élan d'amour, Prière, et Litanies de l'amour de Dieu, Composées par le Souverain Pontife Pie VI.















dimanche 25 août 2019

Comment saint Louis, roi de France, se rendit, en habit de pèlerin, à Pérouse, où il alla visiter le saint Frère Égide





Dans le temps où saint Louis, roi de France, visitait en pèlerin les sanctuaires les plus vénérés, ayant entendu parler de la haute sainteté de Frère Égide, l'un des premiers compagnons de saint François, il résolut d'aller le visiter, et se rendit à Pérouse où il se trouvait. Arrivé à la porte de son couvent, comme un pauvre pèlerin et un inconnu, suivi seulement de quelques-uns de ses gens, il le fit demander par le portier, sans lui faire connaître qui il était. Celui-ci alla aussitôt avertir le frère qu'un étranger désirait lui parler. À l'instant, une vision intérieure révéla à Frère Égide que ce pèlerin n'était autre que le roi de France ; il quitte sa cellule et va au-devant de lui. Dès qu'ils se voient, quoique ce soit pour la première fois, ils se jettent à genoux tous deux en même temps, et s'embrassant tendrement ils demeurèrent appuyés cœur sur cœur, confondus dans cet embrassement d'amour et d'effusion, sans échanger une seule parole. Après être restés ainsi embrassés pendant très-longtemps, toujours à genoux et dans un profond silence, ils se détachent l'un de l'autre, se lèvent et se quittent, le roi pour continuer sa route, et le frère pour rentrer à sa cellule.
Après le départ du roi, un frère demanda à l'un de ses compagnons s'il connaissait l'étranger qui s'était tenu si étroitement embrassé avec Frère Égide ; celui-ci répondit que c'était Louis, roi de France, qui était venu le visiter. Cette nouvelle se répandit bientôt parmi les autres religieux, qui furent très-fâchés de ce que Frère Égide n'avait adressé aucune parole au roi ; il allèrent lui en faire des reproches. « O Frère Égide ! lui dirent-ils, pouvez-vous être si peu charitable, lorsqu'un si saint roi vient de France exprès pour vous voir, que de ne pas lui dire un seul mot ? » — « Ah ! mes frères bien-aimés, leur répondit Frère Égide, ne vous étonnez pas si ni moi ni lui nous n'avons pu nous parler ; car dès que nous nous sommes embrassés, la lumière de la divine sagesse m'a révélé tout son cœur et lui a révélé le mien; et ainsi, en nous regardant dans nos deux cœurs, nous nous connaissions bien autrement que si nous nous étions parlé, et avec une bien autre consolation que si nous avions voulu rendre par des paroles ce que nous sentions, tant la langue humaine est incapable d'exprimer les secrets mystères de Dieu ! Sachez donc que le roi m'a quitté satisfait et le cœur rempli de consolation. * »


* M. de Montalembert a traduit une partie de ce chapitre dans sa magnifique Introduction à son Histoire de sainte Élisabeth ; nous nous sommes servi de sa traduction dans la nôtre.



(Extrait des Fioretti ou petites fleurs de Saint François d'Assise)




Reportez-vous à Méditation pour la fête de Saint Louis, Roi de France, Doctrine et paroles remarquables du bienheureux Frère Égide, compagnon de Saint François d'Assise : Sur les Vices et les Vertus, la Crainte de Dieu, la Patience, l'Oisiveté, et le dégoût des choses temporelles, Doctrine et paroles remarquables du bienheureux Frère Égide, compagnon de Saint François d'Assise : Sur la Chasteté, les Tentations et l'Oraison, et De la manière dont saint François bénit le saint Frère Bernard ; et comment il le laissa son vicaire au moment de sa mort.

















samedi 24 août 2019

Que vos amis, ô Dieu sont comblés d'honneur ! — Lecture du jour, pour la Fête de Saint Barthélemy



Jésus guérissant la femme hémorragique



1re Lettre de Saint Paul aux Corinthiens, 12, 27-31

Mes frères,
Vous êtes le corps du Christ, et chacun de vous est l'un de ses membres ; [or, les membres sont divers].
Ainsi, dans l'Église, il y a premièrement ceux que Dieu a établis comme apôtres, deuxièmement les prophètes, troisièmement les docteurs (1) ; puis viennent ceux qui ont le don des miracles, ou celui de guérir (2), ou celui de l'entr'aide, ceux qui ont le don de l'autorité, ou bien le don des langues, ou celui de les interpréter.
Où en serions-nous si tous étaient apôtres ? ou tous prophètes, ou tous docteurs ? Si tous faisaient des miracles ou des guérisons, ou si tous parlaient en langues ou tous les expliquaient ? Vous autres, frères, aspirez aux dons les meilleurs.


1. Prophètes : ceux qui parlent au nom du Seigneur, et savent par leurs discours entraîner les autres vers la perfection. — Docteurs : catéchistes officiels, qui donnent l'enseignement régulier.

2. Lire la vie des saints et les Évangiles pour comprendre comment les guérisons au nom de Dieu s'opèrent, afin de ne pas confondre les miracles de Dieu avec les prodiges du Démon.



Évangile selon Saint Luc, 6, 12-19

En ce temps-là, Jésus se retira sur la montagne et passa toute la nuit à prier Dieu. Quand le jour fut venu, il appela ses disciples et, parmi eux, en choisit douze qu'il nomma apôtres : Simon (auquel il donna le nom de Pierre) et André son frère, Jacques et Jean, Philippe et Barthélemy, Matthieu et Thomas, Jacques, fils d'Alphée, et Simon surnommé le Zélé, Jude, frère de Jacques, et Judas Iscariote qui le trahit.
Il descendit avec eux et vint retrouver dans la plaine la foule nombreuse de ses disciples et l'énorme rassemblement populaire qui était venu, pour l'entendre et se faire guérir, de tous les coins de la Palestine, de Jérusalem, et même du littoral de Tyr et de Sidon. Tous ceux qui étaient tourmentés par de mauvais esprits étaient délivrés, et tout le monde cherchait à le toucher, parce qu'il émanait de lui un pouvoir qui les guérissait tous.



Reportez-vous à Sur le magnétisme et L'existence du surnaturel et du surhumain.













EXERCICE POUR LA BONNE MORT


Mort de Saint Philippe Benizi (Andrea del Sarto) Source photo



EXERCICE POUR LA BONNE MORT



Recommandation de soi-même pour l'heure de la mort



Seigneur, je remets mon esprit entre vos mains, je l'y remets à présent que je suis en santé, de peur que je ne puisse le faire quand arrivera l'heure de mon trépas. J'accepte donc pleinement l'arrêt de mort porté contre moi, et j'unis le sacrifice de moi-même à celui de mon Sauveur s'immolant sur la croix pour expier mes péchés et rendre gloire à son divin Père. Seigneur Jésus, j'implore votre assistance pour cette dernière heure. Souvenez-vous que vous avez vous-même passé par les mortelles angoisses du trépas, et que vous avez, dans ce douloureux moment, versé des larmes, crié vers votre Père, que vous lui avez recommandé votre esprit, après quoi vous avez rendu le dernier soupir. À mon tour, je crie vers vous, qui êtes mon Sauveur, afin que vous daigniez recevoir mon âme quand elle sortira de la prison de mon corps. Je vous contemple ô mon Jésus, sur votre croix ; je vois que vous me tendez les bras, j'aperçois votre côté ouvert, et votre tête penchée vers moi. Et mon âme, abandonnant toutes les choses créées, se jette entre vos bras, elle vous demande le baiser de paix, elle se cache dans votre côté sacré. Recevez-la, s'il vous plaît, à l'heure de ma mort, afin que j'aille vous aimer et vous adorer éternellement avec vos saints Anges dans le ciel. Ainsi soit-il.


Prière pour obtenir une bonne mort



Nota.
En récitant cette prière, on gagne 300 jours d'indulgence. Si on la récite pendant un mois, il y a une indulgence plénière l'un des trois derniers jours du mois, aux conditions ordinaires.


Ô mon Dieu, qui avez voulu, pour la rédemption du monde, naître dans une crèche, être circoncis, réprouvé par les Juifs, trahi par un baiser sacrilège du perfide Judas, lié comme un innocent agneau qui doit être immolé, traîné honteusement devant les tribunaux d'Anne, de Caïphe, de Pilate et d'Hérode, accusé par de faux témoins, souffleté, couvert de crachats, frappé de verges, couronné d'épines, tourné en dérision, rassasié d'opprobre et d'ignominie, enfin dépouillé de vos habits, attaché avec des clous sur une croix, placé entre deux larrons, abreuvé de fiel et de vinaigre, et percé par le fer d'une lance; aimable Sauveur, ainsi immolé pour consommer l'œuvre sublime de notre rédemption, en nous arrachant à la triple servitude du péché, du démon et de l'enfer, je vous en conjure par tant de supplices atroces endurés par amour pour moi, et dont le souvenir sera toujours présent à mon cœur ingrat, je vous en conjure par votre croix et votre mort, délivrez-moi des peines de l'enfer, et daignez m'introduire avec le larron pénitent, crucifié avec vous, dans ce royaume céleste où vous vivez et régnez avec Dieu le Père, et le Saint-Esprit dans tous les siècles des siècles. Ainsi soit-il.


LITANIES DE LA BONNE MORT



Composées par une demoiselle protestante, convertie à la religion catholique, morte a dix-huit ans, en odeur de sainteté.


Avec indulgence de 100 Jours, toutes les fois qu'on le récite dans l'intention de demander à Dieu sont secours pour l'heure de la mort. Il y a indulgence plénière, si on les récite pendant un mois, pourvu qu'on se confesse et qu'on communie.


Seigneur Jésus, Dieu de bonté, père de miséricorde, je me présente devant vous avec un cœur humilié, brisé et confondu ; je vous recommande ma dernière heure et ce qui doit la suivre.
Quand mes pieds immobiles m'avertiront que ma course en ce monde est près de finir, miséricordieux Jésus, ayez pitié de moi.
Lorsque mes mains engourdies et tremblantes, ne pourront plus tenir contre mon cœur votre image, ô Jésus crucifié, et que malgré moi elles la laisseront tomber sur mon lit de douleur, miséricordieux Jésus ayez pitié de moi.
Quand mes yeux obscurcis et troubles des approches de la nuit, porteront leurs regards tristes et mourants vers vous, miséricordieux Jésus ayez pitié de moi.
Quand mes lèvres froides et tremblantes prononceront pour la dernière fois votre adorable nom, miséricordieux Jésus, ayez pitié de moi.
Quand mes joues pâles et livides inspireront aux assistants la compassion et la terreur, et que mes cheveux baignés des sueurs de la mort, s'élevant sur ma tête, annonceront ma fin prochaine, miséricordieux Jésus, ayez pitié de moi.
Quand mes oreilles prêtes à se fermer pour toujours aux discours des hommes, s'ouvriront pour entendre votre voix qui prononcera l'arrêt, irrévocable qui doit fixer mon sort pour l'éternité, miséricordieux Jésus, ayez pitié de moi.
Quand mon imagination, agitée de fantômes sombres et effrayants, sera plongée dans les tristesses mortelles, que mon esprit troublé par la vue de mes iniquités et par la crainte de votre justice luttera contre l'ange des ténèbres, qui voudrait me dérober la vue de vos miséricordes et me jeter dans le désespoir, miséricordieux Jésus, ayez pitié de moi.
Quand mon faible cœur, accablé par la douleur de la maladie, sera saisi des horreurs de la mort, et épuisé par les efforts qu'il aura faits contre les ennemis de mon salut, miséricordieux Jésus, ayez pitié de moi.
Quand je verserai mes dernières larmes, symptômes de ma destruction, recevez-les en sacrifice d'expiation afin que j'expire comme une victime de la pénitence, dans ce terrible moment, miséricordieux Jésus, ayez pitié de moi.
Quand j'aurai perdu l'usage de tous mes sens, que le monde entier aura disparu pour moi, et que je serai dans les oppressions de ma dernière agonie et dans le travail de la mort, miséricordieux Jésus, ayez pitié de moi.
Quand les derniers soupirs de mon cœur presseront mon âme de sortir de mon corps, acceptez-les comme venant d'une sainte impatience d'aller à vous, miséricordieux Jésus, ayez pitié de moi.
Quand mon âme sur le bord de mes lèvres sortira pour toujours de ce monde, et laissera mon corps pâle, glacé et sans vie, acceptez la destruction de mon être comme un hommage que je veux rendra à votre divine majesté, miséricordieux Jésus, ayez pitié de moi.
Enfin quand mon âme paraîtra devant vous, et qu'elle verra pour la première fois l'éclat de votre majesté, ne la rejetez pas de devant votre face; daignez me recevoir dans le sein de votre miséricorde, afin que je chante éternellement vos louanges, miséricordieux Jésus, ayez pitié de moi.
Ainsi soit-il.

ORAISON

Ô Dieu, qui en nous condamnant à la mort nous en avez caché le moment et l'heure, faites que, passant dans la justice et la sainteté tous les jours de ma vie, je puisse mériter de sortir de ce monde dans la paix d'une bonne conscience, et mourir dans votre saint amour, par notre Seigneur Jésus-Christ, qui vit et règne avec vous dans l'unité du Saint-Esprit. Ainsi soit-il.


PRIÈRE


Verbe divin, vous avez fait une ouverture à votre côté sacré pour me dérober à la justice de votre Père ; permettez-moi d'y établir ma sépulture. Sa profondeur est incompréhensible, c'est le vrai paradis de la terre, le port du salut, le fleuve de paix, l'asile des malheureux, le trésor de l'âme, la fournaise ardente du divin amour. Faites, ô mon Jésus, que j'entre dans ce paradis, que j'arrive heureusement à ce port ; que je rencontre cet asile ; faites-moi trouver ce trésor; consumez mes mauvais penchants dans cette fournaise ardente, afin que, caché dans votre plaie sacrée comme dans un tombeau, je puisse être admis au bonheur éternel.


(Prières tirées de Délices des pèlerins de la Louvesc ou Exercices de Dévotion qui se font à la Louvesc, et des réflexions spirituelles de J.M.B. Vianney, Curé d'Ars, 1857)



Reportez-vous à Première méditation de préparation à la mort : Rends-moi compte de ton administrationSeconde méditation de préparation à la mort : Voici l'époux qui vient ; allez au-devant de luiTroisième méditation de préparation à la mort : Que me présenteront le passé, le présent et l'avenir ?L'erreur qui consiste à croire que la vie d'ici-bas c'est la vie, est de toutes les erreurs la plus radicale, la plus cruelle, la plus désastreuse et malheureusement la plus répandue de nos jours, La mort est ordinairement conforme à la vie : L'exemple de deux Curés, La précieuse mort de Saint Philippe Benizi, Les Attributs de Dieu qui font la Béatitude des Saints dans le Ciel, Neuvaine à Saint Joseph, pour se préparer à ses Fêtes, et obtenir quelque grâce spéciale pendant la vie et une bonne mort, Litanies de la bonne mort, Prière à saint Joseph pour obtenir une bonne mort, Méditation sur la justice de Dieu, Méditation sur le Jugement de Dieu, Méditation sur la pensée de la mort, Méditation sur la fausse sécurité des Pécheurs, Tu es poussière et tu retourneras en poussière, Méditation sur le désir de la mort, Méditation sur la crainte de la mort, et Méditation sur la Préparation à la mort.














vendredi 23 août 2019

La précieuse mort de Saint Philippe Benizi





Extrait de "La vie de Saint Philippe Benizi" par François Malaval :


Saint Philippe qui ménageait les heures, avait passé toute la nuit en Oraison la veille de l'Assomption Notre-Dame : et le lendemain s'étant assemblé un grand Peuple dans l'Église des Services, il célébra Messe avec des mouvements d'un amour extatique, et ainsi embrasé de ces belles flammes qui le consumaient tout entier aux yeux de Dieu, il prêcha pour la dernière fois ; et comme il était rempli des pensées de la Béatitude céleste qu'il attendait, il fit un beau discours de la gloire du Paradis ; de cette félicité immense que Dieu a préparée à ceux qui l'aiment ; de la possession éternelle de Dieu ; de la science incompréhensible, et de l'amour presque infini des Bienheureux qui semblent être changés en Dieu même par la vision Béatifique ; des délices très-pures, où toute la nature est plongée ; de la société de l'Homme-Dieu, et des Saints parmi lesquels la félicité de l'un est celle de l'autre ; de l'assouvissement qui procède de l'assemblage de tant de biens, en comparaison desquels tous les plaisirs de l'Univers mis ensemble dans un cœur, ne sont qu'une goûte d'eau selon le langage du Saint-Esprit, et ne passent pas la portée de l'imagination. Il représenta la haute folie des Sages du Monde, et des plus grands esprits qui courent toute leur vie après des atomes parmi tant de soins et de travaux, et laissent un Océan de grandeur et de félicité qui ne tarit point. Il fit voir sensiblement quelle était la facilité de gagner le Ciel, quand on le voulait bien ; et combien la vertu de la grâce de Jésus-Christ aplanissait toutes les voies qui paraissaient les plus rudes à la nature. Il expliqua les Béatitudes auxquelles par la propre parole de Jésus-Christ, on parvient encore dès cette vie au milieu de la persécution et des souffrances. En un mot, ce fut un discours qui remplit les Auditeurs de consolation et d'amour de Dieu, et qu'inspira à plusieurs de préférer le désir des délices célestes à la misérable sollicitude des choses qui passent.
À l'issue du Sermon, il se trouva atteint d'une fièvre qui n'était pas encore trop forte, mais qui l'obligea néanmoins à se mettre au lit. Les assauts de joie qu'il ressentit alors, furent plus grands que ceux de son mal : et il reçut cette fièvre, comme la Messagère du Ciel, s'étant couché sans façon sur une nue paillasse pour ne point caresser son mal. Cela ne l'empêchait pas de prêter audience à ceux qui avaient affaire à lui, de donner des conseils, d'exhorter les uns, de corriger les autres, de faire des admonitions, de consoler ceux qui en avaient besoin, et de rendre utile à tout le Monde son infirmité. Toutefois le mal s'aigrissait de jour à autre, il se laissa persuader par l'Évêque de la Ville et par le Médecin, de souffrir un matelas de laine : et un habitant de Tody le lui prêta, comme si Dieu lui eut voulu donner la consolation de porter jusqu'au comble le mépris qu'il avait fait des biens de la terre, en lui laissant finir ses jours sur un lit emprunté. Il ne voulut jamais quitter son cilice pour mourir avec les marques de la pénitence, ni le saint Habit de sa Religion pour l'amour de la Vierge, en l'honneur de laquelle il l'avait porté. Son abnégation était extrême parmi les plus violents efforts de son mal : car encore que de tout son coeur il n'eut voulu vaquer qu'à Dieu seul en un temps si court et si précieux, il ne refusa jamais les visites qui lui furent faites ; et les dernières heures de sa vie furent couronnées du double exercice de l'amour de Dieu, et de celui du prochain. Abnégation incomparable ! Il sentait des saillies des divines consolation qui le retiraient au-dedans de lui-même, et il lui fallait étouffer toutes ces douceurs pour écouter, ou pour entretenir ceux qui venaient. Il avait d'autre-part de grandes craintes sur les approches de la justice de Dieu, devant laquelle il devait comparaître, et il aurait voulu les renouveler, afin de se mieux préparer : mais il abandonnait, quand il était besoin ses craintes et ses douceurs, Dieu et soi-même pour le service du prochain ; imitant son bon Maître le Sauveur du Monde, qui dans l'abîme de son absorbante agonie, laissa plusieurs fois l'Oraison pour aller éveiller ses Disciples, et qui encore pendant le sacrifice de la Croix, qui fut la plus haute action de sa vie, et accompagnée du plus grand abandonnement de Dieu où se trouvait son humanité, ne laissa pas de se tourner vers le bon Larron, et de lui promettre le Paradis. Philippe pendant sept jours que dura son mal, agonisa autant pour le prochain, que pour lui. Mais quoique sa fièvre fut très ardente ; quoique toutes les faiblesses de son corps, et toutes les incommodités de ses pénitences et de ses travaux passés, se réveillassent dans cette occasion, et vinssent enflammer son mal ; quoique les visites fussent importunes, c'était un malade riant et paisible : on eut dit qu'il n'avait point de mal, ou qu'il n'en sentait aucun. Il disait seulement à ses Religieux, quand il n'était qu'avec eux : Rien ne me fait de la peine dans ma maladie, que toutes ces paroles d'honneur qu'on me dit. Hélas ! j'ai choisi le Convent le plus pauvre de la Province pour fuir le Monde, et je ne le saurais éviter, mais Dieu le veut. Il faut que je souffre les consolations que me veut donner le Monde, du même esprit que je souffre mon mal.
Il sentit enfin que ses forces défaillaient, et il s'évanouissait de temps en temps : c'est pourquoi ayant fait appeler tous les Religieux du Convent : Mes très chers Frères, leur dit-il, je ne vous ai fait appeler ici que pour vous demander l'assistance de vos prières, et pour vous avertir que le jour de l'octave de l'Assomption doit être infailliblement celui de ma mort. La sainte Vierge m'a appelé à la Religion, et maintenant elle m'appelle au Tribunal de son Fils, où elle me promet de m'assister. L'Assomption est la Fête de son triomphe et de sa gloire ; et Dieu fait tant de miséricordes pour l'amour d'elle, que j'espère d'en obtenir quelque part. Je vous dis ma coulpe en la présence de Dieu de toute ma vie passée, dans laquelle je ne reconnais rien de bon, si non les grâces que Dieu m'a faites. Tout le reste ne mériterait que le châtiment et l'indignation de Dieu : mais je me confie entièrement aux mérites infinis du sang de Notre-Seigneur Jésus-Christ, ce sera ce sang qui lavera mes fautes particulières et mes fautes publiques. Je confesse que j'ai une grande obligation à la Religion de m'avoir élevé dans sa saintes discipline et dans la criante de Dieu, et puis de m'avoir supporté tel que j'étais avec tant de bénignité. Cependant je n'ai fait pour elle que bien peu de choses au prix de l'amour que je lui portais, et je n'ai était si longtemps Supérieur Général, qu'afin de lui obéir, m'étant voulu démettre de ma charge dix-huit fois depuis dix-huit ans que je l'exerçais, sans l'avoir pu obtenir. Mais, mes très chers Frères, je m'estimerais heureux si par mes soins, et par mes fatigues j'ai pu ajouter quelque chose à l'amour que vous avez pour la Règle. Au moins je vous proteste que je n'ai visé dans toutes l'autorité que vous m'avez donnée, si non à la faire garder exactement, et à vous en montrer l'exemple en la gardant moi-même. Votre charité suppléera à tout ce que j'ai laissé à faire : et Dieu vous destine un Supérieur qui doit réparer amplement toutes les fautes de ma conduite. C'est un saint Hommes, vous connaîtrez bientôt sa sainteté par ses fruits. Je vous recommande instamment d'aimer votre Règle, et vos Supérieurs, et de faire les choses par amour. Obéissez toujours plus volontiers, que vous ne commanderez : le Religieux qui obéit aveuglement, ne répond de rien que de sa bonne volonté, parce qu'en tout le reste Dieu, et les Supérieurs répondent pour lui.
De plus, mes très chers Frères, dans ce temps de vicissitude et de troubles dont le saint Siège Apostolique est continuellement agité, souvenez-vous, je vous le recommande de toute mon affection, de conserver une perpétuelle obéissance envers le Souverain Pasteur de l'Église : celui qui n'aura point le Pape pour Père, n'aura point l'Église pour Mère : et l'on connaîtra que vous êtes bons Chrétiens, et bons Religieux, si vous faites volontiers profession de cette légitime obéissance, n'y ayant point plus visible marque sur la terre d'une sincère union avec Jésus-Christ, que de demeurer uni avec son Vicaire en sa doctrine, et en ses maximes. Ne vous laissez point persuader par les factieux secrets qui restent encore : tout Royaume divisé contre lui-même sera ruiné ou tôt ou tard.
Je vous exhorte à vous aimer entre vous, comme Dieu vous a aimés. Considérez tous les biens qu'il vous a faits, et faites les selon votre pouvoir, ou procurez les à vos Frères, afin que vous soyez les dignes Enfants d'un si bon Père. Celui-là est ingrat envers Dieu, et il ne sait pas encore ce que c'est que de l'aimer, qui n'a pas une véritable charité pour ses Frères. Ma conscience m'est témoin que la chose dont je me puis glorifier devant Dieu, est d'avoir aimé intimement sans nulle exception, les Religieux parfaits et les imparfaits ; les premiers et les derniers ; et de n'avoir jamais ressenti aigreur, aversion, ni dédain pour aucun de ceux que j'ai pratiqués. Ô charité Fraternelle si peu connue aux gens du siècle, et aux Religieux relachés, et qui maintenant que je ne la puis plus exercer, m'est plus connue que jamais. Continuez à la pratiquer, mes Frères, cette belle charité, et vous obtiendrez de Dieu tout ce que vous lui pourrez demander, soit pout vous, soit pour les autres.
Souvenez-vous d'aimer la très sainte Vierge, la Mère de la belle dilection : ce sera elle qui vous aidera très spécialement à aimer Dieu, et vos Frères, puisqu'elle a surpassé en amour toutes les pures créatures. Je confesse devant cette assemblée, qu'après Dieu, c'est à elle que je dois rendre grâces de tout le zèle, de toute la force que j'ai jamais eue dans la Religion, et de toutes les miséricordes que j'ay ai reçues, ou pour moi, ou pour mon prochain. En vérité il est impossible d'aimer Marie, et de ne faire pas son salut.
Maintenant je n'ai plus qu'une grâce à vous demander, c'est que n'ayant été reçu qu'en qualité de Frère Lay dans la Religion, vous me donniez la consolation d'être enseveli avec l'habit de Frère Lay, afin que le commencement et la fin de ma vie religieuse, puissent avoir du rapport ensemble, et que si je dois trouver grâce devant Dieu, je reçoive avec plus d'humilité la sentence de ma dernière absolution. Faites le ainsi, mes Frères, si vous m'aimez véritablement, et si vous conservez encore quelque respect pour moi : Hélas ! cet Habit que je demande, ne sera point si vil ni si simple, que fut le suaire de Jésus-Christ : et puisque je n'ai reçu les Ordres sacrés, que par les seuls mouvements de l'obéissance, et que c'est l'obéissance seule qui ma tenu sous le joug pesant du Généralat l'espace de dix-huit ans, la Religion ne peut me refuser ce pauvre Habit, ou comme une récompense de mes travaux, ou comme une consolation de mes misères. Aussi, mes très chers Frères, Dieu a toujours conservé en moi l'esprit humble d'un Frère Convers au milieu de tous les honneurs que j'ai possédés, et jamais rien n'a si fort attiré les bénédictions de Dieu sur moi, que de m'être toujours tenu dans mon néant. Laissez moi porter, mes très chers Frères, ce précieux néant devant Dieu jusque dans mes cendres, et ne vous arrêtez point à une vaine opinion que le Monde a conçue de moi, ce sera Dieu qui jugera un jour dans la vérité, de moi et de l'opinion du Monde. Je sens bien que je ne suis que misère, mais enfin j'aime un Dieu qui n'est que miséricorde : demandez la pour moi, et je vous promets que je la demanderai pour vous, et pour tous mes Frères.
Les Religieux ne répondirent que par leurs soupirs, qu'ils lui obéiraient, et ils se retirèrent après avoir reçu sa bénédiction. Cependant les Médecins voyant que le mal empirait d'une heure à l'autre, le supplièrent de s'abstenir de parler : et quoique sa charité l'appliquait plus volontiers aux besoins des autres, qu'aux siens propres, il voulut néanmoins pratiquer l'obéissance en cette occasion, et renoncer encore plus absolument à soi-même, en renonçant à tout le bien qu'il était capable de faire encore par la parole. Il commença dès lors à ne réciter plus les heures Canoniales, et à réduire toutes ses dévotions à l'oraison intérieure. Il méditait volontiers sur le Psaumes, Miserere : et l'on le voyait de temps en temps mouillé de ses larmes pour les grands sentiments de pénitence que Dieu excitait au fond de son cœur. Aussi plus ses forces naturelles diminuaient, plus l'amour divin s'augmentait sensiblement en lui. On voyait un visage enflammé, des yeux extraordinairement brillants, et un Homme qui paraissait tout pénétré de Dieu. Il conservait au fort de son mal un esprit vif, un entendement ferme, et il avait pour ainsi dire, toute son âme entre ses mains. On ne connaissait plus sa langueur, ni l'abattement de son corps, et il ne lui en demeurait que la faiblesse, comme si sa fièvre n'eut été qu'une refusion des divines ardeurs qui le consumaient.
Il avait pris quelquefois le saint Sacrement pendant son mal, depuis qu'il ne pouvait plus célébrer la Messe : mais enfin la maladie s'étant rendue mortelle, il le voulut recevoir en forme de Viatique. Comme on le lui apporta, il se leva de son lit, et il se mit à terre pour le recevoir avec plus de révérence, et de dignité, voulant aller au-devant de son Seigneur qui lui venait faire les dernières faveurs. C'est ici que l'amour Divin embrasa lui-même le cœur de Philippe, et qu'il s'exprima vivement par sa bouche : Que de larmes ! Que de soupirs ! Que de componction ! Que de paroles toutes de feu ! Et quelle face de pénitence au milieu d'une innocence si parfaite ! Tous ceux qui se trouvaient autour de lui, Religieux et gens du Monde sentaient un saisissement d'amour, et de crainte, de le voir tout ensemble si saint, et si pénitent aux approches de la mort. Il se remit après dans le lit, et il fit un discours à l'assistance du bonheur de l'autre vie, dans lequel il paraissait visiblement qu'il venait d'être repu au sacré banquet de l'Agneau, et que ce Viatique n'était pas seulement une semence de l'Éternité pour lui, et un gage de la gloire future, ainsi qu'on l'a appelé, mais qu'il lui avait encore apporté les lumières et les ardeurs du Paradis, et que c'était le Sauveur plein de grâce et de gloire qui venait au-devant de cette Âme sainte. Il le mit à réciter les Psaumes pénitentiaux ; et comme il fut arrivé à ces paroles des Litanies, Te rogamus audi nos, il perdit l'usage de ses sens, et il tomba en une si profonde défaillance qu'on le croyait mort. Cet accident tenait tous les assistants suspendus, les uns de pitié, et les autres d'admiration, ne cachant ce qui en arriverait. Il y avait un Religieux qui autrefois avait été converti par ses Sermons, nommé Vbalde des Adimars dont nous avons déjà parlé : ce saint Homme aimant notre Philippe d'un amour plein de reconnaissance, Dieu lui révéla que celui qui l'avait converti devait mourir bientôt. C'est pourquoi étant parti sur le champ d'une Ville d'Ombrie où il était alors, il arriva au Convent de Tody pendant le temps que Philippe était plongé dans son agonie. Il vit un Homme couvert d'une mortelle pâleur, le visage défiguré, et un corps de glace qui ne donnait plus aucun signe de vie. Mais chacun le croyant mort, lui seul s'écria d'une voix assurée, qu'il vivait encore : il le réveilla donc, non sans quelque secours du Ciel qui l'envoyait là, de cette léthargie qui avait duré trois heures entières, et il le fit revenir à soi. Philippe ayant repris ses esprits, se leva à l'improviste, et s'asseyant sur son lit tout épouvanté, il déclara aux assistants qu'il venait d'être présenté au Tribunal de Dieu, et qu'il avait eu de grandes prises avec le Diable, lequel ayant recherché sa vie en toute rigueur, avait aggravé les fautes les plus légères devant la justice Divine, et lui avait suscité des scrupules dont il avait été tourmenté autrefois, s'efforçant de lui faire perdre la confiance en Dieu, et de le jeter dans quelque désespoir de son salut : mais que Notre-Seigneur l'avait fortifié intérieurement contre toutes les attaques de l'ennemi, et que la sainte Vierge avait daigné le consoler en cette tribulation. Bon Dieu ! Quelle sera donc la terreur des méchants pour des énormes péchés, puisque les saints son si furieusement attaqués pour de petites fautes : et qui se pourra promettre que son juge devienne son défenseur ?
Quelques moments après qu'il fut sorti de son agonie, il se releva sur son lit avec une force extraordinaire, et il se prit de véhémence, donnez-moi mon Livre, donnez-moi mon Livre : que celui qui me l'a pris, me le rende au plus tôt. Ô Livre admirable ! Livre qui renferme tous mes biens ! cherchez le moi, mes Frères, je ne saurais vivre ni mourir sans ce Livre-là. En disant cela, il jetait les yeux de tous côtés, comme pour chercher le Livre, et il faisait voir contre son ordinaire un si grand empressement pour l'avoir, quoique ce fut sans inquiétude, que tous les Religieux en étaient surpris. Ils lui présentèrent donc plusieurs Livres, l'un le Bréviaire, l'autre le Livre des Psaumes, un autre l'Office de Notre-Dame, et chacun le Livre qu'il pensait lui être le plus cher. Quelqu'un s'avisa encore de lui offrir les Constitutions qu'il avait composées ; mais refusant tous ceux qu'on lui présentait, il persistait à demander son Livre avec la même contention qu'auparavant. Les Religieux se trouvant assez en peine de le contenter, s'aperçurent enfin par ses gestes et par ses regards, qu'il tenait les yeux arrêtés sur un petit crucifix d'y voir qu'il avait de coutume de porter à la main, et qui était alors au coin de la Chambre. Les Religieux le lui donnèrent : et aussitôt, le prenant avec beaucoup de révérence, et le serrant fortement contre son cœur. Le voici, dit-il, le cher Livre que je demandais, où toute ma vie j'ai lu et relu la très sainte volonté de Dieu, et les plus parfaits enseignements de son amour : Livre des bontés infinies de Dieu : Livre des grandeurs humiliés de Dieu : Livre de la mort d'un Dieu crucifié, où je dois apprendre à mourir. Ô Jésus instruisez-moi par ce Livre jusqu'au dernier soupir de ma vie, et faites que comme j'ai toujours vécu en votre présence, je meure aussi devant vous. Vous avez été obéissant jusqu'à la mort, et puis vous êtes mort par obéissance. Je veux mourir aussi pour vous obéir, et je sacrifie volontairement ma vie pour votre gloire, comme vous avez donné la vôtre pour mon salut.
Il remercia ensuite Notre-Seigneur de tous ses bienfaits, et entrant dans une extrême jubilation, il récita le Cantique, Benedictus Dominus Deus Israel : qui est une action de grâces du bienfait de la Rédemption; se considérant en un passage où il devait recevoir les derniers effets du sang du Sauveur ; et la mort du juste n'étant qu'une extension de la victoire du Rédempteur. Aussi cet heureux moment de la mort étant arrivé, Dieu lui ôta toutes les craintes de sa justice qu'il avait déjà éprouvées dans l'agonie ; et ce saint Homme sentant redoubler son espérance jusqu'à la certitude, il prononça d'une voix basse et pressée : Seigneur j'ai mis mon espérance en vous, que je ne sois jamais confondu : et il poursuit ce Psaume où le Prophète Royal exprime les plus grands attraits de sa confiance ; tenant sans cesse les yeux collés sur son Crucifix, comme sur l'unique objet de sa confiance, et de son amour. Enfin il prononça avec un transport de Paradis, In manus tuas commendo spiritum meum. Ce fut alors que la Sainte Vierge dont il avait été tant de fois visité pendant sa vie, se présenta à lui en cette dernière heure, avec des paroles qui le conviaient au Ciel. Philippe se redressant sur son lit dans une assiette la plus honnête, et la plus respectueuse qu'il pouvait tenir selon sa faiblesse, et prenant un visage gai et riant, lui recommanda son esprit ainsi qu'il avait fait à Dieu : et puis levant ses mains en haut, comme pour remettre son âme entre les mains de la Vierge, afin qu'elle même la présentât à son Fils ; après avoir poussé un doux soupir à la manière d'un Homme qui tombe en sommeil, il passa de cette vie à l'autre, le vingt-deuxième d'août, jour de l'octave de l'Assomption sur le soir, comme l'on sonnait la salutation Angélique, ainsi que le Saint l'avait prédit, et l'an mille deux ces quatre-vingt et cinq, le cinquante-deuxième de son âge, et le dix-huitième de son Généralat. Mort vraiment précieuse devant Dieu, et digne d'une si haute sainteté, qui ayant commencé à l'âge de cinq mois, et s'avançant toujours de perfection en perfection, consomma plusieurs Saints en un seul Homme, dans un âge peu avancé, et le rendit à tous les siècles un exemplaire accompli de l'humilité religieuse, et un miroir très éclatant de la prédication Apostolique.
Ceux qui se trouvaient présents à cette mort, commençaient déjà à la pleurer, quand soudainement les Anges interrompirent leurs plaintes avec ces paroles de joie : Euge serbe bone et fidelis qui à Virgine super familam suam fuisti constitutus, intra in gaudium Domini tui. Venez bon et fidèle Serviteur qui avez été établi par la sainte Vierge sur sa Famille, entrez dans la joie de votre Seigneur.
En suite de ces voix, on sentit une odeur céleste qui parfuma la chambre du Saint, et se répandit dans tout le reste de la Maison ; et pour un troisième miracle, il sortit une grande splendeur du visage du Saint qui illuminait tout ce qui était autour de lui ; et d'autant que les faveurs du Ciel selon le dessein de Dieu ne se terminent jamais à la simple admiration, quand on les reçoit avec les dispositions qu'elles méritent ; toute l'assistance sentait en ce même temps un grand désir d'imiter le Saint, et d'aspirer sérieusement aux choses de Dieu. Ces trois miracles ravirent si fort tout le Monde, que l'on convertit les chants funèbres en des chants de joie, et l'on célébra une espèce de solennité au milieu du deuil, les Anges et les Hommes canonisant par avant d'une commune voix celui qui venait de mourir. La solennité passa si avant par un secret instinct du Ciel qui poussait les Hommes à honorer ce nouveau Saint, que le lendemain de sa mort on chanta en présence de l'Évêque et des Magistrats de la Ville la Messe d'un Confesseur mineur, avec Gloria in excelsis, et Credo : l'Introït de la Messe fut, Gaudeamus omnes in Domino diem festum celebrantes sub honore Beati Philippi Confessoris, etc. La même Messe fut chantée tous les jours pendant le temps que le Corps demeura d'être enseveli.



Reportez-vous à Saint Philippe Benizi, Propagateur de l'Ordre des Servites, invoqué pour préserver les Enfants du Mal caduc et des MaléficesPremière méditation de préparation à la mort : Rends-moi compte de ton administrationSeconde méditation de préparation à la mort : Voici l'époux qui vient ; allez au-devant de luiTroisième méditation de préparation à la mort : Que me présenteront le passé, le présent et l'avenir ?La mort est ordinairement conforme à la vie : L'exemple de deux Curés, L'erreur qui consiste à croire que la vie d'ici-bas c'est la vie, est de toutes les erreurs la plus radicale, la plus cruelle, la plus désastreuse et malheureusement la plus répandue de nos jours, Exercice pour la bonne mort, Les Attributs de Dieu qui font la Béatitude des Saints dans le Ciel, Neuvaine à Saint Joseph, pour se préparer à ses Fêtes, et obtenir quelque grâce spéciale pendant la vie et une bonne mort, Litanies de la bonne mort, Prière à saint Joseph pour obtenir une bonne mort, Méditation sur la justice de Dieu, Méditation sur le Jugement de Dieu, Méditation sur la pensée de la mort, Méditation sur la fausse sécurité des Pécheurs, Tu es poussière et tu retourneras en poussière, Méditation sur le désir de la mort, Méditation sur la crainte de la mort, et Méditation sur la Préparation à la mort.