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dimanche 9 octobre 2022

Moyens pour obtenir le don de piété




Pratiquez dans la piété l'amour de vos frères. (II S. Pierre, I, 5, 7)

La prière. « Demandons instamment le don de piété au Saint-Esprit, attendu que c'est son don, et au Fils de Dieu Notre-Seigneur, afin que nous entrions dans son esprit filial, pour estimer, honorer et aimer Dieu notre Père, par proportion comme lui. Chaque fois que nous disons l'Oraison dominicale, récitons-la avec cet esprit filial, et savourons les premières paroles, qui nous assurent que Dieu est notre père (Saint-Jure, ch. III, sect. 16, art. 6). » — « Notre Père, Pater noster ; Pater, voilà, résumée en un seul mot, la première loi du christianisme, la première loi de la piété : noster, voilà la seconde ; voilà l'amour fraternel que S. Denis appelle ce qui vient en premier lieu après la première. Un chrétien ne peut réciter le Pater sans recevoir ainsi du Sauveur lui-même la douce leçon de la vraie piété chrétienne (Mgr de Ségur, La piété). »

Le renoncement. « Ce double amour de Dieu et des hommes, que le Saint-Esprit verse dans notre cœur, rencontre en nous-mêmes, et dans le monde où nous sommes obligés de vivre, une foule d'obstacles, de digues qui l'empêchent d'arriver jusqu'à nous. L'office du renoncement est d'abattre les unes après les autres, et de maintenir à terre ces digues funestes ; et comme le démon et le péché travaillent incessamment à les relever, à mesure que nous les renversons, le renoncement est un travail de tous les jours et de tous les instants. Si une seule de ces digues, en effet, vient à se relever, le courant divin qui nous apporte la piété n'arrive plus jusqu'à nous (Mgr de Ségur, Jésus vivant en nous). »

L'union à Jésus-Christ. « Le renoncement n'est que la condition de la piété ; le but du renoncement, c'est de recevoir l'Esprit de Jésus-Christ, de s'unir à Jésus-Christ, seul fondement de la piété de ses fidèles. Personne ne peut en poser un autre. (I Cor., III, 11) De cette source divino-humaine coule du ciel en terre l'eau vivante de la piété. Saint Paul appelle Jésus-Christ le grand mystère de la piété (I Tim. III, 16) (Idid., ch. I et II). »

La méditation de la Passion du Sauveur. « Lorsque l'homme considère les profondeurs de la tendresse de Jésus-Christ Notre-Seigneur , tendresse qu'il a répandue sur nous avec abondance en mourant pour nous sur la croix, il se sent ému, et son cœur se dilate à l'égard du prochain ; en sorte qu'il sacrifierait volontiers sa vie pour le salut de celui qu'il voit racheté par la croix de son Seigneur. Ainsi le salut des âmes, la gloire de Dieu, la compassion pour le prochain, un amour qui enflamme son propre cœur ; voilà ce que l'homme doit chercher dans les plaies de Jésus (S. Bonav., Aiguil. de l'am. div., ch. VII). »

La sainte communion. « L'acte de la communion est comme un redoublement de tendresse, de caresses pures, qu'une mère prodigue à l'enfant qui lui doit tout et qu'elle aime par-dessus tout. Ce bon petit enfant aime bien toujours sa chère mère ; mais dans ces moments-là, il sent davantage qu'il l'aime, et, par suite de ce sentiment, il l'en aime davantage. Ainsi en est-il de Jésus et de l'âme, qui est sa petite enfant bien-aimée ; le céleste baiser de la communion ravive, enflamme, augmente l'amour habituel que l'âme a pour son Dieu, resserre l'union déjà si intime de la grâce sanctifiante. L'habitude de la charité éclate en acte sous l'influence du saint Sacrement ; et la grâce sanctifiante, enflammée par la grâce sacramentelle, augmente puissamment en nous l'amour du bon Dieu (Mgr de Ségur, Nos grandeurs en Jésus, — C'est surtout par la communion réparatrice que nous développerons en nous la vraie piété. Nous pratiquerons ainsi l'amour de Dieu, en prenant les intérêts de sa gloire outragée ; nous consolerons le Cœur sacré de Jésus indignement offensé par des ingrats dans le sacrement de son amour ; nous détournerons les châtiments de sa justice prêts à éclater sur la tête des pécheurs, et nous attirerons sur ces pauvres pécheurs des grâces de pardon et de miséricorde. La communion réparatrice est enrichie de nombreuses indulgences pour ceux qui se font inscrire dans l'association (...). Voyez Recueil de différentes publications concernant l'œuvre de la communion réparatrice, par le P. Drevon.). »

La dévotion à Marie. « Marie est la mère de Celui qui est la source de la vraie piété : elle nous apprendra à connaître en Jésus notre frère, et à voir en Dieu notre père ; elle nous obtiendra la douce confiance et le filial abandon, car elle nous dit elle-même : Je suis la mère du bel amour, de la divine connaissance et de la sainte espérance : venez à moi, ô vous tous qui m'aimez avec ardeur (Eccles., XXIV, 24, 26) (P. Belot). »

Nous rendre familier le souvenir que Dieu est notre Père. « Accoutumons-nous à cette noble pensée que Dieu est notre Père, et rendons-nous-la tellement ordinaire et familière qu'elle passe, pour ainsi dire, dans notre nature. Traitons avec Dieu, offrons-lui nos prières, recevons tout ce qui nous arrive ; enfin, faisons absolument tout avec un esprit filial, exécutant ce que Dieu dit par Jérémie : Commencez donc, au moins maintenant, à m'appeler votre Père (Jérém., III, 4) (Saint-Jure, ch. III, sect. 16, art. 6). »

Agir avec les hommes dans un esprit d'amour. « Efforçons-nous de traiter avec les hommes dans cet esprit de piété, les regardant comme les ouvrages les plus achevés de Dieu et comme ses enfants ; n'admettons aucune pensée qui blesse l'estime et la charité que nous devons avoir pour eux, n'arrêtant, pour l'ordinaire, notre esprit que sur les qualités de la nature et de la grâce qui les relèvent (Saint-Jure, ch. III, sect. 16, art. 6). »

Comme le soleil éclaire et vivifie le ciel et la terre, ainsi la douceur de Marie obtient le don de piété à tous ceux qui la servent. (Sainte Brigitte)

Le Cœur sacré de Jésus a été le plus aimant de tous les cœurs ; nul cœur n'a plus aimé Dieu et les hommes. Dans ce Cœur béni, le chrétien puise, comme à une source intarissable, les eaux pures du saint amour et de la vraie piété. Sainte Claire assurait que c'était à la tendre dévotion qu'elle avait eue au sacré Cœur de Jésus qu'elle devait ces délices ineffables dont son âme était comblée, toutes les fois qu'elle se présentait devant le très-saint Sacrement. Sainte Catherine de Sienne se sentait tout embrasée de l'amour de Jésus, dès qu'elle pensait à cet adorable Cœur. Et Jésus-Christ étant apparu à sainte Mechtilde, lui dit : « Ma fille, ayez une tendre dévotion envers mon Cœur, car il est le trésor de toutes les grâces que je vous fais : il est lui-même la source de ces consolations intérieures, de ces douceurs ineffables dont je comble mes fidèles âmes. » Cette dévotion est donc une dévotion toute d'amour et de piété, et, ainsi qu'il a été révélé à sainte Gertrude, c'est précisément afin de ranimer la flamme de la charité refroidie que Notre-Seigneur a réservé à ces derniers temps la manifestation des richesses de son divin Cœur.

(Les sept dons du Saint-Esprit)


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lundi 11 novembre 2019

Excellence des suffrages en faveur des morts


Extrait de « Les Merveilles Divines dans les Âmes du Purgatoire » par le P. G. Rossignoli, de la Compagnie de Jésus :


Intercession de Sainte Thérèse en faveur des âmes du Purgatoire


Mortuo non prohibeas gratiam : Gardez-vous d'empêcher la miséricorde envers les morts. (Eccli, VII, 37.)

Une grave controverse s'éleva entre deux religieux de l'ordre des Frères-Prêcheurs, Bertrand et Benoît, lequel est le plus agréable à DIEU et plus profitable pour nous-mêmes d'offrir nos bonnes œuvres pour le repos éternel des morts, ou de les consacrer à la conversion des pécheurs. Bertrand, grand avocat des malheureux pécheurs, pour lesquels il célébrait souvent et faisait de continuelles oraisons, jointes à des pénitences rigoureuses, s'efforçait de faire prévaloir leur cause. « Les pécheurs, disait-il, sont dans un état de perdition éternelle si on ne les fait pas rentrer en grâce. Constamment entourés des embûches de l'enfer, ils marchent à la damnation et aux tourments épouvantables qui n'auront pas de fin. C'est donc ignorer le prix d'une âme que de ne pas tout faire pour acquérir celles-là au Seigneur. Lui-même en descendant du ciel, en se dévouant à une mort très-douloureuse, nous enseigne le cas que nous en devons faire. Il n'est point d'œuvre meilleure, plus digne de DIEU parce qu'elle ressemble davantage aux siennes, que de coopérer au salut des pécheurs. Saint Denys assure que ce qu'il y a de plus divin dans les choses divines, c'est de travailler à les sauver : Divinorum divinissimum est DEO in salutem animarum cooperari ; afin qu'ils échappent aux mains de l'ennemi commun et parviennent dans le sein de leur bienfaisant Créateur. Laisser périr une âme, c'est laisser perdre le prix de la rédemption, c'est-à-dire le sang et la vie du Sauveur. Or, les âmes du purgatoire sont hors de ce danger ; assurées de leur éternel salut, elles souffrent certainement beaucoup, elles sont plongées dans une mer de douleur ; mais elles sont au port. Elles gémissent en prison pour les dettes précédemment contractées, mais avec la certitude de les voir acquittées bientôt et de rentrer dans la liberté des enfants de DIEU, dont elles sont les amies; tandis que les pécheurs sont ses ennemis : malheur le plus redoutable, le plus digne de compassion, parmi tous ceux qui peuvent fondre sur l'homme ! »
Benoit raisonnait autrement, parce qu'il songeait plus tendrement à l'Église souffrante. « Les pêcheurs, répondait-il, sont retenus par des liens tout-à-fait volontaires, auxquels ils se sont offerts d'eux-mêmes et qu'ils peuvent briser quand il leur plaît. Mais les morts sont enchaînés, contre leur gré, dans des tourments affreux. Il ne leur reste de libre, pour ainsi dire, que la langue pour réclamer les secours des vivants, en leur disant avec Job humilié : Miseremini mei, miseremini mei, saltem vos amici mei, quia manus Domini tetigit me : Pitié, pitié pour moi, vous du moins mes amis, car la main du Seigneur m'a frappé ! Dites-moi : si vous aviez devant vous deux mendiants, l'un fort et en bonne santé, capable de gagner honnêtement sa vie par le travail de ses deux mains, mais préférant courir les rues et les chemins en quête de quelque aumône, et l'autre infirme, privé de l'usage de ses membres, incapable de pourvoir à ses besoins, vous exposant avec larmes sa situation, auquel réserveriez-vous les secours de votre charité ? lequel vous semblerait plus digne de compassion, surtout si celui qui est infirme se trouvait en proie aux plus cruelles souffrances ? Vous vous tourneriez du côté de, celui-ci. C'est de tout point notre cas. Ces âmes sont dans un ineffable martyre, et il leur est impossible de s'en délivrer ou même de l'alléger. Il est vrai qu'elles ont mérité cette punition par leurs fautes passées ; mais, actuellement, elles ne sont plus libres ; elles les ont pleurées et détestées, elles en éprouvent une entière contrition ; elles sont rentrées en grâce avec DIEU, auquel elles sont présentement agréables, ayant recouvré le titre de ses amies et de ses filles. Les pécheurs, eux, sont devant le Seigneur, comme des rebelles et des ennemis. Si donc la charité bien ordonnée veut que nous nous conformions à la très-sage bonté de DIEU, il va de soi que nous devons nous attacher davantage à ceux qu'il aime, de préférence à ceux qui se déclarent en révolte contre lui. »
Bertrand, toutefois, ne se rendait point à ces raisons. Une miraculeuse apparition le convainquit enfin. DIEU permit que la nuit suivante, en allant au chœur pour chanter l'office, il vît venir au-devant de lui une âme du purgatoire sous la forme d'un spectre horrible, chargé d'un poids qu'il ne pouvait soulever. L'apparition s'approcha en se plaignant et en gémissant, et le chargea de cet insupportable fardeau, sous lequel le bon religieux succombait. Oh ! alors, comme dit Isaïe, « le tourment lui donna l'intelligence : Vexatio dedit intellectum ; » et il comprit qu'il devait faire davantage pour les âmes souffrantes. Le matin, dès qu'il le put, la compassion dans le cœur et les larmes aux yeux, il monta au saint autel en leur faveur, et il continua cette pratique le reste de sa vie.
Le grand docteur saint Thomas d'Aquin paraît avoir tranché la controverse par ces lignes de la Somme théologique (Supp. 3, quoest. 71. art. v, ad 3) : « Les suffrages pour les morts sont plus agréables que les suffrages pour les vivants, parce que les premiers se trouvent dans un plus pressant besoin, ne pouvant se secourir eux-mêmes comme ceux qui vivent encore. » Plusieurs autres docteurs enseignent la même chose, et on doit tout au moins conclure qu'il faut avoir en grande estime la prière pour les morts.



Reportez-vous à Prières pour chaque jour de la semaine, en faveur des âmes du Purgatoire, Chapelet des actes de Foi, d'Espérance et de Charité, en faveur des Âmes du Purgatoire, Ne pas soulager les défunts par les aumônes, c'est se priver soi-même de grands avantages spirituels, La Charité bien comprise nous fait un devoir très-pressant de subvenir aux nécessités des âmes du Purgatoire, Un saint Frère franciscain reconnaît, dans une étonnante vision, un de ses compagnons mort quelque temps auparavant, Enseignement de l'Église sur le Purgatoire, Méditation pour le jour des morts, Chapelet pour le repos des âmes du Purgatoire, Exercice sur les quatorze stations du chemin de la Croix pour les âmes du Purgatoire, Litanies pour les Fidèles Trépassés, Méditation pour le Jour de la Commémoration des morts, La Sainte Vierge Marie, Mère de Miséricorde, Dévotion en faveur des âmes du Purgatoire, Méditation sur la peine qu'on endure dans le purgatoire, Les indulgences pour les fidèles défunts, Offrir sa journée pour les âmes du Purgatoire, La pensée du Purgatoire doit nous inspirer plus de consolation que d'appréhension, Nous devons secourir tous les morts, même ceux que nous croyons déjà au Ciel, Méditation sur la durée des souffrances du purgatoire et l'oubli des vivants à l'égard des morts, Nous devons secourir tous les morts, même ceux que nous croyons déjà au Ciel, Être en état de grâce pour que nos prières soient utiles aux âmes du Purgatoire, Les différents moyens de soulager les morts, Quelles sont les âmes qui vont en purgatoire, La pensée du Purgatoire nous instruit sur la gravité du péché véniel, De la méditation de la mort, La pensée du purgatoire nous prouve la folie de ceux qui ne travaillent pas à l'éviter, Pour éviter le purgatoire endurons nos afflictions en esprit de pénitence, Le Purgatoire, motif de patience dans les maladies, Méditation sur les motifs qui doivent nous engager à secourir les âmes du purgatoire (1/4), Méditation sur les défauts qui rendent infructueuse notre piété envers les morts, Premier moyen propre à soulager les âmes du Purgatoire : Le Saint Sacrifice de la Messe, Deuxième moyen propre à secourir les âmes du Purgatoire : Prières, jeûnes, aumônes..., Les indulgences, troisième moyen propre à secourir les âmes du Purgatoire, Dévotion aux Saints Anges : Travailler à la conversion des âmes et à leur soulagement dans les flammes du Purgatoire, en l'honneur des saints Anges, Pour que le nom de Dieu soit sanctifié, pour que son règne arrive, et pour que sa volonté soit faite sur la terre comme au ciel, secourons les âmes du Purgatoire, Méditation sur la piété envers les morts, toute chrétienne et cependant inutile, Du jugement et des peines des pécheurs, Première méditation de préparation à la mort : Rends-moi compte de ton administration, Seconde méditation de préparation à la mort : Voici l'époux qui vient ; allez au-devant de lui, Troisième méditation de préparation à la mort : Que me présenteront le passé, le présent et l'avenir ?, Tu es poussière et tu retourneras en poussière, Méditation sur l'emploi du temps, Méditation sur la conscience, Méditation sur le repos de la Conscience, Méditation sur l’aveuglement de la Conscience, Méditation sur la Préparation à la mort, Méditation sur la pensée de la mort, Méditation sur la justice de Dieu, Méditation sur le Jugement de Dieu, Personne n'est-il revenu de l'Enfer ?, La précieuse mort de Saint Philippe Benizi, Exercice pour la bonne mort, Méditation sur le désir de la mort, Méditation sur la crainte de la mort, Saint Philippe de Néri : Que faites-vous maintenant ?... Et après ?, La mort est ordinairement conforme à la vie : L'exemple de deux Curés, Par son nom, le cimetière prêche la résurrection de la chair, Défendre le Cimetière, Bénédiction du Cimetière, Puissance des démons sur les morts, Nos devoirs à l'égard du Cimetière, Le Cimetière au XIXe siècle : Le corps chef-d’œuvre de Dieu, Enterrements autour des églises, Immortalité de l'âme, Cérémonies de L’Église et prière pour les morts, L'Univers et la Bible, prédicateurs de la résurrection, car oui, nous ressusciterons !, Comment les peuples païens ont dissipé une grande partie du patrimoine de vérités reçu des pères du genre humain, mais ont conservé le dogme de l'existence et de l'immortalité de l'âme, Méditation sur la fausse sécurité des Pécheurs, Méditation sur les défauts qui rendent infructueuse notre piété envers les morts, Prière à saint Joseph pour obtenir une bonne mort, Sentiments et prières à l'occasion de la mort d'une personne qui nous était spécialement chère, Le Jour de la Toussaint : Méditation sur le bonheur du ciel, 1re Méditation pour la Fête de Tous les Saints : Bienheureux les pauvres d'esprit, parce que le royaume des cieux est à eux, 2e Méditation pour la Fête de Tous les Saints : J’entendis dans le ciel comme la voix d'une grande multitude, 3e Méditation pour la Fête de Tous les Saints : Application des sens, Litanies de la bonne mort, Vision de l'Enfer de Sainte Thérèse d'Avila, La voie qui conduit au Ciel est étroite, et Litanie pour les âmes du Purgatoire.

















dimanche 8 septembre 2019

C'est de Marie qu'il nous est né un Sauveur, Sermon du Saint Curé d'Ars pour la Fête de la Nativité de la Sainte Vierge




De qua natus est Jesus.
C'est de Marie qu'il nous est né un Sauveur. (S. Matth., 1, 16.)
 

Voilà, M.F., en deux mots, l'éloge le plus complet que l'on puisse faire de Marie, en disant que c'est d'elle que nous est né Jésus Fils de Dieu. Oui, Marie est la plus belle créature qui soit jamais sortie des mains du Créateur. Dieu lui-même la choisit, pour être le canal par lequel il devait faire couler ses grâces les plus précieuses et les plus abondantes sur tous ceux qui auraient confiance en elle. Dieu nous la représente comme un beau miroir où il se reflète comme un modèle accompli de toutes les vertus. Aussi voyons-nous que l'Église la considère comme sa Mère, sa patronne et sa puissante protectrice contre ses ennemis ; qu'elle s'empresse de célébrer avec la plus grande pompe le jour heureux où ce bel astre commença à briller sur la terre. La naissance des grands du monde nous inspire des craintes et des alarmes, parce que nous ne savons pas s'ils seront justes ou pécheurs, sauvés ou réprouvés ; nous ne savons pas, dis-je, s'ils rendront leurs peuples heureux ou malheureux. Mais pour Marie nous n'avons nulle crainte.
Elle naît pour être Mère de Dieu, et, par sa naissance, nous apporte toutes sortes de biens et de bénédictions. Dieu nous la propose pour modèle, dans quelque état et dans quelque condition que nous puissions être. Livrons-nous donc, M.F., avec toute l'Église, à une sainte joie, et 1° admirons dans cette Vierge sainte le modèle des vertus les plus parfaites ; 2° considérons Marie comme ayant été destinée de toute éternité à être la mère du Fils de Dieu et la nôtre ; 3° enfin, contemplons avec reconnaissance les dons et les grâces renfermés dans la Médiatrice que Dieu a préparée aux hommes. Mais prêtez-moi votre attention ; car, vous parler de Marie, n'est-ce pas intéresser vos cœurs en vous entretenant de l'objet de votre confiance et de votre amour.
 
I. – M.F., s'il était nécessaire pour vous inspirer une tendre dévotion à Marie, de vous montrer combien est grand le bonheur de ceux qui ont confiance en elle ; combien sont nombreux les secours, les grâces et les avantages qu'elle nous peut obtenir ; s'il était nécessaire, dis je, de vous montrer l'aveuglement et le malheur de ceux qui n'ont que de l'indifférence et du mépris pour une Mère si bonne et si tendre, si puissante et si portée à nous faire éprouver les effets de sa tendresse, je n'aurais qu'à interroger les patriarches et les prophètes, et vous verriez dans toutes les grandes choses que l'Esprit-Saint leur a fait dire sur Marie, un sujet de confusion à la vue des bas sentiments dont vous n'êtes que trop souvent remplis pour cette bonne Mère. Ensuite, si je vous faisais le récit de tous les exemples que les saints en ont tirés nous ne pourrions que déplorer notre aveuglement et ranimer notre confiance envers elle. D'abord, rien n'est plus capable de nous inspirer une tendre dévotion à la sainte Vierge, que le premier trait que nous lisons dans l’Écriture sainte, où nous voyons Dieu lui-même annoncer le premier, la naissance de Marie.
Lorsque nos premiers parents eurent le malheur de tomber dans le péché, Dieu, touché de leur repentir, promit qu'un jour viendrait où naîtrait une Vierge qui enfanterait un fils, pour réparer le malheur causé par leur péché  (Gen. III, 15). Dans la suite, les prophètes, après lui, n'ont cessé d'annoncer de siècles en siècles, pour consoler le genre humain qui gémissait sous la tyrannie du démon, qu'une Vierge enfanterait un fils, qui serait le Fils du Très-Haut, et envoyé par le Père pour racheter le monde, perdu par le péché d'Adam  (Is. VII, 14). Tous les prophètes annoncent qu'elle sera la plus belle créature qui ait jamais paru sur la terre. Tantôt ils l'appellent l'Étoile du matin, qui éblouit toutes les autres par son éclat et sa beauté, et qui, en même temps, sert de guide au voyageur sur la mer ; afin de nous montrer par là, qu'elle serait un modèle accompli de toutes les vertus. C'est donc avec raison que l'Église dit à la sainte Vierge, dans un tressaillement d'allégresse : « Votre naissance, ô Vierge sainte Marie, remplit le monde entier d'une douce consolation et d'une sainte allégresse, parce que c'est de vous qu'il nous est né ce Soleil de justice, notre Jésus, notre Dieu, qui nous a tirés de la malédiction où nous étions plongés par le péché de nos premiers parents, et nous a comblés de toutes sortes de bénédictions. » Oui, c'est vous, Vierge sans pareille, Vierge incomparable, qui avez détruit l'empire du péché et rétabli le règne de la grâce. « Levez-vous, dit l'Esprit-Saint, sortez du sein de votre mère, vous qui êtes ma plus chère, aussi bien que ma plus belle amante, venez, tendre colombe, dont la pureté et la modestie sont sans égales, montrez-vous sur la terre, paraissez au monde comme celle qui doit embellir le ciel et rendre la terre heureuse. Venez et paraissez avec tout l'éclat dont Dieu vous a ornée, car vous êtes le plus bel ouvrage de votre Créateur. » En effet, quoique la sainte Vierge fût dans les voies ordinaires, l'Esprit-Saint voulut que son âme fût la plus belle et la plus riche en grâces ; il voulut aussi que son corps fût le plus beau corps qui ait jamais paru sur la terre. L'Écriture la compare à l'aurore dans sa naissance, à la lune dans son plein, au soleil dans son midi  (Cant. VI, 9). Elle nous dit encore qu'elle a une couronne de douze étoiles (Apoc. XII, 1), et est établie dispensatrice de tous les trésors du ciel. Depuis la chute d'Adam, le monde était couvert de ténèbres affreuses ; alors Marie paraît, et, comme un beau soleil dans un jour serein, dissipe les ténèbres, ranime l'espérance et donne la fécondité à la terre. Dieu, M.F., ne devait-il pas dire à Marie, comme à Moïse  (Exod. III) : « Va délivrer mon peuple, qui gémit sous la tyrannie de Pharaon ; va lui annoncer que sa délivrance est proche, et que j'ai entendu sa prière, ses gémissements et ses larmes. Oui, Marie, semble-t-il dire, j'ai entendu les gémissements, j'ai vu les larmes des patriarches, des prophètes et de tant d'âmes qui soupirent après l'heureux moment de leur délivrance. » En effet, M.F., Marie, encore bien mieux que Moïse, annonce que bientôt nos malheurs vont cesser et que le ciel va se réconcilier avec la terre. O quels trésors apporte au ciel et à la terre la naissance de Marie ! Le démon frémit de rage et de désespoir, parce que, dans Marie, il voit celle qui doit l'écraser et le confondre. Au contraire, les anges et les bienheureux font retentir la voûte des cieux de chants d'allégresse en voyant naître une Reine qui doit donner à leur beauté un nouvel éclat.
Mais, comme Dieu voulait commencer à nous montrer que le ciel ne nous serait donné que par l'humilité, le mépris, la pauvreté et les souffrances, il voulut que la naissance de la sainte Vierge n'eût rien d'extraordinaire. Elle naît dans un état de faiblesse, son berceau est arrosé de larmes comme celui des autres enfants, qui semblent prévoir, en naissant, les misères dont ils seront accablés pendant leur vie ; c'est en ce sens que l'Esprit-Saint nous dit par la bouche du Sage : « Que le jour de la mort est préférable à celui de la naissance (Eccl. VII, 2) » Marie naît dans un état d'obscurité. Quoiqu'elle fût de la race de David, et qu'elle pût compter parmi ses ancêtres des patriarches, des prophètes et des rois : tous ces titres, si recherchés des gens du monde, étaient tombés dans l'oubli ; elle n'avait rien d'éclatant que la vertu, qui, aux yeux des hommes, n'est pas une grande distinction. Dieu l'avait ainsi permis, afin que cette naissance fût plus conforme à celle de son divin Fils, dont les prophètes avaient annoncé qu'il n'aurait pas où reposer sa tête. Mais si elle vient au monde si pauvre des biens de la terre, elle est riche des biens de celui qui, de toute éternité, l'avait choisie pour être sa Mère. Saint Jean Damascène nous dit que les siècles se disputèrent à l'envi, qui d'entre eux aurait le bonheur de la voir naître. Voulons-nous, dit un de ses grands serviteurs, le saint évêque de Genève, savoir quelle est cette Vierge couronnée à son berceau ? Interrogeons les anges, ils nous diront qu'elle les surpasse infiniment en grâce, en mérites, en dignité et en toutes sortes de perfections. Saint Basile nous dit que, depuis la création du monde jusqu'à la venue de Marie, le Père Éternel n'avait point trouvé de créature assez pure et assez sainte, pour être la Mère de son Fils. Combien de fois les patriarches et les prophètes ne se sont-ils pas écriés dans leurs soupirs et dans leurs larmes : Ah ! quand donc viendra l'heureux moment où cette Vierge sainte paraîtra dans le monde ? Oh ! qu'ils seront heureux les yeux qui verront cette créature, qui doit être la Mère du Sauveur des hommes ! »
 
II. – Il serait impossible, M.F., de ne pas aimer Marie, si nous voulions réfléchir un instant sur sa tendresse pour nous, et sur les bienfaits dont elle n'a cessé de nous combler. En effet, si Jésus-Christ a répandu son sang précieux pour nous sauver, qui a produit ce sang adorable, n'est-ce pas Marie ? Si nous suivons les traces de sa vie mortelle, que de chagrins, que de douleurs, que d'angoisses n'a-t-elle pas endurés ? Toutes les fois qu'elle portait ses tendres regards sur son divin Fils, elle souffrait, nous disent les saints Pères, plus que tous les martyrs ensemble. – Et comment, me direz-vous ? – Dieu, pour accomplir cette prophétie, voulut lui faire connaître d'avance toutes les souffrances, les outrages et les tourments que son divin Fils devait endurer avant de mourir (Luc. II, 33). Toutes les fois qu'elle touchait les pieds et les mains adorables de Jésus, elle se disait à elle-même « Hélas ! ces pieds et ces mains qui, pendant trente-trois ans, ne seront occupés qu'à porter les grâces et les bénédictions, seront un jour percés et cloués à un bois infâme ; ses yeux d'amour seront couverts de crachats ; son visage, plus beau que les cieux, sera tout meurtri par les soufflets qu'on lui donnera. Tout ce corps doit être flagellé avec tant de cruauté, qu'il sera presque impossible de le reconnaître pour un homme ; cette tête, toute rayonnante de gloire, sera percée d'une cruelle couronne d'épines. » Lorsqu'elle passait par les rues de Jérusalem, elle se disait : « Un jour viendra où je verrai ces pavés tout arrosés de son sang précieux. Il sera étendu sur l'arbre de la croix, j'entendrai les coups de marteau, et ne pourrai lui apporter du secours. » « Ô douleur incompréhensible ! Ô martyre ineffable, nous dit un saint Père, il n'y a que Dieu qui puisse en comprendre toute l'étendue ! » Oui, M.F., nous disons que Jésus-Christ a fait éprouver en particulier à sa Mère chacune des douleurs de sa passion ; car Marie avait continuellement à l'esprit les supplices qu'on devait faire endurer à son Fils. « Ah ! s’écrie saint Bernard, ce grand serviteur de Marie, que nous sommes aveugles et malheureux, de ne pas aimer une Mère si bienfaisante et si bonne ! Depuis longtemps, sans les prières de Marie, le monde n'existerait plus et serait tombé en ruines à cause de nos péchés. » En effet, il est rapporté que, du temps de saint Dominique et de saint François, Dieu était tellement irrité contre les hommes, qu'il avait résolu de les faire périr tous. Ces deux saints virent la sainte Vierge se jeter aux pieds de son divin Fils : « Mon Fils, lui dit-elle, souvenez-vous que c'est pour ce peuple que vous êtes mort ; j'enverrai mes deux grands serviteurs, en lui montrant saint Dominique et saint François, oui, ils iront partout le monde inviter tous les hommes à se convertir et à faire pénitence. » Hélas ! combien de fois n'a-t-elle pas présenté à son Fils les entrailles où il a été conçu, les mamelles qui l'ont allaité, les bras qui l'ont porté ? Combien de fois ne lui a-t-elle pas dit : « Mon Fils, laissez-vous toucher par les prières de celle qui vous a porté neuf mois dans son sein, qui vous a nourri avec tant de tendresse, et qui aurait donné sa vie avec tant de joie pour sauver la vôtre ; épargnez, s'il vous plaît, ce peuple qui vous a tant coûté. » Ô ingratitude ! Ô aveuglement des pécheurs, que tu es grand et incompréhensible ! N'avoir que du mépris pour celle qui aurait si volontiers donné sa vie pour nous ! Les saints, M.F., ont bien agi autrement envers Marie. Ah ! c'est qu'ils étaient persuadés que sans Marie, il leur était presque impossible de pouvoir résister aux attaques que le démon leur livrait pour les perdre. Saint Bernard nous dit que toutes les grâces que nous recevons du ciel, passent par les mains de Marie. Oui, nous dit un autre Père de l'Église, « Marie est comme une bonne mère de famille qui ne se contente pas de prendre soin de tous ses enfants en général, mais qui veille sur chacun d'eux en particulier. » Si Dieu nous avait traités après chaque péché comme nous le méritions, depuis longtemps nous brûlerions dans les enfers. Oh ! combien sont dans les flammes, et qui n'y seraient pas, s'ils avaient eu recours à Marie ! Elle aurait prié son Fils de prolonger leurs jours pour leur donner le temps de faire pénitence. Si ce malheur, M.F., ne nous est pas arrivé, remercions Marie ; c'est véritablement à elle que nous en sommes redevables. Nous lisons dans l'Évangile (Luc. XIII, 6), « qu'un homme avait planté un arbre dans son jardin : quand le temps des fruits fut venu, il alla voir si cet arbre en avait ; mais il n'en trouva point. Il y alla une seconde et une troisième fois sans en trouver, alors il dit au jardinier : « Voilà trois fois que je viens en vain pour chercher du fruit, pourquoi laissez-vous cet arbre occuper la place d'un autre qui en porterait ? coupez-le et jetez-le au feu. » Que fait le jardinier ? Il se jette aux pieds de son maître pour le prier d'attendre encore quelque temps ; car il redoublera ses soins ; il travaillera la terre qui est autour ; il fumera l'arbre et n'oubliera rien pour lui faire porter du fruit. « Mais, ajoute-t-il, si l'année prochaine, lorsque vous viendrez, il n'a point de fruit, on le coupera et on le jettera au feu. » Image sensible, M.F., de ce qui se passe entre Dieu, la sainte Vierge et nous : Le Maître de ce jardin, c'est Dieu lui-même ; le jardin, c'est toute son Église, et nous-mêmes sommes les arbres plantés dans ce jardin. Il prétend et il veut que nous portions du fruit, c'est-à-dire que nous fassions de bonnes œuvres pour le ciel. Comme ce maître du jardin, il attend deux, trois, hélas ? peut-être vingt ou trente ans, pour nous donner le temps de nous convertir et de faire pénitence. Quand il voit que nous ne faisons qu'augmenter nos péchés, au lieu de nous corriger et de faire pénitence, il commande qu'on coupe cet arbre et qu'on le jette au feu ; c'est-à-dire, que Dieu permet au démon de prendre ces pécheurs pour les jeter en enfer. Mais que fait Marie, M.F. ? Elle fait ce que fit ce bon jardinier, elle se jette aux pieds de son divin Fils : « Mon Fils, lui dit-elle, grâce encore pour quelque temps à ce pécheur, peut-être qu'il se convertira, peut-être qu'il fera mieux qu'il n'a fait. » Que fait-elle pour apaiser la colère du Père ? Elle lui remet devant les yeux tout ce que son Fils a fait et souffert pour réparer la gloire que le péché lui a ravie ; elle se hâte de représenter à son Fils tout ce qu'elle a souffert pendant sa vie mortelle pour l'amour de lui : « Mon Fils, lui dit-elle à chaque instant, encore quelques jours, peut-être qu'il se repentira. » Ô tendresse de Mère, que tu es grande ! mais que tu es payée d'ingratitude ! Les uns la méprisent, les autres, non contents de la mépriser, méprisent encore par leurs railleries ceux qui ont confiance en elle ! Eh bien ! M.F., quoique nous n'ayons que du mépris pour elle, elle ne nous a pas encore abandonnés ; car, si cela était, nous serions déjà en enfer ; la preuve en est bien convaincante. Voici ce que nous lisons dans la vie de Monsieur de Q…..  Il rapporte lui-même, que le démon fit tout ce qu'il put pour le faire mourir dans le péché. Une nuit, le tonnerre faillit l'écraser : il perça plusieurs planches et emporta la moitié de son lit. Quelque temps après il se trouvait dans un endroit où l'on chassait le démon du corps d'un possédé, il lui demanda qui l'avait garanti de la foudre. Le démon lui répondit : « Remerciez la sainte Vierge, sans elle depuis longtemps nous vous tiendrions en enfer, nous avons bien cru vous avoir ce jour-là. » Eh bien ! M.F., je pourrais vous dire la même chose, et si vous vivez encore, malgré tant de péchés dont votre conscience est chargée, vous êtes sûrs que depuis longtemps vous souffririez dans l'autre vie, sans la protection de Marie auprès de son divin Fils, qu'elle prie de prolonger vos jours, pour voir si vous vous convertirez.
Ah ! M.F., pourquoi n'aurions-nous pas sans cesse recours à la sainte Vierge, puisque nous avons toujours besoin de sa protection, et qu'elle est toujours portée à nous secourir ? Nous lisons dans la vie de sainte Marie Égyptienne (Vie des Pères du désert, Tome V), qu'elle mena jusqu'à l'âge de dix-neuf ans une vie honteuse. Un jour de Vendredi saint, elle voulut aller, comme les autres, adorer le bois précieux de la vraie croix. A mesure qu'elle entre dans l'église, elle sent une main invisible qui la repousse dehors, et cela par trois fois. Effrayée, elle va se retirer au coin de la place, et se met à examiner d'où pouvait venir un événement si extraordinaire : tout le monde entrait sans difficulté, elle seule était repoussée avec tant de violence. « Ah !, s'écria-t-elle en soupirant, mes crimes, je le vois bien, en sont la cause ! n'y aura-t-il plus de ressources ? Oserais-je me présenter devant Dieu, après lui avoir ravi tant d'âmes rachetées par son sang précieux ? Souffrira-t-il que mon corps, qui n'a servi qu'au crime, s'approche de son bois sacré, lui, si saint et si pur ? Oh ! se dit-elle en pleurant amèrement, j'ai souvent entendu dire que la sainte Vierge avait une grande bonté pour les plus grands pécheurs, et que jamais personne ne l'avait priée sans avoir obtenu grâce et miséricorde, j'irai donc aussi la prier. » Et elle se retire toute tremblante, auprès d'une image de la sainte Vierge ; elle se prosterne le visage contre terre, qu'elle arrose de ses larmes : « Ô Vierge sainte, vous avez devant vous la plus grande pécheresse du monde ; oserais-je encore implorer votre secours et celui de votre divin Fils, m'aurait-il abandonné pour toujours ? Ô Vierge sainte, si vous m'obtenez miséricorde auprès de Jésus-Christ, et le bonheur d'aller adorer ce bois sacré sur lequel il s'est immolé, j'irai dans le lieu qu'il vous plaira pour faire pénitence. » Après cette protestation, elle va se représenter toute tremblante à la porte de l'église, pour voir si elle pourra entrer sans être repoussée, comme les autres fois. Elle entre sans nulle difficulté. Pleine de reconnaissance, elle adore le bois sacré, arrose le pavé de ses larmes, et se confesse pour recevoir le pardon de ses péchés. Dans la suite, elle se retira dans un bois où elle demeura pendant quarante ans, faisant retentir le désert de ses cris et de ses sanglots, ne se nourrissant que d'herbes sauvages. Elle rapporte elle-même que le démon la tenta pendant dix-neuf ans de toutes sortes de manières ; et, à mesure que le démon la tourmentait, elle redoublait ses pénitences ; parfois le matin, en se levant, elle était toute couverte de neige, et, dans son désert, le froid était si rigoureux, que son corps tombait par lambeaux. Elle méditait soir et matin, tantôt sur ses fautes passées, tantôt sur les grâces que Marie lui avait obtenues, ou encore sur l'espoir qu'elle avait d'aller chanter au ciel les miséricordes du Seigneur. Oh ! que nous serions heureux, M.F., si nous imitions cette grande pénitente dans son repentir et sa confiance envers Marie !
Quand on aime quelqu'un, on s'estime heureux d'en avoir quelque objet à titre de souvenir. De même, M.F., si nous aimons la sainte Vierge, nous devons nous faire un honneur et un devoir d'avoir dans nos maisons quelques-unes de ses images, qui, de temps en temps, nous rappellent cette bonne Mère. De plus, les parents vraiment chrétiens ne doivent jamais manquer d'inspirer à leurs enfants une tendre dévotion à la Sainte Vierge ; c'est le véritable moyen d'attirer sur leur famille les bénédictions du ciel et la protection de Marie. Nous lisons dans la vie de saint Jean Damascène (RIBADENEIRA), que l'empereur avait conçu contre les saintes images une telle aversion, qu'il avait commandé, sous peine de mort, de les détruire ou de les brûler. Saint Jean aussitôt se mit à écrire que l'on devait avoir des images et les honorer. L'empereur fut tellement irrité contre le saint, qu'il lui fit couper le poignet pour l'empêcher d'écrire. Le saint alla se prosterner devant une image de la sainte Vierge en lui disant : « Vierge sainte, je viens vous demander la main que l'on m'a coupée, parce que je voulais soutenir l'honneur que l'on rend à vos images, je sais que vous êtes assez puissante pour me la rendre. » Cette prière achevée, il s'endormit, et, pendant son sommeil, il vit la sainte Vierge ; elle lui dit que sa prière était exaucée. Quand il s'éveilla, il trouva sa main parfaitement rattachée au bras, seulement Dieu lui avait laissé, à l'endroit où elle s'était rejointe à son bras, une petite raie rouge, pour le faire se souvenir de la grâce que la sainte Vierge lui avait obtenue. Par ce miracle, elle voulut montrer combien lui est agréable l'honneur que l'on rend à ses représentations, c'est-à-dire à ses images.
Écoutez ce que nous dit saint Anselme : « Ceux qui seront assez malheureux pour mépriser la Mère, sont sûrs d'être méprisés du Fils. Oui, il n'y a que les démons, les réprouvés et les grands pécheurs, plongés dans les ordures de leurs crimes, qui n'aiment pas Marie et qui n'ont pas confiance en elle. Vous connaîtrez facilement si un chrétien est dans la voie du ciel, ou s'il marche dans le chemin de la perdition : demandez-lui s'il aime Marie ; s'il vous dit que oui, et que ses actions le prouvent, bénissez le Seigneur, cette âme est pour le ciel. Mais s'il vous dit que non, et qu'il ne paraisse avoir que du mépris pour ce qui regarde son culte, jetez-vous aux pieds de votre crucifix, et pleurez amèrement ; car il est abandonné de Dieu, et prêt à tomber dans les abîmes. Oui, quand vous seriez plongés dans les habitudes les plus honteuses, si vous avez confiance en elle, ne désespérez pas, elle vous obtiendra tôt ou tard votre pardon. » Nous lisons dans l'histoire (RIBADENEIRA, Le Saint a cité plus haut en abrégé ce trait emprunté au Père Lejeune) que saint Denis l'Aréopagite fut grand dévot envers Marie. Il eut le bonheur de vivre du temps que la sainte Vierge était encore sur la terre. Il pria saint Jean l'Évangéliste, à qui Dieu avait confié Marie avant de mourir, de lui procurer le bonheur de voir la sainte Vierge. Saint Jean le fit donc entrer dans la chambre où elle était. Saint Denis fut si ébloui de sa présence, que tout à coup il se vit tout environné d'une lumière céleste : « Je me perdais, disait-il, je sentais sortir de son corps une odeur si agréable, que je croyais mourir d'amour ; mon esprit et mon cœur étaient tellement frappés de la grandeur de sa gloire, que je tombais en défaillance. Je voyais sortir de son corps sacré un si grand éclat de lumière, que si la foi ne m'avait pas enseigné qu'il n'y a qu'un Dieu, je l'aurais vraiment prise pour une divinité. Tout le reste de ma vie, il me semblait l'avoir présente à mes yeux ; mon esprit et mon cœur étaient constamment dans cette chambre où j'ai eu le bonheur de la contempler ! Oh ! que sera-ce donc, quand nous la verrons dans le ciel, auprès de son Fils, sur le beau trône de la cour céleste, et revêtue de la gloire de Dieu même. » Eh quoi ! M.F., après tout ce que nous venons de dire, nous n'aimerions pas Marie, elle qui semble ne se réjouir d'être Mère de Dieu, qu'afin de nous obtenir plus de grâces ? Ô aveuglement ! .... Ne pas aimer celle qui ne veut que notre bonheur, cette mère qui aurait donné sa vie pour nous sauver !...
 
III. – La sainte Vierge est encore un rempart continuel contre les attaques du démon ! Un jour saint Dominique, son grand serviteur, étant prié de chasser le démon du corps d'un possédé en présence d'une foule immense de personnes, qui étaient venues pour être témoins de cette action ; le démon avoua devant tout le monde que la sainte Vierge était sa plus cruelle ennemie, qu'elle renversait tous ses desseins ; que, sans elle, depuis longtemps, il n'y aurait plus de religion, et qu'il aurait bouleversé l'Église par les schismes, les hérésies. Marie, à chaque instant, lui arrachait des âmes qu'il espérait un jour avoir en enfer ; que plusieurs, à l'heure de la mort, en réclamant son secours, avaient obtenu miséricorde, et qu'aucun de ceux qui avaient confiance en elle n'avait été perdu. Voilà, M.F., ce que le démon avoua devant tous ceux qui étaient présents. Et s'il faut vous en convaincre encore mieux, voyons cette femme qui fut accusée faussement par son mari et condamnée à mourir sur l'échafaud : elle alla se jeter au pied d'une image de la sainte Vierge, la priant de ne pas la laisser mourir, puisqu'elle était innocente. Or, au moment où le bourreau voulut l'exécuter, jamais il ne put en venir à bout. La croyant morte pourtant, on la détacha, et lorsqu'on la porta à l'église pour la mettre en terre, non seulement elle donna des signes de vie, mais elle se leva et courut auprès d'une image de la sainte Vierge : « Ô Vierge sainte, s'écria-t-elle, vous êtes ma libératrice ? » Se tournant vers le peuple qui remplissait l'église : « Oui, lui dit-elle, j'ai vu Marie qui arrêtait la main du bourreau, et qui me consolait pendant que j'étais suspendue au gibet. » Tous ceux qui furent témoins de ce miracle sentirent redoubler leur confiance envers la sainte Vierge.
Mais, diront quelques hommes ignorants et sans religion, tout cela est bon pour ceux qui ne savent pas lire, ou pour des pauvres d'esprit et de biens. – Ah ! M.F., si je voulais, je vous prouverais que dans tous les états il y a eu de grands serviteurs de la sainte Vierge ; je vous en trouverais parmi ceux qui mendient leur pain de porte en porte ; je vous en trouverais parmi ceux qui sont dans un état tel que celui de la plupart d'entre vous ; je vous en trouverais parmi les riches, et en grand nombre. Nous lisons dans l'Évangile que Notre-Seigneur a toujours traité tout le monde avec une grande douceur, excepté une sorte de personnes qu'il a traitées durement : c'étaient les Pharisiens ; et cela parce qu'ils étaient des orgueilleux et des pécheurs endurcis. Ils l'auraient volontiers empêché, s'ils l'avaient pu, d'accomplir la volonté de son Père ; aussi les appelait-il des « sépulcres blanchis, des hypocrites, des races de vipères, des vipereaux, qui déchirent le sein de leur mère. » Nous pouvons dire la même close au sujet de la dévotion envers la sainte Vierge. Les chrétiens ont tous une grande dévotion à Marie, excepté ces vieux pécheurs endurcis, qui, depuis longtemps, ayant perdu la foi, se roulent dans les ordures de leur brutale passion. Le démon tâche de les tenir dans l'aveuglement jusqu'au moment où la mort leur fera ouvrir les yeux. Ah ! s'ils avaient le bonheur d'avoir recours à Marie, ils ne tomberaient pas en enfer, comme il leur arrivera ! Non, M.F., n'imitons pas ces gens-là ! au contraire, suivons les traces de tous les vrais serviteurs de Marie. De ce nombre était saint Charles Borromée, qui disait toujours son chapelet à genoux ; bien plus, il jeûnait toutes les veilles des fêtes de la sainte Vierge. Il était si exact à la saluer au son de la cloche, que quand l'Angelus sonnait, dans quelque lieu qu'il se trouvât, il se mettait à genoux, quelquefois même au milieu de la rue toute pleine de boue. Il voulait que dans tout son diocèse l'on eût une grande dévotion à Marie, et qu'on prononçât son saint nom avec beaucoup de respect. Il fit bâtir une quantité de chapelles en son honneur. Eh bien ! M.F., pourquoi n'imiterions-nous pas ces grands saints qui ont obtenu de Marie tant de grâces pour se préserver du péché, n'avons-nous pas les mêmes ennemis à combattre, le même ciel à espérer ? Oui, Marie a toujours les yeux sur nous : sommes-nous tentés, tournons notre cœur vers Marie et nous sommes sûrs d'être délivrés.
Mais ce n'est pas encore assez, M.F. ; pour mériter sa protection, il faut imiter les vertus dont elle nous a donné l'exemple. Il faut imiter sa grande humilité. Elle ne méprisait jamais personne : quoiqu'elle sût très bien que Dieu l'avait élevée à la plus grande de toutes les dignités, celle de Mère de Dieu, de Reine du ciel et de la terre, cependant elle se regardait comme la dernière des créatures. Il faut imiter son admirable pureté, qui l'a rendue si agréable à Dieu. Sa modestie était si grande, que Dieu prenait plaisir à la contempler. Il faut, M.F., à son exemple, nous détacher des choses de ce monde, et ne plus penser qu'au ciel, notre véritable patrie. Depuis l'Ascension de son divin Fils, elle ne faisait que languir sur la terre. Elle supportait la vie avec patience, il est vrai ; mais attendait avec ardeur la mort qui devait la réunir à son divin Fils, unique objet de son amour. Combien de fois ne s'est-elle pas écriée comme le prophète : « Mon Dieu, jusques à quand prolongerez-vous mon exil ! Oh ! quand viendra l'heureux moment où je vous serai réunie pour toujours ? Oh ! si vous voyez mon Époux, dites-lui que je languis d'amour ! » Dieu la retira de ce monde où elle avait tant souffert pendant son long pèlerinage ; elle mourut, mais ni les infirmités de l'âge, ni les défaillances de la nature ne lui donnèrent la mort, ce fut le seul amour de son divin Fils. Son premier souffle avait été un souffle d'amour, il était bien juste que son dernier fût aussi un souffle d'amour. Si nous voulons nous en convaincre, M.F., jetons un coup d’œil sur le lit de mort de Marie. Ô spectacle nouveau ! le ciel et la terre sont ravis d'admiration ; les fidèles accourent de toutes parts ; les apôtres se trouvent réunis par miracle dans cette pauvre maison. L'on ne voit pas dans la mort de Marie ce qui fait horreur dans la nôtre : cette pâleur effrayante, cette défaillance universelle, ces douloureuses convulsions de l'agonie ; à la mort de Marie tout est tranquille, son visage est plus brillant que jamais, ses grâces modestes se manifestent encore avec plus d'éclat que pendant sa vie, une aimable pudeur brille sur son front, une douce majesté couvre son saint corps ; ses yeux, tendrement fixés vers le ciel, en ont déjà toute la sérénité ; son esprit, abîmé en Dieu, semble déjà le voir face à face ; son tendre cœur, pressé d'un amour également doux et fort, goûte par avance les torrents de délices éternelles que son Dieu lui préparait dans le ciel. Elle n'a point de crainte, parce qu'elle n'a jamais offensé son Dieu ; elle n'a point de chagrin, parce qu'elle ne s'est jamais attachée aux choses terrestres ; elle ne soupire qu'après son Jésus, et la mort lui procure ce bonheur ; elle le voit venir au-devant d'elle, avec toute la cour céleste, pour honorer son entrée triomphante dans le ciel. Ainsi s'endort dans le baiser du Seigneur cette amante sacrée, ainsi disparaît ce bel astre qui a éclairé le monde pendant soixante et douze ans. Ainsi triomphe de la mort celle qui a enfanté l'Auteur de la vie... Que conclure de tout cela, M.F. ? Que nous devons, à l'exemple de Marie, soupirer et travailler à mériter le même bonheur. C'est ce que je vous souhaite.


Source.



Reportez-vous à Le style du Saint Curé d'Ars, Discours sur la Naissance de Marie, Salutation à Marie et à Jésus naissant, Instruction sur la Fête de Noël, Pratique de la Dévotion à l'enfance de Notre-Seigneur Jésus-Christ, Méditation pour la Fête du Saint Nom de Marie, Catéchisme du Saint Curé d'Ars : Sur la Sainte Vierge, L'Esprit du Saint Curé d'Ars, Le Saint Curé d'Ars dans ses homélies, Le Saint Esclavage de Jésus en Marie, d’après Saint Louis-Marie Grignion de Montfort, Le Saint-Esprit dans le Nouveau Testament, première création : La Sainte Vierge Marie, Comment un véritable enfant de Dieu peut et doit honorer la Sainte Vierge, Le culte et l'amour de la Sainte Vierge ont commencé avec l'Église, La vraie dévotion à la Sainte Vierge Marie, La Sainte Vierge Marie, Mère de Miséricorde, Sermon du Saint Curé d'Ars pour la Fête des Saints Anges Gardiens : Les anges de ces petits enfants voient sans cesse la face de mon Père céleste, Le Saint Curé d'Ars et l'apostolat de la conversation, et Inimitiés entre les enfants de Marie et les esclaves du Diable.














mercredi 28 septembre 2016

Les Anges, princes et gouverneurs de la grande Cité du bien



Extrait de "Traité du Saint Esprit" de Mgr Gaume :



Princes et gouverneurs de la grande Cité du bien, à laquelle se rapporte tout le système de la création, les anges, dans l'ordre matériel, président au mouvement des astres, à la conservation des éléments et à l'accomplissement de tous les phénomènes naturels, qui nous réjouissent ou qui nous effrayent. Entre eux est partagée l'administration de ce vaste empire. Les uns ont soin des corps célestes, les autres, de la terre et de ses éléments ; les autres, de ses productions, les arbres, les plantes, les fleurs et les fruits. Aux autres est confié le gouvernement des vents, des mers, des fleuves, des fontaines ; aux autres, la conservation des animaux. Pas une créature visible, si grande ou si petite qu'elle soit, qui n'ait une puissance angélique chargée de veiller sur elle.
L'homme animal, nous le savons, animalis homo, nie cette action angélique ; mais sa négation ne prouve qu'une chose, c'est qu'il est animal. Pour l'homme qui a l'intelligence, cette action est évidente. Partout où la nature matérielle laisse apercevoir de l'ordre, de l'harmonie, du mouvement, un but ; là, on reconnaît aussitôt une pensée, une intelligence, une cause motrice et directrice. Or, rien dans la nature matérielle ne se fait sans ordre, sans harmonie, sans mouvement, sans but.

(...)

Laissons parler la science : « Grande dignité des âmes, puisque, dès la naissance, chacune a un ange pour la garder ! Avant de naître, l'enfant attaché au sein maternel fait en quelque sorte partie de la mère ; comme le fruit pendant à l'arbre fait encore partie de l'arbre. Il est donc probable que c'est l'ange gardien de la mère, qui garde l'enfant renfermé dans son sein : comme celui qui garde un arbre garde le fruit. Mais, par la naissance, l'enfant est-il séparé de la mère ? Aussitôt un ange particulier est envoyé à sa garde. » (S. Hier, in Matth., c. XVIII; Vig., p. 86.)
Compagnon inséparable de notre vie, l'ange gardien nous suit dans toutes nos voies, nous éclaire, nous défend, nous relève, nous console. Intermédiaire entre Dieu et nous, il intercède en notre faveur, il offre à l'Ancien des jours nos besoins, nos larmes, nos prières, nos bonnes œuvres, comme un encens d'agréable odeur, brûlé dans un encensoir d'or. Sa mission ne cesse pas avec la vie terrestre. Elle dure tant que l'homme n'est pas arrivé à sa fin.
Ainsi, les anges présentent les âmes au tribunal de Dieu, et les introduisent dans le ciel. Si la porte leur en est momentanément fermée, ils les accompagnent au purgatoire, où ils les consolent jusqu'au jour de leur délivrance. Quant à celles qu'un orgueil opiniâtre rend jusqu'à la mort indociles à leurs conseils, les princes de la Cité du bien les abandonnent seulement sur le seuil de l'enfer, brûlant séjour préparé à Satan, à ses anges et à ses esclaves. Comme ils ont présidé au gouvernement du monde, les anges assisteront à son jugement, ils réveilleront les morts et feront la séparation éternelle des élus et des réprouvés.



*Croire que toutes les explications qui précèdent sont le résultat de simples conjectures, plutôt que de connaissances positives, serait une erreur. La science du monde angélique est une science certaine ; certaine parce qu'elle est vraie ; vraie parce qu'elle est universelle. La révélation, la tradition, la raison même de tous les peuples, la connaissent, l'enseignent et la pratiquent. Comme toutes les autres, elle a été rappelée à sa pureté primitive et développée par Notre-Seigneur, dont les enseignements non écrits sont, au témoignage de saint Jean, infiniment plus nombreux que ceux dont l’Évangile nous a transmis la connaissance. Le plus riche dépositaire de ces précieux enseignements fut Marie, et l'on sait que, mère de l'Église et institutrice des apôtres, l'auguste Vierge a parlé très savamment des anges, qu'elle connaissait mieux que personne.
À son tour, Paul, qu'on peut appeler l'apôtre des anges, dont il énumère tous les ordres, Paul, ravi au troisième ciel, n'est pas sans avoir rapporté sur la terre une connaissance profonde de ce qu'il avait vu, non pour lui, mais pour l'Église. Son illustre disciple, saint Denis, est, en effet, le premier d'entre les Pères qui ait donné une description détaillée, savante, sublime, du monde angélique. Fondée sur les Écritures et sur le témoignage des autres Pères, cette description est devenue le point de départ des écrivains postérieurs et, en particulier, le guide de l'incomparable saint Thomas, dans sa magnifique étude du monde angélique. Tels sont les canaux par lesquels est descendue jusqu'à nous la connaissance des anges, de leurs hiérarchies, de leurs ordres et de leurs ministères. Quelle science est plus certaine ?





Lire "Traité du Saint Esprit" (Tome 1, Tome II) et "La dévotion aux neuf Chœurs des saints anges" par M. Boudon.


Reportez-vous à Les saints Anges montrent le chemin du salut, Saint Raphaël, Modèle de l'Ange gardien préposé à la garde de chaque homme, Oraison aux neuf Chœurs des saints Anges, Prière à tous les Saints Anges, Travailler à la conversion des âmes et à leur soulagement dans les flammes du Purgatoire, en l'honneur des saints Anges, Pratiquer quelque vertu, ou s'abstenir de quelque vice en l'honneur des Saints Anges, Avoir une grande confiance en la protection des saints Anges, et recourir à eux en tous ses besoins corporels et spirituels, Chapelet du Saint Ange gardien, Chapelet en l'honneur du Saint Ange Gardien, Faire des neuvaines en l'honneur des neuf Chœurs des Anges, Converser intérieurement avec les saints Anges, Méditation pour la Fête des saints Anges Gardiens, Méditation pour la Fête de Saint Raphaël Archange, Méditation pour la Fête de Saint Michel et de tous les saints Anges, La réalité des apparitions angéliques, Avoir une dévotion singulière aux Anges, Archanges et Principautés, Honorer principalement les Puissances, les Vertus et les Dominations, Avoir de profonds respects, et des amours extraordinaires pour les Trônes, les Chérubins et les Séraphins, Litanies de l'Ange Gardien, Et Michel et ses anges combattaient contre le Dragon, Dévotion aux saints anges : les perfections admirables de ces sublimes intelligences, Tous les hommes sont assistés des Saints Anges, Les Saint Anges font tout ce qui se peut faire pour le bien des hommes, Les Saints Anges nous assistent dans les choses temporelles, La protection des saints Anges contre les démons, particulièrement au sujet de leurs différentes tentations, Neuvaine à l'Archange Raphaël, Histoire religieuse des deux cités, Satan veut déformer l'homme afin d'effacer en lui l'image de Dieu, Le roi de la Cité du Mal, La puissance des démons réglée par la sagesse divine, Litanie aux Saints Anges Gardiens, Litanie de Saint Michel, Puissance de Saint Michel au jugement dernier, Secours de Saint Michel à l'heure de la mort, Discernement des esprits, Discours sur l'Assomption de Marie, Litanie de Saint Gabriel et Litanie de Saint Raphaël.



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