vendredi 31 mars 2017

Méditation pour le Vendredi de la quatrième semaine de Carême : Jour d'Espérance










LE VENDREDI DE LA QUATRIÈME SEMAINE DE CARÊME

Jour d'espérance


PRATIQUE

Priez le Seigneur qu'il dissipe toutes vos frayeurs et vos alarmes par une ferme espérance en ses divines promesses. Élevez vers le ciel votre esprit et votre cœur, et dites : Seigneur, j'ai espéré en vous ! ne permettez pas que je sois confondu pour jamais (Psalm. 39). Pensez aux récompenses qui vous sont promises dans le ciel si vous êtes fidèles à Dieu et à sa grâce. Soupirez mille fois après ce bonheur, et ne faites rien qui ne soit dirigé vers le ciel. Levez souvent les yeux vers cette céleste patrie, en disant avec le même prophète : Seigneur des armées, que vos tabernacles sont aimables ! mon âme désire ardemment d'être dans la maison du Seigneur.


MÉDITATION

Les sœurs de Lazare envoyèrent dire à Jésus : Seigneur, celui que vous aimez est malade. (Joan, II)


1er point. Ces pieuses sœurs, instruites par la bouche de Jésus-Christ même, étaient animées d'une espérance bien ferme, parce qu'elles se contentent de lui faire exposer seulement la maladie de leur frère Lazare, sans le prier de le guérir et de lui rendre une visite charitable, persuadées fortement que cet incomparable ami, qui ne manque ni de puissance ni de bonté, ne manque aussi jamais de secourir ceux qui l'aiment et qui espèrent en lui.
Vous souffrez, vous êtes dans le mépris et dans l'humiliation ; vos besoins temporels et spirituels vous pressent ; vous ne trouvez aucune ressource dans les créatures, espérez en Jésus-Christ ; tous n'avez pas besoin, comme Marthe et Marie , de lui envoyer un messager pour lui apprendre votre, peine : il est présent, il vous écoute, il la sait, il la sent, mais il la veut savoir par vous.
Dites-lui avec une ferme espérance : Seigneur, celui que vous avez aimé jusqu'à répandre votre sang pour son âme, est malade. Il viendra à vous, il vous consolera, il vous délivrera ; il s'y est engagé ; il vous l'a promis par la bouche de son prophète, en disant : Je le délivrerai, parce qu'il a espéré en moi ; je le protégerai, parce que, dans sa peine, il a invoqué mon nom (Ps. 90).


Je suis la résurrection et la vie, dit Jésus-Christ, et celui qui croit en moi vivra, quoiqu'il soit mort.


2e point. Porté sur les ailes de la charité, Jésus vient à Béthanie, où Lazare était mort depuis quatre jours. Marthe et Marie lui disent : Seigneur, si vous aviez été ici, notre frère ne serait pas mort ; mais nous savons que Dieu vous accordera tout ce que vous lui demanderez. Jésus, pour récompenser cette espérance si héroïque, s'approche du tombeau ; il pleure, il prie, il se trouble, il commande, et il ressuscite le mort.
Qui n'espérera en Jésus-Christ après ce miracle ? Espérez donc, non pas une résurrection anticipée, mais la résurrection spirituelle de votre âme par la divine miséricorde. Espérez la délivrance de tous les maux qui vous affligent ; espérez la gloire que Jésus-Christ vous a promise par les mérites de son sang. La miséricorde, dit le prophète, environnera celui qui espère en elle (Ps., 32).
Si vous êtes faible, dit saint Augustin, l'espérance sera la colonne qui vous soutiendra de peur que vous ne tombiez (Div. Aug. au ps. 90). Espérez en Dieu, mais faites le bien ; car, sans cela, l'espérance n'est qu'une illusion grossière et une véritable présomption (Ps. 36). Elle est semblable, dit le sage, à ces petites pailles que le vent emporte, ou à cette écume légère dispersée par la tempête (Sap. 5).


SENTIMENTS

Venez à moi, Seigneur, mon âme est languissante, elle implore votre secours, et elle n'espère qu'en vous seul. Hélas ! peut-être est-elle morte et renfermée dans mon corps comme dans un tombeau. Parlez-lui, faites-lui entendre votre voix qui porte partout la grâce, qui est la source de la vie. Embrasez-la d'une ardeur si pure qu'elle en chasse pour toujours le péché, et apprenez-lui à mettre toute son espérance en votre divine miséricorde. Si vous trouvez à propos de m'exposer à des combats rigoureux, je ne m'effraierai et ne me découragerai jamais, je surmonterai tout, et par vous j'espérerai la victoire. J'espère, Seigneur, dans la charité de votre adoption, dans la vérité de vos promesses, et dans la toute-puissance de mon rémunérateur (Ps. 92).


SENTENCES

Ceux qui espèrent au Seigneur auront toujours de nouvelles forces ; ils auront les ailes d'un aigle, ils voleront, et ils ne se lasseront jamais (Isa, 40).

Tous les combats paraissent faciles à un chrétien qui envisage le ciel (Div. Her, Epist.).


RÉFLEXIONS

Jésus conduit au Calvaire


Considérez le Sauveur pâle et défait, sortant de la maison de Pilate, traîné au milieu des rues les plus fréquentées de Jérusalem, où quelques jours auparavant il avait passé en pompe, et était adoré comme le Messie, accompagné, pour tout cortège, de soldats, de bourreaux, et d'une nombreuse canaille qui l'insulte et le traite comme le plus scélérat de tous les hommes. Ses mains sont lices de cordes ; sa tête est couronnée d'épines, et il en coule une si prodigieuse quantité de sang qu'à peine si on peut voir son visage ; ses yeux ne jettent que des regards languissants, où la plus vive douleur est exprimée ; les larmes abondantes qu'ils répandent sont mêlées et confondues avec le sang qui coule de sa tête ; ses joues divines sont toutes meurtries de coups ; sa bouche est livide et sanglante ; ses épaules sont déchirées de coups de fouet, et chargées du pesant fardeau de la croix ; et tout son corps est si faible qu'il peut à peine se soutenir. Suivons donc ce Dieu souffrant au calvaire.
La terre couverte de son sang nous en apprendra les routes ; ses vestiges sanglants sont trop bien marqués pour ne pas les apercevoir. Allons de cœur et d'esprit sur les traces de cet homme de douleurs, et allons mourir avec lui puisqu'il va mourir pour nous. Cette mort nous donnera la vie.


PRIÈRE

Seigneur, dont la sagesse et la bonté sont infinies, et qui pourvoyez abondamment à tous nos besoins spirituels et corporels, accordez-nous la grâce de profiter de vos divines leçons, qui ne tendent qu'à nous détacher de la terre pour nous porter vers le ciel. Nous vous en prions par les mérites de Notre-Seigneur Jésus-Christ.







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ACTE DE CONSÉCRATION AU GLORIEUX SAINT JOSEPH





ACTE DE CONSÉCRATION AU GLORIEUX SAINT JOSEPH


(À réciter le dernier jour du mois de mars)



Ô glorieux saint Joseph, très digne époux de la mère de Dieu, Père nourricier du Verbe incarné, fidèle Protecteur des âmes qui aspirent à la vie chrétienne et intérieure et qui se confient en vous, vous a qui le Père éternel a daigné confier son Fils bien-aimé et la Vierge immaculée ! moi, N., indigne d’être votre serviteur, mais encouragé par votre extrême bonté, me prosternant à vos pieds avec le plus profond respect, en présence de la très Sainte Trinité, de Jésus et de Marie, de mon ange gardien et de toute la Cour céleste, je vous choisis pour mon Maître, pour le protecteur et le guide de mon âme, que je remets pour toujours entre vos mains ; je vous consacre aussi mon corps, tous mes travaux et occupations, tous les moments de ma vie, et surtout celui duquel dépend mon éternité. Recevez-moi donc pour votre serviteur, ô saint patriarche ! soyez mon maître et mon patron, et, en cette qualité, exercez sur moi une autorité entière ; soyez ma force dans mes faiblesses, mon espérance dans mes misères, mon refuge dans mes besoins, mon appui pendant toute ma vie, et mon secours à l‘heure de ma mort. Ainsi soit-il.






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Méditations et Exemples pour le Mois de Saint Joseph



Extrait du Nouveau Mois de Saint Joseph selon Saint Alphonse de Liguori :






MÉDITATIONS


LES PRÉOCCUPATIONS DE NAZARETH


PRÉLUDE. — Joseph a interrompu son travail. Son regard s’est élevé vers le ciel, comme pour y chercher le repos dont il a si grand besoin. Mais bientôt il s‘abaisse sur Jésus. Le ciel n‘est-il pas dans sa maison ! Jésus l‘encourage d‘un sourire qui fait verser d’abondantes larmes au patriarche, ému de tant de grâce unie à tant de majesté.

MÉDITATION. — Les saints ont aimé la faire leur sujet de méditation du bonheur que saint Joseph eut, pendant trente ans environ, de jouir continuellement de la compagnie de Jésus. Considérons, à leur exemple, la vie sainte que mena saint Joseph dans la compagnie de Jésus et de Marie.

Deux grandes préoccupations dominèrent cette vie cachée, ce que nous pourrions appeler la vie contemplative de Joseph à Nazareth : procurer la gloire de Dieu, plaire à Dieu !
Joseph n’avait d’autre préoccupation que de procurer la gloire de Dieu. Comment cela ? L‘exemple de Jésus le lui apprenait et lui montrait que la plus grande gloire qu’on puisse procurer à Dieu, c‘est l’accomplissement parfait de sa sainte volonté, l‘union complète de notre volonté à celle de Dieu, la fusion de notre volonté dans cette grande et divine volonté, parce que c’est là le véritable anéantissement de soi-même devant la grandeur de Dieu, le plus bel hommage qui se puisse rendre à son domaine souverain sur toutes choses, le meilleur secret de la perfection qu’il désire ardemment voir s’établir dans notre âme.
À Nazareth, Joseph n’avait d‘autre pensée, d‘autre désir que de plaire à Dieu. Dieu était si près de lui ! Sa grande, son unique préoccupation était de consulter ses besoins, de chercher à satisfaire ses moindres désirs. Ah ! sans doute, il m’est permis de l’affirmer : si Jésus voulut obéir à Joseph, Joseph ne vivait que pour obéir à Jésus. Sublime échange qui n‘a rien de comparable dans tout ce que l’imagination peut inventer de grandeur et de noblesse ! Admirable disposition de la Providence qui voulait nous laisser le plus bel exemple de toutes les vertus dans le recoin obscur qu’habitait la Sainte Famille de Jésus.

RÉSOLUTION. — Pratiquer la soumission à la volonté de Dieu en union avec Joseph.

BOUQUET SPIRITUEL. — Je fais toujours ce qu’il lui plaît. (Évangile selon saint Jean, VIII, 29.)



L‘AMOUR DE JOSEPH POUR MARIE


PRÉLUDE. — Représentons-nous cette belle scène dont parlent les historiens de la Sainte Vierge. Une verge desséchée a refleuri entre les mains de saint Joseph, et le grand-prêtre, mettant sa main dans la main de Marie, les unit au nom de Dieu, qui vient de manifester sa volonté par un si grand miracle.

MÉDITATION. — Considérons l’amour que Joseph eut pour sa sainte épouse. Cet amour était basé sur tous les motifs naturels que nous connaissons, nous qui avons si souvent médité sur les excellences de la très Sainte Vierge, et qu’il nous suffira d‘énumérer pour avoir une faible idée de l’amour qu’ils devaient faire naître dans le cœur du chaste époux de Marie.
Sans parler de la beauté virginale de ce lis d'lsraël, il faut surtout remarquer avec saint Alphonse de Liguori que Marie était la créature la plus aimable, la plus douce, la plus pure, la plus obéissante qui ait jamais paru sur la terre. C‘est Marie qui, parmi tous les hommes, parmi tous les anges même, a le plus aimé Dieu. Et nous savons combien Joseph appréciait la vertu. En la voyant éclater avec une telle magnificence en Marie, il sentait son amour s'augmenter à chaque instant envers celle dont le Ciel l‘avait constitué l‘époux et le gardien.
De plus, Joseph se voyait aimé de Marie avec une délicatesse de sentiments qui le touchait jusqu’au fond de l’âme ; car, assurément, après Jésus, Joseph était le plus cher objet des affections de la très Sainte Vierge. Elle chérissait son époux plus que toutes les créatures.
D’ailleurs le saint patriarche considérait son épouse immaculée comme la bien-aimée de Dieu, choisie de toute éternité par le Tout-Puissant pour être la mère de son Fils unique.
Figurons-nous, d'après tous ces motifs, quelle devait être l‘affection du cœur juste et reconnaissant de Joseph pour une épouse aussi digne de son amour.

RÉSOLUTION. — Offrir nos hommages et nos prières à la très Sainte Vierge, en union avec les sentiments de Joseph envers elle.

BOUQUET SPIRITUEL. —Joseph, l‘époux de Marie. (Évangile selon saint Matthieu, I, 16.)



L‘AMOUR DE MARIE POUR JOSEPH


PRÉLUDE. — Représentons-nous Marie sortant du temple de Jérusalem. Elle suit, les yeux modestement baissés, celui à qui Dieu a confié la garde de sa virginité. Joseph paraît heureux, et sur son visage éclate une joie toute céleste.

MÉDITATION. — Le plus grand orateur de la France, Bossuet, s’écriait un jour en contemplant les excellences de saint Joseph : « Vous voyez la dignité de Marie en ce que sa virginité bienheureuse a été choisie dès l‘éternité pour donner Jésus-Christ au monde. Mais voyez aussi la dignité de Joseph en ce que cette pureté de Marie, qui a été si utile à notre nature, a été confiée à ses soins, et que c‘est lui qui conserve au monde une chose si nécessaire. »
Voilà le principal fondement de l’amour de Marie pour Joseph. Sans doute, le saint patriarche était, aux yeux de la bienheureuse Vierge, un homme juste et craignant Dieu, digne par conséquent de l‘estime et de l‘affection de la mère de Dieu. Mais ce qui la touchait davantage, ce qui la pénétrait de reconnaissance et d'amour, c‘est que saint Joseph avait été chargé par le Seigneur de veiller à la conservation et à la protection de la pureté immaculée de la plus excellente de toutes les créatures. Marie, qui a aimé la virginité jusqu‘à la préférer à la gloire de la maternité divine, pouvait-elle ne pas être toute remplie d‘un chaste et pieux amour pour celui qui vivait à ses côtés, avec la charge de protecteur !
Plus tard cet amour de gratitude s‘augmenta par la considération des services multipliés que Joseph cherchait à rendre à la Sainte Famille, des fatigues et des sueurs qu‘il s‘imposait dans ce but, des tendresses qu'il prodiguait amoureusement et respectueusement à l‘Enfant-Dieu. Une mère aime toujours les amis et les bienfaiteurs de ses enfants : jugez de l‘amour que la plus excellente des mères dut avoir pour celui qui aima avec une ardeur si généreuse le plus parfait des fils !
C'est donc auprès de Marie que nous viendrons apprendre à aimer Joseph. C‘est cette Vierge si parfaite et si tendre qui sera notre modèle dans la dévotion que nous voulons avoir pour le gardien de Jésus.

RÉSOLUTION. — S‘unir quelquefois à Marie dans les louanges qu‘on rend à saint Joseph.

BOUQUET SPIRITUEL. — Marie chérissait son époux plus que toutes les autres créatures. (SAINT ALPHONSE DE LIGUORI) — A Joseph par Marie !



TROIS PRIVILÈGES ATTRIBUES PAR DIEU À SAINT JOSEPH


PRÉLUDE. — À genoux devant une statue de saint Joseph, renouvelons à ce grand patriarche l’hommage de nos plus parfaits sentiments d’admiration, d’amour et de louanges.

MÉDITATION. — Le pieux chancelier de l’Université de Paris, le grand et célèbre Gerson, avait une dévotion toute spéciale envers l’auguste père nourricier de Jésus. Dans un sermon qu'il composa en l'honneur de saint Joseph, ce grand homme, qui avait beaucoup étudié les Pères et la tradition, énumère trois privilèges spéciaux comme ayant été attribués par Dieu à saint Joseph, en prévision de la sublime mission qu’il devait remplir un jour sur la terre.
Le premier de ces privilèges fut d‘être sanctifié dès le sein de sa mère. En effet, si Jérémie fut privilégié de cette grâce parce qu‘il devait être le grand prophète des lamentations, si saint Jean-Baptiste reçut cette faveur en sa qualité de précurseur de Jésus-Christ, à combien plus forte raison convenait-il qu‘il fût purifié de la tache originelle et sanctifié dans le sein de sa mère, celui qui devait servir de père au Sauveur et devenir l‘époux de la Reine des vierges ? Comment aurait-il pu être traité avec moins d‘amour et de miséricorde que les deux saints personnages dont nous venons de parler ?
Le second privilège de saint Joseph fut d'être en même temps confirmé en grâce, et de n'avoir jamais le malheur d‘offenser Dieu grièvement, tant le Seigneur avait fortifié son esprit et sa volonté par des secours extraordinaires, afin d'achever et de perfectionner le bel ouvrage qu'il avait commencé en lui, au même instant où il l‘avait purifié de la tache originelle.
Enfin, le troisième privilège de saint Joseph fut d‘être toujours exempt des mouvements de la concupiscence. Et, chose consolante pour notre faiblesse, cette grâce, saint Joseph, par les mérites de sa pureté, a coutume d’en rendre participants ses pieux serviteurs, en les délivrant des appétits charnels et des mouvements désordonnés. Voilà pourquoi on l’appelle le patron de la pureté.

Saint Paul disait de lui-même que Dieu l‘avait rendu capable d‘exercer le grand ministère de la nouvelle alliance, c’est-à-dire, comme l‘explique saint Thomas d‘Aquin, que lorsque Dieu destine quelqu’un à une fonction, il lui donne toutes les grâces nécessaires pour l’exercer dignement.
Ainsi, Dieu ayant destiné saint Joseph à faire l‘office de père auprès de la personne du Verbe incarné, on doit tenir pour certain qu’il lui conféra en même temps tous les dons de la sagesse, tous les degrés de sainteté éminente qui convenaient à une pareille charge. On ne doit donc pas douter que le Seigneur ne l‘ait enrichi de toutes les grâces et de tous les privilèges accordés aux autres saints.

« Joseph, l’homme juste. »
Qu‘est-ce à dire : « L’homme juste ? » Saint Alphonse de Liguori répond : « Homme juste signifie un homme qui possède toutes les vertus ; car celui à qui il manque une seule vertu ne peut être appelé juste. »
Et, avant lui, saint Pierre Chrysologue, reprenant cette même question : « Qu‘est-ce qu‘un homme juste ? » avait répondu : « C‘est un homme parfait, qui possède toutes les vertus. »
Suivons les progrès de cette justice dans le cœur de Joseph.
Purifié dès le sein de sa mère, son enfance s’écoula dans l‘innocence la plus parfaite. Son adolescence fut ornée de toutes les vertus propres à cet âge ; il avait, dit un pieux auteur, la piété d'Abel, l‘obéissance d’Isaac, la sagesse de Tobie, la chasteté du fils de Jacob, la fermeté de Daniel et l’amour ardent des trois enfants de la fournaise. Déjà saint avant son mariage, sa justice s‘accrut encore beaucoup, lorsqu‘il fut uni à la mère de Dieu, dont les exemples seuls auraient suffi pour la multiplier. Plus tard, ses rapports avec Jésus-Christ augmentèrent encore sa sainteté. Enfin, sa fidélité à observer tout ce que la loi commandait, son obéissance aveugle aux ordres du Tout-Puissant et son admirable correspondance a la grâce divine lui communiquèrent à un degré éminent, ou pour mieux dire, dans leur plus haute perfection, toutes les vertus.

Adressons-nous a lui tous les jours par quelque prière particulière, et célébrons spécialement son mois béni en multipliant nos exercices de piété en son honneur et en jeûnant la veille de sa Fête.
Demandons-lui des grâces ; il nous les obtiendra toutes, pourvu qu’elles soient utiles à notre âme.
Surtout je vous exhorte à lui demander trois grâces spéciales, savoir : le pardon des péchés, l’amour envers Jésus-Christ et une bonne mort.

RÉSOLUTION. — Invoquer le nom de saint Joseph dans les tentations contre la sainte vertu de pureté. Mettre souvent notre travail de sainteté sous la protection du grand saint Joseph. Et dans les tentations d’orgueil, se comparer a la justice parfaite de saint Joseph.

BOUQUET SPIRITUEL. — Le jour de l‘union de Marie et de Joseph, la virginité s’allia avec une autre virginité. (GERSON.) — Dieu l’a rendu capable d'être un digne ministre. (Épitre de saint Paul aux Corinthiens, III, 6.) — Joseph , l’homme juste. (Évangile selon saint Matthieu, I, 19.)



EXEMPLES


Les médailles de saint Joseph

M. l‘abbé Plumier, saint prêtre du diocèse de Marseille, (qui mourut) en odeur de sainteté, avait beaucoup désiré la construction d‘un édifice destiné à abriter les orphelines.
Enfin le jour arriva, et Mgr Cruice vint répandre sur la première pierre de cette maison comme les prémices de ses bénédictions, en récitant les prières liturgiques. Tandis que, avec la truelle d'argent, le prêtre allait sceller cette pierre, objet de tant de désirs, on vit M. Plumier s’approcher de la pierre avec une émotion profonde et y verser ce que contenait sa main et qui produisit en tombant un bruit de monnaie... Que mettez-vous donc là, monsieur l‘aumônier ! lui demanda-t-on avec surprise... — « Ce sont, dit-il, des médailles de saint Joseph ; » puis, avec bonhomie, il répéta : « Quand les rois font bâtir des palais, ils placent dans la pierre des monnaies frappées a leur effigie : or, faut-il bien mettre ici les médailles du saint patriarche, car c‘est lui seul qui peut construire cette maison ! » Chacun sourit de cette naïve confiance, et, peu de jours après, les rieurs recevaient de lui, et en diverses fois, des sommes qui , se sont élevées à plus de cinq mille francs, et qui ont prouvé, une fois de plus, combien il fait bon de s‘abandonner au glorieux Joseph pour la réussite des affaires temporelles. (L’abbé PAYAN D’AUGERY, Vie de M. l’abbé Plumier.)


La première église dédiée à saint Joseph

Le vénérable Pierre Cotton, célèbre orateur et fervent religieux, eut, dès le jour de son ordination, une grande dévotion pour saint Joseph. Il ne laissa jamais passer le plus court entretien sans parler de lui, ni la moindre occasion sans chercher à répandre son culte.
C‘est lui qui a eu l‘honneur de faire ériger, près de la place Bellecour, à Lyon, la première église que la France ait consacrée au chaste époux de Marie. On y voyait de nombreux et riches ex-voto qui rappelaient les grâces signalées et les miracles obtenus par l'intercession de ce grand saint. Il eut le bonheur de mourir le jour de sa fête. Dans sa dernière maladie, Marie lui apparut et lui dit qu‘elle venait l‘aider à bien mourir, en reconnaissance de sa sincère dévotion pour son chaste époux. (L‘abbé DEIDIER, Mois de saint Joseph à l’usage du clergé)


La lettre d’une pauvre fille

Le R. Père Huguet cite la lettre suivante comme ayant été écrite par une pauvre petite fille, enfant si misérable qu‘elle n'avait que des haillons pour se couvrir. « Aimable saint Joseph, avez toujours été si pauvre, qui avez gardé l'enfant Jésus, qui avez voulu être pauvre pour nous, obtenez-moi la grâce d‘aimer toujours ma pauvreté ; que mes parents l‘aiment aussi, qu'ils ne murmurent point contre le Bon Dieu, qui nous veut pauvres et, par conséquent, plus semblables à son divin Fils. Oh ! que nous sommes heureux ! (La dévotion à saint Joseph inspirée à la jeunesse)


L’effet d’une prière à saint Joseph

Un saint évêque, missionnaire dans l‘Océanie, disait avec une humilité touchante ces paroles bien propres à raviver notre confiance envers saint Joseph : « J‘ai beaucoup redouté la mort, aujourd’hui, je ne la crains plus ; il y a dix mois que je la considère dans ma méditation, et vingt-cinq ans que je récite journellement une prière à saint Joseph pour m‘obtenir la grâce de bien mourir. » (Paroles de Mgr Douane mourant)


La perfection enseignée par saint Joseph

Un saint religieux de la Compagnie de Jésus rencontra un jour un jeune homme de dix-huit ans, domestique de son état, dont la vie avait toujours été d‘une innocence parfaite et qui parlait sur les matières de spiritualité comme le plus profond théologien, sans avoir jamais été instruit par aucun directeur. Comme le père en manifestait sa surprise : « Il y a six ans, répondit ce jeune homme, que j‘ai choisi saint Joseph pour mon patron, le Seigneur me l’ayant inspiré lui-même. » Puis, développant merveilleusement les grandeurs de son glorieux patron, il affirme que saint Joseph était le véritable maître des âmes qui aiment les vertus cachées et intérieures. (BARRY, Dévotion à saint Joseph)


Saint Ignace de Loyola

Le grand fondateur de la compagnie de Jésus avait une tendre dévotion envers l‘époux de Marie. Non content de faire oraison et de célébrer devant la statue de saint Joseph, il déposait a ses pieds par écrit ses doutes et ses difficultés, et ce grand maître de la vie spirituelle lui en inspirait la solution. (Vie de saint Ignace de Loyola)


Secours dans l‘oraison

Pendant longtemps, raconte une jeune religieuse, je ne pouvais méditer sans être accablée des distractions les plus extravagantes, ce qui m’affligeait beaucoup. Or, un jour qu’accablée de tristesse, je me plaignais à Dieu de cette grande misère, je me sentis poussée à implorer le secours de saint Joseph. Fidèle à cette inspiration de la grâce, je le lis avec une grande confiance, et non seulement je fus délivrée de mes distractions, mais encore j‘arrivai en fort peu de temps a l‘oraison de quiétude. J‘ai fait une expérience qui m‘étonne, c’est que je ne puis méditer sur les vertus et les perfections de saint Joseph qu’à la manière des plus sublimes mystères, c’est-à-dire par voie d’admiration et d’anéantissement. Je ne saurais énumérer toutes les grâces signalées dont je lui suis redevable. Si je veux me lever avant l’heure ordinaire, je lui fais une prière avant de m’endormir, et je m‘éveille toujours à l‘heure dite. Un simple désir que je lui manifeste me délivre de mauvais songes, et j‘obtiens aussi facilement de ce grand saint de n‘avoir pendant le jour que de bonnes pensées. (P. DE BARRY, Dévotion à saint Joseph)


L’oraison facilitée

Je connais, dit le père de Barry, deux personnes qui redoutaient beaucoup l’oraison, à cause des difficultés qu’elles y rencontraient. Toutes deux, dans l'espoir de les surmonter, prirent saint Joseph pour leur guide, et elles ne tardèrent pas à ressentir les heureux effets de sa protection. Bientôt les difficultés disparurent tellement, que cette salutaire pratique devint le plus doux et le plus agréable de leurs exercices de piété. (Dévotion à saint Joseph)


Le guide spirituel

C'est par sa fidélité à invoquer et à imiter saint Joseph que sainte Thérèse (d'Avila) est parvenue à des états si sublimes d’oraison, après avoir gémi longtemps dans les aridités et les sécheresses les plus désolantes. C‘est aussi le secours de ce grand maître de la vie intérieure qu'elle proposait aux âmes pieuses qui désiraient faire des progrès dans l'oraison. « Quiconque, disait-elle, manque de directeur propre a le conduire dans la voie de l‘oraison, n‘a qu'à prendre saint Joseph pour guide, bientôt il saura le véritable chemin et arrivera au but. » (R. P. HUGUET, Dévotion à saint Joseph en exemples)


La dévotion de saint Joseph conseillée par ce bienheureux patriarche

Deux religieux carmes déchaussés de Grenade sortaient du monastère des Carmélites de la même ville, lorsqu‘ils virent venir à leur rencontre un homme assez avancé en âge et d'un aspect vénérable, qui se plaça entre eux et leur demanda d’où ils venaient. Le plus ancien des deux répondit qu‘ils venaient du couvent des Carmélites déchaussées. « Mes pères, reprit l‘inconnu, pourquoi donc ont-elles tant de dévotion à saint Joseph ? — C’est, répondit le religieux, parce que notre sainte mère Thérèse de Jésus en avait elle-même beaucoup pour ce grand saint. — Je le savais déjà, répliqua l‘inconnu... Regardez-moi en face, et ayez pour saint Joseph une dévotion pareille à celle de votre mère ; tout ce que vous demanderez, vous l’obtiendrez. » En disant ces mots, il disparut, les laissant dans la stupéfaction.
De retour à leur couvent, ils rendirent compte à leur supérieur de ce qui venait d‘arriver. « C‘était saint Joseph, leur dit-il. Ce n‘est pas pour vous, c‘est pour moi qu'a eu lieu l‘apparition ; car je n’étais pas assez dévot à saint Joseph. Mais dorénavant je le serai. » Cet évènement remonte à 1584, deux ans après la mort de sainte Thérèse. (Père PATRIGNANI, Dévotion à saint Joseph)




Pratique : Vivons, à l'exemple de Saint Joseph, dans l'amour pour mourir dans l'amour, unissons souvent notre travail à celui de Notre Seigneur à Nazareth au côté de Joseph, prenons la résolution efficace de recommander à saint Joseph toutes nos entreprises, recourons à sa puissante protection dans tous nos besoins, et cherchons dans notre position des motifs d'humilité.






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jeudi 30 mars 2017

Méditation pour le Mois de Saint Joseph : Le retour d’Égypte





MÉDITATION POUR LE MOIS DE SAINT JOSEPH : LE RETOUR D'ÉGYPTE



PRÉLUDE. — Représentons-nous une oasis dans le désert. À l’ombre d‘un palmier, une femme est assise, tenant sur ses genoux un enfant de sept ans qui parait harassé de fatigue. Un homme à l‘air vénérable et recueilli se tient debout, le bâton de voyage à la main. C‘est le groupe de la Sainte Famille revenant d’Égypte.


MÉDITATION. — Le temps de quitter l'Égypte étant arrivé, l’ange apparut de nouveau à Joseph et lui ordonna de retourner en Judée avec l‘enfant et sa mère.

Joseph ! c‘est toujours par Joseph que les ordres du Très-Haut sont transmis à la Sainte Famille pendant la première enfance du Sauveur ! c'est lui qui est le confident des desseins de Dieu pour préparer le salut du monde ! Quelle belle mission ! qu'elle a dû être agréable aux yeux de Dieu, l‘âme du juste chargé de servir d'intermédiaire entre le Père et le Verbe fait chair, entre le ciel et Marie !

Remarquons ensuite comme Joseph reste l‘instrument docile des volontés du Tout-Puissant. Il est entre les mains de Dieu sans autre vouloir que le sien. Il était allé en Égypte par obéissance, il en sort aussi par obéissance. Le retour ne lui plaît et ne lui agrée que parce qu'il est dans le bon plaisir de Dieu. C‘est le moyen d’être vraiment à Dieu que d‘être dépouillé de toute volonté propre, détaché de ses propres inclinations, indifférent aux surprises de la Providence et aux coups inattendus d’une volonté qu‘on adore.

Enfin, dans ce retour d‘Égypte, remarquons encore avec saint Bonaventure, combien la peine de Joseph et de Marie dut être plus grande qu’en allant. Le chemin était le même, mais Jésus avait grandi. Il était alors âgé d‘environ sept ans, trop avancé en âge pour que Joseph et Marie pussent le porter constamment sur les bras, trop jeune pour être capable de faire à pied une aussi longue route. Aussi, observe le vieux et saint docteur, cet aimable enfant était souvent contraint de s’arrêter et de s‘étendre par terre pour se reposer des fatigues excessives de ce retour si pénible et si long.


RÉSOLUTION. — Se tenir dans l‘indifférence par rapport à tout ce qu‘il pourrait plaire à Dieu de demander de nous.


BOUQUET SPIRITUEL.Lève-toi, prends l‘enfant et sa mère, et retourne dans la terre d‘Israël. (Matth., II, 20)




Extrait du Nouveau Mois de Saint Joseph selon Saint Alphonse de Liguori.






Reportez-vous à La réalité des apparitions angéliques, Méditation pour la Fête des saints Anges Gardiens, Prière de Saint Pie X au glorieux Saint Joseph modèle des travailleurs, Méditation sur les Prières que l'on adresse à Dieu pour ses besoins temporels, Méditation sur la dévotion envers Marie, Avoir une dévotion singulière aux Anges, Archanges et Principautés, Litanies de l'Ange Gardien, Méditation sur la soumission à la volonté de Dieu, Méditations et Exemples pour le Mois de Saint Joseph, Acte de consécration au glorieux Saint Joseph, Sermon pour la Fête de Saint Joseph, Méditation : Marie est donnée en mariage à Saint Joseph, Leçon XV : De la Naissance de Jésus-Christ, Litanies de Saint Joseph, Supplique à Saint Joseph, Pratiques de dévotion envers Marie : Recourir souvent à Marie et aux Saints qui lui sont proches, Méditation sur l'observation des Lois de Dieu, Méditation sur les murmures, Discours sur l'Assomption de Marie et Quamquam pluries, Lettre encyclique de Léon XIII.

















Dévotion aux Saints Anges : Les saints Anges nous assistent dans les choses temporelles



Extrait de "La Dévotion aux neuf Chœurs des Saints Anges" de M. Boudon :



La famille de Tobie voit disparaître l'Ange Raphaël
(Gustave Doré)
Après avoir parlé des bienfaits des Anges en général, il est bon de venir un peu plus aux faveurs particulières dont ils nous gratifient, afin que le cœur de l'homme soit inexcusable, et qu'il soit obligé d'aimer à quelque prix que ce soit ; car si les bienfaits, dit le dévot père de Grenade, sont à l'amour ce que le bois est au feu, qui s'enflamme de plus en plus, et devient plus grand à proportion qu'on lui donne de la matière, quels feux et quelles flammes, quels incendies l'amour des Anges ne doit-il pas produire en nous, puisque nous sommes accablés de toutes parts de leurs charitables bienfaits ? Vous diriez qu'ils ont résolu d'emporter le prix de l'amour, en la manière dont ils nous traitent si obligeamment, et en toutes sortes de faveurs dont ils nous honorent avec des profusions d'une libéralité sans pareille. Voyons cette vérité dans les choses temporelles, et puis nous la considérerons dans les spirituelles, qui conduisent à la grande et bienheureuse éternité ; et nous serons ensuite obligés d'avouer que dans l'amour des Anges, l'on trouve toutes sortes de biens.
Les Anges ont soin de notre éducation corporelle, et ce furent ces glorieux Esprits qui élevèrent dans le désert le petit saint Jean-Baptiste, que sa sainte mère y avait mené, fuyant la persécution d'Hérode, et qui y mourut quarante jours après sa retraite en cette solitude, laissant cet enfant béni, âgé seulement de dix-huit mois, tout seul dans un désert, sans l'assistance d'aucune créature visible. Ils prennent soin de la nourriture de nos corps. Ils portaient à la bienheureuse Clère Indoise, dans une riche coupe, de la manne plus blanche que la neige, et dont la délicatesse du goût surpassait celle des mets les plus agréables de la terre. Ils traitèrent et firent bonne chère à saint Firme et saint Rustique, martyrs. Ils portèrent à manger à Daniel dans le lac où il était détenu ; et le saint prophète Élie étant couché par terre, si fatigué qu'il n'en pouvait plus, en reçut une nourriture qui lui donna tant de forces, qu'elles furent suffisantes pour le faire marcher durant quarante jours, jusqu'à la sainte montagne d'Oreb. Ils donnent à boire à ceux qui ont soif. L'enfant d'Agar étant sur le point d'en mourir, ils lui conservèrent la vie par le moyen de l'eau qu'ils montrèrent à cette mère affligée. Ils donnent des habits aux hommes : sainte Anthuse, vierge, en fut revêtue magnifiquement. Ils procurent des honneurs : cent Anges parurent à la mort de la bienheureuse Agathe, et lui firent son épitaphe. Ils élevèrent à l'honneur de l'épiscopat l'illustre saint Mellon, archevêque de Rouen ; et à la première dignité du monde, le souverain pontife saint Grégoire le grand. Ils récréent et donnent des plaisirs innocents : saint François étant malade, ils touchèrent un instrument de musique pour le récréer. Ils donnèrent le même plaisir à saint Nicolas de Tolentin, six mois durant, auparavant sa mort. Ils firent entendre des concerts ravissants auprès du sacré corps de la Mère de Dieu, trois jours durant, pour la consolation de ceux qui approchaient de ce tabernacle divin. Ils donnèrent des roses à sainte Rosalie, dans un désert qui n'en avait jamais porté. Ils veulent contenter les désirs de leurs amis : sainte Agnès du mont Polician avait envie d'avoir de certaines reliques ; elle en reçut comme elle le souhaitait, par les mains de ces aimables Esprits. Ils font la fortune et enrichissent ceux qui les servent, quand cela n'est pas contraire à l'ordre de Dieu : ce fut par leurs saintes industries que Jacob devint riche auprès de son beau-père Laban. Ils obtiennent des enfants aux personnes mariées qui n'en ont pas, comme il se lit dans le livre des Juges, en la personne de la femme de Manué. Ils rendent les personnes éloquentes, comme il se voit en Isaïe. Ils font de beaux et riches présents, témoin ce tableau magnifique qu'ils donnèrent à sainte Galle, jeune veuve romaine. Ils tiennent compagnie dans les voyages ; nous en avons une forte preuve en la personne de Tobie, qui fut conduit, avec une bonté toute ravissante, par saint Raphaël. Ce même Archange tint compagnie visiblement à saint Macaire le Romain durant trois ans, l'ayant mené depuis sa sortie de Rome, dont ce saint s'était enfui le jour de ses noces, jusque bien avant dans les déserts. Ils rendent visite, et consolent les serviteurs de Dieu. Toutes les histoires des Pères du désert sont pleines des témoignages de cette vérité. Sainte Lyduvine en était souvent visitée ; souvent les martyrs dans leurs prisons recevaient cet honneur. Mais ne pensez pas, dit le docteur Rupert, qu'ils les aient seulement visités quand ils se sont rendus visibles ; ils leur étaient très-présents lors même qu'ils ne les voyaient pas, les soutenant dans leurs peines, leur donnant des forces au milieu de leurs fers, et prenant même plaisir à compter toutes leurs plaies. Ç'a été un spectacle ravissant de les avoir vus essuyer avec un linge bien blanc les sueurs d'un glorieux martyr, et lui donner de temps en temps de l'eau à boire, pour lui procurer quelque rafraîchissement dans ses douleurs. Ô mon Dieu, ô mon Dieu ! qu'il fait bon souffrir quelque chose pour vous !
Mais s'ils nous procurent tous ces biens en cette vie, ils nous y assistent, ou nous délivrent de toutes sortes de maux. Ils délivrent de prison, ôtent les chaînes et mettent en liberté, comme l'Écriture nous l'apprend du prince des Apôtres et l'unique chef de l'Église. Ils délivrent des flammes, comme il est rapporté en Daniel ; des incendies, comme nous le lisons en la Genèse ; des lions, comme il se voit en la personne du Prophète dont nous venons de parler ; de la calomnie, de l'infamie et de la mort, comme le Saint-Esprit nous le déclare de Susanne ; du glaive, comme il est visible en la personne d'Isaac. Ils guérissent de toutes sortes de maladies, comme l'écrit saint Jean, le disciple bien-aimé, en son Évangile. Nous voyons, au quatrième livre des Rois, comme ils soutiennent leurs amis, et s'opposent à ceux qui leur veulent du mal ; ils prennent leurs querelles, prennent l'habit et la forme de soldats, et vont à la guerre pour eux. Nous en avons de prodigieux exemples dans les Machabées. Enfin il faudrait ici compter tous les maux dont nous pouvons être affligés, soit au corps, soit à l'esprit, soit dans les biens temporels, naturels, moraux, soit dans le particulier, soit dans le public, par les guerres, pestes, famine ; soit par nos amis, soit par nos ennemis, pour marquer les différents secours que nous recevons des Anges, et pour apprendre à tous les peuples que ce sont les aimables et puissants protecteurs à qui il faut avoir recours en tous nos besoins, de quelque manière qu'ils puissent être. À la vérité, la divine Providence nous a donné les Saints pour défenseurs : les uns pour
la peste, comme saint Sébastien, saint Roch, saint Adrien ; les autres pour le mal de dents, comme saint Laurent, sainte Apolline ; ceux-ci pour le mal des yeux, comme saint Clair, sainte Luce ; d'autres pour la captivité, comme saint Léonard, saint Paulin. Ainsi, dans l'ordre de la Providence, on a recours particulièrement à un saint pour une chose, et à un autre saint pour une autre ; mais dans l'ordre de la même Providence, les Anges sont établis pour nous assister généralement  en tous nos maux, et pour nous obtenir toutes sortes de biens. On ne peut mieux faire que de s'adresser à ces Esprits charitables, et leur faire des dévotions particulières, ou leur en ordonner dans le public, pour apaiser la colère de Dieu, et pour en obtenir les miséricordes.
Admirons encore ici, avant que de finir, la protection des Anges dans l'exemple admirable que nous en donne l'Écriture. C'était un Ange qui conduisait le peuple de Dieu par cette colonne miraculeuse dont il est parlé dans l'Exode. C'était l'un de ces Esprits immortels qui donnait le mouvement à cette colonne qui a marché devant ce peuple l'espace de quarante ans, et qui lui montrait le chemin qu'il fallait tenir au milieu des déserts, dans lesquels on ne remarquait aucune route que l'on put suivre. Il la faisait aller ou arrêter, selon le besoin qu'avait ce peuple de marcher ou de se reposer. Il la rendait visible sous la forme d'une nuée durant le jour, et durant la nuit sous celle du feu. Il l'avait rendue épaisse, large, longue, afin qu'elle pût être facilement découverte par une si grande multitude de personnes, qui, selon l'opinion du savant Pérérius, tenaient environ cinq lieues de chemin. Il s'en servait pour leur faire ombre, et les défendre des grandes et excessives chaleurs du soleil. Il lui fit quitter le devant de ce peuple, pour prendre le derrière, pour se placer dans cette colonne entre les Hébreux et l'armée de Pharaon, éclairant les Hébreux, et aveuglant ces Infidèles, qu'il fit périr mal heureusement dans les eaux de la mer Rouge, qu'il avait séparée en un instant pour y faire marcher à sec les troupes qui étaient à Dieu. Toute l'armée des Égyptiens, composée de deux cent cinquante mille soldats, y fut submergée, sans qu'il en restât un seul pour en porter la nouvelle. Je laisse à la piété de ceux qui liront cette admirable conduite, d'en méditer à loisir tous les effets. Pour peu qu'on les remarque, on en verra de si touchants, qu'il ne sera pas possible de n'être pas entièrement convaincu que les services que les Anges rendent aux hommes sont incomparables, et à en magnifier ensuite le saint nom du Seigneur, qui lui seul opère toutes ces merveilles par les ministres de sa cour céleste.





Reportez-vous à Méditation pour la Fête des saints Anges Gardiens, Méditation pour la Fête de Saint Michel et de tous les saints Anges, La réalité des apparitions angéliques, Avoir une dévotion singulière aux Anges, Archanges et Principautés, Honorer principalement les Puissances, les Vertus et les Dominations, Avoir de profonds respects, et des amours extraordinaires pour les Trônes, les Chérubins et les Séraphins, Et Michel et ses anges combattaient contre le Dragon, Tous les hommes sont assistés des Saints Anges, La protection des saints Anges contre les démons, particulièrement au sujet de leurs différentes tentations, Les perfections admirables de ces sublimes intelligences, Les Saints Anges font tout ce qui peut se faire pour le bien des hommes, Litanie aux Saints Anges Gardiens, Discernement des esprits, Litanie de Saint Michel Archange, Puissance de Saint Michel au jugement dernier, Chapelet à Saint Michel Archange, Les Anges, princes et gouverneurs de la grande cité du bien, Neuvaine à l'Archange Raphaël, Secours de Saint Michel à l'heure de la mort, Litanie de Saint Gabriel Archange et Litanie de Saint Raphaël Archange.

















PETIT CATÉCHISME HISTORIQUE, contenant en abrégé l'Histoire Sainte, Leçon XX : De la Passion de Jésus-Christ



PREMIÈRE PARTIE


Contenant en abrégé l'Histoire Sainte



LEÇON XX


De la Passion de Jésus-Christ







Ce fut au temps de la Pâque que les ennemis de Jésus résolurent de le prendre et de le faire mourir. La veille était un jeudi ; il alla faire la Cène, c'est-à-dire, souper avec ses disciples. Comme ils mangeaient, il prit du pain, le bénit, le rompit, et le leur distribua, disant : Prenez, mangez, ceci est mon Corps, qui sera livré pour vous. Puis il prit du vin dans la Coupe, le bénit, et le leur donna, disant : Buvez en tous, ceci est mon sang, le sang de la nouvelle alliance, qui sera répandu pour vous ; faites ceci en mémoire de moi. Ensuite il sortit avec eux, et alla au Mont des Olives (ou Mont des Oliviers), en un Jardin où il avait accoutumé de prier. Là, il pria son Père de détourner de lui ses souffrances, ajoutant toutefois : Que votre volonté soit faite. Cependant Judas amena une grande troupe de gens armés, qui le prirent et le menèrent chez Caïphe, le souverain Pontife (Souverain Sacrificateur), où il fut condamné à mort sur de faux témoignages. Tous les disciples de Jésus l'abandonnèrent, et Pierre même le renia trois fois, comme Jésus avait prédit. De chez Caïphe, on le mena chez Ponce Pilate qui gouvernait la Judée pour les Romains. Pilate trouva Jésus innocent, chercha plusieurs moyens pour le délivrer. Là, Jésus fut fouetté, puis couronné d'épines par les soldats en dérision de ce qu'il se disait Roi des Juifs.


Demande.
En quel temps mourut Jésus ?
Réponse.
Au temps de la Pâque.

Demande.
Que fit-il au dernier souper avec les Apôtres ?
Réponse.
Il leur donna son Corps et son Sang.

Demande.
Comment leur donna-t-il son Corps ?
Réponse.
Il prit du pain, le bénit, et le leur donna, disant : Ceci est mon Corps.

Demande.
Comment leur donna-t-il son Sang ?
Réponse.
Il prit la coupe avec du vin, et leur dit : Ceci est mon Sang, le sang de la nouvelle alliance.

Demande.
Que fit Jésus après la Cène ?
Réponse.
Il alla prier Dieu au Jardin des Olives.

Demande.
Que fit alors Judas ?
Réponse.
Il amena des gens armés pour prendre Jésus.

Demande.
Où le menèrent-ils ?
Réponse.
Chez Caïphe, le souverain sacrificateur.

Demande.
Que devinrent les Apôtres ?
Réponse.
Ils s'enfuient tous.

Demande.
Que fit Saint Pierre ?
Réponse.
Il renia trois fois Jésus.

Demande.
De chez Caïphe, où mena-t-on Jésus ?
Réponse.
Chez Pilate.

Demande.
Que lui fit-on là ?
Réponse.
Il y fut fouetté et couronné d'épines.





Reportez-vous à Du dessein et de l'usage de ce Catéchisme, Leçon I : De la Création, Leçon II : Du péché du premier Homme, Leçon III : Du déluge et de la Loi de Nature, Leçon IV : D'Abraham et des autres Patriarches, Leçon V : De la servitude d’Égypte et de la Pâque, Leçon VI : Du voyage dans le désert et de la Loi écrite, Leçon VII : De l'Alliance de Dieu avec les Israélites, Leçon VIII : De l'Idolâtrie, Leçon IX : De David et du Messie, Leçon X : Du Schisme de Samarie, Leçon XI : Des Prophètes, Leçon XII : De la Captivité de Babylone, Leçon XIII : De l'état des Juifs après la captivité, Leçon XIV : Des Juifs spirituels et des Juifs charnels, Leçon XV : De la Naissance de Jésus-Christ, Leçon XVI : De Saint Jean-Baptiste, Leçon XVII : De la vocation des Apôtres, Leçon XVIII : Prédication de Jésus-Christ, Leçon XIX : Des ennemis de Jésus-Christ, Leçon XXI : De la mort de Jésus-Christ, Leçon XXII : De la Résurrection de Jésus-Christ, Leçon XXIII : De la descente du Saint-Esprit sur les Apôtres, Leçon XXIV : De la vocation des Gentils, Leçon XXV : De la fondation des Églises, Leçon XXVI : De la Tradition et de l’Écriture, Leçon XXVII : De la ruine de Jérusalem, Leçon XXVIII : Des persécutions, Leçon XXIX : De la liberté de l’Église, et des Moines.


















mercredi 29 mars 2017

Méditation pour le Mercredi de la quatrième semaine de Carême : Jour de lumière








LE MERCREDI DE LA QUATRIÈME SEMAINE DE CARÊME

Jour de lumière


PRATIQUE

Invoquez à votre réveil les trois personnes de l'auguste Trinité, et demandez-leur qu'elles éclairent votre âme et qu'elles vous pardonnent vos ignorances. Ne faites rien dans la journée et dans toute votre vie que vous n'ayez demandé des lumières à Dieu ; vous avez besoin qu'il vous éclaire, parce que vous-même vous n'êtes que ténèbres, qu'ignorance et qu'aveuglement. Avouez-le, sentez-le, et demandez humblement d'en être délivré.


MÉDITATION

Jésus, en passant, rencontra un aveugle-né. (Joan, 9)


1er point. Heureuse rencontre pour le pauvre affligé qui n'avait jamais vu le jour de se trouver sur le passage d'un Dieu sauveur, auteur de la nature et de la grâce, et qui pouvait par conséquent éclairer son corps et son âme ! Admirons avec un profond respect ce grand miracle ; mais passons ici du corps à l'âme, et cherchons auprès de Jésus-Christ la guérison de notre aveuglement spirituel. Il y a un aveuglement grossier pour les grands pécheurs, dont l'écriture nous fournit de tristes exemples dans Pharaon, Antiochus, et dans beau coup d'autres, qui se sont aveuglés eux-mêmes par une infinité de crimes et de révoltes, et que Dieu a confirmés dans l'aveuglement par un secret redoutable de sa justice, pour les punir de leurs désordres. Il y a un autre aveuglement moins grossier, où les âmes lâches se précipitent, aveuglement dont les suites sont très dangereuses, quand on néglige de chercher la lumière dans la divine parole, dans l'oraison et dans les avis des personnes sages ; et cet aveuglement est d'autant plus dangereux, qu'il est plus délicat et moins sensible, et qu'on y demeure malgré la fréquentation des sacrements. Examinons en quoi il consiste. L'un se dispense par délicatesse de certaines pratiques, qu'il ne croit pas essentielles ; l'autre nourrit dans son cœur une antipathie secrète contre son prochain ; celui-ci, une attache trop sensible et trop forte ; un autre se permet une infinité de choses qui flattent sa passion dominante et qui portent nécessairement au péché et au relâchement : voilà son aveuglement. N'est-ce point le vôtre ?


Jésus cracha à terre ; il fit de la boue avec sa salive, il en oignit les yeux de l'aveugle, et lui dit : Allez vous laver dans la piscine de Silôe, qui signifie Envoyé. II y alla, s'y lava, et revint voyant clair.


2e point. L'aveugle de notre évangile reçoit les yeux corporels, et son âme est aussitôt éclairée des lumières de la grâce, et il soutient la foi de Jésus-Christ au milieu de plus ses cruels ennemis. Ce sauveur prend soin de l'instruire lui-même de sa filiation divine ; et cet aveugle fait dans le moment les deux actes les plus sublimes de foi et d'adoration.
Mettez-vous à la place de cet aveugle éclairé : peut-être avez-vous quelque aveuglement secret auquel vous ne faites pas assez d'attention. Allez à Jésus-Christ, qui est la lumière du monde, et entrez dans des dispositions d'humilité, de foi et d'obéissance. Purifiez-vous dans la piscine de la pénitence. Sans la pureté de cœur, vous ne vous connaîtrez jamais vous-même. C'est la foi soutenue de la docilité et d'une prompte obéissance qui nous éclaire des lumières divines. Croyez que Jésus-Christ peut vous éclairer, et lavez soigneusement toutes les souillures de votre âme, c'est le moyen d'être bientôt guéri de votre aveuglement.


SENTIMENTS

Je l'avoue, ô mon Dieu, je ne suis que ténèbres, et je puis dire avec le prophète : La lumière de mes yeux n'est plus arec moi. Éclairez mon aveuglement, ô mon Sauveur ! Ô lumière toute-puissante, lumière suprême et céleste, source et principe de toutes les autres lumières, et qui ne pouvez être obscurcie par les ténèbres, par l'aveuglement ! absorbez-moi dans l'abîme de vos clartés, afin que je vous voie en moi, et que je me voie en vous (Soliloq. c. 13). Lumière céleste et divine, éclairez-moi, purifiez-moi, pour me rendre plus digne de vos célestes lumières.


SENTENCES

Éclairez, Seigneur, les yeux de mon âme, afin que je ne m'endorme jamais au temps de la mort, et que mon ennemi ne puisse dire : J'ai prévalu contre lui (psaum. 12).

On perd peu à peu les yeux de l'âme, à mesure qu'on perd la délicatesse de la conscience et la crainte chaste de déplaire à Dieu (Div. chr. serm. 13. sup. Ezva.).


RÉFLEXIONS

Jésus montré au peuple


C'est ici un flux et reflux perpétuel de douleurs et d'humiliations, de supplices et d'ignominies les plus honteuses ; elles se succèdent les unes aux autres sans intervalle, et se réunissent dans le cœur de Jésus comme dans leur centre. Après la cruelle flagellation, suit immédiatement sa honteuse exposition aux yeux d'an peuple insolent, et on ne pouvait imaginer rien de plus humiliant.
Paraissez, ô mon Jésus ! paraissez à nos yeux ; montrez-vous à nos âmes ; faites-vous sentir à nos cœurs, et brisez-les de douleur et de compassion. Que vos meurtrissures, que vos plaies, que votre sang, amollissent nos cœurs ; imprimez chez nous, en caractères ineffaçables, les sentiments que vous endurez pour notre amour. Vivez, vivez en nous ; nous voulons vivre, souffrir et mourir pour vous, et répandre tout notre sang pour épargner la moindre de vos douleurs.
Voilà l'homme ! dit Pilate. Ah ! il fallait dire que c'était un homme ; car, sans cela, on ne pourrait pas le reconnaître, puisqu'il en a perdu la figure. Les outrages de la flagellation le sang qui coule de sa tête depuis son couronnement d'épines, le rendent méconnaissable. Fureur des hommes que vous êtes implacable ! patience de mon Jésus que vous êtes incompréhensible ! Oui, Seigneur, votre bonté et votre patience vont encore plus loin que l'envie et la fureur de vos ennemis, puisque vous allez en souffrir encore davantage pour notre amour.


PRIÈRE

Seigneur, dont la bonté est infinie, prosternés aux pieds de votre adorable majesté, nous nous avouons coupables, et nous confessons nos péchés avec un cœur contrit et humilié ; ayez égard à la douleur dont nous sommes pénétrés, et accordez-nous votre grâce et votre miséricorde dans cette vie, et la gloire dans l'autre. Nous vous en prions par les mérites de Jésus-Christ, votre fils et notre seigneur.



On rappela alors l'ancien aveugle : « Rends gloire à Dieu, lui dirent-ils. Nous avons découvert que cet individu est un pêcheur. » — « Si c'est un pêcheur, je n'en sais rien. Mais je sais bien une chose : j'étais aveugle, et à présent je vois ! » Ils insistent : « Qu'est-ce qu'il t'a fait ? Comment t'a-t-il ouvert les yeux ? » — « Mais je vous l'ai déjà dit et vous ne m'avez pas écouté. Pourquoi voulez-vous l'entendre encore une fois ? Auriez-vous envie, par hasard, de devenir ses disciples vous aussi ? » Ils l'accablèrent d'injure : « Sois son disciple si tu veux. Nous, nous sommes les disciples de Moïse. Nous sommes sûrs que Dieu a parlé à Moïse ; mais celui-ci, nous ne savons pas d'où il vient. » L'homme osa répondre : « C'est cela qui est étonnant : vous ne savez pas d'où il est, et il m'a ouvert les yeux ! On sait pourtant bien que Dieu n'écoute pas les pêcheurs ; mais il exauce celui qui l'aime et qui fait sa volonté. Jamais on n'a entendu dire que quelqu'un ait ouvert les yeux d'un aveugle-né. Si cet homme ne venait pas de Dieu, il ne pourrait rien faire de semblable ! » Ils lui coupèrent la parole : « Tu as le péché dans le sang, et tu nous fais la leçon ! » Et on le jeta à la porte...
Jésus apprit qu'on l'avait expulsé de la synagogue. L'ayant rencontré, il lui demanda : « Toi, est-ce que tu crois au Fils de Dieu ? » L'homme répondit : « Mais qui est-il, Seigneur, pour que je croie en lui ? » Et Jésus lui dit : « Tu le vois, celui qui te parle, c'est lui ! » — « Je crois, Seigneur ! »

(On se met à genoux)
Et il se prosterna à ses pieds pour l'adorer.






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Dévotion aux Saints Anges : Les saints anges font tout ce qui se peut faire pour le bien des hommes




Extrait de "La Dévotion aux neuf Chœurs des Saints Anges" de M. Boudon :




Saint Raphaël (Murillo)
L'ange qui servit de domestique à ce jeune homme dont il est parlé en l'histoire de l'ordre de Saint-Dominique, fait bien voir cette vérité.
Une sainte dame ayant été avertie sur le tard qu'une pauvre femme était dans une extrême nécessité, qui demeurait dans les faubourgs de la ville où elle résidait pour lors, tous ses domestiques étant dehors, elle y envoya son fils, qui était encore fort jeune. Mais comme cet enfant avait peur, allant dans les ténèbres en un lieu éloigné de son logis, un page passa devant la porte, qui le conduisit avec un flambeau jusqu'à la maison de cette femme ; et étant obligé de s'en retourner, un homme parut encore, qui le ramena jusque chez sa mère, qui ne douta pas que ce ne fût son bon ange qui lui eût rendu ce charitable office. À la vérité, c'est beaucoup faire pour les hommes que de les garder si amoureusement ; mais c'est faire davantage que de prendre leur forme, et de paraître visiblement comme eux, ce qui leur est arrivé tant de fois. Et le savant interprète de l'Écriture, Corneille de la Pierre, estime qu'après la résurrection, ils formeront quelquefois des corps d'une incroyable beauté pour contenter nos sens extérieurs ; mais ce qui est bien encore plus surprenant, c'est de les voir en toute sorte de posture pour nous rendre service. Ils prennent la forme de pauvres, de mendiants, de malades, de lépreux ; il n'y a rien qu'ils ne fassent pour les hommes, qui ne font presque rien pour reconnaître tous leurs bienfaits.
Encore si ce n'était qu'en de certaines occasions qu'ils rendissent ces assistances à de si viles et chétives créatures ; mais de nous obliger autant de fois que nous vivons de moments, et en la manière qu'ils le font, c'est ce qui est inconcevable. Nous avons dit bien des fois que les anges nous gardaient ; vous l'avez dit, vous qui lisez ceci : mais avons-nous jamais bien pensé à une grâce si rare et si étonnante ? Un prince du sang royal qui viendrait dans un méchant village, pour y passer quelque temps service d'un pauvre paysan, dans un chétif taudis, ne ferait-il pas l'étonnement de tout l'univers ? Et si ce paysan était son ennemi, qui le maltraitât sans cesse, et dont le prince ne pût rien attendre pour ses propres intérêts, sans doute c'est ce qui augmenterait beaucoup l'admiration de tout le monde ; mais enfin, si ce prince non seulement passait quelques mois, quelques années auprès de ce misérable, mais s'il ne le quittait pas jusqu'au dernier soupir de sa vie, qu'il ne le perdit jamais de vue, qu'il fût toujours auprès de cet homme, non seulement ingrat, non seulement méchant, mais encore tout brutal, tout plein de maladies puantes, d'ulcères effroyables, de vermines, de gale, et de tout ce qu'il y a de plus infect, où en seraient les esprits des hommes ?
Cependant, ô mon âme, c'est de cette manière que ton bon ange te garde ; c'est de la sorte, vous à qui je parle par cet écrit, que votre saint ange vous garde, et vous rend une protection continuelle. Oui, cet aimable prince du paradis ne nous quitte jamais en cette vallée de misères et de larmes. Les anges, dit saint Augustin, entrent et sortent avec nous, ayant toujours les yeux arrêtés sur nous, et sur tout ce que nous faisons. Si nous demeurons en un lieu, ils s'y arrêtent ; si nous allons à la promenade, ils nous accompagnent ; si nous changeons de pays, ils nous suivent ; allons en quelque lieu qu'il nous plaira, sur la terre, sur la mer, ils sont toujours avec nous. Qu'un solitaire se renferme dans un ermitage, son bon ange y demeure avec lui ; qu'un voyageur change de pays continuellement, son bon ange le suit de toutes parts. Ô excessive bonté ! pendant même que nous dormons, ils veillent auprès de nous, ils sont toujours à nos côtés, nous qui sommes des pécheurs, et par suite leurs ennemis ; nous qui sommes l'horreur même, par le péché ; nous qui ne pourrions pas nous supporter nous-mêmes, si nous connaissions notre laideur et sentions notre puanteur ; nous qui sommes l'ingratitude même ; nous qui passons la plupart de notre vie dans des actions criminelles, soit par le péché mortel, soit par le péché véniel, ou dans des occupations viles et basses, qui assurément font grande pitié à ces esprits éclairés, qui en découvrent pleinement la sottise et la vanité ; nous qui dans les bonnes actions que nous faisons y mêlons quantité de défauts ; avec tout cela, ils ne se lassent jamais d'être auprès de nous, et durant tout le long des jours et des nuits, et tous les moments de notre vie. Et si nous sommes assez heureux que d'être sauvés après notre mort, ils nous rendront visite dans les prisons du purgatoire, et ne tiendront pas à déshonneur de se rendre au milieu des brasiers et des flammes de ce lieu de souffrance pour nous y consoler. En vérité, n'est-ce pas là être nos serviteurs et nos esclaves, et non seulement nos gardiens ? Il y a plus : trouverait-on, je ne dis pas des princes pour servir de chétives personnes de la sorte ; mais pourrait-on bien trouver des personnes, pour malheureuses qu'elles puissent être, qui voulussent servir des rois à ces conditions, et engager leur liberté jusqu'à ce point ? Commencez donc à bien savoir aujourd'hui, mais souvenez-vous-en bien, que les anges sont nos domestiques et nos esclaves. Ô bonté de Dieu ! des princes du paradis, des rois de gloire être nos valets et nos esclaves ! Le saint homme Vincent Caraffe avait bien raison de dire que la vie d'un Chrétien était une vie d'étonnement et d'admiration.
Ajoutons à ces amours surprenants que les anges ne se contentent pas de garder les hommes de la sorte ; ils vont jusqu'à cet excès, qu'ils gardent les bêtes pour l'amour des hommes, non seulement parce que, quelquefois déguisés eu bergers, ils ont veillé sur des troupeaux de certaines âmes d'élite, comme nous le lisons de saint Félix, qui depuis fut Capucin ; mais parce que, selon Saint Augustin, le monde visible est gouverné par des créatures invisibles, par de purs esprits, et que même il y a des anges qui président à chaque chose visible, à toutes les espèces de créatures qui sont dans le monde, soit qu'elles soient animées, soit qu'elles soient inanimées. Les cieux et les astres ont leurs anges moteurs ; les eaux ont un ange particulier, comme il est rapporté en l'Apocalypse ; l'air a ses anges qui gouvernent les vents, comme il se voit dans le même livre, qui nous apprend de plus que l'élément du feu a aussi les siens : Les royaumes ont leurs anges, comme il se lit en Daniel ; les provinces en ont aussi qui les gardent, comme on le remarque en la Genèse, car les anges qui apparurent à Jacob étaient les gardiens des provinces par où il passait. Jacob, dit saint Augustin, vit deux troupes d'anges, l'une était commandée par l'ange de Mésopotamie qui avait conduit ce saint patriarche avec sa troupe jusqu'aux confins de Chanaan ; là ce saint homme fut reçu par l'ange de Chanaan, accompagné d'une multitude d'anges inférieurs, pour lui servir d'escorte et le défendre de ses ennemis. Chaque pays, selon le sentiment de saint Clément, a un ange qui en prend soin ; les villes et les villages en out aussi, et les familles même particulières, selon le jugement du savant Tostat : à plus forte raison les églises et les autels, comme il a plu à Notre-Seigneur de le révéler à plusieurs de ses saints.
Ainsi tout le monde est plein d'anges, et il semble que la douceur de la divine Providence le demande ; car, s'il est vrai, comme le témoignent quelques-uns, qu'il y a dans l'air un 'si grand nombre de diables que si ces esprits avaient des corps, ils y feraient comme une nuit en plein jour, nous ôtant la vue du soleil : comment les hommes, qui ne sont que faiblesses, pourraient-ils résister à une telle force, s'ils n'étaient secourus par les bons anges ? Or tous ces bons anges ne sont pas dans tout cet univers pour n'y rien faire. Comme toutes les étoiles ont leurs influences particulières, de même tous ces esprits bienheureux produisent des effets avantageux pour le bien des hommes, qui sont propres à un chacun d'eux, et, si nous savions toutes les faveurs que nous en recevons continuellement, il faudrait être plus dur que les pierres pour n'en être pas sensiblement touché. Mais c'est grande pitié que l'homme est tout chair et ne pense guère qu'aux objets qui lui tombent sous les sens. On a beau lui parler des choses spirituelles, ou il ne les entend pas ou il s'en oublie avec facilité. Quoi que le prophète Élisée pût dire à son serviteur de la protection de ces glorieux esprits, ce pauvre homme n'en était pas plus assuré, jusqu'à ce que Dieu, miraculeusement, lui ouvrit les yeux et les lui fit voir sous des formes sensibles. Ô que si Dieu, tout bon, nous faisait la même grâce, que nous découvririons de merveilles ! Ne laissons pourtant pas de bien considérer que toute la commodité et le bien que nous tirons de la terre, de l'air, de l'eau, du feu, des cieux et des animaux, et enfin de toutes les créatures, nous arrive par le ministère des saints anges qui sont les fidèles ministres du seul Dieu que nous adorons, qui est admirable dans tous ses dons, et qui en mérite des louanges immortelles à jamais.





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