jeudi 31 janvier 2019

GRAND CATÉCHISME HISTORIQUE (pour adulte), contenant en abrégé l'Histoire Sainte et la Doctrine Chrétienne, Leçon XL : De la mort de Jésus-Christ




PREMIÈRE PARTIE


Contenant en abrégé l'Histoire Sainte et la Doctrine Chrétienne



LEÇON XL


De la mort de Jésus-Christ


   


Pilate fit paraître Jésus devant les Juifs avec la couronne d'épines et le manteau de pourpre ; mais bien loin d'en avoir pitié, ils demandèrent, par de grands cris, qu'il fût crucifié, menaçant même Pilate de la disgrâce de l'Empereur, s'il laissait vivre un homme qui se disait Roi. Pilate consentit enfin qu'on le fit mourir, et lava ses mains, protestant qu'il était innocent de sa mort ; mais tout le peuple répondit : Que son sang, c'est-à-dire, la vengeance de sa mort, tombe sur nous et nos enfants. Jésus fut donc mené, chargé de sa croix, pour être exécuté à mort avec deux voleurs, en un lieu nommé Golgotha ou Calvaire, qui était comme une voirie, hors de la ville de Jérusalem. Le supplice de la croix était le plus infâme qui fût alors en usage. On n'y condamnait que les esclaves ou d'autres misérables, encore pour les plus grands crimes, comme le vol ou l'assassinat. Jésus fut crucifié entre deux voleurs ; il eut les pieds et les mains percés ; les soldats partagèrent ses habits, tirèrent au sort qui aurait sa tunique. Il pria Dieu pour ceux qui le faisaient mourir. Les Pontifes et les Sénateurs venaient lui faire des reproches, et lui dire qu'il descendît de la croix, et qu'il se sauvât, s'il était le Christ, le Roi d'Israël, et le Fils de Dieu, comme il disait. On lui offrit du fiel et du vinaigre, comme il avait soif. Tout cela avait été prédit par David et par Isaïe : Et quand toutes les écritures furent accomplies, Jésus dit : Tout est consommé, et rendit l'esprit, étant encore plein de force, après avoir été six heures à la croix. Alors le soleil fut obscurci, la terre trembla, les tombeaux s'ouvrirent, plusieurs morts ressuscitèrent, le voile qui séparait le sanctuaire d'avec le reste du temple se déchira pour montrer que les mystères de l'ancienne Loi étaient découverts, et que Jésus-Christ par sa mort avait ouvert aux hommes le ciel qui leur avait été fermé jusque-là, et dont le sanctuaire était la figure. Jésus mourut le vendredi, qui, cette année-là était la veille de la Pâque, et il mourut à l'heure que l'on immolait l'Agneau, dont le sacrifice n'était que la figure de sa mort, aussi bien que tous les autres sacrifices de la Loi, et tous ceux que l'on avait offerts à Dieu depuis le commencement du monde. Pour voir s'il était mort, un soldat lui perça le côté d'une lance, et il en sortit du sang et de l'eau. Son corps fut descendu de la croix et enseveli par Nicodème et Joseph d'Arimathie, qui étaient ses disciples. Ils l'embaumèrent, suivant la coutume des Juifs, et le mirent dans un sépulcre tout neuf que Joseph avait fait faire, et qui était près du calvaire. Mais ce sacré corps, tout mort qu'il était, ne souffrit aucune corruption, ce fut toujours le saint du Seigneur, et le corps du Fils de Dieu. Les Pontifes et les Pharisiens se souvenant qu'il avait promis de ressusciter, mirent des gardes au tombeau, et en scellèrent la porte.



Reportez-vous à Leçon I : De la Création, Leçon II : Du péché, Leçon III : De la corruption du Genre humain et du déluge, Leçon IV : De la Loi de Nature, Leçon V : Du Patriarche Abraham, Leçon VI : Des autres Patriarches, Leçon VII : De la servitude d’Égypte, Leçon VIII : De la Pâque, Leçon IX : Du voyage dans le désert, Leçon X : Des dix Commandements, Leçon XI : De l'alliance de Dieu avec les Israélites, Leçon XII : Des infidélités du peuple dans le désert, Leçon XIII : Des derniers discours de Moïse, Leçon XIV : De l'établissement du peuple dans la terre promise, Leçon XV : De l'Idolâtrie, Leçon XVI : De David et du Messie, Leçon XVII : De Salomon et de sa sagesse, Leçon XVIII : Du Schisme des Tribus ou de Samarie, Leçon XIX : Des Prophètes, Leçon XX : Des Prophéties, Leçon XXI : De la captivité de Babylone, Leçon XXII : Du rétablissement des Juifs après la captivité, Leçon XXIII : De la persécution d'Antiochus et des Macchabées, Leçon XXIV : De l'état où était le monde à la venue du Messie, Leçon XXV : Comment le Messie était attendu des Juifs, Leçon XXVI : De la Naissance de Jésus-Christ, Leçon XXVII : De l'enfance de Jésus-Christ, Leçon XXVIII : De Saint Jean-Baptiste, Leçon XXIX : De la vocation des Apôtres, Leçon XXX : Des miracles de Jésus-Christ, Leçon XXXI : Des vertus de Jésus-Christ, Leçon XXXII : De la Doctrine de Jésus-Christ et premièrement de la Trinité et de l'Incarnation, Leçon XXXIII : De l'amour de Dieu et du prochain, Leçon XXXIV : Des Conseils, de la Grâce et de la Prière, Leçon XXXV : De l'état des Fidèles dans la vie présente, Leçon XXXVI : De la vie du siècle futur, Leçon XXXVII : Des ennemis de Jésus, Leçon XXXVIII : De la Cène de Notre-Seigneur Jésus-Christ, Leçon XXXIX : De la Passion de Jésus-Christ, Leçon XL : De la mort de Jésus-Christ, Leçon XLI : De la Résurrection et de l'Ascension de Jésus-Christ, Leçon XLII : De la descente du Saint-Esprit, Leçon XLIII : De l’Église de Jérusalem, Leçon XLIV : De la Persécution des Juifs, et de la Conversion des Samaritains, Leçon XLV : De la Conversion des Gentils, Du dessein et de l'usage de ce Catéchisme, Première partie du Petit Catéchisme Historique, contenant en abrégé l'Histoire Sainte, Deuxième partie du Petit Catéchisme Historique, contenant en abrégé l'Histoire Chrétienne.

Reportez-vous également à Jésus crucifié est le Livre des Élus et La Passion corporelle de Notre-Seigneur Jésus-Christ expliquée par un chirurgien.















mardi 29 janvier 2019

Exorcisme de Saint François de Sales, pour les époux dont la fécondité du mariage est entravée par le démon ou des maléfices





EXORCISMUS PRO SPONSIS QUIBUS MATRIMONII FERTILITAS


A DAEMONIO VEL MALEFICIIS IMPEDITA EST


S. Fransciscus a Sales




V.
Adjutorium nostrum in nomine Domini.
R. Qui fecit caelum et terram.
V. Salvos fac servos tuos.
R. Deus meus, sperantes in te.
V. Mitte eis, Domine, auxilium de sancto.
R. Et de Sion, tuere eos.
V. Esto eis, Domine, turris fortitudinis.
R. A facie inimici.
V. Nihil proficiat inimicus in eis.
R. Et filius iniquitatis non apponat nocere eis.
V. Domine, exaudi orationem meam.
R. Et clamor meus ad te veniat.

(Uniquement pour le prêtre)
V. Dominus vobiscum.
R. Et cum spiritu tuo.]


OREMUS

DOMINE Jesu Christe, Dei et beatae Mariae Virginis Filius, qui in paradiso terrestri matrimonium instituisti, in officium et conservationem et multiplicationem humanae naturae, et ipsum matrimonium mirabiliter honorasti in adventu tuo ex primordiis miraculorum tuorum : Tu, per merita et preces beatissimae Virginis Mariae, Matris tuae, et omnium Sanctorum et Sanctarum tuarum, digneris hos, quos in matrimonium conjunxisti, bene dicere, ac plene liberare ab omni ligamento, fascinamento et maleficio Satanae, et darer foecunditatem et gratiam, ut libere possint uti matrimonio suo ad generandum, concipiendum, portantum, pariendum et dutriendum proles gratas Deo et hominibus.

In nomine Patris et Filii et Spiritus Sancti. Amen.

Jesus, Mariae Filius, mundi salus et Dominus, sit vobis clemens et propitius. Amen.



Psalmus CXXVIII.

Beati omnes qui timent Dominum :
qui ambulant in viis ejus.
Labores manuum tuarum quia manducabis :
beatus es, et bene tibi erit.
Uxor tua sicut vitis abundans,
in lateribus domus tuae.
Filii tui, sicut novellae olivarum,
in circuitu mensae tuae.
Ecce sic benedicetur homo, qui timet Dominum.
Benedicat tibi Dominus ex Sion :
et videas bona Jerusalem omnibus diebus vitae tuae.
Et videas filios filiorum tuorum, pacem super Israël.

Gloria Patri...




(Uniquement pour le prêtre)
V. Dominus vobiscum.
R. Et cum spiritu tuo.]


OREMUS

DOMINE Jesu Christe, Filii Dei vivi, qui uterum beatae Mariae mirabiliter foecundasti, ut de Spiritu Sancto conciperet, portaret, pareret ac nutriet, Te, Deum ac Salvatorem nostrum, suppliciter invocamus per clementiam tuam, ut his famulis N. et N. foecunditatem donare digneris, ut generare, concipere, portare, parere ac nutrire tibi valeant prolem in vitam aeternam. Amen.

In nomine Patris et Filii et Spiritus Sancti. Amen.



Psalmus I.

Beatus vir qui non abiit in concilio impiorum,
et in via peccatorum non stetit,
et in cathedra pestilentiae non sedit ;
Sed in lege Domini voluntas eius,
et in lege eius meditabitur die ac nocte.
Et erit tanquam lignum, quod plantatum est secus decursus
aquarum, quod fructum suum dabit in tempore suo :
Et folium eius non defluet :
et omnia quaecumque faciet, prosperabuntur.
Non sic impiis, non sic :
sed tanquam pulvis, quem proiicit ventus a facie terrae.
Ideo non resurgent impii in iudicio :
neque peccatores in concilio iustorum.
Quoniam novit Dominus viam iustorum :
et iter impiorum peribit.

Gloria Patri...



JESU, Mariae Filius, mundi salus et Dominus, qui beatissimae Virgini Mariae, Matri suae, foelicem partum tribuit : Ipse tibi concedat, ut possis in utero portare, fovere, parere et bene nutrire prolem Deo gratam et hominibus. Amen.


In nomine Patris et Filii et Spiritus Sancti. Amen.


Les époux disent : Confundantur omnes qui adorant sculptilia et qui gloriantur in simulacris suis. (Ps. 97, v.7)


Lecture :
Noces de Cana.




EXORCISME POUR CEUX DONT LA FÉCONDITÉ DU MARIAGE


EST ENTRAVÉE PAR LE DÉMON OU DES MALÉFICES


Saint François de Sales




V.
Notre secours est dans le Nom du Seigneur.
R. Qui a fait le ciel et la terre.
V. Sauvez vos serviteurs.
R. Qui espèrent en vous, ô mon Dieu.
V. Envoyez-leur votre secours, Seigneur, de votre saint lieu.
R. Et de Sion, protégez-les.
V. Soyez-leur, Seigneur, une tour de puissante protection.
R. En face de l'ennemi.
V. Que l'ennemi ne gagne rien sur eux.
R. Et que le fils d'iniquité n'arrive pas à leur nuire.
V. Seigneur, exaucez ma prière.
R. Et que mon cri parvienne jusqu'à vous.

(Uniquement pour le prêtre)
V. Le Seigneur soit avec vous.
R. Et avec votre esprit.


PRIONS

SEIGNEUR Jésus-Christ, Fils de Dieu et de la bienheureuse Vierge Marie, qui avez, au paradis terrestre institué le mariage pour la conservation et la propagation du genre humain, et qui lors de votre venue dans le monde, l'avez merveilleusement honoré par le premier de vos miracles, daignez, par les mérites et les prières de la bienheureuse Vierge Marie, votre Mère, et de tous vos saints et saintes, bénir ceux que vous avez unis dans le mariage et les libérer pleinement de tout lien, enchantement ou maléfice de Satan, et leur donner la fécondité et la grâce d'user librement du mariage pour engendrer, concevoir, porter, mettre au monde et nourrir des enfants agréables à Dieu et aux hommes.

Au nom du Père et du Fils et du Saint Esprit. Ainsi soit-il.

Que Jésus, Fils de Marie, salut et Maître du monde, vous soit clément et propice. Ainsi soit-il.



PSAUME 128.

Heureux l'homme qui craint Yahweh,
qui marche dans ses voies !
Tu te nourris alors du travail de tes mains ;
tu es heureux et comblé de biens.
Ton épouse est comme un vigne féconde,
dans l'intérieur de ta maison ;
tes fils, comme de jeunes plants d'olivier,
autour de ta table.
Voilà comment sera béni
l'homme qui craint Yahweh.
Que Yahweh te bénisse de Sion !
Puisses-tu voir Jérusalem florissante
tous les jours de ta vie !
Puisses-tu voir les enfants de tes enfants !
Que la paix soit sur Israël !

Gloire au Père...



(Uniquement pour le prêtre)
V. Le Seigneur soit avec vous.
R. Et avec votre esprit.


PRIONS

SEIGNEUR Jésus-Christ, Fils du Dieu Vivant, qui avez admirablement fécondé le sein de la bienheureuse Vierge Marie pour que, grâce à l'Esprit Saint, elle vous conçut, vous portât, vous enfantât et vous nourrit, vous notre Dieu et notre Seigneur et Sauveur, nous vous invoquons en suppliant : que votre miséricorde daigne accorder à vos serviteurs N. et N. la fécondité nécessaire pour engendrer, concevoir, porter, enfanter et nourrir pour vous une postérité pour la vie éternelle. Ainsi soit-il.

Au nom du Père et du Fils et du Saint Esprit. Ainsi soit-il.



PSAUME 1.

Heureux l'homme qui ne marche pas dans le conseil des impies,
qui ne se tient pas dans la voie des pécheurs,
et qui ne s'assied pas dans la compagnie des moqueurs,
mais qui a son plaisir dans la loi de Yahweh,
et qui la médite jour et nuit !
Il est comme un arbre planté près d'un cours d'eau.
qui donne son fruit en son temps,
et dont le feuillage ne se flétrit pas :
tout ce qu'il fait réussit.
Il n'en est pas ainsi des impies :
ils sont comme la paille que chasse le vent.
Aussi les impies ne resteront-ils pas debout au jour du jugement,
ni les pécheurs dans l'assemblée des justes.
Car Yahweh connaît la voie du juste,
mais la voie des pécheurs mène à la ruine.

Gloire au Père...



Que Jésus, Fils de Marie, salut et Maître du monde, qui a accordé un heureux enfantement à la bienheureuse Vierge Marie, sa Mère, vous accorde de pouvoir porter dans votre sein, développer, enfanter et bien élever une descendance agréable à Dieu et aux hommes. Ainsi soit-il.

Au nom du Père et du Fils et du Saint Esprit. Ainsi soit-il.


Les époux disent : Ils seront confondus tous les adorateurs d'images, qui sont fiers de leurs idoles. Tous les dieux se prosternent devant lui. (Ps. 97, 7)


Lecture :
Noces de cana.




Voici, c'est un héritage de Yahweh, que les enfants ;
une récompense, que les fruits d'un sein fécond.
Comme les flèches dans la main d'un guerrier,
ainsi sont les fils de la jeunesse. (Ps. 127, 3-4)




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Dévotion aux Saints Anges : Autres pratiques pour honorer plus spécialement les saints Anges, et célébrer les fêtes avec tous les respects possibles





Saint Michel donnant un coup de son doigt sur la tête de Saint Aubert
Prendre de certains jours tous les mois et toutes les semaines, pour honorer plus spécialement les saints Anges, et célébrer les fêtes avec tous les respects possibles.

Je sais une sainte communauté de religieuses Carmélites, où tous les mois l'on prend l'un des neuf Chœurs des saints Anges pour l'honorer : et comme il en reste trois, y en ayant douze en l'année, l'on applique ces trois mois qui restent à quelqu'un des Chœurs qui touche le plus, comme, par exemple, à celui des Séraphins. Mon cher lecteur, il ne tiendra qu'à vous de faire la même chose, et elle est bien facile.
Si vous voulez, vous pourrez choisir les neuf premiers jours de chaque mois, pour rendre vos respects à ces Esprits angéliques, et ensuite quelques jours pour invoquer les Anges à qui vous avez plus d'obligation ; ou bien, si vous étiez d'assez bonne volonté, le dimanche, vous seriez appliqué aux Séraphins, Chérubins et Trônes ; le lundi aux Dominations, Vertus et Puissances ; le mardi, aux Principautés, Archanges et Anges ; le mercredi, aux Anges des infidèles et hérétiques ; le jeudi, aux Anges des royaumes et provinces, des églises et autels, et spécialement de ceux qui tiennent compagnie à notre divin Roi, au très-saint Sacrement ; le vendredi, aux Anges de vos ennemis, ou des personnes qui vous font quelque peine, ou de qui vous avez sujet de craindre quelque mal ; le samedi, aux Anges de vos parents et amis, de ceux avec qui vous êtes plus souvent : si vous demeurez en une communauté, des personnes avec lesquelles vous y vivez, surtout de vos amis spirituels et de votre directeur. Ces Anges s'intéressent bien plus à votre bien que vous ne pensez. N'oubliez pas les Anges des villes et villages où vous faites votre séjour.
Pour celui qui vous garde, tous les jours de votre vie doivent être des jours de dévotion et de reconnaissance pour ses incroyables bontés. Il y en a qui destinent le jour de leur naissance pour en faire la fête en leur particulier. L'on y fait tout ce que l'on peut faire dans les jours des fêtes des Saints de sa plus grande dévotion, soit pour s'y préparer, soit pour en faire l'octave. Outre cela, ceux qui le peuvent, donnent autant d'aumônes en son honneur, que l'on a vécu d'années ; ou bien l'on fait autant d'actes de quelque vertu, ou autant de pratiques de dévotion vers cet aimable Gardien.
J'ai connu une personne qui en ce temps partageait les années de sa vie en plusieurs jours, pour considérer à loisir les miséricordes de Dieu sur elle, les malheurs dont elle avait été ou préservée, ou délivrée, tant pour le corps que pour l'âme ; les grâces qu'elle avait reçues de l'infinie bonté de l'adorable Jésus, de la protection de la très-sacrée Vierge, des Anges et des Saints. Ces considérations touchent grandement le cœur des saints Anges, quand elles sont bien faites ; et comme notre saint Ange est le ministre dont Dieu se sert pour nous préserver de tous nos maux, et pour nous accorder ses bienfaits, cela donne lieu de le remercier, et de le bénir tout à l'aise et dans le particulier, pour toutes ses charitables assistances en notre jeunesse, dans l'âge plus avancé, dans la vieillesse, si l'on y est, remarquant avec soin les choses les plus considérables qui nous sont arrivées durant le cours de la vie. Il faut tout au moins se souvenir que le mardi est un jour dédié en l'honneur des saints Anges ; et ce jour doit être d'une singulière dévotion à tous ceux qui les aiment. Le vingt-neuvième de Septembre est le jour de la grande fête de saint Michel et de tous les autres Anges. Le huitième de Mai est la fête de son apparition sur le mont Gargan. Et en Normandie, l'on célèbre le seizième d'Octobre l'apparition de ce glorieux Archange sur le mont de Tombe, communément appelé le mont Saint-Michel.
Ce lieu est très-célèbre par le concours d'un grand nombre de personnes qui y viennent de toutes parts, pour y rendre leurs respects à cet aimable prince du ciel ; et les grands miracles que la toute-puissance de Dieu y a opérés, sont des motifs bien puissants pour exciter de plus en plus la dévotion des fidèles à rendre ses hommages sur cette sainte montagne, à ce Dieu de toute miséricorde, et implorer les secours de ce premier prince de la cour céleste. L'on peut aller en pèlerinage en ce saint lieu, pour toutes sortes de besoins ; mais particulièrement pour être délivré des tentations et des attaques des malins esprits, pour y obtenir la pureté du corps et de l'esprit, et une force invincible dans les voies du salut. Ceux qui aiment les intérêts de Notre-Seigneur Jésus-Christ et de sa très-sainte Mère, doivent s'adresser à ce glorieux Archange, qui les a si bien soutenus dès le commencement du monde ; il serait seulement à désirer que les pèlerins fissent ce voyage avec plus de dévotion qu'on ne le fait pour l'ordinaire, s'entretenant de Dieu le long du chemin, élevant son cœur souvent à Notre-Seigneur et à sa très-digne Mère, implorant les assistances de saint Michel, saint Gabriel, saint Raphaël, et de tous les neuf Chœurs des Anges ; se donnant de garde de toutes sortes de péchés : et enfin, étant arrivé sur le lieu, ne manquer pas de s'y confesser et communier. Une voix du ciel a appris que ce lieu était grandement agréable à Dieu, et qu'il était fréquenté des saints Anges. En vérité, cet oracle rend bien douces toutes les peines que l'on peut avoir pour visiter cette sainte montagne ; et il est plus doux que l'on ne peut dire, et même que l'on ne peut penser, de se trouver en un lieu si chéri de Dieu, et si fréquenté des princes de sa cour.
La divine Providence a même ordonné que ce ne fût pas un homme de la terre, pour saint qu'il pût être, mais un pur Esprit du ciel, et le premier de tous les bienheureux Esprits qui fit la consécration de l'église ; car saint Aubert, évêque d'Avranches, s'étant mis en devoir de la consacrer, saint Michel l'en empêcha, après lui avoir appris qu'il l'avait lui-même consacrée. C’est ce saint évêque à qui l'Archange se fit voir, il y a plus de neuf cents ans, lui apparaissant par trois diverses fois, pour lui marquer que le mont de Tombe était sous sa protection, et celle de tous les autres Anges ; et que Dieu voulait qu'on bâtit une église en leur honneur : à la troisième fois, le saint Archange toucha la tête du bon évêque, et y laissa une marque qui s'y voit encore aujourd'hui. C'est une chose admirable, qu'un rocher empêchant qu'on ne pût bâtir facilement la chapelle de l'église, l'Archange voulut que l'on apportât un enfant qui était encore au berceau, qui ayant touché de son pied ledit rocher, en même temps il tomba, et laissa la place qui était nécessaire pour la susdite chapelle. Ô que bienheureux sont les chastes et innocents, les purs et nets de cœur, puisqu'ils sont si chéris de Dieu et de ses Anges !
Saint Michel ne se contentant pas de toutes ces merveilles, et voulant de plus en plus donner des marques visibles de sa faveur pour la sainte montagne de Tombe, commanda à saint Aubert d'envoyer au mont Gargan demander de sa part une partie du drap vermeil qu'il y avait apporté, et une partie du marbre sur lequel il s'était assis, y paraissant en forme humaine ; ce qui ayant été accordé aux députés du bon évêque, douze aveugles en différents lieux reçurent la vue par l'attouchement de ces choses saintes ; et proche du mont de Tombe, la vue fut donnée à une femme aveugle, dont tout le peuple fut tellement touché, qu'en mémoire d'un si grand miracle, le village qui s'appelait Asteriat, fut nommé Beauvoir ; et c'est de la sorte qu'on l'appelle encore aujourd'hui. J'ai eu l'honneur et la bénédiction de voir cette année 1667, le jour de la fête de l'apparition du glorieux saint Michel en ce lieu sacré, ces précieux gages de l'amour incomparable de ce grand prince du paradis envers les hommes, comme aussi l'écu et l'épée que l'on y garde dans le trésor, qui sont de nouvelles preuves de ses incroyables bontés : et cet écu est garni de petites croix, et est de matière d'airain, aussi-bien que l'épée : ce sont encore des présents de l'Archange, qu'il ordonna d'y être apportés de la Grande-Bretagne, ensuite d'une merveille qui y fut faite par sa force invincible.
L'histoire rapporte qu'il y avait un dragon d'une grandeur effroyable, qui empoisonnant les eaux de son venin, infectant l'air de son haleine, et faisant mourir tous ceux qu'il rencontrait, avait rendu le pays où il était presque inhabitable. Ce mal obligea l'évêque du lieu d'avoir recours à Dieu ; et après avoir ordonné un jeûne de trois jours, et fait quantité d'aumônes, tous les habitants prirent les armes, étant accompagnés du clergé qui marchait processionnellement, implorant le secours du ciel, pour donner force au peuple de mettre à mort le dragon : mais ils furent bien étonnés lorsqu'étant arrivés près du lieu où il se retirait, ils le trouvèrent mort, ayant auprès de lui l'écu et l'épée dont il a été parlé : et comme ils ne pouvaient s'imaginer qui était la personne qui avait pu tuer ce monstre avec des armes si faibles, saint Michel parut à l'évêque, et lui dit que c'était lui qui avait fait mourir le dragon ; et quoiqu'il n'eût pas besoin de ces faibles armes pour cet effet, cependant il s'en était voulu servir, pour laisser des marques visibles de ce secours : ensuite il commanda que ces armes fussent apportées en l'église du mont de Tombe, où elles sont encore gardées à présent avec une singulière vénération.
Comme il a plu à Dieu, depuis environ trois ans, de manifester en nos jours tout de nouveau le grand saint Gaud, évêque d'Évreux, par l'invention de son saint corps, à cinq lieues proche du Mont-Saint-Michel, j'ai cru que Notre-Seigneur serait glorifié, si parlant des miracles qu'il a opérés en faveur des Anges sur le mont de Tombe, je disais un mot de ceux qu'il fait à présent près de ce saint mont, en l'honneur d'un homme tout angélique. Cet homme tout de Dieu, ne tenant plus rien de la terre, et ne respirant plus que le Paradis, quitta volontairement le gouvernement de l'évêché d'Évreux, et la conversation des hommes, pour ne plus converser qu'avec les Anges dans le désert. Après avoir donc laissé son cher peuple, qui l'avait conduit à deux lieues de la ville d'Évreux, où l'on a édifié, en mémoire de ce dernier adieu, une dévote chapelle en l'honneur de la très-sacrée Vierge, Dame spéciale et patrone de ce diocèse, et en l'honneur de saint Michel, chapelle appelée vulgairement Notre-Dame du Gaud, cet éminent prélat se retira dans une solitude près Granville, sur le bord de la mer, et à cinq lieues, comme nous avons dit, du Mont-saint-Michel, où ayant fini ses jours, et ses précieuses reliques y étant demeurées, Dieu qui prend plaisir à manifester ceux qui se cachent pour l'amour de lui, ne s'est pas contenté de le glorifier dans le temps de sa précieuse mort ; mais environ cinq cents ans après il en découvrit la gloire, par la première découverte de son corps, qui fut pour lors trouvé tout entier, et laissé dans le sépulcre où il avait été enterré. Grand nombre de miracles se firent pour lors, et de ce lieu fut un asile pour toutes les personnes affligées : mais dans la suite des siècles, environ encore cinq cents ans et plus après cette première invention, la divine Providence a voulu encore révéler les grandeurs de son Saint par la seconde invention qui en a été faite il y a un peu plus de trois ans, et qui a été suivie de plusieurs miracles ;  ce qui rend à présent ce lieu très-illustre et très-favorable à ceux qui viennent implorer les intercessions de saint Gaud. Je serais très-ingrat, si je ne publiais les secours que j'ai reçus de ce grand Saint, dans une extrême maladie où les médecins avaient jugé ma mort comme assurée : que Dieu soit à jamais béni pour ses grandes miséricordes, qu'il ne cesse de faire aux hommes par le mérite de sa très-digne Mère, de ses Anges et de ses Saints. On voit proche le tombeau de saint Gaud celui de saint Paterne, évêque d'Avranches, et de saint Scubilion, abbé, qui avaient été ses compagnons dans sa retraite. Saint Sénateur y est aussi enterré, et plusieurs autres saints personnages. L'on voit encore quelques restes des ermitages de ces divins solitaires.
On fait la fête de saint Gabriel le dix-huitième de Mars, et en quelques lieux le vingt-quatrième du même mois, veille de la fête de la sacrée Mère de Dieu. On célèbre celle de saint Raphaël le vingtième de Novembre, et en quelques endroits l'un des dimanches qui arrivent entre Pâques et la Pentecôte. Celle des Anges Gardiens se solennise le premier jour d'Octobre non occupé par une fête de neuf leçons, et elle est encore célébrée le premier jour de Mars. Tous ces jours doivent être des jours solennels pour les dévots des saints Anges. Il faut y communier, y entendre la messe en leur honneur, y pratiquer quelque mortification, quelque œuvre de charité ; mais outre cela, au moins à l'une ou plusieurs de ces fêtes, l'on doit s'y préparer avec grand soin. Saint François jeûnait quarante jours pour se disposer à la fête de saint Michel ; et ce fut durant cette quarantaine qu'un Séraphin lui imprima les sacrées stigmates. Sainte Élisabeth faisait la même chose, mais elle jeûnait au pain et à l'eau. J'ai déjà parlé de sainte Mectilde, qui ayant demandé à Notre-Seigneur ce qu'elle pourrait faire pour honorer les Anges, il lui répondit : Ma fille, vous direz neuf fois le Pater, en l'honneur de leurs neuf Chœurs. Elle en ajouta encore neuf en l'honneur de son bon Ange, afin qu'il présentât sa dévotion à ces glorieux Esprits. L'on pourrait se préparer par une neuvaine, y faisant les choses que nous avons marquées au chapitre précédent. De plus, il ne faut pas oublier d'en faire l'octave, s'acquittant tous les jours de quelques devoirs de piété envers ces princes du ciel.
(...)
J'oubliais de vous dire une pratique pour faire tantôt la fête d'un Ange, et tantôt celle d'un autre : il faut pour cela prendre le dessein, quand vous ferez la fête d'un Saint, de faire en même temps celle du saint Ange qui le gardait lorsqu'il vivait ici-bas. Cela ne multipliera pas vos pratiques ; il ne faut que prendre l'intention d'honorer le saint Ange du Saint par toutes les bonnes œuvres que vous ferez en son honneur, et ce pendant vous passerez l'année de la sorte à faire la fête de différents Anges. Vous obligerez les Saints de rendre ainsi vos respects à ces glorieux Esprits, à qui ils ont tant d'obligation ; vous gagnerez les bonnes grâces de tous ces Anges, et attirerez toutes les plus douces bénédictions du paradis.



Reportez-vous à Pratiquer quelque vertu, ou s'abstenir de quelque vice en l'honneur des Saints Anges, Avoir une grande confiance en la protection des saints Anges, et recourir à eux en tous ses besoins corporels et spirituels, Faire des neuvaines en l'honneur des neuf Chœurs des Anges, Chapelet du Saint Ange gardien, Converser intérieurement avec les saints Anges, Avoir une grande dévotion à saint Michel, à saint Gabriel, à saint Raphaël, et aux autres quatre Anges qui sont auprès du trône de Dieu, Méditation pour la Fête de Saint Raphaël Archange, Méditation pour la Fête de Saint Michel et de tous les saints Anges, Méditation pour la Fête des Saints Anges Gardiens, Jésus crucifié est le Livre des Élus, La réalité des apparitions angéliques, Avoir une dévotion singulière aux Anges, Archanges et Principautés, Honorer principalement les Puissances, les Vertus et les Dominations, Avoir de profonds respects, et des amours extraordinaires pour les Trônes, les Chérubins et les Séraphins, La protection des saints Anges contre les démons, particulièrement au sujet de leurs différentes tentations, Litanies de l'Ange Gardien, Et Michel et ses anges combattaient contre le Dragon, La puissance des démons réglée par la sagesse divine, Neuvaine à Saint Michel, Discernement des esprits : ce qu'on entend par esprits, combien on en compte et comment ils se forment, Tous les hommes sont assistés des Saints Anges, Les Saints Anges nous assistent dans les choses temporelles, Les perfections admirables de ces sublimes intelligences, Les Saints Anges font tout ce qui peut se faire pour le bien des hommes, Litanie aux Saints Anges Gardiens, Discernement des esprits, Litanie de Saint Michel Archange, Puissance de Saint Michel au jugement dernier, Chapelet à Saint Michel Archange, Les Anges, princes et gouverneurs de la grande cité du bien, Neuvaine à l'Archange Raphaël, Secours de Saint Michel à l'heure de la mort, Litanie de Saint Gabriel Archange et Litanie de Saint Raphaël Archange.














dimanche 27 janvier 2019

Saint Mathurin, Confesseur de la fin du IVe siècle, Invoqué contre les Possessions du démon, les Terreurs paniques, les Lunatiques, la Folie, l'Épilepsie, les Méchantes femmes et pour la santé du Bétail



Invoqué contre les Possessions du démon, les Terreurs paniques, les Lunatiques, la Folie, l'Épilepsie, les Méchantes femmes et pour la santé du Bétail. — Patron des Bouffons, Étudiants, Instituteurs, Toiliers, Potiers d'étain et Pèlerins.


Église de Tessy-sur-Vire
Les parents de Mathurin, nobles et riches, habitaient une terre du Gâtinais du nom de Liricant, aujourd'hui Larchant (Seine-et-Marne) dans le diocèse de Sens. Son père, Marin, avait accepté des empereurs la charge de poursuivre et d'exterminer les chrétiens ; quant à lui, chrétien au fond de son cœur, il priait pour la conversion de son père et de sa mère. Dieu, pour exaucer ses prières, envoya, pendant la nuit à Marin, une vision mystérieuse qui lui montrait son fils conduisant beaucoup de peuples, comme un pasteur conduit des troupeaux. Touché de cette faveur céleste, Marin consentit à recevoir le baptême avec sa femme et son fils de la main même d'un évêque de Sens, du nom de Polycarpe.
À l'âge de vingt ans, Mathurin fut jugé digne d'être promu au sacerdoce. Il reçut, en même temps, le don des miracles et un pouvoir extraordinaire contre les possessions du démon. Dieu lui donna, en outre, une facilité merveilleuse d'expliquer les vérités de notre religion et de les persuader à ses auditeurs. C'est là probablement l'origine du patronage des Instituteurs et des Étudiants. À ce sujet l'Allemand Henri Alt assure qu'il s'occupa activement de l'enseignement des écoles.
Selon la légende du Saint, vers ce même temps, le démon s'empara de la fille de l'empereur Maximin. Il déclara, par la bouche de cette jeune fille, qu'il ne s'éloignerait que quand Mathurin viendrait le chasser et que les prières du même Saint pourraient seules mettre fin à la peste qui ravageait la cité de Rome. L'empereur l'envoya donc chercher à Sens et il se mit en route accompagné d'une garde d'honneur. Arrivé au terme de son voyage, il chassa de démon qui s'était emparé de la fille de Maximin et obtint la délivrance du peuple romain. Après un séjour de trois années, pendant lesquelles il fit éclater fréquemment son pouvoir contre les démoniaques et les fous furieux, Mathurin mourut en paix dans la ville même de Rome.
Il n'avait consenti à se rendre dans cette ville qu'après avoir fait promettre aux ambassadeurs de l'empereur Maximin que, mort ou vit, il serait ramené à son pays natal.

(Les Saints Patrons des Corporations et Protecteurs, Louis du Broc de Segange).



Litanies de Saint Mathurin



Seigneur, ayez pitié de nous.
Jésus-Christ, ayez pitié de nous.
Seigneur, ayez pitié de nous.

Jésus-Christ, écoutez-nous.
Jésus-Christ, exaucez-nous.

Père céleste qui êtes Dieu, ayez pitié de nous.
Fils, Rédempteur du monde, qui êtes Dieu, ayez pitié de nous.
Esprit-Saint qui êtes Dieu, ayez pitié de nous.
Trinité Sainte qui êtes un seul Dieu, ayez pitié de nous.

Sainte Marie, priez pour nous.
Sainte Mère de Dieu, priez pour nous.
Sainte Vierge des Vierges, priez pour nous.

Saint Mathurin, priez pour nous.
Saint Mathurin, modèle de la jeunesse, priez pour nous.
Saint Mathurin, patron des instituteurs et des étudiants, priez pour nous.
Saint Mathurin, qui avez reçu le baptême de la main du bienheureux Polycarpe, priez pour nous.
Saint Mathurin, ami de Jésus-Christ, priez pour nous.
Saint Mathurin, très dévoué au culte de Marie, priez pour nous.
Saint Mathurin, lis au milieu des épines, priez pour nous.
Saint Mathurin, soldat de Dieu, priez pour nous.
Saint Mathurin, homme spirituel, priez pour nous.
Saint Mathurin, miroir de piété, priez pour nous.
Saint Mathurin, bonne odeur du Christ, priez pour nous.
Saint Mathurin, homme d'une très grande douceur, priez pour nous.
Saint Mathurin, homme très miséricordieux, priez pour nous.
Saint Mathurin, homme affamé et altéré de la justice, priez pour nous.
Saint Mathurin, appelé de Dieu comme Aaron, priez pour nous.
Saint Mathurin, ministre de Jésus-Christ, priez pour nous.
Saint Mathurin, prêtre pour l'éternité, priez pour nous.
Saint Mathurin, transporté de zèle pour le Seigneur Dieu des armées, priez pour nous.
Saint Mathurin, dispensateur des mystères de Dieu, priez pour nous.
Saint Mathurin, héraut de la vérité, priez pour nous.
Saint Mathurin, modèle des prêtres, priez pour nous.
Saint Mathurin, puissant en paroles et en œuvres, priez pour nous.
Saint Mathurin, très attaché à la Chaire de Pierre, priez pour nous.
Saint Mathurin, gardien dans la vigne du Seigneur, priez pour nous.
Saint Mathurin, serviteur bon et fidèle, priez pour nous.
Saint Mathurin, dont la vie sans tâche a été une longue vie, priez pour nous.
Saint Mathurin, qui n'avez pas reçu en vain la grâce de Dieu, priez pour nous.
Saint Mathurin, qui avez entendu la parole de Dieu et qui l'avez gardée, priez pour nous.
Saint Mathurin, qui avez tout sacrifié pour gagner Jésus-Christ, priez pour nous.
Saint Mathurin, qui avez cherché d'abord le règne de Dieu et la justice, priez pour nous.
Saint Mathurin, qui avez glorifié et porté Dieu dans votre corps, priez pour nous.
Saint Mathurin, qui avez engendré à Dieu votre père et votre mère, priez pour nous.
Saint Mathurin, qui avez été le pasteur fidèle du troupeau du Seigneur, priez pour nous.
Saint Mathurin, qui avez enseigné la justice à un grand nombre, priez pour nous.
Saint Mathurin, exalté dans les cieux, priez pour nous.
Saint Mathurin, glorifié sur la terre, priez pour nous.
Saint Mathurin, qui avez reçu de Dieu le don des miracles, priez pour nous.
Saint Mathurin, espoir des laboureurs, priez pour nous.
Saint Mathurin, illuminateur des esprits, priez pour nous.
Saint Mathurin, santé des malades, priez pour nous.
Saint Mathurin, qui avez reçu de Dieu tout pouvoir sur les fous furieux, priez pour nous.
Saint Mathurin, terreur des démons, priez pour nous.
Saint Mathurin, qui délivrez les démoniaques, priez pour nous.

Agneau de Dieu, qui effacez les péchés du monde, pardonnez-nous, Seigneur.
Agneau de Dieu, qui effacez les péchés du monde, exaucez-nous, Seigneur.
Agneau de Dieu, qui effacez les péchés du monde, ayez pitié de nous.

V/ Priez pour nous, ô Saint Mathurin,
R/ Afin que nous devenions dignes des promesses de Notre-Seigneur Jésus-Christ.


PRIONS

Dieu tout-puissant et miséricordieux qui avez voulu que le Bienheureux Mathurin, votre Confesseur, fût célèbre par ses vertus et ses miracles, et qui lui avez donné tout pouvoir sur le démon et les lunatiques, accordez-nous, nous vous en supplions, de jouir de sa protection en cette terre d'exil et d'obtenir par son intercession la délivrance de tous nos maux et la victoire sur l'Ennemi. Par Jésus-Christ, Notre-Seigneur. Ainsi soit-il.




Reportez-vous à Des opérations malignes, par le R.-P. Jean-Joseph SurinLes possessions démoniaques sont rares uniquement pour ceux qui ne combattent pas le démon, Miracles de Sainte Hildegarde, Histoire de la possession des Ursulines de Loudun, et des peines du Père Surin (1/4) et Prière à Saint Blaise, Évêque et Martyr.














samedi 26 janvier 2019

De la vie Purgative, par le R.-P. Jean-Joseph Surin



Extrait du Catéchisme spirituel de la Perfection Chrétienne, Tome I, par le R.P. Jean-Joseph Surin :


Saint Dominique en pénitence



De la vie purgative



Qu'est-ce que la vie purgative ?

C'est un état où l'âme travaille à se purifier de ses péchés et à en détruire les causes, en exterminant ses vices et ses mauvaises habitudes jusques dans leurs sources et leurs principes.

Quelle est la fin qu'on se propose dans la vie purgative ?

D'effacer et d'expier toutes les taches de son âme, de se corriger efficacement en changeant de mœurs et de conduite.

Comment expie-t-on ses péchés ?

Par la Contrition, la Confession et la Satisfaction.

Quels effets doit produire la Contrition qui convient à la vie purgative ?

Elle en doit produire trois. Le premier est un regret constant et presque continuel dont on soit pénétré au souvenir de ses péchés, sans se lasser de les pleurer, pour se laver de plus en plus et pour nettoyer entièrement sa conscience. Le second est le soin de détester les fautes passées, non seulement en général, mais encore en particulier à mesure qu'elles se présentent. Ce soin, qui se tourne en habitude, produit à la longue un parfait éloignement de tout mal. Le troisième est la parfaite conversion du cœur qui se laisse attirer à Dieu par amour, et qui s'affermit dans la résolution de se consacrer à son service.

Quelles conditions doit avoir la parfaite conversion du cœur ?

Elle doit être sincère, entière et fervente.

En quoi consiste la sincérité ?

Dans la droiture du cœur, laquelle ne souffre nul déguisement, nul mélange d'imperfection dans les motifs qu'on se propose ; c'est par cette droiture qu'on se dispose à la pureté d'intention dont on a besoin toute sa vie.

Qu'est-ce qu'une conversion entière ?

C'est celle qui n'admet point de partage, point de restriction, point de réserve dans la douleur et dans le bon propos, qui nous fait pratiquer généreusement tout le bien que Dieu demande de nous, et fuir avec soin ce qui peut lui déplaire.

En quoi consiste la ferveur de la conversion ?

Dans une certaine ardeur spirituelle qui rend l'âme attentive à tout, généreuse à entreprendre, et ferme à la vue des obstacles, sans que rien puisse l'abattre, ni la retarder dans la poursuite du bien. C'est la disposition qu'on remarque dans les personnes vivement touchées du regret de leurs péchés ; elles marchent avec précaution ; elles sont toujours sur leurs gardes pour ne point se relâcher ; elles ne laissent échapper aucune occasion de plaire à Dieu et de répondre à la grâce.

À quelles marques particulières se fait connaître cette ferveur ?

À ces trois, qui sont, une application constante à l'Oraison, et à tout ce qui peut contribuer au fruit de ce saint exercice ; le courage à se mortifier et à profiter de toutes les occasions qui s'en présentent ; la persévérance à s'occuper dans des actions de charité et d'humilité chrétienne ; comme sont la visite des Pauvres, des Hôpitaux, et les autres œuvres de miséricorde.

Quel soin doivent apporter à la Confession ceux qui entrent dans la vie purgative ?

Outre la Confession générale qui se fait d'ordinaire au commencement de la conversion, il faut que l'on consacre au moins une semaine aune recherche plus exacte de ses péchés; que chaque jour on prenne à tâche d'examiner en détail une partie de sa vie, qu'on aille ensuite s'accuser de toutes les fautes qu'on aura remarquées, et qu'on reçoive l'absolution chaque jour, ou du moins à la fin de la semaine, selon que le Confesseur le jugera à propos. On ne saurait croire combien cette conduite est avantageuse ; l'âme par ce moyen rentre en elle-même, elle se connaît à fond, et se purifie des moindres taches.

Quelles règles donnez-vous pour la Satisfaction ?

Je dis qu'on doit destiner un temps considérable aux austérités de la pénitence. On a vu des personnes ferventes, qui, pour satisfaire à Dieu, ont déterminé en particulier le nombre et la qualité des peines à quoi elles doivent se condamner pour chacun des péchés de leur vie. C'est en s'acquittant fidèlement de toutes ces saintes pratiques qu'on acquiert la pureté et le repos de la conscience.

Comment accomplit-on le second devoir de la vie purgative, qui consiste à se corriger en changeant de mœurs et de conduite ?

Par ces trois moyens. Le premier est une attention générale à s éloigner de tout ce qui est mal. Le second est le combat des vices qu'on attaque en particulier, et l'un après l'autre. Le troisième est de détruire les causes des vices et les principes du mal.

Quels soins demande cette attention générale à se défendre du vice et à s'éloigner de tout mal ?

1. Former dès le matin la résolution de résister avec courage à tout ce que Dieu nous fera connaître intérieurement n'être pas conforme à la vertu et aux desseins qu'il a sur nous. 2. Mettre cette résolution en pratique pendant le jour, en veillant continuellement sur soi-même pour ne pas tomber par surprise, faute d'avoir prévu l'occasion, ou par lâcheté pour ne s'être pas préparé à combattre. 3. examiner exactement sa conscience pour reconnaître les fautes qu'on a commises, et pour les détester sincèrement.

Quelle méthode donnez-vous pour combattre les vices en particulier ?

La même que la précédente, avec cette différence, que la résolution qu'on fait le matin, doit tomber particulièrement sur le vice qu'on entreprend de détruire ; par exemple, sur le mensonge, ou sur la médisance : que ce même vice doit être le principal objet de notre attention pendant le jour, et la matière de l'examen de conscience qu'on doit faire à cette fin.

Combien de fois, et de quelle manière faut-il s'examiner là dessus ?

Il faut le faire pour le moins deux fois le jour ; avant le repas du matin, ou un peu après, et le soir avant que d'aller prendre son sommeil. Il suffit d'employer à cet examen particulier, une partie du temps destiné à l'examen général de la conscience ; insistant principalement sur le vice qu'on a résolu de combattre, remarquant en détail les fautes commises en ce genre, en de mandant pardon à Dieu, et se disposant par de saintes résolutions à recommencer le combat.

De quelle autre industrie peut-on se servir pour s'assurer la victoire d'un vice ?

Il ne faut pas se contenter de remarquer ses chutes, il faut se punir soi-même, et s'imposer quelque pénitence pour chaque faute un peu considérable où l'on s'est laissé aller. Il y a des personnes qui se condamnent à baiser la terre, à châtier leur corps, à s'humilier, en demandant pardon de leurs fautes à ceux qui s'en sont scandalisés, ou qui en ont été offensés.

Quels sont les vices qu'il faut combattre les premiers ?

Ceux qui paraissent aux yeux des hommes ; comme l'immodestie, le luxe des habits, etc. il est très-important de se corriger d'abord de ces défauts extérieurs, parce qu'ils édifient mal le prochain, et parce qu'on ne saurait composer l'extérieur, qu'on ne travaille en même temps à la composition de l'intérieur. Il faut ensuite modérer l'usage de tout ce qui regarde le corps, du manger, du sommeil, et des autres besoins de la vie, prenant pour règle et pour maxime, de ne point passer les bornes du nécessaire.

Quels sont les vices les plus difficiles à corriger ?

Il y en a trois ; l'intempérance dans le manger, la vanité, et la paresse.

Comment corrige-t-on le premier de ces trois vices ?

Premièrement, en évitant toute sorte d'excès, et en retranchant peu à peu de la nourriture, jusqu'à ce que l'ont connaisse par expérience ce qui suffît pour fournir à la nécessité. Secondement, en maîtrisant son appétit, de telle sorte, qu'on ne consulte plus le goût, mais uniquement la raison dans le choix des viandes. En troisième lieu, il faut user dune grande modération au boire, parce que l'intempérance en ce genre est très-nuisible.

Que faut-il faire pour corriger la vanité ?

Fuir les louanges et les applaudissements. Chercher la simplicité et la modestie dans les habits, et dans tout ce qui sert à parer le corps. Bannir de ses entretiens et de ses manières tout ce qui tient du compliment, tout ce qui sent l'affectation et la politesse trop recherchée.

En quoi et comment faut -il vaincre la paresse ?
1. En ce qui regarde le sommeil, qu'il faut régler sur le besoin, n'y donnant que le temps nécessaire pour conserver et pour réparer les forces. 2. En surmontant une certaine lâcheté naturelle qui appesantit le corps et l'esprit, surtout après le repas ; les personnes sujettes à ce vice, font toutes choses avec nonchalance ; elles ne peuvent rien souffrir ; elles cherchent leurs aises partout. On combat cette lâcheté par la ferveur, qui donne de l'activité et de la vigueur à l'âme, la met au-dessus de ses irrésolutions, et ne lui permet pas d'hésiter dans les occasions de se vaincre ; par exemple, lorsqu'il est question de se lever le matin, ou de s'acquitter de fonctions de sa charge. 3. Ce qui sert encore beaucoup à se défaire du vice dont nous parlons ; c'est de se défendre de l'oisiveté, et de n'être jamais sans quelque occupation, ou de l'esprit ou du corps, excepté le temps qu'il faut nécessairement destiner au repos.

Quel est le troisième moyen que nous avons dit être nécessaire pour le parfait amendement de la vie ?

C'est d'attaquer les vices jusques dans leur source, et de les détruire jusqu'à la racine.

Quelles sont les racines de nos vices ?

Il y en a deux principales, et plus profondes que les autres. On peut appeler la première, violence ou passion, et la seconde, ruse ou duplicité, selon si ce qui est écrit: Mon Dieu, vous haïssez les hommes violents et artificieux. Ôtez ces deux malheureux principes, vous ôtez en même temps tous les vices, qui ne sont tels, que parce qu'ils sont opposés ou à la modération, ou à la sincérité.

Comment pouvons-nous arracher de notre âme, ces deux racines du mal ?

Par la mortification on se rend maître de tous les mouvements de son cœur, et on remédie à la passion et à la violence. On bannit la duplicité de son âme, en s'étudiant à la simplicité chrétienne, et en procédant à l'égard de tout le monde d'une manière pleine de candeur et de sincérité.

N'y a-t-il pas dans l'homme quelque autre principe qui le porte au mal ?

Il y en a un; c'est la concupiscence, qui se divise comme en trois branches ; la convoitise des plaisirs, celle des richesses, et celle de la gloire. On oppose à la première, le jeûne, la pénitence, l'oraison, l'amour de Dieu : à la seconde, la pauvreté évangélique, l'aumône, le renoncement intérieur à toutes les choses de la terre ; à la troisième, l'humilité, qui cherche les ministères les plus bas, et qui inspire le mépris des honneurs, des charges, des dignités, et de tout ce qui flatte l'orgueil et la vanité des hommes.

Ne reconnaissez-vous point d'autre source à nos péchés ?

On peut mettre de ce nombre les sept vices qu'on appelle capitaux. Mais la cause la plus universelle de tout le mal que nous faisons, c'est l'amour-propre, d'où naissent les inclinations déréglées, qui se réduisent aux trois convoitises dont nous venons de parler ; les passions que nous avons appris à combattre dans le Chapitre de la mortification, et les mauvaises habitudes qui se forment par les actes réitérés que produisent les passions.

Quel soin faut-il apporter pour combattre l'amour-propre ?

Il faut lui retrancher tout ce qui le nourrit, tout ce qui le flatte ; détourner de son esprit toutes les pensées qui peuvent produire quelque vaine complaisance en soi-même : ne parler jamais de soi, ni de sa naissance, ni des autres avantages qu'on rappelle avec plaisir dans son esprit, ou qui peuvent faire honneur aux yeux des hommes. On voit des gens servilement attentifs à conserver leur santé, qui n'osent rien entreprendre, de peur de l'exposer, qui sont toujours après à consulter sur leurs maladies, et qui mettent toute leur confiance dans les remèdes ; rien ne marque mieux l'amour-propre. Pour le détruire, il faut se désoccuper, de soi-même, se réduire au nécessaire en tout ce qui regarde la conservation de la vie, s'employer de toutes ses forces au service de Dieu, se refuser les satisfactions naturelles qui se présentent, et chercher avec ardeur les occasions de souffrir.

Dans quel ordre faut-il travailler à l'amendement de sa vie ?

Il faut d'abord s'appliquer à se bien connaître soi-même : cette connaissance absolument nécessaire pour travailler avec fruit à exterminer ses vices, s'acquiert par l'attention qu'on apporte à observer les mouvements de son cœur, et par le secours des lumières que Dieu ne manque point: de donner à ceux qui les lui demandent dans l'Oraison.




Reportez-vous à La confession : Qualités qu'elle doit avoirSoin que l'état de maladie demande, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De la vie illuminative, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De la vie unitive, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Des Vertus, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De l'amour du Père Surin pour l'humilité, dans l'union avec Notre-Seigneur Jésus-Christ, De l'amour admirable du Père Surin pour les souffrances, dans l'union avec Notre-Seigneur Jésus-Christ, De l'examen de conscience, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Prière pour demander la victoire sur ses passions, Simple et courte méthode d'oraison mentale, De la réformation de la mémoire, par Le R.-P. Jean-Joseph Surin, De la réformation de l'entendement, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De l'imagination de l'homme, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De la Mortification, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De la réformation de la hardiesse ou du courage, Que les âmes lâches fassent tous leurs efforts pour acquérir la bonne volonté qui leur manque, Catéchisme spirituel de la Perfection Chrétienne, par le R.P. Jean-Joseph Surin (1), Catéchisme spirituel de la Perfection Chrétienne, par le R.P. Jean-Joseph Surin (2), De l'Oraison et de la Contemplation, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De la Réduction des Hérétiques, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, En quoi consiste la perfection chrétienne : pour l'acquérir il faut combattre, et pour sortir victorieux de ce combat, quatre choses sont nécessaires, De la réformation de la volonté et du fond de l'âme, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De la sècheresse dans l'oraison, Ce qu'est l'oraison mentale, par le R.P. D. Laurent Scupoli, Clerc Régulier Théatin, Méditation sur la nécessité des progrès dans la vertu, De la réformation de l'Amour, de la Haine, du Désir et de l'Aversion, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De quelques moyens de bien faire l'oraison mentale, Degrés des vertus qu'on se propose d'acquérir, Combien sont mal fondées les plaintes de ceux qui se disent incapables de méditer, Pour bien faire l'oraison et pour en tirer le fruit qu'on a lieu d'en attendre, Pour la direction et la progression spirituelles : Quel chrétien êtes-vous ?, Le souvenir de nos péchés est un moyen propre pour nous aider à supporter avec résignation, toutes les afflictions que Dieu nous envoie, Avis pour la lecture spirituelle, Confiance en la divine Providence, Secret de paix et de bonheur, par le Père Jean-Baptiste Saint-Jure, Histoire de la possession des Ursulines de Loudun, et des peines du Père Surin (1/4), Histoire de la possession des Ursulines de Loudun, et des peines du Père Surin (2/4), Histoire de la possession des Ursulines de Loudun, et des peines du Père Surin (3/4), Histoire de la possession des Ursulines de Loudun, et des peines du Père Surin (4/4), et Sœur Benigna, petite secrétaire de l'amour de Dieu : Décalogue de la plus haute perfection (5/9).















vendredi 25 janvier 2019

De la Mortification, par le R.-P. Jean-Joseph Surin



Extrait du Catéchisme spirituel de la Perfection Chrétienne, Tome I, par le R.P. Jean-Joseph Surin :




De la Mortification



Qu'est-ce que la Mortification ?

C'est une sainte habitude qui fortifie l'homme, et qui, avec le secours de la grâce, lui fait prendre assez d'empire sur lui-même, pour dompter ses inclinations, et pour réprimer tous ses mouvements déréglés ; soit extérieurs, soit intérieurs.

Quelles sont les fonctions principales de la Mortification ?

Il y en a deux ; maltraiter le corps, et assujettir les sens ; et alors elle s'appelle mortification extérieure ; combattre les passions, et régler l'usage des facultés de notre âme ; et alors on la nomme Mortification intérieure.


De la Mortification extérieure



En quoi consiste la Mortification du corps ?

À mener une vie austère.

Combien de choses contribuent à cette austérité ?

Trois ; macérer le corps, en lui retranchant ce qui le flatte, par le moyen des jeûnes, des veilles, etc. L'affliger par les haires, les cilices, les disciplines, le dompter par les fatigues, le travail des mains, les pèlerinages.

Quelle règle faut-il garder dans l'usage de ces austérités ?

C'est de les pratiquer avec une telle discrétion qu'on ne ruine point ses forces ; ce qui serait un obstacle à un plus grand bien, en nous mettant hors d'état de nous acquitter de nos devoirs.

Quels bons effets en particulier produit l'usage de la discipline ?

Les personnes ferventes éprouvent tous les jours que cet usage contribue, beaucoup à la ferveur, et qu'il tient le corps dans la dépendance ; de sorte qu'il est toujours prêt à obéir à l'esprit.

Quel avantage tire-t-on du travail des mains, et des autres fatigues de cette nature, qui servent à mater la chair ?

Ces sortes d'austérités ont été fort en usage parmi les anciens religieux ; ils étaient persuadés qu'en domptant ainsi leur corps, et en diminuant ses forces, ils lui ôtaient le pouvoir de se révolter contre l'esprit, et de le porter au mal.

Quels sont les principaux fruits d'une vie austère ?

Il y en a plusieurs ; mais sur tout ces trois. 1. Elle soumet le corps, en le tenant dans la dépendance où il doit être. 2. Elle contribue à humilier l'esprit, et facilite par-là la victoire, de tous les vices qui sont entretenus et fomentés par l'orgueil. 3. Elle gagne le cœur de Dieu, et en obtient aisé ment ce qu'elle demande.

L'austérité de la vie est-elle nécessaire à la sainteté ?

Tous les Saints l'ont constamment pratiquée, et ils l'ont portée loin : tous ceux qui se convertissent sincèrement à Dieu, gardent la même conduite ; et c'est-là ordinairement le premier attrait que la grâce leur donne.

Comment est-ce que la mortification assujettit les sens ?

En les empêchant de se satisfaire, de chercher les objets qui les flattent, et de s'attacher aux plaisirs que ces objets leur procurent. La règle générale qu'il faut observer à l'égard de tout ce qui plaît aux sens, est d'en user comme on use des remèdes : c'est dans cette disposition que les personnes mortifiées prennent quelque petite récréation, le jugeant nécessaire pour soulager le corps, et pour donner quelque relâche à l'esprit.

Combien y a-t-il de degrés dans la mortification des sens ?

On en distingue trois. Le 1. est de s'éloigner de tout ce qui peut servir d'amorce, ou d'occasion au péché. Le 2. de renoncer à tout ce qui plaît, et de pousser la fuite du plaisir jusqu'à la haine. Le 3. de rechercher les choses désagréables, dans le dessein de participer à la Croix.de Jésus-Christ.

Comment peut-on se vaincre soi-même dans l'usage de la vue ?

En se privant de voir les beautés de sa campagne, les jeux, les divertissements, les fêtes publiques, et généralement tout ce qu'on appelle beau, agréable, et qui ne sert qu'à contenter la curiosité.

Comment peut-on mortifier l'ouïe ?

En résistant au penchant naturel qu'on a pour les nouvelles, les bruits qui courent, les contes agréables, et en s'interdisant le plaisir de l'harmonie, des concerts, et de tout ce qui
flatte les oreilles ; à moins que ces choses ne contribuent à élever l'esprit à Dieu.

En quoi consiste la mortification touchant l'odorat ?

À se priver du plaisir que donnent les odeurs agréables des rieurs et des parfums, si ce n'est lorsque la piété les emploie au service de Dieu, et au culte des Autels.

Quelle est la règle qu'on doit observer à l'égard du goût ?

C'est de retrancher tout ce qui sent la délicatesse, ou qui peut l'entretenir ; de ne pas consulter son goût dans le choix de la nourriture, et d'en, venir à ce point d'indifférence qu'on ne fasse plus d'attention à !a qualité des mets, et qu'il n'y en ait aucun dont on ne soit prêt à se passer, hormis les cas de nécessité ; d'imiter la conduite de quelques personnes ferventes, qui sentant l'appétit se réveiller, l'amortissent, en mêlant avec les aliments quelque suc désagréable. Par ce moyen on dompte le goût, et on remporte une victoire qui est des plus importantes.

Quelle pratique de mortification donnez-vous pour ce qui regarde le toucher ?

Outre les austérités dont nous avons parlé, ne souffrir aucune sorte de délicatesse dans les habits, le linge, le manger, et généralement dans l'usage de tout ce qui concerne le corps.


De la Mortification intérieure



En quoi faites-vous consister la mortification intérieure ?

À refréner les passions de l'appétit sensitif, à réprimer l'activité naturelle, et à retrancher tout ce qu'il peut y avoir de déréglé ou de superflu dans l'usage des facultés de l'âme.


De la mortification des passions



Quelles sont les passions que nous devons mortifier ?

Il y en a quatre principales qui engendrent toutes les autres ; le désir, la joie, la colère, et l'aversion naturelle qui nous porte à fuir tous les objets qui nous déplaisent. De la victoire de ces passions dépend notre tranquillité, et notre avancement dans la vertu.

Comment mortifie-t-on le désir ?

Le premier soin d'une âme qui veut arriver à la perfection, doit être de réprimer les mouvements impétueux qui la portent vers les objets agréables. Ce sont ces mouvements que nous appelons désirs : lorsqu'ils ont pour objet des choses mauvaises ou indifférentes, il faut absolument les étouffer ; et lors même qu'ils vont au bien, il est nécessaire de les modérer, pour bannir l'empressement qui gêne la liberté du cœur.

Comment réprime-t-on la joie ?

En retranchant le ris immodéré, le trop grand épanouissement du cœur, et la raillerie, si contraire à l'esprit de componction, sans lequel on n'avance point dans le chemin de la vertu, et qu'on doit toujours conserver soigneusement, quelque favorisé qu'on soit de Dieu.

Comment faut-il combattre la colère ?

En suivant fidèlement ces trois règles. La première, est d'être sur ses gardes pour résister généreusement au chagrin et à l'impatience, dès qu'on les sent naître dans le cœur, et de ne leur jamais permettre d'éclater en parole, ou en quelque mouvement déréglé. La deuxième, de céder en tout aux autres plutôt que de contester avec eux ; et lorsque la gloire de Dieu demande qu'on soutienne un sentiment contraire, de s'observer si bien soi-même , qu'on agisse sans émotion, et sans que la paix du cœur soit altérée. La troisième, de rendre le bien pour le mal, et de ne se venger des injures qu'on reçoit, que par beaucoup de douceur.

Comment vaincre l'aversion naturelle qu'on a pour les objets qui déplaisent ?

Par une résolution constante de tenir ferme contre ces objets désagréables, et d'affronter pour ainsi dire la difficulté. Ceux qui dans ces occasions se laissent vaincre par leur répugnance, en deviennent bientôt esclaves, et ne font jamais grand progrès dans la vertu. Il est donc important de s'entretenir dans une généreuse disposition à ne point céder dans ces rencontres, et de se prémunir contre le respect humain, et L'amour-propre qui conseillent de fuir lorsqu'il s'agit de résister vigoureusement pour remporter la victoire.


Le soin de réprimer l'activité naturelle



À quoi oblige ce second devoir de la mortification intérieure ?

À arrêter les saillies de l'humeur, et cette impétuosité naturelle qui nous porte à agir avec précipitation.

Quelle nécessité voyez-vous à réprimer cette activité ?

C'est qu'elle est elle seule un grand obstacle aux desseins et aux progrès de la grâce, même dans les gens de bien qui ont travaillé longtemps à mortifier leurs passions.

Comment cette activité met-elle obstacle à la grâce ?

En deux manières. La première, en ce qu'elle prévient les mouvements de la grâce, et l'empêche par-là d'opérer selon toute l'étendue des desseins de Dieu. La deuxième, en ce qu'elle remplit le cœur d'une ardeur précipitée fort contraire à la manière d'agir de l'Esprit de Dieu.

N'y a-t-il point de moyen pour amortir cette activité ?

Il y en a deux. Le premier, est un dessein formé, et souvent renouvelé, d'étouffer promptement dans le cœur tout mouvement qui cause tant soit peu de trouble. Le second, est l'application constante à l'oraison : c'est de ce saint exercice que nous tirons notre principale force pour arrêter nos passions, et pour combattre tout ce qui s'oppose à notre paix intérieure.

Voilà bien des obstacles à la perfection : n'avez-vous point d'avis particuliers à donner à ceux qui désirent sincèrement de les vaincre ?

En voici quelques-uns qui sont autant de saintes résolutions que les personnes ferventes peuvent adopter, pour y conformer leur conduite.

1. Persuadé que je puis me tromper, et que je me trompe en effet souvent, je ne ferai nulle difficulté de quitter mon sentiment, pour prendre celui d'autrui, toutes les fois qui ne s'agira que de choses indifférentes et de peu de conséquence, et que je pourrai le faire sans que Dieu soit offensé.
2. S’il se présente à mon esprit quelque pensée de présomption, j'aurai aussitôt recours à d'autres pensées qui l'humilient.
3. J'obéirai sans réplique aux ordres des Supérieurs, et je ne m'excuserai que dans le cas de nécessité.
4. J'accorderai de bonne grâce tout ce que je puis accorder ; et lorsque je serai obligé de refuser, je tâcherai de faire agréer mon refus par des paroles obligeantes.
5. Lorsque sur le point d'entreprendre quelque chose, je m'apercevrai que je suis poussé par une ardeur un peu trop vive ; s'il y a lieu de différer, j'attendrai, pour commencer, que cette ardeur soit ralentie.
6. Non seulement je réprimerai la colère dès que je la sentirai naître dans mon cœur ; Mais je ne dirai mot, quelque fondé que je sois à me plaindre.
7. Lorsqu'on me fera quelque demande, je me recueillerai un instant avant que de répondre, pour éviter les inconvénients d'une réponse précipitée, qui est l'effet du premier mouvement.
8. Je m'étudierai à avoir pour tout le monde des manières honnêtes, douces et prévenantes.
9. Je ne m’emporterai jamais, quelque sujet qu'on m'en donne ; et si je suis quelquefois obligé de faire éclater mon zèle, je ferai en sorte que la modération assaisonne toutes mes paroles.
10. Je ne parlerai jamais de moi que je ne le juge nécessaire, et alors je le ferai en des termes qui marquent de la modestie et de l'humilité.
11. J'aurai une soumission entière pour ceux qui ont autorité sur moi, et je ne manquerai jamais de les consulter sur toutes les choses qui doivent leur être communiquées.
12. En prenant mes repas, je veillerai sur moi pour ne rien accorder à la sensualité ; et si je m'aperçois de quelque empressement, je le modérerai, en cessant de manger pendant quelques moments. .
13. Avant que de parler, je ferai réflexion à ce que je dois dire, et je me condamnerai au silence, plutôt que de rien hasarder qui puisse être contre la prudence.
14. Je serai sur mes gardes pour détourner toute pensée peu favorable au prochain, afin qu'il ne m'arrive jamais d'interpréter en mal les actions des autres.
15. Dans les occasions de souffrir et me vaincre moi-même, j'élèverai mon cœur à Dieu avec confiance, je prendrai un soin particulier de cacher la violence que je me ferai, et de ne laisser échapper aucun signe d'impatience.


Le soin de régler l'usage des facultés de l'âme



En quoi consiste ce soin, qui est le troisième devoir que nous impose la mortification intérieure ?

Il consiste à ne rien souffrir de déréglé ni d'inutile dans la mémoire, dans l'entendement, et dans la volonté.

Qu'est-ce que de remédier aux égarements de la mémoire ?

C'est empêcher qu'elle ne conserve les images des choses passagères et inutiles ; c'est lui ôter la liberté qu'elle se donne de courir après toutes sortes d'objets, afin qu'elle ne s'occupe que de ce qui est du devoir et de ce qui contribue à la sainteté.

Comment peut-on en venir là ?

Par le soin constant de marcher en la présence de Dieu, de tourner son application à ce qui est saint et utile, d'entretenir dans son âme un doux souvenir de Jésus-Christ, et des mystères différents de sa vie. C'est ainsi qu'on efface peu à peu delà mémoire les impressions des objets terrestres et profanes dont elle avait coutume de se repaître.

Qu'y a-t-il à corriger dans l'entendement ?

Trois défauts en particulier qui naissent tous trois de l'attache qu'on a à son sens. Le premier est l'opiniâtreté qui paraît surtout dans la diversité des opinions, et qui nous porte à contrarier le sentiment d'autrui ; on combat ce vice pour l'amour de la paix, qui est ennemi des différends et des disputes, et par une ferme résolution de soumettre son jugement plutôt que d'entrer en contestation. Le second est la présomption qui fait mépriser le sentiment des autres, pour ne se conduire que par son goût et par ses propres lumières ; c'est par l'obéissance aveugle, et par un entier renoncement à son propre sens qu'on vient à bout de ce vice. Le troisième est en fait de doctrine, et c'est la trop grande confiance qu'on a en son esprit. De cette source naissent les hérésies et les divisions dans la foi et le remède à un si grand mal est dans l'humilité chrétienne, et dans une parfaite soumission à l'Église et aux Pasteurs qui la gouvernent.

Que faut-il faire lorsque ce que le Supérieur nous propose nous paraît moins parfait que ce que nous voudrions faire de notre choix ?

Il faut se renoncer soi-même en abandonnant ses propres lumières, pour suivre celles du Supérieur.

Sont-ce là tous les vices de l'esprit ?

Il y en a encore trois auxquels il est sujet, et qu'il est important de combattre : l'orgueil qui le porte à s'élever, la vanité, et la curiosité.

Comment faut-il combattre ces vices ?

On rabat l'orgueil par la simplicité qui est ennemie de toute fausse élévation. Ceci est particulièrement nécessaire dans les voies de la sainteté, où il est dangereux de donner l'essor à son esprit ; il faut que ce soit l'Esprit de Dieu qui nous élève ; de nous-mêmes, nous devons être portés à préférer la voie commune à tout ce qui est extraordinaire. On oppose à la vanité la connaissance de soi-même et de son néant. Ce vice est très-subtile ; il n'est pas jusqu'aux ministères les plus sacrés où il ne se glisse. On ne voit rien de mauvais dans la recherche exacte des ornements de l'éloquence, et cependant elle n'est quelquefois dans son principe qu'une vanité secrète d'un esprit plein de lui-même, qui s'applaudit dans ses productions. Le troisième défaut est la curiosité, qui s'informe de tout, qui veut tout savoir, tout pénétrer, tout comprendre. On la mortifie en réprimant l'avidité d'apprendre, qui est toujours accompagnée du désir de se satisfaire soi-même.

Qu'y a-t-il à réformer dans la volonté ?

Elle a trois fortes inclinations auxquelles il faut renoncer ; l'amour de la liberté, le désir de la gloire, et l'attache aux biens temporels.

Qu'est-ce que renoncer à sa liberté ?

C'est la soumettre à une volonté étrangère ; ce qui se fait en deux manières. La première, par l'obéissance qu'on rend à un Supérieur. La seconde, lorsque par une condescendance chrétienne on se gène soi-même pour s'accommoder à ce que les autres veulent.

Comment mortifie-t-on le désir de la gloire ?

Par la fuite des louanges et des applaudissements, par l'amour du mépris et de l'humiliation qu'il faut embrasser généreusement, et même chercher, quand on le peut sans rien faire contre la prudence chrétienne.

Quels sont les biens temporels auxquels on s'attache ?

Il y en a de trois sortes ; les biens visibles qu'on appelle richesses, les occupations dans lesquelles on trouve de l'agrément, et les personnes qu'on aime.

Comment peut-on se défaire de l'attache aux biens visibles ?

Ces biens sont, par exemple, l'argent, les maisons, les domaines, les meubles précieux, etc. On se détache de ces biens lorsqu'on les abandonne pour l'amour de Jésus-Christ, lorsque sans les abandonner réellement on en use avec modération, lorsqu'on en fait part aux Pauvres par l'aumône, lorsqu'on a soin de conserver son cœur dans une indifférence et dans un noble dégagement, de telle sorte qu'on soit prêt à tout quitter et à tout perdre sans aucun regret.

Quelles sont les occupations auxquelles on s'attache, et quelle est la pratique de la mortification à cet égard ?

L'emploi, la charge, l'office, le ministère et les fonctions auxquelles ils engagent, le maniement des affaires, le soin du commerce, l'étude ,les travaux apostoliques, toutes ces occupations, quelque utiles, quelque nécessaires, quelque saintes qu'elles puissent être, quand on s'y plaît et qu'on s'y affectionne jusqu'à s'y attacher, captivent le cœur et sont un obstacle à la perfection. La mortification intérieure, en réprimant la vivacité et l'empressement naturel, fait qu'on ne se livre point à ces occupations, et qu'on y donne ses soins sans y mettre son cœur.

Quelle est la troisième espèce des biens auxquels la volonté s'attache ?

Ce sont les personnes, comme les païens et tous ceux que nous aimons, parce qu'ils sont de même humeur que nous, de même pays, ou pour quelqu'autre rapport qu'ils ont avec nous. Ces amitiés nuisent beaucoup à la perfection, parce qu'elles embarrassent et qu'elles captivent le cœur. C'est ici qu'il faut mettre en pratique le conseil de Notre Seigneur : Qui aime son père ou sa mère plus que moi, n'est pas digne de moi. C'est-à-dire, qu'il faut avoir recours à un saint éloignement, et sans manquer aux devoirs de la charité et aux règles de la bienséance, ne rien accorder au sentiment naturel, et se comporter à l'égard de ces personnes, comme si elles nous étaient indifférentes, jusqu'à ce qu'on ait surmonté l'inclination naturelle et qu'on ne les aime que pour Dieu.

N'y a-t-il point d'autre attache dont il faille se défaire ?

Il y en a encore une ; c'est celle qu'on a pour les choses spirituelles. C'est à quoi doivent prendre garde les personnes qui pratiquent la vertu ; il ne leur est pas permis de compter sur leurs exercices de piété, ni sur les goûts et les consolations sensibles, ni sur les lumières et les faveurs qu'elles reçoivent de Dieu, ni sur la douceur de leur contemplation. Ces avantages spirituels, quand on les aime jusqu'à y mettre son repos, servent à nourrir l' amour-propre, et empêchent le parfait dégagement du cœur.

Quel est le fruit de la mortification ?

C'est la paix et la tranquillité qu'on ne peut obtenir que par l'entière victoire de soi-même, qui est le second moyen nécessaire pour arriver à la perfection chrétienne.

Quel ordre faut-il garder dans la pratique à la perfection ?

II faut commencer par se purifier de ses péchés en combattant ses vices et ses défauts ; c'est ce qui s'appelle vie purgative. On doit ensuite s'animer à la pratique des vertus qui enrichissent l'âme et qui l'embellissent ; c'est ce qu'on nomme vie illuminative. Enfin on s'attache à Dieu par amour, et alors on est parvenu à la vie unitive.




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