C'est le propre des grandes choses, de celles qui sont extraordinairement belles et rares, d'attirer les yeux, et d'occuper l'esprit. Ainsi, vous verrez des gens qui y sont attachés avec plaisir, et qui ont de la peine à en retirer leurs yeux. Ah ! si cela est, comment ne point avoir d'application à la présence de Dieu, devant qui toutes les beautés les plus charmantes ne sont que de vilaines laideurs, devant qui tout ce qu'il y a de plus rare parmi les choses créées, soit dans la terre, soit dans le ciel même, ne mérite pas qu'on s'applique un moment à le regarder ? Est-il possible que ce Dieu qui fera toute l'occupation du Paradis, et dont l'occupation en fera la félicité, qui est un bonheur infini, soit ainsi dans l'oubli en ce monde ; et qu'étant partout, partout on ne le voie point ?
Mais dira-t-on, c'est qu'il est caché à nos yeux corporels. Réponse bien indigne de l'homme, qui n'a pas seulement un corps qui a des yeux, ce qui lui est commun avec les bêtes, mais une âme spirituelle, douée d'intelligence, qui lui fait discerner ce que les sens n'aperçoivent pas. Nous avons dit que plusieurs Philosophes, par la seule lumière naturelle, avaient connu la présence de la Divinité en toute chose. Mais réponse intolérable dans le Chrétien qui a reçu le don de la foi, qui est un œil spirituel qui lui découvre certainement la présence de Dieu qui est partout, et avec plus d'assurance que les choses qui sont plus présentes à ses sens. Est-ce donc que ce bel œil qui est même éclairé par la lumière divine, lui sera inutile, et qu'il n'en sera point d'usage ?
Quoi donc, il sera vrai que nous marcherons dans Dieu ; que si nous regardons, nos regards passent à travers de Dieu ; que si nous respirons, c'est en Dieu ; que l'être de Dieu est intimement présent à notre être, qu'il le pénètre, qu'il l'anime, qu'il le soutient, qu'il lui donne la vie, l'opération, et tout ce qu'il a, et que néanmoins nous ne le regarderons pas seulement, on n'y pensera pas ?
Cependant on regarde, on s'applique à tout ce qui tombe sous les sens, en sorte, dit saint Augustin, qu'il semble que l'homme soit devenu tout chair ; car il ne pense qu'à ce que ses yeux de chair lui découvrent. Étrange et malheureuse corruption ! Infâme extase bestiale, par la domination de la partie animale ! Ainsi, l'homme dépravé est tout occupé des choses sensibles, soit qu'il soit seul, soit qu'il soit en compagnie. Que l'on fasse réflexion sur l'occupation des hommes ; leur pauvre esprit n'est rempli que de créatures, de terre, et des choses de la terre, de maisons, de jardins, de bois, de rivières, d'ameublements, de chevaux, d'équipages, d'habits, d'honneurs, de plaisirs, et des biens temporels. C'est à quoi ils pensent, c'est ce qu'ils aiment. Voilà le sujet de leurs entretiens, la matière de leurs conversations, pendant, hélas ! que l'on passe sa vie dans la désoccupation du Créateur.
Un serviteur de Dieu, (et c'est ce que nous avons rapporté autre part, dans l'un des ouvrages que la divine Providence nous a fait donner au public) arrivant à Paris par la voie d'un carrosse public, entendant toutes les personnes de sa compagnie qui s'entretenaient des nouveaux bâtiments que l'on avait faits dans cette grande ville, et qui s'invitaient à la regarder. Hélas ! dit-il, et personne ne pense à dire que Dieu est ici, et personne ne pense à le regarder. Un autre faisant voyage sur l'eau dans un bateau plein de monde, comme quelques-uns ayant remarqué qu'il était tout pensif, et qu'il ne disait rien, lui en eussent demandé la cause ; hélas ! leur répondit-il, c'est que je pensais à l'intime présence de Dieu qui remplit ce bateau, et que personne n'y pense. Le même, dans plusieurs autres voyages, ne pouvait assez s'étonner, qu'il ne trouvait que des gens qui s'occupaient de tout ce qui se présentait à leurs yeux corporels, sans se souvenir de l'immense Majesté de Dieu qui remplit toutes choses. Mais ce qui le surprenait davantage, est que lorsqu'il leur montrait combien il était juste de s'y appliquer, une si grande vérité ne faisait aucune impression, ni sur leurs esprits, ni sur leurs cœurs. Ah ! disait-il en lui-même, il faut que l'esprit et le cœur de l'homme soient dans un épouvantable dérèglement ! On lui dit : voilà des bêtes, des maisons, des arbres : il les regarde, il en parle, il ne fait son entretien ; on lui dit : voilà Dieu, et il n'y pense pas, et il n'en parle point ! On plaignait la personne dont nous parlons, qui , dans un long voyage, se trouvait seule dans un carrosse public ; et elle ne pouvait assez admirer la l'aveuglement des gens qui ne considéraient pas qu'elle avait avec elle les trois Personnes divines de la suradorable Trinité. Si en passant par quelques lieux, et que l'on prît quelqu'un dans le carrosse, on lui marquait que ce lui serait une satisfaction d'avoir de la compagnie : ô pauvres aveugles, disait-elle en elle-même, j'en ai bien une autre ; et bien loin d'avoir du plaisir de celle des créatures, elles me donnent de la peine ; car elles ne servent qu'à divertir de celle du Créateur.
Ô qu'une âme qui découvrirait la présence de Dieu, y goûterait de délices, et qu'elle y trouverait de matière pour s'entretenir avec cette suprême Majesté ! Ô quelle différence entre la vie des sains Anachorettes, et celles des personnes qui vivent dans le siècle ! Les créatures du monde, à peine peuvent-elles supporter la retraite. Il leur faut toujours de la compagnie, et des divertissements qui ne sont que bagatelles. Elles passent leur vie à s'entretenir avec d'autres créatures leurs semblables, et une demi-heure que dure la célébration du très-saint Sacrifice de la Messe, leur paraît bien longue. On crie si un Prédicateur parle plus d'une heure des plus grandes vérités de la Religion. On dit qu'on a de la peine à s'entretenir avec Dieu l'espace d'une demi-heure ou d'une heure ; et cependant, où trouve-t-on de ces créatures du monde parfaitement contentes, même de celle qui jouissent davantage de ce que l'on y recherche le plus. Leurs jeux, leur bonne chère, leurs récréations, leurs plaisirs, leurs plus belles conversations, donnent-ils à leur cœur un repos entier ? C'est ce qu'ils ne peuvent faire, parce qu'ils n'ont rien de véritablement solide, ils ne sont qu'une pure vanité.
Au contraire les divins Solitaires, dans une entière séparation des créatures, sans avoir de conversation avec elles, sans leurs jeux, leurs divertissements, n'ayant que Dieu seul dans leurs déserts pour compagnie, qui était toutes leurs richesses, tout leur plaisir, possédaient une tranquillité que le monde ne connaît point. Une paix divine qui surpasse tout sentiment, demeurait dans leurs cœurs. Ils menaient une vie angélique, et ils commençaient à en goûter les joies célestes. Ô ! qui pourrait nous dire ce qui s'est passé dans l'intérieur du divin Paul, Hermite, qui a vécu plus de quatre-vingts ans dans le désert, sans jamais y avoir vu ni parlé à personne ; car il y avait plus de quatre-vingts ans qu'il s'y était retiré lorsqu'il y fut visité par saint Antoine. Certainement sa vie a été une vie du Paradis, toujours dans la contemplation de la Divinité.
Malheur à nous, qui en sommes si peu occupés. Malheur à toi, ô monde, dans tes ténèbres, qui, ayant Dieu présent partout, et qui partout ne le regardes pas, et qui t'ennuies si-tôt dans le peu de temps que tu y penses, et que l'on te parle de sa suprême Majesté. Ô si tu savais quel honneur c'est que la permission qu'il nous donne de nous entretenir avec sa grandeur infinie, que ne serais-tu pas pour jouir d'un bien si divin ? Une âme éclairée voit bien que s'il fallait souffrir durant toute la vie pour avoir cette grâce seulement un moment, que ce serait peu de chose : et voici que nous pouvons, quand il nous plaît, et facilement avec le secours divin, jouir de cet honneur inestimable ; et nous le négligeons !
Ô vraiment, s'écriait la séraphique Thérèse, puisque mon Dieu est partout, je ne le laisserai pas sans avoir l'honneur de l'entretenir ! Certainement c'est une indignité insupportable à une chétive créature, de traiter de la sorte son Créateur. Hélas ! voudrait-on en user de cette manière avec une personne un peu considérable ? C'est ce qui paraîtrait insupportable à une créature, et il faut qu'un Dieu le souffre !
Mais d'où vient un aveuglement si excessif parmi les hommes ? C'est que les esprits sont aveuglés par la terre à laquelle ils sont attachés. Ô bienheureux ceux qui ont le cœur pur par le dégagement ; car ils verront Dieu. C'est à eux à qui il se manifeste avec des amours ineffables ; et c'est cette manifestation qui est le don de sa divine présence.
Toutes les créatures à la vérité, avec le secours de sa grâce, peuvent le voir partout, puisqu'il remplit tout de son immense Majesté. Mais dans la voie commune, il faut s'appliquer avec une attention spéciale pour découvrir son adorable présence. Les Chrétiens, avec la lumière de la Foi, s'y appliquent comme ceux qui cherchent quelque chose avec une chandelle durant l'obscurité de la nuit ; c'est avec une attention particulière, et avec peine. Mais il y en a à qui il se découvre par une lumière infuse, et qui marchent sans peine en sa présence, comme ceux qui cheminent pendant la clarté d'un grand jour, à qui les objets sont présents sans aucune difficulté. C'est le don que ce Dieu de toute bonté fait à ceux qui le servent en vérité, par un véritable renoncement à eux-mêmes, au monde, et à toutes les choses du monde. Il s'en est même trouvé qui ont eu ce don continuel : comme il est rapporté du saint Homme, le grand dévot de l'Immaculée Conception de la Mère de Dieu, le vénérable Frère Alphonse Rodriguez, Religieux de la Compagnie de Jésus, comme lui-même l'assura un jour à plusieurs Pères de sa Compagnie, qui, disputant un jour sur ce sujet, estimaient que cela n'était pas possible. Mais ce qui ne l'est pas dans la voie ordinaire, l'est bien extraordinairement, quand il plaît à Dieu d'en faire la grâce.
Ce divin Souverain qui en est le Maître, en dispose comme bon lui semble. Toujours est-il vrai que ceux qui le cherchent le trouveront. Ainsi, le Chrétien, qui, se servant de la Foi, s'applique de temps en temps à son adorable présence, peu à peu avec son secours en aura la sainte habitude, et souvent s'en souviendra.
Il ne faut donc pas borner l'Oraison dans l'espace de nos Églises. L'Apôtre voulait qu'on priât Dieu en toutes sortes de lieux. Tout le monde, dit Saint Cyprien, est le Temple de la Divinité ; dans toute son étendue, l'on y trouve la société des trois Personnes divines de la suradorable Trinité, nous avons donc partout une belle compagnie. Que personne donc ne se plaigne de sa solitude. Que les Religieuses pensent à cette importante vérité, et leur retraite n'aura plus rien de rebutant pour elles ; et ce leur sera une peine d'aller aux parloirs. Les premières carmélites de la réforme de saint Thérèse, assuraient que ce leur était une espèce de martyre, quand elles étaient obligées de s'y rendre ; et leur grand soin était d'en sortir au plutôt. Que les pauvres, et les autres personnes délaissées se consolent, puisqu'elles ont avec elles ces Personnes divines qui font tout le bonheur du Paradis. Ô si elles savaient le don de Dieu ! Il est aisé de se passer des créatures quand on a le Créateur. Comment après cela désirer avec empressement la conversation des hommes, ou se plaindre d'en être privé ?
(Dieu présent partout, par M. H-M Boudon)
Reportez-vous à Dieu qui est partout, demande le respect intérieur, Dieu est partout avec toutes ses grandeurs, Dieu qui est partout, y est tout ce qu'il est, Dieu est présent partout, Fête de la Très-Sainte Trinité, Du Mystère de la très Sainte Trinité, Prière à la Très Sainte Trinité, Méditation sur la Très-Sainte Trinité : Au Nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit, Instruction sur la Fête de la Très-Sainte Trinité, Méditation pour le Dimanche de la Sainte-Trinité, Le Dogme de l'unité de Dieu et de la Sainte Trinité, Aveuglement de l'homme, Preuves directes de la Trinité et de la divinité du Saint-Esprit. Méditation sur la présence de Dieu, Méditation sur l'oubli de la présence de Dieu, Méditation sur l'attention continuelle à la présence de Dieu, De la présence de Dieu, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, et Acte de la présence de Dieu en l'honneur de Saint Joseph.
samedi 2 avril 2022
Dieu qui est partout demande que l'on se souvienne de sa divine présence
mercredi 23 mars 2022
Le malheur du Monde dans son insensibilité
| Salomé dansant devant Hérode (Gustave Moreau) |
Que ne fait-on pas pour éviter les maux passagers d'une vie qui disparaît comme l'ombre ? Quels soins ne donne-t-on pas pour s'y procurer les biens apparents que le siècle trompé estime ? Si la peste infecte quelque lieu, on sépare bien vite les personnes qui en sont atteintes, des autres. Dans les villes et autres lieux proches on met des gardes à toutes les avenues, à toutes les portes : on ne laisse entrer personne sans des témoignages bien avérés que l'on ne vient pas du lieu infecté : on fait des prières publiques et particulières. Mais que le péché, qui sans doute est un mal incomparablement plus dangereux, règne dans les personnes, que leurs conversations servent d'occasion dangereuse pour y faire tomber les autres ; qui se met ne peine de les éviter ? Quelles précautions apporte-t-on pour s'en préserver ? A-t-on recours à la prière ? Oui, il n'y a point de pères, de mères, de maîtres qui laissassent aller leurs enfants, leurs serviteurs dans un lieu pestiféré. c'est un mal, dit-on, trop contagieux, chacun le craint pour soi et pour ses amis. Après cela on ne craint ni pour soi, ni pour les autres, le mal de l'offense de Dieu.
Que d'émotions dans le monde aux nouvelles de la perte d'un procès où il s'agit de tout le bien que l'on possède, de la perte de l'honneur, d'une infamie cruelle de toute une famille ! On perd le Paradis, on devient infâme aux yeux de Dieu et de ses Anges, on n'en est pas plus ému. Quelle consternation dans tout un pays aux approches d'une armée ennemie qui ravage tout, qui met tout au pillage, qui met tout à feu et à sang sans épargner personne. Le monde devient captif du Diable, pour en souffrir à jamais ; l'on ne s'en donne point d'inquiétudes.
La justice de Dieu est comme les montagnes, dit la divine Parole, comme la profondeur des eaux de la mer que l'on ne peut sonder. Ses jugements sont un profond abîme, où il faut que tout esprit se perde. Elle condamne le pécheur pour un seul péché notable à des supplices éternels. L'Ange est la plus noble des créatures, c'est sa plus belle, sa plus éclatante, sa plus vive image ; et pour ainsi dire, Dieu l'arrache de son sein pour l'abîmer dans les Enfers, dès lors qu'elle se souille du moindre péché.
C'est de la sorte, dit le Prince des Apôtres, que Dieu n'a point épargné les Anges qui ont péché ; mais il les a liés des chaînes de l'Enfer, où il les a précipités, les livrant aux supplices, et les réservant pour le jour du jugement. L'homme s'engage dans les mêmes maux par le péché qu'il commet contre Dieu ; et un seul péché notable le rend digne de son ire éternelle. On apprend ces vérités aux enfants, on est élevé, on vit dans cette croyance, et l'on en est moins touché que d'une fable. Hélas ! s'écrie ici saint Augustin, il faut dire que l'état du pécheur soit bien étrange. On lit, remarque ce Père, en des histoires fabuleuses, des aventures tristes ; on sait qu'elles ne sont jamais arrivées, l'on en est ému jusqu'aux larmes. L'idée seule de quelque accident lamentable frappe fortement l'imagination et le cœur ; et des maux très-réels qui ne finiront jamais, qui nous regardent nous-mêmes, que nous croyons sans en douter, nous laissent sans sentiment.
Si quelqu'un tombe malade, dit saint Jean Chrysostôme, on court au Médecin, on prend des médecines, on n'épargne pas la dépense, on a des gardes pour veiller le malade : et tous les jours le monde reçoit des plaies mortelles du péché, qui nous engagent dans une mort éternelle ; et le monde n'y a aucun égard. On vit dans ce funeste état, on s'y divertit, on y dort paisiblement. On n'a point recours aux remèdes spirituels, on ne s'approche point des Sacrements ; et ce qui est très-épouvantable, c'est que dans les maladies mêmes où l'on n'oublie rien, où l'on fait tout pour en être délivré, le monde a peur qu'on ne lui parle de Confession, on dit que l'on n'est pas encore assez malade. Les amis, ou pour mieux dire, ceux qui portent ce nom, et qui sont dans la vérité des ennemis très-cruels, empêchent qu'on ne fasse souvenir le malade de mettre ordre à sa conscience ; cela, disent-ils, lui pourrait faire peur. Et on ne se soucie point de lui faire risquer son salut, et de lui faire perdre son âme.
Vraiment il faut bien dire que le monde est infiniment malheureux dans son insensibilité. Nous avons connu plusieurs personnes élevées dans les exercices d'une piété vraiment chrétienne ; nous en avons connu qui dans leur jeunesse avaient fait des actes héroïques d'une vertu éminente ; nous en avons connu qui avaient quitté les honneurs et les richesses du siècle pour suivre Jésus-Christ ; nous en avons connu qui ont été des Directeurs considérables, des Docteurs, des Prédicateurs, qui ayant pris l'esprit du monde, sont tombés dans une insensibilité inconcevable ; et qui est allée à une telle extrémité, qu'il y a eu de ces Directeurs, Docteurs, Prédicateurs qui n'ont pas même voulu se confesser.
Nous parlons de gens que nous avons connus intimement, et qui à tout ce qu'on leur pouvait dire de plus pressant, demeuraient sans réponse et sans sentiment. Ha ! que le monde pécheur est dans un état effroyable ! Certainement il faut avouer, comme nous l'avons remarqué, que pendant qu'on le flatte d'une heureuse santé, qu'il est mort bien véritablement ; car il est privé de tout sentiment comme un cadavre, comme le corps d'un mort.
Ainsi il a beau entendre les plus fortes vérités de la Religion, c'est ce qui ne fait point d'impression ni sur son esprit, ni sur son cœur. C'est pourquoi notre divin Maître déclare en Saint Matthieu, que cette prophétie d'Isaïe s'accomplit en lui : Vous écouterez et en écoutant vous n'entendrez point ; vous verrez, et en voyant vous ne verrez point : car le cœur de ce peuple est devenu tout charnel ; ils ont eu les oreilles sourdes, et ils ont fermé les yeux, de peur que leurs yeux ne voient, et que leurs oreilles n'écoutent, et que leur cœur ne comprenne, et qu'étant convertis je ne les guérisse. Le monde en vient jusqu'à ne plus croire presque ; ainsi il dit en Isaïe : Que Dieu se hâte, que ce qu'il doit faire arrive bientôt. C’est qu'il veut voir les jugements de Dieu pour les croire.
Ô insensibilité, qui mériterait plus de larmes que toutes les mers ne renferment de gouttes d'eau ! Car enfin un malheur infini ne peut être jamais assez déploré. C'est ce que notre bon Sauveur nous veut faire connaître, lorsque se tournant vers les femmes qui pleuraient, le voyant accablé des douleurs de sa passion et de sa croix, il leur dit : Filles de Jérusalem, ne pleurez point pour moi, mais pleurez pour vous-mêmes et pour vos enfants ; car le temps viendra auquel on dira aux montagnes, Tombez sur nous ; et aux collines, Cachez-nous ; parce que s'ils font ceci aux bois verd, que ne sera-t-il point fait au bois sec ? C'est-à-dire, si le Fils de Dieu est traité de la sorte, parce qu'il s'offre à son Père pour apaiser sa colère contre le monde ; que sera-t-il fait au monde qui est le coupable ? Hélas ! quel sera son malheur, puisque le même Sauveur veut qu'on lui réserve ses larmes, et qu'on ne pleure pas sur les tourments inexplicables qu'il souffrait. Ô monde, pleure donc, pleure pour toi, pour tes enfants, pour tous ceux qui t'aiment, et pleure inconsolablement ; que tes yeux deviennent une source intarissable de larmes : mais pleure à torrents, et si cela se pouvait, jette des torrents de larmes de sang.
Mais le monde est devenu comme une pierre, comme un rocher, dont rien ne peut ébranler la dureté. Ses sectateurs, dit la divine Parole dans les Proverbes, ayant quitté le droit chemin, marchent par des voies pleines de ténèbres, ils se réjouissent après avoir mal fait, et ils tressaillent de joie dans ce qu'il y a de plus méchant. Toute la vie du Chrétien, comme nous l'enseignent les Conciles, est une continuelle pénitence, et ils passent leur vie dans les plaisirs, les jeux, les divertissements et les danses, que l'on a appelées avec sujet les pompes du diable, à qui tous les Chrétiens ont renoncé par leur Baptême. A Dieu ne plaise, dit Saint Augustin, qu'elles se rencontrent parmi les Chrétiens ; car c'est où les démons ont leur commerce. Que la fille d'Hérode danse, et non pas la fille chrétienne ; c'est au Livre des Noces qu'il parle de la sorte. Et les Pères ont remarqué à ce sujet, que la danse a quelque chose de bien terrible, puisqu'elle a renversé d'une manière si étrange le jugement d'Hérode, qu'elle l'a obligé de faire mourir Saint Jean qu'il craignait et révérait comme un homme juste et saint.
Le grand saint Jean Chrysostôme, dans l'une de ses Homélies, les appelle des danses diaboliques. Saint Ambroise dit qu'il faut être fou ou ivre, pour danser. Le troisième Concile d'Arles, que les Païens en sont les auteurs par le mouvement de l'esprit diabolique ; ce qui l'oblige à les défendre. Le sixième Concile général, les Conciles de Laodicée, d'Agde, de sens font la même défense. Celui d'Agde défend même de voir danser. Il ne faut pas regarder ni écouter, dit Tertullien, ce qu'il n'est pas permis de faire. Ce n'est pas que la danse de soi soit mauvaise ; mais les saints Pères l'ont regardée avec horreur à raison des suites qui en arrivent. C'est la grande pompe du monde, comme il a été dit, parmi les personnes de qualités. C'est où son esprit domine, où le luxe et la vanité sont dans leur éclat, où la nudité des gorges se fait voir, où les périls de l'âme se trouvent, où les attachements se forment, où le diable lance ses traits enflammés, par ce qu'il a de plus agréable aux sens ; et parmi le simple peuple, le libertinage y est ordinaire entre les sexes différents ; les chansons qui s'y disent, sont remplies au moins de paroles équivoques contre la pureté, les gestes, les mouvements indécents, et contre la modestie ; et tout y est plain d'occasions de péché.
C'est de la manière que le monde, bien loin d'être sensible à ses maux, en fait le sujet de ses divertissements et de ses vaines joies. Semblables à une troupe d'aveugles qui se tenant par la main, s'en iront en dansant dans le précipice. Les mondains, dit Job, se réjouissent au son des instruments de musique, ils passent leurs jours dans la prospérité, et dans un moment ils descendent dans les enfers. Après cela peut-on se figurer un malheur comparable à celui du monde, qui non seulement est insensible à son propre malheur, ce qui le rend incurable, mais qui se réjouit dans ses maux qui sont éternels et infinis.
(Le malheur du monde, M. Boudon)
Reportez-vous à Le malheur du monde dans les peines de cette vie, et dans les tourments de l'autre, Le malheur du Monde en ce que le démon en est le Prince, Prière pour demander à Dieu la victoire des tentations, Le malheur du monde en ce qu'il n'est point du Royaume de Dieu, Le malheur du monde, en ce qu'il ne peut recevoir le Saint-Esprit, Le malheur du Monde dans son opposition à Jésus-Christ, Le malheur du Monde dans ses occupations, Des divertissements, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De l'emploi du temps, De la conversation, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Des amitiés, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, VIE CHRÉTIENNE : Travail et Négoce, VIE CHRÉTIENNE : Repas, Récréations, Conversations et Visites, Méditation sur les règles que l'on doit suivre dans l'usage des divertissements permis, Méditation sur les divertissements du monde, Méditation sur la passion du jeu, Du Devoir des Pères de famille, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Méditation sur les devoirs des pères à l'égard de leurs enfants, Méditation sur la fidélité que la Religion nous inspire à l'égard des devoirs de notre état, Méditation sur l'Autorité, Le Malheur du monde pour les scandales, Méditation sur le péché de scandale, Excellence de la chasteté, Le malheur du monde dans les dangers où il se trouve, Le malheur du Monde dans ses honneurs, Le malheur du Monde dans ses plaisirs, Le malheur du Monde dans ses richesses, Le malheur du Monde, en ce qu'il ne connaît point Dieu, et son Fils Jésus-Christ, Le malheur du Monde dans les ténèbres, Ce que l'on entend par le Monde, Aveuglement de l'homme, Du vrai Religieux, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De la vie mixte, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De l'homme intérieur, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Ce qui s'est observé dans un Ordre Religieux durant le premier siècle depuis son établissement, doit être regardé comme meilleur que tout ce qu'on peut inventer dans la suite, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Sur les trois mots qui furent dits à saint Arsène : Fuyez, taisez-vous, reposez-vous, Instruction sur les Conseils évangéliques, Du monde, Méditation sur les dangers du monde, Méditation sur l'amour de la retraite, Méditation sur les moyens de se sanctifier dans le monde, Méditation sur le détachement des biens de ce monde, Litanie pour se détacher des biens de ce monde, Méditation sur la gloire du monde, Méditation sur les obstacles que le monde oppose à notre salut, Méditation sur le renoncement au monde, Méditation sur deux règles qu'un Chrétien doit toujours observer pour faire son salut dans le monde, Méditation sur les affaires du monde comparées à celles du salut, Méditation sur l'affaire du salut, Que faut-il pour connaître sa vocation ? Premièrement, consulter Dieu, Que faut-il pour connaître sa vocation ? Deuxièmement, consultez-vous, vous-même, Que faut-il considérer dans le choix de la vocation ?, Quelle est ma vocation ?, Prière pour demander la grâce de connaître et d'accomplir la volonté de Dieu, Prière pour la vocation, Prière à Marie pour connaître sa vocation, Prière à Saint Joseph pour lui demander la grâce de connaître sa vocation, N'embrassez un état que par des motifs dignes d'une Chrétienne, En quelque état que vous soyez, rendez respectable, par vos sentiments et votre conduite, votre titre de Chrétienne, et Méditation sur ce qu'un Chrétien doit penser des richesses et des grandeurs du monde.
vendredi 18 mars 2022
Le malheur du monde dans les peines de cette vie, et dans les tourments de l'autre
| Mort du pécheur |
Il y a trois sortes de personnes dans la terre ; il y en a qui sont uniquement à Dieu seul par le renoncement à tout ce qui n'est pas Dieu. Ces personnes, dit Saint François de Sales, sont très-rares ; et il s'en trouve si peu, que le divin Époux, quand il parle de quelqu'une de ces heureuses personnes, il l'appelle son unique colombe, comme si elle était seule. Or l'on voit dans ces personnes quelque image du Paradis, où Dieu étant toutes choses en tous, un bonheur achevé et parfait, s'y rencontre toujours. Ces personnes sont le peuple béni de Dieu, dont la bénédiction l'accompagne à la ville et aux champs, et entre et sort avec lui. Sur lequel, comme nous l'enseigne l'Écriture, il étend ses ailes comme l'Aigle sur ses petits ; dont il porte le nom écrit en ses mains, dont il conserve le souvenir que les siècles ne pourront effacer ; dont la paix est comme une puissante rivière dans son abondance, dont la joie est continuelle, au moins dans la suprême partie de l'âme, qui sera durable et affermie, qui passera par les eaux, et surnagera ; qui sera au milieu des flammes sans en être brûlé : car toutes les eaux des contradictions des hommes, des afflictions de la vie, des tourments des tyrans et des Démons ne pouvant éteindre la simplicité et pureté de son amour de Dieu seul, y demeurant incessamment uni, il y repose comme dans son centre, dans une plénitude de paix si abondante, que sainte Catherine de Gènes, pour donner quelque idée de la félicité de ces personnes, assure que si on en faisait un précis, que si on les pressait fortement, il n'en sortirait autre chose qu'une paix divine.
Il y en a d'autres qui sont à Dieu, mais qui tiennent encore imparfaitement à une autre chose qu'à Dieu ; qui ne peuvent pas dire comme Saint François d'Assise : Mon Dieu et mon Tout. Ces personnes ne jouiront jamais de la paix divine des premiers. Pour peu que le cœur de l'homme se repose autre part que dans son centre qui est Dieu seul, il est tourmenté : ainsi ces personnes, quoique vertueuses, sont sujettes à bien des chagrins, ont bien des mécontentements. C'est ce qui est cause que l'on en rencontre peu qui soient dans une joie continuelle, à laquelle l'Apôtre exhorte ; qui ne contient jamais que des moments d'une paix divine, même au milieu de tout ce qu'il y a de plus affligeant en la vie ; parce qu'il y en a peu qui se contentent de Dieu seul.
Mais enfin il y en a d'autres, et c'est ce que l'on appelle le monde, qui sont vides de Dieu, plongées dans l'amour d'elles-mêmes et des autres créatures, toutes pleines des désirs du siècles et de ses vanités ; et celles-là sont malheureuses en cette vie et en l'autre. Bienheureux est l'homme, dit le Psalmiste, qui ne s'est point laissé aller au conseil des impies, qui ne s'est point arrêté dans la voie des pécheurs, et qui ne s'est point assis dans la chaire de contagion et de la peste ; mais qui au contraire met tout son affect ou en la Loi du Seigneur, et qui la médite le jour et la nuit. Il sera semblable à un arbre planté sur le bord des eaux courantes, qui portera son fruit en son temps. Sa feuille ne tombera point ; et tout ce qu'il fera, réussira heureusement. Après cela ce saint Roi s'écrie : Il n'en est pas ainsi des impies, il n'en est pas ainsi ; mais ils seront semblables à la poussière que le vent emporte de dessus la terre.
Ils seront le jouet des Démons dont ils sont les esclaves, comme nous l'avons remarqué dans le Chapitre précédent, ils les mèneront selon leur volonté ; et comme le diable est leur chef, qu'ils en sont les membres, ils seront animés de son esprit turbulent, inquiet, furieux, agité, troublé et toujours dans la peine. Les pécheurs, dit saint Pierre, tenant des discours pleins d'orgueil et de folie, promettent la liberté, quoiqu'ils soient eux-mêmes esclaves de la corruption ; parce que chacun est esclave de celui qui l'a vaincu, comme nous l'avons encore dit. Ce droit, dit un Interprète, est le droit de la guerre, et ce droit se trouve dans le péché et dans la concupiscence, et dans les démons à l'égard des pécheurs ; et pour peu que l'on cède à ces maîtres, ils augmentent leur domination, en sorte que le monde pécheur ayant pour maître le péché, la concupiscence et le démon, il est étrangement tyrannisé, tantôt par ses passions qui l'emportent comme le vent la poussière ; quelquefois en des agitations furieuses de dépit, de colère et de haine ; quelquefois en des soins inquiets et pleins de troubles, des biens et des richesses ; d'autres fois en des désirs des satisfactions sensuelles qui ne les laissent jamais en repos.
Le pécheur, dit l'Écriture, sera revêtu au-dehors, et rempli au-dedans de malédictions. car n'est-il pas bien juste, que celui qui a Dieu pour ennemi, ait pour partage l'horreur et la désolation ? Et comme les plus grands maux deviennent de grands biens à ceux qui aiment Dieu, les plus grands biens lui deviennent de grands maux.
Les impies ont beau crier : La paix, la paix. Le Seigneur a dit : Il n'y a point de paix pour les impies ; car le véritable repos ne se trouve qu'en Dieu seul, dont ils sont privés du divin amour. Et comment pourraient-ils se reposer entre les bras de celui à qui ils font une cruelle guerre ? Leurs prospérités sont pour eux de grandes peines. Ils trouvent la douleur dans leurs plaisirs ; et tous les efforts qu'ils font à se procurer de la satisfaction, leur causent mille inquiétudes.
Le monde a beau faire, qu'il aille où il voudra, qu'il prenne des ailes, pour parler avec le Psalmiste, pour voler vers l'orient, et qu'il habite vers l'extrémité de la mer, qu'il parcoure toute la terre et toutes les mers, qu'il jouisse de toutes les grandeurs qui s'y trouvent, des plaisirs que l'on y peut rencontrer, qu'il soit en pouvoir d'y prendre toutes les satisfactions que l'on y peut goûter, et qu'il ne se dénie rien de ce qui lui est agréable, il ne sera pas encore content, et il y aura bien des choses qui le feront peine. Aussi depuis la création de l'Univers, il n'a pu encore faire un homme parfaitement content. Qu'on lise toutes les Histoires, et on n'y trouvera pas une seule personne entièrement satisfaite. Il n'a point de richesses sans épines, il n'a point de douceurs sans amertume, il n'a point de grandeurs sans tourment.
Il n'y a nul âge ; nul sexe, nulle condition, qui soient exempts de souffrances : mais si le monde souffre dans ce qu'il a de plus doux et de plus agréable, quelle sera son affliction au milieu des maux qui l'environnent de toutes parts ! Quelles tristesses, quelles désolations dans la perte des biens, des charges, des femmes, des enfants, et des autres personnes que l'on aime ! Comme il est sans vue de Dieu, et sans son divin amour, sans la vue des vérités qui servent à modérer les maux de la vie, qu'il ne médite pas, il se donne en proie à la douleur, et il boit un fiel bien amer, sans le mélange des douces consolations des serviteurs de Dieu. Il demeure sans secours, et il boit de la coupe du vin de la colère du Seigneur jusqu'au fond de la lie. S'il est malade, il est dans des impatiences furieuses, il est dans des chagrins insupportables, et des inquiétudes assommantes, quand il lui arrive des maux qui l'affligent. Il est tourmenté pendant le jour ; et la nuit qui est destinée pour le repos, ne le laisse pas sans peines.
Mais qui pourrait dire les amertumes du monde, quand il faut sortir de cette vie ? Il voit que son heure est venue, il voit qu'il faut partir. Il regarde que ses attachements, dont il a dit tant de fois qu'il ne pouvait se déprendre, vont être rompus. Il connaît qu'une nécessité indispensable l'oblige de se séparer de ce qui l'arrêtait et l'empêchait d'aller à Dieu. Quelle horreur de quitter par force ce que jamais on n'a voulu lui donner par amour ! On lui arrache tout d'entre les mains, ses biens, ses amis ; il faut entrer dans une privation générale de toutes choses sans la moindre réserve. Mais quels saisissements de frayeur et d'horreur, s'il n'est point dans l'insensibilité dont nous parlerons, à la vue de l'éternité où il va entrer ? Il est certain qu'il y a un Paradis et un Enfer dans cette éternité : mais quelle espérance peut-il avoir du bonheur éternel du Paradis, après s'être écarté du chemin qui y conduit ? Toutes les apparences ne sont-elles pas qu'il s'en va dans le malheur infini de l'Enfer, après avoir tenu la voie de la perdition ? Ô quels transissements pour lors, quelles terreurs, quelle désolation !
Ces peines du monde durant la vie présente seront suivies des tourments dans la malheureuse éternité, qui ne se peuvent ni expliquer, ni être comprises. Hélas ! cela est bientôt dit, être damné ; mais c'est ce qui passe toute pensée. Ô monde ! ô monde ! il faut bien dire que ton malheur est bien grand, puisqu'il est incompréhensible.
(Le malheur du monde, M. Boudon)
Reportez-vous à Le malheur du Monde dans son insensibilité, Le malheur du Monde en ce que le démon en est le Prince, Prière pour demander à Dieu la victoire des tentations, Le malheur du monde en ce qu'il n'est point du Royaume de Dieu, Le malheur du monde, en ce qu'il ne peut recevoir le Saint-Esprit, Le malheur du Monde dans son opposition à Jésus-Christ, Le malheur du Monde dans ses occupations, Des divertissements, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De l'emploi du temps, De la conversation, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Des amitiés, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, VIE CHRÉTIENNE : Travail et Négoce, VIE CHRÉTIENNE : Repas, Récréations, Conversations et Visites, Méditation sur les règles que l'on doit suivre dans l'usage des divertissements permis, Méditation sur les divertissements du monde, Méditation sur la passion du jeu, Du Devoir des Pères de famille, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Méditation sur les devoirs des pères à l'égard de leurs enfants, Méditation sur la fidélité que la Religion nous inspire à l'égard des devoirs de notre état, Méditation sur l'Autorité, Le Malheur du monde pour les scandales, Méditation sur le péché de scandale, Excellence de la chasteté, Le malheur du monde dans les dangers où il se trouve, Le malheur du Monde dans ses honneurs, Le malheur du Monde dans ses plaisirs, Le malheur du Monde dans ses richesses, Le malheur du Monde, en ce qu'il ne connaît point Dieu, et son Fils Jésus-Christ, Le malheur du Monde dans les ténèbres, Ce que l'on entend par le Monde, Aveuglement de l'homme, Du vrai Religieux, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De la vie mixte, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De l'homme intérieur, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Ce
qui s'est observé dans un Ordre Religieux durant le premier siècle
depuis son établissement, doit être regardé comme meilleur que tout ce
qu'on peut inventer dans la suite, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Sur les trois mots qui furent dits à saint Arsène : Fuyez, taisez-vous, reposez-vous, Instruction sur les Conseils évangéliques, Du monde, Méditation sur les dangers du monde, Méditation sur l'amour de la retraite, Méditation sur les moyens de se sanctifier dans le monde, Méditation sur le détachement des biens de ce monde, Litanie pour se détacher des biens de ce monde, Méditation sur la gloire du monde, Méditation sur les obstacles que le monde oppose à notre salut, Méditation sur le renoncement au monde, Méditation sur deux règles qu'un Chrétien doit toujours observer pour faire son salut dans le monde, Méditation sur les affaires du monde comparées à celles du salut, Méditation sur l'affaire du salut, Que faut-il pour connaître sa vocation ? Premièrement, consulter Dieu, Que faut-il pour connaître sa vocation ? Deuxièmement, consultez-vous, vous-même, Que faut-il considérer dans le choix de la vocation ?, Quelle est ma vocation ?, Prière pour demander la grâce de connaître et d'accomplir la volonté de Dieu, Prière pour la vocation, Prière à Marie pour connaître sa vocation, Prière à Saint Joseph pour lui demander la grâce de connaître sa vocation, N'embrassez un état que par des motifs dignes d'une Chrétienne, En quelque état que vous soyez, rendez respectable, par vos sentiments et votre conduite, votre titre de Chrétienne, et Méditation sur ce qu'un Chrétien doit penser des richesses et des grandeurs du monde.
mercredi 9 février 2022
Gémissements en la présence de Dieu et de ses Anges, d'une âme éprouvée par les tentations
Qui me délivrera, Seigneur, de ce corps de péché qui fait ce que je ne veux pas, et qui m'impose une loi contraire à celle de l'esprit ? Qui me délivrera de cette foule de monstres qui m'environnent, et que je déteste ? Mon âme est comme la poussière de la terre exposée au gré des vents, comme une fleur de quelque apparence, que la moindre haleine flétrit, et comme une glace que le moindre souffle ternit. La tempête des tentations comme celle d'une mer agitée, m'inonde de telle sorte, que je ne vois point d'espérance d'échapper, si vous ne me préservez vous-même du naufrage. Mon imagination, ma mémoire, mon esprit et mon cœur sont d'intelligence pour me séduire. Mon corps et mes sens se livrent des combats continuels. Ce sont des ennemis domestiques qu'il est difficile d'attaquer, et encore plus difficile de vaincre. La jalousie du démon va jusqu'à la fureur, surtout contre ceux qui s'engagent à mener une vie angélique dans un corps mortel. Comment après cela, mon Dieu, vous pourrai-je, selon l'avis de l'Apôtre, glorifier dans mon corps tout grossier et terrestre qu'il est ? Cet Apôtre des nations veut que les corps des Chrétiens soient comme autant de chars glorieux où votre Majesté soit continuellement portée comme dans une espèce de triomphe. Grand Dieu, comment pourrez-vous être glorifié dans un corps si impur ? Comment votre Esprit pourra-t-il être porté dans un vase plein de corruption, et habiter dans une maison remplie d'objets capables d'irriter votre colère ? Quelle apparence que vous demeuriez dans les temples remplis d'idoles et d'abominations ? Levez-vous, Seigneur, et dissipez vos ennemis, purifiez le sanctuaire que vous voulez habiter. Soyez ma lumière et ma force, et étouffez dans leur naissance tant de sentiments indignes d'un Chrétien. Purifiez mon imagination des fantômes qui la souillent, des pensées qui la troublent, des désirs qui l'inquiètent. Découvrez-moi la vanité des plaisirs sensuels, les beautés de la chasteté, et la honte du vice contraire. Mais surtout, inspirez-moi assez de vigilance sur moi-même, pour résister dès le commencement de la tentation ; assez de fidélité pour recourir à vous au moment qu'elle me presse ; assez de courage pour la vaincre entièrement. J'implore ici votre assistance, Esprits angéliques, afin que je n'offense jamais la pureté de vos yeux. Placez-vous sur les murs de la Jérusalem céleste et spirituelle pour défendre le troupeau de la gueule du loup infernal, qui ne cesse de tendre des pièges à l'innocence. Sublimes Esprits, Astres brillants du matin, qui avez un accès si facile auprès de la Reine des vierges, obtenez-moi sa protection, et ne m'abandonnez pas dans le combat ; autrement je périrai dans ma misère. Faites-moi souvenir dans les moments critiques, que si on goûte ici-bas quelque volupté passagère, le remords qui l'accompagne, et la tristesse qui la suit, en découvrent bientôt la vanité, que ces plaisirs ne sont qu'imaginaires, et qu'il n'en est point de plus réels et de plus véritables, que ceux que goûtent les âmes pures dans la pratique de la chasteté.
Reportez-vous à Autres Gémissements d'une âme sur ses égarements passés, Prière pour demander à Dieu la victoire des tentations, Qu'il faut se conduire différemment, selon la différence des Tentations dont on est attaqué, Comment il faut se comporter dans les Tentations contre la foi et Contre la Pureté, Des Tentations qui se présentent à nous sous l'apparence du bien, Autres remèdes contre les Tentations, Saint François d'Assise : Qu'il faut traiter le corps avec ménagement pour lui enlever tout prétexte à murmurer, La
prière est encore un puissant remède contre la Tentation : Prières
courtes et ferventes dont on se peut servir dans le temps des Tentations, La défiance de soi-même et la confiance en Dieu, sont des moyens salutaires pour vaincre les Tentations, Ce
qui peut surtout nous rassurer dans les Tentations, c'est que Dieu ne
permet pas que nous soyons tentés au-dessus de nos forces, Remède contre les Tentations ; premièrement, il ne faut pas se décourager quand elles nous arrivent, Que les tentations sont une leçon salutaire, et pour nous et pour les autres, Les tentations servent à nous mieux faire connaître notre faiblesse, et à nous faire sentir le besoin de recourir à Dieu, Pourquoi Dieu permet que l'on soit tenté ; Avantages réels qui résultent de ces tentations, Que les uns sont tentés au commencement de leur conversion ; et les autres après leur retour à Dieu, Les Tentations sont inévitables en cette vie mortelle, Des tentations, Conduite à tenir à l'égard des tentations, Des tentations et des illusions, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Avis le plus utile de tous : Priez !, Aspiration dans les tentations, De quelques remèdes contre les tentations de l'impureté, et Quelques autres remèdes contre les tentations d'impureté.
mercredi 5 mai 2021
Le malheur du Monde dans ses plaisirs
Malheur à vous qui riez : c'est un Dieu qui parle, à qui les sens et l'esprit humain avec tous ses raisonnements le doivent céder : et certainement c'est être malheureux de porter des marques que l'on n'est pas des disciples de Jésus-Christ, qui ont les pleurs pour partage. C'est ceux à qui ce Dieu incarné dit : En vérité, en vérité, je vous dis que vous pleurerez, et que vous gémirez. Le monde se réjouira, et vous serez dans la tristesse. Ces paroles du Sauveur doivent être sérieusement méditées ; car cette répétition, En vérité, en vérité, marque quelque chose de grand et de très-certain. Elles nous apprennent indubitablement que les pleurs, les gémissements, les afflictions sont le partage de ses véritables disciples, et la joie du siècle le partage du monde.
Ceux qui sont à Jésus-Christ, écrit l'Apôtre, ont crucifié leur chair avec leurs vices et leurs passions ; parce que, selon la remarque d'un Interprète, la grâce du Baptême qui est toujours vivante en eux, les a entés en Jésus crucifié, et que le vieil homme est toujours cloué à la croix avec Jésus-Christ : de sorte que la vie du Chrétien est une continuelle mort à la chair et aux vices, et une vie de personnes ressuscitées. Tous les Chrétiens sont des crucifiés, ce qui ne peut être sans douleur et sans beaucoup de peines. Tous doivent porter leur croix à la suite de leur maître, sans aucune exception. Si quelqu'un veut me suivre, déclare-t-il, qu'il renonce à soi-même, qu'il porte sa croix, et qu'il me suive. Il n'y a point de réserve, dit S. Jean Chrysostome : si l'on veut être Chrétien, il faut porter sa croix ; quand on serait Roi, Général d'armée, Soldat, il n'y a point d'état, de condition, de qualité, de sexe, d'âge, qui en soient exempts : et certainement s'il a fallu que Jésus-Christ ait souffert pour entrer dans sa gloire, y a-t-il une pure créature qui puisse espérer d'y entrer sans souffrances ? Tous ne sont pas appelés au célibat, c'est une grâce particulière pour les personnes qui sont le plus en faveur auprès du Fils de Dieu : tous ne sont pas appelés au Cloître, à la solitude, aux grands emplois extérieurs, à la prédication de l'Évangile, à faire de grandes choses ; mais tous, sans excepter un seul, ont vocation pour porter leur croix.
C'est pourquoi les Saints qui marchaient dans la lumière, ont tremblé quand ils n'en ont pas vu les marques. Un Évêque, homme de Dieu, faisant voyage, entra dans la maison d'un riche, qui l'entretenant lui apprit qu'il abondait en tout ce que le monde appelle prospérité ; qu'il avait nombre d'enfants tous bien nés, de grands biens, beaucoup de santé, et enfin toutes les aises de la vie, sans savoir ce que c'était que l'affliction. À ces paroles l'Évêque se trouva plein de crainte, et donna ordre à ceux de sa suite de se retirer aussitôt ; ce qu'il fit avec eux. La colère de Dieu, dit ce Pontife, est sur cette maison ; et à peine étaient-ils sortis, qu'elle tomba et accabla sous ses ruines ceux qui y étaient. Le méchant, dit le Prophète Roi, a aigri le Seigneur ; la grandeur de sa colère fera qu'il ne s'en mettra plus en peine : il l'abandonnera à ses plaisirs. Les méchants, dit encore le même Psalmiste, ne sentent point les misères humaines comme les autres, et ils ne souffrent point les châtiments que souffre le reste des hommes. C'est pourquoi l'orgueil s'est saisi d'eux. Leur iniquité, comme à force de s'être engraissée, est sortie au dehors. Ils ont passé dans toutes les passions de leur cœur. Ils ont porté leur bouche jusque dans le ciel, et leur langue a passé sur la terre sans épargner personne. Voilà ces méchants et ces heureux du siècle qui possèdent des richesses. Vous voyez, s'écrie ici S. Bernard, que jamais Dieu n'est plus irrité que lorsqu'il ne se met pas en colère. S. Jérôme remarque que la bonace de la prospérité du siècle est une horrible tempête.
Le Saint-Esprit dit aux Hébreux : Le Seigneur châtie celui qu'il aime, et il ne reçoit aucun pour son fils, qu'il ne lui fasse sentir ses verges. Persévérez dans la docilité, Dieu vous traite comme ses enfants : car qui est l'enfant qui ne soit point corrigé par son père ? et si vous êtes exempts de la correction que tous les enfants ont reçue, vous êtes donc batards, et non pas de légitimes enfants. Que si nous avons respecté nos pères selon la chair, lorsqu'ils nous ont châtiés, combien plus devons-nous honorer par notre soumission celui qui est notre père selon l'esprit ?
S. Bernard touché vivement de ces vérités demandait à Dieu qu'il le châtiât en ce monde. Le saint homme Job soupirait après les souffrances, il les demandait avec instance après tant de maux qu'il avait endurés ; il protestait que sa consolation serait que Dieu ne l'épargnât point. Cela ne surprend point le véritable fidèle, qui croit à la divine parole, qui nous enseigne que ceux qui ne sont pas du nombre des personnes affligées, ne sont pas du nombre des enfants de Dieu. Notre-Seigneur, dit un Saint, est son enfant qui est sans péché, mais il n'est pas sans croix. De là vient que le S-Esprit nous apprend que les Sages ont leur cœur dans les choses affligeantes, et les fous dans les vaines joies ; et qu'il vaut bien mieux aller en une maison où il y a de la douleur, que dans une maison de banquet et de festin. C'est pourquoi il est encore écrit en Job : Que le fou s'enracine dans la terre, et que sa prospérité est un sujet de malédiction. Adam, dans l'état même d'innocence, a fait une chute épouvantable dans le Paradis terrestre où il n'y avait que des délices ; et les plaisirs, selon la remarque de saint Augustin, ont fait plus de mal à Salomon que toute sa sagesse ne lui a profité.
Malheur au monde donc dans ses plaisirs, malheur à ceux à qui tout y rit par une prospérité abondante, Malheur à vous, dit l'Esprit de Dieu, qui vous levez dès le matin pour vous plonger dans les excès de la table. Saint Jérôme a entendu particulièrement ces paroles des Pasteurs de l'Église, qui sont comme enivrés de l'amour du siècle, que quelques-uns d'eux boivent depuis le matin jusqu'au soir, c'est-à-dire dans toute la conduite de leur vie, pendant que les peuples meurent de faim, et sont sans aucune instruction. Ce qui est cause que l'enfer a étendu ses entrailles, et qu'il a ouvert sa gueule jusqu'à l'infini ; et ce qu'il y a d'illustre et de puissant, y descend en foule. Et le même Esprit de Dieu dans le Prophète Joël, parlant à ceux qui mettent leur joie dans les plaisirs de la table, qui boivent le vin avec plaisir, ne leur laisse que les cris et les hurlements comme les chiens et les loups. Saint Paul parlant de ceux qui font leur Dieu de leur ventre, qui ne s'attachent qu'à leurs plaisirs sensuels, et qui mettent leur gloire en ce qui les devrait confondre, qui ne pensant qu'à la bonne chère, se glorifient dans les excès de la bouche, et dans l'impudicité dont ils devraient plutôt rougir, il écrit qu'il en parle en pleurant, ne pouvant contenir ses larmes à la vue de leurs dérèglements ; il les appelle les ennemis de la croix de Jésus-Christ que l'Église invoque comme notre unique espérance, aussi il apprend que leur fin sera la perdition.
C'est la doctrine de son grand Maître : Celui qui aime sa vie, la perdra ; et celui qui hait sa vie en ce monde, la conservera pour la vie éternelle. Aimer sa vie, ou sauver sa vie, car notre seigneur dit tous les deux, c'est vivre dans les plaisirs et le faux repos de ce monde : mais ce qui est bien à remarquer, c'est que tous les quatre Évangélistes rapportent cette doctrine du sauveur de tous les hommes ; et saint Matthieu et saint Luc la répètent plusieurs fois en différents chapitres. Et de vrai on ne la peut trop insinuer à des hommes qui sont si portés à satisfaire leurs sens.
Mais malheur à eux ; car la joie du monde, qui est vaine, n'ayant rien de solide, qui n'est qu'une joie d'un moment par rapport à l'éternité, sera suivie d'angoisses inexplicables qui dureront toujours ; et les tourments, comme l'enseigne S. Jean dans l'Apocalypse, seront proportionnés à la grandeur de leurs délices. Les Dames qui auront eu plus de plaisirs en la vie, souffriront davantage dans l'Enfer. Voilà la récompense des malheureuses joies du monde.
Au contraire ceux qui n'oublient pas la consolation que Dieu leur donne par ces paroles : Mon fils, ne méprisez pas la correction du Seigneur, et ne vous découragez pas lorsqu'il vous reprend. C'est comme parle l'Apôtre aux Hébreux : Ceux qui tiennent pour un sujet de très-grande joie les afflictions qui leur arrivent, comme S. Jacques y exhorte dans son Épître Catholique, et qui en font un usage chrétien, qui sont du nombre des disciples de Jésus-Christ, à qui il a promis les gémissements et les pleurs, se réjouiront, et personne ne leur ravira leur joie ; car elle sera éternelle. Ah qu'il fait bon, et qu'il est avantageux de souffrir avec le Fils de Dieu durant le moment d'une vie qui n'est qu'une vapeur qui paraît pour un peu de temps, et qui se dissipe bientôt : c'est, comme en parle le Saint-Esprit dans l'Écriture, pour entrer dans sa joie pour un jamais, dont la grandeur ne se peut penser, et dont la durée est éternelle.
(Extrait de Le malheur du Monde, par M. Henri-Marie Boudon)
Reportez-vous à VIE CHRÉTIENNE : Repas, Récréations, Conversations et Visites, Comment M. Vianney abolit les danses à Ars, LE DIABLE, SES PAROLES, SON ACTION DANS LES POSSÉDÉS D'ILLFURT, d'après des documents historiques : Satan et les Fêtes, bals et danses, Le malheur du Monde dans ses richesses, Le malheur du Monde, en ce qu'il ne connaît point Dieu, et son Fils Jésus-Christ, Le malheur du Monde dans les ténèbres, Ce que l'on entend par le Monde, Aveuglement de l'homme, Du vrai Religieux, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De la vie mixte, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De l'homme intérieur, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Ce
qui s'est observé dans un Ordre Religieux durant le premier siècle
depuis son établissement, doit être regardé comme meilleur que tout ce
qu'on peut inventer dans la suite, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Sur les trois mots qui furent dits à saint Arsène : Fuyez, taisez-vous, reposez-vous, Instruction sur les Conseils évangéliques, Du monde, Méditation sur les dangers du monde, Méditation sur l'amour de la retraite, Méditation sur les moyens de se sanctifier dans le monde, Méditation sur le détachement des biens de ce monde, Litanie pour se détacher des biens de ce monde, Méditation sur la gloire du monde, Méditation sur les obstacles que le monde oppose à notre salut, Méditation sur le renoncement au monde, Méditation sur deux règles qu'un Chrétien doit toujours observer pour faire son salut dans le monde, Méditation sur les affaires du monde comparées à celles du salut, Méditation sur l'affaire du salut, Que faut-il pour connaître sa vocation ? Premièrement, consulter Dieu, Que faut-il pour connaître sa vocation ? Deuxièmement, consultez-vous, vous-même, Que faut-il considérer dans le choix de la vocation ?, Quelle est ma vocation ?, Prière pour demander la grâce de connaître et d'accomplir la volonté de Dieu, Prière pour la vocation, Prière à Marie pour connaître sa vocation, Prière à Saint Joseph pour lui demander la grâce de connaître sa vocation, N'embrassez un état que par des motifs dignes d'une Chrétienne, En quelque état que vous soyez, rendez respectable, par vos sentiments et votre conduite, votre titre de Chrétienne, et Méditation sur ce qu'un Chrétien doit penser des richesses et des grandeurs du monde.
