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mardi 8 mars 2022

ABRÉGÉ DU CATÉCHISME DE PERSÉVÉRANCE, DEUXIÈME PARTIE, Leçon LI : Cinquième Commandement


ABRÉGÉ DU CATÉCHISME DE PERSÉVÉRANCE

DEUXIÈME PARTIE

Contenant l'histoire et l'explication de la Religion

depuis la Naissance du Messie jusqu'à son Ascension


LIe LEÇON


DE NOTRE UNION AVEC NOTRE-SEIGNEUR,

LE NOUVEL ADAM, PAR LA CHARITÉ.

CINQUIÈME COMMANDEMENT.


Meurtre d'Abel

Q. Quel est le cinquième commandement de Dieu ?
R. Voici le cinquième commandement de Dieu : Homicide point ne seras, de fait ni volontairement. Après avoir assuré le bonheur du monde par le quatrième commandement, en obligeant tous les hommes à vivre les uns pour les autres, Dieu défend tout ce qui pourrait troubler ce bonheur.

Q. Que nous défend d'abord le cinquième commandement ?
R. Le cinquième commandement nous défend d'abord de commettre l'homicide, c'est-à-dire le donner injustement la mort à nous-mêmes ou aux autres : ainsi le meurtre, le duel et le suicide sont défendus par ce commandement.

Q. Pourquoi l'homicide est-il défendu ?
R. L'homicide est défendu, parce que l'homme n'a aucun droit sur la vie d'un autre homme, et, si les juges peuvent condamner à mort les criminels, c'est parce que Dieu leur en a donné le pouvoir.

Q. Pourquoi le duel est-il défendu ?
R. Le duel est défendu, parce qu'il n'appartient pas aux particuliers de se rendre justice à eux-mêmes.

Q. Pourquoi le suicide est-il défendu ?
R. Le suicide est défendu, parce que nous ne sommes pas plus maîtres de notre vie que de celle des autres : elle appartient à Dieu.

Q. Que nous défend encore le cinquième commandement ?
R. Le cinquième commandement nous défend encore tout ce qui peut conduire à l'homicide, en nuisant au prochain dans son corps et dans son âme.

Q. Comment nuit-on au prochain dans son corps ?
R. On nuit au prochain dans son corps par action, en le frappant, en le blessant ; par volonté, en se laissant aller à la haine, aux injures et aux imprécations.

Q. Comment nuit-on au prochain dans son âme ?
R. On nuit au prochain dans son âme par le scandale.

Q. Qu'est-ce que le scandale ?
R. Le scandale est une parole ou une action qui n'a pas toute la droiture qu'elle doit avoir, et qui, par là, donne aux autres occasions d'offenser Dieu ; le scandale est un plus grand péché que l'homicide, puisqu'il donne la mort à l'âme,

Q. Comment faut-il s'en confesser ?
R. Il faut s'en confesser en disant combien de personnes on a scandalisées et quel scandale on a donné.

Q. Suffit-il de se confesser d'avoir nui au prochain ?
R. Il ne suffit pas de se confesser d'avoir nui au prochain, il faut encore réparer le tort qu'on lui a fait et le scandale qu'on lui a donné.

Q. Que faut-il faire pour réparer le scandale ?
R. Pour réparer le scandale, il faut dire et faire le contraire de ce qu'on a dit ou fait de mal, et prier pour les personnes qu'on a scandalisées.

Q. Quels sont les avantages du cinquième commandement ?
R. Voici quelques-uns des avantages du cinquième commandement : 1° il protège le premier des biens naturels qui est la vie du corps ; 2° il protège le plus précieux des biens spirituels, qui est la vie de l'âme.


Je prends la résolution d'aimer Dieu par-dessus toute chose, et mon prochain comme moi-même pour l'amour de Dieu ; et, en témoignage de cet amour, j'éviterai de donner jamais le plus petit scandale.


Deuxième Partie : Leçon I : État du monde à la venue du Messie, Leçon II : Naissance du Messie, Leçon III : Vie cachée de Notre-Seigneur Jésus-Christ, Leçon IV : Vie publique de Notre-Seigneur, Première année, Leçon V : Vie publique de Notre-Seigneur, Première année, Leçon VI : Vie publique de Notre-Seigneur, Première année, Leçon VII : Vie publique de Notre-Seigneur, Deuxième année, Leçon VIII : Vie publique de Notre-Seigneur, Deuxième année, Leçon IX : Vie publique de Notre-Seigneur, Troisième année, Leçon X : Vie publique de Notre-Seigneur, Troisième année, Leçon XI : Vie publique de Notre-Seigneur, Troisième année, Leçon XII : Passion de Notre-Seigneur, Leçon XIII : Passion de Notre-Seigneur, Suite, Leçon XIV : Sépulture et Résurrection de Notre-Seigneur, Leçon XV : Vie glorieuse de Notre-Seigneur, Leçon XVI : Notre-Seigneur Réparateur du monde, Leçon XVII : Notre-Seigneur, Nouvel Adam, Leçon XVIII : Union de notre esprit avec Notre-Seigneur, le nouvel Adam, par la Foi, premier et deuxième articles du Symbole, Leçon XIX : Troisième, quatrième et cinquième articles du Symbole, Leçon XX : Le Purgatoire, Leçon XXI : Sixième et septième articles du Symbole, Leçon XXII : Huitième article du Symbole, Leçon XXIII : Neuvième article du Symbole, l'Église, Leçon XXIV : Neuvième article du Symbole, Leçon XXV : Dixième article du Symbole, Leçon XXVI : Onzième article du Symbole, Leçon XXVII : Douzième article du Symbole, Leçon XXVIII : Espérance et Grâce, Leçon XXIX : Premier moyen d'obtenir la grâce, la prière, Leçon XXX : Premier moyen d'obtenir la grâce, la prière : l'Oraison dominicale, Leçon XXXI : L'Ave Maria ou Salutation angélique, Leçon XXXII : Les sacrements, Leçon XXXIII : Le Baptême, Leçon XXXIV : Le Baptême (Suite), Leçon XXXV : La Confirmation, Leçon XXXVI : L'Eucharistie, Leçon XXXVII : L'Eucharistie (Suite), Leçon XXXVIII : De la Pénitence, Leçon XXXIX : De la Pénitence (Suite), Leçon XL : De la Pénitence (Suite), Leçon XLI : Des Indulgences et du Jubilé, Leçon XLII : De l'Extrême-Onction, Leçon XLIII : Du Sacrement de l'Ordre, Leçon XLIV : Du Sacrement de l'Ordre (Suite), Leçon XLV : Du Sacrement de Mariage, Leçon XLVI : De la Charité, Leçon XLVII : Premier Commandement, Leçon XLVIII : Deuxième Commandement, Leçon XLIX : Troisième Commandement, Leçon L : Quatrième Commandement, Leçon LII : Sixième et Neuvième Commandements.

Première Partie :
Leçon I : Enseignement vocal de la Religion, Catéchisme, Leçon II : Enseignement écrit, Écriture et Tradition, Leçon III : Connaissance de Dieu considéré en Lui-même, Leçon IV : Connaissance de Dieu par ses ouvrages, 1er Jour de la Création, Leçon V : Connaissance de Dieu par ses ouvrages, 2e Jour de la Création, Leçon VI : Connaissance de Dieu par ses ouvrages, 3e Jour de la Création, Leçon VII : Connaissance de Dieu par ses ouvrages, Fin du 3e et commencement du 4e Jour de la Création, Leçon VIII : Connaissance de Dieu par ses ouvrages, suite du 4e Jour de la Création, Leçon IX : Connaissance de Dieu par ses ouvrages, 5e Jour de la Création, Leçon X : Connaissance de Dieu par ses ouvrages, Fin du 5e et commencement du 6e Jour de la Création, Leçon XI : Connaissance de Dieu par ses ouvrages, Suite du 6e Jour de la Création, Leçon XII : Connaissance de l'homme considéré en lui-même, Leçon XIII : Connaissance de l'homme considéré dans ses rapports avec les créatures, Leçon XIV : Connaissance de l'homme considéré dans ses rapports avec Dieu, Leçon XV : Connaissance des Anges, Leçon XVI : Chute de l'homme, Leçon XVII : Accord de la justice et de la miséricorde divine dans la punition et dans la transmission du péché d'Adam, Leçon XVIII : Nécessité et perpétuité de la Foi au Mystère de la Rédemption, Histoire de Job, Leçon XIX : Connaissance de la Religion, Nature et définition de la Religion, Leçon XX : Connaissance de la Religion, Que la Religion est une Loi, Leçon XXI : Le Messie promis et figuré : Adam et Abel, Leçon XXII : Le Messie promis et figuré, Noé, Troisième Figure du Messie, Leçon XXIII : Deuxième promesse et quatrième figure du Messie, Melchisédech, Leçon XXIV : Isaac, cinquième Figure du Messie, Leçon XXV : Le Messie promis et figuré, Jacob, Sixième Figure du Messie, Leçon XXVI : Le Messie promis et figuré, Joseph, Septième Figure du Messie, Leçon XXVII : L'Agneau pascal, Huitième Figure du Messie, Leçon XXVIII : La Manne, Neuvième Figure du Messie, Leçon XXIX : Les sacrifices et le serpent d'airain, Dixième et onzième Figure du Messie, Leçon XXX : Moïse, Douzième Figure du Messie, Leçon XXXI : Josué, Treizième Figure du Messie, Leçon XXXII : Gédéon, quatorzième Figure du Messie, Leçon XXXIII : Samson, Quinzième Figure du Messie, Leçon XXXIV : Sixième Promesse du Messie, Leçon XXXV : David, Seizième Figure du Messie, Leçon XXXVI : Salomon, Dix-septième Figure du Messie, Leçon XXXVII : Jonas, Dix-huitième Figure du Messie, Leçon XXXVIII : Le Messie prédit, Prophéties de David, Leçon XXXIX : Le Messie prédit, Prophéties d'Isaïe, Leçon XL : Le Messie prédit, Prophéties d'Osée, de Michée, de Joël et de Jérémie, Leçon XLI : Le Messie prédit, Prophéties d'Ézéchiel, Leçon XLII : Le Messie prédit, Prophéties de Daniel, Leçon XLIII : Le Messie prédit, Prophéties d'Aggée, de Zacharie et de Malachie, Leçon XLIV : Résumé général et application des promesses, des figures et des prophéties, à Notre-Seigneur Jésus-Christ, Leçon XLV : Le Messie préparé, Monarchie des Assyriens, Leçon XLVI : Le Messie préparé, Monarchie des Assyriens, Histoire de Judith, Leçon XLVII : Le Messie préparé, Histoire de Tobie, Leçon XLVIII : Le Messie préparé, Monarchie des Perses, Histoire d'Esther, Leçon XLIX : Le Messie préparé, Monarchie des Grecs et des Romains, Leçon L : Le Messie préparé, Histoire des Machabées, Leçon LI : Unité de la Religion et de l’Église.












lundi 29 juin 2020

Le renoncement à soi-même : Le double exemple de l’apôtre Judas et de l’apôtre Simon-Pierre


Saint Pierre (Batoni)


C’est donc aux âmes, résolues à suivre Jésus dans la voie de ses commandements et même dans celle de ses conseils évangéliques, qu’incombe ce labeur du renoncement à soi.

Mais pour se renoncer, il importe avant tout de se bien CONNAÎTRE. Comment lutter avec succès contre les tendances mauvaises de notre nature, si nous ne les connaissons pas ; d’autant plus qu’en chacun de nous, il y en a une qui domine les autres et qui nous sollicite plus impérieusement au mal dans la mesure où nous l’avons déjà satisfaite ?

Et comment accepter de reconnaître cette mauvaise tendance dominante, ainsi que nos autres défauts, sans un grand esprit d’humilité, sans confesser que, laissés à nous-mêmes, nous ne valons rien et ne pouvons rien ? Ne craignons donc pas de méditer les fortes vérités fondamentales que nous propose le Père de Montfort.

Avec lui, nous considérerons avant tout notre entière appartenance à Jésus-Christ : nous sommes des rachetés au prix de son sang ; nous ne sommes donc pas nos maîtres, nous dépendons de la grâce rédemptrice.

Ensuite, nous nous appliquerons à mieux connaître :

Notre déchéance originelle et les tristes conséquences qu’elle entraîne pour chacun de nous ;
Notre misère de pauvres pécheurs et le besoin profond que nous avons du secours de Marie Médiatrice ;
Notre faiblesse personnelle face aux ennemis de notre salut, si nous ne confions pas à Marie notre trésor de grâces.

Nous découvrirons ainsi les raisons qui nous obligent à nous renoncer :

Renoncer à tout ce qui serait contraire aux obligations découlant de notre appartenance à Jésus-Christ ;
Renoncer, si nous ne voulons pas perdre le mérite de nos bonnes actions, à ce que nous sentons monter des bas-fonds de notre nature par suite du péché originel et de nos péchés personnels ;
Renoncer à toute pensée de suffisance, à tout sentiment de complaisance en nous-mêmes ; ce qui nous porterait à négliger le plus grand Moyen de nous unir à Jésus-Christ ;
Renoncer encore à cette folle confiance de prétendre sauvegarder, à l’aide de nos petites industries, le trésor de grâces et de vertus que nous portons en des vases fragiles.

En dernier lieu, nous serons heureux de constater que nous avons choisi, selon le conseil de notre maître spirituel, la forme de dévotion à Marie qui nous porte le plus à ces renoncements et qui les facilite. Nous verrons qu’elle est la meilleure et la plus sanctifiante : c’est notre « secret de grâce », que s’empressent de saisir les âmes humbles et dociles à l’Esprit-Saint.

(...)

Autre chose est de renoncer à Satan et au monde ; autre chose de marcher dans les pas du Christ en renonçant à soi-même. Nous sommes ici dans le labeur de la vie vraiment chrétienne, labeur qui réclame de constants efforts pour l’acquisition du Royaume de Dieu.
Si nous nous refusons à ces efforts, non seulement nous ne ferons aucun progrès, mais quand l’occasion de pécher se présentera, nous succomberons ; et ce sera peut-être le commencement d’une série de chutes qui souilleront les pages de notre vie.
Qu’il importe donc de bien se connaître, afin de savoir lutter contre soi-même, surtout dans les moments de tentation.


Le double EXEMPLE de l’apôtre Judas et de l’apôtre Simon-Pierre va nous montrer maintenant d’une manière concrète, d’une part, le malheur d’une âme qui s’est laissés prendre par l’esprit du monde ; et, d’autre part, le grand danger où s’expose l’âme qui ne se renonce pas.

JUDAS, appelé à suivre Jésus en qualité d’apôtre, avait bien commencé. Il occupait même un rang privilégié dans la petite communauté apostolique, puisqu’il en était le trésorier, ce qui était une marque de confiance.

Pourquoi n’a-t-il pas persévéré ? Comment expliquer sa déchéance ? C’est qu’il s’était bientôt placé à un point de vue étroit, vil et méprisable : le profit honorifique et lucratif qu’il pouvait retirer de son titre d’apôtre et de sa collaboration à l’œuvre de Jésus. Comme beaucoup de ses compatriotes, il avait rêvé d’un Messie glorieux et conquérant, qui serait le Roi temporel d’Israël. Il espérait donc occuper une situation très avantageuse dans le royaume, délivré à la fois des Romains et de la race usurpatrice des Hérodes.

Les exemples, la prédication du Sauveur, et son intimité avec lui, auraient dû le détourner d’entretenir pareil espoir et si folle ambition. Il n’en fut rien.

Les pensées de Judas furent démasquées le lendemain du jour où avait eu lieu le grand miracle de la première multiplication des pains. Jésus avait profité de ce miracle pour annoncer au peuple, en termes précis et avec insistance, la merveille autrement grande de son Eucharistie. « Je suis le Pain de vie. Ma chair est une nourriture et mon sang un breuvage. Celui qui mange ma chair et boit mon sang porte en lui la vie éternelle, et moi je le ressusciterai au dernier jour » (Jean, VI).

Devant de telles affirmations, les esprits qu’aveuglait l’orgueil s’étaient cabrés ; et beaucoup de Juifs, qui avaient suivi jusque-là le Sauveur, trouvèrent un prétexte pour s’éloigner de lui définitivement. En face de cette désertion, Jésus, se tournant vers ses Apôtres, leur posa nettement la question de confiance : « Est-ce que, vous aussi, vous voulez vous en aller ? »

Simon-Pierre prit alors la parole au nom de ses frères : Ah, Seigneur, à qui donc irions-nous ? Vous seul avez tous les secrets de la vie éternelle, et vous nous les livrez dans vos paroles. Il n’y a pas d’autre Maître que vous. Nous savons que vous êtes le Christ, le Fils de Dieu.

Admirable protestation de foi ! Si Jésus avait déjà fait tant de miracles, son amour tout-puissant saurait bien encore accomplir le miracle eucharistique. Il n’y avait donc qu’à le croire sur sa parole.

Mais, parmi les Apôtres, Judas ne pensait pas ainsi. Grande avait été sa déception en entendant le sauveur promettre, non pas un bonheur terrestre, mais l’aliment d’une vie surnaturelle qui ne serait autre que Lui-même. Puisque Jésus n’entrait pas dans ses vues, il n’y avait plus qu’à le quitter. Aussi, son apostasie était chose décidée ; et, à défaut d’une place lucrative dans le royaume de son rêve, il prélèverait tout ce qu’il pourrait sur la caisse apostolique pour assurer son avenir temporel. Il devint voleur. Le mot est de l’apôtre saint Jean (XII, 6). La passion de l’argent ira même jusqu’à le conduire à la trahison et au déicide.

En vain, Jésus tentera de le faire rentrer en lui-même, par l’horreur même de la perspective entrevue : « Ne vous ai-je pas choisis tous les douze ? » dit-il à ses Apôtres. Cependant, malgré ce choix de prédilection, l’un de vous est un démon, c’est-à-dire semblable au diable qui, de bon, s’est fait méchant (Jean, IV, 7).

D’autres avertissements suivront, dont le malheureux ne voudra tenir aucun compte. Il s’en ira, tête baissée, vers la damnation. Au soir de l’institution de la sainte Eucharistie, Judas consommera son apostasie en livrant le divin Maître pour trente deniers d’argent. Après quoi, fou de désespoir, il ira se pendre. Triste fin d’une âme qui a préféré obstinément l’esprit du monde à l’esprit de Jésus. Oh ! remercions encore saint Louis-Marie de Montfort de nous avoir mis si fortement en garde contre ce pernicieux esprit qui n’aboutit à rien moins qu’à la damnation éternelle.


L’apôtre SIMON-PIERRE, lui, ne s’était jamais laissé prendre par l’esprit du monde. Son amour pour Notre-Seigneur était sincère ; son dévouement, sans égal ; sa foi, au-dessus de tout éloge. Nous venons de le voir confesser la divinité de Jésus en une circonstance apparemment tragique pour le succès de la prédication évangélique.

Un peu plus tard, à Césarée de Philippe, non loin des sources du Jourdain, une autre confession de Simon-Pierre sera plus explicite encore. Se trouvant seul avec ces apôtres, Jésus les interroge : « Qu’est-ce que les hommes disent de moi ? » Les appréciations sont variées, répondent-ils. Les uns vous prennent pour Jean-Baptiste ressuscité, d’autres pour Élie ou pour Jérémie, ou encore pour quelqu’un des anciens prophètes revenu sur la terre.

« Mais vous, poursuit le Sauveur, qui dites-vous que je suis ? » Sans l’ombre d’hésitation, Pierre répond : « Vous êtes le Christ, le Fils du Dieu vivant ». Rien de plus complet ne pouvait se formuler. L’Apôtre ne dit pas : nous estimons, nous croyons, nous sommes convaincus ; sa réponse affirme ce qui est. Vous, Seigneur, que nos yeux contemplent dans la réalité de votre nature humaine, vous êtes, par delà ce qui apparaît aux regards, vous êtes le Fils éternel du Dieu vivant ; vous êtes le Christ, c’est-à-dire l’Oint de Dieu, le Messie attendu, Fils de Dieu, du seul vrai Dieu (Dom Delatte, l’Évangile de Notre-Seigneur).

Assertion si belle et si pleine que, sur-le-champ, Jésus lui déclare qu’il sera la pierre fondamentale de son Église : « Et moi, à mon tour, en récompense de ta foi, je te dis que tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Église ; et les portes de l’enfer ne prévaudront point contre elle » (Matth., XVI).

Comment expliquer alors la chute, aux heures douloureuses de la Passion, d’un apôtre si fortement attaché à son divin Maître ?…

C’est qu’il ne connaissait pas le point faible de sa nature impétueuse. Il avait en lui-même une confiance allant jusqu’à la présomption ; et ses privilèges au sein du Collège apostolique ne le garantissaient pas contre les tentations qui pouvaient survenir.

Jésus lui-même prend soin de l’en avertir. À la dernière cène, il avait parlé de séparation prochaine, et de l’impossibilité pour les disciples de le suivre là où il allait, c’est-à-dire au martyre, à la croix.

« Où donc allez-vous, Seigneur ? » demanda Pierre anxieux. « Là où je vais, répondit Jésus, tu ne peux me suivre maintenant, mais tu me suivras plus tard. » Et Pierre d’insister : « Pourquoi ne puis-je pas vous suivre dès maintenant ? Je donnerais ma vie pour vous !

— Ah ! Simon, Simon, reprit Jésus, tu ne sais donc pas que Satan a reçu licence, car c’est son heure, de vous cribler, vous mes Apôtres, de vous secouer comme le froment qu’on épure. Tous, vous serez scandalisés cette nuit à cause de moi ».

Pierre entreprend alors de se justifier, tant il est sûr de lui-même et de sa tendresse pour le Sauveur : « Quand bien même tous les autres seraient scandalisés à votre sujet, moi je ne le serai pas ! »

« En vérité, je te le dis, affirme Jésus, toi, toi, Simon, aujourd’hui, cette nuit même, avant que le coq ait chanté deux fois, tu m’auras renié trois fois ».

Cette assertion est intolérable à l’Apôtre ; il conteste fortement, il ose contredire son divin Maître qui est la Vérité même : « Dussé-je mourir avec vous, non, je ne vous renierai pas. Seigneur, avec vous je suis prêt à aller et en prison et à la mort » (Luc, XXII, 33).

En face d’une telle présomption, Jésus se tait, il attendra la leçon des évènements qui vont se dérouler. Après son arrestation au jardin des Oliviers, tous les Apôtres avaient commencé par s’enfuir. Pierre pourtant se ravise et, suivant de loin la cohorte, réussit à pénétrer dans la cour du palais de Caïphe, où des serviteurs et des gardes se chauffaient autour d’un feu de braise. Imprudemment, il se joignit à eux et voulut attendre pour voir comment le jugement finirait.

Mais la portière, s’approchant du groupe et regardant Pierre avec attention : « Toi aussi, lui dit-elle, tu es un des disciples du Nazaréen ? – Non, répondit l’Apôtre. Je ne sais pas, je ne comprends pas ce que tu veux dire ».

Un premier chant du coq retentit, auquel Pierre ne prit pas garde. Et voici qu’une autre servante fit remarquer aux gens qui se chauffaient que celui-là était vraiment avec Jésus le Nazaréen. Pierre nia une seconde fois, et même avec serment : « Je ne connais pas l’homme dont vous me parlez ».

Une heure environ s’écoula. Le malheureux Pierre ne pouvait se résoudre à sortir et prenait même part à la conversation. Quelques-uns lui dirent alors : « Mais sûrement tu es Galiléen, ton accent te trahit ». Un des serviteurs du Pontife alla jusqu’à préciser : « Je t’ai vu avec lui dans le jardin ». Pierre protesta avec jurement et imprécation qu’il ignorait ce qu’on voulait dire, qu’il ne connaissait nullement cet homme-là.

Les dénégations duraient encore lorsque le coq chanta pour la seconde fois. L’Apôtre alors se souvint de la prédication du Seigneur : « Avant que le coq n’ait chanté deux fois, tu m’auras renié trois fois ». Hélas ! c’était fait. Et voilà dans quelles chutes lamentables on peut tomber, bien que n’ayant pas l’esprit du monde, lorsqu’on ne se connaît pas et qu’on ne se renonce pas.

Simon-Pierre n’avait pas voulu reconnaître la faiblesse de sa volonté une fois laissée à elle-même. Bien au contraire, il s’affirme avec force, allant jusqu’à s’exalter au-dessus des autres et à se croire impeccable. La principale culpabilité de Pierre est dans cette folle estime qu’il a de lui-même : au lieu de s’humilier devant les avertissements de Jésus, il tombe dans la présomption et la témérité. Le reste suit, dès que l’occasion se présente.

Ce péché de l’Apôtre doit nous montrer, plus que toutes les considérations et les raisonnements, le bien-fondé de notre première Semaine. En l’employant à la connaissance de nous-mêmes, dans un grand esprit d’humilité, nous nous attaquons à la cause des chutes toujours possibles. Nous prévenons ces chutes parce que, avec la grâce de Dieu qui ne manque pas à celui qui la demande, nous facilitons les renoncements qui s’imposent pour résister aux tentations et demeurer fidèles Jésus.

Ne craignons donc pas de projeter la lumière sur nous-mêmes. Ce labeur spirituel est indispensable. Que son austérité ne nous effraye point. Pour nous encourager, pensons dès maintenant à la joie des deux Semaines qui suivront, notre méditation fixée alors sur la Sainte Vierge et sur Notre-Seigneur Jésus-Christ. Notre Consécration à ces Maîtres divins exige que nous commencions par nous humilier et nous affranchir de l’obstacle du « moi » égoïste, de l’attachement à notre esprit propre et à notre volonté propre.

Si, dans notre passé, nous avons à déplorer des fautes qui rappellent le péché de faiblesse de l’apôtre Simon-Pierre, imitons son repentir en faisant confiance au Cœur toujours aimant du Sauveur. Un regard a suffi pour faire fondre en larmes l’apôtre infidèle et pour dissiper à tout jamais l’orgueilleuse estime qu’il avait de lui-même. Aussi, quand Jésus lui demandera un triple serment d’amour en compensation du triple reniement : « Simon-Pierre, m’aimes-tu, m’aimes-tu plus que les autres ? », l’Apôtre ne répondra pas à la direction posée. Il ne s’élèvera plus, il ne se comparera plus, il n’affirmera plus rien de sa personne : il ne se répandra plus en vaines protestations, en promesses verbales illusoires. Il aura renoncé à tout cela et se contentera d’en appeler au témoignage et à la science infinie de son Maître : Oui, Seigneur, vous qui lisez dans le fond de mon cœur, vous savez bien que je vous aime, et non plus moi comme auparavant.

L’humilité – une humilité profonde – était entrée dans son âme avec la triste expérience de sa chute et la connaissance de son défaut dominant. Il en sera de même pour nous. La connaissance que nous allons acquérir de nos faiblesses et de nos tendances défectueuses fera tomber nos illusions. Elle nous acheminera vers cette vertu d’humilité qui, seule, favorise de façon efficace le renoncement à soi demandé par Notre-Seigneur.


(Père Dayet, Exercices préparatoires à la consécration de Saint Louis-Marie de Montfort)


Reportez-vous à Saint Pierre, Chef et Pasteur de l'Église de Jésus-Christ, Qu'est-ce que la persévérance ?Prière à Saint Pierre, Prière à Saint Pierre, pour obtenir de vivre et de mourir dans l'unité de la Sainte Église Romaine, ou pour demander une grâce quelconque, Litanies de Saint Pierre, ApôtreCommerce : Image de la vie spirituellePrière pour la PersévéranceL'inimitié entre Satan et Marie, Le Saint Esclavage de Jésus en Marie, d’après Saint Louis-Marie Grignion de Montfort, Un signe des temps : Le siècle de Saint Vincent Ferrier et Notre-Dame de Lourdes, Inimitiés entre les enfants de Marie et les esclaves du Diable, Prière d'un enfant de MarieSur la vaine curiosité, Par quelles armes battre le Tentateur ?, La Vierge Immaculée de Guadalupe, Pèlerinage et Méditation sous forme de dialogue, Cantique de Saint Louis-Marie Grignion de Montfort : Dieu sollicite la conversion du pécheur, De l'Amour du Père Surin pour tout ce que Notre-Seigneur a aimé, et premièrement de sa grande dévotion à la très-sainte Vierge, Cantique de Saint Louis-Marie Grignion de Montfort, sur l'horreur du péché mortel, Cantique d'Action de Grâce des esclaves d'amour de Jésus en Marie, par Saint Louis-Marie Griginion de Montfort, Litanies de l'Amour de Marie, Figure biblique de la parfaite dévotion à la Sainte Vierge Marie : Rébecca et Jacob, Votre mémoire est une boîte à tentations dans laquelle le démon pioche, Prions avec Saint Louis-Marie Grignion de Montfort, et La Vierge Marie et les derniers Temps.













vendredi 3 novembre 2017

Défendre le Cimetière



AVANT-PROPOS, Extrait de "Le Cimetière au XIXe siècle" de Mgr Gaume :


Avant tout, il faut expliquer le titre et le sous-titre de cet opuscule : Le cimetière au XIXe siècle ou le dernier mot des solidaires. Ces deux mots, dont le rapport logique ne s’aperçoit peut-être pas au premier coup d’œil, résument la nouvelle correspondance, arrachée à ma vieillesse, par l’impitoyable Frédéric : voici à quelle occasion.

Il y a quelques mois à peine, je terminais par les paroles suivantes, l'Angelus au XIXe siècle : « Ceux qui m’embellissent, dit la sainte Vierge, auront la vie éternelle : qui elucidant me, vitam aeternam habebunt. Je te laisse, mon cher ami, sur cette pensée, la dernière de notre dernière correspondance ; car, pour moi, il se fait tard et le jour est déjà sur son déclin : ad vesperascit et inclinata est jam dies. »

C’était mon testament littéraire ; mais Frédéric, dont l’importunité m’a forcé d’écrire l'Angelus, l'Eau Bénite et le Signe de la Croix, ne veut pas que je me repose.

Revenu, ces jours passés, d’un voyage en Allemagne et en Belgique, il m’écrit : « Le testament n’est irrévocable que par la mort du testateur. Grâce à Dieu, vous n’êtes pas mort. Si vous êtes âgé, vous n’êtes pas vieux. Ce n’est pas au fort du combat, qu’il est permis au soldat de déposer les armes. Vous le savez mieux que moi, la lutte est aujourd’hui plus vive que jamais. Comme au désert, Jésus-Christ et Bêlial sont en présence : c’est corps à corps que l’on combat.

« La lutte est générale ; la Belgique et l’Allemagne, que je viens de parcourir, ne sont que des brigades dans la grande armée du mal. Cette armée, qui s’appelle la Révolution couvre de ses soldats l’ancien et le nouveau monde.

« La lutte est à outrance ; comme dans certains combats de gladiateurs, il faut qu’un des deux champions reste sur le champ de bataille. Le but, mille fois avoué, de la Révolution est de tuer le Christianisme : c’est-à-dire de détruire, sans qu’il en reste vestige, tout ce qu’il enseigne, tout ce qu'il prescrit, tout ce qu’il a fait, tout ce qu’il a touché.

« Partout où se porte l’attaque, doit se porter la défense.

« Permettez-moi, mon cher maître, de vous signaler un point, que jusqu’ici la Révolution se contentait d’attaquer sournoisement par sa légalité ; mais dont elle veut aujourd’hui s’emparer ouvertement par la violence. À le défendre, tous les catholiques du monde sont vivement intéressés. Ce point de la dernière importance, et sur lequel j’appelle toute votre attention, c’est le CIMETIÈRE. »

Défendre le cimetière ! mais à quoi pense Frédéric ? quelle est la raison et surtout l’à-propos d’un pareil travail ? quel rapport peut-il avoir avec les grandes questions du moment ? telles ont été, en lisant sa lettre, mes exclamations.

Cependant la réflexion est venue. Des faits nouveaux et en grand nombre se sont produits ; mon étonnement a cessé et je crois avoir compris l’importance du point stratégique, qu’il s’agit de défendre. Je vais donc monter la garde à l’entrée du cimetière, appelant à mon aide tous les catholiques, évêques, prêtres et fidèles. La raison du travail qui m’est demandé et l’explication du titre de cette correspondance, se trouvent dans la formule suivante :

LE CIMETIÈRE, AU XIXe SIÈCLE, EST LE DERNIER THÉÂTRE DE LA LUTTE ACHARNÉE DU SATANISME CONTRE LE CHRISTIANISME.

En voici la preuve : Après avoir chassé Dieu de la naissance de l'homme, en excluant le baptême ; après l’avoir chassé de son entrée dans la vie sociale, en excluant le mariage, le solidarisme le chasse aujourd'hui de la mort de l’homme, en éloignant de sa sépulture et de sa tombe le ministre d'une religion quelconque. Au lieu d’être ce qu’il fut, ce qu’il est encore pour tous les peuples, civilisés ou barbares, un lieu respectable et sacré, le cimetière, aux yeux du solidarisme n’est plus qu’un pourrissoir ; et l’homme un tas de boue.

Par ses usurpations et ses profanations habituelles, par ses enterrements civils, imposés aux familles, achetés à prix d’argent et promenés en grande pompe : voilà ce qu’il s'efforce de persuader aux populations des villes et même des campagnes.

Cette scandaleuse ignominie, inconnue dans l’histoire, est, d’ailleurs, la conséquence logique des doctrines, mises en circulation à notre époque, et dont le solidarisme-enterreur est la dernière application. Ces doctrines, ou mieux, ces erreurs monstrueuses sont l’Athéisme, le Matérialisme, le Positivisme, le Socialisme, le Communisme et d’autres encore. Si vous mêlez ensemble tous ces rejets de la Libre Pensée, et, après les avoir pilés dans un mortier, vous les passez à l’alambic, de la cornue sortira infailliblement le produit que, dans son énergique langage, le peuple appelle un enterre-chien.

Au nom de la dignité humaine, au nom de la société et de la religion, protester de toute l’énergie de notre âme contre le solidarisme-enterreur qui, à l’instar du suicide, tend à devenir épidémique dans les jours mauvais que nous traversons : tel est le but général des lettres suivantes.

On verra, de plus, comment l’attaque opiniâtre du cimetière entre dans le plan de destruction universelle, conçu par la Révolution. En apprenant à connaître ce qu’est le cimetière, et réveillant notre foi sur les grandes vérités dont il est le prédicateur incorruptible, nous comprendrons que la haine acharnée de la Révolution doit être la mesure du courage, avec lequel nous défendrons ce lieu bénit, où nous devons tous reposer.





Reportez-vous à Bénédiction du Cimetière, Puissance des démons sur les morts, Nos devoirs à l'égard du Cimetière, Le Cimetière au XIXe siècle : Le corps chef-d’œuvre de Dieu, Enterrements autour des églises, Immortalité de l'âme, Cérémonies de L’Église et prière pour les morts, Comment les peuples païens ont dissipé une grande partie du patrimoine de vérités reçu des pères du genre humain, mais ont conservé le dogme de l'existence et de l'immortalité de l'âme, Par son nom, le cimetière prêche la résurrection de la chair, L'erreur qui consiste à croire que la vie d'ici-bas c'est la vie, est de toutes les erreurs la plus radicale, la plus cruelle, la plus désastreuse et malheureusement la plus répandue de nos jours, La mort est ordinairement conforme à la vie : L'exemple de deux Curés, La terre se couvrit de ronces et d'épines, Extrait du Sermon sur la Mort de Saint Robert Bellarmin, Préparation à la mort : Pensez-y bien, Litanies pour les Fidèles Trépassés, Sentiments et prières à l'occasion de la mort d'une personne qui nous était spécialement chère, Méditation sur la pensée de la mort, De la méditation de la mort, Tu es poussière et tu retourneras en poussière, Méditation sur la Préparation à la mort, Méditation sur la disposition habituelle où les Chrétiens doivent être à l'égard de leur mort, Litanies de la bonne mort, Méditation sur le désir de la mort, Méditation sur la crainte de la mort, Enseignement de l’Église sur le Purgatoire, La voie qui conduit au Ciel est étroite, Dévotion en faveur des âmes du Purgatoire, Les âmes du Purgatoire ont besoin de nos prières, Les indulgences pour les fidèles défunts, Secours de Saint Michel à l'heure de la mort, Sermon pour la Fête de Saint Joseph, La pensée du Purgatoire doit nous inspirer plus de consolation que d'appréhension, Offrir sa journée pour les âmes du Purgatoire, Méditation sur la durée des souffrances du purgatoire et l'oubli des vivants à l'égard des morts, Nous devons secourir tous les morts, même ceux que nous croyons déjà au Ciel, Motifs qui doivent nous engager à secourir les âmes du Purgatoire, La pensée du Purgatoire nous instruit sur la gravité du péché véniel, La pensée du purgatoire nous prouve la folie de ceux qui ne travaillent pas à l'éviter, Pour éviter le purgatoire endurons nos afflictions en esprit de pénitence, Les différents moyens de soulager les morts, La Sainte Vierge Marie, Mère de Miséricorde, Compassion de la Sainte Vierge, Le Purgatoire, motif de patience dans les maladies, Quelles sont les âmes qui vont en purgatoire, Un signe des temps : Le siècle de Saint Vincent Ferrier et Notre-Dame de Lourdes, et Litanie pour les âmes du Purgatoire.
















samedi 10 juin 2017

Résultats du spiritisme : la folie et le suicide - Dernier obstacle à l'envahissement satanique : la papauté



Extrait de "Traité du Saint-Esprit" de Mgr Gaume :


Le désespéré (Gustave Courbet)
« Satan, dit saint Cyprien, n'a d'autre désir que d'éloigner les hommes de Dieu, et de les attirer à son culte en leur ôtant l'intelligence de la vraie religion. Puni, il cherche à se faire des compagnons de son supplice de ceux qu'il rend par ses tromperies, participants de son crime (De idolor. vanit., c. VII). » Et saint Augustin : « Les démons feignent d'être contraints par les magiciens, à qui ils obéissent très volontiers, afin de les enlacer eux et les autres plus fortement dans leurs filets et de les y tenir enlacés (De civit. Dei, Lib. II, c. vi). » « Le démon, ajoute Alphonse de Castro, feint d'être pris, afin de te prendre; vaincu, afin de te vaincre ; soumis à ta volonté, afin de te soumettre à la sienne ; prisonnier, afin de te mettre dans ses fers ; il feint d'être attaché, par tes invocations, à une statue, à une pierre (à une table), afin de t'attacher par les chaînes du péché et de te traîner en enfer (Lib. I de Inst. haeretic. punit). » Et, au sein des nations baptisées, on laisse tranquillement se propager une pareille religion !

Dans l'ordre social, ses effets ne sont pas moins désastreux. Par cela même qu'il tend à détruire le christianisme, le spiritisme prépare la ruine de la société. Il faut ajouter que les principaux agents de la Révolution européenne sont spirites...

Dans l'ordre civil ou domestique, la Religion nouvelle se traduit par la folie et par le suicide. Ici encore nous dirons : Il en devait être ainsi. Satan est l'éternel ennemi de l'homme ; quiconque joue avec lui joue avec le feu. Victime de sa témérité, il marche à la démence, croyant marcher à la raison ; à la mort, croyant marcher à la vie. Tuer l'homme dans son âme et dans son corps, est le dernier mot du grand Homicide.

(...)

Il nous semble hors de doute que le Spiritisme peut prendre place au rang des causes les plus fécondes de l'aliénation mentale (Nampon., Disc, sur le Spirit., p. 41). » Une lettre de Lyon postérieure à ce rapport dit : « II est reconnu que, depuis l'invasion du Spiritisme dans nos murs, le nombre de ceux qu'on est obligé de renfermer pour cause de folie a plus que doublé. »

Partout où s'établit le Spiritisme se manifeste une progression analogue. Dans son mandement pour le carême de 1863, l'archevêque de Bordeaux dit à son clergé : « Défendez la vérité catholique contre les pratiques mystérieuses, les évocations, les fascinations, qui rappellent de tristes époques dans l'histoire du monde et qui, trop souvent, entre autres déplorables résultats, ont celui de produire la folie. »

Plus encore que la folie, le suicide est un signe manifeste de l'influence du démon. Violation suprême de la loi divine, négation absolue de la foi du genre humain, ce crime désespéré n'est pas dans la nature. Tout être répugne à sa destruction : mortem horret, dit saint Augustin, non opinio sed natura. Ainsi, la bête elle-même ne se tue pas volontairement. La pensée du suicide, qui met l'homme au-dessous de la bête, ne peut donc venir que d'une inspiration étrangère à sa nature.

Or, il n'y a que deux inspirateurs de la pensée : le Saint-Esprit et Satan. La pensée du suicide ne vient pas du Saint-Esprit. Il le condamne : Non occides. Elle vient donc de Satan, le grand Homicide, qui, depuis la création, n'a jamais cessé et qui ne cessera jamais de haïr l'homme, d'une haine poussée jusqu'à la destruction. Si la pensée du suicide vient du démon, que dire du crime lui-même ? Pour conduire l'homme à se détruire, quel empire ne faut-il pas avoir sur lui ? Plus il agit de sang-froid, dans la perpétration de ce crime, moins il est libre : c'est un caractère du suicide actuel.

Lors donc que vous apprenez qu'un homme s'est donné volontairement la mort, dites avec assurance : il était sous l'empire du démon. Si, dans l'histoire, vous trouvez une époque, où le suicide soit fréquent, dites avec la même assurance : le démon règne sur cette époque avec un grand empire. Si vous en trouvez une, où le suicide soit plus fréquent que dans aucune autre ; où il se commette de sang-froid, à tout propos, dans tous les âges et dans toutes les conditions; où il cesse d'inspirer l'horreur et l'épouvante, l'heure sera venue de trembler.

Malgré toutes les dénégations, vous affirmerez hautement que le démon règne sur cette époque avec une puissance presque souveraine, et vos affirmations seront infaillibles : l'histoire les confirme. Quand le suicide, sur une grande échelle, apparut dans l'ancien monde, le règne de Satan était à son apogée (Voir Hist. du suicide, par Buonafede). Ce crime en était le signe et la mesure. Devenu semblable à la Bête qu'il adorait, l'homme s'était abruti. Il ne croyait plus à rien, pas même à lui : sa profonde corruption appelait les barbares et le déluge de sang qui devait purifier le monde.

Banni par le christianisme, le suicide a reparu en Europe avec la Renaissance (Hist. du suicide, par Buonafede). À mesure qu'elle porte ses fruits, le suicide se développe ; car il en est un. Aujourd'hui il atteint des proportions que le monde païen ne connut jamais. Il se commet pour les causes les plus futiles, il se commet par les hommes et par les femmes, il se commet par les enfants et par les vieillards, par les riches et par les pauvres, dans les campagnes aussi bien que dans les villes. Il n'inspire plus ni horreur ni épouvante. On le lit, comme une nouvelle du jour. La loi ne le flétrit plus. On trouve mauvais que l'Église le condamne, et, chez un grand nombre, la conscience l'absout.

Avec le spiritisme disparaît la crainte de l'enfer; souvent même les esprits appellent à eux les vivants et les engagent à entrer, par la mort, dans une nouvelle incarnation plus parfaite, ou même à jouir de l'état d'esprits purs. Les aveux des spirites eux-mêmes, les faits trop nombreux qui ont retenti dans les journaux, les observations des médecins, les rapports des familles ne laissent désormais aucun doute sur l'influence homicide de la nouvelle religion.

Voici quelques aveux que nous avons recueillis de la bouche même de spirites très-avancés dans les pratiques du spiritisme et témoins des faits dont ils nous faisaient la confidence : « Le spiritisme est plein de dangers pour la santé et même pour la vie. Partout où il se développe avec une certaine intensité, surgissent des maladies anomales, un nombre immense de cas de folie, et la déplorable propagation du suicide, qui viennent frapper ceux qui s'y adonnent avec ardeur. » Revenus non sans peine de leurs erreurs, les mêmes spirites nous rapportaient un grand nombre de cas de suicide et de folie, arrivés parmi leurs frères en spiritisme. Leur témoignage ne faisait que confirmer notre expérience personnelle. À ce propos la Vera buona novella raconte qu'à Florence, où le magnétisme et le somnambulisme comptent de nombreux praticiens, un impie s'est donné au métier de spiritiste. Il a trouvé pour médium une pauvre jeune fille et s'est mis à évoquer les esprits infernaux. À force d'être appelés, les esprits, qui ne sont plus sourds, sont venus ; ils sont venus souvent, si souvent, qu'ils ont estimé plus court de s'établir à demeure chez la jeune fille, qui, à cette heure, est possédée et sur le point de mourir.

Qu'on juge maintenant si l'Église a eu raison de condamner les spirites, les somnambules, les magnétiseurs, leurs livres et leurs pratiques. Dès l'année 1856, le souverain Pontife signalait les pratiques démoniaques qui avaient pour but d'évoquer les âmes des morts, et recommandait à tous les évêques du monde catholique d'employer tous leurs efforts pour extirper ces pratiques abusives (Epist. Encycl. Pii PP. IX ad omnes Episcopos sub die, 4 Août 1856).

Bien que le décret ne nomme pas le spiritisme par son nom, attendu qu'à cette époque, il ne s'était pas encore bien démasqué, néanmoins il est clairement condamné par ces mots : évoquer les âmes des morts et en obtenir des réponses est une chose illicite et hérétique. Plus tard, il le fut plus directement, lorsque le même Pie IX, par le décret de la S. congrégation du Saint-Office en date du 20 avril et de la S. congrégation du concile du 25 du même mois 1864, condamna tous les ouvrages d'Allan Kardec qui traitent du spiritisme et tous les autres ouvrages traitant des mêmes matières : omnes libri similia tractantes.

Enfin, le père Perroue, jésuite romain, établit théologiquement la proposition suivante qui est la condamnation des modernes pratiques démoniaques : « Le magnétisme animal, le somnambulisme et le spiritisme, dans leur ensemble, ne sont pas autre chose que la restauration des superstitions païennes et de l'empire du démon. »

Une seule chose empêche le spiritisme de produire tous ses fruits : c'est le catholicisme.

(...)

Aujourd'hui, plus que jamais, la haine et l'amour se disputent Rome et tout ce qui parle de Rome remue les âmes, excite la double passion du bien et du mal.

Que prouve ce drame suprême que le monde n'a vu qu'une fois ? Ce qu'il prouvait il y a dix-huit siècles. Il prouve que Rome est toujours la reine du monde. Il prouve que Satan, expulsé de son empire et mis aux fers par le Rédempteur, a brisé sa chaîne et reformé sa Cité : cité redoutable qui se compose d'une grande partie de l'Europe enlevée au christianisme. Il prouve que pour la reconstituer telle qu'elle était autrefois, il n'a plus qu'à lui rendre Rome, son ancienne capitale ; qu'il la veut à tout prix et que pour s'en emparer il marche à la tête d'une immense armée de renégats, ne reculant, aujourd'hui comme autrefois, devant aucun moyen, et se promettant une prochaine victoire qui, suivant le mot de Pie IX, recommencera l'ère des Césars et des siècles païens, c'est-à-dire replongera le monde dans l'esclavage moral et matériel dont le christianisme l'avait tiré (Encycl. 8 décembre 1849. — C'est en d'autres termes ce que la Révolution ne cesse pas de dire à ses fils : « Je ne suis possible que sur les ruines de Rome. Le pape de moins*, tous les trônes tomberont naturellement. L'Italie à cause de Rome ; Rome à cause de la papauté. Tel doit être le point de mire constant de vos efforts. »).

L'Europe prend des villes réputées imprenables, et elle a peur. Avec une poignée de soldats, elle remporte au loin des victoires éclatantes sur des ennemis puissants, et elle a peur. Quatre millions de baïonnettes veillent à sa défense, et elle a peur. Elle dompte les éléments, elle supprime les distances, elle chante avec orgueil les miracles de son industrie ; l'or en abondance coule de ses mains ; dans ses vêtements, la soie a remplacé la bure ; la nature entière est devenue tributaire de son luxe ; sa vie ressemble au festin de Balthasar, et elle a peur. La peur est partout. Les nations ont peur des nations. Les rois ont peur des peuples ; les peuples ont peur des rois. L'homme a peur de l'homme. La société a peur du présent et plus peur de l'avenir. Elle a peur de quelqu'un ou de quelque chose, dont le nom est un mystère.

Pourquoi a-t-elle peur ? Parce que l'instinct de sa conservation l'avertit qu'elle n'est plus régie par l'Esprit de vérité, de justice, de charité, sans lequel il n'y a ni ordre possible, ni société durable, ni sécurité pour personne. Ces craintes ne sont pas vaines. Pour les nations comme pour les individus, entre la Cité du bien et la Cité du mal, entre Bélial et Jésus-Christ : pas de milieu.

Or, en revenant dans le monde, Satan, quoi qu'en disent ses apologistes, y revient tel qu'il est, tel qu'il a toujours été, tel qu'il sera toujours : la HAINE. Forçat de l'enfer, qu'il sorte du bagne, débarrassé de la puissante camisole de force qu'on appelle le catholicisme, et nous verrons ce qu'il fera. Orgueil et cruauté, mensonge et volupté, il fera demain ce qu'il a fait à toutes les époques, où il fut Dieu et Roi, ce qu'il continue de faire chez toutes les nations soumises encore à son empire. La guerre sera partout ; le sol se couvrira de ruines. On verra couler des fleuves de larmes et des fleuves de sang. L'humanité avilie subira des outrages inconnus dans l'histoire : châtiment adéquat d'une révolte contre le Saint-Esprit, sans analogue dans les annales des peuples chrétiens.

À moins d'un miracle, tel est, il ne faut pas se le dissimuler, l'abîme béant vers lequel nous marchons. Comment nous arrêter sur la pente ? Arrière tous les moyens de salut de la sagesse humaine. Non, cent fois non : l'Europe infidèle au Saint-Esprit ne sera sauvée ni par la philosophie, ni par la diplomatie, ni par l'absolutisme, ni par la démocratie, ni par l'or, ni par l'industrie, ni par les arts, ni par l'agiotage, ni par la vapeur, ni par l'électricité, ni par le luxe, ni par les beaux discours, ni par les baïonnettes, ni par les canons rayés, ni par les navires cuirassés. Comment donc sera-t-elle sauvée, si elle doit l'être ? La réponse est facile. Perdu pour s'être livré à l'Esprit du mal, le monde moderne, comme le monde ancien, ne sera sauvé qu'en se donnant à l'Esprit du bien. L'enfant prodigue ne retrouve la vie qu'en retournant à son père.




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mercredi 24 mai 2017

Méditation sur l'homicide


Meurtre d'Abel par Caïn (Gustave Doré)






1er point. Vous ne tuerez point, dit le Seigneur : Non Occides.

Cette Loi défend tous les meurtres extérieurs, et par conséquent, 1° l'homicide de soi-même, lorsqu'on attente à sa propre vie, pour hâter la fin de ses peines ; 2° les duels ; ce qui emporte la condamnation de ceux qui les provoquent, qui les autorisent ou qui les approuvent ; 3° la précipitation, la négligence ou la prévention dans les jugements qui décident de la vie d'un homme et quelquefois de la vie de plusieurs hommes à la fois ; tel était l'arrêt injuste par lequel Assuérus ordonna le massacre de tous les Juifs à la sollicitation du cruel Aman ; 4° les guerres qui ne sont allumées que par une ambition outrée, par un désir effréné d'accroître sa puissance au-delà des bornes légitimes.


2e point. Cette même Loi défend également les meurtres intérieurs, que l'on commet dans son cœur par le désir de la mort d'un ennemi qui nous offense et qui nous persécute ; d'un époux ou d'une épouse dont la conduite nous est odieuse et nous paraît insupportable ; d'un père même (qui le croirait !), ou d'un parent dont la succession se fait trop attendre. Car à quel excès, grand Dieu, ne se porte-t-on pas dans le secret du cœur, quand la cupidité y commande ! Et de quelles horreurs ne devient pas capable une âme que vous abandonnez, parce qu'elle vous abandonne !




Reportez-vous à Explication du cinquième commandement de DieuLeçon XVI : Quatrième, cinquième et sixième Commandements, Méditation sur les moyens de connaître les passions dominantes, Méditation sur le désir de la mort, Méditation sur l'amour de la vie, Méditation sur la crainte de la mort, Méditation sur la recherche volontaire de l'occasion prochaine du péché, Méditation sur l’œil qui scandalise, Méditation sur le jurement, Méditation sur les moyens d'acquérir la pureté du cœur, Méditation sur la pureté du cœur, Méditation sur l'attache au péché véniel, Méditation sur la distinction du péché mortel et du péché véniel, Méditation sur l'exemple de la multitude, Méditation sur la nécessité des progrès dans la vertu, Méditation sur la voie étroite, Méditation sur le discernement des bons et des mauvais exemples, Méditation sur la douceur, Méditation sur les richesses, Méditation sur la flatterie, Méditation sur l'ambition, Méditation sur les murmures, Méditation sur l'obligation de porter sa croix, Méditation sur le renoncement à soi-même, Méditation sur les défauts d'autrui, Méditation sur les scrupules, Méditation sur l'emploi du temps, Méditation sur l'observation des Lois de Dieu et Méditation sur la crainte de Dieu.