mercredi 28 février 2018

Méditation sur les avantages attachés à la pratique de l'Aumône







1er point. Dieu met à sa place celui qui fait l'aumône. Un Chrétien charitable, dans l'esprit de la Religion, n'est pas seulement un homme qui soulage son semblable ; c'est un homme qui tient la place de Dieu même, de cet Être infiniment miséricordieux, qui n'aime à exercer son pouvoir que par ses bienfaits. Faire l'aumône, c'est donc être le Substitut et le Coopérateur de Dieu même à l'égard du pauvre. Un Chrétien charitable est comme une espèce de Divinité qui produit des changements soudains et souvent imprévus, dans l'âme et dans la fortune des malheureux.


2e point.
Dieu se met lui-même à la place de celui qui la reçoit. Un pauvre, dans l'esprit de la Religion, n'est pas seulement une portion de l'humanité affligée et souffrante ; c'est un membre de Jésus-Christ, qui souffre ; c'est Jésus-Christ en personne qui nous demande du secours et du soulagement. Si vous saviez quel est celui qui vous demande un peu d'eau pour étancher sa soif, disait autrefois le Sauveur à la Samaritaine : Si scires donum Dei, et quis est qui tibi dicit : da mihi bibere. Vous le savez Chrétien ; vous n'ignorez pas que c'est Jésus-Christ même qui a recours à tous dans la personne de ce pauvre : serez-vous assez barbare, assez ingrat, assez impie pour lui refuser ce qu'il vous demande, et ce que vous pouvez aisément lui donner ?




Reportez-vous à Méditation sur la restitution, Méditation sur les aumônes des Pécheurs, Méditation sur les prières des pauvres, Méditation sur la Libéralité, Méditation sur les devoirs des riches dans les malheurs publics, Méditation sur le malheur des temps, Méditation sur le goût de la dépense, Méditation sur la charité envers les Pauvres, Méditation sur l'obligation de l'Aumône, Méditation sur l'honneur que l'on rend à Dieu par l'aumône, Méditation sur l'inégalité des conditions, Méditation sur le Luxe, Méditation sur la distinction du nécessaire et du superflu, Méditation sur l'abus des richesses, Méditation sur les richesses, Méditation sur ce qu'un Chrétien doit penser des richesses et des grandeurs du monde, Méditation sur les affaires du monde comparées à celles du salut, Méditation sur le vrai bonheur, Méditation sur le bonheur des Pécheurs comparé à celui des Justes, Méditation sur les moyens de se sanctifier dans le monde, Méditation sur les obstacles que le monde oppose à notre salut, Méditation sur la flatterie, Méditation sur la vaine gloire, Méditation sur l'usage qu'un Chrétien doit faire de ses talents, Méditation sur les petites actions de VertuMéditation sur le mérite des petites actions de vertu, Méditation sur le rapport des actions à Dieu, Méditation sur l'habitude des fautes légères, Méditation sur la négligence à éviter les fautes légères, Méditation sur l'attache au péché véniel, Méditation sur la distinction du péché mortel et du péché véniel, Méditation sur la différence des devoirs, Méditation sur les obligations attachées aux Charges et aux Dignités du monde, Méditation sur l'ambition, Méditation sur la gloire de Dieu, Méditation sur les jugements du monde, Méditation sur la gloire du monde, Méditation sur les dangers du monde, Méditation sur l'application aux devoirs de son état, Méditation sur la fidélité que la Religion nous inspire à l'égard des devoirs de notre état, Méditation sur le mérite attaché à la pratique des devoirs de son état, Méditation sur le motif qui doit nous conduire dans la pratique des devoirs de notre état, Méditation sur les dangers propres de chaque état, Méditation sur les vertus qu'on exerce en pratiquant les devoirs de son état, Méditation sur les défauts qui rendent un jugement téméraire, Méditation sur les soupçons, Méditation sur la défiance, Méditation sur la défense de juger le prochain, Méditation sur la connaissance des vertus et des vices, Méditation sur la vraie pénitence, Méditation sur le respect humain, Méditation sur les péchés d'ignorance, Méditation sur l'aveuglement de la Conscience, Méditation sur la passion dominante, Méditation sur les moyens de connaître les passions dominantes, Méditation sur le détachement des biens de ce monde, Méditation sur le renoncement au monde, Méditation sur l'affaire du salut, Méditation sur la fuite des occasions prochaines du péché, et Méditation sur la recherche volontaire de l'occasion prochaine du péché.












Méditation pour le Mercredi de la deuxième semaine de Carême : Jour d'humilité








LE MERCREDI DE LA DEUXIÈME SEMAINE DE CARÊME

Jour d'humilité


PRATIQUE

Ne laissez échapper aujourd'hui aucune pensée, aucune parole ni aucune action d'orgueil. Pratiquez l'humilité d'esprit, en vous persuadant que vous n'êtes rien ; l'humilité de cœur, en sentant votre bassesse et vos misères ; l'humilité d'action, en choisissant toujours le plus bas et le plus ravalé pour vous. Humiliez-vous devant votre prochain ; soyez petit à vos yeux, et agissez conséquemment. Mais pour le faire avec succès, ayez devant les yeux Jésus-Christ, qui s'est humilié jusqu'à la mort, et songez aux récompenses glorieuses qu'il a promises aux humbles.


MÉDITATION

Ordonnez, Seigneur, que mes deux fils que voici soient assis dans votre royaume, l'un à votre droite, l'autre à votre gauche (Matt. 20).


1er point.
Jésus-Christ souffre qu'une mère ambitieuse lui demande des places d'honneur pour ses deux enfants ; et de là, il prend occasion d'inviter à pratiquer l'humilité. Vous ne savez ce que vous demandez, dit-il à cette femme ; pour faire entendre à ses disciples, qui étaient présents, que, pour être admis au royaume du ciel, il faut avoir une véritable humilité dans le cœur, et que l'ambition est seule capable de nous en exclure. Dieu regarde les superbes comme ses ennemis, et ne donne sa grâce qu'aux humbles. Jésus-Christ répond à cette demande par une prédiction sanglante, en proposant à Jean et à Jacques de boire le calice qu'il boira, pour nous montrer qu'un orgueilleux ne doit s'attendre qu'à des humiliations et à des souffrances. Dieu permet toutes ces contradictions et ces amertumes pour le guérir et le confondre ; si elles ne guérissent pas son orgueil, elles seront de tristes préludes des humiliations et des souffrances éternelles qui lui sont préparées selon cet oracle que Jésus-Christ a prononcé tant de fois : Celui qui s'élève sera abaissé. Gravez-le profondément dans votre cœur pour en réprimer toutes les saillies d'orgueil.


Jésus dit à ses disciples : Quiconque d'entre vous voudra être le plus grand, doit être le serviteur de tous, pour imiter le Fils de l'homme, qui n'est pas venu pour être servi, mais pour servir.


2e point. La conversation des apôtres doit nous faire trembler ; si les saints ne sont pas exempts de sentiments d'orgueil et de disputes basses et puériles, nous n'en serons pas exempts nous-mêmes, et nous devons être incessamment en garde contre ces dangereuses saillies. Les rois des gentils, dit notre adorable Sauveur, dominent avec empire sur leurs sujets, et je ne prétends pas qu'il en soit de même entre vous ; celui qui voudra être le plus grand, sera le serviteur des autres : il soutient cette céleste doctrine par son exemple, en ajoutant ces paroles : Comme le Fils de l'homme, il n'est pas venu pour être servi, mais pour servir et donner sa vie pour la rédemption de plusieurs. Un Dieu réduit par amour à la condition de serviteur, quel exemple ! Un serviteur superbe, qui veut mettre tout le monde à ses pieds, quel monstre ! Ah ! si l'humilité d'un Dieu sauveur ne guérit pas notre orgueil, il n'y a plus de remède.


SENTIMENTS

Ô mon adorable Sauveur ! vous m'apprenez l'humilité, non-seulement par vos paroles, mais encore par vos actions. Je vous vois tantôt dans l'obéissance et dans la servitude à l'égard de vos parents, qui étaient vos créatures ; tantôt aux pieds d'un traître pour les lui laver ; tantôt injurié, méprisé et outragé par des scélérats, vous, Seigneur, la grandeur même, puisque vous êtes Dieu ! Et moi, vile créature et indigne pécheur, qui ne mérite que des humiliations et des mépris, je me révolte dès qu'on m'humilie, et il n'est rien que je ne mette en usage pour m'élever au-dessus des autres ! Domptez mon orgueil, ô mon Dieu !, et apprenez-moi à le dompter moi-même ; éclairez mon esprit, pour le convaincre que je ne suis rien ; que mon cœur le sente et ne se révolte jamais, et que toutes mes actions portent un témoignage authentique de la sincère humilité de mon esprit et de mon cœur.


SENTENCES

Dieu résiste aux superbes, et donne sa grâce aux humbles (Jac. 4).

La juste mesure de votre grandeur est celle de votre humilité ; celle de votie vraie bassesse est celle de votre orgueil (Div. Aug. de virgin. c. 31).


RÉFLEXIONS

Jésus au tribunal d'Anne


Conduire Jésus-Christ à un tribunal composé de scélérats et d'un juge impie et passionné ! Conduire le souverain juge des vivants et des morts devant ses propres créatures, pour être interrogé, jugé et condamné à mort comme un coupable, lui devant le tribunal duquel tous les hommes et les plus puissants monarques paraîtront en posture de criminels, pour entendre de sa bouche un arrêt irrévocable de vie ou de mort ! Quelle affreuse injustice, et quel énorme attentat !
Jésus, fatigué de ce douloureux voyage dans lequel il avait été si cruellement outragé, entra chez Anne, où les prêtres et les pharisiens, tous avides de son sang, l'attendaient avec impatience pour contenter leur envie et commencer son procès.
Voyez Jésus seul au milieu de ce conseil de cruels ennemis. Il est debout comme un criminel ; ses mains sont liées de cordes, la tristesse est peinte sur son visage, sa bouche garde le silence, son esprit est accablé de peine, et son cœur est percé d'une vive douleur. Il va répondre, il va souffrir à notre place. On l'interroge sur ses disciples, sur sa doctrine qui était toute divine ; il répond avec modestie et fermeté, et cette réponse lui attire le plus grand des outrages. C'est ainsi que la vérité, loin de triompher des cœurs rebelles, ne produit souvent que la haine.


PRIÈRE

Jetez un regard favorable, Seigneur tout-puissant, sur votre peuple humilié, qui implore avec ardeur votre divine miséricorde. Ouvrez-lui les yeux de l'âme pour connaître ses misères ; faites-lui sentir qu'il n'est rien, ne peut rien sans vous, pour lui faire embrasser par amour la véritable humilité dont vous lui avez donné l'exemple, depuis votre crèche jusqu'au tombeau ; et faites qu'en humiliant et en mortifiant sa chair, il purifie son âme, et en retranche tous les vices. Nous vous en prions par les mérites de Jésus-Christ, votre fils.





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mardi 27 février 2018

Méditation sur les devoirs des pères à l'égard de leurs enfants


Famille Martin





1er point. Il ne suffit pas de les former pour le monde ; il est encore plus important de les élever et de les former pour le Ciel : 1°, par de fréquentes et solides instructions ; 2°, par de bons exemples, sans lesquels les plus belles instructions seront stériles et infructueuses. Et quel exemple leur donnez-vous, s'ils ne vous voient occupés qu'à jouir des faux biens de ce monde, et à violer toutes les règles de l'Évangile, pour satisfaire mille projets d'ambition et de vanité ? Comment pourrez-vous leur inspirer des sentiments de Religion, s'ils s'aperçoivent que vous ne la pratiquez pas ?


2e point.
Quelles sont les instructions qu'il importe le plus à leur donner ? Elles sont toutes renfermées dans ces paroles, que le Saint-Esprit adresse à tous les pères : Ayez soin, leur dit-il, de faire connaître à vos enfants les saintes Ordonnances du Seigneur, afin qu'ils mettent en lui toute leur espérance ; qu'ils n'oublient jamais les merveilles qu'il a faites en faveur de vos pères, et qu'ils songent nuit et jour à méditer et à pratiquer sa Loi. Tels sont les biens dont il faut leur faire un fonds considérable ; tels sont les trésors qu'il faut principalement s'attacher à leur acquérir. Quelque fortune que vous leur laissiez après votre mort, la meilleure partie de leur héritage sera toujours l'amour et la crainte de Dieu, la charité, la justice, les prières des pauvres, et les bénédictions du Ciel que l'effet, presque infaillible de ces prières, ne peut manquer d'attirer sur eux.




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lundi 26 février 2018

Méditation pour le Lundi de la deuxième semaine de Carême : Jour de recherche









LE LUNDI DE LA DEUXIÈME SEMAINE DE CARÊME


Jour de recherche




PRATIQUE

Dites à votre réveil avec l'épouse des Cantiques : Seigneur, montrez-moi votre face ; que votre voix délicieuse résonne à mes oreilles. Je me lèverai de mon lit, et je chercherai celui que mon cœur aime. Cherchez Dieu dans vos prières, dans son sanctuaire, dans la solitude, dans les compagnies, dans vos emplois ; cherchez-le dans le mépris, dans les afflictions, et surtout dans votre propre cœur : il y est, et vous l'y trouverez, si vous l'aimez. Pour que cette recherche soit parfaite, cherchez Dieu purement pour Dieu.


MÉDITATION

Jésus dit aux Juifs : « Je m'en vais, et vous me chercherez, et vous mourrez dans votre péché. » (Jean, 8)


1er point. Pour chercher Dieu avec succès, rectifiez votre foi, et faites en sorte qu'elle soit animée par la charité et soutenue par les bonnes œuvres. Élevez-vous de la terre, quittez-en les sentiments, et détachez-vous du monde qui ne le connaît pas. Examinez toutes les démarches que Dieu a faites pour rechercher votre cœur : les inspirations, les bons mouvements, sa divine parole, les afflictions même qu'il vous a ménagées pour vous détacher du monde, et pour vous engager à le chercher. Comment y avez-vous répondu ? Avez-vous jamais bien pensé au malheur d'une âme qui n'a pas Dieu avec elle ? Quelle triste solitude ! Les plaisirs peuvent bien l'amuser, mais ils ne peuvent lui donner le bonheur. Elle a chez elle un vide, et elle sent bien qu'il n'y a que Dieu seul qui puisse le remplir. Tout lui manque quand elle ne l'a pas. Cherchez Dieu, c'est le plus grand de tous les biens, et vous ne pouvez vous passer de lui. Fuyez le monde ; c'est un obstacle invincible à sa recherche, et il ne s'y trouve jamais.


Celui qui m'a envoyé est avec moi, dit Jésus-Christ, parce que je fais ce qui lui est agréable.


2e point. Vous êtes toujours avec celui que vous cherchez quand vous faites sa volonté, sans cela vous ne le cherchez pas, et il ne se montrera jamais à vous. C'est une nécessité absolue de chercher un Dieu, sans lequel nous ne pouvons vivre. Il faut le chercher dans le temps et pondant que nous pouvons le trouver, parce que c'est le seul moyen de le posséder pendant toute une éternité. Il faut le bien chercher, c'est-à-dire comme nous chercherions la chose la plus précieuse que nous aurions perdue, et d'où dépendraient notre repos, notre bonheur et notre vie. Enfin, il faut chercher Dieu jusqu'à la mort ; car il n'y a que la seule persévérance qui l'engage à se montrer et à se faire sentir. Il ne faut jamais se lasser de frapper à la porte de son cœur ; ce trésor précieux mérite une constante recherche, et l'on est bien aveugle et bien lâche de s'arrêter en chemin. Vous l'avez peut-être cherché dans un jour de dévotion et dans un temps où vous trouviez un goût sensible à le rechercher. Le lendemain vous vous êtes relâché, et vous vous êtes recherché vous-même. Cherchez Dieu jusqu'au dernier soupir de la vie ; c'est alors qu'on le trouve bien avantageuse ment, puisqu'on est assuré de ne jamais le perdre.


SENTIMENTS

Quel trouble, quel chagrin, quelle stérilité affreuse, quel vide épouvantable et quelle inquiétude n'ai-je point ressentis dans mon esprit et dans mon cœur quand je me suis relâché moi-même, sans penser à chercher mon Dieu ! Ce qui me paraissait devoir être le centre de mon repos ne m'a causé que trouble et alarmes. J'ai cherché l'estime des créatures, et souvent je n'ai trouvé que du mépris. J'ai cherché le monde, et je n'ai trouvé chez lui que néant, spécieuses apparences, et il n'a jamais pu remplir tout mon cœur. Je n'ai trouvé qu'amertume dans ses plaisirs, perfidie dans ses caresses, et fausseté dans toutes ses maximes. En êtes-vous bien détrompée, ô mon âme ? Tournez-vous donc, par une heureuse nécessité, vers Dieu seul ; cherchez-le avec empressement et dans la simplicité de votre cœur. Aimez-le, c'est le seul moyen de le bien chercher et de le trouver sûrement.


SENTENCES

Cherchez le Seigneur pendant que vous pouvez le trouver, invoquez-le pendant qu'il est proche de vous (Isa. 55).

Seigneur, apprenez-moi à vous chercher, et montrez-vous à mon âme, parce que je ne puis vous chercher, si vous ne me l'enseignez, ni vous trouver, si vous ne vous montrez à moi (D. Aug. prolog. c. 1).



RÉFLEXIONS


Fuite des apôtres


Tous les apôtres ayant abandonné Jésus-Christ, prirent la fuite. Le bruit des armes, la crainte du péril, la frayeur de la mort, l'emportèrent sur la fidélité qu'ils devaient à leur divin maître, quoiqu'ils la lui eussent jurée solennellement : ils le laissèrent entre les mains de ses ennemis, et ils se retirèrent. Quelle douleur pour le cœur de Jésus-Christ ! Quelle triste et quelle douloureuse fuite, ô mon Dieu ! Faut-il que ceux à qui vous préparez des couronnes immortelles vous manquent de fidélité, que le moindre péril les mette en fuite, et que des apôtres, élevés à votre école, confidents de vos secrets, témoins de vos prodiges, persuadés de votre filiation divine, destinés pour affronter les tyrans, les supplices affreux et la mort la plus cruelle, manquent de courage malgré vos tendres sollicitations et les protestations authentiques qu'ils venaient de faire ? En condamnant les apôtres, nous nous condamnons nous-mêmes : imitateurs de ces lâches disciples, nous fuyons tous les jours cet adorable Sauveur, quoiqu'il nous comble de grâces et de caresses, et que nous promettions de lui être fidèles. Nous suivons Jésus-Christ par de belles paroles, des protestations brillantes, et nous les violons tous les jours par des actions contraires en fuyant quand il faut combattre pour sa gloire et soutenir ses intérêts. Quand il faut suivre sa vie cachée et souffrante, nous prenons honteusement la fuite. La moindre appréhension de travail et de combat nous fait connaître à nous-mêmes tels que nous sommes dans le fond de notre cœur. Pour bien suivre Jésus-Christ, il faut le suivre sur le calvaire, aussi bien que sur le Thabor, et il faut le suivre de l'esprit, du cœur et des mains.


PRIÈRE

Faites, Seigneur tout-puissant, que nous vous cherchions dans tous les moments de notre vie en marchant toujours dans les sentiers de la justice et de la charité ; et que cette pénitence que vous nous avez prescrite dans ce saint temps nous rende plus dignes de vous trouver et de voir votre face adorable dans le ciel. Nous vous en prions par les mérites de Jésus-Christ.





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Méditation sur les Prières des pauvres


Résurrection de Tabitha





1er point. Elles sont efficaces auprès de et Dieu, quand ils prient pour le bonheur ou pour le salut d'un Chrétien charitable. Ne méprisons point les pauvres, disait Saint Grégoire de Nisse, leur amitié est précieuse et mérite d'être recherchée. Faites-vous des amis, disait le Sauveur, par les richesses, qui sont presque toujours ou le fruit ou la semence de l'injustice, afin que lorsque vous viendrez à manquer, ils vous reçoivent dans les tabernacles éternels. Paroles qui supposent que les pauvres ont en main les clefs du Ciel et que le salut des riches dépend en quelque sorte de leurs sollicitations et de leurs prières ; leurs mains, il est vrai, sont faibles et inutiles sur la terre ; mais elles sont bien fortes et bien puissantes, lorsqu'elles présentent au Seigneur les dons que nous leur avons faits.


2e point.
Les vices personnels des pauvres, ne rendent pas inutiles les prières qu'ils font pour ceux qui les ont soulagés. Pensez-vous en effet que dans cette foule de pauvres, qui environnaient le cercueil de la vertueuse Tabitha, il n'y en eût pas de semblables à ceux d'aujourd'hui ? Cependant, Saint Pierre, touché de la désolation de ces pauvres qui venaient de perdre leur mère, demanda qu'elle revînt à la vie, et il fut exaucé. Les larmes même de ces pauvres eurent peut-être autant de part à cette résurrection que les prières de l'Apôtre.




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lundi 19 février 2018

Méditation sur les souffrances de Notre-Seigneur Jésus-Christ : Jésus-Christ flagellé







CINQUIÈME MÉDITATION


JÉSUS-CHRIST FLAGELLÉ


Exposition du sujet




« Pilate voulant satisfaire le peuple, lui accorda la grâce de Barrabas et condamna Jésus à subir le supplice de la flagellation. » St. Marc, chap. XV.




MÉDITATION


Sur la flagellation de notre Seigneur Jésus-Christ



1er Point. C'était la coutume des Romains d'infliger la peine de la flagellation à deux sortes de criminels, savoir : à ceux qui méritaient un supplice moindre que la mort, et à ceux que l'on condamnait à mourir sur la croix. C'était encore une autre de leurs coutumes, de faire flageller avec des verges les personnes libres et d'honnête condition qui l'avoient mérité selon les lois, et de se servir de courroies dans le même supplice lorsqu'il s'agissait de la punition des esclaves ou des personnes les plus viles. Souvent, néanmoins, les juges ne faisaient pas cette distinction, surtout lorsque quelque grand crime sollicitait un grand châtiment, et il arrivait alors que le même criminel était en même temps flagellé avec des verges et avec des courroies armées d'osselets ou de fer. C'est ce double supplice que Pilate fit souffrir à Jésus-Christ. Il est du moins constant, selon le récit de St.-Mathieu, que l'on se servît de courroie pour déchirer son corps et briser ses nerfs. C'est-à-dire qu'on le traita comme l'on eût fait un malheureux esclave, ou le dernier du peuple.
Toutes ces remarques sont dignes d'attention. Il ne faut pas non plus ignorer que la peine de la flagellation était un genre de question et des plus cruels chez les Romains, comme nous le voyons dans l'histoire des Actes des Apôtres, où le tribun Lysias commanda qu'on mît à la question Saint-Paul, en le flagellant pour tirer de sa bouche, ce qui portait les Juifs à pousser de si grands cris contre lui. (Act. XXII. 29) ».
Comment donc Pilate, que l'on voit insister sur l'innocence de Jésus, finit-il par le condamner à la peine de la flagellation ? C'est que ce lâche magistrat mettait son intérêt personnel au premier rang, ensuite l'intérêt de la justice ; c'est que son humanité philosophique savait composer avec l'oppression, et sa politique raisonnée fléchir au gré des circonstances. Tel était le gouverneur de la Judée, et tel sera constamment tout homme qui ne fera point de l'immuable vérité l'unique base de ses actions, et qui ne prendra pour règle de sa conduite dans le monde que le vœu d'y maintenir son crédit, son repos, ou sa fortune. Que fait donc Pilate ? Tout ce que la prudence du siècle lui suggère de moyens pour sauver Jésus de l'insurrection du peuple suscitée par celle des Princes des Prêtres, des Sénateurs et des Docteurs de la loi. Quatre fois il assure qu'il ne voit rien de criminel dans cet homme ; le courage de l'absoudre hautement lui manque. C'est pour y suppléer qu'il cherche divers motifs d'évasion qui ne servent, toutefois qu'à rendre de plus en plus manifeste la haine des Juifs contre Jésus-Christ. Ainsi sur la qualité de Galiléen qu'il entend donner à Jésus-Christ, il l'envoie par-devant Hérode, roi de Galilée ; mais Jésus, traité d'insensé à la Cour de ce prince, et revêtu par ses ordres d'une robe d'ignominie, lui est renvoyé sans autre jugement. Pilate, pour forcer alors les Juifs à devenir eux-mêmes les libérateurs de Jésus, leur rappelle qu'il était dans l'usage de leur accorder à la fête de Pâques la grâce d'un prisonnier et il ne doute pas qu'en fixant leur choix entre Jésus et un insigne voleur nommé Barrabas , il ne les oblige, par la crainte d'exposer la société à de nouveaux brigandages, de lui préférer Jésus. Vain espoir de ce Juge pusillanime ! C'est par des cris de mort qu'ils répondent à ses vœux. Nous voulons la liberté de Barrabas, mais que Jésus soit mis en croix, qu'il soit mis en croix ; crucifiez-le, crucifiez-le.
Pilate jusque-là, s'il n'avait empêché l'injustice des Juifs, s'en était défendu lui-même. Maintenant que la crainte de ne trop heurter l'opinion publique et de ne finir par déplaire, combat dans son esprit et dans son cœur la crainte d'une injustice ; il cherche encore à concilier, s'il est possible, la défaillance de ses principes avec la position critique de Jésus, et en le condamnant à la peine de la flagellation, tel qu'on la faisait subir aux esclaves romains, il se flatte peut-être que la vue d'un semblable supplice fera deux biens à la fois, qu'elle fera naître quelque sentiment de compassion en faveur de l'accusé, et qu'elle piquera l'orgueil national par le genre de supplice auquel il le condamne, puisqu'il traitait un juif en sa personne, comme il eût fait un esclave. Pilate se trompait. On ne compose pas avec le crime, et l'on n'apaise pas tout un peuple furieux par la vue du sang. Celui qui jaillit du corps de Jésus, ne fait qu'irriter la soif de ses ennemis. Plus le châtiment leur parait digne d'un esclave, plus il leur parait convenir à Jésus. Qu'un juif cesse d'être traité devant les tribunaux romains comme le membre d'un peuple libre, l'allié de Rome, c'est ce qui les affecte le moins. Une seule passion les commande, celle de perdre Jésus. Quoi ! ce n'est pas assez pour eux que Jésus-Christ subisse ce premier châtiment des esclaves ; il faut qu'il meure de leur dernier supplice ; qu'il soit crucifié. Crucifigatur.

2e Point. Est-il permis d'infliger la peine de la flagellation à un citoyen romain ? s'écria. St.-Paul (Act. 32), lorsqu'un juge non moins faible que Pilate, le condamnait à cette peine, et ce juge effrayé de ses plaintes , le délivra sur l'heure. D'où vient qu'il n'en est pas de même de Jésus, et qu'il ne réclame pas contre l'injustice, lors même qu'on le Confond dans Ce châtiment avec un vil esclave ? Tout est mystérieux dans les circonstances de ce châtiment. Ne perdez pas de vue que celui qui l'endure n'est plus, en ce moment, que l'homme pécheur devant la justice éternelle. De là ne soyez plus étonné de tous les maux qu'il souffre, ni de la nature de ces maux. S'il passe pour un insensé devant une Cour impie, l'homme pécheur qu'il représente mérite-t-il d'autre nom aux yeux du ciel, de la terre et des enfers ? S'il est revêtu d'une robe d'ignominie, n'est-ce pas là le vêtement qui convient à celui qui s'est fait pour nous l'opprobre de la création ? Si les Juifs lui préfèrent Barrabas, n'est-ce pas que celui qui s'est chargé de satisfaire pour tous les crimes du genre humain est plus digne de mort que cet homme en qui les lois poursuivent un seul genre de crime ? Si Jésus subit le châtiment des esclaves sans se plaindre, n'est-ce pas qu'ayant pris la forme de pécheur, il a pris, en effet, celle du plus vil de tous les esclaves, et qu'il subit en cette qualité la juste peine due au crime ? La nudité de Jésus frappé de verges et de courroies, n'est-elle pas le symbole le plus frappant de la nudité du pécheur frappé du fouet invisible des démons ? Si les juifs enfin, loin de s'opposer à cette honte qui retombait sur la nation entière sont les premiers à la provoquer ; s'ils ne rougissent pas de se montrer au-dessous de l'humanité d'un idolâtre ; s'ils invoquent eux-mêmes, l'infamie de la croix pour un homme de leur tribu ; si l'envie, si la haine les aveugle, si toutes les passions furieuses les dominent; si l'on n'entend plus qu'un cri général de dérision ou de mort contre Jésus-Christ dans Jérusalem, n'est-ce pas là ce que devaient être les Juifs à l'égard de Jésus-Christ, pour que les diverses circonstances de sa Passion fussent, en tout, conformes aux prophéties ? Écoutez ce que dit Job deux mille ans avant l'événement. C'est au nom même du fils de Dieu qu'il décrit l'excès de ses souffrances : « La fureur de ceux qui me persécutent, s'écrie-t-il, est semblable à celle d'une bête fauve qui se jette sur sa proie. Leur haine contre moi n'a pas de nom. Ils m'ont couvert d'opprobres, m'ont frappé sur le visage et se sont rassasié de mes douleurs. Leurs satellites ont déchiré ma chair ; ils m'ont fait plaies sur plaies ; ils sont venus fondre sur moi comme un géant. (Job. XVI. v. 10 et 15). » Écoutez Isaïe , qui nous explique la raison de ces maux. « Il a été couvert de plaies, dit-il, à cause de nos iniquités. Il a été brisé pour nos crimes. Le châtiment qui nous a mérité le pardon est tombé sur lui. Nous avons été guéris par ses blessures. (Isai. LIII. v. 5 et 6) ».
En quoi, Jésus-Christ nous prouve par la grandeur de ses maux, la grandeur incompréhensible de son amour.

3e point. Ainsi devait être traité Jésus-Christ, comme la victime d'expiation pour les péchés de tous les hommes ; s'il est déchiré de coups ; s'il ne reste rien de sain dans son corps, c'est que le péché n'avait rien laissé de sain en nous. Écoutez la voix du prophète à la vue des crimes des enfants des hommes: « Quelle nouvelle blessure pourriez-vous recevoir ? Quels crimes ajouteriez-vous à ceux que vous commettez ? Toute tête est malade et tout cœur est languissant dans Israël. Depuis la plante des pieds jusqu'au haut de la tête, il n'y a en lui rien de sain. Ce n'est que blessure, que contusion, qu'une plaie saignante qu'on n'a ni nettoyée ni bandée, ni adoucie avec l'huile. (Isaï ch. 1) ».
Et voilà ce que nous ne saurions, trop souvent, nous représenter à nous-mêmes; c'est que le péché fait sur nos corps les mêmes effets cruels que sur nos âmes, c'est-à-dire qu'il en change la nature, qu'il en efface les traits divins qu'il le corrompt et le déprave, les païens eux-mêmes étaient si convaincus de cette vérité religieuse et morale qu'un de leurs philosophes (Platon, Lucien) qui nous peint l'état dés corps et des âmes après la mort, a soin de nous faire voir dans les hommes coupables, les taches et les rides que leurs vices divers ont gravés sûr eux, et les plaies plus ou moins horribles qui décèlent à tous les regards le nombre et le caractère de leurs crimes. Cette vérité tient au dogme des récompenses et des peines futures. Elle tient à la tradition primitive du genre humain. Mais une autre vérité fondée sur la même tradition, c'est que ces taches, ces rides et ces plaies une fois attachées au corps de l'homme, quoique d'une manière invisible sur la terre, ne sauraient en être ôtées que par une juste satisfaction des fautes. Ce qui fait que le même philosophe dont nous venons de parler, et qui ne fait en cela que rapporter la théologie vulgaire des païens, distingue dans son tableau du jugement à venir, un Sage sur qui, dit-il, on ne remarquait plus que les cicatrices de ses anciennes plaies occasionnées par ses premiers dérèglements, et guéries depuis par l'austérité d'une meilleure vie. Ce philosophe ne savait pas que nulle satisfaction bornée ne peut réparer dans l'homme l'injure sans bornes qu'il fait à Dieu par le péché, de telle sorte que l'homme une fois coupable l'eût toujours été, si le fils de Dieu n'était devenu son médiateur auprès de son père, si le mérite de ses souffrances et de sa croix n'avait offert une satisfaction d'un prix infini pour chacune de nos offenses.
Grâce donc à ce Médiateur, Dieu et homme, tout ensemble, nos maux quelques grands qu'ils soient ne sont plus inexpiables. Ce philosophe déjà cité parle d'anciennes cicatrices, reconnaissables encore après l'austérité d'une vie meilleure. Ces cicatrices dépareraient, pour le chrétien, l'entrée des cieux. Elles ne doivent plus exister pour le pénitent de l'Évangile. C'est Jésus qui les efface sans retour par sa flagellation ignominieuse. Si son corps n'est plus qu'une contusion et qu'une plaie ; c'est qu'il est l'image et la ressemblance du nôtre, qu'il souffre pour nous guérir et pour nous rendre la santé religieuse et morale que nous avions perdue ; si dans cet état de victime, Jésus-Christ ne nous offre plus qu'un corps défiguré par l'horreur des maux qu'il endure, c'est qu'il doit effacer ainsi les traits défigurés qu'avait empreints en nous l'habitude du vice; c'est qu'il doit endurer l'horreur de ces maux pour nous rétablir dans l'immortel héritage, des enfants de Dieu que le péché nous avait fait perdre.


Considérations. Considérez 1°, Que le plus sûr moyen qui restait à Pilate pour ne pas devenir le complice du crime des Juifs, était de savoir leur résister en face ; que la plus mauvaise de toutes les politiques, est de vouloir composer avec le vice ; que faiblir avec les passions, c'est leur céder la victoire.
Considérez 2°, Que toutes les passions furieuses des Juifs ne sauraient exercer de violences contre J. C. que vos propres passions ne soient capables d'exercer contre vous-même si vous livrez vos âmes et vos corps à leurs coups invisiblement déicides.
Considérez 3°, Que vous seriez déjà la victime de leurs coups, si Jésus-Christ n'avait voulu porter lui-même vos liens, se charger de votre vêtement d'ignominie, souffrir la honte de votre nudité, être tout couvert des plaies qui n'eussent fait de votre corps qu'un abyme de corruption et de misère.


RÉSOLUTIONS ET PRIÈRE. Que vous rendrai-je donc, ô mon divin Jésus, pour toutes les grâces qui sont pour moi le prix de vos douleurs. J'adorerai le sang qui coule de vos plaies et je m'écrierai comme Saint-Augustin : « pèse ce que tu vaux, ô mon âme, dans l'estime de Jésus, mesure la dignité de ton être par le mérite de ta rançon et n'aie pas, à l'avenir, de plus grande crainte que celle d'en déchoir. » J'élèverai sans cesse mes regards vers vous, Seigneur, et à la vue de ce que vous souffrez dans votre corps pour obtenir au mien l'incorruptibilité de la vertu, je formerai ces deux résolutions sincères: premièrement, de ne plus avilir ni corrompre ce corps que vous avez régénéré et sanctifié par vos humiliations volontaires.
Secondement, de travailler à la formation continuelle de mon corps et de mon âme sur le modèle de vos perfections infinies. Vous n'avez créé l'homme, Seigneur, et vous ne l'avez racheté sur le Calvaire, que pour le rendre parfait comme vous êtes vous-même parfait. Être parfait en vous, grand Dieu, c'est savoir tout souffrir pour l'amour de la religion et de la vertu. Votre désir, est là, Seigneur, oh ! que le mien ne cesse de s'y trouver aussi, afin que je ne me contente pas de méditer le mystère de vos souffrances, mais que toute mon ambition soit d'en faire la règle constante de mes pensées et de mes sentiments sur la terre, pour y remplir dignement la vocation des saints et arriver un jour à votre possession immortelle dans le Ciel, en l'unité du Père, du Fils et du Saint-Esprit. Ainsi soit-il.





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Méditation pour le Lundi de la première semaine de Carême : Jour de Crainte









LE LUNDI DE LA PREMIÈRE SEMAINE DE CARÊME

Jour de crainte


PRATIQUE

À votre réveil, imaginez-vous entendre cette trompette et cette voix tonnante qui appellent tous les hommes du sommeil de la mort. Écoutez ces paroles terribles : Levez-vous, morts, et venez au jugement. Sortez de votre lit comme de votre tombeau avec cette pensée effrayante. À chaque action que vous ferez, demandez-vous à vous-même ce que Dieu en pense, et si elle ne sera point répréhensible au jour du jugement, et faites-la avec la même droiture que vous voudriez l'avoir faite alors.


MÉDITATION


Quand le fils de l'homme viendra pour juger les vivants et les morts, il séparera les prédestinés d'avec les réprouvés ; il mettra ceux-là à la droite, et ceux-ci à la gauche, comme un pasteur sépare les moutons d'avec les boucs. Il dira aux justes : « venez, les bénis de mon père, venez posséder le royaume qui vous est préparé ; et aux impies : Retirez-vous de moi, maudits. » Et ceux-là iront dans le ciel, et ceux-ci, dans les flammes éternelles. Voilà les paroles de Jésus-Christ !
(Matth., 15)



1er point. Colère de mon Dieu, que vous êtes redoutable ! Jugement dernier, que vous êtes terrible ! Condition du pécheur, que vous serez alors triste et déplorable ! Prenons donc toutes les précautions pour éviter les malheurs dont nous sommes menacés par la bouche du Dieu même qui sera notre juge, et qui ne nous menace à présent que parce qu'il nous aime et qu'il veut être notre Sauveur. Craignons ce jour terrible, afin de nous mettre en état de ne pas craindre alors. Ces vérités dans la bouche de saint Paul firent autrefois trembler un païen, et il serait bien surprenant qu'étant annoncées aux chrétiens, elles ne leur inspirassent pas de la crainte. Préparons-nous à ce jugement, afin que notre Sauveur nous mettant à sa droite, nous ayons le bonheur d'entendre ces paroles : « Venez, les bénis de mon Père, venez prendre possession du royaume qui vous est préparé dès le commencement du monde. »

2e point. Les impies iront dans un supplice éternel, et les justes dans la vie éternelle. Voilà le terrible dénouement de ce grand jour de crainte ! Prosternés en esprit devant le redoutable tribunal de Dieu, sous les yeux de ce juge éclairé et inflexible, fouillez dans le plus secret de votre cœur ; pesez toutes vos pensées, tous vos désirs et toutes vos actions au poids du sanctuaire. Entrez ici dans le sentiment de saint Jérôme, qui menait une vie affreuse à la sensualité, et qui cependant disait : Je frémis, Seigneur, quand je vois ce livre ouvert, où ma sentence est écrite en caractères ineffaçables, et que je vous vois la balance à la main : d'un côté sont mes péchés, hélas ! en trop grand nombre ; de l'autre sont mes bonnes œuvres : mais, hélas ! où sont-elles ? Votre bras, Seigneur, va lever cette redoutable balance ; et celui des deux côtés qui l'emportera sera l'arrêt d'une éternité bienheureuse ou malheureuse (D. Hier. Ep. 31). Demandez-vous à vous-même si vos vertus l'emporteront ou si vos péchés ne feront pas un poids énorme pour vous précipiter dans le lieu de ténèbres et de supplices éternels.


SENTIMENTS

Assistez en esprit, ô mon âme ! au jugement d'un réprouvé, et craignez son triste sort. Voyez ce juge impitoyable, qui lui prononce d'une voix foudroyante son arrêt de mort éternelle, et qui le rejette et repousse avec indignation de sa face adorable, pour être livré aux démons et aux flammes dévorantes qui ne s'éteindront jamais. Jetez ensuite les yeux sur ce misérable réprouvé : voyez-le confus, désespéré, dans la cruelle impuissance de se donner la mort et de s'anéantir soi-même, environné d'abîmes épouvantables où la colère de Dieu va le précipiter sans espérance et sans ressource. Que votre jugement est terrible, ô mon Dieu ! et que votre justice est redoutable ! Ah ! n'entrez pas en jugement avec moi ; je m'avoue coupable, et je suis prêt à me punir moi-même sans m'épargner. Sauvez, ô mon Dieu ! ce pécheur que vous avez bien voulu racheter de votre sang, et faites-moi entendre dans ce jour terrible ces agréables paroles : « Venez, les bénis de mon Père, venez posséder le royaume que je vous ai préparé dès le commencement du monde. »


SENTENCES

Qui peut connaître, Seigneur, la puissance de votre colère, et en comprendre toute l'étendue (Psalm. 89) ?

Malheur même à la vie louable d'un chrétien, si vous le jugez, Seigneur, sans y appeler votre miséricorde (D. Aug. in Psalm. 100).


RÉFLEXIONS

Tristesse de Jésus-Christ


Il fallait que la tristesse de Jésus-Christ fût extrême, puisqu'elle arracha de sa bouche cette plainte douloureuse : « Mon âme est triste jusqu'à la mort. » Comment cet adorable Sauveur ne sera-t-il pas accablé de tristesse dans le jardin des oliviers, puis qu'il se voit dans la plus déplorable solitude, dans le plus fâcheux et le plus universel délaissement qui fût jamais ? Tout concourt à augmenter sa peine, et à la rendre insupportable à tout autre qu'à un Dieu. Il a un Père qu'il aime infiniment, et dont il est aimé de même ; mais il ne l'écoute point, et l'abandonne à la fureur de ses ennemis, quoique ce Fils souffrant le prie avec des larmes de sang. Ses disciples sont des lâches qui dorment quand il faut le consoler, qui fuient quand il faut le défendre, ou qui le trahissent indignement. Son cœur est ingénieux à augmenter sa tristesse ; il s'y livre lui-même, et, par l'excès de son amour pour nous, il ne se laisse de force qu'autant qu'il lui en faut pour ne pas succomber à son excessive tristesse.
Entrons dans les sentiments de cette tristesse ; nous y sommes intéressés, puisque nos péchés en sont la cause. Attristons-nous avec Jésus souffrant, pour mériter de participer un jour à la joie de Jésus glorieux.


PRIÈRE

Instruisez-nous, éclairez-nous, convertissez-nous, ô Dieu des miséricordes ! pénétrez nos cœurs d'une juste crainte, et par elle conduisez-nous au véritable amour. Que les abstinences et les jeûnes de cette sainte quarantaine nous servent de sauvegarde contre votre redoutable jugement, et que nous méritions alors d'être mis à votre droite et de posséder votre royaume éternel. Nous vous en prions par les mérites de Jésus-Christ, votre Fils et notre Seigneur.





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