Pratiquez dans la piété l'amour de vos frères. (II S. Pierre, I, 5, 7)
La prière. « Demandons instamment le don de piété au Saint-Esprit, attendu que c'est son don, et au Fils de Dieu Notre-Seigneur, afin que nous entrions dans son esprit filial, pour estimer, honorer et aimer Dieu notre Père, par proportion comme lui. Chaque fois que nous disons l'Oraison dominicale, récitons-la avec cet esprit filial, et savourons les premières paroles, qui nous assurent que Dieu est notre père (Saint-Jure, ch. III, sect. 16, art. 6). » — « Notre Père, Pater noster ; Pater, voilà, résumée en un seul mot, la première loi du christianisme, la première loi de la piété : noster, voilà la seconde ; voilà l'amour fraternel que S. Denis appelle ce qui vient en premier lieu après la première. Un chrétien ne peut réciter le Pater sans recevoir ainsi du Sauveur lui-même la douce leçon de la vraie piété chrétienne (Mgr de Ségur, La piété). »
Le renoncement. « Ce double amour de Dieu et des hommes, que le Saint-Esprit verse dans notre cœur, rencontre en nous-mêmes, et dans le monde où nous sommes obligés de vivre, une foule d'obstacles, de digues qui l'empêchent d'arriver jusqu'à nous. L'office du renoncement est d'abattre les unes après les autres, et de maintenir à terre ces digues funestes ; et comme le démon et le péché travaillent incessamment à les relever, à mesure que nous les renversons, le renoncement est un travail de tous les jours et de tous les instants. Si une seule de ces digues, en effet, vient à se relever, le courant divin qui nous apporte la piété n'arrive plus jusqu'à nous (Mgr de Ségur, Jésus vivant en nous). »
L'union à Jésus-Christ. « Le renoncement n'est que la condition de la piété ; le but du renoncement, c'est de recevoir l'Esprit de Jésus-Christ, de s'unir à Jésus-Christ, seul fondement de la piété de ses fidèles. Personne ne peut en poser un autre. (I Cor., III, 11) De cette source divino-humaine coule du ciel en terre l'eau vivante de la piété. Saint Paul appelle Jésus-Christ le grand mystère de la piété (I Tim. III, 16) (Idid., ch. I et II). »
La méditation de la Passion du Sauveur. « Lorsque l'homme considère les profondeurs de la tendresse de Jésus-Christ Notre-Seigneur , tendresse qu'il a répandue sur nous avec abondance en mourant pour nous sur la croix, il se sent ému, et son cœur se dilate à l'égard du prochain ; en sorte qu'il sacrifierait volontiers sa vie pour le salut de celui qu'il voit racheté par la croix de son Seigneur. Ainsi le salut des âmes, la gloire de Dieu, la compassion pour le prochain, un amour qui enflamme son propre cœur ; voilà ce que l'homme doit chercher dans les plaies de Jésus (S. Bonav., Aiguil. de l'am. div., ch. VII). »
La sainte communion. « L'acte de la communion est comme un redoublement de tendresse, de caresses pures, qu'une mère prodigue à l'enfant qui lui doit tout et qu'elle aime par-dessus tout. Ce bon petit enfant aime bien toujours sa chère mère ; mais dans ces moments-là, il sent davantage qu'il l'aime, et, par suite de ce sentiment, il l'en aime davantage. Ainsi en est-il de Jésus et de l'âme, qui est sa petite enfant bien-aimée ; le céleste baiser de la communion ravive, enflamme, augmente l'amour habituel que l'âme a pour son Dieu, resserre l'union déjà si intime de la grâce sanctifiante. L'habitude de la charité éclate en acte sous l'influence du saint Sacrement ; et la grâce sanctifiante, enflammée par la grâce sacramentelle, augmente puissamment en nous l'amour du bon Dieu (Mgr de Ségur, Nos grandeurs en Jésus, — C'est surtout par la communion réparatrice que nous développerons en nous la vraie piété. Nous pratiquerons ainsi l'amour de Dieu, en prenant les intérêts de sa gloire outragée ; nous consolerons le Cœur sacré de Jésus indignement offensé par des ingrats dans le sacrement de son amour ; nous détournerons les châtiments de sa justice prêts à éclater sur la tête des pécheurs, et nous attirerons sur ces pauvres pécheurs des grâces de pardon et de miséricorde. La communion réparatrice est enrichie de nombreuses indulgences pour ceux qui se font inscrire dans l'association (...). Voyez Recueil de différentes publications concernant l'œuvre de la communion réparatrice, par le P. Drevon.). »
La dévotion à Marie. « Marie est la mère de Celui qui est la source de la vraie piété : elle nous apprendra à connaître en Jésus notre frère, et à voir en Dieu notre père ; elle nous obtiendra la douce confiance et le filial abandon, car elle nous dit elle-même : Je suis la mère du bel amour, de la divine connaissance et de la sainte espérance : venez à moi, ô vous tous qui m'aimez avec ardeur (Eccles., XXIV, 24, 26) (P. Belot). »
Nous rendre familier le souvenir que Dieu est notre Père. « Accoutumons-nous à cette noble pensée que Dieu est notre Père, et rendons-nous-la tellement ordinaire et familière qu'elle passe, pour ainsi dire, dans notre nature. Traitons avec Dieu, offrons-lui nos prières, recevons tout ce qui nous arrive ; enfin, faisons absolument tout avec un esprit filial, exécutant ce que Dieu dit par Jérémie : Commencez donc, au moins maintenant, à m'appeler votre Père (Jérém., III, 4) (Saint-Jure, ch. III, sect. 16, art. 6). »
Agir avec les hommes dans un esprit d'amour. « Efforçons-nous de traiter avec les hommes dans cet esprit de piété, les regardant comme les ouvrages les plus achevés de Dieu et comme ses enfants ; n'admettons aucune pensée qui blesse l'estime et la charité que nous devons avoir pour eux, n'arrêtant, pour l'ordinaire, notre esprit que sur les qualités de la nature et de la grâce qui les relèvent (Saint-Jure, ch. III, sect. 16, art. 6). »
Comme le soleil éclaire et vivifie le ciel et la terre, ainsi la douceur de Marie obtient le don de piété à tous ceux qui la servent. (Sainte Brigitte)
Le Cœur sacré de Jésus a été le plus aimant de tous les cœurs ; nul cœur n'a plus aimé Dieu et les hommes. Dans ce Cœur béni, le chrétien puise, comme à une source intarissable, les eaux pures du saint amour et de la vraie piété. Sainte Claire assurait que c'était à la tendre dévotion qu'elle avait eue au sacré Cœur de Jésus qu'elle devait ces délices ineffables dont son âme était comblée, toutes les fois qu'elle se présentait devant le très-saint Sacrement. Sainte Catherine de Sienne se sentait tout embrasée de l'amour de Jésus, dès qu'elle pensait à cet adorable Cœur. Et Jésus-Christ étant apparu à sainte Mechtilde, lui dit : « Ma fille, ayez une tendre dévotion envers mon Cœur, car il est le trésor de toutes les grâces que je vous fais : il est lui-même la source de ces consolations intérieures, de ces douceurs ineffables dont je comble mes fidèles âmes. » Cette dévotion est donc une dévotion toute d'amour et de piété, et, ainsi qu'il a été révélé à sainte Gertrude, c'est précisément afin de ranimer la flamme de la charité refroidie que Notre-Seigneur a réservé à ces derniers temps la manifestation des richesses de son divin Cœur.
(Les sept dons du Saint-Esprit)
Reportez-vous à Nature du don de science, Effets du don de piété, Nature du don de Piété, Moyens pour obtenir le don de Crainte, Effets du don de Crainte, Nature du don de Crainte, Effets des sept dons du Saint-Esprit, Nature et excellence des sept dons du Saint-Esprit, Action du Saint-Esprit dans l'Église, Moyens pour obtenir les sept dons du Saint-Esprit, Du Recueillement, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De l'homme intérieur, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Du Saint-Esprit et de ses opérations en général : Ce qu'est le Saint-Esprit, sa mission temporelle, Prière pour demander au Saint-Esprit la victoire sur le respect humain, Promesse d'observer plus fidèlement à l'avenir les maximes de l'Évangile, Prière pour demander les douze fruits du Saint-Esprit, Prière pour demander la grâce de devenir parfait chrétien, Prière pour demander au Saint-Esprit l'abondance de ses grâces, Quelles résolutions prendre au jour de la Pentecôte ?, La Pentecôte : Quel est l'événement dont l'Église célèbre la mémoire en ce jour ?, Méditation pour le Samedi d'après la Pentecôte : Jésus sortant de la synagogue entra dans la maison de Simon, Méditation
pour le Vendredi d'après la Pentecôte : Jésus prêchant dans la
synagogue, voilà que des hommes apportent un paralytique dans son lit, Méditation
pour le Jeudi d'après la Pentecôte : Jésus ayant assemblé ses douze
Apôtres, leur donna une puissance et un empire sur tous les démons, Méditation
pour le Mercredi d'après la Pentecôte : Quiconque écoute mon Père et se
rend docile pour apprendre ce qu'il lui enseigne, vient à moi, Méditation pour le Mardi d'après la Pentecôte : Je suis la porte ; celui qui entrera par moi sera sauvé, Méditation
pour le Lundi d'après la Pentecôte : La lumière est venue dans le
monde, et les hommes ont mieux aimé les ténèbres que la lumière, Méditation pour le Dimanche de la Pentecôte : Le Saint-Esprit que mon Père enverra en mon nom, vous enseignera, Instruction sur le Saint-Esprit, Mission du Saint-Esprit, Instruction sur la Fête de la Pentecôte, Méditation sur la Fête de la Pentecôte : ils furent tous remplis du Saint-Esprit, Méditation pour la veille de la Pentecôte, Veille
de la Pentecôte : Je prierai mon Père, et il vous donnera, pour
demeurer éternellement avec vous, un autre consolateur, qui est l'Esprit
de vérité que le monde ne peut recevoir, Méditation pour le Jour de la Pentecôte, Preuves directes de la divinité du Saint-Esprit : noms, attributs et œuvres, Le Dogme de l'unité de Dieu et de la Sainte Trinité, Preuves directes de la Trinité et de la divinité du Saint-Esprit, Le Saint-Esprit dans l'Ancien Testament, promis et figuré, Le Saint-Esprit prédit, Le Saint-Esprit dans le Nouveau Testament, première création : La Sainte Vierge Marie, Seconde création du Saint-Esprit : Notre Seigneur Jésus-Christ, Troisième création du Saint-Esprit : l’Église, Méditation pour le Dimanche de la Sainte Trinité, Neuvaine préparatoire à la Fête de la Pentecôte : Prière pour demander les sept Dons du Saint-Esprit, Méditation pour le Mercredi après la Pentecôte, Méditation pour le Mardi après la Pentecôte, Méditation pour le Lundi de Pentecôte, XIe Dimanche après la Pentecôte : Réflexions pratiques, Accueillir le Saint Esprit de Dieu, Litanie du Saint-Esprit, Méditation pour la Fête de l'Ascension, Instruction sur la Fête de l'Ascension, Méditation pour le Jour de l'Ascension de Notre-Seigneur, Le Seigneur Jésus fut élevé dans le ciel, et il est maintenant assis à la droite de Dieu, Les Apôtres et les Disciples ayant adoré Jésus-Christ, s'en retournèrent remplis de joie à Jérusalem, Quand
le Consolateur que je vous enverrai de la part de mon Père, l'Esprit de
vérité qui procède de mon Père, sera venu, il rendra témoignage de moi, Et vous aussi, qui avez été dès le commencement en ma compagnie, vous rendrez témoignage de moi, Je vous ai dit toutes ces choses, afin que vous ne vous scandalisiez point, Un temps viendra où quiconque vous fera mourir, pensera faire un sacrifice à Dieu, Ils vous traiteront de la sorte, parce qu'ils ne connaîtront ni mon Père ni moi, Je vous ai dit ces choses, afin que lorsqu'elles arriveront, vous vous souveniez que je vous les ai prédites, Actes avant la Confirmation : Prière au Saint-Esprit et Acte de demande, Méditation que les enfants peuvent faire avant de recevoir le sacrement de la Confirmation au Jour de la Pentecôte et Prière pour demander ou pour renouveler en soi la grâce du sacrement de Confirmation.
dimanche 9 octobre 2022
Moyens pour obtenir le don de piété
dimanche 28 novembre 2021
Quelques-unes des pratiques les plus profitables aux âmes du Purgatoire
l. — Il y a la sainte aumône, sous ses différentes formes : pauvres, malades, ignorants auxquels on donne le pain de l'instruction, affligés que l'on console, cœurs abattus que l'on relève. La bénédiction du pauvre est une pluie rafraîchissante à ceux que consume le feu de l'expiation. « C'est l'aumône, dit l'Écriture Sainte, qui couvre la multitude des péchés. »
2. — Le saint sacrifice de la Messe, l'auguste Victime, qui est la rançon du monde, offerte à son Père pour l'acquittement des dettes humaines.
3. — La prière, la prière fervente, ce cri du cœur qui est auprès de DIEU une toute-puissante supplication. Non pas quelques paroles prononcées sans attention et sans confiance, mais une véritable oraison, toute réfléchie, tout ardente, toute sainte. La prière, assure Notre-Seigneur, obtient tout. Ah ! si les âmes du purgatoire pouvaient prier pour elles-mêmes d'une manière efficace, avec quelle victorieuse ferveur elles le feraient ! Or, elles attendent que nous les remplacions...
4. — La mortification corporelle : jeûnes, privations, positions gênantes, travail prolongé, partie de plaisir sacrifiée, satisfaction légitime repoussée ; à plus forte raison, discipline, psaumes de la pénitence les bras en croix, etc. On peut appliquer aux mêmes intentions les peines que DIEU nous envoie, en les acceptant avec résignation et bonheur. C'est s'unir aux souffrances de Jésus, et mieux expier les satisfactions illicites qui ont attiré le châtiment sur ces âmes. Oh ! qu'on les soulagerait facilement par ces petites choses que le sentiment de la piété indique tout seul : une couche moins douce, un aliment moins recherché, de l'eau à son repas, etc.
5. — Ne jamais passer devant un cimetière sans réciter une prière pour les morts. De même à la rencontre d'un convoi. De même encore pour toutes les morts que l'on apprend, de quelque façon que ce soit, dans les conversations, dans les feuilles publiques, etc. Ces habitudes sont faciles à prendre, et, une fois prises, elles ne coûtent rien...
6. — Des pèlerinages aux sanctuaires les plus révérés, principalement de la Sainte Vierge, avec la fatigue corporelle.
7. — S’associer plusieurs personnes ensemble, dans le but de soulager les âmes du purgatoire, et s'exciter mutuellement à la ferveur. Avoir un jour marqué chaque semaine pour s'examiner là-dessus.
8. — Avoir dans sa chambre un objet quelconque, croix, chapelet, image, buis bénit, auquel on attache le souvenir de cette dévotion et qui la rappelle chaque fois qu'on le regarde.
9. — Ajouter à la récitation du chapelet une sixième dizaine spécialement pour ces âmes. Plusieurs communautés le font.
10. — Visiter pour elles le Saint-Sacrement, le soir surtout dans le moment où l'indifférence des hommes laisse Notre-Seigneur presque seul dans ses tabernacles. Que n'obtiendrait-on pas si on allait, à cet instant, implorer sa clémence pour les âmes que sa justice châtie !
11. — Il y a une autre pratique, très-sainte, très autorisée, qu'on peut appeler héroïque. Nous la mentionnons avec les autres, mais en l'expliquant un peu plus au long parce qu'elle est moins connue. Cette pratique consiste à faire le vœu d'abandonner entièrement à ces âmes toutes les œuvres satisfactoires qu'on fera durant sa vie. Vœu d'ailleurs m'obligeant point sous peine de péché, et malgré cela donnant droit à des privilèges singuliers, concédés par le pape Benoît XIII le 23 avril 1728, confirmés par Pie VI, et par Pie IX le 30 septembre 1852 ; — ce vœu assure aux prêtres qui l'ont fait l'autel privilégié personnel ; — aux fidèles une indulgence plénière chaque fois qu'ils communient ; — une indulgence plénière, avec délivrance d'une âme du purgatoire, tous les lundis de l'année, en entendant simplement la sainte Messe à cette intention, et puis en visitant une église ou un oratoire public, et y priant quelques instants, la valeur de cinq Pater et Ave, aux intentions du pape. — Il n'y a point, du reste, de formule particulière pour ce voue ; mais on pourrait employer la suivante, qui en exprime très-bien l'esprit et la pensée :
« Afin de concourir à votre plus grande gloire, ô Seigneur mon Dieu, Père, Fils et Saint-Esprit ; afin aussi de mieux imiter mon doux Rédempteur Jésus ; pour manifester enfin ma dévotion envers Marie, mère et consolatrice de tous les fidèles souffrants..., je promets et fais le vœu de coopérer à la délivrance des âmes du purgatoire qui doivent encore à la divine justice les peines de leurs péchés ; — sans toutefois m'obliger moi-même sous peine d’aucun péché. — C'est dans cette intention que je remets entre les mains de la Reine des saints toutes mes œuvres satisfactoires, ainsi que celles qui me seraient appliquées par les autres durant ma vie, comme à ma mort et après mon passage à l'éternité. Daignez, Seigneur, accepter cette offrande, inspirée par la charité que vous êtes venu enseigner au monde. Que si toutes mes œuvres satisfactoires réunies ne suffisent point pour acquitter les dettes des âmes que la Mère des miséricordes veut délivrer, ainsi que celles qui me restent à moi-même pour mes propres fautes, lesquelles fautes je hais et déteste sincèrement, je m'offre, mon DIEU, avec votre bon plaisir, à y suppléer un jour dans les épreuves du purgatoire, m'abandonnant en cela entièrement entre les bras de votre tendresse. Ainsi me soient en aide la foi qui sauve et l'espérance qui console ! » (Ce vœu a été fait par sainte Gertrude, sainte Thérèse, sainte Lidwine, sainte Catherine de Sienne, le pieux cardinal Ximénez, etc. Notre-Seigneur apparut à sainte Gertrude, et lui dit que, par là, elle lui avait été si agréable, qu'il lui remettait absolument tous ses péchés.)
12. — Gagner en faveur des âmes le plus d'indulgences que l'on peut, et, à cet égard, on peut beaucoup. Nous recueillons ici un certain nombre de prières auxquelles sont attachés de grands privilèges ; en rappelant la doctrine de l'Église, que, quand on gagne par exemple cent jours d'indulgence pour les défunts, cela ne veut pas dire cent jours de moins en purgatoire, mais « cent jours de la pénitence que l'on imposait autrefois aux pécheurs, » selon l'antique discipline de l'Église.
(Les Merveilles Divines dans les Âmes du Purgatoire, par le P. G. Rossignoli, de la Compagnie de Jésus)
Reportez-vous à Le « De profundis », Acte héroïque de charité envers les âmes du Purgatoire, Ordre d'intentions à observer en priant pour les âmes du Purgatoire, Conclusion sur la dévotion aux âmes du Purgatoire, C'est une erreur de s'en remettre sur les autres du soin d'apaiser la colère de Dieu, L'affection pour les amis et les parents meurt point avec eux, Communion sainte entre la terre et le Purgatoire, Zèle de Saint Louis Bertrand pour les âmes du Purgatoire, Purgatoire imposé à ceux qui résistent à la Parole de Dieu, Double prodige des âmes du purgatoire : Vous qui dérobez, vous serez dérobé vous-même, Les âmes délivrées venant au-devant de leurs bienfaiteurs, La peine du Purgatoire prolongée jusqu'à l'acquittement des dettes, Combien Dieu aime qu'on prie pour ses parents défunts, Les âmes du Purgatoire demandent un souvenir, Récompense assurée à l'aumône pour les âmes du Purgatoire, L'or et l'argent des vertus doivent souvent être purifiés par le feu, Protection spéciale de Marie : le zèle pour les âmes du Purgatoire récompensé, Efficacité de la prière des justes en faveur des âmes du Purgatoire : L'exemple de Sainte Thérèse d'Avila, Combien la prière est utiles aux âmes du Purgatoire, L'intercession des Justes apaise la colère divine, Les souffrances de cette vie ne sont pas comparables à la gloire future, Vivons si pieusement que nous puissions éviter le purgatoire ou, au moins, n’y pas brûler trop longtemps, Le Seigneur révèle les mystères du royaume de la mort, Dieu instruit les vivants sur les mystères de l'autre vie, L'amour du prochain doit s'étendre au-delà de cette vie, Prière pour les morts, Instruction sur la Fête de la Commémoration des Morts, Prière pour le repos de l'âme d'une pieuse mère, L’œil de la justice divine, Plaintes douloureuses des âmes du purgatoire, La crainte du Purgatoire fait taire la volupté, Combien effrayants sont les tourments du Purgatoire, Le Fils de l'homme rendra à chacun selon ses œuvres, Apparitions et Révélations, le témoignage de Saint Thomas d'Aquin sur les âmes du Purgatoire, Protection miraculeuse, Rigueur de la justice divine, Un Purgatoire plus long à qui n'a pas prié pour les morts, Accusations du démon contre les morts, Prière à Marie pour lui demander sa protection à l'heure de la mort, Prière pour obtenir une bonne mort, Supplications à Marie pour les âmes du Purgatoire, La divine Marie et le scapulaire, Suffrages conformes aux bonnes œuvres accomplies pendant la vie, Grand pécheur délivré par une âme du purgatoire, Si vous faites du bien, vos bienfaits vous attireront de grandes grâces, Prière à Marie pour ses parents en Purgatoire, Méditation pour la Fête de Notre-Dame des Anges, Extrait du Sermon sur la Mort de Saint Robert Bellarmin, Reconnaissance
des âmes du Purgatoire ou comment les âmes du Purgatoire interviennent
aussi pour leurs bienfaiteurs dans les choses temporelles, Bonté des Anges pour les pauvres âmes du Purgatoire, Dévotion
aux Saints Anges : Travailler à la conversion des âmes et à leur
soulagement dans les flammes du Purgatoire, en l'honneur des saints
Anges, Valeur du Saint Sacrifice en faveur des âmes du Purgatoire, Le pardon d'une offense soulage les âmes souffrantes, Protection des âmes du Purgatoire, Une âme souffrant le tourment du feu pour avoir écouté plutôt les conseils du sang que ceux de la piété, La dévotion du Saint Rosaire, pour le soulagement des âmes du Purgatoire, Sainte usure de ceux qui appliquent leurs œuvres au soulagement des défunts, Celui qui souffre pieusement ici-bas va tout droit au repos éternel,Reconnaissance des âmes pour leurs bienfaiteurs, Les âmes qui gémissent dans le feu du purgatoire trouveraient leur soulagement dans de petites choses, et on les leur refuse !, Admirable commerce de charité entre les vivants et les défunts, Pour entrer au Ciel il faut être exempt de la moindre faute, Neuvaine pour le soulagement des âmes du Purgatoire, Souffrances des âmes qui ont donné du scandale, Ingratitude
des héritiers envers leurs bienfaiteurs ou comment Dieu permet à une
âme abandonnée dans le purgatoire de solliciter les suffrages de ses
frères, Le Ciel bénit ceux qui prient pour les morts, Les peines du Purgatoire conformes aux fautes commises, Prières pour chaque jour de la semaine, en faveur des âmes du Purgatoire, Les souffrances du Purgatoire, bien que passagères, paraissent extrêmement longues, C'est se délivrer soi-même que de secourir les âmes du Purgatoire, Chapelet des actes de Foi, d'Espérance et de Charité, en faveur des Âmes du Purgatoire, Comment les prières d'un saint délivrent quantité d'âmes, La Mère de Dieu, Mère des Âmes du Purgatoire, Une âme du Purgatoire rappelée à l'expiation sur la Terre, Le Purgatoire des paroles inconvenantes, La conversion renvoyée au soir de la vie conduit l'âme à la cruelle faim du Purgatoire, Dieu exauce les prières des communautés ferventes en faveur des défunts, Ne pas soulager les défunts par les aumônes, c'est se priver soi-même de grands avantages spirituels, Excellence des suffrages en faveur des morts, La Charité bien comprise nous fait un devoir très-pressant de subvenir aux nécessités des âmes du Purgatoire, Un saint Frère franciscain reconnaît, dans une étonnante vision, un de ses compagnons mort quelque temps auparavant, Enseignement de l'Église sur le Purgatoire, Dévotion au Crucifix, Méditation pour le jour des morts, Chapelet pour le repos des âmes du Purgatoire, Exercice sur les quatorze stations du chemin de la Croix pour les âmes du Purgatoire, Litanies pour les Fidèles Trépassés, Méditation pour le Jour de la Commémoration des morts, La Sainte Vierge Marie, Mère de Miséricorde, Dévotion en faveur des âmes du Purgatoire, Méditation sur la peine qu'on endure dans le purgatoire, Les indulgences pour les fidèles défunts, Offrir sa journée pour les âmes du Purgatoire, La pensée du Purgatoire doit nous inspirer plus de consolation que d'appréhension, Nous devons secourir tous les morts, même ceux que nous croyons déjà au Ciel, Méditation sur la durée des souffrances du purgatoire et l'oubli des vivants à l'égard des morts, Nous devons secourir tous les morts, même ceux que nous croyons déjà au Ciel, Être en état de grâce pour que nos prières soient utiles aux âmes du Purgatoire, Les différents moyens de soulager les morts, Quelles sont les âmes qui vont en purgatoire, La pensée du Purgatoire nous instruit sur la gravité du péché véniel, De la méditation de la mort, La pensée du purgatoire nous prouve la folie de ceux qui ne travaillent pas à l'éviter, Pour éviter le purgatoire endurons nos afflictions en esprit de pénitence, Le Purgatoire, motif de patience dans les maladies, Méditation sur les motifs qui doivent nous engager à secourir les âmes du purgatoire (1/4), Méditation sur les défauts qui rendent infructueuse notre piété envers les morts, Premier moyen propre à soulager les âmes du Purgatoire : Le Saint Sacrifice de la Messe, Deuxième moyen propre à secourir les âmes du Purgatoire : Prières, jeûnes, aumônes..., Les indulgences, troisième moyen propre à secourir les âmes du Purgatoire, Pour
que le nom de Dieu soit sanctifié, pour que son règne arrive, et pour
que sa volonté soit faite sur la terre comme au ciel, secourons les âmes
du Purgatoire, Méditation sur la piété envers les morts, toute chrétienne et cependant inutile, La précieuse mort de Saint Philippe Benizi, Première méditation de préparation à la mort : Rends-moi compte de ton administration, Seconde méditation de préparation à la mort : Voici l'époux qui vient ; allez au-devant de lui, Troisième méditation de préparation à la mort : Que me présenteront le passé, le présent et l'avenir ?, Quatrième méditation de préparation à la mort : Les Portes de la mort vous ont-elles été ouvertes ?, Du jugement et des peines des pécheurs, Tu es poussière et tu retourneras en poussière, Méditation sur l'emploi du temps, Méditation sur la conscience, Méditation sur le repos de la Conscience, Méditation sur l’aveuglement de la Conscience, Méditation sur la Préparation à la mort, Méditation sur la pensée de la mort, Méditation sur la justice de Dieu, Méditation sur le Jugement de Dieu, Personne n'est-il revenu de l'Enfer ?, Exercice pour la bonne mort, Méditation sur le désir de la mort, Méditation sur la crainte de la mort, Saint Philippe de Néri : Que faites-vous maintenant ?... Et après ?, La mort est ordinairement conforme à la vie : L'exemple de deux Curés, Par son nom, le cimetière prêche la résurrection de la chair, Défendre le Cimetière, Bénédiction du Cimetière, Puissance des démons sur les morts, Nos devoirs à l'égard du Cimetière, Le
Cimetière au XIXe siècle : Le corps chef-d’œuvre de Dieu, Enterrements
autour des églises, Immortalité de l'âme, Cérémonies de L’Église et
prière pour les morts, L'Univers et la Bible, prédicateurs de la résurrection, car oui, nous ressusciterons !, Comment
les peuples païens ont dissipé une grande partie du patrimoine de
vérités reçu des pères du genre humain, mais ont conservé le dogme de
l'existence et de l'immortalité de l'âme, Méditation sur la fausse sécurité des Pécheurs, Méditation sur les défauts qui rendent infructueuse notre piété envers les morts, Prière à saint Joseph pour obtenir une bonne mort, Sentiments et prières à l'occasion de la mort d'une personne qui nous était spécialement chère, Le Jour de la Toussaint : Méditation sur le bonheur du ciel, 1re Méditation pour la Fête de Tous les Saints : Bienheureux les pauvres d'esprit, parce que le royaume des cieux est à eux, 2e Méditation pour la Fête de Tous les Saints : J’entendis dans le ciel comme la voix d'une grande multitude, 3e Méditation pour la Fête de Tous les Saints : Application des sens, Litanies de la bonne mort, Vision de l'Enfer de Sainte Thérèse d'Avila, La voie qui conduit au Ciel est étroite, et Litanie pour les âmes du Purgatoire.
jeudi 14 octobre 2021
Saint Michel, l'Ange Gardien de l'Eucharistie
Le Rédempteur, avant de monter au ciel, avait dit à ses apôtres : « Je ne vous laisserai point orphelins, je serai avec vous jusqu'à la consommation des siècles. » Jésus, en effet, est toujours au milieu des enfants des hommes dans le sacrement de l'Eucharistie. Présence bien plus parfaite que la première, puisque, tandis qu'autrefois un seul petit coin de la terre et quelques âmes choisies purent en jouir pendant quelques années, aujourd'hui l'univers entier peut venir lui présenter ses adorations et s'entretenir avec lui partout où il y a une église et un prêtre. Or, c'est une croyance dont Bossuet a pesé les témoignages, qu'il y a des anges commis à la garde des sacrements. Lequel, demanderons-nous, Jésus a-t-il choisi pour être le gardien de sa vie eucharistique ? Peut-il être autre que celui auquel a été confiée la garde de sa sainte Humanité ?
Voici, à ce sujet, un témoignage qui pour nous n'est pas sans valeur. Il est d'un écrivain qui fait autorité. « Dans une révélation faite à l'ermite saint Eutrope, dit Faber (Saint sacrement, liv. IV, sect. VI), saint Michel déclara, assure-t-on, qu'il avait été choisi pour être l'ange gardien du saint sacrement, et que ces fonctions lui avaient été confiées dès le jeudi saint ; on rapporte aussi plusieurs autres révélations faites par lui à divers saints touchant le culte du saint sacrement. Quelques-uns ont supposé qu'il était l'ange auquel il est fait allusion au canon de la messe ; son nom est mentionné au saint Sacrifice, d'abord au commencement, dans le confiteor, puis au second encensement, ainsi qu'à l'offertoire des messes de Requiem. »
Sans doute, il est extrêmement difficile d'estimer ces pieuses croyances à leur valeur réelle ; mais il faut reconnaître qu'elles sont très respectables, et qu'il y a généralement en elles quelque chose de divin.
Parmi les différents faits capables de corroborer cette opinion, enregistrés par l'histoire, nous en trouvons un relaté dans les « annales du mont Saint-Michel ». C'était à York, en Angleterre, après le règne du dissolu Charles II, au couvent de l'Institut de Marie, près la porte Micklegate. « La police venait faire une perquisition dans le couvent, et, pendant qu'elle pénétrait dans l'intérieur, la plus vile populace stationnait au-dehors poussant d'horribles blasphèmes contre Dieu et ses fidèles servantes. Connaissant à l'avance les intentions des magistrats de détruire leur demeure et d'en chasser les habitants, les religieuses avaient envoyé les pensionnaires dans des maisons sûres, chez les meilleurs catholiques de la ville. Seules, elles étaient à leur poste. Les agents cherchèrent tout d'abord la chapelle, afin de profaner les saintes espèces. Fort heureusement la fondatrice du couvent avait reçu le privilège de prendre et de porter chez elle le saint sacrement en cas de danger.
Elle court à la chapelle avec une de ses sœurs pendant qu'on fouille la maison. D'une main tremblante, elle ouvre le tabernacle, prend le ciboire et le cache dans son sein. Tout à coup, une pensée d'espoir luit dans son âme ; elle saisit une statue de saint Michel et, entendant la foule approcher, elle place cette statue à l'entrée même de l'oratoire. « Grand Dieu, s'écrie-t-elle, sauvez-vous vous-même, nous ne pouvons vous sauver. » La foule est là, devant la porte ouverte. En présence de cette statue de l'Archange, elle n'ose avancer, elle reste interdite. Les cris ont cessé et voici que les premiers reculent, refoulant toute cette horde satanique jusque dans la rue. En un instant, la maison est libre et les sœurs délivrées. La police s'était depuis longtemps retirée. Elle comptait sur les instincts sauvages de la multitude pour châtier la fidélité des servantes de Dieu, et ruiner de fond en comble la maison de Dieu même.
Que s'était-il passé ? Saint Michel avait-il tracé une ligne que ne devait point franchir ce flot immonde et donné une limite à sa fureur ? je ne sais ; mais il s'est montré, là encore, le défenseur de la sainte Humanité de Notre-Seigneur le garde du corps de la sainte Eucharistie, le protecteur des épouses du Christ et la légion satanique à dû entendre les sévères paroles que Milton met sur les lèvres de saint Michel, au moment où il va terrasser son adversaire.
En action de grâce pour cette délivrance inattendue, la supérieure prescrivit que désormais la statue du saint Archange serait placée toujours à la porte d'entrée et que chaque année la fête serait célébrée avec une solennité extraordinaire.
La veille du 29 septembre, toute la communauté, toutes les élèves, tenant des cierges à la main et rangées sur deux lignes, vont en procession accompagner la statue de l'Archange que la plus jeune des pensionnaires, vêtue de blanc, transporte de son piédestal dans la chapelle. Là, tout près de l'autel, où on a dressé pour la recevoir un magnifique trône sur lequel elle est exposée pendant toute l'octave, et chaque jour on voit les membres de la communauté déposer à ses pieds les touchants témoignages de leur reconnaissance. »
Illustre Archange, chef de la garde-d'honneur de Jésus-Eucharistie, éloignez de nos saints temples les profanateurs audacieux ; attirez les cœurs purs au pied des autels de Celui dont vous ornez la cour ; inspirez aux âmes un tendre amour et un noble dévouement pour les intérêts de Jésus dont vous êtes le fidèle ministre au ciel et sur la terre.
(Saint Michel Archange, Protecteur de l’Église et de la France, Sa
lutte avec Lucifer dans le passé, le présent et l'avenir, ses
apparitions et son culte, Abbé Eugène Soyer, 1879)
Reportez-vous à Saint Michel, porte-étendard de Dieu, Satan domine sur toutes les nations par l'idolâtrie, Saint Michel le combat par l'intermédiaire de Moïse, Saint Michel, ange protecteur de l'Église, Sur
la terre comme dans le ciel, saint Michel vient avec ses anges
combattre Lucifer et ses légions perverses, et prendre soin des élus, Saint Michel, premier des anges, Michael ? sens de ce mot, titre de gloire pour celui qui l'a prononcé, Les Anges dans l'épreuve, Le combat de Saint Michel contre Satan continue sur terre, Quelles sont les plus célèbres apparitions des Anges dans l'Ancien Testament ?, De l'amour que les Saints Anges portent aux hommes, L'Ange à la garde duquel nous sommes confiés, Quels sont les plus excellents parmi les chœurs des Anges ?, Les saints Anges sont-ils bien nombreux ?, Sous quels traits les saintes Écritures nous représentent-elles les saints Anges ?, Prière à saint Michel Archange, Du culte et de la vénération qui est due à l'Archange Saint Michel, Méditation pour la Fête de Saint Michel et de tous les saints Anges, Neuvaine à Saint Michel, Du combat des bons Anges contre les mauvais, Méditation pour la Fête des Saints Anges Gardiens, Pieuses invocations à l'Ange Gardien, Litanie de Saint Michel Archange, Puissance de Saint Michel au jugement dernier, Secours de Saint Michel à l'heure de la mort, Chapelet à Saint Michel Archange, Litanie de Saint Gabriel Archange, Prière à Saint Gabriel Archange, Avoir
une grande dévotion à saint Michel, à saint Gabriel, à saint Raphaël,
et aux autres quatre Anges qui sont auprès du trône de Dieu, Prière à Saint Raphaël Archange, Litanie de Saint Raphaël Archange, Neuvaine à l'Archange Raphaël, Méditation pour la Fête de Saint Raphaël Archange, Lecture
du livre de Tobie (12, 7-15) : S'il est bon de tenir cachés les secrets
des rois, c'est un honneur que de faire connaître et proclamer les
œuvres de Dieu, Méditation pour le 3 Septembre, Saint Raphaël conduisant le jeune Tobie, Manière dont les Anges Gardiens s'acquittent de leurs fonctions envers les hommes, Les Saints Anges, fidèles Gardiens des Temples, Les saints Anges Gardiens montrent le chemin du salut, Apprenez de votre bon Ange la science du salut, De la Dévotion aux saints Anges et de l'esprit d'une Association en leur honneur, C'est en tout temps qu'on a invoqué dans l'Église les Anges et les Martyrs, De l'Excellence de la nature Angélique, La grâce des hommes, quoique inférieure à celle des Anges, a des avantages qui la relèvent infiniment, De la principale occupation des Anges, qui est de louer Dieu, et de leur Nombre, Saint Raphaël, Modèle de l'Ange gardien préposé à la garde de chaque homme, Confiance de Saint Jean-François Régis en la protection de son Ange gardien, Du grand Amour du Père Surin pour les Saints Anges, dans l'union avec notre Seigneur Jésus-Christ, VIE CHRÉTIENNE : Dévotion envers les saints Anges, saint Joseph et les autres Saints ; Voyage de piété, Sermon
du Saint Curé d'Ars pour la Fête des Saints Anges Gardiens : Les anges
de ces petits enfants voient sans cesse la face de mon Père céleste, Méditation pour le 2 septembre, Sur les Saints Anges Gardiens, Des exercices de piété, par le R.-P. Jean-Joseph Surin : Quels exercices de piété prescrivez-vous à l'honneur des Anges ?, Méditation pour le 1er septembre, Les Saints Anges Gardiens, Consécration à tous les Saints Anges, Prières à tous les Saints Anges, Oraison aux neuf Chœurs des saints Anges, Travailler à la conversion des âmes et à leur soulagement dans les flammes du Purgatoire, en l'honneur des saints Anges, Pratiquer quelque vertu, ou s'abstenir de quelque vice en l'honneur des Saints Anges, Avoir une grande confiance en la protection des saints Anges, et recourir à eux en tous ses besoins corporels et spirituels, Autres pratiques pour honorer plus spécialement les saints Anges, et célébrer les fêtes avec tous les respects possibles, Faire des neuvaines en l'honneur des neuf Chœurs des Anges, Chapelet du Saint Ange gardien, Converser intérieurement avec les saints Anges, Jésus crucifié est le Livre des Élus, La réalité des apparitions angéliques, Avoir une dévotion singulière aux Anges, Archanges et Principautés, Honorer principalement les Puissances, les Vertus et les Dominations, Avoir de profonds respects, et des amours extraordinaires pour les Trônes, les Chérubins et les Séraphins, La protection des saints Anges contre les démons, particulièrement au sujet de leurs différentes tentations, Litanies de l'Ange Gardien, Et Michel et ses anges combattaient contre le Dragon, La puissance des démons réglée par la sagesse divine, Discernement des esprits : ce qu'on entend par esprits, combien on en compte et comment ils se forment, Tous les hommes sont assistés des Saints Anges, Les Saints Anges nous assistent dans les choses temporelles, Les perfections admirables de ces sublimes intelligences, Les Saints Anges font tout ce qui peut se faire pour le bien des hommes, Litanie aux Saints Anges Gardiens, Discernement des esprits, et Les Anges, princes et gouverneurs de la grande cité du bien.
mardi 3 août 2021
Le malheur du Monde dans ses occupations
Malheur au monde dans ses occupations, car il est tout attaché à ce qui passe ; et ce qui ne finira jamais, ne l'occupe point. Nous le savons de la propre bouche d'un Dieu, qu'il n'y a qu'une chose nécessaire, donc tout le reste ne l'est pas : et c'est cette unique chose nécessaire que le monde néglige, et c'est le reste à qui il donne toutes ses attentions. Vraiment c'est bien ici qu'il faut crier, Au monde renversé ; car c'est un étrange renversement de ne point s'appliquer à l'unique chose nécessaire, et de n'avoir de l'empressement que pour ce qui ne l'est pas. N'est-ce pas pour cela que la divine parole nous avertit que le nombre des fous est infini ? Car si l'on considère bien ce qui se passe dans le monde, on le verra tout plein de ces insensés.
Que l'on aille de ville en ville, de village en village, de Province en Province, de Royaume en Royaume, vous y trouverez des gens dont l'esprit, la mémoire et la volonté sont pleins de pensées, du souvenir et de l'affection des choses temporelles. L'attachement aux honneurs, aux plaisirs et aux richesses est l'esprit dominant de la terre : c'est où tendent les soins, les inquiétudes, les recherches et les poursuites de la plupart des hommes. La joie du monde est dans leur possession, sa tristesse dans leur privation. Tous cherchent leur intérêt, nous dit l'Apôtre, et cet intérêt ne regarde que la vie présente. C'est cet intérêt qui règne dans toutes les conditions, dans les grands et les petits, parmi les Magistrats et leurs Officiers, les Marchands et les Artisans, les Laboureurs et les Vignerons, et enfin dans les personnes de toutes sortes d'états.
Saint Jean Chrysostôme déplorant ce malheur du siècle, qui pense si peu à l'éternité, et tant à la terre, dit qu'il voudrait avoir une voix qui se fit entendre dans toutes les parties du monde, pour crier avec le Prophète : Ô enfants des hommes, jusqu'à quand aurez-vous le cœur pesant ? Pourquoi aimez-vous la vanité, et cherchez-vous le mensonge ? C'est la terre et ce qui s'y passe qui donne le branle et le mouvement à toutes les entreprises. C'est ce qui fait le sujet des maux publics, des guerres qui désolent les Royaumes, et des maux des particuliers, les procès, les divisions et les querelles. C'est l'amour des biens de la terre, qui fait faire des voyages aux Marchands, et aller d'un bout du monde à l'autre : c'est ce qui leur fait exposer leurs vies à mille dangers, se priver des personnes qui leur sont plus chères, et de la douceur de leur patrie. Si l'on ouvrait les lettres des Postes, on les verrait pleines de nouvelles et d'affaires de la terre.
Ceux qui sont les sérieux dans le grand monde, qui éclatent davantage, qui y sont dans la plus haute estime, sont ceux qui sont le plus dans l'empressement des affaires, qui y sont les plus désoccupés du Créateur, et les plus occupés des créatures. La sagesse du monde consiste à amasser des biens, à en acquérir tous les jours de plus en plus, à bâtir des maisons, à dresser des jardins, à conduire des fontaines, et les faire venir de loin ; et tout d'un coup il faut mourir sans qu'il en reste rien. Les plaisirs du monde sont de tenir bonne table, de faire une idole de son ventre, ou d'attacher à des cartes, comme parle un serviteur de notre seigneur, un esprit immortel, qui n'est fait que pour être éternellement à Dieu. Si l'on se met au jeu, ajoute-t-il, ce n'est pas pour passer le temps, mais pour le perdre. Ha ! si ces gens voyaient les heures qui roulent sur leurs têtes, comme elles passent, et s'en vont dedans l'éternité, criant vengeance, creuses et vides qu'elles sont, ou pleines d'inutilités ! Si après le jeu on pénétrait dans leurs âmes, oh ! qu'on les verrait faibles, sans aucune bonne pensée, sans aucun sentiment de dévotion ! L'ardeur du jeu a tout tari ; elles ont perdu toutes leurs forces à ne rien faire. Grand Dieu, si nous devons payer à votre justice jusqu'à un moment mal employé, où trouveront ces personnes de quoi satisfaire pour tant d'heures si honteusement prodiguées ? Mais que répondront-elles à votre redoutable Tribunal aux plaintes de tant de pauvres qui ont souffert dans leurs besoins, après avoir dissipé si malheureusement leur argent ? Que diront-elles aux justes reproches de leurs créanciers que l'on ne payait point ; des artisans, des ouvriers, et même de leurs serviteurs ?
L'occupation des Dames est après des cheveux, à se regarder dans un miroir, en des ajustements, à parler de leurs jupes, de leurs habits, des modes. Il y en a, dit le serviteur de Dieu, que nous venons de citer, qui font vanité de la nudité de leurs gorges, et il se trouvera telle femme qui aura damné plus d'âmes par ses appas étudiés, que plusieurs Saints n'en ont gagné par beaucoup de travaux. Ô cieux ! ô terre ! dites-nous : Est-il possible que celles qui mettent les âmes en Enfer, puissent prétendre un Paradis ?
Combien y en a-t-il qui disent qu'ils ne savent que faire, qui passent leur vie dans l'oisiveté, qui est la cause, dit l'Écriture, de beaucoup de maux, et qui en a été appelée avec justice l'école et l'académie ? Le Saint-Esprit nous enseigne que l'oisiveté a été l'une des causes de l'iniquité de Sodome, et ensuite de sa totale ruine : mais les travaux de ceux qui font plus de bruit dans le monde, ne sont, comme parle le Prophète Isaïe, que des toiles d'araignées. Tous ces honneurs où ils ont été élevés, tous cet amas de biens qu'ils ont acquis, ne sont rien en effet ; ce sont des choses qui leur deviennent inutiles à leur mort, et comme des toiles d'araignées auxquelles ils se sont occupés toute leur vie ; et l'on peut dire de leurs années, pour parler avec le Psalmiste, qu'elles sont semblables à l'araignée. Ces gens que l'on appelle dans le siècle les gens d'affaires, ces gens toujours occupés, qui à peine ont le loisir de penser à Dieu ; semblables à l'araignée qui s'ôte les entrailles dans son travail, ils emploient tout leur esprit et toutes leurs forces. Et comme le travail de l'araignée des jours et des nuits, et dans les maisons des Rois, de même que dans celles des plus chétives personnes, se termine à prendre des mouches, aussi tous leurs travaux se réduisent à rien.
C'est de la manière cependant que se passent les choses parmi ce que le monde a de plus illustre, parmi la Noblesse et les plus grands Seigneurs ; c'est de la sorte que l'on emploie le temps qui est quelque chose de si précieux. Quels regrets, lorsque la valeur en sera connue, et que l'on verra le mauvais usage que l'on en aura fait ! S. Jean dans son apocalypse dit qu'il vit un Ange debout sur la mer et sur la terre, qui leva la main au ciel, et qui jura par celui qui vit dans les siècles des siècles, qui a créé le ciel et ce qui est dans le ciel, la terre et ce qui est dans la terre, la mer et ce qu'il a dans la mer, qu'il n'y aurait plus de temps. Il faut que cette nouvelle soit étrangement terrible, puisque le Fils de Dieu l'annonce avec un jurement si solennel ; car c'était lui qui parlait par cet Ange.
Ô quelle chose effroyable de n'avoir plus de temps pour travailler à son salut ! Que ne voudraient point faire toutes les personnes qui sont en l'autre vie, où elles découvrent d'une manière inexplicable l'inutilité, la vanité, le rien de tous les emplois, que le monde appelle les grandes affaires. Ah ! si elles pouvaient avoir quelques moments d'une infinité qu'elles ont perdu si malheureusement !
Elles découvrent pour lors la grandeur de Dieu, et ensuite le prix de son sang ; et elles connaissent que le temps qui est donné aux hommes depuis le péché d'Adam, lui a coûté ce sang adorable, lui a coûté sa vie ; qu'une goutte de ce sang vaut plus que tout l'or, tout l'argent, tous les trésors de la terre, plus que toutes les Couronnes et les Empires, plus que tout le monde et les millions de mondes, plus que toutes les vies des Anges et des hommes ; et que cependant le temps est le prix de ce sang. Ah ! il est donc vrai, perdre un moment de ce temps est plus que de perdre toutes ces choses, si on les avait en sa possession. Perdre un moment de ce temps est un larcin d'un bien d'une valeur infinie. Mais si les hommes condamnent à la mort un voleur pour avoir dérobé quelque somme d'argent, quel jugement doivent attendre ceux qui ont dérobé à notre Sauveur ce qui lui a coûté sa vie ?
Après cela peut-on dire qu'il reste quelque peu de bon sens au monde et aux sages du monde, aux beaux Esprits du siècle ? Sachez encore, ô hommes, et nous en avons déjà remarqué quelque chose, qu'il n'y a point de moment dans le temps, dans lequel nous ne puissions acquérir la possession d'un Dieu. Ô hommes sans jugement, revenez à vous : insensés, devenez enfin sages. Voilà une affaire de grande conséquence, et elle est d'un conséquence infinie : ce que Dieu a préparé à ceux qui l'aiment, est ce que l'œil n'a point vu, ni l'oreille entendu, ni le cœur de l'homme conçu ; car c'est lui-même qui se veut donner avec toutes ses grandeurs incompréhensibles. c'est pour ce bien infini que le temps nous est donné, et vous l'employez tout aux choses viles et basses d'une vie qui disparaît comme l'ombre.
Rentrez dans vous-mêmes, et considérez quelle part Dieu a dans tous vos désirs, tous vos desseins, tous vos emplois. Il faut s'acquitter des devoirs de son état. Les personnes destinées à l'étude doivent étudier, les Magistrats doivent s'appliquer à rendre la justice ; les Artisans, les Laboureurs, les Vignerons doivent travailler. Les pères et les mères, les maîtres doivent prendre soin de leurs enfants, de leurs familles, de leurs valets. Les serviteurs sont obligés à servir. Ce n'est pas ce que l'on blâme, mais c'est le peu de vue que l'on a de Dieu dans toutes ces choses. Les besoins de la vie présente demandent que l'on y pense, il est vrai ; mais comment penser si peu à ce qui doit arriver dans l'éternité ?
Il y a vingt-quatre heures dans le jour ; combien en donne-t-on pour penser sérieusement à l'éternité et au grand Dieu de l'éternité ? Le monde est toujours le monde, c'est-à-dire, toujours un aveugle et un insensé : il ne manque pas de répondre que l'on a tant d'affaires, et nous l'avons déjà écrit, que l'on n'en a pas le loisir. Peut-on dire quelque chose de plus ridicule ? Ces affaires pourtant n'empêchent pas qu'on n'ait le loisir de manger, de boire, de dormir, et de prendre les autres besoins nécessaires pour le corps : et après tout on n'en a pas pour se sauver, pour acquérir une éternité de gloire, ou éviter une éternité de peines.
Il y a plus, dans le temps même que l'on destine pour penser à Dieu, ou l'on s'en oublie, ou l'on y pense mal, ou même on l'offense. Voyez les gens du monde ; leur pauvre esprit pendant leurs prières n'est plein que de pensées de la terre ; il y est tout rampant, lors même qu'il veut s'élever au Ciel. Leur coeur qui y est attaché, ne permet pas à leur esprit de s'en désoccuper : mais s'ils s'occupent de Dieu, oserait-on le dire ? ils le font avec moins d'attention qu'aux moindres de leurs affaires. Que l'on parle aux pauvres de leur salut, c'est ce qui leur fait peu d'impression ; qu'on leur parle de leurs misères, ils sont dans la dernière sensibilité. Nous écrivons ces vérités dans un temps où ces misères sont extrêmes, où l'on voit quantité de pauvres couchés dans les places, accablés de faim, de maladies, et proches de la mort ; et nous nous sommes souvent étonnés de n'en trouver pas presqu'un seul qui demandât les Sacrements, et qui se mît en peine de l'autre vie, pendant qu'ils crient, qu'ils gémissent, qu'ils pleurent sur leurs besoins.
Mais si l'on considère bien ce qui arrive et aux riches et aux pauvres, entre le grand nombre d'hommes qui meurent tous les jours, combien s'en trouvera-t-il qui puissent dire au jugement de Dieu, qu'ils ont donné autant d'attention à l'affaire de leur salut, qu'ils ont fait à un procès s'ils en ont eu, ou qu'ils auraient fait s'il leur en était arrivé ? Que l'on prenne garde à l'application que l'on a, quand l'on assiste au saint Sacrifice de la Messe, ou aux Offices divins, ou à celle que l'on donne à un procès, aux soins que l'on en prend dans l'examen des difficultés, dans la recherche des raisons pour le gagner, dans le choix des Avocats et des Procureurs, dans la sollicitation des Juges, dans les amis que l'on emploie, dans les peines que l'on se donne, n'ayant aucun égard ni aux saisons fâcheuses, ni à toutes les autres incommodités que l'on est obligé de souffrir ; parce que, dit-on, c'est pour un procès de conséquence. Ha Dieu ! quelle différence entre ces soins et ceux que l'on prend dans le temps que l'on destine pour penser à la grande affaire du salut ! mais quelle confusion au Jugement de Dieu, après un dérèglement si épouvantable, et que l'on ne pourrait jamais se figurer, si l'expérience n'en ôtait tout lieu d'en douter. S'il arrive parmi les gens du commun la perte d'un écu, on en sera plus touché, on y pensera davantage qu'à la perte de Dieu par un péché mortel. Si cette perte arrive par un enfant, on le châtiera ; par un domestique, on fera grand bruit. Que les enfants et domestiques offensent Dieu, ou l'on gardera le silence, ou l'on se contentera de dire, Cela n'est pas bien, sans s'en mettre beaucoup en peine.
Mais ce qui est encore plus terrible, c'est de remarquer à la mort l'occupation des gens du monde. On a encore l'esprit tout rempli des affaires de la terre, lorsqu'il la faut quitter : on ne parle, on y pense, on est dans l'inquiétude pour les affaires des enfants, des familles, on y donne ordre, on craint qu'elles ne réussissent pas bien, pendant que l'on pense faiblement à ses propres affaires, et qui sont d'une conséquence infinie, que l'on ne pense point du tout à ces affaires éternelles pour ses enfants et pour ses familles. Cependant y-a-t-il temps où l'on doive ouvrir les yeux, si ce n'est à la mort, et on les a encore fermés.
Considérons de plus en plus le malheur du monde dans ses occupations, et tremblons de crainte de le voir non seulement désoccupé de Dieu, dans le temps qu'il destine pour s'en occuper, mais encore dans l'offense même de sa Majesté infinie. Les irrévérences qui se commettent dans les Églises, les Maisons d'oraison, en y causant, en y manquant de respect, et qui ne sont que trop ordinaires, sont bien capables de nous en donner de l'horreur. C'est ce qui nous a pressé d'en donner un Traité entier au public, sous le titre des horreurs des profanations des Églises, dans lequel la divine Providence nous en a fait parler amplement.
Nous avons parlé du scandale des femmes. Il faut encore dire ici qu'elles le portent jusqu'au pied des Autels. Quand l'Apôtre leur ordonne d'être vêtues modestement, c'est particulièrement lorsqu'elles prient ; et il enseigne que toute femme qui prie Dieu sans être voilée, se déshonore elle-même ; qu'elle le doit faire à cause des Anges, soit des Esprits célestes qui sont présents parmi les Fidèles, soit des Prêtres. Il traite cela comme une vérité qui ne peut être contestée. Il en fait Juges les Corinthiens à qui il écrit. C'est dans sa première Épître au chapitre onzième. Il déclare que si quelqu'un soutient le contraire, que ce n'est point sa coutume, ni celle de l'Église de Dieu ; c'est-à-dire de contester sur ce sujet, ni de permettre aux femmes d'être sans voiles. Que les femmes et leurs partisans répondent à l'Apôtre, sous prétexte des coutumes du monde : qu'ils apprennent qu'elles sont contraires à la coutume de l'Église de Dieu, et aux coutumes mêmes des femmes païennes.
Mais ô l'horreur des horreurs, les femmes par le luxe de leur habits, et ce qui est infiniment effroyable, par leurs nudités, portent l'abomination de désolation dans le lieu saint. Elles s'y font voir, non pas seulement parées comme des Temples, pour parler avec le Prophète Roi, mais souvent beaucoup mieux que les Saints Autels, et elles y paraissent comme des Idoles, dont les démons se servent pour attirer les yeux et les cœurs des hommes ; en cela pires que les Démons mêmes qui tremblent en la présence de Dieu qu'elles outragent avec tant d'insolence. Maudites créatures, créatures vraiment de malédiction, qui viennent disputer à un Dieu, jusque dans sa propre maison, en sa propre présence, la conquête des cœurs pour lesquels il a donné tout son sang, et pour lesquels il réside dans des anéantissements incompréhensibles sous les espèces du divin Sacrement, et à qui il donne encore tous les jours son sacré corps ! Il y a même des lieux où ces malheureuses femmes se trouvent dans les Églises aux dernières Messes que l'on y célèbre, et où c'est le rendez-vous de ce qu'on appelle le beau monde ; et qui font des Temples du grand Dieu, un lieu infâme. Je n'oserais pas parler de la sorte, si saint Jean Chrysostôme ne l'avait écrit. C'est sur elles que la convoitise des yeux s'arrête, et les désirs du cœur. Elles regardent, et elles sont regardées ; et le grand Dieu des éternités est négligé, est délaissé, est offensé. Nous lisons dans la vie d'une sainte personne, que soupirant amèrement dans une Église, où elle voyait une de ces femmes parées, notre Seigneur lui fit connaître que dans peu elle serait damnée ; et elle mourut peu après.
Hélas ! nous offensons Dieu, misérables que nous sommes, en plusieurs manières : les Églises sont les lieux pour nous réconcilier avec ce Dieu de miséricorde, et par nos irrévérences nous en faisons un lieu de vengeance. Il y a des mères qui y apportent leurs enfants, et qui y badinent avec eux ; on les fait servir aux démons, en ce qu'ils donnent des occasions de distractions ; quand ils sont plus âgés, ils courent dans la Maison de Dieu, ils y jouent, ils s'accoutument de bonne heure aux profanations, qu'ils y continuent dans le progrès de leur vie. On y fait peu de réflexion, et à leur égard et à l'égard des personnes âgées, on n'oserait prendre le parti de Dieu ; à la moindre chose qui nous choque, on ne se tait pas. On voit Dieu traité avec irrévérence dans sa propre Maison, on garde le silence. Ce qui fait dire à saint Jean Chrysostôme, qu'il s'étonne comme les foudres du Ciel ne tombent pas pour écraser, et ceux qui commettent ces irrévérences, et ceux qui ne tâchent pas de les empêcher.
Continuons à gémir sur la désoccupation de Dieu et du salut dans les jours destinés pour s'y appliquer. On travaille les jours ordinaires, et dans les travaux on pense peu que la gloire de Dieu en doit être la fin. C'est pour cela que nous sommes créés, que nous sommes au monde ; c'est le motif que nous devons avoir en toutes sortes de choses. Il y a des jours de Dimanches et de Fêtes dans lesquels on cesse de vaquer aux travaux extérieurs, pour vaquer avec plus de loisir à l'affaire précieuse du salut et au Dieu du salut : et ces jours sont employés souvent aux divertissements. C'est un abus contre lequel saint Basile, saint Augustin, saint Grégoire de Naziance, saint Cyrille, saint Jean Chrysostôme, et les autres Pères ont écrit fortement. Et les Conciles des premiers temps aussi bien que ceux des derniers y ont défendu les spectacles, les danses et les chansons.
C'est de la manière que l'on passe sa vie dans le siècle, c'est ce qu'on appelle le monde, et ce que l'on fait, en disant qu'il faut faire comme les autres. Mais le Saint-Esprit dit par le Prophète Michée : Malheur à ceux qui s'occupent de choses inutiles. On doit convenir que le monde est bien malheureux. C'est ce que les infidèles ont même connu, et ont déploré au milieu de toutes leurs ténèbres. C'est cependant dans cette sorte de vie, si désoccupée du Ciel, de l'éternité, de Dieu, et si occupée du temps, de ce qui se passe, des affaires du siècle, que l'on élève les enfants, dont on leur remplit l'esprit et le cœur, les entraînant dans le malheur de leurs pères et mères.
(Extrait de Le malheur du Monde, par M. Henri-Marie Boudon)
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qui s'est observé dans un Ordre Religieux durant le premier siècle
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