mercredi 31 janvier 2018

GRAND CATÉCHISME HISTORIQUE (pour adulte), contenant en abrégé l'Histoire Sainte et la Doctrine Chrétienne, Leçon XXVI : De la Naissance de Jésus-Christ



PREMIÈRE PARTIE


Contenant en abrégé l'Histoire Sainte et la Doctrine Chrétienne



LEÇON XXVI


De la Naissance de Jésus-Christ







Du temps qu'Hérode régnait en Judée, et que César-Auguste était empereur de Rome, il y avait entre les Juifs une fille d'excellente sainteté, nommée Marie, qui avait été fiancée à un saint homme, nommé Joseph ; et toutefois elle avait résolu de garder sa virginité. Marie et Joseph étaient tous eux de la Tribu de Juda et de la race de David ; mais ils étaient pauvres, et Joseph faisait le métier de charpentier. Ils demeuraient à Nazareth, petite Ville de la Galilée, qui est une province de la terre d'Israël. L'Ange Saint Gabriel fut envoyé à Marie de la part de Dieu pour lui annoncer qu'elle serait la mère du Christ. Vous aurez un fils, lui dit-il, que vous nommerez Jésus. Il sera grand, et sera nommé le fils du Très-Haut : le Seigneur lui donnera le trône de son père David, et il règnera éternellement sur la maison de Jacob. Marie y consentit, après que l'Ange l'eut assurée qu'elle demeurerait vierge, et qu'elle serait mère par l'opération du Saint-Esprit, et par un miracle de la toute-puissance de Dieu. Aussitôt s'accomplit en elle ce mystère, auquel Dieu l'avait préparée toute sa vie en la remplissant de grâce. Elle conçut ce saint enfant, qui, étant Dieu comme son père, devint homme comme nous, avec cette différence qu'il est saint par nature, et incapable de péché. Il naquit à Bethléem, petite ville de Judée, où David était né et où le Christ devait naître suivant les Prophéties. Joseph et Marie furent obligés de s'y rendre pour satisfaire à une Ordonnance de l'Empereur Auguste, qui voulut que chacun fît écrire son nom dans le lieu de son origine. Ils ne trouvèrent point de place dans l'hôtellerie, et furent contraints de se loger dans une étable. Ce fut là que la Sainte Vierge mit au monde son fils ; et elle demeura Vierge après sa naissance comme devant (avant). Elle l'enveloppa de langes, et le coucha dans une crèche : il y fut visité la même nuit par des bergers, à qui les Anges avaient annoncé cette grande nouvelle, que le sauveur venait de naître à Bethléem.





Reportez-vous à Leçon I : De la Création, Leçon II : Du péché, Leçon III : De la corruption du Genre humain et du déluge, Leçon IV : De la Loi de Nature, Leçon V : Du Patriarche Abraham, Leçon VI : Des autres Patriarches, Leçon VII : De la servitude d’Égypte, Leçon VIII : De la Pâque, Leçon IX : Du voyage dans le désert, Leçon X : Des dix Commandements, Leçon XI : De l'alliance de Dieu avec les Israélites, Leçon XII : Des infidélités du peuple dans le désert, Leçon XIII : Des derniers discours de Moïse, Leçon XIV : De l'établissement du peuple dans la terre promise, Leçon XV : De l'Idolâtrie, Leçon XVI : De David et du Messie, Leçon XVII : De Salomon et de sa sagesse, Leçon XVIII : Du Schisme des Tribus ou de Samarie, Leçon XIX : Des Prophètes, Leçon XX : Des Prophéties, Leçon XXI : De la captivité de Babylone, Leçon XXII : Du rétablissement des Juifs après la captivité, Leçon XXIII : De la persécution d'Antiochus et des Macchabées, Leçon XXIV : De l'état où était le monde à la venue du Messie, Leçon XXV : Comment le Messie était attendu des Juifs, Leçon XXVI : De la Naissance de Jésus-Christ, Leçon XXVII : De l'enfance de Jésus-Christ, Leçon XXVIII : De Saint Jean-Baptiste, Leçon XXIX : De la vocation des Apôtres, Leçon XXX : Des miracles de Jésus-Christ, Leçon XXXI : Des vertus de Jésus-Christ, Leçon XXXII : De la Doctrine de Jésus-Christ et premièrement de la Trinité et de l'Incarnation, Leçon XXXIII : De l'amour de Dieu et du prochain, Leçon XXXIV : Des Conseils, de la Grâce et de la Prière, Leçon XXXV : De l'état des Fidèles dans la vie présente, Leçon XXXVI : De la vie du siècle futur, Leçon XXXVII : Des ennemis de Jésus, Leçon XXXVIII : De la Cène de Notre-Seigneur Jésus-Christ, Leçon XXXIX : De la Passion de Jésus-Christ, Du dessein et de l'usage de ce Catéchisme, Première partie du Petit Catéchisme Historique, contenant en abrégé l'Histoire Sainte, Deuxième partie du Petit Catéchisme Historique, contenant en abrégé l'Histoire Chrétienne.















lundi 29 janvier 2018

Méditation sur le Luxe









1er point. Les uns donnent dans un luxe général qui s'étend à tout. Ils veulent briller dans tout ; ils ne suivent point dans leur dépense d'autre règle que leur volonté qui embrasse avec une égale ardeur tout ce que la mode enfante ; tout ce que la vanité inspire ; tout ce que le caprice est capable de suggérer. En vain, la Religion leur dit : Bornez-vous au simple nécessaire relativement à votre état ; ils sont sourds à la voix, et ils n'écoutent que des flatteurs avides et intéressés qui applaudissent à toutes leurs dépenses, parce qu'ils en profitent.


2e point.
D'autres donnent dans un luxe de fantaisie. Ils portent à l'excès certaines dépenses de goût et de caprice pour lesquelles ils n'épargnent rien, tandis qu'ils sont modérés, retenus, et quelquefois avares et resserrés dans toutes les autres. Ainsi le mauvais riche donnait principalement dans le luxe de la table et dans le luxe des habits : il était vêtu de pourpre et de lin ; il était tous les jours à une table somptueuse ; cependant, il fut enseveli dans l'enfer, non pour avoir été riche, dit Saint Chrysostôme, mais pour avoir fait un mauvais usage de ses richesses.




Reportez-vous à Méditation sur la restitution, Méditation sur les prières des pauvres, Méditation sur les devoirs des riches dans les malheurs publics, Méditation sur le goût de la dépense, Méditation sur la charité envers les Pauvres, Méditation sur l'inégalité des conditions, Jeudi de la deuxième semaine de Carême : Jour de frayeur, Méditation sur l'honneur que l'on rend à Dieu par l'aumône, Méditation sur la distinction du nécessaire et du superflu, Méditation sur l'abus des richesses, Méditation sur les richesses, Méditation sur ce qu'un Chrétien doit penser des richesses et des grandeurs du monde, Méditation sur les affaires du monde comparées à celles du salut, Méditation sur le vrai bonheur, Méditation sur le bonheur des Pécheurs comparé à celui des Justes, Méditation sur les moyens de se sanctifier dans le monde, Méditation sur les obstacles que le monde oppose à notre salut, Méditation sur la flatterie, Méditation sur la vaine gloire, Méditation sur l'usage qu'un Chrétien doit faire de ses talents, Méditation sur les petites actions de VertuMéditation sur le mérite des petites actions de vertu, Méditation sur le rapport des actions à Dieu, Méditation sur l'habitude des fautes légères, Méditation sur la négligence à éviter les fautes légères, Méditation sur l'attache au péché véniel, Méditation sur l'outrage que nous faisons à Dieu par le péché, Méditation sur la distinction du péché mortel et du péché véniel, Méditation sur la différence des devoirs, Méditation sur les obligations attachées aux Charges et aux Dignités du monde, Méditation sur l'ambition, Méditation sur l'objet de l'examen de conscience, Méditation sur la gloire de Dieu, Méditation sur les jugements du monde, Méditation sur la gloire du monde, Méditation sur les dangers du monde, Méditation sur l'application aux devoirs de son état, Méditation sur la fidélité que la Religion nous inspire à l'égard des devoirs de notre état, Méditation sur le mérite attaché à la pratique des devoirs de son état, Méditation sur le motif qui doit nous conduire dans la pratique des devoirs de notre état, Méditation sur les dangers propres de chaque état, Méditation sur les vertus qu'on exerce en pratiquant les devoirs de son état, Méditation sur les défauts qui rendent un jugement téméraire, Méditation sur les soupçons, Méditation sur la défiance, Méditation sur la défense de juger le prochain, Méditation sur la connaissance des vertus et des vices, Méditation sur les caractères de la vraie et de la fausse pénitence, Méditation sur la vraie pénitence, Méditation sur le respect humain, Méditation sur le crime du respect humain, Méditation sur les moyens de guérir les illusions de la fausse conscience, Méditation sur les péchés d'ignorance, Méditation sur l'aveuglement de la Conscience, Méditation sur la passion dominante, Méditation sur les moyens de connaître les passions dominantes, Méditation sur le détachement des biens de ce monde, Méditation sur le renoncement au monde, Méditation sur l'affaire du salut, Méditation sur la fuite des occasions prochaines du péché, Méditation sur la recherche volontaire de l'occasion prochaine du péché, et Méditation sur l’œil qui scandalise.













vendredi 26 janvier 2018

Méditation sur la distinction du nécessaire et du superflu








1er point. Un Chrétien doit regarder cette distinction comme un des plus importants objets de son attention et de ses scrupules. 1°, Il n'est que le dispensateur et l'économe des biens qu'il possède ; il sera donc comptable au Jugement de Dieu de l'usage qu'il en aura fait. 1°, À ce Jugement, Dieu fera lui-même la distinction du nécessaire et du superflu. Il sera dit que l'un appartenait au riche, et que l'autre était dû tout entier aux pauvres. Il est donc de la dernière importance pour le salut du riche, de savoir distinguer exactement l'un de l'autre ; puisque, s'il employait à son usage ce superflu, qui ne lui appartient pas, il serait condamné au Tribunal de Dieu, comme un administrateur infidèle.


2e point.
Cette distinction est fondée ; 1°, sur les bienséances essentielles et indispensables de la condition ; 2°, sur les forces du revenu. Toutes les fois que la dépense passe quelqu'une de ces deux bornes, ou toutes les deux ensemble, c'est une dépense superflue, et par conséquent tout le bien que vous y mettez appartient au pauvre. La seule qualité de riche n'est donc pas un titre suffisant pour autoriser de grandes dépenses ; elle suppose seulement un superflu plus considérable, et par conséquent, une obligation étroite de soulager un plus grand nombre de pauvres, ou de leur procurer de plus grands soulagements.




Reportez-vous à Méditation sur les prières des pauvres, Méditation sur la Libéralité, Méditation sur les devoirs des riches dans les malheurs publics, Méditation sur le malheur des temps, Méditation sur le goût de la dépense, Méditation sur la charité envers les Pauvres, Méditation sur l'inégalité des conditions, Méditation sur l'honneur que l'on rend à Dieu par l'aumône, Méditation sur le Luxe, Méditation sur l'abus des richesses, Méditation sur les richesses, Méditation sur ce qu'un Chrétien doit penser des richesses et des grandeurs du monde, Méditation sur les affaires du monde comparées à celles du salut, Méditation sur le vrai bonheur, Méditation sur le bonheur des Pécheurs comparé à celui des Justes, Méditation sur les moyens de se sanctifier dans le monde, Méditation sur les obstacles que le monde oppose à notre salut, Méditation sur la vaine gloire, Méditation sur l'usage qu'un Chrétien doit faire de ses talents, Méditation sur les petites actions de VertuMéditation sur le mérite des petites actions de vertu, Méditation sur le rapport des actions à Dieu, Méditation sur l'habitude des fautes légères, Méditation sur la négligence à éviter les fautes légères, Méditation sur l'attache au péché véniel, Méditation sur l'outrage que nous faisons à Dieu par le péché, Méditation sur la distinction du péché mortel et du péché véniel, Méditation sur la grièveté du Péché, Méditation sur la haine du péché, Méditation sur la différence des devoirs, Méditation sur les obligations attachées aux Charges et aux Dignités du monde, Méditation sur l'ambition, Méditation sur l'objet de l'examen de conscienceMéditation sur la flatterie, Méditation sur la Foi, Méditation sur le fondement de l'espérance Chrétienne, Méditation sur la gloire de Dieu, Méditation sur les jugements du monde, Méditation sur la gloire du monde, Méditation sur les dangers du monde, Méditation sur l'application aux devoirs de son état, Méditation sur la fidélité que la Religion nous inspire à l'égard des devoirs de notre état, Méditation sur le mérite attaché à la pratique des devoirs de son état, Méditation sur le motif qui doit nous conduire dans la pratique des devoirs de notre état, Méditation sur les dangers propres de chaque état, Méditation sur les vertus qu'on exerce en pratiquant les devoirs de son état, Méditation sur les défauts qui rendent un jugement téméraire, Méditation sur les soupçons, Méditation sur la défiance, Méditation sur la défense de juger le prochain, Méditation sur la connaissance des vertus et des vices, Méditation sur les caractères de la vraie et de la fausse pénitence, Méditation sur la vraie pénitence, Méditation sur le respect humain, Méditation sur le crime du respect humain, Méditation sur les moyens de guérir les illusions de la fausse conscience, Méditation sur les péchés d'ignorance, Méditation sur l'aveuglement de la Conscience, Méditation sur le repos de la conscience, Méditation sur la passion dominante, Méditation sur les moyens de connaître les passions dominantes, Méditation sur le détachement des biens de ce monde, Méditation sur le renoncement au monde, Méditation sur l'affaire du salut, Méditation sur la fuite des occasions prochaines du péché, Méditation sur la recherche volontaire de l'occasion prochaine du péché, et Méditation sur l’œil qui scandalise.














mercredi 24 janvier 2018

Méditation sur l'abus des richesses








1er point. On en abuse quand on manque aux dépenses nécessaires. La vertu consiste à éviter tout excès ; elle ne se trouve que dans ce milieu juste et précis, qui s'éloigne à égale distance des deux extrémités : In medio virtus. Il peut donc y avoir un excès dans l'épargne comme dans la profusion, et tout excès est vicieux. Vous ménagez vos biens jusques à vous refuser le nécessaire : c'est donner dans l'avarice ; est-il un vice plus contraire à la raison et à la Religion ? 1°, à la raison ; car à quoi servent les richesses, si l'on n'en fait aucun usage : 2°, à la Religion, qui nous prescrit un détachement entier, absolu des biens de la terre.


2e point.
On en abuse quand on fait des dépenses superflues. C'est un autre excès beaucoup plus ordinaire et aussi pernicieux que le premier : c'est donner dans un luxe réprouvé. Les mondains croient être de vrais propriétaires de leurs biens, et ils n'en sont que les dispensateurs et les économes. Ils s'imaginent que toutes les dépenses leur sont permises quand ils sont assez riches pour les soutenir ; et ils croient même pouvoir déranger leurs affaires sans charger leur conscience : mais ils sont dans l'erreur, puisque la Religion condamne également toute épargne et toute dépense excessive.




Reportez-vous à Méditation sur la restitution, Méditation sur les prières des pauvres, Méditation sur les devoirs des riches dans les malheurs publics, Méditation sur le malheur des temps, Méditation sur le goût de la dépense, Méditation sur la charité envers les Pauvres, Méditation sur l'inégalité des conditions, Méditation sur l'honneur que l'on rend à Dieu par l'aumône, Méditation sur le Luxe, Méditation sur la distinction du nécessaire et du superflu, Méditation sur les richesses, Méditation sur ce qu'un Chrétien doit penser des richesses et des grandeurs du monde, Méditation sur les affaires du monde comparées à celles du salut, Méditation sur le vrai bonheur, Méditation sur le bonheur des Pécheurs comparé à celui des Justes, Méditation sur les moyens de se sanctifier dans le monde, Méditation sur les obstacles que le monde oppose à notre salut, Méditation sur la vaine gloire, Méditation sur l'usage qu'un Chrétien doit faire de ses talents, Méditation sur les petites actions de VertuMéditation sur le mérite des petites actions de vertu, Méditation sur le rapport des actions à Dieu, Méditation sur l'habitude des fautes légères, Méditation sur la négligence à éviter les fautes légères, Méditation sur l'attache au péché véniel, Méditation sur l'outrage que nous faisons à Dieu par le péché, Méditation sur la distinction du péché mortel et du péché véniel, Méditation sur la grièveté du Péché, Méditation sur la haine du péché, Méditation sur la différence des devoirs, Méditation sur les obligations attachées aux Charges et aux Dignités du monde, Méditation sur l'ambition, Méditation sur l'objet de l'examen de conscienceMéditation sur la flatterie, Méditation sur la Foi, Méditation sur le fondement de l'espérance Chrétienne, Méditation sur la gloire de Dieu, Méditation sur les jugements du monde, Méditation sur la gloire du monde, Méditation sur les dangers du monde, Méditation sur l'application aux devoirs de son état, Méditation sur la fidélité que la Religion nous inspire à l'égard des devoirs de notre état, Méditation sur le mérite attaché à la pratique des devoirs de son état, Méditation sur le motif qui doit nous conduire dans la pratique des devoirs de notre état, Méditation sur les dangers propres de chaque état, Méditation sur les vertus qu'on exerce en pratiquant les devoirs de son état, Méditation sur les défauts qui rendent un jugement téméraire, Méditation sur les soupçons, Méditation sur la défiance, Méditation sur la défense de juger le prochain, Méditation sur la connaissance des vertus et des vices, Méditation sur les caractères de la vraie et de la fausse pénitence, Méditation sur la vraie pénitence, Méditation sur le respect humain, Méditation sur le crime du respect humain, Méditation sur les moyens de guérir les illusions de la fausse conscience, Méditation sur les péchés d'ignorance, Méditation sur l'aveuglement de la Conscience, Méditation sur le repos de la conscience, Méditation sur la passion dominante, Méditation sur les moyens de connaître les passions dominantes, Méditation sur le détachement des biens de ce monde, Méditation sur le renoncement au monde, Méditation sur l'affaire du salut, Méditation sur la fuite des occasions prochaines du péché, Méditation sur la recherche volontaire de l'occasion prochaine du péché, et Méditation sur l’œil qui scandalise.













lundi 22 janvier 2018

La terre se couvrit de ronces et d'épines



Extrait de "Histoire de Satan" de l'Abbé Lecanu :


La tour de Babel (Gustave Doré)
La terre se couvrit de ronces et d'épines ; les animaux, qui avaient été jusque-là des serviteurs dociles, devinrent étrangers ou ennemis, le sol avare de ses richesses ; il fallut désormais les lui arracher à la peine des bras, à la sueur du front ; la mort entra dans le monde avec son affreux cortège de maux et de douleurs. Et, pour comble, l'homme lui-même était changé, il ne se reconnut plus, il eut honte, il s'enfuit, il était nu ; et Dieu l'assujettit pour une grande part à la domination de cet ennemi qu'il lui avait préféré. Il mit dans sa nature le germe de toutes les concupiscences, lui laissa la raison, pour éclairer ses voies ; la conscience, pour l'avertir de ses fautes, afin d'établir au dedans de lui des appétits et des résistances, c'est-à-dire une lutte, un combat pénible et perpétuel.
Et toute la race humaine fut ainsi dégradée pour toute la durée des siècles, par communication de la faute du premier père.
Dogme incompréhensible, inconciliable, ce semble, avec la justice et la bonté de Dieu ; mais d'une vérité si manifeste, qu'il ne reste encore ici qu'un seul parti à prendre : celui de s'incliner et d'adorer des jugements impénétrables.
Le bien et le mal existent mélangés dans toute la nature et par tout l'univers, dans de telles proportions, que le mal domine, et que le bien paraît accidentel. Or il n'est pas possible que le monde soit sorti en cet état des mains d'un créateur intelligent, bon et juste. Tous les systèmes inventés par l'esprit humain pour expliquer une telle anomalie ont échoué contre la raison. Dieu n'a pu former le monde tel qu'il est.
D'autant plus qu'après avoir montré une souveraine puissance et une souveraine sagesse dans l'ensemble de son œuvre, il pourrait être convaincu d'une souveraine injustice dans les détails ; il suffit d'en citer un seul : l'innocent, le juste, souffre et périt ; l'enfant, par exemple, qui n'a pas demandé à naître, qui aspire à vivre et qui languit, souffre et meurt avant d'avoir accompli un seul acte bon ou mauvais. On le comprendrait de la plante insensible qui végète, on le comprend plus difficilement de l'animal sans raison qui vit, mais pas du tout de l'être raisonnable, qui a conscience de ses droits et de sa valeur.
C'est surtout dans l'homme que le renversement d'ordre est le plus saisissable et le plus inexplicable, si on fait abstraction d'une faute et d'une dégradation originelle.
Composé de deux substances, l'une vile, grossière, de la nature de la boue, qui n'a rien en propre que la forme et l'étendue ; l'autre intelligente, de nature angélique, appelée à la contemplation du bien, du beau, du vrai, dont les aspirations tendent à s'élever vers son auteur ; or, c'est celle-ci, la seule noble et sainte, qui est assujettie à l'autre, à celle qui n'a pas même conscience de soi ; de telle sorte que la première servira comme une vile esclave les appétits brutaux et les passions résultant de l'organisation de la seconde, et qu'elle appliquera par un constant labeur ses plus nobles et ses plus sublimes facultés à fouiller la terre comme les animaux, pour lui chercher sa pâture ; avec cette différence en plus, que les animaux y trouvent la leur toute préparée, tandis qu'elle n'y trouvera que des éléments qu'il faudra préparer. Toutes les pensées des hommes depuis six mille ans gravitent vers ce seul objet, la nourriture et le vêtement, et ils appellent heureux, celui qui a le plus de nourriture et de vêtement, quoiqu'il en faille juste la même quantité à chacun. Quelle humiliante dégradation : quel renversement d'ordre !
L'homme a voulu goûter à l'aliment défendu, il est condamné à manger pour vivre ; il a voulu atteindre à la beauté divine, seul de tous les êtres vivants il est condamné à se vêtir ; il a voulu connaître le mal, le mal le pénètre, l'accable et le dégrade.
Telle est la première œuvre satanique ; telle est la punition divine.
L'ange rebelle, coupable de ces maux et dont le nom céleste n'est pas connu, s'appelle, dans le langage humain, Satan, c'est-à-dire le séducteur ; il s'appelle le démon, c'est-à-dire le génie du mal ; il s'appelle Bélial, c'est-à-dire le pervers et le révolté.
Son rôle dans le monde consiste à se faire l'instigateur du mal, en inspirant les mauvaises pensées, en fomentant les passions du corps et les cupidités de l'âme, les animosités, les divisions, les haines, le sot orgueil, le dégoût de la vie, le penchant au vol et à l'homicide.
Il se pose comme un nuage entre l'intelligence humaine et la lumière divine, pour produire l'obscurité, ou comme un fanal trompeur, pour égarer. Il promet tous les biens, et ne laisse que les hontes et le remords. Il appelle et convie, sous prétexte de secourir et d'aider, mais s'écarte, insulte et rit du mal qu'il a fait.
Il se tient sur les confins de la création, pour augmenter autant qu'il est en lui les maux, les fléaux, les calamités.
Sur les confins de la nature, pour s'emparer de l'intelligence qui veut en étudier les secrets, la tromper, l'égarer, en substituant la fausse science à la science, les illusions aux merveilles.
Le moindre germe étranger qui se trouve déposé dans la société avec ou sans son concours, il se l'approprie, le féconde, le développe, afin de lui faire produire les révolutions, les crimes, les bouleversements, les guerres, les hérésies, les déchirements sociaux.
Singe de Dieu, il veut avoir aussi ses autels, ses adorateurs, ses apôtres, et opérer des miracles à sa façon.
Telle est l'œuvre que nous allons lui voir accomplir avec une persévérance qui n'appartient qu'à lui, qui dure depuis la chute de l'homme, et qui durera jusqu'à la fin du monde.
Cependant le Créateur ne laissa pas son œuvre à la merci du séducteur : il promit à l'homme un Réparateur de l'iniquité, il annonça à Satan un vengeur de sa perfidie : « Je mettrai, lui dit-il, des inimitiés entre la femme et toi, entre ta race et la sienne ; elle t'écrasera la tête, et ton suprême effort sera de chercher à lui mordre le talon. » Cette parole divine ne devait s'accomplir qu'à une époque éloignée ; mais rien ne pouvait forcer le souverain Maître à différer ou à rapprocher l'accomplissement, ni l'empêcher au moment qu'il avait choisi.
Le premier triomphe de Satan, après celui qu'il avait remporté dans le paradis terrestre, fut d'allumer la jalousie au cœur de Caïn, de lui faire accomplir un meurtre odieux, et ensuite d'inspirer à ses lèvres cette superbe et dédaigneuse réponse adressée à Dieu lui-même, lorsque Dieu lui demanda compte du sang innocent d'Abel : « Est-ce que je sais, moi, ce qu'est devenu mon frère, et suis-je son gardien ? »
Mais, ô perfidie, celui qui a exalté l'âme du criminel jusqu'à la perpétration de l'homicide, qui l'a rendue insolente jusqu'au dédain de Dieu, l'abandonne subitement à sa faiblesse, et ne lui montre pour refuge que l'impénitence dans le désespoir : « Mon iniquité est trop grande, dit Caïn, pour que vous me la pardonniez ; chassez-moi de devant votre face, comme je l'ai mérité ; mais que devenir ? J'ai peur de mourir victime à mon tour. »
Première race maudite : l'habitude du crime s'y perpétua : Lamech, le cinquième descendant de Caïn, surpassant son auteur, commit deux homicides, puis, saisi de la même peur, il maudit soixante-dix fois sept fois celui qui les vengerait sur lui-même. Le mépris ou du moins l'oubli de Dieu n'y demeura pas moins héréditaire, et par elle se propagea dans les autres branches de la famille humaine, au point qu'Enos, fils de Seth, fils d'Adam, fut obligé d'instituer un culte public, pour rappeler aux hommes la mémoire de leur Créateur.
Mais Satan se préparait un triomphe plus universel et plus magnifique : la destruction de la race humaine tout entière, par suite de la corruption générale des moeurs, et spécialement de la propagation d'un vice odieux. Lorsqu'il n'y eut plus qu'un seul juste dans l'univers, Dieu résolut en effet de noyer la terre dans les eaux du déluge, à l'exception de ce seul juste, qui devait repeupler le monde d'une seconde race d'hommes, peut-être aussi peu sages, mais moins universellement débauchés et criminels.
Le déluge ! combien de savants prétendus, étayés de systèmes qu'ils croyaient selon la science, et qui n'étaient que le fruit d'une science illusoire, c'est-à-dire satanique, n'ont pas souri à ce mot ! C'était, disaient-ils, un événement tout naturel, une des grandes époques de la nature, une révolution nécessaire, accomplie longtemps avant la création de l'homme. Mais que dire maintenant, après que de nombreux ouvrages travaillés de la main de l'homme et de nombreux débris humains ont été trouvés dans les décombres entassés par le déluge ? Et ces grands savants, qui puisaient leurs renseignements partout ailleurs que dans la science divine, et qui nous expliquaient si bien comment le déluge avait dû finir aussi naturellement, et comment la terre avait pu reverdi après ce bain d'une année dans l'eau bouillante sortie de ses entrailles.
Satan a triomphé ; Dieu, dans un acte de justice que l'Écriture appelle du  nom de repentance d'avoir créé l'homme, a changé la face de la terre et détruit la race coupable. Il ne reste plus qu'un germe de l'humanité, huit personnes seulement. Le monde va se repeupler, mais Satan va recommencer son œuvre.
Noé, le père des races futures, tombe dans un piège, dans une grande faute peut-être : il boit du vin jusqu'à l'ivresse. Dans cet état, deux de ses fils le respectent et le protègent, le troisième le raille et l'insulte.
Nouvelle race maudite : la postérité de Chanaan, fils de Cham, l'insulteur de son père, est vouée à la malédiction par le patriarche. Nous la retrouverons bientôt, dans le pays même de Chanaan, souillée de tous les crimes, adonnée à tous les égarements, et vouée à l'extermination de la part de Dieu. C'est le glaive de Josué et des fils d'Israël qui sera chargé d'exécuter la sentence divine.
Cependant la descendance de Noé se multiplie, les hommes sont redevenus si nombreux, que les plaines de Sennaar ne suffisent plus à contenir leur multitude. Le moment est venu auquel ils doivent se partager entre eux le globe de la terre, et se séparer pour former des nations. Ils veulent auparavant fonder une ville qui marque leur point de départ, qui soit le centre de leur rayonnement et leur point de ralliement ; mais une pensée satanique, celle d'un vain et fol orgueil, se mêle à leur projet : ils veulent aussi bâtir une tour magnifique, dont le sommet s'élève jusqu'aux cieux, et dont la masse étonnante et indestructible éternise leur mémoire parmi les générations futures. Vain projet : Dieu confond leur langage, ils ne se comprennent plus les uns les autres, et se séparent forcément. Le superbe et inutile ouvrage demeure inachevé (la masse imposante des débris de la tour de Babel, sur lesquels cinq mille ans ont bientôt passé, et qui forment encore presque une montagne, donne la plus haute idée de l'immensité du travail déjà fait).
De ce moment, notre sphère s'agrandit et s'étend, les nations se fondent, avec elles la science humaine ; mais la fausse science, la science satanique, qui apprend à se passer de Dieu, s'y mêle dans des proportions toujours croissantes. Les besoins se multiplient, en même temps que les nations s'étendent ; la recherche des moyens nécessaires, s'égarant dans ses voies, mène à l'idolâtrie ; le commerce entre les nations s'établit, la race maudite en est l'instrument, et colporte partout, en même temps que les produits des pays divers, ses mœurs et ses usages abominables ; elle affilie à son culte dépravé les hommes curieux et chercheurs de nouveauté de toutes les nations ; les sociétés secrètes et les mystères, ce qui est la même chose, se fondent : leurs légendes énigmatiques forment le fonds de la mythologie. Les gens empressés de jouir ou de savoir, croyant prendre les chemins de travers pour arriver plus tôt à leur but, se jettent dans les mystères, les sciences occultes, la théurgie, la magie, la divination, le sortilège. Satan favorise tous ces égarements, il y pousse, il les entretient en se manifestant de temps à autre par quelque phénomène, peut-être naturel, peut-être extra-naturel, suffisant pour appeler l'attention, frapper les imaginations, mais jamais au point de rendre des services à l'homme. Des oracles de mille espèces s'établissent ; l'artifice des prêtres supplée à l’œuvre satanique, toutes les fois que celle-ci se refuse, et le but n'en est pas moins atteint. L'horizon s'obscurcit à mesure que les nuages de l'illusion s'amoncellent ; Dieu cesse d'être en vue, et Satan est enfin le maître partout, jusqu'au moment préfixe où le Messie promis vient apporter la céleste lumière.




Reportez-vous à Comment Satan a égaré l’humanité dans ses voies, après lui avoir fait perdre la connaissance du vrai Dieu : magie naturelle, magie noire, idolâtrie, divination, mystères et sociétés secrètes, État religieux et moral de l'univers au temps de l'établissement du Christianisme, Les murs ont des oreilles ou les démons espions, Un signe des temps : Le siècle de Saint Vincent Ferrier et Notre-Dame de Lourdes, Histoire de la possession des Ursulines de Loudun, et des peines du Père Surin (1/4), La réalité des apparitions démoniaques, Inimitiés entre les enfants de Marie et les esclaves du Diable, La protection des saints Anges contre les démons, particulièrement au sujet de leurs différentes tentations, Les efforts incessants de Satan pour se reformer une Cité, Le retour du règne de Satan par la négation du dogme de l'Incarnation, Satan veut déformer l'homme, afin d'effacer en lui l'image de Dieu, Histoire religieuse des deux cités, Le Saint-Esprit dans le Nouveau Testament, première création : La Sainte Vierge Marie, La communication de Satan avec l'homme, Les princes de la Cité du Mal, Le Roi de la Cité du Mal, La religion a été et sera toujours l'âme de la société, La puissance des démons réglée par la sagesse divine, Médiums et faux exorcistes : disciples de Satan, Méditation transcendantale, hypnose et forces démoniaques, Résultats du spiritisme : la folie et le suicide - Dernier obstacle à l'envahissement satanique : la papauté, Le démon et la folie, Culte de la pierre, de l'arbre, de la source : traditions et origines magiques de ces dieux, Mission du Saint-Esprit, Le Saint-Esprit dans l'Ancien Testament, promis et figuré, Par quelles armes battre le Tentateur ?, Et le Dragon persécuta la femme qui enfanta le fils, Quand les dieux du paganisme avouent qu'ils ne sont que des démons, Traité de l'Enfer de Sainte Françoise Romaine, L'existence du surnaturel et du surhumain, Les pièges du Diable, Satan est présent dans votre vie !, La possession démoniaque chez les enfants est-elle possible ?, En union de prière face aux forces démoniaques et aux actes de sorcellerie, Les Anges, princes et gouverneurs de la grande Cité du bien, Interprétation des rêves : mise en garde, Symptômes de possession ou infestation démoniaques, Transport aérien des corps, voyages des âmes, pérégrinations animiques et bilocations, Prière pour la conversion des francs-maçons et lettre encyclique du Pape Léon XIII, Phénomènes possibles en cas de possession et signes de délivrance, et Message de Notre-Dame de la Salette.

















Méditation sur l'état de tiédeur








1er point. C'est un état ordinaire parmi ceux mêmes qui font profession de piété. On est exempt des grands crimes et des vices grossiers ; mais on est sans ardeur pour les biens du Ciel, sans goût pour la prière, sans application au travail sans ferveur et sans piété dans la pratique de ses devoirs ; dans cet état on n'a, pour ainsi dire, ni vice, ni vertu. On évite le mal sans faire le bien ; c'est ce qu'on appelle un état de tiédeur et de négligence dans les voies du salut.


2e point.
Danger de cet état. On peut le comparer à une fièvre lente et cachée, qui mine peu à peu les forces de l'âme, et qui consume de jour en jour sa vie et sa substance. On demeure tranquillement dans cet état, parce qu'on ne se sent coupable d'aucun crime. On avoue que l'on n'est pas du nombre des Chrétiens fervents ; mais on ne croit pas devoir être dégradé jusqu'au rang des pécheurs. Nous voyons cependant que le Seigneur rejette également l'âme tiède et l'âme infidèle ; nous voyons qu'il prononce les mêmes malédictions et contre celui qui abandonne totalement l'œuvre de Dieu, et contre celui qui le fait avec négligence : Maledictus qui facit opus Dei negligenter.




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samedi 20 janvier 2018

Méditation sur l'usage qu'un Chrétien doit faire de ses talents








1er point. Il doit, 1°, s'appliquer à les connaître. Les uns en ont de grands ; d'autres n'en ont que de médiocres. Les hommes ne diffèrent pas moins entre eux par la quantité des talents que par leur qualité. Parmi les serviteurs de l'Évangile, le premier en avait cinq ; le second, deux, et le troisième n'en avait qu'un. 2°, Tout Chrétien est obligé de profiter de ses talents, pour établir le règne de Dieu dans son âme, et, s'il se peut, dans celles des autres. Ne prétendez pas vous dispenser de cette obligation, en disant que vous n'avez que des talents médiocres : il n'y en a point de médiocres par rapport à Dieu et au salut : n'avez-vous pas un esprit capable de connaître Dieu, et de connaître vos devoirs ; n'avez-vous pas un cœur capable de l'aimer ? En faut-il davantage pour mériter le Ciel, et pour remplir les desseins que le Créateur a eu sur vous en vous mettant au monde ?


2e point.
Deux abus à éviter dans l'usage des talents. Ceux qui en ont de grands cherchent à les faire briller pour leur propre gloire, et par-là ils les rendent stériles pour leur salut. Ceux au contraire dont les talents sont faibles et obscurs, n'osent les mettre en œuvre par une défiance mal entendue. On oppose deux règles à ces deux abus : 1°, employez les grands talents avec humilité : 2°, servez-vous des plus petits avec confiance.




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