Affichage des articles dont le libellé est Colère. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Colère. Afficher tous les articles

jeudi 18 juin 2020

De la paix du cœur, par le R.-P. Jean-Joseph Surin


Extrait du CATÉCHISME SPIRITUEL DE LA PERFECTION CHRÉTIENNE, TOME I, Composé par le R. P. J. J. SURIN, de la Compagnie de Jésus :




De la paix du cœur



En quoi consiste la paix du cœur ?

À se conserver sans trouble dans le service de Dieu.


D'où vient ordinairement le trouble ?

Il vient de l'émotion causée par les passions, de l'empressement pour les occupations extérieures, et de l'abattement où l'on tombe à la vue de ses fautes.


Comment est-ce que les passions émues excitent le trouble ?

En ce qu'elles agitent et inquiètent le cœur, par les mouvements contraires qu'elles y produisent. Celles qui se soulèvent le plus souvent, et le plus aisément, sont la colère, le désir et l'aversion naturelle qu'on a pour certains objets qui choquent.


Comment est-ce que la colère trouble ?

Rien n'a moins besoin d'explication. Il est naturel qu'on s'irrite et qu'on s'emporte, quand on se voit contrarié, et il est encore plus naturel que la contrariété et l'emportement produisent le trouble et l'agitation.


Comment peut-on empêcher cet effet de la colère ?

En se tenant sur ses gardes, pour étouffer la première émotion qui s'élève dans le cœur. On réprime ces sortes de mouvements, en pratiquant la douceur, qui ne souffre aucune aigreur, sous quelque prétexte que ce soit, non pas même pour faire la correction, qu'on doit suspendre jusqu'à ce que l'indignation soit passée, et qu'on ait recouvré sa première tranquillité.


Comment est-ce que le désir est contraire à la paix du cœur ?

Chacun sent par son expérience qu'un désir véhément ne laisse ni paix, ni repos, jusqu'à ce qu'il soit accompli. Cette impatience se fait surtout remarquer dans les personnes vives ; à peine ont-elles commencé un ouvrage, qu'elles en voudraient voir la fin, et elles sont dans l'inquiétude jusqu'à ce qu'il soit achevé.


Quel est le remède à ce mal ?

C'est de renoncer à tout, de prendre un soin particulier de combattre tous les désirs et toutes les affections naturelles, et de les étouffer d'abord, jusqu'à ce qu'il n'y ait plus dans l'âme que le désir de faire la volonté de Dieu, et de lui plaire en toutes choses. Quiconque ne prendra pas cette voie, ne se maintiendra jamais en paix.
Il en est de même de cette passion, qui s'irrite à la rencontre des objets désagréables, et qui se donne de grands mouvements pour les éviter : on ne saurait la dompter que par une générosité constante à surmonter ses répugnances, jusqu'à ce qu'on se soit accoutumé à voir toutes choses d'un œil tranquille, et qu'à la rencontre des plus fâcheuses on soit comme un rocher qui ne fuit point à l'approche des vaisseaux, mais qui demeure immobile au milieu de la mer, sans que rien puisse l'ébranler ou le faire changer de place.


Comment est-ce que les occupations troublent la paix ?

Par le désir et l'empressement, par l'agitation et l'inquiétude qu'elles causent à un homme qui voudrait suffire à tout, et qui se sent chargé au-delà de ses forces. C'est ce qui a fait dire à l'Auteur du Livre de l'Imitation de Jésus-Christ, que la tranquillité ne court pas moins de risque dans les occupations, que la tempérance dans les festins, et la chasteté dans les conversations avec le sexe.


Comment peut-on prévenir ce mal ?

En fermant, pour ainsi dire ; l'entrée de son âme aux choses du dehors dont on s'occupe : ce qui se fait en trois manières. La première est de ne s'appliquer à ce qu'on fait, qu'autant qu'il en est besoin pour le bien faire, réservant sa principale attention pour vaquer à Dieu dans son intérieur. La seconde, c'est que quand on ne peut pas empêcher l'esprit de s'appliquer fortement, on empêche au moins le cœur de s'attacher aux occupations extérieures, et d'y mettre son affection : car il est surtout important que le cœur soit tout à Dieu, et qu'on ne cherche que lui en tout ce qu'on fait. La troisième, est, que l'on se hâte de retirer son affection, dès qu'on s'aperçoit qu'elle se glisse dans ce qu'on fait, de peur que la passion ne se forme, que le trouble et les fautes ne viennent à la suite de la passion, et que la paix intérieure ne soit détruite. Il ne faut donc pas se remplir de ce qu'on fait (comme disent quelques-uns) mais il faut plutôt se remplir de Dieu, c'est à-dire, l'avoir présent à son esprit, et agir uniquement pour lui.


Comment doit-on se comporter lorsque les affaires et les occupations viennent en foule, et qu'on ne sait par où commencer ?


Une âme persuadée que rien n'est plus important pour elle, que d'éviter le trouble et le dérangement de son intérieur, doit pourvoir d'abord à sa paix, et réunir ses forces au dedans: ensuite elle doit s'appliquer à ce qui presse le plus.
Un homme qui voit le feu prendre à sa maison, court à ce qu'il a de plus précieux pour le sauver. C'est ainsi que doit faire une personne qui se voit sur chargée d'occupations : il faut que son premier soin soit de rentrer en elle-même pour assurer sa tranquillité, elle pourvoira ensuite aux affaires du dehors le mieux qu'elle pourra. Ce n'est point par amour-propre qu'elle doit se donner cette préférence, ni par attache à son repos ; mais par un effet du zèle que Dieu veut qu'elle ait pour régler son intérieur.


Comment est-ce qu'on perd la paix à la vue de ses fautes ?

C'est que la pensée d'avoir failli, afflige, désole, et fait perdre courage.


Que faut-il donc faire, quand on est tombé en quelque faute ?

Dès qu'on sent son cœur frappé (ce qui est ordinaire aux personnes exactes à leur devoir quand elles ont ait quelque faute) il ne faut point alors trop s'attacher à pénétrer les causes et les motifs de son péché ; il suffit de le reconnaître, de le détester, d'en prendre occasion de s'humilier, et d'en faire quelque réparation ; après quoi il ne faut plus y penser, mais reprendre incontinent son premier train, et marcher devant Dieu avec joie et confiance, comme avant sa chute.


Faut-il se comporter ainsi après toute sorte de faute ?

Pour répondre à cette question, il faut distinguer de deux sortes de personnes ; celles qui ont avec Dieu une étroite liaison, et qui sont accoutumées à converser familièrement avec lui ; et celles dont la fidélité souffre beaucoup d'imperfections et de négligences. Les unes et les autres doivent se conduire, comme nous venons de dire, à l'égard des fautes légères. Si elles viennent à tomber dans quelque faute notable ; par exemple, dans quelque emportement, ou dans quelque manquement considérable, elles doivent témoigner à Dieu leur repentir avec beaucoup d'humilité et de ferveur, sans rien perdre de leur tranquillité. Quelquefois même dans ces occasions Dieu donne une telle confiance aux personnes attachées à son service, qu'elles n'ont autre chose à faire, dès qu'elles aperçoivent leurs fautes, que de s'en remettre à Dieu, de se jeter dans son sein par un abandon sans réserve, et de contribuer à le servir avec plus de ferveur qu'auparavant. Si leur aveuglement est qu'elles ne connaissent leur faute que longtemps après l'avoir commise, dès qu'elles viennent à s'en apercevoir, elles doivent imiter ce Prophète, qui après avoir lavé son péché dans les larmes de la pénitence, se remit à servir Dieu, et à traiter avec lui d'une manière pleine d'amour et de familiarité.
Cependant il est ordinaire aux personnes qui pratiquent la dévotion, et qui veulent avancer en vertu, de se rebuter, et de s'inquiéter beaucoup à la vue de leurs fautes : elles s'impatientent, à cause qu'elles sont impatientées : et comme si les promesses qu'elles ont faites à Dieu devaient les rendre impeccables, elles s'étonnent d'être capables de tomber. La véritable sagesse consiste à s'établir dans une paix solide, fondée sur la confiance en Dieu, et à l'épreuve de nos faiblesses.
On voudrait être d'abord parfait, parce qu'on en a formé la résolution ; on ne peut pas soutenir la vue de ses misères : ce sont là évidemment des effets de l'amour-propre. Ces retours amers, ces réflexions chagrinantes, et ces regrets turbulents auxquels on s'abandonne, ne font-ils pas retarder l'ouvrage de la perfection, en formant une espèce de nuage qui empêche de connaître, et de reprendre le chemin où l'on marchait auparavant.
La raison de cette conduite que nous prescrivons ici, est tirée de la bonté du Seigneur et de la fragilité de l'homme. Dieu qui veut lier avec nous un saint commerce d'amitié, sait bien que nous ne sommes pas impeccables ; et il est content de nous, pourvu que nous ne l'offensions pas avec réflexion et de propos délibéré : s'il en exigeait davantage, ce ne serait pas un Dieu infiniment bon, qui se glorifie d'avoir pitié de notre faiblesse. Il est vrai néanmoins que l'amitié qui est entre Dieu et nous, pour être parfaite, demande de notre part une résolution ferme et constante de ne point pécher volontairement et avec pleine connaissance ; et on ne peut pas nier que les fautes commises avec réflexion, ne soient des infidélités qui éloignent beaucoup de Dieu.


Reportez-vous à Sans l'Humilité, on ne saurait avoir la paix intérieure, Prière pour demander la paix intérieureDe la paix de l'âmeDes saintes Pratiques, par le R.-P. Jean-Joseph SurinDe la violence qu'il faut se faire à soi-même, Avis important pour ceux qui ont des peines d'esprit, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De la Simplicité, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De la véritable Sagesse, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De l'Union avec Jésus-Christ, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Le Paradis de la Terre, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De la réformation de l'Amour, de la Haine, du Désir et de l'Aversion, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De l'activité naturelle, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De la réformation de la mémoire, par Le R.-P. Jean-Joseph Surin, De la réformation de la volonté et du fond de l'âme, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De la réformation de l'entendement, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De la réformation de la colère, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De la Réparation de l'Intérieur, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Du vrai Progrès, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De la doctrine de Jésus-Christ, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Des Conseils Évangéliques, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De quelle manière on doit aider les personnes faibles, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Ordre de la vie spirituelle pour les Directeurs, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Remèdes à l'amour-propre, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Des maladies de l'âme, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Prière pour demander l'humilité, Du Recueillement, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Des secours qu'il faut donner au Peuple dans les Missions, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, et prière pour les Missions, Soin que l'état de maladie demande, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De la conduite qu'il faut tenir à l'égard des Énergumènes, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Histoire de la possession des Ursulines de Loudun, et des peines du Père Surin (1/4), Histoire de la possession des Ursulines de Loudun, et des peines du Père Surin (2/4), Histoire de la possession des Ursulines de Loudun, et des peines du Père Surin (3/4), Histoire de la possession des Ursulines de Loudun, et des peines du Père Surin (4/4), Réflexions sur la nature et les forces des Démons, et sur l'économie du Royaume des ténèbres, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De l'Amour du Père Surin pour tout ce que Notre-Seigneur a aimé, et premièrement de sa grande dévotion à la très-sainte Vierge, Du grand Amour du Père Surin pour les Saints Anges, dans l'union avec notre Seigneur Jésus-Christ, De l'amour du Père Surin pour l'humilité, dans l'union avec Notre-Seigneur Jésus-Christ, SCIENCE EXPÉRIMENTALE DES CHOSES DE L'AUTRE VIE, Acquise par le Père Jean-Joseph Surin, Exorciste des Religieuses Ursulines de Loudun, De l'imagination de l'homme, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De l'amour étonnant du Père Surin pour l'abjection, dans l'union avec Notre-Seigneur Jésus-Christ, De la vie Apostolique, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De quelques industries cachées qui conduisent bientôt à la perfection, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Réponse à quelques doutes touchant la Pénitence, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De la Pénitence et de l'Oraison, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De la vie parfaite, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Du bon Directeur, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Du vrai Religieux, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De la vie mixte, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De l'homme intérieur, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De l'heureux état d'une âme qui a établi sa perfection et sa félicité dans l'acquiescement au bon plaisir de Dieu, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De l'amour parfait, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De la conduite des âmes, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De l'étude des Lettres, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Réponse à quelques doutes touchant l'Oraison, par le R.P. Jean-Joseph Surin, Ce qui s'est observé dans un Ordre Religieux durant le premier siècle depuis son établissement, doit être regardé comme meilleur que tout ce qu'on peut inventer dans la suite, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De l'Oraison et de la Contemplation, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Instruction pour les personnes qui entrent dans la voie d'Oraison, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Que les âmes lâches fassent tous leurs efforts pour acquérir la bonne volonté qui leur manque, Ce qu'est l'oraison mentale, par le R.P. D. Laurent Scupoli, Clerc Régulier Théatin, De l'Oraison, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De la contemplation, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De l'Oraison qui convient à la voie extraordinaire, et Avis nécessaires à ceux qui sont dans cette voie, par le R.-P Jean-Joseph Surin, Catéchisme spirituel de la Perfection Chrétienne, par le R.P. Jean-Joseph Surin (1), Catéchisme spirituel de la Perfection Chrétienne, par le R.P. Jean-Joseph Surin (2), Des qualités qui sont propres dans la voie extraordinaire, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De la voie surnaturelle ou extraordinaire, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De l'avancement de l'âme et des principaux moyens qui peuvent le procurer, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De la nourriture du corps, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Des amitiés, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De la conversation, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Des Vertus, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Des moyens extérieurs qui aident à acquérir la perfection, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Des moyens intérieurs qui aident à la perfection, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Des exercices de piété, par le R.-P. Jean-Joseph Surin : Quels sont les devoirs de piété dont il faut s'acquitter envers les Saints ?, Des exercices de piété, par le R.-P. Jean-Joseph Surin : Quels exercices de piété prescrivez-vous à l'honneur des Anges ?, Des exercices de piété, par le R.-P. Jean-Joseph Surin : Comment faut-il s'occuper des souffrances de Jésus-Christ ?, Des exercices de piété, par le R.-P. Jean-Joseph Surin : Comment faut-il s'exercer en ce qui regarde la Doctrine de Jésus-Christ ?, De la vie intérieure, et de la familiarité avec Jésus-Christ, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De la Mortification, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De l'amour du Père Surin pour la pauvreté, dans l'union avec Notre-Seigneur Jésus-Christ, De la présence de Dieu, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Du renouvellement de l'esprit, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Des Habits, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De la vie illuminative, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Degrés des vertus qu'on se propose d'acquérir, De l'amour admirable du Père Surin pour les souffrances, dans l'union avec Notre-Seigneur Jésus-Christ, De la vie Purgative, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, En quoi consiste la perfection chrétienne : pour l'acquérir il faut combattre, et pour sortir victorieux de ce combat, quatre choses sont nécessaires, Du devoir des Veuves, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Méditation sur la nécessité des progrès dans la vertu, De la Réduction des Hérétiques, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De quelques moyens de bien faire l'oraison mentale, et Pour la direction et la progression spirituelles : Quel chrétien êtes-vous ?.











mardi 26 mai 2020

Je vous ai dit toutes ces choses, afin que vous ne vous scandalisiez point




MÉDITATION POUR LE MARDI D'APRÈS L'ASCENSION



Je vous ai dit toutes ces choses, afin que vous ne vous scandalisiez point
. (S. Jean, ch. 16)



I. Considérez que non-seulement les Juifs et les autres Infidèles, mais aussi plusieurs d'entre les chrétiens, prennent occasion de scandale au sujet de Jésus-Christ ; c'est-à-dire que par la mauvaise disposition de leur cœur, ce divin Sauveur, qui est la pierre angulaire et fondamentale du salut éternel, devient pour eux comme une pierre de scandale et comme la cause d'une plus grande ruine. Ainsi l'humilité de Jésus-Christ est un sujet de scandale pour les ambitieux et les superbes, sa pauvreté, pour les avaricieux, sa vie souffrante et sa passion, pour les voluptueux.
Prenez garde d'être de ce nombre : et si vous sentez de la répugnance ou de la faiblesse à pratiquer quelque vertu que Jésus a pratiquée, et dont il vous a laissé l'exemple, humiliez-vous et recourez à la bonté de ce divin Sauveur, le suppliant de vous soutenir par sa grâce.

II. Considérez qu'il y a encore d'autres chrétiens qui, quoique désireux de la vertu, se scandalisent néanmoins dans les bonnes œuvres qu'ils pratiquent, lorsqu'ils y rencontrent quelque contradiction, quelque mépris ou quelque autre opposition de la part de leur prochain : car souvent à cause de ces obstacles, ils abandonnent le bien qu'ils ont commencé, ou ils se laissent emporter à des sentiments de colère, d'impatience, d'aversion contre ceux qui leur causent de la peine.
Voyez si vous n'êtes point dans ces mauvais sentiments, et pensez sous quelles conditions vous vous êtes donné à Jésus-Christ : est-ce afin que le monde vous applaudisse dans le peu de bonnes œuvres que vous faites ? Souvenez-vous d'une parole de S. Paul : Si je plais aux hommes, dit ce grand Apôtre, je ne serai plus serviteur de Jésus-Christ.

III. Considérez qu'un moyen très salutaire pour vous prémunir contre vos faiblesses et vous garantir de cette sorte de scandale, c'est de bien étudier et de graver dans votre cœur les paroles de Jésus-Christ, contenues dans le saint Évangile : car ce sont des paroles de vie éternelle qui ont une vertu particulière pour vivifier et pour fortifier les âmes dans le chemin du salut.
Lisez donc et méditez ces divines paroles avec un esprit de foi : soumettez votre esprit aux vérités et aux maximes qu'elles enseignent ; concevez toujours de nouveaux désirs de les bien pratiquer. Vous éprouverez en vous-même l'effet de ce que Jésus-Christ a dit : Si quelqu'un garde ma parole, il ne mourra jamais.


PRATIQUES

Malheur à qui donne sujet de scandale ! il est responsable des âmes qu'il perd.
Malheur à qui prend sujet de scandale mal à propos ! le scandale retombe sur lui.


(Méditation tirée de La Couronne de l'Année Chrétienne)



Reportez-vous à Un temps viendra où quiconque vous fera mourir, pensera faire un sacrifice à DieuMéditation pour le Jour de l'Ascension de Notre-Seigneur, Le Seigneur Jésus fut élevé dans le ciel, et il est maintenant assis à la droite de Dieu, Les Apôtres et les Disciples ayant adoré Jésus-Christ, s'en retournèrent remplis de joie à Jérusalem, Quand le Consolateur que je vous enverrai de la part de mon Père, l'Esprit de vérité qui procède de mon Père, sera venu, il rendra témoignage de moi, Et vous aussi, qui avez été dès le commencement en ma compagnie, vous rendrez témoignage de moi, Méditation pour la Fête de l'Ascension, Instruction sur la Fête de l'Ascension, Méditation pour le Lundi d'après l'Ascension, Méditation pour le Mardi d'après l'Ascension : Jour de recueillement, Méditation pour le Mercredi d'après l'Ascension, Méditation pour le Jeudi d'après l'Ascension, Instruction sur le Saint-Esprit, Mission du Saint-Esprit, Instruction sur la Fête de la Pentecôte, Méditation sur la Fête de la Pentecôte : ils furent tous remplis du Saint-Esprit Méditation pour la veille de la Pentecôte, Méditation pour le Jour de la Pentecôte, Preuves directes de la divinité du Saint-Esprit : noms, attributs et œuvres, Le Dogme de l'unité de Dieu et de la Sainte Trinité, Preuves directes de la Trinité et de la divinité du Saint-Esprit, Le Saint-Esprit dans l'Ancien Testament, promis et figuré, Le Saint-Esprit prédit, Le Saint-Esprit dans le Nouveau Testament, première création : La Sainte Vierge Marie, Seconde création du Saint-Esprit : Notre Seigneur Jésus-Christ, Troisième création du Saint-Esprit : l’Église, Méditation pour le Dimanche de la Sainte Trinité, Neuvaine préparatoire à la Fête de la Pentecôte : Prière pour demander les sept Dons du Saint-Esprit, Méditation pour le Mercredi après la Pentecôte, Méditation pour le Mardi après la Pentecôte, Méditation pour le Lundi de Pentecôte, XIe Dimanche après la Pentecôte : Réflexions pratiques, Accueillir le Saint Esprit de Dieu, Litanie du Saint-Esprit, Catéchisme, Leçon II : De la Trinité, Leçon VI : Du Saint-Esprit, et Leçon XXIII : De la descente du Saint-Esprit sur les Apôtres.















mardi 3 décembre 2019

Neuvaine pour se préparer à la Fête de la Naissance de Notre-Seigneur Jésus-Christ



Neuvaine pour se préparer à la Fête de la Naissance de Notre-Seigneur Jésus-Christ, par le R.-P. Muzzarelli, de la Compagnie de Jésus :





Indulgences attachées à la Neuvaine de Noël

Le Pape Pie VII (par l'organe de la Secrétairerie des Mémoires et le Rescrit du 12 août 1815, dont l'original est déposé au Secrétariat du Vicariat de Rome ;) afin d'accroître de plus en plus la dévotion envers le saint Enfant Jésus, accorde à tous les Fidèles chrétiens de l'un et de l'autre sexe, qui au moins le cœur contrit feront dévotement la Neuvaine à l'honneur du saint Enfant Jésus pendant les jours qui précèdent sa Naissance, l'Indulgence de 300 jours, pour chaque jour de ladite Neuvaine ; et l'Indulgence plénière, laquelle pourra se gagner ou le saint jour de Noël (25 Décembre,) ou un des jours de l'Octave, lorsqu'ayant fait cette Neuvaine exactement tous les jours, confessés et communiés ils prieront suivant l'intention du Souverain Pontife.
Ces Indulgences sont aussi applicables aux saintes Âmes du Purgatoire. Elles peuvent se gagner deux fois l'an : l'une, en faisant cette Neuvaine au temps indiqué ci-dessus ; l'autre, dans un autre temps de l'année, à volonté.


Indulgences attachées aux Invocations sur les Mystères de la sainte Enfance de Jésus

Afin que les Fidèles chrétiens méditent souvent sur les Mystères de l'Incarnation et de la Naissance de Notre-Seigneur Jésus-Christ, et sur tous les autres Mystères de la sainte Enfance de Notre Divin Rédempteur, et lui en rendent de très humbles actions de grâces, le Pape Pie VII, par le Décret Urbis et Orbis de la S. Congrégation des Indulgences, du 23 novembre 1819, accorde à perpétuité l'Indulgence plénière, le 25 de chaque mois, à ceux qui véritablement repentants, confessés et communiés, assisteront dans une Église ou Oratoire public quelconque au pieux Exercice qui s'y fait en l'honneur du saint Enfant Jésus , et qui vénérant les douze Mystères de sa sainte Enfance, réciteront les Prières suivantes (ces Prières son à la suite de la Neuvaine) en quelque langue que ce soit, et prieront suivant l'intention du Souverain Pontife. Il accorde de plus, pareillement à perpétuité, l'Indulgence de 300 jours, une fois par jour, a ceux qui, en particulier, et avec le cœur contrit, pratiqueront dévotement le susdit pieux Exercice. Ces Indulgences peuvent encore s'appliquer aux saintes Âmes du Purgatoire.


INTRODUCTION

La Sainte Église consacre tout le saint temps de l'Avent, c'est-à-dire, près d'un mois entier, à se préparer pour célébrer le glorieux jour de la Naissance du Divin Enfant Jésus ; pour nous, c'est bien le moins que nous consacrions neuf jours en considération des neuf mois que Jésus consentit de passer dans le sein de Marie avant de naître, et que Marie passa dans l'attente de voir naître son Fils Jésus.
Nous ferons cette Neuvaine dans le but de purifier notre cœur et de le préparer par des actes de vertus, de manière que Jésus daigne y prendre ou y reprendre naissance. C'est ainsi que nous ferons à ce saint Enfant la réparation de l'outrage qu'il reçut, lorsque voulant naître sur la terre, il ne trouva personne qui consentît à le recevoir. « Il n'y avait point de place pour lui dans l'hôtellerie ; » Non erat ei locus in diversorio. Pauvre Enfant ! De nos jours encore n'est-il pas exposé à de semblables affronts, et n'essuie-t-il pas des refus aussi humiliants de la part de nos cœurs soi-disant Chrétiens ?
Un saint Religieux, rencontrant un petit enfant couché sur la neige, transi de froid, et poussant des gémissements, lui demanda qui il était, et ce qu'il faisait là. Le Divin Enfant (c'était Jésus,) lui répondit : « Ah ! que je suis malheureux ! Pauvre, seul, délaissé sur cette neige, j'ai beau gémir, pleurer et prier, personne ne me donne asile, personne ne m'entend. »
Nous entendrons sa voix, nous lui donnerons asile, et nous le placerons dans notre cœur, au moyen des neuf pratiques suivantes que nous ferons chaque jour à l'honneur des neuf mois qu'il fut renfermé dans le chaste sein de Marie avant de naître.


Pratique pour tous les jours de la Neuvaine



I.
Ayez auprès de vous une image de l'Enfant Jésus, gravée, peinte, ou sculptée. Devant cette image, faites à ce Divin Enfant l'offrande de tout vous-même, et de vos pensées, et de vos actions, avec un acte de contrition. Vous renouvellerez cette offrande trois fois le jour, savoir : le matin, vers midi, et le soir, en baisant trois fois ce saint Enfant, à l'imitation de la très-sainte Vierge, qui, d'après ce que nous en rapportent de graves Auteurs, aussi tôt qu'il fut né, lui baisa les pieds, comme à son Dieu, les mains, comme à son Seigneur, et les joues, comme à son Fils. Sainte Rosalie lui rendait ainsi ses hommages ; en récompense elle reçut les grâces les plus signalées, outre le bonheur qu'elle eut d'être fiancée au très-aimable Enfant Jésus.

II. Récitez chaque jour neuf Ave Maria à l'honneur des neuf mois pendant lesquels la Vierge Mère porta dans son chaste sein le Fils de Dieu ; à chaque Ave Maria vous direz l'Oraison avec laquelle la sainte Église salue les Entrailles Immaculées de Marie : « Bienheureuses les Entrailles de la Vierge Marie qui ont porté le Fils du Père éternel ; et bienheureuses les mamelles qui ont allaité Notre- Seigneur Jésus-Christ ; » Beata Viscera Marioe Virginis, quoe portaverunt oeterni Patris Filium, et beata Ubera, quoe lactaverunt Christum Dominum. Saint Joseph Cupertin, qui avait tant de dévotion pour cet ineffable Mystère, et qui recevait tant de grâces signalées du divin Enfant Jésus, suivait cette sainte pratique.

III. Dites, chaque jour, les Invocations de la sainte Enfance de Jésus, que vous trouverez à la fin de cette Neuvaine ; avec douze Ave Maria à l'honneur des douze premières années de Jésus et des douze Mystères de sa sainte Enfance ; et trois Pater noster à l'honneur de la sainte Famille Jésus, Marie et Joseph. La Vénérable Marguerite de Bona pratiquait cette dévotion, et ne cessait de la recommander aux autres. Il est rapporté dans sa Vie, qu'à peine une pieuse Dame, qui était horriblement tentée contre la Foi et contre la sainte Pureté, se fut-elle proposée de suivre cette sainte pratique, qu'elle fût pour toujours délivrée de ces fâcheuses suggestions, et qu'elle recouvrât la santé que ses cruelles peines lui avaient fait perdre.

IV. Chaque jour, entendez la sainte Messe, faites-y la communion spirituelle, et visitez au moins une fois le très-saint Sacrement, en le suppliant de vouloir bien naître dans votre cœur. Sainte Rose de Lima faisait, chaque jour pendant cette Neuvaine, neuf Stations devant le très-saint Sacrement ; et sainte Jacinthe Marescotti y passait, dans ce saint temps, les journées entières.

V. Acquittez-vous des devoirs soit matériels soit spirituels de votre état, avec toute l'exactitude possible et la plus grande attention, pour faire ainsi plaisir à l'Enfant Jésus. En se comportant de cette manière, sainte Rose de Lima, que nous venons de citer, charmait si fort le saint Enfant, qu'il lui apparaissait souvent lorsqu'elle était occupée à filer, et qu'il se plaçait quelquefois au sommet de sa quenouille d'où il contemplait sa Vierge chérie tout occupée à travailler pour son amour.

VI. Chaque jour laissez quelque chose sur la table, et que ce soit des mets que vous aimez le plus, dans l'intention de faire ainsi là portion de l'Enfant Jésus. Vous imiterez ainsi ces deux enfants innocents, que leur maître le Bienheureux Morlas, de l'Ordre des Frères Prêcheurs, amant signalé de la sainte Enfance de Jésus, avait engagés à partager chaque matin leur déjeuner avec le saint Enfant Jésus, dont on vénérait une statue dans l'Église. S'étant plaints un jour, avec une sainte simplicité, qu'ils ne recevaient jamais rien du Divin Enfant, ils l'entendirent qui leur répondait d'une voix sensible, qu'un tel jour il leur donnerait une belle collation. Précisément au jour désigné, après la sainte Communion, ils furent appelés, avec leur Maître, à jouir pour toujours du délicieux festin du Paradis.


Observations

Les autres pratiques, ne devant pas être les mêmes pour tous les jours, seront indiquées à la fin de la Méditation de chaque jour. Pendant la journée, vous vous exercerez dans la pratique de la vertu de l'Enfant Jésus que vous aurez méditée, et vous répéterez souvent l'oraison jaculatoire qui se trouve après la Méditation. Vous direz un Pater, un Ave, et un Gloria Patri au Chœur des Anges qui seront vos Protecteurs ce jour-là, et vous les prierez de suppléer, par leurs hommages, à ceux que vous devriez encore rendre au saint Enfant Jésus, pendant cette Neuvaine.


Méditation pour chaque jour de la Neuvaine



PREMIER JOUR

16 décembre


Le saint Enfant Jésus nous enseigne le Mépris du monde


I. Point. Considérez comment ce saint Enfant, étant Roi de la gloire et Seigneur de l'univers, pour nous enseigner le mépris du monde n'a pas voulu naître dans un palais, ainsi qu'il en avait bien le droit, mais dans une pauvre crèche, sans autre cortège que deux vils animaux, sans autre pompe qu'un.peu de foin et de paille, symbole de la vanité de ce misérable monde. À cette vue, conserverez-vous encore dans votre cœur quelque attache aux grandeurs terrestres ?

II. Point. Considérez comment ce saint Enfant méprisa non-seulement les grandeurs, mais encore les titres qui ne servent pas moins à exciter la vanité des mondains. Marie était de la race royale de David, et Princesse du Sang ; et cependant, quand Jésus la choisit pour sa Mère, elle ne faisait pas d'autre figure dans le monde, que celle d'épouse d'un pauvre charpentier. Quelle n'est donc pas l'erreur de ceux qui sont infatués de leurs titres ? C'est par l'excellence des vertus, et non par l'éclat des titres, que Dieu estime les personnes. Si vous avez des vertus, vous avez un grand titre pour être estimé de Dieu.

III. Point. Considérez comment le saint Enfant Jésus méprisa le faste d'un grand nom, dont les hommes font en général tant de cas. Sa naissance fut presque ignorée de tout le monde, et si les Anges la manifestèrent, ce ne fut qu'à quelques simples Bergers. Vous, au contraire, ne voulez-vous pas être connu et respecté de tous ? Ne désirez-vous pas que votre nom soit célèbre, que vos actions soient vantées ? et quand personne ne vous donne des louanges, ne savez-vous pas vous en donner vous-même ? Apprenez du saint Enfant Jésus à mépriser la vaine estime des hommes, car vous ne serez jamais plus que ce que Dieu vous estimera.

Colloque. Se peut-il, ô mon doux Jésus, que mon cœur n'ait pas encore appris de l'expérience même que j'en ai faite, combien le monde est trompeur dans ses promesses ? qu'on est abreuvé d'amertume aussitôt qu'on approche les lèvres de la coupe de ses délices ? et qu'il n'y a pas de plus rude servitude ni de plus pénibles obligations que celles qu'il impose à ceux qui se rangent sous ses bannières ? Ah ! saint Enfant Je sus par la force de votre exemple et de votre grâce, rompez ces indignes liens qui me retiennent sous la tyrannie du monde. Mon cœur n'a été créé que pour vous ; il ne cessera d'être inquiet, jusqu'à ce qu'il se repose en vous. Qu'il mette donc en vous seul toutes ses affections ; qu'il ne se soucie d'aucun autre bien, d'aucun autre avantage, d'aucun autre honneur ; qu'il n'aime que vous, en qui seul je pourrai trouver ce véritable et solide bonheur que jusqu'à présent je m'étais flatté de trouver dans les plaisirs du siècle. Pénétré d'un sincère repentir d'avoir tant de fois violé la promesse solennelle que j'ai faite dans le saint Baptême, de renoncer au monde et à toutes ses vanités, aujourd'hui je la renouvelle à vos pieds, et je vous supplie de m'accorder votre secours efficace pour que je n'y manque jamais plus. Ainsi soit-il.

Pratique. La pratique de la vertu du Mépris du monde consistera à fuir aujourd'hui d'intention et d'effet les vanités de ce monde. La Vénérable Sœur Marguerite de Bona, dans son jeune âge s'excusait de prendre les beaux habits que sa mère lui donnait, en disant que Jésus, dans la crèche, n'avait voulu que de simples langes.

ORAISON JACULATOIRE de sainte Angèle de Montepulciano, qui disait, en pressant sur son cœur l'Enfant Jésus que sa divine Mère lui avait confié : Je vous presserai toujours sur mon cœur, ô mon doux Jésus.
Vous vous mettrez aujourd'hui sous la protection du Chœur des Anges.


SECOND JOUR

17 Décembre


Le saint Enfant Jésus nous enseigne la Pénitence


I. Point. Considérez comment le saint Enfant Jésus, quoique l'innocence même, et dès lors dispensé de l'obligation de faire pénitence, funeste conséquence du péché, ayant néanmoins pris sur lui de satisfaire pour les péchés du monde, voulut exercer cette vertu de pénitence au plus haut degré dans toutes ses actions. Et vous, en quelle disposition êtes-vous de faire pénitence de vos péchés ? Considérez-en le nombre, pesez-en l'énormité, et voyez si votre malheureux état comporte que vous meniez une vie délicate et sensuelle comme vous le faites.

II. Point. Considérez comment le saint Enfant Jésus pratiqua, en naissant, tous les actes de la pénitence extérieure. Il quitta les délices du Paradis, prit un corps capable de tout souffrir, et volontairement il endura le froid, supporta la nudité, vécut de privations ; car ce qui est en nous nécessité de nature, fut en lui l'effet de son libre choix. Et vous, quelles austérités volontaires avez-vous pratiquées pour faire pénitence de vos propres péchés ? Êtes-vous du nombre de ceux qui pâlissent et tombent en défaillance au seul nom de pénitence ? Si vous avez si peu de courage que de ne pas oser vous servir de quelque instrument de pénitence pour châtier votre corps, châtiez-le du moins en vous imposant la privation de quelque plaisir ; et sachant faire de nécessité vertu, supportez patiemment, en punition de vos fautes, les incommodités et les désagréments qui s'offrent à vous tous les jours.

III. Point. Considérez comment le saint Enfant Jésus pratiqua pareillement tous les actes de la pénitence intérieure. Il eut toujours devant les yeux les péchés du monde ; il les pleura, s'offrit lui-même au Père Eternel pour les expier, et chercha tous les moyens de les détruire. Vous, au contraire, au lieu de pleurer vos péchés, n'en faites-vous pas l'objet de vos complaisances ? n'en tirez-vous pas même vanité ? ne vous exposez-vous pas à chaque instant au danger d'en commettre de nouveaux ? Croyez-vous ainsi faire pénitence ? détrompez-vous, et que votre cœur fasse continuellement des actes de douleur d'avoir offensé Dieu, et renouvelle le ferme propos de ne plus l'offenser.

Colloque. Ô mon Jésus ! Un pécheur tel que moi qui ai tant de fois offensé votre bonté infinie, aurait mérité d'être à l'instant précipité dans les Enfers. Mais cette même bonté infinie m'a retenu sur le bord de l'abyme ouvert sous mes pas, me conserve la vie, et me donne le temps de faire pénitence. Malheur à moi, si je continuais d'abuser de vos miséricordes pour satisfaire mes passions, et pour permettre à ma chair de se révolter contre l'esprit ! Ah ! saint Enfant Jésus , daignez faire participer mon cœur à vos sentiments de pénitence ; excitez en lui une sincère douleur des péchés que j'ai commis, et un saint zèle pour les extirper soit en moi, soit, autant qu'il me sera possible, dans les autres. Faites que je comprenne bien que ce corps dont je prends tant de soin est précisément mon plus cruel ennemi ; et qu'abandonnant cette voie large qui mène à la perdition, je vous suive dans l'étroit sentier de la pénitence, par lequel uniquement je peux espérer de parvenir au Ciel pour vous y posséder à jamais. Ainsi soit-il.

Pratique. La pratique de la vertu de Pénitence consistera à exercer aujourd'hui quelque austérité sur son corps, à l'honneur du saint Enfant Jésus , comme serait de coucher dans un mauvais lit, etc. Le Père Colnago, de la Compagnie de Jésus, voyant le divin Enfant sur la paille de la crèche, le transportait et l'arrangeait dans son propre lit, et lui couchait à terre.

ORAISON JACULATOIRE de sainte Abondance, Vierge de Spolète, qui exprimait ainsi ses sentiments au saint Enfant Jésus : Que vous êtes aimable, et combien je vous aime, ô doux Jésus !
Vous vous mettrez aujourd'hui sous la protection du Chœur des Archanges.


TROISIÈME JOUR

18 Décembre


Le saint Enfant Jésus nous enseigne la Patience

I. Point. Considérez comment le saint Enfant Jésus nous a donné des leçons de patience, même avant de naître, en supportant, sans indignation ni courroux, d'être rejeté de toutes les maisons de Bethléem ; de sorte qu'il n'y avait pas même de place pour lui dans une hôtellerie ; Non erat ei locus in diversorio. Ayez compassion du saint Enfant, et puisqu'il ne trouve pas de lieu pour venir au monde, offrez-lui votre cœur ; mais en même temps apprenez de lui à ne pas vous plaindre si l'on vous néglige, si l'on en profère d'autres à vous, si l'on vous maltraite, si l'on vous injurie, si l'on vous fuit comme un ennuyeux et un importun. Imitez en cela le saint Enfant Jésus, qui ne se plaint pas de ne trouver personne qui le reçoive et l'accueille.

II. Point. Considérez comment le saint Enfant Jésus nous a donné des leçons de patience, lors de sa naissance, en choisissant le lieu le plus incommode, une étable ! la saison la plus rigoureuse, l'hiver ! l'heure la moins favorable, minuit ! Toutes ces circonstances n'accusent-elles pas grandement votre impatience ? car vous ne cessez de vous plaindre des incommodités qui résultent des embarras d'une maison, des intempéries de l'air, ou de quelque accident imprévu. Apprenez de l'Enfant Jésus à supporter avec patience et résignation toutes les contrariétés que l'on éprouve en cette vie.

III. Point. Considérez comment le saint Enfant Jésus nous a donné des leçons de patience, après sa naissance. Il ne se plaignit ni d'être piqué ou rudement froissé par le foin sur lequel il fut étendu, ni de la grossièreté des langes dans lesquels il fut emmailloté, ni de la dureté de la crèche qui lui servit de berceau. Par cet exemple, faites honte à votre délicatesse, et soyez prêt à supporter patiemment, pour l'amour du saint Enfant Jésus ; la pauvreté, les privations, les gênes de tous genres, les railleries et les injures, l'indifférence et le délaissement de vos parents et de vos amis.

Colloque. C'est pour mon amour, ô Roi du Ciel, que vous vous êtes assujetti à d'aussi grandes souffrances ; et moi, misérable ver de terre, je ne voudrais pas avoir la plus légère incommodité à supporter ! Vous, l'innocence même, parfaitement exempt de toute tache de péché, à peine êtes-vous né, que vous avez choisi pour votre partage toutes ces peines et ces amertumes que le péché introduisit dans le monde ; et moi, tout couvert de souillures, je voudrais passer ma vie dans la mollesse et les délices, et je fuis de toutes mes forces tout ce qui peut offenser ma sensualité ! Que ce parallèle est bien propre à me confondre ! Ah ! si je n'ai pas encore assez de courage pour aller moi-même au-devant des souffrances, comme je le devrais, je me propose au moins d'accepter dans un véritable esprit de patience chrétienne les tribulations, les disgrâces, les maux, les incommodités dont votre divine providence fournit à l'homme, pour sou bien, d'aussi fréquentes occasions dans cette vallée de misères et de larmes. Ainsi soit-il.

Pratique. La pratique de la vertu de la Patience consistera à vous consacrer aujourd'hui au saint Enfant Jésus, et à vous maintenir dans la ferme volonté de recevoir de bon cœur toutes les croix qu'il lui plaira de vous envoyer. Une pieuse Vierge rapporta au Bienheureux Henri de Suzon, son confesseur, que le saint Enfant Jésus lui avait dit ceci : « Lorsque Henri acceptera de mes mains ces croix qui se préparent pour lui dans le cours de cette année, je les lui changerai en roses. »

ORAISON JACULATOIRE de sainte Catherine Ricci, qui recevant les caresses du saint Enfant Jésus, lui disait, dans ses transports amoureux : « Jésus, mon unique bien, je meurs d'amour pour vous. »
Vous vous mettrez aujourd'hui sous la protection du Chœur des Principautés.


QUATRIÈME JOUR

19 Décembre


Le saint Enfant Jésus nous enseigne l'Humilité

I. Point. Considérez comment le saint Enfant Jésus, étant la Majesté même, la cacha sous les plus viles dépouilles, ne dédaignant pas de se revêtir d'un corps humain, afin de confondre l'orgueil de l'homme et de lui enseigner la manière de s'humilier. Et vous, dans quelle disposition êtes-vous de vous humilier ? Cette vaine magnificence, cette hauteur, ne s'accordent pas avec l'humilité chrétienne. Êtes-vous prêt à les fouler aux pieds de la Majesté d'un Dieu qui a bien voulu s'humilier lui-même ? Si vous ne sentez pas dans votre cœur une aussi belle disposition, c'est un signe que vous n'avez pas encore beaucoup profité des leçons de Jésus.

II. Point. Considérez comment le saint Enfant Jésus cacha sous l'Humanité toute la grandeur de la Divinité ; et qu'étant Homme et Dieu tout ensemble, il ne se montra que dans l'apparence extérieure d'homme. Que vous ressemblez peu à Jésus ! Si vous avez quelque petit talent, vous en faites parade, vous exigez qu'on le loue, et au lieu de cacher par humilité ce que vous avez, avec un raffinement d'orgueil, vous parvenez souvent à paraître plus que vous n'êtes.

III. Point. Considérez comment aux humiliations intérieures le saint Enfant Jésus réunit encore les humiliations extérieures. Ce fut une grande humiliation d'avoir pour lieu de sa naissance une étable ; pour son berceau, une crèche mal-propre ; pour son cortège, un bœuf et un âne. La véritable humilité se fait connaître extérieurement. Elle aime à occuper la dernière place, elle ne cherche pas la vanité dans les vêtements, et ne se soucie pas de fréquenter les grands du siècle. Voyez si votre humilité est conforme à ce modèle. Si elle en diffère, réformez-la suivant les exemples de Jésus.

Colloque. Je ne pourrai donc jamais, ô mon doux Jésus, me flatter d'être votre vrai Disciple, si je ne suis pas véritablement humble. Mais, malheureux que je suis ! mes péchés, en me rendant ingrat envers vous, qui êtes mon souverain Seigneur, m'ont encore rendu superbe. Que de vanité dans mes pensées ! que d'enflure dans mes discours ! que de précaution et d'adresse pour étaler tout ce qui peut m'attirer l'estime du monde ! que de soins pour surpasser en toute occasion ceux dont je suis jaloux ! Ô saint Enfant Jésus, apportez à tant de maux un remède efficace. Par les mérites de votre humilité, accordez-moi la grâce d'être véritablement humble, et de devenir ainsi votre sincère imitateur et votre vrai Disciple. Ainsi soit-il.

Pratique. La pratique de la vertu de l'Humilité consistera à vous bien persuader que vous êtes en effet le plus vil de tous, et à vous comporter en conséquence dans vos rapports avec le prochain. Une fidèle servante de Dieu, de l'Ordre de sainte Thérèse, priant devant une image du saint Enfant Jésus, lui dit : « Ô mon doux Jésus, faites-moi connaître quel est l'hommage qu'il vous est le plus agréable que je vous rende. » Et le saint Enfant Jésus daigna lui répondre : « Soyez humble. »

ORAISON JACULATOIRE de saint Antoine de Padoue, qui recevant un jour la visite du très-saint Enfant Jésus, lui exprimait ses amoureux sentiments par ces paroles : Ô douceur du cœur ! ô ma vie ! ô mon doux Jésus !
Vous vous mettrez aujourd'hui sous la protection du Chœur des Puissances.


CINQUIÈME JOUR

20 Décembre


Le saint Enfant Jésus nous enseigne l'Obéissance

I. Point. Considérez comment le saint Enfant Jésus, pour obéir à son Père céleste, se soumit volontairement à toutes les souffrances qu'il endura à sa naissance, pendant sa vie, et à sa mort. Votre obéissance ne ressemble guère à celle de Jésus. La plus légère incommodité vous fait transgresser les préceptes Divins. Il semble que vous ne savez obéir qu'en ce qui vous plaît. Le vrai obéissant ne doit pas consulter son propre goût ; il doit seulement exécuter courageusement ce que Dieu lui commande.

II. Point. Considérez comment l'obéissance de Jésus fut une obéissance prompte. À peine connut-il la volonté de son Père, qu'aussitôt le voilà qui s'offre pour l'accomplir. Il ne fit aucune réflexion qui lui fût opposée, il n'en examina pas les motifs. Votre obéissance doit être telle, que vous exécutiez à l'aveugle et promptement ce que Dieu vous commande par vos Supérieurs. Si l'on réfléchit trop sur les ordres qu'on reçoit, on se met en danger de ne plus obéir, où de perdre le mérite de l'obéissance.

III. Point. Considérez comment Jésus obéit non-seulement à son Père éternel, à sa très-sainte Mère, et à saint Joseph son père nourricier, mais encore aux Princes temporels, ayant voulu naître dans l'exercice actuel de l'obéissance ; car il naquit précisément à l'époque où Marie et Joseph étaient allés à Bethléem pour payer le tribut à César. Jugez par-là combien cette vertu plaît au saint Enfant, et apprenez de lui à obéir à quiconque a de l'autorité sur vous.

Colloque. Mon doux Jésus, vous le souverain Maître de l'univers, c'est pour l'amour de moi que, depuis le premier moment de votre naissance sur la terre, vous vous êtes fait obéissant à vos propres créatures ; et moi, au contraire, j'ai prétendu que ma volonté fût l'unique règle de toutes mes actions, refusant même de la soumettre à votre très-sainte Loi. J'en suis confus, et je m'en repens de tout mon cœur. Pardonnez-moi, je vous en supplie, toutes mes désobéissances passées, et en même temps accordez -moi votre sainte grâce, afin qu'avec son puissant secours j'observe exactement à l'avenir vos saints Commandements, que j'obéisse exactement à toutes les personnes que vous avez chargées de me diriger en votre nom, et qu'ainsi je puisse participer un jour à cette gloire sublime que votre par faite obéissance vous a méritée. Ainsi soit-il.

Pratique. La pratique de la vertu de l'obéissance consistera premièrement à obéir parfaitement à Dieu, ensuite à son Confesseur, enfin aux Supérieurs de toute sorte que l'on peut avoir. Jésus apparaissant sous la figure d'un Enfant à un de ses dévots Serviteurs, il arriva que par obéissance celui-ci dût se rendre quelque part, et quitter ainsi la délicieuse compagnie du saint Enfant. Étant ensuite de retour dans sa chambre, ce Religieux trouva que l'Enfant était devenu un jeune homme tout formé, qui lui dit : Autant que vous voyez que j'ai crû ici, depuis que vous m'avez quitté, autant ai-je crû dans votre âme à cause de la ponctualité de votre obéissance.

ORAISON JACULATOIRE de saint Félix, de l'Ordre de saint François, qui tenant entre ses bras l'Enfant Jésus, lui disait et répétait sans cesse : Faites que je vous aime, aimable Jésus. Aimable Jésus, faites que je vous aime.
Vous vous mettrez aujourd'hui sous la protection du Chœur des Vertus.


SIXIÈME JOUR

21 Décembre


Le saint Enfant Jésus nous enseigne la Pauvreté volontaire

I. Point. Considérez comment le saint Enfant Jésus , quoique le Maître de l'univers, vint néanmoins si pauvre au monde, que le lieu même où il naquit ne lui appartenait pas ; et ce lieu était si pauvre, qu'il ne s'en pouvait trouver de plus misérable, puisque ce n'était qu'une méchante cabane inhabitée, que les pasteurs mêmes avaient abandonnée. Que votre ambition et votre avarice soient 'ici confondues. Vous ne songez qu'à vous procurer de plus grandes richesses, de nouvelles commodités, et qu'à prendre toujours pour vous la meilleure part. Celui qui aime la pauvreté ne recherche pas les délices.

II. Point. Considérez comment le saint Enfant Jésus fut pauvre non seulement dans sa demeure, mais encore dans ses vêtements. Toute sa garde-robe ne consistait qu'en quelques pauvres langes. Vous, au contraire, que de superflu dans vos habits, que de luxe dans votre parure ! A chaque saison, à chaque nouvelle mode vous dépensez en vêtements la moitié de vos revenus ; et quand les pauvres sont transis de froid, faute d'avoir de quoi se couvrir, vous étouffez en quelque sorte sous le poids de vos habits somptueux. Retranchez ce superflu, et en l'employant à vêtir quelque pauvre, faites-en une offrande au saint Enfant Jésus.

III. Point. Considérez comment ce saint Jésus fut pauvre non-seulement extérieurement, mais bien plus encore intérieurement, ayant toujours abhorré lès richesses. Si Dieu vous a donné des biens, ne Vous y attachez nullement, mais servez-vous-en pour acheter le Paradis, et puisque vous n'êtes pas pauvre en réalité, soyez du moins pauvre d'esprit.

Colloque. Ah ! mon doux Jésus quand apprendrai-je de votre exemple à me tirer du bourbier de cette terre, où je me trouve si tristement engagé ? Vous promettez la béatitude aux pauvres d'esprit, et pour nous mieux persuader cette vérité, vous, qui pouviez naître et vivre en ce monde au sein de la plus grande opulence, vous avez voulu choisir pour votre unique patrimoine la plus rigoureuse et la plus parfaite pauvreté. Vous ne pouvez vous tromper ; c'est donc moi qui suis dans l'erreur quand je me flatte de trouver le bonheur dans l'abondance des biens terrestres, auxquels je suis si fortement attaché, que souvent, à cause d'eux, j'ai couru le risque de perdre les biens éternels. Ô saint Enfant Jésus, ayez pitié de mon aveuglement, et faites qu'à l'avenir mon cœur n'ambitionne et ne se soucie d'être riche que de vous. Ainsi soit-il.

Pratique. La pratique de la vertu de la Pauvreté volontaire consistera à éprouver aujourd'hui quelque effet de cette sainte Pauvreté, soit dans les habits, soit dans la nourriture, soit dans le coucher, soit d'une autre manière. Le Père Bernardin Réalin, de la Compagnie de Jésus, contemplant le saint Enfant Jésus si dénué de tout dans une crèche, voulut, tout un hiver, n'être que très-pauvrement et très-légèrement vêtu. Le saint Enfant Jésus fut si content de cet acte de vertu, qu'en récompense il lui apparut dans une belle vision, et le rendit insensible au froid pendant toute cette année.

ORAISON JACULATOIRE de sainte Catherine de Bologne, qui faisant mille caresses à l'Enfant Jésus, lui disait : Ô cher Enfant, mon cœur ne vit que pour vous.
Vous vous mettrez aujourd'hui sous la protection du Chœur des Dominations.


SEPTIÈME JOUR

22 Décembre


Le saint Enfant Jésus nous enseigne la Douceur

I. Point. Considérez comment le saint Enfant Jésus , avant de naître, voulut, pour nous enseigner la douceur, être figuré dans les saintes Écritures, sous le symbole d'un Agneau, qui est le plus doux de tous les animaux : « Envoyez, Seigneur, l'Agneau dominateur de la terre ; » Emitte Agnum, Domine, dominatorem terroe ; et que c'est de ce nom qu'il voulut que son Précurseur l'appelât : « Voici l'Agneau de Dieu ; » Ecce Agnus Dei. Et vous, comment pratiquez-vous la sainte douceur ? Êtes-vous de ceux qui se laissent dominer par la colère, et qui, semblables à des chiens hargneux ou enragés, ne font que hurler et que mordre ? Apprenez du saint Enfant Jésus , à être doux, puisqu'il s'est fait homme pour nous enseigner cette belle vertu : « Apprenez de moi, que je suis doux ; » Discite a me, quia mitis sum.

II. Point. Considérez comment le saint Enfant Jésus fut doux dans ses paroles. Elles étaient si douces, qu'on pouvait bien dire qu'elles ne distillaient que le lait et le miel. Ses réprimandes mêmes étaient assaisonnées d'une telle suavité, qu'elles n'excitaient pas le courroux. Êtes-vous circonspects dans vos discours ? ne vous permettez-vous pas des railleries piquantes ? ne vous laissez-vous jamais transporter par la colère, et n'éclatez-vous pas en imprécations, en propos injurieux ? Les reproches que vous faites ont-ils pour objet l'amendement du prochain, où bien ne proviennent-ils que de vos mouvements de colère et du désordre de vos passions ? Si vous ne savez pas maîtriser votre langue, vous ne pourrez jamais être doux.

III. Point. Considérez comment le saint Enfant Jésus montra sa douceur dans ses œuvres, en procédant avec une telle modération et une telle suavité dans ses actions, qu'on voyait bien le calme parfait qui régnait dans son cœur. Une certaine indiscrétion dans vos manières d'agir, un excès de vivacité dans votre zèle, une impétuosité déplacée dans vos actions même vertueuses ne sont pas conformes à l'esprit de Jésus. Son esprit est doux et suave : si vous ne parvenez pas à faire vos actions avec douceur, vous ne serez jamais le maître de vos passions, et vous ne parviendrez pas à captiver l'affection des autres.

Colloque. Ô mon très-doux Jésus, qui avez eu si souvent l'occasion d'exercer votre douceur à mon égard, après tout ce que mes nombreux péchés ont fait pour exciter votre colère, je vous rends les plus vives actions de grâces de la clémence infinie dont vous avez usé envers moi ; et résolu à ne plus en abuser, je vous prie humblement de m'accorder cette douceur de cœur qui forme le caractère de vos disciples, afin que sachant contenir mes passions dans un calme profond, et supportant avec patience les défauts de mon prochain et les injures dont je puis être l'objet, je parvienne à posséder un jour dans le Ciel cette paix inaltérable et parfaite que vous avez promise à ceux qui sauront conserver leur cœur doux et tranquille au milieu des vicissitudes de ce monde. Ainsi soit- il.

Pratique. La pratique de la vertu de la Douceur, sera de réfléchir souvent, dans le cours de la journée, à l'infinie bonté d'un Dieu qui pour nous s'est fait Enfant. L'image de cet Enfant plein de douceur nous aidera à réprimer nos mouvements d'impatience et de colère. Le Père Diégo Sanvittores, ce grand Missionnaire des Îles Mariannes, afin d'adoucir la férocité des barbares habitants de ces îles, fit, aux fêtes de Noël, une représentation de la Crèche du Sauveur. Ces hommes durs et sauvages, en voyant ce tendre Enfant couché sur du foin et de la paille, se sentaient tout attendris et devenaient ainsi moins cruels.

ORAISON JACULATOIRE de la bienheureuse Bienvenue du Tiers Ordre de saint Dominique, dont les douleurs excessives se calmaient à la vue de l'Enfant Jésus, et qui disait alors : Si vous me confortez, je n'ai plus de mal.
Vous vous mettrez aujourd'hui sous la protection du Chœur des Trônes.


HUITIÈME JOUR

23 Décembre


Le saint Enfant Jésus nous enseigne le Recueillement

I. Point. Considérez comment le saint Enfant Jésus , pour nous enseigner le recueillement et la retraite, voulut naître dans une cabane solitaire et à quelque distance de la ville, et non dans Bethléem, lieu rempli d'habitants. Vous, vous gémissez de ce que votre cœur ne produit jamais un bon sentiment, et vous en ignorez la raison : j'ai lieu de croire que c'est parce que vous aimez trop d'être en compagnie. Les voix des hommes empêchent d'entendre celle de Dieu. Aimez la retraite, et alors votre cœur entendra la voix de Dieu.

II. Point. Considérez comment le saint Enfant Jésus naquit à minuit, à l'heure où précisément tout est dans le silence. Le jour suffit-il à vos divertissements ? n'y consumeriez-vous pas, comme tant d'autres, une grande partie de la nuit ? Souvenez-vous que Jésus ne naquit pas au milieu du bruit, mais à l'heure du silence. Aimez mieux vous taire, que de parler, et Jésus naîtra dans votre cœur.

III. Point. Considérez comment les Anges n'annoncèrent pas la naissance de Jésus aux habitants de Bethléem, mais aux Bergers, qui sont des gens accoutumés au silence et à la solitude. Accoutumez-vous au saint recueillement, chaque jour consacrez quelques heures au silence, et vous verrez qu'alors votre bon Ange Gardien vous suggérera quelque avis salutaire, d'où peut-être votre salut éternel dépendra.

Colloque. Ô mon Jésus, que de faveurs, que d'avancement spirituel ne m'a pas fait perdre jusqu'à présent mon amour excessif des plaisirs du siècle ! Les douceurs spirituelles que vous m'accordiez dans la méditation, ont cessé toutes les fois que j'ai cherché la dissipation parmi les personnes du monde ; les pensées et les images que mon esprit en rapportait, l'ont presque toujours empêché de se recueillir et de s'unir à vous dans l'Oraison, et d'en tirer le fruit que je devais en attendre. Ô mon Jésus, pardonnez-moi ces dissipations, pardonnez-moi toutes mes distractions volontaires. Que mon cœur se détache enfin du monde ; et si mon état m'oblige à vivre dans le siècle, faites néanmoins que j'apprenne à n'en pas être l'esclave, afin qu'au milieu des affaires temporelles auxquelles je devrai donner des soins, mon esprit conserve toujours la liberté de se recueillir en vous, de profiter de vos saintes inspirations, et de s'unir à vous par de vifs sentiments d'amour. Ainsi soit-il.


Pratique. La pratique de la vertu du Recueillement consistera à faire au saint Enfant Jésus l'offrande de ce goût si prononcé que vous avez pour les conversations, et à vous abstenir, pour son amour, de vos grandes dissipations. Un jour que le saint Enfant Jésus faisait une de ses visites habituelles à sa fidèle servante la Bienheureuse Marianne de Jésus, il lui apparut couvert d'un voile ; de sorte qu'elle ne pouvait voir la beauté de son visage. Ce qui eut lieu, ainsi que le lui dit ensuite le saint Enfant Jésus, en punition de ce qu'elle était un jour trop resté au parloir.

ORAISON JACULATOIRE du Bienheureux Bernard Morlas, un des plus tendres amants de l'Enfant Jésus : Dérobez-moi mon cœur, et embrasez-le de votre amour.
Vous vous mettrez aujourd'hui sous la protection du Chœur des Chérubins.


NEUVIÈME JOUR

24 Décembre


Le saint Enfant Jésus nous enseigne la Charité

I. Point. Considérez comment le saint Enfant Jésus, pour nous enseigner la Charité, se revêtit de notre humanité, afin que nous l'aimassions comme notre frère. Et vous, quel est votre amour pour Jésus ? Si un Roi vous adoptait pour son frère, ne l'aimeriez-vous pas de tout votre cœur ? Pourquoi donc si peu d'amour pour Jésus, qui en se faisant homme comme nous, ne nous appelle plus ses sujets, mais ses frères ?

II. Point. Considérez comment l'amour de Jésus pour nous fut un amour désintéressé ; car quelle utilité lui revenait-il d'aimer l'homme ? il n'augmentait ni en dignité, ni en richesse. Apprenez de Jésus comment il faut aimer. L'amour intéressé est trop vil ; il n'est pas digne de la générosité d'un cœur vraiment Chrétien. Il faut aimer Dieu, parce qu'il le mérite. Votre amour doit atteindre à ce point pour être semblable à celui de Jésus.

III. Point. Considérez comment cet amour fut un amour fort, puisque, pour l'amour de l'homme, il se soumit à ces souffrances qu'il endura dans le cours de sa vie, et qu'il eut toujours devant les yeux. Vous voudriez bien aimer Jésus, mais vous ne voudriez rien souffrir pour lui. Un tel amour est trop faible ; il n'est pas digne d'un si beau nom. Excitez-vous à souffrir pour celui qui a tant souffert pour vous, et votre amour sera conforme alors à celui de Jésus.

Colloque. Très-aimable Enfant Jésus, que j'ai appris tard à vous aimer ! que d'années de ma vie n'ai- je pas déjà passées dans l'amour du monde et de moi-même, au préjudice de l'amour qui ne se doit qu'à vous ! Ô mon Dieu, ô bien infini, c'est d'un amour infini que je devrais vous aimer, si mon cœur en était capable ; et cependant, tout petit qu'est ce cœur, et quoiqu'il ne soit capable que d'un amour borné, j'ai osé le partager entre vous et les créatures, dans l'ignorance où j'étais du grand tort que je vous faisais, et du mépris que l'on vous témoigne quand on aime autre chose que vous sans l'aimer pour votre amour. Je reconnais mon erreur, et, aux pieds de votre berceau, ô mon Jésus, je me consacre entièrement à vous. Oui, je vous consacre mon cœur. Que dorénavant toutes mes pensées et tous mes sentiments vous appartiennent. Que tout ce que je dirai, que tout ce que je ferai, que tout ce que je souffrirai pendant le reste de ma vie soit tout dirigé, animé, sanctifié par votre amour. Que je finisse mes jours dans votre amour, pour être ensuite plongé dans cette immense fournaise d'amour où j'espère d'être pendant toute l'éternité brûlant d'amour pour vous. Très-sainte Vierge Marie , obtenez-moi une si belle grâce. Ainsi soit-il.

Pratique. La pratique de la vertu de l'amour divin consistera à faire à toute heure du jour un acte d'amour à l'Enfant Jésus. Ce fut précisément dans cette sainte veille de Noël, que l'Enfant Jésus apparut à une sainte Petite fille, et lui demanda si elle aimait ; elle répondit qu'elle l'aimait plus qu'elle-même. Le saint Enfant Jésus voulut qu'elle lui expliquât la grandeur de son amour. Cette fidèle Amante de Jésus tâcha de le lui exprimer. Mais Jésus voulut faire une troisième épreuve, et lui demanda jusqu'où pouvait aller son amour. Alors son amoureuse Servante, en faisant un acte d'amour des plus ardents, tomba à ses pieds et expira victime de la Charité.

ORAISON JACULATOIRE de la Bienheureuse Ida, Religieuse de Cîteaux, qui, la nuit de Noël, tenant dans ses bras le saint Enfant Jésus, lui répétait sans cesse : Mille et mille fois, ô mon Jésus, je vous adore et je vous aime.
Vous vous mettrez aujourd'hui sous la protection du Chœur des Séraphins.




INVOCATIONS ET PRIÈRES


En l'honneur des Mystères de la sainte Enfance de Jésus


À réciter pendant la Neuvaine de Noël,

et pendant l'Octave, et le 25 de chaque mois.



V/ Deus in adjutorium meum intende.
R/ Domine, ad adjuvandum me festina.
V/ Gloria Patri, et Filio, et Spiritui Sancto.
R/ Sicut erat in principio, et nunc, et semper, et in soecula soeculorum. Amen.
Pater noster, etc.

1er MYSTÈRE : Incarnation.

Ô très-doux Enfant Jésus, qui, pour notre salut, êtes descendu du sein du Père dans le ventre de la Vierge Marie, où vous ayez été conçu du Saint-Esprit, et, Verbe incarné, avez revêtu la forme d'esclave, ayez pitié de nous.
R/ Ayez pitié de nous, Enfant Jésus, ayez pitié de nous.
Je vous salue, Marie, etc.

2e MYSTÈRE : Visitation.

Ô très- doux Enfant Jésus, qui, par le moyen de la Vierge votre Mère, avez visité sainte Élisabeth, et remplissant du Saint-Esprit votre Précurseur Jean-Baptiste, l'avez sanctifié dès le ventre de sa mère, ayez pitié de nous.
R/ Ayez pitié de nous, Enfant Jésus, ayez pitié de nous.
Je vous salue, etc.

3e MYSTÈRE : Attente de la Naissance.

Ô très-doux Enfant Jésus, qui, renfermé pendant neuf mois dans le ventre de votre Mère avez attendu le moment fixé pour votre naissance ; qui avez enflammé des plus ardents désirs les cœurs de la sainte Vierge Marie et celui de saint Joseph, et qui vous êtes offert à Dieu le Père pour le salut du monde, ayez pitié de nous.
R/ Ayez pitié de nous, Enfant Jésus, ayez pitié de nous.
Je vous salue, etc.

4e MYSTÈRE : Nativité.

Ô très-doux Enfant Jésus, né à Bethléem, de la Vierge Marie, enveloppé de langes, couché dans la crèche, annoncé et glorifié par les Anges, et visité par les Bergers, ayez pitié de nous.
R/ Ayez pitié de nous, Enfant Jésus, ayez pitié de nous.
Je vous salue, etc.

Jésus, né de la Vierge,
Soyez glorifié,
Avec le Père et l'Esprit-Saint,
Dans toute l'éternité. Ainsi soit-il.

V/ Jésus-Christ est près de nous.
R/ Venez, adorons-le.
Notre Père, etc.

5e MYSTÈRE : Circoncision.

Ô très-doux Enfant Jésus , qui avez été circoncis le huitième jour, appelé du glorieux Nom de Jésus, et préconisé Sauveur du monde et par votre Nom et par votre Sang, ayez pitié de nous.
R/ Ayez pitié de nous, Enfant Jésus, ayez pitié de nous.
Je vous salue, etc.

6e MYSTÈRE : Adoration des Mages.

Ô très-doux Enfant Jésus, manifesté, par une Étoile, aux trois Mages, qui vous ont adoré dans le sein de votre Mère, et dont vous avez reçu les mystiques présents d'or, d'encens, et de myrrhe, ayez pitié de nous.
R/ Ayez pitié de nous, Enfant Jésus, ayez pitié de nous.
Je vous salue, etc.

7e MYSTÈRE : Présentation au Temple.

Ô très-doux Enfant Jésus, qui avez été présenté au Temple par la sainte Vierge Marie votre Mère, porté dans les bras du saint vieillard Siméon, et révélé aux Juifs par Anne la prophétesse, ayez pitié de nous.
R/ Ayez pitié de nous, Enfant Jésus, ayez pitié de nous.
Je vous salue, etc.

8e MYSTÈRE : Fuite en Égypte.

Ô très-doux Enfant Jésus, que le barbare Hérode cherchait à faire mourir, qui avez été transporté en Égypte avec votre Mère par saint Joseph, qui avez été sauvé de la mort par la fuite, et qui avez été glorifié par le sang des saints Innocents, ayez pitié de nous.
R/ Ayez pitié de nous, Enfant Jésus, ayez pitié de nous.
Je vous salue, etc.

Jésus, né de la Vierge,
Soyez glorifié,
Avec le Père et l'Esprit-Saint,
Dans toute l'éternité. Ainsi soit-il.

V/ Jésus-Christ est près de nous.
R/ Venez, adorons-le.
Notre Père, etc.

9e MYSTÈRE : Séjour en Égypte.

Ô très-doux Enfant Jésus, qui avez demeuré sept ans exilé en Égypte, qui y avez fait entendre vos premières paroles, qui, débarrassé de vos langes, y avez fait vos premiers pas, et avez opéré en secret vos premiers miracles par la ruine des idoles, ayez pitié de nous.
R/ Ayez pitié de nous, Enfant Jésus, ayez pitié de nous.
Je vous salue, etc.

10e MYSTÈRE : Retour d'Égypte.

Ô très-doux Enfant Jésus, qui, à la mort d'Hérode, avez été rappelé d'Égypte à la terre d'Israël, avez essuyé les fatigues d'un pénible voyagé, et avez été ramené dans la ville de Nazareth par Marie et saint Joseph, ayez pitié de nous.
R/ Ayez pitié de nous, Enfant Jésus, ayez pitié de nous.
Je vous salue, etc.

11e MYSTÈRE : Vie exemplaire.

Ô très-doux Enfant Jésus, qui, retiré dans la pauvre maison de Nazareth, avez saintement passé votre enfance dans la soumission, la pauvreté et la fatigue, et qui croissant en âge avez manifesté votre sagesse et votre grâce devant Dieu et devant les hommes, ayez pitié de nous.
R/ Ayez pitié de nous, Enfant Jésus, ayez pitié de nous.
Je vous salue, etc.

12e MYSTÈRE : Jésus parmi les Docteurs.

Ô très-doux Enfant Jésus, qui, à l'âge de douze ans, avez été mené à Jérusalem, où vos Parents, dont vous aviez été séparé, vous cherchèrent, accablés de douleur, et trois jours après vous retrouvèrent, avec la plus vive joie, dans le Temple où vous disputiez parmi les Docteurs, ayez pitié de nous.
R/ Ayez pitié de nous, Enfant Jésus, ayez pitié de nous.
Je vous salue, etc.

Jésus, né de la Vierge,
Soyez glorifié,
Avec le Père et l'Esprit-Saint,
Dans toute l'éternité. Ainsi soit-il.


Pour le Jour et l'Octave de Noël :


V/ Le Verbe s'est fait chair, Alleluia.
R/ Et il a habité parmi nous, Alleluia.


Pour le Jour et l'Octave de l'Épiphanie :


V/ Le Christ s'est manifesté aux hommes, Alleluia.
R/ Venez, adorons-le, Alleluia.


Pour le reste de l'année :


V/ Jésus-Christ est près de nous.
R/ Venez, adorons-le.


PRIONS

Dieu tout puissant et éternel, souverain Seigneur du Ciel et de la Terre, qui vous révélez aux enfants, et leur avez promis le Royaume des Cieux : faites, nous vous en supplions, que nous qui rendons un digne culte aux très-saints Mystères de l'Enfance de votre Fils Jésus, et qui nous efforçons d'imiter ses divins exemples, nous puissions parvenir à ce céleste Royaume. Par le même Jésus-Christ Notre-Seigneur.
R/ Ainsi soit.il.



Reportez-vous à Lumière sur NoëlLitanies du Saint Enfant-JésusSalutation à Marie et à Jésus naissantPratique de la Dévotion à l'enfance de Notre-Seigneur Jésus-ChristDévotion à la Sainte Enfance de Notre-Seigneur Jésus-Christ, 1re Méditation : Marie s'étant rendue avec Joseph à Bethléem, le temps de son divin enfantement arrivaInstruction sur la Fête de NoëlMéditation pour la Fête de Noël : Vous trouverez un Enfant enveloppé de langes, et couché dans une CrècheDévotion au Saint Enfant-Jésus : Prière d'amour et ConsécrationDu Recueillement, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Méditation pour le temps de l'Avent : Venez nous délivrer, Seigneur des Vertus, Instruction pour le temps de l'Avent, Conduite pour l'Avent, Méditation pour le Premier Dimanche de l'Avent : Jour de crainte, Méditation pour le deuxième Dimanche de l'Avent, Méditation pour le troisième Lundi de l'Avent, Méditation pour le Vingt-et-unième Jour de Décembre, Méditation pour le vingt-deuxième jour de décembre, Méditation pour le vingt-troisième jour de décembre, Méditation pour le Vingt-sixième Jour de Décembre, Méditation pour le Vingt-septième Jour de décembre, Méditation pour le seizième jour de décembre, Méditation pour le dix-septième jour de décembre, Méditation pour le dix-huitième jour de décembre, Méditation pour le dix-neuvième jour de décembre, Méditation pour le vingtième jour de décembre, Méditation pour le troisième Dimanche de l'Avent, Méditation pour le troisième Mardi de l'Avent : l'esprit de prière, Méditation pour le troisième Mercredi de l'Avent, Méditation pour le troisième Jeudi de l'Avent : Ayez une modestie parfaite, Méditation pour le deuxième Lundi de l'Avent, Méditation pour le deuxième Mardi de l'Avent, Méditation pour le deuxième Mercredi de l'Avent, Méditation pour le deuxième Jeudi de l'Avent : La vertu de patience, Méditation pour le deuxième Vendredi de l'Avent, Méditation pour le deuxième Samedi de l'Avent, Méditation pour le Jour des Rois : Que votre Règne arrive, Instruction sur la Fête des Rois, Méditation sur l’Épiphanie : Les Mages confessent Jésus-Christ devant les hommes, Méditation sur l’Épiphanie : Les Mages à Jérusalem, Méditation pour l’Épiphanie : La vocation des mages prédite et figurée, notre vocation à la foi de Jésus-Christ, Méditation sur l’Épiphanie : Les Rois-Mages, Méditation sur l’Épiphanie : Ministère que Marie a exercé dans l'Adoration des Mages, Remerciement, offrande et prière au Verbe de Dieu incarné, pour l'Octave de l'Épiphanie, Méditation pour la veille de Noël, et Méditation sur la Nativité.