samedi 20 juillet 2019

GRAND CATÉCHISME HISTORIQUE (pour adulte), contenant en abrégé l'Histoire Sainte et la Doctrine Chrétienne, Leçon XLIV : De la Persécution des Juifs, et de la Conversion des Samaritains




PREMIÈRE PARTIE


Contenant en abrégé l'Histoire Sainte et la Doctrine Chrétienne



LEÇON XLIV


De la Persécution des Juifs, et de la Conversion des Samaritains


   

La conversion de Saint Paul (Murillo)


Les Juifs charnels et intéressés ne pouvaient goûter la doctrine de l'Évangile, surtout les Saducéens, qui ne croyaient ni la résurrection ni l'immortalité de l'âme, et dont le parti était le plus puissant, car même le grand Pontife en était. Dès que les Apôtres commencèrent à prêcher, les plus puissants d'entre les Juifs leur défendirent avec menaces, de parler de Jésus-Christ ; ensuite ils les firent mettre en prison, d'où un Ange les délivra : et les ayant repris, il les firent fouetter. Les Apôtres se réjouissaient de l'honneur de souffrir des affronts pour le nom de Jésus-Christ, et leur disaient hardiment : Jugez vous-même s'il est juste devant Dieu de vous obéir plutôt qu'à lui : Car nous ne pouvons nous empêcher de dire ce que nous avons vu et entendu. Que ce Jésus que vous avez crucifié, est ressuscité, et que c'est en son nom que nous faisons des miracles. Saint Étienne, le premier des sept Diacres, faisait de grands miracles, et reprochait hardiment aux Juifs leur endurcissement, leur faisait voir que la religion n'était point attachée à leur temple, ni à leur ville. Ils le condamnèrent comme ayant parlé contre le lieu saint, et le lapidèrent. Ce fut donc le premier martyr, c'est-à-dire, le premier qui mourut pour le témoignage de l'Évangile, car martyr signifie témoin. Il s'éleva à cette occasion une grande persécution contre l'Église de Jérusalem, en sorte que tous les Disciples furent dispersés dans la Judée et la Samarie, hors les Apôtres. Celui qui était le plus échauffé contre eux était un jeune homme nommé Saul, de la secte des Pharisiens, et fort savant. Il entrait dans les maisons, et traînait par force les hommes et les femmes en prison. Il ne respirait que les menaces et le sang, et se fit donner commission par le Grand-Prêtre pour les aller chercher jusqu'à Damas. Comme il en était proche, il vit en plein midi une lumière extraordinaire, qui l'aveugla et le fit tomber par terre, et il entendit une voix qui lui dit : Saul, Saul, pourquoi me persécutes-tu ? Je suis Jésus, c'est en vain que tu me résistes. Seigneur, que voulez-vous que je fasse ? dit Saul. Le Seigneur l'adressa à un saint home nommé Ananias, qui le baptisa, et lui rendit la vue. Saul commença aussitôt à prêcher l'Évangile avec grand zèle : il est connu sous le nom de Paul, qu'il prit depuis, et compté entre les Apôtres du premier ordre, ayant été appelé et instruit par Jésus-Christ même. Cependant le Diacre saint Philippe vint à Samarie où plusieurs se convertirent, et reçurent le baptême. Les Apôtres qui étaient demeurés à Jérusalem l'ayant appris, leur envoyèrent saint Pierre et saint Jean pour les confirmer et les perfectionner dans la foi. Ils prièrent sur eux, et leur imposèrent les mains ; et ces nouveaux fidèles reçurent le Saint-Esprit, c'est-à-dire, une grâce plus abondante, et le don des miracles. Entre ceux qui avaient été baptisés à Samarie, il y avait un magicien, nommé Simon, qui, voyant que les Apôtres donnaient le Saint-Esprit par l'imposition de leurs mains, leur offrit de l'argent pour avoir la même puissance. Saint Pierre lui dit : Que ton argent périsse avec toi, puisque tu crois que le don de Dieu se puisse acheter, et l'exhorta à faire pénitence. On a toujours depuis appelé simonie, le crime de ceux qui trafiquent des choses spirituelles.



Reportez-vous à Leçon I : De la Création, Leçon II : Du péché, Leçon III : De la corruption du Genre humain et du déluge, Leçon IV : De la Loi de Nature, Leçon V : Du Patriarche Abraham, Leçon VI : Des autres Patriarches, Leçon VII : De la servitude d’Égypte, Leçon VIII : De la Pâque, Leçon IX : Du voyage dans le désert, Leçon X : Des dix Commandements, Leçon XI : De l'alliance de Dieu avec les Israélites, Leçon XII : Des infidélités du peuple dans le désert, Leçon XIII : Des derniers discours de Moïse, Leçon XIV : De l'établissement du peuple dans la terre promise, Leçon XV : De l'Idolâtrie, Leçon XVI : De David et du Messie, Leçon XVII : De Salomon et de sa sagesse, Leçon XVIII : Du Schisme des Tribus ou de Samarie, Leçon XIX : Des Prophètes, Leçon XX : Des Prophéties, Leçon XXI : De la captivité de Babylone, Leçon XXII : Du rétablissement des Juifs après la captivité, Leçon XXIII : De la persécution d'Antiochus et des Macchabées, Leçon XXIV : De l'état où était le monde à la venue du Messie, Leçon XXV : Comment le Messie était attendu des Juifs, Leçon XXVI : De la Naissance de Jésus-Christ, Leçon XXVII : De l'enfance de Jésus-Christ, Leçon XXVIII : De Saint Jean-Baptiste, Leçon XXIX : De la vocation des Apôtres, Leçon XXX : Des miracles de Jésus-Christ, Leçon XXXI : Des vertus de Jésus-Christ, Leçon XXXII : De la Doctrine de Jésus-Christ et premièrement de la Trinité et de l'Incarnation, Leçon XXXIII : De l'amour de Dieu et du prochain, Leçon XXXIV : Des Conseils, de la Grâce et de la Prière, Leçon XXXV : De l'état des Fidèles dans la vie présente, Leçon XXXVI : De la vie du siècle futur, Leçon XXXVII : Des ennemis de Jésus, Leçon XXXVIII : De la Cène de Notre-Seigneur Jésus-Christ, Leçon XXXIX : De la Passion de Jésus-Christ, Leçon XL : De la mort de Jésus-Christ, Leçon XLI : De la Résurrection et de l'Ascension de Jésus-Christ, Leçon XLII : De la descente du Saint-Esprit, Leçon XLIII : De l’Église de Jérusalem, Du dessein et de l'usage de ce Catéchisme, Première partie du Petit Catéchisme Historique, contenant en abrégé l'Histoire Sainte, Deuxième partie du Petit Catéchisme Historique, contenant en abrégé l'Histoire Chrétienne.
















dimanche 14 juillet 2019

De l'Oraison, par le R.-P. Jean-Joseph Surin



Extrait du Catéchisme spirituel de la Perfection Chrétienne, Tome II, par le R.P. Jean-Joseph Surin :




De l'Oraison



N'avez-vous point de méthode à donner pour l'oraison ?

On n'en peut point donner de générale qui convienne à tout le monde ; parce que la manière de faire l'oraison, doit être proportionnée à l'état des personnes qui s'y adonnent. Ces personnes peuvent être partagées en trois classes. Les unes sont déterminées à pratiquer la plus grande perfection, et elles ont déjà fait de grands progrès dans la vie spirituelle. Les autres, quoique résolues à ne rien refuser à Dieu, ont encore des imperfections à corriger, et des vertus à acquérir. Les dernières sont lâches et inconstantes dans le service de Dieu. Ces différents caractères demandent des manières d'oraison différentes. Il s'agit maintenant d'assigner à chacune de ces trois sortes de personnes la méthode qui lui convient.


Quelle méthode faut-il prescrire aux personnes qui, par de longs travaux et de grands progrès sont arrivées à un état relevé ?

Elles n'ont guère besoin de méthode, et il serait bien difficile de leur en donner ; parce qu'elles sont mues par le Saint-Esprit dans leur oraison, et qu'elles y reçoivent beaucoup plus qu'elles ne donnent. Les assujettir à des pratiques, ce serait vouloir assujettir l'Esprit qui les meut. Leur manière est de se laisser conduire à la grâce ; et leur oraison consiste ordinairement à embrasser Dieu par l'amour, et à communiquer avec lui en toute liberté, selon qu'il le leur inspire. On peut néanmoins leur prescrire les règles suivantes.
La première, est de ne rien faire de son propre choix, et de ne se rien proposer qui puisse contrarier le mouvement de la grâce ; afin qu'entièrement livrées et abandonnées à Dieu, il puisse les mener et les manier comme il lui plaira, selon l'étendue de son esprit, que lui seul connaît, que lui seul peut régler.
La seconde, est de suspendre leur activité, et de ne point interrompre l'action de Dieu par leur propre action, à moins que Dieu ne les y pousse ou qu'elles ne connaissent qu'il le permet. Mais c'est là un avis dont elles n'ont guère besoin : parce qu'elles sont accoutumées à se laisser conduire, et quêtant les vrais enfants de Dieu, elles éprouvent que c'est son esprit qui les fait agir.
La troisième est de donner beaucoup à l'exercice du saint amour: Dieu souhaitant qu'elles s'en occupent continuellement, et qu'elles cherchent à s'unir à lui, lorsqu'elles sont en sa présence. Cette union avec Dieu est le lieu de leur repos ; et elle devient quelquefois comme un gouffre et un abîme où elles demeurent perdues. C'est tout ce que nous pouvons prescrire à ces personnes : vouloir en dire davantage, ce serait raconter ce qu'elles font, plutôt que de leur donner des méthodes.


Quelle méthode assignez-vous aux personnes qui, déterminées à ne rien refuser à Dieu, ont pourtant des imperfections à corriger, et des vertus à acquérir ?

Ou ces personnes sont à l'oraison comme les premières, entièrement mues par le Saint-Esprit, ou elles sont tellement conduites, qu'elles doivent agir par leur propre industrie, en suivant pourtant toujours le mouvement de la grâce. Dans le premier cas, elles doivent se gouverner comme les autres dont nous venons de parler ; suivre l'esprit de Dieu, s'y abandonner, et ne point l'interrompre par leur activité ; et ceux qui les conduisent ne doivent point les presser de se servir de méthode. Il faut seulement qu'ils les avertissent de laisser agir Dieu en elles, puisqu'il veut les instruire lui-même. On doit aussi leur recommander la fidélité à correspondre à la grâce ; le soin de tourner le profit de l'oraison à l'amendement de leurs défauts, et à la pratique exacte de tout ce que Dieu leur inspire.
Pour ce qui regarde celles qui ont besoin de joindre leur industrie aux mouvements de la grâce, elles peuvent s'aider de quelque méthode ; et voici celle qui leur convient. Lorsqu'elles ont pris le sujet de leur oraison, quel qu'il soit, elles doivent tourner toute leur attention vers certaines choses, qui sont particulièrement nécessaires à leur avancement, les méditer en la présence de Dieu, y tendre par attrait, s'y porter de tout leur cœur, et les ruminer, pour ainsi dire, dans un profond recueillement. Quand elles mettraient plusieurs années à goûter certains points de perfection, à s'en bien pénétrer, et à y rapporter tous leurs soins et toutes leurs pensées, elles auraient bien employé le temps. Mettons la chose dans un exemple.
Une âme touchée de Dieu, connaît que son amendement est son affaire principale ; elle juge que pour le procurer, elle a besoin de s'établir dans un parfait recueillement ; de mortifier ses passions et ses inclinations naturelles, et de dégager son cœur de l'affection aux créatures. Dès qu'elle est à l'oraison, après s'être mise en la présence de Dieu, et avoir renouvelé le désir de lui plaire, elle va, sans s'arrêter, à la considération de ce qui lui tient au cœur ; elle se convainc du besoin qu'elle a du recueillement ; elle goûte l'excellence d'un si grand bien ; elle en approfondit les avantages ; elle pense aux moyens de l'acquérir, aux occasions de la pratiquer, aux obstacles qu'il faudra vaincre ; elle le désire, elle le demande à Dieu avec toute la ferveur dont elle est capable ; elle forme de généreuses résolutions, et n'abandonne point ce sujet, qu'elle ne s'en soit, pour ainsi dire, rassasiée. Elle en use de même à l'égard de la mortification : elle se pénètre de l'avantage qui lui reviendra de mourir à elle-même, à ses passions, à ses goûts, et à ses inclinations naturelles ; elle s'encourage au combat, elle s'y affectionne ; elle soupire après les occasions de se vaincre, et de renoncer à elle-même.
Comme cette méthode est fort étendue, on peut l'appliquer à toute sorte de sujets. Une personne qui veut parvenir au parfait dégagement, se présente devant Dieu, avec un vrai dessein de se dénuer entièrement de tout ; ensuite elle se demande elle-même, s'il y a quelque chose au monde capable d'attacher son cœur et de débaucher son affection : l'esprit de Dieu, qui est fidèle et facile à se communiquer à ceux qu'il trouve disposés à lui obéir, lui fait sentir intérieurement, qu'elle a de l'attache à sa réputation, à ses commodités, à ses emplois, à certaines personnes. Ces vues intérieures la frappent ; elle fait cent actes de renoncement ; elle pense aux moyens de se déprendre tout à fait ; et à force de dire et de protester qu'elle ne veut tenir à rien, elle se détache en effet de tout.
Voilà la plus solide méthode d'oraison. Ceux qui prennent tous les jours différents sujets, s'affectionnant tantôt à l'un, et tantôt à l'autre, sans se fixer à rien, ne font pas ordinairement de grands progrès. Mais ceux qui s'attachent à ces fondements de la vie spirituelle, et qui emploient les mois et les années entières à s'en occuper, à se les imprimer, à les goûter, s'instruisent à fond des points principaux de la Doctrine de J. C. et il arrivera, que lorsqu'ils y penseront le moins, ils se trouveront riches : que Dieu les comblera de ses faveurs, et qu'il les élèvera à une oraison plus sublime.


N'y a-t-il point de méthode pour ceux qui, manquant de courage et de bonne volonté, sont lâches et inconstants dans le service de Dieu ?

L'unique méthode qui leur convienne, est de faire de leur oraison un moyen pour former en eux-mêmes, et pour obtenir de Dieu la bonne volonté qu'ils n'ont pas, et sans laquelle ils ne sauraient faire aucun progrès. Mais le malheur est, que la plupart de ces personnes, dont le nombre est très-grand, ne veulent pas convenir que la bonne volonté leur manque : et alors tout ce qu'on peut faire, est de leur montrer qu'elles ne l'ont pas et qu'elles n'ont pas encore fait le premier pas dans la voie de la perfection, quoiqu'elles marchent avec beaucoup d’assurance.


Comment faire voir à ces personnes, qu’elles n'en sont pas où elles pensent, et qu'elles ne sont pas bien déterminées à ne rien refuser à Dieu ?

Il faut leur persuader de sonder leurs dispositions à l'égard de certains points de perfection, qui sont des preuves convaincantes de la bonne volonté de celui qui les pratique. Un de ces points est renfermé dans ces paroles du Fils de Dieu : Si vous ne devenez comme des enfants, vous n'entrerez point dans le Royaume des Cieux. Il faut que celui qui désire de se connaître, se conforme avec cette doctrine, pour voir s'il la met en pratique. Si c'est un homme qui ait fait vœu d'obéissance dans quelque Ordre Religieux, il se demandera à lui-même : ma vie est-elle conforme à mes obligations ? Me comporté-je comme un homme qui a fait à Dieu le sacrifice de sa liberté ? Suis-je bien à la main de mes Supérieurs, pour me laisser conduire comme un enfant, et pour faire ou laisser tout ce qu'ils voudront, sans résistance ? Si à la faveur de cet examen il reconnaît qu'il forme des desseins sur soi-même, qu'il a des vues particulières, et qu'il se donne des soins et des mouvements pour tourner à son gré la volonté de ses Supérieurs, pour empêcher qu'on ne lui ordonne certaines choses, ou pour en obtenir d'autres qui lui conviennent ; il doit conclure que la bonne volonté lui manque, puisqu'il n'est pas déterminé à ne rien refuser à Dieu. Et s'il est sage, il emploiera uniquement son oraison à gagner sur soi-même, ce qu'il n'a pas encore eu le courage de sacrifier, autrement il n'en tirera aucun fruit.
Un autre point sur lequel on peut s'examiner, c'est le renoncement à certaines attaches naturelles. Un homme se dit à lui-même : Je désire avec empressement l'estime et l'approbation des autres : j'aime mes aises et mes commodités, et je m'en procure souvent qui ne conviennent guère à la sainte pauvreté dont je fais profession : si je ne suis pas prêt à quitter toutes ces attaches, quelle méthode peut-on me donner pour faire oraison ? Oserai je demander à Dieu des lumières plus abondantes, tandis que je refuse de faire ce que je sais être nécessaire pour mon avancement spirituel ?
Cependant ces personnes lâches et indéterminées tomberaient bientôt en pire état, si elles abandonnaient l'oraison. Il faut qu'elles persévèrent dans ce saint exercice ; et le meilleur conseil qu'on puisse leur donner, c'est qu'elles demandent sans cesse à Dieu, qu'il leur donne cette volonté pleine et entière qu'elles n'ont pas ; parce que Dieu, qui de son côté est toujours prêt à répondre, n'attend, pour enrichir une âme, qu'un moment où il la trouve disposée à se donner entièrement à lui. Pour ceux qui ne veulent faire aucun effort, afin d'obtenir de Dieu et d'eux-mêmes cette résolution généreuse, qui serait le commencement de leur perfection et de leur tranquillité, il n'est pas nécessaire que nous leur prescrivions ici des méthodes, cent autres Livres leur en fourniront assez pour se soutenir dans un train de vie où il entre beaucoup de lâcheté et d'imperfection.



Reportez-vous à Simple et courte méthode d'oraison mentale, Des tentations et des illusions, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, En quoi consiste la perfection chrétienne : pour l'acquérir il faut combattre, et pour sortir victorieux de ce combat, quatre choses sont nécessaires, De l'Oraison et de la Contemplation, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De la sècheresse dans l'oraison, et Doctrine et paroles remarquables du bienheureux Frère Égide, compagnon de Saint François d'Assise : Sur la Chasteté, les Tentations et l'Oraison.















jeudi 11 juillet 2019

De la Charité à l'égard du prochain : Du mérite et de l'excellence de cette vertu



Extrait de "Abrégé de la pratique de la perfection chrétienne" par le R.P. Alphonse Rodriguez :


Sermon sur la montagne
Nous avons deux commandements qui ont la charité pour objet : l'un est d'aimer Dieu de tout notre cœur (Matth. 22. 37. 38 et 39), de toute notre âme et de toutes nos forces, voilà le plus grand et le premier commandement de la loi : l'autre qui est semblable au premier, est d'aimer notre prochain comme nous-mêmes. C'est de ce second commandement que nous voulons traiter maintenant.
L'Apôtre le nomme le lien de la perfection (Ad Coloss. 3. 14) ; celui qui assemble et qui unit les choses les plus séparées ; qui de plusieurs volontés n'en fait qu'une ; qui fait que ce que je désire pour moi, je le désire aussi pour les autres, et que je les aime autant que moi-même ; qui fait que mon ami est un autre moi-même, que je suis un autre lui-même, et qu'enfin nous ne sommes tous deux qu'une même chose. C'est à cette occasion que S. Augustin (August. lib. 4. Confess. cap. 6) adopte et loue extrêmement le mot de cet ancien poète qui appelait son ami la moitié de son âme, comme si en effet son ami et lui n'eussent eu qu'une seule âme partagée entre leurs deux corps.
Mais afin que nous connaissions mieux le prix et l'excellence de la charité, et jusqu'à quel point Notre-Seigneur estime cette vertu, examinons les dernières paroles qu'il nous adresse dans le passage que nous venons de citer. Saint Jean Chrisostôme faisant réflexion sur ces mêmes paroles, et considérant qu'après que le Sauveur a parlé du premier commandement, qui est d'aimer Dieu, il ajoute aussitôt que le second qui est d'aimer le prochain est semblable au premier, fait cette judicieuse remarque : « Considérez, dit-il (Joan. Chrys. hom. 23. sup. Ep. ad Rom.), l'extrême bonté du Seigneur, que malgré la distance infinie qu'il y a entre Dieu et l'homme, il veuille que nous aimions l'homme d'un amour si semblable à celui dont nous devons aimer Dieu. C'est avoir presque donné à l'amour du prochain la même mesure et la même étendue qu'à l'amour de Dieu, puisque s'il nous ordonne d'aimer Dieu de tout notre cœur et de toute notre âme, il nous prescrit aussi d'aimer notre prochain comme nous-mêmes. Quand nous avons un ami intime que nous voulons recommander instamment à un autre, nous lui disons ordinairement : Si vous l'aimez, ce sera moi-même que vous aimerez. De même, ajoute saint Chrysostôme, lorsque le Sauveur a dit que le second commandement était semblable au premier, il a voulu nous donner à entendre que si nous aimons notre prochain, ce sera Dieu lui-même que nous aimerons. » C'est dans ce même sens qu'il a dit à saint Pierre : Si vous m'aimez (Joan. 21. 17), paissez mes brebis ; comme s'il eût voulu dire : Si vous m'aimez, ayez soin des miens, et par là je connaîtrai s'il est vrai que vous m'aimez effectivement.
Il y a encore une autre mesure de notre charité pour le prochain ; et c'est Jésus-Christ qui nous a ordonné d'en prendre la règle sur lui, lorsqu'il a dit à ses disciples (Joan. 13. 34) : Je vous donne un nouveau commandement, que vous vous aimiez les uns les autres, comme je vous ai aimés. Comme le Sauveur nous a aimés purement pour Dieu, il veut aussi que nous aimions le prochain purement pour Dieu : et voilà, dit saint Augustin (Aug. Tract. 65. sup. Joan), ce qu'il appelle un commandement nouveau ; non seulement parce qu'il en faisait alors une nouvelle obligation, et qu'il venait de l'enseigner tout nouvellement et par ses paroles et par son exemple ; mais parce que c'est effectivement une nouvelle manière d'aimer qu'il nous prescrit. L'amour naturel qui est fondé sur la chair, sur le sang et sur des considérations humaines, est un amour très-ancien, et aussi ancien que le monde ; un amour qui est commun aux méchants comme aux bons ; aux étrangers comme aux concitoyens ; aux hommes comme aux bêtes, suivant ces paroles du Sage (Eccli. 13. 19) : Que tout animal chérit son semblable. Mais l'amour que Jésus-Christ nous recommande à l'égard de notre prochain, est un amour nouveau ; parce qu'il veut que ce soit un amour spirituel et surnaturel qui nous fasse aimer notre prochain pour Dieu, et avec le même amour de charité que nous avons pour ce divin objet. Aussi les théologiens remarquent avec les saints Pères, que la vertu de charité, qui nous fait aimer Dieu, est la même chose que celle qui nous fait aimer le prochain en Dieu et pour Dieu : ils ajoutent que de même que l'amour de Dieu est une vertu théologale, c'est-à-dire, une vertu divine qui a Dieu pour objet, aussi la charité envers le prochain est pareillement une vertu théologale et divine ; parce que c'est pour Dieu que nous aimons le prochain ; et que cette bonté infinie qui mérite que nous l'aimions pour elle-même, mérite aussi que pour elle-même nous aimions notre prochain.
Enfin nous ne trouverons rien dans tous les Livres saints qui nous soit plus étroitement recommandé, ni plus souvent répété que cet amour du prochain. Le Fils de Dieu nous le prescrit lui-même, et nous l'enjoint deux fois dans le sermon de la Cène : Le précepte que je vous donne, dit-il (Joan. 15. 12), est que vous vous aimiez les uns les autres comme je vous ai aimés. Et peu après il ajoute (Joan. 15. 17) : Ce que je vous commande, est que vous vous aimiez les uns les autres. Par là nous voyons combien il désire que cette charité soit profondément enracinée dans nos cœurs ; et sans doute elle ne saurait jamais l'être assez, puisque c'est de là que dépend toute la loi, et l'accomplissement de tous les autres préceptes, suivant ces paroles de l'Apôtre (Ad. Rom. 13. 8) : Que celui qui aime son prochain a accompli la loi. Le disciple bien-aimé, qui avait puisé cette doctrine dans le sein même de son divin maître, semble réduire à ce devoir toutes les leçons qu'il donne dans ses Épîtres canoniques ; et saint Jérôme rapporte que cet apôtre étant déjà cassé de vieillesse, et ne pouvant plus aller à l'Église, où il se faisait porter par ses disciples, leur répétait sans cesse ces paroles : « Mes enfants, aimez-vous les uns les autres. » Il ajoute que ses disciples, aussi surpris qu'ennuyés de lui entendre toujours répéter ces mêmes paroles, lui en demandèrent un jour la raison. Il leur fit, dit saint Jérôme (Hiéron in comment. ad Gal. 6), cette réponse véritablement digne de saint Jean : parce que c'est le précepte du Seigneur, leur dit-il, et que celui-là seul suffit, pourvu qu'on l'observe : Car toute la loi est renfermée dans ce commandement (Gal. 5. 14) : Vous aimerez votre prochain comme vous-même. Accomplissez parfaitement ce précepte, et vous aurez satisfait pleinement à tous les autres. Saint Augustin expliquant ces paroles du Fils de Dieu : En cela on reconnaîtra que vous êtes mes disciples, si vous vous aimez les uns les autres, fait cette judicieuse remarque. « Le Seigneur, dit-il (Aug. lib. 83. quaest. q. 17), a voulu rendre ce précepte d'un si grand poids, qu'il va jusqu'à le proposer comme la marque infaillible par laquelle on connaît ceux qui lui appartiennent, et qui lui sont véritablement attachés. »



Reportez-vous à Des vertus de Marie : Charité de Marie envers le prochain, Discours sur la visitation de Marie, Des grands avantages que nous procure la conformité à la volonté de Dieu, Méditation : Préceptes sur la charité envers le prochain, Méditation : Perfection que Jésus exige de ses disciples, De la réformation de la compassion, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Comment saint François guérit un lépreux de l'âme et du corps ; parole que l'âme de ce lépreux lui adressa en montant au Ciel, De la réformation de l'Amour, de la Haine, du Désir et de l'Aversion, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Méditation sur l'excellence de la Charité, Méditation sur la charité envers les Pauvres, Méditation sur les défauts d'autrui, Si je n'ai pas la Charité, je n'ai rien.















dimanche 7 juillet 2019

De la manière dont saint François bénit le saint Frère Bernard ; et comment il le laissa son vicaire au moment de sa mort



Extrait des "Fioretti ou petites fleurs de Saint François d'Assise", par M. l'Abbé A. Riche :


Mort et Ascension de Saint François (Giotto)
L'éminente sainteté de Frère Bernard inspirait à saint François un profond respect, qu'il lui témoignait souvent par les éloges qu'il lui adressait. Un jour, Dieu lui révéla, pendant qu'il était en prière, que ce frère, par une permission divine, devait soutenir de longs et fréquents assauts de la part des démons. Touché de compassion pour celui qu'il aimait comme son fils, dès lors le Saint, pendant plusieurs jours, fit à Dieu pour lui de ferventes prières, et il demandait à Jésus-Christ, avec larmes, qu'il voulût bien lui donner victoire sur l'esprit mauvais. Un jour qu'il priait ainsi, une voix divine lui fit entendre ces paroles : « François, ne crains pas ; toutes les tentations que doit éprouver Frère Bernard sont permises de Dieu pour exercer sa vertu et couronner ses mérites ; il finira par triompher de tous ses ennemis, car il est un des prédestinés au royaume des cieux. » Cette réponse remplit le Saint d'une grande joie, et dès ce moment, il eut pour Frère Bernard un attachement encore plus vif et une vénération plus profonde ; il lui en donna des preuves pendant sa vie et même après sa mort.
Se sentant près de terminer sa carrière ; voyant, comme un autre saint patriarche Jacob, ses enfants dévoués entourer son lit, baignés de larmes et accablés de tristesse, à la pensée du père tendrement aimé qui allait les quitter, le Saint demanda : « Où est mon fils premier-né ? venez, mon fils, que mon âme vous bénisse avant de quitter la terre. » Frère Bernard, n'osant croire que c'était à lui que ces paroles s'adressaient, dit tout bas à Frère Élie, vicaire de l'Ordre : « Père, présentez-vous à la droite du Saint pour qu'il vous bénisse. » Et Frère Élie s'étant approché, saint François, qui avait perdu la vue à force de pleurer, posa la main droite sur sa tête, et dit : « Cette tête n'est pas celle de mon fils premier-né. » Alors Frère Bernard se présentant à la gauche du Saint, celui-ci étendit les bras en forme de croix ; puis, posant la main droite sur la tête de Frère Bernard et la gauche sur celle de Frère Élie, il dit au premier : « Que Dieu le Père répande sur vous, par la vertu du Christ, ses bénédictions spirituelles et célestes ; vous êtes le premier-né, le premier élu de ce saint Ordre ; c'était à vous à donner l'exemple et à suivre le premier Jésus-Christ dans sa pauvreté évangélique ; aussi, non-seulement vous avez donné libéralement et sans réserve, pour son amour, tout ce que vous possédiez, mais vous-même, vous vous êtes offert à Dieu, dans cet Ordre, en sacrifice agréable. Daigne donc Notre-Seigneur Jésus-Christ vous combler de ses éternelles bénédictions ; recevez aussi celles de son pauvre petit serviteur, et que toutes, elles vous accompagnent partout et toujours. Que celui qui vous bénira soit lui-même rempli de bénédictions, et que celui qui vous aura maudit n'échappe jamais au châtiment. Soyez le premier parmi vos frères, et que tous vous obéissent. Recevez le pouvoir d'admettre dans l'Ordre ceux que vous en jugerez dignes ; qu'aucun frère n'ait la supériorité sur vous, et qu'il vous soit permis d'aller ou de demeurer partout où il vous plaira. »
Les frères n'oublièrent pas ces paroles de saint François ; après sa mort, ils aimèrent et respectèrent Frère Bernard comme leur vénérable père. Lorsqu'il fut lui-même sur le point de mourir, une foule d'entre eux se rendit à son couvent, et du nombre se trouvait le divin Frère Égide. Dès qu'il aperçut Frère Bernard, ce bon frère s'écria, plein d'allégresse : « Sursum corda ! Frère Bernard, Sursum corda ! » Aussitôt Frère Bernard ordonna à l'un des religieux qui se trouvaient près de lui de disposer, pour Frère Égide, un endroit propre à la contemplation, et il fut obéi. Lorsqu'il vit approcher sa dernière heure, il se leva, et, se faisant soutenir par quelques-uns des frères, il dit à ceux qui l'entouraient : « Ô mes bien-aimés Frères ! je n'aurai pas la force de vous parler longtemps ; considérez seulement que cet état de religion dans lequel j'ai vécu, vous y vivez aussi, et que ce bonheur que je ressens maintenant, vous aussi vous pouvez l'éprouver. Oui, mon âme est si heureuse en ce moment, que je ne voudrais pas, au prix de mille mondes comme celui où nous vivons, avoir servi un autre maître que Notre-Seigneur Jésus-Christ. Maintenant je m'accuse, en présence du Sauveur Jésus et devant vous, de toutes les fautes que je pourrais avoir commises. Ô mes très-chers Frères ! je vous en conjure, aimez-vous les uns les autres. » Après ces paroles et quelques autres pieuses exhortations, Frère Bernard se fit replacer sur son lit ; alors son visage devint si resplendissant et rayonnant d'une joie si vive, que tous les frères en étaient dans l'admiration. C'est dans l'ivresse de cette félicité que la très-sainte âme de Frère Bernard passa, couronnée de gloire, de la vie présente à la vie bienheureuse des anges.



Reportez-vous à De la Charité à l'égard du prochain : Du mérite et de l'excellence de cette vertu, Doctrine et paroles remarquables du bienheureux Frère Égide, compagnon de Saint François d'Assise : Sur les Vices et les Vertus, la Crainte de Dieu, la Patience, l'Oisiveté, et le dégoût des choses temporelles, Doctrine et paroles remarquables du bienheureux Frère Égide, compagnon de Saint François d'Assise : Sur la Chasteté, les Tentations et l'Oraison, Doctrine et paroles remarquables du bienheureux Frère Égide, compagnon de Saint François d'Assise : Sur la sainte Prudence spirituelle, Doctrine et paroles remarquables du bienheureux Frère Égide, compagnon de Saint François d'Assise : Sur les bonnes et les mauvaises Paroles, En quoi consiste la perfection chrétienne : pour l'acquérir il faut combattre, et pour sortir victorieux de ce combat, quatre choses sont nécessaires, Exemple de la grande puissance de Frère Junipère contre les démons, La Couronne franciscaine, Comment un noble chevalier fut assuré de la mort et des sacrés et saints Stigmates de saint François, pour lequel il avait une grande dévotion, Comment saint François commanda à Frère Léon de laver une pierre, Auspicato Concessum, Lettre encyclique de Sa Sainteté le Pape Léon XIII, sur le Tiers-Ordre de Saint François, De la terrible vision que Frère Léon eut en songe, Comment saint François guérit un lépreux de l'âme et du corps ; parole que l'âme de ce lépreux lui adressa en montant au Ciel, Comment le Frère Pacifique fut ravi en extase et vit dans le ciel le trône de Lucifer réservé à Saint François, et Comment Saint François voulait que le Serviteur de Dieu montrât toujours un visage joyeux.















AMENDE HONORABLE AU SACRÉ-CŒUR DE JÉSUS




Divin Jésus, qui, par un excès de l'amour le plus ardent et le plus prodigieux, vous êtes mis en état de victime dans l'adorable Eucharistie, où vous vous offrez sans cesse pour nous en sacrifice, quels doivent être les sentiments de votre sacré Cœur à la vue de l'indifférence et du mépris que les hommes font de vous ? De quel œil regardez-vous ces indignes chrétiens qui profanent votre sainte maison, y venant avec des yeux distraits, un esprit dissipé, et un cœur agité de passions ! Ah ! mon adorable Sauveur, faut-il qu'on vienne vous insulter jusqu'au pied de votre trône ? aviez-vous lieu d'attendre un pareil traitement de notre part ? votre bonté ne servira-telle qu'à faire éclater notre ingratitude ?
Touché d'une extrême douleur de tous les outrages que vous avez reçus dans ce sacrement, je viens me prosterner et m’anéantir devant vous pour vous faire amende honorable, et réparer, autant qu'il est en moi, tant d'horribles profanations. Que ne puis-je, mon doux Jésus, arroser de mes larmes et laver de mon sang tous les lieux où votre sacré Cœur a été si indignement traité ! Que ne puis-je, par quelque nouveau genre d'hommage, vous rendre autant de gloire que les méchants vous en ont ravi ! Que ne puis-je être le maître de tous les cœurs, pour vous les sacrifier sur cet autel, sur lequel vous vous immolez tous les jours pour notre amour !
Ce qui m'humilie davantage, ô sacré Cœur de mon aimable Maître ! ce qui m'accable et me couvre de confusion, c'est que j'ai été moi-même du nombre de ces ingrats qui vous ont déshonoré sur ces autels. Pardon, ô divin Jésus, ô mon Sauveur ! que mes yeux s'ouvrent aux larmes, que ma bouche éclate en soupirs, et que je meure de douleur : que mon cœur ingrat se brise par la violence de mes soupirs de m'être porté a de tels excès ; ou, si vous voulez que je vive encore, que ce ne soit que pour gémir le reste de mes jours sur toutes ces abominations.
J'unis cette amende honorable à celle que vous offrit Marie au pied de la croix, lorsqu'elle vous demanda grâce pour tous les pécheurs. Je l'unis avec celle que vous font en ce jour, dans toutes les parties du monde, tant de confrères associés, pour rendre un éternel hommage à votre sacré Cœur. Je l'unis avec celle que vous fîtes sur la croix, et que vous continuez de faire sur nos autels, à votre Père, au nom de tous les fidèles, dont vous demandez la conversion et le salut.
Père éternel, regardez votre Fils qui prie, qui s'offre et s'immole pour nous tous pécheurs que nous sommes. Accordez à ses mérites ce que vous refuseriez justement à nos vœux, et faites de tout ce qu'il y a ici de fidèles assemblés, autant de pénitents qui trouvent dans le sacré Cœur de Jésus la rémission de leurs péchés, l'amour de la pénitence, la persévérance dans le bien, et une précieuse mort qui couronne leur sainte vie.
Ainsi soit-il.

(Manuel de la dévotion au Sacré-Cœur de Jésus, 1850)



Reportez-vous à La dévotion au Sacré-Cœur, remède spécial aux maux qui désolent l'Église dans ces derniers temps, Méditation sur la Fête du Sacré Cœur de Jésus-Christ : Dieu a envoyé dans vos cœurs l'Esprit et le Cœur de son Fils, Instruction sur la Fête du Sacré Cœur de Jésus-Christ, Petite consécration au Sacré-Cœur de Jésus, Neuvaine au Sacré-Cœur, Miserentissimus Redemptor du Pape Pie XI sur notre devoir de réparation envers le Sacré-Cœur de Jésus, Acte de consécration du genre humain et de réparation au Sacré-cœur, Litanie de Sainte Marguerite Marie Alacoque, Litanie du Sacré-Coeur de Jésus, Sœur Benigna, petite secrétaire de l'amour de Dieu (1/9), Dévotion au Sacré-cœur de Jésus : Don de l'Esprit et Vie intérieure et Litanie des Cœurs unis de Jésus et de Marie. Instruction sur la Fête du Saint Sacrement, Méditation sur la Fête du Saint Sacrement : Prenez et mangez, ceci est mon Corps, Sur les excellences et sur les avantages de la sainte Communion, Sur la Chair adorable de Jésus-Christ dans la sainte Communion, Méditation sur la Communion, Litanies du Saint-Sacrement, Poème dogmatique sur l'Eucharistie, de Saint Thomas d'Aquin, Prière à réciter quand on ne peut assister à la messe les dimanches et fêtes d'obligation, Méditation sur la Victime du Sacrifice de la Messe, Méditation sur le Sacrifice de la Messe, De quels religieux respects nous devons entourer le Saint-Sacrement, Quo Primum tempore, du Pape (Saint) Pie V, sur la célébration du Saint Sacrifice de la Messe, Mystici Corporis Christi du Pape Pie XII, Méditation pour le Jeudi Saint, La communion indigne de Judas, Médiator Dei, sur la Sainte liturgie, du Pape Pie XII, Les Communions sans action de grâces, La communion spirituelle, et Communier saintement et trouver refuge et salut en Jésus-Christ au Saint-Sacrement.
















Doctrine et paroles remarquables du bienheureux Frère Égide, compagnon de Saint François d'Assise : Sur les bonnes et les mauvaises Paroles



Extrait des "Fioretti ou petites fleurs de Saint François d'Assise", par M. l'Abbé A. Riche :




Celui qui ne laisse échapper que des paroles bonnes et utiles aux âmes, est vraiment comme l'organe de l'Esprit-Saint ; mais celui dont les paroles sont mauvaises et inutiles, est certainement l'organe du démon.
Quand des hommes pieux et spirituels se rassemblent pour quelque entretien, ils devraient toujours parler de la beauté de la vertu, afin de la rendre plus agréable et plus attrayante ; car il est certain qu'on s'exercerait bien plus volontiers à la pratique des vertus, si on s'y plaisait ; puis, en s'y plaisant, on les aimerait davantage ; enfin, par ce vif amour qu'on aurait pour elles, par cette pratique continuelle qu'on en ferait, par le plaisir qu'on y trouverait, l'âme arriverait à un amour de Dieu plus fervent, à un degré de perfection plus élevé ; et ainsi la divine bonté répandrait sur elle une plus grande abondance de faveurs et de grâces.
Plus nous avons à souffrir des tentations, plus nous devons nous entretenir des saintes vertus ; car, de même que, dans les mauvais entretiens, nous succombons plus facilement au péché, ainsi dans les pieuses conversations sur les vertus, nous nous sentons plus disposés à les pratiquer.
Mais que dirons-nous du bien qu'engendrent les vertus ? il est si grand, si grand, que nos paroles sont impuissantes pour exprimer dignement son excellence admirable et infinie. Que dirons-nous aussi du mal et des peines éternelles que produisent les vices ? c'est un abîme si profond qu'il nous est impossible de nous le figurer et d'en parler exactement.
Je crois qu'il y a autant de vertu à savoir bien se taire qu'à savoir bien parler. Je voudrais que l'homme eût un cou long comme celui de la grue, afin qu'au moment où il serait pour parler, sa parole, avant d'arriver sur les lèvres, fût obligée de s'arrêter à plusieurs nœuds ; je veux dire, qu'à l'instant où il voudrait parler, il serait forcé de penser et de repenser, d'examiner, de discerner avec un grand soin comment et pourquoi il parle, la circonstance dans laquelle il se trouve, la condition de ceux auxquels il s'adresse, le résultat que doivent produire ses paroles, enfin son intention et ses motifs.



Reportez-vous à Doctrine et paroles remarquables du bienheureux Frère Égide, compagnon de Saint François d'Assise : Sur les Vices et les Vertus, la Crainte de Dieu, la Patience, l'Oisiveté, et le dégoût des choses temporelles, Doctrine et paroles remarquables du bienheureux Frère Égide, compagnon de Saint François d'Assise : Sur la Chasteté, les Tentations et l'Oraison, Doctrine et paroles remarquables du bienheureux Frère Égide, compagnon de Saint François d'Assise : Sur la sainte Prudence spirituelle, Méditation sur les péchés de la langue, Qu'il ne sorte aucun mauvais discours de votre bouche, En quoi consiste la perfection chrétienne : pour l'acquérir il faut combattre, et pour sortir victorieux de ce combat, quatre choses sont nécessaires, Des maladies de l'âme, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Les voies du salut, Comment vaincre les obstacles à la perfection chrétienne, par le R. P. Jean-Joseph Surin, Les murs ont des oreilles ou les démons espions, De la manière dont saint François bénit le saint Frère Bernard ; et comment il le laissa son vicaire au moment de sa mort, Exemple de la grande puissance de Frère Junipère contre les démons, La Couronne franciscaine, Comment un noble chevalier fut assuré de la mort et des sacrés et saints Stigmates de saint François, pour lequel il avait une grande dévotion, Comment saint François commanda à Frère Léon de laver une pierre, Auspicato Concessum, Lettre encyclique de Sa Sainteté le Pape Léon XIII, sur le Tiers-Ordre de Saint François, De la terrible vision que Frère Léon eut en songe, Comment saint François guérit un lépreux de l'âme et du corps ; parole que l'âme de ce lépreux lui adressa en montant au Ciel, Comment le Frère Pacifique fut ravi en extase et vit dans le ciel le trône de Lucifer réservé à Saint François, et Comment Saint François voulait que le Serviteur de Dieu montrât toujours un visage joyeux.















vendredi 5 juillet 2019

Doctrine et paroles remarquables du bienheureux Frère Égide, compagnon de Saint François d'Assise : Sur la sainte Prudence spirituelle



Extrait des "Fioretti ou petites fleurs de Saint François d'Assise", par M. l'Abbé A. Riche :




Ô vous serviteurs du Roi des cieux ! qui désirez connaître les secrets de la prudence utile et méritoire, ouvrez bien les oreilles de votre intelligence, recevez avec empressement, conservez avec soin dans votre mémoire le précieux trésor des enseignements et des avis que je vais vous exposer. Vous trouverez là une lumière et un guide dans votre voyage ; par là, vous serez à l'abri des attaques de vos ennemis spirituels et temporels, et vous pourrez, en sûreté et avec une humble audace, naviguer sur la mer orageuse de cette vie, jusqu'à ce que vous arriviez au port, si ardemment désiré, du salut. Ainsi, mon fils, écoutez et comprenez bien ce que je vais vous dire.
Voulez-vous bien voir, arrachez-vous les yeux et devenez aveugle. Voulez-vous bien entendre, rendez-vous sourd. Voulez-vous bien parler, soyez muet. Voulez-vous bien marcher, restez debout et laissez-vous guider par l'esprit. Voulez-vous bien travailler, coupez-vous les mains et travaillez avec votre cœur. Voulez-vous bien aimer, haïssez-vous vous-même. Voulez-vous bien vivre, mortifiez-vous. Voulez-vous amasser de grands biens et devenir riche, perdez tout ce que vous possédez, soyez pauvre. Voulez-vous bien jouir et vous reposer, affligez-vous, tenez-vous toujours en crainte et défiez-vous de vous-même. Voulez-vous être exalté et recevoir de grands honneurs, sachez vous humilier. Voulez-vous qu'on vous respecte, méprisez-vous vous-même et honorez ceux qui vous couvrent de mépris et de honte. Voulez-vous avoir toujours le bien en partage, supportez le mal. Voulez-vous être béni, souhaitez que l'on vous maudisse et que l'on dise du mal de vous. Voulez-vous posséder le repos véritable et éternel, mortifiez-vous, souhaitez que toutes les afflictions temporelles tombent sur vous. Ô la haute sagesse, que celle qui conduit à la pratique de tous ces conseils ! Mais, parce que ce sont là des vertus supérieures et sublimes, peu d'âmes seulement en sont favorisées de Dieu. Et pourtant, je vous le dis ; tout est là ; celui qui s'appliquerait à mettre ces avis en pratique, n'aurait plus besoin d'aller à Bologne ou à Paris apprendre une autre théologie. Un homme qui vivrait mille ans et qui travaillerait à purifier son cœur, à régler et à perfectionner son esprit et son âme, n'aurait pas besoin d'aucun autre exercice extérieur, ni d'aucun autre sujet d'entretien pour l'occuper pendant cette longue vie.
Nous ne devrions chercher à voir et à entendre que ce qui contribue à l'utilité de notre âme ; ce devrait être là l'unique objet de nos entretiens.
Celui qui ne se connaît pas soi-même n'est pas connu des autres. Malheur à nous quand nous recevons les dons et les grâces du Seigneur et que nous ne savons pas les apprécier ! Mais malheur encore plus à ceux qui ne les reçoivent pas, qui ne les apprécient pas et qui ne se mettent pas en peine de les acquérir, ni de les posséder ! L'homme qui est fait à l'image de son Créateur, est en possession de changer ses desseins comme il lui plaît ; mais Dieu est irrévocable dans ses arrêts [1].


1. N'est-il pas vrai que ce chapitre respire le plus pur esprit de l'Évangile ? Que de vérités en peu de mots ! vérités si hautes et si belles ! Mais ce sont des folies pour le monde.



Reportez-vous à Doctrine et paroles remarquables du bienheureux Frère Égide, compagnon de Saint François d'Assise : Sur les Vices et les Vertus, la Crainte de Dieu, la Patience, l'Oisiveté, et le dégoût des choses temporelles, Doctrine et paroles remarquables du bienheureux Frère Égide, compagnon de Saint François d'Assise : Sur la Chasteté, les Tentations et l'Oraison, Doctrine et paroles remarquables du bienheureux Frère Égide, compagnon de Saint François d'Assise : Sur les bonnes et les mauvaises Paroles, En quoi consiste la perfection chrétienne : pour l'acquérir il faut combattre, et pour sortir victorieux de ce combat, quatre choses sont nécessaires, De la manière dont saint François bénit le saint Frère Bernard ; et comment il le laissa son vicaire au moment de sa mort, Exemple de la grande puissance de Frère Junipère contre les démons, La Couronne franciscaine, Comment un noble chevalier fut assuré de la mort et des sacrés et saints Stigmates de saint François, pour lequel il avait une grande dévotion, Comment saint François commanda à Frère Léon de laver une pierre, Auspicato Concessum, Lettre encyclique de Sa Sainteté le Pape Léon XIII, sur le Tiers-Ordre de Saint François, De la terrible vision que Frère Léon eut en songe, Comment saint François guérit un lépreux de l'âme et du corps ; parole que l'âme de ce lépreux lui adressa en montant au Ciel, Comment le Frère Pacifique fut ravi en extase et vit dans le ciel le trône de Lucifer réservé à Saint François, et Comment Saint François voulait que le Serviteur de Dieu montrât toujours un visage joyeux.