mardi 11 septembre 2018

Le Saint Esclavage de Jésus en Marie, d’après Saint Louis-Marie Grignion de Montfort



Catéchisme à retrouver sur EtudesAntimodernistes.fr.






Catéchisme du Saint Esclavage de Jésus en Marie




Je suis tout dans sa dépendance

Pour mieux dépendre du Sauveur

Laissant tout à sa Providence :

Mon corps, mon âme et mon bonheur


(Bienheureux de Montfort)




Quel est le but principal de cette dévotion ?

Le but principal de cette dévotion est d’établir le règne absolu de la Très Sainte Vierge dans les cœurs, afin d’y faire régner plus parfaitement Jésus-Christ. « Si nous établissons la solide dévotion de la Très Sainte Vierge, s’écrie le Bienheureux Père de Montfort, ce n’est que pour établir plus parfaitement la dévotion à Jésus-Christ : ce n’est que pour donner un moyen aisé et assuré pour trouver Jésus-Christ. Si la dévotion à la Sainte Vierge éloignait de Jésus-Christ, il faudrait la rejeter comme une illusion du démon. Mais tant s’en faut, qu’au contraire cette dévotion ne nous est nécessaire que pour trouver Jésus-Christ parfaitement, l’aimer tendrement et le servir fidèlement ! »



En quoi consiste cette dévotion ?

Elle consiste :

  • À se donner tout entier à la Très Sainte Vierge pour être tout entier à Jésus-Christ par elle ;
     
  • À vivre habituellement dans une parfaite dépendance de sa volonté, à l’exemple du Fils de Dieu à Nazareth.



Pourquoi se consacrer ainsi à la Sainte Vierge ?

On se consacre ainsi à la Sainte Vierge :

  • Pour imiter la dépendance de Jésus, qui, afin de nous sauver, a voulu être soumis à Marie pendant trente ans ;
     
  • Pour reconnaître les droits de la Sainte Vierge, qui étant Mère de Dieu, a pouvoir sur toutes les créatures ;
     
  • Pour recevoir plus de grâces, parce que Marie étant, comme Médiatrice de toutes les grâces, chargée de nous appliquer les mérites de la Rédemption, nous serons d’autant plus favorisés que nous vivrons plus soumis et plus unis à cette divine Mère.



Comment faut-il faire cette donation de tout soi-même, pratiquer cette dépendance absolue envers la Très Sainte Vierge ?

    Il faut choisir un jour remarquable pour lui donner, par un acte de consécration solennelle : 1. Notre corps ; 2. Notre âme ; 3. Nos biens matériels ; 4. Nos biens spirituels et la valeur de nos bonnes œuvres passées, présentes et futures.

    En vertu de cette consécration, pour vivre habituellement dans sa dépendance, il faut faire toutes ses actions avec Elle et par Elle, en sorte que nous la regardions toujours comme agissant de concert avec nous.



Qu’est-ce qu’agir par Marie, avec Marie, en Marie et pour Marie ?

Agir par Marie, c’est n’aller jamais à Notre-Seigneur que par Elle, se laisser conduire en toutes choses par ses conseils et ses inspirations et s’appuyer sans cesse sur son secours maternel : avec Marie, c’est prendre la Sainte Vierge comme le modèle accompli de tout ce qu’on doit faire et s’efforcer de l’imiter ; en Marie, c’est se recueillir souvent pour vivre en présence et en union de la Très Sainte Vierge, par la pensée et par l’amour ; pour Marie, c’est faire toutes ses actions pour Elle, pour son profit et pour sa gloire, afin de les faire ainsi plus sûrement pour la gloire de Dieu.



En quoi cette consécration diffère-t-elle de celles que l’on fait à la première communion et dans les Congrégations des Enfants de Marie ?

Par cette consécration on se donne vraiment à Marie en propriété, au lieu que par les consécrations ordinaires, on n’entend qu’une mise en dépôt de nous-mêmes et de nos biens. À la première communion, on se met sous la protection de la Sainte Vierge, comme un enfant sous la tutelle de sa mère, afin d’avoir une plus large part à sa bonté, à ses faveurs, à son amour&nbsp:; mais on ne lui sacrifie pas, pour cela, la valeur de ses actes, ni la liberté d’en disposer soi-même. Ici, au contraire, en nous donnant à la Sainte Vierge, nous lui abandonnons tous les droits que nous avons naturellement sur nos bonnes œuvres. Elle peut, dès lors, en disposer comme bon lui semble, sans que nous prétendions à autre chose qu’à l’honneur de vivre sous sa dépendance comme esclaves, afin d’être par Elle esclaves de Jésus ; de là, ce titre donné par le B. Père de Montfort à la présente dévotion : l’Esclavage de Jésus en Marie.



Dans quel sens devons-nous considérer cet abandon de tous nos droits à la Sainte Vierge ?

Pour comprendre clairement la réponse à cette question, il faut se rappeler que chacune de nos œuvres, faite en état de grâce et par des motifs de foi, renferme : 1. Une valeur satisfactoire et impétratoire, que nous pouvons communiquer à d’autres et qui sert soit à compenser la peine due au péché, soit à obtenir quelque bienfait particulier ; 2. Une valeur méritoire, qui nous est propre, que nous ne pouvons communiquer à personne, et qui apporte à notre âme une augmentation de grâce et de mérites. – Or, par cet abandon volontaire que nous lui faisons de tous nos droits, la Sainte Vierge devient la maîtresse absolue : 1. De toute la valeur satisfactoire et impétratoire de nos bonnes œuvres qu’Elle peut appliquer à qui Elle veut, comme il lui plait, selon la plus grande gloire de Dieu ; 2. De toute leur valeur méritoire, c'est-à-dire, de nos grâces, de nos mérites. Mais, parce que ces grâces et ces mérites, nous étant propres, sont incommunicables, Elle voudra bien les garder et les conserver précieusement, comme un beau et riche trésor.



Comment pourrons-nous secourir nos parents, nos amis, nos bienfaiteurs vivants et défunts, si nous ne sommes pas libres de disposer de la valeur impétratoire et satisfactoire de nos bonnes œuvres, en faveur de qui nous voulons ?

Loin de s’opposer à ce que nous venions au secours de ceux qui nous sont chers, ou qui se recommandent à nous, cette dévotion nous autorise au contraire, à prier pour eux avec plus de confiance que jamais. « Tout ainsi qu’une personne riche, dit le Bx de Montfort, qui aurait donné son bien à un grand prince, afin de l’honorer davantage, prierait avec plus de confiance ce prince de faire l’aumône à quelqu’un de ses amis qui la lui demanderait. Ce serait même faire plaisir à ce prince que de lui donner occasion de témoigner sa reconnaissance envers une personne qui s’est dépouillée pour le revêtir, qui s’est appauvrie pour l’honorer. Il faut dire la même chose de Notre-Seigneur et de la Sainte Vierge ». Il est de leur bonté et de leur puissance de ne jamais se laisser vaincre en générosité. Et quoique l’application de nos bonnes œuvres ne dépende plus de notre volonté, Jésus et Marie sauront bien, à notre recommandation humble et soumise, assister de notre petit revenu spirituel, ou par d’autres voies, nos parents, nos amis, nos bienfaiteurs vivants et défunts. C’est même un devoir de justice et de charité qu’ils sauront mieux que nous reconnaître et remplir.



Quels sont les principaux avantages que nous trouvons pour nous-mêmes dans l’esclavage de Jésus en Marie ?

Nous étant dépouillés de tout ce que nous avons pour le donner à la Très Sainte Vierge, nous pouvons croire :

  • Que cette bonne Mère, ayant accepté notre offrande s’est engagée à nous protéger et défendre contre nos ennemis, à nous rendre les voies du salut douces et faciles, et à nous obtenir toutes les grâces dont nous avons besoin pendant la vie ;
     
  • Que nos bonnes œuvres passant par ses mains avant d’arriver à Dieu, elle les purifie, les augmente, les embellit, les présente elle-même à Jésus-Christ, pour qu’elles soient plus favorablement accueillies ;
     
  • Que pour répondre au généreux abandon que nous lui avons fait de tous nos biens, elle acquitte dès cette vie nos dettes envers Dieu, et ne permettra pas à notre mort, que nous restions longtemps à souffrir dans le Purgatoire.

Aussi, dans l’esclavage de Jésus en Marie, une âme fervente, dirigée, soutenue par la Très Sainte Vierge, arrive plus sûrement et plus promptement à une parfaite sanctification que par toute autre voie spirituelle. « Qu’on me fasse un chemin nouveau pour aller à Jésus-Christ, dit encore le Bienheureux de Montfort, et que ce chemin soit pavé de tous les mérites des Bienheureux, orné de toutes leurs vertus héroïques, éclairé et embelli de toutes les lumières et beautés des Anges, et que tous les Anges et les Saints y soient pour y conduire, défendre et soutenir ceux et celles qui y voudront marcher ; en vérité, en vérité, je dis hardiment, et je dis la vérité, que je prendrais préférablement à ce chemin, qui serait si parfait, la voie immaculée de Marie, voie ou chemin sans aucune tache, ni souillure, sans péché originel ni actuel, sans ombre ni ténèbres ».



Quelles sont les obligations ou pratiques de cette dévotion ?

Pour être esclave de Jésus en Marie, il suffit d’avoir fait une fois pour toutes l’acte de consécration. C’est un contrat qui dure toujours, à moins qu’on ne le rétracte formellement. Le Bienheureux de Montfort conseille, en outre, quelques pratiques particulières, soit extérieures, soit intérieures.



Quelles sont les pratiques extérieures ?

Ces pratiques sont :

  • De se préparer à sa consécration en offrant à Dieu, pendant 33 jours (30 jours au moins, si on compte des semaines de 6 jours) toutes ses prières, méditations et bonnes œuvres, aux intentions et de la manière suivante : une période de douze jours pour se vider de l’esprit du monde, une première semaine pour obtenir la connaissance de soi-même, une seconde semaine pour obtenir la connaissance de la Sainte Vierge, une troisième semaine pour obtenir la connaissance de Jésus-Christ. Au terme de la préparation, un jour de fête de la Sainte Vierge, on fait la consécration en prononçant la formule composée par le Bienheureux de Montfort lui-même ;
     
  • De renouveler chaque année son acte de consécration, après s’y être préparé de la même manière que la première fois (les 12 premiers jours sont facultatifs) ;
     
  • De faire une petite offrande à la Sainte Vierge, le jour de la première consécration et le jour de la rénovation, comme marque de dépendance universelle envers Marie ;
     
  • De réciter tous les jours, ou du moins le plus souvent possible, le Magnificat, le chapelet ou même le saint Rosaire, et la Petite Couronne de la Sainte Vierge, composée de 3 Pater, suivis chacun de 4 Ave Maria et d’un Gloria Patri ;
     
  • De célébrer dévotement les fêtes de la Sainte Vierge, et particulièrement l’Annonciation (25 mars), fête de la présente dévotion.



Quelles sont les pratiques intérieures ?

Ces pratiques sont :

  • D’offrir à Notre-Seigneur Jésus-Christ, chaque matin, et même souvent dans la journée, par les mains de sa sainte Mère, nos pensées, nos désirs, nos paroles ; nos actions, en prononçant ces mots ou d’autres semblables : « Je suis tout à vous, et tout ce que j’ai je vous l’offre ô mon aimable Jésus, par Marie, votre très sainte Mère » ;
     
  • De faire toutes ses œuvres, dans le cours de la journée, en union avec Marie : « Ma bonne Mère, agissez en moi … priez en moi … souffrez en moi … parlez en moi … travaillez en moi … ». Tout cela doit se faire paisiblement, doucement, sans contention, mais aussi avec fidélité et persévérance ;
     
  • De communier avec Marie et par Marie, c'est-à-dire :

    - De renoncer, avant la communion, à nos propres dispositions pour recourir à celles de Marie, lui demandant son cœur tout brûlant d’amour pour y recevoir Jésus-Christ : « Ma bonne Mère, voici venir mon Jésus … prêtez-moi votre cœur pour le recevoir, ou plutôt recevez-le vous-même en moi. »

    - De supplier Notre-Seigneur, au moment même de la communion et pendant qu’on dit trois fois Domine non sum dignus, de ne considérer en nous que les vertus et les mérites de la Très Sainte Vierge : « Oui, doux Sauveur de mon âme, je me reconnais tout à fait indigne de vous recevoir par moi-même, vu ma tiédeur et mes nombreuses infidélités. Mais voici à la place de mon cœur, celui de Marie, votre Mère et la mienne ! Ce cœur si pur et si saint sera votre demeure … Levez-vous, et venez habiter le lieu de votre repos, l’arche de votre sanctification. »

    -D’emprunter encore après la communion, les dispositions d’amour et de reconnaissance de Marie, pour les offrir à Jésus-Christ en action de grâces : « Ma bonne Mère, adorez, aimez, glorifiez Jésus-Christ pour moi … faites-le vivre, grandir, dominer en moi. Étendez aussi, affermissez son règne dans le cœur de tous les fidèles, et surtout des personnes qui me sont chères. »



N’a-t-on pas institué, selon les désirs du Bx de Montfort, une Confrérie pour propager plus facilement cette pratique ?

Oui, Mgr Duhamel, archevêque d’Ottawa, a institué le 25 mars 1899 une Confrérie sous le titre de Confrérie de Marie, Reine des cœurs, érigée canoniquement en Archiconfrérie le 28 avril 1913 à Rome (44, Via Romagna) par saint Pie X.


(...)


N’y a-t-il pas aussi une association de prêtres fondée pour répandre plus largement cette belle dévotion parmi les fidèles ?

Oui, en l’année 1907, a pris naissance l’Association des prêtres de Marie Reine des Cœurs, qui s’engagent à pratiquer et à prêcher la dévotion de la Sainte Vierge qu’a enseignée le B. de Montfort. Cette œuvre bénie et enrichie de privilège par le pape Pie X a reçu dès la première heure les encouragements d’un grand nombre d’évêques.



Consécration de soi-même à Jésus-Christ, la Sagesse incarnée, par les mains de Marie


Ô Sagesse éternelle et incarnée ! ô très aimable et adorable Jésus, vrai Dieu et homme, Fils unique du Père éternel et de Marie toujours Vierge, je vous adore profondément dans le sein et les splendeurs de votre Père, pendant l'éternité, et dans le sein virginal de Marie, votre très digne Mère, dans le temps de votre Incarnation.

Je vous rends grâce de ce que vous vous êtes anéanti vous-même en prenant la forme d'un esclave, pour me retirer du cruel esclavage du démon ; je vous loue et glorifie de ce que vous avez bien voulu vous soumettre à Marie, votre sainte Mère, en toutes choses, afin de me rendre par elle votre fidèle esclave : mais, hélas ! ingrat et infidèle que je suis, je ne vous ai pas gardé les promesses que je vous ai si solennellement faites dans mon baptême ; je n'ai point rempli mes obligations ; je ne mérite pas d'être appelé votre enfant, ni votre esclave ; et, comme il n'y a rien en moi qui ne mérite vos rebuts et votre colère, je n'ose plus par moi-même approcher de votre très sainte et auguste Majesté.

C'est pourquoi j'ai recours à l'intercession de votre très sainte Mère, que vous m'avez donnée pour médiatrice auprès de vous ; et c'est par ce moyen que j'espère obtenir de vous la contrition et le pardon de mes péchés, l'acquisition et la conservation de la Sagesse.

Je vous salue donc, ô Marie immaculée, tabernacle vivant de la divinité, où la Sagesse éternelle cachée veut être adorée des Anges et des hommes ; je vous salue, ô Reine du Ciel et de la terre, à l'empire de qui est soumis tout ce qui est au-dessous de Dieu. Je vous salue, ô refuge assuré des pécheurs, dont la miséricorde ne manque à personne : exaucez les désirs que j'ai de la divine Sagesse, et recevez pour cela les vœux et les offres que ma bassesse vous présente.

Ô Moi N..., pécheur infidèle, je renouvelle et ratifie aujourd'hui entre vos mains les vœux de mon baptême ; je renonce pour jamais à Satan, à ses pompes et à ses œuvres et je me donne tout entier à Jésus-Christ, la Sagesse incarnée, pour porter ma croix à sa suite tous les jours de ma vie, et afin que je lui sois plus fidèle que je n'ai été jusqu'ici.

Je vous choisis aujourd'hui en présence de toute la Cour céleste, pour ma Mère et ma Maîtresse ; je vous livre et consacre, en qualité d'esclave, mon corps et mon âme, mes biens intérieurs et extérieurs, et la valeur même de mes bonnes actions passées, présentes et futures, vous laissant un entier et plein droit de disposer de moi et de tout ce qui m'appartient, sans exception, selon votre bon plaisir, à la plus grande gloire de Dieu, dans le temps et dans l’éternité.

Recevez, ô Vierge bénigne, cette petite offrande de mon esclavage, en l'honneur et union de la soumission que la Sagesse éternelle a bien voulu avoir à votre maternité ; en hommage de la puissance que vous avez tous deux sur ce petit vermisseau et ce misérable pécheur ; en action de grâces des privilèges dont la sainte Trinité vous a favorisée. Je proteste que je veux désormais, comme votre véritable esclave, chercher votre honneur et vous obéir en toutes choses.
Ô Mère admirable, présentez-moi à votre cher Fils, en qualité d'esclave éternel, afin que, m'ayant racheté par vous, il me reçoive par vous.

Ô Mère de miséricorde, faites-moi la grâce d'obtenir la vraie Sagesse de Dieu, et de me mettre pour cela au nombre de ceux que vous aimez, que vous enseignez, que vous conduisez, que vous nourrissez et protégez comme vos enfants et vos esclaves.

Ô Vierge fidèle, rendez-moi en toutes choses un si parfait disciple, imitateur et esclave de la Sagesse incarnée, Jésus-Christ, votre Fils, que j'arrive, par votre intercession et à votre exemple, à la plénitude de son âge sur la terre, et de sa gloire dans les Cieux. Ainsi soit-il.




N.B. : Saint Louis-Marie de Montfort fut canonisé par Pie XII en 1947 d’où le titre de bienheureux qui lui est ici donné.





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lundi 3 septembre 2018

Méditation sur les Offices de l'Église








1er point. Les Psaumes en composent la plus grande partie. Tâchez 1°, d'en comprendre le sens, et vous verrez que ce n'est point pour un homme seul que le Saint-Esprit les a dictés ; qu'ils n'expriment pas seulement les sentiments de David, mais qu'ils expriment encore ceux de Jésus-Christ, ceux de l'Église et ceux de chaque Fidèle en particulier ; qu'il n'y a point de Ville qui ne soit une Jérusalem infidèle et perfide ; point de pécheur qui ne puisse être un David pénitent ; point d'enfant qui ne puisse devenir, si Dieu l'abandonne, un Absalon rebelle et dénaturé.


2e point.
2°, Appliquez-vous le sens des Psaumes à vous-même. Si celui que l'on récite, dit Saint Augustin, vous présente la triste peinture d'une âme affligée, s'il contient une invitation aux larmes et à la componction, laissez vous attendrir par une salutaire douleur : Si gemit Psalmus, gemite. Si c'est un cantique d'actions de grâces, livrez-vous à tous les transports de la reconnaissance : Si gratulatur, gaudere. S'il est rempli des motifs de l'espérance, donnez un libre essor à la vôtre : Si sperat, sperate.



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mardi 28 août 2018

Méditation pour la Fête de Saint Augustin



MÉDITATION


Pour la Fête de Saint Augustin


(28 août)






Vous aimerez le Seigneur votre Dieu de tout votre cœur, de toute votre âme, de tout votre esprit, et de toutes vos forces.


I. Prélude. — Me représenter saint Augustin au moment où, cédant enfin à la grâce qui le pressait, il prit la résolution de revenir à Dieu.

II. Prélude. — Illustre Saint, qui réparâtes les désordres de votre vie par l'amour le plus pur et le plus ardent, obtenez-moi la grâce d'aimer beaucoup, afin que beaucoup de péchés me soient remis.


I. Point. — Richesses de la miséricorde divine manifestées dans la conversion de saint Augustin.

La conversion de saint Augustin est le chef-d'œuvre de la grâce, et nulle part la divine miséricorde n’éclate davantage ; il semble que le Seigneur ait voulu, par l'exemple de ce grand Saint, offrir aux pécheurs repentants de tous les siècles le modèle de la pénitence la plus parfaite, et le motif de la plus ferme confiance. Saint Augustin avait beaucoup péché : l’orgueil, l'hérésie, des vices plus affreux encore avaient souillé ses premières années ; longtemps même il avait résisté à la grâce intérieure qui le pressait de revenir à Dieu. Mais enfin il ouvre son cœur à l'Esprit saint, il brise les liens d'iniquité qui le tenaient captif, il déplore avec amertume les égarements de sa vie. Alors tous les trésors de la divine miséricorde se répandent sur lui avec profusion : componction profonde, larmes abondantes, grâces puissantes pour sortir du péché, victoires signalées sur ses penchants ; tout lui est accordé : les difficultés de la vertu qui l'avaient épouvanté si longtemps s'aplanissent devant lui, rien n'étonne plus son courage ; il trouve ses délices les plus pures dans les efforts qui lui semblaient auparavant, impossibles à sa faiblesse. Que le Seigneur est bon pour ceux qui reviennent à lui ! qu'il est libéral, magnifique à l'égard des cœurs généreux qui se livrent sans opposition à toutes les impulsions de sa grâce! Jusqu'à quand userai-je de réserves dans ma fidélité envers lui ? jusqu'à quand le forcerai-je par mes lâchetés et mes résistances à mettre lui-même des bornes à ses libéralités envers moi ?


Il. Point.
— Richesses de l'amour divin manifestées dans la sanctification de saint Augustin.

Dès que l'Esprit de grâce eut pris possession de l'âme de saint Augustin, il y opéra les merveilles les plus admirables ; mais surtout il lui communiqua une charité si parfaite, que le cœur de ce grand Saint fut jusqu'à la fin de sa vie comme une fournaise embrasée du feu le plus ardent et le plus pur. Qui pourrait dire les délices que ce divin amour lui faisait goûter ? qui pourrait peindre les transports qu’il lui inspirait, et les vertus sublimes dont il devenait le principe ? Il suffit d'ouvrir les écrits de ce Docteur incomparable pour sentir que son cœur dirigeait sa plume, et que ce cœur avait sondé toute la profondeur des mystères de charité accomplis par le Seigneur en faveur de ses créatures. Ah! si mon cœur, comme celui de ce grand Saint, savait se dégager de l'amour-propre et de toute affection créée, il aurait part aussi aux communications de celui de Jésus, et mesurerait la hauteur, la profondeur, la longueur et la largeur de son amour pour nous... Codeur adorable, toute mon espérance est en vous ; accordez-moi ces grâces fortes et puissantes qui seules peuvent m'élever au-dessus de moi-même, et me rendre digne de vos faveurs.


COLLOQUE avec le divin Cœur de Jésus.
— Le remercier de tous les trésors de grâces qu’il a rassemblés dans le cœur de saint Augustin. — Lui offrir les mérites de ce saint Docteur. — Lui demander par son intercession la grâce d’une conversion parfaite et d’un ardent amour pour sa divine Majesté.


RÉSOLUTIONS.
— Me vaincre généreusement en ce qui me coûte le plus. — Faire toutes mes actions par amour.


BOUQUET SPIRITUEL.
Mon Dieu, donnez-moi votre amour.


PRIÈRE.
— Recevez, Seigneur, toute ma liberté sans restriction ; daignez accepter toute ma mémoire, tout mon entendement, toute ma volonté. Je n'ai rien, je ne possède rien qui ne soit un don de votre libéralité ; je vous remets le tout, j'abandonne le tout sans réserve à votre volonté, afin que vous en disposiez comme il vous plaira. L'unique chose que je vous supplie de m'accorder avec votre grâce, c'est un véritable amour pour vous. Si je l'ai, je suis assez riche, et je ne demande rien de plus.




Extrait de "Méditations sur les principaux mystères de la Très Sainte Vierge, et pour les fêtes des Saints..." (Imprimatur, 1840).





Reportez-vous à Litanies de Saint Augustin.













dimanche 26 août 2018

Dévotion aux Saints Anges : Avoir de profonds respects, et des amours extraordinaires pour les Trônes, les Chérubins et les Séraphins



Extrait de "La Dévotion aux neuf Chœurs des Saints Anges" de M. Boudon :



La transverbération de Sainte Thérèse d'Avila
La première hiérarchie est composée des Séraphins, des Chérubins et des Trônes : elle reçoit immédiatement les lumières de Dieu, et c'est par elle qu'elles sont communiquées aux deux autres hiérarchies.
Les Séraphins excellent dans le pur amour de Dieu seul ; aussi leur nom ne veut dire qu'incendie, ardeur. Tous les Anges sont admirables dans le divin amour ; mais les Séraphins y sont incomparables. Tous ces Esprits angéliques aiment grandement ; mais l'amour des Séraphins dit une ferveur d'amour sans comparaison (l'on excepte toujours la très-sainte Vierge, la Reine du saint amour) : l'amour séraphique dit un amour excessif, qui brûle et porte des incendies partout où il se rencontre. Le grand saint Denis en rapporte huit propriétés, qu'il compare à celles du feu. Le feu est toujours dans le mouvement ; les esprits des Séraphins sont continuellement dans une tendance ineffable vers Dieu. Le feu agit toujours ; les Séraphins sont toujours occupés de Dieu seul, sans jamais s'occuper, non pas même pendant le moindre instant, d'eux-mêmes, ni d'aucune chose créée. Le feu est inflexible ; l'amour des Séraphins est immuable, rien ne peut le contrarier. Le feu a beaucoup de chaleur ; l'amour des Séraphins est tout plein d'ardeur. Le feu demeurant feu, ne perd jamais sa lumière ; la force de l'amour séraphique demeure toujours en son entier. Le feu est pénétrant ; l'amour des Séraphins ne se contente pas d'une union commune avec Dieu, mais ils désirent la plus intime et la plus étroite. Le feu, non-seulement pénètre ce qui est combustible, mais il le pénètre en toutes ses parties ; l'amour séraphique se plonge, se perd et s'abîme en la Divinité, par une glorieuse transformation. Le feu échauffe et purge ; les Séraphins portent l'amour et la clarté dans tous les Chœurs des Anges inférieurs.
On attribue spécialement aux Chérubins la science, comme l'amour aux Séraphins : ils ne sont pas seulement appelés les savants de la belle science du ciel, mais saint Grégoire assure qu'ils en ont la plénitude. La divine lumière leur donne des connaissances admirables, et les saintes clartés dont ils sont remplis, rejaillissent avec abondance sur les autres hiérarchies. Ils sont représentés chez le prophète Ézéchiel sous une figure sensible, qui a des yeux de toutes parts, parce que ces Esprits sont tout de lumière et de clarté.
Les Trônes sont appelés de la sorte, par rapport aux trônes des souverains de la terre, parce que comme les trônes matériels sont élevés de terre, de même ces Trônes célestes sont dans une élévation très-sublime, proche de la gloire de la majesté de Dieu ; avec cette différence, que les grands de la terre sont assis, se tiennent fermes, et se reposent dans leurs trônes ; mais au contraire, les Trônes du ciel prennent leur fermeté et tout leur repos du Souverain du paradis. On ne laisse pas de dire, assure saint Bernard, que Dieu est assis sur ces Esprits de paix ; et c'est pourquoi on les appelle Trônes ; mais Dieu, ajoute ce Père, n'y serait pas assis, s'ils ne l'étaient eux-mêmes : de là vient cette paix incompréhensible qu'ils possèdent, qui surpasse tout ce que l'on en peut penser. Il faut dire de plus, que comme les rois se font porter quelquefois dans leur chaire royale, de même Dieu, en quelque manière, porte son esprit par ses Anges, et le communique aux Anges inférieurs et aux hommes : comme les rois donnent leurs jugements sur leurs trônes, c'est aussi du milieu de ces Trônes que Dieu prononce ses ordres ; c'est là que les Dominations les apprennent ; c'est là que ses divins jugements et ses conseils se manifestent.

Après cela, disons qu'il faut aimer, à quel prix que ce soit, les Trônes, les Chérubins et les Séraphins ; et s'il est bien juste d'avoir du respect et de l'amour pour tous les Anges, il faut pour ceux-ci avoir des respects nonpareils, et des amours extraordinaires. Le Seigneur, dit l'Écriture, a choisi sa demeure dans la paix. Portez donc, dans le temps des guerres, vos dévotions vers les Trônes, pour obtenir cette paix que le monde ne peut donner ; priez-les pour l'avoir avec vous-même, avec Dieu et avec votre prochain ; mais souvenez-vous que la paix de Dieu n'est pas comme le monde l'estime ; car souvent ce qui fait la paix avec Dieu, nous fait une forte guerre avec les hommes. Si je plaisais aux hommes, disait le grand Apôtre, je ne serais plus serviteur de Jésus-Christ. Il y a certaines gens, des prédicateurs, des supérieurs, des personnes en charge dans l'Église, qui ont si grande peur de déplaire aux créatures, et qui veulent tellement les contenter ; qui craignent si fort la censure du monde, et le jugement que l'on peut faire d'eux ; qui sont dans une telle frayeur des contradictions, qu'ils laissent faire la guerre à Dieu par le péché et par l'infidélité dans les emplois de ceux qui sont sous leur charge. C'est cette paix que le Fils de Dieu proteste hautement n'être pas venu apporter en terre : aussi cet aimable Sauveur y a toujours été un signe de contradiction ; on ne l'y a pu souffrir, et enfin il lui en a coûté sa divine vie.

Pour être établi fortement dans cette paix divine, que tous les diables et les hommes ne peuvent troubler, il faut, en peu de mots, ne craindre rien, et n'espérer rien d'aucune créature vivante. Ce peu de paroles renferme une paix qui surpasse tout sentiment. Disons encore: croyez uniquement Dieu, espérez uniquement en Dieu, aimez uniquement Dieu seul ; ne croyez jamais au monde, ni à ses discours, à ses maximes : n'espérez jamais rien du monde, ni de ses honneurs, ni de ses plaisirs, ni de ses biens : n'aimez jamais le monde, et vous voilà dans une profonde paix. Ne faites plus d'état de toutes les choses créées ; ne les regardez jamais que dans leur néant ; ne désirez jamais avoir aucune part ni dans l'estime, ni dans le cœur de qui que ce soit ; que les bons sortent de votre cœur, aussi-bien que les autres ; ne faites aucune exception ; soyez prêt à souffrir de toutes les créatures, sans réserve de vos plus intimes, aussi-bien que de vos ennemis ; ne croyez pas qu'on vous puisse faire tort ; soyez dans un entier abandon à la divine Providence, pour entrer dans toutes les voies les plus affligeantes, soit extérieures, soit intérieures ; ne faites pas de réserve pour aucune croix ; n'ayez plus aucun désir ; perdez-les tous dans le bon plaisir divin ; que Dieu seul vous suffise, vous voilà dans une paix du paradis. Souvenez-vous ici que le trouble de la partie inférieure peut bien compatir avec la paix qui réside dans le fond de l'âme, et qui même quelquefois nous est cachée : ainsi il arrive que nous ne sommes jamais mieux en bien des rencontres, que lorsque nous pensons être le plus mal. Le diable nous donne une fausse paix, qui tôt ou tard n'empêche pas l'inquiétude et le trouble. Au reste, si la paix est le don des dons, et si notre Seigneur se sert des bienheureux Trônes pour ordonner, il n'y a plus à douter qu'on ne doive avoir pour ces Esprits de paix une dévotion toute singulière. Je dis de même pour les Chérubins, puisque ce sont les Anges des plus belles lumières du paradis, et qui savent mieux nous instruire dans la belle science des Saints. L'on dit, et il est vrai, que nous en savons plus que nous ne faisons ; que dans les voies de la vertu, il y a plus de lumière que de pratique : cependant il est aussi vrai que la parfaite lumière est rare ; et vous auriez de la peine à le croire. Ô non, je ne parle pas ici de la lumière de ces savants, qu'ils ont puisée seulement dans leurs livres : l'on n'ignore pas que dans notre siècle elle est très-commune ; mais de celle des Saints, que l'on rencontre plus facilement dans quelque pauvre frère Convers, dans quelque simple femmelette bien mortifiée, que parmi les doctes. Ô qu'il est rare, non-seulement d'aimer le mépris, l'abjection, la pauvreté, le renoncement de soi-même, la vie cachée et inconnue ; mais encore d'être bien persuadé de l'excellence de ces choses ! L'on en parlera bien dans l'occasion, par la lecture que l'on en a faite, par les conférences que l'on a entendues ; mais ce ne sera pas par une entière persuasion de l'esprit : ou si l'âme est touchée de ces vérités, ce n'est que fort superficiellement. C'est aux pieds de Jésus-Christ crucifié, que s'apprend cette science ; et cela, non pas tant par le raisonnement de l'oraison, du discours ou de la méditation, que par une vive lumière surnaturelle qui est donnée, et qui n'est guère donnée qu'aux pauvres, qu'aux abjects, qu'aux personnes fort humiliées. Peu de personnes, parmi même celles qui font profession de dévotion, apprennent cette grande leçon de l'école de Dieu : qu'il est bon qu'on ne sache pas même si nous sommes au monde, d'y être entièrement inconnus, ou de n'y être connus que pour être crucifiés, et y passer pour l'opprobre des hommes ; qu'il n'y a rien de plus grand que d'y être foulés aux pieds ; que la grande consolation est d'y souffrir de terribles croix à l'intérieur et extérieur ; que tout ce qui y est n'est rien. À peine verrez-vous des directeurs, qui n'estimant plus que Dieu seul, que Jésus crucifié, et étant fortement persuadés qu'il n'y a rien sur la terre, ni honneurs, ni plaisirs, ni richesses qui méritent l'occupation d'une âme chrétienne, aident les âmes à marcher par les sûres voies du néant. S'il s'en rencontre quelques-uns, à même temps tout l'enfer conspire contre eux ; il en donne des frayeurs ; on les craint sans en savoir la cause ; il en fait courir mille bruits, il tâche de les rendre suspects ; mille autres directeurs, ou prédicateurs, ne font pas tant de peur aux diables, que l'un de ces gens-là. Un démon forcé par l'autorité de l'Église, avoua que l'homme de la terre qu'il craignait le plus, était le saint homme, le père Jean de la Croix, parce que, disait cet esprit de l'enfer, il enseigne d'aller à Dieu seul par le chemin du rien : aussi l'on vit bientôt les effets de la rage de ces esprits diaboliques par les calomnies qu'ils lui suscitèrent, par les informations que firent ses supérieurs contre sa vie, et par le mauvais traitement qu'il en reçut.

Comme les Chérubins sont les sacrés ministres des lumières de Dieu, les Séraphins le sont de son amour. Quiconque donc aspire au pur amour, doit avoir une liaison très-particulière, et des amours extraordinaires pour ces aimables Esprits. Les Saints qui ont le plus excellé dans le pur amour, en ont reçu des assistances prodigieuses, comme saint François et sainte Thérèse. Ce fut un Séraphin, comme il a été dit, qui imprima à saint François les plaies du Sauveur ; ce fut un Séraphin qui transperça amoureusement d'une flèche sacrée le cœur généreux de la grande Thérèse. Tous les grands amants du Fils de Dieu, ceux mêmes qui ont été les premiers des plus grands Saints, n'ont point de plus grande gloire dans le ciel, que celle d'être élevés dans le Chœur de ces Esprits tout d'amour. C'est à leur heureuse compagnie, que les âmes les plus éminentes peuvent aspirer. Feu monsieur Gallemant, homme tout apostolique, et l'un des premiers supérieurs du saint ordre des Carmélites en France , disait que cet ordre était destiné pour remplir le Chœur des Séraphins, s'il faisait bon usage de l'éminence de sa grâce. L'on a vu dans les apparitions miraculeuses, dont la sainte Vierge a favorisé le vénérable Jean de la Croix, cette Reine des Anges, qui tenant un paquet, ou comme un livre d'une blancheur merveilleuse, posé sur la tête d'un Séraphin, le donnait à sainte Thérèse , et à cet homme de Dieu qui paraissait à ses pieds. Or ce paquet marquait assez la règle du Carmel : il était posé sur la tête d'un Séraphin, pour apprendre que ceux qui la devaient observer, étaient obligés de vivre comme des Séraphins en terre : aussi ce Séraphin paraissait sans couronne, à raison qu'il représentait des personnes qui sont encore, dans la voie: l'on en voyait au-dessus de couronnés, pour faire voir en même temps, qu'après cette vie, ces Séraphins de la terre participeraient aux couronnes des Séraphins du ciel, et rempliraient les sièges des Esprits apostats de ce Chœur, qui en ont été malheureusement précipités.




Reportez-vous à Jésus crucifié est le Livre des Élus, La réalité des apparitions angéliques, Avoir une dévotion singulière aux Anges, Archanges et Principautés, Honorer principalement les Puissances, les Vertus et les Dominations, La protection des saints Anges contre les démons, particulièrement au sujet de leurs différentes tentations, Litanies de l'Ange Gardien, Et Michel et ses anges combattaient contre le Dragon, La puissance des démons réglée par la sagesse divine, Neuvaine à Saint Michel, Discernement des esprits : ce qu'on entend par esprits, combien on en compte et comment ils se forment, Tous les hommes sont assistés des Saints Anges, Les Saints Anges nous assistent dans les choses temporelles, Les perfections admirables de ces sublimes intelligences, Les Saints Anges font tout ce qui peut se faire pour le bien des hommes, Litanie aux Saints Anges Gardiens, Discernement des esprits, Litanie de Saint Michel Archange, Puissance de Saint Michel au jugement dernier, Chapelet à Saint Michel Archange, Les Anges, princes et gouverneurs de la grande cité du bien, Neuvaine à l'Archange Raphaël, Secours de Saint Michel à l'heure de la mort, Litanie de Saint Gabriel Archange et Litanie de Saint Raphaël Archange.















GRAND CATÉCHISME HISTORIQUE (pour adulte), contenant en abrégé l'Histoire Sainte et la Doctrine Chrétienne, Leçon XXXIV : Des Conseils, de la Grâce et de la Prière



PREMIÈRE PARTIE


Contenant en abrégé l'Histoire Sainte et la Doctrine Chrétienne



LEÇON XXXIV


Des Conseils, de la Grâce et de la Prière

   





Pour accomplir la Loi plus facilement, et arriver à la perfection dont les hommes sont capables, Jésus-Christ nous a donné des conseils outre les Commandements. Il conseille à ceux qui voudront se mettre en sureté contre l'avarice, de vendre tout leur bien, le donner aux pauvres, et le suivre lui-même dans la pauvreté, dont il nous a donné l'exemple, et il leur promet un trésor dans le Ciel. Pour s'assurer contre l'incontinence, il conseille de renoncer au mariage, et de vivre dans la continence parfaite : ajoutant néanmoins que tous n'en sont pas capables, mais seulement ceux à qui il est donné par sa grâce. Il nous enseigne que par nous-mêmes nous ne pouvons pratiquer ni ses commandements ni ses conseils. Sans moi, dit-il, vous ne pouvez rien faire, comme une branche ne peut porter du fruit, si elle ne demeure sur l'arbre. Et ailleurs : Je suis la voie, la vérité et la vie. Et ailleurs : Je suis la porte, si quelqu'un entre par moi, il sera sauvé. Et ailleurs il dit : Qu'il donne une eau qui rejaillit jusqu'à la vie éternelle : Et que qui croit en lui deviendra une source d'eau vive, ce qu'il entendait de l'esprit que devaient recevoir ceux qui croiraient en lui. Toutes ces figures signifiaient que pour accomplir la Loi de Dieu et nous sauver, nous avons besoin du secours de la grâce, qui est le don du Saint-Esprit. Mais la grâce ne dépend pas de nous, l'Esprit souffle où il veut, dit Jésus. Et ailleurs : Personne ne peut venir à moi, si le Père, qui m'a envoyé, ne l'attire. Il est donc bien nécessaire de prier pour demander à Dieu cette grâce, sans laquelle nous ne pouvons rien faire ; aussi n'y a-t-il rien que Jésus nous ait plus recommandé que la prière. Il dit qu'il faut toujours prier sans jamais se rebuter. Il dit : demandez, et vous recevez : Cherchez, et vous trouverez : Frappez, et on vous ouvrira. Ses disciples lui demandèrent un jour qu'il leur apprît à prier, et il leur donna ce modèle de prier. Notre Père qui êtes dans les Cieux, votre nom soit sanctifié : Votre règne vienne : Votre volonté soit faite en la terre comme au Ciel : Donnez-nous aujourd'hui notre pain quotidien : Remettez-nous nos offenses comme nous remettons à ceux qui nous doivent ; et ne nous induisez point à la tentation ; mais délivrez-nous du mal. Ainsi soit-il. Nous l'appelons l'Oraison Dominicale, c'est-à-dire, l'Oraison du Seigneur.




Reportez-vous à Leçon I : De la Création, Leçon II : Du péché, Leçon III : De la corruption du Genre humain et du déluge, Leçon IV : De la Loi de Nature, Leçon V : Du Patriarche Abraham, Leçon VI : Des autres Patriarches, Leçon VII : De la servitude d’Égypte, Leçon VIII : De la Pâque, Leçon IX : Du voyage dans le désert, Leçon X : Des dix Commandements, Leçon XI : De l'alliance de Dieu avec les Israélites, Leçon XII : Des infidélités du peuple dans le désert, Leçon XIII : Des derniers discours de Moïse, Leçon XIV : De l'établissement du peuple dans la terre promise, Leçon XV : De l'Idolâtrie, Leçon XVI : De David et du Messie, Leçon XVII : De Salomon et de sa sagesse, Leçon XVIII : Du Schisme des Tribus ou de Samarie, Leçon XIX : Des Prophètes, Leçon XX : Des Prophéties, Leçon XXI : De la captivité de Babylone, Leçon XXII : Du rétablissement des Juifs après la captivité, Leçon XXIII : De la persécution d'Antiochus et des Macchabées, Leçon XXIV : De l'état où était le monde à la venue du Messie, Leçon XXV : Comment le Messie était attendu des Juifs, Leçon XXVI : De la Naissance de Jésus-Christ, Leçon XXVII : De l'enfance de Jésus-Christ, Leçon XXVIII : De Saint Jean-Baptiste, Leçon XXIX : De la vocation des Apôtres, Leçon XXX : Des miracles de Jésus-Christ, Leçon XXXI : Des vertus de Jésus-Christ, Leçon XXXII : De la Doctrine de Jésus-Christ et premièrement de la Trinité et de l'Incarnation, Leçon XXXIII : De l'amour de Dieu et du prochain, Du dessein et de l'usage de ce Catéchisme, Première partie du Petit Catéchisme Historique, contenant en abrégé l'Histoire Sainte, Deuxième partie du Petit Catéchisme Historique, contenant en abrégé l'Histoire Chrétienne.
















samedi 25 août 2018

Méditation pour la Fête de Saint Louis



MÉDITATION


Pour la Fête de Saint Louis, Roi


(25 août)






Le trône du roi qui juge les pauvres selon la justice sera affermi pour toujours
.



I. Prélude. — Me représenter saint Louis servant les malades dans les hôpitaux, ou s’humiliant dans son oratoire en la présence du Seigneur.

II. Prélude. — Saint Roi, qui joignîtes a tant de grandeur une humilité si profonde, obtenez-moi la grâce de me mépriser moi-même, afin de trouver grâce devant Dieu.


I. Point. — Les grandeurs furent sans péril pour saint Louis, parce qu'il fut profondément humble.

Que celui qui veut être le plus grand dans le royaume des cieux se rende le serviteur de tous, a dit notre adorable Maître. Cette parole nous apprend que la sincère humilité est la seule route de la gloire, et qu’un vrai disciple de Jésus-Christ doit craindre l’élévation, chérir l'abaissement, et se tenir humblement renfermé dans le sentiment de sa bassesse. Saint Louis l'avait bien compris ; aussi le rang sublime dans lequel la Providence l'avait placé, et qui a été pour tant d'autres l'occasion de chutes si profondes, ne lui offrit aucun péril et servit même à procurer sa sanctification. Un tel exemple doit m'apprendre que tout, dans les desseins de Dieu, concourt à l'avantage des élus ; que les obstacles même se changent en moyens quand on le sert avec un cœur fidèle, et que toujours avec le secours de sa grâce on peut pratiquer les vertus qu’il demande de ses serviteurs. Saint Louis savait dans l'occasion montrer une sainte fermeté et une dignité vraiment royale ; il savait s'élever avec autorité contre les désordres et les abus, réprimer avec force l'impiété et l'injustice : mais ce noble courage n'empêchait point l'humilité de régner dans son cœur ; il s'abaissait en la présence du Seigneur, n'usait des pouvoirs de la royauté que par soumission aux ordres de la Providence, et quand de doux loisirs lui laissaient la liberté de suivre le penchant de son cœur, ou le voyait se confondre parmi les pauvres et les servir avec la plus tendre affection. Ce fut ainsi qu'il mérita une couronne infiniment plus précieuse que celle qu’il avait reçue de ses ancêtres, et c'est en imitant ces dispositions de son cœur que j'aurai part moi-même aux effets de cette promesse : Quiconque s'abaissera sera élevé.


Il. Point.
— Saint Louis se sanctifia en commandant aux hommes, parce qu'il savait obéir à Dieu.

L'étude de la loi divine avait fait les délices du saint monarque dès ses plus jeunes années ; il préférait le titre de chrétien à celui de roi de France ; et son cœur, docile aux leçons de sa vertueuse mère, s'était accoutumé de bonne heure à regarder le péché comme un mal pire que la mort. Aussi, la justice, la prudence et toutes les vertus s’assirent-elles avec lui sur son trône pour faire régner la Religion dans ses états et la sainteté dans son cœur : il gouvernait ses peuples, mais c’était l’esprit du Seigneur qui présidait à ses conseils, c’était le zèle de la gloire divine et du bonheur de ses sujets qui dictait ses décisions ; il ne régnait lui-même que pour étendre le règne du Seigneur ; il ne se félicitait d'être élevé au-dessus des autres hommes que parce que dans ce haut rang son exemple avait plus de force pour les porter à observer la loi de Dieu. La conduite de ce grand Saint m’apprend qu’un zèle ardent pour l’observation de la loi divine est le caractère particulier des vrais disciples de Jésus ; il m'enseigne surtout que pour m’employer avec succès à la faire observer de mes inférieurs, je dois pratiquer la première ce que je recommande.


COLLOQUE avec saint Louis.
— Lui rendre mes hommages de vénération et de respect. — Implorer sa protection pour le royaume de France. — Demander son secours pour moi-même, afin qu’à son exemple je pratique l’humilité et le zèle de la gloire divine.


RÉSOLUTIONS.
— Pratiquer l'humilité dans mes rapports avec le prochain.


BOUQUET SPIRITUEL.
Celui qui s’abaisse sera élevé.


PRIÈRE.
Pater Noster...




Extrait de "Méditations sur les principaux mystères de la Très Sainte Vierge, et pour les fêtes des Saints..." (Imprimatur, 1840).






Reportez-vous à Litanies de Saint Louis, Roi de France.














mercredi 22 août 2018

Méditation sur le respect que l'on doit à Dieu dans ses Temples







1er point. Nous lui devons 1°, un respect extérieur qui consiste dans l'hommage d'un corps humilié. Ne vous imaginez pas que l'attitude humble et respectueuse du corps n'ait aucune liaison avec la disposition intérieure de l'esprit et du cœur. Notre âme, unie à ce corps par des nœuds incompréhensibles, a une disposition naturelle à s'humilier quand il s'humilie. Jésus-Christ se prosterna devant son Père au jardin des Olives, afin que sa prière fût accompagnée de tout l'anéantissement extérieur, qui pouvait la rendre plus humble et plus respectueuse ; et l'Écriture met au rang des plus grands crimes d'Antiochus, celui d'être entré dans le saint Temple avec une contenance fière et orgueilleuse.


2e point.
Nous lui devons un respect intérieur. Le Seigneur habite corporellement dans nos temples, par le Sacrement de l'Eucharistie. Quels sentiments de crainte et de respect ne doit pas inspirer à un Chrétien, la majesté de la présence ! Il y demeure pour écouter nos prières et pour recevoir nos hommages ; ce sont ceux de l'esprit et du cœur dont il est le plus jaloux. Peut-on les lui refuser sans crime ? Mon esprit et mon cœur seront là tous les jours, disait-il en parlant du Temple de Jérusalem. II est donc juste que nos yeux l'honorent par leur modestie, et notre cœur, par ses sentiments.



Reportez-vous à De quels religieux respects nous devons entourer le Saint-Sacrement, Méditation sur les Offices de l'Église, Méditation sur les distractions involontaires, Méditation sur l'attention que l'on doit à Dieu dans la Prière, Méditation sur la nécessité de la Prière, Méditation sur les Prières des pécheurs, Méditation sur l'efficacité de la Prière, Méditation sur l'abandon de la prière, Méditation sur l'inefficacité de nos prières, Méditation sur les Prières de Jésus-Christ, Méditation sur la présence de Dieu, Méditation sur l'oubli de la présence de Dieu, Méditation sur l'attention continuelle à la présence de Dieu, Méditation sur le soin qu'un Chrétien doit avoir de la réputation du prochain, Méditation sur le mensonge, Méditation sur les mensonges officieux, Méditation sur la sainteté de Dieu, Méditation sur les caractères de la colère passionnée, Méditation sur les caractères de la colère de zèle, Méditation sur la colère, Méditation sur les discours immodestes, Méditation sur les discours impies, Méditation sur la Médisance, Méditation sur les péchés de la langue, Méditation sur la curiosité, Méditation sur les moyens d'éviter les jugements téméraires, Méditation sur la fausseté des jugements téméraires, Méditation sur les défauts qui rendent un jugement téméraire, Méditation sur les Prières que l'on adresse à Dieu pour ses besoins temporels, Méditation sur les dispositions où doit être un Chrétien quand il demande à Dieu des grâces temporelles, Méditation sur la soumission à la volonté de Dieu, Méditation sur le Jugement de Dieu, Méditation sur la justice de Dieu, Méditation sur la connaissance des vertus et des vices, Méditation sur la vraie pénitence, Méditation sur le respect humain, Méditation sur les péchés d'ignorance, Méditation sur l'aveuglement de la Conscience, Méditation sur la passion dominante, Méditation sur les moyens de connaître les passions dominantes, Méditation sur la fuite des occasions prochaines du péché, Méditation sur les divertissements du monde, Méditation sur la grandeur d'âme, Méditation sur l'humilité des Saints, Méditation sur la pratique de l'humilité Chrétienne, Méditation sur l'ignorance de l'homme à l'égard de l'état de grâce, Méditation sur les petites actions de Vertu, Méditation sur l'habitude des fautes légères, Méditation sur l'attache au péché véniel, Méditation sur la distinction du péché mortel et du péché véniel, Méditation sur les jugements du monde, Méditation sur la gloire du monde, Méditation sur l'application aux devoirs de son état, Méditation sur le mérite attaché à la pratique des devoirs de son état, Méditation sur le motif qui doit nous conduire dans la pratique des devoirs de notre état, Méditation sur les dangers propres de chaque état, Méditation sur les vertus qu'on exerce en pratiquant les devoirs de son état, et Méditation sur l’œil qui scandalise.