mardi 18 février 2020

De l'heureux état d'une âme qui a établi sa perfection et sa félicité dans l'acquiescement au bon plaisir de Dieu, par le R.-P. Jean-Joseph Surin


Extrait du CATÉCHISME SPIRITUEL DE LA PERFECTION CHRÉTIENNE, TOME I, Composé par le R. P. J. J. SURIN, de la Compagnie de Jésus :


Saint Ignace de Loyola


De l'heureux état d'une âme qui a établi sa perfection et sa félicité
dans l'acquiescement au bon plaisir de Dieu



En quoi consiste ce bienheureux état ?

Dans la parfaite conformité à la volonté divine dont nous avons parlé au deuxième chapitre de cette troisième partie. L'âme à force d'estimer l'accomplissement de cette sainte volonté, à force de l'aimer et de le souhaiter, y trouve son repos et son bonheur, jusqu'à ne chercher sa satisfaction que dans le bon plaisir de Dieu, qu'elle préfère à toutes les choses de la terre.


Pouvons-nous prétendre à ce bienheureux état ?

L'Écriture sainte nous apprend que nous le pouvons, et la troisième demande de l'Oraison Dominicale ne laisse aucun doute là-dessus.


Y a-t-il en effet des Saints qui aient joui de ce bonheur pendant leur vie ?

Tous ceux qui sont parvenus à l'union intime, qui est le comble de la perfection évangélique, ont joui de ce bonheur, qui est un effet et une suite de la parfaite union. Il est vrai pourtant que cette disposition a éclaté particulièrement dans quelques Saints, comme il est aisé de s'en convaincre par l'histoire de leur vie. On peut mettre de ce nombre le fameux Pauvre dont Thaulere parle, et de nos jours S. François de Sales, un des plus grands zélateurs de la volonté divine, qui a le plus contribué à en inspirer l'amour à tout le monde.


Quels sont les avantages de cet état ?

Il y en a trois principaux ; savoir, l'élévation, la douceur et l'utilité.


En quoi consiste l'élévation de cet état ?

1°. En ce qu'il renferme le plus haut point de perfection où l'on puisse arriver sur la terre. 2°. En ce qu'il relève les moindres actions, et leur donne un mérite singulier aux yeux de Dieu. 3.° En ce qu'il fait l'occupation des Bienheureux dans le Ciel, et celle de Dieu même, qui est particulièrement grand, parce qu'il fait en tout sa volonté.


En quoi consiste la douceur de cet état ?

En ce qu'il nous donne un avant-goût de la béatitude, et qu'il est seul capable de faire notre félicité dans cette vie.


En quoi consiste son utilité ?

En ce que le motif qui domine dans cet état, c'est-à-dire, le bon plaisir de Dieu, donne à toutes les actions un mérite incomparablement plus grand que tous les autres motifs qu'on peut se proposer.


Que faut-il faire pour atteindre à cet état ?

Aimer la volonté de Dieu, s'appliquer à la connaître et à l'exécuter en toutes choses.


Comment peut-on acquérir cet amour ?

En se proposant les avantages que nous venons de décrire.


Quelles sont les règles dont on peut se servir pour connaître la volonté de Dieu ?

Il y en a quatre, qui sont, la foi, l'obéissance, l'inspiration et la raison.


Qu'entendez-vous par la foi ?

J'entends toutes les vérités révélées dans l'Écriture, et enseignées par l'Église, où il nous est aisé d'apprendre nos devoirs envers Dieu, envers le prochain, et envers nous-mêmes.


Qu'entendez-vous par l'obéissance ?

La volonté des personnes qui ont autorité sur nous pour régler notre conduite.


Qu'est-ce que l'inspiration ?

C'est, où une pensée que Dieu fait naître dans l'esprit, ou un mouvement qu'il imprime à la volonté, ou tous les deux ensemble. L'inspiration vient, ou immédiatement de Dieu, ou par le ministère des Anges ; elle supplée à la Foi et à l'obéissance, et nous porte à faire ou à ne pas faire certaines choses, qui ne sont ni commandées ni défendues.


Que faut-il entendre par la raison, qui est la quatrième règle ?

Il faut entendre les principes de la prudence, et les maximes par lesquelles les gens sages ont coutume de se gouverner.


Toutes ces règles sont-elles également sures ?

Non, sans doute, si on les considère en elles-mêmes ; il y en a qui se peuvent aisément se tromper ; mais c'est toujours par la faute de ceux qui les consultent. Quand on les entend bien, et qu'on sait les appliquer, on ne s'écarte jamais de la volonté divine en les suivant.


Quel ordre faut-il garder dans l'application de ces règles ?

La subordination qui doit être entre ces règles, demande que la Foi soit consultée la première ; que si on ne trouve pas dans la Foi l'éclaircissement de ses doutes, on ait recours à l'obéissance : que si l'obéissance ne s'explique point, on ait égard à l'inspiration ; et qu'au défaut de l'inspiration, on suive la raison humaine.
Une autre règle, qui se réduit à l'inspiration, c'est l'attrait intérieur que le Saint-Esprit donne aux personnes qui ont le cœur droit, et que S. Ignace, au commencement de ses constitutions, appelle la Loi intérieure, qu'il dit être plus puissante et plus efficace pour nous aider, que toutes les Lois extérieures. Cet attrait dirige la raison, et aide beaucoup à connaître la volonté de Dieu.


Comment faut-il consulter la raison dans le doute ?

Saint Ignace, que nous venons de citer, prescrit certaines règles qu'il faut suivre, pour bien choisir. 1. Se mettre dans une parfaite indifférence à l'égard des deux partis ; de sorte que l'inclination ne fasse pencher d'aucun côté. 2. Examiner et peser avec soin les raisons de part et d'autre. 3. Avoir recours à la prière. 4. Prendre l'avis des gens sages, et ensuite s'arrêtera ce qui paraît le meilleur, c'est-à-dire, le plus conforme aux règles que nous avons données.


N'y a-t-il point d'autre règle pour connaître la volonté de Dieu ?

Il y en a d'autres, telles que sont les Canons des saints Conciles, les Constitutions des Ordres Religieux, approuvées par le Saint Siège, les Ordonnances particulières des Supérieurs Ecclésiastiques, les Lois des Princes, et les ordres des Magistrats politiques. Mais toutes ces règles, et plusieurs autres, peuvent se réduire ou à la Foi, ou à l'obéissance.


Que demande l'exécution, qui est la troisième chose nécessaire pour arriver à l'heureux état d'acquiescement au bon plaisir de Dieu ?

Elle demande que la volonté de Dieu soit, 1. La matière de nos actions ; de sorte que nous ne désirions, nous n'aimions et nous n'entreprenions rien qui ne soit prescrit et réglé par cette volonté divine, 2. Qu'elle soit le motif de nos actions, et que nous ne nous déterminions jamais que par le désir de plaire a Dieu. 3. Qu'elle soit le principe et la première cause efficiente de nos actions ; ce qui s'accomplit, lorsqu'à force de nous rendre dépendants de l'Esprit de Dieu, nous l'engageons à se charger de notre conduite, et à donner le premier mouvement à tout ce que nous faisons. Et c'est alors que se vérifient ces paroles de saint Paul : Ceux qui sont poussés par l'Esprit de Dieu, sont enfants de Dieu.


Que faut-il faire pour meurt en pratique ce point de perfection ?

Il faut s'établir dans une fervente résolution de ne chercher, et de n'envisager en toutes choses que la volonté de Dieu. Cette pratique en renferme trois, qui sont le comble de la perfection, et que les Mystiques appellent la Conformité, l'Uniformité et la Déiformité. La conformité consiste à s'accommoder en tout à la volonté de Dieu, et à ne s'en écarter jamais. En se conformant à la volonté de Dieu, on s'accoutume à l'avoir toujours en vue, et à se la proposer toujours pour motif ; et c'est ce qu'on appelle Uniformité. Enfin, à force de s'affectionner à la volonté de Dieu, l'âme se purifie et se transforme jusqu'à devenir semblable à celui qu'elle aime, autant que la faiblesse humaine peut le permettre ; et c'est ce qu'on entend par la Déiformité.


À quelles personnes convient une telle pratique ?

Aux personnes de bonne volonté, c'est-à-dire, à ceux qui veulent le bien de tout leur cœur, et qui ne négligent rien pour leur perfection. Mais cette disposition est plus rare qu'on ne pense. Bien des gens qui se croient dévots, même plusieurs de ceux qui ont embrassé une sainte profession, et qui exercent les ministères les plus sacrés, en sont si éloignés, qu'on peut dire, qu'ils n'ont pas encore fait le premier pas. Pour avoir cette bonne volonté dont nous parlons, il ne suffit pas d'être homme de bien, et de faire plusieurs bonnes œuvres ; il est nécessaire d'entrer dans un certain ordre, et dans un certain chemin de perfection.


Quel est donc ce premier pas qui coûte tant à la nature ?

C'est une résolution fixe et généreuse d'écarter tous les obstacles à la sainteté, et de renoncer à toutes les satisfactions naturelles, pour ne se conduire que par la lumière divine, faisant tout le bien qu'elle nous fait connaître, sans y résister jamais. Comme peu de gens ont le courage de faire cette première démarche, il ne faut pas s'étonner qu'il y en ait si peu qui soient véritablement parfaits, et qui puissent prétendre aux avantages de ce bienheureux état d'acquiescement au bon plaisir de Dieu.


Quels sont les avantages de cette pratique ?

Il est naturel que cette sainte pratique de ne perdre jamais de vue la volonté de Dieu, produise trois excellents effets dans une âme qui la garde constamment. Le premier est une tranquillité inaltérable, que nul accident de cette vie ne peut troubler. Le second est une grande pureté d'intention, laquelle étant incompatible avec les moindres fautes, et n'envisageant rien d'humain, purifie bientôt l'âme ; de sorte qu'elle devient aux yeux de Dieu plus belle et plus éclatante que le Soleil. Le troisième est une parfaite liberté, qui consiste dans l'affranchissement de tout soin inquiet, et dans un entier dégagement de toutes les créatures. On est sans contrainte et sans embarras, parce qu'on ne dépend que de Dieu, qu'on ne cherche que Dieu, et que tout est indifférent, hormis la volonté de Dieu. De là vient dans la conduite, une admirable simplicité, qui fait le comble et le plus bel ornement de la perfection ; parce qu'elle met une âme au-dessus de toute considération humaine, et lui donne une noble élévation ; d'où regardant avec mépris tout ce qui tient de la créature, elle n'a plus d'égard et plus d'attention que pour le bon plaisir de Dieu.
L'âme ne goûte jamais mieux le bonheur de son état, que lorsqu'elle est parvenue à cette noble simplicité, d'où elle retire trois grands avantages. Car premièrement, la tranquillité dont elle jouit en Dieu, la remplit de joie. Secondement, la pureté de son cœur produit une ardeur vive et affectueuse, qui l'accompagne partout, et qui lui facilite les choses les plus difficiles. Troisièmement, quand il s'agit de travailler et de souffrir beaucoup pour Dieu, elle sent une force merveilleuse, et ne trouve rien qui l'arrête ou qui la gène : ce qui est le fruit de la parfaite liberté, dans laquelle elle s'est établie.


Sur quoi est fondé ce que vous avez dit de l'acquiescement au bon plaisir de Dieu ?

Sur cette vérité incontestable : Que rien n'arrive en ce monde sans la volonté de Dieu ; ce qui s'accomplit en plusieurs manières. Car, dit saint Augustin, il y a des choses que Dieu fait lui-même ; il y en a qu'il ordonne, et il y en a qu'il permet. On peut donc rapporter tout à Dieu, et se conformer en tout à sa sainte volonté, même à l'occasion des péchés qui se commettent dont Dieu ne peut pas être l'auteur parce que ces péchés entrent dans l'ordre de sa Providence, qui les fait servir à ses desseins, pour la gloire de ses Élus, et pour la confusion de ses ennemis. Une âme convaincue de cette vérité, ne peut perdre sa paix et sa tranquillité, quoiqu'il arrive ; parce que rien ne peut arriver, où elle ne reconnaisse la divine volonté, qui est la base et le fondement de sa tranquillité intérieure. Et comme c'est par estime et par amour qu'elle se conforme à la volonté de Dieu, la conformité produit la joie et procure une espèce de Paradis sur la terre.



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lundi 17 février 2020

De l'amour parfait, par le R.-P. Jean-Joseph Surin


Extrait du CATÉCHISME SPIRITUEL DE LA PERFECTION CHRÉTIENNE, TOME I, Composé par le R. P. J. J. SURIN, de la Compagnie de Jésus :


Saint Louis-Marie Grignion de Montfort


De l'amour parfait



À quels caractères connaît-on l'amour parfait ?

À trois principaux. Le premier est un doux repos de l'âme en Dieu. Le second est un détachement général de tout ce qui n'est pas Dieu, ou de l'intérêt de Dieu. Le troisième est une entière résignation et une conformité parfaite à la volonté de Dieu, avec un généreux abandonnement, qui aille jusqu'à nous rassurer contre tous les accidents de la vie.


En quoi paraît la douceur de ce repos ?

C'est surtout dans les peines et les contre-temps causés ou par les passions qui agitent le cœur humain, ou par la malice des hommes, qui persécutent la vertu ; ou par le démon, qui met autant qu'il peut le trouble et le désordre dans les âmes. Au milieu de ces tempêtes l'homme saintement enivré de la douceur de l'amour, repose sans inquiétude, et jouit d'une paix parfaite : on peut lui appliquer ces paroles des Proverbes, quoique dans un sens bien différent de celui de l'Auteur sacré. Vous serez comme un homme endormi au milieu de la mer, comme un Pilote assoupi qui a perdu le gouvernail ; et vous direz ; ils m'ont battu, mais je ne l'ai point senti ; ils m'ont entraîné ; mais je ne m'en suis point aperçu. (Prov.)


Quels sont les effets de cet amour ?

Il y en a deux. Le premier, est un désir ardent de procurer le service de Dieu ; désir qui ne donne aucun relâche, et qui fait penser jour et nuit aux moyens de plaire à l'objet qu'on aime. Le second est un effet de l'union divine dont cet amour est le lien, et c'est un embrassement continuel de l'âme avec J. C.


En quoi consiste ce désir qui est le premier effet de l'amour parfait ?

1. Dans une disposition habituelle à chercher en tout le bon plaisir de Dieu, conformément à ce que disait Notre Seigneur parlant de son Père : je fais toujours ce qui lui plaît. 2. Dans une grande faveur qui entretient ce désir, et qui porte à la pratique de toutes sortes de bonnes œuvres.


Quelles sont ces bonnes œuvres ?

Elles sont de trois sortes. Premièrement, tout ce qui appartient au service divin, le chant, l'Office, la réparation des Églises, le culte des Saints, etc. Secondement, un empressement cordial et singulier pour tout ce qui peut contribuer au soulagement des affligés, tels que sont les pauvres, les prisonniers, les malades qu'on va visiter dans les hôpitaux et dans les maisons particulières. Troisièmement, un zèle ardent et affectueux pour la conversion et la perfection de tous les hommes, ne négligeant rien de tout ce qui peut contribuer à leur salut et à leur avancement dans la vertu. Telles sont les occupations de l'amour parfait ; l'âme qui en est embrasée, est comme une épouse qui ne désire rien tant que de procurer à son divin Époux des enfants spirituels.


Qu'est-ce que cet embrassement que vous avez donné pour le second effet de l'amour parfait ?

Il consiste dans l'union actuelle et continuelle de la volonté avec l'objet aimé.


Quelles sont les propriétés de cet embrassement ?

Ces trois-ci principalement. Il est délicieux ; il est (comme parlent les Mystiques) perdant et abîmant ; il est transformant.


Pourquoi est-il délicieux ?

Parce que dans cet embrassement l'âme est unie à J. C. d'une manière si intime, que les Mystiques n'ont pas fait difficulté de l'appeler une espèce d'attouchement de la substance divine ; expression très-conforme à l'expérience des personnes qui ont eu part à cette faveur. Ceux qui en voudront savoir davantage, n'ont qu'à consulter saint Bernard, sur les cantiques, Blosius, Thomas à Jesu Maria, et plusieurs autres qui ont traité assez clairement cette matière. Ce qui est certain, c'est que ce doux attouchement, quoiqu'inexprimable, quoique purement spirituel, et infiniment délicat, est néanmoins très-réel, et qu'il produit une sainte ivresse qui peut faire dire à l'âme qu'elle a touché et senti ce que rien de créé ne saurait comprendre, qu'elle a joui du souverain bien autant qu'on en peut jouir dans l'état présent d'où la vision est exclue.
Il semble que S. Augustin ait voulu parler de cette sublime opération de la grâce, lorsqu'il a dit à Dieu dans ses confessions : Quelquefois vous excitez en moi des sentiments d'amour que je n'avais jamais éprouvés, et vous me pénétrez d'une douceur ineffable : pour peu qu'elle augmente, et que vous acheviez, ô mon Dieu, ce que vous avez commencé en moi, je ne sais ce que ce sera ; mais ce ne sera pas un état qui convienne à la vie présente. Ces paroles désignent assez ce que nous venons de dire, quoiqu'elles ne le marquent pas expressément. Après tout, nous n'avons pas de meilleures preuves de cette vérité que le témoignage de ceux qui l'ont expérimentée. Ce sont des Saints ; il y aurait une témérité outrée à mépriser leurs expériences, ou à révoquer en doute leur sincérité.


Pourquoi cet embrassement est-il appelé perdant et abîmant ?

Parce que l'âme en est pénétrée, jusqu'à ne plus se sentir elle-même, jusqu'à être comme perdue, et à ne s'apercevoir pas plus de soi que si elle était anéantie. Tout ce qu'elle sent, c'est son Époux céleste qui la possède, et elle dit avec S. Paul : Je vis, ou plutôt ce n'est plus moi qui vis ; mais c'est J. C. qui vit en moi. Les mouvements affectueux, les transports de joie dont elle est saisie, sont semblables à des flots l'un sur l'autre qui la couvrent ; la reconnaissance qu'elle veut témoigner à son bienaimé, lui cause un redoublement d'amour qui, comme un dernier flot encore plus élevé, l'engloutit enfin et l'abîme. La voilà noyée dans la douleur divine, qui est un avant-goût du Paradis, et qui a donné occasion aux Saints d'appeler cet état les Noces spirituelles.


Que veut-on nous faire entendre quand on dit que cet embrassement est transformant ?

On veut dire que l'âme est unie à Jésus-Christ sans milieu, par la seule force de son amour, et d'une manière si étroite qu'elle a peine à se distinguer de son cher Époux qui habite en elle, jusques là qu'il lui semble que les membres de son corps sont les membres de Jésus-Christ, sa parole, la parole de Jésus-Christ, et son cœur le cœur de Jésus-Christ, conformément à ce qui a été dit : Celui qui s'attache au Seigneur, ne fait qu'un esprit avec lui. Ce qui revient à ce que disait le Fils de Dieu parlant à son Père : Vous êtes en moi et je suis en eux, afin qu'ils soient parfaitement unis.
Rien de plus parfait qu'une telle union, qui va en quelque manière jusqu'à l'unité. On peut s'en former quelque idée par ce qui s'accomplit dans l'Eucharistie, où J. C. s'unit à nous comme la nourriture dont nous usons. Avec cette différence, dit saint Augustin, que la nourriture ordinaire se change en notre substance, au lieu que cette divine nourriture nous change spirituellement en elle-même. Plusieurs Théologiens assurent que cette union que nous contractons avec Jésus-Christ dans l'Eucharistie, est très étroite et très-intime, et qu'elle est la consommation du mariage spirituel.
Tout cela prouve que par la force de l'amour, qui est transformant de sa nature, l'union augmente à un point qu'il est mal aisé de l'expliquer par des Paroles, et qu'il faut s'en rapporter à expérience des saintes Épouses de J. C., de qui on peut dire avec S. Paul : qu'elles savent des Mystères dont il n'est pas permis à un homme de parler, et que personne ne connaît que celui qui reçoit de telles faveurs. Nemo novit nisi qui accipit. (Apoc. 2, 17)


À quelles marques connaît-on la pureté de cet amour ?

À trois principales. La première est une profonde humilité et une exacte obéissance. La deuxième est une affection singulière pour les mépris et les souffrances. La troisième est un zèle ardent pour le service des pauvres, et pour le salut des âmes. Sainte Thérèse dit à peu près la même chose dans la septième demeure du château de l'âme. Après avoir demandé ce que c'est qu'être vraiment spirituel, elle répond que c'est être esclave de J. C., acheté au prix de sa croix, marqué à son sceau qui est la croix, et prêt à se rendre esclave de tout le monde pour les intérêts de J. C.


L'exemple de Saint Louis-Marie Grignion de Montfort
et du Calvaire de Pontchâteau



Le monument qui nous montre le mieux l'amour de saint Louis-Marie de Montfort pour Jésus crucifié est celui de Pontchâteau. Son histoire est aussi intéressante qu'édifiante.
En 1673. année de la naissance du missionnaire, vers l’heure de midi, par un temps fort clair, on vit paraître dans les airs des croix lumineuses et des étendards au-dessus d'une lande de Pontchâteau, appelée lande de la Madeleine. Puis l’air retentit d'un grand bruit qui fit fuir les troupeaux dans les villages voisins. Cette scène mystérieuse se termina par un concert d'une suave harmonie. Que signifiait cette vision ? Les témoins étaient bien embarrassés pour le dire. Ils en eurent le sens quarante ans plus tard, quand sur cette lande saint Louis-Marie de Montfort éleva son Calvaire. Les croix radieuses entourées d'étendards étaient le symbole du triomphe qu’en ce lieu on réservait au Rédempteur. Les animaux, mis en fuite par un bruit d'En-Haut, désignaient les esprits infernaux, chassés du pays par la vertu de la croix et la parole du saint missionnaire. Enfin, la musique céleste laissait prévoir les pieux cantiques, qui désormais ne se tairaient plus sur la montagne sacrée.
L'emplacement fut désigné, d'une façon merveilleuse, au choix du missionnaire et de ses collaborateurs. Tout d'abord on avait jeté les yeux sur le village de Sainte-Reine ; mais, pendant qu'on commençait les premiers travaux, deux blanches colombes vinrent becqueter la terre fraîchement remuée, partirent à tire d'aile pour reparaître bientôt, becqueter de nouveau le sol et s’envoler dans la même direction. Saint Louis-Marie de Montfort fit observer ces allées et venues à ses compagnons. On suivit le vol des oiseaux et l'on finit par remarquer qu’ils s'arrêtaient, après chaque course, au point le plus élevé de la lande de la Madeleine. Là on trouva, selon l'expression des paysans, « toute une ruchée de terre », déposée sur le sol aride.
Le missionnaire vit dans ce signe une indication du Ciel. Dieu voulait que, sur cette immense plate-forme, on élevât bien haut l'image de son Fils bien-aimé. Le jour même, le Père de Montfort traça trois grands cercles concentriques, l'un de 400, le deuxième de 500, le troisième de 600 pieds. Le premier marquait la base du mont qu’il projetait d’élever sur la colline ; entre le deuxième et le troisième, il ferait creuser un vaste fossé, et la terre qu’on en tirerait servirait de base au monument.
Le projet du saint prêtre était grandiose. Puisque Jérusalem était aux mains des infidèles, il voulait donner aux chrétiens une idée de la ville sainte, leur fournir une vive représentation des lieux sanctifiés par la Passion du Sauveur. On se mit tout de suite à l’œuvre. Prêtres et fidèles, enthousiasmés par la voix du missionnaire, se livrèrent aux labeurs les plus pénibles pour ériger la montagne de Dieu. Pendant quinze mois consécutifs, on vit constamment chaque jour, sur la lande de la Madeleine, de deux cents à quatre cents ouvriers de bonne volonté, venus de tous côtés, même des pays étrangers, comme de la Flandre et de l'Espagne. Ce n'était pas seulement de robustes paysans, mais des femmes, des jeunes filles, des enfants, des ecclésiastiques, des bourgeois, des gentilshommes, heureux et fiers de contribuer personnellement au triomphe de la croix. Le seul salaire qu'ils demandaient était de contempler, aux moments de repos, le beau Christ qui reposait dans une grotte éclairée par la pâle lumière d'une lampe, et qui devait être suspendu à la croix.
Tout en travaillant, on chantait. Le missionnaire avait composé un cantique qui renouvelait sans cesse l'enthousiasme. Il y avait surtout un couplet qui frappait les esprits, c'était le suivant, qui était une vraie prophétie :

Oh ! qu'en ces lieux, l'on verra de merveilles !
Que de conversions.
De guérisons, de grâces sans pareilles !
Faisons un Calvaire ici.
Faisons un Calvaire !


Enfin, à force de fatigues, la montagne fut achevée. Un mur entourait la plate-forme et supportait un grand Rosaire. Trois croix furent dressées au sommet du Calvaire. Celle de Notre-Seigneur, qui n'avait pas moins de cinquante pieds de long, était rouge ; celle du bon larron était verte, et celle du mauvais, noire. Au pied de la croix de Jésus, se trouvait Marie, la Mère des douleurs, avec saint Jean et sainte Marie-Madeleine. La Vierge et son Rosaire, on le voit, n’étaient point oubliés. Cependant, pour exciter la dévotion des pèlerins, Montfort fit planter autour du monument, comme nous l'avons déjà dit, un immense Rosaire de cent cinquante sapins et de quinze cyprès, qui invitaient à réciter les cent cinquante Ave Maria et les quinze Pater. Il avait réservé aussi des emplacements pour trois chapelles, où seraient représentés les mystères joyeux, douloureux et glorieux Mais on ne lui laissa pas le temps d'exécuter son dessein.
La plus grande gloire que reçut Jésus-Christ à Pontchâteau ne vint pas de la croix qui fut érigée sur le Calvaire, mais de celle qui fut plantée dans le cœur du Père de Montfort. Rarement saint fut accablé d'une humiliation aussi grande et douloureuse.
L’œuvre était terminée. Tous les habitants du pays se réjouissaient et demandaient qu’on fit des fêtes splendides, pour l'inauguration du monument. La bénédiction en fut fixée au 14 septembre 1710. L'évêque de Nantes autorisait saint Louis-Marie de Montfort à la présider en son nom. Rien ne fut négligé pour donner plus d'éclat à la cérémonie. Quatre excellents prédicateurs avaient accepté de prêcher aux quatre côtés de la sainte montagne. On savait que l'auditoire serait immense. Les pèlerins accouraient à flots pressés et inondaient la lande. Persuadés qu'ils ne trouveraient pas d'hôtellerie pour s'abriter, ils apportaient leurs provisions et se proposaient de dormir sur l’herbe en plein air, ou sous les arbres de la forêt. Le vieux père du missionnaire était venu lui-même de Rennes pour voir, avant de mourir, l'œuvre maîtresse de ce fils, qui, disait-il, ne lui avait jamais fait de peine.
Le 13 au soir, on faisait les derniers préparatifs pour la fête du lendemain, quand survint un messager qui apportait une lettre de l’évêché de Nantes. C'était la défense de procéder à la bénédiction. À cette nouvelle, tout le monde fut Préparation à la Consécration profondément attristé. Seul saint Louis-Marie de Montfort demeura calme, sans proférer une plainte. Néanmoins, espérant, par une explication verbale, faire changer la décision du prélat, il partit pour Nantes. Après avoir voyagé toute la nuit, il supplia l’évêque de lever la défense qu’il avait portée. Ce fut inutile. Le missionnaire revint vers son Calvaire, le lendemain de la fête. Tout s'était passé comme on l'avait réglé à l'avance, sauf la bénédiction. L'arrivée de Montfort excita la joie des pèlerins : mais quand on sut l’insuccès de sa démarche, ce fut une véritable consternation.
Le serviteur de Dieu, sans se laisser abattre, s'en alla le dimanche suivant commencer une mission à Saint-Molf. Une autre humiliation l'y attendait. Quatre jours après son arrivée dans la paroisse, l’évêque lui interdit de prêcher et de confesser. Montfort se soumit sur-le-champ à cet ordre si sévère et se retira à Nantes, chez les Jésuites.
Mais il n'était pas au bout de ses peines. Les Jansénistes intriguèrent si bien à la Cour, qu'ils obtinrent de Louis XIV une sentence qui vouait à la destruction le Calvaire de Pontchâteau. On réquisitionna d’office pour cet effet les paysans d'alentour.
En apprenant cette nouvelle, saint Louis-Marie tomba à genoux. « Dieu soit béni ! dit-il, je n'ai jamais songé à ma gloire, mais à la sienne. J'espère qu'il me recevra avec la même faveur que si j’avais réussi. » Et il commença, sous la direction d'un Père Jésuite, le Père Préfontaine, les exercices de saint Ignace. Ce Père a rendu témoignage de la vertu héroïque de son hôte.
« Je l'accueillis, dit-il, sans m’apercevoir qu’il lui fût arrivé le moindre chagrin. Il me parla comme à son ordinaire, et ne me fit jamais paraître la moindre émotion dans ses paroles, ni dans ses maximes, ni même sur son visage. Comme l'ordre du roi fit grand bruit à Nantes et aux environs, nous en fûmes bientôt instruits. J’en parlai à M. de Montfort, il me confirma ce qui se disait, mais sans qu'il lui échappât une seule parole de plainte ou de mécontentement contre ceux qu'il avait raison de soupçonner de lui avoir attiré un ordre si positif et si peu attendu. Cette paix, cette égalité d’âme dont il ne se départit pas pendant nuit jours, me surprit : je l’admirai. Ce que j’avais vu et ce que j’avais su de lui me l'avait fait regarder comme un homme de bien ; mais cette patience, cette soumission à la Providence, dans une occasion aussi délicate que celle-là, la sérénité, la joie même qui paraissait sur son visage, malgré un coup si accablant pour lui, me le firent alors regarder comme un saint et m’inspirèrent des sentiments de respect et de vénération pour sa vertu que j’ai toujours conservés depuis et que je conserverai jusqu’à la mort. »
M. des Bastières, son compagnon de mission, étant venu le visiter, fut lui-même surpris de sa tranquillité. « Je croyais, dit-il, le trouver accablé de chagrin, je me disposais à faire tout mon possible pour le consoler, mais je fus très surpris, lorsque je le vis plus gai et plus content que moi, qui avait plus besoin de consolation que lui. Je lui dis en riant : “Vous faites l’homme fort et généreux. Pourvu qu'il n’y ait là rien d'affecté, à la bonne heure ! — Je ne suis ni fort, ni courageux, me répondit-il, mais, Dieu merci, je n’ai ni peine, ni chagrin, je suis content. — Vous êtes donc bien aise qu’on détruise votre Calvaire ? — Je n’en suis ni aise ni fâché. Le Seigneur a permis que je l’aie fait faire, il permet aujourd’hui qu’il soit détruit ; que son saint nom soit béni !” » (Extrait de Préparation à la Consécration à la très sainte Vierge Selon la méthode de saint Louis-Marie Grignion de Montfort, par le Père J.-M. Texier)



Reportez-vous à Acte d'amour parfait, de Sainte Thérèse d'Avila, Qui sont ceux qui trouvent du plaisir à penser à Dieu et qui sont plus capables de son amourDe l'heureux état d'une âme qui a établi sa perfection et sa félicité dans l'acquiescement au bon plaisir de Dieu, par le R.-P. Jean-Joseph SurinDes qualités qui sont propres dans la voie extraordinaire, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De l'Oraison qui convient à la voie extraordinaire, et Avis nécessaires à ceux qui sont dans cette voie, par le R.-P Jean-Joseph Surin, De la voie surnaturelle ou extraordinaire, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De l'Oraison et de la Contemplation, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De la contemplation, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De l'avancement de l'âme et des principaux moyens qui peuvent le procurer, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De la vie parfaite, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Du bon Directeur, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Instruction pour les personnes qui entrent dans la voie d'Oraison, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Que les âmes lâches fassent tous leurs efforts pour acquérir la bonne volonté qui leur manque, Simple et courte méthode d'oraison mentale, De l'Oraison, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De la Pénitence et de l'Oraison, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Pour bien faire l'oraison et pour en tirer le fruit qu'on a lieu d'en attendre, Du Recueillement, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Du vrai Religieux, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Ce qui s'est observé dans un Ordre Religieux durant le premier siècle depuis son établissement, doit être regardé comme meilleur que tout ce qu'on peut inventer dans la suite, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De la vie mixte, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Des amitiés, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De la conversation, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Des Vertus, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De l'étude des Lettres, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Réflexions sur la nature et les forces des Démons, et sur l'économie du Royaume des ténèbres, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Des exercices de piété, par le R.-P. Jean-Joseph Surin : Quels sont les devoirs de piété dont il faut s'acquitter envers les Saints ?, Des exercices de piété, par le R.-P. Jean-Joseph Surin : Quels exercices de piété prescrivez-vous à l'honneur des Anges ?, Des exercices de piété, par le R.-P. Jean-Joseph Surin : Comment faut-il s'occuper des souffrances de Jésus-Christ ?, Des exercices de piété, par le R.-P. Jean-Joseph Surin : Comment faut-il s'exercer en ce qui regarde la Doctrine de Jésus-Christ ?, De la vie intérieure, et de la familiarité avec Jésus-Christ, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Jésus condamné à mort, Pilate lave ses mains, De la Mortification, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De l'amour du Père Surin pour la pauvreté, dans l'union avec Notre-Seigneur Jésus-Christ, De la présence de Dieu, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De l'homme intérieur, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Du renouvellement de l'esprit, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De l'activité naturelle, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Prière pour demander la grâce de connaître et d'accomplir la volonté de Dieu, Seigneur, que vous plaît-il que je fasse ?, Des Habits, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De la nourriture du corps, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Catéchisme spirituel de la Perfection Chrétienne, par le R.P. Jean-Joseph Surin (1), Catéchisme spirituel de la Perfection Chrétienne, par le R.P. Jean-Joseph Surin (2), De la vie illuminative, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De la réformation de la mémoire, par Le R.-P. Jean-Joseph Surin, De quelques moyens de bien faire l'oraison mentale, Degrés des vertus qu'on se propose d'acquérir, Combien sont mal fondées les plaintes de ceux qui se disent incapables de méditer, En quoi consiste l'exercice de la présence de Dieu, Les voies du salut, De l'amour du Père Surin pour l'humilité, dans l'union avec Notre-Seigneur Jésus-Christ, De l'amour étonnant du Père Surin pour l'abjection, dans l'union avec Notre-Seigneur Jésus-Christ, De l'amour admirable du Père Surin pour les souffrances, dans l'union avec Notre-Seigneur Jésus-Christ, De l'imagination de l'homme, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De la réformation de l'entendement, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De la réformation de la colère, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De la vie Purgative, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, En quoi consiste la perfection chrétienne : pour l'acquérir il faut combattre, et pour sortir victorieux de ce combat, quatre choses sont nécessaires, De la sècheresse dans l'oraison, Du devoir des Veuves, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Ce qu'est l'oraison mentale, par le R.P. D. Laurent Scupoli, Clerc Régulier Théatin, Méditation sur la nécessité des progrès dans la vertu, De la Réduction des Hérétiques, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De la réformation de l'Amour, de la Haine, du Désir et de l'Aversion, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De quelques moyens de bien faire l'oraison mentale, Pour la direction et la progression spirituelles : Quel chrétien êtes-vous ?, Le souvenir de nos péchés est un moyen propre pour nous aider à supporter avec résignation, toutes les afflictions que Dieu nous envoie, Avis pour la lecture spirituelle, Histoire de la possession des Ursulines de Loudun, et des peines du Père Surin (1/4), Histoire de la possession des Ursulines de Loudun, et des peines du Père Surin (2/4), Histoire de la possession des Ursulines de Loudun, et des peines du Père Surin (3/4), et Histoire de la possession des Ursulines de Loudun, et des peines du Père Surin (4/4).











dimanche 16 février 2020

Des qualités qui sont propres dans la voie extraordinaire, par le R.-P. Jean-Joseph Surin


Extrait du CATÉCHISME SPIRITUEL DE LA PERFECTION CHRÉTIENNE, TOME I, Composé par le R. P. J. J. SURIN, de la Compagnie de Jésus :


Saint Étienne (Carlo Crivelli)


Des qualités qui sont propres dans la voie extraordinaire



Quelles sont ces qualités ?

Il y en a trois principales ; savoir, la simplicité, l'efficace et la solidité.


En quoi consiste la simplicité ?

En ce que, toute abondante qu'est cette voie en grâces et en faveurs célestes, elle apprend aux âmes à passer par ces richesses spirituelles sans s'y arrêter. Elle est aussi très-simple de sa nature, parce qu'elle n'admet pour tout exercice qu'un regard de l'esprit et un acquiescement du cœur, et même ce regard et cet acquiescement sont des actes si subtils et si déliés, que l'âme qui les forme peut à peine s'en apercevoir.


Puisque l'âme en cet état semble ne rien faire, ne peut-on pas conclure qu’elle est oisive dans son oraison ?

Elle le serait sans doute si elle était sans action ; mais c'est ce que nous n'avons pas dit. Nous disons seulement que son action est si profonde et si délicate, qu'elle n'a pas la satisfaction de se rendre à elle-même témoignage de ce qu'elle fait ; que par le simple regard on ne connaît rien de distinct ; que l'acquiescement de la volonté n'est, à parler précisément, ni contrition, ni remerciement, ni offrande ; mais tout cela éminemment. Nous disons enfin que cette manière d'oraison est très agréable à Dieu, et qu'elle produit d'excellents effets.


Ne pourriez-vous pas par quelque comparaison nous rendre cette doctrine sensible ?

En voici une dont se sert un docteur mystique. Si une grande Reine faisait son plaisir d'habiller une Villageoise, et de la parer de ses propres mains ; tout ce que pourrait faire de mieux cette pauvre fille, ce serait d'être modestement attentive à ce qu'on ferait pour elle, de laisser satisfaire la Reine, de faire ensuite la révérence, et de se retirer ; cette conduite simple vaudrait mieux que tous les soins empressés qu'elle aurait pu se donner, et que tous les compliments qu'elle aurait pu faire. C'est la conduite qu'on doit garder dans l'exercice du repos dont nous avons parlé.


En quoi faites-vous consister l'efficace de cette voie ?

En ce que le regard unique et le saint acquiescement au bon plaisir de Dieu , ont une vertu singulière qui fortifie l'homme, l'élève au-dessus de lui-même, et le fait opérer d'une manière qui surpasse visiblement sa faculté naturelle.
Ce regard est l'instrument dont se sert le saint Esprit pour travailler dans les âmes ; c'est comme un trésor où il leur fait trouver ses dons les plus précieux ; le don de sagesse, c'est-à-dire, la connaissance expérimentale et savoureuse des objets spirituels et divins ; le don d'intelligence, c'est-à-dire, la faculté de comprendre les choses difficiles, et de les réduire à leurs principes éternels et immuables ; le don de conseil, c'est-à-dire, la prudence et la discrétion pour conduire les âmes ; le don de science, c'est-à-dire, la connaissance certaine des choses spirituelles, et quelquefois même de plusieurs qui sont de l'ordre naturel ; tous ces dons sont renfermés comme en un point dans l'unique regard dont nous parlons. C'est une lumière très simple où l'âme puise toute science et toute vertu ; de sorte qu'elle est toujours pourvue, et qu'elle n'a pas besoin de préparation soit pour parler aux peuples assemblés, soit pour instruire en particulier, parce que des fleuves d'eau vive coulent de son sein (Jean. 7, 38), couronnement à la promesse de N. S. Le Saint-Esprit seul a la clef de ce trésor qui ne s'épuise jamais, et il est dit de celui qui le possède : qu'il répandra comme une pluie les paroles de la sagesse. (Eccl. 39, 9)
Ce qu'est le simple regard à l'entendement qu'il éclaire, le simple acquiescement l'est à la volonté qu'il fortifie. C'est de cette source sacrée que découlent les autres dons du Saint-Esprit ; don de force, don de piété et de crainte de Dieu, les pieuses affections, les bons mouvements, les saintes saillies, les ardeurs du zèle. Mais (ce qu'on ne saurait assez observer) toute cette abondance de richesses vient d'un principe très-simple qu'on peut comparer à une fontaine qui se remplit par un seul tuyau, et qui se partage ensuite en plusieurs ; et c'est pour cela que l'Esprit de Dieu est appelé dans les saintes Écritures, unique et multiplié. (Sap. 7,22)
On peut donc dire de ceux qui marchent dans cette voie, qu'ils portent toujours en eux-mêmes, sans fatigue et sans embarras, tout ce qui leur est nécessaire en toutes sortes a occasions ; puisqu'un seul bien qu'ils possèdent, leur fournit à propos tous les autres, à mesure qu'ils en ont besoin. Il en est d'eux, comme d'un Prince, qui avec une seule clef ouvrirait toutes les portes d'un grand Palais ; ou comme d'un Médecin, qui trouverait dans une seule plante, le remède à toutes sortes de maux. C'est ainsi qu'une seule chose tient lieu de toutes les autres, à ceux dont nous parlons. Sans qu'ils se donnent aucun soin, un esprit très-simple qui est en eux, leur suggère tout ce qu'ils doivent dire ou faire dans les différentes occasions. Et c'est là-dessus qu'est fondé le commandement que Notre-Seigneur fait à ses disciples, de ne point compter sur leurs soins et sur leur industrie, quand ils auront à lui rendre témoignage devant les Puissances du monde. Ne songez point, ni comment vous parlerez, ni à ce que vous direz. (Matth. 10, 19)


Quel est cet esprit très-simple dont vous venez de parler ?

C'est le Saint-Esprit, qui n'étant que feu et que lumière, que paix et que liberté, forme lui-même dans l'esprit et dans le cœur, ce simple regard et ce doux acquiescement, par lesquels il opère ensuite de grandes choses, et rend les hommes puissants en œuvres et en paroles. Munis de ce secours, les Apôtres, sans science, sans étude, et sans talents naturels, ont fait plier tout le monde sous leurs volontés ; et rien ne prouve mieux l'efficace de ce don merveilleux, que ces paroles dont se servit Notre Seigneur pour le faire attendre à ses Apôtres : Tenez-vous dans la ville, leur dit-il, jusqu'à ce que vous soyez revêtus d'une force qui vienne d'en haut. (Luc. 24, 4)


Comment prouvez-vous la solidité de cette voie ?

Par son efficacité même. On peut dire de ceux qui sont dans cette voie, qu'ils rendent à Dieu le service le plus agréable qu'il puisse recevoir de la part des hommes. Tout autre service est imparfait ; toute autre conduite est faible en comparaison de celle-ci, qui est pleine de force, et capable de venir à bout de tout. Ceux qui ne sont pas favorisés de ce don, peuvent bien se rendre agréables à Dieu par l'humilité et l'abnégation intérieure ; ils peuvent faire beaucoup de bien avec le secours de Dieu. Mais la nature en eux se mêle souvent avec la grâce ; il y a beaucoup du leur dans ce qu'ils font. Aussi voyons-nous que leurs paroles sont peu efficaces, qu'elles font peu d'impression, et qu'ils ne sont pas capables d'entreprendre beaucoup pour Dieu, et d'exécuter de grands desseins pour sa gloire.
Les personnes que Dieu introduit dans la voie extraordinaire sont pleines de force ; elles portent au-dedans d’elles-mêmes une vive impression des vérités divines ; leur attrait est puissant ; leurs paroles sont persuasives ; elles embrasent les cœurs ; et par tout ce qu'elles font pour leur propre perfection et pour celle du prochain, il paraît bien que l'Esprit de J. C. habite en elles d'une manière particulière. Saint Étienne, premier Martyr, en est une preuve éclatante. Il est dit de lui dans les Actes des Apôtres (6, 10) : Que les Juifs ne pouvaient résister à la Sagesse et à l'Esprit qui parlait par sa bouche.
Rien de plus simple que la grâce de cet état, si on la considère en elle-même, puisqu'elle ne consiste qu'en un regard de l'esprit, et en un doux acquiescement du cœur ; et cependant rien de plus fertile en grandes actions, excepté au temps de l'impuissance, qui est le second degré de la voie extraordinaire. Car alors l'âme est privée de l'usage ordinaire de ses facultés intérieures ; quoique dans le fond elle agisse par une opération occulte qui la soutient, principalement dans tous ses besoins ; mais qui ne la console point, parce qu'elle lui est inconnue.


D'où, vient que vous ne parle point des extases, des ravissements, des visions et des paroles intérieures dont Dieu favorise les âmes dans cette voie ?

Parce que nous ne parlons ici que de ce qui concerne la pratique de la vertu. Outre que nous avons dit ailleurs, qu'on ne doit point s'attacher à ces sortes de grâces, ni les prendre pour appui ; il ne convient pas de les rejeter, ni de les mépriser, puisque ce sont des dons de Dieu ; mais il convient encore moins d'y mettre sa confiance. La pratique des Saints, est de les recevoir avec dégagement de cœur, et de fonder leur conduite sur la Foi.


N'y a-t-il point d'autre avis à donner aux personnes qui sont dans la voie extraordinaire ?

Le plus important est, qu'en suivant les mouvements de l'esprit intérieur qui les gouverne, elles ne s'écarte point de la règle extérieure prescrite à tous les hommes, laquelle comprend la doctrine de la foi, l'autorité des Supérieurs, et le sentiment commun des gens sages et spirituels. C'est en cet heureux accord de la Loi intérieure avec la Loi extérieure, que consiste la perfection. Tout est dans l'ordre, et rien n'est suspect, lorsque l'attrait de la grâce n'est point gêné par les règles du dehors, et lorsque les règles du dehors, c'est-à-dire, la foi, l'obéissance, et la droite raison rendent témoignage à l'attrait de la grâce. Il n'y a plus qu'un écueil à craindre, et c'est qu'on ne confonde quelquefois la prudence humaine avec la sagesse évangélique, qui doit guider la raison.
On ne peut donc trop recommander aux personnes que Dieu conduit par la voie extraordinaire, de faire consister leur principale perfection dans les vertus communes et nécessaires à tous, et de préférer constamment la pratique de l'humilité, à tous les dons les plus sublimes que Dieu leur communique. Lorsqu'aux vertus extraordinaires, qui sont propres de leur état, elles joignent la fidélité et l'exactitude à remplir tous les devoirs de la vie commune, elles ont atteint le plus haut point de sainteté où l'on puisse arriver sur la terre.
On remarque cette union admirable dans presque tous les Saints : nous n'en connaissons guère qui n'aient participé au don de la contemplation, et en qui ce don sublime n'ait contribué à nourrir et à faire croître l'humilité : de sorte qu'on peut leur appliquer ces paroles de l'Apôtre : Vous êtes mort, et votre vie est cachée en Dieu avec J. C. En effet, le secret et le silence au milieu duquel le S. Esprit opère dans les âmes de ce rang, est très-propre, non-seulement à les cacher en Dieu, mais encore à les faire mourir à elles-mêmes, au monde, et à toutes les choses de la terre.
Il est vrai que ceux qui meurent de la sorte, ne le font que pour vivre d'une vie de grâce, et que la grâce opère en eux et par eux de merveilleux effets. Mais quelque riches qu'ils soient en grâce et en dons surnaturels, ils font toujours grand fond sur la charité, l'humilité, et les autres vertus, qui rendent l'homme digne de la récompense éternelle. Ils savent que ce que Dieu agrée le plus dans les âmes, ce ne sont pas les dispositions sublimes qu'il met en elles, ni les faveurs extraordinaires qu'il leur accorde, mais le soin qu'elles prennent de pratiquer la vertu ; parce que c'est l'homme qui donne à Dieu, lorsqu'il pratique la vertu, au lieu que Dieu seulement donne à l'homme lorsqu'il accorde des faveurs singulières ; et il est écrit, qu'on est bien plus heureux de donner que de recevoir. (Act. 20, 35) Les dons sublimes, l'abondance des lumières, et la douceur des consolations élèvent l'homme sans aucun mérite de sa part : ce qui lui attire les grâces du Ciel, c'est de vivre saintement.


Reportez-vous à Le Martyre de Saint Étienne, De l'amour parfait, par le R.-P. Jean-Joseph SurinDe l'heureux état d'une âme qui a établi sa perfection et sa félicité dans l'acquiescement au bon plaisir de Dieu, par le R.-P. Jean-Joseph SurinDe l'Oraison qui convient à la voie extraordinaire, et Avis nécessaires à ceux qui sont dans cette voie, par le R.-P Jean-Joseph Surin, De la voie surnaturelle ou extraordinaire, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De l'Oraison et de la Contemplation, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De la contemplation, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De l'avancement de l'âme et des principaux moyens qui peuvent le procurer, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De la vie parfaite, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Du bon Directeur, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Instruction pour les personnes qui entrent dans la voie d'Oraison, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Que les âmes lâches fassent tous leurs efforts pour acquérir la bonne volonté qui leur manque, Simple et courte méthode d'oraison mentale, De l'Oraison, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De la Pénitence et de l'Oraison, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Pour bien faire l'oraison et pour en tirer le fruit qu'on a lieu d'en attendre, Du Recueillement, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Du vrai Religieux, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Ce qui s'est observé dans un Ordre Religieux durant le premier siècle depuis son établissement, doit être regardé comme meilleur que tout ce qu'on peut inventer dans la suite, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De la vie mixte, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Des amitiés, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De la conversation, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Des Vertus, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De l'étude des Lettres, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Réflexions sur la nature et les forces des Démons, et sur l'économie du Royaume des ténèbres, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Des exercices de piété, par le R.-P. Jean-Joseph Surin : Quels sont les devoirs de piété dont il faut s'acquitter envers les Saints ?, Des exercices de piété, par le R.-P. Jean-Joseph Surin : Quels exercices de piété prescrivez-vous à l'honneur des Anges ?, Des exercices de piété, par le R.-P. Jean-Joseph Surin : Comment faut-il s'occuper des souffrances de Jésus-Christ ?, Des exercices de piété, par le R.-P. Jean-Joseph Surin : Comment faut-il s'exercer en ce qui regarde la Doctrine de Jésus-Christ ?, De la vie intérieure, et de la familiarité avec Jésus-Christ, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Jésus condamné à mort, Pilate lave ses mains, De la Mortification, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De l'amour du Père Surin pour la pauvreté, dans l'union avec Notre-Seigneur Jésus-Christ, De la présence de Dieu, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De l'homme intérieur, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Du renouvellement de l'esprit, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De l'activité naturelle, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Prière pour demander la grâce de connaître et d'accomplir la volonté de Dieu, Seigneur, que vous plaît-il que je fasse ?, Des Habits, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De la nourriture du corps, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Catéchisme spirituel de la Perfection Chrétienne, par le R.P. Jean-Joseph Surin (1), Catéchisme spirituel de la Perfection Chrétienne, par le R.P. Jean-Joseph Surin (2), De la vie illuminative, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De la réformation de la mémoire, par Le R.-P. Jean-Joseph Surin, De quelques moyens de bien faire l'oraison mentale, Degrés des vertus qu'on se propose d'acquérir, Combien sont mal fondées les plaintes de ceux qui se disent incapables de méditer, En quoi consiste l'exercice de la présence de Dieu, Les voies du salut, De l'amour du Père Surin pour l'humilité, dans l'union avec Notre-Seigneur Jésus-Christ, De l'amour étonnant du Père Surin pour l'abjection, dans l'union avec Notre-Seigneur Jésus-Christ, De l'amour admirable du Père Surin pour les souffrances, dans l'union avec Notre-Seigneur Jésus-Christ, De l'imagination de l'homme, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De la réformation de l'entendement, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De la réformation de la colère, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De la vie Purgative, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, En quoi consiste la perfection chrétienne : pour l'acquérir il faut combattre, et pour sortir victorieux de ce combat, quatre choses sont nécessaires, De la sècheresse dans l'oraison, Du devoir des Veuves, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Ce qu'est l'oraison mentale, par le R.P. D. Laurent Scupoli, Clerc Régulier Théatin, Méditation sur la nécessité des progrès dans la vertu, De la Réduction des Hérétiques, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De la réformation de l'Amour, de la Haine, du Désir et de l'Aversion, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De quelques moyens de bien faire l'oraison mentale, Pour la direction et la progression spirituelles : Quel chrétien êtes-vous ?, Le souvenir de nos péchés est un moyen propre pour nous aider à supporter avec résignation, toutes les afflictions que Dieu nous envoie, Avis pour la lecture spirituelle, Histoire de la possession des Ursulines de Loudun, et des peines du Père Surin (1/4), Histoire de la possession des Ursulines de Loudun, et des peines du Père Surin (2/4), Histoire de la possession des Ursulines de Loudun, et des peines du Père Surin (3/4), et Histoire de la possession des Ursulines de Loudun, et des peines du Père Surin (4/4).














samedi 15 février 2020

De l'Oraison qui convient à la voie extraordinaire, et Avis nécessaires à ceux qui sont dans cette voie, par le R.-P Jean-Joseph Surin


Extrait du CATÉCHISME SPIRITUEL DE LA PERFECTION CHRÉTIENNE, TOME I, Composé par le R. P. J. J. SURIN, de la Compagnie de Jésus :




De l'Oraison qui convient à la voie extraordinaire



Quelle est l'Oraison propre de cette voie ?

C'est la contemplation.


Qu'est-ce que la contemplation ?

Nous l'avons expliqué ailleurs en détail par rapport à l'état dont nous parlons, il suffit de dire que c'est un don de Dieu qui nous facilite l'entretien que nous avons avec lui. Cette facilité est en effet le grand moyen de réussir dans ce saint exercice, qui sans cela serait très-pénible.


N'y a-t-il pas plus d'une sorte de contemplation ?

Il y en a de trois sortes, qui répondent aux trois différons degrés que nous avons distingués dans le chapitre précédent.


Quelle est la première sorte de contemplation ?

C'est un doux repos au milieu duquel l'âme envisage Dieu avec amour, et jouit tranquillement de sa présence, usant peu du raisonnement, et n'employant presque point son industrie; mais suivant l'attrait de la grâce, et se laissant conduire au mouvement du Saint-Esprit, qui lui donne une sainte liberté de s'entretenir familièrement avec Dieu.


Quelle est la seconde sorte de contemplation ?

C'est lorsque l'âme ayant perdu la facilité à se servir de ses puissances, de vient comme immobile dans son repos ; c'est ce qu'on appelle Oraison de silence, parce que l'âme y reçoit l'inspiration divine sans faire autre chose que d'écouter ce qui est dit à son cœur.


Quelle est la troisième sorte de contemplation ?

C'est celle où l'âme ayant recouvré la facilité à se servir de ses puissances, mais d'une manière plus relevée et plus parfaite, reçoit de la part de Dieu des lumières et des impressions claires et distinctes. Voici ce qu'on peut dire de ces trois degrés de contemplation. Dans le premier, la grâce qui remplit l'âme, et qui l'établit dans un grand calme, la meut doucement vers Dieu, afin qu'elle lui parle, qu'elle s'offre à lui, qu'elle lui fasse ses demandes, etc. Dans le second degré, les puissances sont comme liées, et n'ont aucune facilité à produire des actes : l'opération de la grâce pénètre l'âme, et l'attache à Dieu par un regard simple, avec une idée générale et confuse, et sans connaissance distincte. C'est comme une forte impression de la présence du Saint-Esprit qui fixe l'âme, et qui la rend comme immobile. L'âme dans cette espèce d'immobilité éprouve des effets différents. Quelquefois elle se sent pressée, et souffre d'étranges peines qui marquent une opération plus noble dans laquelle elle se purifie, et se dispose à une grande perfection. Quelquefois aussi elle ne sent que douceur et consolation. Dans le troisième degré, l'âme a des notions particulières et des connaissances distinctes qui sont l'effet d'une communication plus intime et mieux marquée arec son Époux céleste.


Quels avis sont nécessaires aux âmes favorisées de cette manière d'Oraison ?

Il y en a trois principaux. Le premier est de se conduire avec grande simplicité, sans raisonner sur leur état, ni s'informer si leur oraison est extraordinaire et sublime, ou si elle est commune et ordinaire, parce que telles réflexions nuisent beaucoup, et retardent l'exécution des desseins de Dieu. Leur unique soin doit être de se laisser conduire à Notre-Seigneur, lui parlant familièrement, ou se tenant en silence devant lui selon l'attrait présent qu'il leur donne.


Quel est le second avis ?

C'est de se donner bien de garde, lorsqu'elles sont en oraison, de troubler par leur activité le repos dont elles jouissent ; ce serait interrompre l'ouvrage du Saint-Esprit, au lieu qu'elles doivent être souples à ses impressions.


Quel est le troisième ?

C'est de prendre garde qu'en voulant éviter un défaut elles ne tombent dans un autre, qui serait l'oisiveté. Le don de contemplation n'est pas tellement permanent, que Dieu ne le retire quelquefois pour éprouver les âmes saintes, et alors elles doivent employer leur industrie pour ne pas donner entrée aux illusions de Satan, à la vanité, et à l'amour-propre ; comme il arrive à quelques personnes, lorsque sous prétexte de ne point troubler leur repos, et de laisser agir le S. Esprit, elles demeurent dans l'inaction, et laissent agir la nature et le démon.


Par quels moyens une âme peut-elle arriver à ce degré d'Oraison ?

Nous l'avons déjà dit ; l'homme ne peut pas y arriver par son industrie ; mais il peut prendre certains moyens pour s'y disposer. Le premier est un soin constant et assidu de se vaincre soi-même, et de se mortifier en toutes choses. Le second est une attention continuelle à éviter les égarements des sens pour suivre l'attrait de la grâce, qui porte au recueillement. Le troisième est d'accoutumer l'esprit à n'envisager en toutes choses que le bien universel ; et autant que la prudence le permet, de ne point considérer les différences particulières des objets qui se présentent. Par exemple, dans les repas user des viandes qui conviennent à la nourriture, sans regarder si elles sont bien ou mal apprêtées, ou si elles sont servies à propos ; en faisant voyage, ne pas s'arrêter à considérer dans les ouvrages de l'art et de la nature qu'on rencontre sur son chemin, ce qu'ils ont de singulier, de rare et de curieux qui les distingue, mais se comporter en voyageur qui pense au terme, et qui ne voit les choses qu'en gros et en passant. Il faut en user ainsi dans les autres rencontres de la vie, s'attacher toujours aux motifs généraux qui sont les plus relevés, et prendre garde que les vues particulières et les idées distinctes ne fassent trop d'impressions sur l'esprit et sur le cœur. Mais ce n'est pas en donnant à son esprit une élévation forcée qu'on peut réussir dans ce saint exercice ; il faut s'y prendre avec douceur, en s'accoutumant peu à peu à détourner son attention des biens terrestres, pour la donner aux choses de Dieu.


Ne serait-il pas plus utile et plus méritoire aux personnes d'Oraison, de produire des actes marqués, que de demeurer dans le repos de la contemplation, où il n'y a rien de précis, et de distinct ?

Quoique l'âme dans le repos de la contemplation, paraisse ne rien faire, et que souvent même elle ne s'aperçoive pas de son action ; elle y fait pourtant beaucoup. Tous les actes distincts qu'elle pourrait produire par son industrie aidée de la grâce, quoique très-agréables à Dieu, n'approcheraient pas de l'excellence et du mérite de ce saint repos, qui est un don du Saint-Esprit. Ce n'est à la vérité qu'une vue très-simple, jointe à une humble disposition d'un cœur attaché, soumis à Dieu, et anéanti en sa présence ; mais c'est justement cette vue simple de l'esprit, et cette humble disposition du cœur, qui semblent ne rien exprimer, et qui sont pourtant capables de tout obtenir de Dieu. C'est ce que Notre-Seigneur a fait connaître plus d'une fois à sainte Gertrude lorsqu'en lui accordant des grâces dont elle ne croyait pas avoir formé la demande, il l'assurait qu'elle les avait suffisamment demandées, quoiqu'elles ne les eût pas prévues distinctement. Aussi est-il certain que cette idée générale de Dieu, laquelle est communiquée aux âmes humbles dans la contemplation, leur domine comme par infusion une lumière qui renferme la connaissance de beaucoup de vérités, dont elles sont véritablement instruites, quoiqu'elles ne s'en aperçoivent qu'à mesure que cette connaissance se développe dans les occasions où elles ont besoin d'être éclairées. C'est ainsi que l'explique saint Denis, et il ajoute que c'est l'Oraison propre de plusieurs Saints. Et voilà pourquoi la contemplation est beaucoup plus excellente que l'Oraison commune, parce que les divers actes qui composent celle-ci sont d'un ordre fort inférieur au saint repos où le Saint-Esprit met une âme.
Il ne faut pas conclure de là, que les personnes que Dieu appelle à cette sorte d'Oraison, puissent se préférer aux autres, parce qu'elles sont dans un état plus relevé : elles ne doivent envisager que la volonté de Dieu dans une si grande faveur ; et s'il leur était permis de choisir, c'est la voie la plus commune qu'elles devraient préférer. Elles doivent être persuadées que ceux qui suivent avec simplicité le train commun de la piété chrétienne, et qui pratiquent l'Oraison ordinaire, leur sont préférables s'ils sont plus humbles qu'elles. Et en effet leur humilité les éleva bien plus que le plus haut degré de la contemplation la plus sublime. Les dons extraordinaires de Dieu, sont des secours pour avancer dans la vertu ; il faut les recevoir comme tels, et surtout se bien donner de gardé d'y chercher sa propre satisfaction.


À quoi peut-on comparer le repos de la contemplation pour en faire comprendre l'excellence ?

On peut le comparer à une pièce d'or dont la valeur renferme éminemment, et surpasse même celle de plusieurs deniers : ce repos paraît n'être qu'un seul acte, et encore fort confus et peu sensible ; et il est vrai pourtant que plusieurs actes très-distincts et très marqués ne le valent pas.


Sur quoi est fondé ce que vous dites du repos de la contemplation ?

Sur l'autorité des Saints qui l'ont expérimenté, et qui en ont fait mention en divers endroits de leurs ouvrages. Saint Bernard, saint Bonaventure, Hugues et Richard de saint Victor, et le saint évêque de Genève, ont souvent parlé de ce repos. Ce dernier en particulier a dit dans quelqu'endroit de ses écrits, qu'il voulait demeurer en la présence de Dieu sans pensée, et sans aucun acte ni d'entendement, ni de volonté. Ce n'est pas qu'il voulût être oisif dans son Oraison ; mais c'est qu'il voulait nous faire comprendre la douceur et l'excellence du repos dont il jouissait.


Que peut-on conseiller aux personnes qui ne sachant pas s'entretenir avec Dieu, par raisonnement et par réflexion, se voyait par là hors d'état d'user de la méditation, qui est l'oraison ordinaire ?

Si ces personnes trouvent accès à ce doux repos dont nous venons de parler, il leur faut conseiller de s'y arrêter. Il y a toujours certaines vérités connues pour lesquelles on a du goût, comme sont celles dont le Livre de l'Imitation de Jésus-Christ est plein. Il y a des Mystères de la Religion dont on se souvient toujours avec plaisir, et dont le seul souvenir touche : Ceux qui ne peuvent pas méditer doivent recourir à ces vérités et à ces Mystères, s'occuper du goût qu'ils y trouvent, et pour ainsi dire, s'en rassasier dans l'oraison, et ne point se faire un scrupule d'abandonner le sujet de la méditation qu'ils s'étaient proposé.
Ce conseil est du P. Louis Dupont, dans son Introduction : il approuve encore cette conduite lorsqu'il parle avec éloge du repos de la contemplation, dans la vie du P. Balthazard Alvarez, qu'il a écrite. On raconte du B. Louis de Gonzague, qu'il s'entretenait un jour de sa manière d'oraison avec le Cardinal Bellarmin son Directeur, et que ce saint et ce savant homme après l'avoir ouï, lui dit qu'il entrait dans l'obscurité divine ; in divinam caliginem, désignant par ces paroles l'idée générale et indistincte. Il ajoute que cette manière de prier ne l'éloignait point de l'esprit de sa Vocation, et qu'il n'en serait pas moins propre à procurer le salut du prochain.
Sainte Thérèse dit dans sa vie, qu'elle a écrite elle-même, que son oraison se passait en silence ; ce qui ayant donné lieu à plusieurs personnes de soupçonner qu'il y avait de l'illusion, elle consulta le P. Borgia, et que ce grand homme (alors Jésuite, auparavant Duc de Gandie, et depuis mis au nombre des Saints,) l'assura que c'était là une opération de Dieu ; qu'elle n'était point dans l'illusion, et qu'il était lui-même dans la même voie d'oraison.


D'où vient donc que saint Ignace dans son Livre des Exercices assigne des sujets de méditation, plus propres à exercer les puissances de l'âme, qu'à les conduire au repos de la contemplation ?

Il en a usé ainsi fort sagement pour s'accommoder à la portée du commun des hommes ; cette manière de prier étant la voie ordinaire qui convient au grand nombre, et la plus propre à accoutumer les esprits à l'exercice de l'oraison. Mais le même Saint veut qu'on revienne aux mêmes sujets sur lesquels on a déjà médité, et que ces sortes de répétitions se fassent par le goût des Mystères et des vertus; et il y ajoute, ce qu'il appelle l'application des sens, qui est une véritable contemplation. Aussi voyons-nous que tous les Saints de son Ordre, dont les sentiments sont venus jusqu'à nous, ont suivi la manière de faire oraison dont nous parlons dans ce Chapitre, et que les Docteurs du même Ordre, comme Suarez, Alvarez de Paz, et plusieurs autres l'ont approuvée, et ont jugé qu'elle n'avait rien que de conforme à l'esprit de leur Vocation. Le P. Claude Aquaviva, Général de la même Compagnie, rend le même témoignage dans une de ses Lettres adressée à tous les Sujets de cette Compagnie. Suarez ajoute que le Sermon du Prédicateur est un acte de contemplatif.
Tous ces docteurs disent que la contemplation consiste dans un doux repos et dans un simple regard, c'est-à-dire, comme nous le lisons nous-mêmes, dans une notion très-simple du souverain bien. Et en effet, Dieu qui est infiniment parfait, parce qu'il est parfaitement simple, ne donne pas lieu à la multiplicité des connaissances. Saint François passa toute une nuit en entretien avec Dieu, disant toujours la même parole, qui ne pouvait produire que la même idée. Sainte Thérèse expliquant la manière de son oraison à S. François de Borgia, lui disait qu'elle était devant Dieu sans pensée.
Ces sentiments et ces expériences des Saints, prouvent que le repos dont nous parlons, qui consiste en un simple regard, leur est fort ordinaire, et que c'est le moyen le plus efficace dont Dieu se sert pour les unir à lui. Il arrive bien quelquefois, lorsqu'on est en contemplation, que Dieu suggère à l'âme des paroles qu'elle lui adresse, et qu'il lui fait produire divers actes et connaître diverses choses : mais c'est sans troubler son repos, qui fait le fond de son oraison, et qui est comme un doux sommeil, par lequel l'esprit est fixé en Dieu. Au reste, cette manière de prier ne convient pas tellement à la vie contemplative, qu'elle ne soit souvent le partage de ceux qui s'adonnent à la vie active. Dieu se plaît à en favoriser les simples et les ignorants. Les savants qui y parviennent la préfèrent à leurs raisonnements ; ils la regardent comme le terme de leurs désirs, et un bien mille fois plus grand que tout ce qu'ils pourraient acquérir par leur industrie.


Comment l'âme qui est dans le saint repos, peut-elle être sans action, puisque Dieu lui parle, et que sa parole est si pénétrante et si efficace ?

C'est parce que dans la contemplation Dieu parle au milieu d'une paix intime et profonde, et que pour dire beaucoup, il n'a pas besoin de recourir au bruit et à la multitude des paroles. C'est ce souffle d'un petit vent ou Élie dit qu'était le Seigneur, pour se faire entendre à lui. Lorsqu'on entend ce souffle divin, on éprouve la vérité de ce qu'a dit l'Auteur du Livre de l'Imitation de J. C. : Celui à qui le Verbe Éternel parle, est bientôt au-dessus des vaines opinions des hommes, et on s'écrie avec le même Auteur : Que tous les savants se taisent en votre présence, ô mon Dieu, parlez-moi vous seul. L'âme de son côté dit beaucoup, sans beaucoup parler, ou plutôt, c'est son silence qui parle, et qui dit à Dieu toutes choses. Au reste ce serait une erreur de croire que le repos de la contemplation exclue toute action de l'âme ; ce n'est que les opérations discursives, et les actes marqués qui sont supprimés, pour faire place à des actes si simples, si subtils et si imperceptibles, que l'âme même souvent ne les sent pas, quoiqu'en effet elle les produise.


Puisque le repos de la contemplation amortit la vivacité de la nature, en faisant cesser ses opérations, n est-il pas à craindre qu'il n'amortisse aussi la vigueur de l'âme, et que les personnes habituées à ce repos, ne soient pas moins propres à l'action et aux fonctions de leur charge ?

Il arrive au contraire que l'âme en devient plus forte et plus courageuse, et que plus la paix dont elle jouit au-dedans est grande, plus son action est ardente et vigoureuse au-dehors. On remarque que les Saints accoutumés à la contemplation, ont plus travaillé au-dehors pour la gloire de Dieu, que les autres, qui n'ont pas été favorisés de ce don. On raconte de saint Xavier, que dans un de ses voyages sur mer, étant sorti du vaisseau avec plusieurs autres, quand il fallut se rembarquer, il fut trouvé hors de lui même, absorbé dans la contemplation ; c'est dans ce doux repos qu'il prenait de nouvelles forces, pour se soutenir dans ses travaux. Et cela est aisé à comprendre ; ce repos étant fondé sur l'amour, dont il est l'effet et la cause tout ensemble ; plus il est grand, plus il y a d'amour ; et à mesure que l'amour de Dieu augmente, le zèle de sa gloire et le désir de s'employer à son service augmentent aussi. Il semble même que ce repos convienne particulièrement à ceux qui travaillent beaucoup pour Dieu ; c'est pour eux comme un port tranquille, où ils se délassent de leurs fatigues ; et on peut leur appliquer ces paroles de l'Apocalypse : Dès maintenant, dit l'Esprit, ils se reposeront de leurs travaux. C'est là que dans une douce mort, ils oublient toutes les choses de la terre, et participent au bonheur de ceux dont il est écrit : Heureux sont les morts qui demeurent dans le Seigneur.


Qui sont ceux qui peuvent prétendre à ce doux repos ?

Nous avons déjà remarqué plus d'une fois, qu'il n'y a point de méthode pour y parvenir : c'est ordinairement la récompense des travaux passés. Souvent aussi Dieu le donne dès le commence ment à ceux qui ont le cœur droit, et qui, à beaucoup de candeur, joignent une grande humilité. L'homme de son côté peut s'y disposer par la droiture d'intention, par un soin continuel de chercher Dieu en toutes choses, et par un grand détachement des biens et des plaisirs de la vie. Ce qui est certain, c'est que la contemplation étant la véritable sagesse, elle ne saurait se trouver dans la région de ceux qui vivent dans les délices (Job).


Avis nécessaires à ceux qui sont dans la voie
extraordinaire, ou surnaturelle



Quels avis faut-il donner aux personnes qui marchent dans la voie que nous venons de décrire dans les deux Chapitres précédents ?

Ces avis sont différents, selon les différents degrés que nous avons distingués dans cette voie.


Quels sont les avis nécessaires à ceux qui sont dans le premier degré, où l'âme attirée au saint repos, a la facilité de se servir de ses puissances, pour suivre les mouvements que lui donne le Saint-Esprit ?

Voici les deux plus important. Le premier est qu'on ne doit point se détourner de cette voie de repos, ni rien faire qui en puisse troubler la douceur. Agir de son propre mouvement, et multiplier ses pratiques, ce serait s'embrouiller : il n'y a qu'à recevoir et à suivre les mouvements de la grâce. Cet avis est d'autant plus nécessaire aux personnes qui marchent dans cette voie, qu'elles ont ordinairement beaucoup de contradictions à soutenir de la part de bien des gens, et même de quelques Directeurs, qui traitent leur état d'illusion et de pure oisiveté. C'est pour cela qu'il ne faut jamais oublier ce que nous avons déjà solidement établi : Que le simple regard de la contemplation, est préférable à la multitude des actes, et à tout ce qu'on pourrait faire par son industrie ; que ce n'est pas seulement une oraison très-relevée, mais encore une excellente règle de conduite, à cause de la lumière divine qui accompagne toujours ce regard, et qui applique saintement les âmes au bien que Dieu demande d'elles.
Le second avis nécessaire aux personnes dont nous parlons, est d'éviter avec soin l'extrémité opposée, qui serait de se mettre d'elles-mêmes dans cet état de repos, avant que Dieu les y attirât. L'amour des choses extraordinaires, en a précipité plusieurs dans les fausses dévotions, qui se glissent facilement dans cette voie.


Comment est-ce qu'on donne entrée aux fausses dévotions ?

L'imprudence des directeurs y contribue quelquefois autant que l'amour-propre des personnes qu'ils dirigent. Ils ont lu des Livres où l'on traite de ces voies sublimes, de mort mystique, d'inaction, d'abandonnement, de perte de soi-même ; ils ont vu quelques âmes que Dieu conduisait par ces sortes de voies ; frappés de ces belles idées, et voyant dans les personnes qu'ils dirigent, quelques attraits de la grâce, ils se bâtent de leur faire prendre l'essor, et de les conduire, comme si elles étaient en effet parvenues à ces états relevés. D'où il arrive que ces personnes, pleines d'estime pour elles-mêmes, et d'une grande idée de leur état, affectent une dévotion sublime, qui n'est que dans leur esprit : et pour soutenir cette fausse élévation, elles ont recours à des raisonnements subtils et à quelques goûts forcés qui les amusent. Mais toute cette dévotion n'est que chimère, orgueil, vaine complaisance, ou pour le moins inutilité.


Quels avis sont nécessaires aux personnes qui sont arrivées au second degré, que nous avons appelé une mort mystique ?

Ces avis doivent être réglés sur les différentes épreuves par où l'on passe quand on est dans ce degré. Ces épreuves, comme nous l'avons déjà dit, sont l'aridité, l'impuissance et la peine.


Comment doit-on se comporter dans l'aridité ?

Le soin principal doit être de ne point se relâcher de ses exercices spirituels, de ne rien retrancher de ce qu'on avait coutume de pratiquer, et de se soutenir par la foi. Cette aridité, qui est fort contraire aux inclinations des sens, augmente la vigueur de l'esprit : l'âme accoutumée à se passer des goûts sensibles, et à ne se conduire que par les lumières de la foi, en sort plus généreuse, et les vertus en deviennent plus solides.


De quelle manière doit-on se conduire dans l'état d'impuissance, où l'âme n'a pas l'usage ordinaire de ses facultés pour agir intérieurement, et pour former de bons désirs ?

Ce n'est pas assez qu'elle souffre avec patience cet état de privation et de perte ; il faut encore qu'elle s'abstienne de faire de grands efforts pour en sortir ; parce qu'il lui est avantageux d'être pour un temps dans cette impuissance. Au reste, on ne doit point être surpris que Dieu traite ainsi les âmes qui sont fideles ; c'est par un effet de son amour qu'il en use de la sorte, afin, de leur communiquer un bien infiniment plus parfait. Il se comporte en cela comme un bon père, qui ôterait des mains de son fils une viande grossière, et ordonnerait qu'on en cherchât une plus délicate. Cet enfant souffrirait la faim pendant quelque temps ; mais l'attente d'une meilleure nourriture le consolerait. Après tout, en cet état il n'y a point d'autre parti à prendre que celui de la patience, à moins qu'on ne veuille se tourmenter en vain pour faire ce qui est alors comme impossible.


Comment doit-on se comporter quand on est dans la troisième épreuve qui est la peine ?

Comme c'est une épreuve très-rude comme le démon par ses tentations travaille sans cesse à la rendre encore plus rude, et qu'elle est presque toujours accompagnée de trouble et de ténèbres intérieures, l'âme qui souffre cette peine doit, 1. prendre beaucoup sur elle-même pour la supporter avec résignation. 2. Être continuellement en garde contre la tentation pour repousser vigoureusement le mal auquel elle se sent portée. 3. Faire choix d'un directeur éclairé, et lui être fort soumise ; parce qu'étant faible et dans l'obscurité, elle ne peut tirer que de l'oraison et de l'obéissance les lumières et la force dont elle a besoin pour résister à de si rudes attaques.


Que doit-on conseiller aux âmes qui sont dans le troisième degré, que nous avons comparé à une espèce de résurrection et de vie nouvelle ?

Comme cet état est abondant en lumière et en puissants secours, on y surmonte aisément les plus grandes difficultés, et on n'a guère besoin d'avis quand on y est parvenu ; mais on en a grand besoin pour y arriver et pour s'y établir. Ce passage est dangereux ; il s'agit de passer de l'obscurité à la lumière ; c'est le temps où Satan se transfigure pour séduire les âmes. Si elles ne sont sur leurs gardes et qu'elles n'aient pas un bon guide, elles prennent le faux jour qui vient du malin esprit, pour la véritable lumière qui vient de Dieu.


Quel est ce faux jour ?

C'est une de ces illusions dont les personnes avancées dans la vertu ne sont pas exemptes. Nous en avons parlé dans le dernier chapitre de la première partie. Maintenant il suffit de dire que cette illusion s'introduit à la faveur des consolations spirituelles que Dieu rend à l'âme après qu'elle a passé par les épreuves. Le retour de ces consolations qui se font sentir à la partie inférieure, est un de ces temps dangereux, où il est aisé au démon de faire donner les âmes dans le piège. Comme elles ne font que sortir des ténèbres où elles ont été longtemps plongées, et pendant lesquelles le malin esprit a dressé ses embûches ; il leur et très-difficile de distinguer la véritable lumière de la fausse. Il faut donc que ces âmes encore à demi aveugles aient recours à trois guides sûrs, qui sont la foi, l'humilité et l'obéissance, sans quoi elles ne sauraient se défendre de ce que l'Écriture appelle les artifices secrets de l'esprit de ténèbres. (Ps. 90, 6)


Quelle est l'illusion la plus dangereuse et la plus difficile à guérir dans la vie spirituelle ?

C'est lorsque le démon vient à bout de persuader aux âmes que tout ce qu'il leur suggère vient immédiatement de Jésus-Christ ou de la sainte Vierge, ou de quelqu'autre Saint. Ce sont quelquefois des personnes vertueuses et accoutumées aux visites de Notre-Seigneur, et qui néanmoins ne peuvent pas reconnaître la tromperie. Elles n'ont pas le moindre doute que ce ne soit J. C. qui leur parle en certains temps, quoique les choses qu'elles entendent soient dans la suite justement condamnées de tout le monde. N'a-t-on pas vu à Rouen un prêtre connu pour un homme de bien, lequel disant la Messe et tenant J. C. entre ses mains, croyait entendre des paroles et recevoir des conseils qui aboutirent enfin à un grand désordre ? Ne sait-on pas que sainte Catherine de Bologne, après avoir pratiqué la vertu pendant longtemps et reçu de très-grandes faveurs du ciel, fut durant trois ans trompée par le démon qui lui paraissait tantôt sous la forme de J. C., et tantôt sous celle de la sainte Vierge ?
Cela arrive aux âmes qui ne sont pas encore parfaitement éclairées, quoique solidement vertueuses : car celles qui sont dans la claire lumière, il n'est pas à craindre, dit sainte Thérèse, qu'elles se trompent ainsi ; elles n'ont nulle peine à distinguer les fausses visites des véritables.


Comment peut-on se garantir de ses illusions ?

Il n'y a qu'un moyen, qui est de s'attacher à la foi et de se conduire par l'obéissance, comme fit sainte Catherine de Bologne, qui mérita par sa soumission de découvrir les artifices de Satan, et d'être délivrées de ses peines.


Reportez-vous à Des qualités qui sont propres dans la voie extraordinaire, par le R.-P. Jean-Joseph SurinDe la voie surnaturelle ou extraordinaire, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De l'Oraison et de la Contemplation, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De la contemplation, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De l'avancement de l'âme et des principaux moyens qui peuvent le procurer, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De la vie parfaite, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Du bon Directeur, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Instruction pour les personnes qui entrent dans la voie d'Oraison, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Que les âmes lâches fassent tous leurs efforts pour acquérir la bonne volonté qui leur manque, Simple et courte méthode d'oraison mentale, De l'Oraison, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De la Pénitence et de l'Oraison, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Pour bien faire l'oraison et pour en tirer le fruit qu'on a lieu d'en attendre, Du Recueillement, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Du vrai Religieux, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Ce qui s'est observé dans un Ordre Religieux durant le premier siècle depuis son établissement, doit être regardé comme meilleur que tout ce qu'on peut inventer dans la suite, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De la vie mixte, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Des amitiés, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De la conversation, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Des Vertus, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De l'étude des Lettres, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Réflexions sur la nature et les forces des Démons, et sur l'économie du Royaume des ténèbres, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Des exercices de piété, par le R.-P. Jean-Joseph Surin : Quels sont les devoirs de piété dont il faut s'acquitter envers les Saints ?, Des exercices de piété, par le R.-P. Jean-Joseph Surin : Quels exercices de piété prescrivez-vous à l'honneur des Anges ?, Des exercices de piété, par le R.-P. 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Jean-Joseph Surin, Catéchisme spirituel de la Perfection Chrétienne, par le R.P. Jean-Joseph Surin (1), Catéchisme spirituel de la Perfection Chrétienne, par le R.P. Jean-Joseph Surin (2), De la vie illuminative, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De la réformation de la mémoire, par Le R.-P. Jean-Joseph Surin, De quelques moyens de bien faire l'oraison mentale, Degrés des vertus qu'on se propose d'acquérir, Combien sont mal fondées les plaintes de ceux qui se disent incapables de méditer, En quoi consiste l'exercice de la présence de Dieu, Les voies du salut, De l'amour du Père Surin pour l'humilité, dans l'union avec Notre-Seigneur Jésus-Christ, De l'amour étonnant du Père Surin pour l'abjection, dans l'union avec Notre-Seigneur Jésus-Christ, De l'amour admirable du Père Surin pour les souffrances, dans l'union avec Notre-Seigneur Jésus-Christ, De l'imagination de l'homme, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De la réformation de l'entendement, par le R.-P. 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