samedi 23 mars 2019

LES SEPT DIMANCHES DE SAINT JOSEPH



Extrait de "Pouvoir de Saint Joseph", par le R. P. Huguet, Mariste :






DÉVOTION DES SEPT DIMANCHES


Consacrés à honorer

les Sept Allégresses et les Sept Douleurs de saint Joseph


(Avec indulgence plénière)



Depuis que le Ciel a révélé à la terre la gloire de saint Joseph si peu connu dans les premiers siècles, on a pu lui appliquer à bien plus juste titre qu'à Mardochée ces paroles d'Assuérus : « Ainsi doit être honoré celui que le Roi juge à propos d'élever au faîte des honneurs. »
Notre siècle, dit le savant et pieux Évêque de Luçon, semble avoir recueilli plus spécialement cette parole prophétique : Allez à Joseph et faites tout ce qu'il vous dira (Gen., XLI). Déjà l'héroïque confesseur, Pie VII de sainte mémoire, avait ouvert libéralement les trésors de l'Église en faveur de ceux qui invoquent cet illustre Patriarche. Le souverain pontife Pie IX, qui occupe si glorieusement la chaire de Pierre, voulant, dans son amour si tendre et si ardent pour Marie, répandre partout la dévotion à son chaste Époux, a étendu à toute l'Église la touchante solennité du Patronage de saint Joseph qui se célèbre le troisième dimanche après Pâques. Pour ranimer la confiance des âmes pieuses pour celui que l'on invoque comme le patron et le modèle de la vie intérieure, il a ajouté du nouvelles et de bien grandes indulgences à celles que ses prédécesseurs avaient accordées aux pratiques en l'honneur de saint Joseph.
On gagnait 300 jours d'indulgence, chaque fois, d'après une concession de SS. Grégoire XVI, en date du 22 janvier 1836, en récitant, pendant sept dimanches consécutifs, dans le courant de l'année, au choix des fidèles, la prière connue sous le nom des Sept Allégresses et des Sept Douleurs de saint Joseph, et le septième dimanche une indulgence plénière ; SS. Pie IX, le 1er février 1847, a ajouté de plus une indulgence plénière, à chaque dimanche, applicable aux âmes du purgatoire; et le 22 mars de la même année, Sa Sainteté a étendu ces mêmes indulgences à tous ceux qui, ne sachant point lire ou n'ayant pas la prière susdite, réciteraient, ces mêmes dimanches, sept Pater, Ave, Gloria, etc., en y ajoutant les conditions d'usage.
Les fidèles serviteurs de saint Joseph ont répondu à cette pieuse invitation du Vicaire de Jésus-Christ, en adoptant avec empressement la salutaire pratique des Sept dimanches consacrés à honorer le glorieux Époux de Marie. Les grâces précieuses qu'ils ont obtenues, les miracles que le Seigneur a opérés en faveur de ceux qui l'ont faite avec confiance et avec piété, ont contribué puissamment, dans ces derniers temps, à augmenter la dévotion à saint Joseph ; c'est pour aider, dans la mesure de nos forces, les âmes pieuses à se bien acquitter de ces saints exercices que nous leur offrons une méditation pour chacun des sept dimanches consacrés aux allégresses et aux douleurs de notre saint Patriarche ; afin que, s'adressant à lui avec plus d'amour et de ferveur, elles obtiennent tout ce qu'elles demanderont en son nom pour elles et pour tous ceux auxquels elles s'intéressent dans ce monde et dans l'autre.
Quoiqu'il n'y ait aucune époque fixée pour gagner les indulgences plénières attachées à cette sainte pratique, nous croyons cependant que l'on pourrait choisir préférablement les dimanches qui précèdent les fêtes de saint Joseph, ou bien quelques circonstances particulières, dans lesquelles on a besoin de grâces plus abondantes pour connaître sa vocation, par exemple, et pour obtenir la conversion d'un pécheur, et le succès d'une affaire qui intéresse la gloire de Dieu. On devra, après chacune de ces sept méditations, réciter les douleurs et les allégresses de saint Joseph, seules prescrites pour gagner les indulgences.


EXEMPLE

Voici un trait rapporté par des auteurs très graves et dignes de foi (Joann. de Panno, in authen. ord. Francisc. — Gratian. Carmel I. V. de S. Joseph. — Carthac. Moral. — P Jacquinot, P. Patrignani, l. LL, c. 8), qui prouve combien ce pieux exercice en l'honneur de saint Joseph lui est agréable et quelles grâces précieuses il procure à ceux qui le font avec piété : Deux Pères Franciscains naviguaient sur les côtes de Flandre, lorsqu'il s'éleva une affreuse tempête qui submergea le navire avec trois cents passagers qui s'y trouvaient. La divine Providence permit que ces deux Religieux s'emparassent d'une des pièces du navire, sur laquelle ils se soutinrent entre la vie et la mort pendant trois jours, ayant sans cesse sous les yeux l'abîme immense qui menaçait de les engloutir. Fidèles serviteurs de saint Joseph, pleins de confiance en sa toute-puissante protection, ils se recommandèrent à lui comme à leur véritable planche de salut après le naufrage et à la douce étoile qui devait les conduire au port. À peine ont-ils achevé leur prière, qu'elle est exaucée ; l'orage se dissipe, l'air devient serein, la mer s'apaise et l'espérance renaît au fond de leur cœur. Mais ce qui mit le comble à leur joie, c'est la vue d'un jeune homme, plein de grâce et de majesté, qui, après les avoir salués avec bonté, s'offrit à leur servir de guide. Ils avancent déjà, ils voguent heureusement, la mer et les vents rendent obéissance à celui à qui le Dieu de la mer et des vents avait autrefois obéi. Arrivés sur le rivage, les deux Religieux se jettent aux pieds de leur libérateur, qu'ils ne connaissent pas et qu'ils croient être quelque ange : après lui avoir offert les plus vives actions de grâces, ils le prient instamment de vouloir bien leur dire son nom. « Je suis Joseph, leur répondit-il : si vous voulez faire quelque chose qui me soit agréable, ne laissez passer aucun jour sans réciter dévotement sept fois l'Oraison Dominicale et la Salutation Angélique en mémoire des Sept Douleurs dont mon âme fut affligée, et des Sept Allégresses dont mon cœur, fut souverainement consolé pendant les jours que je passai sur la terre dans la compagnie de Jésus et de Marie. » À ces mots, il disparut, les laissant comblés de la joie la plus vive, et pénétrés du désir le plus sincère de l'honorer et de le servir tous les jours de leur vie.


Exercice en l'honneur

des Sept Douleurs et des Sept Allégresses de saint Joseph




I

Ô très-chaste Époux de Marie, glorieux saint Joseph , autant furent terribles la douleur et l'angoisse de votre cœur, lorsque vous pensiez devoir vous séparer de votre Épouse sans tache, autant fut vive l'allégresse que vous éprouvâtes quand l'Ange vous révéla le mystère de l'incarnation.
Nous vous supplions, par cette douleur et celle allégresse, de daigner consoler nos âmes maintenant et dans nos derniers moments, en nous obtenant la grâce de mener une vie sainte et de mourir d'une mort semblable à la vôtre, entre les bras de Jésus et de Marie.
Pater. Ave. Gloria Patri.

II

Ô très-heureux Patriarche, glorieux saint Joseph, qui avez été élevé à l'éminente dignité de père putatif du Verbe fait chair, la douceur que vous éprouvâtes en voyant naître l'Enfant-Jésus dans une si grande pauvreté, se changea bientôt en une joie céleste, lorsque vous entendîtes les concerts des Anges, et que vous fûtes témoin des glorieux événements de cette nuit resplendissante.
Nous vous supplions, par cette douleur et cette allégresse, de nous obtenir, après le cours de cette vie, la grâce d'être admis à entendre les sacrés cantiques des Anges, et à jouir de la gloire céleste.
Pater. Ave. Gloria Patri.

III

Ô modèle parfait de soumissions aux lois divines, glorieux saint Joseph, la vue du sang précieux que le Rédempteur-Enfant répandit dans sa circoncision perça voire cœur de douleur ; mais l'imposition du nom de Jésus le ranima en vous remplissant de consolation.
Obtenez-nous, par cette douleur et cette allégresse, qu'après avoir extirpé tous nos vices pendant la vie, nous puissions mourir avec joie en invoquant de cœur et de bouche le très saint nom de Jésus.
Pater. Ave. Gloria Patri.

IV

Ô saint très-fidèle ! à qui furent communiqués les mystères de notre Rédemption, glorieux saint Joseph, si la prophétie de Siméon vous causa une douleur mortelle, en vous apprenant ce que Jésus et Marie devaient souffrir, elle vous remplit en même temps d'un saint contentement en annonçant que ces souffrances seraient suivies du salut d'une multitude innombrable d'âmes qui ressusciteraient à la vie.
Demandez pour nous, par cette douleur et cette allégresse, que nous soyons du nombre de ceux qui, par les mérites de Jésus-Christ et l'intercession de la Vierge Marie, ressusciteront pour la gloire.
Pater. Ave. Gloria Patri.

V

O très-vigilant Gardien du Fils de Dieu fait homme, glorieux saint Joseph ! combien vous avez souffert pour servir le Fils du Très-Haut et pourvoir à sa subsistance, particulièrement pendant la fuite en Égypte ; mais aussi combien vous dûtes jouir d'avoir toujours avec vous le Fils de Dieu, et de voir tomber, à son arrivée, les idoles des Égyptiens !
Obtenez-nous, par cette douleur et celle allégresse, qu'en tenant toujours le tyran infernal éloigné de nous, surtout par la fuite des occasions dangereuses, nous méritions de voir tomber de nos cœurs toutes les idoles des affections terrestres, et qu'entièrement consacrés au service de Jésus et de Marie, nous ne vivions plus que pour eux, et que nous leur offrions avec joie notre dernier soupir.
Pater. Ave. Gloria Patri.

VI

Ô Ange de la terre, glorieux saint Joseph ! qui avez vu avec admiration le Roi du Ciel soumis à vos ordres, la consolation que vous éprouvâtes en le ramenant d'Égypte fut troublée par la crainte d'Archélaüs ; cependant, rassuré par l'Ange, vous restâtes avec joie à Nazareth, dans la compagnie de Jésus et de Marie.
Obtenez-nous, par cette douleur et cette allégresse, que, dégagés de toutes les craintes qui ne pourraient que nous être nuisibles, nous  jouissions de la paix de la conscience, que nous vivions en sécurité dans l'union avec Jésus et Marie, et que ce soit entre leurs mains que nous remettions nos âmes au moment de la mort.
Pater. Ave. Gloria Patri.

VII

Ô modèle de sainteté, glorieux saint Joseph ! qui, ayant perdu l'Enfant-Jésus sans qu'il y eût de votre faute, le cherchâtes pendant trois jours avec une grande douleur, jusqu'au moment où vous éprouvâtes la plus grande joie de votre vie en le retrouvant dans le temple au milieu des Docteurs.
Nous vous supplions du fond du cœur, par cette douleur et cette allégresse, de daigner employer votre crédit auprès de Dieu, afin qu'il ne nous arrive jamais de perdre Jésus par le péché mortel, et que, si ce malheur extrême nous arrivait, nous le cherchions de nouveau avec la plus profonde douleur, jusqu'à ce que nous le retrouvions favorable, surtout au moment de la mort, pour pouvoir ensuite jouir de lui dans le Ciel et bénir avec vous vos infinies miséricordes pendant toute l'éternité.
Pater. Ave. Gloria Patri.


Ant. Jésus commençait sa trentième année lorsqu'on le prenait pour le fils de Joseph.


V/ Priez pour nous, saint Joseph ;
R/ Afin que nous soyons clignes des promesses de Jésus-Christ.


PRIONS

Ô Dieu qui, par une Providence ineffable, avez daigné choisir le bienheureux Joseph pour être l'époux de votre très-sainte Mère ; faites, nous vous en supplions, qu'en le vénérant sur la terre comme notre protecteur, nous méritions de l'avoir pour intercesseur dans les cieux, vous qui, étant Dieu, vivez et régnez, etc. Ainsi soit-il.




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vendredi 22 mars 2019

Saint Joseph patron et modèle des religieux



Extrait de "Pouvoir de Saint Joseph", par le R. P. Huguet, Mariste :


La fuite en Égypte (Alessandro Turchi)


Soyez mes imitateurs comme je le suis moi-même de Jésus-Christ. (I Cor., XI)


Saint Joseph eut le bonheur de passer trente ans dans la plus intime union avec Celui en qui sont renfermés tous les trésors de la sagesse incréée. Les traits de ce divin modèle s'imprimaient tous les jours profondément dans son âme, déjà si pure et si bien préparée, et le cœur de Jésus, ce parfait exemplaire de toutes les vertus, communiquait sans cesse à celui de Joseph ses sentiments, ses dispositions, ses divines ardeurs.
Quoique l'Écriture dise peu de chose des actions de saint Joseph, il n'est pas difficile néanmoins à une âme attentive de connaître, par son silence même, que la vie de ce grand Patriarche fut sanctifiée par l'exercice des plus sublimes vertus. Mais bornons-nous à méditer ces vertus fondamentales sur lesquelles repose la vie religieuse : la chasteté, la pauvreté et l'obéissance.
Modèle des religieux et des religieuses, sa maison ayant été le plus saint monastère qui fut jamais, lui-même ayant été comme un supérieur des vierges dont sa famille était toute composée, ayant vécu dans la pratique de la chasteté, de la pauvreté et de l'obéissance la plus exacte, et dans une retraite, une prière et un silence continuels.
Et d'abord qu'elle fut belle et admirable sa chasteté ! Pardonnez-moi, Seigneur, si j'ose dire que ces Esprits vierges qui composent votre cour dans le Ciel, n'ont jamais possédé une pureté si noble, si glorieuse, si utile, si admirable que cet homme-vierge, sur le sein duquel vous preniez un délicieux repos. Dans les Intelligences célestes, la chasteté n'est qu'une propriété de leur nature ; mais dans Joseph elle est le fruit d'une grâce privilégiée ; elle est nécessaire et sans mérite dans les Anges, mais volontaire, sans exemple, et digne d'une récompense éternelle dans le saint Époux de Marie ; les Esprits la conservent dans une substance impassible, et Joseph la fait triompher dans une chair fragile et sujette à la corruption ; elle ne possède que l'esprit des Anges, tandis qu'elle est la belle et blanche vertu de l'âme et du corps très-pur de Joseph. La virginité de ce saint Patriarche était nécessaire pour l'accomplissement du mystère de l'incarnation tel qu'il avait été conçu dans le Ciel.
Le Fils de Dieu peut dire : Il n'y a que deux vierges au monde à qui je suis redevable de ma vie : à ma Mère en qui j'ai pris une naissance toute pure et toute divine ; à Joseph qui est demeuré vierge pour ne pas empêcher ce miracle de grâce.
Marie peut dire à son tour : Il n'y a qu'un Dieu et un homme à qui je dois l'honneur de ma maternité divine : à mon Fils qui m'a choisie pour Mère ; à mon chaste Époux qui est le gardien de ma virginité, sans laquelle je n'aurais jamais été la Mère de Dieu (la virginité, dit saint Jean Chrysostome, assimile ceux qui vivent sur la terre aux habitants du céleste royaume, et rend les mortels semblables aux pures Intelligences ; elle les égale aux Anges et fait même douter s'ils ne les surpassent pas).
Une bouche mortelle ne saurait exprimer quelles durent être la sainteté et l'innocence de celui qui fut choisi entre tous les hommes pour être l'Époux et le gardien de la plus pure et de la plus sainte des créatures, et combien la pureté de son cœur s'embellit encore par son union avec cette Vierge immaculée.
Votre Ange, ô mon Dieu ! n'avait dit qu'une parole à cette Vierge si pure et la voyant extraordinairement émue, il s'était retiré ; mais Joseph plus heureux a une entière liberté de lui parler seul à seul, de demeurer toujours avec elle, d'avoir avec elle ces doux et saints entretiens qui, sans lui laisser aucun trouble dans l'âme, l'édifient et le consolent. Que ne devait pas opérer la présence de cette Reine des vierges sur le cœur de Joseph, déjà pur comme les Anges et prévenu dès son enfance d'un attrait singulier pour la sainte vertu !
Saint Augustin prouve que l'âme de la très sainte Vierge fut la plus pure de toutes, parce qu'elle fut la plus unie et la plus familière avec Jésus-Christ qui efface les péchés du monde.
On peut dire qu'après l'auguste Mère de Dieu aucun saint n'eut des rapports plus intimes avec Jésus, que Joseph qui conversa si longtemps avec lui. Quelle pureté ne dut-il pas acquérir dans la compagnie du Saint des saints et de la Reine des vierges !
« Saint Joseph , dit saint François de Sales, a surpassé en pureté les Anges et les Archanges. Car, si le soleil matériel n'a besoin que de peu de jours pour donner au lis sa blancheur éblouissante, qui pourra concevoir à quel admirable degré de candeur s'éleva la pureté de Joseph, exposée jour et nuit durant tant d'années aux rayons du Soleil de Justice et de cette Lune mystique qui emprunte de lui sa splendeur ? »
C'est lui qui, de concert avec son auguste Épouse, a levé l'étendard de la virginité perpétuelle, sous lequel sont venues se ranger des troupes innombrables d'âmes privilégiées qui, ayant le cœur plus grand que le monde, ont mené sur la terre une vie angélique. Aussi a-t-il une grâce particulière pour nous secourir contre les tentations de la chair, et son nom invoqué avec confiance porte avec soi, comme celui de Marie, l'idée, l'impression, l'amour de la pureté et de l'innocence toute divine du Sauveur-Enfant et de l'intégrité de la Reine des vierges. Marie trouva dans Joseph un zélé défenseur du glorieux privilège de sa virginité, contre le souffle empoisonné des hérésies qui s'efforçaient de la flétrir : Promptissimus defensor contra derogantes virginitati meoe, dit Marie elle-même à sainte Brigitte (Notre-Seigneur parlant à sainte Brigitte s'exprime ainsi : « Ma Mère fut Vierge avant, pendant et après l'enfantement. Pour le prouver, le seul témoignage de saint Joseph serait suffisant ; car il fut témoin et gardien de sa virginité. » Lib. v, Interrog. XII, q. 5).
Âmes pieuses, c'est sous la protection de Joseph que vous aurez le bonheur de conserver une vertu qui fait le plus bel ornement de la vie religieuse. C'est aux vierges que Dieu promet le centuple en cette vie et la gloire éternelle en l'autre. Heureuse l'âme à qui Dieu donne cette sainte vocation ! Que les personnes auxquelles ce bonheur n'est pas accordé, se rapprochent autant que possible de la virginité en gardant fidèlement la chasteté convenable à leur état.
Si nous nous rappelons qu'un des principaux effets de la sainte humanité de Jésus-Christ est de purifier, de sanctifier, de diviniser en quelque sorte, non-seulement nos âmes, mais même nos corps ; que c'est en particulier l'effet propre de l'adorable Eucharistie, penserons-nous que celui qui a tant de fois touché de ses mains le Verbe fait chair, tandis qu'il l'embrassait encore plus étroitement par sa foi et par son amour, n'ait pas été sanctifié, spiritualisé, transformé pour ainsi dire par sa divine parole ?
Non, jamais nous ne pourrons assez admirer l'éminente pureté du cœur de Joseph, cette incorruptibilité de son âme, cette virginité intérieure, ce parfait dégagement d'un esprit entièrement purifié, cette sublime vertu qui unit l'homme si intimement à Dieu, qui le familiarise avec lui, qui le lui rend semblable autant que la nature humaine en est capable, qui ne laisse plus dans l'âme que des inclinations vertueuses, des impressions divines, des pensées célestes ; cette délicatesse du cœur qui ne souffre pas le moindre atome qui puisse tant soit peu blesser les regards de Dieu.
Saint Joseph aima et pratiqua la pauvreté évangélique qui devait servir de modèle aux Religieux. Il fut pauvre d'esprit et de cœur, il souffrit les incommodités de sa pauvreté sans se plaindre ; réduit à gagner sa vie et celle de sa sainte Famille, il s'estimait trop heureux de partager avec Marie la pauvreté de Jésus qui, possédant toutes les richesses, s'est fait pauvre pour l'amour de nous ; à son exemple, il voulut vivre et mourir pauvre.
Descendre des souverains que Dieu avait mis sur le trône d'Israël ; être d'une famille où le sacerdoce et la royauté avaient été réunis, et accepter sans murmure une pauvreté extrême, se contenter de gagner sa vie à la sueur de son front dans une boutique ; en un mot, vivre en simple artisan par cet esprit de religion qui fait que nous aimons à nous anéantir aux yeux des hommes ; c'est là ce qu'on peut appeler un prodige d'humilité. Malgré nous le sang nous rappelle à notre origine.
L'obéissance de saint Joseph n'est pas moins digne de notre admiration. Toute la sainteté de ce grand serviteur de Dieu eut pour base l'obéissance, et sa vie ne fut pour ainsi dire qu'une pratique continuelle de cette vertu. Il obéit sans murmure au décret d'un empereur idolâtre, qui l'oblige de se rendre à Bethléem ; il accompagne Marie au temple, lorsque pour accomplir la loi elle va se purifier, comme une femme ordinaire, et consacrer son Fils au Seigneur. Il obéit sans délai à un ordre du Ciel encore plus rigoureux et plus sévère.
Après son retour de Jérusalem, il demeurait paisiblement à Nazareth avec Marie. Le paradis n'offrait pas plus de bonheur que cette sainte maison ; Jésus était le nœud de ces deux cœurs et leur amour commun ; ils vivaient heureux de sa présence, comme s'ils eussent été déjà dans le Ciel ; mais voici une épreuve qui montre bien qu'ils sont encore sur la terre. Au milieu de la nuit pendant que les trois augustes personnes qui composaient la sainte Famille dormaient, un Ange du Seigneur apparaît en songe à Joseph, et lui dit de sauver par une fuite précipitée la vie du saint Enfant. Il obéit à l'instant sans murmurer et sans délais. (l'Ange apparaît à Joseph dans son sommeil, parce que le repos du corps, celui même de la contemplation la plus sainte, doit être abandonné à l'instant dès que Dieu ordonne le travail et l'action : Je trouverai la paix, ô Seigneur ! dans mon affliction la plus amère [Isaïe, 38], toutes les fois que vous m'ordonnerez d'embrasser ces œuvres pour lesquelles les âmes amies du repos ont le plus de répugnance)
Saint Ambroise a remarqué que lorsque Dieu ordonna a Abraham de sortir du lieu de sa naissance pour entreprendre de longs pèlerinages, il lui fit en même temps des promesses magnifiques, mais on ne voit pas dans l'Évangile ce que Dieu promit à Joseph en lui commandant de sortir de sa patrie pour aller en exil chez un peuple barbare. Heureux de faire la volonté de Dieu comme les Anges la font dans le Ciel, ce saint Patriarche ne recherchait en obéissant que le plaisir que Dieu trouve à nous voir parfaitement soumis à tout ce qu'il désire. Abraham ne craint que la perte d'Isaac ; mais Joseph , en se rendant en Égypte, expose et toute sorte de dangers, non-seulement sa personne, mais encore celle du Fils de Dieu lui-même et de sa divine Mère qu'il aime mille fois plus que sa propre vie. Abraham, dans sa douleur, a la consolation de penser que son fils sera sacrifié au vrai Dieu, mais Joseph est dans l'appréhension continuelle de voir Jésus-Christ immolé par des idolâtres à de fausses divinités (voici encore un mystère plus excellent. Partout où entre Jésus, il y entre avec ses croix et toutes les contradictions qui doivent l'accompagner. « Levez-vous, » lui dit l'Ange ; « hâtez-vous de prendre l'Enfant et sa Mère, et fuyez en Égypte. » Pesez toutes les paroles, vous verrez que tout inspire de la frayeur. « Levez-vous, » ne tardez pas un moment ; il ne lui dit pas: allez, mais, «fuyez » L'Ange parait lui-même alarmé du péril de l'Enfant : Et il semble, disait un ancien Père, que la terreur ait saisi le Ciel avant que de se répandre sur la terre. Pourquoi ? si ce n'est pour mettre à l'épreuve l'amour et la fidélité de Joseph, qui ne pouvait pas n'être pas ému d'une manière fort vive en voyant le péril d'une épouse si chère et d'un si cher fils.
Étrange état d'un pauvre artisan qui se voit banni tout à coup ; et pourquoi ? Parce qu'il est chargé de Jésus et qu'il l'a en sa compagnie. Avant qu'il fût né, lui et sa sainte Épouse vivaient pauvrement, mais tranquillement dans leur ménage, gagnant doucement leur vie par le travail de leurs mains ; mais aussitôt que Jésus leur est donné, il n'y a point de repos pour eux. Cependant Joseph demeure soumis et ne se plaint pas de cet enfant incommode qui ne leur apporte que persécution. Il part, il va en Égypte où il n'a aucune habitude, sans savoir quand II reviendra à sa patrie, à sa boutique et à sa pauvre maison. L'on n'a pas Jésus pour rien ; il faut prendre part à ses croix. Pères et mères chrétiens, apprenez que vos enfants vous seront des croix ; n'épargnez pas les soins nécessaires non seulement pour leur conserver la vie, mais, ce qui est leur véritable conservation, pour les élever dans la vertu. Préparez-vous aux croix que Dieu vous prépare dans ces gages de votre amour mutuel, et, après les avoir offerts à Dieu comme Joseph et Marie, attendez-vous comme eux à recevoir, quoique peut-être d'une autre manière, plus de peines que de douceur. — Bossuet).
Ainsi Joseph est, après Marie, le plus admirable modèle que puissent se proposer d'imiter les personnes consacrées à Dieu dans la Religion. Il est certain en effet qu'aucun fondateur d'ordre n'a laissé en ce qui tient aux vœux religieux des exemples aussi parfaits que notre Saint, puisqu'il a été un excellent maître de chasteté, de pauvreté et d'obéissance. Dans la pauvre maison de Nazareth, on voyait le modèle le plus parfait de la vie commune, une règle vivante de la vie active et contemplative. Beaucoup de maisons régulières, ainsi que le démontrent des faits authentiques, ont éprouvé l'efficacité de la protection de saint Joseph, soit pour se recruter quand elles manquaient de sujets, soit pour se soutenir dans les temps de disette. Les communautés religieuses seront toujours chères à un saint, heureux d'y voir retracer fidèlement la vie que Jésus mena durant trente années à Nazareth dans l'obscurité et sous le joug de l'obéissance.
Glorieux saint Joseph, modèle de détachement et de l'obéissance religieuse. Ô vous qui êtes couronné des lis les plus blancs de la plus pure virginité, incomparable Joseph, nous avons déjà appris de la divine Sagesse, que personne, par ses propres forces, ne peut vous suivre dans cette glorieuse carrière ; mais nous savons en même temps que ce don précieux ne peut être refusé à ceux pour qui vous daignez le demander. Obtenez-nous donc une si parfaite pureté de cœur, d'esprit et de corps, que nous participions à la béatitude de ceux dont il est dit : Bienheureux ceux qui ont le cœur pur, parce qu'ils verront Dieu.


EXEMPLE

Dans les premières années du XVIIe siècle, l'Ordre des Chartreux fut soumis à une rude épreuve. Il ne se présentait plus de sujets pour y entrer, les noviciats étaient vides, il allait se dépeupler peu à peu, comme une armée qui, faute de recevoir de temps en temps des recrues, diminue tous les jours, et finit par se réduire à rien. Cependant le Chapitre général de l'Ordre se tint à la Grande-Chartreuse. Les principaux Pères, pour conjurer le danger qui les menaçait, proposèrent de recourir à la protection de saint Joseph ; d'après leur avis, on décréta que l'Ordre entier honorerait le saint Époux de Marie comme son Patron, et que désormais sa fête serait élevée au rang des plus solennelles. Le décret fut exécuté, et on ne tarda pas à en recueillir les heureux effets. Dès ce moment, des sujets nombreux et animés des meilleures dispositions se présentèrent, et les noviciats se peuplèrent de manière à ne plus laisser de crainte ou d'inquiétude pour la conservation de cet Ordre vénérable.
Nous avons été nous-même l'heureux témoin de l'affection toute spéciale et de la touchante confiance de ces saints Religieux pour leur auguste Patron dont ils s'appliquent avec tant de zèle à retracer toutes les vertus, son amour du silence et de la vie cachée, son esprit d'oraison et de pénitence.


PRATIQUE

Prier pour les congrégations religieuses placées sous le patronage du saint Joseph.




Conseil : Prudence aux époux qui souhaitent garder la continence durant le Carême et qui souffrent habituellement de fortes tentations contre la chasteté (nul ne sera couronné s'il n'a pas combattu) ; ne culpabilisez pas si vous ne réussissez pas à tenir l'objectif que vous vous étiez fixé ; Vous offenseriez plus encore Notre Seigneur Jésus-Christ si vous vous exposiez, connaissant votre faiblesse, à une occasion de pécher gravement. Notre divin Maître ne vous demande pas l'impossible. Voyez votre misère et priez davantage pour obtenir de résister à la tentation, et faites des neuvaines aux saints qui ont été des modèles de chasteté, notamment Saint Joseph. Cherchez par ailleurs à vous renoncer vous-mêmes, en vous choisissant pour ce Carême, une vertu à acquérir et un vice à anéantir.




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jeudi 21 mars 2019

Méditation sur le Carême : Jésus ayant jeûné quarante jours et quarante nuits, il eut faim ensuite



Extrait de "L'Esprit de l’Église dans le cours de l'année Chrétienne" :




Jésus ayant jeûné quarante jours et quarante nuits, il eut faim ensuite. (Luc. 4)


1er Point.
Que votre Jeûne, ô mon Sauveur, est long et rigoureux ! et quel exemple pour une âme aussi lâche que la mienne ! Vous vous renfermez dans un désert pour y être réduit à toutes les abstinences, à toutes les privations, et pour m'apprendre que c'est loin du monde, dans la réparation de toutes les créatures, et dans la retraite qu'on trouve Dieu sans dissipations et sans distractions. Votre Jeune m'apprend que ce n'est pas assez de jeûner des viandes ordinaires, qui nourrissent le corps, si on ne jeûne encore de tout ce qui sert d'aliment à la cupidité et à l'amour-propre ; le jeûne des sens n'est rien sans le jeûne de l'esprit et du cœur.
Vous vous privez de tous les besoins de la vie, afin que je me défende de ceux que le goût et la sensualité ajoutent aux besoins indispensables de la nature. Vous êtes, quoiqu'innocent, le modèle le plus parfait de la pénitence, afin que, criminel que je suis, j'expie, par la mortification, mes faiblesses et mes misères ; que le corps, qui est l'instrument du péché, soit puni de l'avoir commis ; et que je lave dans les larmes de componction toutes les souillures de mon âme.
Mais la vraie pénitence n'est pas celle qui macère le corps ; mais c'est de soumettre ses passions, de réprimer ses désirs et son humeur, de réduire sa volonté, son jugement, son esprit, son imagination sous les lois de l'Évangile, et sous l'empire de la vertu ; et que ce qui nous a servi à l'iniquité devienne des moyens de recouvrer l'innocence.
Ô mon Dieu ! que les créatures se taisent pour moi, et que je me taise pour elles ; que mon âme se nourrisse dans le silence, en jeûnant de tous les vains discours ; que la nature, la vanité, la concupiscence, l'amour de moi-même ne fassent plus sur moi leurs impressions fatales ; que le péché meurt dans mon cœur, que la grâce y règne à jamais, et que je ne me nourrisse plus que de vous seul, et de la Croix de votre Fils mon Sauveur.

2e Point. Après un jeûne aussi long, aussi austère, Jésus eut faim ; non pas de cette faim seulement, qui prouve le besoin de réparer ses forces exténuées et défaillantes, mais de la faim de faire la volonté de son Père, parce que c'était sa nourriture, et d'accomplir son œuvre, pour lequel il était employé. C'était un désir empressé de réconcilier l'homme avec Dieu, et d'apaiser sa colère. Cette faim était d'instruire les Peuples par sa parole et par ses exemples. C'était la faim des ignominies, des souffrances, de répandre son Sang et de mourir sur la Croix par amour pour nous.
La faim qui doit suivre notre jeûne est de faire la volonté de Dieu dans l'état où sa Providence nous a placés, d'accomplir l'œuvre de notre salut. Il faut, après avoir jeûné de toutes les douceurs, de toutes les aises, de tous les plaisirs de la vie, être affamé des humiliations, des traverses, des souffrances qui guérissent les plaies qu'ils ont faites à notre âme, et qui nous préservent de leurs dangereuses réductions. Après nous être éloignés dans la retraite de toutes les occasions du péché, il faut que nous les évitions constamment, et que nous courrions sans relâche et sans écarts dans la voie de la perfection et de la sainteté ; il faut pour cela que nous soyons affamés de la justice, de toutes les vertus, et du Royaume de Dieu. Il faut, comme Jésus-Christ, dont les Anges s'approchèrent, et qu'ils servaient, que nous n'ayions plus de commerce ni de rapport qu'avec les Saints, afin de le devenir comme eux. Il faut que notre âme, après avoir jeûné, non pas seulement quarante jours, mais toute la vie, de tout ce qui est terrestre, de tout ce qui tient du monde, de tout ce qui peut être pour nous une occasion de chute et de relâchement, n'ait d'autre nourriture que la Manne céleste, que le Pain des forts, que l'Agneau de Dieu ; afin qu'elle ne soit plus défaillante, et qu'elle devienne assez courageuse, assez forte pour imiter la Vie pénible de Jésus-Christ, et le suivre jusqu'à la mort.



Conseil : Ce n'est pas votre balance qui doit vous annoncer la victoire au sortir du Carême. Ce n'est pas par votre perte de poids que vous pourrez juger si vous avez fait un bon Carême, mais par l'augmentation des vertus. Les pénitences corporelles que vous amorcez en début de Carême, doivent se poursuivre en dehors du Carême, afin que vous puissiez vous concentrer sur les mortifications spirituelles. Si ces quarante jours ne consistent qu'en des restrictions alimentaires, vous passerez à côté de votre Carême. Mortifiez votre corps toute l'année pour ne pas vous sentir submergé à l'arrivée du Carême, et oublier finalement le jeûne spirituel.



Reportez-vous à Instruction sur le Carême, Saint Joseph patron et modèle des religieux, Méditation sur le véritable jeûnePrière pour demander la victoire sur ses passions, Méditation sur la promptitude et la vivacité de la vraie pénitence, Méditation sur les caractères de la vraie et de la fausse pénitence, Méditation sur la sincérité de la pénitence, Méditation sur la vraie pénitence, Méditation sur la réparation du péché, Méditation sur l'expiation du péché, Méditation sur la pénitence du cœur, Méditation sur l'obligation de mener une vie pénitente et mortifiée, Méditation sur la connaissance des vertus et des vices, Méditation pour le premier dimanche de Carême, Méditation pour le Lundi de la première semaine de Carême, Méditation pour le Mardi de la première semaine de Carême, Méditation pour le mercredi de la première semaine de Carême, Méditation pour le jeudi de la première semaine de Carême, Méditation pour le vendredi de la première semaine de Carême, Méditation pour le Samedi de la Première semaine de Carême, Méditation pour le Lundi de la deuxième semaine de Carême, Méditation pour le mardi de la deuxième semaine de Carême, Méditation pour le Mercredi de la deuxième semaine de Carême, Méditation pour le jeudi de la deuxième semaine de Carême, Méditation pour le vendredi de la deuxième semaine de Carême, Méditation pour le samedi de la deuxième semaine de Carême, Méditation pour le troisième Dimanche de Carême, L'Année liturgique avec Dom Guéranger : Le Troisième Dimanche de Carême, Méditation pour le Lundi de la Troisième semaine de Carême, Méditation pour le Mardi de la troisième semaine de Carême, Méditation pour le Mercredi de la troisième semaine de Carême, Méditation pour le vendredi de la troisième semaine de Carême, Méditation pour le quatrième Dimanche de Carême, Méditation pour le vendredi de la quatrième semaine de Carême, Méditation sur les souffrances de Notre-Seigneur Jésus-Christ au Jardin des Olives, Méditation sur la trahison de Judas, Méditation sur les souffrances de Notre-Seigneur Jésus-Christ : Jésus devant Caïphe y reçoit un soufflet, Jésus-Christ exposé dans le prétoire aux dérisions et aux insultes des serviteurs du grand Prêtre, Jésus-Christ flagellé, Méditation pour le Lundi Saint, Méditation pour le Mardi Saint, Méditation pour le Mercredi Saint, Méditation pour le Jeudi Saint, Méditation pour le Vendredi Saint, Méditation pour le Samedi Saint, La Passion corporelle de Jésus expliquée par un chirurgien, Méditation pour le Dimanche des Rameaux, Méditation pour le lundi de la Passion, Méditation pour le mardi de la Passion, Méditation pour le mercredi de la Passion, Méditation pour le Jeudi de la Passion, Méditation pour le vendredi de la Passion, Méditation pour le samedi de la Passion, Réflexion sur la flagellation de Notre-Seigneur Jésus-christ, Méditation pour le Samedi après les Cendres, Litanies de la Passion, L'institution du Carême et la manière dont les premiers chrétiens le passaient. Méditation sur la Loi du jeûne, Sœur Benigna, petite secrétaire de l'amour de Dieu : Défi pour le Carême (9/9), et Pour éviter le purgatoire endurons nos afflictions en esprit de pénitence.














mercredi 20 mars 2019

Instruction sur le Carême



Extrait de "L'Esprit de l’Église dans le cours de l'année Chrétienne" :


Jésus-Christ a été conduit par l'Esprit Saint dans le désert. En toutes choses le Saint-Esprit, qui était en lui, le conduisait ; mais il a voulu que cette circonstance fut spécialement marquée, quand il est entré dans la solitude, d'y jeûner, d'y faire pénitence, d'y être tenté, pour nous faire comprendre que lorsqu'il s'agit de nous séparer du monde, et de nous donner tout de bon à la pratique des bonnes œuvres, nous avons un besoin particulier du secours et de la conduite de l'Esprit de Dieu.

Le temps du Carême est donc un temps de solitude, de séparation, de privation, de silence, de recueillement, de prières, de mortification, d'expiation des fautes passées, de méditation de la Loi de Dieu, de combats contre soi-même, de victoires sur le monde, et sur tous les autres ennemis du salut.

Il faut entrer avec Jésus-Christ dans la retraite, en retranchant les visites, qui ne sont pas absolument nécessaires, donnant plus de temps à l'Oraison et aux saintes lectures, à entendre avec plus de piété la parole de Dieu. Que peut-il nous arriver de plus heureux, que de tenir compagnie à Jésus-Christ, lorsqu'il se sépare de tout pour l'amour de nous, et que seul, avec son Père, il s'occupe de la grande affaire de notre réconciliation ?

Le jeûne doit être observé aussi exactement qu'il est possible, lorsqu'on n'en est pas légitimement dispensé ; mais il faut joindre au jeune corporel le jeûne intérieur et spirituel, sans lequel l'autre n'est pas d'une grande utilité pour nous et d'un grand mérite devant Dieu.

Le jeûne spirituel et intérieur consiste principalement en trois choses.
1°. Dans le renoncement à tout péché.
2°. Dans l'abstinence non seulement de ce qui est criminel en tout temps, comme sont les spectacles et les divertissements profanes ; mais dans l'abstinence des jeux même innocents, de promenades agréables, et des conversations enjouées, ou purement inutiles et de curiosité.
3°. Dans la faim et la soif de la justice, par l'application à faire le plus de bonnes œuvres et d'Aumônes qu'on pourra, et dans le désir de marcher en présence de Dieu, et de se conserver dans une grande union avec lui.

Ceux mêmes qui sont exempts par de bonnes raisons du jeûne corporel, ne le sont pas du jeûne intérieur et spirituel, et doivent même suppléer à l'un par l'autre.



Reportez-vous à Méditation sur le Carême : Jésus ayant jeûné quarante jours et quarante nuits, il eut faim ensuite, Méditation pour le premier dimanche de Carême, Méditation pour le Lundi de la première semaine de Carême, Méditation pour le Mardi de la première semaine de Carême, Méditation pour le mercredi de la première semaine de Carême, Méditation pour le jeudi de la première semaine de Carême, Méditation pour le vendredi de la première semaine de Carême, Méditation pour le Samedi de la Première semaine de Carême, Méditation pour le Lundi de la deuxième semaine de Carême, Méditation pour le mardi de la deuxième semaine de Carême, Méditation pour le Mercredi de la deuxième semaine de Carême, Méditation pour le jeudi de la deuxième semaine de Carême, Méditation pour le vendredi de la deuxième semaine de Carême, Méditation pour le samedi de la deuxième semaine de Carême, Méditation pour le troisième Dimanche de Carême, L'Année liturgique avec Dom Guéranger : Le Troisième Dimanche de Carême, Méditation pour le Lundi de la Troisième semaine de Carême, Méditation pour le Mardi de la troisième semaine de Carême, Méditation pour le Mercredi de la troisième semaine de Carême, Méditation pour le vendredi de la troisième semaine de Carême, Méditation pour le quatrième Dimanche de Carême, Méditation pour le vendredi de la quatrième semaine de Carême, Méditation sur les souffrances de Notre-Seigneur Jésus-Christ au Jardin des Olives, Méditation sur la trahison de Judas, Méditation sur les souffrances de Notre-Seigneur Jésus-Christ : Jésus devant Caïphe y reçoit un soufflet, Jésus-Christ exposé dans le prétoire aux dérisions et aux insultes des serviteurs du grand Prêtre, Jésus-Christ flagellé, Méditation pour le Lundi Saint, Méditation pour le Mardi Saint, Méditation pour le Mercredi Saint, Méditation pour le Jeudi Saint, Méditation pour le Vendredi Saint, Méditation pour le Samedi Saint, La Passion corporelle de Jésus expliquée par un chirurgien, Méditation pour le Dimanche des Rameaux, Méditation pour le lundi de la Passion, Méditation pour le mardi de la Passion, Méditation pour le mercredi de la Passion, Méditation pour le Jeudi de la Passion, Méditation pour le vendredi de la Passion, Méditation pour le samedi de la Passion, Réflexion sur la flagellation de Notre-Seigneur Jésus-christ, Méditation pour le Samedi après les Cendres, Litanies de la Passion, L'institution du Carême et la manière dont les premiers chrétiens le passaient. Méditation sur la Loi du jeûne, Sœur Benigna, petite secrétaire de l'amour de Dieu : Défi pour le Carême (9/9), et Pour éviter le purgatoire endurons nos afflictions en esprit de pénitence.
















mardi 19 mars 2019

LITANIES DE LA PATERNELLE PROTECTION DE SAINT JOSEPH


La fuite en Égypte (Murillo)



Seigneur, ayez pitié de nous.
Jésus-Christ, ayez pitié de nous.
Seigneur, ayez pitié de nous.

Jésus-Christ, écoutez-nous.
Jésus-Christ, exaucez-nous.

Père céleste, qui êtes Dieu, ayez pitié de nous.
Dieu le Fils, Rédempteur du monde, ayez pitié de nous.
Dieu le Saint-Esprit, Sanctificateur, ayez pitié de nous.
Sainte Trinité, qui êtes un seul Dieu, ayez pitié de nous.

Sainte Marie, priez pour nous.

Saint Joseph, protecteur des hommes, par vos désirs de la naissance du Messie, protégez-nous.
Saint Joseph, protecteur de sainte Anne et de saint Joachim, protégez-nous.
Saint Joseph, protecteur de la réputation de la Vierge Immaculée, protégez-nous.
Saint Joseph, protecteur de Marie, pendant son voyage à Bethléem, protégez-nous.
Saint Joseph, protecteur de la divine Mère dans la pauvre étable, protégez-nous.
Saint Joseph, protecteur du Saint Enfant, quand il souffrait dans la crèche, protégez-nous.
Saint Joseph, protecteur des pauvres bergers, quand ils sont venus adorer Jésus, protégez-nous.
Saint Joseph, protecteur des Rois Mages, dans le retour en leur patrie, protégez-nous.
Saint Joseph, protecteur du Sauveur, contre le cruel Hérode, protégez-nous.
Saint Joseph, protecteur du Fils et de sa sainte Mère, dans la fuite en Égypte, protégez-nous.
Saint Joseph, protecteur de Jésus et de Marie, par vos rudes travaux, protégez-nous.
Saint Joseph, protecteur des Égyptiens, par vos prières pour leur conversion, protégez-nous.
Saint Joseph, protecteur de notre Sauveur, quand vous l‘avez ramené en Galilée, protégez-nous.
Saint Joseph, protecteur de Marie affligée, pendant les trois jours d‘absence de son cher Enfant, protégez-nous.
Saint Joseph, protecteur de la bonne mort, par votre trépas entre Jésus et Marie, protégez-nous.
Saint Joseph, protecteur des âmes dans les limbes, par la bonne nouvelle de la venue du Messie, protégez-nous.
Saint Joseph, protecteur des malades, par votre patience dans les afflictions, protégez-nous.
Saint Joseph, protecteur des âmes touchées des souffrances de Jésus, protégez-nous.
Saint Joseph. protecteur des âmes émues des douleurs de Marie, protégez-nous.
Saint Joseph, protecteur des âmes brûlant d‘amour pour l‘adorable Eucharistie, protégez-nous.
Saint Joseph, protecteur des saints Ermites, Paul et Antoine, par votre séjour en Égypte, protégez-nous.
Saint Joseph, protecteur des prêtres, par votre amour pour Jésus, et votre zèle pour le salut des âmes, protégez-nous.
Saint Joseph, protecteur des personnes religieuses, par vos oraisons, vos mortifications et votre humilité, protégez-nous.
Saint Joseph, protecteur des Vierges, par votre pureté angélique, protégez-nous.
Saint Joseph, protecteur spécial de sainte Thérèse, réformatrice du Carmel, protégez-nous.
Saint Joseph, protecteur des vieillards, par vos longues années en ce monde, protégez-nous.
Saint Joseph, protecteur des époux chrétiens, par la douce paix de votre saint ménage, protégez-nous.
Saint Joseph, protecteur des parents, par vos peines pour nourrir Jésus et Marie, protégez-nous.
Saint Joseph, protecteur des jeunes gens, par vos soins continuels pour le divin Enfant, protégez-nous.
Saint Joseph, protecteur des orphelins, par votre tendresse pour Jésus, protégez-nous.
Saint Joseph, protecteur des pauvres, par votre profonde indigence, protégez-nous.
Saint Joseph, protecteur des riches charitables, par vos compassions pour les malheureux, protégez-nous.
Saint Joseph, protecteur des rois chrétiens, par votre illustre origine, protégez-nous.
Saint Joseph, protecteur des justes, par votre admirable innocence, protégez-nous.
Saint Joseph, protecteur du pécheur repentant, par votre désir du salut des âmes, protégez-nous.
Saint Joseph, protecteur de la sainte Église, protégez-nous.
Saint Joseph, protecteur des Empires chrétiens, protégez-nous.

Agneau de Dieu, qui effacez les péchés du monde, pardonnez-nous, Seigneur.
Agneau de Dieu, qui effacez les péchés du monde, exaucez-nous, Seigneur.
Agneau de Dieu, qui effacez les péchés du monde, ayez pitié de nous.


V/ Priez pour nous, saint Joseph, notre protecteur.
R/ Afin que nous soyons dignes des promesses de Jésus-Christ.


ORAISON

Grand Dieu, qui, par une providence ineffable, avez choisi saint Joseph pour charitable nourricier de votre divin Fils et pour angélique compagnon de Marie, accordez-nous la grâce d’avoir pour intercesseur auprès de vous dans le Ciel celui que nous ne cessons d‘honorer comme notre puissant avocat et notre puissant protecteur. C‘est ce que nous vous demandons par les mérites infinis de Jésus-Christ notre Sauveur. Ainsi soit-il.




Reportez-vous à Excellence du saint nom de Joseph, Saint Joseph patron et modèle des religieux, Litanies des souffrances de Saint Joseph, Litanies de Saint Joseph, Prière efficace en l'honneur de Saint Joseph, Courtes prières à Saint Joseph, Chapelet de Saint Joseph, Acte de consécration au glorieux Saint Joseph, Prière de Saint Pie X au glorieux Saint Joseph modèle des travailleurs, Sermon pour la Fête de Saint Joseph, Marie est donnée en mariage à Saint Joseph, Litanies de l'amour de Marie, Supplique à Saint Joseph, Oraison pour présenter son cœur à saint Joseph et Méditations et Exemples pour le Mois de Saint Joseph.














lundi 18 mars 2019

De la vie illuminative, par le R.-P. Jean-Joseph Surin



Extrait du Catéchisme spirituel de la Perfection Chrétienne, Tome I, par le R.P. Jean-Joseph Surin :

Saint Thomas de Villeneuve (Murillo)



De la vie illuminative




Qu'est-ce que la vie illuminative ?

C'est l'état où l'on passe, lorsqu'après avoir renoncé à ses péchés, après avoir combattu ses vices, du moins les plus grossiers, on commence à s'adonner à la pratique des vertus, et à y prendre goût.


Comment connaît-on lorsqu'il est temps d'entrer dans cette nouvelle vie ?


Quand on a dompté ses mauvaises inclinations, et qu'on se trouve disposé à suivre les mouvements de la grâce, s'occupant volontiers aux exercices de piété, et profitant de plus en plus dans a connaissance et dans l'amour de la vertu ; il est temps alors d'entrer dans la vie illuminative.


Quelles sont les occupations principales de la vie illuminative ?

Il y en a trois. Embrasser avec ardeur certains moyens efficaces, qui servent de fondement à l'édifice de la perfection. S'établir, dans des dispositions antérieures, qui sont comme les mobiles de l'avancement spirituel. Travailler à acquérir les vertus, et à les rendre solides.


Quels sont ces moyens efficaces qui contribuent le plus à fonder solidement l'édifice de la perfection ?

Un parfait recueillement, et le soin de se vaincre soi-même en toute occasion.


Quelles qualités doit avoir le recueillement pour être parfait ?

1. Il faut qu'il soit universel, c'est-à-dire, qu'il doit occuper et réunir toutes les facultés de l'âme ; si bien qu'elles aient toujours leur principale attention à Dieu, lors même qu'elles se prêtent aux occupations extérieures : à peu près comme le compas, qui parcourt la circonférence du cercle, sans quitter jamais le centre. 2. Il faut qu'il soit paisible ; ce qui demande un soin constant de maintenir la tranquillité intérieure, et de ne rien souffrir qui la trouble. 3. Il faut qu'il soit continuel, et qu'on ne se donne jamais la liberté de l'interrompre sous quelque prétexte que ce soit.


Comment se perd le recueillement ?

Par l'épanchement du cœur, dans les entretiens et les divertissements ; par l'empressement naturel dans les occupations, et par les fautes qu'on fait avec réflexion.


Quels sont les moyens qui contribuent au parfait recueillement ?

Particulièrement ces trois. Garder le silence, se condamnant à ne parler que de choses utiles ou nécessaires. Aimer la solitude, ne conversant avec les hommes, que pour des raisons qui regardent le service de Dieu, et jamais pour se satisfaire. Fuir les affaires inutiles, se bornant à son emploi, sans se mêler de ce qui concerne les autres, à moins que la gloire de Dieu ne l'exige.


Que demande le soin de se vaincre, qui est le second moyen duquel dépend notre progrès ?

Il demande une grande exactitude, et une attention continuelle à examiner sa vie, et à ne laisser rien passer de tout ce qui n'est pas dans l'ordre.


Quelles sont les dispositions que nous avons appelées les mobiles de l'avancement spirituel ?

Il y en a trois principales. La pureté d'intention qu'on acquiert par l'habitude qu'on se fait, d'agir simplement et avec sincérité, allant droit au bien, et ne se proposant que Dieu pour motif de ses actions, sans aucun retour sur soi-même. Une parfaite résignation, à la volonté divine, à laquelle on parvient par le soin qu'on prend de se conformer aux ordres de la Providence, et de recevoir tous les événements avec une sainte indifférence. Le détachement des créatures, qui demande une application particulière à veiller sur le cœur, pour empêcher qu'il ne s'attache et qu'il ne s'amuse à rien de créé.


Quelles sont les vertus qu'il faut acquérir pour remplir le troisième devoir de la vie illuminative ?

Il faut travailler à la pratique de toutes les vertus, et viser principalement à quelqu'une ; par exemple, à la pauvreté d'esprit, à l'obéissance, à la chasteté, à la tempérance, employant les mêmes moyens que nous avons assignés pour l'extirpation des vices, et surtout l'examen particulier. Parmi les vertus, la douceur et l'humilité doivent tenir le premier rang ; parce que le Fils de Dieu nous les a expressément recommandées : Apprenez de moi que je suis doux et humble de cœur. Il faut y joindre la charité envers le prochain.


Comment s'acquiert l'humilité ?


Nous l'avons déjà dit en parlant du vice contraire. C'est en fuyant les honneurs et les dignités, pour chercher les emplois les plus vils et les plus méprisables, et surtout en s'étudiant à n'avoir que de bas sentiments de soi-même.


À quoi doivent particulièrement s'appliquer ceux qui travaillent à devenir doux ?

À ne donner dans aucun emportement ; à n'avoir nulle aigreur contre les personnes qui les offensent; à recevoir avec une espèce de joie les affronts et les injures ; à rendre le bien pour le mal, suivant l'exemple de Jésus-Christ, qui a aimé la bénignité, jusqu'à vouloir être appelé l'Agneau de Dieu. II est surtout important de ne faire paraître aucun ressentiment, quand on nous fait des outrages, et de pardonner de bon cœur à ceux qui en sont les auteurs ; car c'est en cela que consiste la perfection de la douceur chrétienne. Pour ce qui regarde la charité envers le prochain, il faut toujours être prêt à le prévenir par de bons offices, à le consoler dans ses afflictions, et à le se courir dans ses besoins.


Quelle est la disposition du cœur qui contribue davantage à l'acquisition des vertus ?

C'est l'attachement au devoir ou la fidélité, qui consiste à suivre en tout les mouvements de la grâce ; à craindre jusqu'à l'ombre du mal ; à ne manquer à rien de tout ce qui est prescrit (ce qui renferme la parfaite observation des règles pour ceux qui vivent en Communauté) et à ne point négliger le soin des petites choses, d'où dépend ordinairement l'accomplissement des devoirs les plus importants. Cette fidélité se fait remarquer au soin qu'on a de retrancher toute sorte d'inutilité ; de surmonter le respect humain jusques dans les moindres occasions, et de pratiquer avec ferveur tout ce qui contribue à l'exacte régularité.


Puisque c'est à acquérir des vertus solides, qu'on doit travailler ; dites-nous en quoi consiste la solidité des vertus ?

Elle consiste dans la fermeté et la générosité, qui les distingue des vertus apparentes et superficielles, dont le caractère est d'être chancelantes.


Quand est-ce que les vertus prennent cette fermeté qui les rend solides ?

Lorsqu'elles passent sans se démentir, par les différentes épreuves où elles sont mises.


Quelles sont ces épreuves ?

Il y en a trois. La première est l'aridité où tombe l'âme, lorsque la grâce sensible venant à se retirer, elle se trouve sans goût et sans consolation : si elle demeure fidèle dans cet état de privation, où les sens et la nature ne trouvent aucune satisfaction, elle devient plus généreuse ; ses vertus se fortifient, et jettent de profondes racines. La seconde épreuve vient de la part des distractions ; lorsque par zèle, ou par obéissance, on est obligé de sortir de sa retraite pour vaquer aux occupations extérieures, les efforts que fait alors l'âme pour se maintenir dans la ferveur, et pour ne rien perdre de ses forces par l'épanchement au-dehors, prouvent que ses vertus sont solidement établies, ou qu'elle travaille fortement à les établir. La troisième épreuve est celle des contrariétés auxquelles les personnes vertueuses sont exposées. La plupart des hommes, remplis de l'esprit du monde, sont portés à mépriser la dévotion, et à faire la guerre à ceux qui la pratiquent ; les vraies vertus se fortifient au milieu de ces contradictions, qui devraient naturellement les abattre. On peut joindre à cette épreuve, celle qui vient des peines intérieures qu'on souffre dans la voie extraordinaire de la vie purgative. Comme ces peines viennent immédiatement de Dieu, qui s'en sert pour achever de purifier les âmes, il n'est pas au pouvoir de l'homme de les adoucir ; il n'a qu'à les supporter avec patience et avec humilité, dans l'espérance qu'elles le conduiront à l'union divine, et à la perfection de la charité.


À quels exercices de piété doivent particulièrement s'appliquer ceux qui sont dans la vie illuminative ?

À ces quatre, que nous recommande l'Auteur du Livre de l'Imitation de Jésus-Christ ; savoir, au culte des Saints ; au souvenir de notre Sauveur, et surtout de sa Passion ; à la garde du cœur, et à l'avancement dans la pratique des vertus.


À quoi engage le premier de ces exercices de piété ?

1. À honorer la sainte Vierge d'un culte particulier ; à l'invoquer dans nos besoins, comme notre Mère et notre Avocate ; à nous consacrer à son service, lui renouvelant cette oblation de nous-mêmes du moins une fois le mois, ou aux principales Fêtes que l'Église célèbre à son honneur ; à dire le Chapelet, en joignant à chaque dixain, la méditation de quelqu'une de ses vertus. 2. Ce même exercice comprend aussi la dévotion aux autres Saints ; il faut les invoquer durant le cours de l'année, à mesure qu'on célèbre leur Fête, et les prier qu'ils nous assistent à l'heure de la mort : il est bon d'être instruit des principales actions de leur vie, et d'avoir une confiance particulière à saint Joseph, et au Saint dont on a reçu le nom au Baptême. 3. Il faut joindre au culte des Saints, celui des Anges, dont on doit implorer l'assistance dans les nécessités de la vie. Il y a des personnes qui ont coutume de les invoquer trois fois le jour, après la prière qui se fait au son de la cloche pour honorer la sainte Vierge, le matin, à midi, et le soir.


En quoi consiste le second exercice qui regarde Jésus-Christ ?

Il consiste à entretenir en soi un souvenir presque continuel de notre Sauveur, et des Mystères différents de sa vie ; à le visiter souvent dans le Sacrement de nos Autels, et à le recevoir par la Communion, avec toute la ferveur dont on est capable. Il faut se rendre familière la pensée de ses souffrances ; se représenter les différents états où il s'est trouvé durant sa Passion ; et s'entretenir avec lui, priant dans le Jardin des Oliviers, exposé aux dérisions et aux outrages chez les Pontifes, et dans le palais d'Hérode, flagellé dans le Prétoire de Pilate, couronné d'épines, et cloué sur la Croix. C'est ainsi que Jésus-Christ devient à l'âme fidèle, ce que le Bien-aimé était pour l'Épouse, comme un bouquet de myrthe quelle porte toujours sur son sein.


Comment faut-il s’y prendre pour veiller avec Succès à la garde de son cœur ?


Cette vigilance demande trois choses, 1. Tenir ses sens recueillis et fermés à tous les objets qui peuvent altérer tant soit peu la pureté de l'âme. 2. Se rendre attentif au premier abord de ce qui a l'apparence du mal, en étouffant promptement jusqu'aux plus légères impressions. 3. Si le moindre dérèglement venait à se glisser dans le cœur, mettre tout en œuvre pour en arrêter d'abord le progrès.


Que dites-vous du quatrième exercice, et quelles pratiques assignez-vous à ceux qui ont un véritable désir de profiter dans la vertu ?

Il y en a deux très-importantes. La première est de faire tous les ans une retraite de huit ou dix jours, pendant lesquels on s'occupe à méditer sur les grandes vérités de la Religion, sur les quatre dernières fins de l'homme, sur la vie de Jésus-Christ : on rentre en soi même, on examine à fond sa conscience, et on fait une confession générale ; on s'affermit dans ses bonnes résolutions, et on prend de justes mesures pour exterminer ses vices, et pour acquérir les vertus. La seconde pratique est le renouvellement de l'intérieur, qu'on doit faire au moins deux fois l'année, pour établir les forces de l'âme, et lui donner une plus grande ferveur. Il y a des personnes qui destinent à ce renouvellement le premier Dimanche de chaque mois, et qui pendant tout ce jour-là s'occupent à rechercher leurs défauts, à en découvrir les sources, à s'interroger sur la manière dont elles font leurs exercices de piété, et à former là-dessus de saintes résolutions.


À quelles marques connaît-on qu'on avance dans la vertu ?

Quand on a du goût pour l'Oraison, quand on sent ses désirs se ralentir, et qu'on devient indifférent à toutes sortes d'événements, d'emplois, et de ministères, quand on commence à aimer les mépris et les injures, et à les regarder de même œil que les gens du monde regardent les honneurs et les prospérités mondaines.


À quoi faut-il encore s'exercer pour se disposer à l'union divine ?

1. À mourir intérieurement à soi-même par une entière abnégation, jusqu'à renoncer aux plaisirs les plus délicats et les plus innocents, tels que sont le goût des vertus, et la facilité à les pratiquer, dont Dieu prive quelquefois les âmes pour un temps, afin qu'elles se détachent de tout ce qui est sensible, et qu'elles s'abandonnent sans réserve aux desseins de sa Providence. 2. À chercher purement Dieu, s'accoutumant à n'envisager que lui en toutes choses. 3. À purifier et à augmenter de plus en plus dans son cœur les flammes de la charité, prenant occasion de tout pour croître en l'amour de Dieu ; si bien qu'on n'aime plus que lui, et toutes choses en lui seul, et pour lui seul, sans se laisser attirer par aucun autre motif moins parfait. C'est par ces saints exercices que l'âme achevant de se purifier, se dispose à l'union divine.




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