mercredi 23 janvier 2019

Du jugement et des peines des pécheurs



Extrait de l'Imitation de Jésus-Christ :




1. En toutes choses regardez la fin, et reportez-vous au jour où vous serez là, debout devant le Juge sévère à qui rien n’est caché, qu’on n’apaise point par des présents, qui ne reçoit point d’excuses, mais qui jugera selon la justice. — Pécheur misérable et insensé ! que répondrez-vous à Dieu, qui sait tous vos crimes, vous qui tremblez quelquefois à l’aspect d’un homme irrité ? — Par quel étrange oubli de vous-même vous en allez-vous, sans rien prévoir, vers ce jour où nul ne pourra être excusé ni défendu par un autre, mais où chacun sera pour soi un fardeau assez pesant ? — Maintenant votre travail produit son fruit : vos larmes sont agréées, vos gémissements écoutés, votre douleur satisfait à Dieu et purifie votre âme.
2. Il a ici-bas un grand et salutaire purgatoire, l’homme patient qui, en butte aux outrages, s’afflige plus de la malice d’autrui que de sa propre injure ; qui prie sincèrement pour ceux qui le contristent, et leur pardonne du fonds du cœur ; qui, s’il a peiné les autres, est toujours prêt à demander pardon ; qui incline à la compassion plus qu’à la colère ; qui se fait violence à lui-même, et s’efforce d’assujettir entièrement la chair à l’esprit. — Il vaut mieux se purifier maintenant de ses péchés et retrancher ses vices, que d’attendre de les expier en l’autre vie. — Oh ! combien nous nous trompons nous-mêmes par l’amour désordonné que nous avons pour notre chair.
3. Que dévorera ce feu, sinon vos péchés ? — Plus vous vous épargnez vous-même à présent, et plus vous flattez votre chair, plus ensuite votre châtiment sera terrible et plus vous amassez pour le feu éternel. — L’homme sera puni plus rigoureusement dans les choses où il a le plus péché. — Là les paresseux seront percés par des aiguillons ardents, et les intempérants tourmentés par une faim et une soif extrêmes. — Là les voluptueux et les impudiques seront plongés dans une poix brûlante et dans un soufre fétide ; comme des chiens furieux, les envieux hurleront dans leur douleur.
4. Chaque vice aura son tourment propre. — Là les superbes seront remplis de confusion, et les avares réduits à la plus misérable indigence. — Là une heure sera plus terrible dans le supplice, que cent années ici dans la plus dure pénitence. — Ici quelquefois le travail cesse, on se console avec ses amis : là nul repos, nulle consolation pour les damnés. — Soyez donc maintenant plein d’appréhension et de douleur pour vos péchés, afin de partager, au jour du jugement, la sécurité des bienheureux. — Car les justes alors s’élèveront avec une grande assurance contre ceux qui les auront opprimés et méprisés. — Alors se lèvera pour juger celui qui se soumet aujourd’hui humblement aux jugements des hommes. — Alors l’humble et le pauvre auront une grande confiance ; et de tous côtés l’épouvante environnera le superbe.
5. Alors on verra qu’il fut sage en ce monde, celui qui apprit à être insensé et méprisable pour Jésus-Christ. — Alors on s’applaudira des tribulations souffertes avec patience, et toute iniquité sera muette. — Alors tous les justes seront transportés d’allégresse, et tous les impies consternés de douleur. — Alors la chair affligée se réjouira plus que si elle avait toujours été nourrie dans les délices. — Alors les vêtements pauvres resplendiront, et les habits somptueux perdront tout leur éclat. — Alors la plus pauvre petite demeure sera jugée au-dessus du palais tout brillant d’or. — Alors une patience constamment soutenue sera de plus de secours que toute la puissance du monde ; et une obéissance simple, élevée plus haut que toute la prudence du siècle.
6. Alors on trouvera plus de joie dans la pureté d’une bonne conscience que dans une docte philosophie. — Alors le mépris des richesses aura plus de poids dans la balance que tous les trésors de la terre. — Alors le souvenir d’une pieuse prière vous sera de plus de consolation que celui d’un repas splendide. — Alors vous vous réjouirez plus du silence gardé que de longs entretiens. — Alors les œuvres saintes l’emporteront sur les beaux discours. — Alors vous préférerez une vie de peine et de travail à tous les plaisirs de la terre. — Apprenez donc maintenant à supporter quelques légères souffrances afin d’être alors délivré de souffrances plus grandes. — Éprouvez ici d’abord ce que vous pourrez dans la suite. — Si vous ne pouvez maintenant souffrir ce peu de chose, comment supporterez-vous les tourments éternels ? — Si maintenant la moindre douleur vous cause tant d’impatience, que sera-ce donc alors des tortures de l’enfer ? — Il y a, n’en doutez point, deux joies qu’on ne peut réunir : vous ne pouvez goûter ici-bas les délices du monde, et régner ensuite avec Jésus-Christ.
7. Si vous aviez vécu jusqu’à ce jour dans les honneurs et les voluptés, de quoi cela vous servirait-il, s’il vous fallait mourir à l’instant ? — Donc tout est vanité, hors aimer Dieu et le servir lui seul. — Car celui qui aime Dieu de tout son cœur ne craint ni la mort, ni le supplice, ni le jugement, ni l’enfer, parce que l’amour parfait nous donne un sûr accès près de Dieu. — Mais celui qui aime encore le péché, il n’est pas surprenant qu’il redoute la mort et le jugement. — Cependant, si l’amour ne vous éloigne pas encore du mal, il est bon qu’au moins la crainte du feu vous retienne. — Celui qui est peu touché de la crainte de Dieu ne saurait longtemps persévérer dans le bien, mais il tombera bientôt dans les pièges du démon.



Reportez-vous à Extrait du Sermon sur la Mort de Saint Robert Bellarmin, Méditation sur le Jugement de Dieu, Méditation sur la pensée de la mort, Défendre le Cimetière, De la méditation de la mort, Tu es poussière et tu retourneras en poussière, Méditation sur la Préparation à la mort, Méditation sur la disposition habituelle où les Chrétiens doivent être à l'égard de leur mort, Litanies de la bonne mort, Méditation sur le désir de la mort, Méditation sur la crainte de la mort, Méditation sur l'éternité des peines de l'Enfer, Méditation sur la justice de Dieu, Méditation sur la voie étroite, Méditation sur la Pénitence différée à l'heure de la mort, Méditation sur la fausse idée que les Pécheurs se forment de la miséricorde de Dieu, Méditation sur le délai de la conversion, Méditation sur l'incertitude de l'avenir, Méditation sur le bon usage du temps présent, Méditation sur l'inquiétude de l'avenir, Méditation sur l'emploi du temps, Méditation sur l'expiation du péché, et Méditation sur la réparation du péché.














samedi 19 janvier 2019

De l'Oraison et de la Contemplation, par le R.-P. Jean-Joseph Surin



Extrait du Catéchisme spirituel de la Perfection Chrétienne, Tome I, par le R.P. Jean-Joseph Surin :





CHAPITRE II



De l'Oraison




Qu'est-ce que l'Oraison ?


C'est une élévation de notre esprit, par laquelle nous lions commerce avec Dieu ; nous lui représentons nos besoins ; nous le remercions de ses bienfaits, et nous nous entretenons avec lui par des actes intérieurs de Foi, d'Espérance, de Charité, etc.


Combien y a-t-il de sortes d'Oraisons ?

Il y en a deux ; l'Oraison mentale, et l'Oraison vocale.


En combien d'espèces divise-t-on l'Oraison mentale ?

En trois. L'Oraison de méditation ou de discours, qui convient particulièrement à ceux qui commencent à pratiquer la vertu ; l'Oraison d'affection, qui suppose qu'on a déjà fait quelque progrès ; la contemplation, qui selon le cours ordinaire de la Providence est pour les parfaits, quoique Dieu par sa miséricorde y élève quelquefois ceux qui commencent.


Qu'est-ce que l'Oraison de méditation ?

C'est celle où par des considérations et des raisonnements, on s'instruit des vérités de la Foi, et on en tire des conséquences pratiques pour l'amendement de la vie.


Quels sont les sujets qui peuvent servir de matière à cette Oraison ?

On les trouve dans la vie de Jésus-Christ, et dans les vérités évangéliques.


Comment se fait l'Oraison de méditation ?

Par l'application des facultés de l'âme, qui concourent pour nous faire connaitre nos devoirs, pour nous les faire aimer, et pour nous engager à les pratiquer.


De quelle manière, et dans quel ordre doit se faire cette application des facultés de l'âme ?

Supposons un homme qui veut méditer sur la naissance de Notre-Seigneur. Il faut qu'il se serve de sa mémoire, peur rappeler l'Histoire du mystère ; de son imagination, pour se représenter l'Étable, la Crèche, et les autres circonstances ; de son entendement, pour considérer la pauvreté, la mortification, et l'humilité de Jésus-Christ, et enfin de sa volonté, pour s'exciter à l'amour de ce divin Sauveur, et pour s'encourager à l'imiter.


Combien de temps faut-il employer à l'Oraison ?

Les personnes zélées pour leur propre perfection, ont coutume d'y employer environ une heure le matin, et une demi-heure le soir ; parce qu'elles sont persuadées que l'âme, aussi bien que le corps, a besoin de recourir deux fois le jour à la nourriture, si elle veut réparer ses forces.


Quelle préparation faut-il apporter à l'Oraison ?

On en distingue deux ; la préparation prochaine, et la préparation éloignée.


À quoi oblige la préparation prochaine ?

À prévoir dès le soir le sujet sur lequel on doit méditer le lendemain ; à le rappeler dans son esprit le matin à son réveil, et à se tenir dans le recueillement jusqu'à ce que l'Oraison commence.


En quoi consiste la préparation éloignée ?

Dans ce soin qu'on prend de remplir son esprit des vérités divines, par le moyen de la lecture spirituelle.


(...)


Quelles sont les tentations ordinaires qui détournent de l'Oraison ?

Il y en a trois ; l'ennui qui prend aux personnes qui ne savent pas encore s'entretenir avec Dieu ; le dégoût qui vient de l'aridité où l'on se trouve, et le découragement où l'on tombe à la vue des difficultés qu'il faut vaincre, pour persévérer dans ce saint exercice.


Quel est le remède à l'ennui ?

C'est de se tenir tranquille en la présence de Dieu, envisageant le sujet de la méditation, et cela sans contention, et sans se faire une peine de son peu de facilité.


Que faut-il faire quand on est dans l'aridité ?

Souffrir patiemment cet état ; s'humilier devant Dieu, chercher dans quelque bon Livre de quoi exciter sa ferveur, et surtout ne point se laisser abattre, en se persuadant qu'on perd le temps, parce qu'il ne paraît pas qu'on profite.


Comment se comporter, quand les distractions nous importunent ?

Il faut ramener doucement son esprit au sujet de la méditation. Si ces distractions s'arrêtent dans l'imagination, sans passer plus avant, le plus sûr est de les combattre en les méprisant. Si elles vont jusqu'à détourner l'esprit et le cœur, il est à propos, comme nous avons déjà dit, de recourir à quelque bon Livre, pour fixer son attention, afin de ne pas s'occuper inutilement.


N’y a-t-il point de moyen pour prévenir le découragement qui s’oppose à la persévérance ?

Une ferme résolution d'être tout à Dieu, et le soin de travailler sans relâche à mettre cette résolution en pratique, feront dévorer les plus grandes difficultés, plutôt que d'abandonner l'exercice de l'Oraison.


L'ennui et la tristesse augmentent quelquefois dans la prière, jusqu'à ôter la liberté de penser ; que faut-il faire dans ces rencontres ?


On peut s'animer en chantant quelque Psaume, ou quelque Cantique spirituel, si le lieu où l'on prie le permet. Il serait encore mieux de tenir toujours prêtes certaines considérations touchantes, pour y avoir recours au besoin. Il y a des personnes ferventes, qui dans ces occasions s'arment de quelque instrument de pénitence pour châtier leur corps. C'est un remède efficace contre ces sortes de tentations, et un excellent moyen pour donner de la vigueur à l'esprit.


Quelles sont nos obligations par rapport à l'Oraison vocale ?

Elles se réduisent à ces trois : Fidélité, Respect, Attention. Fidélité à ne manquer à aucune des prières qui sont prescrites. Respect, pour les faire avec esprit de recueillement et de dévotion. Attention, pour suivre le sens des paroles qu'on prononce, quand ce sont des paroles d'une langue qu'on entend.



CHAPITRE III



De l'Oraison d'affection, et de la contemplation




Qu'est-ce que l'Oraison d'affection ?


C'est celle où l'âme déjà instruite, se porte à aimer les vérités divines, sans avoir besoin d'employer le raisonnement pour s'y exciter.


Quels sont les sujets dont on doit s'occuper dans cette sorte d'Oraison ?

Ce sont les mêmes qui servent de matière à l'Oraison de discours. Ces deux sortes de prières ne diffèrent que dans la manière dont on s'occupe de son sujet. L'une donne beaucoup à l'entendement, et dans l'autre, c'est la volonté qui fait presque tout.


Quand est-ce qu'on doit se servir de cette manière d'Oraison ?

Dès qu'on sent de la facilité à s'entretenir intérieurement avec Dieu, les actes discursifs ne sont plus nécessaires, et l'on n'y doit revenir que fort rarement dans l'Oraison.


Quels sont les Livres dont la lecture peut aider ceux qui usent de cette manière d'Oraison ?

En général tous les livres pleins de sentiments et de vérités touchantes, comme celui de l'imitation de Jésus-Christ, les Psaumes, les Soliloques de saint Augustin, etc.


Combien de temps faut-il persévérer dans cette manière d'Oraison ?

Jusqu'à ce qu'il plaise à Dieu de nous élever plus haut, en nous attirant à la contemplation.


Qu'est-ce que la Contemplation ?

C'est un regard amoureux de l'âme, par lequel elle se porte à Dieu sans peine, et pénètre les vérités divines, sans se donner aucun soin.


Y a-t-il plus d'une sorte de Contemplation ?

On en distingue particulièrement deux ; l'ordinaire et l'extraordinaire.


Qu'est-ce que la Contemplation ordinaire ?

C'est un doux repos de l'âme, sans effort et sans application pour se tenir en la présence de Dieu, pour connaître et pour goûter les objets divins qu'elle considère.


Qu'y a-t-il de plus dans la Contemplation extraordinaire ?

Les dons sublimes et les faveurs singulières, comme les visions, les ravissements, les extases.


Dans le repos de la Contemplation, l'âme est-elle toujours occupée de la même manière ?

Non ; elle n'a quelquefois qu'une simple vue qui se termine à Dieu d'une manière générale et confuse, sans rien faire connaître de distinct. Quelquefois aussi elle envisage divers objets qu'elle connaît clairement, et qu'elle distingue.


À quelles marques peut-on connaître que ce repos n'est point une oisiveté ?

Particulièrement à ces trois. 1. l'âme pendant ce repos ne cesse point de tendre à Dieu, quoique d'une manière insensible ; elle jouit d’une grande paix, et ne sent aucun ennui. 2. Elle en sort avec une nouvelle ardeur pour travailler à sa perfection. Elle éprouve en effet, lorsqu'il faut agir, qu'elle a plus de lumière pour connaître le bien, et plus de courage pour le pratiquer. C'est à quoi les Directeurs doivent apporter une attention singulière. Obliger les âmes à quitter ce repos, pour reprendre l'Oraison ordinaire, c'est leur faire le même tort qu'à des voyageurs qui vogueraient en haute mer avec un vent favorable, et qu'on mettrait à terre pour les faire aller à pied.


Faites-nous comprendre par quelque comparaison la différence qui est entre ces manières de prier.


On peut comparer ceux qui font la méditation, à des gens qui vont à pied, qui n'avancent que lentement, et avec beaucoup de fatigue : ceux qui en sont à l'Oraison d'affection, à des gens qui vont à cheval, qui avancent beaucoup plus, sans se donner tant de peine : et ceux qui sont élevés à la contemplation, à des gens qui vont par une voiture douce, qui font bien du chemin en peu de temps, et sans se donner aucun soin.


Que doit-on penser de ce repos dont vous parlez, lorsqu'il est accompagné d'une grande sécheresse, et que l'âme s’y trouve sans goût et sans connaissance distincte ?


On ne doit pas pour cela le condamner, puisqu'il ne laisse pas d'être une véritable contemplation, qui produit d'excellents effets. Et il est aisé de connaître que ce n'est point oisiveté, parce que l'âme y est attentive, tranquille, et sans ennui, parce qu'elle en sort plus recueillie, plus forte et plus généreuse.


L'âme en cet état, n'a-t-elle rien à souffrir de la part des distractions ?

Il peut se faire, et il arrive quelquefois que l'imagination s'égare en courant après divers objets ; mais la tranquillité de l'âme n'en est point troublée, et la douceur de son repos l'emporte sur toutes les distractions.


Y a-t-il quelque méthode pour arriver à la contemplation ?

Il n'y en a point ; tout ce qui dépend de nous, est de n'y mettre aucun obstacle, et de nous y disposer par notre fidélité à pratiquer l'Oraison ordinaire, à embrasser la pénitence, et à nous mortifier sans relâche. Nous  pouvons encore moins nous élever par notre industrie, à cette autre espèce de contemplation, qui est accompagnée de visions et de ravissements : c'est une faveur extraordinaire, et il n'y a que le Saint-Esprit qui ait la méthode pour y conduire les âmes.


Quels avis faut-il donner aux personnes qui sont dans cette voie de contemplation extraordinaire ?

Voici les deux plus importants. 1. Elles ont besoin de beaucoup d'humilité, pour servir de contrepoids à l'élévation de leur état, et afin qu'elles soient portées d'elles-mêmes à préférer la voie commune aux faveurs insignes qu'elles reçoivent. 2. Il faut qu'elles se soumettent à la conduite d'un sage Directeur, ne faisant rien que par son ordre, et ne lui laissant rien ignorer de tout ce qui se passe dans leur âme. Sans cette précaution, elles seraient en danger de tomber dans l'illusion, et de se laisser surprendre aux artifices du malin esprit.


L'âme qui est dans le repos de la contemplation, ne doit-elle jamais rien faire par son industrie ?

Elle peut, lorsque l'impression divine la laisse à elle-même, employer les opérations ordinaires de l'entendement et de la volonté ; mais avec douceur, sans se tirer de son repos, et en se conformant au mouvement de la grâce dès qu'elle se présente. II est rare cependant que les aines parvenues à l'état dont nous parlons, tombent dans cette espèce de besoin ; parce que l'habitude qu'elles ont contractée de ne jamais s'éloigner de la présence de Dieu, suffit pour les occuper, et pour peu de goût qu'elles y trouvent, elles doivent s'en tenir là, plutôt que de recourir à leur première méthode.


D'où vient que la contemplation et l'union divine sont le partage de si peu de gens ?

On peut en apporter plusieurs raisons ; mais surtout celle-ci : c'est qu'il y a très-peu de personnes qui se sèvrent des consolations de la terre, pour s'adonner à la pratique de la mortification, et à l'exercice des vertus chrétiennes.


Quel est le plus grand avantage qu'on tire de l'Oraison ?

C'est une disposition habituelle au recueillement, sans lequel on ne saurait conserver l'esprit de dévotion, qui est une des plus essentielles parties de la sainteté, et de la perfection chrétienne.


Quels bons effets produit ce recueillement habituel ?

Ces trois principalement. Il fixe l'attention de l'âme, et lui donne le goût de la présence de Dieu. Il empêche les égarements de nos pensées et les distractions presque continuelles auxquelles sont sujets ceux qui ne font pas Oraison. Il affranchit notre cœur de l'attache aux choses sensibles, et le conserve dans une grande pureté.


Quel autre moyen avez-vous pour entretenir cet esprit de recueillement, et pour profiter dans l'exercice de l'Oraison ?

Il y en a un très-efficace ; c'est la Mortification.




Reportez-vous à De la sècheresse dans l'oraison, Ce qu'est l'oraison mentale, par le R.P. D. Laurent Scupoli, Clerc Régulier Théatin, Méditation sur la nécessité des progrès dans la vertu, De quelques moyens de bien faire l'oraison mentale, Degrés des vertus qu'on se propose d'acquérir, Combien sont mal fondées les plaintes de ceux qui se disent incapables de méditer, Pour bien faire l'oraison et pour en tirer le fruit qu'on a lieu d'en attendre, Pour la direction et la progression spirituelles : Quel chrétien êtes-vous ?, Le souvenir de nos péchés est un moyen propre pour nous aider à supporter avec résignation, toutes les afflictions que Dieu nous envoie, Avis pour la lecture spirituelle, Confiance en la divine Providence, Secret de paix et de bonheur, par le Père Jean-Baptiste Saint-Jure, Les saints et le combat spirituel : Sainte-Thérèse d'Avila, Méditation pour la Fête de Sainte Thérèse d'Avila, Catéchisme spirituel de la Perfection Chrétienne, par le R.P. Jean-Joseph Surin (2), Histoire de la possession des Ursulines de Loudun, et des peines du Père Surin (1/4), Histoire de la possession des Ursulines de Loudun, et des peines du Père Surin (2/4), Histoire de la possession des Ursulines de Loudun, et des peines du Père Surin (3/4), Histoire de la possession des Ursulines de Loudun, et des peines du Père Surin (4/4), et Sœur Benigna, petite secrétaire de l'amour de Dieu : Décalogue de la plus haute perfection (5/9).
















jeudi 17 janvier 2019

CHAPELET DU SAINT ANGE GARDIEN


Thérèse de Lisieux enfant et son ange gardien


CHAPELET DU SAINT ANGE GARDIEN


On peut se servir, pour le réciter, du chapelet de la Très-Sainte Vierge ; mais on dira :

Sur la croix : Notre Père.
Sur les gros grains : Je vous salue, Marie.
Sur tes petits grains : Mon bon Ange, je vous aime, et vous veux aimer toujours.


On peut terminer par la prière suivante :



PRIÈRE AU SAINT ANGE GARDIEN


Ange de Dieu, qui êtes mon fidèle Gardien, et aux soins duquel j'ai été confié par la bonté suprême, daignez durant ce jour (ou cette nuit) m'éclairer, me garder, me conduire et me gouverner. Ainsi soit-il.


Indulgences accordées à la récitation de cette prière

Indulgence de cent jours à chaque fois.
Indulgence plénière le 2 octobre. — Une fois chaque mois et à l'article de la mort.



PRIÈRE AUX SAINTS ANGES GARDIENS DES LIEUX QU'ON VISITE


Saints Anges Gardiens de ce lieu, saluez pour moi Jésus et Marie, et protégez toujours leur dévot serviteur.




Reportez-vous à Faire des neuvaines en l'honneur des neuf Chœurs des Anges, Converser intérieurement avec les saints Anges, Avoir une grande dévotion à saint Michel, à saint Gabriel, à saint Raphaël, et aux autres quatre Anges qui sont auprès du trône de Dieu, Méditation pour la Fête de Saint Raphaël Archange, Méditation pour la Fête de Saint Michel et de tous les saints Anges, Méditation pour la Fête des Saints Anges Gardiens, Jésus crucifié est le Livre des Élus, La réalité des apparitions angéliques, Avoir une dévotion singulière aux Anges, Archanges et Principautés, Honorer principalement les Puissances, les Vertus et les Dominations, Avoir de profonds respects, et des amours extraordinaires pour les Trônes, les Chérubins et les Séraphins, La protection des saints Anges contre les démons, particulièrement au sujet de leurs différentes tentations, Litanies de l'Ange Gardien, Et Michel et ses anges combattaient contre le Dragon, La puissance des démons réglée par la sagesse divine, Neuvaine à Saint Michel, Discernement des esprits : ce qu'on entend par esprits, combien on en compte et comment ils se forment, Tous les hommes sont assistés des Saints Anges, Les Saints Anges nous assistent dans les choses temporelles, Les perfections admirables de ces sublimes intelligences, Les Saints Anges font tout ce qui peut se faire pour le bien des hommes, Litanie aux Saints Anges Gardiens, Discernement des esprits, Litanie de Saint Michel Archange, Puissance de Saint Michel au jugement dernier, Chapelet à Saint Michel Archange, Les Anges, princes et gouverneurs de la grande cité du bien, Neuvaine à l'Archange Raphaël, Secours de Saint Michel à l'heure de la mort, Litanie de Saint Gabriel Archange et Litanie de Saint Raphaël Archange.














mardi 15 janvier 2019

LE DIABLE, SES PAROLES, SON ACTION DANS LES POSSÉDÉS D'ILLFURT (Alsace), d'après des documents historiques : Les victimes



Extrait de "LE DIABLE, SES PAROLES, SON ACTION DANS LES POSSÉDÉS D'ILLFURT (Alsace), d'après des documents historiques" :


Délivrance de Joseph
Dans le sud de l'Alsace, à deux heures de marche de la ville de Mulhouse, se trouve le village d'Illfurt, qui comptait avant 1870 environ 1.200 habitants. C'est là que vivait la pauvre, mais honorable famille Burner. Le père Joseph Burner était un de ces marchands ambulants, qui vendaient par tout le pays allumettes et amadou. La mère, Marie-Anne Foltzer, s'occupait de ses cinq enfants encore en bas âge. Leur fils aîné, Thiébaut, était né le 21 août 1855 et le second Joseph, le 29 avril 1857. À l'âge de 8 ans, ils fréquentaient l'école primaire. C'étaient des enfants calmes, de talents moyens, un peu faibles. En automne 1864, Thiébaut et son plus jeune frère furent atteints d'une maladie mystérieuse. Le médecin qu'on appela en premier lieu le docteur Lévy d'Altkirch, ainsi que ceux que l'on consulta dans la suite, ne purent se prononcer sur le genre de maladie. On fit prendre aux enfants du vin de quinquina ; durant les convulsions on leur faisait respirer du chloroforme ; on essaya encore d'autres remèdes. Mais tous les médicaments qu'on employa, même les plus énergiques restèrent sans résultat. Thiébaut devint si maigre qu'il ne ressembla plus qu'à une ombre mouvante.
À partir du 25 septembre 1865, on put constater chez les malades des phénomènes tout à fait anormaux. Couchés sur le dos, ils se tournaient et se retournaient comme une toupie, avec une rapidité vertigineuse. Puis ils se mettaient à frapper sans se lasser les montants de lit et les autres meubles avec une force surprenante, — ils appelaient cela « dreschen » — battre (le blé). Jamais la moindre fatigue, si long que fût ce battage. Puis ils tombaient dans des convulsions et de longs spasmes, suivis d'un tel abattement, qu'ils restaient des heures entières comme morts, sans faire le moindre mouvement, rigides comme des cadavres.
Ils furent pris assez souvent d'une faim de loup impossible à apaiser. Le bas-ventre s'enflait démesurément et il semblait aux enfants qu'une boule roulait dans leur estomac ou qu'un animal vivant s'y remuait de haut en bas. Leurs jambes étaient comme liées ensemble, telles des baguettes entrelacées ; personne ne pouvait les séparer. Thiébaut vit en ce temps-là lui apparaître une trentaine de fois un fantôme extraordinaire, qu'il appelait son maître. Celui-ci avait une tête de canard, des griffes de chat, des pieds de cheval, et tout le corps recouvert de plumes malpropres. À chaque apparition, le fantôme planait au-dessus du lit de l'enfant, qu'il menaçait d'étrangler. Tout ceci se passait en plein jour, en présence d'une centaine de témoins, parmi lesquels se trouvaient des hommes sérieux, nullement crédules, doués d'une grande perspicacité et appartenant à toutes les classes de la société. Tous ont pu se convaincre de l'impossibilité d'une supercherie quelconque.
Parfois quand les enfants étaient assis sur leurs chaises de bois, celles-ci furent soulevées avec eux par une main invisible ; puis les enfants étaient projetés dans un coin, tandis que les chaises volaient dans un autre. Une autre fois, ils ressentirent dans tout le corps, des démangeaisons et des piqûres douloureuses, firent sortir de leurs vêtements une telle quantité de plumes et de varechs, que le plancher en était tout couvert. On avait beau leur changer chemises et habits, plumes et varechs réapparaissaient toujours.
Ces terribles convulsions et les mauvais traitements de toute sorte, réduisaient les enfants à un état tel qu'ils durent s'aliter. Leurs corps s'enflaient d'une manière démesurée. Ils entraient dans de violentes colères, dans une vraie fureur, quand on s'approchait avec un objet bénit, un crucifix, une médaille ou un chapelet. Ils ne priaient plus ; les noms de Jésus, Marie, Esprit-Saint, etc., prononcés par les personnes présentes, les faisaient tressaillir et trembler. Des fantômes, visibles pour eux seuls, les remplissaient de crainte et de frayeur.
La crainte et la frayeur s'emparaient également des parents, témoins attristés de ces scènes terribles, impuissants à y remédier. Les voisins et les visiteurs arrivèrent de plus en plus nombreux, de près et de loin, car la nouvelle s'était vite ébruitée et chacun voulait voir les pauvres enfants. Tous étaient stupéfiés. Qu'était-il donc arrivé ?
Il y avait alors à Illfurt une pauvre vieille mal famée, qu'on avait chassée de son village natal, à cause de sa mauvaise vie. Les enfants avaient, dît-on, reçu d'elle une pomme qu'ils avaient mangée. Voilà le commencement de leur maladie mystérieuse. C'était là du moins l'explication donnée par les esprits qu'on disait résider dans les enfants. Quoi qu'il en soit, on devait bientôt apprendre la nature de ces esprits, car l'arbre se reconnaît à ses fruits.



Reportez-vous à Histoire de la possession des Ursulines de Loudun, et des peines du Père Surin (1/4), Histoire de la possession des Ursulines de Loudun, et des peines du Père Surin (2/4), Histoire de la possession des Ursulines de Loudun, et des peines du Père Surin (3/4), Histoire de la possession des Ursulines de Loudun, et des peines du Père Surin (4/4), Symptômes de possession ou infestation démoniaques, et Phénomènes possibles en cas de possession démoniaque et signes de délivrance.













lundi 14 janvier 2019

Dévotion aux Saints Anges : Faire des neuvaines en l'honneur des neuf Chœurs des Anges



Extrait de "La Dévotion aux neuf Chœurs des Saints Anges" de M. Boudon :


Les Catholiques enseignent qu'il ne faut pas s'arrêter superstitieusement aux nombres, et c'est la doctrine de la sainte Église ; mais l'on peut dire, sans superstition, qu'il y a de certains nombres mystérieux et consacrés par la piété des fidèles, comme celui de quarante, que les saints Pères remarquent avoir été sanctifié en la personne de Notre-Seigneur, et en celle des anciens Prophètes : celui de trois, qui étant multiplié par trois, compose le nombre neuvième, qui nous représente la très-sainte Trinité : c'est pourquoi dans le ciel il y a trois hiérarchies d'Anges, et chaque hiérarchie est composée de trois Chœurs ; et c'est parmi ces neuf Chœurs que les élus seront placés. L'usage des fidèles a rendu en suite de ces vues, la dévotion des neuvaines célèbres ; et la séraphique sainte Thérèse nous apprend qu'elle pratiquait cette dévotion, qu'elle faisait quantité de neuvaines en ses besoins.
C'est donc une louable pratique de faire des neuvaines, et spécialement en l'honneur des neuf Chœurs des Anges, y ayant des motifs tout particuliers qui nous y doivent exciter. Je suis témoin de grâces extraordinaires qui ont été accordées par cette dévotion : j'ai vu des choses merveilleuses arriver pendant que l'on honorait tous les saints Anges par cet exercice, et la puissance des démons ruinée en des choses d'importance ; et c'est un moyen très-efficace pour obtenir les secours du ciel dans les calamités publiques et dans les besoins particuliers.
Nous avons assez dit que les saints Anges nous assistent dans tous nos besoins, soit corporels, soit spirituels, et nous en dirons encore quelque chose dans la suite de ce traité : et parmi ces troupes célestes, les Archanges et les Principautés doivent être particulièrement invoqués pour le bien des royaumes et des provinces, et pour ceux qui les gouvernent : les Anges qui prennent le soin plus immédiat des cieux, des éléments et des saisons, dans le temps des guerres, des pestes, des famines et autres malheurs publics : les Puissances, contre les sorciers, magiciens et leurs maléfices ; contre les diables, leur rage et leur malice : les Vertus, pour obtenir de Dieu, tout bon, les secours extraordinaires en nus nécessités, puisque c'est de ces Esprits bienheureux que Dieu se sert souvent pour les et ses miracles, selon le témoignage de saint Grégoire, comme il a été remarqué ci-dessus. On peut voir ce que nous avons dit touchant les neuf Chœurs des Anges, aux trois premiers chapitres de ce second traité, et lire, la veille de chaque jour de la neuvaine, ce qui est rapporté du Chœur que l'on doit honorer le lendemain.
Pour en dire ici en peu de mots quelque chose, le premier jour de la neuvaine, on honorera les Anges du dernier Chœur : on peut leur demander la foi, qui est le commencement et le fondement de la vie spirituelle. Le second, les Archanges : l'on demandera le zèle de l'intérêt de celui que la foi nous fait connaître, et on souhaitera la même connaissance par la foi à tous les infidèles et hérétiques. Le troisième, les Principautés : on priera pour la conservation et augmentation de la foi dans les pays catholiques ; et comme la foi doit être accompagnée de la bonne vie, on offrira ses vœux pour l'anéantissement du péché, et pour la réformation de l'intérieur. Le quatrième, les puissances : on invoquera leurs secours contre la force des démons qui nous combattent dans les voies de la foi, et dans les desseins que nous prenons de la mortification chrétienne. Le cinquième, les Vertus : on en implorera l'assistance, pour surmonter les difficultés que la chair et le monde nous livrent dans le chemin de la vie spirituelle, et pour obtenir une sainte générosité dans la pratique des vertus chrétiennes. Le sixième, les Dominations, afin que nous connaissions les ordres de Dieu, ce qu'il demande de nous, et afin que sa divine volonté nous soit manifestée. Le septième, les Trônes, afin qu'ils nous obtiennent un parfait assujettissement, et un entier abandon à la divine volonté, en quoi consiste cette paix qui surpasse tout sentiment. Le huitième, les Chérubins, pour l'établissement de la lumière de Jésus-Christ en nous, et l'éloignement de toutes les maximes du monde qui lui sont opposées. Le neuvième, les Séraphins, pour le règne et le triomphe du pur amour dans nos cœurs.
L'un peut pratiquer la même dévotion dans les calamités publiques, qui nous arrivent et continuent, parce que nous n'en regardons pas assez la cause. L'on s'en prend aux uns et aux autres ; et il faut s'en prendre à soi-même et à ses péchés. Dieu ne nous frappe que pour être regardé ; et l'on n'arrête les yeux que sur les créatures. On demande sa paix, et on lui fait toujours la guerre ; nos vies ne changent pas, et nos péchés s'augmentent. Ô que le secours des saints Anges nous est nécessaire ! et qu'il est bon de leur faire des neuvaines, les priant d'apaiser la juste colère de Dieu, et de travailler à la destruction du péché, son cruel ennemi, et à ruiner les desseins des puissances de l'enfer.
Cette dévotion des neuvaines est encore très-avantageuse pour se bien préparer à la célébration des fêtes de Notre-Seigneur et de sa très-sacrée Mère, s'entretenant tous les jours avec les Anges du Chœur que l'on honorera, leur témoignant le désir que l'on a de bien aimer notre bon Maître et notre bonne Maîtresse, les priant de suppléer à notre peu d'amour, et de les remercier pour nous, de les louer, de les bénir ; de nous en obtenir la solide dévotion, et l'augmentation de plus en plus.
Or, pour bien faire ces neuvaines, chacun peut suivre l'attrait de la grâce, et le conseil de quelque bon serviteur de Dieu. Cependant pour en donner quelques moyens, ceux qui en auront la commodité, pourront faire célébrer neuf Messes en l'honneur des neuf Chœurs des Anges, faire brûler neuf cierges, donner neuf aumônes ; au moins l'on entendra neuf messes, l'on fera neuf actes de mortification, soit extérieure, soit intérieure ; neuf génuflexions tous les jours ; l'on récitera neuf fois la Salutation angélique, si l'on n'a pas le loisir de dire neuf Pater ; exercice de piété que le ciel a révélé même à sainte Mechtilde : l'on visitera neuf fois quelque chapelle ou autel dédié à Dieu en l'honneur des saints Anges, ou l'autel où repose le très-saint Sacrement, qui y est accompagné de ces princes de sa cour. Outre cela, on communiera, selon l'avis de son directeur ; l'on se mettra à genoux trois fois le jour, le matin, vers le midi et le soir, où l'on se prosternera devant les Anges du Chœur que l'on honore particulièrement ce jour : ou s'adressera à eux le long de la journée, par quantité d'oraisons jaculatoires ; l'on tâchera de s'entretenir quelque temps avec ces Esprits d'amour. Si l'on s'unit plusieurs ensemble, il y aura encore plus de bénédiction ; pour lors l'on pourra chacun choisir son jour pour visiter quelque église, quelques pauvres, et si on le peut, pour jeûner, afin que pendant la neuvaine il y ait un jeûne continuel.




Reportez-vous à Chapelet du Saint Ange gardien, Converser intérieurement avec les saints Anges, Avoir une grande dévotion à saint Michel, à saint Gabriel, à saint Raphaël, et aux autres quatre Anges qui sont auprès du trône de Dieu, Méditation pour la Fête de Saint Raphaël Archange, Méditation pour la Fête de Saint Michel et de tous les saints Anges, Méditation pour la Fête des Saints Anges Gardiens, Jésus crucifié est le Livre des Élus, La réalité des apparitions angéliques, Avoir une dévotion singulière aux Anges, Archanges et Principautés, Honorer principalement les Puissances, les Vertus et les Dominations, Avoir de profonds respects, et des amours extraordinaires pour les Trônes, les Chérubins et les Séraphins, La protection des saints Anges contre les démons, particulièrement au sujet de leurs différentes tentations, Litanies de l'Ange Gardien, Et Michel et ses anges combattaient contre le Dragon, La puissance des démons réglée par la sagesse divine, Neuvaine à Saint Michel, Discernement des esprits : ce qu'on entend par esprits, combien on en compte et comment ils se forment, Tous les hommes sont assistés des Saints Anges, Les Saints Anges nous assistent dans les choses temporelles, Les perfections admirables de ces sublimes intelligences, Les Saints Anges font tout ce qui peut se faire pour le bien des hommes, Litanie aux Saints Anges Gardiens, Discernement des esprits, Litanie de Saint Michel Archange, Puissance de Saint Michel au jugement dernier, Chapelet à Saint Michel Archange, Les Anges, princes et gouverneurs de la grande cité du bien, Neuvaine à l'Archange Raphaël, Secours de Saint Michel à l'heure de la mort, Litanie de Saint Gabriel Archange et Litanie de Saint Raphaël Archange.















dimanche 13 janvier 2019

Ce qu'est l'oraison mentale, par le R.P. D. Laurent Scupoli, Clerc Régulier Théatin


Extrait de "Le combat spirituel", par le R.P. Laurent Scupoli :


L'oraison mentale est une élévation de l'esprit à Dieu, dans laquelle on lui demande ou expressément, ou tacitement, les choses dont on croit avoir besoin.
On les lui demande expressément, lorsque du fond du cœur on lui dit : O mon Dieu ! accordez-moi cette grâce pour l'honneur dé votre saint Nom ; ou bien : Seigneur, je crois fermement que vous voulez, et qu'il est de votre gloire, que je vous demande cette faveur ; accomplissez donc maintenant en moi votre divine volonté. Quand nos ennemis nous attaquent et nous pressent le plus vivement, nous pouvons lui faire cette prière : Hâtez-vous, Seigneur, de me secourir, de peur que je ne devienne la proie de mes ennemis ; ou cette autre : Mon Dieu, mon refuge et toute ma force, secourez-moi promptement, de crainte que je ne succombe. Si la tentation continue, nous ne cesserons point de lui adresser de semblables prières, résistant toujours courageusement au malin esprit. Quand le plus fort du combat sera passé, nous élèverons encore nos regards vers Notre Seigneur, et le priant de considérer, d'un côté, les forces de notre ennemi, de l'autre, notre faiblesse, nous lui dirons : Voici, ô mon Dieu ! votre créature ; voici l'ouvrage de vos mains ; voici cet homme que vous avez racheté de votre sang: voyez le démon qui s'efforce de vous l'enlever et de le perdre. C'est à vous que j'ai recours ; c'est en vous que je mets toute ma confiance, parce que je sais que vous êtes infiniment bon et infiniment puissant. Ayez pitié d'un aveugle, hélas ! aveugle volontaire, qui, sans le secours de votre grâce, ne peut éviter de tomber entre les mains de son ennemi. Assistez-moi donc, ô mon unique espérance ! ô toute la force de mon âme !
On demande tacitement des grâces à Dieu, lorsqu'on se contente de lui représenter ses besoins, sans rien ajouter davantage. Étant donc en sa présence, et reconnaissant que, de nous-mêmes, nous ne sommes point capables d'éviter le mal, ni de faire le bien ; brulant d'ailleurs du désir de le servir, nous arrêterons la vue sur lui, et nous attendrons ainsi son secours avec confiance et avec humilité. Cet aveu de notre faiblesse, ce désir de servir Dieu, cet acte de foi fait ainsi que je l'ai indiqué, tout cela est une prière tacite qui obtient infailliblement du Ciel ce que nous voulons, et qui a d'autant plus de force que l'aveu est plus sincère, le désir plus ardent, la foi plus vive. Il y a une autre prière semblable, mais plus courte, laquelle se fait par un regard simple de l'âme qui semble exposer ainsi aux yeux du Seigneur toute son indigence ; et ce regard n'est autre chose que le souvenir d'une grâce qu'on avait déjà demandée et qu'on demande encore, sans rien dire et sans exprimer son désir.
Tâchons de mettre en usage cette sorte d'oraison, et apprenons à nous en servir en toute rencontre, parce que l'expérience nous fera voir que, comme il n'y a rien de plus aisé, il n'y a rien aussi de plus excellent ni de plus utile que cette manière de prier.




Reportez-vous à De l'Oraison et de la contemplation, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Histoire de la possession des Ursulines de Loudun, et des peines du Père Surin (1/4), La réalité des apparitions démoniaques, Honorer principalement les Puissances, les Vertus et les Dominations, Les saints et le combat spirituel : Saint Dominique, Bienheureux Alain de la Roche et la dévotion au Très Saint Rosaire, Méditation pour la Fête de Saint Raphaël Archange, Les répliques du démon, Les murs ont des oreilles ou les démons espions, La terre se couvrit de ronces et d'épines, Litanies des Saints exorcistes, Les Tentations sont inévitables en cette vie mortelle, Inimitiés entre les enfants de Marie et les esclaves du Diable, Par quelles armes battre le Tentateur ?, Le roi de la cité du Mal, Les princes de la Cité du Mal, Histoire religieuse des deux cités, Méditation pour le premier dimanche de Carême, Les embûches du Démon, Les pièges du diable, Méditation pour la Fête des saints Anges Gardiens, Méditation pour la Fête de Saint Michel et de tous les saints Anges, Avoir de profonds respects, et des amours extraordinaires pour les Trônes, les Chérubins et les Séraphins, Avoir une dévotion singulière aux Anges, Archanges et Principautés, La protection des saints Anges contre les démons, particulièrement au sujet de leurs différentes tentations, Litanies de l'Ange Gardien, Et Michel et ses anges combattaient contre le Dragon, La puissance des démons réglée par la sagesse divine, Neuvaine à Saint Michel, Discernement des esprits : ce qu'on entend par esprits, combien on en compte et comment ils se forment, Discernement des esprits, Litanie de Saint Michel Archange, Puissance de Saint Michel au jugement dernier, Chapelet à Saint Michel Archange, Neuvaine à l'Archange Raphaël, Secours de Saint Michel à l'heure de la mort, Litanie de Saint Gabriel Archange et Litanie de Saint Raphaël Archange.















Dévotion aux Saints Anges : Converser intérieurement avec les saints Anges





Sainte Cécile et l'Ange (Stomer)
La vie du Chrétien est une vie spirituelle : si vivons donc de l'esprit, pourquoi ne marchons-nous pas, et n'agissons-nous pas en esprit ? Nous sommes élevés à un état surnaturel ; et dans un état si divin, faut-il mener une vie toute sensuelle ? Malheur à nous qui sommes tout plongés dans la chair et le sang, qui sommes comme les idoles des païens, qui ont des yeux et ne voient point, des oreilles et n'entendent pas. Nous agissons comme des gens sans foi ; cet œil spirituel de notre âme (c'est de la sorte que saint Augustin parle de la foi) demeure en nous inutile, et presque sans effet. Quand nous vivrions au milieu des ténèbres du paganisme, nous ne serions pas plus attachés aux sens et dans un plus grand oubli du monde intérieur. Ah ! que de saintes beautés se découvrent dans ce monde spirituel ! que de grandeurs, que de raretés, que de gloire ! Mais il faut avouer que les saints Anges en font une belle partie, et que si notre conversation, selon le témoignage de l'Apôtre, doit être céleste, nous sommes obligés de converser souvent avec ces aimables Esprits du ciel.
C'était bien le sentiment du grand dévot des Anges, saint Bernard, lorsque exhortant ses frères à la dévotion de ces Esprits angéliques, il leur dit : Rendez-vous, mes chers frères, la conversation des Anges familière, et pensez à eux souvent : et de vrai, à quoi pensons-nous, quand nous ne pensons pas à ces éclatantes beautés du paradis ? Ô mon Dieu ! les créatures d'ici-bas aiment tant ce qui est beau, et prennent tant de plaisir à s'y arrêter ; elles ont tant de peine à s'en détacher : l'on converse si volontiers avec les personnes aimables de la terre ; et voici que le monde est plein d'Anges du paradis, puisque chaque homme a le sien, sans parler de tant d'autres que Dieu y envoie ; et ces Anges sont parfaitement beaux, doués d'une puissance admirable ; ils ont pour les hommes des douceurs toutes charmantes : ils possèdent toutes les qualités imaginables qui peuvent donner saintement de l'amour : au reste, ce sont les princes et les rois de l'empyrée ; et cependant, hélas ! presque personne n'y pense, et il est bien rare de trouver des hommes qui conversent souvent avec les Anges. Est-ce, dit encore le Saint que je viens de citer, que nous doutons de leur présence, parce que nous ne les voyons pas ? Mais devons-nous juger de la présence des choses par les yeux seulement de nos corps ? Est-ce que les saints hommes n'ont point d'âmes, parce qu'on ne voit pas les âmes ? Est-ce que Dieu n'est pas partout, parce que nos sens ne l'y aperçoivent pas ? C'est que nous n'avons pas de foi, me direz-vous, et il est vrai. Disons encore que c'est que nous sommes trop attachés aux choses de la terre ; et pleurons ensuite amèrement de notre peu de foi et de nos attaches. Les saints solitaires conversaient familièrement avec les Anges ; c'est qu'ils, menaient une vie angélique ; et, misérables que nous sommes, à peine y pouvons-nous penser un quart d'heure ; c'est que notre vie est toute terrestre.
Cette pratique tend à apporter quelque remède à ce malheur. Une personne étant à une fenêtre qui donnait sur une rue où il passait du monde, fut frappée d'un rayon de lumière qui lui toucha sensiblement le cœur : elle vit dans ce rayon de grâce, que les hommes étaient dans un oubli incroyable du monde de la grâce ; et étant ainsi pénétrée, elle s'appliquait à entendre ce que disaient toutes les personnes qui passaient par cette rue, et elle n'entendit pas un seul mot de Dieu, et des choses de Dieu. Chacun ne parlait que de la terre, que de beau temps, de mengeaille, d'habits, de chevaux, et choses semblables. Ô que d'Anges, disait-elle, qui passent ici, et qui accompagnent ces pauvres gens ! est-il possible que pas un de tous ces gens ne pense à ces princes du paradis ? Cette vue la toucha beaucoup ; et ensuite elle s'en alla en une foire, qui se tenait en ce pays, dans le dessein d'y aller rendre ses civilités aux Anges de tant de personnes qui y venaient en foule de tous côtés. Elle soupirait bien de remarquer dans une assemblée aussi nombreuse, si peu d'attention au grand nombre d'Anges qui y étaient. Elle allait de place en place pour les saluer, pour les entretenir. Ô que voilà bien, s'écriait-elle, d'autres spectacles à regarder, que toutes les raretés et marchandises de la foire !
Cette pratique est bien digne de nos imitations : nous sommes dans une ville, nous marchons dans des rues pleines de monde ; hé ! que ne regardons-nous intérieurement les Anges, qui tiennent compagnie à tout ce monde ! Que n'allons-nous quelquefois tous à dessein pour aller les y entretenir ! Vous entrez dans une église, dans quelque assemblée nombreuse ; mon Dieu, que ne vous élevez-vous au-dessus de vos sens, pour y voir tous les saints Anges. Vous faites voyage avec quelques personnes, vous leur parlez, vous les entretenez : pour quoi ne faites-vous pas de même avec les Anges qui les gardent ?
J'ai appris d'une personne, qui était fort dans ces pratiques, qu'elle prenait plaisir à compter le nombre des personnes avec qui elle se rencontrait, pour avoir lieu de savoir le nombre des Anges, qui sans doute étaient présents ; et dans la suite des temps, Dieu tout bon voulant favoriser sa dévotion, les rendait quelquefois aussi sensibles, que si elle les eût vus de ses yeux corporels : elle me disait que quelquefois, en dînant même, et à la table, tout-à-coup les Anges se faisaient connaître à elle d'une manière qu'elle ne pouvait expliquer, mais plus évidente que si les sens y avaient eu part. Vous allez par le chemin ; tous les villages ont autant d'Anges qu'il y a de personnes qui y demeurent. Hélas ! voilà bien des grands du ciel en tous ces lieux : ces pauvres gens de la campagne à peine le savent-ils, bien loin d'y penser avec dévotion ; que ne faites-vous donc votre cour à tous ces rois du beau paradis ? Sachez que d'autant plus qu'ils sont délaissés, d'autant plus regarderont-ils de bon œil vos respects. Il y a bien des Anges dans ces villages, à qui jamais l'on ne pensera ; si vous les honorez, ils seront bien obligés de vous en reconnaitre : et puis ces Esprits bienheureux ne savent ce que c'est qu'ingratitude, et ils sont les non pareils en reconnaissance. Vous seriez bien aise d'avoir l'honneur de la reconnaissance de quelque prince du sang royal, ou de quelques grands rois de la terre ; à quoi tient-il que vous ne fassiez de belles habitudes avec mille et mille rois de la cour céleste ? Vous dites quelquefois que vous voudriez bien dans vos voyages avoir le divertissement de quelque honnête compagnie : en vérité, pouvons-nous en avoir un plus doux, un plus agréable que celui de la conversation que vous pouvez avoir avec ces aimables Intelligences ? Vous allez à la campagne, que ne prenez-vous de certains temps pour y entretenir en esprit les Anges qui y sont ! Que ne vous retirez-vous quelquefois en votre jardin ? Que ne faites-vous quelque promenade seul, pour jouir de cette grâce ?
Mais que dites-vous de la présence de votre saint Ange Gardien ? Est-ce qu'il pensera continuellement à vous, et que vous ne penserez presque jamais à lui ? Croyez-vous qu'une petite prière le soir et le matin, soit une reconnaissance digne de ses faveurs ? Je veux que vous me répondiez sérieusement à ce que je vous demande : en bonne vérité, si l'un des princes de la terre venait vous rendre visite, le laisseriez-vous depuis le matin jusqu'au soir tout seul ; et croiriez-vous bien vous acquitter de vos devoirs, de lui faire la révérence une fois ou deux le jour ? particulièrement, si durant tout le jour il vous suivait partout, et vous obligeait en toutes les manières possibles ; et que d'autre part vous fussiez quelque pauvre malheureux, tout gâté, pliant de sales maladies, et le rebut des hommes, et vos crimes : si sans cesse vous tourniez le dos à cet obligeant prince, dans quel étonnement mettriez-vous tous ceux qui seraient instruits d'une incivilité et d'un mépris si extraordinaires ? Je vous demande de plus, votre imagination ne vous donne-t-elle pas de l'indignation d'un tel procédé ? Répondez-moi, en seriez-vous capable ? Hélas nenni ! l'on n'a point ces duretés pour la terre, il n'y a que pour le ciel : cependant c'est ce que vous faites à l'égard du grand prince du ciel qui vous garde. Ô Anges du paradis, pouvez-vous bien souffrir des rebuts si étranges ? Il est donc bien juste de les entretenir : c'est une chose insupportable, que de les laisser sans dire mot.
Prenez donc quelquefois un quart d'heure, une demi-heure, une heure, ou plus, et après vous être retiré, prenez votre temps pour causer avec votre bon Ange : mettez-vous à genoux devant lui, prosternez-vous par terre ; et il est bon de temps en temps d'user de cette pratique, lorsqu'on est seul : demandez-lui pardon de vos ingratitudes demandez-lui sa sainte bénédiction ; dites-lui tout ce qu'un bon cœur peut dire à un fidèle et charitable ami. Tantôt parlez-lui de vos besoins, de vos misères, de vos tentations, de vos faiblesses lui du divin amour, et des saintes voies qui conduisent à Dieu. Quelquefois, entretenez-le des offenses que les hommes commettent contre leur Souverain, et des divins intérêts de l'adorable Jésus et de sa très-digne Mère ; et d'autres fois, considérez à loisir les obligations que vous lui avez, les bontés qu'il a pour vous, ses beautés, ses perfections, ses admirables qualités. Agissez avec lui comme avec un bon père, une mère pleine de tendresse, un véritable frère, un ami incompatible, un amant zélé, un vigilant pasteur, un charitable guide, un témoin de vos plus importants secrets, un savant médecin pour guérir toutes vos plaies, un avocat et un puissant protecteur, un juge favorable, un roi tout occupé à vous faire du bien : invoquez-le selon toutes ces qualités, et les autres que votre amour vous suggérera. Elles peuvent vous servir d'autant de considérations qui vous feront passer le temps bien plus agréablement qu'avec les créatures de la terre.
Nous disons qu'il nous ennuie quelquefois, que l'on ne saurait à qui parler et que faire : voilà bien de quoi nous occuper, voilà bien avec qui converser. L'on demandait à une religieuse, qui était sans parents, sans amis, et sans connaissance de personnes qui lui rendissent visite, si elle n'avait point quelque peine quand elle voyait les autres religieuses visitées. Hélas nenni ! répondit-elle, car j'ai une personne fort aimable avec qui je m'entretiens ; et quand j'apprends que l'on demande une religieuse au parloir, aussitôt je pars pour lui rendre visite : et comme l'on ne savait ce qu'elle voulait dire, elle mena à une image du saint Ange qui était dans le monastère : Voilà, dit-elle, mon père, ma mère, toute ma parenté et toutes mes connaissances. C'est là que je viens parler pendant que mes sœurs parlent à la grille ; et je sors pour le moins aussi contente qu'elles, de mes entretiens. Il faut encore aller se promener en esprit dans les terres des infidèles, dans les pays hérétiques, pour converser avec tous les Anges de ces personnes : hélas ! ils sont bien abandonnés ! pour regretter avec eux l'aveuglement et l'infidélité de ces gens, pour leur parler du royaume de Dieu, pour les prier de travailler à son établissement dans tous ces royaumes. L'on peut de la sorte parcourir toute la terre, honorant un jour tous les Anges d'un royaume, et en un autre les Anges d'un autre pays. Tantôt ceux du Canada, tantôt ceux de la Chine, quelquefois ceux du Japon, d'autres fois ceux des Indes. Il ne faut pas aussi oublier les Anges des royaumes chrétiens ; et puis ensuite, c'est une chose bien douce d'aller en esprit en la Jérusalem céleste, s'entretenant quelquefois une heure avec les Séraphins, une autre avec les Chérubins, et ainsi allant de Chœur en Chœur par toutes les hiérarchies célestes. Ce que nous en avons dit peut fournir sujet d'entretien.
Enfin, c'est un exercice bien louable que de s'accoutumer à saluer les saints Anges des personnes que nous rencontrons. Si en faisant chemin nous trouvons un grand seigneur, on le salue, ou quelque personne qui nous soit amie. Si nous rencontrons cent fois ces personnes, nous ne manquons pas autant de fois à leur rendre nos civilités : faut-il qu'à l'égard des princes du ciel, nos plus véritables amis, nous soyons si insensibles. La chose est aisée ; vous n'en ferez pas plus de révérences ; il ne faut que prendre une bonne fois l'intention et faire un pacte sacré, que vous renouvellerez une fois au moins toutes les semaines, qu'autant de fois que vous saluerez quelqu'un, vous entendrez saluer son saint Ange. Quand vous vous en souviendrez, en même temps que vous rendrez le salut à qui que ce soit, tout bas en vous-même, dites à son saint Ange que vous le saluez. Pour ce sujet, accoutumez-vous à voir par les yeux de l'esprit les Anges de ceux que vos yeux corporels vous feront voir : peu à peu le souvenir des saints Anges vous sera très-facile, et vous en recevrez toutes sortes de bénédictions. En entrant dans une église, dans un lieu où il y a bien du monde, ne manquez pas d'y saluer tous les Anges ; et même quand vous serez avec des personnes qui vous sont familières, il sera bon de dire les unes aux autres, tout haut : Je salue votre saint Ange. J'ai vu par ce moyen cette pratique saintement établie ; en sorte que dans les compagnies, en entrant ou en sortant, l'on disait hautement tous les uns aux autres : Je salue votre saint Ange. Il y en a qui ne manquent jamais, quand ils écrivent à quelqu'un, de mettre au bas de leur lettre, qu'ils saluent le saint Ange de la personne à qui ils écrivent, et même quelquefois on le prie réciproquement de la part des uns et des autres, de faire ses civilités aux Anges des lieux où l'on demeure. Mon Dieu, n'est-ce pas ce que nous faisons tous les jours à l'égard des chétives créatures nos semblables ? Pourquoi ne rendons-nous pas au moins ce respect à ces favoris de Jésus et de Marie ?
L'on dira que ce sont des dévotions extraordinaires, je l'avoue ; mais aussi il faut avouer qu'elles devraient être très-ordinaires. C'est une chose extraordinaire que de voir un véritable Saint, une véritable Sainte ; c'est une chose extraordinaire que de voir des familles, quoique chrétiennes, des bourgades et villes du christianisme même, où l'amour de Dieu règne, et dont le péché soit banni. Hélas ! tout le monde est dans la malignité ; pour cela faut-il crier, si l'on exhorte à cet extraordinaire ? Faut-il trouver à redire, si l'on prêche la sainteté, l'amour de Dieu et la destruction du péché ? Il est vrai que la dévotion aux saints Anges est rare, que la conversation intérieure avec ces esprits célestes est extraordinaire ; mais c'est ce qu'il faut regretter avec larmes. Partout, dans les lettres des Turcs, le nom de Mahomet y paraît ; et les Chrétiens qui font profession d'une piété singulière, invectiveront contre une lettre où le nom de Dieu se fera remarquer, où l'on tâchera d'y rendre ses respects aux saints Anges ! On a vu à la fin du siècle dernier, le célèbre saint homme, le père de Royas, confesseur de la reine Marguerite en la cour d'Espagne, non-seulement saluer hautement toutes les personnes de cette cour par ces paroles, Ave, Maria ; mais même il en établit si fortement la pratique, que la reine saluait ordinairement le roi par ces mêmes paroles ; et Dieu voulut récompenser la dévotion de cette grande reine, et autoriser cette pratique de piété, par un signalé miracle qui se fit en la personne de cette princesse, au salut que lui donna son confesseur par ces saintes paroles. Cet homme de Dieu les mettait au commencement de toutes ses lettres, et sans doute qu'il ne manqua pas de contradictions ; car vous verrez des gens qui désapprouvent tout ce qu'ils ne font pas. Mais Dieu après sa mort a bien fait voir, par les miracles dont il l'a honoré, que souvent le ciel donne son approbation à ce que les hommes de la terre condamnent.




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