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dimanche 19 mars 2023

Le bâton en fleurs de Saint Joseph




La tradition est venue compléter admirablement le récit évangélique sur la vie et les travaux de Saint Joseph. Quoique notre dessein ne soit pas de les reproduire, il en est une qui doit trouver sa place ici, car elle nous apprend d'où vient ce lis qui est constamment donné à ce grand saint comme attribut.
Marie retirée dans le temple, avait atteint sa quatorzième année, et les prêtres durent lui choisir un époux. Mais une chose les embarrassait, c'était son vœu de virginité ; ils consultèrent donc le Seigneur. Or, pendant qu'ils étaient en prières, on entendit sortir du propitiatoire une voix qui disait : « Il faut que l'oracle d'Isaïe s'accomplisse. Il sortira une tige de la racine de Jessé, et une fleur s'élèvera de la tige. Que tous les membres de la famille de David déposent leurs verges dans le temple ; celui dont la baguette se trouvera fleurie et sur laquelle l'esprit de Dieu viendra se reposer, doit être l'époux de la vierge. »
L’appel du Seigneur fut immédiatement publié, et les jeunes hommes de la famille de David vinrent déposer leurs baguettes près de l’autel du propitiatoire. On offrit des sacrifices à Dieu pour qu’il daignât manifester sa volonté. Mais le lendemain, quand le grand-prêtre vint au temple, aucune des baguettes n’avait poussé des fleurs. Il consulta de nouveau le Seigneur, et il lui fut répondu que tous les fils de David n’étaient pas venus. Celui qui avait manqué à l’appel n’était autre que Joseph, qui avait cru pouvoir se dispenser de venir, parce qu’il était déjà avancé en âge. Mais apprenant l’oracle du Seigneur, il vint à son tour déposer sa verge près de l’autel. Le lendemain elle était couverte de fleurs et l’on vit une blanche colombe descendant du ciel venir s’y reposer. Joseph fut donc désigné pour être l’époux de Marie ; celle-ci l’accepta humblement, car elle savait que tout est possible à Dieu, qui avait reçu son vœu de n’appartenir qu’à lui.

(Extrait de Fêtes et Dévotions populaires, Abbé V.-G. Berthoumieu)


Reportez-vous à Prière à réciter chaque jour devant l'image de la Sainte FamilleActe de la présence de Dieu en l'honneur de Saint Joseph, Prière à Saint Joseph Artisan, composée par Sa Sainteté le Pape Pie XII, Élévations à Saint Joseph, Aspirations à Saint Joseph, Prière à Saint Joseph pour lui demander la grâce de connaître sa vocation, Miracle de guérison obtenu par Saint Joseph, Prééminence de saint Joseph dans le Ciel, Saint Joseph, Protecteur de l'Église, De quelques industries cachées qui conduisent bientôt à la perfection, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Saint Joseph refuge des pécheurs, De la confiance que nous devons avoir en Saint Joseph, Saint Joseph honoré par les saints, Saint Joseph élevé au-dessus de tous les saints, Prière à Saint Joseph, Père et Protecteur des Vierges, Prière pour demander la pureté, Prière pour obtenir la pureté, Pouvoir de saint Joseph, Confiance de sainte Thérèse d'Avila en saint Joseph, Invocations et prières à Saint Joseph pour chaque jour de la semaine, Union admirable de Jésus, Marie et Joseph, Délices de Nazareth, Saint Joseph, patron et modèle des âmes intérieures, Saint Joseph à Nazareth, Saint Joseph choisi de Dieu pour être le chef de la Sainte-Famille, Tendresse de saint Joseph pour Jésus, Neuvaine de prières à Saint Joseph, Neuvaine à Saint Joseph, pour se préparer à ses Fêtes, et obtenir quelque grâce spéciale pendant la vie et une bonne mort, Les Sept Dimanches de Saint Joseph, Excellence du saint nom de Joseph, Saint Joseph patron et modèle des religieux, Hymne en l'honneur de Saint Joseph, Litanies de la paternelle protection de Saint Joseph, Litanies des souffrances de Saint Joseph, Litanies de Saint Joseph, Prière efficace en l'honneur de Saint Joseph, Courtes prières à Saint Joseph, Chapelet de Saint Joseph, Acte de consécration au glorieux Saint Joseph, Prière de Saint Pie X au glorieux Saint Joseph modèle des travailleurs, Sermon pour la Fête de Saint Joseph, Marie est donnée en mariage à Saint Joseph, Litanies de l'amour de Marie, Supplique à Saint Joseph, Oraison pour présenter son cœur à saint Joseph et Méditations et Exemples pour le Mois de Saint Joseph.










 

dimanche 9 octobre 2022

Moyens pour obtenir le don de piété




Pratiquez dans la piété l'amour de vos frères. (II S. Pierre, I, 5, 7)

La prière. « Demandons instamment le don de piété au Saint-Esprit, attendu que c'est son don, et au Fils de Dieu Notre-Seigneur, afin que nous entrions dans son esprit filial, pour estimer, honorer et aimer Dieu notre Père, par proportion comme lui. Chaque fois que nous disons l'Oraison dominicale, récitons-la avec cet esprit filial, et savourons les premières paroles, qui nous assurent que Dieu est notre père (Saint-Jure, ch. III, sect. 16, art. 6). » — « Notre Père, Pater noster ; Pater, voilà, résumée en un seul mot, la première loi du christianisme, la première loi de la piété : noster, voilà la seconde ; voilà l'amour fraternel que S. Denis appelle ce qui vient en premier lieu après la première. Un chrétien ne peut réciter le Pater sans recevoir ainsi du Sauveur lui-même la douce leçon de la vraie piété chrétienne (Mgr de Ségur, La piété). »

Le renoncement. « Ce double amour de Dieu et des hommes, que le Saint-Esprit verse dans notre cœur, rencontre en nous-mêmes, et dans le monde où nous sommes obligés de vivre, une foule d'obstacles, de digues qui l'empêchent d'arriver jusqu'à nous. L'office du renoncement est d'abattre les unes après les autres, et de maintenir à terre ces digues funestes ; et comme le démon et le péché travaillent incessamment à les relever, à mesure que nous les renversons, le renoncement est un travail de tous les jours et de tous les instants. Si une seule de ces digues, en effet, vient à se relever, le courant divin qui nous apporte la piété n'arrive plus jusqu'à nous (Mgr de Ségur, Jésus vivant en nous). »

L'union à Jésus-Christ. « Le renoncement n'est que la condition de la piété ; le but du renoncement, c'est de recevoir l'Esprit de Jésus-Christ, de s'unir à Jésus-Christ, seul fondement de la piété de ses fidèles. Personne ne peut en poser un autre. (I Cor., III, 11) De cette source divino-humaine coule du ciel en terre l'eau vivante de la piété. Saint Paul appelle Jésus-Christ le grand mystère de la piété (I Tim. III, 16) (Idid., ch. I et II). »

La méditation de la Passion du Sauveur. « Lorsque l'homme considère les profondeurs de la tendresse de Jésus-Christ Notre-Seigneur , tendresse qu'il a répandue sur nous avec abondance en mourant pour nous sur la croix, il se sent ému, et son cœur se dilate à l'égard du prochain ; en sorte qu'il sacrifierait volontiers sa vie pour le salut de celui qu'il voit racheté par la croix de son Seigneur. Ainsi le salut des âmes, la gloire de Dieu, la compassion pour le prochain, un amour qui enflamme son propre cœur ; voilà ce que l'homme doit chercher dans les plaies de Jésus (S. Bonav., Aiguil. de l'am. div., ch. VII). »

La sainte communion. « L'acte de la communion est comme un redoublement de tendresse, de caresses pures, qu'une mère prodigue à l'enfant qui lui doit tout et qu'elle aime par-dessus tout. Ce bon petit enfant aime bien toujours sa chère mère ; mais dans ces moments-là, il sent davantage qu'il l'aime, et, par suite de ce sentiment, il l'en aime davantage. Ainsi en est-il de Jésus et de l'âme, qui est sa petite enfant bien-aimée ; le céleste baiser de la communion ravive, enflamme, augmente l'amour habituel que l'âme a pour son Dieu, resserre l'union déjà si intime de la grâce sanctifiante. L'habitude de la charité éclate en acte sous l'influence du saint Sacrement ; et la grâce sanctifiante, enflammée par la grâce sacramentelle, augmente puissamment en nous l'amour du bon Dieu (Mgr de Ségur, Nos grandeurs en Jésus, — C'est surtout par la communion réparatrice que nous développerons en nous la vraie piété. Nous pratiquerons ainsi l'amour de Dieu, en prenant les intérêts de sa gloire outragée ; nous consolerons le Cœur sacré de Jésus indignement offensé par des ingrats dans le sacrement de son amour ; nous détournerons les châtiments de sa justice prêts à éclater sur la tête des pécheurs, et nous attirerons sur ces pauvres pécheurs des grâces de pardon et de miséricorde. La communion réparatrice est enrichie de nombreuses indulgences pour ceux qui se font inscrire dans l'association (...). Voyez Recueil de différentes publications concernant l'œuvre de la communion réparatrice, par le P. Drevon.). »

La dévotion à Marie. « Marie est la mère de Celui qui est la source de la vraie piété : elle nous apprendra à connaître en Jésus notre frère, et à voir en Dieu notre père ; elle nous obtiendra la douce confiance et le filial abandon, car elle nous dit elle-même : Je suis la mère du bel amour, de la divine connaissance et de la sainte espérance : venez à moi, ô vous tous qui m'aimez avec ardeur (Eccles., XXIV, 24, 26) (P. Belot). »

Nous rendre familier le souvenir que Dieu est notre Père. « Accoutumons-nous à cette noble pensée que Dieu est notre Père, et rendons-nous-la tellement ordinaire et familière qu'elle passe, pour ainsi dire, dans notre nature. Traitons avec Dieu, offrons-lui nos prières, recevons tout ce qui nous arrive ; enfin, faisons absolument tout avec un esprit filial, exécutant ce que Dieu dit par Jérémie : Commencez donc, au moins maintenant, à m'appeler votre Père (Jérém., III, 4) (Saint-Jure, ch. III, sect. 16, art. 6). »

Agir avec les hommes dans un esprit d'amour. « Efforçons-nous de traiter avec les hommes dans cet esprit de piété, les regardant comme les ouvrages les plus achevés de Dieu et comme ses enfants ; n'admettons aucune pensée qui blesse l'estime et la charité que nous devons avoir pour eux, n'arrêtant, pour l'ordinaire, notre esprit que sur les qualités de la nature et de la grâce qui les relèvent (Saint-Jure, ch. III, sect. 16, art. 6). »

Comme le soleil éclaire et vivifie le ciel et la terre, ainsi la douceur de Marie obtient le don de piété à tous ceux qui la servent. (Sainte Brigitte)

Le Cœur sacré de Jésus a été le plus aimant de tous les cœurs ; nul cœur n'a plus aimé Dieu et les hommes. Dans ce Cœur béni, le chrétien puise, comme à une source intarissable, les eaux pures du saint amour et de la vraie piété. Sainte Claire assurait que c'était à la tendre dévotion qu'elle avait eue au sacré Cœur de Jésus qu'elle devait ces délices ineffables dont son âme était comblée, toutes les fois qu'elle se présentait devant le très-saint Sacrement. Sainte Catherine de Sienne se sentait tout embrasée de l'amour de Jésus, dès qu'elle pensait à cet adorable Cœur. Et Jésus-Christ étant apparu à sainte Mechtilde, lui dit : « Ma fille, ayez une tendre dévotion envers mon Cœur, car il est le trésor de toutes les grâces que je vous fais : il est lui-même la source de ces consolations intérieures, de ces douceurs ineffables dont je comble mes fidèles âmes. » Cette dévotion est donc une dévotion toute d'amour et de piété, et, ainsi qu'il a été révélé à sainte Gertrude, c'est précisément afin de ranimer la flamme de la charité refroidie que Notre-Seigneur a réservé à ces derniers temps la manifestation des richesses de son divin Cœur.

(Les sept dons du Saint-Esprit)


Reportez-vous à Nature du don de science, Effets du don de piété, Nature du don de Piété, Moyens pour obtenir le don de Crainte, Effets du don de Crainte, Nature du don de Crainte, Effets des sept dons du Saint-Esprit, Nature et excellence des sept dons du Saint-Esprit, Action du Saint-Esprit dans l'Église, Moyens pour obtenir les sept dons du Saint-Esprit, Du Recueillement, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De l'homme intérieur, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Du Saint-Esprit et de ses opérations en général : Ce qu'est le Saint-Esprit, sa mission temporelle, Prière pour demander au Saint-Esprit la victoire sur le respect humain, Promesse d'observer plus fidèlement à l'avenir les maximes de l'Évangile, Prière pour demander les douze fruits du Saint-Esprit, Prière pour demander la grâce de devenir parfait chrétien, Prière pour demander au Saint-Esprit l'abondance de ses grâces, Quelles résolutions prendre au jour de la Pentecôte ?, La Pentecôte : Quel est l'événement dont l'Église célèbre la mémoire en ce jour ?, Méditation pour le Samedi d'après la Pentecôte : Jésus sortant de la synagogue entra dans la maison de Simon, Méditation pour le Vendredi d'après la Pentecôte : Jésus prêchant dans la synagogue, voilà que des hommes apportent un paralytique dans son lit, Méditation pour le Jeudi d'après la Pentecôte : Jésus ayant assemblé ses douze Apôtres, leur donna une puissance et un empire sur tous les démons, Méditation pour le Mercredi d'après la Pentecôte : Quiconque écoute mon Père et se rend docile pour apprendre ce qu'il lui enseigne, vient à moi, Méditation pour le Mardi d'après la Pentecôte : Je suis la porte ; celui qui entrera par moi sera sauvé, Méditation pour le Lundi d'après la Pentecôte : La lumière est venue dans le monde, et les hommes ont mieux aimé les ténèbres que la lumière, Méditation pour le Dimanche de la Pentecôte : Le Saint-Esprit que mon Père enverra en mon nom, vous enseignera, Instruction sur le Saint-Esprit, Mission du Saint-Esprit, Instruction sur la Fête de la Pentecôte, Méditation sur la Fête de la Pentecôte : ils furent tous remplis du Saint-Esprit, Méditation pour la veille de la Pentecôte, Veille de la Pentecôte : Je prierai mon Père, et il vous donnera, pour demeurer éternellement avec vous, un autre consolateur, qui est l'Esprit de vérité que le monde ne peut recevoir, Méditation pour le Jour de la Pentecôte, Preuves directes de la divinité du Saint-Esprit : noms, attributs et œuvres, Le Dogme de l'unité de Dieu et de la Sainte Trinité, Preuves directes de la Trinité et de la divinité du Saint-Esprit, Le Saint-Esprit dans l'Ancien Testament, promis et figuré, Le Saint-Esprit prédit, Le Saint-Esprit dans le Nouveau Testament, première création : La Sainte Vierge Marie, Seconde création du Saint-Esprit : Notre Seigneur Jésus-Christ, Troisième création du Saint-Esprit : l’Église, Méditation pour le Dimanche de la Sainte Trinité, Neuvaine préparatoire à la Fête de la Pentecôte : Prière pour demander les sept Dons du Saint-Esprit, Méditation pour le Mercredi après la Pentecôte, Méditation pour le Mardi après la Pentecôte, Méditation pour le Lundi de Pentecôte, XIe Dimanche après la Pentecôte : Réflexions pratiques, Accueillir le Saint Esprit de Dieu, Litanie du Saint-Esprit, Méditation pour la Fête de l'Ascension, Instruction sur la Fête de l'Ascension, Méditation pour le Jour de l'Ascension de Notre-Seigneur, Le Seigneur Jésus fut élevé dans le ciel, et il est maintenant assis à la droite de Dieu, Les Apôtres et les Disciples ayant adoré Jésus-Christ, s'en retournèrent remplis de joie à Jérusalem, Quand le Consolateur que je vous enverrai de la part de mon Père, l'Esprit de vérité qui procède de mon Père, sera venu, il rendra témoignage de moi, Et vous aussi, qui avez été dès le commencement en ma compagnie, vous rendrez témoignage de moi, Je vous ai dit toutes ces choses, afin que vous ne vous scandalisiez point, Un temps viendra où quiconque vous fera mourir, pensera faire un sacrifice à Dieu, Ils vous traiteront de la sorte, parce qu'ils ne connaîtront ni mon Père ni moi, Je vous ai dit ces choses, afin que lorsqu'elles arriveront, vous vous souveniez que je vous les ai prédites, Actes avant la Confirmation : Prière au Saint-Esprit et Acte de demande, Méditation que les enfants peuvent faire avant de recevoir le sacrement de la Confirmation au Jour de la Pentecôte et Prière pour demander ou pour renouveler en soi la grâce du sacrement de Confirmation.












dimanche 5 juin 2022

Moyens pour obtenir les sept dons du Saint-Esprit




Ceux qui vivent selon la chair goûtent les choses de la chair, tandis que ceux qui sont spirituels n'ont de goût que pour les choses de l'Esprit. (Rom., VIII, 5)

« Les dons de l'Esprit-Saint sont unis entre eux dans la charité, de telle sorte que celui qui a la charité a tous les dons de l'Esprit-Saint, et que, sans elle, on ne peut en avoir aucun (S. Thom., 1. 2, q. 68, a. 5). » — « Les dons sont donc toujours et infailliblement distribués avec la grâce sanctifiante ; mais, en cet état commun, ils ne produisent pas un grand effet ; voici comment nous pouvons en mériter un notable accroissement et les posséder à un haut degré. »

Recourir au Saint-Esprit par la prière. « Comme ce sont les dons du Saint-Esprit, il est raisonnable et nécessaire de les lui demander, et, comme ce sont de très-grands dons, de les lui demander avec toutes les instances possibles. Pour cela, outre les prières que nous pourrons faire de nous-mêmes, il faudra dire, souvent et avec une affection très-grande, le Veni, creator, et la belle prose, Veni, sancte Spiritus. Il sera même bon, durant quelque temps, de demander un don, de faire tous ses efforts pour l'obtenir, et de passer ensuite à un autre (Saint-Jure, ch. III, sect. 16, art. 3). »

S'unir intimement à Notre-Seigneur Jésus-Christ. « Nous acquérons la grâce du Saint-Esprit par Notre-Seigneur, de la plénitude de qui nous avons tout reçu (S. Jean, I. 16), et par ses mérites, et par les douleurs de sa mort, qui ont obligé son Père à verser sur nous toutes sortes de bénédictions célestes. (Ephés, I, 3) Entre ces bénédictions, il n'y a point de doute que les sept dons du Saint-Esprit ne tiennent un des premiers rangs ; et, comme Notre-Seigneur en a été surabondamment rempli, et pour lui et pour nous, nous devons nous unir à lui pour les prendre de lui (Ibid. — Cette union s'accomplit surtout par la sainte communion : en recevant, par la communion, Jésus-Christ en nous, nous recevons aussi l'Esprit de Jésus-Christ). » — « C'est surtout dans les scènes de la Passion qu'il faut chercher l'humanité sainte du Dieu Sauveur, et nous y attacher par la contemplation. De ses plaies sacrées couleront sur nous, comme d'autant de sources fécondes, et les eaux de la grâce, et les dons de l'Esprit sanctificateur. Là, en effet, dit saint Bonaventure, on voit briller avec éclat, dans un foyer commun, la sagesse et l'intelligence, le conseil et la force, la science et la piété, et la crainte du Seigneur (P. Belot, p. 50. Lire, dans l'admirable ouvrage de saint Bonaventure intitulé : Aiguillon de l'amour divin, les chapitres VII, VIII et IX, qui traitent des rapports de la Passion avec les dons, les béatitudes et les fruits du Saint-Esprit.

La dévotion à Marie. « Marie a été, dès le premier instant de sa conception immaculée, enrichie des dons de l'Esprit-Saint. Elle a reçu ces dons sacrés, comme notre mère, pour nous les communiquer à nous-mêmes. Elle est la Mère du bel amour, de la divine connaissance et de la sainte espérance. Elles est pour nous la Mère de la grâce divine. C'est donc de cette tendre mère que nous devons les attendre, ces dons précieux ; c'est par elle que nous devons les demander (P. Belot, p. 236). »

Bannir de l'âme l'esprit du monde. « Les amateurs du monde ne sont point capables de tels dons, d'actes si parfaits, de rayons si lumineux ; car l'Esprit-Saint est donné lui-même au milieu de telles faveurs, et le monde ne peut recevoir cet Esprit de vérité, selon la parole du Seigneur. (S. Jean, XIV, 17) Et la raison qu'il en donne, c'est que le monde ne le voit point et ne le connaît point. L'intelligence des mondains n'est point apte à voir la lumière ; elle n'a point ces yeux invisibles par lesquels on peut contempler cet Esprit. Et la raison, c'est que, selon saint Paul, l'homme animal ne conçoit point les choses qui sont de l'Esprit de Dieu (I Cor., II, 14) ; car de tels hommes, dit le Psalmiste, ont résolu de tenir leurs yeux baissés vers la terre (Ps. XVI) (S. Bonaventure, liv. I, ch. V.). »

Pratiquer le recueillement intérieur. « Les rayons de ce divin soleil ne pénètreront pas les forces de notre âme, si celles-ci ne sont recueillies. Quelque pures que soient les eaux d'une rivière, les rayons lumineux ne peuvent les pénétrer, l'œil ne peut y rien distinguer, si elles sont agitées. Le Saint-Esprit ne parle pas dans le bruit ; il attend que l'on fasse silence pour faire entendre ses leçons. Et parlerait-il, d'ailleurs, comment une âme distraite, agitée, pourrait-elle prêter l'oreille à sa voix, et quel fruit pourrait-elle retirer de ses divins enseignements (P. Belot, p. 46. La vigilance sur nous-mêmes et l'usage des oraisons jaculatoires nous sont nécessaires pour garder le recueillement. L'amour du silence en est une autre condition ; mais sa source principale, c'est l'oraison. Un homme d'oraison ou un homme recueilli, c'est une seule et même chose : l'oraison n'est que l'exercice destiné à nous établir dans le recueillement. Le recueillement, c'est l'état habituel d'oraison ; et l'oraison, c'est l'acte, l'exercice quotidien du recueillement. (Mgr de Ségur, Le Chrétien vivant en Jésus, ch. VIII, 3.))

Les âmes terrestres, à mesure qu'elles se dilatent au-dehors par des désirs, resserrent de plus en plus l'entrée de leur cœur, et même la ferment quelquefois à l'Esprit divin. (Saint Grégoire)

« Que vous êtes heureux ! disait le jeune Décalogne à deux ou trois de ses camarades ; que vous êtes heureux ! Vous allez recevoir un sacrement qui vous donnera tant de facilité pour persévérer dans le bien et soutenir les bonnes résolutions que vous avez prises lors de votre première communion ! Que je voudrais être à votre place ! Pourquoi ce sacrement ne peut-il se réitérer ! car je savais à peine ce que je faisais lorsque je le reçus. Puisque le Saint-Esprit est Dieu, disait-il une autre fois à un de ses condisciples, il me semble qu'on ne doit pas se préparer avec moins de soin à recevoir la confirmation qu'à faire sa première communion. » Afin de réparer, en la manière qu'il pouvait, le manque de préparation qui avait précédé pour lui la confirmation, faute qui était du reste bien moins l'effet d'un manque de volonté que de la faiblesse de l'âge, il s'instruisit avec soin de tout ce qui a rapport à ce sacrement. Il en paraissait plus occupé que ceux qui se disposaient à le recevoir. Le jour de la confirmation, il s'approcha de la sainte table pour demander à Dieu de lui communiquer, comme à ses camarades, les précieux dons du Saint-Esprit, et la ferveur de ses désirs lui mérita d'en recevoir toute la plénitude. (Vie du jeune Décalogne)

(Les sept dons du Saint-Esprit)


Reportez-vous à Action du Saint-Esprit dans l'Église, Du Recueillement, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De l'homme intérieur, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Du Saint-Esprit et de ses opérations en général : Ce qu'est le Saint-Esprit, sa mission temporelle, Prière pour demander au Saint-Esprit la victoire sur le respect humain, Promesse d'observer plus fidèlement à l'avenir les maximes de l'Évangile, Prière pour demander les douze fruits du Saint-Esprit, Prière pour demander la grâce de devenir parfait chrétien, Prière pour demander au Saint-Esprit l'abondance de ses grâces, Quelles résolutions prendre au jour de la Pentecôte ?, La Pentecôte : Quel est l'événement dont l'Église célèbre la mémoire en ce jour ?, Méditation pour le Samedi d'après la Pentecôte : Jésus sortant de la synagogue entra dans la maison de Simon, Méditation pour le Vendredi d'après la Pentecôte : Jésus prêchant dans la synagogue, voilà que des hommes apportent un paralytique dans son lit, Méditation pour le Jeudi d'après la Pentecôte : Jésus ayant assemblé ses douze Apôtres, leur donna une puissance et un empire sur tous les démons, Méditation pour le Mercredi d'après la Pentecôte : Quiconque écoute mon Père et se rend docile pour apprendre ce qu'il lui enseigne, vient à moi, Méditation pour le Mardi d'après la Pentecôte : Je suis la porte ; celui qui entrera par moi sera sauvé, Méditation pour le Lundi d'après la Pentecôte : La lumière est venue dans le monde, et les hommes ont mieux aimé les ténèbres que la lumière, Méditation pour le Dimanche de la Pentecôte : Le Saint-Esprit que mon Père enverra en mon nom, vous enseignera, Instruction sur le Saint-Esprit, Mission du Saint-Esprit, Instruction sur la Fête de la Pentecôte, Méditation sur la Fête de la Pentecôte : ils furent tous remplis du Saint-Esprit, Méditation pour la veille de la Pentecôte, Veille de la Pentecôte : Je prierai mon Père, et il vous donnera, pour demeurer éternellement avec vous, un autre consolateur, qui est l'Esprit de vérité que le monde ne peut recevoir, Méditation pour le Jour de la Pentecôte, Preuves directes de la divinité du Saint-Esprit : noms, attributs et œuvres, Le Dogme de l'unité de Dieu et de la Sainte Trinité, Preuves directes de la Trinité et de la divinité du Saint-Esprit, Le Saint-Esprit dans l'Ancien Testament, promis et figuré, Le Saint-Esprit prédit, Le Saint-Esprit dans le Nouveau Testament, première création : La Sainte Vierge Marie, Seconde création du Saint-Esprit : Notre Seigneur Jésus-Christ, Troisième création du Saint-Esprit : l’Église, Méditation pour le Dimanche de la Sainte Trinité, Neuvaine préparatoire à la Fête de la Pentecôte : Prière pour demander les sept Dons du Saint-Esprit, Méditation pour le Mercredi après la Pentecôte, Méditation pour le Mardi après la Pentecôte, Méditation pour le Lundi de Pentecôte, XIe Dimanche après la Pentecôte : Réflexions pratiques, Accueillir le Saint Esprit de Dieu, Litanie du Saint-Esprit, Méditation pour la Fête de l'Ascension, Instruction sur la Fête de l'Ascension, Méditation pour le Jour de l'Ascension de Notre-Seigneur, Le Seigneur Jésus fut élevé dans le ciel, et il est maintenant assis à la droite de Dieu, Les Apôtres et les Disciples ayant adoré Jésus-Christ, s'en retournèrent remplis de joie à Jérusalem, Quand le Consolateur que je vous enverrai de la part de mon Père, l'Esprit de vérité qui procède de mon Père, sera venu, il rendra témoignage de moi, Et vous aussi, qui avez été dès le commencement en ma compagnie, vous rendrez témoignage de moi, Je vous ai dit toutes ces choses, afin que vous ne vous scandalisiez point, Un temps viendra où quiconque vous fera mourir, pensera faire un sacrifice à Dieu, Ils vous traiteront de la sorte, parce qu'ils ne connaîtront ni mon Père ni moi, Je vous ai dit ces choses, afin que lorsqu'elles arriveront, vous vous souveniez que je vous les ai prédites, Actes avant la Confirmation : Prière au Saint-Esprit et Acte de demande, Méditation que les enfants peuvent faire avant de recevoir le sacrement de la Confirmation au Jour de la Pentecôte et Prière pour demander ou pour renouveler en soi la grâce du sacrement de Confirmation.













dimanche 15 août 2021

Prière à Marie pour le Jour de l'Assomption



Ô Marie ! nous ne pouvons pas, comme à vos autres solennités, réunir nos voix pour faire monter jusqu'à votre trône nos concerts de louanges ; mais en ce jour de votre triomphe, quoique séparés les uns des autres par de si longues distances, tous nos cœurs éprouvent le besoin d'applaudir à votre gloire et de vous invoquer.
Ô vous notre Reine par la splendeur de vos privilèges et l'éclat de vos incomparables vertus, nous vous saluons de ce nom glorieux avec toute l'Église entière : Salve Regina !
Mais vous permettez à notre amour un nom plus doux et plus tendre ; vous aimez que les enfants des hommes vous appellent leur mère : nous vous saluons donc, ô la plus douce et la plus miséricordieuse des mères ! salve, Regina, mater misericordioe !
Vous êtes notre joie, notre vie, notre douceur, notre plus chère espérance ! Vita, dulcedo et spes nostra, salve.
Hélas ! malheureux enfants d'une mère coupable, bannis du ciel, à peine pouvons-nous de cette terre de larmes où nous languissons, interrompre quelques instants nos chants de tristesse pour célébrer vos triomphes. Nous ne savons que pécher et gémir : écoutez donc favorablement nos cris de détresse : ne rejetez pas nos gémissements et nos pleurs : Ad te clamamus exules filii Evoe, gementes et flentes in hac lacrymarum valle.
Ô notre Protectrice et notre Mère, en quelques lieux que la Providence nous ait dispersés, abaissez en ce moment sur nous tous vos regards les plus tendres et les plus miséricordieux ! Voyez nos dangers, notre misère, notre faiblesse et nos langueurs, et hâtez-vous de nous secourir ; voyez les péchés que nous avons commis, nos résolutions qui chancellent, l'amour du monde qui gagne peut-être nos cœurs et ses ténèbres qui se répandent sur notre esprit. N'en est-ce pas assez pour attirer sur nous les regards de votre miséricorde : Illos tuos misericordes oculos ad nos converte !
Que vos mains maternelles ne se lassent donc jamais de s'élever vers Dieu en notre faveur ! Ô Mère ! ô Mère ! sauvez vos enfants : Misericordes oculos ad nos converte.
Nous vous implorons tous les uns pour les autres. Protégez-nous tous : enfin, après l'exil de cette vie, montrez-nous dans l'éternel séjour, Jésus, le fruit béni de vos entrailles, Jésus, notre paix, notre joie, notre éternel bonheur, ô clémente ! ô pieuse ! ô douce Vierge Marie ! o clemens ! o pia ! o dulcis Virgo Maria !


Reportez-vous à Assomption : Quelles sont les vertus de Marie que vous devez imiter en ce jour ?, Suffit-il pour plaire à Marie de se mettre sous sa protection, et de lui adresser des prières ?, Quelle puissance Marie reçoit-elle de son Fils, au jour de son Assomption ?, Le triomphe de la très-sainte Vierge Marie ; son entrée dans le Ciel, Comment Dieu glorifia-t-il le tombeau de la très-sainte Vierge ?, Quelle fut la bienheureuse mort de la très sainte Vierge ?, ASSOMPTION DE LA SAINTE VIERGE : La mort des saints est précieuse devant le Seigneur, Méditation sur la Fête de l'Assomption, Instruction sur la Fête de l'Assomption, Discours sur l'Assomption de Marie, L'Assomption de Marie, Méditation sur la dévotion envers Marie, Munificentissimus Deus, Constitution apostolique du Pape Pie XII, sur la définition du dogme de l'Assomption, Octave de l'Assomption : Préparation, et Cantique pour le Jour de l'Assomption.














jeudi 10 juin 2021

ABRÉGÉ DU CATÉCHISME DE PERSÉVÉRANCE, DEUXIÈME PARTIE, Leçon II : Naissance du Messie


ABRÉGÉ DU CATÉCHISME DE PERSÉVÉRANCE

DEUXIÈME PARTIE

Contenant l'histoire et l'explication de la Religion

depuis la Naissance du Messie jusqu'à son Ascension


IIe LEÇON

NAISSANCE DU MESSIE



Q. Tous les peuples attendaient-ils le Messie lorsque Notre-Seigneur Jésus-Christ vint au monde ?
R. Lorsque Notre-Seigneur naquit, tous les peuples attendaient un personnage extraordinaire qui devait régner sur le monde et y établir l'empire de la justice et de la vertu. Les Juifs savaient, d'après les prophéties, que la venue du Messie était proche ; mais aveuglés par les Pharisiens, ils attendaient un Messie conquérant, qui les délivrerait du joug des nations. C'est même dans cette espérance qu'ils entreprirent, malgré leur faiblesse, de soutenir la guerre contre toute la puissance de l'empire romain.

Q. Et les païens ?
R. Fondés sur d'anciennes traditions, les païens s'attendaient aussi, vers le même temps, à la venue d'un personnage extraordinaire. On était généralement convaincu, dit Tacite, que les anciens livres des prêtres annonçaient qu'à cette époque l'Orient prendrait le dessus, et que de la Judée sortiraient les maîtres du monde.

Q. Ce fait est-il bien certain ?
R. Ce fait est tellement certain, que les plus grands ennemis de la Religion sont obligés d'en convenir, et que depuis la venue de Notre-Seigneur Jésus-Christ tous les peuples ont cessé d'attendre un Messie.

Q. Que faut-il conclure de là ?
R. Il faut conclure de là : ou que tous les peuples se sont trompés, en attendant un Messie et en reconnaissant pour tel Notre-Seigneur Jésus-Christ ; ou bien que Notre-Seigneur Jésus-Christ est véritablement le Messie, promis par les prophètes et attendu par les nations.

Q. Les peuples se sont-ils trompés ?
R. Les peuples ne se sont pas trompés, puisque tous les caractères du Messie, annoncé par les prophètes et entrevu par les nations, conviennent à Notre-Seigneur Jésus-Christ, et ne conviennent qu'à lui seul.

Q. Qui est Notre-Seigneur Jésus-Christ ou le Messie ?
R. Notre-Seigneur Jésus-Christ ou le Messie est le Fils de Dieu fait homme pour nous racheter.

Q. Rapportez-nous l'histoire de la naissance du Messie ?
R. Lorsque les temps marqués par les prophètes furent accomplis, Dieu envoya l'archange Gabriel vers Marie, qui habitait la petite ville de Nazareth en Galilée.

Q. Qui était Marie ?
R. Marie était une jeune vierge de la famille royale de David et épouse de saint Joseph, aussi de la famille de David.

Q. Que lui dit l'Ange ?
R. L'Ange lui dit que Dieu l'avait choisie pour être la Mère du Messie ; à quoi la sainte Vierge répondit : Je suis la servante du Seigneur, qu'il me soit fait selon votre parole. Alors l'Ange disparut, et l'Homme-Dieu se trouva formé par l'opération du Saint-Esprit dans le chaste sein de Marie.

Q. Où naquit le Messie ?
R. Un édit de l'empereur Auguste obligea la sainte Vierge et saint Joseph à se rendre dans la petite ville de Bethléem, en Judée, où naquit le Messie, comme l'avaient prédit les prophètes.

Q. Par qui sa naissance fut-elle annoncée ?
R. Sa naissance fut annoncée par les Anges, au chant de ce cantique, qui est l'abrégé de toutes les œuvres du Messie : Gloire à Dieu dans les hauteurs des cieux, et paix sur la terre aux hommes de bonne volonté !

Q. Par qui le Messie naissant fut-il adoré ?
R. Le Messie naissant fut adoré, d'abord, par la sainte Vierge et par saint Joseph ; puis, par des bergers qui s'empressèrent de publier partout les merveilles dont ils avaient été témoins ; enfin, par les Mages, qui étaient des rois de l'Orient et qui lui offrirent de l'or, de l'encens et de la myrrhe.

Q. À quelle occasion Notre-Seigneur reçut-il le nom de Jésus ?
R. Notre-Seigneur reçut le nom de Jésus à l'occasion de sa circoncision. Jésus veut dire Sauveur, et Notre-Seigneur est ainsi appelé, parce qu'il a sauvé tous les hommes de l'esclavage du démon, du péché et de la mort éternelle.

Q. Pourquoi le Messie est-il né dans la pauvreté, les humiliations et les souffrances ?
R. Le Messie est né, il a vécu, il est mort dans la pauvreté, dans les humiliations et dans les souffrances ; 1° pour expier le péché ; 2° pour nous guérir de ses suites ; 3° pour nous servir de modèle.


Je prends la résolution d'aimer Dieu par-dessus toute chose, et mon prochain comme moi-même pour l'amour de Dieu ; et, en témoignage de cet amour, je veux imiter l'humilité, et la douceur de Jésus naissant.


Prudence, que l'attente d'un Sauveur politique, d'un Messie conquérant, par des catholiques, ne hâte pas la venue de l'Antéchrist...


Deuxième Partie : Leçon I : État du monde à la venue du Messie, Leçon III : Vie cachée de Notre-Seigneur Jésus-Christ.

Première Partie :
Leçon I : Enseignement vocal de la Religion, Catéchisme, Leçon II : Enseignement écrit, Écriture et Tradition, Leçon III : Connaissance de Dieu considéré en Lui-même, Leçon IV : Connaissance de Dieu par ses ouvrages, 1er Jour de la Création, Leçon V : Connaissance de Dieu par ses ouvrages, 2e Jour de la Création, Leçon VI : Connaissance de Dieu par ses ouvrages, 3e Jour de la Création, Leçon VII : Connaissance de Dieu par ses ouvrages, Fin du 3e et commencement du 4e Jour de la Création, Leçon VIII : Connaissance de Dieu par ses ouvrages, suite du 4e Jour de la Création, Leçon IX : Connaissance de Dieu par ses ouvrages, 5e Jour de la Création, Leçon X : Connaissance de Dieu par ses ouvrages, Fin du 5e et commencement du 6e Jour de la Création, Leçon XI : Connaissance de Dieu par ses ouvrages, Suite du 6e Jour de la Création, Leçon XII : Connaissance de l'homme considéré en lui-même, Leçon XIII : Connaissance de l'homme considéré dans ses rapports avec les créatures, Leçon XIV : Connaissance de l'homme considéré dans ses rapports avec Dieu, Leçon XV : Connaissance des Anges, Leçon XVI : Chute de l'homme, Leçon XVII : Accord de la justice et de la miséricorde divine dans la punition et dans la transmission du péché d'Adam, Leçon XVIII : Nécessité et perpétuité de la Foi au Mystère de la Rédemption, Histoire de Job, Leçon XIX : Connaissance de la Religion, Nature et définition de la Religion, Leçon XX : Connaissance de la Religion, Que la Religion est une Loi, Leçon XXI : Le Messie promis et figuré : Adam et Abel, Leçon XXII : Le Messie promis et figuré, Noé, Troisième Figure du Messie, Leçon XXIII : Deuxième promesse et quatrième figure du Messie, Melchisédech, Leçon XXIV : Isaac, cinquième Figure du Messie, Leçon XXV : Le Messie promis et figuré, Jacob, Sixième Figure du Messie, Leçon XXVI : Le Messie promis et figuré, Joseph, Septième Figure du Messie, Leçon XXVII : L'Agneau pascal, Huitième Figure du Messie, Leçon XXVIII : La Manne, Neuvième Figure du Messie, Leçon XXIX : Les sacrifices et le serpent d'airain, Dixième et onzième Figure du Messie, Leçon XXX : Moïse, Douzième Figure du Messie, Leçon XXXI : Josué, Treizième Figure du Messie, Leçon XXXII : Gédéon, quatorzième Figure du Messie, Leçon XXXIII : Samson, Quinzième Figure du Messie, Leçon XXXIV : Sixième Promesse du Messie, Leçon XXXV : David, Seizième Figure du Messie, Leçon XXXVI : Salomon, Dix-septième Figure du Messie, Leçon XXXVII : Jonas, Dix-huitième Figure du Messie, Leçon XXXVIII : Le Messie prédit, Prophéties de David, Leçon XXXIX : Le Messie prédit, Prophéties d'Isaïe, Leçon XL : Le Messie prédit, Prophéties d'Osée, de Michée, de Joël et de Jérémie, Leçon XLI : Le Messie prédit, Prophéties d'Ézéchiel, Leçon XLII : Le Messie prédit, Prophéties de Daniel, Leçon XLIII : Le Messie prédit, Prophéties d'Aggée, de Zacharie et de Malachie, Leçon XLIV : Résumé général et application des promesses, des figures et des prophéties, à Notre-Seigneur Jésus-Christ, Leçon XLV : Le Messie préparé, Monarchie des Assyriens, Leçon XLVI : Le Messie préparé, Monarchie des Assyriens, Histoire de Judith, Leçon XLVII : Le Messie préparé, Histoire de Tobie, Leçon XLVIII : Le Messie préparé, Monarchie des Perses, Histoire d'Esther, Leçon XLIX : Le Messie préparé, Monarchie des Grecs et des Romains, Leçon L : Le Messie préparé, Histoire des Machabées, Leçon LI : Unité de la Religion et de l’Église.














lundi 19 octobre 2020

Prière à Marie pour connaître sa vocation

 


Vierge sainte, veuillez vous ressouvenir que je me suis consacré pour toujours à vous ; vous êtes mon espérance et ma protection. Vous m'avez reçu au nombre de vos enfants, vous êtes ma tendre Mère. Arrivé à cette époque décisive de ma vie où je vais embrasser un état duquel dépend peut-être mon bonheur ou mon malheur éternel, j'ai plus besoin que jamais de votre aide et assistance. Que pourriez-vous me refuser, vous en qui a résidé la lumière du monde ? Priez donc votre divin Fils de laisser tomber dans mon âme un petit rayon de lumière, qui éclaire mes ténèbres et me fasse connaître l'état dans lequel il veut que je le serve pendant ma vie. Puisque vous êtes le guide des voyageurs, comme une mère conduit son enfant, conduisez-moi vous-même dans le chemin que votre Fils a tracé pour aller à Dieu. Dites vous-mêmes à mon cœur si je dois quitter le monde pour n'avoir plus que Dieu pour partage, ou si je dois rester dans ce monde, et, quel que soit celui des deux chemins que je prenne, soyez mon guide et mon avocate ; car, si vous me conduisez, je suis sûr de ne jamais être séparé de Jésus. Vierge sainte, voilà ce qui m'a conduit à vos pieds et ce que j'espère obtenir de la tendresse de votre cœur. Ainsi soit-il.


Reportez-vous à Prière à Saint Joseph pour lui demander la grâce de connaître sa vocation, Prière pour la vocation, Prière à Notre-Dame du Bon-Conseil pour demander la grâce de connaître sa vocation, N'embrassez un état que par des motifs dignes d'une Chrétienne et En quelque état que vous soyez, rendez respectable, par vos sentiments et votre conduite, votre titre de Chrétienne.












 

samedi 17 octobre 2020

Prière d'une mère pour consacrer sa famille à Marie



Ô Marie ! Vierge pure et sans tache, chaste Épouse de Joseph, Mère tendre de Jésus, modèle accompli des épouses et des mères, pleine de confiance, je me prosterne à vos pieds, j'implore votre secours. Voyez, ô puissante Marie ! voyez mes besoins et ceux de ma famille, écoutez les vœux ardents de mon cœur. Oui, tendre Mère de Jésus-Christ, Reine des Saints, j'espère obtenir de Jésus votre Fils adorable, et par votre intercession, toutes les grâces nécessaires pour remplir saintement mes devoirs d'épouse et de mère de famille ; sollicitez pour moi la crainte de Dieu, l'amour du travail et des bonnes œuvres, le goût de la prière et des choses saintes, la douceur, la patience, la sagesse, toutes les vertus que doit avoir une mère qui veut se sauver et avec elle ses enfants ; apprenez-moi à aimer mon époux comme vous avez aimé saint Joseph, afin que notre union ne soit qu'un encouragement aux bonnes œuvres et à la vertu. Je recommande aussi à votre cœur maternel toute ma famille, je vous établis la mère et la protectrice de mes enfants ; formez leur cœur à la piété, qu'ils ne s'éloignent jamais des sentiers de la sagesse ; que vos regards, ô Vierge sainte ! que la tendresse de votre cœur ne quittent jamais ma maison, et nous serons sûrs de vivre saintement sur la terre et de nous retrouver tous ensemble dans les cieux pour contempler votre gloire, pour célébrer vos bienfaits et votre amour, et pour vous bénir éternellement avec votre cher Fils, notre Seigneur Jésus-Christ. Ainsi soit-il.


Reportez-vous à Actes de Foi, d'Espérance et d'Amour à Marie, Prière d'un enfant de Marie, Union admirable de Jésus, Marie et Joseph, Délices de Nazareth, et Litanies de l'Amour de Marie.












lundi 16 mars 2020

Nous sommes des grands blessés




Il nous est loisible à présent de nous adonner à la connaissance de nos misères. Il y a d’abord celles qui dérivent en ligne directe du péché originel. Ce péché a laissé dans notre être de nature des BLESSURES profondes. Considérons-les l’une après l’autre. Plus nous les connaîtrons, plus nous aurons à cœur de leur appliquer les REMÈDES de l’ascèse chrétienne.

Continuons d’invoquer l’Esprit-Saint et son Épouse immaculée. En raison même de sa préservation du péché originel, Marie – bien plus profondément que nous – est capable de comprendre notre misère morale ; et toute sa maternelle compassion ne demande qu’à nous secourir.


Les BLESSURES du péché originel


Adam, dans l’état d’innocence, ne possédait pas seulement la grâce sanctifiante en son âme ; il jouissait encore, par surcroît, de privilèges magnifiques qui perfectionnaient sa nature et le rendaient plus apte à vivre avec sécurité et joie son rôle de chef du genre humain.

Ces privilèges – dons absolument gratuits – étaient la science infuse, qui le rapprochait des anges ; la maîtrise des passions, c’est-à-dire l’exemption de la concupiscence ou l’inclination au mal ; l’impassibilité, c’est-à-dire l’exclusion de la maladie et de toute souffrance ; l’immortalité, c’est-à-dire l’exemption de la mort corporelle. Le temps de l’épreuve écoulé, Adam devait passer sans heurt du paradis terrestre au paradis céleste. Mais, par sa désobéissance grave, il perdit d’un seul coup et la grâce sanctifiante et tous les privilèges que Dieu lui avait accordés.

Le sacrement de baptême nous rend la grâce sanctifiante avec le droit au bonheur du Ciel ; il ne nous restitue pas les dons préternaturels qui l’accompagnaient. Nous demeurons ainsi dans un état de déchéance, de disgrâce, d’appauvrissement, subissant dans notre nature ce qu’on appelle les blessures du péché originel : l’ignorance, la concupiscence, la souffrance et la mort.

Dans notre intelligence, l’ignorance a remplacé la science infuse. Le premier homme avait reçu de Dieu la révélation des vérités surnaturelles que comportait son état de justice, ainsi qu’un ensemble de connaissances sur les choses nécessaires à la vie, en raison de sa condition de chef et d’éducateur du genre humain. Cette science ayant été perdue, nous devons y remédier par la science acquise. Nous ignorons tout en venant au monde : notre intelligence est aussi nue qu’une plaque de marbre bien lisse où rien n’est gravé, ou qu’un panneau uni sur lequel il n’y a rien de peint. Tout devra commencer par nous venir des sens, et durant notre vie entière il nous faudra apprendre.

Un dur et continuel labeur s’impose, car l’ignorance, surtout celle des vérités importantes pour la direction de notre vie morale et de notre vie spirituelle, n’est pas facilement vaincue. C’est un fait que le plus grand nombre des baptisés se montre rétif à entretenir et développer en eux les enseignements du catéchisme ; On se contente de peu, on ne comprend pas qu’il ne faudrait jamais de déshabituer de l’étude des vérités révélées. Aussi, que de déficiences, que de lacunes, que d’erreurs dans les esprits en matière religieuse !

Même chez ceux qui se portent résolument vers la connaissance de Dieu et des choses divines, qui s’appliquent à réduire autant que possible l’ignorance native par l’intelligence des mystères de la foi et par les clartés provenant des dons du Saint-Esprit, une très grande part d’obscurité demeure. Ils n’avancent qu’à tâtons vers la pleine lumière réservée à la gloire, sachant bien qu’ils se livrent à l’étude d’une science sans fin, mais qui fait leur béatitude ici-bas. « Ô Seigneur, suppliait saint Augustin, que vos Écritures soient toujours mes chastes délices. Que je boive de vos eaux salutaires, depuis le commencement du Livre sacré où l’on voit la création du ciel et de la terre jusqu’à la fin où l’on contemple la consommation du Règne perpétuel de votre Cité sainte ». Saint Augustin était pourtant un grand génie. Que penser alors de nous-mêmes et de nos ignorances humiliantes.

Avec la science infuse, le péché originel nous a fait perdre également la maîtrise de nos passions. La volonté d’Adam innocent, spécialement fortifié par la grâce, maintenait facilement l’ordre parmi les tendances des facultés inférieures. « Telle était la puissance de l’image de Dieu en l’âme, écrit Bossuet, qu’elle tenait tout dans le respect ». Le corps était soumis à l’âme, comme l’âme était soumise à Dieu.

La grâce disparaissant, la maîtrise des passions disparut avec elle. Nos facultés sensitives réclament, impérieusement parfois, leur satisfactions. Nos sens extérieurs, nos regards, par exemple, se portent avec avidité vers ce qui flatte la curiosité ; nos oreilles écoutent avec empressement les nouvelles qui se présentent ; notre toucher recherche les sensations agréables, et cela bien souvent au-delà des limites permises par la loi morale. Il en est de même de nos sens intérieurs : l’imagination nous représente toutes sortes de scènes plus ou moins sensuelles ; la sensibilité convoite des jouissances inférieures ; Tous ces sujets révoltés essaient d’entraîner le consentement de la volonté. C’est la tyrannie de la CONCUPISCENCE, l’inclination violente vers le mal, l’attrait désordonné vers le plaisir défendu.

Assurément, la volonté peut résister ; mais elle-même se ressent de la désobéissance de notre premier père. Elle a peine à se soumettre à Dieu et à ses représentants sur la terre. Elle a des prétentions à l’indépendance : volontiers elle croit pouvoir se suffire ; Aussi, que d’efforts lui faut-il pour vaincre les obstacles qui s’opposent à la réalisation du bien. Que de faiblesse, que d’inconstance dans ces efforts ! Que de fois elle se laisse entraîner par le sentiment et les passions !

Saint Paul (Rom. VII, 19-25) a décrit, en termes frappants, cette déplorable faiblesse : « Je ne fais pas le bien que je veux, et je fais le mal que je ne veux pas… Car je vois dans mes membres une autre loi qui lutte contre la loi de la raison, et qui me rend captif de la loi du péché qui est dans mes membres. Malheureux homme que je suis. Qui me délivrera de ce corps de mort ?… (Voir Tanquerey, Précis de théologie ascétique et mystique, N° 74 et 75) ». C’est la lutte de la chair contre l’esprit. Tout fils d’Adam l’expérimente à vif dans son âme. La grâce baptismale, se développant dans une vie chrétienne vraiment vertueuse, corrige, atténue cette propension au péché ; elle ne la guérit jamais entièrement. La maîtrise d’eux-mêmes, presque sans défaillance, que nous admirons chez les saints, est le résultat de luttes héroïques et de patients efforts, soutenus par une grâce puissante.

Quant aux deux autres blessures du péché originel, la souffrance et la mort, elles demeurent inéluctables et implacables pour tous. Il nous faut manger notre pain à la sueur de notre front, exposés aux maladies et infirmités de touts sorte ; en attendant de retourner un jour à la terre dont nous avons été pris. Mais ici encore, avec la grâce rédemptrice mise à profit, nous pouvons sanctifier la souffrance et adoucir ce que la mort comporte d’effrayant et de cruel. Rappelons-nous ce que dit le Père de Montfort au sujet de la mort des fidèles esclaves de Marie : elle est douce et tranquille, la Vierge y assiste ordinairement pour les conduire elle-même dans les joies de l’éternité (VD, n° 200).

LES REMÈDES de l’ascèse chrétienne. Connaissant les blessures que nous portons en notre nature humaine, il nous faut non seulement croire au dogme du péché originel, mais en conséquence entretenir en nous d’une manière habituelle une grande humilité d’esprit. Cette humilité sera le premier remède à notre misère native : on ne conçoit pas des êtres déchus qui s’exaltent.

Sans doute, notre nature n’est pas corrompue en elle-même. Les expressions, souvent fortes, de la tradition chrétienne sur la déchéance originelle, doivent s’entendre de l’homme par rapport à sa condition première, non de la nature considérée en elle-même. Celle-ci, même après le péché, n’est pas intrinsèquement mauvaise ; elle garde son libre arbitre, elle est encore capable de quelque bien dans son ordre. Il reste cependant que nous sommes des êtres affaiblis, appauvris, dégradés, défigurés, privés de dons magnifiques : la nature était faite pour la grâce. Qui dit privation dit une chose qui manque, alors qu’elle devrait être ; et, par là même, c’est un mal, c’est un désordre qu’elle manque. C’est un désordre devant Dieu, c’est le désordre du péché originel entraînant toutes les suites que nous avons signalées (Voir Ecclesia (Boud et Gay, 1929), p. 119, 2e colonne). Bien que, personnellement, nous n’en soyons pas coupables, nous devons nous en humilier. C’est l’attitude qui nous convient : elle va nous aider maintenant à mieux connaître les tendances mauvaises qui prédominent en nous et s’opposent à l’acquisition des vertus. Elles sont la cause la plus fréquente de nos péchés actuels.

Ces tendances, appelées communément défauts dominants, ne sont pas autre chose que l’attache à soi-même, enracinée plus fortement dans l’une ou l’autre des trois grandes convoitises qui nous entraînent vers le mal : l’orgueil, la convoitise de la chair et celle des yeux. Il importe de bien les connaître, afin d’être à même de les mieux combattre (Voir Tanquerey, ouvrage cité, n° 818 et suivants).

L’orgueil nous entraîne vers un amour excessif de notre personne. Cet amour se manifeste de plusieurs manières : sous forme d’égoïsme, ou de vanité, ou de présomption, ou encore d’ambition avec désir de dominer.

Certaines natures offrent un égoïsme très accentué, toujours prêt à se montrer : soi d’abord. On ramène tout à soi, on ne se préoccupe et on ne s’inquiète que de soi, on s’enferme en soi comme si on se faisait son centre. On ne pense pas aux autres, on ne s’intéresse pas à eux, on ne sympathise pas. Ce défaut fait beaucoup souffrir l’entourage. Vous ne pouvez rien dire, ni une peine, ni une joie, ni évoquer un souvenir ou raconter vos impressions, sans qu’aussitôt votre interlocuteur, n’en tenant aucun compte, vous ramène à ce que lui-même a vu, connu, éprouvé : moi ceci, moi cela… C’est toujours le moi mis en avant.

D’autres natures sont vaniteuses : elles recherchent l’estime, l’approbation, la louange. La vantardise ne les gêne pas : on parle de soi avec avantage, de son intelligence, de ses capacités, de ses talents, de son savoir-faire ; et aussi de sa famille, de ses relations, de ses succès qui ont toujours dépassé les succès des autres. On aime encore attirer sur soi l’attention par certaines manières d’agir, de se vêtir, de paraître, par un faste qu’on déploie à l’occasion, ou par des singularités qu’on se permet. Maigres satisfactions qui privent l’âme de beaucoup de mérites.

D’autres présentent le défaut de présomption : c’est une confiance illimitée en soi-même, en ses facultés naturelles, en sa science, en sa force, et même en ses vertus. D’où la tendance à s’élever au-dessus des autres, à vouloir faire des choses qui vous dépassent ; et plus encore à vouloir toujours avoir raison, à ne pas reconnaître ses torts, à ne pas tenir compte des avertissements reçus ; à ne pas plier, ne pas céder ; bien plus, à tenir tête envers et contre tout. Et devant une résistance, on s’emporte, on se fâche, on monte parfois jusqu’à la colère qui vous fait perdre le contrôle de vos facultés. Ce défaut, nous l’avons vu, était celui de l’apôtre Simon-Pierre, le chef du collège apostolique. Faute de le reconnaître, il s’est exposé à la tentation sans précautions ni garanties, et il est tombé dans un triple péché grave. Ajoutons, à sa louange, qu’après avoir reconnu et pleuré ses reniements, il est devenu le plus humble de tous, comme l’a témoigné sa mort en croix.

L’ambition et le désir de dominer dérivent de la même source. On aime et on recherche les honneurs, les dignités. On veut arriver aux premières charges ; et pour cela, on se montre flatteur, louangeur, cherchant les bonnes grâces de ceux qui sont haut placés. Quand, en fait, on y parvient, on ne craint pas, pour s’y maintenir, d’éloigner les personnes qui vous gênent et l’on s’entoure d’autres qui vous adulent. L’envie ou la jalousie entre alors en jeu envers quiconque exerce un ascendant, capable de renverser votre situation élevée ou de rivaliser avec les qualités brillantes qu’on admire en soi. On éprouve de la peine en entendant louer les autres ; on s’efforce d’atténuer ces éloges par des critiques malignes.

Tel est le triste étalage du défaut d’orgueil. Comme on le voit, il s’oppose en tout premier lieu à l’esprit d’humilité.

La convoitise de la chair nous porte à aimer le corps plus qu’il ne faut : c’est une tendance très prononcée à se rechercher dans les satisfactions qui l’affectent. Ceux en qui domine cette convoitise ont à lutter plus que d’autres contre la paresse, la gourmandise, et contre les affections sensibles. La paresse fait reculer devant tout effort corporel : le travail assidu, les corvées, les emplois qui réclament un courage persévérant. Par contre, elle se complaît dans ce qui favorise le repos du corps, son bien-être, comme le sommeil prolongé, les bains fréquents, l’usage des parfums, les vêtements légers, les promenades agréables, les visites sans raison. Cette paresse, si elle n’est combattue, expose à bien des tentations.

La gourmandise décèle un abus du plaisir légitime que Dieu a voulu attacher au manger et au boire : soit en prenant de la nourriture ou de la boisson sans besoin, en dehors des repas, pour le plaisir de se satisfaire ; soit en recherchant dans les repas ce qu’il y a de meilleur, les mets les mieux apprêtés, comme le font les gourmets ; soit en prenant une quantité trop grande d’aliments, au risque de compromettre sa santé (combien de maladies proviennent des excès de table !) ; soit encore en mangeant avec avidité, un peu comme les bêtes qui se précipitent sur ce qu’on leur donne. Que de fautes on commet ainsi contre la mortification.

Les affections ou amitiés sensibles, recherchées pour elles-mêmes, sans autre raison que la satisfaction du cœur, sont toujours dangereuses, car la limite est vite franchie, qui passe du sensible au sensuel, et du sensuel au charnel. On s’attache, on ne surveille pas son imagination, sa sensibilité, ses regards et surtout le sens du toucher. C’est le défaut dominant de certaines natures qui peuvent être très riches, mais qui sont en même temps très faibles. Il faut savoir y mettre ordre dès le commencement, sinon on court au-devant de chutes regrettables. Ces sortes d’affections ne sont permises qu’entre ceux qui ont la liberté et l’intention de s’unir dans l’état du mariage.

La convoitise des yeux incline à l’avarice, que nous entendons ici comme l’attache exagérée aux biens que l’on possède ou dont on peut disposer. On a tendance à garder jalousement son argent une fois acquis. On ne dépense qu’à regret, avec lésinerie. On refuse d’aider les siens, on ne donne rien ou presque rien aux pauvres, et aux bonnes œuvres. Au lieu d’économiser sagement, on capitalise outre mesure par peur de manquer et sans faire confiance au Père des Cieux qui veille sur nos besoins. Ainsi, petit à petit, les yeux se rivent à la terre, comme si on devait y demeurer toujours. Aimons donner, aimons faire l’aumône.

Tous ces défauts ne sont pas des péchés en eux-mêmes, mais ils nous font commettre quantité de fautes, fautes vénielles le plus souvent ; et dans la mesure où nous leur accordons satisfaction, ils se fortifient et deviennent de plus en plus exigeants. Ils peuvent alors nous entraîner aux péchés graves, et même se transformer en habitudes vicieuses tyrannisantes. C’est alors qu’aux suites du péché originel s’ajoutent les suites autrement accentuées des péchés personnels.

Le précepte évangélique du renoncement s’impose. Il nous faut, dit Montfort, « renoncer aux opérations des puissances de notre âme » (VD, n° 81). En ce qui concerne notre INTELLIGENCE, renoncer à ce mal qu’est l’ignorance religieuse. Appliquons-nous à connaître ce qui se rapporte à Dieu, notre fin dernière, et aux moyens de l’atteindre. Cette connaissance est primordiale : il serait déraisonnable de s’occuper des sciences humaines et de négliger celle du salut. Que de baptisés, très instruits dans telle ou telle branche du savoir humain, n’ont qu’une connaissance bien imparfaite des vérités chrétiennes.

Renoncer à cette vaine curiosité, qui recherche avant tout et d’une manière excessive les lectures qui plaisent, comme celles des romans, des journaux et de certaines revues à la mode où l’âme ne trouve rien qui puisse l’élever ou l’enrichir. On fait passer ainsi l’agréable avant l’utile et le nécessaire, on perd un temps précieux, on transforme ce qui devrait être moment de détente en une occupation creuse qui se prolonge et nuit grandement au bon emploi de la journée.

Renoncer aussi et surtout à cette particularité d’orgueil de l’esprit, qui prétend se suffire et s’incline difficilement devant les enseignements de la foi ou les directives du Magistère, comme aussi devant l’obéissance due aux Supérieurs. On raisonne, on critique, on tient à ses propres idées, on ne consulte pas l’autorité, on n’a confiance qu’en son jugement, on traite avec dédain les opinions des autres. On sème ainsi la division, au lieu d’entretenir la paix et la concorde.

En ce qui concerne la VOLONTÉ, qui est en nous la faculté maîtresse, la cause de nos mérites ou démérites, nous devons renoncer à suivre les exigences des facultés inférieures, afin de toujours soumettre parfaitement notre vouloir à celui de Dieu ; ce qui demande bien des sacrifices, en particulier le sacrifice de nos goûts, de nos caprices, de nos empressements naturels.

Renoncer à l’irréflexion qui nous fait suivre l’impulsion du moment, l’emportement ou encore la routine. On ne réfléchit pas avant d’agir, on ne se demande pas ce que Dieu réclame de nous.

Renoncer à la nonchalance, à l’indécision, au manque de ressort moral, toutes choses qui paralysent les forces de la volonté. Il importe d’acquérir, de développer les convictions de foi, qui stimulent notre vouloir et le déterminent à choisir ce qui est conforme au vouloir divin.

Renoncer à la peur de l’insuccès : elle est un manque de confiance, et par là même, elle diminue singulièrement nos forces. Il faut, au contraire, se souvenir qu’avec le secours de la grâce, on est sûr d’aboutir à de bons résultats.

Renoncer aussi à cette autre peur qu’est le respect humain : en craignant les critiques ou les railleries des autres, on s’appuie moins sur le jugement de Dieu, le seul qui compte : on affaiblit ainsi sa volonté.

Quant aux mauvais exemples, nous devons leur résister avec force, car ils nous entraînent d’autant plus facilement qu’ils correspondent à une propension de notre nature. Nous l’avons vu dans nos méditations des Jours préliminaires, c’est Notre-Seigneur que nous devons imiter, non pas le monde.

« Il faut de plus, nous dit Montfort, « renoncer aux opérations des sens de notre corps », c’est-à-dire qu’il nous faut voir comme si on ne voyait point, entendre comme si on n’entendait point, se servir des choses de ce monde comme si on ne s’en servait point » (VD, n° 81). C’est la doctrine de l’apôtre saint Paul dans sa première Épître aux Corinthiens (VII, 29-31).

Il va de soi que nous devons renoncer aux regards gravement coupables, ceux qui sont commandés par de mauvais désirs. Notre-Seigneur les réprouve énergiquement lorsqu’il dit : « Si ton œil droit est pour toi une occasion de chute, arrache-le et jette-le loin de toi ; car il vaut mieux pour toi qu’un seul de tes membres périsse, et que ton corps tout entier ne soit point jeté dans la géhenne » (Matth. V, 29). Ce qui ne veut pas dire qu’on doive se crever les yeux, mais qu’il faut savoir arracher son regard à la vue de personnes ou objets qui sont un sujet de scandale.

Mais nous devons encore renoncer aux regards simplement curieux : ils peuvent susciter des tentations ; ils sont toujours cause d’une foule de souvenirs et d’images qui dissipent l’âme, encombrent la mémoire et occasionnent la plupart de nos distractions dans la prière. Purifions nos regards en les reposant sur tout ce qui est de nature à élever notre âme et à nous faire bénir le Créateur.

En ce qui concerne les paroles contraires à la pureté ou à la charité, si nous ne pouvons éviter de les entendre, du moins ne les écoutons pas, ne leur prêtons pas une oreille attentive ; et surtout n’interrogeons pas pour entamer ou prolonger une conversation déjà mauvaise en soi. Il est bien rare que des conversations déshonnêtes ou contraires à la charité ne produisent pas des effets désastreux chez ceux qui les écoutent. Les premières allument des désirs mauvais et provoquent au péché ; les secondes entraînent à des bavardages qui nuisent à la réputation du prochain : on est tant porté à répéter ce qu’on a entendu. Aimons les entretiens qui sont lumière et bienveillance, en même temps que sage délassement.

Ainsi nous userons de ce monde comme n’en usant pas, sachant que tout y est passager, caduc, éphémère. C’est ce que saint Paul appelle mourir tous les jours ; Quotidie morior (I Cor. XV, 31). Jésus, recourant à une comparaison qui lui est familière, avait déjà dit : « Si le grain de froment ne tombe dans la terre pour y mourir, il reste seul, impuissant à se reproduire ; mais s’il meurt, il porte beaucoup de fruits » (Jean, XIV, 24). Si nous ne mourons à nous-mêmes, explique Montfort, et si nos dévotions les plus saintes ne nous portent à cette mort nécessaire et féconde, nous ne porterons point de fruit qui vaille pour la vie éternelle, nos dévotions nous deviendront inutiles, toutes nos œuvres de justice seront souillées par notre amour-propre et par notre volonté, ce qui fera que Dieu aura en abomination les plus grands sacrifices et les meilleures actions que nous puissions faire. À notre mort, nous nous trouverons les mains vides de vertus et de mérites ; nous n’aurons pas une étincelle du pur amour, qui n’est communiqué qu’aux âmes mortes à elles-mêmes, dont la vie est cachée avec Jésus-Christ en Dieu (VD, n° 81).

Ayons donc le courage, avec la grâce divine, de ne point reculer devant l’austère précepte du renoncement à soi : il est la condition première et indispensable de notre marche à la suite du divin Maître. Mais, comme la grâce divine ne nous est donnée que par Marie, les méditations qui vont suivre – tout en continuant de nous découvrir nos misères – nous montreront quel puissant secours est la Très Sainte Vierge, si nous savons mettre à profit son rôle providentiel de Médiatrice. Loin de nous appuyer sur nos seuls efforts personnels, nous aurons à cœur de recourir continuellement à son aide et intercession. Ainsi, nous entretiendrons et développerons en nous la vertu d’humilité ; et Marie nous sera très présente pour fortifier notre volonté dans la lutte contre nous-mêmes et contre les ennemis qui s’opposent à notre avancement spirituel.

(Père Dayet, Exercices préparatoires à la consécration de Saint Louis-Marie de Montfort)


Lorsque ce pernicieux esprit du monde gouverne une âme, toute conversion semble impossible, la foi étant rejetée de ses derniers refuges. S’il n’y avait dans cette âme que des œuvres de péché, la grâce divine pourrait en triompher encore, car le sang du Christ efface les fautes ; mais il n’y a pas de place pour le repentir, puisque le péché n’est plus l’offense de Dieu et que toute croyance au dogme de la vie future s’est évanouie. Le mondain subit alors cet esclavage de l’esprit qui est le plus effroyable, il vit sous la tyrannie de l’erreur et du mensonge et, dans cette servitude, il n’a plus de goût que pour les choses de la chair (Rom. VIII, 5). Ainsi, dit saint Augustin, « l’homme qui devrait être spirituel, même dans la chair, est devenu charnel même dans l’esprit (De Civitate Dei, lib. XIV, cap. XV) ». (Père Dayet)

Regardons en haut, bien au-dessus des hommes et de nous-mêmes ! Regardons l’adorable et aimable Jésus, la Sagesse éternelle et incarnée, qui nous a rachetés au prix de tout son sang. Rendons-lui grâces de ce qu’il s’est anéanti lui-même, en prenant la forme d’un esclave, pour nous tirer du cruel esclavage du démon. Demandons-lui, par sa sainte Mère, la contrition et le pardon de nos fautes, et offrons-nous généreusement à tous les renoncements qu’exige notre divine appartenance. (Père Dayet)

Voilà le travail de notre purification première. Et cette purification doit être radicale. La tendance la plus funeste pour l’âme serait de vouloir concilier entre elles les choses les plus inconciliables : accommoder Jésus-Christ avec le monde, et s’engager dans une voie de perfection tout en conservant quelque affection pour le siècle. Il n’y a pas d’accord possible. Le choix de l’âme doit être définitif, son élection doit être sans retour. (Père Dayet)

Nos œuvres surnaturelles et méritoires sont tellement le bien de Notre-seigneur, que « Jésus a donné sa malédiction au figuier infructueux (Matth., XXI, 19) et porté condamnation contre le serviteur inutile (Matth., XXV, 24-30) qui n’avait pas fait valoir son talent » (VD, n° 68). L’arbre était le bien du Maître, ainsi que l’esclave et le talent donné ; le Maître était donc en droit d’attendre des fruits de son arbre et des revenus du travail de son esclave. S’il ne les recueille ni ne les perçoit, il se trouve frustré en rigueur de justice, et c’est pourquoi il maudit et il condamne.
« Tout cela, ajoute saint Louis-Marie de Montfort, nous prouve que Jésus-Christ veut recevoir quelques fruits de nos chétives personnes, savoir nos bonnes œuvres, parce que ces bonnes œuvres lui appartiennent uniquement (notre coopération à la grâce étant elle-même le résultat d’une grâce) : creati in operibus bonis in christo Jesu, nous avons été créés pour faire des bonnes œuvres en Jésus-Christ ». Notre régénération est, en effet, une création nouvelle dans le Christ, dont le but est de nous faire produire les œuvres nouvelles que Dieu attend de nous et qui sont en nous le fruit de sa grâce. Ainsi « Jésus-Christ est l’unique principe et doit être l’unique fin de toutes nos bonnes œuvres » (VD, n° 68). Nous lui appartenons entièrement. (Père Dayet)



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