dimanche 1 janvier 2017

Discours sur la purification de Marie


Siméon le Sage (Alexey Yegorov)



Extrait de "Les gloires de Marie" (Tome II) de Saint Alphonse de Liguori :




DISCOURS SUR LA PURIFICATION DE MARIE

Le grand sacrifice que Marie fit en ce jour à Dieu, en lui offrant la vie de son Fils.


À la naissance des fils aînés, il y avait deux préceptes à observer dans la loi ancienne : l'un était que la mère demeurât comme immonde pendant quarante jours dans l'intérieur de sa maison, et qu'ensuite elle allât se purifier dans le Temple ; l'autre précepte était que le père et la mère de l'enfant le portassent au Temple et l'y offrissent à Dieu. C'est à ces deux préceptes que Marie voulut obéir en ce jour. Quoiqu'elle ne fût point obligée à la loi de la purification, puisqu'elle fut toujours Vierge et toujours pure, même après l'enfantement ; néanmoins, par un esprit d'humilité et d'obéissance, elle voulut aller se purifier comme les autres mères. Elle obéit aussi au second précepte de présenter et d'offrir son Fils au Père éternel. (Luc. 2. 11)
Mais elle offrit son Fils d'une tout autre manière que les autres mères offraient les leurs. Elles les offraient, il est vrai, niais elles savaient que ce n'était qu'une pure cérémonie de la loi ; de sorte qu'en les rachetant, elles les recouvraient, sans craindre de devoir encore les offrir à la mort.
Mais Marie offrit réellement son Fils à la mort, et dans la certitude que le sacrifice de la vie de Jésus-Christ, qu'elle fit alors, devait un jour se consommer en effet sur l'arbre de la croix ; de sorte que la Vierge en offrant la vie de son Fils si chéri, se sacrifia elle-même tout entière à Dieu.
Omettons les autres considérations que nous pourrions faire sur plusieurs mystères de cette Fête ; bornons-nous à considérer combien fut grand le sacrifice que Marie fit de toute sa personne à Dieu, en lui offrant en ce jour la vie de ton Fils.
Le Père éternel avait déterminé de sauver l'homme perdu par le péché, et de le délivrer de la mort éternelle. Mais comme il voulait qu'en même temps sa divine justice ne fût point privée de la satisfaction qui lui était due, il n'épargna pas la vie de son propre Fils qui s'était fait homme pour racheter le genre humain ; il voulut qu'il payât en toute rigueur la peine due au péché du premier homme, dit l'Apôtre. (Rom. 8. 32)
C'est pour cela qu'il l'envoya sur la terre, et qu'il voulut que Marie fût sa Mère. Mais comme il ne voulut point que le Verbe devînt Fils de Marie, sans qu'elle y eût consenti expressément, il ne voulut pas que Jésus sacrifiât sa vie pour le salut des hommes, sans le consentement de Marie, afin que le cœur de la Mère fût sacrifié en même temps que la vie du Fils. S. Thomas nous apprend que les mères ont un droit spécial sur leurs enfants ; Jésus étant absolument innocent, et ne méritant aucun supplice par sa propre faute, il semblait convenable qu'il ne fût point destiné à la croix comme victime des péchés du monde, sans le consentement de sa Mère, qui l'offrît de plein gré à la mort.
Mais quoique Marie, dès l'instant qu'elle fut Mère de Jésus, eût consenti à sa mort, le Seigneur voulut encore qu'elle fît en ce jour dans le Temple un sacrifice solennel d'elle-même, en lui offrant son Fils et sacrifiant sa vie précieuse à la divine justice. Voilà pourquoi « S. Épiphane lui donna le nom de prêtre. » Considérons quelle douleur lui causa un pareil sacrifice, et quelle vertu héroïque elle dut exercer pour souscrire elle-même la sentence de la condamnation de son cher Jésus à la mort. Marie s'achemine vers Jérusalem pour y offrir son Fils, elle se rend avec empressement à l'endroit du sacrifice, et comblée d'amertume, elle porte entre ses bras la victime.
Elle entre dans le Temple, s'approche de l'autel, et là, toute pénétrée des sentiments de modestie, d'humilité et de dévotion, elle présente son fils au Très-Haut. À l'instant, S. Siméon, à qui Dieu avait promis qu'il ne mourrait pas avant d'avoir vu le Messie, prend le divin Enfant des mains de la Vierge, et éclairé de l'Esprit-Saint, il lui annonce combien devait lui couter le sacrifice qu'elle faisait alors de son Fils, avec lequel devait aussi être sacrifiée son âme. S. Thomas de Villeneuve se représente le saint Vieillard, qui sur le point d'annoncer à cette pauvre Mère une nouvelle si funeste, se trouble et se tait. Ensuite il se figure que Marie demande à Siméon : « Pourquoi vous troublez-vous, tandis que vous êtes comblé de consolation ? » Siméon lui répond : « Ô Vierge auguste, je voudrais ne pas vous annoncer une si terrible nouvelle, mais puisque le Seigneur le veut pour augmenter votre mérite, sachez que cet enfant qui vous cause maintenant une si grande joie, et avec raison, cet enfant vous causera un jour la douleur la plus amère que jamais créature ait éprouvée sur la terre ; car vous le verrez persécuté, il deviendra le jouet et le mépris de tous les hommes, on le fera mourir sur une croix en votre présence. Sachez qu'après sa mort il y aura beaucoup de martyrs, qui pour l'amour de votre Fils seront tourmentés et mis à mort ; mais ils souffriront dans leurs corps, et votre martyre, ô Mère de Dieu, se trouvera dans votre cœur. »
Oui, dans le cœur, puisque la compassion pour les peines de ce Fils si chéri devait être le glaive de douleur qui percerait le cœur de Marie, comme le lui prédit S. Siméon. Marie avait appris dans les Livres saints les peines que le Rédempteur devait souffrir durant sa vie, et surtout au moment de sa mort. Elle avait vu dans les Prophètes, qu'il devait être trahi par un de ses commensaux (Ps. 40), abandonné par ses disciples. (Zach. 13) Elle n'ignorait pas les mépris, les crachats, les soufflets, les dérisions qu'il devait endurer. (Isai. 50. 6) Elle savait qu'il deviendrait le jouet de la plus vile populace, qu'il serait rassasié d'injures et d'outrages. (Ps. 21 Tren. 3)
Elle savait qu'à la fin de sa vie, sa chair adorable devait être déchirée et mise en lambeaux par les coups de fouet (Isai. 33), que son corps devait en être tout défiguré, couvert de plaies comme celui d'un lépreux, que l'on verrait même ses os découverts. (Isai. 16. Ps. 21) Elle savait enfin qu'il devait être percé de clous, placé entre des malfaiteurs (Isai. 53), et attaché à la croix, où il devait mourir pour le salut des hommes. (Zach. 12)
Marie savait que son Fils devait souffrir toutes ces peines ; mais à ces paroles de S. Siméon, toutes les circonstances des douleurs extérieures et intérieures du Sauveur dans sa passion lui furent dévoilées, comme il lut révélé â Ste Thérèse. Marie consent à tout, et avec une fermeté qui étonne les Anges, elle prononce contre son Fils la sentence de mort, et d'une mort si ignominieuse et si cruelle, en disant : « Père éternel, puisque vous le voulez ainsi, j'unis ma volonté à la vôtre, et je vous sacrifie Jésus mon Fils: je suis contente qu'il perde la vie pour votre gloire et pour le salut du monde. Je vous sacrifie aussi mon cœur ; qu'il soit percé de douleur tant qu'il vous plaira ; il me suffit que vous, ô mon Dieu, en soyez glorifié et satisfait. » Ô charité sans réserve, ô constance sans exemple ! ô victoire qui mérite l'admiration éternelle du ciel et de la terre !
Par l'effet de ces dispositions, Marie , durant la passion, garda un profond silence : quand les Juifs accusaient injustement le Sauveur, elle ne dit rien à Pilate qui cherchait à le délivrer en voyant son innocence : elle ne parut en public que pour assister au grand sacrifice qui devait se consommer sur le Calvaire : elle accompagna Jésus au lieu du supplice ; elle y resta depuis le moment où il fut mis sur la croix, jusqu'à ce qu'elle l'eût vu expirer, et que le sacrifice fût consommé. C'est ainsi qu'elle accomplit l'offrande qu'elle en avait faite à Dieu dans le temple.
Pour comprendre combien ce sacrifice fut douloureux à Marie, il faudrait connaître l'amour qu'elle portait à Jésus. L'amour des mères pour leurs enfants, est généralement parlant, si tendre et si affectueux, que lorsqu'elles se voient menacées de les perdre par la mort, la douleur qu'elles en éprouvent leur fait oublier tous leurs défauts, et même les injures qu'elles en ont reçues ; elles ressentent alors un tourment indicible. Cependant l'amour de ces mères est un amour partagé à d'autres enfants, ou à d'autres créatures. Marie n'a qu'un Fils, et ce Fils est le plus beau de tous les enfants des hommes : il est très aimable, puisqu'il a toutes les qualités qui excitent l'amour ; il est obéissant, vertueux, innocent, saint ; en un mot, il est Dieu. L'amour de Marie n'est point partagé à d'autres objets, il est tout concentré eu son Fils, elle ne craint point de l'aimer trop, puisque ce Fils est Dieu, et qu'il mérite un amour infini. Ce fils est la victime qu'elle doit sacrifier volontairement à la mort.
Jugez combien il en dut coûter à Marie, et quelle force d'âme il lui fallut pour dévouer à la croix un Fils si aimable. Marie est donc en même temps la Mère la plus fortunée, parce qu'elle est la Mère d'un Dieu, et la Mère la plus digne de compassion, parce qu'elle est comblée d'affliction en voyant son Fils destiné au supplice dès le jour qu'il lui fut donné pour Fils. Quelle mère consentirait à donner le jour à un fils, si elle savait qu'il dût ensuite périr en sa présence sur un échafaud ? Marie l'accepte volontiers ce Fils, à une condition si dure, et non seulement elle l'accepte, mais elle-même en ce jour l'offre de sa propre main à la mort, en le sacrifiant à la justice divine. « Marie aurait bien plus volontiers accepté pour elle-même les peines et la mort de son Fils, mais pour obéir à Dieu, elle fit la grande offrande de la vie de son aimable Jésus ; elle vainquit, en éprouvant une très vive douleur, toute la tendresse de l'amour qu'elle lui portait. » Voilà pourquoi Marie dut en cette offrande se faire plus de violence que si elle se fût offerte elle-même à supporter tout ce que le Sauveur devait souffrir. Elle effaça alors la générosité de tous les martyrs, puisque les martyrs offrirent leur vie, mais la Vierge offrit la vie de son Fils, qu'elle aimait et estimait incomparablement plus que la sienne.
La douleur de Marie ne finit point avec cette offrande ; elle ne fit alors que commencer, puisque, depuis ce moment, pendant toute la vie de son Fils, la divine Mère eut sans cesse présente à l'esprit la mort de Jésus et toutes les douleurs qu'il devait endurer dans sa passion. Ainsi plus elle le voyait beau, gracieux, aimable, plus son cœur maternel éprouvait d'angoisses. Ah ! Mère affligée, si vous eussiez moins aimé votre Fils, ou si votre Fils eût été moins aimable, ou vous eût moins aimée, vous auriez eu moins de peine à l'offrir à la mort. Mais il n'y a jamais eu et il n'y aura jamais de mère plus attachée à son fils que vous ne le fûtes, parce qu'il n'y a jamais eu et il n'y aura jamais de fils plus aimable et plus attaché à sa mère que Jésus. Grand Dieu ! si nous eussions vu la beauté et la majesté de ce divin Enfant, aurions-nous eu le courage de sacrifier sa vie pour notre salut ? Et vous, ô Marie, qui êtes sa Mère, et qui l'aimez tant, vous l'offrez pour le salut des hommes à la mort la plus douloureuse et la plus infâme qu'ait jamais endurée un coupable !
Hélas ! quelle scène d'horreur contemplait sans cesse la tendre Marie, en se représentant les tourments et les mépris réserves à son Fils ! L'amour le lui montrait agonisant dans le jardin des olives, déchiré à coups de fouet, et couronné d'épines dans le Prétoire, cloué sur la croix. Voilà, ô Mère infortunée, lui disait l'amour, voilà ce Fils, aimable et innocent que vous offrez à de si grandes peines, et à une mort si horrible ! que servira de le soustraire à la fureur de l'impie Hérode, pour le réserver à une fin si déplorable ?
Ce ne fut donc pas seulement dans le Temple, que Marie offrit son Fils à la mort, mais elle l'offrit à chaque instant de sa vie, puisqu'elle révéla à Ste Brigitte, que la douleur annoncée par S. Siméon ne cessa qu'après son Assomption.
« Marie n'aurait pu vivre un seul instant avec une telle douleur, dit S. Anselme, si Dieu lui-même qui donne la vie, ne l'eût fortifiée par la vertu divine. » S. Bernard, en parlant de la grande tristesse dans laquelle Marie fut plongée en ce jour, dit que depuis cette époque « elle mourait à chaque instant de sa vie, parce qu'à chaque instant elle était déchirée par la douleur de la mort future de son Fils bien-aimé, douleur plus cruelle que la mort. »
Marie, à cause du mérite qu'elle acquit en offrant à Dieu ce grand sacrifice pour le salut du monde, est appelée « la réparatrice du genre humain, la rédemptrice des esclaves, la réparatrice du monde perdu, le remède à nos malheurs, la Mère de tous les fidèles, la Mère des vivants, la Mère de la vie ; » car, à la mort de Jésus, Marie unit tellement sa volonté à celle de son Fils, que ces deux volontés réunies offrirent un seul et même sacrifice. « Ainsi le Fils et la Mère opérèrent la Rédemption des hommes, et leur obtinrent la grâce du salut, Jésus en satisfaisant pour nos péchés, et Marie en obtenant que cette satisfaction nous fût appliquée. » « Le salut du monde peut donc s'attribuer à la Mère du Sauveur, en ce sens que par la peine qu'elle endura des souffrances de son Fils, qu'elle sacrifia volontairement à la justice divine, elle obtint aux hommes que les mérites du Rédempteur leur fus sent communiqués. »
Puisque Marie, par le mérite de ses douleurs, et de l'offrande qu'elle fit de son Fils, fut faite Mère de tous les hommes, il est juste de croire que c'est par elle qu'ils reçoivent le lait des grâces divines, qui sont les fruits des mérites de Jésus-Christ, et les moyens pour acquérir la vie éternelle. « Dieu a remis entre les mains de Marie tout le prix de notre Rédemption. » C'est par l'entremise et l'intercession de la Vierge, que les mérites du Rédempteur sont appliqués à nos âmes, puisque c'est elle qui est la dispensatrice des grâces qui sont le prix des mérites de Jésus-Christ.
Dieu, pour récompenser le sacrifice que lui offrit Abraham, lui promit de multiplier ses descendants comme les étoiles du ciel (Gen. 22) ; le sacrifice bien plus grand que Marie fit de son cher Fils, fut sans doute beaucoup plus agréable à Dieu, et il lui a accordé de multiplier par ses prières le nombre des élus, c'est-à-dire, l'heureuse lignée de ses enfants, de ceux qui lui sont plus spécialement dévoués.
Dieu promit à S, Siméon qu'il ne mourrait point avant d'avoir vu le Messie ; mais cette grâce ne lui fut faite que par l'entremise de Marie, puisque ce ne fut qu'entre les bras de Marie qu'il trouva son Sauveur. Quiconque voudra trouver Jésus, ne le trouvera que par l'entremise de Marie. Recourons donc à cette Mère de grâce, si nous voulons trouver notre Dieu, et demandons-le avec confiance. Si nos péchés sont grands, la puissance de Marie est encore plus grande. Le Fils ne sait rien refuser à sa Mère : si Jésus-Christ est irrité contre nous, Marie l'apaise aussitôt. Plutarque rapporte qu'Antipater ayant écrit à Alexandre-le-Grand une longue lettre d'accusation contre Olympias sa mère, celui-ci lui répondit : « Antipater ignore-t-il encore qu'une seule larme de ma Mère suffit pour effacer un million de lettres d'accusation ? » Quand Marie prie pour nous, si le démon vient nous accuser, Jésus lui répond : « Lucifer ignore-t-il encore qu'une seule prière de ma Mère en faveur d'un pécheur suffit pour me faire oublier tous les péchés dont on peut l'accuser ?


Exemple


Un Prêtre était dans une Église à entendre les confessions. Il voit entrer un jeune homme. Quoiqu'il n'eût donné en entrant aucun signe de piété, son air annonçait qu'il se livrait dans son âme un combat dont le Missionnaire crut avoir deviné le principe. Aussi quittant le saint Tribunal, et s'approchant du jeune homme : « Mon ami, lui dit-il, voulez-vous vous confesser ? » Celui-ci répondit qu'oui ; mais que sa confession devant être un peu longue, il le priait de l'entendre en un lieu à l'écart. Lorsqu'ils furent seuls, le jeune homme lui parla en ces termes : « Mon Père, je suis étranger et gentilhomme ; mais je ne puis me persuader que je devienne jamais l'objet des miséricordes d'un Dieu que j'ai tant offensé par une vie aussi criminelle que la mienne. Sans vous parler des meurtres et des infamies de tout genre dont je suis coupable, je vous dirai que, désespérant tout à fait de mon salut, je me livrais au crime, moins pour contenter mes passions, que pour outrager Dieu et assouvir la haine que je lui portais. J'avais sur moi un crucifix, et je l'ai rejeté par mépris. Ce matin même.... j'ai horreur de le dire.... je suis allé à la sainte Table pour commettre un sacrilège. Mon intention était de fouler aux pieds la sainte Hostie ; et j'allais en effet exécuter cet horrible dessein.... la présence seule des personnes qui m'environnaient m'a retenu. » Et dans le moment même, il remit à son Confesseur la sainte Hostie qu'il avait conservée dans un papier. « En passant devant, cette Église, ajouta-t-il, je me suis senti pressé d'entrer, au point que je n'ai pu résister à ce mouvement intérieur ; et aussitôt de violents remords de conscience se sont élevés dans mon âme, avec la pensée, quoique bien vague encore, de me confesser. J'approchai cependant du confessionnal ; mais la confusion que j'éprouvais, et ma défiance de la miséricorde de Dieu était si grande, que j'ai été sur le point de sortir ; et je l'aurais fait, si je ne m'étais senti retenu par je ne fais quelle main invisible... Là-dessus, mon Père, vous vous êtes avancé vers moi... Je suis à vos genoux... Je me confesse.... Je ne reviens pas vraiment de tout ceci. » Son confesseur alors se mit à lui demander s'il avait fait quelque bonne œuvre depuis peu, ou recouru a quelque pratique de piété qui lui eût obtenu tant de grâces. « Peut-être, lui dit-il, que vous avez offert quelque sacrifice à la Sainte Vierge, ou imploré son assistance ; car de telles conversions ne sont pour l'ordinaire que des effets de la puissance de cette bonne Mère. » — « Moi, des sacrifices et des pratiques de piété ! lui répliqua vivement le jeune homme ; ô mon Père, combien vous vous trompez ! Je me croyais déjà dans l'enfer. » — « Réfléchissez donc un peu, lui répartit son Confesseur. » — « Hélas, mon Père ? » Puis portant la main sur sa poitrine qu'il découvre : « Tenez, voilà tout ce que j'ai conservé ; » et il lui montre son Scapulaire. — « Ah ! mon fils, s'écria le Prêtre attendri, mon cher fils, ne le voyez-vous pas ? C’est la Sainte Vierge qui vous a obtenu cette grâce.... Sachez de plus que cette église, dans laquelle vous n'êtes entré que par un mouvement intérieur, est consacrée à cette bonne Mère. » À ces mots, le jeune homme fond en larmes ; il pousse de longs soupirs. Ce fut le coup de la grâce. Il entre dans le détail de sa vie criminelle, et sa douleur allant toujours croissant, il tombe évanoui aux pieds de son Confesseur... Mais enfin, revenu à lui-même, il achève son accusation, reçoit l'absolution de ses péchés... et avant de retourner dans son pays, il permit au Missionnaire de publier partout la grande miséricorde dont Marie avait usé à son égard.


Prière

Ô sainte Mère de mon Dieu, et la mienne, ô Marie, vous vous êtes donc tellement intéressée à mon salut, que vous avez sacrifié pour l'obtenir l'objet le plus cher à, votre cœur, Jésus votre Fils bien-aimé ! Puisque vous avez tant désiré que je fusse sauvé, n'est-il pas juste qu'après Dieu je mette en vous toutes mes espérances ? Oui, ô Vierge bienheureuse, c'est en vous qu'est toute ma confiance. Priez pour moi votre divin Fils, priez-le par le mérite de ce grand Sacrifice que vous nous fîtes de sa vie, priez-le d'avoir pitié de mon âme, pour laquelle cet Agneau sans tache a bien voulu mourir sur la croix.
Je voudrais aussi, ô ma Reine , je voudrais à votre exemple offrir en ce jour mon pauvre cœur à Dieu ; mais je crains qu'il ne le refuse, parce qu'il est trop corrompu. Si vous le lui offrez vous-même, il ne le refusera pas. Tout ce qui lui est présenté par vos mains très pures, il l'agrée et le reçoit. C'est donc à vous, ô Marie, que je me présente aujourd'hui, quelque misérable que je sois, et je me livre tout entier à vous. Offrez-moi, comme étant vôtre, avec Jésus au Père éternel, priez-le que par les mérites de votre Fils et les vôtres, il me reçoive. Ah ! Mère très débonnaire, pour l'amour de ce Fils sacrifié, aidez-moi et ne m'abandonnez pas : ne permettez pas que ce très aimable Jésus, mon Rédempteur, que vous avez à pareil jour dévoué à la croix avec une si grande amertume de votre a me, je doive le perdre un jour à cause de mes péchés.
Dites-lui que je suis votre serviteur ; dites-lui que j'ai mis en vous toute mon espérance ; dites-lui enfin que vous voulez que je sois sauvé, et vous serez exaucée. Ainsi soit-il.





Lire "Les gloires de Marie" (Tome 1, Tome II).


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