mercredi 4 octobre 2017

Des trois grandes promesses faites par Notre-Seigneur à Saint-François


Des trois grandes promesses faites par Notre-Seigneur

à notre séraphique Père Saint-François





Extrait de


LE TIERS-ORDRE DE SAINT FRANÇOIS


Œuvres complètes de Mgr de Ségur (Tome 11)




Peu de temps avant de recevoir les Stigmates, saint François était sur le mont Alverne et y passait les jours et les nuits dans une contemplation sublime, en compagnie de ses deux chers disciples frà Massco et frà Leone. Ce frà Leone était si simple, si innocent, si naïvement docile, que saint François l'appelait habituellement « la pecorella di Dio : la petite brebis du bon DIEU. » Sur l'Alverne, frà Leone habitait une petite caverne creusée dans les lianes de la montagne, et voisine d'une caverne plus profonde, qu'avait choisie François ; elle y communiquait par une ouverture, sur laquelle on appliquait quelques vieilles planches pendant la nuit. Une nuit donc que frà Leone s'était assoupi, après avoir longtemps prié, il fut réveillé par un bruit de paroles qui venait de la grotte de saint François. Frà Leone, très étonné de ce bruit insolite, le fut bien plus encore lorsque, s'approchant de l'ouverture qui servait de porte, il aperçut une vive lueur qui semblait venir du haut de la grotte. Il enlève doucement une des planches et voit un merveilleux spectacle. Ravi en extase, élevé de plusieurs coudées en l'air, saint François était là, les yeux au ciel, les bras étendus, et au-dessus de lui une immense flamme, très ardente, et très douce, semblait sortir du sommet de la voûte, descendre le long des parois de la caverne et former comme un dôme au-dessus du serviteur de DIEU. Une voix sortit de la mystérieuse flamme ; mais frà Leone ne comprenait point ce quelle disait. Il vit saint François mettre vivement la main droite dans sa poitrine, en retirer quelque chose et l'offrir à celui qui lui parlait du milieu de la flamme. La voix parla encore ; et de nouveau saint François prit quelque chose dans sa tunique, pour l'offrir comme la première fois ; cela recommença une troisième fois ; puis la voix parla quelque temps. Et comme la flamme semblait diminuer, et le séraphique patriarche se rapprocher insensiblement du sol, frà Leone, craignant d'être indiscret s'il restait plus longtemps, remit la planche à sa place et passa le reste de la nuit en oraison.

Le lendemain matin, saint François l'appela : « Frà Leone, frà Leone! lui dit-il, pourquoi cette nuit as-tu regardé ce que tu ne devais point voir ? — Il est vrai, mon Père, répondit l'innocent Religieux ; il est vrai. Mais au nom de Notre-Seigneur et de son amour, apprends-moi ce qu'était cette flamme, quel était celui qui te parlait et ce que tu lui as donné par trois fois. — Frà Leone, repartit alors le Saint, puisque DIEU a permis que tu aies vu le mystère de cette nuit sacrée, je te dirai que cette flamme ardente était l'Esprit-Saint lui-même, qui me pénétrait du divin amour. Du sein de cette flamme toute suave, c'est mon Seigneur JÉSUS-CHRIST qui daignait me parler ainsi, à moi qui ne suis que poussière et cendre. Il m'a dit : « François, donne-moi tout ce que tu possèdes.
— Eh ! mon Seigneur, lui ai-je répondu, vous savez que pour l'amour de vous, j'ai tout quitté. Je n'ai plus que cette méchante robe qui couvre mes membres, la voulez-vous ?
— Mets la main dans ton sein, me dit le Seigneur ; et donne-moi ce que tu y trouveras. » J'obéis de suite, et je trouvai à ma grande surprise une large pièce d'or. Je la donnai à mon DIEU. » Qu'est-ce que cela ? lui-dis-je, je n'ai ni or, ni argent ; d'où me vient celui-là ? — François me dit une seconde fois mon Maître, mets encore la main dans ton sein et donne-moi ce que tu y trouveras. » J'y trouvai une seconde pièce d'or et la lui offris comme la première. Une troisième fois, le Sauveur me fit la même demande ; une troisième fois je trouvai une pièce d'or que je lui offris comme les autres. Alors il me dit avec un extrême amour : « François, ces trois pièces d'or que tu m'as données, ce sont les trois familles religieuses que tu as instituées pour l'honneur de mon nom. En échange, moi, ton Créateur et ton Rédempteur, je te promets ici trois choses : la première, c'est que les trois Ordres que tu as fondés dureront jusqu'à la fin du monde ; la seconde, c'est que je bénirai et aimerai tous ceux qui les aimeront ; la troisième, c'est que j'assisterai avec une providence toute particulière, au moment de leur mort, tous ceux qui en feront partie. »

Tel fut le récit que le Bienheureux frà Leone entendit de la bouche même du séraphique Père Saint François, et qu'il nous a laissé pour notre plus grande consolation.

Bénissons notre bon JÉSUS d'un tel excès de miséricorde et d'amour ; et tâchons de dilater le plus possible ce cher Tiers-Ordre qui apporte avec lui de si grandes grâces, et qui par son esprit de pauvreté, de simplicité, d'humilité, de pénitence, de charité, de sainte obéissance, est l'antidote le plus direct des misères qui ravagent aujourd'hui l'Église.






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