mercredi 25 octobre 2017

L'esprit du Tiers-Ordre de Saint François d'Assise





Extrait de


Le Séraphique Saint François

(Dans le Tome XI des Œuvres Complètes de Mgr de Segur)




Quant à l'esprit du Tiers-Ordre, qui est le principal dans l'institution de saint François, et dont rien ne peut dispenser ses enfants, c'est l'esprit même qui animait ce grand serviteur de DIEU et qui ressort si bien de ses actions et de ses paroles. C'est l'esprit de foi, le véritable esprit de l'Évangile ; c'est l'amour de Notre-Seigneur Jésus-Christ, spécialement au Saint-Sacrement de l'autel ; c'est l'amour de la sainte Église, personnifiée dans le Pape, son Chef suprême, son Docteur infaillible, et son bien-aimé Père et Pasteur. C'est l'amour de la Très-Sainte Vierge MARIE Immaculée ; l'amour de l'humilité, de la pauvreté, et de la pénitence ; c'est la douceur, la bonté, la joie en DIEU, la charité sous toutes les formes et tout particulièrement l'amour des pauvres et des petits.

Voilà, dans une vue d'ensemble, la troisième grande institution religieuse que Notre-Seigneur inspira à son doux serviteur saint François, pour accumuler sur sa tête une nouvelle couronne de mérites et de gloires incommensurables ; pour sauver et sanctifier, jusqu'à la fin du monde, des multitudes d'élus ; pour étendre à travers les siècles le règne de DIEU dans les âmes ; pour lutter victorieusement contre les démons, les hérétiques, les mondains et tous les ennemis de l'Évangile et de l'Église ; pour consoler son divin Cœur, si peu connu, si peu aimé.

Lorsque saint François institua le Tiers-Ordre, en 1221, une foule de bons fidèles appartenant à toutes les conditions sociales, l'embrassèrent avec ferveur. Des empereurs et des impératrices, des rois et des reines, des Cardinaux, des Évêques, des seigneurs de tout rang, des prêtres, des laïques de toute condition se firent honneur d'en revêtir l'humble habit ; et depuis lors, jamais cette pieuse affluence n'a cessé. De nos jours, où la vie chrétienne s'est relevée si merveilleusement après les défaillances du dernier siècle et les premières années de celui-ci, le Tiers-Ordre refleurit de toutes parts : rien qu'en France, on en compte plus de cent mille ; en Italie, il y a quelques années à peine, on en comptait quatre cent mille environ.

Il y en a, DIEU merci ! un bon nombre, en Espagne, au Canada et dans toute l'Amérique. Le Tiers-Ordre s'est répandu en Asie, grâce au zèle de nos missionnaires.

En l'année qui suivit l'institution du Tiers-Ordre, un certain procureur nommé Barthélémy qui avait été admis par saint François dans son troisième Ordre naissant, s'était tellement distingué par sa ferveur, que le bon Saint lui avait donné le pouvoir de recevoir, pour toujours, comme un autre lui-même, les hommes et les femmes au Tiers-Ordre. Un jour, François descendit dans sa maison et s'y arrêta pendant trois jours. Or, tant qu'il fut là, un pauvre possédé, qui fatiguait tout le monde par une excessive intempérance de paroles, se trouva tout à coup arrêté, et ne dit plus mot. Le Père étant parti, le possédé se remit à parler plus dru que jamais. Barthélémy adjura le démon de lui en dire la raison, et DIEU obligea l'Esprit impur à proclamer lui-même la sainteté extraordinaire de François. « Cet homme de DIEU, répondit le démon, est tel et si grand, que je n'ai pu articuler une seule parole en sa présence. Ses vertus étonneraient le monde, si le monde les voyait. Quand nous avons vu ce Religieux s'élever à une telle sublimité de mépris du monde, à un tel abandon au bon plaisir de DIEU et à un tel renouvellement de la vie évangélique et apostolique, nous avons été saisis de terreur, et nous avons résolu de tout faire pour le ruiner, lui et ses trois Ordres*. Nous en ferons tant, que nous aurons le dessus. »

Cette glorification imprévue de saint François par le démon eut lieu deux années avant le grand prodige des Stigmates, dont nous parlerons bientôt.

Quant à vous, bon fidèle, qui lirez ceci, prenez donc la sainte et salutaire résolution d'entrer au Tiers-Ordre, afin de vous sanctifier davantage et de mieux aimer, servir et faire servir Notre-Seigneur. Outre d'immenses mérites pour le ciel, vous y amasserez chaque jour des trésors magnifiques d'Indulgences et de faveurs spirituelles, dont je vous engage fort à prendre connaissance en lisant, soit le Manuel du Tiers-Ordre, soit un petit opuscule que j'ai publié tout exprès sous le titre de Tiers-Ordre de Saint-François.

Le Tiers-Ordre, c'est la clef du ciel ; et l'atmosphère franciscaine, c'est l'atmosphère la plus pure de l'Évangile.




* Le démon a malheureusement réussi à effacer l'importance du Tiers-Ordre de Saint François. Il est temps que le peuple de Dieu se réveille.






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