samedi 29 août 2015

Parle, Seigneur, ton serviteur écoute !



Le jeune Samuel assurait le service du Seigneur en présence du prêtre Éli. La parole du Seigneur était rare en ces jours-là, et la vision, peu répandue. Un jour, Éli était couché à sa place habituelle – sa vue avait baissé et il ne pouvait plus bien voir. La lampe de Dieu n’était pas encore éteinte. Samuel était couché dans le temple du Seigneur, où se trouvait l’arche de Dieu. Le Seigneur appela Samuel, qui répondit : « Me voici ! » Il courut vers le prêtre Éli, et il dit : « Tu m’as appelé, me voici. » Éli répondit : « Je n’ai pas appelé. Retourne te coucher. » L’enfant alla se coucher. De nouveau, le Seigneur appela Samuel. Et Samuel se leva. Il alla auprès d’Éli, et il dit : « Tu m’as appelé, me voici. » Éli répondit : « Je n’ai pas appelé, mon fils. Retourne te coucher. » Samuel ne connaissait pas encore le Seigneur, et la parole du Seigneur ne lui avait pas encore été révélée. De nouveau, le Seigneur appela Samuel. Celui-ci se leva. Il alla auprès d’Éli, et il dit : « Tu m’as appelé, me voici. » Alors Éli comprit que c’était le Seigneur qui appelait l’enfant, et il lui dit : « Va te recoucher, et s’il t’appelle, tu diras : “Parle, Seigneur, ton serviteur écoute.” » Samuel alla se recoucher à sa place habituelle. Le Seigneur vint, il se tenait là et il appela comme les autres fois : « Samuel ! Samuel ! » Et Samuel répondit : « Parle, ton serviteur écoute. » (1er livre de Samuel 3, 1-10)


Sainte Thérèse d'Avila


Il fut un temps où il suffisait d'éteindre quelques appareils bruyants pour faire silence. Mais avec la démocratisation des baladeurs, l'augmentation des bruits ambiants, de la foule indisciplinée dans les rues, la cohue des grandes surfaces où il est devenu habituel pour certains de se rendre pour tuer l'ennui, la musique dans les magasins, la télévision et la radio à la maison... la contamination sonore est arrivée à un niveau tel que notre âme est à chaque instant sollicitée, parasitée. Les téléphones et toutes leurs applications nous ont envahis, imposant leurs notifications continuelles. Mails, SMS... toutes les informations quelles qu'elles soient, même les plus nocives, arrivent en direct sur nos terminaux, faisant de nous des morts constamment branchés au réseau... Dans ce nouveau monde ultra connecté, il n'y a plus de place pour le silence.

On ne comprend rien à la civilisation moderne si l'on n'admet pas d'abord qu'elle est une conspiration universelle contre toute espèce de vie intérieure. (Georges Bernanos)


Et pourtant, pour communiquer avec Dieu, il nous faut absolument faire silence, un silence extérieur et surtout intérieur.

Une âme qui ne s'adonne pas fidèlement à l'oraison peut réciter l'office divin, assister à la sainte messe, recevoir les sacrements, entendre la parole de Dieu, mais ses progrès seront souvent médiocres. Pourquoi cela ? Parce que l'auteur principal de notre perfection et de notre sainteté est Dieu même, et que l'oraison maintient l'âme dans un contact fréquent avec Dieu ; elle établit, et, après l'avoir établi, entretient dans l'âme comme un foyer, sinon toujours en action, du moins dans lequel le feu de l'amour couve toujours ; et dès que cette âme est mise en communication directe avec la vie divine, par exemple dans les sacrements, c'est comme un souffle puissant qui l'embrase, la soulève, la remplit avec une surabondance merveilleuse. La vie surnaturelle d'une âme se mesure à son union à Dieu par le Christ.
(Bienheureux Columba Marmion - "Le Christ, vie de l'âme")

Dans le silence, nous pouvons avec humilité et dévotion parler avec Notre Seigneur Jésus-Christ. Cela est indispensable pour faire grandir notre foi. Faire oraison est pour tout catholique un devoir. Dans le silence de l'oraison, Jésus agit pour nous et en nous. Sans l'oraison et la méditation que pratiquaient les Saints, il est difficile pour un catholique de résister au Monde comme le Seigneur nous appelle à le faire, et de vivre dans une profonde piété. Il est donc vital pour notre âme que nous apprenions à faire silence, à donner du temps à Dieu, et ce également avant que la messe commence, car le silence, intérieurement, nous prépare à recevoir Jésus-Christ au plus profond de notre âme.


Faire silence c'est écouter Dieu ; c'est supprimer tout ce qui nous empêche d'écouter ou d'entendre Dieu ; c'est écouter Dieu partout où il exprime sa volonté, dans la prière et ailleurs que dans la prière proprement dite. Il nous faut le silence pour faire la volonté de Dieu, le silence prolongé par cette autre disposition de nous-mêmes que nous amputons tellement... ou que nous méprisons par ignorance : le recueillement. Il nous faut « recueillir » les traces, les indices, les invitations, les ordres de la volonté de Dieu, comme le cultivateur recueille sa récolte dans la grange, comme le savant recueille le fruit d'une expérience. (Madeleine Delbrêl - "La Joie de croire")

Le silence ne nous manque pas, car nous l'avons. Le jour où il nous manque, c'est que nous n'avons pas su le prendre. Tous les bruits qui nous entourent font beaucoup moins de tapage que nous-mêmes. Le vrai bruit, c'est l'écho que les choses ont en nous. Ce n'est pas de parler qui rompt forcément le silence. Le silence est la place de la Parole de Dieu et si, lorsque nous parlons, nous nous bornons à répéter cette parole, nous ne cessons pas de nous taire. Le silence, c'est quelquefois se taire, mais le silence c'est toujours écouter. Une absence de bruit qui serait vide de notre attention à la parole de Dieu ne serait pas silence. Le silence n'aime pas la profusion des mots. Nous savons parler ou nous taire, mais nous savons mal nous contenter des mots nécessaires. Sans cesse nous oscillons entre un mutisme qui abîme la charité et une explosion de paroles qui déborde la vérité. Le silence est charité et vérité. (Madeleine Delbrêl - "La sainteté des gens ordinaires")


Les bavards se font du tort. Ces personnes qui ne cessent de parler sans écouter leur interlocuteur, s'écoutant elles-mêmes, posant des questions et n'écoutant pas les réponses, sautent dans un puits à chacune de leurs actions. Elles ne peuvent entendre la voix de Dieu, et ont les portes tout ouvertes au Démon. D'où l'urgence pour elles de faire silence, et de rechercher à établir, par l'oraison, une relation intime avec Dieu.

Si cela vous aide, vous pouvez commencer par un chant, comme le Veni Creator (en latin ou en français), avant de faire silence et d'entrer en oraison (20 minutes par jour environ).

Gardez toujours à l'esprit que le Seigneur fait sa place en nos cœurs, non pas dans des mouvements désordonnés, mais dans le silence.

Alors, comme Samuel, réservons un temps, dans le silence, pour Dieu, et disons : "Parle, Seigneur, ton serviteur écoute !"



Extrait : Abrégé de la Pratique de la Perfection Chrétienne du R.P. Alphonse Rodriguez


Du Silence : Ses avantages et son utilité

Un moyen qui peut encore beaucoup servir à notre avancement, et nous aider efficacement à acquérir la perfection, c'est de réprimer en nous l'intempérance de la langue ; comme, au contraire, un des obstacles qui peut le plus retarder, et même empêcher notre progrès, c'est de nous relâcher sur cet article. L'Apôtre Saint Jacques nous marque ces deux vérités dans son Épitre canonique : Si quelqu'un, dit-il, ne pèche point en parlant, c'est un homme parfait. Et ailleurs : Si quelqu'un s'imagine être religieux, et qu'il ne met point un frein à sa langue, mais qu'il laisse dissiper son cœur de côté et d'autre, sa religion est vaine et inutile. Saint-Jérôme se sert de ce passage, pour nous recommander l'observation du silence. Il assure que c'est sur cette autorité que se fondaient les anciens Pères du Désert qui étaient si fidèles et si rigoureux en ce point. Mais pourquoi nous recommander si fort cette pratique ? Qu'elle en peut être la raison ? Est-ce donc un si grand crime de dire une parole inutile ? Y-a-t-il d'autre mal à cela que la perte d'un moment de temps que l'on emploie à la dire, et qu'un léger péché véniel qui peut s'effacer par quelque acte de piété ou de religion, par exemple, par le signe de la croix ou avec de l'eau bénite ? À cela je réponds que puisque l'Écriture Sainte insiste tant sur ce point, il faut qu'il y ait en cela quelque chose de plus que la perte d'un peu de temps, et que ce soit une affaire plus importante qu'elle nous paraît. Car le Saint-Esprit n'exagère rien ; il ne pèse point les actions avec de faux poids et de fausses balances. Les Saints et les docteurs de l'Église, à qui Dieu a donné des lumières particulières pour l'intelligence des Mystères des Livres saints, nous détaillent fort au long les avantages qu'apporte l'observation du silence, et les grands inconvénients qui résultent de ce violement. Saint Ambroise et Saint-Jérôme écrivant sur ce passage de l'Ecclésiaste : Il y a un temps pour se taire, et un temps pour parler, confirment cette doctrine. Ils disent que si Pythagore exigeait de ses disciples qu'ils commençassent par être cinq ans sans parler, c'était afin que, durant tout ce temps-là, ils pussent oublier les erreurs et les préjugés dont ils avaient été imbus ; que pendant un si long silence, il les trouvait plus disposés à l'écouter, et à se pénétrer des vérités qu'il leur enseignait, et qu'ainsi ils se pouvaient rendre habiles à enseigner par la suite sa même doctrine. Apprenons donc premièrement à nous taire, conclut Saint-Jérôme, et n'ouvrons ensuite la bouche que pour parler bien à propos.

Il est difficile, sans l'observation du silence, de devenir homme d'oraison

Le silence ne nous sert pas seulement à apprendre comment nous devons parler aux hommes, il nous sert aussi à apprendre à converser avec Dieu, à nous rendre hommes d'oraison. Saint Diadoque, en parlant du silence, dit que c'est une chose si excellente, qu'elle enfante toutes les saintes pensées. Si vous voulez donc être homme d'oraison, si vous voulez converser familièrement avec Dieu, si vous voulez n'avoir jamais que de saintes pensées, et vous rendre attentif aux inspirations du Ciel, gardez le silence, et tenez-vous dans un parfait recueillement. Car, ainsi qu'un grand bruit nous empêche d'entendre ce qu'on nous dit quand on nous parle, de même le bruit des paroles inutiles, et le tumulte des choses du monde, nous empêchent d'entendre les inspirations divines, et de discerner ce qu'elles demandent de nous. Dieu veut être en particulier avec l'âme pour s'entretenir avec elle : Je la mènerai, dit-il, dans la solitude, et là je parlerai à son cœur : là je lui ferai sucer le lait des douceurs et des consolations spirituelles. Comme Dieu n'a point de corps, dit Saint Bernard, et que c'est un pur esprit, c'est la retraite de l'esprit qu'il nous demande, non pas celle du corps. Car de quoi peut servir, dit Saint Grégoire, la retraite du corps sans celle de l'âme ? Ce que le Seigneur veut de vous, c'est que vous vous fassiez une solitude au dedans de votre cœur, pour vous entretenir avec lui, et pour qu'il puisse se plaire à s'entretenir avec vous. Si vous renonciez aux conversations inutiles, dit Thomas à Kempis, si vous n'alliez plus sans nécessité de côté et d'autre, et si vous n'aviez plus cette vaine curiosité des affaires du monde, il vous resterait assez de temps pour l'employer à de saintes pensées, mais si vous aimez trop à parler, si vous laissez continuellement dissiper votre cœur à tous les objets qui frappent vos sens, ne vous étonnez pas que le temps vous manque toujours, et que vous n'en ayez pas même assez pour vos exercices ordinaires.

Le Silence est un moyen efficace pour acquérir la Perfection

Un Religieux très-savant et très-versé dans la spiritualité, disait une chose qui marque bien l'importance du silence, et qui pourra sembler a quelques-uns une exagération, mais qui est néanmoins une vérité constante et très-éprouvée : il disait que pour réformer une Maison religieuse, un Ordre entier, il ne fallait qu'y faire pratiquer rigoureusement le silence. Nous voyons que quand le silence ne s'observe point dans une maison religieuse, elle semble plutôt un lieu profane, qu'une maison régulière et au contraire, les communautés religieuses où l'on observe le silence, paraissent véritablement des demeures consacrées à Dieu. On y respire, dès l'entrée, un air et une odeur de sainteté qui édifie : le recueillement et le silence y portent à la dévotion tous ceux qui y arrivent, et leur fait dire avec transport : Le Seigneur est vraiment en ce lieu : c'est véritablement la maison de Dieu et la porte du Ciel. Ce que je dis ici de la totalité d'une Maison religieuse, je le dis aussi de chaque personne en particulier : Où l'on ne fait que parler, dit le Sage, il n'y a que de la misère. Lorsque nous gardons exactement le silence, à peine trouvons-nous sur quoi nous examiner, suivant ces paroles du Saint-Esprit : Celui qui garde sa bouche, garde son âme. Cette vérité n'a pas été ignorée des Païens même ; car un Philosophe de Lacédémone, interrogé pourquoi Lycurgue avait donné si peu de lois aux Lacédémoniens : c'est, répondit-il, que ceux qui parlent peu, n'ont pas besoin de beaucoup de lois. L'observation du silence suffit donc pour réformer chaque personne en particulier, et même pour réformer toute une Maison et tout un Ordre : voilà pourquoi, comme nous l'avons déjà dit, les anciens Pères du Désert faisaient tant de cas de la pratique du silence, et pourquoi tous les Ordres religieux ont compris l'observation du silence dans leurs principaux Régalements. C'est aussi pour cette même raison, dit Denys le Chartreux, que l'Apôtre Saint Jacques nous apprend : Que celui qui ne pèche point du côté de la langue, est parfait ; et que celui qui croit être religieux, en ne réprimant point sa langue, et en laissant dissiper son cœur de tous côtés, n'a qu'une religion vaine et inutile.
Que chacun considère ici avec attention, combien nous lui demandons peu de choses pour être parfait ; et combien le moyen que nous lui proposons, est aisé à pratiquer. Si vous voulez faire de grands progrès dans la vertu, et acquérir la perfection, gardez le silence : l'Apôtre Saint Jacques vous assure que cela suffit pour vous y faire parvenir. Si vous voulez être homme spirituel et d'oraison, gardez le silence ; les Saints vous promettent que vous le deviendrez immanquablement par ce moyen. Si au contraire vous êtes infidèle à cette pratique, si vous la négligez, jamais vous ne vous rendrez parfait ; jamais vous ne parviendrez à être un homme intérieur, un homme d'oraison. En effet, a-t-on jamais vu un grand parleur être en même temps un homme contemplatif, et adonné à la spiritualité ? On ne voit pas même qu'il fasse un pas dans le chemin de la vertu : Un homme qui ne fait que parler, sera-t-il justifié ?
Albert le Grand va encore plus loin. Il dit qu'un homme qui n'observe point le silence, est facilement tenté et attaqué par le démon. Il cite à ce sujet ce passage des Proverbes : Un homme qui ne peut s'empêcher de parler, est comme une ville ouverte et sans murailles. Saint-Jérôme dit sur ces paroles, que comme une ville qui n'est point entourée de murailles, est continuellement exposée aux incursions des ennemis, et en grand danger d'être pillée ; de même un Chrétien qui n'est point environné du silence comme d'un mur de défense, est toujours exposé aux tentations du démon, et en grand péril de devenir sa proie.

Vivre dans le recueillement et dans le silence, c'est mener une vie douce et agréable

De tout ce que nous avons dit-il s'ensuit une chose digne de remarque ; c'est que mener une vie retirée, où l'on ne veut ni avoir, ni parler, ni entendre parler que de choses nécessaires ou utiles au salut et où on devient sourd, aveugle et muet aux choses du monde pour l'amour de Dieu, n'est pas une vie triste et mélancolique, mais plutôt une vie très douce et très agréable ; et d'autant plus douce, que le commerce et la conversation avec Dieu, vers, lequel elle nous élève, a incomparablement plus de délices et de charmes, que la vie ordinaire de tous les hommes. Que les autres, dit Saint-Jérôme, en jugent comme il leur plaira, car chacun s'en rapporte à ce qu'il sent ; pour moi, je regarde le monde « comme une prison, et la solitude comme un Paradis. Saint Bernard disait pareillement, qu'il n'était jamais moins seul, que quand il était seul ; que c'était alors qu'il se trouvait en meilleure compagnie et qu'il était plus content, parce qu'il n'y a que le commerce avec Dieu qui puisse donner un solide contentement à l'âme. Ce qui ne savent ce que c'est que le commerce intérieur avec Dieu et qui n'ont point de goût pour la spiritualité et pour l'oraison trouveront cette sorte de vie triste et mélancolique ; mais cette vie, pour un véritable Chrétien, sera toujours remplie de consolations et de douceurs.
La joie intérieure, selon le sentiment même de la Philosophie païenne, est la seule qui soit solide : l'or le plus pur n'est point celui que l'on trouve sur la superficie de la terre, c'est Celui qui est caché dans le fond de ses entrailles, dans ses veines les plus cachées : aussi le véritable contentement n'est point celui que l'on fait ordinairement paraître au dehors dans ses paroles et dans les mouvements de son visage, car l'âme n'y a bien souvent aucune part ; c'est cette joie pure qui est renfermée au fond du cœur. La véritable joie et le véritable contentement consistent à avoir la conscience pure, à mépriser généreusement tout ce qui est périssable, et élever l'esprit au-dessus de toutes les choses de la terre.



Le recueillement [élémentaire, celui] par lequel ceux qui veulent prier se mettent en la présence de Dieu, rentrant en eux-mêmes, et retirant, par manière de dire, leur âme dedans leur cœur pour parler à Dieu. Ce recueillement se fait par le commandement de l'amour, qui, nous provoquant à l'oraison, nous fait prendre ce moyen de la bien faire, de sorte que nous faisons nous-mêmes ce retirement de notre esprit. [Il y a aussi] le recueillement qui ne se fait pas par le commandement de l'amour, mais par l'amour même ; c'est-à-dire, nous ne le faisons pas nous-mêmes par élection, d'autant qu'il n'est pas en notre pouvoir de l'avoir quand nous voulons et ne dépend pas de notre soin, mais dieu le fait en nous, quand il Lui plaît, par Sa très sainte grâce. (Saint François de Sales, "Traité de l'Amour de Dieu", Livre VI, Chap. VII)


En l'année qui suivit l'institution du Tiers-Ordre, un certain procureur nommé Barthélémy qui avait été admis par saint François dans son troisième Ordre naissant, s'était tellement distingué par sa ferveur, que le bon Saint lui avait donné le pouvoir de recevoir, pour toujours, comme un autre lui-même, les hommes et les femmes au Tiers-Ordre. Un jour, François descendit dans sa maison et s'y arrêta pendant trois jours. Or, tant qu'il fut là, un pauvre possédé, qui fatiguait tout le monde par une excessive intempérance de paroles, se trouva tout à coup arrêté, et ne dit plus mot. Le Père étant parti, le possédé se remit à parler plus dru que jamais. Barthélémy adjura le démon de lui en dire la raison, et DIEU obligea l'Esprit impur à proclamer lui-même la sainteté extraordinaire de François. « Cet homme de DIEU, répondit le démon, est tel et si grand, que je n'ai pu articuler une seule parole en sa présence. Ses vertus étonneraient le monde, si le monde les voyait. Quand nous avons vu ce Religieux s'élever à une telle sublimité de mépris du monde, à un tel abandon au bon plaisir de DIEU et à un tel renouvellement de la vie évangélique et apostolique, nous avons été saisis de terreur, et nous avons résolu de tout faire pour le ruiner, lui et ses trois Ordres. Nous en ferons tant, que nous aurons le dessus. » (Le Séraphique Saint François, Mgr de Segur)



Lire
"L'âme de tout apostolat" de Dom Chautard, "Abrégé de la perfection chrétienne" du R.P. Alphonse Rodriguez, "De l'oraison mentale et de la Retraite" de Saint Alphonse de Liguori, "Esprit" du R.P. Avrillon (Pour passer saintement l'Avent, le Carême, l'Ascension...), "Méditations selon la méthode de Saint Ignace sur la Vie et les Mystères de Notre Seigneur Jésus-Christ" (5 tomes), "Méditations sur les souffrances de N.S. Jésus-Christ" par l'auteur du Culte Public, "L'Imitation de Jésus-Christ" de Thomas A. Kempis, "Abrégé des Méditations" du Père Louis Du pont, "Le combat spirituel" de Lorenzo Scupoli et "Le mois de Novembre consacré au souvenir des âmes du Purgatoire" par l'auteur des mois de septembre et de décembre (pour méditer sur l’Église souffrante).


Pratique :
Méditez Jésus sur la Croix, les souffrances qu'il a endurées pour nous : ses plaies s'écartant sous le poids de son corps, ses blessures, ses contusions, ses tuméfactions, sa peau en lambeau, sa chair brûlante frottant sur le bois, son corps en sang, ses membres désarticulés, ses yeux imbibés de sang, la suffocation lente de Notre Seigneur... (Reportez-vous à La Passion corporelle de Jésus expliquée par un chirurgien) puis, méditez les douleurs de Marie au pied de la Croix et la descente de croix du corps de Jésus. Priez le Seigneur de vous guider afin que vous preniez pleinement conscience de son Saint Sacrifice.


Conseil :
Faire une retraite de Saint Ignace de Loyola dans le milieu de la tradition.




Reportez-vous à Du Silence, par Saint Vincent Ferrier, Instruction pour les personnes qui entrent dans la voie d'Oraison, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Réponse à quelques doutes touchant l'Oraison, par le R.P. Jean-Joseph Surin, De la vie intérieure, et de la familiarité avec Jésus-Christ, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Neuvaine en l'honneur de Sainte Thérèse d'Avila, Simple et courte méthode d'oraison mentale, De la sècheresse dans l'oraison, De l'Oraison et de la contemplation, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Histoire de la possession des Ursulines de Loudun, et des peines du Père Surin (1/4), Histoire de la possession des Ursulines de Loudun, et des peines du Père Surin (2/4), Histoire de la possession des Ursulines de Loudun, et des peines du Père Surin (3/4), Avis pour la lecture spirituelle, La vérité par au dedans de nous sans aucun bruit de paroles, Méditation pour le Mardi d'après l'Ascension, Méditation pour le Samedi après les Cendres, En quoi consiste l'exercice de la présence de Dieu, De la cause des distractions dans l'oraison et des remèdes que l'on peut y apporter, De quelques moyens de bien faire l'oraison mentale, Pour bien faire oraison et pour en tirer du fruit, Combien sont mal fondées les plaintes de ceux qui se disent incapables de méditer, Seigneur, que vous plaît-il que je fasse ?, Méditation pour le jeudi de la première semaine de Carême, Litanie de Sainte Jeanne d'Arc, Médiator Dei du Pape Pie XII, sur la sainte liturgie, En quoi consistent la bonté et la perfection de nos actions, Autre moyen de bien faire ses actions, Méditation pour le vingt-troisième jour de décembre, Méditation transcendantale, hypnose et forces démoniaques, Sainte Thérèse de l'Enfant-Jésus et la Vie d'oraison, Les saints et le combat spirituel : Sainte Thérèse d'Avila, Spiritus Paraclitus du Pape Benoît XV, Jésus maudit ce que le monde estime, Lorenzo Scupoli et le combat spirituel, Inimitiés entre les enfants de Marie et les esclaves du Diable et Savoir-vivre dans l’Église.