dimanche 26 février 2017

Si je n'ai pas la Charité, je n'ai rien




1re Épître de Saint Paul Apôtre aux Corinthiens (13, 1-13)


Frères, j'aurais beau parler toutes les langues, celles des hommes et celles des Anges, si je n'ai pas la charité, je ressemble à une cloche qui sonne, à une cymbale qui fait du bruit. Si je possède le don de prophétie, si je connais tous les mystères et tout ce qu'on peut savoir, et si j'ai toute la foi du monde, une foi à déplacer les montagnes, mais sans avoir la charité, je ne suis rien. Même si je vais jusqu'à distribuer toute ma fortune en aumônes et si je livre mon corps au feu, sans avoir la charité, c'est parfaitement inutile.
La charité est patiente, elle est cordiale. La charité se refuse à toute jalousie, ne commet aucune indélicatesse ; elle n'est pas gonflée d'elle-même. La charité ne manque pas aux convenances, ne cherche pas son intérêt ; elle n'est pas sujette à l'énervement, ne fait pas entrer en compte le mal qu'on lui fait ; elle ne prend plaisir à aucune injustice, mais trouve à se réjouir dans tout ce qui est vrai. Elle excuse tout, elle fait confiance à tout, envers et contre tout elle garde l'espérance ; elle tient bon malgré tout.
Jamais la charité ne passera. Les discours inspirés ? Ils ne serviront plus de rien. Parler toutes les langes ? Cela n'aura qu'un temps. La science des choses divines ? Elle deviendra inutile. Pour le moment en effet, notre connaissance n'est que partielle, et partielles sont nos révélations. Mais quand viendra l'achèvement définitif, le provisoire disparaîtra. Lorsque j'étais enfant, je parlais comme un enfant ; j'avais les réactions et les raisonnements d'un enfant. Mais en devenant un homme, j'ai abandonné ces manières puériles.
À présent, nous voyons, mais confusément comme dans un mauvais miroir ; alors, nous verrons face à face. À présent, je connais par bribes, mais alors je connaîtrai (Dieu) aussi bien qu'il me connaît. À présent, la foi, l'espérance, la charité demeurent toutes les trois, mais la plus grande des trois, c'est la charité.



Qu'est-ce que la Charité ?


Le commandement qui nous ordonne d'aimer le prochain est (donc) « semblable » au commandement qui nous ordonne d'aimer Dieu, mais il n'est pas le premier, il est le second. Et de même qu'il n'est pas possible d'observer le premier commandement si l'on refuse d'observer le second - « Celui qui prétend aimer Dieu et qui n'aime pas son frère est un menteur », nous dit saint Jean, - il n'est pas possible d'observer le second commandement si on exclut positivement le premier ; en effet, celui qui aimerait le prochain et se dévouerait, se sacrifierait pour lui non seulement sans aucune référence à Dieu, mais en excluant Dieu, ferait du prochain un absolu en soi et sa philanthropie ne serait en réalité qu'une forme d'idolâtrie. Les deux commandements doivent aller de pair, ils sont semblables, mais le premier, le plus grand, celui qui légitime et rend méritoire l'autre, c'est l'amour de Dieu
. (R.P. Noël Barbara - Catéchèse du mariage)


La charité est une vertu surnaturelle qui nous incline à aimer Dieu par-dessus toute chose et le prochain comme nous-mêmes pour l'amour de Dieu. Ainsi, après Dieu, nous devons aimer le prochain comme nous-mêmes, et cela, non d'une manière quelconque, mais pour l'amour de Dieu et par obéissance à sa loi. ("Le libéralisme est un péché" - Don Sarda y Salvany)

Si l'on parle de charité, on devrait toujours rappeler auparavant, que cinq conditions s'imposent pour que la charité soit vraie :
-  1. Être en état de grâce.
-  2. Qu'elle soit mue par des motifs surnaturels. 
-  3. Qu'elle soit efficace :  
a) en tant qu’elle se rapporte à Dieu, elle doit porter à accomplir Sa divine volonté ; 
b) en tant qu'elle se rapporte aux hommes, elle doit nous porter à chercher le bien du prochain.
-  4. Qu'elle soit ordonnée  :
a) aimer Dieu par-dessus tout, et pas n'importe comment : Si quelqu'un M'aime, il garde d'abord Mes commandements ; 
b) faire passer l'amour pour la patrie après l'amour pour l'Église ;  
c) ne pas chercher le bien du prochain au détriment de notre propre bien spirituel ;  
d) chercher d'abord le bien spirituel de l'âme de notre prochain et, après, le bien matériel de son corps.
-  5. Qu'elle se déploie dans la Justice et la Vérité. 


(Catéchisme catholique par le cardinal Gasparri)






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