samedi 18 février 2017

DES VERTUS DE MARIE : L'humilité



Extrait de "Les gloires de Marie" (Tome II) de Saint Alphonse de Liguori :


DES VERTUS DE MARIE

Saint Augustin dit que pour obtenir plus sûrement et plus abondamment la faveur des Saints, il faut les imiter, parce qu'en nous voyant pratiquer les mêmes vertus qu'eux, ils s'intéressent à prier pour nous, La Reine des Saints, et notre première avocate, Marie, lorsqu'elle a soustrait une âme au pouvoir de Lucifer, pour l'unir à Dieu, veut que cette âme s'occupe à l'imiter ; autrement elle ne peut l'enrichir de ses grâces, comme elle le voudrait, parce que sa conduite opposée à celle de Marie y met obstacle, Marie appelle bienheureux ceux qui l'imitent. (Prov, 8. 32.) « Celui qui aime, ou est déjà semblable, ou cherche à se rendre semblable à la personne qu'il aime. Si nous aimons Marie, il faut que nous cherchions à l'imiter, parce que c'est là le plus grand honneur que nous puissions lui offrir. » Ceux-là peuvent s'appeler « vrais fils de Marie, qui tâchent d'imiter ses vertus. » Que le fils ait donc soin, conclut Saint Bernard, d'imiter sa Mère, s'il désire en être favorisé.
L'Évangile offre peu de détails sur les vertus de Marie, mais il nous apprend qu'elle fut pleine de grâces, et c'est assez nous faire comprendre qu'elle fut douée de toutes les vertus et qu'elle les eut toutes dans un degré héroïque. « (S. Ambr. l. 2. de Virg.) Les autres Saints ont excellé chacun dans quelque vertu en particulier ; Marie a excellé en toutes les vertus, et nous a été donnée pour modèle dans chacune d'elles. »


L'Annonciation (Murillo)


§ I. De l'humilité de Marie


« L'humilité, dit S. Bernard, est le fondement et la sauvegarde de toutes les vertus. » Sans l'humilité, il ne peut y avoir aucune autre vertu dans une âme, et quand elle les posséderait toutes, elle les perdra dès qu'elle perdra l'humilité. S. François de Sales écrivait à Ste Frémiot de Chantal, que Dieu aime tant celte belle vertu de l'humilité, qu'il court aussitôt où il la voit.
Cette incomparable et indispensable vertu était autrefois inconnue dans le monde ; le Fils de Dieu est venu nous l'enseigner par son exemple, et nous a ordonné d'imiter spécialement son humilité. (Math. 11. 29) Comme Marie fut la première et la plus parfaite imitatrice de Jésus-Christ dans toutes ses vertus, elle le fut aussi dans celle de l'humilité, qui lui mérita d'être élevée par-dessus toutes les créatures. Ce fut la première vertu dans laquelle la bienheureuse Mère s'exerça singulièrement dès sa jeunesse.
Le premier acte de l'humilité de cœur, c'est d'avoir une basse opinion de soi-même : or, Marie eut toujours une si basse opinion d'elle-même, que, bien qu'elle fût pleine de grâces, elle ne se préféra néanmoins jamais à personne. Ce n'est pas qu'elle crût être une pécheresse : car l'humilité est la vérité, dit Ste Thérèse, et Marie savait qu'elle n'avait jamais offensé Dieu, elle reconnaissait qu'elle avait reçu de Dieu de plus, grandes grâces que toutes les autres créatures, car un cœur humble considère les faveurs spéciales du Seigneur pour s'humilier davantage ; mais la même lumière qui lui découvrit l'infinie grandeur et bonté de son Dieu, lui. faisait aussi connaître plus clairement toute la bassesse de sa personne, et c'est pour cela qu'elle s'humiliait plus que tout autre. Comme un mendiant qui se voit revêtu d'un habit riche qu'on vient de lui donner, au lieu d'en prendre occasion de s'enorgueillir, doit s'humilier davantage devant son bienfaiteur, puisque le don lui rappelle sa pauvreté ; de même plus Marie se voyait riche en grâces et en vertus, plus elle s'humiliait, en se souvenant qu'elle avait tout reçu de Dieu. « (S. Bernardin, t. 2. s. 51. c. 3) Il n'y a point eu sur la terre de créature plus élevée et plus parfaite que Marie , parce qu'il n'y en a point eu de plus humble. »

C'est un acte d'humilité de tenir cachés les dons du ciel. Marie voulut cacher à S. Joseph la grâce d'avoir été faite Mère de Dieu, quoiqu'il parût nécessaire de la lui manifester, pour délivrer au moins ce pauvre époux des soupçons qu'il pouvait former, en la voyant enceinte ; ou pour éviter la confusion, puisque S. Joseph, ne pouvant d'un côté douter de la chasteté dé Marie, et de l'autre ignorant le mystère de sa grossesse, pour se délivrer de la confusion, pensait à la congédier en secret ; et si l'Ange ne lui eût dit que son épouse était enceinte par l'opération du Saint-Esprit, il l'aurait réellement abandonnée. L'humble Marie rejette les louanges qu'on lui donne, et les rapporte toutes à Dieu. Ainsi elle se trouble en entendant les éloges qu'elle reçoit de S. Gabriel. Lorsque Ste Élisabeth la félicite, Marie attribue toutes ces louanges à Dieu, et lui répond par cet humble cantique que l'Église répète : Vous me louez, dit Marie, mais moi je loue le Seigneur, à qui seul est dû tout honneur. Vous vous étonnez de me voir venir à vous, et moi j'admire la bonté divine, en laquelle seul mon esprit se réjouit uniquement. Vous me félicitez d'avoir cru, et moi je loue mon Dieu qui a voulu élever mon néant.
Ceux qui sont humbles servent les autres ; Marie servit Élisabeth pendant trois mois. S. Bernard dit à ce sujet : « (S. Bern. S. de Nat. Virg.) Élisabeth est étonnée que Marie soit venue la visiter ; elle devait bien plus être étonnée de ce qu'elle était venue non pour être servie, mais pour servir. » Ceux qui sont humbles aiment la retraite, et choisissent l'endroit le moins commode : c'est pour cette raison que Marie, désirant parler à son Fils qui prêchait dans une maison (Matth. 12.), ne voulut pas y entrer d'elle-même et sans sa permission ; et que se trouvant dans le cénacle avec les Apôtres, elle voulut prendre la dernière place (Act. 1, 14). Celui qui est humble aime, les mépris : aussi on ne lit pas que le Dimanche des Rameaux lorsque son Fils fut reçu du peuple avec tant d'honneurs, elle ait paru dans Jérusalem ; mais, elle l'accompagna au Calvaire, sans craindre le déshonneur, en se faisant connaître pour la mère, du condamné qui allait subir une mort infamante et cruelle.
Il est certain que, vu la corruption de notre nature par le péché, il n'y a peut-être pas, dit S. Grégoire de Nisse, de vertu plus difficile à pratiquer que l'humilité. Mais, et cela ne peut être autrement, nous ne pourrons jamais être vrais enfants de Marie, si nous ne sommes humbles. S. Bernard dit : « (S. Bern. hum. 1. sup. Miss. est.) Si vous ne pouvez l'imiter dans sa virginité, humiliez-vous et imitez-la dans son humilité. » Elle abhorre les orgueilleux, et n'appelle que les humbles. « (Ricc. de S. Laur.) La considération de l'humilité de Marie est un excellent vêtement », mais comme un manteau ne réchauffe que celui qui le porte, non en pensée, mais en effet, de même cette humilité ne sert qu'à ceux qui l'imitent. Ô ! que les âmes humbles sont chères à Marie !
Je ne pourrai donc jamais, ô ma sainte Reine , être votre vrai fils, si je ne suis humble ; mais ne croyez-vous pas que mes péchés, après m'avoir rendu ingrat envers mou Dieu, m'ont eu même temps rendu orgueilleux ? Ô ma Mère ! Remédiez-y ; par les mérites de votre humilité, obtenez-moi la grâce d'être humble, et par-là de devenir votre fils. Ainsi soit-il.





Lire "Les gloires de Marie" (Tome 1, Tome II).


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