lundi 10 avril 2017

Méditation pour le Lundi Saint : Jour de reconnaissance





Marie-Madeleine repentante (Gustave Doré)



LE LUNDI SAINT

Jour de reconnaissance


PRATIQUE

Pensez aux bienfaits que vous avez reçus de Dieu depuis que vous êtes au monde, à la création, à la rédemption, à la vocation au christianisme ; pensez aux sacrements, aux grâces générales et particulières, au pardon qu'il vous a accordé dans un temps auquel, s'il vous avait appelé de cette vie, vous n'auriez eu qu'un enfer éternel pour partage. Demandez pardon de vos ingratitudes ; réparez-les de votre mieux en produisant fréquemment des actes d'une tendre et sincère reconnaissance.


MÉDITATION

Marie ayant pris une livre de baume précieux de vrai nard, le répandit sur les pieds de Jésus-Christ, et les essuya de ses cheveux. (Jean, 12)


1er point. Le temps auquel Jésus-Christ devait souffrir la mort approchait. Il aimait Lazare, Marthe et Marie, et son bon cœur l'engagea à leur rendre une dernière visite à Béthanie. Ils le reçurent avec toutes les démonstrations possibles de respect, de tendresse et de reconnaissance, et lui donnèrent à souper ; Marthe les servait ; et Marie prit, à son ordinaire, possession de ses pieds adorables, les parfuma et les essuya de ses cheveux. Elle avait déjà fait la même chose chez le Pharisien, où elle avait obtenu par son amour et par ses larmes le pardon de ses péchés. Là, elle demandait ; ici, c'est une amante pénétrée d'une vive reconnaissance, qui s'efforce de rendre bienfait pour bienfait à son Sauveur. Elle est à ses pieds, et elle en sera inséparable dans tout le cours de sa passion ; elle lui verra rendre les derniers soupirs ; elle souffrira avec lui, pour lui, et par lui ; elle le cherchera même pour l'embaumer après sa mort, et tant qu'elle restera sur la terre, elle lui marquera son amour et sa reconnaissance. Heureux, dit saint Bernard, celui qui lui ressemble et qui gravant dans son cœur les différents bienfaits de Dieu, lui en rend de continuelles actions de grâces (D. Bern. serm. 15. in Cant.).


Et toute la maison a été remplie de l'odeur de ce baume.


2e point. La reconnaissance n'est donc pas parfaite, si la bonne odeur ne s'en répand au-dehors, et si elle n'est effective. Le cœur de Madeleine est si pénétré de reconnaissance pour la grâce qu'elle a reçue de Jésus-Christ, chez le Pharisien, qu'elle veut que tout le monde sache combien elle lui est redevable. Elle agit, elle se prosterne en public, elle donne, s'abaisse, s'humilie ; et l'odeur de cette action se répand partout. Ainsi la vraie reconnaissance doit être effective. Elle ne consiste pas dans le souvenir et dans le sentiment, mais dans l'action.
C'est à la vérité un souvenir, une persuasion et un sentiment du bienfait ; mais c'est encore un retour sincère, qui tire les actions de grâces de la bouche, et les bonnes œuvres des mains. Vous avez tout reçu de Dieu, et vous en recevez des grâces dans tous les moments de votre vie, quand ce ne serait que la conservation , qui est toujours une création nouvelle. Saint Augustin louait la pieuse coutume des catholiques de son temps d'avoir toujours l'action de grâces à la bouche, et de se saluer par un Deo Gratias. Que pouvons-nous prononcer, dit ce père, de meilleur ? Rien de plus agréable à entendre, rien de plus grand à méditer, et rien de plus profitable à pratiquer (Div. Aug. Epist. 77).


SENTIMENTS

Source féconde et intarissable de grâces et de miséricordes ! principe adorable et plénitude infinie de tous biens ! je vous dois tout, et je ne suis rien que par vous. Mon corps, mon âme, mes talents, tout ce que je possède de biens corporels et spirituels, ne viennent que de vos libéralités : mais, hélas ! je n'y puis penser que mon ingratitude ne se présente à mes yeux, et ne me couvre de honte et de confusion. Pardon ! ô mon divin bienfaiteur, je veux la réparer, en vous protestant que je ne veux plus penser, aimer, travailler, vivre et mourir que pour vous.


SENTENCES

Tout ce que vous ferez en parlant ou en agissant, faites-le au nom de Notre-Seigneur Jésus-Christ, rendant grâces par lui à Dieu le père (Col. 3. 5. 19).

Quand je pense aux bienfaits que j'ai reçus de Dieu, je sens dans mon âme des transports ineffaçables d'amour et de reconnaissance (Cassian. Coll. 9).


RÉFLEXIONS

Plaintes de Jésus à son père



Depuis la sixième heure du jour à laquelle Jésus fut crucifié, jusqu'à la neuvième, le soleil disparut. Ce fut alors que le Sauveur en croix, et tout enveloppé de ces ténèbres, ouvrit la bouche pour la quatrième fois, et s'adressant à Dieu son père, il dit : Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m'avez-vous abandonné ? C'est ici la nature humaine qui se plaint amèrement, parce qu'elle souffre des supplices insupportables, sans aucun adoucissement. La tête de ce Sauveur expirant, environnée d'épines, serrée cruellement et percée de tous côtés, n'a que le bois de sa croix pour se reposer. Ses yeux languissants et baignés de larmes ne voient que de cruels ennemis qui l'outragent et le maudissent comme s'il était le plus grand scélérat de la terre. Ses mains percées et sanglantes, aussi bien que ses pieds, lui font sentir à chaque moment des douleurs aiguës. Son propre peuple qui devait le chérir, parce qu'il l'avait comblé de faveurs, insulte à sa peine au lieu de le plaindre.
Ne serons-nous pas sensibles à l'abandon de Jésus-Christ ? et refuserons-nous quelques larmes à un Dieu sauveur qui nous donne tout son sang ? Ah ! Seigneur, nous serions bien ingrats et bien insensibles ! Mous allons graver dans nos cœurs la douleur de votre mystérieux abandon de la part d'un père qui vous aime d'un amour infini, et qui vous a toujours exaucé : ne nous abandonnez jamais, ô adorable Sauveur ! faites-nous la grâce d'abandonner tout pour ne nous attacher jamais qu'à vous.


PRIÈRE

Secourez-nous, ô mon Dieu ! soyez notre force dans notre infirmité. Nous gémissons sous le poids de nos misères, et nous nous sommes rendus indignes de nouvelles grâces par notre ingratitude à reconnaître les anciennes. Accordez-nous, par la passion de Jésus-Christ, de respirer au milieu des maux qui nous pressent ; que la faiblesse de ce Dieu souffrant nous fortifie ; que ses douleurs guérissent les nôtres ; que son innocence efface nos péchés ; que sa mort précieuse nous vivifie ; que son sang adorable nous purifie de toutes nos souillures et nous ouvre les portes du ciel. Ainsi soit-il.





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