mardi 12 octobre 2021

Satan domine sur toutes les nations par l'idolâtrie, Saint Michel le combat par l'intermédiaire de Moïse



Pendant que les promesses faites par l'Archange aux patriarches, recevaient leur accomplissement ; pendant que les descendants d'Abraham, d'Isaac et de Jacob se multipliaient « à l'égal des sables de la mer et des étoiles du firmament, » Lucifer, de son côté, établissait son empire sur les autres peuples et se constituait leur dieu. Les nations étaient devenues idolâtres et adoraient Satan. Celui-ci était maître en Égypte, à Ninive, à Babylone, et même déjà au moyen des Pharaons, il travaillait à la ruine du peuple de Dieu qu'il tenait sous sa domination. C'en était fait encore du genre humain, la victoire allait rester à Lucifer. Mais saint Michel intervient, et alors commence cette guerre sans trêve qui doit durer pendant toute l'existence des enfants d'Israël. C'est une alternative de merveilles de force dans la défense et de rage dans l'attaque. Refoulé à chaque assaut par une puissance à laquelle rien ne saurait résister, Satan revient toujours avec de nouvelles armées.
L'enfer dut tressaillir lorsque le Pharaon égyptien porta un édit de mort contre les enfants mâles qui naîtraient aux Hébreux (Exode, ch. I) ; c'était la destruction certaine du peuple de Dieu. Satan se trompait, car au moment même, venait au monde celui qui devait ruiner ses espérances. Qui ne connaît pas l'histoire de Moïse, de cet enfant sauvé des eaux, élevé dans le palais même du terrible Pharaon, et libérateur du peuple hébreu ? Ce fut saint Michel qui lui donna sa mission et le dirigea dans toutes ses entreprises.
Un jour que Moïse faisait paître le troupeau de son beau-père, « l'ange de dieu apparut dans une flamme de feu, au milieu d'un buisson (Act. apoc., ch. VII, 30). » — « J'ai vu, lui dit-il, l'affliction de MON PEUPLE qui est en Égypte ; j'ai entendu le cri que lui arrache la dureté de ceux qui ont l'intendance des travaux. Son cri est venu jusqu'à moi : Je t'enverrai vers Pharaon et tu feras sortir MON PEUPLE (Exode, ch. III) de cette servitude. » L'Écriture ne donne point le nom de cet ange ; mais saint Grégoire de Nysse, saint Sophrone et les plus célèbres commentateurs l'appellent saint Michel (Corneille de la Pierre, Menochius, etc.). Il est raisonnable, en effet, d'attribuer à cet archange une des plus grandes marques de protection qui aient été accordées à ceux qu'il pouvait appeler SON PEUPLE. Moïse obéit ponctuellement à l'ordre qu'il avait reçu. Protégé par saint Michel, il surmonta des difficultés sans nombre, triompha de Satan en opérant les miracles les plus étonnants, vainquit dans la personne de Pharaon la résistance de l'enfer et arracha les enfants d'Israël à la plus dure et à la plus humiliante des servitudes.
Jamais Lucifer n'avait manifesté au monde d'une manière plus éclatante, le pouvoir merveilleux, prodigieux, de sa puissante nature.
Il faut lire aux chapitres VIIe et VIIIe de L'Exode comment il opéra par ses magiciens, des prodiges surprenants, lesquels purent d'abord faire croire qu'il possédait une puissance capable d'entrer en lutte avec saint Michel (voici ces textes : « Aaron jeta sa verge devant Pharaon, et elle fut changée en serpent. Pharaon ayant fait venir les sages et les magiciens, ils firent aussi la même chose. » Chap. VII, V. 10 et 11. Mais la verge d'Aaron dévora leurs verges. » Ibid, V. 12. — « Aaron frappa l'eau du fleuve devant Pharaon, et l'eau fut changée en sang. » — « Et les magiciens d'Égypte firent la même chose. » Ibid, V. 20 et 22. — « Aaron étendit la main et frappa la poussière de la terre, et les hommes et les bêtes furent tout couverts de moucherons. » — « Les magiciens voulurent faire la même chose, mais ils ne le purent. » Ibid, V. 17 et 18) ; mais ce fut pour celui-ci l'occasion d'affirmer que nul être, quelque fort qu'il soit, ne saurait prévaloir contre celui qui prend Dieu pour appui, Quis ut Deus ?
Israël était délivré.
Mais qui conduira ce peuple ? Devant lui sont des déserts immenses et inconnus ! Voici un guide sûr : « Et le Seigneur, dit Moise, marchait devant eux, » dans la personne de son ange, « pour leur montrer leur chemin, paraissant durant le jour en une colonne de nuée, et pendant la nuit en une colonne de feu, pour leur servir de guide le jour et la nuit. Jamais cette colonne ne manqua de paraître devant le peuple (Exode, ch. XIII), » pendant quarante ans, c'est-à-dire jusqu'au jour de l'entrée des enfants d'Israël dans la terre promise. Ils avaient besoin de protection pour éviter toutes les embûches, et résister aux attaques multipliées d'ennemis sans nombre que Satan allait susciter pour entraver leur marche vers la terre promise.
C'est d'abord le Pharaon égyptien qui se repent de les avoir laissés partir, qui, croyant cette fois triompher du ciel, se met à les poursuivre avec une grande multitude de chars de guerre et une nombreuse cavalerie. Israël crie aussitôt vers le Seigneur. « Et l'ange de Dieu qui marchait devant l'armée des Israélites, alla derrière eux, et en même temps la colonne de nuée, quittant la tête du peuple, se mit aussi derrière, entre le camp des Égyptiens et le camp d'Israël ; et la nuée était ténébreuse d'une part, du côté des Égyptiens, et de l'autre elle éclairait la nuit ; en sorte que les deux armées ne pouvaient s'approcher (Exode, ch. XIV). »
Cependant, animés d'une rage satanique, les Égyptiens poursuivaient toujours les Hébreux, et ceux-ci, acculés à la mer, se voyaient dans la triste alternative ou de périr dans les flots ou de tomber au pouvoir de leurs ennemis. « Étends ta main sur la mer, » dit alors Michel à Moïse , au nom du Seigneur ; et « Moïse, ayant étendu sa main, » l'ange de Dieu divisa subitement les eaux, et le peuple hébreu passa « à pied sec » au milieu de la mer Rouge. » — « Les Égyptiens entrèrent à leur suite, avec toute la cavalerie de Pharaon, ses chars et ses chevaux (Exode, ch. XV) ; » mais le puissant Archange « renversa les roues de leurs chars, lança contre eux les foudres et les tonnerres de Dieu et tous furent précipités au fond de la mer, » dans un désordre indescriptible. « Fuyons, s'écrièrent les Égyptiens, car Dieu combat pour les Israélites. » Mais il était trop tard ; l'ange avait parlé, Moïse avait étendu la main et les eaux
avaient englouti toute l'armée de Pharaon, de sorte que pas un seul soldat ne put échapper. C'était le triomphe complet de saint Michel sur Satan , qui avait juré d'anéantir, dans cette lutte suprême, les adorateurs du vrai Dieu (Durand de Mende a résumé tous les témoignages de la tradition et des commentateurs lorsqu'il attribue à saint Michel toutes ces marques de protection accordées aux enfants de Jacob : « Michel, dit-il, est l'ange qui a été envoyé en Égypte, qui a fait ces fameuses plaies, qui a séparé la mer Rouge, qui a dirigé le peuple à travers le désert et l'a conduit dans la terre de promission. »).
Cet acte de protection n'était que le prélude d'une multitude d'autres non moins merveilleux qui allaient marquer chaque pas de ce peuple pendant quarante ans, c'est-à-dire jusqu'à l'entrée dans la terre promise. L'eau du rocher, la manne, la guérison de mortelles morsures, la victoire sur de nombreux ennemis, tels sont les actes merveilleux, les monuments authentiques de la protection archangélique (Saint Augustin dit en termes très formels que Moïse opéra toutes ces merveilles « au nom du Seigneur, créateur du ciel et de
la terre, et avec l'assistance des saints anges. » Cité de Dieu, liv, X, ch. VIII.).
L'homme, au moment de sa création, avait reçu gravée dans son cœur la loi de son Dieu. Mais il l'avait bientôt oubliée, et comme pour ainsi dire effacée en s'abandonnant à ces crimes qui noyèrent le monde dans les eaux du déluge. Une seconde fois cette divine loi était tombée dans l'oubli et les nations pratiquaient l'idolâtrie, c'est-à-dire le culte de Satan. Les descendants d'Abraham, d'Isaac et de Jacob, les protégés de saint Michel, étaient seuls restés fidèles. Mais il était encore à craindre que ce peuple à tête dure (c'est l'épithète que saint Etienne donne aux Juifs), vivant au milieu des nations païennes, ne vînt à méconnaître la loi de son Dieu et l'alliance que celui-ci avait faite avec lui. Il fallait un témoignage visible, écrit, que l'on pût facilement remettre souvent sous les yeux des prévaricateurs ; il convenait qu'il fût donné avec un appareil digne de la majesté du créateur et capable en même temps de frapper l'imagination de ce peuple prompt à oublier.
C'était la mission que venait remplir l'Archange sur le Sinaï. Quelle majesté ! « Des tonnerres se font entendre, et on voit briller des éclairs ; une nuée très épaisse couvre la montagne ; la trompette sonne avec un grand bruit, et le peuple, qui est dans le camp, est saisi de frayeur. Le Sinaï est couvert de fumée, parce que le Seigneur » représenté par son Ange, « y est descendu au milieu des feux. Une fumée » et des flammes « qui sortent de la montagne, comme d'une fournaise, répandent partout la terreur. Le son de la trompette » de l'ange « s'augmentant peu à peu, devient plus fort et plus perçant. Le Seigneur, » dans la personne de saint Michel , « descendu sur le Sinaï » accompagné de millions d'anges, « appelle Moïse au plus haut » lui donne la Loi écrite sur deux tables de pierre (Exode, ch. XIX), et lui dicte le code qui régira son peuple. Tel est le grand fait que le diacre saint Étienne rappelait aux Juifs (Act. apôt., ch. VII) « Moïse, leur dit-il, pendant que le peuple était rassemblé dans le désert, s'entretenait avec L'ANGE qui lui parlait » de la part de Dieu « sur le mont Sinaï, et reçut de lui les paroles de vie pour nous les donner. » Saint Paul enseigne aussi en termes formels que « la loi fut donnée par les anges. » Telle est cette loi que l'Archange fera relire devant tout le peuple, aux époques de profond oubli ; et Israël confessera son péché dans les larmes et fera pénitence (le rôle que saint Michel remplit au Sinaï, lui a mérité une espèce de culte de la part des Turcs eux-mêmes. Voilà pourquoi Mahomet, dans son Coran, appelle l'archange le secrétaire de la Divinité. Les Juifs célèbrent la mémoire de cette apparition le 23e jour du mois de Tizri ; ce mois répond à notre mois de septembre dans lequel nous célébrons la grande fête de saint Michel).
Tout ce que nous venons de dire sur le rôle de saint Michel auprès du peuple de Dieu ressort du caractère de cette action tutélaire qui lui a été certainement confiée, comme on peut le lire dans Daniel, et est appuyé par le témoignage de la plus respectable tradition et de la plus sérieuse interprétation des Livres saints. Mais voici un fait que nul ne saurait mettre en doute, puisqu'il est affirmé par un apôtre Saint Jude rapporte dans son épître catholique que saint Michel à l'occasion de la sépulture de Moïse, eut à lutter avec le diable. Celui-ci voulait découvrir le lieu de la sépulture du grand serviteur de Dieu afin d'en présenter les restes précieux au peuple juif, lequel toujours enclin à l'idolâtrie, l'aurait bientôt honoré comme un dieu. Mais l'Archange toujours le plus fort, empêcha la réalisation des projets de Satan.
Il le fut encore en mettant le peuple d'Israël en possession de la terre de Chanaan. La dépravation des habitants de ce pays rappelait les monstruosités des siècles antédiluviens. Satan régnait en maître et se faisait adorer sous le nom de dieu du feu. Il était représenté par une statue de bronze incandescente, à laquelle on dévouait chaque jour des enfants pour offrande. À cette horrible et sanglante divinité, les Chananéens avaient donné une compagnie céleste, cette fameuse et infâme Astarté ou Astaroth phénicienne, la Mylitta des Babyloniens, dont les bois sacrés couvraient le sol de la Palestine et sous les ombrages desquels furent commises tant d'infamies et d'impudicités. Saint Michel se servit de l'épée de Josué, de Gédéon et de tant d'autres pour châtier ces nations dépravées et les refouler peu à peu sur le territoire africain, où elles ont vécu portant toujours le caractère de la réprobation.
Il n'entrait pas dans le plan divin que saint Michel chassât immédiatement Satan loin des frontières d'Israël. Il fallait montrer, par l'exemple de ce peuple tour à tour prévaricateur et tour à tour repentant, que le péché seul fortifie la puissance du démon sur le monde, mais que ce pouvoir quelque grand et quelque fort qu'il soit, est bientôt brisé sitôt que nous avons appelé l'Ange de Dieu à notre secours. Que de peuples en effet Satan arma contre Israël ! C'étaient les Moabites, les Madianites, les Philistins, les Ammonites, les Amalécites et des multitudes sans nombre ; ils réussirent même parfois à lui imposer leur tyrannique domination et à le conduire aux pieds de Baal pour offrir à cette divinité un encens sacrilège. Mais le lendemain l'Archange protecteur suscitait un homme et l'envoyait briser l'idole impie, renverser l'autel, et mettre le feu au bois sacré qui l'entourait (Juges, ch. VI). Satan était vaincu et ses projets anéantis.
C'est à chaque page de nos saints Livres que nous pouvons constater l'antagonisme de Satan contre saint Michel dans la personne du peuple juif. Pendant que Moïse chargeait la tribu de Lévi de tout ce qui concernait le culte divin, Lucifer établissait lui aussi des prêtres pour ses idoles, et se faisait offrir des sacrifices, dont il déterminait la matière et réglait les cérémonies. Comme Dieu, il voulait avoir son sanctuaire ou plutôt ses sanctuaires où il rendait ses oracles. Mais combien de fois l'Archange de Dieu confondit l'imposture des prêtres de Baal, et fit tomber sur eux le feu du ciel ! Combien de fois il perdit les prophètes de mensonge qui venaient pour détruire l'œuvre des vrais prophètes de Jéhovah !
Jérusalem était la capitale du Peuple choisi ; c'était la Ville sainte par excellence, à la conservation de laquelle étaient attachée les destinées de la nation. Quel triomphe pour Satan si cette cité venait à tomber en son pouvoir ! — Dans ce but, il avait fondé après Ninive la grande, la voluptueuse, la terrible Babylone. Cette cité était devenue par ses lois, par son luxe, par ses richesses, par sa cruauté, par sa monstrueuse idolâtrie, la rivale implacable et la sanglante parodie de la Jérusalem du vrai Dieu. Ce fut un choc immense que celui de ces deux villes rivales. Babylone fut tour à tour vaincue et victorieuse ; vaincue par le bras invincible de l'Archange qui exterminait ses guerriers et ses généraux ; victorieuse quand les crimes de Juda appelaient le châtiment. Enfin, un jour que l'iniquité était montée à son comble, Jérusalem tomba ; le temple fut détruit et les habitants emmenés en captivité. Satan entonnait sur les ruines fumantes de la Ville-sainte un chant de victoire.
Mais ce n'était pour l'enfer qu'un triomphe passager. Cette longue et dure captivité de Babylone devait convertir le peuple juif ; car parmi les moyens les plus propices pour ramener à Dieu, il faut compter la souffrance. « La tribulation, a dit un saint Père, ouvre l'oreille du cœur, qui trop souvent se ferme au milieu des prospérités de ce monde. » Rien n'est plus vrai ; aucun peuple n'a montré la réalisation de cette parole comme le peuple juif. À peine est-il dans la prospérité, à peine ses ennemis, ministres des vengeances divines, ont-ils cessé de faire peser sur lui un joug accablant, qu'il oublie son Dieu et retourne à l'idolâtrie. Mais lorsqu’une extrême misère est venue fondre sur lui, il s'arrête, il considère l'énormité de ses crimes, les confesse à la face de son Dieu et va se jeter dans les bras de la miséricorde. Aussi l'existence des Juifs pendant près de dix-sept siècles, c'est-à-dire depuis le passage de la mer Rouge jusqu'à l'avènement de Jésus-Christ, n'est-elle qu'une longue alternative de succès et de défaites, de prospérités et de revers, selon que ce peuple servait Dieu ou s'en éloignait. C'est ainsi que saint Michel se montrait protecteur de son peuple autant lorsqu'il le laissait vaincre que lorsqu'il remportait pour lui les plus grandes victoires.
Tel il nous apparaît pendant cette longue et dure captivité de Babylone. Quand Israël est converti, il veut que ce peuple sache que c'est par « son secours qu'ont été levés tous les obstacles au retour dans la patrie (Dan., X). » Il intercède pour Jérusalem déserte et opprimée, et il annonce que bientôt cette ville regorgera d'habitants. C'est le prophète Zacharie qui est chargé de publier cette heureuse nouvelle (Zacharie, ch. I. « L'ange adressa au Tout-Puissant cette prière : « Dieu des armées, jusques à quand refuserez-vous vos miséricordes à Jérusalem et aux villes de Juda qui vous ont offensé ? Voici la 70e année prédite par Jérémie. » — Jéhovah répondit à l'ange par des paroles de clémence et de consolation. — « L'ange avait un cordeau à la main, comme ont ceux qui mesurent. Je lui dis : Où allez-vous ? — Je vais mesurer Jérusalem pour voir quelle est sa largeur et sa longueur. » — Et un autre ange vint dire : « Jérusalem sera tellement peuplée qu'elle ne sera plus environnée de murailles à cause de la multitude qui sera en elle. Je lui serai moi-même, dit le Seigneur, un mur de feu qui l'environnera, et j'établirai ma gloire au milieu d'elle. »). »
Cette fois encore Satan sera vaincu, et bientôt retentira dans le monde ce grand cri qu'avait entendu Isaïe : « Babylone est tombée ; elle est tombée ; et toutes les images de ses dieux ont été brisées contre terre (Isaïe, ch. XXI, 9). »
La nouvelle Jérusalem était à peine reconstruite, le nouveau temple était à peine relevé que l'enfer renouvelait ses attaques avec une fureur sans égale pour les renverser et de nouveau y établir sa domination. À la place de Babylone, il faisait de Rome sa capitale et élevait près de Sichem, sur le mont Garizim, un temple qui devait être dans sa pensée, rival de celui de Jérusalem. Les dernières années de l'existence d'Israël furent passées dans des guerres acharnées contre les différents empires qui voulaient établir sur ce peuple leur domination. On vit alors une poignée de soldats généreux, conduits par des hommes de ceux tels que les Machabées, combattre contre des multitudes innombrables pour obtenir et conserver leur indépendance. Les autels de Satan tombèrent à Jérusalem et à Samarie sous les coups de ceux qui avaient inscrit sur leur drapeau la devise de saint Michel, et que l'Archange conduisait à la victoire. Cependant on apprit un jour que le peuple romain était seul maitre du monde et que la Palestine ne formait plus qu'une province de ce vaste empire. Lucifer peut alors croire qu'il avait triomphé de Dieu et de son Archange ; mais il devait bientôt reconnaitre qu'il s'était trompé et que ce qu'il espérait devoir lui donner l'empire du monde devait préparer le règne de Jésus-Christ. Une fois encore il devait être vaincu par son puissant rival lequel devait lui enlever Rome sa capitale avec tous les peuples qui en dépendaient pour les donner à l'Église de Dieu. Tel est en résumé l'histoire du protectorat de saint Michel sur la synagogue.
Aussi les Juifs l'ont toujours reconnu pour leur ange protecteur, et aujourd'hui encore ils l'invoquent comme le plus ferme défenseur de leur nationalité contre toute espèce d'ennemis...
C'est en vain, peuple malheureux, que vous invoquez aujourd'hui celui qui vous donna autrefois des marques si sensibles de protection. Vous n'êtes plus son peuple depuis le jour où vous avez tué Celui qui est la Vérité. De nombreuses nations, venues des quatre vents du ciel, ont été appelées à votre place, pour former les protégés de l'Archange. Entrez dans le giron de celle qui veut être votre mère et vous retrouverez votre protecteur.

(Saint Michel Archange, Protecteur de l’Église et de la France, Sa lutte avec Lucifer dans le passé, le présent et l'avenir, ses apparitions et son culte, Abbé Eugène Soyer, 1879)


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lundi 11 octobre 2021

Qu'il faut se conduire différemment, selon la différence des Tentations dont on est attaqué


David et Nathan

Il faut en différentes tentations, dit Saint Jean Climaque, tenir une différente conduite pour y résister. Il y a des vices qui sont par eux-mêmes fâcheux et désagréables, tels sont la colère, l'envie, la haine, le désir de se venger, l'impatience, l'indignation, le chagrin, l'amertume de cœur ; l'opiniâtreté, l'esprit de contention et autres semblables. Il y a des tentations, au contraire, qui flattent naturellement, et qui donnent une certaine satisfaction : telles sont les tentations qui regardent l'impureté, ou les plaisirs des sens : et parce que plus nous nous arrêtons à celles-là et plus elles nous attirent à elles : nous devons par cette raison même, ajoute le même Saint, ne les combattre qu'en fuyant, c'est-à-dire, en nous éloignant promptement des occasions qui pourraient nous abattre, et en détournant notre esprit et nos yeux de tout ce qui peut nous y rappeler. Mais à l'égard des premiers vices, il faut nécessairement nous attacher à y réfléchir, à les bien reconnaître et à les combattre, si nous voulons les vaincre : il faut en examiner la nature et la laideur : et cela se peut faire sans danger, parce qu'ils n'ont rien de contagieux : quoiqu'à l'égard de la colère et de la vengeance, il soit bon aussi, ajoute encore Saint Jean Climaque, de détourner la pensée de toutes les circonstances qui peuvent nous y exciter. En général, voici les règles que l'on doit suivre dans toutes sortes de tentations. La première que prescrivent les Maîtres de la morale chrétienne, c'est de les découvrir de bonne heure au Médecin spirituel : c'est le remède le plus efficace pour ces sortes de maladies. Un autre avertissement très-important pour le temps de la tentation, c'est qu'il faut bien prendre garde de se relâcher alors dans ses exercices spirituels, de les quitter, ou d'en retrancher la moindre partie : car quand la tentation ne nous ferait point d'autre mal que de nous porter à nous relâcher, le démon croirait avoir déjà beaucoup gagné, et s'estimerait bien content.
On doit encore, dans le temps de la tentation, se donner entièrement de garde de rien changer à sa conduite spirituelle, et de former aucune nouvelle résolution : le temps n'est pas propre. On ne peut distinguer aucun objet plongé dans l'eau, tant qu'elle est trouble ; laissez-la se reposer et s'éclaircir, et alors vous verrez les ordures qui se déposent au fond. L'agitation et le trouble que cause la tentation, ne vous permettent pas de voir, ni de reconnaître ce qui serait le plus expédient à pratiquer dans cette circonstance : Les maux m'ont environné, s'écrie David, et je n'ai pu rien voir. Ce n'est donc pas là le temps de délibérer, ni de prendre de nouvelles mesures pour se défendre : laissez passer l'orage de la tentation : et quand votre esprit sera dans une assiette plus tranquille, alors vous pourrez mieux connaître ce que vous aurez à faire de plus avantageux pour vous défendre.
Il faut au surplus, dans ces temps de tentation, être extrêmement soigneux de recourir aux remèdes que nous avons déjà marqués, et ne pas demeurer dans l'inaction.

(Abrégé de la Pratique de la Perfection Chrétienne)


Reportez-vous à Gémissements en la présence de Dieu et de ses Anges d'une âme éprouvée par les tentations, Prière pour demander à Dieu la victoire des tentations, Comment il faut se comporter dans les Tentations contre la foi et Contre la Pureté, Des Tentations qui se présentent à nous sous l'apparence du bien, Autres remèdes contre les Tentations, La prière est encore un puissant remède contre la Tentation : Prières courtes et ferventes dont on se peut servir dans le temps des Tentations, La défiance de soi-même et la confiance en Dieu, sont des moyens salutaires pour vaincre les Tentations, Ce qui peut surtout nous rassurer dans les Tentations, c'est que Dieu ne permet pas que nous soyons tentés au-dessus de nos forces, Remède contre les Tentations ; premièrement, il ne faut pas se décourager quand elles nous arrivent, Que les tentations sont une leçon salutaire, et pour nous et pour les autres, Les tentations servent à nous mieux faire connaître notre faiblesse, et à nous faire sentir le besoin de recourir à Dieu, Pourquoi Dieu permet que l'on soit tenté ; Avantages réels qui résultent de ces tentations, Que les uns sont tentés au commencement de leur conversion ; et les autres après leur retour à Dieu, Les Tentations sont inévitables en cette vie mortelle, Des tentations, Conduite à tenir à l'égard des tentationsDes tentations et des illusions, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Avis le plus utile de tous : Priez !, Aspiration dans les tentations, De quelques remèdes contre les tentations de l'impureté, et Quelques autres remèdes contre les tentations d'impureté.













dimanche 10 octobre 2021

Comment il faut se comporter dans les Tentations contre la foi et Contre la Pureté


Il y a des âmes simples, que les pensées contre la foi et contre la pureté jettent dans l'accablement : comme si ce qui se passe alors en elles, était une marque de réprobation, et une preuve que Dieu les eût abandonnés. Il est bon d'avertir ici que c'est une illusion et une erreur. Gerson rapporte à ce sujet, qu'un Solitaire, tourmenté de ces pensées affligeantes, fut vingt ans sans oser jamais les découvrir à personne, s'imaginant que l'état ou il se trouvait, était une disposition si affreuse et si horrible, qu'elle scandaliserait celui à qui il pourrait en faire la confidence. Enfin, après une épreuve si longue et si pénible, il se résolut de s'adresser a un de ses anciens ; et encore n'osa-t-il pas lui faire verbalement ce détail, mais par un écrit qu'il lui remit entre les mains. Le saint Vieillard, après l'avoir lu, se mit à sourire, et lui dit : Mon fils, mettez votre main sur ma tête. Le solitaire ayant obéi : Je prends sur moi votre péché continua le saint homme : ne vous en mettez plus désormais en peine. Comment, mon père, lui répliqua le Solitaire, il me semble que j'ai déjà un pied dans l'enfer, et vous me dites que je ne m'en mette point en peine ? Mais, mon fils, reprit le Vieillard, prenez-vous quelque délectation à ces sortes de pensées ? Le Solitaire ayant répondu qu'au contraire elles lui avaient toujours causé beaucoup de chagrin et de douleur.
Puisque cela est ainsi, répliqua l'homme de Dieu, c'est une marque que vous n'y avez nulle part, et que c'était le démon qui excitait en vous ces pensées pour vous porter au désespoir.
Écoutez-moi donc, mon fils, ajouta-t-il, et suivez mon conseil : Si ces sortes de pensées viennent encore vous importuner, dites au démon qui en est l'auteur : Malheur à toi, esprit d'orgueil et d'impureté! que tes impuretés et tes blasphèmes retombent sur toi! je ne veux point y participer ; je me tiens à ce que l'Église croit ; et je mourrais plutôt mille fois que d'offenser mon Dieu. Les paroles du saint Vieillard consolèrent et fortifièrent ce Solitaire, qu'il ne fut Plus attaqué dans la suite de pareilles tentations. Sur quoi il est à propos, pour l'instruction de ceux qui ont de la répugnance à découvrir ces sortes de tentations à leurs directeurs, de remarquer ici en passant, qu'il en coûte beaucoup plus de les tenir cachées, qu'il n'en coûte d'en faire l'aveu.
Voyons maintenant ce qu'il faut faire en de pareilles occasions ; car il y a des Chrétiens qui s'y prennent tout autrement qu'il ne faut. Quand ces sortes de pensées viennent à les tourmenter, Ils se pressent fortement les tempes avec les mains, froncent le sourcil, ferment les yeux ; et secouent la tête, comme pour leur dire qu'ils ne les laisseront point entrer : quelquefois même, s'ils ne parlent effectivement, ils croient n'avoir rien fait, et se persuadent d'y avoir consenti. Ils se font alors plus de mal par de pareils efforts et ces sortes de contentions, que la tentation même ne leur en pourrait faire.
Mais que faut-il donc pratiquer pour les vaincre ? Il n'est point question, disent les Maîtres de la vie spirituelle, de faire de grands efforts d'imagination, ni de se rompre la tête pour repousser ces tentations : il faut les mépriser et ne s'y point arrêter. Il en est de ces pensées, disent-ils, comme de ces petits chiens qui aboient après un homme qui passe : si cet homme continue son chemin, sans se mettre en peine de les chasser, ils cessent bientôt de crier ; mais s'il s'amuse à les vouloir éloigner, ils se mettent alors à redoubler leurs aboiements et à le poursuivre. On peut encore faire comme un homme qui marche dans un chemin où le vent souffle, et lui porte la poussière au visage : cet homme ferme alors les yeux, et poursuit promptement sa route, sans s'embarrasser ni du vent ni de la poussière. En un mot, le remède contre ces sortes de pensées, et le moyen d'en être promptement délivré, est de ne s'en pas inquiéter. Il y a même plus (et cela doit bien engager ceux qui en sont attaqués à se servir de ce remède, et à leur mettre l'esprit en repos), c'est disent les Saints, que plus ces tentations semblent horribles et détestables, moins il les faut craindre ; parce qu'elles sont déjà moins dangereuses par l'horreur qu'elles inspirent.
Le combat contre les tentations, dit Saint Bernard, est un combat pénible, mais il est utile ; car la récompense y est proportionnée à la peine, et le sentiment qu'elles causent ne peut nuire, si l'on n'y donne son consentement : et, au contraire : plus la résistance est pénible, plus la récompense qui nous est promise est grande. Blosius est du même avis : il assure qu'une pensée de vaine complaisance de soi-même, où l'on se laisse aller une seule fois, est plus désagréable à Dieu que les pensées les plus honteuses qui nous attaquent, mais auxquelles on ne consent point. Il ne faut donc ni s'en affliger, ni s'en mettre en peine, et regarder ces tentations comme si elles se passaient hors de nous.
Les Directeurs les plus expérimentés dans la conduite des âmes, donnent encore un avis très sage sur cette matière, c'est, disent-ils, qu'il est dangereux de trop craindre ces sortes de tentations, et de s'en trop inquiéter : parce que cette crainte ne sert qu'à les augmenter, et leur donner plus de force par l'attention que l'on y porte.
J'ajoute un dernier préservatif qui nous est extrêmement recommandé par les Saints, et qui peut servir de remède général contre toutes les tentations intérieures : c'est que, quand il se présente à l'esprit quelque mauvaise pensée, il faut essayer de s'en distraire, en portant aussitôt son attention sur quelque autre objet : telle est la considération de la mort et des souffrances de Jésus-Christ, ou sur quelqu'une des vérités effrayantes de la Religion. Au reste, il ne faut pas employer, pour cela de grands efforts d'imagination, ni se donner la torture à l'esprit : mais il faut seulement faire en sorte d'éviter adroitement le coup que le démon nous porte, et parer cette attaque avec quelque bonne pensée, ou quelque utile occupation. Les uns, pour cet effet, cherchent un asile dans les plaies de Jésus-Christ, et principalement dans celle de son sacré côté, ils se retirent en esprit dans les trous de cette pierre, et dans les ruines de cette muraille : les autres ont recours à la méditation salutaire de la mort et de l'enfer, et disent avec Job : « Qui m'accordera, Seigneur, que vous me protégiez contre les attaques de l'enfer, et que vous me cachiez jusqu'à ce que votre fureur soit passée ? » Que chacun s'attache donc à ce qu'il connaîtra lui être le plus utile, et qui lui paraîtra le plus propre à faire ces sortes de diversions contre l'ennemi du salut ; et lorsqu'il aura trouvé un sujet frappant de méditation, qu'il fasse tous ses efforts pour le bien approfondir et le bien pénétrer, afin que dans le besoin il puisse y avoir recours, et y trouver un rempart assuré contre les attaques de l'ennemi de son salut.

(Abrégé de la Pratique de la Perfection Chrétienne)


Reportez-vous à Prière pour demander à Dieu la victoire des tentations, Gémissements en la présence de Dieu et de ses Anges d'une âme éprouvée par les tentations, Autre prière pour demander la pureté de l'âme et du corps, Qu'il faut se conduire différemment, selon la différence des Tentations dont on est attaqué, Des Tentations qui se présentent à nous sous l'apparence du bien, Autres remèdes contre les Tentations, La prière est encore un puissant remède contre la Tentation : Prières courtes et ferventes dont on se peut servir dans le temps des Tentations, La défiance de soi-même et la confiance en Dieu, sont des moyens salutaires pour vaincre les Tentations, Ce qui peut surtout nous rassurer dans les Tentations, c'est que Dieu ne permet pas que nous soyons tentés au-dessus de nos forces, Remède contre les Tentations ; premièrement, il ne faut pas se décourager quand elles nous arrivent, Que les tentations sont une leçon salutaire, et pour nous et pour les autres, Les tentations servent à nous mieux faire connaître notre faiblesse, et à nous faire sentir le besoin de recourir à Dieu, Pourquoi Dieu permet que l'on soit tenté ; Avantages réels qui résultent de ces tentations, Que les uns sont tentés au commencement de leur conversion ; et les autres après leur retour à Dieu, Les Tentations sont inévitables en cette vie mortelle, Des tentations, Conduite à tenir à l'égard des tentationsDes tentations et des illusions, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Avis le plus utile de tous : Priez !, Aspiration dans les tentations, De quelques remèdes contre les tentations de l'impureté, et Quelques autres remèdes contre les tentations d'impureté.














samedi 9 octobre 2021

Des Tentations qui se présentent à nous sous l'apparence du bien



Saint Bonaventure nous donne un avertissement bien essentiel touchant les tentations. Prenez garde, dit-il, que le démon se déguise quelquefois en Ange de lumière, et qu'il se sert des apparences du bien pour séduire les serviteurs de Dieu. On peut mêler le poison dans une liqueur agréable, dit Saint Jérôme, et l'hameçon est ordinairement caché sous un appât. C'est ainsi que le démon en use : Il tend secrètement un piège dans la voie où marchent les serviteurs de Dieu : s'il les attaquait ouvertement, et en leur montrant le vice à découvert, il les effaroucherait sans doute, et ne gagnerait rien avec eux. Les bons, remarque judicieusement Saint Bernard, ne sont jamais tombés que par l'apparence du bien. Le démon est subtil et adroit, il sait par où il doit attaquer chacun de ceux qu'il tente. Ainsi, pour parvenir plus sûrement à son but, il use de déguisement avec les gens de bien ; il
commence premièrement, reprend Saint Bonaventure, par leur proposer des choses qui sont bonnes en elles-mêmes : il y en mêle ensuite de mauvaises ; après sous l'apparence d'un faux bien, il leur présente des maux véritables : enfin, quand il les voit tellement engagés dans ses filets, que difficilement ils s'en pourraient dégager, il les attaque alors à découvert, et les fait bientôt tomber dans des péchés manifestes. Combien a-t-on vu de liaisons, continue Saint Bonaventure, qui paraissent saintes d'abord, qui l'étaient peut-être en effet, et dans lesquelles on s'imaginait ne rechercher que Dieu, et que l'avancement dans la perfection ! Ce n'était cependant qu'un artifice du démon, comme la suite de ces liaisons funestes l'a bien fait connaître : Nous n'ignorons plus ses desseins, dit Saint Paul. Cette liaison, que l'ennemi du salut nous propose de faire, est d'abord innocente de part et d'autre : le motif même en paraît saint : on ne parle, dans les premières conversations que de Dieu : mais ensuite, comme on se recherche avec empressement, qu'on se voit plus souvent, on mêle sensiblement d'autres intérêts dans les longues conversations qu'on a ensemble : on s'y entretient des sentiments d'amitié qu'on ressent l'un pour l'autre : on cherche à s'en donner des assurances mutuelles, à les confirmer par de petits présents réciproques, et par mille autres marques qu'une amitié sainte ne connaît point. C'est alors que le démon commence à mêler de mauvaises pensées aux bonnes, et à porter au mal, sous l'apparence trompeuse du bien : et c'est ainsi que dans ces sortes de liaisons, et en plusieurs autres circonstances, il séduit une infinité de personnes, et cache artificieusement, sous le masque de la vertu, ce qu'il y a de dangereux et de criminel dans ce qu'il suggère.

(Abrégé de la Pratique de la Perfection Chrétienne)


Reportez-vous à Gémissements en la présence de Dieu et de ses Anges d'une âme éprouvée par les tentations, Prière pour demander à Dieu la victoire des tentations, Comment il faut se comporter dans les Tentations contre la foi et Contre la Pureté, Autres remèdes contre les Tentations, La prière est encore un puissant remède contre la Tentation : Prières courtes et ferventes dont on se peut servir dans le temps des Tentations, La défiance de soi-même et la confiance en Dieu, sont des moyens salutaires pour vaincre les Tentations, Ce qui peut surtout nous rassurer dans les Tentations, c'est que Dieu ne permet pas que nous soyons tentés au-dessus de nos forces, Remède contre les Tentations ; premièrement, il ne faut pas se décourager quand elles nous arrivent, Que les tentations sont une leçon salutaire, et pour nous et pour les autres, Les tentations servent à nous mieux faire connaître notre faiblesse, et à nous faire sentir le besoin de recourir à Dieu, Pourquoi Dieu permet que l'on soit tenté ; Avantages réels qui résultent de ces tentations, Que les uns sont tentés au commencement de leur conversion ; et les autres après leur retour à Dieu, Les Tentations sont inévitables en cette vie mortelle, Des tentations, Conduite à tenir à l'égard des tentationsDes tentations et des illusions, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Avis le plus utile de tous : Priez !, Aspiration dans les tentations, De quelques remèdes contre les tentations de l'impureté, et Quelques autres remèdes contre les tentations d'impureté.













vendredi 8 octobre 2021

Saint Michel, ange protecteur de l'Église



Pour bien faire comprendre ce que nous avons à dire sur cette mission de l'Archange, il faut dire ce que nous devons entendre par ce mot Église.
L'Église, prise dans le sens le plus large de ce mot, est la société de Dieu avec les anges et les hommes fidèles. Les anges furent les premiers appelés. Créés bons, mais libres, Dieu les mit à l'épreuve. Un moment il y eut schisme et hérésie dans le ciel ; mais saint Michel, nous l'avons vu, raffermit les bons, et, par l'ordre de Dieu, précipita les mauvais au fond de l'abîme. L'Église du ciel était sauvée.
Pour remplir la place des esprits déchus, l'Éternel créa l'homme ; mais, sur la terre comme dans le ciel, la lutte devait exister entre le bien et le mal. C'était encore à saint Michel de se faire le défenseur des fidèles adorateurs de Dieu ; c'est la tâche à laquelle le grand Archange travaille depuis le commencement avec un zèle qui ne s'est jamais démenti à quelque époque que l'on considère l'Église, soit au temps des patriarches, soit sous la loi écrite, soit sous la loi de grâce.
Essayons d'en faire ressortir les principaux traits à l'aide des principes que nous avons posés dans le chapitre précédent.
« Jéhovah, Dieu, dit l'Écriture, prit l'homme, » qu'il venait de créer, « et le plaça dans le jardin de l'Éden. » Les Pères et les commentateurs (Saint Ambroise, Rupert, Corneille de la Pierre, etc.) expliquent le mot tulit du texte sacré, en disant que Dieu se servit en cette circonstance du ministère de son ange, saint Michel. Il convenait, en effet, que celui qui devait être investi plus tard de l'honorable charge d'introduire dans le ciel les âmes des saints, fit entrer le père du genre humain dans le paradis de la terre, figure de celui que nous attendons.
En introduisant l'homme dans ce délicieux séjour, l'ange de Dieu lui fit connaître la sublime fin pour laquelle il avait été créé ; au nom de Jéhovah, il lui donna des préceptes et le fit hériter d'une loi de vie ; il établit avec lui une alliance éternelle, et lui apprit ses jugements (Ecclesiasti., XVII).
Créé dans un état de sainteté, de justice et d'innocence, l'homme était parfait selon la nature et la grâce. Dieu se plaisait avec lui. Il députait son ange, lequel sous une forme humaine (Corneille de la Pierre), « venait se promener sous les berceaux parfumés de l'Éden ».
Mais le souffleur de crimes veillait, et préparait contre son premier vainqueur une éclatante revanche en lui enlevant son protégé, dont il allait faire un révolté et un apostat. Tout le monde connaît cette page de la tentation où se révèle toute la perfidie du serpent infernal. Hélas ! l'homme fut le trop facile auxiliaire de Satan ! C'en était fait de cette nouvelle créature. Il lui restait une planche de salut : c'était la confession avec le repentir. S'il la refusait, comme Lucifer après son crime (c’est une croyance assez commune que l'ange put se repentir après son péché) ; celui-ci comptait une victoire contre Dieu et son ange. Mais voici Michel : il représente à l'homme la grandeur de sa faute ; il lui en fait faire la confession et lui en suggère le repentir ; puis il lui propose comme moyen de salut ce grand mystère de l'Incarnation, mystère qui a révolté l'orgueil de Lucifer, et qui sera encore pour le genre humain de tous les siècles, selon que celui-ci l'admettra ou le rejettera, le principe du salut ou de la damnation. Adam écouta son Dieu lui parlant par son ange tutélaire, et saint Michel, dans la joie du triomphe qu'il venait de remporter en ramenant l'homme sous le drapeau du devoir, fit entendre au serpent infernal cette sentence prophétique qu'un jour cette femme dont il avait tramé la perte, lui broierait la tête sous son pieds victorieux (« Pantaléon cité par Herius et d'autres, enseignent unanimement que ces paroles furent prononcées par saint Michel, au nom de Dieu, comme dans les autres apparitions, soit sous la loi naturelle, soit sous la loi écrite, dont l'Écriture sainte fait mention, » Justin de Miechow dit : « L'Archange Michel était représentant et mandataire de Dieu dans cette affaire de la plus haute importance. » Litanies, III, p. 238).
À mesure que le genre humain se multiplie, il est facile de constater l'antagonisme du bien et du mal dont Abel et Caïn sont la figure. Celui-ci tue celui-là, et l'homicide est introduit et règne dans le monde (Genèse, ch. III). Bientôt encore le démon de l'impudicité séduit un si grand nombre, qu'il ne reste plus qu'une seule famille parmi « les enfants de Dieu » (Genèse, ch. VI). Il semble bien, cette fois, que le grand Dragon triomphera de dieu et de son ange, puisque Dieu lui-même, à la vue de la corruption générale, de la révolte universelle contre ses saintes lois, se repent d'avoir créé l'homme (Genèse, ch. VI). Mais le moment même où Satan croit régner en maître sur la terre, est celui de sa ruine ; l'épée de saint Michel, prompte comme la foudre, a frappé ces innombrables multitudes et les a précipitées au fond de l'abîme, et la terre, lavée par le déluge des crimes abominables qui l'avaient souillée, reçoit l'unique famille qui ait été trouvée juste et qui est appelée à lui donner de nouveaux habitants (Genèse, ch. VIII et IX).
À peine les enfants de Noé étaient-ils sortis de l'arche, à peine commençaient-ils à former un peuple, que le démon de l'orgueil les soulevait contre le Créateur. Saint Michel , par l'ordre divin, vint humilier ces superbes, et les dispersa aux quatre vents du ciel (Genèse, ch. XI) ; en même temps, il envoyait ses anges (Zacharie, ch. I) pour les protéger contre les esprits mauvais, pour conserver parmi eux la connaissance du vrai Dieu, et les conduire à l'exécution du plan divin (nous avons expliqué dans un autre ouvrage le rôle des anges gardiens des nations).
Pour lui, réservait la protection spéciale d'une famille, laquelle devait grandir sous son patronage et former le peuple de Dieu. Nous le voyons intervenir d'une manière visible. Il va chercher le chef de ce peuple, lui impose un nom qui restera en honneur jusque dans la postérité la plus reculée (Genèse, ch. XII), et le conduit dans la terre qu'il veut lui donner pour toujours à lui et à ses descendants (Genèse, ch. XIII). « Je ferai sortir de toi un grand peuple, » lui dit-il. Plusieurs fois, il lui renouvelle cette promesse : « Lève les yeux au ciel, et compte les étoiles, si tu peux. Ainsi se multipliera ta race (Genèse, ch. XV) », la race des enfants de l'Église. C'est à cette célèbre prophétie que l'Église fait allusion lorsqu'elle chante à la messe des morts : Signifer Sanctus Michaël repraesentet eas in lucem sanctam, quam olim Abrahae promisisti et semini ejus (Offertoire). Que le porte-étendard saint Michel, conduise ces âmes dans la lumière sainte que vous avez promise autrefois à Abraham et à sa race (cette remarque est de Cornelius a lapide).
Malgré des promesses tant de fois réitérées, Sara, épouse d'Abraham, était stérile et de plus arrivée à un âge où elle paraissait ne plus pouvoir devenir féconde. Un jour, trois anges sous la figure de trois jeunes hommes descendent dans la vallée de Manbré. Abraham leur offre une généreuse hospitalité, et les traite avec la bonté la plus touchante. Alors l'archange Michel (Les Hébreux donnent le nom de Michel à celui des trois jeunes gens qui paraissait le plus remarquable. Les deux autres, disent-ils, s'appellent Gabriel et Raphaël. Les célèbres commentateurs Lyra, Tosta et Corneille de la Pierre admettent ce sentiment), celui des trois qui paraît le plus grand, s'adressant à Abraham : « Dans un an, lui dit-il, je reviendrai vous voir, et Sara, votre femme, aura un fils (Genèse, ch. XVIII). » L'événement justifia la promesse.
Avec quelle sollicitude il veilla sur les enfants de ce grand patriarche, sur Jacob, par exemple ! Il lui apparaît pendant son sommeil sur la route de Haran, lui renouvelle les promesses faites à son aïeul Abraham, et il ajoute : « Je serai votre protecteur partout où vous irez, je vous ramènerai et ne vous quitterai point que je n'aie accompli tout ce que j'ai dit (Genèse, ch. XXVIII). » Il fallait en effet à Jacob une protection spéciale, car Satan qui voyait en lui le père de tout un peuple que Dieu s'était choisi, et auquel il avait fait les plus magnifiques promesses, devait l'attaquer avec une haine particulière. Aussi, voyons-nous d'après le récit de l'Écriture, les obstacles se multiplier devant Jacob. Mais celui-ci triomphe de tout avec la protection de son Ange (voir dans la Genèse depuis le ch. XXIX jusqu'au ch. XXXII toutes les persécutions auxquelles Jacob est en bute).
Remarquons en passant un texte qui nous démontre de la manière la plus claire que c'était toujours par l'intermédiaire d'un ange que Dieu apparaissait aux patriarches et leur donnait ses ordres. Jacob raconte qu'il a vu en songe l'ANGE DE DIEU. Jacob, me dit-il ? — Me voici, répondis-je. — Je suis le dieu de Bethel — c'est l'ange qui parle, et qui s'appelle le Dieu de Bethel — où vous avez oint la pierre et où vous m'avez fait un vœu. Sortez donc promptement de cette terre, et retournez au pays de votre naissance (Genèse, ch. XXXI), car je vous protégerai. » Jacob obéit.
Et voici « les anges de Dieu qui viennent à sa rencontre (Genèse, ch. XXXII) comme pour lui dire de ne rien craindre de la part de son frère, lequel vient en ennemi. Saint Michel est à leur tête, disent les saints pères (Saint Athanase, saint Basile, etc.). Bientôt les armes tombent des mains d'Esaü, et les deux frères se réconcilient.
Ce grand patriarche, couché sur son lit de mort, proclama les services de son puissant protecteur et le pria de les continuer à ses petits-fils. « Que l'ange qui m'a délivré de tous maux, dit-il en élevant sur eux ses mains défaillantes, bénisse ces enfants (Genèse, ch. XLVIII). »
Saint Michel entendit cette prière, et se montra toujours le zélé protecteur des fils de celui auquel il avait donné le nom d'Israël.

(Saint Michel Archange, Protecteur de l’Église et de la France, Sa lutte avec Lucifer dans le passé, le présent et l'avenir, ses apparitions et son culte, Abbé Eugène Soyer, 1879)


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Jean-Joseph Surin : Quels exercices de piété prescrivez-vous à l'honneur des Anges ?Méditation pour le 1er septembre, Les Saints Anges Gardiens, Consécration à tous les Saints Anges, Prières à tous les Saints Anges, Oraison aux neuf Chœurs des saints Anges, Travailler à la conversion des âmes et à leur soulagement dans les flammes du Purgatoire, en l'honneur des saints Anges, Pratiquer quelque vertu, ou s'abstenir de quelque vice en l'honneur des Saints Anges, Avoir une grande confiance en la protection des saints Anges, et recourir à eux en tous ses besoins corporels et spirituels, Autres pratiques pour honorer plus spécialement les saints Anges, et célébrer les fêtes avec tous les respects possibles, Faire des neuvaines en l'honneur des neuf Chœurs des Anges, Chapelet du Saint Ange gardien, Converser intérieurement avec les saints Anges, Jésus crucifié est le Livre des Élus, La réalité des apparitions angéliques, Avoir une dévotion singulière aux Anges, Archanges et Principautés, Honorer principalement les Puissances, les Vertus et les Dominations, Avoir de profonds respects, et des amours extraordinaires pour les Trônes, les Chérubins et les Séraphins, La protection des saints Anges contre les démons, particulièrement au sujet de leurs différentes tentations, Litanies de l'Ange Gardien, Et Michel et ses anges combattaient contre le Dragon, La puissance des démons réglée par la sagesse divine, Discernement des esprits : ce qu'on entend par esprits, combien on en compte et comment ils se forment, Tous les hommes sont assistés des Saints Anges, Les Saints Anges nous assistent dans les choses temporelles, Les perfections admirables de ces sublimes intelligences, Les Saints Anges font tout ce qui peut se faire pour le bien des hommes, Litanie aux Saints Anges Gardiens, Discernement des esprits, et Les Anges, princes et gouverneurs de la grande cité du bien.















jeudi 7 octobre 2021

Autres remèdes contre les Tentations : Examiner scrupuleusement quel est l'endroit de notre âme le plus faible, recourir à ce qui est de plus contraire à la tentation, s'occuper toujours à quelque travail utile...



Saint Bernard remarque que, quand le démon nous veut séduire, il examine auparavant notre tempérament, notre caractère et nos inclinations : et qu'il nous attaque toujours par les choses où il voit que nous avons le plus de penchant. Ceux qui sont d'un naturel doux et susceptible des impressions du plaisir et de la joie, il les attaque par des images d'impureté et des sentiments de vanité : ceux qu'il reconnaît être d'un caractère dur et austère, il les combat par des mouvements continuels de colère, de dépit, d'orgueil, d'indignation et d'impatience. Ce que nous devons opposer à ses artifices, c'est d'examiner scrupuleusement quel est l'endroit de notre âme le plus faible et le plus dépourvu de défense ; c'est-à-dire quelles sont les choses à quoi l'inclination naturelle, ou la passion, ou l'habitude nous portent le plus ordinairement, et d'employer tous nos soins à fortifier le côté le plus faible, et où nous voyons qu'il y a le plus à craindre pour nous.
Les maîtres de la vie spirituelle, proposent un autre remède assez semblable à celui que prescrit Saint Bernard. Ils disent que la maxime générale, pour se défendre d'une tentation, est de recourir aussitôt à ce qu'elle a de plus contraire.
Un excellent remède que les Saints nous proposent encore, et que l'on peut regarder comme un remède général et très-salutaire, c'est de résister fortement aux tentations dès leurs premières attaques. « Pendant que votre ennemi, dit Saint Jérôme, est encore petit et faible, tuez-le, étouffez-le dans sa naissance : si vous le laissez croître et fortifier, peut-être ne serez-vous plus alors en état de lui résister. » La tentation est comme une étincelle de feu, qui peut causer un grand embrasement, si l'on ne se hâte de l'éteindre. Résistez au mal dès le commencement, disait un ancien Poète ; lorsqu'on l'a laissé invétérer, le remède arrive trop tard.
C'est encore un très-bon remède contre les tentations, que de s'occuper toujours à quelque travail utile. Cassien remarque que les Solitaires de son temps enseignaient à leurs disciples, et pratiquaient eux-mêmes soigneusement cette maxime qu'ils tenaient de leurs anciens : Que le démon vous trouve toujours occupé. C'est un moyen que Dieu lui-même enseigna à Saint Antoine, pour le mettre en état de persévérer dans la vie solitaire, et se défendre de diverses tentations qui en sont comme inséparables. Un jour ce saint Solitaire se plaignant des tentations qu'il éprouvait dans le temps de ses prières, il disait à Dieu : Seigneur, que ferai-je ? Je voudrais être meilleur que je ne suis, et ne penser jamais qu'à vous : mais une multitude d'autres pensées me troublent, et entraînent mon imagination après elles. Il entendit alors une voix qui lui dit : Antoine, si vous voulez plaire à Dieu, priez : et lorsque vous ne pourrez plus vaquer à la prière, travaillez de vos mains, et occupez-vous toujours à quelque chose : faites de votre côté ce que vous pourrez, et le secours d'en-haut ne vous manquera pas.

(Abrégé de la Pratique de la Perfection Chrétienne)


Reportez-vous à Prière pour demander à Dieu la victoire des tentations, Des Tentations qui se présentent à nous sous l'apparence du bien, La prière est encore un puissant remède contre la Tentation : Prières courtes et ferventes dont on se peut servir dans le temps des Tentations, La défiance de soi-même et la confiance en Dieu, sont des moyens salutaires pour vaincre les Tentations, Ce qui peut surtout nous rassurer dans les Tentations, c'est que Dieu ne permet pas que nous soyons tentés au-dessus de nos forces, Remède contre les Tentations ; premièrement, il ne faut pas se décourager quand elles nous arrivent, Que les tentations sont une leçon salutaire, et pour nous et pour les autres, Les tentations servent à nous mieux faire connaître notre faiblesse, et à nous faire sentir le besoin de recourir à Dieu, Pourquoi Dieu permet que l'on soit tenté ; Avantages réels qui résultent de ces tentations, Que les uns sont tentés au commencement de leur conversion ; et les autres après leur retour à Dieu, Les Tentations sont inévitables en cette vie mortelle, Des tentations, Conduite à tenir à l'égard des tentationsDes tentations et des illusions, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Avis le plus utile de tous : Priez !, Aspiration dans les tentations, De quelques remèdes contre les tentations de l'impureté, et Quelques autres remèdes contre les tentations d'impureté.