vendredi 9 juin 2017

Le retour du règne de Satan par la négation du dogme de l'Incarnation



Extrait de "Traité du Saint-Esprit" de Mgr Gaume :


Satan parle au Conseil de l'Enfer (Gustave Doré)
Qu'est-ce que la révolution ? sinon Dieu en bas, et Satan en haut. Or, par la bouche d'un de ses fils, parlant à ses frères répandus aux quatre vents, la révolution disait naguère : « Lucifer est le chef de la pyramide sociale. C'est lui qui est le premier ouvrier, le premier martyr, le premier révolté, le premier révolutionnaire. Nous révolutionnaires, démocrates, socialistes, nous devons par respect et par gratitude porter sur notre drapeau, l'image chérie de l'héroïque insurgé, qui le premier osa se révolter contre la tyrannie de Dieu (Discours d'un réfugié de Londres, prononcé à la taverne des Francs-Maçons, 1862). »

Le Verbe incarné est Roi, il est Dieu. À ce double titre lui appartiennent les hommages et les adorations du genre humain. Ennemi implacable du Verbe, Satan veut à tout prix se substituer à lui, et comme Roi et comme Dieu. Tel est le but final qu'il a toujours ambitionné, qu'il a obtenu dans l'ancien monde, et qu'il obtient encore chez toutes les nations étrangères au christianisme. L'histoire dépose de ce fait, aussi ancien que la race humaine.

Pour le réaliser dans l'antiquité, il avait répandu trois grandes erreurs qui enveloppaient la terre entière : c'était le panthéisme, le matérialisme et le rationalisme. Ancrées dans les têtes, ces trois erreurs supplantaient radicalement le Verbe rédempteur, dont l'incarnation devenait, par le fait, impossible ou incroyable. Le terrain ainsi préparé, Satan montait de plain-pied sur les trônes et sur les autels. La raison en est simple : L'homme ne peut se passer ni d'un maître ni d'un dieu. Créé pour obéir et pour adorer, il faut, quoi qu'il fasse, qu'il obéisse et qu'il adore. Jésus-Christ Dieu et Roi, ou Satan Dieu et Roi : l'alternative est impitoyable.

Or, si l'on soumet à l'analyse les erreurs dominantes dans l'Europe moderne, on découvre sans peine qu'elles se réduisent aux trois systèmes anciens : le panthéisme, le matérialisme et le rationalisme. Aujourd'hui, comme dans l'antiquité, leur dernier mot est l'anéantissement du dogme de l'incarnation. Si tout est Dieu, point d'incarnation ; si tout est matière, point d'incarnation ; si toute vérité est renfermée dans les limites de la raison, point de mystères, partant point d'incarnation.

Est-il besoin de dire que la négation directe de ce dogme fondamental refleurit parmi nous, avec un luxe d'audacieuse ignorance inconnu depuis l'Évangile ? Faut-il ajouter qu'elle est accueillie avec une ardeur, dont le spectacle fait monter la rougeur au front et remplit l'âme d'épouvante ? C'est un signe des temps. Sans l'élément catholique, qui lutte encore pour maintenir sur son piédestal divin la personne du Verbe incarné, le monde actuel retomberait dans les conditions du monde ancien. Plus cet élément s'affaiblit, plus s'aplanit la voie au retour du démon sur ses antiques autels. La raison le dit et l'histoire le confirme : à l'homme d'aujourd'hui aussi bien qu'à l'homme d'autrefois, il faut un Dieu : détrôner le Verbe, c'est introniser Satan.

À la vue de l'Europe tournant le dos au christianisme, une pareille chute était facile à prévoir. Elle a été prévue, annoncée, démontrée, il y a plus de vingt ans ; mais les voyants furent traités de rêveurs. Au dix-neuvième siècle, le monde retournera au paganisme ! Insensé qui le dit, stupide qui le croit. Cependant, le paganisme, dans ses éléments constitutifs, continuait d'envahir la société : c'était déjà le paganisme même. Pour paganiser les âmes, il n'est pas besoin d'idoles matérielles. Le monde était païen avant que la main de l'homme offrît à ses adorations des dieux de marbre ou de bronze. Le paganisme, c'est la négation du Verbe incarné et du surnaturel divin ; et, comme conséquence inévitable, l'adoration de ce qui n'est pas le vrai Dieu, de ce qui n'est pas le vrai surnaturel. Or, adorer ce qui n'est pas le vrai Dieu, c'est adorer un dieu faux, c'est adorer Satan, c'est être païen. « Que l'objet de l'idolâtrie, dit Tertullien, revête, ou non, une forme plastique, ce n'est pas moins l'idolâtrie. »

Comme l'âme appelle le corps, le culte intérieur appelle le culte extérieur. Dans l'antiquité, Satan jouissait de l'un et de l'autre : il en jouit encore chez les nations idolâtres. Or, Satan ne change ni ne vieillit. Ce qu'il fut, il veut l'être ; ce qu'il eut, il veut l'avoir. Il le veut d'autant plus que les oracles, les évocations, les apparitions, les guérisons, les prestiges étaient son principal instrument de règne et une partie intégrante de sa religion. Il était donc infaillible que, tôt ou tard, il reviendrait avec tout ce cortège de pratiques victorieuses, habilement modifiées suivant les temps et les personnes. Ainsi parlait la logique, qui attendait avec confiance, disons mieux, avec terreur, la confirmation de ses raisonnements. Le monde en était là, lorsque, chez le peuple le plus rationaliste du globe, se manifestent mille phénomènes étranges, attribués à des agents surnaturels, et dont l'ensemble a pris le nom de Spiritisme ou Religion des esprits.




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