samedi 10 juin 2017

Méditation pour le Samedi après la Pentecôte : Jour de ferveur





Modestie (William-Adolphe Bouguereau)



LE SAMEDI APRÈS LA PENTECÔTE

Jour de ferveur


PRATIQUE

Soyez aujourd'hui tout de feu, parce que, dit l'apôtre Saint Paul, vous servez le Seigneur (Rom. 12). Prosternez-vous au pied du trône de Dieu, qui est un trône de flammes et de feu, et gémissez sur vos langueurs passées, pour lesquelles vous vous imposerez quelque mortification secrète, et demandez au Saint-Esprit, par de fréquentes oraisons jaculatoires, la ferveur du divin amour.


MÉDITATION

1er point. Le Saint-Esprit, en descendant sur les apôtres, les embrasa d'une ferveur si grande et si extraordinaire, que les Juifs, gens grossiers, ne savaient qu'en penser, et allaient jusqu'à dire qu'ils étaient ivres. Heureuse ivresse de l'amour de Dieu, dit saint Augustin (L. de Trinit.), qui ne fait pas tomber le corps, mais qui le consacre et le soutient ; ivresse sublime, qui n'aliène l'esprit de l'homme que pour détruire et pour absorber en lui tout ce qu'il a contracté de grossier et de terrestre par le corps de chair auquel il est attaché, et qui le fait passer dans un ordre supérieur à l'humanité, puisqu'elle le rend digne de participer à l'esprit de Dieu qui est un esprit de ferveur.
La ferveur, disent les Pères, est un mouvement surnaturel de l'âme qui tend incessamment à s'unir à Dieu par amour, et qui ne peut rien souffrir, entre son cœur et celui de Dieu, qui empêche une parfaite union ; c'est un feu divin qui embrase l'âme et lui fait entreprendre et exécuter tout ce que Dieu lui ordonne pour sa gloire, sans jamais se relâcher ni se décourager, quelque chose qui lui arrive. Examinez sérieusement si vous possédez cette vertu.

2e point. Une âme, disent les Pères, qui a reçu cet esprit de ferveur est tout à Dieu ; tout ce qu'elle pense, désire, dit et fait, se sent de cette ardeur dont elle est embrasée. Sa mémoire n'est occupée que de ce qu'elle aime ; son cœur, tout brûlant de cette divine flamme, n'est attentif qu'à multiplier les actes de son amour ; tout sentiment contraire ou étranger lui est un supplice, et son âme tout entière est tellement unie à son Dieu, que, semblable à Saint Paul (Rom. 2), elle défie toutes les créatures de l'en séparer.
Rien de ce qu'elle voit dans le monde n'est capable de la toucher ; toujours sur ses gardes, de peur que le moindre sentiment imparfait, la moindre parole indiscrète, ne lui échappent, elle ne se pardonne pas même un regard curieux sur les créatures, s'il n'est dirigé vers le Dieu qu'elle aime, tant elle craint de lui déplaire dans les moindres choses.
Elle gémit avec Saint-Paul (Rom. 6) d'être encore sur la terre ; son exil lui est à charge, mais ses désirs enflammés la portent sans cesse vers le ciel. Quelle marche ! dit saint Bernard : ou qu'elle garde le silence, qu'elle agisse ou qu'elle se repose, elle ne s'éloigne jamais de la présence amoureuse de son Dieu ; si elle prie, ses prières sont autant de flèches rapides et embrasées qui pénètrent jusqu'au cœur de Dieu. Ardente, fidèle, constante, inébranlable dans l'ardeur de son amour, elle ne change jamais que pour croître en ferveur, et elle trouve toujours dans son cœur de nouvelles ardeurs. Fasse le ciel que vous ressembliez à ce portrait !


SENTIMENTS

Esprit d'amour et de ferveur, j'implore votre divine miséricorde, et je reconnais que je suis un ingrat et un infidèle. Donnez, Seigneur, de vrais gémissements à mon cœur, et des larmes à mes yeux pour pleurer ma lâcheté et mon ingratitude : je veux les expier et les réparer pendant toute ma vie. Détachez du trône céleste que vous occupez, ô Esprit d'amour, une de ces langues de feu qui descendirent sur les apôtres, pour fondre toute la glace de mon cœur et l'embraser de ferveur, ou plutôt descendez vous-même, et venez faire de mon cœur un trône digne de vous : alors il ne respirera que les flammes de votre divin amour.


FRUIT DU SAINT-ESPRIT

La modestie


La modestie est une vertu angélique qui règle tous les mouvements extérieurs du corps et toutes ses démarches ; qui contient dans les bornes de la sagesse tous les excès de joie, qui se modère dans les divertissements les plus permis ; elle pèse toutes les paroles au poids du sanctuaire ; comme elle ne cherche que les yeux de Dieu, elle n'a garde de donner dans l'excès des parures ni de s'habiller pour attirer les yeux des hommes.
De plus, la modestie édifie le prochain en toutes choses : elle est la gardienne fidèle de la chasteté, l'amie et la compagne inséparable de la présence de Dieu, qui en est l'âme et le motif, selon ces paroles de l'apôtre : Que votre modestie soit connue à tous les hommes, car le Seigneur est proche. Demandez-la au Saint-Esprit, et nourrissez votre âme de ce fruit, un des plus beaux et des plus agréables, parce que non seulement il orne le corps, mais aussi parce qu'il nourrit et embellit l'âme.




Voir Redonner le modèle de la femme.


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