jeudi 6 mai 2021

ABRÉGÉ DU CATÉCHISME DE PERSÉVÉRANCE, PREMIÈRE PARTIE, Leçon XLV : Le Messie préparé, Monarchie des Assyriens


ABRÉGÉ DU CATÉCHISME DE PERSÉVÉRANCE


PREMIÈRE PARTIE


Contenant l'histoire et l'explication de la religion


XLVe LEÇON


LE MESSIE PRÉPARÉ

MONARCHIE DES ASSYRIENS

(AV. J.-C. 900-460)


Holopherne interroge Achior de la force de l'armée d'Israël

Q. Qu'entendez-vous en disant que le Messie a été préparé ?
R. En disant que le Messie a été préparé, on entend que la Providence a fait concourir tous les événements du monde à la gloire du Messie et à l'établissement de son règne, qui est l'Évangile.

Q. Comment prouvez-vous cette vérité ?
R. Pour prouver cette vérité, il faut rappeler quatre choses que Dieu avait résolues de toute éternité.

Q. Quelle est la première ?
R. La première, que le Messie sortirait du peuple juif, choisi pour être le dépositaire de la promesse du Messie, et le gardien de la vraie Religion jusqu'à sa venue.

Q. Quelle est la seconde ?
R. La seconde, que le Messie naîtrait du peuple juif dans la Judée, de la tribu de Juda et de la famille de David.

Q. Quelle est la troisième ?
R. La troisième, que le règne du Messie, c'est-à-dire l'Évangile, s'établirait avec une grande rapidité par toute la terre.

Q. Quelle est la quatrième ?
R. La quatrième, que le Messie réunirait sous son empire les peuples de l'Orient et de l'Occident, devenus un seul peuple de frères, et qu'il naîtrait dans la petite ville de Bethléem, lorsque la tribu de Juda aurait perdu la puissance souveraine.

Q. Que faut-il faire ensuite ?
R. Il faut ensuite montrer que tous les événements qui ont lieu chez le peuple juif ou chez les nations infidèles, ont concouru à l'accomplissement de ces grands desseins.

Q. Montrez qu'il en est ainsi ?

R. C'est en vue du Messie que Dieu forme le peuple juif, qu'il veille sur lui comme sur la prunelle de son œil, qu'il lui donne sa Loi, lui envoie ses Prophètes, et qu'il laisse établir la cité du mal, c'est-à-dire les quatre grandes monarchies annoncées par Daniel.

Q. Quelles sont ces quatre monarchies ?
R. Ces quatre monarchies sont : celle des Assyriens, celle des Perses, celle des Grecs et celle des Romains.

Q. Comment la grande monarchie des Assyriens contribua-t-elle à établir le règne du Messie ?
R. La grande monarchie des Assyriens contribua à établir le règne du Messie, en forçant les Juifs à conserver fidèlement la promesse du Messie et le culte du vrai Dieu.

Q. Comment le prouve-t-on ?
R. On le prouve par les paroles mêmes du Prophète Isaïe, qui dit que les Assyriens sont une verge dont Dieu se sert pour corriger son peuple, toutes les fois qu'il tombe dans l'idolâtrie, et le forcer de revenir à la vraie Religion.

Q. Cette prophétie s'est-elle accomplie ?
R. Cette prophétie s'est accomplie de point en point ; car les Assyriens guérirent tellement le peuple juif de son penchant à l'idolâtrie, que, depuis la captivité de Babylone, il n'y retomba plus ; ils voulurent même outrepasser les ordres de Dieu, en détruisant le peuple juif, qu'ils devaient seulement corriger.

Q. Que firent-ils pour cela ?
R. Pour cela, Nabuchodonosor, leur roi, envoya Holopherne, son général, à la tête d'une armée formidable pour ravager la Judée et y établir l'idolâtrie.


Je prends la résolution d'aimer Dieu par-dessus toute chose, et mon prochain comme moi-même pour l'amour de Dieu ; et, en témoignage de cet amour, je me soumettrai sans murmurer aux décrets de la Providence.


Reportez-vous à Leçon I : Enseignement vocal de la Religion, Catéchisme, Leçon II : Enseignement écrit, Écriture et Tradition, Leçon III : Connaissance de Dieu considéré en Lui-même, Leçon IV : Connaissance de Dieu par ses ouvrages, 1er Jour de la Création, Leçon V : Connaissance de Dieu par ses ouvrages, 2e Jour de la Création, Leçon VI : Connaissance de Dieu par ses ouvrages, 3e Jour de la Création, Leçon VII : Connaissance de Dieu par ses ouvrages, Fin du 3e et commencement du 4e Jour de la Création, Leçon VIII : Connaissance de Dieu par ses ouvrages, suite du 4e Jour de la Création, Leçon IX : Connaissance de Dieu par ses ouvrages, 5e Jour de la Création, Leçon X : Connaissance de Dieu par ses ouvrages, Fin du 5e et commencement du 6e Jour de la Création, Leçon XI : Connaissance de Dieu par ses ouvrages, Suite du 6e Jour de la Création, Leçon XII : Connaissance de l'homme considéré en lui-même, Leçon XIII : Connaissance de l'homme considéré dans ses rapports avec les créatures, Leçon XIV : Connaissance de l'homme considéré dans ses rapports avec Dieu, Leçon XV : Connaissance des Anges, Leçon XVI : Chute de l'homme, Leçon XVII : Accord de la justice et de la miséricorde divine dans la punition et dans la transmission du péché d'Adam, Leçon XVIII : Nécessité et perpétuité de la Foi au Mystère de la Rédemption, Histoire de Job, Leçon XIX : Connaissance de la Religion, Nature et définition de la Religion, Leçon XX : Connaissance de la Religion, Que la Religion est une Loi, Leçon XXI : Le Messie promis et figuré : Adam et Abel, Leçon XXII : Le Messie promis et figuré, Noé, Troisième Figure du Messie, Leçon XXIII : Deuxième promesse et quatrième figure du Messie, Melchisédech, Leçon XXIV : Isaac, cinquième Figure du Messie, Leçon XXV : Le Messie promis et figuré, Jacob, Sixième Figure du Messie, Leçon XXVI : Le Messie promis et figuré, Joseph, Septième Figure du Messie, Leçon XXVII : L'Agneau pascal, Huitième Figure du Messie, Leçon XXVIII : La Manne, Neuvième Figure du Messie, Leçon XXIX : Les sacrifices et le serpent d'airain, Dixième et onzième Figure du Messie, Leçon XXX : Moïse, Douzième Figure du Messie, Leçon XXXI : Josué, Treizième Figure du Messie, Leçon XXXII : Gédéon, quatorzième Figure du Messie, Leçon XXXIII : Samson, Quinzième Figure du Messie, Leçon XXXIV : Sixième Promesse du Messie, Leçon XXXV : David, Seizième Figure du Messie, Leçon XXXVI : Salomon, Dix-septième Figure du Messie, Leçon XXXVII : Jonas, Dix-huitième Figure du Messie, Leçon XXXVIII : Le Messie prédit, Prophéties de David, Leçon XXXIX : Le Messie prédit, Prophéties d'Isaïe, Leçon XL : Le Messie prédit, Prophéties d'Osée, de Michée, de Joël et de Jérémie, Leçon XLI : Le Messie prédit, Prophéties d'Ézéchiel, Leçon XLII : Le Messie prédit, Prophéties de Daniel, Leçon XLIII : Le Messie prédit, Prophéties d'Aggée, de Zacharie et de Malachie, Leçon XLIV : Résumé général et application des promesses, des figures et des prophéties, à Notre-Seigneur Jésus-Christ, Leçon XLVI : Le Messie préparé, Monarchie des Assyriens, Histoire de Judith.















mercredi 5 mai 2021

Le malheur du Monde dans ses plaisirs



Malheur à vous qui riez : c'est un Dieu qui parle, à qui les sens et l'esprit humain avec tous ses raisonnements le doivent céder : et certainement c'est être malheureux de porter des marques que l'on n'est pas des disciples de Jésus-Christ, qui ont les pleurs pour partage. C'est ceux à qui ce Dieu incarné dit : En vérité, en vérité, je vous dis que vous pleurerez, et que vous gémirez. Le monde se réjouira, et vous serez dans la tristesse. Ces paroles du Sauveur doivent être sérieusement méditées ; car cette répétition, En vérité, en vérité, marque quelque chose de grand et de très-certain. Elles nous apprennent indubitablement que les pleurs, les gémissements, les afflictions sont le partage de ses véritables disciples, et la joie du siècle le partage du monde.
Ceux qui sont à Jésus-Christ, écrit l'Apôtre, ont crucifié leur chair avec leurs vices et leurs passions ; parce que, selon la remarque d'un Interprète, la grâce du Baptême qui est toujours vivante en eux, les a entés en Jésus crucifié, et que le vieil homme est toujours cloué à la croix avec Jésus-Christ : de sorte que la vie du Chrétien est une continuelle mort à la chair et aux vices, et une vie de personnes ressuscitées. Tous les Chrétiens sont des crucifiés, ce qui ne peut être sans douleur et sans beaucoup de peines. Tous doivent porter leur croix à la suite de leur maître, sans aucune exception. Si quelqu'un veut me suivre, déclare-t-il, qu'il renonce à soi-même, qu'il porte sa croix, et qu'il me suive. Il n'y a point de réserve, dit S. Jean Chrysostome : si l'on veut être Chrétien, il faut porter sa croix ; quand on serait Roi, Général d'armée, Soldat, il n'y a point d'état, de condition, de qualité, de sexe, d'âge, qui en soient exempts : et certainement s'il a fallu que Jésus-Christ ait souffert pour entrer dans sa gloire, y a-t-il une pure créature qui puisse espérer d'y entrer sans souffrances ? Tous ne sont pas appelés au célibat, c'est une grâce particulière pour les personnes qui sont le plus en faveur auprès du Fils de Dieu : tous ne sont pas appelés au Cloître, à la solitude, aux grands emplois extérieurs, à la prédication de l'Évangile, à faire de grandes choses ; mais tous, sans excepter un seul, ont vocation pour porter leur croix.
C'est pourquoi les Saints qui marchaient dans la lumière, ont tremblé quand ils n'en ont pas vu les marques. Un Évêque, homme de Dieu, faisant voyage, entra dans la maison d'un riche, qui l'entretenant lui apprit qu'il abondait en tout ce que le monde appelle prospérité ; qu'il avait nombre d'enfants tous bien nés, de grands biens, beaucoup de santé, et enfin toutes les aises de la vie, sans savoir ce que c'était que l'affliction. À ces paroles l'Évêque se trouva plein de crainte, et donna ordre à ceux de sa suite de se retirer aussitôt ; ce qu'il fit avec eux. La colère de Dieu, dit ce Pontife, est sur cette maison ; et à peine étaient-ils sortis, qu'elle tomba et accabla sous ses ruines ceux qui y étaient. Le méchant, dit le Prophète Roi, a aigri le Seigneur ; la grandeur de sa colère fera qu'il ne s'en mettra plus en peine : il l'abandonnera à ses plaisirs. Les méchants, dit encore le même Psalmiste, ne sentent point les misères humaines comme les autres, et ils ne souffrent point les châtiments que souffre le reste des hommes. C'est pourquoi l'orgueil s'est saisi d'eux. Leur iniquité, comme à force de s'être engraissée, est sortie au dehors. Ils ont passé dans toutes les passions de leur cœur. Ils ont porté leur bouche jusque dans le ciel, et leur langue a passé sur la terre sans épargner personne. Voilà ces méchants et ces heureux du siècle qui possèdent des richesses. Vous voyez, s'écrie ici S. Bernard, que jamais Dieu n'est plus irrité que lorsqu'il ne se met pas en colère. S. Jérôme remarque que la bonace de la prospérité du siècle est une horrible tempête.
Le Saint-Esprit dit aux Hébreux : Le Seigneur châtie celui qu'il aime, et il ne reçoit aucun pour son fils, qu'il ne lui fasse sentir ses verges. Persévérez dans la docilité, Dieu vous traite comme ses enfants : car qui est l'enfant qui ne soit point corrigé par son père ? et si vous êtes exempts de la correction que tous les enfants ont reçue, vous êtes donc batards, et non pas de légitimes enfants. Que si nous avons respecté nos pères selon la chair, lorsqu'ils nous ont châtiés, combien plus devons-nous honorer par notre soumission celui qui est notre père selon l'esprit ?
S. Bernard touché vivement de ces vérités demandait à Dieu qu'il le châtiât en ce monde. Le saint homme Job soupirait après les souffrances, il les demandait avec instance après tant de maux qu'il avait endurés ; il protestait que sa consolation serait que Dieu ne l'épargnât point. Cela ne surprend point le véritable fidèle, qui croit à la divine parole, qui nous enseigne que ceux qui ne sont pas du nombre des personnes affligées, ne sont pas du nombre des enfants de Dieu. Notre-Seigneur, dit un Saint, est son enfant qui est sans péché, mais il n'est pas sans croix. De là vient que le S-Esprit nous apprend que les Sages ont leur cœur dans les choses affligeantes, et les fous dans les vaines joies ; et qu'il vaut bien mieux aller en une maison où il y a de la douleur, que dans une maison de banquet et de festin. C'est pourquoi il est encore écrit en Job : Que le fou s'enracine dans la terre, et que sa prospérité est un sujet de malédiction. Adam, dans l'état même d'innocence, a fait une chute épouvantable dans le Paradis terrestre où il n'y avait que des délices ; et les plaisirs, selon la remarque de saint Augustin, ont fait plus de mal à Salomon que toute sa sagesse ne lui a profité.
Malheur au monde donc dans ses plaisirs, malheur à ceux à qui tout y rit par une prospérité abondante, Malheur à vous, dit l'Esprit de Dieu, qui vous levez dès le matin pour vous plonger dans les excès de la table. Saint Jérôme a entendu particulièrement ces paroles des Pasteurs de l'Église, qui sont comme enivrés de l'amour du siècle, que quelques-uns d'eux boivent depuis le matin jusqu'au soir, c'est-à-dire dans toute la conduite de leur vie, pendant que les peuples meurent de faim, et sont sans aucune instruction. Ce qui est cause que l'enfer a étendu ses entrailles, et qu'il a ouvert sa gueule jusqu'à l'infini ; et ce qu'il y a d'illustre et de puissant, y descend en foule. Et le même Esprit de Dieu dans le Prophète Joël, parlant à ceux qui mettent leur joie dans les plaisirs de la table, qui boivent le vin avec plaisir, ne leur laisse que les cris et les hurlements comme les chiens et les loups. Saint Paul parlant de ceux qui font leur Dieu de leur ventre, qui ne s'attachent qu'à leurs plaisirs sensuels, et qui mettent leur gloire en ce qui les devrait confondre, qui ne pensant qu'à la bonne chère, se glorifient dans les excès de la bouche, et dans l'impudicité dont ils devraient plutôt rougir, il écrit qu'il en parle en pleurant, ne pouvant contenir ses larmes à la vue de leurs dérèglements ; il les appelle les ennemis de la croix de Jésus-Christ que l'Église invoque comme notre unique espérance, aussi il apprend que leur fin sera la perdition.
C'est la doctrine de son grand Maître : Celui qui aime sa vie, la perdra ; et celui qui hait sa vie en ce monde, la conservera pour la vie éternelle. Aimer sa vie, ou sauver sa vie, car notre seigneur dit tous les deux, c'est vivre dans les plaisirs et le faux repos de ce monde : mais ce qui est bien à remarquer, c'est que tous les quatre Évangélistes rapportent cette doctrine du sauveur de tous les hommes ; et saint Matthieu et saint Luc la répètent plusieurs fois en différents chapitres. Et de vrai on ne la peut trop insinuer à des hommes qui sont si portés à satisfaire leurs sens.
Mais malheur à eux ; car la joie du monde, qui est vaine, n'ayant rien de solide, qui n'est qu'une joie d'un moment par rapport à l'éternité, sera suivie d'angoisses inexplicables qui dureront toujours ; et les tourments, comme l'enseigne S. Jean dans l'Apocalypse, seront proportionnés à la grandeur de leurs délices. Les Dames qui auront eu plus de plaisirs en la vie, souffriront davantage dans l'Enfer. Voilà la récompense des malheureuses joies du monde.
Au contraire ceux qui n'oublient pas la consolation que Dieu leur donne par ces paroles : Mon fils, ne méprisez pas la correction du Seigneur, et ne vous découragez pas lorsqu'il vous reprend. C'est comme parle l'Apôtre aux Hébreux : Ceux qui tiennent pour un sujet de très-grande joie les afflictions qui leur arrivent, comme S. Jacques y exhorte dans son Épître Catholique, et qui en font un usage chrétien, qui sont du nombre des disciples de Jésus-Christ, à qui il a promis les gémissements et les pleurs, se réjouiront, et personne ne leur ravira leur joie ; car elle sera éternelle. Ah qu'il fait bon, et qu'il est avantageux de souffrir avec le Fils de Dieu durant le moment d'une vie qui n'est qu'une vapeur qui paraît pour un peu de temps, et qui se dissipe bientôt : c'est, comme en parle le Saint-Esprit dans l'Écriture, pour entrer dans sa joie pour un jamais, dont la grandeur ne se peut penser, et dont la durée est éternelle.

(Extrait de Le malheur du Monde, par M. Henri-Marie Boudon)


Reportez-vous à VIE CHRÉTIENNE : Repas, Récréations, Conversations et Visites, Comment M. Vianney abolit les danses à Ars, LE DIABLE, SES PAROLES, SON ACTION DANS LES POSSÉDÉS D'ILLFURT, d'après des documents historiques : Satan et les Fêtes, bals et danses, Le malheur du Monde dans ses richesses, Le malheur du Monde, en ce qu'il ne connaît point Dieu, et son Fils Jésus-Christ, Le malheur du Monde dans les ténèbres, Ce que l'on entend par le Monde, Aveuglement de l'homme, Du vrai Religieux, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De la vie mixte, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De l'homme intérieur, par le R.-P. Jean-Joseph SurinCe qui s'est observé dans un Ordre Religieux durant le premier siècle depuis son établissement, doit être regardé comme meilleur que tout ce qu'on peut inventer dans la suite, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Sur les trois mots qui furent dits à saint Arsène : Fuyez, taisez-vous, reposez-vous, Instruction sur les Conseils évangéliquesDu mondeMéditation sur les dangers du mondeMéditation sur l'amour de la retraiteMéditation sur les moyens de se sanctifier dans le mondeMéditation sur le détachement des biens de ce monde, Litanie pour se détacher des biens de ce monde, Méditation sur la gloire du monde, Méditation sur les obstacles que le monde oppose à notre salut, Méditation sur le renoncement au monde, Méditation sur deux règles qu'un Chrétien doit toujours observer pour faire son salut dans le monde, Méditation sur les affaires du monde comparées à celles du salut, Méditation sur l'affaire du salut, Que faut-il pour connaître sa vocation ? Premièrement, consulter Dieu, Que faut-il pour connaître sa vocation ? Deuxièmement, consultez-vous, vous-même, Que faut-il considérer dans le choix de la vocation ?, Quelle est ma vocation ?, Prière pour demander la grâce de connaître et d'accomplir la volonté de Dieu, Prière pour la vocation, Prière à Marie pour connaître sa vocation, Prière à Saint Joseph pour lui demander la grâce de connaître sa vocation, N'embrassez un état que par des motifs dignes d'une Chrétienne, En quelque état que vous soyez, rendez respectable, par vos sentiments et votre conduite, votre titre de Chrétienne, et Méditation sur ce qu'un Chrétien doit penser des richesses et des grandeurs du monde.















mardi 4 mai 2021

ABRÉGÉ DU CATÉCHISME DE PERSÉVÉRANCE, PREMIÈRE PARTIE, Leçon XLIV : Résumé général et application des promesses, des figures et des prophéties, à Notre-Seigneur Jésus-Christ


ABRÉGÉ DU CATÉCHISME DE PERSÉVÉRANCE


PREMIÈRE PARTIE


Contenant l'histoire et l'explication de la religion


XLIVe LEÇON


RÉSUMÉ GÉNÉRAL ET APPLICATION

DES PROMESSES, DES FIGURES ET DES PROPHÉTIES,

À NOTRE-SEIGNEUR JÉSUS-CHRIST


Isaac bénissant Jacob

Q. Pourquoi Dieu a-t-il promis un Rédempteur à l'homme dès le commencement du monde ?
R. Dieu a promis un Rédempteur à l'homme dès le commencement du monde ; 1° pour l'empêcher de se décourager et de se livrer au désespoir ; 2° pour lui apprendre à sanctifier ses actions et ses prières en les unissant à celles du Rédempteur futur, et par ce moyen assurer son salut.

Q. Que nous apprennent les six promesses du Messie ?
R. Les six promesses du Messie nous apprennent la venue et la généalogie du Messie. La première nous apprend qu'il viendra ; la seconde, qu'il sortira du peuple juif et non des autres ; la troisième, qu'il naîtra d'Isaac et non d'Ismaël ; la quatrième, de Jacob et non d'Esaü ; la cinquième, de la tribu de Juda et non des autres ; la sixième, enfin, de la famille de David.

Q. Pourquoi Dieu a-t-il tracé d'avance le portrait du Messie ?
R. Dieu a tracé d'avance le portrait du Messie, afin que l'homme ne fût pas exposé à le méconnaître quand il viendrait.

Q. Comment Dieu a-t-il tracé le portrait du Messie ?
R. Dieu a tracé le portrait du Messie de deux manières : par les figures et par les prophéties.

Q. Comment par les figures ?
R. Par les figures, en nous faisant voir le Messie, dans Adam, père d'un monde nouveau ; dans Abel, mis à mort par son frère ; dans Noé, formant l'Église ; dans Isaac, offert en sacrifice sur le Calvaire par la main de son propre père ; dans l'agneau pascal et la manne, sauvant les hommes de l'Ange exterminateur, et les nourrissant d'une nourriture descendue du Ciel ; dans Moïse, conducteur et législateur du monde ; dans le serpent d'airain, élevé sur la croix et nous guérissant des morsures du serpent.

Q. Continuez la même réponse.
R. Dans David, terrassant un géant malgré l'inégalité des forces, persécuté par un fils dénaturé et gravissant, nu-pieds, et en pleurant, la montagne des Oliviers ; dans Jonas, prêchant la pénitence aux Juifs, qui ne l'écoutent pas ; restant trois jours et trois nuits dans le sein de la mer, puis en sortant plein de vie et prêchant aux Gentils, qui se convertissent.

Q. Quelle est la seconde manière dont Dieu nous a tracé le portrait du Messie ?
R. La seconde manière dont Dieu nous a tracé le portrait du Messie, ce sont les prophéties, qui dissipent tous les nuages et achèvent ce que les figures n'avaient fait qu'ébaucher.

Q. Comment les Prophètes dépeignent-ils le Messie ?
R. Les Prophètes dépeignent ainsi le Messie ; « Il naîtra à Bethléem d'une mère toujours vierge, lorsque le sceptre de David aura passé dans les mains d'un prince étranger ; il sera adoré dans son berceau par des rois qui lui offriront en présent de l'or et des parfums. À l'occasion de sa naissance, on fera mourir les petits enfants de Bethléem ; pour lui, il se retirera en Égypte ; il sera la douceur même ; il guérira les maladies et ressuscitera les morts ; il entrera en triomphe dans Jérusalem, monté sur une ânesse suivie de son ânon ; il ira dans le second temple ; les Juifs le méconnaîtront. »


Q. Que disent-ils encore ?
R. Ils disent encore : « Le Messie sera trahi par un de ceux qui mangeaient à sa table ; il sera vendu pour trente pièces d'argent ; cet argent sera rapporté dans le temple et donné à un potier ; il sera maltraité, couvert de crachats ; on lui percera les pieds et les mains, et il n'ouvrira pas même la bouche pour se plaindre ; on lui présentera du vinaigre à boire ; on partagera ses habits et on tirera sa robe au sort. »

Q. Continuez le même sujet.
R. « 11 sera mis à mort, et cela, disait Daniel, arrivera dans quatre cent quatre-vingt-dix ans. Il restera trois jours dans le tombeau ; il en sortira plein de vie, montera au Ciel et enverra l'Esprit-Saint à ses disciples ; enfin il convertira toutes les nations. Quant aux Juifs, pour les punir de l'avoir fait mourir, leur temple et leur ville seront détruits, et eux-mêmes errants et vagabonds par toute la terre, jusque vers la fin du monde. »

Q. Quel est donc le Messie ?
R. Le Messie est N.-S. J.-C, puisque le portrait donné par les promesses, par les figures et par les prophéties, lui convient tout entier et ne convient qu'à lui.

Q. À qui Dieu a-t-il confié la garde de toutes ces étonnantes révélations ?
R. C'est précisément aux Juifs, ennemis jurés de Jésus-Christ, que Dieu a confié la garde de ces révélations, en les chargeant de plus de les défendre et de les porter avec eux par toute la terre.


Je prends la résolution d'aimer Dieu par-dessus toute chose, et mon prochain comme moi-même pour l'amour de Dieu ; et, en témoignage de cet amour, je prononcerai avec respect le nom admirable de Notre-Seigneur Jésus-Christ.


Reportez-vous à Leçon I : Enseignement vocal de la Religion, Catéchisme, Leçon II : Enseignement écrit, Écriture et Tradition, Leçon III : Connaissance de Dieu considéré en Lui-même, Leçon IV : Connaissance de Dieu par ses ouvrages, 1er Jour de la Création, Leçon V : Connaissance de Dieu par ses ouvrages, 2e Jour de la Création, Leçon VI : Connaissance de Dieu par ses ouvrages, 3e Jour de la Création, Leçon VII : Connaissance de Dieu par ses ouvrages, Fin du 3e et commencement du 4e Jour de la Création, Leçon VIII : Connaissance de Dieu par ses ouvrages, suite du 4e Jour de la Création, Leçon IX : Connaissance de Dieu par ses ouvrages, 5e Jour de la Création, Leçon X : Connaissance de Dieu par ses ouvrages, Fin du 5e et commencement du 6e Jour de la Création, Leçon XI : Connaissance de Dieu par ses ouvrages, Suite du 6e Jour de la Création, Leçon XII : Connaissance de l'homme considéré en lui-même, Leçon XIII : Connaissance de l'homme considéré dans ses rapports avec les créatures, Leçon XIV : Connaissance de l'homme considéré dans ses rapports avec Dieu, Leçon XV : Connaissance des Anges, Leçon XVI : Chute de l'homme, Leçon XVII : Accord de la justice et de la miséricorde divine dans la punition et dans la transmission du péché d'Adam, Leçon XVIII : Nécessité et perpétuité de la Foi au Mystère de la Rédemption, Histoire de Job, Leçon XIX : Connaissance de la Religion, Nature et définition de la Religion, Leçon XX : Connaissance de la Religion, Que la Religion est une Loi, Leçon XXI : Le Messie promis et figuré : Adam et Abel, Leçon XXII : Le Messie promis et figuré, Noé, Troisième Figure du Messie, Leçon XXIII : Deuxième promesse et quatrième figure du Messie, Melchisédech, Leçon XXIV : Isaac, cinquième Figure du Messie, Leçon XXV : Le Messie promis et figuré, Jacob, Sixième Figure du Messie, Leçon XXVI : Le Messie promis et figuré, Joseph, Septième Figure du Messie, Leçon XXVII : L'Agneau pascal, Huitième Figure du Messie, Leçon XXVIII : La Manne, Neuvième Figure du Messie, Leçon XXIX : Les sacrifices et le serpent d'airain, Dixième et onzième Figure du Messie, Leçon XXX : Moïse, Douzième Figure du Messie, Leçon XXXI : Josué, Treizième Figure du Messie, Leçon XXXII : Gédéon, quatorzième Figure du Messie, Leçon XXXIII : Samson, Quinzième Figure du Messie, Leçon XXXIV : Sixième Promesse du Messie, Leçon XXXV : David, Seizième Figure du Messie, Leçon XXXVI : Salomon, Dix-septième Figure du Messie, Leçon XXXVII : Jonas, Dix-huitième Figure du Messie, Leçon XXXVIII : Le Messie prédit, Prophéties de David, Leçon XXXIX : Le Messie prédit, Prophéties d'Isaïe, Leçon XL : Le Messie prédit, Prophéties d'Osée, de Michée, de Joël et de Jérémie, Leçon XLI : Le Messie prédit, Prophéties d'Ézéchiel, Leçon XLII : Le Messie prédit, Prophéties de Daniel, Leçon XLIII : Le Messie prédit, Prophéties d'Aggée, de Zacharie et de Malachie, Leçon XLV : Le Messie préparé, Monarchie des Assyriens.









lundi 3 mai 2021

Que la considération de ses péchés est un excellent moyen pour se connaître soi-même, et pour acquérir l'humilité



Allons plus avant : fouillons et creusons davantage dans la connaissance de nous-mêmes, remuons encore cette terre. Mais que peut-il y avoir à creuser encore ? Y a-t-il quelque chose au-delà du néant ? Oui, sans doute, il y a quelque chose de plus ; il y a le péché que vous y avez ajouté ; et quel abîme n'est-ce point ! Il est bien plus affreux que l'abîme du néant ; parce que le péché est pire que le néant et qu'il vaudrait beaucoup mieux n'être point du tout que de pécher. Il aurait mieux valu pour lui qu'il ne fût point né, dit Jésus-Christ, en parlant de Judas qui le voulait trahir. Il n'y a rien de si abject, et de si méprisable aux yeux de Dieu, dans toute l'étendue de l'être et du néant, que l'homme qui est en péché mortel ; banni du Ciel, ennemi déclaré de Dieu, et condamné aux peines de l'enfer. Ayons toujours cette considération Présente à l'esprit, quand même nous ne nous sentirions la conscience chargée d'aucun péché mortel : et comme pour mieux connaître notre néant, nous nous sommes remis devant les yeux le temps où nous n'existions pas ; aussi, pour mieux connaître notre bassesse et notre misère, rappelons-nous celui où nous étions dans le péché. Songez dans quel funeste état vous étiez, lorsque vous étant rendu odieux aux yeux de Dieu, par l'énormité de vos fautes, il ne vous regardait plus désormais que comme son ennemi, comme un enfant de colère, et comme un criminel dévoué aux feux éternels. Ensuite, remplissez-vous de confusion, et abaissez-vous le plus profondément que vous pourrez ; car vous devez croire que, dans quelque profond abaissement que vous vous mettiez, vous n'irez jamais jusqu'à l'excès du mépris que mérite celui qui a offensé notre Dieu qui est le souverain bien. Cette méditation est un abîme infini, qui n'a point de fond : car jusqu'à ce que nous puissions parvenir à voir dans le Ciel combien la bonté de Dieu est grande, il est impossible que nous connaissions parfaitement combien le péché qui cause notre révolte contre cette divine bonté, est énorme, et quels châtiments on mérite quand on l'offense.
Si nous étions bien pénétrés de cette pensée, et si nous creusions bien avant dans l'examen de nos péchés et de nos misères ; que nous serions humbles alors ! que nous aurions peu d'estime de nous-mêmes ! que nous recevrions les mépris et les opprobres avec joie ! Celui qui a été infidèle à Dieu, que ne doit-il point souffrir pour l'amour de lui, après qu'il a eu le bonheur de rentrer en grâce ! Celui qui a quitté Dieu pour s'abandonner à ses passions, qui a offensé son Créateur et son Maître pour une volupté passagère, qui par-là s'est rendu digne des supplices éternels I à quel mépris, à quelles injures et à quels affronts ne doit-il pas se soumettre de bon cœur, en satisfaction des offenses qu'il a commises contre la Majesté d'un Dieu !
Mais il y a encore davantage à creuser ici : c'est qu'encore que la confiance qu'on doit avoir en la miséricorde de Dieu, puisse nous faire espérer qu'il nous aura remis nos péchés, nous n'en avons toutefois nulle certitude. « L'homme, dit le Sage, ne sait s'il est digne d'amour ou de haine : » et l'Apôtre disait en parlant de lui-même : « Ma conscience ne me reproche rien, mais je ne suis pas pour cela justifié. » C'est un puissant motif pour s'entretenir toujours dans l'humilité, et pour avoir une basse opinion de soi-même, que cette incertitude, si l'on est en état de grâce, ou non. Nous savons, à n'en pas douter, que nous avons offensé Dieu, et nous ne savons pas avec la même certitude, si Dieu nous a pardonné. Qui osera marcher la tête levée ? Qui ne sera couvert de confusion, et ne s'abaissera jusqu'au centre de la terre, dans une si cruelle Incertitude ! C'est ce qui faisait dire à Saint Grégoire : « Que Dieu a voulu que nous ne fussions pas assurés de sa grâce, afin que nous eussions toujours une grâce assurée, qui est celle de l'humilité. »

(Abrégé de la Pratique de la Perfection Chrétienne)


Reportez-vous à Du premier degré de l'Humilité, qui est d'avoir une humble opinion de soi-même, Principales Vertus dont l'Humilité est le fondement, Il n'y a point de Vertu solide sans l'Humilité : elle est le fondement de toutes les autres Vertus, Excellence et nécessité de l'Humilité, Prière pour demander l'humilité, Prière pour obtenir l'humilité, l'exemple de Saint Robert Bellarmin et de Saint Ignace, et comment acquérir cette vertu, Le Saint Curé d'Ars dans sa conversation : Humilité de M. Vianney, De l'amour du Père Surin pour l'humilité, dans l'union avec Notre-Seigneur Jésus-Christ, Des vertus de Marie : l'humilité, De la merveilleuse humilité du séraphique saint François, Litanies de l'humilité, Méditation sur les effets de l'orgueil, Méditation sur l'humilité des Saints, Méditation sur la pratique de l'humilité Chrétienne, Méditation sur les avantages de l'humilité Chrétienne, La Crèche, Sur ces paroles : Vous avez tiré votre parfaite louange de la bouche des enfants et de ceux qui sont à la mamelle. (Psaume 8), De deux sortes de Mortifications, De la nécessité de la Mortification : En quoi elle consiste, Sur Jésus-Christ, L'intérieur de Marie, De l'enfance spirituelle, et De la paix de l'âme.













dimanche 2 mai 2021

ABRÉGÉ DU CATÉCHISME DE PERSÉVÉRANCE, PREMIÈRE PARTIE, Leçon XLIII : Le Messie prédit, Prophéties d'Aggée, de Zacharie et de Malachie


ABRÉGÉ DU CATÉCHISME DE PERSÉVÉRANCE


PREMIÈRE PARTIE


Contenant l'histoire et l'explication de la religion


XLIIIe LEÇON


LE MESSIE PRÉDIT


PROPHÉTIES D'AGGÉE, DE ZACHARIE ET DE MALACHIE


(AV. J.-C. 538-454)



Q. Par qui les Juifs furent-ils délivrés de la captivité de Babylone ?
R. Les Juifs furent délivrés de la captivité de Babylone par Cyrus, qui, à la prière de Daniel leur permit de retourner dans leur patrie et de rebâtir le temple de Jérusalem.

Q. Quel fut leur premier soin en arrivant dans leur patrie ?
R. Leur premier soin, en arrivant dans leur patrie, fut de travailler à la construction d'un nouveau temple ; mais les vieillards qui avaient vu le temple de Salomon ne pouvaient s'empêcher de pleurer, en voyant combien le nouveau serait inférieur à l'ancien.

Q. Que fit le Seigneur pour les consoler ?
R. Pour les consoler, le Seigneur envoya Aggée, qui est le neuvième Prophète du Messie.

Q. Que leur annonça-t-il ?
R. Il leur annonça que la gloire de ce nouveau temple surpasserait infiniment celle de l'ancien, parce que le Messie y entrerait en personne et qu'il y annoncerait la réconciliation de tous les hommes avec Dieu.

Q. Que prouve cette prophétie ?
R. Cette prophétie prouve, comme celle de Daniel, que le Messie est venu depuis longtemps, puisqu'il est entré dans le second temple, détruit l'an 70 de l'ère chrétienne, et que Notre-Seigneur est véritablement le Messie, puisqu'il a réconcilié les hommes avec Dieu, en expiant nos péchés sur la croix, et en nous tirant de l'idolâtrie.

Q. Quel événement prochain annonça le Prophète Aggée ?
R. Pour montrer aux Juifs qu'il disait vrai en parlant du Messie, le Prophète Aggée leur annonça un événement prochain, c'est-à-dire la cessation soudaine d'une stérilité qui durait depuis près de dix ans.

Q. Quel est le dixième Prophète du Messie ?
R. Le dixième Prophète du Messie est Zacharie, contemporain d'Aggée.

Q. Qu'annonce-t-il touchant le Messie ?
R. Il annonce que le Messie sera un roi plein de justice, de douceur et d'humilité ; qu'il entrera dans Jérusalem au milieu des acclamations publiques, monté sur une ânesse accompagnée de son ânon ; qu'il sera vendu trente pièces d'argent ; que cet argent sera rapporté dans le Temple et donné à un potier ; qu'il aura les mains percées, et qu'il convertira les nations. Notre-Seigneur seul a vérifié tous les traits de cette prophétie : il est donc le Messie prédit par Zacharie.

Q. Quel fut l'événement prochain prédit par Zacharie ?
R. Pour autoriser ses prédictions touchant le Messie, Zacharie prédit un événement prochain et alors très invraisemblable, savoir : que Jérusalem allait devenir une ville très florissante.

Q. Quel est le onzième Prophète du Messie ?
R. Le onzième Prophète du Messie est Malachie, qui prophétisa lorsque Esdras mit la dernière main à la construction du second temple.

Q. Que dit ce Prophète ?
R. Il dit aux Juifs que les sacrifices qu'on recommençait d'offrir dans le nouveau temple cesseraient bientôt d'être agréables au Seigneur, et qu'ils seraient remplacés par un sacrifice unique, saint, offert dans tout le monde depuis l'Orient jusqu'à l'Occident ; et que le Messie aurait un Précurseur doué de l'esprit et de la vertu d'Élie, pour rappeler les Juifs à la foi d'Abraham, d'Isaac et de Jacob, et les préparer à écouter le Désiré des nations. Tout cela convient à Notre-Seigneur et ne convient qu'à lui : Notre-Seigneur est donc le Messie prédit par Malachie.


Je prends la résolution d'aimer Dieu par-dessus toute chose, et mon prochain comme moi-même pour l'amour de Dieu ; et, en témoignage de cet amour, j'assisterai avec beaucoup de piété au saint sacrifice de la messe.


Reportez-vous à Leçon I : Enseignement vocal de la Religion, Catéchisme, Leçon II : Enseignement écrit, Écriture et Tradition, Leçon III : Connaissance de Dieu considéré en Lui-même, Leçon IV : Connaissance de Dieu par ses ouvrages, 1er Jour de la Création, Leçon V : Connaissance de Dieu par ses ouvrages, 2e Jour de la Création, Leçon VI : Connaissance de Dieu par ses ouvrages, 3e Jour de la Création, Leçon VII : Connaissance de Dieu par ses ouvrages, Fin du 3e et commencement du 4e Jour de la Création, Leçon VIII : Connaissance de Dieu par ses ouvrages, suite du 4e Jour de la Création, Leçon IX : Connaissance de Dieu par ses ouvrages, 5e Jour de la Création, Leçon X : Connaissance de Dieu par ses ouvrages, Fin du 5e et commencement du 6e Jour de la Création, Leçon XI : Connaissance de Dieu par ses ouvrages, Suite du 6e Jour de la Création, Leçon XII : Connaissance de l'homme considéré en lui-même, Leçon XIII : Connaissance de l'homme considéré dans ses rapports avec les créatures, Leçon XIV : Connaissance de l'homme considéré dans ses rapports avec Dieu, Leçon XV : Connaissance des Anges, Leçon XVI : Chute de l'homme, Leçon XVII : Accord de la justice et de la miséricorde divine dans la punition et dans la transmission du péché d'Adam, Leçon XVIII : Nécessité et perpétuité de la Foi au Mystère de la Rédemption, Histoire de Job, Leçon XIX : Connaissance de la Religion, Nature et définition de la Religion, Leçon XX : Connaissance de la Religion, Que la Religion est une Loi, Leçon XXI : Le Messie promis et figuré : Adam et Abel, Leçon XXII : Le Messie promis et figuré, Noé, Troisième Figure du Messie, Leçon XXIII : Deuxième promesse et quatrième figure du Messie, Melchisédech, Leçon XXIV : Isaac, cinquième Figure du Messie, Leçon XXV : Le Messie promis et figuré, Jacob, Sixième Figure du Messie, Leçon XXVI : Le Messie promis et figuré, Joseph, Septième Figure du Messie, Leçon XXVII : L'Agneau pascal, Huitième Figure du Messie, Leçon XXVIII : La Manne, Neuvième Figure du Messie, Leçon XXIX : Les sacrifices et le serpent d'airain, Dixième et onzième Figure du Messie, Leçon XXX : Moïse, Douzième Figure du Messie, Leçon XXXI : Josué, Treizième Figure du Messie, Leçon XXXII : Gédéon, quatorzième Figure du Messie, Leçon XXXIII : Samson, Quinzième Figure du Messie, Leçon XXXIV : Sixième Promesse du Messie, Leçon XXXV : David, Seizième Figure du Messie, Leçon XXXVI : Salomon, Dix-septième Figure du Messie, Leçon XXXVII : Jonas, Dix-huitième Figure du Messie, Leçon XXXVIII : Le Messie prédit, Prophéties de David, Leçon XXXIX : Le Messie prédit, Prophéties d'Isaïe, Leçon XL : Le Messie prédit, Prophéties d'Osée, de Michée, de Joël et de Jérémie, Leçon XLI : Le Messie prédit, Prophéties d'Ézéchiel, Leçon XLII : Le Messie prédit, Prophéties de Daniel, Leçon XLIV : Résumé général et application des promesses, des figures et des prophéties, à Notre-Seigneur Jésus-Christ.














samedi 1 mai 2021

Prière à Saint Joseph Artisan, composée par Sa Sainteté le Pape Pie XII



Ô glorieux Patriarche saint Joseph, humble et juste artisan de Nazareth, qui avez donné à tous les chrétiens, mais spécialement à nous, l’exemple d’une vie parfaite dans le travail constant et dans l’admirable union à Marie et à Jésus, assistez-nous dans notre tâche quotidienne, afin que, nous aussi, artisans catholiques, nous puissions trouver en elle le moyen efficace de glorifier le Seigneur, de nous sanctifier et d’être utiles à la société dans laquelle nous vivons, idéals suprêmes de toutes nos actions. Obtenez-nous du Seigneur, ô notre très aimé protecteur, humilité et simplicité de cœur, goût du travail et bienveillance envers ceux qui sont nos compagnons de labeur, conformité aux divines volontés dans les peines inévitables de cette vie et joie dans leur support, conscience de notre mission sociale particulière, et sentiment de notre responsabilité, esprit de discipline et de prière, docilité et respect à l’égard de nos supérieurs, fraternité envers les égaux, charité et indulgence pour nos subordonnés. Soyez avec nous dans nos moments de prospérité, quand tout nous invite à goûter honnêtement les fruits de nos fatigues ; mais soutenez-nous dans les heures de tristesse, alors que le ciel semble se fermer pour nous et que les instruments du travail eux-mêmes paraissent se rebeller dans nos mains. Faites que, à votre exemple, nous tenions les yeux fixés sur notre Mère Marie, votre très douce épouse, qui, dans un coin de votre modeste atelier, filait silencieusement, laissant errer sur ses lèvres le plus gracieux sourire ; faites aussi que nous n’éloignions pas notre regard de Jésus, qui peinait à votre établi de menuisier, afin que nous puissions ainsi mener sur terre une vie pacifique et sainte, prélude de celle éternellement heureuse qui nous attend dans le ciel, durant les siècles des siècles. Ainsi soit-il.

(Indulgences de trois ans, en faveur des artisans qui réciteront cette prière avec contrition et dévotion)


Reportez-vous à Le bâton en fleurs de Saint Joseph, Prière de Saint Pie X au glorieux Saint Joseph modèle des travailleurs, Saint Joseph à Nazareth, VIE CHRÉTIENNE : Travail et Négoce, En quelque état que vous soyez, rendez respectable, par vos sentiments et votre conduite, votre titre de Chrétienne, Méditation sur l'oisiveté, Méditation sur la différence des devoirs, Méditation sur l'application aux devoirs de son état, Méditation sur la fidélité que la Religion nous inspire à l'égard des devoirs de notre état, Méditation sur le mérite attaché à la pratique des devoirs de son état, Méditation sur le motif qui doit nous conduire dans la pratique des devoirs de notre état, Méditation sur les dangers propres de chaque état, Méditation sur les vertus qu'on exerce en pratiquant les devoirs de son état, Méditation sur l'ambition, Méditation sur l'usage qu'un Chrétien doit faire de ses talents, Rerum novarum, du Pape Léon XIII, sur la doctrine sociale de l’Église, et Méditation sur les dangers du monde.













Le malheur du Monde dans ses richesses


Le mauvais riche dans l'Enfer (Tissot)

Le monde est malheureux dans ses richesses ; car un Dieu a dit que les riches sont malheureux. C'est donc une vérité de la dernière certitude. Mais qui la croit, parmi ceux mêmes qui font profession de croire ce que Jésus-Christ a dit ? Il a dit que les riches étaient malheureux, parce qu'ils avaient leur consolation. C'est que les délices de cette vie qui passent bien tôt, sont les biens des réprouvés, et leurs maux sont les peines d'Enfer qui durent toujours. Au contraire les maux des Justes sont temporels, et leurs biens ne finissent point. Ainsi dans le saint Évangile, Abraham dit au riche enseveli dans l'Enfer, et qui voyait le Lazare pauvre dans le lieu de repos : Mon fils, souvenez-vous que vous avez reçu vos biens durant votre vie, comme Lazare ses maux ; maintenant il est consolé, et vous êtes tourmenté. Dans cette vue saint Basile s'écrie : Je suis saisi de frayeur, car je ne lis point dans l’Écriture d'autres causes de la damnation de ce riche, sinon qu'il était vêtu de pourpre et de foie, et qu'il se traitait tous les jours splendidement. Dieu qui se met en colère contre cet autre riche dont il est parlé encore en saint Luc, et jusqu'à le faire mourir, et qui l'appelle insensé, ce n'est pas à raison d'aucune injustice, mais pour la joie qu'il avait de ses biens ; et n'est-ce pas l'ordinaire des riches ? Mon âme, disait-il, tu as de grands biens amassés pour plusieurs années : repose-toi, mange, bois, fais bonne chère. Mais Dieu lui dit : Insensé, cette nuit on te redemandera ton âme ; et pour qui sera-ce que tu as amassé ? Il en est de même, dit notre Seigneur Jésus-Christ, de celui qui s'amasse un trésor. Voilà le malheur de tous ceux qui amassent des biens temporels. Un jour un Ecclésiastique de condition, qui avait carrosse, étant venu voir son Évêque, chez qui j'étais, me fit un discours de ses richesses et de ses honneurs. Alors la pensée me vint du riche dont nous venons de parler : et cet ecclésiastique, qui était en très-bonne santé, et qui n'était éloigné de sa belle maison qu'environ de 7 à 8 lieues, étant monté dans son carrosse, demeura malade en chemin et mourut.
Le Fils de Dieu a dit que les riches sont malheureux, à raison des dangers où ils sont de leur perte éternelle. Car son Apôtre conduit par son Esprit, nous enseigne que ceux qui veulent seulement devenir riches, tombent dans la tentation et dans les pièges de satan, et en beaucoup de désirs vains et nuisibles, qui plongent les hommes dans la mort et dans la damnation. Et adressant sa parole à son disciple Timothée qui était Évêque, il lui dit : Mais vous, ô homme de Dieu, éloignez-vous de ces choses. C'est le propre de l'homme de Dieu d'être détaché de toutes les choses de la terre, pour avoir le cœur recueilli en une seule chose, qui est Dieu seul, comme c'est le propre de l'homme du monde d'être distrait par une multitude de pensées, et de désirs du propre intérêt.
Le Fils de Dieu a dit que les riches sont malheureux ; car ils sont sujets à l'avarice, dont son Apôtre a écrit, qu'elle était la racine de tous les maux, qui a fait que quelques-uns de ceux qui l'ont aimée se sont éloignés de la foi, et elle les a engagés en beaucoup de peines. C'est que l'avare, dit un pieux et savant Interprète sur ces paroles, ne s'abstient d'aucun péché pour satisfaire à sa passion, témoin le traître Judas ; et il cite l'Ecclésiaste, qui déclare qu'il n'y a rien de plus mauvais que d'aimer l'argent : car celui qui l'aime, vendra même son âme. On n'épargne rien, ni amis, ni frères, ni sœurs, ni pères, ni mères. On quitte, on met bas toute sorte de considérations, quand il s'agit de l'intérêt. Les personnes les plus unies se divisent ; c'est une source d'une infinité de querelles et de procès ; en comment toutes sortes de crimes. Combien d'homicides arrivent par l'amour de l'argent ? Enfin le Saint-Esprit dans l'Ecclésiaste déclare qu'il n'y a rien de plus méchant que l'avare.
Il sacrifie à son argent comme à une idole : c'est pourquoi l'Apôtre en plusieurs lieux appelle l'avarice une idolâtrie ; parce que l'avare met toute sa confiance dans son argent. Il lui défère, dit S. Thomas, l'honneur qui est dû à Dieu, y occupant toutes ses pensées et toute sa vie. Nous avons rapporté de l'Apôtre, que les avares s'égarent de la foi ; parce que, comme enseigne encore l'Angélique Docteur, ils se forment une autre doctrine que celle du Fils de Dieu, par laquelle ils s'imaginent pouvoir se sauver, et particulièrement les usuriers. Et c'est pourquoi le même Apôtre avertit de ne se laisser séduire à personne par de vains discours ; car les riches avares ne manquent pas de prétextes pour couvrir leur dérèglement, et il n'y a que trop de personnes qui entrent dans leurs sentiments. Mais, continue l'homme Apostolique, gardez-vous d'avoir part avec eux. Il ne veut pas même que l'on nomme ce péché, que l'on en entende parler parmi les Chrétiens, pour en faire voir l'horreur. Le désordre en est si extrême, que l'on y donne tout son cœur et toutes ses affections. Ce que Dieu a quelquefois fait connaître miraculeusement, comme nous le lisons dans les Actes de la vie de saint Antoine de Padoue, qui prêchant aux funérailles d'un homme riche, assura à son auditoire qu'il était damné, parce que son cœur avait été tout à l'argent, et que pour témoignage de la vérité qu'il prêchait, on allât voir dans le coffre où était son trésor, et qu'on y trouverait son cœur : et en effet, il y fut trouvé. Notre Sauveur l'a enseigné dans l'Évangile, que là où est notre trésor, là est aussi notre cœur.
Cet adorable Sauveur nous avertit de nous garder de toute avarice. Il dit de toute avarice, pour nous marquer qu'il y en a de bien des espèces, que l'on se laisse aller à ce crime en bien des manières. Et il ajoute que quelques biens qu'un homme possède, ce n'est pas en leur abondance que sa vie consiste. Aussi dans la prière qu'il nous a enseignée, il veut que l'on demande à son Père le pain, c'est-à-dire, ce qui est nécessaire, et non pas des choses délicieuses et superflues.
Les riches sont malheureux, parce qu'il leur est difficile de satisfaire à leurs obligations, et il est rare qu'ils s'en acquittent. La plupart regardent le précepte de l'aumône, comme une chose d'une pure dévotion. Ainsi la part qu'ils font aux pauvres de leurs biens et revenus, est bien éloignée de ce qu'ils leur doivent donner. Cependant peut-on rien voir de plus fort que ce que le saint Évangile nous apprend sur ce sujet ? Peut-on jamais assez considérer que l'adorable Jésus, dans son redoutable jugement, y parle seulement du défaut de miséricorde, quand il y condamne les réprouvés aux flammes éternelles ; car il dira à ceux qui seront à sa gauche : Retirez-vous de moi, maudits, allez au feu éternel qui est préparé au diable et à ses anges ; car j'ai eu faim, et vous ne m'avez pas donné à manger ; j'ai eu soif, et vous ne m'avez pas donné à boire ; j'étais étranger, et vous ne m'avez pas logé ; nu, et vous ne m'avez pas vêtu ; malade et prisonnier, et vous ne m'avez pas visité. Alors ils lui répondront : Seigneur, quand vous avons-nous vu avoir faim ou soif, ou étranger, ou nu, malade, ou prisonnier, et nous ne vous avons pas rendu tous ces offices ? Mais il leur répondra : En vérité, je vous dis, autant de fois que vous avez manqué de le faire à l'un de ces petits, vous avez manqué de le faire à moi-même ; et ils s'en iront au supplice éternel.
Après cela il ne faut pas s'étonner si le Saint-Esprit crie par l'Apôtre saint Jacques : Et vous, riches, pleurez, et jetez des cris de désespoir pour les afflictions qui vous doivent arriver. C'est, comme traduit un savant Interprète, le mot d'hurlement, et il dit que ces cris sont comme ceux que jettent les chiens, ou les loups, qui hurlent, lorsque la faim les réduit à la rage et à l'extrême douleur. Ainsi l'Apôtre veut que les riches jettent des cris semblables à ces hurlements des bêtes désolées, parce qu'ils seront sans espérance de secours et de consolation. La pourriture a perdu les richesses que vous aviez entassées ; c'est-à-dire, le bled que vous gardiez dans vos greniers, les viandes et les autres provisions, au lieu de les donner aux pauvres. Le ver a mangé vos habits, les gardant en trop grande quantité, et dont vous auriez dû revêtir les nus. La rouille a consumé votre or et votre argent ; ce qui ne serait pas arrivé, si on l'avait distribué à ceux qui sont dans le besoin. Et il ajoute : Vous vous êtes amassé un trésor de colère pour les derniers jours. Certainement il faut que les riches aient perdu tout sentiment, s'ils ne tremblent pas à ces vérités.
Cependant, après tout ce qu'un Dieu a dit, quelques terribles que soient ses divins jugements contre les riches qui ne donnent pas assez l'aumône, on vit, et l'on meurt dans une espèce de léthargie à cet égard. La seule loi naturelle nous apprend l'étroite obligation que l'on a d'assister le prochain dans l'extrême besoin ; alors il faut retrancher tout ce qui est superflu ; et l'on est coupable d'autant de morts, qu'on laisse mourir de personnes par défaut de secours, si on est dans le pouvoir de les assister. Nous écrivons ceci dans un temps des plus pressantes nécessités, grand nombre de personnes mourant de faim, et plusieurs dans les rues sans trouver où loger. Et néanmoins nous voyons le luxe régner dans les habits, la bonne chère sur les tables, de grandes dépenses dans les divertissements. Qui pourrait croire, si l'expérience n'ôtait pas tout lieu d'en douter. On emploie de l'argent au jeu, on le perd, et quelquefois des sommes considérables ; et Jésus-Christ souffre la faim, la nudité, les derniers besoins dans ses membres, et on le laisse, on l'abandonne. Si les Saints Pères ont vendu les vaisseaux sacrés de l'Église en de pareilles occasions pour assister les pauvres, comment les riches garderont-ils tant de meubles superflus ? comment peuvent-ils garder de l'argent dans leurs coffres ? ô aveuglement inconcevable ! Nous en avons su qui sont morts laissant à leurs héritiers d'autre part riches, des revenus considérables, et encore de grandes sommes d'argent amassées, en donnant une petite partie aux pauvres ; et dans les temps dont nous parlons. Mais comment les Confesseurs leur ont-ils pu administrer les Sacrements dans cet état ? Ô mort épouvantable, si l'on reçoit l'Évangile de Jésus-Christ !
Mais que les riches ne se trompent pas malheureusement dans les aumônes qu'ils distribuent. Dans les derniers besoins, ce n'est pas assez de donner, mais il faut au moins donner, mais il faut au moins donner tout le superflu, et quelquefois se retrancher de quelque partie du nécessaire ; néanmoins l'illusion les tient comme enchantés. Ils tâchent d'apaiser leurs consciences en faisant à la vérité des aumônes, mais en ne distribuant pas ce qu'ils doivent donner. On ne laisse pas de leur donner de grandes louanges, et les pauvres même publient partout leurs libéralités, pendant qu'ils sont criminels aux yeux de Dieu. Car quand on nourrirait cent pauvres qui sont dans la dernière misère, si on est en état de donner du secours à plusieurs autres qui sont dans l'extrême besoin on se rend criminel devant Dieu, si on ne le fait pas. Ce n'est pas simplement un Casuiste, ni un Docteur, mais Jésus-Christ Dieu qui a dit : En vérité je vous dis, autant de fois que vous avez manqué d'assister l'un de ces petits, vous avez manqué de le faire à moi-même. Et ces gens, selon la doctrine du Fils de Dieu, qui n'est pas seulement probable, mais infaillible, s'en iront au supplice éternel. Faisant réflexion sur le même Évangile, où notre Maître condamne ceux qui ne l'ont pas logé, je ne comprends gère comment les Magistrats ne donnent pas ordre que l'on ait au moins quelques étables, ou quelques autres lieux pour retirer les pauvres qui meurent sur le pavé.
Ô qu'il est rare de trouver des riches qui s'acquittent de leurs devoirs, et des Confesseurs qui y veillent exactement ! Les Théologiens ont assez écrit sur cette matière, on n'ignore pas ce que l'on doit faire ; mais hélas ! on ne fait pas ce que l'on sait. Répétons-le : Qui donne le superflu dans les besoins extrêmes ? Mais quelquefois ceux qui doivent servir d'exemple, qui y doivent tenir la main, sont très-éloignés de s'acquitter de leurs obligations.
Toutes ces vérités font assez connaître la raison pour laquelle il est difficile qu'un homme riche soit sauvé. Mais écoutons avec crainte et tremblement les propres paroles de notre Maître céleste. Je vous dis, assure-t-il, il est plus facile qu'un chameau passe par le trou d'une aiguille, qu'un riche entre dans le Royaume des Cieux. Néanmoins, dit S. Jean Chrysostome, il y a peu de personnes qui ne soient prises par l'intérêt. C'est une chose bien étonnante, ce que le Saint-Esprit nous apprend sur ce sujet par le Prophète Jérémie, qui le répète en deux différents chapitres : dans lesquels il déclare hautement, que tous sont attachés à l'avarice, depuis le plus petit jusqu'au plus grand ; il n'en excepte ni les Prophètes, ni les Prêtres, contre lesquels il invective fortement. Le grand Apôtre ne crie-t-il pas, que tout le monde cherche ses propres intérêts, et non pas ceux de Jésus-Christ. Ceux même qui dès leur entrée dans la Religion du Clergé, lorsqu'ils ont reçu la tonsure et l'habit de la sainte Religion, c'est comme parle l'Église, non seulement par le Supérieur d'une Maison régulière, mais par les mains de l'Évêque, qui ont protesté en sa présence, et aux pieds des Autels, qu'ils prenaient le Seigneur pour la part de leur héritage, tombent honteusement dans ce crime. C'est une chose lamentable de voir en plusieurs l'inquiétude qu'ils se donnent pour les biens temporels, les vues et l'application qu'ils ont à l'argent dans leurs fonctions, qui souvent sert de motif pour les faire agir ; les emportements où ils sont dans les poursuites empressées de ce qu'ils prétendent leur être dû, et où il y a quelquefois de l'excès. Leur avarice les aveugle tellement, qu'ils n'ouvrent pas les yeux à la mort, après les avoir eu fermés à la lumière de l'Évangile, quoiqu'ils l'aient prêchée durant leur vie. Ils meurent avec de l'argent amassé : et pour qui sera cet amas d'argent qui appartient aux pauvres ? Pour des héritiers qui le dissiperont, et qui se moqueront d'eux ; ô mort épouvantable !
Les Pères de l'Église n'ont parlé qu'avec horreur de ces Ecclésiastiques avares ; leur malheur est inexplicable, et celui de tous les Chrétiens qui sont attachés aux richesses, et qui ne pensent qu'à acquérir et à s'agrandir toujours. Car comment Dieu souffrira-t-il dans ceux qui font profession d'être à sa suite, à qui il a découvert le bonheur de la pauvreté, et du dégagement de toutes choses, après leur en avoir donné des exemples si pressants par sa vie pauvre, s'étant incarné, ce qu'il a condamné avec tant de force dans son ancien peuple, à qui les biens temporels étaient promis pour récompense ? C'est à ce peuple, à qui il dit par le Prophète Isaïe : Malheur à vous, qui joignez maison à maison, et qui ajoutez les terres aux terres, jusqu'à ce qu'enfin le lieu vous manque. J'ai appris ce que vous faites, dit le Seigneur des armées, et je vous déclare que cette multitude de maisons, ces maisons si vastes et si embellies seront toutes désertes ; elles le seront à la mort pour tous ceux qui ont pris tant de soins de les acquérir, ou de les bâtir.

(Extrait de Le malheur du Monde, par M. Henri-Marie Boudon)


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